TOUT EST DIT

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lundi 9 janvier 2012

Catch à quatre

«La campagne s’emballe» nous dit-on. Et pourtant, elle n’emballe personne, à l’exception des professionnels de la profession. Les Français, eux, ont la tête ailleurs. Et cette distance relativise d’autant les sondages qui se présentent volontiers comme une mesure des passions politiques quand ils ne sont que les anémomètres des vents changeants et des humeurs contradictoires du pays. Ils ont malgré tout une qualité irremplaçable : ils égaient les dimanches gris de l’hiver par des épisodes d’intensité. Hier ce fut le «resserrement». La belle affaire ! Quel tournant quand chacun pressent que la qualification pour le second tour ne se jouera pas seulement dans un duel Sarkozy-Hollande mais dans un match à quatre, entre 16 % et 22 % des voix, avec Marine Le Pen et… François Bayrou.

Qui aurait parié ne serait-ce qu’un drachme sur le Béarnais il y a encore deux mois ? Mais il est là et bien là entre 12 % et 14 % dans les intentions de vote, continuant de progresser régulièrement. Lui qui a traversé un long désert de cinq ans avec l’improbable véhicule du MoDem a réussi à tenir jusqu’à l’aube de cette année 2012. Luxe suprême, le survivant observe tranquillement le ralliement d’une partie de ceux qui l’ont trahi depuis la création de l’UMP il y a 10 ans. Le voilà qui peu à peu reconstitue le socle d’un centre-droit qu’il avait imprudemment dédaigné après le premier tour de 2007, ces déçus de l’aventure sarkozyste qui se reconnaissent à nouveau en lui. Tout l’enjeu, pour celui qui fut le dernier président de l’UDF, consiste désormais à faire la synthèse de ces revenants avec son nouvel électorat, plutôt de gauche, lui. S’il y parvient, il pourrait - à la tête d’un parti qui n’a que 3 députés et même pas de groupe parlementaire à l’Assemblée - faire mentir les fondamentaux de la V e République. Face à un candidat socialiste qui peine à trouver sa véritable dimension et à un candidat-président qui se bat mais ne convainc pas - ou plus, ou peu - il s’est ouvert, avec une présidentialité naturelle, un espace suffisant pour conquérir une chance sérieuse de l’emporter.

Tout est possible, décidément, dans cette compétition dont les règles du jeu volent en éclats jour après jour. En proposant tout à trac d’instaurer une taxe sur les transactions financières en solo - avant le 1er tour ! - après avoir misé sur la création d’une taxe sociale, Nicolas Sarkozy joue son va-tout au risque de s’exposer à la colère de ses pairs européens. Comment sa chère «Angela», qui voulait attendre 2014, va-t-elle accueillir aujourd’hui celui qui lui fait une infidélité pour jouer au joli cœur avec l’électorat français ?

Hollande et Sarkozy, l'eau et le feu

C'est une campagne où l'on retient ses idées, pas ses coups ! Il y a de l'électricité dans l'air. Pour les programmes et les chiffrages, on patientera. Exit les 110 propositions de Mitterrand, version 1981, ou la rupture de Sarkozy, modèle 2007. La faute à qui, à quoi ? À la crise ? Le fait est qu'elle plonge les Français dans un pessimisme noir. Ils ne croient plus à un projet clé en mains. Les prétendants à l'Élysée l'ont intégré, qui misent sur l'affaiblissement de son locataire. C'est la première caractéristique de cette campagne. Jamais un sortant n'aura engagé le sprint final nanti d'une telle impopularité. Pourtant, l'écart se resserre dans les sondages. Hollande fait la course en tête, Sarkozy se redresse. Son activisme paie. Il tente d'inverser les rôles : le réformateur, ce serait lui ; le conservateur, « l'autre ». La deuxième est plus classique : la bipolarisation. Les deux favoris s'efforcent d'imposer ce scénario, d'attirer à eux toute la lumière. Avec ce paradoxe : le sortant livre une course de vitesse ; le rival, de lenteur. Cherchez le challenger, l'erreur. Sarkozy remue, sinon s'agite ; Hollande marche à son pas. L'un est-il trop fonceur, l'autre trop prudent ? La suite le dira. Il n'est pas sûr, à ce stade, que cette guerre tactique passionne les Français. Ils attendent autre chose qu'une confrontation qui verrait Sarkozy moquer le vide des promesses et l'inexpérience de l'adversaire de gauche, et Hollande dénoncer le bilan creux et l'impuissance de celui de droite. Il reviendra pourtant au challenger - au vrai donc, Hollande - d'emballer la campagne. En visite hier sur la tombe de Mitterrand, à Jarnac, il semble plutôt la jouer « force tranquille ».

L'élection de tous les possibles

Et s'ils terminaient dans un mouchoir ? S'ils étaient quatre à pouvoir prétendre au second tour ?

La crise de la dette a révélé l'inconséquence des pouvoirs successifs. Son ampleur fait même douter des solutions de rechange. Elle complique l'écriture de projets qui ne seront dévoilés que tardivement. Elle nourrit le pessimisme des Français.

Comme si cela ne suffisait pas, la campagne déçoit. Au flou de François Hollande répondent les revirements de Nicolas Sarkozy sur la TVA sociale ou la taxation des flux financiers. Les invectives, les affaires du PS et les menaces judiciaires sur la majorité prennent le pas sur l'examen méthodique des vrais enjeux, au risque de renforcer la protestation et l'abstention.

Bref, loin d'éclairer et de mobiliser l'électorat, la campagne obscurcit l'horizon présidentiel, au point qu'il devient sage d'avoir à l'esprit des hypothèses inimaginables il y a seulement quelques semaines.

Scénario le plus probable aujourd'hui : l'opinion se fige, les écarts se réduisent un peu, mais François Hollande gagne. Scénario numéro deux : la cote du candidat socialiste s'érode. La crise atteint son paroxysme, et Nicolas Sarkozy, jour et nuit sur le pont, l'emporte à la force du poignet. Scénario numéro trois : le vainqueur n'est ni l'un ni l'autre.

Avant le second tour, il y a un premier tour. L'actualité nourrit les thèmes extrémistes. François Bayrou est poussé par un désir de plus en plus exprimé d'union nationale. François Hollande souffre d'une faible adhésion et Nicolas Sarkozy d'un fort rejet. Quand, en plus, les indécis représentent un électeur sur quatre, on se dit qu'un resserrement des scores est possible.

La responsabilitéde l'électeur

Dès lors, toutes les hypothèses acquièrent de la vraisemblance. À l'exception de Marine Le Pen, qui se heurterait à un front républicain, nous voici bien dans un possible jeu à trois entre François Hollande, Nicolas Sarkozy et François Bayrou.

Après le second tour, il y en a un troisième, les législatives. Un président n'est pas grand-chose sans une majorité parlementaire pour voter son projet. On peut privilégier le choix de la cohérence, les Français donnant une majorité de gauche ou de droite à un président de gauche ou de droite. On peut aussi imaginer une cohabitation. Voire, configuration inédite, un président ¯ François Bayrou en l'occurrence ¯ sans majorité propre.

Il ne s'agit pas, ici, de se livrer à un pronostic, mais de montrer combien le contexte élargit le champ des possibles. L'UMP seule, le PS seul et, a fortiori le MoDem seul n'auront pas l'assise suffisante pour gouverner dans la stabilité. L'avenir le plus probable dépendra de l'entente ou de la mésentente des forces qui vont de la gauche progressiste à la droite humaniste en passant par les centristes, les radicaux et certains écologistes.

On ne peut pas prédire qui occupera l'Élysée, au soir du 6 mai. On ne peut pas affirmer qu'il aura une majorité pour gouverner. Réjouissons-nous que l'avenir ne soit pas écrit d'avance. Mais inquiétons-nous, alors que la France connaît la situation la plus délicate depuis la guerre, de l'hypothèse où l'issue serait l'instabilité. Retenons alors la très grande responsabilité de l'électeur à qui il reste cent jours pour réfléchir.

Hollande traite Sarkozy de "sale mec": la mort du "off" à la française ?

Un journaliste a rapporté que François Hollande avait traité Nicolas Sarkozy de "Sale mec". En 2012, tout ce que diront les candidats sera répété. Le rapport de force journalistes/politiques a-t-il basculé à cause de Twitter ? 

"Sale mec" aurait dit François Hollande à des journalistes au sujet de Nicolas Sarkozy lors d'une rencontre hier. Pas de doute, les réactions UMP ne vont pas manquer. Nadine Morano veut déjà des excuses. Jean-François Copé s'indigne, se déclarant "profondément choqué". Et les commentaires vont suivre. Est-ce que c'est un faux pas ? Est-ce que c'est le signe de la détermination de François Hollande à en découdre avec le Président sortant ? Sont-ce bien les propos tenus ? Quel était le contexte ? Le journaliste qui a rapporté ces propos en avait-il le droit ? Était-ce "off" ou pas "off" ? Bref, cela nous occupe...

Donc, Hollande a dit "sale mec". Et cela devient un événement, surtout que les conditions de cette sortie ne sont pas sans rappeler le fameux "Chirac est usé, fatigué, vieilli" qui, parait-il, coûta tant à Lionel Jospin dans la campagne présidentielle 2002.

De ce buzz du jour (fera-t-il "pschitt !" ou pas ?) on tirera matière à rédaction d'un futur faire part de décès.

Le "off" à la française est presque mort.

Le "off", cette vieille pratique journalistique en forme de tradition nationale, emblématique des relations antiques entre politiques et journalistes va s'éteindre dans les années qui viennent. Parce que le net, les réseaux sociaux, les blogs, le personnal branding journalistique et surtout Twitter...

Le journalisme de demain est condamné à être décentralisé, participatif, organisé et délivré en temps réel. Dans ce monde là, le "off" est condamné d'avance. Et le journalisme à l'ancienne, devenu aujourd'hui, au regard de ce nouveau monde, conservateur, corporatiste, frileux et replié, est condamné avec lui. j'entends déjà ceux qui s'exclameront : "Mais il est mort en 2002, dans l'avion de Jospin !" A ceux-là on répondra que du côté du Palais de l’Élysée, il se porte bien depuis 2007. Mais là aussi, il finira par s'éteindre...

Fini le temps où le journaliste, un brin reporter, deux brins courtisan, partageait les secrets du Prince le temps d'un déjeuner, d'une promenade, d'un voyage... Aujourd'hui, à l'heure du triomphe des réseaux sociaux, de l'instantané, de la transparence, pour le pire comme le meilleur, les petits secrets et les petites confidences vivront moins que ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. Quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, et puis c'est tout...

Fini le temps où le journaliste politique, dévoué à la presse papier, bichonnait son petit article à l'ancienne, entre sélection et hiérarchisation a minima, en mode "en dire un peu mais pas trop quand même, sinon je serais tricard". Aujourd'hui, il faut dire tout, et tout de suite. La vérité numérique, journalistique et politique est en marche, et comme il était dit dans l'un des articles les plus célèbres de l'histoire de la presse française, rien ne l'arrêtera.

Les journalistes vont en tirer une liberté nouvelle. Le rapport de forces va en effet s'inverser. Logiquement et naturellement. Notre exemple du jour, "le sale mec" proféré par François Hollande, le démontre. Un journaliste rapporte un propos tenu par le candidat socialiste, propos que d'autres n'ont pas rapporté. Dans quelques mois, quelques semaines, quelques jours, tous les journalistes témoins d'une scène d'une même genre la rapporteront. Et certains n'attendront peut-être pas de le mentionner dans leur édition papier, ils le feront sur Twitter, sans attendre une seconde... Quelle puissance quand on y songe...

Ce matin, un spécialiste du net s'interrogeait sur le point de savoir si les journalistes attachés à la couverture des activités de Nicolas Sarkozy rapporteraient ce genre de propos. La réponse s'impose d'elle même : au train où va la révolution numérique journalistique et ce qu'elle engendre, ils n'auront pas le choix. Du reste, comment a-t-on appris que le Président avait baptisé en privé François Hollande le "petit" ?

Certains journalistes en ont déjà tiré les leçons. Il y a quelques mois de cela, un éditorialiste d'une grande station de radio du service public m'avait confessé qu'il était peu en cour à l’Élysée parce que convié à une petite réunion "off" avec le président, il avait fait savoir que pour lui le "off" était une pratique périmée, et que par conséquent, il raconterait tout. L'invitation fut annulée. Anecdote instructive car emblématique du changement de rapport de forces qui s'opère. Depuis 1958, on connait peu de journalistes se payant le luxe de refuser un petit quart d'heure "off" à l’Élysée.

Les politiques vont eux-aussi devoir s'y plier. Tout change. Dans l'entourage de DSK, certains de ceux qui préparaient la campagne qui n'aura jamais lieu, avaient déjà intégré cette dimension engendrée par le net et l'ère de l'instantanéité de l'information transparente. Il était question d'ériger le "no off" en règle d'or du candidat. Tout ce qui aurait été dit aux journalistes aurait été rapportable. Transparence totale.

Les candidats 2012 devront intégrer cette nouvelle règle du jeu et en tirer toutes les conséquences. Oui, il va falloir se contrôler en permanence, en tous lieux et toutes occasions. On verra alors si ceux qui redoutent l'arrivée du règne de la transparence en clamant que la démocratie n'y gagnera pas auront eu raison de crier "au secours Internet arrive !" comme d'autres criaient "au loup !" autrefois.

Dans le feuilleton de cette drôle de campagne 2012, le petit épisode du Sarkozy "sale mec" lancé par François Hollande (pur produit des relations politiques/journalistes à la mode du "off" de papa) est un signal supplémentaire de ce que cette élection présidentielle ne sera pas seulement un affrontement droite vs gauche, Sarkozy vs Hollande. Ce sera aussi un combat journalisme papier vs journalisme numérique, "off" vsTwitter.

Les MLP proposent de distribuer les quotidiens

Les dirigeants des Messageries Lyonnaises de Presse (MLP), face aux difficultés de Presstalis, ont proposé d'assurer la distribution des quotidiens nationaux, dans une lettre adressée au Premierministre.
"MLP est en mesure d'étudier les conditions de distribution des quotidiens nationaux d'information politique et générale, dans le cadre d'un schéma global dont les contours seraient définis avec l'ensemble des éditeurs concernés", selon la lettre.
Cette proposition intervient alors que Presstalis (ex-NMPP) tente de dissuader certains éditeurs, principalement de magazines, de transférer la distribution de leurs titres aux MLP, sur fond de crise de la distribution et de restructuration de la principale entreprise de messagerie de presse. "MLP est une messagerie qui offre une alternative solide et efficiente à la société Presstalis", écrivent-ils à François Fillon.
ETANT DISTRIBUTEUR DE PRESSE, J'APPROUVE TOTALEMENT LA DÉMARCHE DES MLP . 
PRESSTALIS EST DE MOINS EN MOINS FIABLE, SON SYSTÈME DE GESTION DES INVENDUS TROP LOURD, TROP LENT ET NOUS COÛTE CHER.

dimanche 8 janvier 2012

Philippe Douste-Blazy : "Pourquoi je rejoins aujourd'hui François Bayrou"

Voilà dix ans, je contribuais avec d'autres à la création de l'Union en mouvement au congrès de Toulouse, devenue l'UMP. Voilà cinq ans que je regarde ce mouvement grandir en prenant des orientations qui ne me conviennent pas. Voilà deux ans que je m'interroge sur ma place à l'UMP face au tournant droitier désormais assumé par l'état-major du mouvement.

L'UMP est-il encore un grand parti de centre droit, humaniste et libéral ? C'est parce que telle n'est plus ma conviction qu'il est temps pour moi de rompre le silence, de rappeler les valeurs qui sont les miennes et d'appeler à une union nationale autour de François Bayrou, candidat à l'élection présidentielle.
Compagnon de route de François Bayrou, avant de prendre un autre chemin, je sais que cette prise de position surprendra. C'est pourquoi je tiens à rappeler ce qu'était l'UMP et ce qu'elle est devenue. En 2001, plus rien ne séparait les partis gaullistes, libéraux et centristes. Les vieilles querelles de la droite semblaient derrière nous : la division, les haines personnelles, les invectives, les divergences idéologiques. Depuis le discours à Berlin de Jacques Chirac, les gaullistes avaient achevé leur mue européenne. Il était enfin possible de ressouder le couple franco-allemand, moteur d'une Europe forte. Depuis le discours de Rodez, le RPR avait pris le tournant décentralisateur. Le choix de la confiance aux collectivités locales était désormais partagé. Nos positions, nos programmes, nos propositions étaient désormais les mêmes, y compris dans les domaines économique et social ou sociétal.
Partout en Europe, s'étaient construits des partis de centre droit proeuropéen, libéraux et humanistes, parfois alliés à un petit parti conservateur, affrontant un parti social-démocrate. La France faisait encore figure d'exception, avec son parti gaulliste, ayant survécu au charisme d'un héros rassembleur issu des heures sombres de la guerre, et son Parti socialiste, marqué par une culture marxiste désespérante. L'heure d'une vie politique française plus moderne et plus apaisée était venue.
D'un point de vue tactique, chacun sait que la bipolarisation créée par la Ve République condamne le centre à n'être qu'un supplétif des deux grands partis de droite ou de gauche. A cet égard, l'élection de Valéry Giscard d'Estaing n'avait été qu'une parenthèse dans notre histoire politique.
COURSE À L'URGENCE
J'avais proposé en son temps à François Bayrou de rejoindre ce grand mouvement qui se construirait sur la base de nos idées et de nos valeurs. Il avait refusé, persuadé que la famille centriste devait rester indépendante. Il était persuadé que l'alliance des centres et des droites au sein de l'UMP ne ferait que vassaliser une fois de plus les centristes. Il avait raison. Premier secrétaire général de l'UMP au côté d'un homme aussi exceptionnel qu'Alain Juppé comme président, exemple de courage et de conviction, notre relation était équilibrée.
Je prends acte que l'UMP, depuis 2007, a pris ses distances avec ce que nous avions créé. Si ce parti existe encore pour rassembler et construire des destins, je ne retrouve pas la volonté de créer un idéal dans la même idée collective que celle de 2001.
L'UMP d'aujourd'hui s'est abîmée dans sa course permanente à l'urgence, à la surenchère, dans la poursuite du fait divers. Elle a laissé dans sa poche sa boussole principale : la personne humaine.
C'est tout l'inverse de l'action que je mène depuis 2007 en tant que secrétaire général adjoint de l'ONU en charge des financements innovants pour les pays en développement et président d'Unitaid, l'agence dédiée à la collecte des contributions de solidarité sur les billets d'avion pour lutter contre les risques sanitaires dans les pays en développement, tout particulièrement en Afrique. Avec des dirigeants mondiaux, tels Bill Clinton, Bill Gates, Lula ou Michèle Bachelet, nous sommes en charge au quotidien de la mondialisation de la solidarité. Pour autant, je ne me suis jamais désintéressé de l'avenir de mon pays.
Mais aujourd'hui, la vie politique nationale est derrière moi, je ne demande rien, je n'attends rien. Ni poste ni circonscription. Si ce n'est un engagement fort de celui qui sera élu en mai dans la mise en place d'une solidarité mondialisée. Alors que nous traversons une des pires crises mondiales de l'histoire, je ne cherche pas à fragiliser mon camp. Mais je crois pouvoir le renforcer en adoptant la démarche de clarté qui est celle qui a toujours animé mon engagement politique.
En reconnaissant à Nicolas Sarkozy sa stature et son courage, je veux réaffirmer les idées humanistes et européennes, ma croyance en l'économie sociale de marché, ma préférence pour la solidarité et la justice. C'est pourquoi, je voterai pour François Bayrou et j'invite tous les Français qui se reconnaissent dans ces valeurs à le rejoindre, lui dont la fidélité à ces convictions, et l'indépendance en font un leader apte à rassembler les femmes et les hommes de bonne volonté prêts à redresser notre pays.
Philippe Douste-Blazy, ancien ministre, ancien président du groupe UDF à l'Assemblée Nationale
MAIS ON S'EN COGNE DOUSTE !! 
ALLER OUSTE TU NOUS BLASE !!!

« Fellaporte » : la mode sexuelle délirante des Japonaises

Les Japonais ne manquent jamais d’imagination pour inventer des pratiques sexuelles ou érotiques délirantes. Avec la « fellaporte », une mode qui consiste à prendre des photos de jeunes femmes mimant une fellation sur la poignée d’une porte, les Japonaises ont toutefois repoussé les limites.




C’est la dernière mode aux quatre coins de l’archipel nippon. Des jeunes femmes posent (tout habillées) dans des poses lascives et en mimant une fellation sur une poignée de porte. Les styles varient en fonction des participantes, mais le parallèle sexuel est omniprésent.

Quel est l’objet de ce nouveau délire sexuel ? Les Japonais voient-ils les pas de portes de façon différente ? Quelques photos en tout cas pour vous familiariser avec les joies de la sexualité orientale.
LA RAISON EST SIMPLE, LE JAPON INTERDIT DE MONTRER LES POILS PUBIENS, REGARDEZ LES MANGAS POUR VOUS EN ASSURER, IL N'Y A PAS DE POIL SUR LES PUBIS DES JEUNES FEMMES.

L'histoire et le passé réinventé


Il EST entendu que Jeanne d'Arc fait partie de ce qu'on appelle « le roman national ». Elle est même l'héroïne de quelques unes de ses pages parmi les plus enlevées. Dans cette légende des siècles redorée, il s'agit davantage d'écrire un mythe fondateur, porteur de valeurs communes, que de déchiffrer « objectivement » le passé.

L'histoire « scientifique » intéresse surtout les historiens. La représentation que nous avons de notre passé regarde en revanche tout le monde, parce que c'est une des façons que nous avons trouvées pour construire une nation, la nation étant elle-même une des façons de vivre ensemble à peu près démocratiquement et pacifiquement.

Les deux reconstructions coexistent et s'entremêlent. La recherche historique rigoureuse ne réduit pas à néant la réinvention du passé, mais elle corrige progressivement ses erreurs les plus manifestes. On peut de moins en moins faire dire ce qu'on veut aux faits historiques. On n'hésite plus à réveiller des épisodes peu glorieux de l'histoire de France. On ne laisse plus aussi facilement des idéologues manipuler le passé.

On doit sans doute ce progrès aux historiens et à leurs recherches, à l'école et à l'université, mais aussi à la panne de projets qui marque nos sociétés.

L'histoire, ses événements, ses héros, ses prodiges, ses tragédies ne sont jamais tant discutés, interprétés, revisités, tirés à droite ou à gauche, que dans des périodes où la société s'affronte durement sur des possibilités d'avenir radicalement différentes. Quand le communisme était un horizon indépassable pour certains, l'histoire de France était repeinte en rouge. Quand une certaine extrême droite voulait réinstaller la monarchie en France, l'histoire de la jeune République était repeinte en noire.

On peut s'en désoler ou au contraire s'en féliciter, mais nous vivons une époque qui ne croit plus au meilleur des mondes et qui sait que son avenir ne sera pas forcément radieux. Et ce n'est pas récent. Albert Camus le disait en 1957 dans son discours de Stockholm, lorsqu'on lui remit le prix Nobel de littérature : « Chaque génération, sans doute, se croit vouée à refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le fera pas. Mas sa tâche est peut-être plus grande. Elle consiste à empêcher que le monde se défasse. » Empêcher que le monde ne se défasse suppose qu'on sache de quel monde on parle, et donc qu'on connaisse son passé. Non pas tel qu'on voudrait qu'il fût pour le mettre au service d'une cause, mais tel qu'il est réellement. Ni vraiment beau, ni franchement laid. Une vision de l'histoire qui supporte de moins en moins les messages simplificateurs et les récupérations politiques.

Quand une certaine extrême droite voulait réinstaller la monarchie en France, l'histoire de la jeune République était repeinte en noir.

François Hollande : "J'abrogerai la TVA sociale"

Le candidat socialiste a présenté ses voeux aux Corréziens, samedi soir. Et il a réaffirmé un de ses engagements de campagne.
De Tulle, le parallèle est facile. "C'est un Corrézien qui avait succédé à François Mitterrand en 1995. Je veux croire qu'en 2012 ce soit un autre Corrézien qui reprenne le fil du changement." De Tulle, où il a adressé ses voeux puis tenu un meeting, François Hollande a multiplié les allusions à sa "greffe" corrézienne opérée il y a tout juste trente ans. "Je sais ce que je vous dois, a plusieurs fois rappelé le président du conseil général. C'est parce que j'ai fait ici en Corrèze un chemin que je peux le proposer au pays tout entier. J'ai une dette vis-à-vis de vous."

Ce chemin, François Hollande l'a encore une fois martelé dans le centre sportif de Tulle, un gymnase moderne équipé de la désormais fameuse estrade à fond bleu : "l'espérance", "l'espoir redonné à la jeunesse", notamment par la recréation de postes dans l'enseignement, le retour à l'équilibre des finances publiques d'ici à cinq ans, une nouvelle étape dans la décentralisation, la suppression de la plupart des niches fiscales, etc.

"Vous avez aimé Jacques Chirac ?"

Samedi soir, François Hollande s'est aussi engagé à "abroger" la TVA sociale si elle était adoptée et s'il était chef de l'État en mai prochain. Avant, il y aura le combat électoral, que le candidat socialiste prépare avec soin. Un coup à gauche - "J'ai beaucoup de respect et de considération pour les autres formations de gauche, mais ma responsabilité est de permettre à la gauche tout entière d'être présente au second tour " -, plusieurs coups à droite - "La droite, au fond, d'elle-même n'accepte pas l'alternance" ou "Voilà la trace de Nicolas Sarkozy : la dette".
Aujourd'hui, François Hollande n'est pas allé en Haute-Corrèze, terre d'élection chiraquienne toujours ancrée à droite. Il avait pourtant un slogan pour convaincre ses habitants : "Vous avez aimé Jacques Chirac, vous adorerez François Hollande."
ET BLABLA SUR BLABLA, IL EST À TULLE COMMENT VEUX TU QU'IL NE T'ENCULE ??

Les bookmakers anglais recommencent à miser sur Sarkozy

Il y a des signes qui ne trompent pas. Et l’évolution des cotes en vue de la présidentielle des principaux bookmakers anglais en disent plus longs que tous les sondages du monde. Si François Hollande continue à faire la course en tête, la cote de Nicolas Sarkozy a fait un bond ces dernières semaines et les professionnels des paris recommencent à croire en ses chances de victoire.

Face aux mauvais sondages et aux chiffres apocalyptiques de l’emploi et de la croissance, Nicolas Sarkozy pourra au moins se raccrocher aux mises des maisons Ladbrokes et William Hill, les deux principaux bookmakers de la Perfide Albion. En l’espace de quelques jours, la cote du président a fait un bond spectaculaire de 3 à 2,37.
Certes François Hollande demeure le favori des parieurs britanniques (1,72), mais l’écart se resserre dangereusement pour le champion socialiste… Mais en quoi ces chiffres peuvent-ils s’avérer intéressants et pourquoi ils rassurent l’Elysée ?
Tout simplement parce que les bookmakers, à la différence des sondeurs, jouent leur argent et disposent par conséquent d’un panel plus étendu que les enquêtes d’opinion pour établir leurs cotes. C’est donc l’ensemble du contexte et une vue prospective qui s’impose là où les sondeurs ne s’intéressent qu’à l’opinion du moment.
Des données peut-être un peu illusoires, mais en ces temps pré-électoraux, les politiciens se raccrochent à ce qu’ils peuvent…

TVA sociale, bouc émissaire électoral

Malgré les critiques émises un peu partout, et au sein même de la majorité, le Premier ministre a déclaré jeudi, à propos de la TVA sociale (Présent du 5 janvier), que les décisions seraient prises « à la fin janvier », soit après le sommet social prévu le 18, et que la réforme serait « soumise au Parlement en février ». « Oui nous devons faire évoluer l’assiette sur laquelle repose le financement d’une partie de notre protection sociale, a déclaré François Fillon. Nous ne devons nous interdire aucun débat, nous avons besoin d’entendre les partenaires sociaux, mais (…) notre but est clair : notre fiscalité doit favoriser la création d’emplois productifs sur notre territoire. »

Dans le principe effectivement, la TVA sociale consiste à alléger le poids des cotisations sociales, salariales et patronales, pour le transférer sur la TVA qui pourrait donc être majorée de plusieurs points. On libère donc le travail des charges qui pèse sur lui, pour les faire subir par la consommation. Au point de départ, cela favorise le pouvoir d’achat – mais le restreint à l’arrivée. L’Allemagne, qui a fait ce pari, ne semble pas s’en tirer trop mal. D’autant que la TVA frappe aussi bien les produits de l’étranger que les nôtres. Nos exportations libres de TVA ne sauraient directement en pâtir. Il est vrai que pour les entreprises qui ont préféré, ces dernières années, délocaliser à l’étranger, la question importe peu…

Quoi qu’il en soit, et le débat actuel le prouve, la réponse semble devoir être essentiellement électorale. La taxe est une mal aimée, et toute augmentation de TVA est donc regardée d’un mauvais œil par les consommateurs. Qui, d’ici cent jours, seront des électeurs…

Ainsi Marine Le Pen, dont le discours de campagne se veut très social, y voit donc une TVA patronale. Et l’équivalent d’un troisième plan de rigueur. Même si, par le passé, le FN a pu y voir une piste intéressante de réflexion… Elle est d’ailleurs loin d’être la seule à se méfier de cette mauvaise image de marque. Quand ils ne la dénoncent pas, les autres candidats fuient cette patate chaude comme la peste.

Le problème est que, en période électorale, il est impossible pour un candidat de se prononcer pour des solutions lentes, dont les effets ne se feraient sentir qu’au fil des mois, voire des années. L’électeur aurait tôt fait de sanctionner le parti au pouvoir en estimant qu’il n’a rien fait. L’inaction ne vaut rien à un président qui se rase de près tous les matins. Mieux vaut n’avoir pas réussi que paraître n’avoir rien fait…

L’autre face de la difficulté semble bien être que, dès que l’on évoque les questions économiques, on tombe sur la dette. Une poudrière pour l’actuel chef de l’Etat, puisque la dette publique de la France, qui oscillait autour de 1 200 milliards d’euros à son arrivée à l’Elysée, flirte désormais avec les 1 700 milliards. Encore ne s’agit-il là que de la dette au sens de Maastricht, qui ignore notamment l’ensemble des passifs financiers.

Sur ce plan-là, le moins que l’on puisse dire, c’est que Paris ne fait pas figure d’opérateur vertueux. Ainsi la France a-t-elle réussi jeudi sa première émission obligataire de l’année, pour un montant de près de huit milliards, à 3,29 % (au lieu de 3,18 % lors de la dernière émission 2011), aggravant ainsi sa dette. Et n’arrivant pas à rassurer, au passage, les marchés…

Les adversaires présumés de Sarkozy ont donc bondi sur la TVA sociale, un peu comme sur une peau de banane qu’il conviendrait de placer sous les pas du chef de l’Etat. Le serein Hollande rappelle à qui veut entendre qu’il y est opposé.

Dominique de Villepin s’inquiète de « l’illusion d’un remède miracle », et du risque qu’il y a à « brûler nos meilleures cartouches sans viser la cible ».

Quand aux syndicats, ils dénoncent tout simplement une mesure anti-sociale, à même de grever le sommet social dans dix jours.

Il est vrai que les sondages qui évoquent ce point donnent les deux tiers des Français opposés à une telle mesure. Il n’est donc guère difficile pour nos partis et syndicats de se positionner…

Il n’en reste pas moins que la question de fond est celle d’une consommation atone, et donc celle de la croissance, généralement estimée, dans le meilleur des cas, à 0,5 % pour l’année qui commence. Quand les commerçants parient sur les soldes au lendemain de Noël, ils en font la triste démonstration.

Hollande et socialisme : les vérités de Jean-Luc Mélenchon

Jean-Luc Mélenchon, le meilleur atout de Nicolas Sarkozy pour la prochaine présidentielle, a expliqué dans un entretien avec l’AFP que les vrais socialistes voteraient pour lui et non pour François Hollande. Une déclaration qui sonne particulièrement juste quand on sait que derrière la posture de gauchiste du communisticide se cache un socialiste pur sang…

La démagogie sans borne de Jean-Luc Mélenchon le pousse donc à attaquer les moindres traces de réalisme économique dans le projet de François Hollande. En se drapant dans le costume du révolutionnaire, du Che Gevarra à la française, le comédien Jean-Luc Mélenchon a fait oublier aux observateurs son histoire et sa réelle position politique, celle d’un socialiste libéral qui a appartenu au gouvernement de Lionel Jospin spécialiste des privatisations.
Voici donc un petit florilège des attaques de l’ancien sénateur socialiste envers François Hollande :
« C’est le cri d’alarme que je lance: si la gauche ce n’est pas la retraite à 60 ans, l’augmentation des petits salaires et plus de démocratie, c’est quoi au juste? »
« Quand le candidat de gauche qui est à 30% dans les sondages pense qu’il faut de l’austérité comme le candidat de droite, tous les repères sont brouillés et pour nous le travail est plus difficile. L’arme de conviction massive des chefs socialistes c’est le trouillomètre du vote utile. Mais cette élection est d’une volatilité inouïe. Ceux qui rejettent tout le système n’ont jamais été aussi nombreux. En toute hypothèse, déjà, il n’y pas de victoire de gauche possible sans le Front de gauche ».
« Quand on a un cœur et une tête socialistes, on est plus proches de Mélenchon que de Hollande ».
« Je suis le candidat de la gauche traditionnelle. Je suis autant le candidat des électeurs socialistes que François Hollande et, à certains égards, davantage. Quand on a un cœur et une tête socialistes, on est plus proches de Mélenchon que de Hollande, ils sont nombreux à me le dire. Il veut donner un sens à la rigueur, je veux donner un sens à la gauche ».
« Les partis du Front de gauche se prononceront puis je m’exprimerai le dernier. A titre personnel je le répète, je ne siègerai dans aucun autre gouvernement que celui que je dirigerai. Et je préviens: aucun accord d’appareil d’aucune sorte ne pourra tordre le bras des Français ».
En bref, Mélenchon est le seul à représenter la gauche et les militants socialistes devraient logiquement voter pour lui. Espérons que ce socialiste mou, transformé en révolutionnaire pourfendeur de journalistes et de puissants en tous genres par ambition politicienne, tienne pour une fois ses engagements et n’entre jamais plus dans aucun gouvernement français…

Un jeu de massacre ?

À une centaine de jours du premier tour de l’élection présidentielle, le 22 avril prochain, tous les scénarios semblent possibles. Dans un climat de récession économique, de hausse du chômage et d’austérité budgétaire, le combat s’annonce impitoyable.

arement l’issue d’un scrutin présidentiel aura été aussi imprévisible, soulignent les politologues : le pessimisme et même la démoralisation des Français, démontrés par toutes les enquêtes et accentués par une crise financière et économique sans précédent, peuvent produire «un jeu de massacre» du type 21 avril 2002, où le candidat PS Lionel Jospin avait été éliminé au premier tour, laissant le président sortant Jacques Chirac face à Jean-Marie Le Pen (FN).
Depuis plusieurs mois, le socialiste François Hollande est placé en tête des intentions de vote, atteignant un sommet au cours de la primaire de son parti en octobre. Depuis, il a cédé du terrain, tombant sous les 30 % d’intentions de vote, mais devançant toujours Nicolas Sarkozy (entre 24 et 26 %).
François Bayrou (MoDem), crédité de 11 à 14 % des suffrages, est celui qui profite le mieux de la forme moyenne des deux favoris.

«La cristallisation, le débat sur le fond, aura lieu plus tard qu’en 2007»

Marine Le Pen (FN)est ancrée à la troisième place avec 16 à 20 %. Classé comme elle dans le camp «protestataire» mais à l’opposé de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon (Front de Gauche) suit son bonhomme de chemin (7 % environ), tandis que l’écologiste Eva Joly (4 à 5 %) et Dominique de Villepin (1 à 3,5 %) restent dans de basses eaux.
La parenthèse de la bipolarisation entre François Hollande et Nicolas Sarkozy «semble donc s’être refermée», estime Frédéric Dabi, de l’Ifop. Si leur recul dans les sondages se confirme, de même que la progression de Marine Le Pen et de François Bayrou, «la campagne pourrait prendre une nouvelle tournure, passant de l’opposition classique et attendue entre une droite sortante et une gauche d’alternance, à un jeu à trois, voire à quatre, susceptible de changer les perspectives d’accession au second tour».
Pour Pascal Perrineau, directeur du Centre d’études de la vie politique (Cevipof), le ton de la campagne, loin des préoccupations des Français, «risque de décevoir les électeurs». De fait, 84 % d’entre eux considèrent que, pour le moment, la campagne est «surtout l’occasion de petites phrases et d’attaques personnelles», selon un sondage TNS-Sofres.
«On a l’impression qu’il y a un déficit de l’importance des enjeux financiers, sociaux, sociétaux… Le débat s’enlise dans des petites phrases, des postures, et ne parvient pas à se poser autour des vraies questions. Je crains qu’à servir ce spectacle on ne renforce le vote protestataire ou l’abstention», analyse et prévient Pascal Perrineau.
Bruno Jeanbart, d’OpinionWay, relève que l’on est dans une campagne d’attente «au moins jusqu’en février-mars : Nicolas Sarkozy ne va pas se déclarer avant et François Hollande n’a pas intérêt à dévoiler son programme d’ici là. La cristallisation, le débat sur le fond, aura lieu plus tard qu’en 2007».
Le contexte économique, financier, international, peut se dégrader très rapidement et «n’est pas favorable à l’adhésion à de grands projets», ajoute-t-il. D’où la stratégie d’attentisme des candidats : «On démonte d’un côté le bilan du président sortant, on critique de l’autre le camp d’en face, et on est prudent sur les annonces.»
Toutefois, le retard de M. Sarkozy dans les sondages, ainsi que la pression de Marine Le Pen et de François Bayrou, semblent avoir poussé le chef de l’État à passer la vitesse supérieure, comme en témoignent le sommet social du 18 janvier et les annonces sur la TVA sociale et la taxe sur les transactions financières.
D’autant que, selon un baromètre de l’Ifop sur la popularité des présidents sortants de la V e République quatre mois avant la présidentielle, Nicolas Sarkozy est le plus mal placé : 66 % de mécontents, suivi par Valéry Giscard d’Estaing (46 % en décembre 1980), Jacques Chirac (36 % en décembre 2001), François Mitterrand (30 % en décembre 1987) et Charles de Gaulle (25 % en août 1965).

Ça se resserre entre Hollande et Sarkozy

L’écart se réduit entre François Hollande et Nicolas Sarkozy. En hausse de deux points, le président candidat démarre mieux 2012 que son rival socialiste, selon le premier sondage Ifop/JDD de l’année. 

Plus que deux points de retard pour Nicolas Sarkozy. A 106 jours du premier tour de l’élection présidentielle, le président candidat (26%) talonne François Hollande (28%), qui démarre toutefois l’année en tête. Mais l’avance du candidat socialiste fond comme neige au soleil. Tous les scénarios semblent possibles à l’orée d’une campagne qui promet un grand suspense.

Sarkozy réussit ses vœux

Deux petits points et tous les espoirs sont désormais permis pour le futur candidat UMP, qui était totalement largué dans les mêmes sondages il y a encore deux mois. Certes, la situation demeure inédite dans l’histoire de la Vème République puisque jamais un président sortant n’a été devancé au premier tour. Mais Nicolas Sarkozy revient de loin. Après la victoire de François Hollande à la primaire socialiste, le chef de l’Etat était devancé de dix points. A la mi-novembre, il était encore pointé 6,5 points derrière le député de Corrèze. Et dans notre dernière enquête à la mi-décembre, il concédait toujours 3,5 points.
Ce resserrement est donc une belle surprise pour Nicolas Sarkozy. Il poursuit son redressement en progressant chez les retraités et repousse le danger Marine Le Pen. En recul (-1), la candidate FN accuse désormais sept points de retard.
La volonté réformatrice affichée par le président lors de ses vœux du 31 décembre semble récompensée. L’annonce de la mise en œuvre de la TVA sociale et son projet de réforme radicale de l’école (fin du collège unique et remise en cause du statut des enseignants), deux mesures impopulaires, n’entament pas sa cote. C’est même exactement le contraire qui se produit. Petit à petit, Nicolas Sarkozy semble rassembler son camp.

L’effet "sale mec"

Avec une très légère progression (+0,5%), le candidat socialiste stoppe l’hémorragie par rapport à nos précédentes enquêtes. « Ses marges semblent plus faibles. Le début d’année de François Hollande semble perturbé par l’affaire du sale mec (ndlr, cette expression attribuée à François Hollande lors d’un déjeuner avec des journalistes) », relève Frédéric Dabi, directeur adjoint de l’Ifop. L’activisme du candidat socialiste depuis le 31 décembre – un meeting, trois déplacements, une lettre dans la presse et le 20 heures de France 2 – ne permet pas au député de Corrèze d’enclencher la marche en avant.
Le plus embarrassant pour la gauche, c’est son total de voix qui passe de 41,5% en novembre à 38% en ce début d’année. Une baisse qui explique en partie le resserrement constaté au second tour. Si l’élection avait lieu dimanche, François Hollande l’emporterait avec 54% des voix contre 46% pour Nicolas Sarkozy. Il s’agit du plus faible écart constaté toutes enquêtes confondues. Selon l’Ifop, 40% des électeurs de Marine Le Pen et un tiers de ceux de François Bayrou refusent pour l’instant de se prononcer pour le second tour.

Le Pen recule, Bayrou confirme

Si Marine Le Pen recule légèrement, elle conserve la troisième place devant François Bayrou, qui confirme sa remontée. En hausse d’un point, le candidat centriste récupère enquête après enquête son électorat de 2007. Quelque 48% se disent prêts à revoter pour lui. François Hollande n’en prend plus que 17%. Derrière, les autres candidats sont réduits à des rôles de figurants. Tout le monde baisse : Jean-Luc Mélenchon et surtout Eva Joly dont la campagne brouillonne devient de plus illisible. La bipolarisation très forte en ce début d’année laisse peu d’espace aux petites candidatures : de Jean-Pierre Chevènement à Nicolas Dupont-Aignan en passant par Hervé Morin et Dominique de Villepin déjà en baisse trois semaines après son démarrage. 
LES SOCIALISTES N'ONT RIEN À PROPOSER DE TANGIBLE, 
LE RÉALISME N'EST PAS DE LEUR CÔTÉ. 
CHAQUE PROMESSE QUE FERA HOLLANDE SERA UN MENSONGE, SURTOUT S'IL PARLE DE CRÉER DES EMPLOIS, SURTOUT S'IL VEUT ENCORE FAVORISER L'IMMIGRATION, TAXER LE CAPITAL, QUI A DÉJÀ FOUTU LE CAMPS LORS DES 35 HEURES DE MITT-AUBRY (soufflé par DSK)
HOLLANDE ET TOUTE LA CLIQUE FABIUS, SAPIN, JOSPIN, AUBRY ( la plus dégradée de tous), ET LES VERTS QUI S'INVITERONT À LA NOCE, TOUT ÇA POUR EN FAIRE QUOI ?
RIEN. 
 LE SOCIALISME EST MORT, HOLLANDE PARLE DE CHANGEMENT, QU'IL CHANGE LUI-MÊME CE PARTI QU'IL A PRÉSIDÉ PENDANT ONZE ANS SANS Y RIEN CHANGER DU DOGMATISME QUI L'HABITE DEPUIS TOUJOURS. NON LES SOCIALISTES SE COMPORTENT COMME DES SNIPPERS AYANT UN CONTRAT ANTI-SARKOZY, C'EST LEUR SEULE MOTIVATION: TUER SARKOZY

samedi 7 janvier 2012

"Le modèle chinois ébranle les certitudes américaines"

New York, correspondant - Installé depuis 2005 à New York, Ian Buruma est devenu l'un des intellectuels les plus en vue aux Etats-Unis. Il collabore à la New York Review of Books, au New York Times et au New Yorker. Polyglotte (néerlandais, anglais, allemand, chinois, japonais et français, quoi qu'il en dise), il a été l'éditeur des pages culturelles de la Far Eastern Economic Review, à Hongkong, et de The Spectator, à Londres. Aujourd'hui professeur de démocratie, droits de l'homme et journalisme à l'université Bard - "façon de dire que j'enseigne ce que je veux, c'est le charme du système universitaire américain", dit-il en riant -, il est un auteur polyvalent et prolifique. Nous avons interrogé cet intellectuel à focale large, prix Erasmus 2008, sur sa spécialité initiale : la Chine et l'Extrême-Orient.

Votre itinéraire vous place au carrefour de l'Asie, de l'Europe et de l'Amérique. En quoi cela influence-t-il votre regard sur le monde ? Mon père est néerlandais, ma mère anglaise d'origine juive allemande. L'Asie puis l'Amérique se sont ajoutées un peu par hasard. Très jeune, étudiant en langue et littérature chinoises, j'étais un cinéphile. Un jour, j'ai vu à Paris Domicile conjugal (1970), de François Truffaut. Le personnage d'Antoine Doinel y tombe amoureux de la Japonaise... et moi aussi ! A l'époque, aller en Chine était impossible. Je me suis donc tourné vers le Japon, où j'ai étudié le cinéma et participé à la troupe de danse Dairakudakan. L'Amérique est venue à moi tardivement, quand on m'a proposé d'y enseigner. Je me sens toujours plus européen qu'américain. Un Européen marié à une Japonaise et parfaitement chez lui à New York, la ville de la mixité.
Vous êtes progressiste et un produit typique du multiculturalisme. Pourquoi dénoncez-vous la "courte vue" des progressistes sur l'islam ? Je ne suis pas "progressiste". C'est ce pays tellement conservateur que sont les Etats-Unis qui m'a beaucoup poussé à gauche ! Je l'étais moins en Europe et en Asie. Je n'ai jamais admis les complaisances de gens de gauche pour toutes sortes de potentats sous le prétexte d'accepter les différences. Et je suis opposé à l'idéologie du multiculturalisme. Lorsque le terme décrit une réalité, il me convient. Sur le plan factuel, je suis multiculturel. Mais l'idée que les gens doivent impérativement préserver toutes leurs racines est absurde. Dans le cas célèbre d'un crime d'honneur commis en Allemagne, où le juge avait estimé que le criminel avait des circonstances atténuantes en raison de sa culture d'origine, je considère qu'il a tort.
Il y a des choses plus importantes que la culture. Je n'admets pas l'argument culturel pour justifier l'excision. En même temps, je suis plus tolérant que la loi française pour l'affichage des symboles religieux. Qu'une policière ou une enseignante soit interdite de porter le niqab dans ses fonctions, oui. Une personne dans la rue, non. Ce type d'interdiction n'est qu'une façon de dissuader des gens impopulaires d'adhérer à une religion impopulaire.
La peur des Japonais était très forte il y a vingt-cinq ans aux Etats-Unis. Comment expliquez-vous qu'un même phénomène soit aujourd'hui dirigé contre la Chine ? Les deux phénomènes ne sont pas similaires. Ce qui faisait peur aux Américains il y a une génération, c'était la visibilité des Japonais : Mitsubishi rachetait le Rockefeller Center, Toyota déboulait, etc. Leurs marques étaient très visibles. De plus, dans l'histoire américaine, les Japonais sont suspects. Aujourd'hui, les Américains se disent que, si les Chinois parviennent à la puissance qu'avaient les Japonais, ils seront bien plus dangereux. Mais, sur le fond, la menace nipponne avait été grandement exagérée et la menace chinoise l'est tout autant. D'abord, l'absence de liberté intellectuelle en Chine reste un obstacle très important pour son développement. Ensuite, l'intérêt des deux parties à préserver des liens l'emportera sur les forces poussant au conflit.
Quelle est la part de réalité et de fantasme dans cette tension montante ? Par fantasmes, vous entendez peur. Elle est fondée : la montée en puissance de la Chine ne pourra que réduire le pouvoir et l'influence américaine dans le monde. Après 1945, les Etats-Unis sont devenus le gendarme de l'Asie. Ce n'est plus le cas. Des peurs populistes sont également fondées sur des motifs socio-économiques. Mais je ne pense pas qu'elles atteignent le niveau des peurs antinippones de la fin des années 1980. Et les craintes de l'influence économique chinoise sont surtout concentrées dans les Etats de la vieille économie, où l'industrie lourde est en déclin.
Un sondage de l'Institut Pew a montré que les Américains croient que la Chine est devenue la première puissance économique mondiale. Or elle reste loin des Etats-Unis. C'est un fantasme typique... C'est une combinaison d'ignorance et de peurs, exploitées par des chroniqueurs de radios dans le but de blâmer Barack Obama. Mais je le répète : le déclin des Etats-Unis est un fait, comme la montée en puissance économique de l'Asie. Ce déclin génère un choc, dont il ne faut pas s'alarmer inconsidérément. Au début du XXe siècle, l'invention du personnage de Fu Manchu (sorte de génie du Mal incarnant le "péril jaune") avait provoqué un arrêt de l'immigration sino-nipponne en Amérique qui avait même eu un impact en Europe. A suivi la menace communiste, qui était, pour les Etats-Unis, loin d'être aussi réelle qu'on l'a présentée. Mais même la CIA y a sincèrement cru.
Les Etats-Unis sont un pays qui vit sous la peur constante de puissances extérieures qui menaceraient de faire disparaître son espace sécurisé. Ce pays a bâti et a été bâti par une société d'immigrés mais, dans le même temps, il pourchasse ces immigrés pour se protéger. Comme la France, du reste. Et, comme les Français, les Américains s'estiment porteurs d'une mission civilisatrice universelle. Or le "modèle chinois" ébranle leurs certitudes.
Est-ce parce que les Américains fondent leur économie sur l'idée que la liberté est le meilleur garant du succès, alors que les Chinois ont une croissance très supérieure avec un régime dictatorial ?
C'est exactement ça. Ce mélange chinois réussi de capitalisme et d'Etat fort est plus qu'une remise en cause, il est perçu comme une menace. Je ne vois pourtant pas monter une atmosphère très hostile à la Chine dans l'opinion. Depuis un siècle, les Américains ont toujours été plus prochinois que pronippons. Les missions chrétiennes ont toujours eu plus de succès en Chine qu'au Japon. Pour la droite fondamentaliste, ça compte. Et, dans les années 1980, des députés ont détruit des Toyota devant le Capitole ! On en reste loin.
Et le regard des Chinois sur les Etats-Unis, comment évolue-t-il ? Tout dépend de quels Chinois on parle, mais, pour résumer, c'est attirance-répulsion. Surtout parmi les classes éduquées qui rêvent d'envoyer leurs enfants dans les universités américaines et en même temps peuvent être emplies de ressentiment à l'égard d'une Amérique qu'elles perçoivent comme hostile, pour beaucoup à cause de la propagande de leur gouvernement. Du communisme comme justificatif du pouvoir il ne reste rien. Le nouveau dogme est un nationalisme fondé sur l'exacerbation d'un sentiment victimaire vis-à-vis du Japon et des Etats-Unis. En Chine, à Singapour, en Corée du Sud, on constate une forte ambivalence typique de certaines élites, par ailleurs fortement occidentalisées, pour qui le XXIe siècle sera asiatique. Dans les années 1960, au Japon, a émergé une nouvelle droite ultranationaliste, dont les représentants les plus virulents étaient professeurs de littérature allemande ou française. Ils voulaient se sentir acceptés, légitimes en termes occidentaux, et se sentaient rejetés. C'est ce que ressentent aujourd'hui les nationalistes chinois.
En 2010, vous avez écrit que la Chine est restée identique sur un aspect essentiel : elle est menée par une conception religieuse de la politique. Serait-elle politiquement soumise à l'influence du confucianisme, comme l'espace musulman le serait par le Coran ? Dans le cas chinois, il ne s'agit pas que de confucianisme ; le maoïsme était identique. Il n'y a aucune raison pour que les musulmans ne puissent accéder à la démocratie tout en préservant leur religion. La Turquie, l'Indonésie l'ont fait. La Chine le pourrait tout autant. Des sociétés de culture sinisante comme Taïwan ou la Corée du Sud ont montré qu'un changement est possible. L'obstacle à surmonter, en Chine, est que le confucianisme rejette la légitimité du conflit. L'harmonie est caractérisée par un ordre social ou règne l'unanimité. Donc la plus petite remise en cause apparaît instantanément menaçante.
Qu'est-ce qui pourrait déclencher un processus démocratique en Chine ? Le plus grand obstacle est l'alliance entre les élites urbaines et le Parti communiste. Les deux ont peur de l'énorme masse paysanne ignorante. Ces élites ont une telle histoire récente de violence et une telle peur d'un retour du chaos qu'elles préfèrent un ordre qui leur assure la croissance, au risque d'avancer vers la démocratie. Pour le pouvoir, la grande faiblesse de ce système est que, le jour où l'économie cesse de croître et que l'enrichissement des élites urbaines s'arrête, l'édifice s'écroule. Dans ce cas, tout pourrait advenir, d'une alliance entre démocrates, ressortissants des nouvelles élites, et une fraction du parti, jusqu'à un coup d'Etat militaire.

Dette grecque: Un conseiller allemand prône une plus forte décote

La décote de 50% prévue par le programme d'échange de titres obligataires grecs ne suffira pas à remettre la dette d'Athènes sur une base stable, estime un conseiller du ministre allemand de l'Economie dans une interview à un journal grec.

Les banques et les fonds d'investissement négocient avec Athènes les termes de l'échange de titres censé ramener le ratio de la dette grecque de 160% du produit intérieur brut, actuellement à 120%, d'ici 2020.

Cette mesure est le principal pilier du deuxième plan de sauvetage arrêté avec Athènes, d'un montant de 130 milliards d'euros.

La "participation du secteur privé" implique que les investisseurs privés détenant de la dette grecque et ayant accepté de participer à ce programme accepteront une décote de 50% sur la valeur de leurs avoirs, en échange d'un mélange de nouveaux titres et de numéraire.

Dans une interview à l'édition dominicale du journal grec Te Vima, l'universitaire Clemens Füst, conseiller du ministre Wolfgang Schäuble, a estimé que le niveau de la décote devait être plus élevé.

"Ce taux partait du principe qu'il serait accompagné d'un programme de consolidation économique de long terme, qui aurait ramené la dette à 120% du PIB annuel d'ici 2020", a-t-il déclaré.

"Mais une telle réduction ne suffira pas. La dette était déjà de 120% au début de la crise. Donc, la décote doit être supérieure à 50%."

Athènes demande le volontariat des investisseurs afin d'éviter le déclenchement d'un 'événement de crédit', qui signifierait que la Grèce n'est plus en mesure de rembourser ses créanciers.

Selon Füst, cette précaution met l'ensemble du processus en péril et il serait préférable que le programme soit obligatoire.

"De mon point de vue, la Grèce a déjà fait défaut. Je pense que le mieux serait d'admettre honnêtement que l'Etat grec ne peut honorer ses dettes. Ainsi, nous pourrions obtenir un meilleur accord."

Le spectre de la faillite revient en Grèce

Janvier s'annonce comme décisif à Athènes avec les négociations sur la décote grecque et le second plan d'aide de l'UE et du FMI. Si l'un de ces deux sujets ne donne pas de résultat positif, la Grèce sombrerait dans le défaut de paiement et la sortie de l'euro.

La Grèce, qui s'enfonce pour la cinquième année consécutive dans la récession, entame 2012 en faisant face, comme en 2010 et en 2011, au spectre brandi par ses créanciers et le gouvernement d'un défaut de paiement et d'une éventuelle sortie de la zone euro dès le mois de mars. En attendant la vraie rentrée du 9 janvier, après l'Epiphanie orthodoxe de vendredi, le Premier ministre Lucas Papademos s'est employé cette semaine à poser le décor d'une nouvelle année de souffrances.
Janvier sera le mois de tous les risques, le pays devant à la fois boucler les négociations avec ses créanciers privés appelés à effacer quelque 100 milliards de dette, et avec ses bailleurs de fonds publics, UE et FMI, en vue du versement d'une nouvelle tranche d'aide vitale pour le pays avant fin mars. "L'accord sur la réduction de la dette (...) ne peut pas être conclu et mis en oeuvre sans une conclusion des négociations pour un nouveau programme économique avec les pays européens et les organisations internationales qui nous financent. Aucun accord n'est indépendant, l'un est la condition de l'autre" a martelé M. Papademos jeudi, estimant que les "prochains trois mois" allaient être "particulièrement cruciaux".
En vue de l'arrivée prévue le 16 janvier à Athènes de la troïka représentant les créanciers, le Premier ministre avait aussi mis en garde mercredi contre un "défaut (de paiement) incontrôlé" auquel la Grèce pourrait faire face en mars - quand quelque 14 milliards d'obligations arriveront à expiration selon la presse - si patronat et syndicats ne s'entendent pas pour réduire les coûts du travail en vue de stimuler la compétitivité.
Après deux ans de mesures d'austérité qui ont touché principalement le secteur public, les bailleurs de fonds renforcent de fait leurs pressions pour obtenir la "dévaluation intérieure" jugée nécessaire par les décideurs économiques pour que le pays puisse un jour supporter seul le poids de sa dette. "Soit nous resterons dans la zone euro, abaissant ainsi le niveau de vie de tous nos citoyens, soit nous la quitterons, ce qui nous ferait reculer de plusieurs décennies", a averti en début de semaine le directeur de la Banque nationale de Grèce (BNG), Vassilis Rapanos.
A en croire tous les sondages, les Grecs ne considèrent pas l'alternative : s'ils rechignent à l'austérité, ils n'en soutiennent pas moins, à une majorité de plus des trois quart, le maintien dans l'euro, que le gouvernement qualifie pour sa part de "choix stratégique". "Nous ne pouvons pas escompter que d'autres Etats de l'Union européenne et les organisations internationales continuent à soutenir financièrement un pays qui ne s'adapte pas à la réalité et ne traite pas ses problèmes", a averti le Premier ministre.
En ligne de mire, selon la presse, le salaire minimum, actuellement fixé à 751,39 euros brut par mois, dont la revalorisation de 1,6% en juillet 2011 prévue par la convention nationale collective, a été critiquée dans la dernière revue de l'économie grecque menée par l'UE. Dans son dernier rapport sur la Grèce publié le 30 novembre, le FMI soulignait également que "l'indexation du salaire minimum sur le taux d'inflation dans l'Union européenne" est un "mécanisme en décalage avec l'inflation basse attendue et le besoin de restreinte salariale en Grèce".
La grande centrale syndicale du privé, GSEE, a toutefois rejeté mercredi toute baisse des salaires et insisté sur le respect des conventions salariales. "Nous ne sommes pas disposés à céder le moindre pouce sur le salaire garanti des travailleurs pauvres", a déclaré à la presse son chef, Yiannis Panagopoulos. Mais la pression est loin de porter uniquement sur les salaires. Les auditeurs du pays éplucheront aussi le bilan des économies budgétaires, l'avancée des privatisations, et la mise en oeuvre des réformes structurelles, dont celle, déja votée mais restée en souffrance, libéralisant une liste de professions protégées allant des camionneurs aux pharmacies en passant par les avocats.

Journal de campagne: TVA sociale, SeaFrance et polémique Hollande



Oser

Notre Président ose tout. C’est même à ça qu’on le reconnaît, depuis tout petit. À chaque fois, les gens raisonnables lui prédisent le désastre, qu’il n’a d’ailleurs pas toujours évité. Mais à chaque fois, il revient, décidé à oser plus pour gagner plus. Et en ce début d’année, notre Président ose à nouveau tout. Par exemple, imposer le vote d’une hausse d’impôt, la TVA sociale, à deux mois de l’élection. Contre sa majorité, contre une majorité de Français. Une mesure de « sale mec », dirait l’autre, à peine entré d’un demi-orteil dans son Rubicon. Pour faire bon poids, notre Président promet aussi de créer sa taxe sur les transactions financières tout seul comme un grand – un coup à gauche. Cela juste après avoir joué les dévots de la Pucelle – un coup à la droite de la droite. En clair, il ose prétendre nous refaire le coup de 2007. Oui, il ose, et c’est même à ça qu’on le reconnaît candidat.

La femme de l’année

On ne va tout de même pas pousser des cris de vierge effarouchée parce que le Président de la République a fait le voyage de Vaucouleurs pour célébrer le 600 ème anniversaire de la naissance de Jeanne d’Arc!

Que le chef de l’État honore la Pucelle, quoi de plus naturel? Elle incarne ce visage mythifié dans lequel chaque Français peut reconnaître une partie, magnifiée, de son identité historique. Elle personnifie - on l’a assez répété en boucle toute la journée d’hier - l’audace, la révolte, l’indépendance... Autant de substantifs qui apportent au pays cette féminité à la fois sauvage et indomptable. Une éternité charnelle en cotte de mailles à laquelle s’abandonne, confiant, voire extatique, le corps de la nation.

Tête nue, cette féministe avant l’heure était d’un modernisme échevelé, bravant - au XV ème siècle - l’autorité incontestée des hommes quand ses contemporaines étaient confinées dans un rôle et un statut parfaitement subalternes, sinon tout à fait inférieurs.

Cauchon a eu des successeurs, hélas. Il a fallu que, même libérée par les flammes de toute manipulation terrestre, elle soit à nouveau captive des manants qui voulaient confisquer son âme. Ils ont tous quelque chose de «Jeanne», disent-ils (ils appellent familièrement la jeune fille par son prénom).

Exhibant l’héroïne comme un trophée, ils s’en disputent les faveurs qu’elle leur aurait réservées, ils vous l’assurent. La voilà gadgétisée à intervalles réguliers, sa statue couverte de feuille d’or adulée au mépris de la modestie de cette bonne chrétienne, condamnée par ses thuriféraires de pacotille à porter haut, pendant des siècles et des siècles, l’étendard d’un monarque couard qui ne la méritait pas. Mais elle n’est jamais aussi émouvante que lorsqu’elle contemple, seule et silencieuse, dans les nuits solitaires et glaciales de Reims, les visages impénétrables des rois de Judée qui veillent, hiératiques sentinelles, sur la cathédrale des sacres, celle des rêves de grandeur et de paix, là même où la réconciliation franco-allemande scellée par De Gaulle et Adenauer voulut effacer les plaies des déchirements millénaires de l’Europe et réparer les blessures de ses nationalismes dévoyés.

«Jeanne» n’aurait demandé, sans doute, qu’à être laissée seule face à l’Histoire, délivrée du sang et des calculs politiciens contemporains, et que l’on emprisonne si volontiers dans des images d’Épinal. Et si dangereusement, parfois, dans des définitions législatives étriquées indignes d’une France vraiment libre.

De la polémique stérile au dialogue fécond

« Dans la crise actuelle, quelle serait, selon vous, la formule de gouvernement la plus efficace après la prochaine élection présidentielle ? » À cette question posée par le journal 20 Minutes, un sondage récent de l'Institut CSA donnait 55 % de réponses favorables à un gouvernement d'union nationale qui réunirait les meilleures personnalités de gauche, de droite ou du centre.

L'idée de coresponsabilité face aux grands problèmes existe donc dans notre démocratie. De là à constituer un gouvernement d'union nationale, il y aurait beaucoup de chemin à parcourir et beaucoup d'embûches à éviter si l'on voulait réellement y parvenir...

Il n'en reste pas moins que, sur un certain nombre de problèmes, des solutions faisant consensus devront être trouvées. De toute manière, elles s'imposeront par nécessité à tous. Cependant, il serait plus constructif qu'elles ne soient pas seulement subies mais, au contraire, qu'elles emportent une adhésion active des citoyens.

C'est cela que signifie, en réalité, la réponse au sondage évoqué ci-dessus. C'est cela qu'il ne faudrait pas rendre plus difficile, voire impossible par des polémiques de bas étage qui dévoieraient le débat démocratique dont nous avons besoin.

Malheureusement, la campagne électorale, qui n'est pas encore légalement commencée, semble déjà bien mal lancée : petites phrases quasi insultantes par-ci, calomnies par-là n'augurent rien de bon. De plus, le système qui personnalise à l'extrême la compétition fait que le respect dû à la personne des candidats peut être rapidement mis en cause. On a déjà constaté un certain nombre de dérapages. On risque alors de voir se développer un débat de plus en plus violent et agressif, entraînant soit une polarisation sur les extrêmes, soit une désaffection, sinon un dégoût, qui multiplierait les abstentions.

Se respecter mutuellement

La langue française est riche en expressions concernant les échanges d'idées entre les groupes et les personnes : « polémique », c'est-à-dire discussion agressive, mot venu du grec signifiant « qui a à voir avec la guerre » ; « controverse » qui étymologiquement évoque un choc ; « confrontation » ; « contestation » ; « discussion » ; « débat », mais aussi « dialogue ». Ce dernier mot évoque le terme « logos », la force de la parole partagée, échangée.

La démocratie est une belle et noble invention qu'il s'agit de pratiquer, de sauvegarder, à laquelle il faut donner vie pour qu'elle s'améliore toujours et permette l'épanouissement de ceux qui en font partie d'une manière ou d'une autre. C'est pour cela qu'il faut éviter d'abaisser le débat et savoir passer de la polémique stérile au dialogue fécond. De toute manière, salir l'adversaire, le démolir, l'écraser ne peut que rendre plus difficile l'avenir et, en particulier, la nécessaire cohésion de la société. Au contraire. C'est en respectant chacun que chacun se sent davantage devenir citoyen, membre effectif de la démocratie. C'est cela que favorise le dialogue, la discussion respectueuse de l'autre. C'est là que réside la fécondité démocratique.

« Entrer authentiquement en dialogue, c'est accepter de faire le plus long chemin possible avec l'interlocuteur. Une discussion véritable permet d'identifier le plus précisément possible la question qui se pose, puis de s'éclairer mutuellement sur les possibilités d'y apporter effectivement réponse... avant qu'on puisse trancher en son âme et conscience, selon ce qu'on estime être juste et vrai, juste et bon ». (1)

Ce texte résume bien la manière dont nous devrions avancer pour éclairer les choix à venir. Pour notre part, c'est dans cet esprit d'écoute, de repérage des enjeux essentiels et d'approfondissement que nous entendons couvrir la campagne présidentielle qui s'engage. Nous débutons cet effort aujourd'hui, en fin de journal, par une série sur ce qui a changé dans la vie quotidienne des Français depuis 2007. Ensuite, nous passerons en revue les nombreux chantiers qui attendent le futur président de la République.



(1) Mgr Joseph Doré, « À cause de Jésus ! Pourquoi je suis demeuré chrétien et reste catholique », Éditions Plon.