TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 8 décembre 2013

Travailleurs détachés : les mille et un visages du plombier polonais

Travailleurs détachés : les mille et un visages du plombier polonais


Le 5 décembre, la Commission nationale de lutte contre le travail illégal tient sa réunion annuelle. L'objectif : s'attaquer aux travailleurs détachés illégalement.

Entre 170 000 et 350 000, selon les estimations. C'est le nombre de travailleurs européens détachés en France, principalement dans le BTP, les transports routiers de marchandises, l'hôtellerie-restauration (HCR) et l'agriculture. Le travailleur "détaché", c'est celui qu'un employeur envoie provisoirement dans un autre État membre pour y exercer une mission. Il touche un salaire aux conditions du pays d'accueil, mais cotise dans son pays d'origine. Sauf que, dans les faits, la tentation des économies de charges permises par ces délocalisations de salariés s'est traduite par un afflux inattendu de "détachés". Et les ouvriers polonais du chantier nucléaire de Flamanville et les intérimaires roumains des abattoirs Gad ne sont que l'arbre qui cache la forêt. 
En clair, le cadre juridique européen est devenu un véritable nid à fraudes. Voire à scandales. Nombre de montages ont fleuri, conduisant à des situations de dumping social flirtant avec l'exploitation humaine. La situation de salariés payés moins de 5 euros de l'heure et logés dans des conditions indécentes est chaque jour pointée du doigt. Paradoxalement, elle est le fruit d'une directive européenne qui avait précisément pour but d'éviter le recours au travail low cost et au dumping social intra-européen... 

Vaste chantier

Comment enrayer cette concurrence sociale déloyale, qui, au passage, détruit des emplois ? Faut-il combler les failles de la législation ? Muscler les sanctions ? Mieux contrôler les abus ? Ces trois pistes sont au menu du projet de réforme du ministère du Travail qui annonce "une politique offensive sur tous les fronts". Mais le chantier est vaste. Car les fraudes empruntent des montages de plus en plus sophistiqués : utilisations abusives du détachement temporaire, sous-traitances en cascade, non-respect des règles sur la durée du travail, la santé ou la sécurité, création d'entreprises "boîtes aux lettres" envoyant de faux intérimaires en France, etc.
Plus concrètement, la figure du plombier polonais qui proposait sa force de travail à moindre coût tout en restant soumis au régime social de son pays d'origine est aujourd'hui multiple. Comme l'écrit Jean-Philippe Lhernould, maître de conférences à l'université d'Orléans, "il peut s'agir d'un artisan indépendant qui, démarchant des clients en France, exécuterait des travaux occasionnels sur notre territoire ; d'un salarié envoyé en France par son employeur, implanté de longue date en Pologne, qui a répondu avec succès à un appel d'offres ; d'un collaborateur d'une entreprise polonaise de plomberie, sous-traitante d'une entreprise implantée dans un autre État membre de l'Union européenne qui exécuterait un marché en France ; du collaborateur d'une entreprise française qui, pour échapper aux lois sociales nationales, aurait créé une société à l'étranger aux fins de l'envoyer travailler en France sous le couvert de la législation de ce pays, etc.".
La plupart de ces situations n'échappent pourtant pas à la loi française. Outre les sanctions pourdissimulation de salariés, l'employeur qui a recours de manière permanente à des salariés "détachés" sans pour autant effectuer de déclaration préalable à l'embauche risque 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende pour "marchandage" (article L. 8231‐1 du Code du travail). Les fausses prestations de services, où les salariés "prêtés" agissent en fait sous la responsabilité de l'entreprise d'accueil ou "utilisatrice", sont qualifiées de "prêt illicite de main-d'oeuvre". L'article L. 8241‐1 du Code du travail prévoit dans ce cas des peines de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 euros d'amende.
Pour le gouvernement, ces sanctions ne suffisent pas. Il faut "compléter cet arsenal législatif pour davantage responsabiliser les maîtres d'ouvrage et les donneurs d'ordre quand ils recourent à des sous-traitants multiples, mais aussi permettre aux organisations professionnelles et syndicales de se constituer parties civiles en cas de travail illégal", a rappelé Michel Sapin lors du conseil des ministres du 27 novembre.

Renforcer les pouvoirs des inspecteurs du travail

Autre mesure au menu des priorités de la lutte contre le travail illégal : intensifier les contrôles. "Avec des salariés détachés par une société qui elle-même pratique le dumping social, la capacité d'investigation de l'inspection du travail française est démunie. Les contrôleurs n'ont pas la possibilité de contrôler une entreprise dont le siège est à l'étranger", rappelle Arnaud Teissier avocat associé du cabinet Capstan spécialisé en droit social. D'où le projet de renforcer les pouvoirs des inspecteurs du travail en leur donnant la possibilité d'infliger des amendes financières immédiates à ceux qui ne respectent pas la loi. Le ministre du Travail plaide également pour que les États "fixent la liste des documents qu'ils peuvent exiger des entreprises en cas de contrôle".
Par ailleurs, le gouvernement appelle de ses voeux une coopération accrue entre les inspections du travail des États membres et les organismes de sécurité sociale. Mais la régulation passe aussi par le nivellement des salaires. Ainsi, l'instauration, dans chaque État membre, d'un salaire minimum sera proposée lors de la prochaine réunion du conseil des ministres du Travail européens du 9 décembre. Cette concertation devrait aboutir à un texte d'application de la directive destiné à lutter plus efficacement contre le "dumping social".

Contrats de travail soumis à un droit étranger

Autre montage à visée "low cost" : soumettre la relation de travail à un droit étranger par hypothèse plus favorable en termes de coûts sociaux. C'est ce qu'avait imaginé la compagnie d'aviation Ryanair avec une partie de son personnel. Le tribunal correctionnel d'Aix-en-Provence l'a condamnée en octobre 2013 pour travail dissimulé et prêt illicite de main-d'oeuvre notamment.
La société, immatriculée en Irlande, n'avait pas déclaré à l'Urssaf les 127 salariés (pilotes et personnels navigants) qu'elle employait depuis 2007, sur sa base marseillaise, en vertu de contrats de travail irlandais. Elle estimait en effet que le droit du travail français ne s'appliquait pas à ces relations de travail nouées avec des salariés qui travaillaient dans des avions enregistrés en Irlande. Tel n'était pas l'avis du parquet qui, pour marquer le coup, avait requis la confiscation, en valeur, des biens "ayant servi à commettre les infractions", soit quatre Boeing 737 stationnés pendant quatre ans à Marignane (Bouches-du-Rhône). Mais le tribunal a préféré toucher le porte-monnaie. Outre une amende de 200 000 euros, la compagnie doit verser plus de 8,7 millions d'euros de dommages et intérêts aux parties civiles (l'Urssaf, Pôle emploi, des syndicats des personnels navigants et les caisses de retraite complémentaire). "Cette décision est lourde de conséquences, puisque le tribunal a prononcé l'exécution provisoire de la condamnation, ce qui signifie que le paiement doit intervenir alors même que Ryanair compte faire appel de ce jugement", commente Myriam de Gaudusson, avocate associée en charge du département droit social du cabinet Scotto & Associés.
Quelques jours plus tard, c'était au tour d'Air France d'être condamnée par la cour d'appel de Paris. Sa filiale, la société mère de CityJet, a écopé de 100 000 euros pour complicité d'exécution d'un travail dissimulé. Dans les deux cas, "les compagnies aériennes ont volontairement soumis les contrats de travail de leurs salariés français, demeurant et travaillant dans un établissement stable situé et ayant une activité permanente en France, au droit irlandais. Or, les juridictions ont estimé que leur activité s'exerçait en France de manière pérenne et que les salariés devaient donc relever de la législation française, leur permettant notamment de bénéficier des prestations du régime de sécurité sociale français", résume Me de Gaudusson.


Le président qui nous manque

 Le président qui nous manque


Ils défilent par dizaines de milliers pour acclamer l'Europe. Sauf que ce n'est ni à Paris ni à Berlin, et encore moins à Londres. C'est à Kiev que des manifestants hurlent leur désir de se placer sous la bannière à douze étoiles. Un comble.
Ne nous précipitons pas toutefois pour ajouter un couvert à la table européenne. L'Ukraine n'en a pas fini avec ses troubles de l'identité : une bonne part de sa population, surtout dans l'Est, préfère la télévision russe aux chaînes nationales. Et puis l'élargissement a tout de même des limites...
Il n'empêche, l'Europe peut encore exalter les foules. Intéressant, alors que chez nous, c'est plutôt pour le rabougrissement qu'on se passionne. Le pire, c'est que ce désamour intervient alors que l'Union est devant une opportunité historique. Le prochain président de la Commission, qui sera désigné en 2014, aura une légitimité décuplée, parce que formellement élu par le Parlement. Le poste pourrait aussi, en théorie, être fondu avec celui de président du Conseil européen.
Rêvons un peu : un vrai patron pour l'Europe, qui n'aurait pas peur de son ombre, dompterait sa bureaucratie, aurait une vision et ferait taire les ricanements rituels des responsables chinois, américains ou autres lorsqu'on parle des institutions du continent. Bref, un homme d'État européen. Sauf que, jusqu'à présent, les dirigeants des États membres, soucieux de leur rang, ont souvent poussé les plus insipides d'entre eux à Bruxelles. "Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres", disait Einstein. À chacun de choisir son camp.

Le PS tente de réduire le scrutin municipal à des enjeux locaux


Après avoir tenté de nationaliser le scrutin en 2008 pour sanctionner Nicolas Sarkozy, les socialistes s'efforcent de faire porter le vote de mars 2014 sur des enjeux strictement locaux. Et éviter de pâtir dans les urnes de l'impopularité record de François Hollande.
Enjeu local ou test national? Comme à chaque élection municipale, le débat a resurgi samedi matin à l'occasion de la convention d'investiture des candidats socialistes réunis à l'hôtel Mariott à Paris. Sur fond d'impopularité record de François Hollande et de menace de vote sanction, le premier secrétaire du PS n'a pas hésité longtemps: pour les socialistes, l'enjeu des municipales sera strictement local. «La droite veut détourner cette élection municipale de son véritable enjeu. Jean-François Copé dit «on va en faire un vote-sanction» en mettant l'accent sur la fiscalité et la sécurité. Les Français, eux, ne s'y tromperont pas. Il s'agit bien de choisir leur maire pour six ans», a déclaré Harlem Désir à son arrivée à la convention. Du local donc, pour éviter que les enjeux nationaux viennent perturber la campagne des socialistes. Et quel'impopularité du pouvoir se traduise par une forte abstention des électeurs de gauche et une forte mobilisation de ceux de droite. «Le coeur de l'électorat UMP est totalement déterminé à se déplacer pour voter contre le pouvoir en place» tandis que «notre électorat votera fortement pour des raisons locales», a prévenu Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections.
Les inquiétudes des candidats PS sur les possibilités d'un vote sanction sont notables. Si beaucoup se montrent plutôt optimistes sur les résultats, certains s'inquiètent tout de même de l'impact du national. «S'ils ne nous font pas une «Leonarda» avant le scrutin, cela devrait bien se passer», ont confié des candidats à des cadres de la rue de Solférino, avec pour mission de transmettre le message à François Hollande. «Sur le terrain, les gens nous disent qu'au niveau national, c'est n'importe quoi mais qu'au niveau de la mairie, ils sont satisfaits», assure Christophe Borgel.
Pour les socialistes, ce choix de mettre en avant les enjeux locaux représente un changement de stratégie total par rapport au dernier scrutin municipal de 2008. À l'époque, ils avaient tenté de faire du vote un test national contre Nicolas Sarkozy, alors président de la République. Avant de faire machine arrière face à de mauvais sondages, lui-même avait essayé de politiser le scrutin en s'impliquant personnellement dans les municipales. Ce qui avait amené Ségolène Royal, alors femme forte du PS, à relever le défi de la nationalisation du scrutin. «Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont voulu faire de ces élections municipales un test national. Ils l'ont dit. Ils l'ont voulu. Ils l'auront», avait assuré l'ex-candidate à la présidentielle devant ses camarades socialistes réunis à la Mutualité. Ce changement de pied n'a pas échappé à David Assouline qui a essayé de le justifier samedi à la tribune. «Nous menons bien une pré-campagne nationale mais pour mettre au coeur du scrutin les enjeux municipaux», a expliqué le porte-parole du PS.

Le corps sacré du président

Le corps sacré du président


Le mythe du surhomme a de beaux jours devant lui : l'opération de la prostate qu'a subie, en 2011, François Hollande, alors même pas candidat à la présidentielle, a défrayé la chronique comme si le chef de l'État français se devait d'être en acier trempé.
Les mensonges de ses prédécesseurs – par omission ou par commission – expliquent sans doute la précipitation des médias, enclins à voir derrière le moindre flou un loup de première grandeur. Mais quoi de commun entre une pathologie grave à la Pompidou ou à la Mitterrand et un « bobo » d'homme résolument « normal », qui ne s'est même pas caché au moment de son hospitalisation, ou le banal malaise vagal d'un Nicolas Sarkozy surmené ?
L'exigence de transparence est paradoxale : on voudrait tout savoir du moindre organe défaillant du chef de l'État alors qu'on se révolterait à l'idée d'une visite médicale d'embauche trop poussée. Et l'on oublie les leçons de l'histoire et des grands hommes épileptiques ou cardiaques (César, Richelieu ou Churchill) qui ont conduit leurs peuples au moment de crises qui n'avaient rien à envier à la nôtre.
Les Français n'en ont pas fini avec leur roi. Figure tutélaire et paternelle, il hante encore la mémoire d'un peuple qui ne s'est pas remis du régicide de 1793. Le président de la République est ainsi à la fois un homme ordinaire soumis aux aléas de la santé et une personne sacrée dotée de pouvoirs quasi-magiques. Il est temps de grandir.

Sondage : les Français sont-ils en train de devenir libéraux ?


Le sondage OpinionWay-La Vie publié hier est source de nombreux enseignements. Si les Français expriment majoritairement un repli identitaire, ils commencent en revanche à être moins hostiles au libéralisme et à la mondialisation.
On assiste en effet à une inversion de tendance : selon ce sondage, 58 % des Français estiment aujourd’hui que pour faire face aux difficultés économiques il faut « que l’État fasse confiance aux entreprises et leur donne plus de liberté », alors qu’il y a un an, 55 % estimaient qu’il fallait « que l’État contrôle et réglemente plus étroitement ». Autre changement visible, la perception qu’ont les Français de la mondialisation. En 2012, au moment de la présidentielle, 60 % la considéraient comme un danger, « parce qu’elle menace ses entreprises » et le modèle social de la France. Aujourd’hui près de la moitié des personnes interrogées (48 %) la voient comme une chance « parce qu’elle lui ouvre des marchés à l’étranger et la pousse à se moderniser », une augmentation de 9 points en un an.
Sans pour autant devenir libérale, la France serait donc de moins en moins étatiste.
Ceci se reflète aussi sur le plan des valeurs. On apprend ainsi que 55 % des Français ont une vision plutôt positive du mot « libéralisme ». Les mots « capitalisme » et « mondialisation » recueillent en revanche une bien plus faible approbation (respectivement 40 et 45 %) et sont moins bien vus que « socialisme » (qui reste positif pour 44 % des sondés) et « protectionnisme » (46 %). « Nationalisme » est encore vu positivement par 47 % des personnes interrogées.

Danger, c’est Noël !

Danger, c’est Noël !


C’est fou ce que les fêtes de Noël sont dangereuses ! À en juger par les contrôles de plus en plus nombreux effectués sur les jouets ou les décorations, les pouvoirs publics nous protègent à peu près autant du Père Noël que d’un autre barbu moins sympathique, adepte de la kalachnikov.
Il faut dire que le bonhomme rouge et blanc peut vite se transformer en ordure, quand il tente de fourguer aux gamins un ours en peluche toxique ou un jeu de construction qui ferait le bonheur d’un marchand de sommeil. Les Italiens viennent de saisir une cargaison en provenance de Chine qui promettait un Noël sans merci aux malheureux gogos qui auraient acheté des guirlandes dangereuses ou des jouets empoisonnés.
Si l’on en croit nos services spécialisés, jamais la hotte du Père Noël n’aura été aussi propre. Un vrai bonheur pour les maniaques du balai et les dévoreurs de notices. Encore un effort et on va nous vendre la poupée plus écolo qu’un Vert de chez nous. Il paraît même qu’il y aura la version « transformer » : on passe du gilet en laine du Larzac au tailleur ministériel.
Dans le monde aseptisé et bien policé qu’on nous bâtit, même l’alimentation est sous contrainte. Les inspecteurs traquent le frigo atteint par le réchauffement, le code-barres douteux et la terrine de lapin fabriquée avec un vainqueur d’Auteuil aussi clean qu’un cycliste américain. On n’échappe pas non plus au petit couplet sur le foie gras et son mode de fabrication. Le palmipède doit être chouchouté avant de passer de vie à trépas. Certains pays en ont même suspendu la vente. Faudra-t-il bientôt « vapoter » un produit aromatisé au foie gras pour éviter d’être taxé pour conduite addictive ?
Doucement, mais sûrement, nos Noëls sont placés sous haute surveillance. On passe des contrôles indispensables à la sécurité à une frénésie procédurière. Le mouton de la crèche est-il conforme aux normes bruxelloises ? À quand la procédure contre Joseph et Marie pour maltraitance ? Laisser dormir un gamin dans une mangeoire, quelle honte ! Quant aux rois mages, ils ont intérêt à faire gaffe : fumer de la myrrhe et de l’encens en important frauduleusement de l’or, ça va chercher dans les combiens ?

samedi 7 décembre 2013

L’Humanité veut faire effacer sa dette par voie législative


Le journal l’Humanité, qui fut longtemps et sans honte l’organe officiel du Parti Communiste Français est, on le sait, à la fois le journal le plus subventionné par numéro, et aussi l’un des plus endetté et probablement le plus près de la faillite.
Heureusement, il ne manque manifestement pas d’appuis dans les plus hautes sphères de l’État puisqu’un amendement vient d’être déposé pour que la dette qu’il a contractée auprès de l’État soit annulée par voie législative. Ce commode effacement de 4 millions d’euros (soit, grosso modo, plus de dix ouvriers payés au SMIC pendant 20 ans) est en effet  le but poursuivi par l’amendement n°410 (au Projet de Loi de Finance Réctificative 2013) qui propose de procéder ainsi :

Les créances détenues sur la Société nouvelle du journal L’Humanité au titre du prêt accordé le 28 mars 2002, réaménagé en 2009 et imputé sur le compte de prêts du Trésor n° 903‑05, sont abandonnées à hauteur de 4 086 710,31 euros en capital. Les intérêts contractuels courus et échus sont également abandonnés.
Autrement dit le contribuable qui paie déjà un lourd tribut de ses impôts pour qu’une presse — qui ne trouve pas de lecteurs et qui accumule déficits sur déficits — continue à survivre, va devoir encore une fois en être de sa poche pour effacer l’ardoise laissée par un journal qui atteint péniblement 50.000 exemplaires journaliers, en chute de plus de 7% sur un an (chiffres OJD). L’abandon de cette créance de 4 millions d’euros se pare bien sûr des oripeaux de la nécessaire pluralité de la presse.
Les raisons invoquées pour l’abandon d’une telle créance seraient cocasses s’il ne s’agissait pas de l’argent de contribuables alors que la crise touche de plein fouet les familles françaises :
Or, la Société nouvelle du journal L’Humanité ne peut faire face au remboursement de sa dette contractée auprès de l’État (prêt du fonds de développement économique et social – FDES), sur le capital et les intérêts, parce que ses résultats financiers sont très faibles et qu’elle ne possède plus d’actifs. Par conséquent, il est nécessaire d’abandonner cette créance détenue par l’État sur cette société.
En somme, l’État abandonne la créance parce que les débiteurs ne peuvent plus payer. Ce qui revient à être très charitable avec l’argent des autres, autres qui n’auront jamais la possibilité d’user d’amendements pour se sortir de passes délicates. On appréciera l’équité de la mesure.
Rappelons que Contrepoints, dont l’audience et la diffusion progressent de mois en mois, ne reçoit aucune subvention publique, ne coûte rien aux contribuables, et participe vraiment de cette pluralité en présentant les trop rares opinions libérales absentes des kiosques. Son fonctionnement est assuré exclusivement par des dons que vous pouvez faire en ligne ici.

vendredi 6 décembre 2013

L’Afrique doit être son propre gendarme

L’Afrique doit être son propre gendarme


Même avec l’aval de l’ONU et de l’Union africaine, l’intervention française à Bangui est une aventure militaire sans lendemain, sans réel soutien et sans guère de justification. La Centrafrique est la plus malheureuse de nos ex-colonies africaines. Elle est sous le joug de bandes armées. Les coupeurs de routes, de bras et de jambes s’y livrent à des exactions. Ces faits suscitent la pitié et la compassion. Impliquent-ils pour autant un déploiement de l’armée française ? Et d’ailleurs, pour faire la guerre à qui ? Nos partenaires européens, eux, restent l’arme au pied. Michel Rocard disait en 1989 que la France ne pouvait pas héberger chez elle toute la misère du monde. Elle ne peut pas non plus être le justicier de toutes les atrocités de la planète.
La France n’a pas d’intérêts stratégiques en Centrafrique. Aucun groupe terroriste ne l’utilise comme base arrière contre nous. Aucun génocide ne s’y déroule. Il y a très peu d’expatriés sur place et les grands groupes français s’en désintéressent. En réalité, ce pays est victime d’une gouvernance en faillite, d’une absence d’Etat de droit, de la corruption généralisée et de la cupidité pour ses mines de diamants, d’or et d’uranium. C’est aux grands pays africains d’y restaurer la loi et l’ordre.
L’Afrique, en plein essor, a beaucoup d’atouts pour être le continent de l’avenir. La première condition est qu’elle prenne en main sa sécurité. La France l’a bien compris qui pousse les forces africaines à prendre très vite le relais de son opération à Bangui. Si le sommet Afrique-France qui se tient jusqu’à samedi à Paris pouvait faire avancer cette cause, il n’aurait pas été totalement inutile.

Hollande saute sur Rennes

Hollande saute sur Rennes


François Hollande est un vrai chef de guerre. Il en a administré une nouvelle preuve mercredi soir. Le président de la République a retrouvé discrètement des élus de gauche au ministère de la Défense pour y parler, non pas de l’intervention en Centrafrique, mais de la contre-attaque en Bretagne. Tels les légionnaires à Kolwezi, François Hollande s’apprête à sauter sur Rennes pour sauver les Bretons.
Le chef des armées a eu le langage martial qu’il fallait pour doper ses troupes : « Moi je suis au travail, vous, vous devez être au combat ». Ses « p’tits gars » revigorés sont retournés dans leur région affronter les bonnets rouges. Ils ne repartent pas les mains vides, puisque le gouvernement fait donner l’artillerie lourde. Deux milliards d’euros seront consacrés au « pacte d’avenir », destiné à redonner du tonus à l’économie bretonne. C’est pas mal, même si c’est moins que les cinq milliards promis à Marseille. Comme quoi, le bruit de la kalachnikov est plus efficace que le son du biniou, même en colère, pour faire bouger l’État.
Les premières réactions ne sont pas à la hauteur de l’effort. Les révoltés du poulet volent dans les plumes de Matignon et les élus de droite ont l’impression de sentir l’algue verte. Le président de la République a choisi les godillots de gauche pour remettre la Bretagne au pas. L’enjeu est électoral. Il faut éviter de rester en rade à Brest ou Lorient.
Alors que la majorité chante joyeusement « ils ont les chapeaux pleins de ronds, vive les Bretons », les autres régions murmurent « elles n’ont pas un rond, les autres sont des c… » Une telle politique revient à favoriser ceux qui hurlent le plus fort ou cassent le plus de péages. La sage Alsace n’a pas peint ses bretzels en rouge pour défendre son TGV ou sa centrale nucléaire sacrifiée. La Bourgogne n’a même pas dit que la moutarde lui montait au nez. Bien mal leur en a pris. La manne élyséenne les ignorera.
En revanche, aucune région ne sera laissée de côté quand il s’agira de trouver les milliards si généreusement octroyés. L’offensive bretonne sera financée à crédit. Mais une chose est sûre : on ne gagne jamais la guerre en tirant à blanc.

Le billet de Michel Schifres dans l'Opinion

Au rapport


La manie est universelle et en plein développement. Sur tous les sujets, la mode est au rapport. On convoque experts et chercheurs et hop, l’affaire est jouée. D’où des conclusions stupéfiantes dont on se demande comment on a pu vivre jusque-là sans les connaître. Apprendre par exemple que le cinéma américain préfère les actrices jeunes, belles, acceptant de se dénuder, est un constat que pourrait faire tout spectateur. Qu’une étude le confirme lui donne du poids. En France, le cynisme aussi se porte bien mais il est autrement plus grave. Un rapport préconise de développer la consommation des seniors. Enfin pas tous, pas les pauvres quand même. Il faut, dit-il, cibler les plus aisés, « seule clientèle solvable ». Ce nouveau gisement est appelé la « silver économie ». So chic.

ENFIN........................................SA PAIX


La prostitution ne connaît pas la crise


Avec 130  milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel dans le monde, la prostitution est une industrie florissante. Et les réseaux mafieux qui se sont fait une spécialité de l’exploitation sexuelle en tirent des profits toujours plus juteux. L’Assemblée nationale vient d’adopter la proposition de loi pénalisant les clients de la prostitution. Si ce texte était voté en l’état au Parlement, le fait de solliciter un ou une prostituée deviendrait un délit, passible d’une amende de 1.500 euros.
Mais les syndicats de police sont hostiles à une telle réforme. Et les professionnelles regroupées au sein du Syndicat du travail sexuel (Strass), qui ont obtenu il y a quelques mois l’abandon du délit de racolage passif, ne veulent pas en entendre parler non plus. A leur sens, elle ne ferait qu’accentuer la précarité et la mise en danger physique des prostituées. Les clients peuvent dormir tranquilles...
Le business de la prostitution
- 150.000 euros : C’est la somme annuelle moyenne rapportée par une prostituée à un proxénète dans un pays occidental.
- 4.000 : c’est l’estimation du nombre de prostituées indépendantes exerçant en France via Internet.
Sources : Fondation Scelles, Capital.

Source : Capital
 Estimation du chiffre d’affaires de la prostitution par pays, en euros.
- Chine : 48 milliards
- Espagne : 18 milliards
- Japon : 15 milliards
- Allemagne : 14,5 milliards
- Etats-Unis : 11 milliards
- France : 2,5 milliards
Source : Fondation Scelles.

Source : Fondation Scelles

Source : Sénat 

Encore un maire qui trébuche sur les Roms


Encore un maire qui trébuche sur les Roms

A Roquebrune-sur-Argens, devant des électeurs excédés, le maire dit tout haut ce qu’il pense des incendies du camp rom. Et n’assume pas du tout.
Le 12 décembre, lors d’un conseil de quartier, le maire UMP se lâche : « Je vous rappelle quand même que les gens du voyage, que dis-je, les Roms, m’ont mis neuf fois le feu. Neuf fois des départs de feux éteints par le SDIS, dont le dernier, ils se le sont mis eux-mêmes. Vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils le brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes ! Un gag ! Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours ! », l’entend-on dire sur l’enregistrement mis en ligne par Médiapart. Des propos tenus « sous les rires de l’assistance », précise l’AFP, tandis que l’élu conclut : « Les Roms, c’est un cauchemar. »
Indignation généralisée. SOS Racisme note que cette déclaration « s’inscrit dans le mouvement particulièrement inquiétant de hausse de l’intensité des violences racistes et des insultes insoutenables ». La hausse de l’intensité des communiqués de l’association devient particulièrement illisible. Thierry Mandon, porte-parole des députés PS, parle d’un « sale racisme », des mots qui pourraient être considérés à leur tour comme un dérapage.
Pas téméraire
Luc Jousse s’explique. Il s’est trouvé, lors de cette réunion publique, face à « une population excédée par l’immobilisme de l’Etat qui, malgré une décision de justice favorable à l’expulsion des Roms, ne fait rien ». La population, ici dans le Sud de la France comme dans le Nord ou comme en Vendée, comme partout… est excédée par la tolérance de l’Etat et des municipalités à l’égard des Roms. Les médias prêtent plus d’attention à la phrase délictueuse qu’à cette exaspération.
Luc Jousse s’explique ? Oui, et s’excuse, et se défausse : « Ces propos sont des propos de quelqu’un du public que j’ai répétés, en disant bien qu’ils n’étaient pas de moi, et c’est une erreur, je le concède. » Un maire UMP dans toute sa splendeur.
Thierry Mandon demande sa démission. L’UMP ne doit plus accepter « des hommes et des paroles qui la déshonorent. » Une solution – l’exclusion – que pourrait choisir le bureau politique le 11 décembre. Et pour cause, Luc Jousse est visé par une enquête sur des détournements et prises illégales d’intérêt et par une plainte pour escroquerie en bande organisée. Ce n’est pas cela, UMP ou PS, qui déshonore un parti, mais les municipales sont dans trois mois. Le dérapage de Luc Jousse – sur la grand-route du vivre-ensemble – arrive à point nommé.
Autres dérapages
A Toulouse, dans le quartier de Ginestous, trois automobilistes ont perdu le contrôle de leur véhicule le 27 novembre au matin. Un premier véhicule s’est encastré dans une barrière, a été percuté par un deuxième. Alors que la conductrice cherchait son triangle jaune dans le coffre, un troisième est venu l’emboutir. La cause du carambolage, une plaque de verglas capable de couler le Titanic : 17 mètres de long sur 6 de large. Une plaque provoquée, selon la police, par l’écoulement continu d’un robinet… laissé ouvert par les Roms du campement voisin afin d’éviter le gel de la canalisation. Sûrement des familles qui ont « des vrais projets d’intégration », comme dirait Manuel Valls.

QUAND ON N'A PAS LE COURAGE DES SES OPINIONS 
ON NE FAIT PAS DE POLITIQUE.

Les services d’une prostituée peuvent devenir beaucoup plus chers


L’assemblée nationale va aujourd’hui débattre sur le projet de loi visant à protéger et sécuriser les prostitués en France.

La mesure qui suscite le plus de polémique est la pénalisation des clients de prostituées, le texte prévoit une amende de 1500 euros et de 3000 euros en cas de récidive. Un deuxième point important de la loi concerne la possibilité de réintégration des prostitués, chose non négligeable quand on sait que sur les 20000 à 40000 prostituées recensées par le ministère de l’intérieur, seulement 10 à 20 % sont des prostituées dites traditionnelles, les autres étant des immigrées, qui pourront grâce à cette loi obtenir des papiers en France. La députée socialiste Catherine Coutelle, co-auteure de la loi qui veut sanctionner les clients de prostituées nous a expliqué pourquoi cette loi est nécessaire maintenant et comment elle va s’appliquer :
Pourquoi avez-vous lancé ce projet de loi maintenant ?
Cette une proposition de loi, ça veut dire qu’elle vient du parlement, des députés. C’est le résultat d’un travail de 3 ans, depuis 2010 de divers députés de cette majorité comme de l’ancienne, autours de la prostitution et surtout autour de son évolution récente pour les pays occidentaux, qui est que la prostitution est alimentée par la traite des êtres humains, par l’arrivée de personnes prostituées conduites chez nous en France par des réseaux mafieux. Ces réseaux mafieux viennent chercher leurs proies, soit en Afrique, dans des villages en promettant des meilleures conditions de vie, du travail, des formations, soit dans l’Europe de l’Est en Bulgarie, Roumanie ou Albanie, soit pour la région parisienne en Chine. Ce sont des réseaux, qui prennent en charge ces personnes, les amènent et là ces personnes découvrent qu’elles ont des dettes à l’égard des personnes qui les ont faites passer, entre 40000 et 60000 euros. Et la manière de rembourser les dettes, c’est de se prostituer.
Est-ce qu’il y a des chiffres précis ?
Il y a des chiffres officiels, selon le ministère de l’intérieur et les associations il y aurait en France 40000 prostitués, alors qu’il y en a 400000 en Allemagne, qui réglementarise ça. 20000 à 40000 dont 90 % sont des personnes d’origine étrangère, 80% victimes de la traite et 80 % des femmes.
Comment peut-on pénaliser un client si la prostitution est légale en France ?
Nous n’avons pas voulu faire la prohibition, car dans la prohibition tout le monde est coupable, même les prostitués que l’on peut arrêter et emprisonner. Pour nous ce sont avant tout des victimes et les clients sont coupables on peut les arrêter et les sanctionner. Notre esprit n’est pas dans la prohibition, la prostitution reste autorisée, mais le client fait parti de ce système de prostitution. C’est un commerce, un commerce de chaire humaine, un achat d’acte sexuel, un commerce de personne, alors il y a les gens qui fournissent le produit qui sont les mafias, il y a les prostitués et il y a les clients qui demandent ce commerce et donc c’est à eux que nous devons envoyer un signale en disant, qu’en étant un client de la prostitution vous aidez à monter des réseaux et des mafias. Les formes de prostitution sont diverses et variées, il y a la prostitution de rue, il y a aussi beaucoup de prostitution dans des bars, des salons de massage, dans des appartements, dans des hôtels. Il y a différentes formes de prostitution, 80% sont issus de la traite, mais il y a aussi des raisons économiques qui peuvent pousser certaines femmes à se prostituer, mêmes des étudiantes. Le signal est envoyé à tout le monde, la loi s’applique à tout le monde.
Le deuxième point clef de cette loi est la possibilité de régularisation des personnes qui sortent de la prostitution. De quoi s’agit-il exactement ?
Pour nous le principal de la loi c’est deux articles sur 20. Le premier article c’est de lutter contre les réseaux et le proxénétisme y compris sur Internet. Le deuxième volet c’est d’aider les personnes prostituées à sortir si elles le souhaitent. Or comme elles sont étrangères, pour s’en sortir il faut plusieurs conditions, être accompagné d’associations, ça se fait au cas par cas et on sent l’envie de s’en sortir. A partir de là la personne entre dans un parcours de sortie de prostitution et la loi française dit aujourd’hui qu’on attribut des papiers à ces personnes seulement lorsque leur proxénète est condamné, donc un cheminement extrêmement long et chaotique, qui n’aboutit pas. C’est ça que nous changeons, dans un premier temps nous leur donnons temporairement des papier, pour qu’elles puissent vivre en sécurité et pour que les associations aient le temps de travailler avec elles, du point de vue de la santé, de la recherche de travail, de la formation éventuellement, d’un logement etc. Nous donnons un titre de séjour temporaire et une allocation qui s’appelle allocation temporaire d’attente et si le travail se prolonge elle entrera dans un dispositif d’accompagnement pour sortir de la précarité.
Il s’agit bien de légaliser des personnes qui se trouvent en situation irrégulière en France.
Il y a quand même des conditions, il y aura une commission départementale avec le préfet, qui est pour nous l’autorité de l’état. Ce sont quand même des esclaves que l’on a amené dans notre pays, ce sont des victimes. On ne peut pas donner automatiquement à toutes les prostituées des papiers, mais si la personne prostituée fait ce parcours et est accompagnée d’une association à ce moment là il faut sécuriser sa situation en France et lui donner un document qui lui permette de rester là sans que la police lui dise de repartir chez elle.
Comment vous prévoyez de sanctionner les clients sur Internet ?
Nous attendons une mission du ministère de l’intérieur, pour savoir comment faire pour fermer les sites, pour l’instant ça passe par les juges. On n’arrête pas les clients sur Internet, nous sommes allé voir un service que l’on a en France, qui s’appelle « les cyber gendarmes », ce sont des gendarmes dans un centre en France, qui surveille tout ce qui se passe d’illicite en France, la pédophilie, la pédopornographie, le trafic de drogue, le trafic d’armes, les réseaux mafieux, les terroristes, sur Internet il se passe beaucoup de choses. Or aujourd’hui il suffit de taper « escort girl » sur Internet et vous avez des dizaines de noms. On peut faire comme les Suédois, c’est à dire suivre ces personnes qui ont des petites annonces de prostitution et là en suivant les discutions on peut savoir où est le rendez-vous. On le prend alors en flagrant délit et on constate avec la personne qui vient de faire commerce qu’il y a eu un échange d’argent et à ce moment là il y a une amende.

Qui lèvera le gant jeté par les eurosceptiques ?


Les politiciens et les experts allemands et européens commentent largement le rapport rendu public par la Fondation Konrad Adenauer (KAS). Les auteurs envisagent les perspectives des partis de droite aux élections au Parlement européen fixées à mai 2014 et sont en quête de recettes contre l’« épidémie de radicalisme de droite » en Europe.

Selon les auteurs de l’ouvrage Karsten Grabow et Florian Hartleb, les partis populistes de droite « se sont fait valoir pratiquement partout en Europe en tant que force politique sérieuse ». Ils ont réussi, selon les experts, à répandre leur influence dans leurs pays et en Europe en général.
Les forces radicales de droite constituent une menace non négligeable et les partis « solides » sont contraints d’y réagir.
Les partis populistes, est-il indiqué dans le rapport, font en Suisse, en Autriche, aux Pays-Bas, au Danemark et en Finlande partie intégrante du contexte politique. Or, même dans les Etats clés de l’Europe unie les radicaux de droite, par exemple le Front national (FN) français pour le Parti de l’indépendance du Royaume uni (UKIP) ont réussi à se doter du soutien de plus en plus important. 24% des sondés se montrent depuis plusieurs semaines prêts à voter aux élections au Parlement européen pour Marine Le Pen, leader du Front national.
Les experts invitent les conservateurs à s’opposer aux slogans populistes en expliquant les avantages de l’euro, de l’intégration, etc. Or, il est peu probable que les électeurs qui ne font plus confiance aux politiciens y prêtent attention, estime le vice-directeur de l’Institut d’analyse politique et militaire Alexandre Khamtchikhine. 
« Dans le contexte de la crise la réaction des gens ne dépend pas de la propagande de la part des partis traditionnels. D’autant plus que les nouveaux partis gagnent le scrutin vu la méfiance aux partis traditionnels. Cependant, l’élection des radicaux au Parlement ne sera pas une catastrophe, cet organisme n’ayant pas de vastes prérogatives », estime Alexandre Khramtchikhine.
Le membre du Comité du Parlement européen pour les droits civiques le député allemand du parti des Verts Jan Philipp Albrecht l’explique comme suit :
« Les Européens sont pour une large part déçus de la politique, a dit Jan Philipp Albrecht dans une interview. Ils ont l’impression que les joueurs financiers ou les services spéciaux se dressent derrière leurs gouvernements. Les électeurs ne comprennent pas quelle influence pourraient-ils exercer, disons, sur les actes de la Troïka. Il faudrait répondre à toutes ces questions à l’issue des débats sérieux et approfondis. »
Force est de constater : les radicaux européens ont jeté le gant. Y aura-t-il quelqu’un pour le lever .

France, ton école fout le camp !

France, ton école fout le camp !


"Souriez-vous les uns les autres." L'ambiance est devenue si lourde, dans le pays, qu'il y a de plus en plus de bons esprits pour reprendre à leur compte la célèbre formule de Mère Teresa.
Tel est le credo des bien-pensants de la hollandie. De quelques mal-pensants aussi. Du positif ! Du positif ! réclament-ils en sautant sur leur chaise comme des cabris. Ils rêvent tous d'une France qui recommencerait à s'aimer comme c'était le cas il y a encore quelques décennies, quand elle avait le sentiment que le monde entier l'écoutait et la regardait.
Mais chassez le naturel, il revient toujours : sourire n'est pas français. Du moins depuis plusieurs années. Nous ne sommes pas seulement des Italiens de mauvaise humeur, comme disait Cocteau. Nous sommes aussi, depuis l'Occupation, des as de la lettre anonyme et l'autodénigrement est devenu, avec le "blogofiel", un sport national. On s'en veut de n'être plus à la hauteur de notre glorieux passé.
La dernière enquête Pisa de l'OCDE est une nouvelle occasion de nous désoler. Évaluant les cycles éducatifs sur le plan international, elle montre que la France recule encore dans le palmarès mondial des élèves. Ce n'est pas la chute annoncée, non, mais une baisse de forme qui nous relègue dans la moyenne, loin derrière les champions d'Asie. La faute à qui ou à quoi ?
Les "néocons", perroquets de la pensée dominante, nous diront que c'est à cause de l'euro, de l'Europe, du libéralisme, de l'austérité ou de ce capitalisme atroce qui suce le sang des enfants. Les autres dénonceront les enseignants qui n'en peuvent mais, ou bien les technocrates de l'OCDE au service de la mondialisation.
Au lieu de nous replier dans le déni ou de chercher à couper la tête des annonciateurs de mauvaises nouvelles, rebaptisés déclinologues, nous ferions mieux de nous attaquer enfin aux vraies causes de notre lente dégringolade dans les classements internationaux.
Trop d'égalitarisme tue le principe d'égalité. Nous autres Français n'arrivons pas à accepter que, si nous sommes tous égaux, certains le sont, du moins sur le plan des études, plus que d'autres. Malgré les efforts méritoires d'hommes comme Xavier Darcos, le "modèle éducatif français" reste un échec. Une machine à fabriquer de l'exclusion. Ce n'est plus seulement Le Point qui le dit, mais aussi, hosannah, le ministre de l'Education nationale.
Bienvenue au club. Le constat de Vincent Peillon est sans appel. Selon lui, la France "est le pays dans lequel les inégalités sociales et scolaires s'aggravent le plus. On laisse sur le côté 25 % de notre jeunesse". Heureux d'entendre cette vérité proférée par une bouche officielle. "En France, par rapport à 2003, confirme le Pisa, il y a à peu près autant d'élèves très performants, mais surtout beaucoup plus d'élèves en difficulté, ce qui sous-entend que le système s'est dégradé par le bas."
Que faire ? Si c'est pour embaucher encore une fournée de 60 000 enseignants supplémentaires, comme en 2012, la cause est perdue d'avance. Tant il est vrai que notre système est vicié à la base : nous réussissons le tour de force de dépenser plus que l'Allemagne ou la Grande-Bretagne en payant nettement moins nos enseignants, il est vrai beaucoup plus nombreux.
La solution : dépenser non pas plus, mais mieux, en rééquilibrant en faveur du premier degré, qui, chez nous, est désavantagé par rapport aux pays comparables. Sans oublier de réformer et de revaloriser la condition enseignante.
Si nous avons eu tout faux, c'est à cause d'une conception uniquement dépensière de la politique. Du christianisme nos politiciens irresponsables n'ont retenu que le mythe de "la multiplication des pains". L'idéologie du "servez-vous, il y en aura pour tout le monde". A quelques exceptions près, ils appartiennent le plus souvent, à droite comme à gauche, au premier parti de France, le parti laxiste.
Plus l'État dépense, plus il embauche, moins l'intendance suit, et dans le cas du mammouth de l'Éducation nationale, c'est un euphémisme. Ce qui s'y passe est un cas d'école. Une sorte d'apologue démontrant que, contrairement à ce que pensent nos gouvernants, on ne dissout pas les problèmes en les noyant sous l'argent public.
Au lieu de s'en navrer, les thuriféraires du "modèle social français" se félicitent qu'il y ait en France deux fois plus de fonctionnaires sur 1 000 habitants qu'en Allemagne pour un service à peu près équivalent, comme le reconnaissait M. Hollande lui-même lors de sa conférence de presse de l'an dernier. Trop longtemps, quand un problème se posait, au lieu de réformer ce qui devait l'être, nos dirigeants augmentaient automatiquement les dotations budgétaires, avec les déplorables résultats que l'on sait.
De même que les chiens ne font pas des chats, les pessimistes ne font pas des optimistes. Le rapport Pisa nous apprend que la France est l'un des pays où les élèves font le moins preuve de persévérance et où le niveau d'anxiété reste le plus élevé au monde. Un jour, il faudra peut-être instituer des cours de bien-être, mais il n'est pas sûr que l'on trouve des professeurs chez nous...