Les autorités grecques, qui font face à une angoissante crise de la dette, ont annoncé mardi une enquête sur le nombre étrangement élevé d'aveugles, plusieurs centaines, qui touchent des aides publiques sur une île de la mer Ionienne.
Le vice-ministre de la santé Markos Bolaris a ordonné une enquête sur plus de 600 habitants de cette île, dont le nom n'a pas été précisé, qui empochent des aides pour ce handicap, a indiqué à l'AFP une source gouvernementale.
"Nous ne savons pas combien de gens ont réellement droit à ces aides, bien que certains ne soient sans doute pas en faute", a déclaré le responsable gouvernemental, qui a refusé de préciser le montant des aides versées.
Selon le quotidien grec Ethnos, 2% de la population de l'île ont touché ces aides pendant des années, la plupart depuis leur naissance.
Les autorités vont passer au crible l'ensemble des aides versées au titre des aides sociales qui coûtent chaque année à l'Etat 6,4 milliards d'euros, a assuré le journal.
Le gouvernement grec tente de limiter les dépenses d'aides sociales dans le cadre d'un programme d'austérité adopté à la demande de l'Union européenne et du Fonds monétaire international en échange de leur aide pour éviter la faillite au pays.
La comptabilité publique laxiste a entraîné des dépenses énormes pendant des décennies. Des responsables du ministère du Travail ont révélé l'année dernière que des millions d'euros avaient été versés chaque année pour des retraites destinées à des personnes décédées depuis longtemps.
mardi 2 août 2011
En Grèce, une île où les aveugles sont rois...
L’OCDE salue les efforts de la Grèce
Pourquoi l’OCDE se veut optimiste pour la Grèce ?
Se fondant sur la base « d’hypothèses prudentes » concernant la croissance et les taux d’intérêt, l’organisation estime que la dette publique grecque pourrait être ramenée à moins de 60 % du produit intérieur brut (PIB) dans les deux prochaines décennies…« Nous voyons les premiers signes indiquant que l’indispensable ajustement macroéconomique s’opère progressivement », a d’ailleurs indiqué le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, ajoutant que l’austérité aurait des résultats à long terme.
L’étude salue donc les « réformes considérables » réalisées depuis un an par Athènes et qui ont permis des réductions du déficit d’ampleur sans précédent. « Même si l’effort accompli ne semble pas toujours apprécié à sa juste valeur en Grèce ou à l’étranger », a précisé Angel Gurria.
Les réformes suffiront-elles à éviter le défaut de paiement ?
Si le train de mesures d’aides annoncées le 21 juillet par l’Europe peut donner à la Grèce le temps d’améliorer sa compétitivité et ses résultats à l’exportation, la mise en œuvre des réformes ne peut souffrir aucun relâchement.L’OCDE regrette que le gouvernement ait fait « machine arrière » sur des réformes concernant les accords salariaux d’entreprises. L’organisation insiste sur l’amélioration du recouvrement des impôts, le renforcement des privatisations et une meilleure gestion des actifs publics.
« Ce rapport est bienvenu dans la mesure où il montre des choses intéressantes dans l’économie grecque et qu’il insiste sur les possibilités de croissance, dit Nicolas Bouzou, directeur du cabinet d’analyses Asterès. Les efforts d’Athènes ont été colossaux même s’ils demeurent insuffisants et même si le pays reste dans une situation économique abominable. »
Selon l’économiste, depuis le sommet de Bruxelles du 21 juillet, les craintes des marchés se sont d’ailleurs un peu déplacées. « Elles se concentrent plus sur l’Italie ou l’Espagne », dit-il.
Grèce : la grève des taxis bloque les touristes
Les propriétaires de taxi se sont en effet emparés du pont qui relie la Grèce continentale au Péloponnèse, ainsi que la route reliant Athènes à Patras, qui mène vers l’Italie. Cette grève oblige les touristes à effectuer 500 mètres, bagages sous le bras, et à emprunter les transports en commun.
Ce mouvement de grève s’amplifie, et les touristes sont de plus en plus gênés : des propriétaires de taxi ont ainsi empêché 1 600 passagers d'un bateau de croisière de visiter le site archéologique de Cnossos, en Crète.
A une période où la Grèce peine à faire tourner à bien son activité économique, les chauffeurs de taxi mettent à mal le tourisme, grand pourvoyeurs de devises.
Si vous avez prévu de vous rendre en Grèce dans les jours à venir, renseignez-vous auprès de votre agence de voyage sur le maintient des excursions. Une fois sur place, restez informés sur ce mouvement, dont les actions sont difficiles à prévoir à l'avance.
La Grèce casse ses prix pour attirer les vacanciers
La Grèce, grande destination de vacances par excellence, connaît cette année une augmentation de fréquentation. Cependant, ce n'est pas parce que les touristes sont plus nombreux qu'ils consomment forcément beaucoup.
Les prix sont largement revus à la baisse, compte tenu de la situation économique très difficile du pays. De plus, de nombreux touristes qui avaient réservé en Tunisie et en Egypte s'y sont repliés après les révolutions du début de l'année. On peut donc parler de succès, même si la consommation y fait un peu défaut.
Pour Bel RTL, le journaliste Bernard Lobet a rencontré une Belge d'origine grecque, de retour de l’île de Rhodes. "Il y avait pas mal de monde dans les rues, mais ça ne voulait pas dire que les commerçants vendaient, le tourisme est toujours présent en tout cas", a-t-elle expliqué. "L’inconvénient, c’est que les touristes vont juste se reposer, se mettre un peu sous le parasol, alors qu’avant, les touristes buvaient et mangeaient beaucoup. Là, ils se limitent au strict minimum au niveau soleil et détente", a-t-elle poursuivi.
La règle d’or, un concept mort-né?
« Cela n’a pas d’impact sur les déficit. Cela a un impact sur la dette, comme l’a dit François Fillon, à hauteur de 15 milliards. » Il est comme ca François Baroin. Ce lundi 1 août au micro de France Inter, le tout nouveau ministre de l’économie a pu à la fois dénoncer les socialistes « laxistes » qui rechignent à voter la « règle d’or », tout en enterrant subrepticement le concept même. A quoi sert en effet une règle toute d’or soit elle, si l’on peut en moduler la méthode de calcul ? Grâce à un artifice comptable visant à sortir du calcul du déficit les sommes allouées au sauvetage de la Grèce, le déficit de la France pour les trois prochaines années ne sera pas impacté. Un bien bel exercice, que François Fillon, le Premier ministre n’est pas mécontent de laisser à son ministre.
François Baroin par franceinter
La Grece sauvée ? L’envers du décor
Comme nous l’écrivions dans notre papier sur l’auto-réalisation de la crise de la dette souveraine si l’on a affaire à une crise de solvabilité, alors qu’il y ait prophétie auto-réalisatrice ou pas, on ne peut rien prévenir puisque le problème est structurel. Il faut alors des solutions structurelles fortes et nous en avions listé quatre principalement
LE PLAN D’AIDE
Trois temps forts dans ce nouveau plan d’aidePremier temps fort
Le dispositif auquel nous sommes désormais habitués et qui consiste à repousser dans le temps la contrainte de liquidité et le mur de dettes. On se souvient des 110 Mds d’euros déjà pour la Grèce en mai 2010, des 85 Mds d’euros pour l ’Irlande en novembre 2010 et des 78 Mds d’euros pour le Portugal en mai 2011. Aujourd’hui il s’agit pour la Grèce d’octroyer 109 Mds d’euros selon la formule habituelle (2/3 Fonds Européen de stabilité financière et 1/3 FMI avec déblocages successifs) sauf que là on utilise l’artillerie très lourde en achetant massivement du temps : maturité minimale de 15 ans et maximale de 30 ans, taux réduit à 3.5% contre 4.2% actuellement en vigueur dans les prêts bilatéraux FMI. Ceci étant, acheter du temps n’est pas forcément mauvais en soi, tout dépend de ce que l’on fait de ce temps et alors là comme diraient les anglo-saxons « time will tell »
Second temps fort
Remettre en cause les politiques monétaires favorisant l’aléa moral et donc la déresponsabilisation des investisseurs. Il s’agirait donc d’en finir avec le financement sans discernement de la gabegie et de la mauvaise gestion. Il faudrait alors responsabiliser les investisseurs, tous les investisseurs au lieu de solliciter en permanence le contribuable ; ce qui signifie qu’il faut remettre en cause l’existence d’un prêteur en dernier ressort voire d’un acheteur en dernier ressort , histoire de faire comprendre à nombre d’investisseurs qu’il faut arrêter d’investir les yeux fermés parce-que les notations des supports sur lesquels on investit sont de l’investment grade prétendu de qualité ou parce-que les consensus de marché sont positifs.
Cependant, l’introduction d’une taxe bancaire pour aider la Grèce, un temps envisagée, notamment par la France, semble écartée. Lors de ce sommet de l’EuroGroupe du 21 juillet, la zone euro a donc voulu réduire le volume de la dette grecque (aujourd’hui 350 milliards d’euros) en impliquant les créanciers privés. Cette implication, on le verra, ne devrait pas affecter significativement les résultats nets comptables des banques mais plutôt se matérialiser par des pertes économiques étalées dans la durée et finalement devenir quasiment indolores pour les analystes et actionnaires. Au final, l’irresponsabilité des investisseurs n’est pas véritablement sanctionnée et le contribuable sera le vrai payeur en dernier ressort. Nous détaillerons ce point par la suite.
Troisième temps fort
Plus flou et non quantifiable, les achats sur le marché secondaire par le FESF. Cette alternative a peu de chances de succès pour deux raisons. Premièrement, Ies détenteurs de titres grecs qui ne sont pas en mark to market n’ont pas vraiment d’intérêt à externaliser des moins values et deuxièmement ceux qui sont en mark to market ont intérêt à attendre que les achats du FESF provoquent une hausse des prix de leurs obligations. Cela ressemble fort au serpent qui se mord la queue.
FOCUS SUR L’IMPLICATION DES CRÉANCIERS PRIVÉS
Ces contributions dites volontaires ont été estimées à près de 50 Mds € et s’ajoutent donc dans le cadre du plan d’aide aux 109 Mds € de prêts traditionnels de la troika UE-FESF-FMI. Nous pouvons classer toutes les options étudiées en deux grandes familles de techniquesCes solutions envisagées déboucheront sur un événement de crédit inédit dans l’histoire monétaire de la zone Euro et sans doute inédit par rapport à la réglementation des produits dérivés : la non obligation pour les vendeurs d’options sur défaut grec (nos fameux CDS ou credit default swaps) d’assumer leurs obligations d’assureur.
Il a donc finalement été décidé de manière forfaitaire que la perte actuarielle serait pour tout le monde et pour tous les titres grecs en portefeuille de 21% moyennant des hypothèses de taux d’actualisation et de rallongement de la maturité. La perte comptable subie par les créanciers privés a été calculée en retenant un taux d’actualisation de 9%. Pourquoi pas si l’on considère qu’il s’agit d’un niveau de taux correspondant fondamentalement à la situation de l’émetteur grec sur les marchés (sachant que les plans d’aide FMI-FESF-UE subventionnent les taux appliqués à la dette grecque autour de 3.5% et sachant également que les taux de marché sur le secondaire ressortent entre 15% et 20% sur la courbe des taux des emprunts d’état grecs) Alors 9% pour estimer des pertes actuarielles autour de 21% , pourquoi pas. Le choix du niveau de taux n’est pas neutre puisque la perte aurait été naturellement plus importante avec un taux plus élevé et inversement plus faible avec un taux plus faible (mais ce dernier choix n’aurait pas été sérieux et crédible).
En fait schématiquement cette perte de 21 % est basée sur les éléments suivants : rallongement de papiers grecs échéancés en 2019 valant autour de 50% sur le marché aujourd’hui en nouveaux papiers échéancés sur 15 ans en moyenne (2026) dont la valeur actuelle vaut 29 % en 2011 et donc 100 % si tout va bien en 2026 avec un taux d’actualisation de 9%. Au total, l ’implication du "privé" ne devrait pas affecter significativement les résultats nets comptables des banques mais plutôt se matérialiser par des pertes économiques étalées dans le temps
QUE FAIT ET QUE PENSE LA BCE ?
Au total, notre chère banque centrale européenne qui nous tient des discours musclés sur la rigueur et qui remonte ses taux pour réaffirmer sa crédibilité anti-inflationniste aura fait preuve d’un pragmatisme inhabituel dans cette affaire.Deux membres de la BCE avaient pourtant été très dogmatiques quelques heures encore avant l’annonce du plan grec. Stark affirmait qu’un défaut sélectif serait problématique et Bini Smaghi qu’une restructuration serait dramatique. Or, on vient de le voir, on se dirige vers un défaut (et arrêtons de jouer avec les mots et la langue de bois en parlant de défaut temporaire, sélectif et technique). De même, on assiste à une restructuration savamment administrée et transformée en opération financière aussi complexe que possible pour masquer le défaut et l’activation des dérivés de crédit.
Pire , la BCE avait jusqu’ici menacé, en cas de défaut de paiement de la Grèce, de ne plus accepter les titres de la dette publique grecque comme garantie pour prêter de l’argent aux banques européennes, grecques en particulier. Ce qui aurait contraint les gouvernements à renflouer eux-mêmes le système bancaire en Grèce et ailleurs le cas échéant. Or il semble bien que la BCE ait significativement assoupli sa position moyennant une concession qui lui aura été accordée : que le FESF rachète de la dette grecque aujourd’hui peut-être d’autres périphériques demain sur le marché secondaire. La BCE a toujours adoré cette idée puisque cela lui assure de ne pas être obligé de le faire et donc de prendre des risques de monétisation de dette publique (contraire à sa « religion »)
Puisque la banque centrale va donc arrêter de monétiser les dettes publiques, va contre vents et marrées vouloir continuer à remonter des taux directeurs (même si l’on doute qu’elle puisse continuer à le faire), va exiger des politiques budgétaires très restrictives et pas uniquement chez les PIIGS, il était indispensable qu’elle fasse des concessions et qu’elle écorne sa sacro-sainte crédibilité. Cela signifie qu’elle continuera à accepter en collatéral des dettes souveraines déclarées en défaut afin de ne pas perturber le refinancement de certaines banques fragiles de la zone lors des appels d’offres ordinaires et extraordinaires.Acheter du temps n’est pas forcément mauvais en soi, tout dépend de ce que l’on fait de ce temps et alors là comme diraient les anglo-saxons « time will tell »
Mory Doré
Lorsque les marchés auront pris un peu de recul par rapport à ces événements, ils finiront par sanctionner cette perte de crédibilité de la banque centrale européenne, ce qui devrait affaiblir sérieusement l’euro contre dollar. Car s’il est vrai que la situation budgétaire des Etats Unis est sans doute la pire qui puisse exister sur la planète, la grande crise des actifs libellés en dollar est repoussée dans le temps (nul ne sait quand, peut-être durant la seconde moitié de cette décennie) Le dollar va continuer, à tort ou à raison, de bénéficier de son statut de monnaie de réserve internationale car n’ayant pas de concurrent et substitut capable encore aujourd’hui d’absorber les montants colossaux de réserves de change investies en billet vert. Et surtout, malgré l’opposition viscérale de l’Allemagne, l’on est en train d’assister à la mutualisation de l’appauvrissement grec, irlandais et portugais à l’ensemble de la zone, ce qui conduira à un affaiblissement de la monnaie unique ; on doit donc anticiper une remontée généralisée des rendements longs y compris dans les pays jugés les plus vertueux de la zone puisque les non-résidents deviendront plus exigeants sur la rémunération de leurs investissements en titres d’Etat de la zone Euro pour cause d’ affaiblissement de l’euro.
QUE PENSER DE TOUT CELA ET QUI PAIE VRAIMENT ?
En tant que citoyen, je ne peux qu’être mécontent de ce plan d’aide compte tenu du déficit de démocratie et d’explication qui a entouré toutes ces réunions européennes. En tant que contribuable (et l’on verra pourquoi), je ne peux qu’être furieux de l’addition qui m’attend. En tant que banquier, je ne peux qu’être soulagé car je n’aurai pas à présenter l’impact dans mes comptes du défaut grec. Enfin en tant qu’investisseur, je bénéficie de l’aléa moral et je ne peux que me féliciter de la présence éternelle des acheteurs et prêteurs en dernier ressort (BCE, Etats , FMI , FESF….)Expliquons-nous. La crise des dettes souveraines de la zone euro aura finalement montré que les pays en détresse sont aidés sur des durées très longues à des taux d’intérêt de plus en plus bonifiés par des fonds de secours et donc implicitement par les souverains européens les plus solides budgétairement. Par ailleurs on a vu que les créanciers privés avaient peu de chances de revendre leurs titres souverains même pourris avant le terme et, qu’à défaut ils les échangeraient contre de nouveaux titres souverains ou des titres du fonds européen. Cela signifie qu’il va arriver un jour ou toute la dette périphérique européenne sera détenue par les créanciers publics et parapublics (états, fonds européen, FMI, BCE) puisque la dette détenue par le privé va être gérée en extinction et aura de très fortes chances d’être remboursée grâce aux mécanismes de soutien et de mutualisation que nous connaissons depuis mai 2010.
On en arrive à la conclusion suivante édifiante (qui n’est pas présentée par les gouvernements et les journaux télévisés mais que certains observateurs se doivent de mettre en lumière dans une démocratie digne de ce nom) : on raconte fièrement que l’on implique le privé alors qu’on voit bien que c’est finalement le public qui va étaler dans le temps le coût des défauts et restructurations à venir (ne nous leurrons pas, le défaut grec – car il y a défaut – est malheureusement le début d’une série). John Maynard Keynes avait beau ironiser sur le fait qu’à long terme nous serons tous morts, cela ne dispense pas pour autant d’être inquiet. Sans démagogie aucune et tout en considérant encore que l’économie de marché est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres, il n’est quand même pas admissible que l’on passe son temps à nationaliser les pertes et privatiser les profits
POINT SUR LA CAPACITE DE SECOURS
La dette émise par le FESF, à l’occasion de chaque plan de soutien à un membre de la zone euro impacte les finances publiques des Etats apportant leur garantie, au prorata de leur part en tant que garant. Aujourd’hui, le FESF dispose de promesses de garantie de 440 Mds € correspondant au capital versé par les états auprès de la BCE : 27.13% pour l’Allemagne, soit 119.4 Mds € et20.38% pour la France, soit 89.6 Mds € (cette somme est l’intégralité du surcroit de dette publique que la France aura accumulé si l’ensemble des garanties doit être activé- ce n’est pas improbable). La dette publique brute allemande augmenterait ainsi à hauteur de 27% des émissions réalisées par le FESF et celle de la France de 20.38%. Dans le cadre de ce plan de sauvetage grec, si l’on considère que le FESF prend en charge 2/3 de l’aide de 109 Mds €, cela représente 71 Mds € et donc l’impact sur la dette publique française est bien de 15 Mds € comme mentionné par François Fillon.Ce que l’on sait aujourd’hui, c’est que les 4 plans d’aide , 2 Grèce + 1 Irlande + 1 Portugal correspondent à des émissions existantes et à venir du FESF (2/3 des programmes en général) à hauteur de 254 Mds € sur un total de garanties adossées de 440 Mds € (en réalité, ce montant est plus faible puisque la part de garanties apportées par les états secourus n’a plus de valeur : 12.3 Mds € pour la Grèce, 11 Mds € pour le Portugal et 7 Mds € pour l’Irlande). La capacité de mobilisation du FESF appelé à exister jusqu’au 30/06/2013 est en réalité de 410 Mds €.
Le solde d’assistance disponible aujourd’hui se situe donc autour de 156 Mds €, ce qui avec la répartition 2/3 FESF – 1/3FMI limite le montant d’éventuels prochains plans d’aide à 236 Mds €. Pas de quoi être rassuré !!! Je ne serai pas surpris que l’on nous annonce un doublement voire un triplement de la capacité du FESF, sachant qu’il s’agit de sommes qu’il faudra aller chercher sur les marchés et qui seront garanties par les états de la zone …. De quoi commencer à rendre insoutenable l’endettement de certains pays jugés vertueux.
A la différence du FESF qui doit émettre sur les marchés, les aides du FMI sont assises sur les droits de tirage spéciaux du FMI et donc le FESF ne peut être l’antichambre d’un futur fonds monétaire européen (FME). Donc, Nicolas Sarkozy semble se tromper lorsqu’il affirme que la réunion du 21/07/2011 amorce la création d’un véritable "Fonds monétaire européen" puisque dans le même temps l’on annonce que le dispositif mis en place pour la Grèce ne sera pas reproduit pour d’autres pays. Si cela est vrai, il ne peut être question de parler de fonds monétaire européen (ou bien alors il s’agirait d’une espèce de fonds monétaire européen uniquement pour la Grèce, ce qui est ridicule) ; ou bien il va exister un jour un vrai fonds monétaire européen, auquel cas le dispositif envisagé pour la Grèce doit être généralisable
Et puis, comme on le disait, le FESF dispose de ressources émises et empruntées sur les marchés alors qu’un FME devrait pouvoir disposer de ressources monétaires. A l’instar du FMI. Comme nous le mentionnions dans certains articles récents (dont plans de sauvetage en zone Euro), il faut savoir que chaque pays dispose au FMI en fonction de son poids économique de ce que l’on appelle les droits de tirage spéciaux (DTS). Ces droits ont été crées en 1969 pour jouer un rôle de réserves de change additionnelles pour les états. Ainsi l’Allemagne dispose de 13 Mds de DTS, la France de 10.7 Mds et pour l’ensemble de la zone ce montant s’élève à 50.4 Mds de DTS (soit avec une parité aujourd’hui autour de 1.15 € pour 1 DTS, un total de 58 Mds €). Il existe une règle qui fixe à 10 fois les quotas la limite de financement, cela signifie que l’ensemble de la zone Euro a théoriquement la capacité de lever jusqu’à 580 Mds €. Pour les pays aidés de la zone Euro, on peut dire que cette règle a été largement utilisée.
Par exemple, le financement par le FMI de 30 milliards d’euros (dont 10 milliards dès 2010) pour le plan grec de mai 2010 sous la forme d’un accord de confirmation équivaut à 3200% de la quote-part de la Grèce dans le Fonds (32 fois au lieu de 10). Autant dire que le FMI finance la Grèce en utilisant les quote-parts d’autres pays de la zone. Situation similaire pour le Portugal puisque dans le cadre du plan de sauvetage de mai 2011, le Mécanisme Elargi de Crédit du Fonds représente 2300% (23 fois au lieu de 10) de la quote-part du pays dans le FMI
Une dégradation de la note américaine toucherait l'Europe, estime Jean-Claude Juncker
Une dégradation de la note souveraine des Etats-Unis aurait des répercussions sur le reste de la planète et sur l'Europe en particulier, estime le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, dans un entretien accordé au Figaro.
"LE FONDEMENT DE LA CONFIANCE EST ÉBRANLÉ"
Elus républicains et démocrates américains sont parvenus in extremis dimanche à un compromis budgétaire évitant aux Etats-Unis un défaut de paiement. L'accord prévoit de réduire le déficit national d'au moins 2 400 milliards de dollars en dix ans. Les Bourses européennes ont cependant fini en forte baisse lundi, le bref soulagement ayant suivi l'accord faisant place au doute sur la capacité des Etats-Unis à réduire leur endettement abyssal.
Les pays européens, de leur côté, se sont mis d'accord le 21 juillet sur un nouveau plan européen d'aide à la Grèce de 160 milliards d'euros. "On ne peut plus parler de crises financières régionales, comme naguère. C'est le même phénomène qui frappe partout, au même moment. Le fondement de la confiance est ébranlé", admet le premier ministre luxembourgeois, qui se veut toutefois rassurant en estimant "qu'à terme, l'Europe se révélera avoir été un placement sûr".
"NI AUTOMATISME NI CHÈQUE EN BLANC"
Dix jours après le sommet de la zone euro, le président de l'Eurogroupe réaffirme que "tout sera fait pour garantir la stabilité de la zone". "Si des lacunes sont constatées, elles peuvent être réparées", précise-t-il. Mais il met en garde les gouvernements de la zone euro en soulignant qu'"il n'y aura ni automatisme ni chèque en blanc" après le plan de sauvetage de la Grèce. "Les gouvernements créanciers sont responsables devant leur Parlement. À la solidarité des créanciers répond la solidité des engagements des débiteurs. Cela veut dire des conditions clairement édictées, appliquées et vérifiées", explique-t-il.
S'agissant d'une éventuelle nouvelle gouvernance pour l'euro, que la France appelle de ses vœux, Jean-Claude Juncker se dit favorable à l'idée d'un Conseil de l'euro pour lequel, juge-t-il, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, ferait "un candidat logique et naturel".
"Le Conseil de l'euro donnera les impulsions nécessaires au sommet", déclare-t-il. "Le sommet l'emportera toujours sur les enceintes ministérielles. Je n'en porte pas ombrage, je suis pleinement consulté. Mon travail est de faire en sorte que les décisions soient prêtes au moment voulu, laissant à d'autres le choix et les explications", ajoute le dirigeant de l'Eurogroupe.
lundi 1 août 2011
(*) Président de la fondation Carlo Alberto, Turin.
dimanche 31 juillet 2011
La Grèce handicapée par une grève des taxis en pleine période touristique
Une grève des taxis contre la dérégulation du métier, qui entrera lundi dans sa troisième semaine, porte un coup à l'économie fragile de la Grèce et handicape le secteur névralgique du tourisme.
Aucun taxi jaune ne circule plus à Athènes ni dans aucune ville depuis mi-juillet. Les propriétaires de taxis ont multiplié les blocages dans les ports, aéroport, et sur les autoroutes, entravant la circulation et abandonnant sous un soleil de plomb des myriades de touristes chargés de valises au pied des bateaux ou des avions.
Dans un pays où le secteur du tourisme représente un cinquième du PIB et où les taxis assument un rôle de quasi service public, - entre l'aéroport d'Athènes et le port du Pirée d'où partent les ferries vers les îles, ainsi que dans les îles elle-mêmes peu desservies par les transports en commun - les professionnels du tourisme s'impatientent, et demandent une solution "immédiate".
Après l'intervention de la justice, les protestataires ont mis un bémol à leurs actions les plus impopulaires, en levant les péages sur les autoroutes ou en ouvrant les portes de l'Acropole pour laisser les touristes entrer gratuitement.
"Je ne peux pas contrôler ces gens", s'est indigné mercredi le président des taxis d'Athènes, Thymios Lybéropoulos sur la télévision Alter.
Comme celle des routiers l'an dernier, la dérégulation des taxis s'inscrit dans le cadre de mesures visant à ouvrir à la concurrence des métiers protégés en Grèce, avocats, pharmaciens ou ingénieurs, afin de relancer l'économie en récession depuis trois ans.
Dans le cas des taxis, le ministre des Transports estime que la réforme servira aussi à "lutter contre l'argent noir" dans un secteur où les licences sont achetées et vendues "d'une manière qui favorise l'évasion fiscale".
Renommés pour leur faible qualité de service, les taxis grecs ont longtemps résisté avant d'accepter de donner des reçus à leurs clients ou de ne pas fumer dans leur voiture.
Jeudi, certains ont tenté de bloquer des cars de touristes au Pirée, jetant de l'huile sur la chaussée pour empêcher la police de les disperser.
Le bras de fer avec le gouvernement a commencé début juillet, quand le nouveau ministre des transports a refusé d'appliquer un accord survenu avec son prédecesseur, avant le remaniement du 17 juin, qui prévoyait de lier "le nombre de taxis à la population de chaque ville".
Ce compromis aurait permis de limiter le nombre de voitures en circulation, ce que demandent les taxis qui estiment que la libéralisation va "créer un encombrement" de voitures, et "faire chuter la valeur" de leurs licences chèrement acquises.
Après avoir rencontré le ministre vendredi, ils ont maintenu leur mouvement. "Nous allons continuer à lutter jusqu'à ce que nos demandes soient satisfaites", a lancé M. Lyberopoulos.
Dans la semaine, le Premier ministre Georges Papandréou s'était déclaré à l'écoute, tout en restant ferme sur la nécessité de la réforme.
Selon les médias, la grève a causé 1,2 milliard de pertes au Pirée, certains bateaux de croisière renonçant à acoster et continuant plus loin en Méditerrannée pour débarquer leurs touristes.
"Alors que le nombre d'arrivées a augmenté de 10 à 15%, les revenus provenant de la consommation des touristes sur place ont chuté de 10%", relève le président de l'union de commerçants, Vassilis Krokkidis.
"Je viens de rentrer de Rhodes (île du Dodécanèse, sud) et tous les touristes étaient cloués à leurs hôtels", déplore-t-il.
D'autant plus que le secteur du tourisme est déjà touché cette année par la chute de 20% du tourisme intérieur, les Grecs partant moins en vacances à cause de la récession.
UNION POUR LE MAGHREB OU UNION POUR LA MÉDITERRANÉE : Le choix revient aux peuples maghrébins
«Il n'est point de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va» (Sénèque)
Ce mois de juillet est l'occasion pour nous de revenir sur l'Arlésienne de Bizet constituée par l'Union pour la Méditerranée inaugurée avec faste il y a de cela trois ans. La configuration actuelle a remis aux calendes grecques cette utopie, notamment du fait des convulsions des pays arabes et du changement de stratégie qui donnerait à croire qu'au lieu de négogier avec les pays, dans la plus pure tradition de la diplomatie de la canonnière, on met en oeuvre une nouvelle invasion pour s'assurer l'énergie.
Où en est l'Europe?
Avec sa lucidité coutumière, Hubert Védrine nous donne sa vision de l'Europe. Pierre Haski rapporte ses propos. «L'occasion était donnée par un débat à l'Académie diplomatique internationale -dirigée par Jean-Claude Cousseran autour d'un recueil de textes d'Hubert Védrine entre 2003 et 2009, «Le Temps des chimères» (Fayard). Hubert Védrine parle de chimères. Les «chimères»? De belles idées véhiculées par l'Occident au temps de sa splendeur, comme son «assurance universaliste», le «monopole du leadership occidental», une «vision simpliste du prosélytisme démocratique», le «droit-de-l'hommisme» ou le «manichéisme». Sans oublier le «devoir d'ingérence» cher à Bernard Kouchner, qu'il rapproche du «logiciel caché profond» de l'Occident: «L'évangélisation». Autant de vaches sacrées occidentales que pourfend l'ancien chef de la diplomatie».(1) (2)
Plus grave encore, il y a une fracture entre les pays du Sud de l'Europe et ceux du Nord. Les premiers reprochant aux seconds de ne pas tenir compte de l'histoire de la civilisation méditerranéenne dans laquelle la Grèce et l'Italie ont eu un rôle majeur. Nous lisions: «Ignorée au début de la construction européenne, la Méditerranée a, depuis, fait l'objet de plusieurs tentatives d'intégration, toutes vouées à l'échec. La crise qui frappe actuellement la rive Sud montre qu'une nouvelle approche est nécessaire. La Méditerranée a vécu dans le passé de nombreuses périodes de guerre et de paix. (....) A son tour, l'histoire contemporaine a vécu une succession de fractures qui ont déclenché des tensions, voire de véritables guerres: dans le Maghreb, dans le Machrek, en Espagne, en Grèce, à Chypre, dans les Balkans, dans l'ex-Yougoslavie, en Palestine, et ainsi de suite. Au Nord comme au Sud, l'ensemble du Bassin méditerranéen se lie difficilement avec les régions continentales. » (2)
Même des reproches sont faits à la création de l’Union Européenne, dans le sens que les aspirations des pays du Sud de l’Europe n’ont pas été pris en compte ! L´Union européenne s'est créée sans prendre en considération les spécificités de la Méditerranée, telle une Europe séparée du «berceau de l'Europe». Comme si une personne privée de son enfance ou de son adolescence pouvait se développer normalement... Depuis un certain temps déjà, notre chère mer ressemble à une frontière maritime, s'étendant du Levant au Ponant et séparant l'Europe, d'un côté, de l'Afrique et de l'Asie mineure, de l'autre. A de nombreuses reprises, les décisions concernant le sort de la Méditerranée ont été prises hors de son territoire ou sans tenir compte de son opinion. (...) La tentative du président Nicolas Sarkozy de créer une nouvelle «Union pour la Méditerranée» a été accueillie avec mépris par l'Europe continentale (par l'Allemagne en particulier). Du reste, la proposition française a été hâtivement mise en oeuvre. La peur de l'immigration provenant de la côte méridionale ne suffit pas à elle seule à déterminer les grandes lignes d'une politique réfléchie. La côte méridionale reste sur ses réserves, gardant toujours en mémoire l'expérience du colonialisme. Aujourd'hui, il se passe peu ou prou la même chose, avec cette guerre qui vient d'éclater en Libye».(2)
Dans le même ordre, Richard Werly reproche aux grands pays de l'Europe de ne pas s'occuper assez des pays du sud de l'Europe. Justement, l'Europe actuelle paraît plus engluée que jamais dans ses crises à répétition. Tous les pays du sud de l'Europe sont, à des degrés divers, dans la tourmente financière. «Les pays du sud de l'Europe écrit-il, rencontrent d'immenses difficultés. Mais ce n'est pas une raison pour les négliger, ou les pousser vers la sortie: le sort de l'UE est lié à sa partie méridionale, rappelle un journaliste du Temps. Il y a les chiffres, et ils sont impitoyables. Ceux de la Grèce, avec sa dette d'environ 350 milliards d'euros équivalente à 160% de son Produit intérieur brut (PIB), servent désormais de slogan à tous ceux, Allemagne en tête, qui clouent au pilori la mauvaise gestion et les tricheries (avérées) passées d'Athènes. Le Portugal, avec une dette publique de 126 milliards, soit 88% du PIB, ou l'Italie avec une dette d'environ 1800 milliards d'euros, soit près de 120% de son PIB viennent tout de suite derrière. La dette publique espagnole, à 680 milliards d'euros, représente environ 64% du PIB du pays... contre 1650 milliards pour la France, soit 84% du PIB de l'Hexagone, que les agences de notation ont dans leur collimateur».
Continuant son plaidoyer, il met en exergue le rôle de charnière des pays du Sud qu'il oppose aux politiques des droites extrêmes «Une telle antienne, reprise à l'envi par des formations populistes de droite dure tel que le Parti de la Liberté néerlandais de Geert Wilders, nie pourtant une évidence: le sort de l'Europe-puissance, dans l'histoire, a toujours été lié à la Méditerranée, et amputer l'UE de sa frange méridionale serait un contresens politique tant les enjeux stratégiques et économiques qui se jouent sur ce flanc sud sont déterminants. Ne parlons pas ici de l'apport colossal de la Grèce à la pensée européenne, ou de la manière dont l'identité commerciale et capitaliste européenne s'est forgée en Méditerranée comme l'a démontré Fernand Braudel. Les Printemps arabes, pourraient être des sources de vitalité pour l'Europe. Parlons juste marchés, main-d'oeuvre et actualité: Qui peut contester que les «Printemps arabes» sont potentiellement source d'une incroyable vitalité pour le continent? Les relais passent par Athènes, Naples, Gibraltar, Barcelone ou Nicosie. Berlin, qui investit tant dans le projet solaire Desertec au sud de la Méditerranée, ne doit pas l'oublier. L'Union pour la Méditerranée, justifiée mais mal pensée par Nicolas Sarkozy, ne doit pas être naufragée».(3)
Beau plaidoyer! On peut y ajouter le dernier attentat du fondamentaliste norvégien et attribué en priorité à l'Islam, alors qu'une enquête d'Europol a montré que sur les 200 «attentats» seuls trois sont du fait de réseaux terroristes islamiques.
Que reste-t-il de l'Union pour la Méditerranée?
Curieusement, même dans la tourmente, les leaders européens - pris de court par les révoltes arabes se rattrapent sur Kadhafi en démolissant la Libye, le seul pays à ne pas vouloir de l'Union pour la Méditerranée.... Justement, à propos du bilan de l'UPM, Predrag Matvejeviæ est sceptique quant aux résultats: «Trois ans d'existence, et un bilan nul. Mais La Vanguardia veut croire qu'avec un nouveau secrétaire général, l'UPM peut encore oeuvrer utilement. Les grandes civilisations qui ont placé la Méditerranée au centre de la planète se nourrissaient de mythes et de légendes dans lesquels dieux et surhommes régnaient sur la nature et ses éléments, commandant aux mortels et s'immisçant dans leur destin. (...) Mais, dans nos civilisations actuelles, les réalités comptent davantage. L'une de ces réalités, c'est l'Union pour la Méditerranée. Les balbutiements de l'UPM sont loin d'être couronnés de succès. » (4)
Cette institution poursuit Predrag Matvejeviæ a été lancée il y a trois ans par Nicolas Sarkozy. Elle a d'abord été accueillie avec scepticisme aussi bien par les pays du Nord, qui redoutaient une division de l'Union européenne, que par les pays du Sud, dont la cohésion n'est pas la principale qualité. Les premiers pas de l'UPM ont été lents, tant dans l'approbation des statuts que dans la nomination des dirigeants et la distribution des responsabilités. Le conflit au Proche-Orient a eu tôt fait d'assombrir ses débuts, en mettant à bas la stratégie de gestion de l'eau et en faisant avorter les deux derniers sommets (...) (...)Ce projet a besoin d'une volonté politique affirmée et d'une dotation financière suffisante. Il est indispensable que nous, citoyens et entreprises de la Méditerranée, soyons convaincus de son importance. L'UPM ne peut pas laisser s'évaporer l'enthousiasme que suscite cette renaissance ni se satisfaire d'un même passé commun: elle doit oeuvrer à l'avenir commun de ses peuples et se lancer sans tarder dans des actions ambitieuses.(4)
Pour sa part, le député socialiste Arnaud Montebourg n'a pas été tendre avec la politique de la France et partant de l'UPM. Dans une conférence à l'Idri, il a qualifié le 27 avril à Alger, l'Union pour la Méditerranée (UPM) de «coquille vide». Pour lui «l'échec de l'UPM est dû également à l'accroissement du nombre de ses membres alors qu'au départ il ne concernait que les pays du pourtour méditerranéen».(5)
Qu'en est-il de la Turquie, chaînon majeur ?
Il est intéressant de noter que l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne connaît toujours, avec les gouvernements actuels (France Allemagne, Grèce...), un refus. Les architectes de l'UPM pensaient «régler le problème» en diluant les espérances de la Turquie dans la coquille vide de l'UPM. En fait, le problème est plus profond et au risque de nous répéter, le moteur du refus concerne la peur de l'Islam. Même les plus hautes autorités n'hésitent plus à pointer du doigt l'Islam. Le refus de la Turquie dans l'Europe tient de l'obstination irrationnelle. On connaît les positions de Giscard d'Estaing qui ramène l'adhésion de la Turquie à un problème ethnique et d'essence chrétienne. Cependant, un homme politique a toujours été constant dans ses positions: Michel Rocard n'est pas un inconnu. Pour lui, l'adhésion de la Turquie est un facteur contribuant à la «paix régionale». «Nous partageons avec la Turquie un héritage historique.» «La Turquie est aux frontières de l'Europe, mais elle lui est historiquement intégrée depuis la Grèce antique jusqu'à nos jours.»(6)
A l'autre bout de l’énigme, pour ce qui est de la Croatie, la Moldavie, voire la Serbie, c'est l'Europe qui propose un traitement accéléré de leur intégration. C'est dire si d'un côté c'est le TGV, de l'autre l'escargot perclus de rhumatismes. Par ailleurs, l'Europe - sans publicité - a déclaré en décembre 2008, dans les faits, Israël 28e Etat de l'Europe avec tous les avantages du fait des relations upgrading. Curieusement, l'Europe et l'Occident commencent à «redécouvrir» les vertus de la Turquie vue de plus en plus comme un modérateur, notamment après les convulsions actuelles du Monde arabe. Passerelle entre l'Orient et l'Occident, la Turquie pourrait s'imposer dans les prochaines années comme un acteur géopolitique majeur. La Turquie aurait dû se méfier des promesses qui lui ont été faites -l'adhésion à l'Europe suivrait son cours...normal - lors de la mise en place du canular traquenard de l'Union pour la Méditerranée».
UP Méditerranée ou UP Maghreb? Quelle priorité?
Quelle est l'alternative pour les pays du Maghreb, maintenant que l'Union pour la Méditerranée est en panne, faute de combattants! On sait le forcing qui a amené à sa mise en place. Mettre autour de la même table Bachar el Assad et Israël, il faut le faire!. Que deviennent les acteurs du premier show? Exit Moubarak, Ben Ali. Kadhafi et El Assad luttent justement pour garder leur trône contre une coalition européenne. Il est pratiquement admis que l'UPM, dans sa configuration ancienne, a vécu. Les replâtrages, les calculs d'épicier quant à la distribution des sucettes (les postes: il n'est que de voir comment le secrétariat général a été confié à un Jordanien puis après sa «démission» à un Marocain), on constatera que l'Algérie avec sa politique de un pas en avant, deux pas en arrière, s'est faite marginaliser et elle est absente dans les rares projets toujours en projets.
Pour Georges Stanechy, un des fondements de la politique étrangère européenne et tout particulièrement française et espagnole, est d'empêcher à tout prix une «Union» du Maghreb. En fait, il convient de réactiver le formidable projet de l'UMA (Union du Maghreb arabe) qui réunissait Maroc-Algérie-Tunisie-Libye-Mauritanie. Soit un ensemble d'une centaine de millions de personnes, aux compétences de niveau international par la qualité de ses cadres multilingues, aux ressources complémentaires (mines- énergie-agriculture-industrie) et au potentiel de développement en termes de marchés (infrastructures et consommations) extraordinaire. Cet ensemble représenterait un poids dans les négociations internationales, face à l'Europe ou autres, autrement plus efficace que les différents accords bilatéraux qui ne sont qu'un habillage du: «Diviser pour régner». Dans le partage de la prospérité, la renaissance de ses traditions et de son patrimoine historique, trop longtemps arasés par un colonialisme et un néocolonialisme impitoyables.(8)
Imaginons que les dirigeants du Maghreb soient fascinés par l'avenir. Imaginons que nous ayons un Jean Monnet, un De Gaulle ou un Adenauer, le Maghreb que tout unit: l'histoire la culture et même un Islam tolérant non politique dans son essence, serait une véritable force avec une jeunesse exubérante, un immense territoire supérieur à celui de l'Europe, des ressources énergétiques, un savoir-faire et surtout une vision rationnelle de la réalité que nous avons appris, il faut bien le reconnaître, de la présence coloniale, nul doute que ce Maghreb qui aurait 125 millions d'habitants en 2030 serait un acteur important du Bassin méditerranéen. Les leaders naissent aussi d'un élan de la société. C'est là où l'encadrement, les leaders d'opinion, doivent se rassembler.... Sans cette volonté, l'attente du «miracle», de «l'homme providentiel», ne donnera rien. Combien y a-t-il de colloques organisés sur l'Union pour le Maghreb entre représentants non-gouvernementaux des différents pays concernés, sur des projets communs, par la «société civile», par le «pays profond», les universités, les centres de recherche, les organisations professionnelles, patronales, syndicales ou autres?...
Le Maghreb doit travailler, d'abord, en priorité, en urgence, sur ce qui «rassemble» et non pas sur ce qui «divise». L'avenir du Sahara est l'exemple même du problème qui trouvera sa solution, dans le cadre de l'Union pour le Maghreb, sous une forme à déterminer dans la solidarité face aux pressions et enjeux imposés par l'Occident. Rien n'interdit, d'ailleurs, d'y inclure l'Egypte. L'ensemble de plus de 6 millions de km2 et un marché de 200 millions d'âmes est une opportunité pour les peuples de la région. Nul doute que cet ensemble négociera en position de force avec l'Europe qui, on s'en doute, mettra tout son poids pour le faire échouer sauf si les peuples du Maghreb en décident autrement.
1.Pierre Haski: «Quelques burqas et la République serait en danger?» Rue89 26/04/2010
2.http://www.presseurop.eu/fr/content/article/564321-des-nuages-sombres-sur-mare-nostrum 22 03 2011
3.http://www.presseurop.eu/fr/content/article/799381-sans-le-sud-l-europe-perdrait-le-nord
4.http://www.courrierinternational.com/article/2011/07/26/l-union-pour-la-mediterranee-vous-vous-rappelez 26 07 2011
5.Chems Chitourhttp://www.legrandsoir. info/Declin-du-sens-Ou-va-la-vieille-Europe.html
6.Michel Rocard, Oui à la Turquie. Ed. Seuil 2008
7C.E. Chitour: Le niet de l'Europe à la Turquie: L'Expression mars 2009
8. Georges Stanechy - Commentaire article Chitour http://stanechy.overblog.com
samedi 30 juillet 2011
Nicolas Hulot envisagerait de quitter Europe Ecologie-Les Verts
Défait par Eva Joly lors de la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Nicolas Hulot pourrait quitter le parti écologiste avant la fin août, indique son conseiller Jean-Paul Besset. L'animateur de télévision avait auparavant exprimé sa déception dans le magazine Bretons, critiquant durement le rassemblement écologiste et certains de ses cadres, tout en se défendant de vouloir régler des comptes.
Interrogé par Bretons, l'animateur estime que la primaire qui l'a opposé à l'ex-magistrate Eva Joly "aura donné un spectacle assez préjudiciable" de l'écologie. Selon lui, tout à été fait par les cadres du mouvement pour lui compliquer la tâche, du calendrier choisi au périmètre de vote. Il se demande aussi "quel diplôme de psychologie il faut avoir pour comprendre leur fonctionnement".UN RAPPROCHEMENT AVEC BORLOO ?
"De Jean-Vincent Placé à Dany Cohn-Bendit, en passant par Cécile Duflot et Noël Mamère, ils n'ont eu de cesse de me demander de les rejoindre. Mamère m'a dit que j'étais le seul candidat possible. Et pourtant, il fut le premier à m'envoyer des banderilles quand je me suis présenté", déplore-t-il. Néanmoins, l'animateur assure n'avoir aucune rancœur envers Eva Joly, qui a obtenu une victoire très nette avec 58,16 % des voix.
L'annonce du probable départ de Nicolas Hulot d'EELV relance les spéculations sur un rapprochement avec Jean-Louis Borloo, le leader du Parti radical qui semble préparer sa candidature à la présidentielle de 2012. L'animateur avait semé le trouble lors du congrès des écologistes en confiant à des journalistes qu'il avait "pendant un court temps" envisagé un tandem avec Jean-Louis Borloo. Ce dernier avait aussitôt redit "son estime" pour l'écologiste, avec lequel il avait travaillé lors du Grenelle de l'environnement.
Les retraités allemands à Athènes pour former les Grecs
Pour rendre la Grèce plus compétitive, le commissaire européen à l'Énergie suggère que des professeurs d'écoles professionnelles et des artisans qualifés à la retraite soient envoyés à Athènes.
Ce ministre d'à peine 38 ans, d'origine vietnamienne, incarne les vertus du métissage et il en est fier. Philipp Rösler considère qu'il n'y a aucune raison pour que les méthodes appliquées pour remettre à flot l'ex-RDA communiste ne marchent pas au profit de la Grèce. Ses propos, aux relents d'impérialisme culturel, paraîtront un brin naïfs. Mais ils reflètent manifestement une large partie de l'opinion publique outre-Rhin. Et après tout ne prête-t-on pas à Jean Monnet, l'un des pères fondateurs de l'Europe, cette formule, «Si c'était à refaire, je commencerais par la culture» ? C'est le moment ou jamais d'essayer.
Europe, où est ta beauté d’antan ?
Que cette Italie est loin de celle que j’ai découverte pour la première fois, en 1950. J’avais 22 ans, la Seconde Guerre mondiale avait pris fin à peine cinq ans plus tôt, et Benito Mussolini, dictateur et Duce, avait fini exécuté par des résistants et pendu la tête en bas sur la place Loreto de Milan aux côtés de sa maîtresse, Claretta Petacci, dont une pieuse femme avait attaché la jupe aux cuisses. Les enfants couraient pieds nus en demandant l’aumône. Les mendiants étaient stationnés à des endroits clés des villes, dans les gares ou aux sorties des restaurants. Les gens allaient au musée parce qu’il y avait le chauffage – pas dans les hôtels.
Personne ne prenait le train en première ou deuxième classe. En troisième en revanche s’entassaient des voyageurs qui attachaient leurs valises avec des cordes et étaient vêtus, non comme des ouvriers, mais comme ce qu’ils étaient au fond : les représentants d’une classe moyenne appauvrie. Les ouvriers, eux, allaient grossir les rangs du Parti communiste italien et chantaient "Celui qui ne travaille pas ne mangera pas. Vive le communisme et la liberté."
Maires communistes et entrepreneurs capitalistes
De son côté, la bourgeoisie libérale se plaçait sous la protection des Américains. Le pape Pie XII, Eugenio Pacelli, lavait les soupçons de collaboration avec les nazis qui pesaient sur lui à grands renforts d’anticommunisme et de gloria chantant l’"année du jubilé" (1950). Dans les villes italiennes se côtoyaient maires communistes et entrepreneurs capitalistes, ces derniers souvent de véritables stars du développement économique de l’époque.Depuis lors, une bourgeoisie riche et puissante, une classe de travailleurs vieillie ou déplacée par de nouveaux métiers où les syndicats sont en perte de vitesse, une jeunesse inquiète et contestataire ont cohabité avec des gouvernements de centre gauche et de centre droit sans guère d’attachements idéologiques. A croire que la politique italienne n’est qu’un rite de passage vers la réalité économique profonde du pays.
En qui les Italiens se sont-ils reconnus ? Les meilleurs éléments de la gauche n’ont pas pu créer d’alliances politiques durables, pas même par la fondation et la refondation de ces dernières sous de multiples appellations. La droite s’est en revanche trouvé un personnage rustique, bouffon et calculateur, que les lois du pouvoir protègent contre les procès qui le rattraperont quand il le quittera, ce pouvoir, un jour. Ce jour-là est-il proche, le dernier de Silvio Berlusconi ? Le gouvernement italien grince en tout cas de l’intérieur, comme l’a montré le ministre de l’Economie Giulio Tremonti en l’absence de Berlusconi, disparu au beau milieu d’une crise que le président de la République, l'ancien communiste Giorgio Napolitano, a gérée précisément avec ce que Berlusconi n’a pas : le génie politique.
Une crise paneuropéenne
Le plus intéressant dans cette affaire est que Tremonti, le ministre de l’Economie, Draghi, le futur président de la Banque centrale européenne, Napolitano, le président de la République italienne et, tacitement, de larges franges de la gauche post-communiste et de la droite post-berlusconienne, ont tous parlé d’une même voix pour mettre en garde contre une crise nationale – crise dont Tremonti aussi bien que Draghi osent faire porter le chapeau à une crise européenne dont l’Italie serait, par définition, la victime et non la cause.Mais non, mais non, la crise est d’ordre européen : c’est aussi l’argument central de l’ancien chancelier de l’Echiquier (ministre des Finances) et ancien Premier ministre britannique Gordon Brown dans un article qui bénéficie d’un large écho international. "Pourquoi l’Europe s’est-elle endormie" ?, se demande et nous demande Gordon Brown.
Manque de capitaux, chômage, croissance en berne : tout annonçait une crise. Celle de l’Europe, et pas seulement celle de pays pris isolément, de l’Irlande, du Portugal, de la Grèce, voire de l’Italie et de l’Espagne. Une crise paneuropéenne : si l’on se refuse à le comprendre, les remèdes seront – sont – inefficaces.
Le monde actuel n'est plus eurocentrique
Le problème, insiste Brown, est européen et a plusieurs visages. Le secteur bancaire européen n’a pas pris conscience qu’il n’est pas seulement le secteur bancaire européen, encore moins un secteur bancaire national, mais qu’il fait partie d’un système mondial. Les problèmes ne se résoudront pas en débloquant des crédits, argumente le Britannique, car ce sont des problèmes de solvabilité et d’insolvabilité, et non de liquidités.Ces problèmes-là ne se résoudront pas isolément. Brown prône une stratégie "paneuropéenne" qui, aux "réactions dans la panique", substitue une politique de reconstruction à long terme. Dans le cas contraire, l’Europe entrera dans une ère de mécontentement social, de phobie de l’immigrant et de "mouvements de sécession" politique. Et Gordon Brown de proposer que les problèmes communs soient abordés comme tels, non comme des problèmes "locaux" qui ne concerneraient pas le reste de l’Europe.
Je me rappelle l’Europe en ruines de 1950. La situation actuelle n’a aucune raison de sombrer à nouveau dans les drames de l’après-guerre. Il est certain en revanche que l’Europe devra s’adapter à un monde nouveau où se multiplient les économies émergentes, en Asie et en Amérique latine aujourd’hui, peut-être aussi en Afrique demain. Elle ne renouera pas avec la gloire d’antan, mais pas plus qu’avec la misère de jadis. L’Europe devra s’adapter à un monde pluriel, émergent et jamais plus eurocentrique.
Nombre d’Alsaciens sont, hélas, bien placés pour comprendre la détresse des familles des victimes du Rio-Paris. La catastrophe aérienne du Mont-Saint-Odile et, dans une moindre mesure, celle d’Habsheim, leur ont infligé la douloureuse lenteur des enquêtes sur de telles affaires. Cette impression que, rapport après rapport, la vérité se dérobe, masquée par les nuages, mouvants, des investigations, évanescente comme le mystère, affreux, d’un avion qui s’écrase.
Pour faire le deuil d’un être cher, il faut pouvoir sonder le néant des conditions de sa disparition. L’acceptation passe par l’explication du drame et aussi par la détermination des responsabilités qui ont conduit à l’accident. Il ne s’agit pas d’un besoin de trouver coûte que coûte le ou les «coupables» sur lesquels faire porter la faute, mais de combler ce vide qui déshumanise l’absence. La visualisation du scénario apaise, comme si les victimes n’étaient tout à coup plus seules dans leur tragédie.
Si on en croit la conclusion du Bureau d’enquêtes et d’analyse, il faudra encore attendre de longs mois avant de pouvoir reconstituer définitivement les trois minutes trente finales du vol AF447. En affirmant que le BEA ne fait qu’«établir les faits», avant que la justice ne fasse ensuite son travail, Nathalie Kosciusko-Morizet ne pouvait pas dire autre chose. Mais c’est évidemment d’autant plus difficile à entendre que les éléments présentés n’établissent pas de hiérarchie claire entre les causes liées aux défaillances de l’avion et les éventuelles erreurs d’appréciation des pilotes.
Ce flou qui, à l’oreille, met tout sur le même plan, choque évidemment les personnels d’Air France, parce qu’il donne le sentiment de protéger les intérêts économiques, phénoménaux, du constructeur. Il n’y a alors qu’un souffle de doute jusqu’à la théorie du complot, qui a enveloppé toute la procédure de l’affaire du Mont-Saint-Odile. Mais il pourrait aussi porter l’injustice tant le BEA, composé d’experts, et pas tous Français, ni même tous Européens, fait prévaloir une analyse froide des circonstances du crash. Les recommandations de ces professionnels ne sont pas de simples suggestions et tentent, en priorité, de combler une zone d’inconnu dans la formation des pilotes au décrochage en haute altitude. La sécurité aérienne ne saurait s’en affranchir...
La raison invite à se résigner à ce diagnostic de prudence. Mais en se soumettant au temps, elle impose aux proches des 228 morts de l’Atlantique-sud une cruauté supplémentaire.













