TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

dimanche 25 mars 2012

Un président doit-il être cultivé ?

Un jour qu'on lui demandait l'intérêt d'avoir fait venir, un an avant l'élection présidentielle de 2007, Henri Guaino pour écrire ses discours, Nicolas Sarkozy eut cette phrase : "Je suis un immigré sans diplôme. J'ai besoin qu'Henri m'apporte la France de Péguy et de Michelet." Jusque-là, Nicolas Sarkozy avait cru pouvoir en faire l'économie. "Un homme politique qui ne regarde pas la télé ne peut pas connaître les Français", professait-il. Incarner la "rupture", c'était aussi rompre avec "le catéchisme culturel" partagé, à ses yeux, par les seules élites. Il pressentait pourtant qu'il lui faudrait d'autres références.
Pour sa campagne électorale victorieuse, Henri Guaino lui offrit donc les mots. Ceux de Jaurès et de Camus. Trois ans plus tard, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy plongea lui-même dans tout ce qu'il avait rejeté. Dévora Dostoïevski et le cinéma de Dreyer, lu La Chartreuse de Parme et Stefan Zweig. Mais on ne rattrape pas si vite une culture classique qu'on a longtemps fait mine d'ignorer. Et sans doute trouvera-t-on une part du malentendu, né dès les premiers mois de sa présidence, entre le chef de l'Etat et les Français dans cette langue parfois malmenée, dans cette ironie longtemps affichée envers les classiques et même dans cette forme de regret d'un homme découvrant avec enthousiasme, sur le tard, les grands romans de la littérature française et étrangère.
Est-il pourtant si nécessaire d'être cultivé pour diriger un pays ? Les Américains n'ont jamais autant que nous réclamé à leurs dirigeants d'être érudits, même si la plupart d'entre eux l'étaient. Et de quelle culture parle-t-on ? En France, la connaissance de l'histoire et de la géographie, les références littéraires sont restées des marqueurs plus puissants qu'ailleurs. Il est rare que l'on interroge un président sur sa maîtrise des langues étrangères, son savoir scientifique, son expérience au-delà des frontières, alors que la mondialisation, les défis écologiques, la crise économique mondiale devraient l'exiger.
Mais la littérature ! L'Histoire ! "Ne pas en être imprégné, pour un président, c'est un peu comme l'équipe de France ne chantant pas La Marseillaise, remarque l'écrivain Erik Orsenna, que François Mitterrand avait choisi pour écrire ses discours, à l'Elysée. Et sans doute Nicolas Sarkozy aurait-il moins choqué s'il avait affirmé qu'il n'est pas nécessaire, dans un concours administratif, de savoir que la Terre tourne autour du Soleil qu'en soutenant comme il l'a fait qu'il n'est pas déterminant d'avoir lu La Princesse de Clèves..."
Faut-il y voir seulement une nostalgie pour les présidents lettrés d'autrefois, lorsque les élites politiques françaises se confondaient avec les élites intellectuelles et littéraires ? "Sans doute, mais j'y vois aussi la conviction très française que nous avons une vocation universaliste à parler de culture aux autres civilisations, et que le président doit incarner cette conviction", avance l'ancien ministre de l'éducation Xavier Darcos, lui-même docteur ès lettres et président de l'Institut français. Il formule une autre hypothèse : "Nous sommes l'un des rares pays à avoir une politique culturelle d'Etat. Il n'y a pas de ministre de la culture aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne."

La France fut le pays des écrivains engagés. Les républiques furent celles des professeurs, des médecins humanistes, des journalistes ou des avocats. "Poincaré s'émerveillait de ce que Clemenceau connaissait aussi parfaitement le grec, rappelle l'historien Michel Winock, et dans l'entre-deux-guerres les dirigeants politiques ignoraient assez largement l'économie. La licence de sciences économiques n'existait d'ailleurs pas, mais on débattait avec passion à l'Assemblée de la nécessité ou non de supprimer le latin des épreuves du bachot."
Les présidents de la Ve République sont longtemps très largement restés de culture classique. De Gaulle s'affirmait comme un passionné d'Histoire autant que comme l'un de ses héros. Mais ses Mémoires sont aussi ceux d'un écrivain et il en désigna un autre, André Malraux, pour être son ministre de la culture. Georges Pompidou était un normalien, amoureux d'art contemporain et de poésie. Elle fut même parfois pour lui un outil politique. Lorsque, le 22 septembre 1969, on l'interrogea dans une conférence de presse sur un fait divers qui avait divisé la France, le suicide de Gabrielle Russier, professeure de 32 ans condamnée pour avoir eu une histoire d'amour avec un élève, il évita le piège des polémiques en se réfugiant derrière ces vers de Paul Eluard : "Comprenne qui voudra. Moi, mon remords, ce fut la victime raisonnable au regard d'enfant perdu, celle qui ressemble aux morts qui sont morts pour être aimés..."
Valéry Giscard d'Estaing possédait une culture plus scientifique, celle des polytechniciens, mais regrettait ouvertement de ne pas écrire comme Maupassant. Quant à François Mitterrand... "Il avait fait de l'Histoire, de la géographie et de la littérature l'une de ses clés de compréhension des peuples, rapporte encore Erik Orsenna. Je me souviens de l'avoir entendu évoquer la question yougoslave à travers la lecture du Pont sur la Drina, de l'écrivain croate Ivo Andric. Sur la Russie ? Voilà que surgissait Guerre et Paix. Et ces discussions inouïes qu'il a eues sur l'Allemagne avec l'écrivain Michel Tournier !"
Même Jacques Chirac, qui avait longtemps joué les incultes, comprit pour sa troisième tentative à l'élection présidentielle qu'avouer sa passion et afficher son érudition - réelle - pour les civilisations asiatiques (qu'il découvrit jeune en arpentant le Musée Guimet), notamment chinoise et japonaise, ne l'éloignerait aucunement de ce peuple français qu'il aspirait à gouverner. Et, du reste, les présidents, lors de leur mandat, ont souvent laissé un bâtiment en lien avec leur dada culturel : Beaubourg pour Pompidou, le Musée d'Orsay pour Giscard d'Estaing, la Bibliothèque nationale de France pour Mitterrand, le Musée du quai Branly pour Jacques Chirac.
Nous voilà en 2012. La crise économique paraît avoir écrasé tous les autres débats. Sur la dizaine de candidats à l'élection présidentielle, seuls deux font de leur culture générale personnelle un argument de campagne, et ce sont les deux professeurs de lettres du groupe, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon. Le candidat centriste cite dans ses meetings des écrivains qui lui ressemblent, Edmond Rostand, l'auteur du Cyrano mal-aimé et plein de panache, et Ernst Wiechert, écrivain allemand chrétien de l'entre-deux-guerres, dont Les Enfants Jéromine (1945) est depuis toujours, dit-il, son livre de chevet. L'amour de la langue, l'Europe, le christianisme. Le héraut du Front de gauche, lui, lit le Victor Hugo des Misérables à ses supporteurs.
Jean-Marie Le Pen, homme cultivé, usait de la langue comme d'une arme et de la musique de Verdi pour accompagner ses entrées sur les tribunes. Sa fille, Marine Le Pen, paraît pour sa part avoir pour principal souci d'éviter toute référence à l'Histoire, sans doute parce que, dans sa volonté de "normaliser" le Front national, elle a voulu rompre avec les références dans lesquelles son père avait ancré le parti à la tête duquel elle lui a succédé : le nationalisme des années 1930, les guerres d'Indochine et d'Algérie.
François Hollande a un jour avoué qu'il "ne lit jamais de roman". Interrogé au Salon du livre sur sa lecture préférée, lui est aussitôt venu à l'esprit le choix de son turbulent allié du Front de gauche : Les Misérables, de Victor Hugo. Et s'il a pris soin de citer Albert Camus dans son discours du Bourget, c'est sur l'hommage de l'écrivain à ses professeurs. "Il n'aime pas beaucoup l'abondance de citations, parce qu'il a tendance à penser que cela donne un côté ronflant aux discours, nuance sa "plume", Aquilino Morelle, à la fois médecin et énarque. Mais la culture d'un homme permet d'affirmer sa pensée, et c'est un passionné d'Histoire." Dans son livre-programme, Le Rêve français (éd. Privat), le candidat socialiste a ainsi pris soin de placer sa candidature dans le continuum de la grande histoire de la gauche républicaine : "Je propose de reprendre ce rêve français, celui qui a été ébauché par l'esprit des Lumières au XVIIIe siècle, celui qui a été dessiné par les révolutionnaires de 1789, ce rêve qui s'est affirmé dans la fondation de la République, qui s'est élargi et renouvelé avec la Résistance et au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce rêve qui a pris une forme nouvelle avec la victoire de François Mitterrand en 1981."
Nicolas Sarkozy a omis pour sa part ces références à une famille de pensée. "En 2007, il avait affirmé son appartenance à la droite républicaine et j'avais trouvé cela intéressant, remarque l'historien Michel Winock, parce qu'avant lui les présidents de droite s'étaient bien plus réclamés du rassemblement gaulliste ou, comme Valéry Giscard d'Estaing, d'une tradition plus tocquevillienne. Mais Nicolas Sarkozy ne l'a pas explicité. La droite républicaine, dans l'Histoire, c'est Poincaré, et lui ne citait que Jaurès et Blum, jamais ce dernier..."
Plus récemment, on l'a dit, le président s'est mis à évoquer en public ses lectures et à convier à l'Elysée artistes et intellectuels. Comme s'il renonçait à n'avoir pour bagage que "la culture des gens", celle qui, paraissait-il croire, lui garantissait une proximité avec le peuple. Déjà en janvier 2008, l'ancienne journaliste Catherine Pégard, devenue sa conseillère, tentait de le défendre dans Le Monde : "On le fait passer pour un butor qui n'aurait lu aucun livre, et ce d'autant plus facilement que sa prévention contre les cuistres lui fait forcer le trait en sens inverse. En le fréquentant, on s'aperçoit qu'il a lu beaucoup, que ses curiosités sont multiples, qu'il n'est pas seulement un enfant de la télé comme il se présente." La culture est-elle pour autant, aux yeux du président, autre chose qu'une arme politique ? Au printemps 2009, il a fait cette remarque en conseil des ministres : "On ne gagne pas avec les intellectuels, mais on ne gagne pas si on les a contre soi." Frédéric Martel, journaliste et chercheur, auteur d'un cinglant J'aime pas le sarkozysme culturel (Flammarion), n'y voit qu'une manoeuvre de communication : "Inviter les artistes et les intellectuels, c'est laisser croire qu'ils vous intéressent." C'est comme si le président, par posture, avait voulu rejoindre la cohorte de ses prédécesseurs qui s'affirmaient amis des arts.
Mais, au-delà, qu'est-ce que la culture d'un dirigeant apporte au maniement des hommes, à la direction d'un pays ou même d'une entreprise ? Tout. La littérature est un instrument inégalé de compréhension psychologique. Qu'est-ce qui ressemble plus aux courtisans de Louis XIV, brossés par Saint-Simon, s'exclamant "Sire, Marly !", éperdus de bonheur à l'idée d'être invités par le roi dans sa résidence campagnarde, que ces conseillers, ces ministres de François Mitterrand qui s'émerveillaient d'être conviés dans sa bergerie à Latche !
Comment comprendre l'Europe sans connaître ses guerres de religions, de territoires, ses rivalités économiques, sa démographie, ses mouvements de frontières et sa géographie ? Peut-on apprécier ce symbole si fort et si simple d'Helmut Kohl et François Mitterrand se tenant par la main sans avoir profondément intégré les soubresauts de l'histoire franco-allemande ? Jacques Chirac se serait-il battu contre l'intervention de la France en Irak s'il n'avait eu, comme le souligne celui qui fut son ministre de l'enseignement scolaire puis de la coopération, Xavier Darcos, "ce point de vue très polynucléaire sur la politique étrangère, ce tropisme Nord-Sud qui reposait en grande partie sur sa connaissance des arts premiers" ?
L'inculture historique empêche la contextualisation et la compréhension de la complexité. Mais la connaissance de l'Histoire peut parfois, à l'inverse, être un carcan, comme elle le fut pour Mitterrand, héritier de la guerre froide, qui crut, lors de la tentative de renversement de Gorbatchev par les communistes, que l'effondrement du régime soviétique ne pourrait pas avoir lieu. Elle reste cependant le grand moyen de ne pas succomber à l'excitation de l'instant. Et parfois une source de modération et de relativisation à manier avec doigté.
François Hollande a ainsi raconté sur France Culture ses premiers pas en politique, en 1983 et 1984. Il appartenait alors au cabinet de l'historien Max Gallo, alors porte-parole du gouvernement Mauroy. "J'étais son directeur de cabinet pendant cette période très chahutée où la gauche était contestée par les grandes manifestations de l'école privée, les confrontations politiques avec la droite, la rigueur qu'elle était obligée de concéder, les restructurations industrielles dans le nord et l'est de la France, explique-t-il. Nous étions toujours confrontés à des offensives, qu'elles viennent de la rue ou de la scène politique. Max Gallo était toujours capable de trouver une analogie avec une autre période, il nous permettait de comprendre ce que nous traversions en fonction de ce que l'Histoire nous avait déjà enseigné. C'est à la fois utile et cela conduit souvent à des conclusions que j'appellerais de relativisme : ça s'est déjà produit, il n'y a pas de surprise..."
Mais quoi de plus essentiel, pour un dirigeant, que d'échapper à la pression de l'événement ? C'est bien cela l'usage le plus abouti de la culture. "La culture était pour Mitterrand une manière d'avoir du temps, analyse Erik Orsenna. Les livres le protégeaient contre la montre..." Quelle meilleure manière de ménager sa réflexion, ce temps pour soi qui permet de penser une décision, que de se plonger dans la lecture de Marc Aurèle ou de Tite-Live, de penser les changements au regard de l'Histoire, de comprendre les peuples à travers leurs territoires ?
C'est sans doute là la plus grande difficulté des dirigeants actuels. "Il paraît bien plus difficile aujourd'hui d'être maître du temps et, dans la grande lutte des origines entre Chronos et Kairos, c'est bien ce dernier qui a gagné, souligne encore Xavier Darcos. L'époque de François Mitterrand semble aujourd'hui incroyablement lointaine, comme si Internet, la "googlisation" des informations avaient accéléré l'Histoire. Et pourtant... L'ordinateur à 100 dollars date de 2005, l'iPhone, de 2007. Mais ils ont révolutionné notre rapport au savoir et à la culture. Et transformé, de la même façon, le rôle des dirigeants." Nos sociétés postmodernes paraissent avoir succombé au "présentisme", cette croyance qui ignore le passé et le futur. La politique, les batailles électorales sont devenues une succession d'instantanés incompatible avec une culture qui se nourrit au contraire de la durée. Avant tout, il faut réagir vite. Et c'est finalement là l'enjeu, au-delà même des politiques culturelles mises en place : réduire ce divorce entre le court et le long terme qui, aujourd'hui, a pris un tour si vif et empêche ceux qui dirigent l'Etat d'avoir une vision profonde et plus lointaine de la direction dans laquelle doit s'orienter le pays.

Sécurité : Hollande et Sarkozy s'accusent l'un l'autre

Nicolas Sarkozy et François Hollande avaient tous les deux choisis d'évoquer les questions de sécurité lors de leurs meetings ce samedi. A Rueil-Malmaison, le président a estimé que le socialiste "n'a voté aucune des lois anti-terroristes derrière lesquelles il s'abrite aujourd'hui".
Où est la force tranquille sur ces deux images ?
La sécurité devient un thème de campagne. Après le drame de Toulouse, Nicolas Sarkozy a souhaité évoquer ce sujet. Et il a été suivi de près par son principal adversaire, François Hollande. Le chef de l'Etat a estimé, devant ses supporters réunis à Rueil-Malmaison, dans son fief des Hauts-de-Seine, que "n'a voté aucune des lois anti-terroristes derrière lesquelles il s'abrite aujourd'hui". Le président-candidat a ajouté que son adversaire pouvait "s'indigner, tergiverser, hésiter, esquiver, finasser, refuser de voter les lois" qu'il propose, "c'est son droit mais ces lois seront votées si les Français choisissent de me faire confiance", a-t-il dit.
"Toute personne qui consultera de manière habituelle des sites internet qui font l'apologie du terrorisme" ou qui se rendra "à l'étranger pour y suivre des stages d'endoctrinement sera punie pénalement", a réaffirmé Nicolas Sarkozy. "Le terrorisme, le jihad, la violence, ce n'est pas une opinion. Ces idées sont interdites sur le sol de la République française", a-t-il martelé. Et il a défendu les hommes du Raid : "Je ne laisserai personne remettre en cause l'honneur du Raid et de forces de police qui ont mis fin" à "la trajectoire d'un individu monstrueux", a affirmé monsieur Sarkozy, "je ne laisserai pas remettre en cause ces hommes qui veillent sur notre liberté". "J'ai soutenu les forces de l'ordre car je sais, d'expérience, que c'est la condition de leur pleine efficacité. Si, au sommet de l'Etat, les ordres ne sont pas clairs, si la volonté n'est pas inébranlable, alors, le résultat devient aléatoire. Souvenons-nous du temps qu'il a fallu pour trouver l'assassin d'un préfet de la République", a également affirmé M. Sarkozy, dans une pique aux socialistes.
Après les tueries, le chef de l'Etat avait annoncé à la télévision un renforcement de l'arsenal pénal destiné à lutter contre l'apologie du terrorisme et des idéologies "de haine", dont l'interdiction de consulter "de manière habituelle des sites internet qui font l'apologie du terrorisme". Il avait précisé plus tard que ces faits seraient punis de "peines de prison". Sarkozy avait également affirmé vendredi à Valenciennes que ces mesures seraient "les premières qu'il fera passer" s'il était réélu.

La Corse "exige de l'Etat une sécurité effective"

François Hollande a été peut-être encore plus offensif à Ajaccio. Il a estimé qu'il n'y avait "pas forcément" besoin de nouvelle loi pour renforcer la sécurité, mais d'abord nécessité de "renforcer les moyens". Il a fustigé le bilan du quinquennat Sarkozy en la matière. Sa "première exigence" pour l'île, s'il était élu, serait "la sécurité", a-t-il promis lors d'un meeting samedi. "Ici, en Corse nous avons trois exigences. La première, c'est la sécurité, car (...) c'est la première des libertés", a-t-il lancé, reprenant les mots de la droite française, devant plusieurs centaines de personnes réunies place Foch à Ajaccio, pour une réunion publique en plein air.
"Quand un territoire comme le votre est à ce point exposé aux violences, aux assassinats, oui, ce territoire exige de l'Etat une sécurité effective", a-t-il lancé. "Ici même il y a eu depuis 5 ans, 20 homicides par an" et pour "la seule année 2011, 22 homicides et 16 tentatives, un record en France", a-t-il ajouté. "Comment l'admettre? Et il (Nicolas Sarkozy, Ndlr) viendrait nous faire des leçons sur la question de la sécurité (...) sur la question des lois républicaines!", a dénoncé le député de Corrèze. "Il convient d'abord d'éradiquer cette violence", a-t-il affirmé, annonçant qu'il "renforcerait donc les moyens de la gendarmerie et de la police", de même que la justice, assurant : "les dossiers judiciaires doivent pouvoir être traités en Corse".
"La République, c'est d'abord d'assurer à chacun le droit à la sécurité et d'y veiller constamment et d'appliquer de manière ferme les lois de la République ! Et pas besoin d'en inventer à chaque moment et dans chaque circonstance !", a encore estimé monsieur Hollande. Selon lui, il ne faut "pas simplement se satisfaire d'effets d'annonce sans cesse répétées, de lois chaque fois modifiées et qui finalement ne sont jamais appliquées avec suffisamment d'autorité et de fermeté". Devant la presse, il a précisé qu'à ses yeux le bilan de la sécurité dans l'île de Beauté, était "une illustration des échecs" du président. Selon lui, il fait "toujours les mêmes erreurs: il annonce des projets de lois - pourquoi ce n'est pas appliqué? - , il faut attendre un drame pour faire une loi".

NOTRE DONNEUR DE LEÇON, TOUJOURS DANS L'INVECTIVE ET LE REPROCHE...N'A JAMAIS PRIS UNE DÉCISION DE SA VIE,IL A  RUINÉ LA CORRÈZE EN SE DISANT : "L'ÉTAT PAIERA", NON MONSIEUR LE DÉMAGOGUE-MENTEUR-AFFABULATEUR, NON MONSIEUR, SARKOZY EST LE SEUL HOMME D'ÉTAT À AVOIR MIS EN PLACE UNE POLITIQUE COHÉRENTE.
SÉCURITAIRE OU AUTRE.

Qui vote Jean-Luc Mélenchon?

Désormais donné troisième du premier tour dans un sondage BVA publié jeudi, Jean-Luc Mélenchon n'en finit plus de progresser dans les intentions de vote. Crédité de 11 à 14% des voix selon les instituts, le candidat du Front de gauche capterait une partie des électeurs de François Hollande et des abstentionnistes. Contacté par leJDD.fr, Eric Bonnet, directeur d'études à BVA, décrypte le profil de l'électorat de l'ancien socialiste. 
C'est le "nouveau troisième homme" de la campagne présidentielle. Du moins, selon l'institut BVA. Avec 14% d'intentions de votes, Jean-Luc Mélenchon progresse de 5 points en un mois, selon une enquête publiée jeudi pour Orange, la presse régionale et RTL. Le leader du Front de gauche devancerait ainsi au premier tour Marine Le Pen (13%) et François Bayrou (12%). C'est néanmoins, pour l'heure, le seul institut de sondage à placer l'ancien socialiste dans une telle position.
Dans une enquête CSA publiée également jeudi, Jean-Luc Mélenchon reste en effet quatrième, à égalité avec François Bayrou (13% tous les deux), derrière Marine Le Pen (13,5%). Pour le Rolling quotidien de l'Ifop, Jean-Luc Mélenchon est là aussi ex-aecquo avec le patron du MoDem avec 12% d'intentions de vote, à six points de la présidente du Front national. Néanmoins, si les marges d'erreur départagent difficilement ces trois candidats, les instituts s'accordent pour observer une dynamique autour de la candidature du représentant du Front de gauche.

"La très bonne campagne" de Mélenchon

Et ce, peu importe les catégories socio-professionnelles. Jean-Luc Mélenchon arrive à la fois à séduire les classes populaires comme les plus aisés. Autant les cadres que les employés et ouvriers. Selon l'Institut BVA par exemple, près de 18% des citoyens aux revenus allant de 2.500 à 3.500 euros voteraient pour lui. Chez les revenus inférieurs à 1.500 euros, il récolterait 17% des voix. "Sa progression est relativement homogène", note pour leJDD.fr Eric Bonnet, directeur d'études à BVA.
Comment expliquer alors une telle évolution? Doit-on y voir le succès de son meeting géant sur la place de la Bastille dimanche dernier? "La Bastille est plus le signe que la cause de sa montée dans les sondages", relève Eric Bonnet. Le sondeur explique plutôt cette "percée" de Jean-Luc Mélenchon par la "campagne modérée de François Hollande, qui peut décevoir une partie de son électorat le plus à gauche" et "la très bonne campagne du candidat du Front de gauche".

"Les électeurs d'extrême gauche sont orphelins"

Une bonne campagne qui se traduit notamment par ses bons scores lors de ses passages télévisés ou par la forte hausse de sa cote de popularité. Selon l'Ifop pour Paris Match, 57% des Français déclarent avoir une bonne opinion de lui, soit une hausse de huit points en un mois. Dans l'enquête CSA publiée jeudi, il est le candidat qui fait la meilleure campagne pour une majorité de Français. Près des deux-tiers d'entre eux (65%) pensent qu'il fait "une bonne campagne" (27% estiment même qu'elle est "très bonne"), contre 62% pour François Hollande et 58% pour Nicolas Sarkozy.
L'autre explication de la bonne forme de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, c'est son espace politique très large. En 2007, Olivier Besancenot et Arlette Laguiller récoltaient à eux deux 5,4% des voix. En 2012, leurs successeurs, Philippe Poutou et Nathalie Arthaud, ne dépassent pas 1% dans les intentions de vote. "Les électeurs d'extrême gauche sont orphelins", confirme Eric Bonnet. Sans compter une partie des électeurs de Ségolène Royal en 2007 qui, dans une proportion de 13 à 20% selon les sondages, serait tentée cette fois par le vote Mélenchon.

"Le dilemme" de certains électeurs

Autre force de sa candidature : le candidat du Front de gauche arrive à intéresser des potentiels abstentionnistes. Selon BVA, près de 20% des 18-24 ans, catégorie d'âge la plus abstentionniste, seraient notamment prêts à glisser son nom dans l'urne le 22 avril. "C'est le signe qu'il peut réussir à mobiliser un électorat pas vraiment politisé. Mais c'est aussi à double-tranchant, puisqu'il est par définition moins solide", indique Eric Bonnet. Signe de cette hésitation : la sûreté du choix des électeurs de Mélenchon est encore relativement faible : 57%, selon BVA, contre 90% pour Hollande, 89% pour Sarkozy et 81% pour Le Pen. Seul l'électorat Bayrou (45%) semble plus fragile que le sien.
Mais cette fragilité s'explique aussi par "le dilemme dans lequel se trouvent certains électeurs de gauche", que résume Eric Bonnet : "Faut-il voter pour Mélenchon qui les séduit ou Hollande qui serait le vote le plus efficace pour battre Nicolas Sarkozy?". Une incertitude qui pourrait représenter le principal frein à la hausse du représentant du Front de gauche dans les sondages. "Le risque pour lui, c'est que la perspective du vote utile rebondisse", explique le sondeur. Pour l'heure, le candidat profite de la faible probabilité que François Hollande soit absent du second tour. Mais à un mois du premier tour, rien n'est encore acquis.

CE QUE STRAUSS-KAHN PENSE DE HOLLANDE 

Bernadette Chirac ridiculise François Hollande

Interviewée aujourd’hui, à l’entrée d’une séance du Conseil général de Tulle, où elle siège avec François Hollande, l’ancienne Première dame, Bernadette Chirac, a ridiculisé le pauvre candidat socialiste, en rappelant qu’il n’avait aucune expérience et « pas le gabarit » pour être président de la République.

François Hollande est « un homme parfaitement courtois (…) J’ai avec lui de très bonnes relations professionnelles (…). Cela dit, ce n’est pas le gabarit d’un président de la République », a expliqué une Bernadette en pleine forme. En une phrase, la femme politique a humilié un François Hollande dont les proches se gargarisent pourtant des bonnes relations qu’il entretient avec l’ancienne Première dame.
« Vous savez, il faut beaucoup d’expérience pour être président de la République, il faut une longue formation politique, il faut avoir été ministre, il faut avoir beaucoup fréquenté l’international », a même insisté Bernadette, appuyant la où ça fait mal : sur l’incompétence caractérisée du candidat à l’Élysée et son manque flagrant d’expérience dans les hautes responsabilités politiques.
Deux phrases prononcées par une femme qui connaît par cœur François Hollande et qui l’a défini mieux que personne. En effet, Madame Chirac a suffisamment fréquenté le compagnon de Valérie Trierweiler pour savoir tout le mal qu’il a fait à la Corrèze, un département qui croule sous les dettes mais qui offre quand même (promesses électoralistes obligent) des iPads à tous les collégiens !
La femme de Jacques Chirac est visiblement très engagée en faveur du président Sarkozy. C’est ce qu’elle a tenu a rappelé fermement. « Je sais ce que je veux. Je ferai tout pour. Je l’ai dit il y a longtemps. Je ferai tous les meetings où Nicolas Sarkozy souhaitera que je me rende », a précisé Bernadette Chirac, qui trouve le président-candidat, « très tenace, très énergique ».
Besoin d’expérience politique pour être Président de la République ? Besoin d’avoir été ministre ? Besoin d’avoir fréquenté l’international ? Bernadette Chirac déraille… tout le monde sait qu’il suffit d’avoir été le larbin du loser Jospin et d’avoir offert des iPads à chaque collégien pour faire un bon candidat

samedi 24 mars 2012

BIEN FAIT TOUT DE MÊME !! 


Une nouvelle vague d'immigration réanime "Little Greece", à New York

Il y a tout juste un an, quand Michaelis Klouvas est revenu vivre à Astoria, le quartier grec de New York, situé dans le Queens et appelé aussi "Little Greece", il a trouvé la ville changée. L'influence de son pays, autrefois si présente, s'est estompée, selon lui. L'endroit est devenu plus métissé, plus latino. "Avant, il y avait des restaurants grecs, des magasins grecs, des pancartes en grec, partout", raconte-t-il. Depuis, les gens ont gagné de l'argent et sont partis vivre dans la banlieue chic de Long Island ou dans le New Jersey... D'autres sont rentrés au pays. Comme lui.
"L'erreur de ma vie, pense-t-il aujourd'hui. Mais ma femme voulait que la famille soit réunie." C'était en 1988. Après avoir rejoint vingt ans plus tôt son père charpentier, immigré aux Etats-Unis pour faire fortune, M. Klouvas, qui se fait maintenant appeler "Mike", avait décidé comme nombre de ses compatriotes exilés de retourner au pays. La situation économique y étant devenue plus florissante, pourquoi rester loin des siens ? "En 2000, Astoria avait perdu un tiers de sa population grecque par rapport aux années 1980", raconte Joseph Berger, journaliste au New York Times, auteur d'un reportage sur ce quartier il y a dix ans. Plutôt une bonne nouvelle, le signe que le pays allait mieux.
Pour M. Klouvas, les premières années à Athènes ont, c'est vrai, été idylliques. Les affaires marchaient bien, l'argent était là. Il avait ouvert un restaurant : Arxomani. "On faisait la queue pour y venir !", raconte-t-il. Et puis la crise a tout gâché. En trois ans, le pays a vu son produit intérieur brut plonger de plus de 11 % et le chômage grimper jusqu'à près de 20 %. L'Etat en faillite doit maintenant éponger ses déficits et l'économie regagner en compétitivité. Les travailleurs, appelés parfois avec mépris les "cueilleurs d'olives", et les classes les moins aisées en sont les premières victimes. Les subventions, les retraites, les minimums salariaux ont été amputés. "Aujourd'hui, en Grèce, il n'y a plus assez d'argent pour s'acheter des vêtements, alors aller au restaurant...", soupire M. Klouvas.
A plus de soixante ans, les cheveux blancs mais l'oeil pétillant, "Mike" a donc décidé, une fois encore, de repartir de zéro aux Etats-Unis. Infatigable, il cumule aujourd'hui deux "jobs". L'un comme head manager (gérant) d'un restaurant sur le point d'ouvrir à Corona, l'autre comme serveur dans un autre établissement, avec, bien sûr, des horaires à rallonge. "De 8 h du matin jusqu'à parfois 2 heures le lendemain", dit-il. Le prix à payer pour se constituer une petite cagnotte avant l'arrivée de sa femme et de ses deux filles, prévue à Pâques.
ECHAPPATOIRE
Combien sont-ils comme lui ? Les statistiques n'ont rien d'officiel. Les demandes de green cards, ces fameuses "cartes vertes" qui permettent de s'installer aux Etats-Unis, ne donnent pas d'indication pertinente, le délai d'obtention étant long et extrêmement difficile. Nombre d'habitants d'Astoria expliquent d'ailleurs discrètement qu'ils n'ont pas "tous les papiers".
Mais pour Spiro, jeune homme grassouillet né aux Etats-Unis, le bras droit tatoué du drapeau de son pays d'origine, cela ne fait pas de doute : "Tous les Grecs veulent venir ici". La hausse de 20 % de visiteurs grecs recensés à l'arrivée de "JFK", l'aéroport de New York, en 2011, par rapport à 2006, donne une petite idée du pouvoir d'attraction de l'Amérique. A l'Immigration Advocacy Services d'Astoria, une organisation à but non lucratif chargée d'aider les immigrés à remplir les formulaires nécessaires, Tony Meloni a aussi observé une augmentation de 50 % depuis un an des demandes venant de Grecs. "Au début, les gens appelaient, posaient des questions : "Et si... et si...". Maintenant, ils arrivent bille en tête", constate-t-il.
New York n'est pas la seule échappatoire, mais la communauté d'Astoria donne de l'espoir : la présence d'un frère, d'une soeur ou d'un parent permet, en effet, d'obtenir un permis de travail plus facilement, parfois en quelques mois.
Stratos "Steve" fait partie de ces rêveurs. Ce sympathique gaillard de 42 ans, arrivé il y a deux mois, parle à peine anglais mais caresse l'idée d'une carrière d'entraîneur de football, tout en servant des fetas dans l'épicerie d'un ami de sa mère, sur Ditmars Boulevard. Il y a aussi ces familles venues inscrire leurs enfants à l'école St Demetrios d'à côté, grâce à des "relations". "L'école a aussi une église, on peut aider parfois", explique Persa Platis, secrétaire de l'établissement.
Mais, pour les autres, sans connaissance, sans famille, sans connexion, venir aux Etats-Unis est un défi. Une loterie parfois. "De mon temps, c'était bien plus facile", reconnaît Elias Tsekerides, président de la Federation of Hellenic Societies of Greater New York, chargée de promouvoir la culture hellène. Installé aux Etats-Unis depuis 1963, ce Gréco-Américain, père de deux enfants "américano-grecs", précise-t-il fièrement, reçoit régulièrement des mails et des coups de fils du pays. "On m'envoie des CV, mais nous ne sommes pas une agence pour l'emploi !", se désole-t-il. Et puis, ces jeunes souvent bardés de diplômes accepteraient-ils de faire les serveurs ou les laveurs de vaisselle comme leurs aînés ?
Malgré tout, l'arrivée de cette deuxième génération de Grecs à Astoria offre un petit réconfort : elle fera peut-être grossir la parade du dimanche 25 mars, en l'honneur de l'indépendance du pays. "Je ne sais pas combien nous serons, mais il y aura du monde sur la Ve Avenue !", pressent M. Stekerides.

Circulation de la haine 


J’ai la haine ! L’expression est courante. Elle tourne en boucle dans les bus, devant les machines à café des entreprises voire en famille. En général, ce n’est rien. Un moment de colère. J’ai la haine, je suis en pétard, souvent pour une broutille…
Mais quand elle devient un état d’esprit, une déformation de la pensée, la haine est un fiel. « Elle se nourrit des plus petites choses », notait déjà Balzac. Corrosive, elle détruit tout, submerge tout, y compris celui qui en est plein. C’est l’arroseur arrosé, sur le mode tragique. Jusqu’en février, Mohamed Merah était un délinquant, puis il a basculé dans le crime parce qu’il ne croyait plus qu’à ses propres délires.
Une de ses déclarations est très explicite, celle qu’il a enregistrée sur vidéo avant de tirer sur le parachutiste Ibn Ziaten. « Tu as tué mes frères, je te tue »… Il n’y a pas plus simpliste. Une symétrie de vendetta qui se donne de grands airs politiques. Y aurait-il eu deux mois de procès avec psychologues, psychiatres et criminologues qu’on ne serait pas plus avancé. C’est la limite de nos grands exorcismes judiciaires, dont on attend plus qu’ils ne peuvent donner.
On en revient à la question centrale : comment identifier, localiser et surveiller les terroristes potentiels ? Dès qu’on examine un dispositif concret, les failles apparaissent. Mohamed Merah avait été repéré en 2010, à son retour d’Afghanistan. Fallait-il dès lors, ipso facto, lui filer le train en permanence ?
Merah, comme Mohamed Atta, pilote du premier avion lancé sur le World Trade Center en 2001, menaient leur vie de façon à se fondre dans la masse. Merah a apparemment conçu seul ses massacres, Atta a monté un réseau sophistiqué à l’insu de la CIA. Et tous deux ont réussi leur coup.
C’est donc très tôt, en amont, qu’il faut intervenir. Avant le décrochage mental. A un moment où les jeunes peuvent se relier à autre chose qu’à la rage qui bascule dans la haine et finit dans le sang. Cela suppose deux approches simultanées, l’une qui facilite l’intégration sociale et psychologique, l’autre qui verrouille les filières d’endoctrinement politique ou religieux.

La fin du deuil 


La campagne électorale a repris tous ses droits ; on y parle d’économie, du rayonnement de la France, de l’espace Schengen, parfois d’éducation, peu des dettes dans la zone euro. Mais le sujet dominant est devenu la sécurité. Sous le choc des meurtres de Toulouse et Montauban, tout le monde avait promis-juré qu’il ne fallait pas exploiter ces événements à des fins partisanes. Mais en langage écologique, la récupération bien comprise sert à la valorisation. En politique aussi. Donc, les premiers meetings après le dénouement toulousain, et les polémiques médiatiques qui les flanquent, montrent que les engagements vertueux à ne pas tirer parti du choc collectif n’engagent que ceux qui y voyaient des promesses.
Tout cela est humain, car le deuil ne peut s’éterniser quand la campagne se rétrécit à mesure que le premier tour approche. Du reste, fidèle à sa tradition de mesure et de raison, la France échappe – heureusement – aux excès polémiques et aux suspicions extrêmes que les crimes terroristes ont fait naître dans d’autres pays. Quand une grande partie d’une barrette de banlieue a explosé, à Moscou, il s’est trouvé de nombreuses voix pour insinuer que l’attentat était d’origine « officielle », dans le but de favoriser l’homme fort du pays, Vladimir Poutine. Et il n’est guère besoin de rappeler que l’attaque terroriste du 11 septembre 2001, qui fit près de trois mille morts aux États-Unis, nourrit des théories du complot dont les auteurs veulent voir dans ce déchaînement de violences une action commanditée par la Maison Blanche pour avoir le prétexte à intervenir en Afghanistan et en Irak. Et pour favoriser, là aussi, la stature d’homme fort du président.
L’épisode de l’incendie du Reichstag, en 1933 à Berlin, dont les nazis ont imputé la culpabilité aux communistes allemands, pour amorcer leur répression, a marqué les esprits mais n’est pas un précédent universel. Ces amalgames aussi sont simplistes et dangereux. Entre les indécences et l’angélisme qui voudrait, lui, réduire les drames de Toulouse-Montauban à une équipée isolée, sans liens ni racines, la vérité a sa place. Celle de périls réels, qui appellent en réponse plutôt l’unité des démocrates qu’un comparatif des affiches de fermeté.

Une nouvelle campagne commence, Mélenchon remonte et Borloo revient 


Robert Broussard s'élève contre Prouteau et les "donneurs de leçons"

L'ancien commissaire Robert Broussard, créateur du RAID en 1985, juge "injustes" les critiques émises au sujet de l'assaut des policiers contre Mohamed Merah. Il dit sa colère dans un texte transmis à L'Express.  L'ancien commissaire, créateur du RAID en 1985, s'élève contre les critiques émises depuis jeudi au sujet de l'intervention du RAID à Toulouse

 L'ex-policier, qui a lui-même eu à gérer plusieurs dizaines d'interventions de ce type ou de prises d'otages entre 1972 et 1986, a été particulièrement choqué, comme beaucoup de policiers, par les déclarations de Christian Prouteau, l'ancien patron du GIGN, l'équivalent du RAID pour la gendarmerie. Interrogé par Ouest-France, Prouteau a notamment déclaré que cette opération avait été "menée sans schéma tactique précis" , s'étonnant notamment de l'absence d'utilisation de gaz lacrymogène. 
Dans un texte transmis vendredi après-midi à L'Express, Robert Broussard exprime ainsi sa réaction: 
"Comme tout le monde j'ai suivi les différentes phases des affaires monstrueuses de Montauban et de Toulouse. Du fait de mon passé policier, j'ai été très sollicité pour intervenir dans les médias. J'ai refusé pour deux raisons essentielles. 
D'une part, je n'ai pas voulu engager une polémique quelconque avec certains pseudo-experts dont l'expérience et la compétence sont souvent limitées. 

D'autre part, je me suis toujours interdit de porter un jugement ou de donner un avis sur le déroulement d'une opération. Il faut être au coeur de celle-ci pour en apprécier vraiment tous les aspects et les risques encourus. Les hommes du RAID et leur hiérarchie n'ont besoin de personne, surtout pas de donneurs de leçons, pour faire leur travail. Ma confiance quant à leur professionnalisme est totale. 
Si je sors de ma réserve aujourd'hui, c'est pour pousser un "coup de gueule" sur deux points: 
- Christian Prouteau, l'ancien chef du GIGN, omniprésent dans les médias ces derniers jours, s'est permis de critiquer la conduite des opérations par le RAID. Parler de "stratégie inadaptée ou absente" est à mes yeux une affirmation inacceptable. Prouteau devrait se montrer plus discret. Comme moi, il a passé depuis bien longtemps l'âge de donner son point de vue sur les techniques d'intervention, et de ranimer d'inutiles guerres "police-gendarmerie". Il devrait plutôt s'inspirer des félicitations adressées au RAID par les responsables actuels du GIGN. 
- Madame Eva Joly a, elle aussi, fait des déclarations pour le moins surprenantes. L'ancienne magistrate affirme que dans l'affaire de Toulouse, le Ministère de l'intérieur, Claude Guéant, s'est substitué au pouvoir judiciaire. Je me permets de lui conseiller de relire le texte de base en la matière. Il s'agit des instructions signées du Premier ministre Jacques Chirac le 27 septembre 1975 (contresignées par les ministres concernés dont le Garde des sceaux) disant en substance: "... que dans les actes portant gravement atteinte à l'ordre public (Ex. affaire de terrorisme...) les actions à entreprendre, étant donné l'urgence et l'état de nécessité, sont distinctes et prioritaires pendant un certain temps de celles qui incombent à l'autorité judiciaire... et qu'elles relèvent de l'autorité administrative". 
A noter que dans cette affaire de Toulouse, l'autorité judiciaire a été semble-t-il pleinement associée dans les conditions prévues dans le texte. 
Pour conclure, je dirais qu'en de telles circonstances, les hommes du RAID doivent être soutenus et non critiqués injustement." 

Sur une estrade auréolée

La victoire a besoin du voile de la modestie pour conserver tout son éclat. C’était la devise implicite hier à Strasbourg quand Nicolas Sarkozy est monté sur l’estrade du hall Rhenus. Surtout ne pas trop en faire. Montrer qu’on a marqué des points importants, peut-être décisifs, mais ne pas plastronner. C’eut été plus que contre-productif : une funeste faute tactique.
Depuis les assassinats de Toulouse, le président avait repris ses habits régaliens, saluant avec la dignité qui convient, en notre nom à tous, les victimes tuées de sang-froid. Hier soir, retour au combat électoral. Délicate transition. Mais le candidat n’était plus seul face à ses rivaux. Il pouvait compter sur l’auréole du président, comme sur les cartes postales de la guerre de 14/18 où l’on voit un ange gardien posté derrière un poilu en uniforme.
Les massacres des derniers jours seront à l’évidence un tournant de cette campagne électorale. En février Nicolas Sarkozy faisait d’intenses efforts pour courir derrière sa volonté de reconquête. Il peinait à faire coïncider son image écornée avec des ambitions valeureuses mais fragiles. « Une France forte », disait-il. Imaginons que l’enquête de Toulouse ait traîné en longueur, que le meurtrier, après avoir tranquillement tué trois soldats, trois enfants et un enseignant, ait été en mesure de récidiver. La France forte aurait été ridicule et le candidat à l’Élysée ridiculisé par un candidat à un martyre poisseux.
Au lieu de cela, le slogan de campagne susceptible de sonner creux semble résonner comme un tambour de guerre. Le candidat retrouve de l’assurance et peut exalter le rôle du président protecteur. La campagne est relancée.
Mais il faut encore tenir quatre semaines, qui, c’est sûr, ne resteront pas vissées à ce registre glorieux. Les soucis des familles pauvres, les angoisses des classes moyennes, les faiblesses économiques de la France vont réapparaître avec autant de force qu’il y a huit jours. La crise ne s’arrête pas comme un forcené qu’on a pu maîtriser. C’est un adversaire qui n’est pas moins redoutable que le terrorisme. Et dont on attend qu’il soit pareillement contenu.

vendredi 23 mars 2012

Les faux euros se fabriquent à la chaîne

C’est depuis les alentours de Giugliano, un fief de la mafia napolitaine, que proviennent près de la moitié des faux billets en euros en circulation. Plus d’un milliard d’euros a ainsi été émis par un réseau dont les ramifications internationales commencent à menacer la stabilité de la monnaie unique.
En Europe, il y a un petit Etat invisible, au nord de Naples, qui n’a ni gouvernement, ni frontières, ni banques et qui pourtant imprime des euros. Des faux, naturellement, mais reproduits si fidèlement qu’ils font peur à la Banque centrale européenne (BCE) et à toutes les forces de police internationales.
Dans un rayon de vingt kilomètres autour de la petite ville de Giugliano prospère la plus haute concentration de faussaires et imprimeries clandestines de tout le continent. En effet, plus de la moitié de la fausse monnaie en circulation dans les dix-sept pays de la zone euro est fabriquée ici, sur ces terres ravagées par les constructions illégales et asphyxiée par les clans mafieux.

Depuis que l’euro a été introduit en 2002, 5,5 millions de faux billets ont été retirés de la circulation sur le territoire européen, pour une valeur nominale de près de 400 millions d’euros. Ce chiffre peut sembler anecdotique au regard des 14 milliards de billets de banque authentiques actuellement en circulation.
“Mais les quantités saisies ne sont que la pointe de l’iceberg, explique une source d’Europol, et la part qui échappe aux contrôles est largement plus importante”. Trois à quatre fois, selon certaines estimations. “Et les plus grosses commandes sont destinées à l’Afrique du Nord, à la Colombie, au Moyen-Orient”. Or, plus encore que par leur quantité, c’est par la qualité des faux billets produits par les faussaires de Giugliano que la monnaie unique est le plus sérieusement menacée.

Des faussaires qui valent de l'or

Les typographes qui savent imiter les éléments de sécurité des diverses coupures se comptent sur les doigt des deux mains. Pour le crime organisé, ces faussaires valent de l’or. Lorsqu’un groupe parvient à en attirer un dans ses filets, il ne le lâche plus. Il contrôle tous ses faits et gestes même s’il est en prison. La Camorra, elle, tolère ce type d’activité et pour sa part s’en sert seulement pour des échanges en grosses quantités avec les trafiquants colombiens  de cocaïne.
Pour monter une équipe de faussaires, il faut trois personnes et une logique d’entreprise qui assure une stricte division des tâches. D’abord, le propriétaire de l’imprimerie qui est aussi le commanditaire. C’est lui, généralement un personnage mineur de la Camorra, qui s’occupe de trouver une machine offset d’occasion, (les plus récentes, en quadrichromie, coûtent jusqu’à 500 000 euros), le filigrane, les encres, et tous les éléments nécessaires. Ensuite vient le typographe, chargé de la fabrication. Puis le distributeur, un homme de confiance du commanditaire, qui le charge d’organiser un dépôt, nécessairement loin de l’imprimerie, et d’assurer les contacts avec les clients.
La chaîne de distribution emprunte les mêmes réseaux que ceux de la drogue. Le premier passage, du distributeur au “grossiste”, se négocie à 10% de la valeur nominale. Auprès du grossiste s’approvisionnent des intermédiaires, petits criminels locaux ou courriers étrangers (souvent estoniens ou lituaniens) qui portent les valises chargées de fausses coupures en Espagne, en Belgique ou en Lituanie, voire des immigrés clandestins qui espèrent un petit bénéfice en revendant quelques billets à la gare de Rome ou de Naples.

L'âpre concurrence bulgare

Si la moitié de la production européenne est assurée par les malfrats originaires de Guigliano, ceux-ci doivent faire face à la concurrence bulgare. Dans les campagnes du sud du pays et aux alentours de Sofia, la capitale, où l’imitation des dollars est une vieille tradition, on sait maintenant fabriquer un billet vert de 200 euros d’excellente qualité.
Dans la zone industrielle de Varna, sur la mer Noire, Europol et les services secrets nord-américains on découvert en janvier 2004 une des premières imprimeries au monde capables de reproduire le billet mis en circulation à peine deux ans auparavant. Huit ans plus tard, les centres de production se sont déplacés autour des villes de Plovdiv et Haskovo, dans le sud du pays.
La France et l’Espagne viennent aussitôt derrière l’Italie pour la production de fausse monnaie, mais dans ces deux pays, les faussaires se servent d’imprimantes laser de dernière génération, une technologie qui a ouvert le marché des faux billets aux experts en informatique et aux graphistes maîtrisant les logiciels les plus sophistiqués
Il faut aussi compter avec les nations “émergentes” : la Pologne, où a été saisi, il y a quelques semaines dans un appartement de Varsovie, un million d’euros qui étaiet destiné à escroquer les spectateurs de l'Euro 2012 de football, suivie de la Bosnie. La Turquie, la Roumanie et l’Albanie ne produisent pas de faux billets, mais leurs courriers font la navette entre Naples et Sofia pour s’approvisionner. Les revendeurs les plus efficaces appartiennent au milieu lituanien, qui ont  eu l’idée de répandre les faux billets à travers le pays en utilisant leurs réseaux bien rôdés de dealers de drogue.

Les faux inondent le marché

Selon Tzvetan Tzvetanov, le ministre bulgare de l’Intérieur, “la contrefaçon devient préoccupante pour la sécurité financière de l’euro, parce que les faux inondent le marché. De plus les condamnations ne sont pas assez sévères pour les faussaires”. Cependant, à Francfort, les dirigeants de la BCE affichent leur sérénité.
Le volume de fausse monnaie saisie en 2011 est inférieur de 19,3% à celui saisit en 2010 et les 606 000 billets retirés de la circulation ( dont 215 000 en Italie) représentent une valeur nominale d’une dizaine de millions d’euro sur un total de 14,4 milliards de billets authentiques. Un pourcentage de faux assez bas, de l’ordre de 0,0004%.
Les chemins qui mènent la fausse monnaie de l’Europe vers le reste du monde passent par l’Espagne et visent des pays qui ont une monnaie faible et une connaissance approximative des euros : Moyen-Orient, Afrique du Nord, Est de l’Europe, surtout.
En Afrique, certaines banques ne distinguent pas les vrais des faux et les échangent contre la monnaie locale. Et les Chinois ? Ces virtuoses de la contrefaçon se sont pour l’heure tenus à l’écart mais on a su récemment, relate une source à Europol, que des hologrammes utilisés par les Bulgares pour les billets de 200 euros avaient été réalisés par des faussaires chinois. S’ils se mettent eux aussi à imprimer, le problème risque de prendre une toute autre ampleur.

Sécurité : François Hollande dans les pas de Sarkozy

François Hollande passe son temps à dénoncer les idées de Nicolas Sarkozy avant de les appliquer. A la suite des drames de Toulouse, c’est au sujet de la sécurité que le candidat socialiste a  déployé les mots et le programme du président, lors de son discours à Aurillac.
Loin du laxisme et de la victimisation des coupables, habituels chez les socialistes, c’est un discours de fermeté que François Hollande a tenu à Aurillac, le 22 mars.
IL A VRAIMENT UNE TÊTE D'ABRUTI
« Si l’un d’entre-nous a peur, alors, il n’est plus libre. Ce sont les plus faibles qui payent toujours le prix fort ». Cette phrase n’est pas tirée de la campagne de Nicolas Sarkozy de 2007, mais bel et bien du discours de François Hollande, tenu hier soir. C’est du Sarkozy dans le texte, mais ça sort de la bouche de François Hollande.
Loin des discours bobos du PS, il est intéressant de voir un dirigeant socialiste affronter enfin le problème de l’insécurité et avouer que ce sont, évidemment, les classes les plus populaires qui en sont victimes (ce que dit le président depuis environ 10 ans…).
Reniant tous les propos socialistes des dernières années, qui accusaient Sarkozy de stigmatisation, de mettre en place un état policier, quand il utilisait ce langage, François Hollande a fait l’éloge de la police et d’une politique sécuritaire :
« Les policiers méritent toute notre gratitude.[...] La lutte contre le terrorisme n’est pas terminée. Elle se poursuit et elle se poursuivra. Cet engagement devra être total, avec les moyens nécessaires et les engagements indispensables. [...] Oui, la lutte contre l’insécurité fait partie de mes engagements. Et que l’on ne vienne pas nous dire que la gauche aurait je ne sais quelle indulgence et que la droite aurait je ne sais quelle compétence ».
La gauche française se contentait jusqu’à présent de régler le problème de l’insécurité en subventionnant des concerts de rap et en dénonçant le racisme des sales français qui ne veulent pas donner de travail, ni de logement aux personnes d’origines étrangère. On ne peut que féliciter François Hollande de proposer enfin une politique responsable en matière de sécurité. Il est juste dommage qu’il ait critiqué pendant 5 ans les idées qu’il propose aujourd’hui et qu’il ait refusé de voter en leur faveur…

Drame de Toulouse : la présence de Trierweiler en question ?

Lors des cérémonies officielles d’hommage aux soldats français tués par Mohamed Merah, François Hollande est venu accompagné de sa petite amie, Valérie Trierweiler. Si d’autre candidats à la présidentielle étaient présents, Hollande est le seul à avoir imposé sa compagne dans ce moment d’émotion, où les calculs politiciens n’étaient pas censés avoir leur place.
Pourquoi François Hollande a-t-il imposé à l’armée française la présence d’une animatrice de télévision, lors des obsèques militaires des trois soldats français lâchement assassinés par Mohamed Merah ?
Le 19 mars, à la caserne de Montauban, avaient lieu les obsèques militaires d’Imad Ibn Ziaten, d’Abel Chennouf et de Mohamed Legouade, victimes de Mohamed Merah. Pour ce grave évènement, l’unité nationale et la sobriété étaient de rigueur. Cinq candidats à l’élection présidentielle sont logiquement venus s’associer à la douleur de la nation. Outre le président de la République, Nicolas Sarkozy, François Hollande, Éva Joly, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont assisté à la cérémonie.
Un élément de cette émouvante célébration a choqué les observateurs : la présence de l’animatrice de télévision, Valérie Trierweiler, la petite copine de François Hollande.
Le candidat socialiste avait pourtant annoncé la suspension de sa campagne, à la suite des terribles évènements de Toulouse. Une fois de plus, il est revenu sur sa parole.
Hormis sa petite ami, François Hollande était d’ailleurs entouré de 4 conseillers chargés de gérer sa communication. Preuve de son refus, dans les faits, de laisser sa campagne de côté. Le candidat a ainsi démontré ouvertement qu’il a toujours eu la tête à son élection et que la pseudo mise en suspend de sa campagne n’était qu’un mensonge, ce qui ne surprend plus trop venant du personnage.
Mais, au delà de cette bassesse, exploiter un tel drame dans un but électoraliste est inacceptable. Car ne nous voilons pas la face, Valérie Trierweiler était présente à Montauban pour une seule raison : donner à son mec une stature présidentielle et à elle même un aspect « Première dame », en utilisant l’horreur de la situation pour rendre Hollande plus crédible.

Les Français ne seront pas dupes…

La crise, une aubaine pour les entreprises

Licenciements facilités, salaires réduits, âge de la retraite repoussé : sous la pression de la crise, les gouvernements européens réécrivent le droit du travail, à la grande satisfaction des patrons.
La crise fait rage en Grèce, en Espagne, en Italie et au Portugal. Tout le Sud de l’Europe est à genoux. Tout le Sud de l’Europe ? Non. Dans ces pays, les vieilles revendications de certains se réalisent. Celles de Juan Rosell, par exemple, président de l’organisation patronale espagnole CEOE.

Pendant des années, il a réclamé un assouplissement de la protection contre le licenciement. Aujourd’hui, le gouvernement a accédé à son désir. "Ce ne sera pas la dernière réforme du marché du travail", prophétise Juan Rosell, sûr de son succès. La crise, c’est sa chance.

Les droits des travailleurs partout rognés

Les entreprises européennes reprennent du poil de la bête. Sous la pression de la récession et des dettes publiques, les gouvernements rognent partout sur les droits des travailleurs et compriment les coûts salariaux. L’objectif est de devenir plus abordable et donc plus attractif pour les investisseurs. "L’Europe est en passe de devenir un paradis pour les patrons. Sur le dos des travailleurs", déplore Apostolos Kapsalis, de l’institut de recherche de la confédération syndicale grecque GSEE.
Face à l’explosion du chômage et aux consignes de rigueur de l’UE, les syndicats sont sur la défensive. Notamment en Grèce, où le gouvernement a sabré dans les salaires minimums et les allocations de chômage. "Il faut s’attendre à des réductions massives de salaires", prévient Michala Marcussen, de la banque Société Générale.
L’âge de départ à la retraite a été repoussé, ce qui non seulement évite à l’Etat d’avoir à payer des pensions, mais qui augmente également le nombre de candidats sur le marché du travail, exacerbant ainsi la concurrence pour l’emploi. "La Grèce est le cobaye du laboratoire des réformes européennes", lâche Apostolos Kapsalis. "Ici, on teste les mesures d’austérité qui peuvent passer". Des programmes analogues ont d’ores et déjà été mis en œuvre dans d’autres pays, prévient le syndicaliste.
En Espagne, par exemple, où le gouvernement a réformé le marché du travail en février sans négociation préalable avec les syndicats – "de manière très agressive", comme l’a reconnu lui-même le ministre de l’Economie Luis de Guindos. Les premiers à bénéficier de ces réformes sont les entreprises : "Il s’agit ni plus ni moins que de renforcer leur marges bénéficiaires – et, à court terme, cela ne peut passer que par une réduction des coûts salariaux", fait observer Patrick Artus, économiste à la banque française Natixis.
La vague de réformes ne touche pas seulement les petits pays. En Italie aussi, le président du conseil, Mario Monti, envisage de sabrer largement dans les droits habituels des travailleurs. Ainsi, la protection contre le licenciement et ses règles strictes sont appelées à disparaître. Une première tentative avait déjà eu lieu en 2002 mais avait fait long feu face aux levées de bouclier de la population.
Une nouvelle occasion se présente aujourd’hui – et le président du conseil ne veut pas la laisser passer. "Sur les questions de politique économique, Mario Monti se trouve exactement sur la même ligne que nous", se félicite Emma Marcegaglia, la présidente de la confédération industrielle Confindustria.

Des mesures qui plombent la croissance

Les dirigeants politiques européens ont pris pour modèle l’Allemagne, où l’Agenda 2010 et la modération salariale ont dopé la rentabilité des entreprises, et où la crise est surmontée depuis longtemps. "Sur le plan de la concurrence internationale, la seule solution dont dispose l’Europe pour faire face aux puissances qui montent, comme la Chine ou le Brésil, est de devenir aussi compétitive que l’Allemagne", a déclaré la chancelière Angela Merkel en janvier.
Le niveau des salaires allemands et la productivité allemande servent ainsi de mètre-étalon à la concurrence européenne – y compris à la France, qui a perdu des parts de marché à l’international au profit d’autres pays, pendant que l’Allemagne confortait sa position sur le marché. D’après les calculs de la Commerzbank, les productions automobiles française et italienne ont dévissé de près de 30% entre 2004 et 2011, quand sur la même période, les constructeurs allemands voyaient leur production bondir de 22%.
Force est de constater que les réformes du marché du travail ne sont pas des mesures anticrise de court terme, mais s’inscrivent dans la durée. Car les Etats se mettent mutuellement sous pression au travers de leurs stratégies de réduction des coûts. Même des pays à bas salaires, comme la Croatie et la République tchèque, doivent introduire davantage de souplesse sur leur marché du travail et revoir leurs coûts salariaux à la baisse pour relancer la compétitivité, prévient le FMI.
Cette émulation entre Etats membres a également les faveurs de l’UE, qui veut faire de l’Europe la région la plus compétitive du globe à l’horizon 2020. "Nous avons l’obligation de définir une stratégie de croissance", a déclaré le président de la commission européenne, José Manuel Barroso.
Cette relance de la compétitivité par le biais d’une réduction des coûts salariaux se fait au détriment des revenus – et donc de la consommation des ménages. "Les mesures plomberont la croissance et le marché du travail pendant quelques années", prédit Patrick Artus. 
Reste à savoir si les premiers intéressés y sont favorables. Les syndicats portugais viennent de lancer un appel à la grève générale, et les Espagnols leur emboîtent le pas. Apostolos Kapsalis, le syndicaliste grec, invite les Allemands à davantage de solidarité : "Car aujourd’hui, c’est chez nous que l’on rogne – mais demain, ce sera de nouveau votre tour".




La France n’est donc pas en guerre ? 


Le fait, répété en boucle, que l’emblématique Mohamed Merah ait été « sous la surveillance de la DCRI », le Renseignement intérieur français, n’a franchement rien de rassurant. Cela laisse planer un réel doute sur l’efficacité de la lutte contre les réseaux terroristes islamistes en France. Certes, nous dira-t-on, on ne peut pas mettre un policier français derrière chaque djihadiste potentiel, car – de moins en moins rassurant – ils sont très nombreux (15 000 salafistes avoués en France, tous bien sûr ne sont pas moudjahidines mais beaucoup sont sympathisants de la cause djihadiste). Mais si Merah était aussi bien « surveillé » qu’on nous le dit, pourquoi ne l’a-t-on pas « logé » et arrêté tout de suite après l’assassinat du premier militaire le 11 mars dernier ? Puis après les trois autres à Montauban ? Il a fallu attendre encore le massacre des enfants juifs de l’école de Toulouse pour que les Hercule Poirot de la DCRI se tapent sur le front : mais oui, mais c’est bien sûr !
Détail qui serait comique si la situation n’était pas affolante, Mohamed Merah a été entendu par les flics du Renseignement français après ses fameux « stages » au Pakistan et en Afghanistan en novembre 2011, il y a donc très peu de temps.
Mais, tenez-vous bien, « photos à l’appui » (Mohamed devant les monuments d’Islamabad, Mohamed devant les ruines du Palais Darul Aman, quel malin ce Mohamed), le jeune moudjahidine a fait gober à la DCRI qu’il y avait effectué des séjours touristiques et cela les a « rassurés ». Le Pakistan et l’Afghanistan sont en effet des destinations touristiques du moment très en vogue et particulièrement recommandées par les tours-opérateurs… Le propre frère de Mohamed, Abdelkader, était connu pour être impliqué dans une filière d’acheminement de djihadistes vers l’Irak.
« On ne peut vraiment pas dire que ce touriste un peu particulier ait été pris en compte », juge l’expert international des questions de sécurité et de terrorisme, François Heisbourg.
Et puis c’est vrai qu’il fallait suivre la piste d’extrême droite dont les journaux de gauche (voir l’ignoble une de Charlie-Hebdo) et de nombreux hommes politiques se gargarisaient (voir le communiqué du FN ci-dessous), tout le monde avait tellement envie que ce soit ça. Cela aurait été tellement plus moral et plus correct que l’ennemi public n° 1 ne soit pas cet islamiste français, emblématique, d’origine algérienne, prénommé Mohamed et se réclamant d’Al-Qaïda.
Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a une explication. « Même si ce jeune homme était signalé, il était impossible, faute d’éléments plus précis, de l’arrêter préventivement ou de le surveiller plus étroitement sous peine de constituer un Etat policier. » Le mot est lâché. Il vaut mieux en effet constituer un Etat sous menace terroriste dans lequel on assassine des enfants devant leurs écoles et l’on abat des soldats français dans la rue. Il vaut mieux laisser « mettre la France à genoux » comme s’en est vanté Mohamed Merah. La France n’est-elle donc pas en guerre après les actes terroristes qui viennent de l’ensanglanter et de l’endeuiller ?
Seule Marine Le Pen a eu la juste analyse : « le risque fondamentaliste a été sous-estimé dans notre pays. Il faut maintenant mener cette guerre contre ces groupes politico-religieux fondamentalistes ».
« Attention, nous n’avons pas affaire à des fous », analyse Samir Amghar, spécialiste du salafisme. « Les djihadistes obéissent à une rationalité. Ils sont persuadés du bien-fondé de leur acte. Il n’y a pas un seul profil. Le salafiste djihadiste n’est pas forcément en exclusion sociale. Il peut être intégré socialement et économiquement. »
Une cinquantaine de mosquées en France sont connues pour avoir un imam dont le discours est « radical ». Le parcours des djihadistes français passe généralement par eux, explique Yves Trotignon, ancien de la DGSE, spécialisé dans l’antiterrorisme. Repéré par un « recruteur », toujours en France, le « combattant de l’islam » est présenté à d’autres « frères » qui le testent sur ses idées, les limites de son engagement et lui demandent de se faire discret. C’est le début de la logique sectaire et de la clandestinité. Autre lieu de recrutement, les prisons où le prosélytisme islamiste a cours plus que jamais.
Le premier billet d’avion pour les camps d’entraînement et d’endoctrinement du Pakistan, d’Afghanistan, d’Irak ou du Yémen est « généralement financé par la quête ou les bonnes œuvres de la mosquée », poursuit Trotignon. De mieux en mieux. Mais ne perdons pas de vue que le grand risque c’est l’Etat policier.
La formation dans les zones de combat relève d’autres modes financiers. Il existe des ONG ou des donateurs richissimes au Qatar, dans les Emirats arabes unis ou en Arabie Saoudite qui financent ces circuits. Le financement se fait également localement. Par le trafic de stups dans les régions afghanes ou les prises d’otages dans les zones sahéliennes.
Après pareille tragédie, pareille horreur, pareille leçon, personne à part le Front national ne va donc s’interroger sur la nature du danger islamiste dans notre pays ? Par crainte d’amalgame, de stigmatisation et d’Etat policier, pour ne pas déplaire aux musulmans, la vérité ne sera pas dite et les mesures qui s’imposent ne seront pas prises ? Personne n’envisage par exemple de mettre hors circuit la mouvance salafiste en France ? Précisément ce courant qui considère la guerre sainte comme une obligation religieuse et qui veut remplacer les gouvernements par des Etats islamistes. Commençons par ça, déjà, en France. Par les prêches qui infestent les mosquées, pourrissent les cités, attisent la haine de la France, menacent la sécurité de l’Etat, des biens et des personnes et arment les combattants de l’islam pour massacrer nos enfants.

Drame de Toulouse : instrumentalisation indécente de Hollande

Les évènements de ces derniers jours ont bouleversé la France. Malheureusement, le Parti socialiste à brisé l’unité nationale, en exploitant les drames de Montauban et de Toulouse à des fins électoralistes. Tweets honteux, communication à outrance, photos avec les proches des victimes, François Hollande n’a pas lésiné sur les moyens pour exploiter l’actualité. Sordide !
La gauche française appelle, depuis la sortie d’un petit livre démagogique, à l’indignation. En effet, comment ne pas s’indigner devant l’instrumentalisation répugnante par Hollande et ses équipes des crimes atroces commis par Mohamed Merah ? Le candidat, habituellement inactif et prudent, n’aurait-il pas pu attendre quelques jours avant de reprendre sa campagne ? Était-il obligé d’exploiter la mort d’enfants juifs et de militaires français ?
Comment ne pas s’indigner devant la page d’accueil du site de François Hollande, qui présente une photo du candidat, tout sourire, aux côtés d’enfants d’une école de Seine Saint Denis, qu’il a rencontrés « afin de partager un moment de recueillement avec des jeunes élèves » ?
Comment ne pas s’indigner en lisant le fil Twitter de Manuel Valls, qui écrit un tweet en pleine synagogue, lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes ?
Comment ne pas s’indigner en constatant que le candidat Hollande n’a pas pu s’empêcher de prendre la parole, avant même le président de la République, ce matin ?
Comment ne pas s’indigner devant l’équipe de 5 personnes, dont plusieurs communicants, que François Hollande a emmené avec lui à Montauban, pour la cérémonie officielle ?
La page d’accueil du site de François Hollande est éloquente : on y voit une photo du candidat, visiblement ravi, arborant un large sourire, au milieux d’enfants. Malheureusement, le titre de la photo rappelle la terrible vérité : « Tuerie de Toulouse: François Hollande observe une minute de silence dans une école de la Seine-saint-Denis ». Hollande a donc osé, sur son propre site de campagne (censé, donc, assurer la campagne du candidat), se servir des attentas pour faire son auto-promotion.
Le 19 mars, à la suite de la tuerie de Toulouse, le candidat socialiste se rendait à la synagogue Nazareth, afin de rendre hommage aux victimes. En consultant le compte Twitter de Manuel Valls, ont réalise que Hollande, Valls et Valérie Trierweiler (la journaliste de Direct 8, qui gère parallèlement la communication du candidat), n’étaient en fait là, que pour mener leur campagne. « Sommes avec #Hollande et @valtrier à la synagogue Nazareth..la foule dehors.la puissance des chants à l intérieur..la même émotion partagée », a donc tweetté le socialiste indécent, en pleine cérémonie.
Manuel Valls n’était-il pas censé se recueillir et rendre hommage aux victimes ? Pourquoi tweet-il, en pleine célébration religieuse, des messages de promotion pour François Hollande ? Sans parler du manque de respect envers les victimes et leurs proches (un tweet en pleine synagogue, dans ce contexte, c’est inhumain), cet exploitation de l’horreur fait froid dans le dos.
Le 22 mars, François Hollande est venu « rendre hommage » aux victimes, à Montauban. Pour cet hommage, il ne pouvait certainement pas se présenter sans ses trois conseillers de campagne, ni sans sa petite amie, la journaliste de direct 8, Valérie Trierweiler.
Pendants les 4 jours de désarroi national, François Hollande et ses équipes n’ont pas réussi à prendre un peu de hauteur et à mettre la campagne de côté. Pire, ils ont manipulé ce terrible drame à des fins électoralistes.
La récupération politicienne de tels crimes est une honte. Elle illustre le genre de petit bonhomme qu’est François Hollande.

La vie de château des locataires de l'Elysée

« Mon métier est dur », aime répéter Nicolas Sarkozy. Pourtant, avec près de 900 personnes aux petits soins, une résidence au bord la méditerranée, une autre à Versailles, un Airbus suréquipé et une retraite dorée… Président de la République offre aussi quelques avantages.
Au total, le budget de la présidence s’élève à 112 millions d’euros par an. Soit à peine 0,029 % de celui de l'Etat, prend soin de préciser l’Elysée sur son site internet. Sauf qu’il faut encore ajouter environ 30 millions d‘euros de frais payés par les autres ministères, souligne le député de gauche René Dosière qui s’est fait un nom en décryptant les comptes de l’Elysée.
Dans son dernier livre, "L’argent de l’Etat", René Dosière compile de nombreuses anecdotes sur les comptes du Palais durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Entre la forte hausse de son salaire, l’OPA lancée sur le pavillon de la Lanterne à Versailles, le coût faramineux du sommet de l’Union pour la Méditerranée (prix de revient du dîner officiel : 5.362 euros pour chacun des 200 invités), l’équipement de l’Airbus présidentiel… le parlementaire épingle les dépenses en Sarkozye.
Et ce n’est pas le dernier rapport de la Cour des comptes qui viendra le contredire. Si l’institution loue les progrès réalisés, il reste encore des efforts à faire. Petite visite guidée.
Capital, le journal d'où est tiré cette analyse, est franchement gonflé, le président de la république Française s'est octroyé une augmentation de salaire à la hauteur de celle de son premier ministre, et il qualifie cette hausse comme étant forte ???
Entre rien et quelque chose, c'est forcément fort, mais il faut bien voir dans tout cela une tentative avérée de dénigrement de la personne "Nicolas Sarkozy", Capital est un canard de gauche, un de plus.
Comme le sont l'Express le Point et le nouvel Observateur. 
SEUL "LE FIGARO" résiste encore à cet amalgame, mais pour combien de temps encore ?

Mensonge socialistes sur la dette publique
  Hollande attribue à Sarkozy toute la responsabilité de l’augmentation de la dette.
L’IFRAP, fondation qui étudie depuis 1985 l’efficacité des politiques publiques, a détaillé cette augmentation.

L’accroissement de la dette de la France pendant la législature 2007-2012 s’établit à 510 mil­liards d’euros. En voici le détail, selon l’IFRAP :

1) Le déficit structurel cumulé sur 5 ans résultant d’un budget en déficit chronique depuis 1974 sur la base d’une redistribution de revenus mise en place par les socialistes : 298 Mds.
2) Le déficit imputable à la crise, représentant notamment une chute brutale des recettes de TVA, est de 212 Mds.
3) Le déficit cumulé dû à la réduction des recettes par le gouvernement en 2007 est de 17,6 Mds. Il a été compensé par une augmentation de recettes en fin de mandat de 40 Mds, soit un solde positif de 22,4 Mds.

Cela montre le mensonge éhonté et grotesque des socialistes, qui passent sous silence que la politique débridée de redistribution qu’ils ont eux-mêmes mise en place représente 58 % de l’augmentation de la dette. La part due à la crise représentant 42 %.
L’action imputable au gouvernement, destinée à favoriser le développement de l’activité économique (travailler plus pour gagner plus), ne représente que 3,5 % du déficit. Ce dernier a été compensé par des recettes en fin de mandat, ramenant à un solde positif de 1,9 %, qui, intégré en diminution au déficit chronique, le ramène à 60 % de l’augmentation intrinsèque de la dette et non plus 58 %.

Voilà comment on caviarde la réalité pour redonner le pouvoir à ceux qui sont responsables directement de 60 % d’augmentation de la dette publique pendant le dernier mandat présidentiel de 5 ans !


Jean-Luc Mélenchon devance Marine Le Pen dans un sondage BVA

Jean-Luc Mélenchon accède pour la première fois à la troisième place dans les intentions de vote pour la présidentielle, avec 14 % au 1er tour, devançant Marine Le Pen et François Bayrou, selon un sondage BVA publié jeudi 22 mars pour Orange, la presse régionale et RTL, le premier réalisé après l'identification du tueur de Toulouse.
>> Voir notre comparateur des intentions de vote

"La poussée de 5 points en un mois [de Jean-Luc Mélenchon] corrélée à la baisse de 2 points de Marine Le Pen (13 %) et de 1 point de François Bayrou (12 %) montre que la tragédie de Toulouse qui n'avait guère de raison de lui profiter politiquement n'a en rien altéré la dynamique de sa campagne" et le succès du rassemblement de la Bastille dimanche, commente Gaël Sliman, directeur général de BVA. Il précise que "Marine Le Pen qui a très tôt réagi après que le tueur a été identifié ne profite pas pour le moment des tragiques circonstances. En recul constant depuis le début de l'année, elle a perdu 2 points depuis un mois et 1 point depuis 15 jours" selon un autre sondage BVA, pour Le Parisien cette fois, publié début mars.
SARKOZY ET HOLLANDE AU "COUDE À COUDE"
Nicolas Sarkozy, lui, progresse nettement au premier comme au second tour, "bénéficiant" de sa stature présidentielle dans l'épisode de crise traversé par le pays.
>> Lire : Le candidat Sarkozy se prépare à engranger le succès du président
Par rapport à la dernière enquête de BVA pour les mêmes commanditaires, effectuée à la mi-février, le président-candidat gagne 2 points, à 28 %, réduisant l'écart avec son rival socialiste, François Hollande (29,5 %), qui perd 1,5 point. Compte tenu des marges d'erreur, "les deux favoris sont au coude à coude", commente Gaël Sliman, directeur général de BVA. Ces deux mouvements confirment des tendances relevées par d'autres enquêtes depuis deux semaines.
EVA JOLY À 2 %
Bien que désormais officiellement candidats pour avoir réuni les 500 parrainages, Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) et Philippe Poutou (NPA), concurrents de M. Mélenchon à la gauche de la gauche, ne progressent pas et recueilleraient moins de 0,5 % chacun. La candidate d'EELV Eva Joly baisse de 1 point, à 2 %, Nicolas Dupont-Aignan gagnant lui un demi-point, à 1,5 %. Jacques Cheminade est crédité de moins de 0,5%.
Au second tour aussi, Nicolas Sarkozy (+2) se rapproche de François Hollande (-2), et serait battu par 54 % des voix contre 46 %, si ce second tour avait lieu dimanche prochain.
Sondage réalisé les 21 et 22 mars auprès d'un échantillon de Français recrutés par téléphone et interrogés par internet. Cet échantillon est constitué de 926 personnes inscrites sur les listes électorales, extraites d'un échantillon représentatif (978 personnes) de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

DES DEUX DÉMAGOGIES, LA PLUS OUTRANCIÈRE L'EMPORTE.