lundi 9 janvier 2012
Hollande traite Sarkozy de "sale mec": la mort du "off" à la française ?
Un journaliste a rapporté que François Hollande avait traité Nicolas Sarkozy de "Sale mec". En 2012, tout ce que diront les candidats sera répété. Le rapport de force journalistes/politiques a-t-il basculé à cause de Twitter ?
"Sale mec" aurait dit François Hollande à des journalistes au sujet de Nicolas Sarkozy lors d'une rencontre hier. Pas de doute, les réactions UMP ne vont pas manquer. Nadine Morano veut déjà des excuses. Jean-François Copé s'indigne, se déclarant "profondément choqué". Et les commentaires vont suivre. Est-ce que c'est un faux pas ? Est-ce que c'est le signe de la détermination de François Hollande à en découdre avec le Président sortant ? Sont-ce bien les propos tenus ? Quel était le contexte ? Le journaliste qui a rapporté ces propos en avait-il le droit ? Était-ce "off" ou pas "off" ? Bref, cela nous occupe...Donc, Hollande a dit "sale mec". Et cela devient un événement, surtout que les conditions de cette sortie ne sont pas sans rappeler le fameux "Chirac est usé, fatigué, vieilli" qui, parait-il, coûta tant à Lionel Jospin dans la campagne présidentielle 2002.
De ce buzz du jour (fera-t-il "pschitt !" ou pas ?) on tirera matière à rédaction d'un futur faire part de décès.
Le "off" à la française est presque mort.
Le "off", cette vieille pratique journalistique en forme de tradition nationale, emblématique des relations antiques entre politiques et journalistes va s'éteindre dans les années qui viennent. Parce que le net, les réseaux sociaux, les blogs, le personnal branding journalistique et surtout Twitter...
Le journalisme de demain est condamné à être décentralisé, participatif, organisé et délivré en temps réel. Dans ce monde là, le "off" est condamné d'avance. Et le journalisme à l'ancienne, devenu aujourd'hui, au regard de ce nouveau monde, conservateur, corporatiste, frileux et replié, est condamné avec lui. j'entends déjà ceux qui s'exclameront : "Mais il est mort en 2002, dans l'avion de Jospin !" A ceux-là on répondra que du côté du Palais de l’Élysée, il se porte bien depuis 2007. Mais là aussi, il finira par s'éteindre...
Fini le temps où le journaliste, un brin reporter, deux brins courtisan, partageait les secrets du Prince le temps d'un déjeuner, d'une promenade, d'un voyage... Aujourd'hui, à l'heure du triomphe des réseaux sociaux, de l'instantané, de la transparence, pour le pire comme le meilleur, les petits secrets et les petites confidences vivront moins que ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. Quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, et puis c'est tout...
Fini le temps où le journaliste politique, dévoué à la presse papier, bichonnait son petit article à l'ancienne, entre sélection et hiérarchisation a minima, en mode "en dire un peu mais pas trop quand même, sinon je serais tricard". Aujourd'hui, il faut dire tout, et tout de suite. La vérité numérique, journalistique et politique est en marche, et comme il était dit dans l'un des articles les plus célèbres de l'histoire de la presse française, rien ne l'arrêtera.
Les journalistes vont en tirer une liberté nouvelle. Le rapport de forces va en effet s'inverser. Logiquement et naturellement. Notre exemple du jour, "le sale mec" proféré par François Hollande, le démontre. Un journaliste rapporte un propos tenu par le candidat socialiste, propos que d'autres n'ont pas rapporté. Dans quelques mois, quelques semaines, quelques jours, tous les journalistes témoins d'une scène d'une même genre la rapporteront. Et certains n'attendront peut-être pas de le mentionner dans leur édition papier, ils le feront sur Twitter, sans attendre une seconde... Quelle puissance quand on y songe...
Ce matin, un spécialiste du net s'interrogeait sur le point de savoir si les journalistes attachés à la couverture des activités de Nicolas Sarkozy rapporteraient ce genre de propos. La réponse s'impose d'elle même : au train où va la révolution numérique journalistique et ce qu'elle engendre, ils n'auront pas le choix. Du reste, comment a-t-on appris que le Président avait baptisé en privé François Hollande le "petit" ?
Certains journalistes en ont déjà tiré les leçons. Il y a quelques mois de cela, un éditorialiste d'une grande station de radio du service public m'avait confessé qu'il était peu en cour à l’Élysée parce que convié à une petite réunion "off" avec le président, il avait fait savoir que pour lui le "off" était une pratique périmée, et que par conséquent, il raconterait tout. L'invitation fut annulée. Anecdote instructive car emblématique du changement de rapport de forces qui s'opère. Depuis 1958, on connait peu de journalistes se payant le luxe de refuser un petit quart d'heure "off" à l’Élysée.
Les politiques vont eux-aussi devoir s'y plier. Tout change. Dans l'entourage de DSK, certains de ceux qui préparaient la campagne qui n'aura jamais lieu, avaient déjà intégré cette dimension engendrée par le net et l'ère de l'instantanéité de l'information transparente. Il était question d'ériger le "no off" en règle d'or du candidat. Tout ce qui aurait été dit aux journalistes aurait été rapportable. Transparence totale.
Les candidats 2012 devront intégrer cette nouvelle règle du jeu et en tirer toutes les conséquences. Oui, il va falloir se contrôler en permanence, en tous lieux et toutes occasions. On verra alors si ceux qui redoutent l'arrivée du règne de la transparence en clamant que la démocratie n'y gagnera pas auront eu raison de crier "au secours Internet arrive !" comme d'autres criaient "au loup !" autrefois.
Dans le feuilleton de cette drôle de campagne 2012, le petit épisode du Sarkozy "sale mec" lancé par François Hollande (pur produit des relations politiques/journalistes à la mode du "off" de papa) est un signal supplémentaire de ce que cette élection présidentielle ne sera pas seulement un affrontement droite vs gauche, Sarkozy vs Hollande. Ce sera aussi un combat journalisme papier vs journalisme numérique, "off" vsTwitter.
Les MLP proposent de distribuer les quotidiens
dimanche 8 janvier 2012
Philippe Douste-Blazy : "Pourquoi je rejoins aujourd'hui François Bayrou"
Voilà dix ans, je contribuais avec d'autres à la création de l'Union en mouvement au congrès de Toulouse, devenue l'UMP. Voilà cinq ans que je regarde ce mouvement grandir en prenant des orientations qui ne me conviennent pas. Voilà deux ans que je m'interroge sur ma place à l'UMP face au tournant droitier désormais assumé par l'état-major du mouvement.
L'UMP est-il encore un grand parti de centre droit, humaniste et libéral ? C'est parce que telle n'est plus ma conviction qu'il est temps pour moi de rompre le silence, de rappeler les valeurs qui sont les miennes et d'appeler à une union nationale autour de François Bayrou, candidat à l'élection présidentielle.Partout en Europe, s'étaient construits des partis de centre droit proeuropéen, libéraux et humanistes, parfois alliés à un petit parti conservateur, affrontant un parti social-démocrate. La France faisait encore figure d'exception, avec son parti gaulliste, ayant survécu au charisme d'un héros rassembleur issu des heures sombres de la guerre, et son Parti socialiste, marqué par une culture marxiste désespérante. L'heure d'une vie politique française plus moderne et plus apaisée était venue.
D'un point de vue tactique, chacun sait que la bipolarisation créée par la Ve République condamne le centre à n'être qu'un supplétif des deux grands partis de droite ou de gauche. A cet égard, l'élection de Valéry Giscard d'Estaing n'avait été qu'une parenthèse dans notre histoire politique.
COURSE À L'URGENCE
J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement qui se construirait sur la base de nos idées et de nos valeurs. Il avait refusé, persuadé que la famille centriste devait rester indépendante. Il était persuadé que l'alliance des centres et des droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison. Premier secrétaire général de l'UMP au côté d'un homme aussi exceptionnel qu'Alain Juppé comme président, exemple de courage et de conviction, notre relation était équilibrée.
Je prends acte que l'UMP, depuis 2007, a pris ses distances avec ce que nous avions créé. Si ce parti existe encore pour rassembler et construire des destins, je ne retrouve pas la volonté de créer un idéal dans la même idée collective que celle de 2001.
L'UMP d'aujourd'hui s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers. Elle a laissé dans sa poche sa boussole principale : la personne humaine.
C'est tout l'inverse de l'action que je mène depuis 2007 en tant que secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des financements innovants pour les pays en développement et président d'Unitaid, l'agence dédiée à la collecte des contributions de solidarité sur les billets d'avion pour lutter contre les risques sanitaires dans les pays en développement, tout particulièrement en Afrique. Avec des dirigeants mondiaux, tels Bill Clinton, Bill Gates, Lula ou Michèle Bachelet, nous sommes en charge au quotidien de la mondialisation de la solidarité. Pour autant, je ne me suis jamais désintéressé de l'avenir de mon pays.
Mais aujourd'hui, la vie politique nationale est derrière moi, je ne demande rien, je n'attends rien. Ni poste ni circonscription. Si ce n'est un engagement fort de celui qui sera élu en mai dans la mise en place d'une solidarité mondialisée. Alors que nous traversons une des pires crises mondiales de l'histoire, je ne cherche pas à fragiliser mon camp. Mais je crois pouvoir le renforcer en adoptant la démarche de clarté qui est celle qui a toujours animé mon engagement politique.
En reconnaissant à Nicolas Sarkozy sa stature et son courage, je veux réaffirmer les idées humanistes et européennes, ma croyance en l'économie sociale de marché, ma préférence pour la solidarité et la justice. C'est pourquoi, je voterai pour François Bayrou et j'invite tous les Français qui se reconnaissent dans ces valeurs à le rejoindre, lui dont la fidélité à ces convictions, et l'indépendance en font un leader apte à rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté prêts à redresser notre pays.
Philippe Douste-Blazy, ancien ministre, ancien président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale
« Fellaporte » : la mode sexuelle délirante des Japonaises
Les Japonais ne manquent jamais d’imagination pour inventer des pratiques sexuelles ou érotiques délirantes. Avec la « fellaporte », une mode qui consiste à prendre des photos de jeunes femmes mimant une fellation sur la poignée d’une porte, les Japonaises ont toutefois repoussé les limites.
C’est la dernière mode aux quatre coins de l’archipel nippon. Des jeunes femmes posent (tout habillées) dans des poses lascives et en mimant une fellation sur une poignée de porte. Les styles varient en fonction des participantes, mais le parallèle sexuel est omniprésent.
Quel est l’objet de ce nouveau délire sexuel ? Les Japonais voient-ils les pas de portes de façon différente ? Quelques photos en tout cas pour vous familiariser avec les joies de la sexualité orientale.
François Hollande : "J'abrogerai la TVA sociale"
Le candidat socialiste a présenté ses voeux aux Corréziens, samedi soir. Et il a réaffirmé un de ses engagements de campagne.
De Tulle, le parallèle est facile. "C'est un Corrézien qui avait succédé à François Mitterrand en 1995. Je veux croire qu'en 2012 ce soit un autre Corrézien qui reprenne le fil du changement." De Tulle, où il a adressé ses voeux puis tenu un meeting, François Hollande a multiplié les allusions à sa "greffe" corrézienne opérée il y a tout juste trente ans. "Je sais ce que je vous dois, a plusieurs fois rappelé le président du conseil général. C'est parce que j'ai fait ici en Corrèze un chemin que je peux le proposer au pays tout entier. J'ai une dette vis-à-vis de vous."
"Vous avez aimé Jacques Chirac ?"
Samedi soir, François Hollande s'est aussi engagé à "abroger" la TVA sociale si elle était adoptée et s'il était chef de l'État en mai prochain. Avant, il y aura le combat électoral, que le candidat socialiste prépare avec soin. Un coup à gauche - "J'ai beaucoup de respect et de considération pour les autres formations de gauche, mais ma responsabilité est de permettre à la gauche tout entière d'être présente au second tour " -, plusieurs coups à droite - "La droite, au fond, d'elle-même n'accepte pas l'alternance" ou "Voilà la trace de Nicolas Sarkozy : la dette".Aujourd'hui, François Hollande n'est pas allé en Haute-Corrèze, terre d'élection chiraquienne toujours ancrée à droite. Il avait pourtant un slogan pour convaincre ses habitants : "Vous avez aimé Jacques Chirac, vous adorerez François Hollande."
Les bookmakers anglais recommencent à miser sur Sarkozy
Il y a des signes qui ne trompent pas. Et l’évolution des cotes en vue de la présidentielle des principaux bookmakers anglais en disent plus longs que tous les sondages du monde. Si François Hollande continue à faire la course en tête, la cote de Nicolas Sarkozy a fait un bond ces dernières semaines et les professionnels des paris recommencent à croire en ses chances de victoire.
Certes François Hollande demeure le favori des parieurs britanniques (1,72), mais l’écart se resserre dangereusement pour le champion socialiste… Mais en quoi ces chiffres peuvent-ils s’avérer intéressants et pourquoi ils rassurent l’Elysée ?
Tout simplement parce que les bookmakers, à la différence des sondeurs, jouent leur argent et disposent par conséquent d’un panel plus étendu que les enquêtes d’opinion pour établir leurs cotes. C’est donc l’ensemble du contexte et une vue prospective qui s’impose là où les sondeurs ne s’intéressent qu’à l’opinion du moment.
Des données peut-être un peu illusoires, mais en ces temps pré-électoraux, les politiciens se raccrochent à ce qu’ils peuvent…
Hollande et socialisme : les vérités de Jean-Luc Mélenchon
Jean-Luc Mélenchon, le meilleur atout de Nicolas Sarkozy pour la prochaine présidentielle, a expliqué dans un entretien avec l’AFP que les vrais socialistes voteraient pour lui et non pour François Hollande. Une déclaration qui sonne particulièrement juste quand on sait que derrière la posture de gauchiste du communisticide se cache un socialiste pur sang…
Voici donc un petit florilège des attaques de l’ancien sénateur socialiste envers François Hollande :
« C’est le cri d’alarme que je lance: si la gauche ce n’est pas la retraite à 60 ans, l’augmentation des petits salaires et plus de démocratie, c’est quoi au juste? »
« Quand le candidat de gauche qui est à 30% dans les sondages pense qu’il faut de l’austérité comme le candidat de droite, tous les repères sont brouillés et pour nous le travail est plus difficile. L’arme de conviction massive des chefs socialistes c’est le trouillomètre du vote utile. Mais cette élection est d’une volatilité inouïe. Ceux qui rejettent tout le système n’ont jamais été aussi nombreux. En toute hypothèse, déjà, il n’y pas de victoire de gauche possible sans le Front de gauche ».
« Quand on a un cœur et une tête socialistes, on est plus proches de Mélenchon que de Hollande ».
« Je suis le candidat de la gauche traditionnelle. Je suis autant le candidat des électeurs socialistes que François Hollande et, à certains égards, davantage. Quand on a un cœur et une tête socialistes, on est plus proches de Mélenchon que de Hollande, ils sont nombreux à me le dire. Il veut donner un sens à la rigueur, je veux donner un sens à la gauche ».
« Les partis du Front de gauche se prononceront puis je m’exprimerai le dernier. A titre personnel je le répète, je ne siègerai dans aucun autre gouvernement que celui que je dirigerai. Et je préviens: aucun accord d’appareil d’aucune sorte ne pourra tordre le bras des Français ».
En bref, Mélenchon est le seul à représenter la gauche et les militants socialistes devraient logiquement voter pour lui. Espérons que ce socialiste mou, transformé en révolutionnaire pourfendeur de journalistes et de puissants en tous genres par ambition politicienne, tienne pour une fois ses engagements et n’entre jamais plus dans aucun gouvernement français…
Un jeu de massacre ?
À une centaine de jours du premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril prochain, tous les scénarios semblent possibles. Dans un climat de récession économique, de hausse du chômage et d’austérité budgétaire, le combat s’annonce impitoyable.
arement l’issue d’un scrutin présidentiel aura été aussi imprévisible, soulignent les politologues : le pessimisme et même la démoralisation des Français, démontrés par toutes les enquêtes et accentués par une crise financière et économique sans précédent, peuvent produire «un jeu de massacre» du type 21 avril 2002, où le candidat PS Lionel Jospin avait été éliminé au premier tour, laissant le président sortant Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen (FN).Depuis plusieurs mois, le socialiste François Hollande est placé en tête des intentions de vote, atteignant un sommet au cours de la primaire de son parti en octobre. Depuis, il a cédé du terrain, tombant sous les 30 % d’intentions de vote, mais devançant toujours Nicolas Sarkozy (entre 24 et 26 %).
François Bayrou (MoDem), crédité de 11 à 14 % des suffrages, est celui qui profite le mieux de la forme moyenne des deux favoris.
«La cristallisation, le débat sur le fond, aura lieu plus tard qu’en 2007»
Marine Le Pen (FN)est ancrée à la troisième place avec 16 à 20 %. Classé comme elle dans le camp «protestataire» mais à l’opposé de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) suit son bonhomme de chemin (7 % environ), tandis que l’écologiste Eva Joly (4 à 5 %) et Dominique de Villepin (1 à 3,5 %) restent dans de basses eaux.La parenthèse de la bipolarisation entre François Hollande et Nicolas Sarkozy «semble donc s’être refermée», estime Frédéric Dabi, de l’Ifop. Si leur recul dans les sondages se confirme, de même que la progression de Marine Le Pen et de François Bayrou, «la campagne pourrait prendre une nouvelle tournure, passant de l’opposition classique et attendue entre une droite sortante et une gauche d’alternance, à un jeu à trois, voire à quatre, susceptible de changer les perspectives d’accession au second tour».
Pour Pascal Perrineau, directeur du Centre d’études de la vie politique (Cevipof), le ton de la campagne, loin des préoccupations des Français, «risque de décevoir les électeurs». De fait, 84 % d’entre eux considèrent que, pour le moment, la campagne est «surtout l’occasion de petites phrases et d’attaques personnelles», selon un sondage TNS-Sofres.
«On a l’impression qu’il y a un déficit de l’importance des enjeux financiers, sociaux, sociétaux… Le débat s’enlise dans des petites phrases, des postures, et ne parvient pas à se poser autour des vraies questions. Je crains qu’à servir ce spectacle on ne renforce le vote protestataire ou l’abstention», analyse et prévient Pascal Perrineau.
Bruno Jeanbart, d’OpinionWay, relève que l’on est dans une campagne d’attente «au moins jusqu’en février-mars : Nicolas Sarkozy ne va pas se déclarer avant et François Hollande n’a pas intérêt à dévoiler son programme d’ici là. La cristallisation, le débat sur le fond, aura lieu plus tard qu’en 2007».
Le contexte économique, financier, international, peut se dégrader très rapidement et «n’est pas favorable à l’adhésion à de grands projets», ajoute-t-il. D’où la stratégie d’attentisme des candidats : «On démonte d’un côté le bilan du président sortant, on critique de l’autre le camp d’en face, et on est prudent sur les annonces.»
Toutefois, le retard de M. Sarkozy dans les sondages, ainsi que la pression de Marine Le Pen et de François Bayrou, semblent avoir poussé le chef de l’État à passer la vitesse supérieure, comme en témoignent le sommet social du 18 janvier et les annonces sur la TVA sociale et la taxe sur les transactions financières.
D’autant que, selon un baromètre de l’Ifop sur la popularité des présidents sortants de la V e République quatre mois avant la présidentielle, Nicolas Sarkozy est le plus mal placé : 66 % de mécontents, suivi par Valéry Giscard d’Estaing (46 % en décembre 1980), Jacques Chirac (36 % en décembre 2001), François Mitterrand (30 % en décembre 1987) et Charles de Gaulle (25 % en août 1965).
Ça se resserre entre Hollande et Sarkozy
Sarkozy réussit ses vœux
L’effet "sale mec"
Le Pen recule, Bayrou confirme
samedi 7 janvier 2012
"Le modèle chinois ébranle les certitudes américaines"
New York, correspondant - Installé depuis 2005 à New York, Ian Buruma est devenu l'un des intellectuels les plus en vue aux Etats-Unis. Il collabore à la New York Review of Books, au New York Times et au New Yorker. Polyglotte (néerlandais, anglais, allemand, chinois, japonais et français, quoi qu'il en dise), il a été l'éditeur des pages culturelles de la Far Eastern Economic Review, à Hongkong, et de The Spectator, à Londres. Aujourd'hui professeur de démocratie, droits de l'homme et journalisme à l'université Bard - "façon de dire que j'enseigne ce que je veux, c'est le charme du système universitaire américain", dit-il en riant -, il est un auteur polyvalent et prolifique. Nous avons interrogé cet intellectuel à focale large, prix Erasmus 2008, sur sa spécialité initiale : la Chine et l'Extrême-Orient.
Votre itinéraire vous place au carrefour de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique. En quoi cela influence-t-il votre regard sur le monde ? Mon père est néerlandais, ma mère anglaise d'origine juive allemande. L'Asie puis l'Amérique se sont ajoutées un peu par hasard. Très jeune, étudiant en langue et littérature chinoises, j'étais un cinéphile. Un jour, j'ai vu à Paris Domicile conjugal (1970), de François Truffaut. Le personnage d'Antoine Doinel y tombe amoureux de la Japonaise... et moi aussi ! A l'époque, aller en Chine était impossible. Je me suis donc tourné vers le Japon, où j'ai étudié le cinéma et participé à la troupe de danse Dairakudakan. L'Amérique est venue à moi tardivement, quand on m'a proposé d'y enseigner. Je me sens toujours plus européen qu'américain. Un Européen marié à une Japonaise et parfaitement chez lui à New York, la ville de la mixité.Il y a des choses plus importantes que la culture. Je n'admets pas l'argument culturel pour justifier l'excision. En même temps, je suis plus tolérant que la loi française pour l'affichage des symboles religieux. Qu'une policière ou une enseignante soit interdite de porter le niqab dans ses fonctions, oui. Une personne dans la rue, non. Ce type d'interdiction n'est qu'une façon de dissuader des gens impopulaires d'adhérer à une religion impopulaire.
La peur des Japonais était très forte il y a vingt-cinq ans aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous qu'un même phénomène soit aujourd'hui dirigé contre la Chine ? Les deux phénomènes ne sont pas similaires. Ce qui faisait peur aux Américains il y a une génération, c'était la visibilité des Japonais : Mitsubishi rachetait le Rockefeller Center, Toyota déboulait, etc. Leurs marques étaient très visibles. De plus, dans l'histoire américaine, les Japonais sont suspects. Aujourd'hui, les Américains se disent que, si les Chinois parviennent à la puissance qu'avaient les Japonais, ils seront bien plus dangereux. Mais, sur le fond, la menace nipponne avait été grandement exagérée et la menace chinoise l'est tout autant. D'abord, l'absence de liberté intellectuelle en Chine reste un obstacle très important pour son développement. Ensuite, l'intérêt des deux parties à préserver des liens l'emportera sur les forces poussant au conflit.
Quelle est la part de réalité et de fantasme dans cette tension montante ? Par fantasmes, vous entendez peur. Elle est fondée : la montée en puissance de la Chine ne pourra que réduire le pouvoir et l'influence américaine dans le monde. Après 1945, les Etats-Unis sont devenus le gendarme de l'Asie. Ce n'est plus le cas. Des peurs populistes sont également fondées sur des motifs socio-économiques. Mais je ne pense pas qu'elles atteignent le niveau des peurs antinippones de la fin des années 1980. Et les craintes de l'influence économique chinoise sont surtout concentrées dans les Etats de la vieille économie, où l'industrie lourde est en déclin.
Un sondage de l'Institut Pew a montré que les Américains croient que la Chine est devenue la première puissance économique mondiale. Or elle reste loin des Etats-Unis. C'est un fantasme typique... C'est une combinaison d'ignorance et de peurs, exploitées par des chroniqueurs de radios dans le but de blâmer Barack Obama. Mais je le répète : le déclin des Etats-Unis est un fait, comme la montée en puissance économique de l'Asie. Ce déclin génère un choc, dont il ne faut pas s'alarmer inconsidérément. Au début du XXe siècle, l'invention du personnage de Fu Manchu (sorte de génie du Mal incarnant le "péril jaune") avait provoqué un arrêt de l'immigration sino-nipponne en Amérique qui avait même eu un impact en Europe. A suivi la menace communiste, qui était, pour les Etats-Unis, loin d'être aussi réelle qu'on l'a présentée. Mais même la CIA y a sincèrement cru.
Les Etats-Unis sont un pays qui vit sous la peur constante de puissances extérieures qui menaceraient de faire disparaître son espace sécurisé. Ce pays a bâti et a été bâti par une société d'immigrés mais, dans le même temps, il pourchasse ces immigrés pour se protéger. Comme la France, du reste. Et, comme les Français, les Américains s'estiment porteurs d'une mission civilisatrice universelle. Or le "modèle chinois" ébranle leurs certitudes.
Est-ce parce que les Américains fondent leur économie sur l'idée que la liberté est le meilleur garant du succès, alors que les Chinois ont une croissance très supérieure avec un régime dictatorial ?
C'est exactement ça. Ce mélange chinois réussi de capitalisme et d'Etat fort est plus qu'une remise en cause, il est perçu comme une menace. Je ne vois pourtant pas monter une atmosphère très hostile à la Chine dans l'opinion. Depuis un siècle, les Américains ont toujours été plus prochinois que pronippons. Les missions chrétiennes ont toujours eu plus de succès en Chine qu'au Japon. Pour la droite fondamentaliste, ça compte. Et, dans les années 1980, des députés ont détruit des Toyota devant le Capitole ! On en reste loin.
Et le regard des Chinois sur les Etats-Unis, comment évolue-t-il ? Tout dépend de quels Chinois on parle, mais, pour résumer, c'est attirance-répulsion. Surtout parmi les classes éduquées qui rêvent d'envoyer leurs enfants dans les universités américaines et en même temps peuvent être emplies de ressentiment à l'égard d'une Amérique qu'elles perçoivent comme hostile, pour beaucoup à cause de la propagande de leur gouvernement. Du communisme comme justificatif du pouvoir il ne reste rien. Le nouveau dogme est un nationalisme fondé sur l'exacerbation d'un sentiment victimaire vis-à-vis du Japon et des Etats-Unis. En Chine, à Singapour, en Corée du Sud, on constate une forte ambivalence typique de certaines élites, par ailleurs fortement occidentalisées, pour qui le XXIe siècle sera asiatique. Dans les années 1960, au Japon, a émergé une nouvelle droite ultranationaliste, dont les représentants les plus virulents étaient professeurs de littérature allemande ou française. Ils voulaient se sentir acceptés, légitimes en termes occidentaux, et se sentaient rejetés. C'est ce que ressentent aujourd'hui les nationalistes chinois.
En 2010, vous avez écrit que la Chine est restée identique sur un aspect essentiel : elle est menée par une conception religieuse de la politique. Serait-elle politiquement soumise à l'influence du confucianisme, comme l'espace musulman le serait par le Coran ? Dans le cas chinois, il ne s'agit pas que de confucianisme ; le maoïsme était identique. Il n'y a aucune raison pour que les musulmans ne puissent accéder à la démocratie tout en préservant leur religion. La Turquie, l'Indonésie l'ont fait. La Chine le pourrait tout autant. Des sociétés de culture sinisante comme Taïwan ou la Corée du Sud ont montré qu'un changement est possible. L'obstacle à surmonter, en Chine, est que le confucianisme rejette la légitimité du conflit. L'harmonie est caractérisée par un ordre social ou règne l'unanimité. Donc la plus petite remise en cause apparaît instantanément menaçante.
Qu'est-ce qui pourrait déclencher un processus démocratique en Chine ? Le plus grand obstacle est l'alliance entre les élites urbaines et le Parti communiste. Les deux ont peur de l'énorme masse paysanne ignorante. Ces élites ont une telle histoire récente de violence et une telle peur d'un retour du chaos qu'elles préfèrent un ordre qui leur assure la croissance, au risque d'avancer vers la démocratie. Pour le pouvoir, la grande faiblesse de ce système est que, le jour où l'économie cesse de croître et que l'enrichissement des élites urbaines s'arrête, l'édifice s'écroule. Dans ce cas, tout pourrait advenir, d'une alliance entre démocrates, ressortissants des nouvelles élites, et une fraction du parti, jusqu'à un coup d'Etat militaire.
Dette grecque: Un conseiller allemand prône une plus forte décote
Les banques et les fonds d'investissement négocient avec Athènes les termes de l'échange de titres censé ramener le ratio de la dette grecque de 160% du produit intérieur brut, actuellement à 120%, d'ici 2020.
Cette mesure est le principal pilier du deuxième plan de sauvetage arrêté avec Athènes, d'un montant de 130 milliards d'euros.
La "participation du secteur privé" implique que les investisseurs privés détenant de la dette grecque et ayant accepté de participer à ce programme accepteront une décote de 50% sur la valeur de leurs avoirs, en échange d'un mélange de nouveaux titres et de numéraire.
Dans une interview à l'édition dominicale du journal grec Te Vima, l'universitaire Clemens Füst, conseiller du ministre Wolfgang Schäuble, a estimé que le niveau de la décote devait être plus élevé.
"Ce taux partait du principe qu'il serait accompagné d'un programme de consolidation économique de long terme, qui aurait ramené la dette à 120% du PIB annuel d'ici 2020", a-t-il déclaré.
"Mais une telle réduction ne suffira pas. La dette était déjà de 120% au début de la crise. Donc, la décote doit être supérieure à 50%."
Athènes demande le volontariat des investisseurs afin d'éviter le déclenchement d'un 'événement de crédit', qui signifierait que la Grèce n'est plus en mesure de rembourser ses créanciers.
Selon Füst, cette précaution met l'ensemble du processus en péril et il serait préférable que le programme soit obligatoire.
"De mon point de vue, la Grèce a déjà fait défaut. Je pense que le mieux serait d'admettre honnêtement que l'Etat grec ne peut honorer ses dettes. Ainsi, nous pourrions obtenir un meilleur accord."
Le spectre de la faillite revient en Grèce
Janvier s'annonce comme décisif à Athènes avec les négociations sur la décote grecque et le second plan d'aide de l'UE et du FMI. Si l'un de ces deux sujets ne donne pas de résultat positif, la Grèce sombrerait dans le défaut de paiement et la sortie de l'euro.
Janvier sera le mois de tous les risques, le pays devant à la fois boucler les négociations avec ses créanciers privés appelés à effacer quelque 100 milliards de dette, et avec ses bailleurs de fonds publics, UE et FMI, en vue du versement d'une nouvelle tranche d'aide vitale pour le pays avant fin mars. "L'accord sur la réduction de la dette (...) ne peut pas être conclu et mis en oeuvre sans une conclusion des négociations pour un nouveau programme économique avec les pays européens et les organisations internationales qui nous financent. Aucun accord n'est indépendant, l'un est la condition de l'autre" a martelé M. Papademos jeudi, estimant que les "prochains trois mois" allaient être "particulièrement cruciaux".
En vue de l'arrivée prévue le 16 janvier à Athènes de la troïka représentant les créanciers, le Premier ministre avait aussi mis en garde mercredi contre un "défaut (de paiement) incontrôlé" auquel la Grèce pourrait faire face en mars - quand quelque 14 milliards d'obligations arriveront à expiration selon la presse - si patronat et syndicats ne s'entendent pas pour réduire les coûts du travail en vue de stimuler la compétitivité.
Après deux ans de mesures d'austérité qui ont touché principalement le secteur public, les bailleurs de fonds renforcent de fait leurs pressions pour obtenir la "dévaluation intérieure" jugée nécessaire par les décideurs économiques pour que le pays puisse un jour supporter seul le poids de sa dette. "Soit nous resterons dans la zone euro, abaissant ainsi le niveau de vie de tous nos citoyens, soit nous la quitterons, ce qui nous ferait reculer de plusieurs décennies", a averti en début de semaine le directeur de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos.
A en croire tous les sondages, les Grecs ne considèrent pas l'alternative : s'ils rechignent à l'austérité, ils n'en soutiennent pas moins, à une majorité de plus des trois quart, le maintien dans l'euro, que le gouvernement qualifie pour sa part de "choix stratégique". "Nous ne pouvons pas escompter que d'autres Etats de l'Union européenne et les organisations internationales continuent à soutenir financièrement un pays qui ne s'adapte pas à la réalité et ne traite pas ses problèmes", a averti le Premier ministre.
En ligne de mire, selon la presse, le salaire minimum, actuellement fixé à 751,39 euros brut par mois, dont la revalorisation de 1,6% en juillet 2011 prévue par la convention nationale collective, a été critiquée dans la dernière revue de l'économie grecque menée par l'UE. Dans son dernier rapport sur la Grèce publié le 30 novembre, le FMI soulignait également que "l'indexation du salaire minimum sur le taux d'inflation dans l'Union européenne" est un "mécanisme en décalage avec l'inflation basse attendue et le besoin de restreinte salariale en Grèce".
La grande centrale syndicale du privé, GSEE, a toutefois rejeté mercredi toute baisse des salaires et insisté sur le respect des conventions salariales. "Nous ne sommes pas disposés à céder le moindre pouce sur le salaire garanti des travailleurs pauvres", a déclaré à la presse son chef, Yiannis Panagopoulos. Mais la pression est loin de porter uniquement sur les salaires. Les auditeurs du pays éplucheront aussi le bilan des économies budgétaires, l'avancée des privatisations, et la mise en oeuvre des réformes structurelles, dont celle, déja votée mais restée en souffrance, libéralisant une liste de professions protégées allant des camionneurs aux pharmacies en passant par les avocats.
Notre Président ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnaît, depuis tout petit. À chaque fois, les gens raisonnables lui prédisent le désastre, qu’il n’a d’ailleurs pas toujours évité. Mais à chaque fois, il revient, décidé à oser plus pour gagner plus. Et en ce début d’année, notre Président ose à nouveau tout. Par exemple, imposer le vote d’une hausse d’impôt, la TVA sociale, à deux mois de l’élection. Contre sa majorité, contre une majorité de Français. Une mesure de « sale mec », dirait l’autre, à peine entré d’un demi-orteil dans son Rubicon. Pour faire bon poids, notre Président promet aussi de créer sa taxe sur les transactions financières tout seul comme un grand – un coup à gauche. Cela juste après avoir joué les dévots de la Pucelle – un coup à la droite de la droite. En clair, il ose prétendre nous refaire le coup de 2007. Oui, il ose, et c’est même à ça qu’on le reconnaît candidat.






















