TOUT EST DIT

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dimanche 12 février 2012

Référendum sur les droits des chômeurs : Sarkozy très critiqué

La proposition de Nicolas Sarkozy de soumettre à un référendum une réforme durcissant les conditions d'indemnisation du chômage suscite de vives critiques. Dans son entretien au Figaro Magazine publié le 11 février, le chef de l'Etat propose que toute personne au chômage devra, au bout de "quelques mois" choisir une "formation qualifiante" à l'issue de laquelle elle sera tenue "d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel [elle] aura été nouvellement formé[e]". 
Le candidat socialiste à l'élection présidentielle, François Hollande, a jugé samedi à Toulouse qu'"il n'est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s'en prendre aux plus fragiles", considérant que "ce n'est pas ceux qui sont les victimes qui doivent aujourd'hui être les responsables".

En clotûre du forum de son parti consacré au contrat social et aux solidarités, samedi, le candidat du MoDem, François Bayrou, a affirmé qu'"aucun des présidents de la République précédents, aucun, ni Charles de Gaulle évidemment, ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d'Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac n'auraient accepté une telle perspective", avant d'estimer que "l'électorat de l'extrême droite constitue le grand grenier à voix".
>> Lire François Bayrou veut incarner les "valeurs" face à Nicolas Sarkozy
En meeting à Roubaix (Nord), Eva Joly a affirmé que cette idée de référendum était "faite pour humilier" les chômeurs, quand Nicolas Sarkozy "a fait des cadeaux à ses copains, aux riches" pendant son quinquennat.
"Quand je pense que la seule mesure de l'interview du président de la République c'est (...) de montrer du doigt les chômeurs", a déploré Nicolas Dupont-Aignan, candidat souverainiste, dimanche sur RTL.  Selon lui, Nicolas Sarkozy "abaisse la fonction" de président.
L'ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Olivier Besancenot, a jugé samedi "révoltante" la proposition du chef de l'Etat. "Elle instille le poison qui consiste à opposer les chômeurs aux salariés, là où ils devraient être unis. C'est la méthode Sarkozy : dresser les uns contre les autres, les chômeurs contre les salariés, les jeunes contre les anciens, les Français contre les immigrés avec, au sommet de la pyramide, des riches qui vivent tranquilles."
"INACCEPTABLE" ET "RÉDUCTEUR" POUR LES SYNDICATS
Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, Nicolas Sarkozy veut "diviser le pays", "livrer en pâture les chômeurs" pour "détourner les regards sur les vraies raisons de la crise". "Avec ce genre d'annonce, on est dans le gadget pré-électoral", a-t-il avancé.
"Vouloir exiger que les chômeurs acceptent, à l'issue d'une formation, la première proposition qui leur sera faite, c'est les rendre responsables de leur situation et c'est inacceptable", a pour sa part estimé Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière.
Selon Bernard Van Craeynest, leader de la CFE-CGC, syndicat des cadres, l'idée d'un référendum traduit "une volonté simplificatrice, réductrice pour traiter de problèmes complexes".
>> Lire : Les syndicats opposés à la proposition de Sarkozy sur les chômeurs
La Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) a rappellé vendredi que "tout demandeur d'emploi est aujourd'hui, en théorie, tenu d'accepter une 'deuxième offre raisonnable d'emploi' et qu'à défaut, il s'expose à être radié". "Mais, dans la réalité, cette mesure est peu appliquée en raison notamment des difficultés d'interprétation de la définition d'une 'offre raisonnable d'emploi' au regard de critères salariaux et géographiques, poursuit la confédération. Il paraît donc peu réaliste d'envisager que le chômeur 'soit tenu d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été formé'."
LA MAJORITÉ DIVISÉE
Le président du Parti radical, Jean-Louis Borloo, s'est prononcé samedi contre l'organisation d'un référendum sur des questions économiques et sociales. "Si Mitterrand avait organisé un référendum sur la peine de mort, jamais elle n'aurait été supprimée", a-t-il assuré.
Le libéral Alain Madelin, a estimé vendredi sur le Huffington Post que "le problème, c'est le chômage, pas les chômeurs". "Agiter aujourd'hui cette perspective, parler de référendum, c'est prendre le risque de stigmatiser des chômeurs qui n'en peuvent [plus]. (...) Cette stigmatisation des plus faibles n'est pas acceptable. Elle heurte de trop nombreux français. Elle ne sera pas acceptée", affirme l'ancien ministre de l'économie et des finances.

Quelques voix s'élèvent toutefois pour défendre la proposition de Nicolas Sarkozy. Le conseiller spécial du chef de l'Etat, Henri Guaino, a déploré samedi une "avalanche de mensonges, de caricatures, de mauvaise foi" face aux critiques de la gauche mais aussi du centre sur la proposition de Nicolas Sarkozy d'organiser un référendum sur les chômeurs. "On présente ça comme une punition, ce n'est pas une punition", s'est exclamé M. Guaino sur France 5, après avoir affirmé qu'il y aura, "comme aujourd'hui, des cas de force majeure, des cas particuliers". Le conseiller spécial du chef de l'Etat a aussi fait valoir qu'un référendum notamment sur la formation de chômeurs étaient "une éventualité" en cas de "blocages".
Pour le collectif de parlementaires de la Droite populaire, "les propositions de Nicolas Sarkozy vont dans le bon sens". Pour le ministre chargé des transports, Thierry Mariani, "demander, via un référendum, aux Français leur volonté sur une politique d'immigration ou sur l'assistanat et la solidarité nationale est une bonne chose. (...) La majorité silencieuse a son mot à dire".


C'EST NORMAL, EN FRANCE ÊTRE CHÔMEUR EST UN EMPLOI À PLEIN TEMPS !!!!!

Whitney Houston pourrait avoir succombé à ses vieux démons

La chanteuse n’est plus. Sa dernière apparition publique remonte à jeudi, où elle a été aperçue débraillée et désorientée. Whitney Houston était connue pour son addiction à l'alcool et à la drogue.
La chanteuse et actrice américaine Whitney Houston n’est plus. La diva de la pop est décédée samedi à 48 ans dans un hôtel de Beverly Hills. Les causes de sa mort restent inconnues. Elle était l’une des artistes pop ayant vendu le plus de disques avant de voir sa carrière sombrer dans les problèmes de drogue et d’alcool.
«A 15h55 (0h55, heure suisse dimanche), Whitney Houston a été déclarée morte au Beverly Hilton Hotel» où elle séjournait, a déclaré un porte-parole de la police de Beverly Hills, le lieutenant Mark Rosen. Sa mort intervient à la veille des 54e Grammy Awards, les «Oscars» de la musique aux Etats-Unis, prévus dimanche soir à Los Angeles et qu’elle avait remportés à six reprises.
La chanteuse devait participer samedi à une soirée organisée à ce même Beverly Hilton Hotel par le producteur Clive Davis, qui l’avait découverte, en marge des Grammys. Les causes de la mort de la diva pop restaient indéterminées dans l’immédiat, selon Mark Rosen. Des enquêteurs se trouvaient toujours dans la chambre de la chanteuse samedi soir pour tenter d’en préciser les circonstances.
Corps gisant au sol
Mark Rosen a précisé que la police avait reçu à 15h43 un appel d’urgence de l’entourage de la chanteuse - son compagnon, le chanteur de R&B Ray-J, selon CNN - et qu’ils avaient trouvé son corps gisant par terre, dans sa chambre au quatrième étage. A leur arrivée, des membres du personnel de sécurité de l’hôtel étaient déjà en train de tenter de la ranimer, sans succès.
De multiples véhicules de police et un laboratoire d’analyse criminelle mobile étaient stationnés devant l’hôtel, tandis que les clients regardaient les informations sur des télévisions installées dans le hall. Une poignée de fans étaient également rassemblés dans le Beverly Hilton, où la soirée de Clive Davis se tenait malgré tout.
Hommage aux Grammys
Les organisateurs des Grammys ont précisé qu’ils allaient opérer des changements dans le programme de la soirée, organisée au Staples Center de Los Angeles, et que Jennifer Hudson chanterait un hommage à la chanteuse. La jeune femme avait reçu en 2009 le trophée du meilleur album de R&B, des mains de Whitney Houston.
Les organisateurs ont aussi publié un communiqué saluant la mémoire de la chanteuse et actrice à la voix d’or. «Whitney Houston, lauréate de six Grammy Awards, était l’une des plus grandes chanteuse pop de tous les temps», a déclaré son président Neil Portnow. «Elle laisse derrière elle un important corpus musical, couvrant les trente dernières années. Sa voix puissante a servie plusieurs chansons mémorables». 170 millions de disques
Surnommée «La Voix», Whitney Houston a dominé la scène musicale américaine de pop et de soul dans les années 1980 et 1990. Elle a vendu 170 millions de disques. Parmi ses plus grands hits figurent «How Will I Know», «Saving all My Love for You» et «I Will Always Love You», chanson phare de l’année 1992 et du film «Bodyguard» où elle partageait l’affiche avec Kevin Costner.
Cousine de Dionne Warwick et fille d’une choriste Cissy Houston, elle était née le 9 août 1963 à Newark (New Jersey). Elle s’était lancée dans la musique après un peu de mannequinat et des participations à des sitcoms.
Depuis le début des années 2000, des problèmes de toxicomanie ont valu à Whitney Houston de faire souvent la Une de la presse populaire, tandis que son créneau musical a été occupé par des chanteuses plus jeunes comme Mariah Carey puis Beyoncé ou Rihanna.
Vieux démons
En 2009, après des années d’absence artistique au cours de laquelle elle a fait parler d’elle autant pour ses démêlés avec la drogue que pour sa carrière, Whitney Houston a publié un nouvel album «I look to you», salué par la critique. «Je peux résister à la douleur, mais ma vie ne se résume pas à cela», chante-t-elle dans la chanson «Nothin’ but love», présente sur son dernier album.
En 2010, elle avait du annuler une partie de sa tournée européenne et être hospitalisée à Paris pour une infection respiratoire et était toujours confrontée à ses démons qui lui ont valu une nouvelle cure de désintoxication au printemps dernier.
Sa dernière apparition publique remonte à jeudi, où elle a été aperçue devant une discothèque d’Hollywood débraillée et désorientée, selon la chaîne ABC. Elle y avait également eu une altercation avec une célébrité de télé-réalité, selon le «Hollywood Reporter».

Elkabbach et Duhamel entrent en campagne

Pour les deux éditorialistes politiques, Marine Le Pen doit être traitée comme les autres candidats

Alain Duhamel et Jean-Pierre Elkabbach ont fait les grandes heures des émissions politiques. De là est née une très forte amitié de 35 ans que le premier, éditorialiste de RTL, évoque dans son livre Portraits souvenirs. 50 Ans de vie politique (Plon). L'occasion de rebondir pour le second, éditorialiste d'Europe 1, en l'invitant dans son émission Bibliothèque Médicis sur Public Sénat. Entretien.
Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Alain Duhamel : Par le travail ! Il est venu chez moi avec son adjoint, Louis Blériot, me proposer une émission...
Jean-Pierre Elkabbach : Cartes sur tables. Depuis, nous sommes amis.

Qu'est-ce qui vous attire l'un vers l'autre ?
A.D. : Nos différences. Notre amitié de trente-cinq ans ne nous empêche pas de nous chamailler...
J.-P.E. : Nous sommes complémentaires. Il connaît mes défauts et ne manque pas de me les rappeler...
A.D. : Et lui regrette que je n'en aie pas !

Seriez-vous prêt à reprendre Cartes sur table ?
A.D. : Ce serait ridicule... La pire des choses serait de se pasticher.
J.-P.E. : En revanche, si nous participions aujourd'hui à des émissions, nous apporterions notre expérience...
A.D. : Très peu...
J.-P.E. : Et notre très relative culture.

Votre neuvième campagne présidentielle vous procure-t-elle toujours autant de passion ?
A.D. : Comment ça, neuf ? Il n'a pas fait celle de 1965 alors que, moi, j'ai eu ma première polémique à la suite de deux papiers parus dans Le Monde expliquant que l'électorat ouvrier avait quitté le général de Gaulle...
J.-P.E. : La différence, c'est qu'il était à Paris pour commenter et moi à Pékin ! Quelques mois après la reconnaissance de la Chine par la France.
A.D. : Ça prouve qu'il n'avait pas le sens de l'actualité... Monsieur va à Pékin pendant l'élection.

Comment trouvez-vous cette campagne ?
A.D. : Pour l'instant, elle n'a pas de fond. La forme n'est ni pire ni meilleure que d'habitude. On attend les projets.

Marine Le Pen est-elle une candidate comme les autres ?
A.D. : C'est une candidate qui a le droit de se présenter. Je pense qu'elle aura ses 500 signatures... C'est normal. Je souhaite qu'elle les ait, mais je suis content de ne pas avoir à lui donner la mienne.

Que pensez-vous de ceux qui refusent de la recevoir ?
J.-P.E. : Ils font une erreur professionnelle et déontologique. Le Front national n'est pas un parti interdit en France : il est de notre devoir d'interroger Marine Le Pen en mettant en avant ses contradictions, ses erreurs...
A.D. : En revanche, ceux qui l'interrogent le font exclusivement sur la sécurité, l'immigration, etc., alors que c'est sur l'économie et le social qu'il faut le faire.

Alain Duhamel écrit que « pour être candidat, il faut un grain de folie ». Êtes-vous d'accord ?
J.-P.E. : Un grain de folie attrapé tout petit !

Les people qui s'engagent l'ont-ils ?
J.-P.E. : Ça fait surtout un coup de pub ! Après, un flop et puis s'en vont. Quant à ceux qui tournent autour de 0,5% ou de 1,5% - les Christine Boutin, Dupont-Aignan, Corinne Lepage, Hervé Morin -, à qui on doit donner la parole, s'ils ont un grain de folie, c'est de penser qu'ils ont une chance.
A.D. : Quand il s'agit de contribuer à soulever un problème ou à aider un projet, je trouve bien qu'ils mettent leur célébrité au service d'une bonne cause. Il n'est pas question de les élire et encore moins de les mettre au Gouvernement.

La Grèce pressée de sabrer les salaires du privé

Athènes débute ce mercredi les négociations avec les partenaires sociaux pour discuter du coût du travail. Les créanciers internationaux réclament une baisse du SMIC grec pour restaurer la compétitivité du pays.

Les salaires des fonctionnaires ont déjà été réduits, c'est au tour des salariés du privé d'être visés. Des négociations débutent ce mercredi à Athènes entre partenaires sociaux et gouvernement. L'enjeu: faire baisser le coût du travail via le gel des rémunérations, la suppression des 13e et 14e mois de salaires comme dans le public et la baisse du salaire minimum.
La pression est forte: les émissaires de la Troïka (Fonds monétaire international, banque centrale européenne et Union européenne) ont atterri hier dans la capitale grecque. Ils réclament, en échange de leur aide financière, des baisses de salaires dans le privé afin de restaurer la compétitivité en berne du pays et relancer à terme la croissance du pays. En particulier, le FMI notait dans son dernier rapport d'étape, en décembre, que «le niveau du salaire minimum devrait être revu».

Flexibilité

Le raisonnement des institutions internationales est simple: le marché du travail n'est pas suffisamment flexible en Grèce. L'ajustement s'est fait non pas par des baisses de salaires, mais via des suppressions d'emplois, provoquant une hausse du chômage. La Grèce a enregistré un chômage de 18,8% en septembre 2011, en hausse de plus de 4 points en un an. Autre forme d'adaptation à un marché du travail bouché, les jeunes élites vont tenter leur chance à l'étranger, privant le pays de précieuses compétences.
«S'il n'y a pas de flexibilité sur les prix et les salaires, le chômage va continuer à gonfler et la croissance va sombrer encore plus profondément, explique Claude Giorno, économiste à l'OCDE. La Grèce aura de plus en plus de mal à renforcer ses exportations, ce qui est nécessaire pour sortir de la crise et retrouver des finances publiques soutenables. Elle doit donc changer de modèle: se transformer en une économie tirée par les exportations et les investissements.»

Soigner les excès passés

Cette politique ne promet aux Grecs que des efforts à moyen terme. Il s'agit pour le pays de soigner ses excès passés, argumente Laurent Moulin, économiste à la banque Lombard Odier IM: «Au cours des années 2000, les coûts salariaux unitaires (coût salarial par unité de production) en Grèce ont progressé de 35%, contre 19% en moyenne dans la zone euro et seulement 4% en Allemagne.» Dans les pays baltes, l'ajustement a nécessité une baisse des salaires comprise entre 15% et 20%.
Pour l'instant, les syndicats grecs excluent toute négociation sur les salaires eux-mêmes. Ils prônent plutôt une diminution des charges patronales, qui excèdent 45% du salaire. Les finances publiques grecques déjà exsangues s'en trouveraient davantage plombées. «Pour l'instant, les Grecs ne voient que les effets négatifs des réformes. Ils ne voient pas les effets positifs (créer une entreprise plus rapidement, etc.)», reconnaît Claude Giorno.
La Grèce a déjà mené des réformes sur les salaires depuis le début de la crise. Avec la limitation par exemple de la portée des négociations collectives, les rémunérations de plus de 3000 salariés ont baissé de 10%. Le Fonds monétaire international et les partenaires européens de la Grèce demandent plus. Et ils sont pressés: plus longtemps la Grèce prendra pour restaurer sa compétitivité, plus longtemps ils devront la soutenir financièrement à bout de bras.

Les députés grecs se serrent un peu la ceinture

Accusés de gagner beaucoup d'argent alors que les citoyens sont sous le coup des plans d'austérité, les élus grecs ont fait quelques sacrifices en 2011. Mais ils bénéficient toujours des plus hauts salaires de la fonction publique.

«Kleftes! Voleurs!» Les insultes fusent dans les cortèges des manifestants anti-austérité dans les rues d'Athènes ces derniers jours. Les Grecs s'emportent contre une classe politique accusée de ne faire aucun sacrifice alors que les fonctionnaires ont vu leur salaire fondre de 20% et que le même traitement attend les salariés du privé. Les députés, notamment, sont accusés d'avoir refusé de baisser leur rémunération de 10% au plus fort de la crise en 2011.
«Jusqu'à présent, les politiques ont manqué de transparence quant à leurs revenus et les citoyens soupçonnent que des sommes considérables soient dépensées pour des frais divers, ou que les députés emploient des membres de leur famille comme assistants», rapporte un Nick Malkoutzis, journaliste au quotidien Kathimerini.
LA BOULY parlement grec

La prime de Pâques supprimée

Les députés ont toutefois consenti à quelques sacrifices. Les 13e et 14e mois de salaires ont été supprimés, comme dans le reste de la fonction publique, en 2010. En juillet dernier, le jeton de présence versé pour la participation à une réunion d'une des 34 Commissions parlementaires a été abaissé à 150 euros, contre 245 euros auparavant. Les primes de Pâques, de Noël et de vacances ont été supprimées, des taxes supplémentaires créées. Ces mesures ont fait fondre les rémunérations mensuelles de 3375 euros par tête en moyenne, d'après les élus.
Le Parlement indique aujourd'hui que le salaire mensuel brut s'élève désormais à 8221 euros, soit 4231 euros net après impôts. Des sommes alignées sur les plus hautes rémunérations du service public. En comparaison, un député français gagne 5189,17 euros net. Reste que le Parlement grec a prévu de dépenser 34,2 millions d'euros pour les salaires en 2012, dédommagements et autres primes comprises. De quoi garantir aux députés une somme de 9500 euros par mois en moyenne, frais de mandat et de secrétariat inclus.
L'écart, au final, ne semble pas colossal avec la situation qui prévalait avant que la rigueur ne s'installe. En décembre dernier, le Parlement a en effet publié sur son site Internet, pendant quelques jours, les déclarations de revenus pour l'année 2009 des 300 députés. Il s'agissait de répondre aux accusations d'opacité.

Écarts de revenus

Salaires, indemnités, comptes courants, placements immobiliers, et autres opérations financières figurent dans ce document. Il en ressort qu'en 2009, un élu sur dix a gagné plus de 9000 euros par mois grâce à sa seule activité parlementaire. Ce à quoi il faut ajouter, pour certains, un deuxième salaire (en Grèce, un élu a le droit de conserver son emploi d'origine) ainsi que les revenus éventuels de son conjoint. Les écarts se creusent alors entre les membres les plus riches de l'assemblée (six d'entre eux ont gagné plus de 33.000 euros par mois) et les plus modestes, certains déclarant 2025 euros de revenus mensuels pour leur ménage.
«Certes, le débat sur les salaires des 300 députés grecs est symbolique. Ils ne représentent que trois millièmes du budget de l'État. Mais la classe politique a manqué l'occasion de baisser ses propres salaires en même temps que ceux des fonctionnaires, il y a deux ans, analyse l'historien greco-suisse Nikolas Bloudanis. Cela aurait été un geste symbolique extrêmement important.» Les temps changent: cette semaine, pour la première fois, une élue, Dora Bakoyannis, responsable du petit parti libéral Nouvelle démocratie (quatre députés), a proposé de diviser par deux les rémunérations des parlementaires.


Combien gagnent les leaders politiques grecs

Qu'en est-il des personnalités les plus connues de l'Assemblée? Le leader du principal parti de droite et ex-premier ministre, Antonios Samaras, a déclaré 271.769 euros de revenus en 2009. Ce à quoi il faut ajouter 15 propriétés, et 312.125 euros sur des comptes en banque. George Papandréou, ex-premier ministre socialiste, a pour sa part gagné 131.085 euros. Il détient quatre propriétés et 81.328 euros à sa banque. Le leader d'extrême droite George Karatzaferis fait partie des plus riches de l'Assemblée, avec un revenu annuel de 274.074 euros et 21 propriétés immobilières.

 

DEUX GUIGNOLS POUR LA FRANCE !!

CE QUE JE VEUX ME RAPPELER D'ELLE.

La chanteuse Whitney Houston est morte

La chanteuse américaine Whitney Houston, 48 ans, est décédée hier, a déclaré son attachée de presse. Les causes de la mort n'ont pas été dévoilées.

Célèbre dans la années 90, notamment grâce à son rôle de chanteuse dans le film The Bodyguard aux côtés de Kevin Costner, Whitney Houston avait connu une descente aux enfers, notamment en raison de sa consommation de drogue.



Ses tentatives de retour à la scène en 2011 se sont soldés par des échecs et des problèmes de santé. Elle avait une fille de 19 ans.

LIRE "LE FIGARO"
 

L’âne d’Athènes  

Le dilemme a été poussé à l’extrême sous le nom de paradoxe de l’âne de Buridan : l’équidé n’arrive pas à décider si il doit d’abord manger son avoine ou boire son eau, et il finit par mourir de faim et de soif. Si l’âne était un homme, écrivait Spinoza en citant ce paradoxe, “il n’agirait point en vertu de la liberté et de sa volonté”. S’il était un pays, pourrait-on ajouter, il serait la Grèce, qui doit choisir entre la rigueur et la réforme de son Etat, sous la contrainte de la troïka FMI-UE-BCE et contre la volonté de son peuple et de certains intérêts particuliers. Car que veut dire l’ultimatum posé par les ministres des Finances de la zone euro, le 9 février ? Le gouvernement grec doit trouver 325 millions d’économies supplémentaires avant mercredi 15 février s’il veut recevoir le prêt de 130 milliards d’euros approuvés par les dirigeants européens en octobre dernier. Comme l’écrivait le Volkskrant cette semaine, la sortie de la Grèce de la zone euro n’est plus taboue, parce que les Européens s’impatientent face à la lenteur des réformes exigées. Après deux ans de crise, le sytème fiscal grec est toujours aussi inefficace, et beaucoup des promesses faites à la troïka ne sont pas tenues. L’âne d’Athènes semble donc ne pas avoir choisi de commencer par l’avoine des réformes. Et s’il a commencé à boire la potion de la rigueur, il rechigne à vider le seau que lui tendent la troïka et ses créanciers. Pour des raisons politiciennes, certes, car les partis qui soutiennent mollement le Premier ministre Lucas Papadémos gardent un oeil sur les prochaines élections. Mais surtout parce que le peuple grec, appauvri par deux ans de baisses de salaires et d’augmentation des prix, ne peut plus assumer seul le poids de cette rigueur. Pour sauver la Grèce, les ministres de l‘Eurogroupe ont donc décidé de l’obliger à encore plus de rigueur. Ils devraient pourtant la pousser à appliquer les réformes déjà demandées, comme celle de la collecte des impôts. Ils devraient surtour exiger qu’Athènes mette fin à des abberations comme l’exemption d’impôt de l’Eglise grecque ou le maintien d’un budget de la Défense proportionnellement plus élevé qu’ailleurs en Europe. Si l’âne finissait par mourir, c’est à dire si la Grèce faisait faillite et sortait de la zone euro, il serait en partie responsable de son sort. Mais il aurait aussi été poussé à un choix impossible parce qu’erroné.

La Grèce prend sa retraite

Pour éviter le risque d'une sortie de la zone euro, Athènes a consenti à de nouvelles mesures d’austérité juste avant une réunion de l’Eurogroupe. Une alternative que les politiciens locaux n’ont pas su éviter, regrette To Vima. 

Dans les moments dramatiques que nous vivons depuis hier après midi  [8 février] et durant toute la nuit, la Grèce n’a pas pu satisfaire, comme espéré, le chantage imposé par ses créanciers.

A priori, les partis ont dit "oui à tout" sauf à la baisse des retraites. Sur ce point, les créanciers semblent donner du temps pour rééquilibrer les objectifs, mais dans les faits, l’ultimatum de la troïka a été accepté.
La Grèce s’est battue pour les retraites et dans ce chaos, cela à de la valeur. Mais le chaos est là : la récession supplémentaire que vont apporter les nouvelles mesures n’a pas été comptabilisée.
Alors que les recettes de janvier ont plongé, les objectifs structurels [de réduction du déficit] ne sont pas atteints, de même que la tolérance sociale, la paix sociale et le développement sont absents.
Notre présence dans la monnaie unique reste, malgré tout, aussi menacée qu'avant, si ce n'est plus. Rien n'est garanti, tout simplement parce que tout ce qui va arriver ne servira pas ce but, rester dans l'euro, mais ira exclusivement au remboursement de la dette.
Et c'est cela le talon d'Achille de ces négociations. Ainsi, en réalité, la Grèce elle-même prend sa retraite : après les signatures des chefs de partis en faveur l'austérité, et si tout cela est voté au Parlement, notre souveraineté nationale perdra de son sens.

Comme un entre-deux guerres

Il devient possible de nous infliger n'importe quelle politique et les évolutions politiques, quelles qu’elles soient, nous conduisent vers une impasse, avec une explosion de la concurrence. Non pas dans l'économie grecque, mais entre la société et sa représentation politique, entre la recession et l'espoir de reprise qui est en train de mourir. Le pays semble se diriger vers une période semblable à un entre-deux guerres, ce qui amenuise les espoirs de "voir la lumière au bout du tunnel".
Sans avoir réussi, comme on peut l'entendre, la moindre réforme nationale. Nous avons abouti à la destruction de notre place dans la monnaie unique, et cela va continuer, car les restrictions vont s’alourdir plutôt que s'alléger.
Rester quoiqu’il arrive dans l'euro pour ne pas détruire la société. Voilà la seule chose que nos dirigeants auraient dû négocier. Et c'est la seule chose que n'a pas mentionnée le ministre des Finances en partance pour la réunion de l'Eurogroupe [le 9 février].
"Je pars pour Bruxelles en espérant que la réunion de l'Eurogroupe se tienne et qu'une décision positive en découle par rapport au programme [d’aide financière]. La survie du pays ces prochaines années dépend de ce financement et de la réduction ou non de la dette. De cela dépend la place du pays dans la zone euro et même de sa place en Europe". Mais le ministre des Finances est le seul à dire cela. Et la réalité montre le contraire.
Négociations

Accord de dernière minute et appel à la grève

Les partis qui soutiennent le Premier ministre Lucas Papadémos ont conclu un accord à l’arraché sur les nouvelles mesures d’austérité demandées par la troïka (UE, BCE, FMI) pour approuver un deuxième plan d’aides, rapporte le Financial Times. D’une valeur de 130 milliards d’euros il est censé éviter à Athènes le défaut de paiement. Le feu vert à été donné quelques heures avant une réunion cruciale des ministres des Finances des pays de la zone euro, à Bruxelles, qui devaient justement examiner le plan grec. Ce dernier est jugé injuste par les principaux syndicats, qui ont lancé un appel à une grève de deux jours à partir du 10 février.

François Bayrou veut incarner les "valeurs" face à Nicolas Sarkozy

Ceux qui attendaient François Bayrou en chef de guerre, après les déclarations du chef de l'Etat appelant à se prononcer sur l'expulsion des étrangers et sur les droits des chômeurs par voie référendaire, n'auront pas été déçus. Samedi 11 février, à l'occasion de la clotûre du forum de son parti consacré au contrat social et aux solidarités, le président du Modem a lâché ses coups.

Dans l'entourage de M. Bayrou, où l'on rêve ouvertement d'un appel de personnalités de droite appelant à se prononcer en sa faveur au nom des "valeurs" que M. Sarkozy, selon eux, ne saurait incarner, cette stratégie offensive est présentée comme de nature à mobiliser les indécis. Qualifiant de "choquantes", voire de "bouleversantes pour certains" les initiatives du Président de la République, M. Bayrou, se présentant en chantre de "l'humanisme", a mis en doute les qualités de dirigeant de M. Sarkozy.
Evoquant le referendum sur les droits des chômeurs, M. Bayrou a lancé : "Les hommes politiques ne devraient pas s'y prêter ; les hommes d'Etat devraient se l'interdire". Non seulement, si l'on en croit M. Bayrou, le président sortant n'est pas un chef d'Etat, mais il ne s'inscrit dans aucune tradition républicaine. "Aucun des présidents de la république précédents, aucun, ni Charles de Gaulle évidemment, ni Georges Pompidou, ni Valéry Giscard d'Estaing, ni François Mitterrand, ni Jacques Chirac n'auraient accepté une telle perspective", a lancé M.Bayrou, avant d'estimer que "l'électorat de l'extrême droite constitue le grand grenier à voix".
APPEL AUX "RÉPUBLICAINS ET AUX HUMANISTES"
Le député du Béarn a ensuite logiquement lancé un appel à tous ceux à droite qui ne se reconnaissent pas dans les "valeurs" défendues par M. Sarkozy. "Je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et des humanistes, qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de laisser faire ou de laisser dire, qu'il y a des directions qu'on n'a pas le droit de laisser prendre" a-til affirmé, avant de conclure sa diatribe par un curieux "il est un moment où la politique s'arrête, et où commence la défense de l'essentiel !".
M. Bayrou n'a oublié personne, citant "Chaban et sa nouvelle société", "De Gaulle et la participation", et "les libéraux qui attacahent un si grand prix à la sagesse de la loi", pour les inciter à faire entendre leurs réticences : "aucun d'entre eux ne peut se taire quand il voit à quels ressorts on veut faire appel". M.Bayrou a ensuité égrené ses propositions pour lutter contre le chômage - droit à la formation tout au long de la vie, pour remettre à flot la sécurité sociale par la construction d'un régime de retraite par points, pour mettre sur pied un "bouclier santé" et développer une mutuelle universelle, sur le mode de ce qui existe en Alasace-Moselle.
Sur le logement, auquel M. Bayrou accorde beaucoup d'importance, il a promis que s'il accédait au pouvoir, il mettrait en place un programme d'envergure de cessions de terrains de l'Etat pour y construire des logements sociaux. Evoquant la question de la discrimination dont sont victimes certains habitants de quartiers en difficulté, le président du Modem, devant une salle sensible à son humour, a souhaité voir émerger "des leaders plutôt que des dealers". Applaudi chaleureusement à la fin de son intervention, M. Bayrou, très souriant, faisait comprendre par son attitude et sa gestuelle qu'il ne s'estimait pas encore battu et que M. Sarkozy restait encore pour lui, dans cette élection présidentielle, le "maillon faible"

IL N'A JAMAIS ÉTÉ DIT AUTANT DE CONNERIES DANS CETTE "CAMPAGNE", ET BAYROU EN EST VRAIMENT LE CHAMPION.

samedi 11 février 2012

Guéant, "une petite frappe" (Mamère)

Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est "le ventriloque" de Nicolas Sarkozy et est "au mieux une petite frappe" mais "pas un nazi", a estimé le député Vert Noël Mamère dans un entretien diffusé aujourd'hui sur Sciences Po TV, télévision des élèves de Sciences Po Paris. Interrogé sur les propos de Claude Guéant sur les civilisations, Noël Mamère a répondu: "Je trouve ça tellement obscène politiquement. Ces gens- là ne sont pas des ignorants, ce sont donc des gens malhonnêtes." "Je propose à M. Guéant -qui n'est en fait que le ventriloque de M. Sarkozy - de vider du Louvre et de tous nos musées tout ce qui appartient à ces sous-civilisations. On n'a qu'à renvoyer toutes les statues d'Egypte, qui pratiquait l'esclavage", a-t-il ironisé.
"Ces gens sont des petites crapules, ce sont des petites crapuleries politiciennes", a encore considéré le député-maire de Bègles (Gironde), pour lequel "sombrer dans un contre-sens historique, anthropologique, biologique n'a qu'un seul but: aller draguer et braconner sur les terres du Front national".

Affirmant que "toutes les civilisations, comme les deux faces de Janus, ont des bons côtés comme des côtés sombres", M. Mamère a déclaré que le député apparenté PS Serge Letchimy a eu "raison" et "n'a fait qu'un constat objectif" sur la civilisation occidentale à l'Assemblée où il a provoqué un violent incident de séance en évoquant les camps de concentration et le régime nazi. "Il n'a pas traité M. Guéant de nazi, il a dit que lorsqu'on s'aventure sur le terrain fangeux de l'amalgame entre régimes politiques et civilisations et que l'on fait des différences de nature et non pas de degré l'on se trompe (...). Au mieux, M. Guéant, c'est une petite frappe, mais ce n'est pas un nazi", a conclu le député.

Hollande pour la PMA à tous les couples

François Hollande, s’il est élu, ouvrira la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, "aussi bien les homosexuelles, les Pacsées, que les femmes célibataires engagées dans un couple", a annoncé aujourd'hui à Paris la députée George Pau-Langevin.
A l'occasion d’un débat organisé par l’Association des parents et futurs parents gays et lesbiens (APGL), Mme Pau-Langevin a précisé que le candidat socialiste à l'Elysée "proposera un élargissement des conditions permettant d'accéder à la PMA". "Que les gens soient mariés, pas mariés, hétéros ou homos, pour nous ce n'est pas ça qui compte, mais on souhaite qu'il y ait un projet parental organisé, quelque chose de stable", a-t-elle dit.

Interrogée sur la possibilité d'accès à la PMA d'une femme seule, la députée PS de Paris a cité, par exemple, le cas d'une personne qui voudrait être inséminée après la mort de son conjoint: "La réponse serait non, nous voulons que l'accueil de cet enfant se fasse dans un couple". Jusqu'à présent, la PMA, c'est-à-dire l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, sont réservées aux couples hétérosexuels qui ne peuvent pas avoir d'enfants

Le PS muscle sa riposte aux propos de Nicolas Sarkozy

François Hollande reproche au chef de l'État «de s'en prendre aux plus fragiles». L'ex-premier ministre socialiste Laurent Fabius accuse dans le même temps le président de la République «de rameuter l'extrême-droite».

Le candidat PS à la présidentielle, François Hollande, a vivement réagi samedi à la proposition de Nicolas Sarkozy d'organiser un référendum sur les obligations des chômeurs. «Il n'est jamais utile pour un président sortant qui est en échec de s'en prendre aux plus fragiles», a-t-il lancé au début d'une visite sur le thème du sport à Créteil, considérant que «ce n'est pas ceux qui sont les victimes qui doivent aujourd'hui être les responsables». Pour le député de Corrèze, «s'il y a eu échec, c'est parce qu'au sommet de l'État, il n'y a pas eu la volonté, il n'y a pas eu la capacité, il n'y a pas eu la réussite».
Alors qu'il était interrogé sur un virage à droite du président de la République avec ses propositions déclinées dans Le Figaro Magazine , François Hollande a rétorqué: «Moi, je vais vers les Français, aujourd'hui je suis avec le mouvement sportif». Et «il y a une grande règle dans le sport: ne jamais se retourner, surtout quand on est en tête, et ne jamais regarder ce que font les autres». «Donc c'est suivre son chemin, être dans son couloir, tenir bon sur sa ligne et ne pas se laisser détourner ou dévier», a ajouté le candidat PS à l'Elysée.

«Une entrée en campagne à droite toute» selon Moscovici

Aux journalistes qui lui faisaient remarquer qu'il avait davantage axé sa campagne sur l'économie et le social alors que le président sortant faisait des propositions sur les valeurs, le candidat socialiste a ironisé: «pour faire une bonne économie, il faut avoir de bonnes valeurs et de bonnes valeurs, ce ne sont pas forcément celles de la Bourse».
Dans un entretien au Journal du Dimanche , le directeur de campagne de François Hollande, Pierre Moscovici, a estimé que le président sortait, par son interview au Figaro Magazine, «de l'hypocrisie dans laquelle il s'était enferré». «C'est une entrée en campagne à droite toute», a-t-il jugé, faisant le rapprochement entre cette stratégie et celle de George Bush fils en 2004.
Il insiste par ailleurs lourdement sur le bilan «plus que négatif» du président sortant. «La République est affaiblie», assène-t-il, en accusant Sarkozy de «jouer la diversion» en faisant «dévier le débat présidentiel». «La capacité à sortir la France de la crise dans la justice», telle est «la question essentielle» sur laquelle les candidats devront convaincre les électeurs selon lui.
Quant à la déclaration de candidature de Nicolas Sarkozy, «elle va profondément changer la campagne». «Il faisait campagne masqué et retenait ses coups. Il va jouer des peurs et des émotions. Nous ne mésestimons pas le choc qui nous attend. (...) Pour Nicolas Sarkozy, le pouvoir est tout. Il fera tout et n'importe quoi pour le garder», prévoit-il.

Nicolas Sarkozy «divise», François Hollande «rassemble»

Parallèlement, dans un entretien au Monde , l'ancien premier ministre Laurent Fabius a quant à lui assuré que Nicolas Sarkozy «suscit(ait) des clivages entre les Français afin de rameuter l'extrême-droite». Les annonces du président sortant, en particulier sur le chômage et l'immigration, «confirment qu'il veut masquer l'étendue de ses échecs par l'édification de clivages artificiels», appuie-t-il. «Mais, au-delà des slogans et des phrases qui claquent, c'est très court et très à droite. On ne prépare pas l'avenir d'un grand pays en ciblant les immigrés et en stigmatisant les chômeurs. Au point d'aboutir à ce paradoxe saisissant: c'est le président sortant qui divise et le candidat entrant qui rassemble.».
Pour Laurent Fabius, Nicolas Sarkozy «est pris en tenailles avec son bilan - un million de chômeurs en plus, 600 milliards supplémentaires d'endettement, un déficit commercial sans précédent et un quinquennat d'injustices». «Ou bien il propose des idées nouvelles - autres que l'augmentation calamiteuse de la TVA et la démolition du contrat de travail -, et il devra alors expliquer pourquoi il ne les a pas appliquées avant. Ou bien il persiste, et toute personne raisonnable lui demandera pourquoi les résultats futurs pourraient être meilleurs que passés», grince-t-il.
«Le matin en se levant, peu de Français s'interrogent sur le tribunal compétent pour décider les expulsions d'étrangers. Ils veulent plus simplement des réponses à leurs questions quotidiennes et un horizon pour sortir de la crise», poursuit encore l'ex-premier ministre. Et d'ajouter: «Notre candidat se situe sur ce terrain-là. Il porte les vraies valeurs de la République: liberté, égalité, fraternité, laïcité».

Michelle Obama et le droit à la colère

Washington, correspondante - Michelle Obama a-t-elle le droit d'être agacée ? Frustrée ? En colère ? La simple mention, dans un livre sur le couple présidentiel américain, que la First Lady a parfois des mouvements d'humeur a lancé un débat qui a fait ressortir les stéréotypes sur les femmes en général et les Afro-Américaines en particulier. 
Le livre de Jodi Kantor, journaliste au New York Times, The Obamas (Little, Brown), sorti en janvier, et auquel le couple présidentiel a refusé de collaborer, dépeint Michelle comme une femme qui essaie de résister à la normalisation de la fonction de First Lady. Au début, elle caresse même l'idée de rester à Chicago, en attendant que ses enfants finissent l'année scolaire. A la Maison Blanche, elle cherche sa place, sachant - ou croyant - que tout le monde guette ses erreurs.

Mais c'est elle aussi qui essaie de maintenir une certaine fidélité aux idéaux. Elle s'insurge contre les conseillers qui la tiennent à l'écart, alors qu'ils laissent s'étioler l'aura de son mari. Elle se fâche avec Rahm Emanuel, le directeur de cabinet, qui propose de laisser tomber la réforme de la santé, trop difficile à imposer. Elle inspire une certaine crainte, ne serait-ce que par son esprit caustique. Il arrive au président, "perpétuellement coupable de tout ce qu'elle a abandonné pour lui", d'essayer d'apaiser son épouse avec un dîner à New York, affirme Jodi Kantor.
"ANGRY BLACK WOMAN"
Compte tenu du stress que génère la position, le portrait est plutôt flatteur. Mais Michelle Obama a réagi sur la défensive, reprochant à la presse de ne retenir que les conflits de personnes et de lui donner un rôle de dragon. "C'est une image que les gens ont essayé de me coller depuis le jour où Barack a annoncé sa candidature, a-t-elle confié à la chaîne CBS. Celle d'une femme noire en colère."
"Angry black woman" : le terme était lâché. Une caricature à laquelle s'expose tout tempérament entier. "Encore une fois, quelque chose que les femmes ne peuvent jamais être : en colère", a résumé l'éditorialiste Kathleen Parker dans le Washington Post. A ceci près que, cette fois, Michelle Obama elle-même avait anticipé la critique, signe s'il en est de la complexité de l'intériorisation des clichés. Il est vrai que, pendant la campagne électorale, elle avait déjà dû faire face aux critiques des conservateurs sur ce thème. Parce qu'elle avait à l'époque relativisé sa fierté patriotique.
L'épisode a généré un débat sur la situation des femmes noires sous l'ère Michelle Obama. Transformées et en même temps toujours célibataires (à 70 %). Pour Melissa Harris-Perry, professeur de sciences politiques à l'université de Tulane en Louisiane et auteur de Sister Citizen : Shame, Stereotypes and Black Women in America (Yale University Press, 2011), les Afro-Américaines continuent d'être enfermées dans des représentations figées : forte femme, lascive ou en colère. Elles ne sont "pas reconnues" par la société, mais pas non plus par elles-mêmes. Les femmes déclarent que leur priorité est leur carrière (68 % contre 48 % pour les Blanches), héritage selon elles du lourd passé enduré par les femmes au travail.
Michelle Obama leur a donné une incarnation. Neuf Afro-Américaines sur dix estiment qu'elle comprend leurs problèmes et partage leurs valeurs contre cinq sur dix dans le cas des femmes blanches. "Elle est incroyablement ordinaire, jusque dans son côté unique. Elle a la peau marron et les formes d'une Noire. Elle a les cheveux typiques d'une fille noire. Elle est là, comme une soeur, explique Melissa Harris-Perry. Ce qu'elle nous donne, c'est la possibilité d'imaginer l'Amérique à travers nous-mêmes." Colère comprise.

AUX ABOIS, Bayrou lance un appel aux "humanistes" contre Sarkozy

Le candidat centriste François Bayrou a appelé samedi 11 février les "humanistes" de toutes obédiences à refuser les propos de Nicolas Sarkozy au Figaro magazine en leur demandant de faire taire "les intérêts politiques, de camp ou de parti" pour défendre "l'essentiel".

"J'affirme qu'aucun des hommes et des femmes du centre, ou qui ont eu les convictions du centre, même s'ils sont passés à l'UMP, ne peut accepter cela. J'affirme que la droite républicaine française, pas plus que la gauche, ne peuvent l'accepter", a expliqué François Bayrou citant l'héritage de Jacques Chaban-Delmas et du général de Gaulle.
"Le moment est venu de lancer un appel : je le dis à tous ceux, au centre, dans la majorité ou dans l'opposition, je dis à tous les Français qui ont une certaine idée de la France, qui sont des républicains et qui sont des humanistes, qu'il y a des choses qu'on n'a pas le droit de laisser prendre. Il est un moment où la politique s'arrête, les intérêts politiques, les intérêts de camp ou de parti, et où commence la défense de l'essentiel. La défense d'un monde qu'on veut transmettre aux enfants", a-t-il conclu
"VALEURS CONTRE VALEURS"
Un peu plus tôt, en ouverture d'un forum consacré au "contrat social", M. Bayrou a expliqué que l'élection serait une opposition "valeurs contre valeurs" et qu'il s'agissait d'un "choix de civilisation".

"Les déclarations faites par Nicolas Sarkozy montrent l'axe de sa campagne" et "les mots qu'il a employés me paraissent révélateurs d'une orientation qui n'est pas la nôtre, en particulier, le mot valeur, a expliqué François Bayrou. Ce mot donne tout son sens à cette journée, parce qu'en effet, c'est valeurs contre valeurs."
Pour le leader centriste, les déclarations de Nicolas Sarkozy" dessinent une campagne électorale qui est en réalité celle de la division des français, du choix d'un certain nombre de cibles proposées à l'exaspération collectives". "Et cela, a-t-il dit, ne peut être à nos yeux qu'un immense affaiblissement pour un peuple, une société, une nation comme la nôtre".
"LA SOLIDARITÉ AU CŒUR DU PROJET HUMANISTE"
"Notre projet de société, que je crois en phase avec le projet de société historique et républicain de la France, porte un nom simple : il s'appelle humanisme", a-t-il expliqué en appelant à le défendre "contre des stratégies qui le fragilisent et le ruinent". "Au coeur du projet humaniste", il y a "la solidarité", a-t-il poursuivi. "Cette solidarité qui fait qu'un peuple, une société, une nation ne sont pas formés de personnes étrangères les unes aux autres, chacune s'occupant de son propre avenir, mais qu'il y a entre nous des liens qui font que nul n'est abandonné, singulièrement pas les plus faibles, nul n'est oublié, singulièrement pas celui qui a des difficultés, nul n'est laissé de côté, singulièrement pas les plus fragiles", a-t-il expliqué.

"Ces valeurs correspondent à l'idée que chaque être humain est en soi un absolu. Il peut être malade, paralysé, sans capacité de production, génial, formidablement entreprenant... Il n'y a pas de différence, pas de balance où l'on pèse celui qui sert et celui qui ne sert pas. On ne peut soutenir l'un et abandonner l'autre. Et c'est cela notre choix", a-t-il lancé.

La machine à remonter le temps 

Faut-il désespérer de la politique ? 

Posée de cette façon, abrupte, la question semble apporter de l’eau à la rivière antiparlementariste déjà grise de colères et gonflée de tant de frustrations. Faudrait-il donc la taire pour ne pas donner de la voix à l’extrême ? Que nous reste-t-il alors, pour adjurer les compétiteurs de la présidentielle d’adapter enfin leurs stratégies, leurs comportements et leurs mots à la France mutante dont ils semblent aujourd’hui presque étrangers à force d’y vivre en lisière. Tout change autour d’eux, à une vitesse vertigineuse parfois. Tout s’écroule aussi, et le « nouveau monde » qu’ils célèbrent, pourtant, à longueur de discours accélère sa gestation au rythme de transformations visibles à l’œil nu. Mais chez ces agités immobiles, chevaliers du futur se contentant de caracoler dans leur pré carré, rien ne bouge. Ou si peu. Comme dans ces publicités où les héros restent insolemment indifférents au cataclysme qui se produit en arrière plan, cette campagne électorale parvient à rester miraculeusement hors du temps. Au point que les observateurs se lassent d’observer ce qu’ils vivent comme un jour sans fin. Grâce à la machine à remonter le temps de l’homme de l’Élysée, nous sommes donc revenus cinq ans plus tôt. On dénonce le poison (supposé) de l’immigration par des ingrédients détournés, et le « cancer » de l’assistanat est montré du doigt sous une appellation plus aimable, mais en Wauquiez-collé. La gauche peine à définir les efforts à venir autrement qu’en termes impressionnistes. Marine Le Pen fait du Jean-Marie Le Pen, le cru Bayrou 2012 ressemble comme deux gouttes de Jurançon au cru 2007, quand la campagne d’Eva Joly, elle, ne ressemble à rien. Les acteurs (et actrices) sont très en retard sur leur public qui connaît l’histoire par cœur. La France d’aujourd’hui vaut mieux, beaucoup mieux que le visage sinistré par les peurs qu’on lui inflige. Elle attend, parfois sans en avoir conscience, qu’on lui parle de l’essentiel et qu’on l’aide à le décrypter. Les nouveaux équilibres d’une société métissée, le bon dosage des libertés publiques, les contradictions de l’écologie, la place du travail quand l’emploi est rare ou chèrement payé, les rythmes inédits du pays de l’art de vivre, la redéfinition du dialogue social : toutes ces interrogations pourraient servir à dessiner le devenir d’une nation. À réveiller le désir de construire plutôt qu’à s’adonner au traditionnel jeu de massacre si prévisible parce qu’il appartient au passé.

Total s'excuse d'afficher des profits 

En remplissant le réservoir de son véhicule, ce matin, on devrait s'excuser d'être complices de cette nébuleuse qui fait bondir les bénéfices des groupes pétroliers en même temps qu'elle racle nos fonds de porte-monnaie. Curieuse, la façon qu'a eue Christophe de Margerie, PDG du groupe Total, de s'excuser lui aussi d'approcher les bénéfices records de sa multinationale. « C'est pas d'notre faute », dit-il en substance. « Les cours du pétrole se sont envolés en 2011, en plus les concurrents ont fait mieux, et puis on paie un tas d'impôts, cette année… » Mince, on devrait se réjouir qu'un groupe Made à peu près in France fasse vivre 35 000 personnes dans l'Hexagone et soit en mesure d'investir pour assurer son avenir. Au lieu de ça, on polémique et on se dit que toute cette fortune serait mieux gardée dans la poche des salariés ou des automobilistes. « Il faut qu'on explique qu'il est dommage qu'on n'en ait pas fait davantage ! » a quand même enseigné M. de Margerie, reprenant ses esprits, au sujet des 11 milliards de bénéfices. Drôle de pays, drôle d'époque. C'est sûr, il n'a jamais fait bon étaler ses richesses - son « bling-bling » - en France, et ce serait tant mieux si les trop riches se sentent un peu mal à l'aise devant le fossé qui se creuse dans la société. Or, les pauvres sont de plus en plus nombreux et les riches de plus en plus « arrogants », pour employer un terme à la mode. Et l'économie, loi devant laquelle les hommes politiques semblent tous s'incliner, est de moins en moins au service de l'Homme. Or, ce devrait être son seul objectif. Quand on sait que la plupart des fortunes pétrolières se font sur les marchés financiers, virtuels, on en est loin.

Chaos  


La crise financière s’apaise, l’Europe n’est plus au bord du gouffre, nous expliquait récemmment notre Président. C’est gentil, mais un peu vite dit. Car à l’autre bout de l’Europe, en Grèce, son collègue Lucas Papademos paraît beaucoup moins apaisé. Son pays, nous dit-il, est au bord d’un «chaos incontrôlé». Toujours en crise financière, et sous la menace d’un effondrement économique et d’une explosion sociale. Evidemment, c’est loin, la Grèce. Pas moins civilisée que la France, certes, mais plus pauvre. Le malheur grec ne saurait donc gâcher le printemps électoral français... Tout de même, on compatit, et l’on s’inquiète. Car l’ennui, dans le chaos et la théorie qui l’accompagne, c’est le papillon. Vous savez, cet insecte dont un battement d’aile peut se faire sentir à l’autre bout du monde, sous forme de tornade. Tout va bien, nous dit notre Président. 
mais craignons le papillon grec.

Humaniser les prisons 


« Quand je suis arrivé à la nouvelle prison toute neuve, j'ai vu ces murs blancs, la douche en cellule, je me suis dit : c'est le paradis » (1). Il est certain que les établissements construits ces dernières années sont plus lumineux, plus spacieux, mieux équipés que les vieilles prisons. Malheureusement, de nombreux problèmes sont vite apparus : l'éloignement de l'établissement à la périphérie des villes, ou plus loin encore, complique les visites des familles. Il y a plus grave, signalé par les prisonniers, les personnels pénitentiaires et les autorités : une déshumanisation qui tend à annuler les progrès réalisés dans les constructions neuves. En effet, l'organisation, les moyens modernes de la sécurité entravent les relations. Ainsi, derrière les glaces sans tain des postes de surveillance, on ne peut croiser aucun regard ni savoir quelle personne vous observe. Certaines dispositions des grillages aux fenêtres laissent passer la lumière, mais empêchent toute vue sur l'extérieur. Le prisonnier ne verra même plus la couleur du ciel. Cet isolement renforcé de fait par la nature même de l'architecture rend la vie plus difficile pour les détenus certes, mais aussi pour les surveillants. Ne nous étonnons pas alors de voir monter cette agressivité dénoncée par le Contrôleur général des lieux de privation de liberté, M. Jean-Marie Delarue. « Le confort, on peut s'en passer, mais on ne peut pas se passer de contacts », disait une personne détenue à la prison nouvelle de Rennes-Vezin... « La vie sociale des personnes détenues est la grande oubliée des nouveaux chantiers pénitentiaires appelés à se poursuivre les prochaines années. » (1). Diminuer les misesen détention Tout cela risque de rendre plus difficiles les réinsertions. C'est pourquoi il faut saluer tous les efforts conduits en ce domaine, souvent par des bénévoles, comme ceux que nous évoquions, dans Ouest-France du 7 février 2012, à la maison d'arrêt de Saint-Brieuc. Là, des formateurs convaincus et des patrons retraités s'emploient à la réinsertion et de jeunes détenus s'évertuent à en profiter. Les associations Préface et ECTI (2) travaillent avec le soutien de la maison d'arrêt et le service pénitentiaire d'insertion. Sur 63 détenus pris en charge, 64 % d'entre eux ont un travail ou une solide formation, avec zéro récidive. « Vous m'avez donné confiance en des choses que je n'imaginais pas avoir en moi », déclare un détenu. Ouest-France, qui distribue des journaux dans les 3 000 cellules des prisons de l'Ouest, se réjouit aussi de l'accueil qui lui est réservé et du service ainsi rendu. Un prisonnier au centre de détention de Nantes nous écrit : « Merci pour le journal que vous nous donnez. Il nous permet de rester en lien avec la société. J'y trouve beaucoup d'informations utiles pour mes cours par correspondance à l'Université. Je garde tous les commentaires et les éditoriaux. Grâce à l'information locale, je peux demander à assister à des réunions et débats extérieurs avec des permissions d'une demi-journée. Ceci me permet de bien préparer ma demande de libération conditionnelle. » Tout cela démontre que la réinsertion doit être le premier objectif. C'est indispensable. Par ailleurs, plutôt que d'augmenter le nombre des détenus, mieux vaudrait suivre l'exemple de la Finlande qui a multiplié les alternatives à l'incarcération et raccourci la durée des peines. Soulignons que la criminalité n'a nullement explosé. Voilà un important sujet de société qu'on aimerait voir traiter par les candidats à la présidence de la République française. (1) Revue Esprit, février 2012.

Manif de policiers contre le tribunal d’Evry : une mère de flic en colère nous parle 

Fait rarissime, témoignant des extrêmes tensions entre policiers et magistrats dans ce tribunal, plusieurs centaines de gardiens de la paix en civil venus de différents départements ont manifesté jeudi devant le tribunal d’Evry pour dénoncer le laxisme du parquet. Comme pour le tribunal de Bobigny en Seine-saint-Denis, les policiers dénoncent la politique du parquet contre eux et en faveur des voyous : agressions et violences contre des policiers classées « sans suite », fonctionnaires de police mis en cause par les procureurs lors d’audience du tribunal ou placés en garde à vue après des altercations malgré l’absence de plaintes contre eux… La parole des policiers assermentés est systématiquement mise en doute face à celle des délinquants. Visages fermés, emmitouflés dans de grosses parkas sous le blizzard mordant de l’Ile-de-France, sous l’étroite surveillance des CRS, les gardiens de la paix de l’Essonne n’en peuvent plus. « Chaque fois qu’il y a des interpellations et que l’individu dit qu’il a été victime de violences, notre parole est mise en doute même quand il y a un certificat médical négatif qui indique le contraire », témoigne Loïc, un jeune gardien qui dénonce clairement « un acharnement du parquet ». « On ne peut pas travailler sereinement parce que l’on a un sentiment d’impunité des individus qu’on interpelle. » Le représentant syndical d’Unité SGP-FO cite comme exemple un récent contrôle d’identité qui s’était soldé par des « outrages, des propos racistes et des menaces » : « le substitut a décidé que dans un but d’apaisement, elle s’en remettait au président du tribunal pour décider d’une éventuelle condamnation, s’abstenant de toute réquisition ». Tandis que le procureur de la république accusé de zèle anti-flic, Marie-Suzanne Le Quéau, « demande des confrontations systématiques pour les outrages », confirme le syndicat : « Notre parole est mise en doute par des délinquants. » Pour soutenir son fils et ses collègues, une mère de policier en colère, Catherine L., manifestait elle aussi devant le tribunal d’Evry. Nous l’avons interviewée pour Présent. Elle n’est pas tenue au devoir de réserve et nous a dit tout haut ce que les policiers pensent de moins en moins bas. – C.P. — Pourquoi soutenez-vous votre fils aujourd’hui devant le tribunal d’Evry ? — Je suis mère de policier, je connais bien et je reçois régulièrement les collègues et amis de mon fils, j’entends leur désarroi. Ce sont des hommes et des femmes qui croient à leur métier mais qui sont en train de perdre la foi dans ce qu’ils font. C’est quelque chose de très grave. Ces jeunes policiers prennent de plus en plus de risques sur le terrain, ils sont confrontés à des agressions de plus en plus violentes. Physiques, verbales, morales. Avez-vous idée de ce qu’est leur quotidien ? D’un côté les voyous de cité, les délinquants, les dealers qui les harcèlent : « Fils de pute, va niquer ta mère. » De l’autre, les citoyens qui en ont marre d’être agressés, volés, de subir la loi des bandes et des trafiquants. Ils demandent à la police d’intervenir. Mais chaque fois qu’elle intervient, elle est désavouée, les policiers ne sont pas soutenus. — Par qui ne sont-ils pas soutenus ? — Par leur hiérarchie d’abord, qui s’en lave les mains au moindre problème. Une radio cassée ou perdue lors d’une intervention dangereuse et c’est un avertissement ou un blâme pour le policier. Le cas est arrivé récemment. Et surtout ne pas faire de vague sinon on se fait taper sur les doigts. Comment ne pas faire de vague dans une situation comme celle de nos banlieues et de certains quartiers ? Moralement c’est très dur. Je ne m’étonne pas du nombre de suicides parmi les policiers. C’est dur matériellement aussi. On envoie nos fils au casse-pipe avec des voitures de fonction détériorées et un matériel minable par faute de moyens. Ils sont trahis par la justice, aussi, bien sûr c’est pour cela que les policiers manifestent aujourd’hui devant le tribunal d’Evry. « On n’a même pas fini de taper les procédures, me dit mon fils, que les interpellés sont déjà dans la rue à nous faire un doigt d’honneur, relâchés par le tribunal. » — Que reprochez-vous exactement aux magistrats d’Evry ? — Leur laxisme vis-à-vis des voyous. Leur parti pris anti-flic. C’est le cas du procureur. Tout le monde vous parlera d’elle ici. Pour elle la parole d’un voyou vaut plus que celle d’un flic. Les policiers ont toujours tort et elle ne peut pas les blairer. Récemment lors d’une arrestation mouvementée, un délinquant avait été maîtrisé de façon musclée. Il n’avait pas porté plainte lui-même parce qu’il estimait qu’il s’était battu avec les policiers. C’est le procureur lui-même qui a choisi d’entamer les poursuites alors que l’interpellé ne demandait rien ! Les policiers sont démotivés, ils me le disent, ils baissent les bras et cela, ce n’est bon pour personne, sauf pour les délinquants. — Vous avez décidé de passer à l’action vous-même, je crois ? — Oui. Puisque nos enfants n’ont le droit de ne rien dire, j’ai décidé de monter une association de parents de policiers. Nous parlerons et nous dénoncerons les conditions dans lesquelles ils travaillent aujourd’hui. Nous allons faire entendre notre voix. Des parents de policiers qui défendent les policiers c’est un peu le monde à l’envers, c’est vrai, mais toute la situation elle-même marche à l’envers, croyez-moi, et pas sur le bon chemin ni dans l’intérêt et le bon droit des simples citoyens, de l’ordre et de la sécurité.

Le Figaro est "un journal de droite, rien de nouveau!"

La société des journalistes (SDJ) du Figaro a adopté jeudi un texte dénonçant la ligne éditoriale du quotidien jugée trop partisane. Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du Figaro, livre ses impressions sur cette motion au JDD.fr.
La SDJ a voté un texte à votre encontre, quelle est votre réaction?
Je le prends bien, je trouve ça normal dans la mesure où le bureau de la SDJ a été renouvelé récemment. Les membres de la SDJ du Figaro ont envie de réaffirmer leurs points de vue par rapport à la ligne éditoriale, je n'ai pas de problème avec ça, je le comprends. D'ailleurs je dois les rencontrer la semaine prochaine pour en discuter.
Qu'est-ce que vous allez leur répondre?
Bah je vais simplement leur dire ce qu'est à mon sens le Figaro. La ligne éditoriale plaît aux lecteurs comme elle est, ça fonctionne. Je ne vois pas pourquoi j'en changerai. Oui, l'information est rapportée dans la grande tradition du Figaro. Nous sommes un journal de droite et nous l'exprimons d'ailleurs de manière claire. Les lecteurs le savent, les journalistes aussi. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil!
Plusieurs journalistes du Figaro vous reprochent ces derniers temps d'avoir fait une série de Unes critiques à l'égard de François Hollande…
C'est leur point de vue mais ça n'est pas le mien. Je ne suis jamais imperméable à ce qu'expriment les journalistes, c'est toujours important de les écouter. Il y a des sensibilités diverses dans la rédaction et c'est normal qu'il y ait des sentiments différents qui s'expriment, heureusement! Mais nous ne pouvons pas échapper à la ligne générale du Figaro, un journal d'opinion de droite. Une manchette est pensée en fonction du lecteur, elle doit attirer l'attention.
Donc vous n'allez pas modifier votre ligne éditoriale…
Je n'en sais rien, ça dépendra de l'actualité. Dans les semaines qui viennent nous traiterons très largement la campagne électorale. Mais il y aura aussi des sujets internationaux. Nous savons faire aussi autre chose que de la politique… La preuve en est par la Une de ce samedi : "La Grèce au bord de l'explosion". Nous sommes aussi le seul journal à traiter la culture de cette façon, dans un grand cahier Culture, Style, Mode.
Beaucoup de gens ont interprété la Une du Figaro Magazine sur laquelle on voit Nicolas Sarkozy comme une affiche de candidat en campagne…
Ça veut dire que c'est du bon travail! L'objectif n'était pas la volonté de montrer un candidat en campagne mais d'attirer l'attention des lecteurs. C'est simplement et seulement une démarche marketing comme font tous les quotidiens et tous les magazines. On espère bien que cette manchette permettra aux lecteurs de passer à l'acte et d'acheter.