TOUT EST DIT

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jeudi 26 septembre 2013

L’« homophobie », Marx, Mao… et Radio Courtoisie

L’« homophobie », Marx, Mao… et Radio Courtoisie


Une mise en demeure du Conseil supérieur de l’audiovisuel parue ce mercredi matin au Journal officiel somme Radio Courtoisie, par le biais de l’association qui l’exploite, de respecter à l’avenir ses obligations de « pluralisme » et de mettre fin à ce qu’elle qualifie d’« absence de maîtrise de l’antenne » constitutive d’un manquement à la convention conclue en 2007 avec la CSA. Convention qui multiplie les références aux principes de « non-discrimination ».
Il est reproché à Henry de Lesquen d’avoir parlé en termes vifs du « mariage » des homosexuels lors de son Libre Journal du lundi 27 mai dernier : il l’avait qualifié d’« abject et contre nature », déplore le CSA, qui pointe encore l’absence de réaction des invités présents dans le studio, ni pour contredire le propos, ni pour le « nuancer ».
« Vous exagérez, Henry » ? Il fallait le dire, pour que le CSA admirât le « pluralisme » de Radio Courtoisie – et ne la menace pas, comme le fait implicitement cette mise en demeure, de lui clouer le bec ? Le « pluralisme » est donc bien celui qu’on pense : celui qui permet de gazer et de garder à vue les opposants au « mariage » des homosexuels, de forcer le passage malgré des centaines de milliers de personnes dans les rues, de contraindre les mairies à célébrer.
Le « pluralisme », c’est le respect et l’expression de l’opinion selon lesquels deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, se marier et avoir des enfants (sans crainte de grossesse non désirée, en attendant qu’une femme inséminée et qui le regrette se présente pour une IVG de plein droit). L’expression de l’opinion contraire n’est pas du pluralisme ; elle est éventuellement tolérée dans les limites de ce qu’accorde le pouvoir ; et ses tenants peuvent toujours être tenus pour « homophobes », ce qui les voue au déshonneur, aux tribunaux, à l’amende et à la prison. Tous les outils juridiques sont en place.
« Abject et contre nature » : analysons. Dire que le « mariage » des homosexuels est contre nature indique qu’il ne correspond ni à la nature de l’être humain, homme ou femme, ni à celle du mariage, ordonné à la procréation qui est l’aboutissement naturel de l’union de l’homme et de la femme. Il faut contredire la nature pour aboutir à la constitution d’une « famille homoparentale ». Mais le dire contrarie le lobby gay, et au-delà la pression antifamiliale et nihiliste exercée par les instances supranationales au nom de la « non-discrimination ».
Abject ? Encore un mot qui ne passe pas. Mais s’il n’est plus possible de qualifier moralement des actes qui longtemps ont été tenus pour peccamineux, il faut aussi en finir avec la Bible, le catéchisme, les statues de sel et tout rappel de la loi naturelle. Aujourd’hui Henry de Lesquen, demain le cardinal Barbarin !
Vendredi dernier, l’assemblée italienne, avec quelques précautions et bien des amendements visant à protéger les droits des groupes religieux, faisant de la liberté d’expression une exception encadrée et définie par la loi, a adopté une loi réprimant l’« homophobie ». Elle doit encore passer devant le Sénat ; en attendant le lobby LGBT italien s’active pour dénoncer ou perturber ceux qui osent tenir un discours traditionnel sur la question.
Dans Il Foglio, une interview du Pr Roger Scruton qui enseigne la philosophie à Oxford souligne qu’une telle loi, même avec ses aménagements (dont la loi française ne bénéficie point), rappelle les procédés de l’Union soviétique et de la Chine de Mao empêchant les dissidents de s’exprimer. Une véritable Novlangue orwellienne visant à créer parmi l’opinion l’idée qu’une « force maléfique » de discrimination et d’intolérance est à l’œuvre, dans « l’Europe entière », « dans le cœur et dans la tête de gens qui ne se rendent pas même compte de ses machinations ».
Ces lois qui existent dans d’autres pays européens – la France en tête – conduisent à une forme d’autocensure imposée habilement par des idéologues, de manière à « marginaliser et à condamner ceux qui s’opposent à la croyance communiste selon laquelle la réalité peut être changée par le changement du langage ».
« On ne peut pas emprisonner la pensée par la loi. (Cette loi) criminalise la critique intellectuelle sur le thème du mariage gay. C’est un nouveau crime intellectuel, idéologique, comme l’était l’anticommunisme au temps de la guerre froide. »
« Cette loi sur l’homophobie me rappelle les procès de Moscou, et ceux de la Chine maoïste, où les victimes confessaient leurs crimes avec enthousiasme avant d’être exécutés », souligne le Pr Scruton. Lorsque les activistes politiques accusent leurs opposants de « haine », il y a « inversion morale » : « Si vous vous opposez à la normalisation de l’homosexualité vous êtes “homophobe”. Si vous croyez en la culture occidentale, vous êtes “élitiste”. Etre accusé d’“homophobie”, c’est la fin d’une carrière – spécialement pour ceux qui travaillent à l’université. »
Oui, c’est le temps de la dissidence. Et Scruton rappelle que sur ce plan-là, ces choses peuvent aller loin, citant les millions de morts du communisme : « C’est tellement facile d’enfermer les gens pendant des années dans des camps de travail forcé jusqu’à ce qu’ils tombent malades ou meurent, si le seul mot admis pour définir cela est le mot “rééducation”. »
L’affaire de Radio Courtoisie montre que la rééducation est en marche.
Pas sûr qu’elle soit efficace – mais cela est entre nos mains.
• www.radiocourtoisie.fr

Faire parler les chiffres

Faire parler les chiffres


Alors, champagne pour tout le monde ? Pour la première fois depuis avril 2011, le chômage a baissé en août dernier. Pour la première fois depuis bien longtemps, la dépense publique va refluer en 2014. Cela serait donc tout bonnement historique. On voudrait pouvoir s'en tenir à ce que l'on appelle couramment la vérité des chiffres et les prendre, si vous nous permettez l'expression, pour argent comptant. Ce serait, hélas, trop simple. Parce qu'il y a les chiffres et ce qu'on leur fait dire. Et sur ce plan, les bavardages tellement contradictoires des politiques plongent le citoyen dans un abîme de perplexité.


Historique, la baisse du chômage ? Oui, sur le papier. À ceci près que la diminution du nombre des demandeurs d'emploi s'accompagne d'un chiffre quasi équivalent concernant les radiations sur les listes de Pôle emploi, faute d'accomplissement des formalités. Pas de quoi pavoiser, si l'on ajoute à cela l'exceptionnelle mobilisation sur les emplois aidés. Michel Sapin, très prudent, a d'ailleurs refusé de parler de « retournement ».

Historique, la baisse des dépenses publiques pour 2014 ? Oui, si l'on compare à ce qui s'est fait (ou plutôt pas fait), y compris sous la droite, depuis des dizaines d'années. Avec un bémol si l'on considère que les dépenses publiques ne baisseront pas par rapport à 2013, mais par rapport à l'évolution tendancielle. Et, du coup, la dette publique culminera à un sommet, historique pour le coup, de 95,1 % du PIB. Là encore, pas de quoi pavoiser. On le voit, cette loi de finances 2014 ne va pas assez loin sur le plan des économies et fait la part trop belle aux impôts. Ce que François Hollande appelle dans un délicieux euphémisme « la quasi-stabilité ».

Au-delà des chiffres, on voit bien que les éléments de langage ont été martelés au PS. Faute de mieux, on a ressorti le thème de l'héritage et, surtout, on a réhabilité la vertu redistributive de l'impôt pour le bien commun. Sauf que l'on aura du mal à convaincre tous ceux qui, en dehors des « plus aisés », sont devenus des « redistributeurs ». Pour eux, pas de vains mots. Les chiffres qui leur parlent le mieux sont ceux de leurs feuilles d'imposition.

mercredi 25 septembre 2013

Budget 2014 - Moscovici : "Je ne supporte plus le french bashing"

Le ministre de l'Économie a défendu le budget 2014, présenté mercredi matin lors du conseil des ministres, qui a déclenché des critiques de l'opposition.


En commission des Finances, le ministre de l'Économie a défendu le budget 2014, présenté ce matin lors du conseil des ministres. "Je ne supporte plus le french bashing. Nous avons une économie forte, puissante, résiliente, qui mérite qu'on lui fasse confiance", a estiméPierre Moscovici. "J'ai milité pour la stabilisation des prélèvements obligatoires cette année. Mais permettez-moi de rappeler que l'impôt reste le principal levier d'une politique économique, un principe cardinal, un outil pour permettre de réduire les inégalités. Le choix de la stabilisation des prélèvements obligatoires, avec une seule hausse de 0,15 point de PIB, est un signal essentiel."


Avant lui, Jean-François Lamour, député UMP, membre de la commission des Finances, avait estimé : "C'est un budget d'affaissement, voire d'effondrement. Les économies réellement attendues, cent fois inférieures au chiffre affiché par Bercy, sont infinitésimales par rapport aux efforts qu'il nous faudrait fournir pour seulement espérer remettre nos finances à flot. (...) Le gouvernement socialiste mise tout sur la pression fiscale, qui continuera d'augmenter l'année prochaine au-delà du supportable, pour les ménages comme pour les entreprises, étouffant l'économie et compromettant tout retour durable de la croissance."
Barbara Pompili, coprésidente du groupe écologiste, a déclaré de son côté : "Si ce qui a été annoncé par le président de la République, notamment lors de la conférence environnementale, se confirme, oui, on votera le budget. Car il y a enfin un début de fiscalité intelligente qui repose sur la pollution mais pas sur le travail. On a enfin des orientations claires sur la consommation d'énergie, une baisse de la TVA sur la rénovation énergétique des bâtiments. Ce sont des signaux qui sont positifs. Même si ça ne va pas aussi loin qu'on le voudrait, nous sommes dans une majorité, nous avons des partenaires : cela veut dire qu'il faut faire des compromis." 

François Hollande sur CNN: "Poursuivre la lutte contre le terrorisme"


Le chef de l'Etat français a accordé une interview à la chaîne de télévision américaine, en marge de son déplacement à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU.

"Nous devons poursuivre la lutte contre le terrorisme". Tel est le sens du message de François Hollande ce mardi sur CNN International. La chaîne de télévision américaine a diffusé une interview enregistrée du président français. Résumé de son intervention. 

Kenya: "deux victimes françaises lâchement assassinées"

Interrogé sur la prise d'otages à Nairobi durant laquelle deux Françaises sont mortes, François Hollande a indiqué qu'il avait parlé au téléphone avec "le père et le mari" desdeux femmes originaires de Nice. "Nous avons deux citoyennes françaises qui sont mortes, assassinées lâchement par des terroristes", a-t-il déclaré, affirmant "c'est une douleur pour nous".

 Mali: "Un succès"

L'opération Serval "a été un succès", s'est félicité François Hollande, "parce qu'elle a été voulue par les Africains eux-mêmes. La France n'y serait pas venue seule. Elle a été appelée", a-t-il indiqué. Un succès prouvé, selon François Hollande, par les élections récentes au Mali, qui se sont tenues "à la date prévue" et on été marquées par "une forte participation".
Et la France pourrait ne pas en rester là. "Ce que nous avons été capables de mener au Mali, nous devons le faire dans d’autres territoires, a expliqué François Hollande. Aujourd’hui, j’ai de grandes inquiétudes par rapport à la République Centrafricaine. Ce ne sont plus les mêmes groupes, il ne s’agit pas encore de groupes djihadistes ou terroristes, mais cela peut le devenir. Donc, le cri d’alerte que j’ai lancé il y a un an aux Nations-Unies sur le Mali, je peux le prononcer aujourd’hui pour la Centrafrique".

 Syrie: "une résolution contraignante"

Concernant la Syrie, François Hollande a réaffirmé que c'est grâce à "la pression" exercée par les Etats-Unis et la France "que les Russes ont pris l’initiative de chercher un accord".

"Oui à une résolution dans un délai rapide, a résumé le président ; oui à une traduction à ce qu’a été l’accord entre les Russes et les Américains pour détruire les armes chimiques de Syrie ; mais avec l’exigence qu’il y ait, en cas de manquement, une sanction".

Mais François Hollande a reconnu que l'application de la résolution n'est qu'une étape. "Nous allons régler la question des armes chimiques dans les prochains jours mais nous ne pouvons pas nous satisfaire de cette seule solution, a rappelé le président, nous devons maintenant aller vers l’issue politique pour en terminer avec ce qui est le plus lourd conflit, le plus grave massacre depuis le début de ce siècle."

  1.  Iran: vers une ouverture

La journée de François Hollande à New York a été marquée par sa rencontre avec le président iranien Hassan Rohani. Les deux présidents se sont serrés la main, soulignant "le caractère historique" de la rencontre.

"Le président Rohani a fait des gestes, pour l’instant verbaux, mais qui montrent une ouverture", a reconnu François Hollande. Mais l'Iran étant le premier allié de la Syrie, l'affaire est diplomatiquement compliquée. François Hollande a indiqué que l'Iran pourrait participer à la conférence de Gnève II si le pays "participe à l'idée de trouver une solution politique au conflit".

"Si l’Iran partage cet objectif, l’Iran est bienvenu. Si l’Iran au contraire veut maintenir à toute force le régime de Bachar el-Assad, je ne vois pas comment il peut participer à la conférence de Genève II."
QUE DU VENT, QUOI.

Tribulations judiciaires

Tribulations judiciaires


Nicolas Sarkozy reste mis en examen ! La cour d'appel de Bordeaux a validé la quasi-intégralité de la procédure dans le volet « abus de faiblesse » de l'affaire Bettencourt. Ce qui n'était, au départ, qu'une vilaine affaire de famille demeure, plus que jamais, « l'affaire » de Sarkozy. Parce qu'on s'intéresse assez peu, il faut en convenir, au sort des onze autres mis en examen. À peine sorti sans encombre de son « Sarkothon », voici donc notre ex-président toujours tenu de devoir rendre des comptes, cette fois à la justice. Certains y voient un acharnement judiciaire indigne quand d'autres se félicitent d'un juste retour des choses.
Ces réactions diamétralement opposées et épidermiques révèlent à quel point Nicolas Sarkozy demeure une personnalité clivante dans l'opinion. Cela devrait le faire réfléchir au moment où il prétend « parler à la France ». Tout ce qui le concerne réveille des tensions. Dans cette affaire Bettencourt, entachée par une suite invraisemblable de tribulations procédurales, on aurait préféré que la justice soit irréprochable. Cela n'a pas été le cas avec le dessaisissement du tribunal de Nanterre, le renvoi de la juge Isabelle Prévost-Desprez en correctionnelle pour violation du secret professionnel, et la convocation de l'ancien procureur Philippe Courroye devant le CSM.
Incontestablement, la politisation du dossier en a poussé beaucoup à la faute déontologique. Il est pareillement permis d'émettre des doutes sur les conditions de l'expertise demandée par le juge Gentil à une amie. On doutera plus encore de la validité d'un examen ayant conclu en 2011 à un abus de faiblesse de la milliardaire remontant à… 2006.
La cour d'appel de Bordeaux a-t-elle refusé, hier, par corporatisme, de déjuger un collègue ? Il serait regrettable que soit vidé en cette occasion un vieux contentieux. Certes, Nicolas Sarkozy a eu tort de s'en prendre trop souvent aux juges, sauf que le Syndicat de la magistrature n'a pas servi l'image de neutralité de l'institution avec son injurieux « mur des cons ». On n'attend pas de la justice qu'elle se fasse justice, mais qu'elle la rende sereinement.

Elections en Allemagne et scepticisme européen

La CDU/CSU a remporté, comme cela était prévu par la majorité des analystes, l'élection du dimanche 22 septembre au Bundestag allemand. Cela signifie qu'Angela Merkel, chef de file des démocrates-chrétiens, conserve le poste de chancelière fédérale pour un troisième mandat. L'entrée au Parlement du parti anti-euro Alternative pour l'Allemagne, AfD, qui a gagné en vigueur ces derniers temps et qui était redouté par beaucoup à Berlin et au siège de l'Union européenne à Bruxelles, ne s'est pas réalisé.


Peu avant les élections en Allemagne, le Rheinische Post et certains autres quotidiens européens ont communiqué, se référant au journal français La Croix, les résultats d'un sondage Ifop auprès de 4 000 résidents de l'UE. Les questions portaient sur leur attitude envers l'Union européenne. D'après le sondage, depuis juin 2012, le nombre d'eurosceptiques est passé de 26 à 37 % en Espagne, de 38 à 43 % en France, de 39 à 45 % en Italie et de 36 à 44 % en Allemagne.
Le pessimisme est cependant moins présent en Allemagne. Seuls 31 % des Allemands ont répondu par l'affirmative sur la question de savoir s'ils croyaient possible que leur pays se retrouve dans la même situation que la Grèce. Une perspective qui n'est pas cependant exclue par 54 % des Français, 56 % des Espagnols et 58 % des Italiens. 37 % des Allemands estiment que leur pays reste à l'épicentre de la crise tandis qu'en France, en Espagne et en Italie, cette idée est partagée par au moins les deux tiers de la population.
Inutile de discuter avec les analystes, qui expliquent la raison principale de la montée de l'euroscepticisme par une situation économique détériorée et les mesures d'austérité qui en découlent. N'oublions pas qu'Angela Merkel était l'adepte principal de ces mesures parmi les dirigeants européens. D'après certains commentateurs, le fait que le parti AfD susmentionné ne soit pas entré au Bundestag a provoqué un soupir de soulagement dans la zone euro. Les pays serrés dans l'étau des réformes en échange d'aide financière placent leurs espérances dans la Grande coalition des démocrates-chrétiens et des sociaux-démocrates.
Les capitales des pays en question espèrent que ces derniers pourront pousser la chancelière réfractaire à appliquer une politique dans laquelle il y aura « davantage de carotte et moins de baton ». Ce sont plutôt des illusions. Selon Vladislav Belov, chef du centre des études germaniques à l'Institut de l'Europe, il n'y a pas d'alternative à la politique de réformes :
 « Le danger de l'euroscepticisme persiste. Angela Merkel le constate et elle poursuivra les réformes compte tenu de ce facteur. La Grande coalition est saluée à Bruxelles et dans plusieurs pays. Pour ce qui est des Etats d'Europe du Sud, on n'y aime traditionnellement pas l'Allemagne et tous ceux qui leur imposent des réformes de rigueur. »
Joachim Fritz-Vannahme, directeur du programme « Avenir de l'Europe » à la Fondation allemande Bertelsmann, n'est pas enclin à tout réduire à la personnalité d'Angela Merkel.
« Je pense que les tendances anti-européennes dans les pays de l'UE ont une histoire plus longue que le gouvernement d'Angela Merkel, a-t-il dit dans un entretien à La Voix de la Russie. Il est cependant hors de doute que la politique de rigueur appliquée ces dernières années dans les pays en question a favorisé l'exacerbation de ces tendances. En l'occurrence, il faut retenir deux aspects. Premièrement, Mme Merkel n'a jamais appelé à appliquer seulement un régime d'économies. Deuxièmement, elle a toujours pensé qu'il fallait économiser pour rétablir la compétitivité des pays membres. »
Les institutions européennes adoptent des programmes toujours nouveaux visant à la sortie de crise. Cependant, le fardeau principal est, comme toujours, endossé par la population, constate le portail Internet EurActiv. Dans la lutte contre la crise, l'UE ne perdra-t-elle pas l'essentiel, à savoir la confiance des Européens, s'interroge le portail. Il est peu probable que quiconque puisse donner une réponse exacte à cette interrogation.  

Excédées, des entreprises expédient à Hollande un panier de produits « made in France »


Les entreprises moyennes, « catastrophées par l'annonce d'une taxe sur l'EBE qui les toucherait de plein fouet », dénoncent un impôt anti-« made in France ». En signe de protestation, elles vont faire livrer au président de la République un panier rempli de leurs meilleurs produits… tous fabriqués en France.

Alors que le gouvernement envisage de créer une nouvelle taxe, calculée sur l'excédent brut d'exploitation (EBE), la panique monte chez les entreprises de taille intermédiaire (ETI), ces entreprises moyennes dont la France manque cruellement et qui font le succès de l'Allemagne. Prédisant une «catastrophe», l'Asmep-ETI, le syndicat des entreprises de taille intermédiaire, va faire porter mercredi à François Hollande, Jean-Marc Ayrault et plusieurs de leurs ministres… un panier de produits «made in France», mêlant cahiers Clairefontaine, fromages Bel, stylos Bic, produits de beauté Sisley, pinceaux Bricorama, chocolats Michel Cluizel, balle de tennis Babolat, herbes culinaires congelées Darégal, etc. Une manière de tirer la sonnette d'alarme et de montrer que «derrière le débat fiscal, il y a des gens, des produits, et que les mesures prises ne sont pas anodines», explique Philippe d'Ornano, le vice-président de l'organisation patronale. «Quel panier pourra-t-on faire en 2025 si l'on continue en ce sens?» fait-il mine de s'interroger. Avant de répondre, laconiquement, qu'«il risque d'être bien vide».
Si les PME (moins de 50 millions d'euros de chiffre d'affaires) seront épargnées par cette nouvelle taxe, et que les géants du CAC 40, très internationalisés, pourront en partie s'y soustraire, les entreprises moyennes, qui produisent et emploient en France, donc ultra-dépendantes de la fiscalité, seront les premières touchées. Le gouvernement s'était pourtant engagé à les soutenir, pour porter l'investissement et les exportations. Taxer l'EBE conduit en effet à taxer amortissements et immobilisations, donc l'investissement. Or les entreprises de taille intermédiaire sont celles qui investissent le plus en France. «S'il était voté, ce serait un impôt anti-“made in France”, anti-investissement et anti-ETI», tonnePhilippe d'Ornano, rappelant que «les ETI forment pourtant le tissu industriel de nos provinces».

La participation des salariés sera touchée

Sur le terrain, les chefs d'entreprise sont très inquiets. «S'il achète un terrain pour construire une usine, il sera taxé. S'il lance la construction d'une usine sur ce terrain, qu'il amortit son emprunt, il sera taxé sur ses emprunts. C'est totalement contraire à la volonté de lutter contre la désindustrialisation», explique encore Philippe d'Ornano. Quant aux salariés, ils seront doublement pénalisés. D'une part, parce que la mesure fait peser des menaces sur l'emploi. D'autre part, parce que le dispositif de participation des salariés aux bénéfices de l'entreprise sera touché. «Alors que la participation est un système qui fonctionne bien, il va une fois encore être mis à mal, car il sera concerné par la taxe sur l'EBE. C'est pénaliser un des rares dispositifs positifs et qui favorise la cohésion sociale dans l'entreprise», alerte Philippe d'Ornano.
Le gouvernement, qui pensait plaire aux patrons en remplaçant deux impôts (l'IFA et la C3S) par un seul, en est pour ses frais. «L'IFA était un impôt provisoire. Il devait donc s'arrêter. Le gouvernement doit simplement tenir parole. Le sujet n'est pas de vouloir remplacer des taxes par d'autres, mais d'alléger les charges qui pèsent sur les entreprises et qui nous empêchent d'être compétitifs face à nos voisins européens, sans même parler des concurrents asiatiques», explique Philippe d'Ornano.

Le terme très anxiogène de «pause» fiscale

Ce qui manque, selon les patrons d'entreprises moyennes, c'est un grand plan favorable à la réindustrialisation. Tous demandent au gouvernement de réduire réellement la dépense publique et de mettre en place pour les entreprises une fiscalité comparable à celle des autres pays européens. Et la «pause fiscale» décrétée par le gouvernement est loin de les rassurer: «C'est terriblement anxiogène! Une pause, cela signifie qu'on arrête provisoirement… avant de reprendre de plus belle. Impossible, avec ce manque de visibilité, de lancer des projets, d'investir, de recruter», déplore Philippe d'Ornano.
Pourtant, la France a des talents, des infrastructures de qualité, des personnels bien formés, une place de choix en Europe, de vrais savoir-faire… autant d'atouts qui devraient en faire un des pays les plus dynamiques du continent.

mardi 24 septembre 2013

Un document de travail de la Banque nationale polonaise appelle à la rupture de la zone euro

Stefan Kawalec, ex vice-ministre des Finances et Ernest Pytlarczyk, économiste en chef de la filiale polonaise de la Commerzbank, expliquent dans leur document, intitulé « Controlled dismantlement of the Eurozone, A proposal for a New European Monetary System and a new role for the European Central Bank »
(démantèlement contrôlé de la zone euro, une proposition pour un nouveau système monétaire européen et un nouveau rôle pour la Banque centrale européenne), que la zone euro menace l'UE car les politiques d’austérité qui y sont imposées actuellement ont peu de chance de produire des résultats tangibles, et que la défense de l’euro à tout prix pourrait mener à un effondrement politique et une rupture désordonnée de la zone euro.
Les deux économistes suggèrent de laisser la devise euro aux pays les moins compétitifs, et de permettre aux pays les plus compétitifs de quitter la zone. Par la suite, un nouveau système de coordination de la monnaie doit être mis en œuvre.
Ce document est d’autant plus étonnant que même si, d’ordinaire, les documents de travail de ce type ne reflètent pas nécessairement la politique monétaire de la banque centrale dont il sont issus, en général, les banques centrales s’arrangent pour qu’ils ne dénotent pas trop franchement avec leur points de vue.
La Pologne ne devrait pas adopter l’euro avant 2019. Un amendement constitutionnel est nécessaire pour qu’il puisse remplacer le zloty. En juillet de cette année, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, avait expliqué à la Gazeta Wyborcza qu’il ne disposait pas de la majorité des deux tiers qui serait nécessaire pour faire passer ce changement et qu’il ne pensait pas qu’il l’aurait non plus au cours de son mandat suivant.

    Dans quels pays de l'OCDE travaille-t-on le plus dur?


    La France, puis l'Allemagne, le Luxembourg et la Belgique sont les pays de l'OCDE où l’on travaille le moins d’heures et où l’on prend sa retraite le plus tôt. A contrario, les pays où l’on travaille le plus et le plus longtemps sont le Mexique, la Corée du Sud et le Chili. C'est ce qui ressort d'une comparaison des durées et horaires de travail de 33 pays de l'OCDE.
    Le graphique ci-dessus a été établi sur la base de trois variables pour chaque pays membre de l'OCDE: le nombre moyen d'heures travaillées par an (axe vertical), l'âge moyen de départ à la retraite (axe horizontal) et l'espérance de vie moyenne restante après la mise à la retraite (couleur du point plus ou moins foncée selon que cette espérance est longue)

    La fabrique à néo-nazis

    Après le meurtre d'un rappeur antifasciste et de nouvelles révélations sur le fonctionnement d'Aube Dorée, le gouvernement grec a décidé de s'attaquer à l'influence grandissante du parti néo-nazi.
    racisme, lutte de classe, laïcité, rigueur.

    Le 23 septembre, l'inspecteur général de la police pour le Sud de la Grèce et le directeur général de la police pour le Centre de la Grèce ont démissionné en raison de leurs liens avec Aube Dorée. Quatre policiers de rang inférieur ont été suspendus.

    La victoire de Merkel est l'échec du hollandisme

    Les socialistes français restent persuadés d’avoir raison, en dépit des alarmes sur la poursuite de l’endettement public et de la paupérisation des classes moyennes. Tandis que l’Allemagne plébiscite la rigueur d’Angela Merkel, qui fait également reprendre des couleurs à la pragmatique Grande-Bretagne, François Hollande glisse un peu plus dans les sondages (23% d’opinions favorables). Mais, comme l’expliquait, ce lundi matin sur RTL, le ministre Benoît Hamon : "Je ne vis pas avec le complexe du responsable politique français  à l’égard  de la réussite et du modèle allemand. Je n’ai pas ce complexe-là". Le gouvernement non plus, ni le PS. Il y a peu, le président de l’Assemblée, Claude Bartolone, prônait encore "la confrontation" avec "la chancelière de l’austérité". Ce petit monde préfère un Etat qui subventionne un chômeur plutôt qu’un travailleur mal payé. Il assure que la rigueur ne peut s’exercer au détriment de l’Etat providence et de la protection sociale, ce qui revient à  conclure qu’elle n’a pas lieu d’être. Des propos qui ne rencontrent pas l’adhésion, à observer la chute du chef de l’Etat.
    Le triomphe de Merkel aux législatives de ce week-end (41,5%) lui fait rater de peu la majorité absolue au parlement, pour son troisième mandat. Les Allemands se reconnaissent dans cette personnalité modeste, accessible, très dissemblable du spécimen politique français, qui adopte vite le comportement du parvenu protégé par ses flatteurs. A en croire les sondages, les Français eux-mêmes voient de la sincérité et du tempérament chez cette femme terne, qui a su annoncer et assumer les efforts pour la relance. Merkel n’est pas charismatique, mais elle a réussi à sortir son pays de l’ornière et c’est là l’essentiel. Or la gauche, qui se paye de mots, est également confrontée à la réussite de la rigueur anglaise. En effet, le premier ministre David Cameron est en passe, de son côté, de gagner son pari de l’austérité, au vu du redémarrage de la croissance de son pays. Ces résultats sont les fruits d’une forte réduction des dépenses de l’Etat (plus de 400.000 postes de fonctionnaires ont déjà été supprimés) et de baisses ciblées d’impôts, c'est-à-dire l’inverse du hollandisme.Les réussites de l’Allemagne et de la Grande-Bretagne expliquent la spirale de l’échec qui entraîne la France.

    Merkel III et le paradoxe allemand

    À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire… Ou sans majorité, comme c’est le cas pour Angela Merkel. La chancelière a remporté un véritable triomphe électoral, qui lui garantit un troisième mandat de quatre ans, mais elle a perdu son allié, le petit parti libéral (FDP), qui n’a pas réussi à franchir la barre des 5 % et n’est plus représenté au Bundestag, pour la première fois depuis 1949. « Chancelière cherche partenaire », titrait hier la pour résumer la situation.
    Cela paraît étonnant vu de France : en Allemagne, un parti peut gagner largement des élections législatives, sans disposer pour autant d’une majorité pour gouverner. Ce paradoxe allemand s’explique par le mode de scrutin à deux voix : une première voix pour élire directement le député de la circonscription, et la seconde pour le vote à la proportionnelle d’une liste de parti au niveau régional. Avec un scrutin majoritaire, comme en France, Angela Merkel pourrait compter sur une confortable majorité parlementaire.
    En dépit de son score historique, elle rate la majorité absolue, de cinq sièges seulement. Cela aurait aussi été une grande première depuis le chancelier chrétien-démocrate Konrad Adenauer dans les années 1960. Une situation qu’Angela Merkel ne souhaitait pas, car elle aurait renforcé l’emprise de la branche bavaroise sur son gouvernement. Ainsi, la CSU veut imposer un péage sur les autoroutes allemandes pour les automobilistes étrangers. Angela Merkel ne veut pas non plus d’un salaire minimum généralisé, la principale revendication des sociaux-démocrates, mais devra néanmoins se résoudre à une « cogestion » comme lors de son premier mandat.
    Seule alternative à la grande coalition : une alliance avec les Verts. Angela Merkel ayant opté pour la sortie du nucléaire après la catastrophe de Fukushima, le principal obstacle à un rapprochement avec les écologistes a été levé. Mais elle apparaît toujours contre-nature. En politique, il ne faut jamais dire jamais, cela est vrai aussi en Allemagne.
    En attendant la fin des tractations, on peut constater qu’en Allemagne, il n’y a de parti à la droite de la CDU, pas de droite extrême hostile à l’Europe au parlement, comme c’est le cas dans de nombreux pays en Europe. Cela serait aussi déjà le cas en France, s’il y avait un scrutin proportionnel. Mais ça, c’est le paradoxe français.

    France-Allemagne, la débâcle

    France-Allemagne, la débâcle
    Le triomphe électoral de la chancelière allemande, Madame Merkel, dimanche 22 septembre, contraste avec le marasme dans lequel s’ébattent les dirigeants politiques français. Ce décalage ne fait que refléter le triomphe économique de l’Allemagne face à la débâcle française : un solde commercial de + 239 milliards $, pour un déficit de -104 M$ ; un taux de chômage de 5,3% contre 11% ; une part de l’industrie dans la valeur ajoutée de 24% contre 12% ; un PIB allemand supérieur de près de 40%. Tous ces chiffres (les Echos-data 2013) sont à considérer alors que les deux pays se tenaient de près jusqu’à 1980 et que l’Allemagne a dû faire face au coût gigantesque de la réunification. Ce décrochage aura des conséquences désastreuses sur le plan de l’équilibre politique européen. Celui-ci était fondé sur une relation d’égal à égal entre les deux pays depuis 1950. Désormais, la France se situe à la remorque de l’Allemagne. Les démagogues trouveront dix mille excuses à cette catastrophe française, les bas salaires allemands, l’euro, etc. Ces facteurs, ou "circonstances atténuantes",  peuvent avoir joué, mais à la marge. La seule vraie raison, la raison profonde de cette débâcle, c’est que la France a continué à vivre au dessus de ses moyens, a refusé la logique de l’effort, n’a pas eu le courage de faire les indispensables réformes difficiles et impopulaires, d’adapter au monde moderne son modèle économique et social (retraites, marché et droit du travail, fiscalité, système social, etc.). Le drame de ce décrochage à long terme c’est celui d’une dépendance croissante de la France à l’égard de l’Allemagne, susceptible de favoriser un retour de la tension et de l’animosité en Europe et de fragiliser tout l’édifice de paix bâti depuis 1960 entre les deux pays. Raymond Poincaré, l’un de nos derniers grands hommes d’Etat visionnaires, au lendemain de la Grande Guerre, sentait que le salut de l’Europe reposait sur l’équilibre entre les deux pays, écrivant 1er janvier 1921, dans la Revue des Deux Mondes : « Que la France soit à même de traiter avec l’Allemagne d’égale à égale, c’est la meilleure façon de préparer, pour l’avenir, un rapprochement sincère entre les deux nations. Quand saluerons-nous l’aurore de ces jours nouveaux, où la paix, descendant sur le Rhin, illuminera le monde entier ? » Cet équilibre est désormais rompu. Un gouvernement responsable et lucide devrait placer au cœur de ses priorités une transformation profonde du système économique et social français, en se donnant pour objectif un rattrapage de l’Allemagne à l’horizon d’une décennie; dans l’intérêt de la France, de l’Allemagne, et de l’équilibre l’européen.

    Les Grecs disent « non » aux privatisations


    Alors que la troïka est à Athènes, les privatisations sont au point mort. La population y est très hostile.
    À l'aube d'une nouvelle grève de quarante-huit heures de la fonction publique, les syndicats appellent les Grecs à se soulever, pour ne pas «brader le pays aux étrangers». En plus de la lutte contre les mesures d'austérité, ils dénoncent les privatisations entreprises par leur gouvernement pour satisfaire la troïka, de retour à Athènes depuis dimanche.
    Lancé depuis 2010, mais resté au point mort, le vaste programme de privatisations est l'un des sujets les plus épineux qui sera discuté avec les bailleurs de fonds internationaux de la Grèce cette semaine. Le triumvirat de la BCE, UE et FMI va multiplier les rencontres avec les autorités grecques jusqu'au 9 octobre, avant de donner son accord pour le déblocage d'une nouvelle tranche d'un milliard d'euros.

    Lorsqu'elles furent réclamées par le FMI il y a trois ans, les privatisations étaient censées rapporter quelque 19 milliards d'euros au budget de l'État, un objectif revu à la baisse un an plus tard, à 15 milliards d'euros, et qui, aujourd'hui, n'est plus qu'à 1,6 milliard d'euros!
    Même revu en forte baisse, ce montant semble aujourd'hui irréalisable, au grand dam du FMI. Ce manque à gagner dans les comptes publics va obliger la Grèce à demander un troisième plan d'aide début 2014, estimé à 11 milliards d'euros.

    Peur des Chinois

    Si les privatisations sont à ce point bloquées, c'est en raison de l'opposition farouche de la population, qui ne manque jamais une occasion de dénoncer, lorsqu'elle descend dans la rue, la vente programmée des services publics aux investisseurs étrangers.
    La population grecque est favorable au maintien, dans le giron de l'État, de la compagnie des eaux, d'électricité, du secteur ferroviaire, de la plus grande industrie métallurgique Larko, mais aussi du sucre, considéré comme une denrée de base, au même titre que l'eau, et toujours propriété d'une société d'État, la Compagnie sucrière de Grèce.
    Si les Grecs sont ainsi attachés à «leurs» trains ou à «leur» sucre, c'est, avant tout, parce qu'ils redoutent une hausse des prix en cas de privatisations. «Ce sont des biens publics dont le prix flambera une fois que l'une de ses sociétés sera vendue!» affirme Stamatis Lagos, chef de gare de la compagnie ferroviaire OSE.
    Les Grecs ont aussi peur des Chinois, qui se sont déjà emparés du port du Pirée et manifestent leur intérêt pour la compagnie ferroviaire grecque. «Certes, nos trains ne sont pas à l'heure, certes, un tiers des gares du pays ont été fermées, mais nous ne sommes que 2300 employés pour tout le pays, ce n'est pas suffisant! Le pire, c'est que ce sont certainement des Chinois qui vont racheter le réseau ferroviaire et nous serons tous licenciés!» ajoute-t-il.
    Les syndicats grecs défendent aussi leurs derniers bastions avec ferveur. C'est bien ce qui effraie nombre d'investisseurs étrangers, pourtant attirés par la position géographique et géostratégique de la Grèce.

    «Les maux de l'État-providence»

    Le pays compte quelque 3000  organismes d'État, que la troïka rêverait de privatiser, comme la Compagnie sucrière de Grèce. Depuis le retour de la démocratie en 1974, les gouvernements successifs ont multiplié les organismes publics ou parapublics, payés sur des deniers de l'État, qui ont fait enfler le nombre de fonctionnaires, qu'il faut aujourd'hui licencier. «Ce sont les maux de l'État-providence! Une mentalité soviétique, où tout doit être public», dénonce Andréas Drimiotis, analyste économique.
    Pour réussir à vendre discrètement et le plus efficacement possible ses biens publics, le gouvernement grec songe à émettre des titres sur les marchés, par l'intermédiaire de sociétés luxembourgeoises. Une stratégie qui risque de ne pas passer auprès des syndicats.

    IL VA BIEN FALLOIR QUE LES GRECS SE RENDENT COMPTE QUE L'ÉTAT
    N'EST PLUS CAPABLE D'INVESTIR DANS QUOI QUE CE SOIT.

    Volée de critiques après le renouvellementdu Comité national d'éthique


    Après l'éviction des religieux du CCNE et le renouvellement de 15 sièges où figurent des amis de François Hollande, les autorités religieuses et les députés de l'opposition dénoncent une manœuvre pour influencer les prochains débats sur l'euthanasie et l'assistance médicale à la procréation .
    Le renouvellement du Comité consultatif national d'éthique(CCNE) suscite colère et stupéfaction chez les parlementaires de droite et les autorités religieuses dont plus aucune ne siège, pour la première fois depuis les 30 ans d'existence du CCNE. Les premiers dénoncent une manœuvre politique qui vise à «changer en douce la couleur» du CCNE à l'approche des débats majeurs sur l'euthanasie et l'ouverture de l'AMP aux couples homosexuels, alors que des personnalités connues pour leur sensibilité à gauche ou leur amitié avec le président de la République viennent d'être nommées par ce dernier. Les seconds sont consternés d'avoir purement et simplement été évincés du comité, sans préavis.

    Courrier des protestants au ministère de l'Intérieur

    On est si indigné à la Fédération protestante de France (FPF) que son président, le pasteur Claude Baty, vient de rédiger un courrier au chef du bureau des cultes au ministère de l'Intérieur. «En plus, nous avons découvert ça par voie de presse», grince la FPF. Alors que le président du CCNE, Jean-Claude Ameisen, nommé il y a un an par François Hollande, met en avant «la diversité historique et nécessaire des membres» pour récuser toute tactique politique, les procédés utilisés en coulisse jettent la suspicion.
    «Même si c'est le président de la République qui nomme, la tradition veut que toutes les autorités religieuses soient toujours consultées au préalable pour proposer un nom, c'est même comme ça que, moi-même, j'ai été élu, explique le pasteur Louis Schweitzer, dont le siège n'a pas été reconduit ni signifié qu'il en serait ainsi. Or cette fois nous n'avons pas été consultés». Comme lui, le rabbin Michaël Azoulay n'a pas été renouvelé. Désormais, les 4 postes sur les 39 membres au total qui, dans les textes de la composition du comité, sont nommés «en raison de leur appartenance à une famille religieuse», comme l'explique le président du CCNE, sont occupés par quatre laïcs, spécialistes des questions judaïques, catholiques, protestantes et islamiques. Deux d'entre eux siégeaient déjà: Xavier Lacroix pour la sensibilité catholique et Ali Benmackhlouf pour l'islamique. «Avec l'absence de tout religieux, le message est clair: le retour à une laïcité musclée», prédit le pasteur Schweitzer.

    «On sort des religieux et on envoie des militants»

    Un autre indice semble conforter les suspicions d'une stratégie: si le renouvellement du comité est normal puisqu'il s'opère tous les 2 ans pour moitié, bien des postes concernés ne relevaient pas de renouvellements obligatoires: ils arrivaient au terme de leur mandature de 4 ans mais pouvaient être reconduits quatre ans de plus. Quinze nouveaux membres sont ainsi entrés au comité.
    Pour de nombreux observateurs, ce «remaniement anticipé» est une «sanction-prévention» après le passage difficile de la loi mariage pour tous et le rapport du CCNE sur la fin de vie. «80 % du CCNE a tranché en juin dernier qu'il ne fallait en aucun cas légaliser l'euthanasie, se souvient Louis Schweitzer. Cela n'a pas plu au gouvernement qui entend préparer le terrain pour les débats qui vont précéder le projet de loi».
    Pour Jean Léonetti, député UMP des Alpes-Maritimes et père de la loi sur la fin de vie, le message est clair: «on sort les religieux et on envoie des militants pour conformer les avis du CCNE à celui du gouvernement. Au lieu de changer d'avis sur ces grandes questions éthiques, le gouvernement préfère changer de comité d'éthique! François Hollande n'avait-il pas déjà amorcé le piège en annonçant que, sur l'AMP, il se conformerait à l'avis du comité?».
    «C'est choquant, s'exclame Hervé Mariton, député UMP de la Drôme. Bien des choses peuvent être politisées mais s'agissant d'un comité d'éthique, c'est non seulement hors sujet mais c'est même une faute contre la société, contre la politique et contre le débat. Ce n'est pas à la hauteur d'une mission de ce type. C'est scandaleux sur la méthode, inquiétant pour l'avenir, et c'est une raison supplémentaire pour rester très actif sur ces sujets».

    «Besoin de sérénité»

    Jean-Claude Ameisen, le président du CCNE, s'étonne de cet emballement. «Depuis 30 ans, il y a toujours eu des colorations politiques et l'alternance des gouvernements n'a jamais rien changé car la nomination des membres est avant tout fondée sur leurs compétences et leur personnalité. Au contraire, la gravité sur laquelle se penche le CCNE nécessite absolument cette diversité. Du reste, on ne s'est jamais scandalisé de la présence de membres de droite sous un gouvernement de droite. Accroître le rôle du comité, qui n'est que consultatif, en le scrutant ainsi et préjuger de ses avis, c'est le rendre inutile. Il a besoin de sérénité pour accomplir sa mission».
    Virage à gauche ou non, «l'avenir le dira très vite», conclue Xavier Lacroix, membre du CCNE en faisant référence à l'avis sur l'AMP qui sera rendu début 2014. «Ce sera révélateur et déterminant, estime de son côté Jean-René Binet, professeur de droit sur les questions de santé et de bioéthique. Car les positions sur l'AMP n'ont jamais été remises en cause par le CCNE depuis les années 80, en dépit de l'alternance des gouvernements. Attendons de voir si le prochain avis sera une rupture».