dimanche 8 décembre 2013
Travailleurs détachés : les mille et un visages du plombier polonais
dimanche 16 janvier 2011
Quels risques pour le salarié qui stocke des fichiers pornos sur son ordinateur ?
Selon la charte de l'entreprise, ce qui relève de la vie privée peut entraîner un licenciement pour faute grave.
Emmanuel, ex-délégué commercial chez Coca-Cola, a été licencié pour faute grave en août 2004. Le motif ? Son employeur avait découvert sur son ordinateur portable 480 fichiers à caractère pornographique. Emmanuel a alors saisi la juridiction prud'homale d'une demande de paiement de diverses indemnités de rupture, puis la cour d'appel de Metz, qui l'a débouté de ses demandes en mai 2009.Le fait de détenir des images à caractère pornographique relève théoriquement de la sphère privée du salarié et n'est condamné par aucun texte de loi. À moins que la charte, sorte de loi interne à l'entreprise, en décide autrement. "L'utilisation de sa messagerie pour la réception et l'envoi de documents à caractère pornographique et la conservation sur son disque dur d'un nombre conséquent de tels fichiers constituaient un manquement délibéré et répété du salarié à l'interdiction posée par la charte informatique de l'entreprise et intégrée au règlement intérieur", souligne l'arrêt. Emmanuel a formé un pourvoi devant la Cour de cassation, invoquant le fait que le stockage de ces fichiers n'a pas perturbé le fonctionnement du système informatique de la société ou son réseau intranet. Argument rejeté par la Cour de cassation dans une décision du 15 décembre 2010. "Ces agissements, susceptibles pour certains de revêtir une qualification pénale, constituaient une faute grave justifiant le licenciement immédiat de l'intéressé", conclut l'arrêt.
Usage des fichiers n'affectant pas le travail
Dans une autre affaire dans laquelle aucune charte n'avait été signée, la Cour avait estimé que le licenciement était intervenu sans cause réelle et sérieuse. Jacques, alors salarié chez Citroën, avait été licencié à la suite d'un contrôle, en sa présence, de son poste informatique sur lequel étaient stockées des images à caractère pornographique et zoophilique. Il a contesté son licenciement, estimant qu'il n'avait commis aucune faute professionnelle liée à son contrat de travail. De son côté, l'entreprise considérait que ces clichés, accessibles par tout utilisateur, représentait un détournement par le salarié du matériel mis à sa disposition par l'entreprise en violation des notes de service et un risque de nature à favoriser un commerce illicite en portant atteinte à l'image de marque de l'employeur. La Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'appel de Rennes ayant conclu à l'existence d'une faute justifiant son licenciement. Les magistrats ont considéré qu'en l'absence d'usage abusif affectant le travail, la seule conservation de ces fichiers contenant des photos sans caractère délictueux ne constituait pas un manquement à ses obligations. Le licenciement n'a donc aucune cause réelle et sérieuse (Cour de cassation, 8 décembre 2009).
L'employeur doit prouver la faute
"L'analyse serait certainement différente en cas de stockage de photos pédophiles au caractère délictueux ou si l'employeur avait démontré que le salarié avait visionné les images pornographiques pendant son temps de travail", présume Christine Baudoin, avocate associée chez LMT Avocats, spécialité en droit social. La Chambre criminelle de la Cour de cassation a en effet jugé que le salarié qui utilise son ordinateur et une connexion Internet pour visiter des sites à caractère érotique ou pornographique et pour stocker sur son disque dur des messages et photographies de cette nature se rend coupable d'abus de confiance (décision du 19 mai 2004).
En tout état de cause, l'employeur qui veut sanctionner un salarié dont l'ordinateur stocke des images pornographiques doit prouver la faute. Le seul fait de recevoir des courriels accompagnés d'images pornographiques sur son ordinateur professionnel n'est pas constitutif d'une faute, a jugé la Cour de cassation dans un arrêt du 14 avril 2010. Ces photos n'avaient été ni sollicitées ni enregistrées sur le disque dur du salarié. Elles lui avaient été adressées par des personnes extérieures à l'entreprise.
jeudi 6 janvier 2011
Peut-on être licencié pour avoir critiqué son employeur sur le Net ?
Selon un sondage, un salarié sur cinq dénigre son entreprise sur Facebook ou Twitter. Un exutoire qui n'échappe pas complètement à la loi.
15 % des salariés parlent de leur entreprise sur Facebook ou Twitter, et 21 % le font plutôt de manière négative, révèle un sondage Vivavoice pour l'agence de communication digitale Hopscotch. Peut-on être licencié pour avoir critiqué son entreprise ou un collègue de travail sur un réseau social ? L'utilisation des réseaux sociaux par le salarié n'est pas réglementée par la loi et la jurisprudence est encore pauvre. Voici ce qu'il faut en retenir.
Dénigrer sa hiérarchie sur Facebook justifie un licenciement disciplinaire
C'est l'enseignement que l'on peut tirer du jugement du conseil de prud'hommes de Boulogne-Billancourt rendu le 19 novembre 2010, une première en France. Les juges ont validé le licenciement de deux salariés auxquels l'employeur reprochait d'avoir dénigré l'entreprise sur Facebook. Sur sa page personnelle, ouverte "à ses amis et leurs amis", l'un avait ironisé en écrivant faire partie d'un "club des néfastes", respectant un rite consistant à se "foutre de la gueule" de sa supérieure hiérarchique. Deux de ses collègues lui avaient répondu : "Bienvenue au club." Un quatrième a vendu la mèche à l'employeur, la société d'ingénierie Alten, qui a licencié les trois salariés "pour faute grave", estimant que les propos tenus constituaient "un dénigrement de l'entreprise" et une "incitation à la rébellion". Deux des salariés visés ont contesté cette mesure devant la juridiction prud'homale. La question était de savoir si les "amis d'amis" auxquels les propos étaient accessibles incluaient potentiellement tout le monde et si le "mur" constituait un espace public ou si, au contraire, les propos relevaient d'une sphère privée réservée à certains membres du réseau social. Le juge départiteur a tranché. Le "mur" est accessible à tous par un accès direct par Google. Ce mode de diffusion a donc un caractère public.
La cour d'appel de Versailles a été saisie en appel de cette décision.
Définir une règle du jeu en interne
Rien n'empêche, a priori, un salarié de surfer sur Internet pendant son temps de travail. Tout est en effet question d'équilibre : la sphère privée du salarié et sa liberté d'expression doivent être compatibles avec sa productivité. Alors, l'utilisation excessive des réseaux sociaux par les salariés peut-elle motiver un licenciement ? "Si le salarié en fait un usage abusif, susceptible d'affecter son travail, la jurisprudence pourra considérer qu'il a manqué à ses obligations contractuelles, indique Christine Baudoin, avocate spécialisée en droit du travail. L'encadrement de l'usage des réseaux sociaux et de l'Internet par une négociation collective est une bonne solution", préconise l'avocate.
mardi 14 décembre 2010
Que faut-il contrôler avant d'acheter sur un site de commerce en ligne ?
"Mobile Destock avait tout pour plaire, relate l'UFC-Que Choisir. Ce professionnel qui vendait sur eBay des consoles de jeux et autres baladeurs MP3 à des prix concurrentiels affichait plus de 98 % d'évaluations positives. Il arborait surtout le prestigieux statut de PowerSeller qu'eBay attribue uniquement à ses membres les plus méritants. Cette marque de confiance n'a pas empêché le gérant de Mobile Destock d'abuser des dizaines de clients, qui n'ont jamais reçu les articles qu'ils avaient commandés et payés". Hélas, ce cas n'est pas isolé. Plus d'un tiers des réclamations adressées au réseau des centres européens des consommateurs en 2007 concernait des ventes en ligne d'équipement électronique. La transparence et le sérieux ne sont donc pas l'apanage de tous les sites marchands. Donc, avant de s'embarquer dans une "clicomania" compulsive, voici quelques réflexes élémentaires à observer.
Mentions obligatoires
Commencer par "renifler" le site. Comporte-t-il toutes les mentions légales et notamment la dénomination sociale, le numéro de RCS et l'adresse du siège social ? Indique-t-il clairement le prix et les modalités de paiement ? Les conditions générales de vente précisent-elles les étapes à suivre pour conclure le contrat ? Mentionnent-elles clairement le droit de rétractation de l'acheteur ? Vérifiez aussi que le site est facilement joignable et qu'il a une existence légale. Des sites tels que infogreffe.fr permettent également de s'assurer de l'existence et de la non-liquidation du vendeur.
Paiement sécurisé
S'assurer que le paiement est sécurisé : Vous reconnaîtrez un site sécurisé par un cadenas ou une clé en bas à droite ou dans la barre d'adresse de votre navigateur ou un "https://" en début d'adresse à la place du "http://". Certains marchands confient la gestion du paiement à un tiers (habituellement une banque) et vous renvoient vers un espace sécurisé, géré par ce prestataire.
Le marchand n'a donc, à aucun moment, accès à vos informations bancaires, mais il reçoit par la banque une confirmation du paiement. Si un marchand ne propose pas de paiement sécurisé par carte bancaire, privilégiez un autre moyen de paiement.
"Ne faites pas vos achats à partir d'un cybercafé ou d'un smartphone, souvent mal protégés", prévient Renaud Bidou, directeur technique de Deny All.
Consultez les comparateurs de prix
Autre gage de sérieux du site, son évaluation par un comparateur de prix. Les équipes des comparateurs fiables vérifient que les marchands respectent les aspects légaux avant de valider leurs inscriptions.
En revanche, prévient l'UFC-Que choisir, gare aux avis de consommateurs ! "Certains commentaires élogieux sont écrits par de faux internautes. Quant aux évaluations des vendeurs proposées par certains sites, elles ne sont pas non plus sans faille. Sur eBay, il suffit à un vendeur de multiplier les transactions de faible valeur, rapidement et sans souci, pour se créer une bonne réputation. Donc un conseil : avant de commander, jetez un oeil sur l'historique des ventes.
Méfiez-vous des trop bonnes affaires !
Certains sites, notamment ceux basés en Asie, proposent des jouets électroniques à des prix imbattables livrés en 24 heures. "Cela peut cacher une contrefaçon", prévient Nicolas Godfroy, de l'UFC-Que Choisir.
Détournez-vous des modes de paiement peu fiables
Privilégiez un paiement par carte bancaire, par chèque ou via un portefeuille électronique de type PayPal. En revanche, évitez de payer par mandat-cash (Western Union ou autre) ou par virement de banque à banque. "Ces ordres de paiement sont irrévocables, même en cas de litige", explique l'UFC-Que Choisir. Le gérant de Mobile Destock, par exemple, affirmait ne plus utiliser PayPal "à la suite de nombreuses fraudes" et demandait à ses clients de payer par virement.











