TOUT EST DIT

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mardi 14 octobre 2014

Les leçons de l’histoire

Les leçons de l’histoire

Supprimer le poste de Premier ministre ? Cette fois-ci, c'est le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui le préconise. Il n'est pas le premier à suggérer « un nouvel équilibre incarné dans une VI e République », et veut imaginer un régime de type « présidentiel à la française » où le président de la République perdrait toutefois son droit de dissoudre l'Assemblée.
Réécrire une nouvelle fois la Constitution du 4 octobre 1958 est, en tout cas, la pire des solutions pour y parvenir tant l'histoire politique montre que, de retouches en retouches, l'esprit premier de la V e République a été dénaturé, dès, d'ailleurs, l'institution de l'élection du président de la République au suffrage universel, en 1962.
L'hyperprésidentialisation était en germe. Elle a connu, en 2000, avec l'adoption du quinquennat et l'alignement des législatives sur la présidentielle, une éclosion délétère. Ce référendum – boudé par les électeurs – montre comment une réforme présentée comme une modernisation nécessaire peut mettre en péril une nation.
La mission sur l'avenir des institutions que va présider Claude Bartolone serait bien avisée de réfléchir aux torts que des innovations aux conséquences mal évaluées peuvent porter à un État. Et si tant est qu'il faille des modifications, pourquoi ne pas faire table rase de tous ces empilements dictés par les circonstances, quand ce n'est pas par l'air du temps, et reconstruire un avenir en tirant les leçons du passé ?

dimanche 8 décembre 2013

Le corps sacré du président

Le corps sacré du président


Le mythe du surhomme a de beaux jours devant lui : l'opération de la prostate qu'a subie, en 2011, François Hollande, alors même pas candidat à la présidentielle, a défrayé la chronique comme si le chef de l'État français se devait d'être en acier trempé.
Les mensonges de ses prédécesseurs – par omission ou par commission – expliquent sans doute la précipitation des médias, enclins à voir derrière le moindre flou un loup de première grandeur. Mais quoi de commun entre une pathologie grave à la Pompidou ou à la Mitterrand et un « bobo » d'homme résolument « normal », qui ne s'est même pas caché au moment de son hospitalisation, ou le banal malaise vagal d'un Nicolas Sarkozy surmené ?
L'exigence de transparence est paradoxale : on voudrait tout savoir du moindre organe défaillant du chef de l'État alors qu'on se révolterait à l'idée d'une visite médicale d'embauche trop poussée. Et l'on oublie les leçons de l'histoire et des grands hommes épileptiques ou cardiaques (César, Richelieu ou Churchill) qui ont conduit leurs peuples au moment de crises qui n'avaient rien à envier à la nôtre.
Les Français n'en ont pas fini avec leur roi. Figure tutélaire et paternelle, il hante encore la mémoire d'un peuple qui ne s'est pas remis du régicide de 1793. Le président de la République est ainsi à la fois un homme ordinaire soumis aux aléas de la santé et une personne sacrée dotée de pouvoirs quasi-magiques. Il est temps de grandir.