TOUT EST DIT

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mercredi 2 octobre 2013

Commerçants, la nuit au lit et le dimanche à la messe!


Tout se passe comme si le système économique et commercial français revenait au Moyen Âge. Trois jours après que Sephora ait été condamné à fermer son magasin des Champs-Élysées à 21H, on apprend jeudi soir que Castorama et Leroy-Merlin vont devoir fermer leurs magasins d’Île-de-France le dimanche. Comme Bricorama avait dû le faire, il y a six mois. Alors là, c’est incroyable.
Sephora ferme la nuit sur les Champs-Élysées. Mais pourquoi ? Ça gène qui ? Et bien ça gène les salariés qui voulaient faire des heures sup’, ils gagneront moins. Ça gène aussi les touristes du golfe qui avait l’habitude de sortir du George V ou du Fouquet’s pour se parfumer. Et bien ils partiront un jour plus tôt pour s’arrêter à Londres faire leurs stocks de Dior ou de Chanel.
Mais la vraie catastrophe, c’est la fermeture annoncée de toutes les grandes enseignes de bricolage et de jardinage de la banlieue parisienne. Mais qu’est-ce qu’ils vont faire les bobos et les cadres sup’ ? Regarder Drucker ? Ils ne vont tout de même pas retourner au golf le dimanche, ils y vont déjà le samedi pour échapper aux courses à l’hypermarché. Carrefour, Leclerc et autres, ils n’aiment guère mais la grande surface de bricolage c’est différent. C’est leur domaine, leur jardin secret avec des ateliers d’initiation, des catalogues, des démonstrations. Et tous ces auto-entrepreneurs qui retapaient l’appartement de leur voisine, ils vont se fournir où si le Bricorama du coin est fermé ? On comprend que le gouvernement veuille surveiller de près ces auto-entrepreneurs du dimanche. En leur fermant Leroy-Merlin ou Casto’, il les empêche de travailler. Bien joué ! Plus efficace que de supprimer les franchises fiscales.

Un archaïsme à réveiller l'Inquisition

En attendant, tout ce petit monde ne va quand même pas passer son dimanche à la messe. D’ailleurs le dimanche, les églises ne sont toutes pas ouvertes l’après-midi. Cette histoire d’horaires d’ouverture des magasins est d’un archaïsme à réveiller l’inquisition. On doit être le dernier pays au monde à prendre des décisions aussi absurdes et aussi préjudiciables à l’ensemble de l’économie. Le comble c’est que certains viennent nous raconter aujourd’hui que l’ouverture des commerces le dimanche ne créer pas de valeur donc pas d’activité, pas d’emplois, pas de croissance… D’ailleurs à les écouter, les entreprises qui s’y prêtent ne le font que pour embêter les syndicalistes. Bien sûr !
Le dernier épisode est né d’une plainte déposée par Bricorama qui s’était vu interdire de faire du commerce le dimanche et qui s’étonnait que ses concurrents puissent rester ouverts. Résultat : comme à l’école, pour ne pas avoir d’histoire, le juge a puni tout le monde. Il a demandé à tout le monde de fermer. Il aurait pu faire l’inverse. Il aurait pu autoriser tout le monde à ouvrir. Ceux qui le voulaient l’auraient fait, les autres non. Ca n’aurait gêné personne. Et bien non tout le monde est puni. Le commerçant qui perd du chiffre d’affaires : Bricorama a perdu 23% l’an dernier et 250 emplois, les salariés qui perdent du pouvoir d’achat quand ça n’est pas leur emploi, les clients qui vont tourner en rond le dimanche faute de percer les murs et de tondre les pelouses. Ne parlons pas du touriste étranger qui va se parfumer l’après-midi puisque la nuit il est désormais interdit de commerce. Au lit, les américains et les qataris ! Sephora is closed !

Le code du travail, l'autre petit livre rouge

Et pourquoi tout cela ? Parce que le code du travail l’impose et que l’intersyndical du commerce exige que le code du travail soit appliqué. Rappelons que l’interdiction de travailler la nuit est très ancienne. Elle date de l’époque où le travail industriel était très pénible, qu’il y avait les trois-huit et qu’il fallait absolument règlementer tout cela. Aujourd’hui c’est évidemment complètement diffèrent. Mais impossible d’adapter le code du travail. Et depuis une semaine on a une administration qui enregistre les décisions sans mot dire et des responsables politiques qui baissent les yeux et n’osent pas commenter. Invraisemblable.
La logique voudrait dans la situation actuelle que tous les commerçants qui veulent ouvrir, la nuit, le jour et le dimanche puisse le faire. Après tout, si Sephora ouvrait le soir c’est qu’il y trouvait intérêt. Si Leroy-Merlin restait ouvert le dimanche, c’est parce qu’il avait des clients. Les entreprises qui travaillent contre leurs propres intérêts pour s’opposer à l’archaïsme syndical sont assez peu nombreuses. Il y a des tordus parmi les chefs d’entreprises, mais en général ils ne tiennent pas longtemps. Dans cette affaire, le gouvernement aurait indiqué à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention de modifier la loi. La messe du dimanche est dite. Quant aux soirées, il faudra rester chez soi regarder la télé ou alors faire ses courses sur internet. Amazon, e-Bay, C-discount n’en peuvent plus cette semaine. Ils adorent le gouvernement francais. Non seulement ce gouvernement n’a pas encore trouvé le moyen de fiscaliser leur activité mais voila qu’il fait fermer les enseignes franco-française pour leur envoyer les clients ! Ce pays est quand même formidable.

Jacques Sapir : Grèce vers un coup d’État ?

Jacques Sapir : Grèce vers un coup d’État ?

Le mystère de la plus grande éruption volcanique du dernier millénaire est résolu


C'était un défi lancé aux volcanologues, le mystère de l'éruption manquante. Au cours des trois dernières décennies, les carottages dans les calottes polaires du Groenland ou de l'Antarctique ont ouvert à ces chercheurs une fenêtre sur le volcanisme passé. Au fil des siècles et des millénaires, les régions polaires ont en effet patiemment tenu l'inventaire des aérosols projetés dans l'atmosphère par les volcans puis retombés sur les glaces qui les ont emprisonnés. Dans ce grand registre blanc, une datation revenait sans cesse, 1258-1259, accompagnée d'un dépôt de sulfates hors norme, signe qu'une colossale éruption avait eu lieu un ou deux ans auparavant. Les spécialistes estimaient qu'elle était respectivement huit et deux fois plus importante que les éruptions, déjà énormes, de deux volcans indonésiens, le Krakatoa en 1883 et le Tambora en 1815. Toute l'énigme résidait dans le fait que personne ne savait quel volcan avait bien pu produire pareil cataclysme. Aucun des candidats potentiels, El Chichón au Mexique, le Quilotoa en Equateur ou l'Okataina en Nouvelle-Zélande, ne correspondait à ses caractéristiques.

Pourtant, l'événement n'avait pas pu passer inaperçu. Ses retombées sont très présentes dans les chroniques médiévales européennes, qui ont noté que 1258 fut une année sans été (en raison de la présence des aérosols dans l'atmosphère). Voici par exemple ce qu'en dit le frère Richer, un moine bénédictin qui vivait à Senones, dans les Vosges (je me suis permis, pour une meilleure compréhension, de restituer une orthographe un peu plus moderne à cette vieille traduction du texte latin) : "Que dirai-je des fruits de cette année, vu que l'indisposition du temps était si grande qu'à peine l'ardeur du soleil pouvait rayonner sur la terre (...). Car au long de cet été les nues et brouillards pluvieux furent si fréquents qu'on l'eût plutôt estimé être un automne qu'un été. En premier lieu, le foin ne put être séché à cause des pluies incessamment tombées de l'air ; la moisson semblablement fut si abattue de pluies et d'humidité qu'elle fut retardée jusques en septembre. En sorte que dedans les épis, les grains germaient et qui pis est, comme la plus grande partie des grains fut mise aux greniers, elle se putréfia."
Le bénédictin poursuit ainsi : "Mais que pourrais-je dire de la vendange odieuse de ceste année, vu que personne n'en put tirer aucun profit ou émolument, et que telle chose ne se trouve par écrit être jamais advenue ? Quelle chose pourrait être plus misérable à dire, sinon qu'en tout cet été ne se put jamais trouver un seul grain de raisin propre à manger, même aux alentours de la Saint Rémi (1er octobre, NDLR), auquel temps naturellement mûrit le fruit de la vigne. Les raisins étaient si durs qu'il semblait qu'ils eussent imité la dureté des cailloux. (...) Encore n'ai-je assez exprimé l'infertilité de cette année ; car, pour dire brièvement, les herbes qu'on avait semées aux jardins ne crurent point. Les pommes et poires ne furent formées à leur grosseur accoutumée et n'avaient pas le même goût que les autres années. Ainsi cet an misérable, tant qu'il eut son cours, fut destitué de tous bons fruits." Si frère Richer n'évoque pas de famine, on a récemment découvert qu'une bonne partie des squelettes retrouvés dans un ossuaire londonien dataient... du milieu du XIIIe siècle :un tiers de la population de Londres est morte de faim en 1258 (ceux qui lisent l'anglais et voudraient en savoir plus trouveront ici une synthèse des conséquences climatiques et démographiques de l'éruption).
Depuis trois décennies, les volcanologues courent après le responsable et c'est une équipe internationale emmenée par des chercheurs français qui semble bien l'avoir attrapé dans une étude publiée le 30 septembre dans les Proceedings de l'Académie des sciences américaine (PNAS). Ainsi que me l'a expliqué Jean-Christophe Komorowski, professeur à l'Institut de physique du globe de Paris et co-auteur de cette étude, la résolution de l'énigme doit beaucoup à Franck Lavigne, professeur de géographie physique à l’université Paris-1 et spécialiste de l'Indonésie : "Une éruption de cette importance produit, lors de la formation d’une caldeira, de grandes quantités de pierres ponces recherchées à des fins commerciales. La présence de nombreuses carrières sur l’île de Lombok lui avait indiqué une intense exploitation de cette roche. Puis il a recherché des morceaux de bois carbonisé que la datation au carbone 14 a fait remonter au milieu du XIIIe siècle." Il n'en faut pas beaucoup plus pour que cela fasse tilt. Une équipe pluridisciplinaire est montée, qui part sur cette île volcanique dominée par le mont Rinjani. Cet immense et complexe édifice comprend, à l'est, le volcan du même nom, ainsi qu'une grande caldeira de 8 km sur 6. Cette structure, issue de l'explosion d'une chambre magmatique souterraine, intéresse les chercheurs. A-t-elle été capable de produire le cataclysme de 1257 ?
Sur place,en plus de la datation des troncs et branches carbonisés, les indices s'accumulent. Des indices physiques puisque les chercheurs ont retrouvé des retombées de ponce (2 m d'épaisseur) et de nuées ardentes (30 m d’épaisseur) à 25 km de la caldeira et ils en ont analysé les strates. De plus, ils ont vérifié que la composition des cendres volcaniques correspondait à ce qui a été retrouvé dans les carottages polaires. Mais l'équipe a aussi mis la main sur un merveilleux indice historique, un texte médiéval  rédigé en vieux javanais sur des feuilles de palmier, leBabad Lombok, lequel relate une éruption phénoménale sur l'île au XIIIe siècle. Le texte relate que le phénomène a duré une semaine. Il évoque des tremblements de terre, des vagues de matériau volcanique dévalant les flancs de la montagne, emportant tout sur leur passage et tuant quantité d'habitants. Surtout, il raconte comment l'actuelle caldeira s'est formée, par l'effondrement d'un volcan nommé Samalas dans le poème.
Mis bout à bout et analysés, tous ces éléments ont permis aux chercheurs de reconstituer les événements. "On avait là, culminant à 4 200 mètres d'altitude, un énorme volcan de 8 à 9 kilomètres de diamètre, avec le Rinjani sur le côté, résume Jean-Christophe Komorowski. Le Samalas avait déjà connu au moins deux éruptions explosives violentes par le passé mais il s'était reconstruit. Dessous, 40 km3 de magma très riche en gaz s'étaient accumulés dans la chambre magmatique." La pression est telle que ladite chambre finit par exploser. C'est un peu l'histoire du Vésuve et de Pompéi qui se rejoue mais en nettement plus puissant. Une quantité tellement importante de matériel est expulsée que l'édifice s'effondre en quelques heures, formant la caldeira. "Il s'agit d'une des plus grosses éruptions volcaniques des derniers 7 000 ans, ajoute Jean-Christophe Komorowski. Nous avons calculé que le panache est monté jusqu'à 43 km d'altitude. On a eu là des avalanches incandescentes de pierre ponce et de gaz, un peu comme la mousse qui déborde d'une casserole de lait bouilli, des nuées ardentes qui se sont répandues sur 25 km, sauf au sud où elles ont été bloquées par d'anciens reliefs volcaniques, ce qui explique que des gens aient survécu. Mais sinon, l'île a été dévastée. Cela a dû être le noir complet pendant des jours, des semaines voire des mois."
Pour l'éruption du Vésuve qui a englouti Pompéi, Herculanum, Oplontis et Stabies en 79, on parle d'éruption plinienne – en hommage à Pline le Jeune qui l'a décrite. Dans le cas du Samalas, on utilise l'expression d'éruption ultraplinienne, compte tenu de sa magnitude bien supérieure. La similitude de l'événement de 1257 avec celui de 79 ne s'arrête pas là. Car sur l'île de Lombok, qui était alors un royaume, il y avait une capitale, Pamatan. Celle-ci a été ensevelie et se trouve quelque part sous les cendres du volcan. La Pompéi d'Asie attend ses découvreurs...

La France et le modèle Allemand ou l'impossible réunification…


Ce qui fait la qualité de la société allemande et sa capacité de changement tiennent à plusieurs caractéristiques :
  • - La structure du tissu industriel et économique de l'Allemagne faite de beaucoup de PME organisées dans des länders
  • - La structure capitalistique de ces PME autour de familles qui gèrent elles-mêmes les entreprises
  • - La qualité des produits et la capacité commerciale, issue d'un dur apprentissage au sortir de la seconde guerre, qui permet aux Allemands de fixer leur prix
  • - Les Allemands détestent le déficit ; ils en ont connu le prix en 1930
  • - La représentativité des syndicats allemands (18.6% des salariés sont syndiqués) leur permettant de s'affirmer comme des négociateurs crédibles par les dirigeants des entreprises et de l'Etat
  • - La qualité du dialogue social rend les accords négociés entre partenaires sociaux transposables dans la loi et acceptés par la population.
  • - L'Allemagne est un pays qui sait se réformer lorsqu'il le doit
    La prof et le cancre...
Il est aujourd'hui admis que c'est grâce à la qualité des accords négociés sous le gouvernement Schröder que l'Allemagne a pu transformer, après des mois de négociations entre partenaires sociaux respectueux, l'organisation de l'assurance chômage, de la retraite et du code du travail. L'Allemagne a peu souffert de la crise économique mondiale et, aujourd'hui, elle envisage de modifier légèrement la structure de cette réforme pour corriger l'appauvrissement de pans entiers de la population.

En France, la structure est radicalement différente tant du point de vue sociologique qu'économique

  • - Le tissu économique français est construit autour de très grands groupes dirigés par des « managers » formés dans les plus grandes écoles. Ces grands groupes imposent leurs règles sur le marché français.
  • - La France sait produire des produits de très haute technologie et des produits de consommation de masse
  • - Le tissu de PME est faible et très fragile du fait de la négociation permanente que les grands groupes leur imposent.
  • - Le pourcentage de syndiqués en France est faible : légèrement supérieur à 7% ; la faiblesse de ce nombre a pour conséquence de rendre les accords difficilement négociables ou admissibles par la population. La qualité deu dialogue entre les partenaires sociaux est de ce fait médiocre
  • - La Loi sur la représentativité des syndicats dans les entreprises a provoqué des conflits et des dissensions entre les syndicats et de ce fait a rendu le dialogue encore plus complexe. Ainsi, l'accord de l'ANI a été signée par des organisations syndicales ne représentant probablement pas la majorité des syndiqués... La question de la légitimité de cet accord s'est posée et se pose encore bien que transposée dans la Loi.
  • - Les dirigeants des entreprises rêvent d'un monde sans syndiqués et ont un grand mépris à l'égard des syndicats.
  • - Le pouvoir centralisé de la France, malgré des tentatives de régionalisation, ne permet pas d'adapter les Lois aux spécificités des territoires et rend difficile la réforme
  • - Le Français n'a pas la culture de la rigueur économique.
Jusqu'à récemment, ces caractéristiques ont malgré tout permis de développer le modèle à la française avec ses avantages et ses inconvénients. La mondialisation et le modèle libéral s'étant imposé partout par ailleurs, ce modèle se doit d'évoluer pour rester adapté au monde. Doit-il le faire en allant vers le modèle allemand ?
La hauteur de marche à franchir tant d'un point de vue social qu'économique entre les deux modèles est immense structurellement. Adopter le modèle Allemand demanderait des années de dur labeur collectif et d'un changement radical de conception de la société et de notre tissu économique, ce que les grands groupes ne verraient pas forcément d'un bon œil....
Et pour que cela puisse fonctionner, la première étape consisterait à encourager les salariés à se syndiquer pour rendre crédible aux yeux de la population le dialogue social entre les partenaires qui gèrent les caisses sociales.

Ce nouveau dialogue pourrait permettre de redéfinir un code du travail plus simple

Au vu de la culture de certains chefs d'entreprises qui ne tolèrent pas la présence d'un seul syndiqué ou de l'image que renvoient certains syndiqués qui ne décident de représenter leurs collègues que pour se protéger, ou bien restent arcboutés sur les acquis des années de prospérité, cela risque de prendre beaucoup de temps de convaincre un plus grand nombre de salariés d'adhérer à des syndicats afin de transformer le dialogue actuel en négociations valables et crédibles.
Les dirigeants actuels des entreprises ont le plus grand mal à considérer avec sérieux une augmentation des syndiqués dans leur entreprise les considérant comme des ennemis de leurs entreprises et non comme des partenaires socio-économiques avec qui discuter et négocier. Cela est le premier problème à résoudre et il se chiffre en années de travail.
D'ici à ce qu'il soit réalisé, la donne aura probablement à nouveau changé et le modèle allemand ne sera peut-être plus le bon élève à suivre.
Non, le modèle allemand est en pratique quasiment inadaptable au modèle français.
Par contre on peut imaginer que la France trouve son propre chemin en tenant compte de ses qualités, de ses atouts et de sa sociologie sans chercher à copier ses voisins. Redéfinir un contrat social, repenser un code du travail simplifié, ouvrir des négociations sur les notions de solidarité entre actifs et générations, voilà qui signerait certainement le retour d'une base sociologique forte qui permettrait le retour de la France dans le giron des pays qui comptent.

L'Etat attaque Bernard Tapie au civil pour "faute"


Nouvelle offensive judiciaire contre Bernard Tapie. L'Etat, le Consortium de réalisation (CDR) et l'Etablissement public de financement et de restructuration (EPFR) – deux structures chargées de gérer le passif du Crédit lyonnais – ont assigné l'homme d'affaires, lundi 30 septembre, en responsabilité civile pour faute, contractuelle et délictuelle, devant le tribunal de grande instance de Paris, de même que son avocat Me Maurice Lantourne et l'arbitre Pierre Estoup. Ces trois hommes sont déjà mis en examen dans la procédure pénale pour"escroquerie en bande organisée".

Selon le spécialiste en droit arbitral Thomas Clay, cette action judiciaire signifie que "l'Etat met tout en œuvre pour récupérer l'argent de la sentence arbitrale. En effet, les conditions de reconnaissance de la faute au civil sont plus simples à obtenir qu'au pénal, pour engagerun processus de réparation".
L'Etat ne souhaite laisser aucune échappatoire juridique à M. Tapie, toujours dans le cadre de l'arbitrage ayant accordé, en juillet 2008, 405 millions d'euros à l'homme d'affaires, en conflit depuis de longues années avec le Crédit lyonnais à propos de la vente d'Adidas. L'Etat lui réclame désormais le remboursement de cette somme. Le 26 juillet, deux recours contre cette sentence – un recours en rétractation et une déclaration d'appel-nullité – avaient été déposés par le CDR. Les conseils du CDR s'appuyaient notamment sur les investigations, au pénal, menées par six juges d'instruction, qui ont permis de mettre au jour une longue série d'anomalies ou d'irrégularités dans l'arbitrage Tapie.
"RISIBLE"
Ces recours exploraient les relations avérées entre Pierre Estoup, le rédacteur principal de la sentence, et Me Maurice Lantourne, l'avocat de M. Tapie. Les deux hommes ont entretenu des liens commerciaux dans au moins une dizaine de procédures. Or l'arbitre avait une obligation de "révélation étendue", qu'il ne semble pas avoir respectée.
Le CDR est chapeauté par l'EPFR, une structure dépendant de Bercy. Il avait déjà déposé, le 28 juin, deux premiers recours, en révision et en annulation de la sentence arbitrale. Interrogés par Le Monde, les conseils de M. Tapie, Mes Jean-Georges Betto et Hervé Témime, ont vivement réagi à l'ouverture de ce nouveau front judiciaire: "C'est Bernard Tapie qui a été victime d'une escroquerie portant sur des montants considérables. L'Etat, dont dépendent le CDR et l'EPFR, devrait avoir à cœur d'en élucider le déroulement et d'en identifier les auteurs. Au lieu de cela, il s'est joint au CDR et à l'EPFR pourannoncer bruyamment qu'étaient réclamés à nouveau plus de 400 millions d'euros à Bernard Tapie dans une nouvelle action civile. Leurs demandes cumulées se portent maintenant à 1,6 milliard d'euros. Ce serait risible si ces actions n'étaient pas contradictoires entre elles et ne s'affaiblissaient pas mutuellement."
Pour les conseils de M. Tapie, cette action civile de l'Etat s'accompagne "d'un sursis à statuer jusqu'à ce qu'une décision pénale définitive soit intervenue. Autant dire qu'aucun jugement ne pourra être rendu avant des années. Les manœuvres procédurales du CDR et de l'EPFR risquent de coûter bien plus cher à l'Etat que les 180 millions d'euros revenus en définitive à M. Tapie après l'exécution de la sentence arbitrale".

Roms : cet arbre qui cache si bien l’immense forêt…

Trêve de guerre ! La hache est momentanément sous terre et les querelles suspendues jusqu’à nouvel ordre. Voilà notre pays résolument soudé contre un ennemi commun : les Roms.

Gauche et droite sont maintenant d’accord pour dire que ces derniers posent problème. La seule différence : la droite fustigeait les camps de Roms tout en restant les bras croisés. La gauche les démantèle après avoir insulté ceux qui projetaient de le faire.
Nous voyons ainsi Manuel Valls accuser de stigmatisation Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a déclaré que les Roms harcelaient les Parisiens, pour ajouter ensuite lui-même que seule une minorité de cette communauté cherchait à s’intégrer. Dénoncer un constat que l’on approuve (car il ne faudrait pas, quand même, confondre gauche et droite !) et que l’on appuie finalement avec force, ou comment s’engouffrer dans une brèche avec l’air de ne pas y toucher… Bien joué, Monsieur Valls, bien joué !
Et ce ne sont pas les Français qui désapprouveront les discours de ces derniers jours. 77 % d’entre eux confessent approuver les propos du ministre de l’Intérieur, 93 % jugent que les Roms s’intègrent mal et l’on constate que les électeurs de gauche ont un avis presque aussi sévère que ceux de droite.
Il faut croire que les 20.000 Roms dispersés en France ont réussi à eux seuls l’exploit de fédérer les foules autour de leur cas et déchaîner contre eux-mêmes l’hostilité la plus farouche et la plus unanime alors que les gens ne parviennent plus à s’entendre au sein de leur propre parti. Mais tout ce vacarme pour 20.000 âmes, quand notre beau pays regorge de cas préoccupants et que l’insécurité la plus consternante y fleurit en toutes saisons… Ne se moque-t-on pas un peu du monde ?
L’on nous présente les Roms comme une caste délinquante ou désintégrée, mais n’ont-ils pas, quelque part en France, de sérieux concurrents ? Faut-il rappeler l’existence de Marseille, du Bourget ou de La Courneuve, où l’on ramasse maintenant des carcasses d’hommes comme autrefois celles des voitures ? Il y a bien d’autres communautés qui posent problème en France et dont le « harcèlement » évoqué par NKM dépasse de beaucoup le fait de mendier en haillons ou de faire les poches des touristes.
Mais nous savons bien ce qu’il advient de ceux qui ont encore un peu d’audace pour évoquer ce sujet tabou. Les gens s’offusquent de suite : vous êtes un raciste et le débat est clos. Fort heureusement, les Roms ne viennent pas du Sahel, si bien qu’il est aisé de les critiquer sans se voir accablé de cet anathème.

Ayrault vend sa « Politique familiale » dans “La Croix”

Ayrault vend sa « Politique familiale » dans “La Croix”
Passez muscade. La grogne des familles des classes aisées et moyennes à propos des impôts et rabotages en tous genres qui vont durement frapper leur pouvoir d’achat, ce n’est qu’un refus égoïste de comprendre la vraie, la belle, l’efficace politique familiale de l’Etat-Hollande. Les inquiétudes devant l’enseignement de plus en plus ouvertement agressif de la théorie du genre peuvent aller se rhabiller : Jean-Marc Ayrault – « Il n’est pas question d’introduire je ne sais quelle idéologie à l’école ! » (Elle y est déjà…)
Interviewé par La Croix, servi par des questions complaisantes, le Premier ministre n’est même pas contredit dans « l’analyse » qui accompagne son propos et ne fait que le résumer. A peine a-t-on laissé la parole à Hervé Mariton, qui craint tout juste de voir les questions qui fâchent – genre, PMA, déstructuration de la famille – resurgir dans le débat.
La Croix fournit pourtant en encadré tout ce qui a déjà été fait contre les familles : réduction de prestations selon les revenus, plafonnement plus sévère du quotient familial, suppression de la réduction d’impôts pour frais de scolarité, majoration de retraite aux parents de familles nombreuses soumise à l’impôt. A l’inverse, de nouvelles dépenses favorisent la famille éclatée et la séparation précoce des enfants de leurs familles : scolarisation des enfants dès 2 ans, création de 275 000 places pour « l’accueil » des tout-petits, organisation étatisée des activités « périscolaires », revalorisation des aides aux seules familles en difficulté et spécialement aux mères isolées.
Jean-Marc Ayrault explique d’emblée de quoi il s’agit : sauver le socialisme. Pour éviter que l’assurance privée ne se substitue un jour « à notre système de protection ». Pour éviter que certains ne tentent de remplacer le système des retraites par « les fonds de pension ». « La cellule familiale se porte mieux quand la société se porte mieux », titre obligeamment encore La Croix, citant le propos central du Premier ministre qui sans être faux, met la charrue avant les bœufs de manière on ne peut plus classiquement collectiviste.
Cette « politique familiale juste » n’est pas une politique familiale, même avec ses vestiges de justice que sont les allocations familiales qui n’arrivent pas à sauver de la paupérisation les familles nombreuses de classe moyenne. C’est une politique sociale pensée pour privilégier les familles qui pour une raison ou pour une autre ne fonctionnent pas : absence du père, manque de moyens pour cause de chômage, compensation du fait qu’un seul salaire ne suffit pas, la plupart du temps, à faire vivre une famille. L’Etat prend aux familles l’argent dont elles ont besoin pour subsister – et sa main est de plus en plus lourde – pour redistribuer, assister et au bout du compte asservir.
Ce modèle pervers lui permet de façonner l’image de la famille : « Le gouvernement aime les familles, toutes les familles », martèle le Premier ministre : « Dire que la gauche n’aime pas les familles, c’est faire de la propagande. » Mais la gauche aime les familles monoparentales, les familles homoparentales, les familles recomposées à qui, à la suite de la « droite » et de manière encore plus radicale, elle a donné ce statut de famille. De dysfonctionnements et d’accidents de la vie on a fait des modèles, sans tenir compte du fait qu’en moyenne, les enfants élevés dans le foyer unique, stable et fidèle composé par leurs deux parents s’en sortent mieux sur tous les plans – et la société avec eux.
Inutile de dire que les journalistes de La Croix ne lui opposent ni Rousseau, ni Marx, ni Jules Ferry, ni Jaurès, tous ces théoriciens du retrait des enfants aux pressions des traditions et des cultures familiales dont Vincent Peillon est aujourd’hui le porte-drapeau.
Sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples homosexuelles et sur l’idéologie du genre enseignée aux petits, Ayrault feint de ne rien voir et La Croix gobe le discours. Pourtant la pression du puissant et actif lobby LGBT reste entière.
Quant à faire croire qu’en matière de genre l’école ne s’attaque qu’aux « stéréotypes de genre », cela fait longtemps qu’on nous la fait. « Sil s’agit de faire reculer les stéréotypes, je pense que tout le monde sera d’accord », affirme Ayrault. Mais la lutte contre les « stéréotypes », ce n’est jamais que le gender traduit en actes. Le « mariage » homosexuel en est la manifestation la plus spectaculaire : il faudra bien que les écoles « gratuites pour toutes les familles », comme ose le dire Jean-Marc Ayrault, le présentent comme « normal ». Et la théorie du genre est omniprésente dans les manuels de SVT de première. A quoi s’ajoute la banalisation dès le primaire de toutes les « orientations sexuelles ».
Le lobby aurait tort de se plaindre…

mardi 1 octobre 2013

Écolos : dehors les charlots !

Lilliputiens, mais nuisible.


« J’en ai ras’l'bol ! » : madame la ministre des réquisitions de locaux appartenant au clergé et de la nationalisation des loyers tente une diversion en adoptant un style relâché, qu’elle veut conforme à son image d’adolescente tardive. Le 26 septembre, Cécile Duflot invoque les « valeurs » d’un nuageux « pacte républicain », présenté comme le gardien de la cohésion nationale et des qualités gustatives du fromage de tête réunis, menacé par la diatribe (de gauche ?) anti-Roms du ministre de l’Intérieur (Roms, unique objet de ses ressentiments…). Imagine-t-elle qu’on oubliera, avec sa misérable parodie de républicanisme outragé, cette calamiteuse semaine, au terme de laquelle l’image de son parti sortit encore plus dégradée, si cela était possible ?
Dans un entretien au Nouvel Observateur, le 25 septembre, Pascal Durand déclare qu’il abandonne la direction des Verts : direction, vraiment ? La seule direction que M. Durand peut revendiquer, c’est celle de la sortie, que lui ont désignée Cécile Duflot et Jean-Vincent Placé : « La manière dont il a été traité est humiliante. Ça me choque et je n’aime pas ces méthodes. Pascal n’était qu’un patron par procuration […] les vrais patrons sont ceux qu’on appelle la firme : Cécile Duflot et ses amis. Même si Cécile Duflot est une bonne ministre, elle n’a pas lâché la direction des Verts. Mais ces derniers ne se sont pas créés pour être soumis au bon vouloir d’un clan. C’est le contraire de ce que défendent les écologistes. » (Noël Mamère, Le Monde, 25 septembre.)
L'emmerdeuse
À la vérité, la démission de M. Durand, pour reprendre une expression fortement expressive et joliment crapuleuse, « on s’en tamponne le coquillart ». Ses déclarations ne passaient que rarement le cercle de ses prétendus amis (à une exception près, qui lui fut fatale, son ultimatum du 14 septembre au gouvernement, auquel il donnait six jours pour fournir les preuves de son engagement en faveur de la transition énergétique), quant à ses jugements, ses observations, ses analyses, ils ne sont restés que dans la mémoire de son ordinateur. L’homme ne manque pas de qualités, mais, dans l’actualité fluctuante, il pesait aussi peu que son parti dans les urnes. Cependant, son éviction est révélatrice des pratiques établies et appliquées par les vrais patrons de ce parti « de cabinet » (aucune allusion, ici, aux toilettes, seulement aux ministères). Exit M. Durand.
Le couteau à la main, Noël Mamère, dans l’entretien au Monde déjà cité, pénètre plus profondément dans la plaie : « J’ai décidé de quitter EELV parce que je ne reconnais pas le parti que j’ai représenté à la présidentielle de 2002. […] Notre parti ne produit plus rien : il est prisonnier de ses calculs et de ses clans. Nous sommes devenus un syndicat d’élus ». Il ne saurait mieux dire, mais que ne l’a-t-il dit avant ! Nous savions que ces prétendus agitateurs d’idées moulinaient l’air et prenaient des poses avantageuses, afin de passer pour ce qu’ils ne sont pas : ni révolutionnaires, ni même réformateurs. Progressistes de congrès encolérés, insurgés de tribunes décentralisées, les écolos de gouvernement abandonnent aux obscurs militants le plaisir des vertes prairies, lui préférant la chlorophylle des jardins à la française de leurs ministères. Si fascinés par eux-mêmes qu’ils mériteraient l’appellation d’égologistes, ils éprouvaient hier la fascination de leur nombril, qu’ils confondaient avec le globe terrestre ; considérant les emplois qu’ils occupent aujourd’hui dans l’appareil d’État, ils sont saisis d’un vertige ascensionnel. Les plus aveugles ou les plus optimistes d’entre eux s’interrogent encore : « Jusqu’où n’atteindrons-nous pas ? ». Mme Duflot, cheftaine infantile et ambitieuse, fayote impudemment avec le Premier ministre et, surtout, avec François Hollande : un maroquin de prestige, c’est à dire régalien, suffirait à contenir ses emportements feints et à entretenir sa soumission réelle. Il n’est plus sûr qu’elle l’obtienne. Car, s’il est vrai que, grâce à Martine Aubry1 et à l’habileté manœuvrière de Jean-Vincent Placé, ces gens ont su faire fructifier la minuscule bourse de confiance que leur avait accordée le suffrage universel, leur trésor pourrait fondre rapidement : pour ces outrecuidants, la roche Tarpéienne est proche du capital…
Après la débâcle de ce parti lilliputien, puis sa disparition, on se demandera comment tout cela aura été possible. Hors le navrant spectacle de leur hystérie, de leurs dissensions, de leur appétit des places et des honneurs, les Verts de pouvoir n’auront rien apporté à la société française. Aucune loi digne de ce nom : se sont-ils seulement souciés des conditions de transport des animaux de boucherie, par exemple ? Ont-ils voulu adoucir les procédures d’abattage des bêtes sacrifiées à un Dieu colérique ? Qu’ont-il seulement suggéré pour contrer la folie immobilière, publique et privée, qui ravage le paysage français2 ? Ils ont préféré les épisodes de téléréalité qu’offrent régulièrement les faucheurs de maïs transgénique ! Cette secte de parvenus énervés sombrera dans le néant, d’où ses membres ne sont sortis que grâce à la capacité de nuisance des socialistes entre eux. L’écologie de gouvernement n’aura jamais favorisé que des politiciens subalternes déguisés en rebelles de magazine.

Fini le « bricolage » du dimanche ?

Fini le « bricolage » du dimanche .
Et vlan un coût sur la Liberté de travailler
 Clarifier plutôt que continuer à bricoler autour de la question du travail dominical. Le problème est, qu'aujourd'hui, le gouvernement ne dispose pas de la bonne boîte à outils. La loi Mallié de 2009 est loin d'être frappée au coin du bon sens. Elle a créé un tel entrelacs juridique de dérogations entre les zones géographiques ou touristiques et les secteurs d'activité qu'il est temps de revoir la copie pour éviter que la polémique n'enfle. Et que le droit, parfois inadapté à l'évolution de la société, ne soit bafoué. En bravant l'interdiction faite par la justice d'ouvrir leurs magasins d'Ile-de-France le dimanche, Castorama et Leroy Merlin, forts du soutien de leurs clients et de leurs salariés, ont engagé une partie de bras de fer avec l'État. Comme Bricorama, à l'origine de la plainte contre ses deux concurrents (poursuivi par FO et condamné aussi à ne plus ouvrir ce jour-là !) et qui ne veut pas s'avouer vaincu. Lancer ainsi des pierres dans le jardin de son voisin est si ubuesque en la circonstance que la réalité du terrain impose au gouvernement de traiter le problème d'urgence. Sans mettre de gros coups de rabot ici ou là. Sans prendre le risque - mais n'est-ce pas illusoire ? - de fragiliser plus encore le commerce traditionnel, concurrencé par les sites Internet qui ne baissent jamais le rideau. Alors qu'il apparaît insensé qu'un Chinois ne puisse plus se payer le luxe de faire son shopping nocturne sur les Champs-Élysées, le gouvernement l'a redit, hier, haut et fort : travailler le dimanche doit rester une exception. Même sur la base d'un volontariat revendiqué par certains salariés soucieux de gonfler leur fiche de paye en fin de mois ? Des résistances Il faut absolument sortir de ce casse-tête non réglé en amont par le duo Sarkozy-Fillon. Oui mais comment ? Pour le savoir, attendons, fin novembre, les conclusions de la mission conduite par l'ex-patron de La Poste, Jean-Paul Bailly. À la croisée d'enjeux économiques, sociaux et sociétaux, répondra-t-elle, pour de bon, aux aspirations des consommateurs, au respect des droits des salariés et à l'attractivité des territoires ? La feuille de route est claire autant que les réponses demeurent complexes. Aujourd'hui, près d'un tiers (29 %) des salariés français travaillent déjà le dimanche. Pour autant, la libéralisation du travail dominical se heurte encore à de fortes résistances. Sociales, on l'a vu. Culturelles aussi, sur fond de défense de valeurs familiales et de pratiques religieuses. Gêné aux entournures, le gouvernement, qui a fait de la relance de l'activité et de l'emploi ses deux priorités, affronte de pair syndicats et patronat. Ce dernier voit, là, une occasion en or de toiletter l'indigeste Code du travail. Et s'il dénonce au passage un frein à l'emploi et à la croissance, sans qu'il ne soit possible de quantifier le tout avec précision, nombre d'économistes réfutent l'argument d'un impact massif du travail dominical sur la création de richesses. Ce que ne manquent pas de marteler les syndicats. Alors que l'Europe avance en ordre dispersé sur le sujet, irons-nous vers un compromis acceptable ? Oui, si chacun parvient à dépasser toute posture idéologique. Dans le cas contraire, ce fichu millefeuille juridique (symbole du génie français !) persistera, au point de semer le doute sur nos capacités à évoluer collectivement. Et de nous laisser vraiment dans le pétrin, dimanche compris. 

Le spectre de la censure

Le spectre de la censure
Nous sommes choqués par la mise en examen de M. Ivan Rioufol, apprise hier soir sur son blog, pour des propos qu’il a tenus à a radio, comme nous le serions tout autant pour un journaliste et des idées de l’autre bord. La liberté d’expression est le fondement des droits de l’homme et de la démocratie. Elle ne se divise pas. Quand on « inquiète » un journaliste, quel qu’il soit, pour une opinion qu’il a émise, quelle qu’elle soit (à l’exception de la négation de vérités historiques), c’est la liberté dans son ensemble qui est menacée. En toute bonne conscience, dans l’indifférence et la passivité, nous assistons dans ce pays, au grignotage de la liberté. Ce silence face à la mise en cause d’un acquis républicain essentiel reflète la loi du conformisme. Il faut rappeler ici les grands textes auxquels toute forme de censure porte atteinte:
-         L’article 10 de la Convention européenne des droits de l’Homme de 1950 : « 1 – Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière.» Jurisprudence (Cour européenne des droits de l’Homme, 7 décembre 1976, no 5493/72, Handyside c/ Royaume-Uni) : « La liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels, il n’est pas de « société démocratique ». »
-         Article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »
-          Article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »
Le magistrat qui a mis Ivan Rioufol en examen lui a indiqué, selon le blog de ce dernier, que cette décision est une conséquence inéluctable, automatique, de la procédure engagée. Cette information n’a rien de rassurant. Elle donne l’impression d’un mécanisme infernal échappant à tout contrôle.  Et si en France, à l’occasion des prochaines échéances électorales, nous reparlions de la LIBERTE après avoir tant parlé d’égalité?

Roms, l’école du crime

Roms, l’école du crime


Vingt-sept Roms comparaissent à partir de ce lundi à Nancy pour association de malfaiteurs et complicité dans une centaine de vols. Leur particularité ? Ils formaient au vol des enfants de dix ans.
En 2010 et 2011, une centaine de vols avaient été commis dans l’Est de la France, à Paris, en Belgique et en Allemagne, sur le même mode opératoire : vol de bijoux et d’argent en plein jour à domicile. En septembre 2011, trois cents gendarmes procèdent à des dizaines d’interpellations en Alsace et en Lorraine. Le réseau est peu à peu démonté, il est constitué de trois familles dont la tête se trouve en Croatie où les suspects vivent luxueusement dans des demeures… tout en marbre. La sédentarité cossue.
Le réseau pyramidal fonctionnait de façon rodée. Les familles étaient chacune dirigées par un couple de commanditaires. Des intermédiaires transportaient les enfants sur les lieux des cambriolages. Deux receleurs, qui revendaient les bijoux dérobés à des sociétés commerciales, ont été identifiés.
Les enfants étaient « formés dès le plus jeune âge uniquement pour le vol, ils n’ont jamais connu d’autre école que celle-là », a expliqué Grégory Weil, le substitut du procureur de la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy, en charge du dossier.
Qui cela étonnera-t-il ? En mars dernier le « patriarche » Féhim Hamidovic a été jugé, lui forçait les enfants à jouer les pickpockets à Paris. Ils rapportaient le butin le soir dans les camps de Seine-Saint-Denis où viols et coups étaient de rigueur. Pour que le métier rentre.
Traite ou dot
Les cambriolages ont rapporté plusieurs millions d’euros, ce qui établit le « rendement mensuel » de chaque enfant à 5 000 euros, selon les estimations de la justice. Question efficacité et valeur sur le marché du travail, la formation rom est meilleure que celle de l’Education nationale.
Certains enfants, plus doués que d’autres, ont été échangés d’une famille à l’autre, plus exactement « prêtés », pour une centaine de milliers d’euros. D’où l’accusation de traite d’êtres humains qui pèsent sur certains accusés. La défense conteste toutefois la qualification, et soutient qu’il s’agissait d’une dot, selon la « coutume ».
Une dot à cent mille euros, c’est déjà de la belle dot pour une population qu’on nous présente comme précaire. Les aides sociales françaises devaient paraître fades à ces magnats. Et pauvrettes, les cellules sans marbre qui attendent les employeurs-revendeurs d’enfants (jusqu’à dix ans d’emprisonnement).
« J’espère qu’il n’y aura pas de stigmatisation judiciaire comme il y a actuellement une stigmatisation politique », a déclaré Me Alain Behr, l’avocat d’un des couples clés du réseau. La maltraitance morale des enfants, leur avenir, peu importe. Ce qui compte est de ne stigmatiser personne. Les avocats voudraient que la cour établisse ce qu’il peut y avoir de « culturel » dans le comportement de leurs clients. L’alibi culturel est le dernier rempart des défenseurs des Roms. Ils ne s’aperçoivent pas que l’argument ouvre la porte à tous les « amalgames ».
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Merci l’Europe

L’enquête dans les Balkans a permis d’identifier le sommet de la pyramide, une femme de 66 ans à la tête des trois familles. Organisée, elle s’occupait notamment de la logistique du réseau. Placée en détention provisoire en France, elle sera jugée ultérieurement. Elle a été interpellée, grâce à un mandat d’arrêt européen, au lendemain de l’entrée de la Croatie dans l’Union européenne, le 2 juillet.

lundi 30 septembre 2013

Travail dominical : une mission pour l'ex-patron de La Poste

Le gouvernement a confié une mission à l'ancien président de La Poste, Jean-Paul Bailly, destinée à "clarifier le cadre juridique" du travail le dimanche, a indiqué Matignon dans un communiqué.
Jean-Paul Bailly "devra examiner les faiblesses du dispositif actuel, éclairer les enjeux de l'ouverture de certains commerces le dimanche et faire des propositions au gouvernement", précise Matignon, ajoutant qu'il devrait rendre ses conclusions à "la fin du mois de novembre".

Le gouvernement "rappelle que le repos dominical est un principe essentiel en termes à la fois de protection des salariés et de cohésion sociale". Pour autant, "l'existence du travail dominical est une réalité", souligne Matignon. Le gouvernement "souhaite que la question des exceptions à ce principe général soit examinée pour clarifier le cadre juridique", fait valoir Matignon.

La mission Bailly devra reposer, insiste Matignon, sur "un dialogue approfondi avec l'ensemble des parties prenantes: partenaires sociaux, élus, représentants de la société civile, associations de consommateurs et de professionnels..."

Cette "mission" fait suite au mouvement de fronde des enseignes de bricolage Castorama et Leroy Merlin qui ont ouvert dimanche 14 magasins pourtant frappés d'une interdiction d'ouverture.

Mensonges

Mensonges


Le mensonge méritait bien d'être élu par des internautes mot de l'année 2013 ! Un autre jury avait élu le mot transparence, remède au mal. Car le mensonge, c'est le mal, insupportable. De Cahuzac à la mère de Fiona, les vagues d'indignation en disent long sur le dégoût provoqué par ces personnages, chacun dans leur registre.
Car les menteurs, virtuoses dans l'art de ne pas dire la vérité, et de mobiliser tout leur esprit pour créer leur réalité, appartiennent à diverses catégories. Celle du mensonge cynique pour celui qui va jusqu'à abuser le président de la République ou pour l'infanticide qui manipule l'opinion dans un déni de la réalité auto-protecteur. Monnaie courante, la tricherie sur les diplômes relève du mensonge moins pathologique.
Plus surprenant, le « devoir de mensonge » n'en est pas moins reconnu par des psychiatres, tel Boris Cyrulnik. La rêverie offre ainsi des leurres nécessaires à la construction de sa personnalité, à sa dignité. Mensonge qui facilite l'adaptation, la création, l'innovation.
Le mensonge « bienfaisant » lui, est utile à qui ne veut pas faire de peine à autrui, ou veut le mener sans brutalité vers la vérité. Tels nos politiques, pleins d'empathie, avec leurs fausses vérités aussi acceptables que celles du médecin envers son malade. Courbe du chômage, pause fiscale… Bientôt la vérité.

LES MENSONGES DE AYRAULT

Ce matin, Jean-Marc Ayrault a déclaré dans un entretien au journal « La Croix » que la théorie du genre ne serait pas enseignée à l’école. Il ne s’agit, selon lui, que de lutter contre « les stéréotypes de genre ».

Mensonge ! 
Depuis plusieurs semaines, des exemples précis de documents faisant l’apologie de la théorie du genre nous remontent des établissements scolaires. Les défenseurs de cette théorie prétendent que notre identité sexuelle, le fait d’être un homme ou une femme, serait totalement indépendante de notre anatomie.

Ainsi, le 4 janvier 2013, Vincent Peillon écrivait à l’ensemble des recteurs pour leur demander de « s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités », notamment sur la question liée à l’identité de genre. Il les incitait à s’appuyer sur les supports pédagogiques proposés par la « Ligne Azur » qui affirme, par exemple, que l’identité de genre « c’est le sentiment d’être un homme ou une femme. Pour certains, le sexe biologique coïncide avec ce ressenti. Pour d’autres, sexe génital et identité de genre ne correspondront pas ».

Plus récemment, Michel Teychenné, fondateur de l’association « Homosexualité et socialisme » a rendu un rapport officiel au ministre de l’Éducation nationale l’incitant à s’appuyer sur les fédérations LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuels, Transsexuels) pour animer certains cours dans les établissements scolaires. Pour lui, également, il convient de rappeler aux enfants que « l’identité de genre est une expérience intime et personnelle de son genre vécue par chacun qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance ».

On voit bien qu’il ne s’agit pas d’une simple politique en faveur de plus d’égalité entre hommes et femmes, mais bien d’un projet plus subversif consistant à prétendre que chacun peut choisir, indépendamment de son anatomie et de son corps, de devenir un homme, une femme, ou même un être de sexe indéterminé.

Est-ce réellement cela que nous voulons apprendre à nos enfants ?
De plus si nous laissons faire les militants favorables à cette théorie, des pans entiers de notre enseignement et de notre culture seront jetés à terre.
Ils demandent déjà de remplacer les classiques de la littérature enfantine par des livres « non genrés », comme « Papa porte une robe » ou « je veux un zizi ».

Ils militent également pour imposer une vaste réforme de la grammaire française. Ils l’accusent d’être sexiste et d’être un instrument visant à assurer « l’hégémonie hétérosexuelle ». Sic !

Face à la désinformation du gouvernement et à la détermination des hérauts de la théorie du genre, nous ne devons pas baisser la garde. Pou cela, nous avons besoin de vous !

Afin de nous aider à faire connaître les dangers de la théorie du genre à tous les parents et grands-parents d’élèves et d’être en capacité de réagir établissement par établissement aux attaques des partisans de cette théorie, nous devons nous poursuivre notre structuration sur le terrain.
Pour cela, nous vous invitons, si ce n'est pas déjà fait, à devenir correspondant de l’observatoire de la théorie du genre dans votre ville. Mais aussi à faire connaître notre site véritable antidote contre la désinformation du gouvernement.
Par ailleurs, si vous le pouvez, merci de nous adresser un don, même modeste, pour nous aider à financer nos actions (édition de tracts, envoie de courrier, organisation de conférences) et le développement de l'observatoire. Nous ne disposons d'aucune aide, si ce n'est la vôtre.

Mythes et mythologies politiques

Mythes et mythologies politiques
Le 18 septembre dernier, nous avons appris le décès de l’historien Raoul Girardet, à l’âge de 95 ans. Cet intellectuel est l’auteur de l’un des livres les plus fascinants qu’il m’ait été donné de lire: "Mythes et mythologies politiques" éditions du Seuil, 1986. Je ne saurais trop recommander cette lecture salutaire en cette période dominée par un épais brouillard, propice à l’apparition des chimères et des mirages. Raoul Girardet décrit et explique les grandes figures de l’imaginaire politique qui hantent et mènent notre inconscient collectif: la conspiration, (ou le complot), le sauveur (ou l’homme providentiel), l’âge d’or (ou la quête du paradis terrestre), l’unité (ou la perfection de la communauté politique). "Les mythes politiques de nos sociétés contemporaines ne se différencient guère sur ce point des grands mythes sacrés des sociétés traditionnelles. La même et essentielle fluidité les caractérise en même temps que l’indécision de leurs contours respectifs. Ils se chevauchent, s’interpénètrent, se perdent parfois l’un dans l’autre." Ecrit dans un style limpide et concret, accessible à tout lecteur, sans la moindre prétention, comme tous les vrais grands livres, cet ouvrage est une arme secrète contre les manipulations, les mensonges, la bêtise quotidienne…

Nancy : 27 roms jugés pour des cambriolages


Vingt-sept membres de trois familles roms, originaires de Croatie et basés dans l'Est de la France, comparaissent durant deux semaines à partir de ce lundi à Nancy, pour avoir forcé leurs enfants à commettre des cambriolages en série en France, en Belgique et en Allemagne.

  • Les 27 prévenus comparaissent devant le tribunal correctionnel pour association de malfaiteurs et complicité dans une centaine de vols, commis en 2011 par leurs enfants, alors âgés d'une dizaine d'années.Ils étaient formés dès le plus jeune âge uniquement pour le vol, ils n'ont jamais connu d'autre école que celle-là", a affirmé à l'AFP Grégory Weil, le substitut du procureur de la juridiction inter-régionale spécialisée (JIRS) de Nancy, en charge du dossier. Plusieurs des suspects sont également poursuivis pour traite d'êtres humains, après que l'enquête a mis en évidence des transactions entre familles, où certains enfants étaient "prêtés" pour près de 100.000 euros. La défense conteste toutefois la qualification, et soutient qu'il s'agissait d'une dot, dans le cadre de mariages, selon la coutume de ces familles.

SERONT-ILS RENVOYÉS CHEZ EUX ? 
MÊME PAS !