TOUT EST DIT

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samedi 29 mars 2014

UNE NOUVELLE TAXE SUR LE GAZ DÈS LE 1ER AVRIL


Le 1er avril, les ménages français seront soumis à une nouvelle taxe sur la consommation de produits énergétiques polluants, qui alourdira leur facture de gaz, même si le gouvernement a prévu des compensations pour les plus modestes.

Les ménages étaient jusqu’ici exemptés de la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN), collectée depuis 1986 par les fournisseurs de gaz auprès de leurs clients et reversée à l’Etat.
Elle est l’équivalent pour le gaz des taxes intérieures de consommation perçues sur les carburants, le fioul ou le charbon.
Mais le gouvernement a décidé de mettre fin à cette exception, dans le cadre de la mise en place de la contribution climat énergie (CCE), sorte de «taxe carbone» qui consiste à lier en partie les taxes sur les énergies polluantes à leurs rejets de gaz carbonique.
Le gaz commence à me monter au nez....

Selon le ministère de l’Ecologie et de l’Energie, le montant de la taxe a été fixé à 1,41 euro par mégawattheure à compter du 1er avril.
Elle sera ensuite relevée à 2,93 euros en 2015, et 4,45 euros en 2016.
Au 1er mars, le tarif (B1) pour un ménage se chauffant au gaz était compris entre 56,60 et 60,20 euros TTC du mégawattheure suivant les zones géographiques. La hausse du gaz provoquée par la taxe carbone avoisine donc pour ces consommateurs 7,5% sur trois ans.
En avril, le prix taxes comprises du gaz restera toutefois quasi stable, l’application de la nouvelle taxe étant contrebalancée par une baisse de 2,1% en moyenne des tarifs réglementés du gaz, selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Mais les tarifs réglementés du gaz naturel sont révisés tous les mois depuis l’introduction fin 2012 d’une réforme qui avait permis d’amorcer une légère détente des prix de cette énergie.

Réductions majorées

Cette année, le gaz, le charbon et le fioul lourd seront les seules énergies fossiles dont le coût augmentera à cause de l’instauration de la CCE, laquelle n’aura pas encore d’impact sur les carburants et le fioul domestique. Mais toutes ces énergies augmenteront en 2015 et 2016.
D’autres usages du gaz, notamment pour la production d’électricité, restent exemptés.
La contribution climat énergie doit rapporter 340 millions d’euros à l’Etat la première année, avant une montée en puissance à 2,5 milliards d’euros en 2015 et 4 milliards en 2016. 
Pour les ménages plus modestes, des compensations sont prévues pour accompagner la montée en charge de cette contribution, au moyen d’une revalorisation des déductions forfaitaires dont ils bénéficient via le «tarif spécial de solidarité» du gaz, ou TSS.
Le montant de la réduction varie de 23 à 185 euros selon le nombre de personnes composant le foyer et les usages du gaz (eau chaude, cuisson ou chauffage), contre 22 à 156 euros jusqu’à présent, selon un arrêté du gouvernement paru jeudi au Journal officiel.
Le TSS a été créé en 2008. Versé sous conditions de ressources, il peut être cumulé avec le tarif social de l’électricité (ou TPN). Ces tarifs sociaux de l’énergie ont été étendus en novembre 2013 à environ quatre millions de foyers modestes, soit plus de huit millions de personnes. 
Le TSS est financé au moyen d’une contribution acquittée par les consommateurs de gaz et son nombre de bénéficiaires à fin 2014 est estimé à environ 1.138.000.

SATISFACTION

SATISFACTION


Pierre qui roule n’amasse pas mousse mais les Rolling Stones font toujours recette. Ils n’ont même pas eu besoin du temps d’un concert pour remplir le stade de France. À peine 51 minutes hier matin pour vendre les 75.000 billets de leur unique sortie en France (le 13 juin). 25 tickets écoulés à la seconde pour des sésames dont le prix (astronomique) oscille entre 75 et 150 euros. Certains billets VIP pouvant dépasser le millier d’euros. Plusieurs fois dispersé, mais toujours reformé, le plus grand groupe de l’histoire du rock (plus de 50 ans d’existence, 200 millions d’albums vendus) ne carbure plus au sexe et à la drogue comme dans ses vertes années. Non, les papys de la scène (71 ans pour Mick Jagger et Keith Richards et des fortunes estimées à plus de 250 millions de dollars) pilotent une formidable machine cash. Ils organisent jusqu’à la sécurité de leurs tournées. Histoire d’en percevoir 75 % des recettes. Le moins d’intermédiaires possibles, mais toujours plus de revenus. Doté d’un redoutable sens des affaires, Sir Mick, ancien élève d’une école de commerce, a mis au point un système qui lui a permis de ne payer que 1,6 % d’impôts ces vingt dernières années. De quoi donner un tout autre écho au plus célèbre de leurs hymnes :
I can’t get no satisfaction !

Après le second tour des municipales: agenda "normal" pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault


Chaque vendredi, les services de presse des ministères communiquent les agendas à venir des ministres. Mais pour cette semaine post-municipales, en pleine rumeur de remaniement, c'est bien le planning de Jean-Marc Ayrault qui focalise l'attention. 

Lundi 31 mars

Le Premier ministre s'entretiendra dès 8h30 avec le ministre de l'Intérieur (et Premier-ministrable), Manuel Valls...qui verra luiFrançois Hollande à 10 heures à l'Elysée. 
Suivra pour le Premier ministre, un entretien avec le premier Secrétaire du PS, Harlem Désir, à midi. Enfin, c'est bien le déjeuner calé avec le président de la République à 13 heures qui retiendra toutes les attentions. 
>> A (re)lire: Tous nos articles sur le possible remaniement 

Mardi 1er avril

Jean-Marc Ayrault s'entretiendra à 10 heures avec la ministre de la Justice, Christiane Taubira avant de recevoir un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme à 11 heures.  
Pour sa part François Hollande verra Laurent Fabius (autre candidat non-déclaré à Matignon) à 8h30. Le président de la République s'entretiendra dans l'après-midi avec l'homme le plus riche du monde, Bill Gates

Mercredi 2 avril

Les équipes du service de presse de Jean-Marc Ayrault ont prévu comme d'habitude un entretien avec le président de la République à 9h30, avant le traditionnel Conseil des ministres à 10 heures. 
Seul hic, le Conseil a été avancé à 9 heures afin de permettre à François Hollande de se rendre à Bruxelles pour un sommet européen consacré aux relations entre l'Europe et l'Afrique. L'agenda du Premier ministre est pour l'instant le seul du gouvernement à n'avoir pas acté ce changement d'heure. 

L'agenda caché?

Si tout semble normal en façade, en coulisses, la rumeur court que le gouvernement pourrait remettre sa démission dès lundi soir. "Le Secrétariat général du gouvernement nous a demandé de nous tenir prêt", indique-t-on dans l'entourage d'un ministre important. 
Dans cette hypothèse, le nouveau gouvernement pourrait être annoncé mardi dans la soirée, pour un premier conseil des ministres mercredi comme prévu.  
François Hollande qui déteste la contrainte, pourrait aussi vouloir reprendre la main sur son calendrier en programmant une intervention télévisée mercredi pour un remaniement vendredi, juste avant le week-end. Bref, comme le résume un haut fonctionnaire, "on est pleine béchamel". 

Un remaniement pour la forme et ne rien changer sur le fond ?


Face au désastre de la majorité aux élections municipales, François Hollande est dans une impasse où ses talents de tacticien vont être mis à rude épreuve. Difficile en effet de trouver un autre Ayrault acceptable à l’opinion et docile au président. La tentation est grande de conserver l’original, alors qu’il faut donner malgré tout le sentiment que l’on a compris le message électoral.
Une fois de plus, n’attend-on pas trop de François Hollande ? Face au désastre de la majorité aux municipales, à la nouvelle et brutale aggravation du chômage, à l’incapacité de réduire les déficits, il est pressé de partout de changer, de prendre des mesures radicales, en évoquant l’exemple de l’Italie où le nouveau président du Conseil a décidé de trancher dans le vif.
Rien n’est plus difficile pourtant que de modifier la nature des hommes. Et l’on sait que le tempérament de François Hollande est constamment de louvoyer, de chercher à contourner les obstacles sans les affronter de face. Ce qui lui a permis de diriger le parti socialiste en jouant sur les différents courants sans s’impliquer lui-même n’est pourtant plus adapté à la direction de l’Etat. Au cours du dernier conseil des ministres, le président a tancé vertement ses ministres, en les incitant à travailler "avec plus de rapidité, de force, de cohérence et de justice sociale". Un réquisitoire fort mal reçu par les intéressés, qui pourraient à juste titre en rendre largement responsable un chef de l’Etat, qui ne sait pas diriger ses troupes.
Il reflète en réalité une constante de François Hollande qui n’exerce pas sa mission, mais se décharge sur autrui de résoudre les problèmes, en cherchant à se contenter d’un rôle d’arbitre qui n’est plus de mise dans l’état actuel du pays. Il affirme ainsi qu’il ne changera pas de cap, alors qu’on cherche vainement à connaître le fil rouge de sa politique, qui se résume pour l’instant dans un pacte de responsabilité aux contours mal définis et qui ne fera sentir ses effets concrètement qu’à partir de l’an prochain.
Là encore, on voit surtout un effet d’habillage à destination de Bruxelles, pour donner l’impression que l’on a engagé une action, alors qu’on est toujours au stade du Verbe. Car c’est toujours le flou qui règne sur la manière dont on parviendra à réaliser cinquante milliards d’économies d’ici trois ans. La poussée du Front national aux municipales offre un nouvel argument à l’attentisme du chef de l’Etat pour retarder l’heure de la rigueur, car, selon lui, une politique trop sévère pour réduire la dépense publique ne ferait que renforcer l’extrême droite. Il propose de lâcher du lest en obtenant un nouveau délai dans l’échéancier auprès de Bruxelles et en donnant un coup de pouce aux plus bas salaires à court terme en France.
Mais sur le fond, c’est toujours le même statu quo qui prévaut. Le grand choc attendu n’aura pas lieu. On se contentera d’un habillage sous la forme d’un remaniement. Pourtant, là encore il ne peut être question de mettre à la tête du gouvernement face à un président au plus bas dans les sondages et sans véritable autorité un homme fort qui lui disputerait rapidement la réalité du pouvoir. Trouver un autre Ayrault acceptable à l’opinion et docile au président n’est pas chose facile. La tentation est grande de conserver l’original, alors qu’il faut donner malgré tout le sentiment que l’on a compris le message électoral. Bref, François Hollande est dans une impasse où ses talents de tacticien vont être mis à rude épreuve.

De François Mitterrand à François Hollande : que reste-t-il de la France unie ?

De François Mitterrand à François Hollande : que reste-t-il de la France unie ?

Depuis le slogan «la France unie» qui avait marqué les élections présidentielles de 1988, ce thème s'est effacé du débat politique français, comme ringardisé. L'unité de la France est un principe fondateur essentiel de la Nation que l'on retrouve à toutes les époques. Sous l'ancien régime, elle s'incarnait dans la personne du souverain. «L'unité du Royaume» fut ainsi la priorité absolue deRichelieu. Elle fut la véritable obsession des républicains: «Messieurs, avant de faire une France grande, faisons une France une. Refaisons l'union de tous les Français. Reconstruisons le grand parti français sous les plis d'un drapeau qui puisse l'abriter, parce qu'il est le seul sur lequel, aujourd'hui comme au temps de l'invasion, tous les Français puissent servir avec honneur» déclaraitJules Ferry dans son discours du 17 octobre 1874. Cette aspiration s'exprime en permanence dans l'œuvre de Jules Michelet qui voit dans la France une personne et prône «l'unité de l'être». Elle atteint sa quintessence avec «l'union sacrée» de Raymond Poincaré, président de la République sous la bannière de laquelle la France entre en guerre le 4 août 1914. Le général de Gaulle voyait en elle la source de la grandeur et de la réussite, fustigeant au contraire la division: «Depuis l'aurore de notre histoire, nos malheurs furent toujours en proportion de nos divisions. Mais jamais la fortune n'a trahi une France rassemblée.» (discours de Vincennes le 5 octobre 1947).
Tout porte à croire que l'unité nationale est un principe dépassé, déconnecté du réel. La société française ne cesse en effet de se fragmenter, traversée de part et d'autres de profondes fractures laissant penser que les termes «République indivisible», inscrits dans la Constitution, ne sont plus qu'un slogan vide de sens: aggravation des clivages culturels, religieux, urbains ou de génération, chômage de masse qui creuse les différences entre métiers protégés et exposés à la précarité, entre la fonction publique et le privé, entre actifs et retraités, entre la classe moyenne et 5 millions d'exclus du monde du travail… L'attitude des responsables politiques amplifie les tensions qui minent la société française. La division et le sectarisme dominent leurs comportements. On comprend mieux l'effondrement de la participation électorale et la défiance envers le politique quand on voit des politiciens s'écharper sur les plateaux de télévision, quand des gouvernants (quels qu'ils soient) se défaussent de leurs responsabilités en se contentant d'accabler leurs prédécesseurs, où quand les milieux dirigeants versent en permanence dans la haine furieuse, la calomnie, la chasse aux sorcières et l'invective. Les élites politiques ont renoncé au débat d'idées pour s'abandonner à la guerre civile froide et à l'affrontement des ambitions individuelles. Les politiques, ces dernières décennies, ont mis l'accent sur la recherche du clivage, de la polémique, de la cassure.




Pourtant, «la France unie» n'est pas définitivement morte et enterrée et «un printemps français» ne peut venir que d'elle. D'abord, les Français dans leur ensemble aiment l'unité et la souhaitent dans leur vie quotidienne comme dans la vie publique. L'objectif n'est en aucun cas d'engendrer un consensus mou qui ferait le jeu des extrêmes. Dans une démocratie il faut impérativement une majorité et une opposition, des idées et des projets différents. Cependant, «la France unie» passe par un socle commun de valeurs, une règle du jeu fondée sur le respect mutuel et des objectifs communs, la possibilité d'alliances et de compromis sur certains points. Quelques sujets qui concernent l'avenir de la Nation pourraient être placés au-dessus des alternances et faire comme dans d'autres grandes nations européennes - le Royaume-Uni par exemple - l'objet d'une entente ou au moins d'une discussion entre les divers courants politiques: l'avenir de l'école, la maîtrise de l'immigration, la réussite de l'intégration, la sécurité. Bref, la «France unie» ne doit pas être seulement un mythe mais donner lieu à des réalisations concrètes. C'est aux politiques de donner un exemple volontariste, malgré une situation sociale qui semble plus propice à la division qu'à l'unité. Se trouve-t-il assez de lucidité dans la classe dirigeante pour en prendre conscience? L'évolution des institutions politiques avec la présidentialisation du régime aggrave la division. Quand le chef de l'Etat s'occupe de tout et gouverne directement le pays en appliquant la politique de sa majorité, il ne peut plus se placer au-dessus de la mêlée et s'exprimer en garant de l'unité nationale. La Constitution de 1958 distingue les rôles du président de la République, arbitre, guide de la Nation et du Premier ministre en charge de la politique quotidienne. Elle n'est plus appliquée depuis fort longtemps et cet oubli majeur contribue au sentiment de fragmentation du pays. Respecter la Constitution tout simplement serait un premier pas, même modeste, dans la bonne voie. La France unie sera-t-elle le thème majeur des prochaines grandes échéances politiques? Il serait temps d'y penser.

DOZE LE NETTOYEUR
 
Revivez la semaine éco à travers les propos de Nicolas Doze, ses coups de gueule et ses coups de coeur. Cette semaine : les municipales et le FN, le SMIC trop élevé, le chômage, le compte de pénibilité, la CFE-CGC et le pacte de responsabilité.,

L’Acropole aux enchères ?

La Grèce va mieux... disent-ils.
 Il arrive, il est vrai que de grands malades connaissent quelques rémissions dans l'aggravation de leur mal. 
 C'est le bon docteur Barbarosso qui l'affirme, content de lui-même, comme Rajoy en Espagne, satisfait des remèdes de l'infaillible Troîka, ces ayatollahs de l'austérité : le berceau de la démocratie est en bonne voie de guérison. Les métastases ont cessé de progresser.  D'un optimisme sans faille, il n'a jamais vu dans le cas grec une faillite européenne, qui est bien plus qu'héllène, mais une purge provisoire et nécessaire, une sorte de jeûne thérapeutique, en somme. N'allez surtout pas croire que l'intervention chirurgicale visait d'abord le sauvetage des banques européennes, qui avaient joyeusement prospéré là-bas ; καθόλου ! Pas du tout !..   
Il l'affirmait avec un optimisme sans faille, comme un chirurgien légitimement fier après une délicate première et longue opération, lors de du lancement de la  présidence grecque de l’UE :
 "...Nous sommes bien au courant qu’il existe encore des situations extrêmement difficiles, y compris dans un pays comme la Grèce – des difficultés sociales, des épreuves, d’importants sacrifices – et nous savons que ces signes positifs que nous commençons à constater ne se font pas encore ressentir au niveau individuel. Je suis aussi pleinement conscient des difficultés que traverse la population grecque et je souhaite vraiment lui rendre hommage pour son courage et sa dignité ; et j’encourage le peuple grec, sous la direction de son gouvernement, à ne pas baisser les bras et mettre en péril les efforts accomplis. Je pense que nous pouvons dire au peuple grec que ses efforts et sacrifices lui ouvrent les portes d’un meilleur avenir. » 
La dignité ? Quand une grande partie de la population côtoie la misère, quand le chômageprogresse encore, quand même le système de santé est soumis à de sévères restrictions et prend le chemin de la privatisation. 
  Aujourd'hui, là-bas, on pourrait aller jusqu'à  privatiser l'Acropole...ou presque !
Comment, il est vrai, s'arrêter en si bon chemin, quand on a déjà bradé tant de biens publics ?
 Le malade, en grande léthargie, ne se plaint pas trop et n'est pas encore à l'agonie.
 On dit même que le tourisme reprend de la rigueur. Forcément, les salaires ont fondu, donc les prix sont devenus attractifs.
 Donc on peut forcer la dose et peut-être aller jusqu'à founir au monde le modèle d'un pays entièrement privatisé, selon les dogmes d'un ultralibéralisme poussé jusqu'au bout de sa logique. Reagan ne disait-il pas, à la suite de Hayek : l'Etat, c'est le problème ?....
    Mais,mais... On apprend que d'autres médecins, grecs ceux-là, ne partagent pas les vuesdiscutables  du Président non élu de la Sainte Commission. L'un deux fait un diagnostic assez sombre :
 "...C'est bien connu : l'Histoire se répète parfois sous forme de tragédie, parfois sous forme de farce. Les premières années de la crise ont été marquées par de nombreux troubles sociaux ; il y en a beaucoup moins maintenant. Les gens rentrent chez eux et lèchent leurs plaies. Ils essaient de joindre les deux bouts, et de mettre de quoi manger sur la table. Pour résumer, les rues sont calmes, mais le mécontentement est fort, et la pauvreté, un cancer qui tue les gens psychologiquement. De très nombreux ménages sont surendettés. Ce que j'ai pu observer au sein des familles, c'est une forme de dépression au sens clinique du terme, qui s'apparente beaucoup aux états bipolaires. Un jour, les gens sont catatoniques et, le lendemain, ils sont dans une forme d'optimisme bizarre, où ils éprouvent le sentiment totalement irréaliste que tout est possible. Puis la dépression revient. Pas besoin d'être grand clerc pour savoir de quoi tout cela est le terreau, on l'a déjà expérimenté dans les années 1930, et pas seulement en Allemagne... "

 Qui disait : " Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde" ?

Quand le monstre échappe à son créateur

Quand le monstre échappe à son créateur


Après le ministère de la Culture, le siège du Medef, celui de la CGPME, la Cour des comptes, le Mucem à Marseille, les intermittents du spectacle ont choisi d’occuper l’Opéra de Paris, jeudi 20 mars, pour y passer la nuit, avec la bénédiction de son directeur adjoint, en attendant une assemblée générale prévue le lendemain.
Toutes ces occupations illégales pour lesquelles le gouvernement socialiste montre une rare indulgence, pour ne pas dire complaisance — il est vrai qu’à quelques jours d’une échéance électorale, il ne s’agit pas de se mettre à dos une population tout entière acquise à sa cause —, ont un seul et même objectif : laisser inchangé, comme c’est le cas depuis 2003, le régime des intermittents — dans le rouge chaque année de 1 milliard d’euros —, alors qu’il nécessiterait au contraire une profonde remise à plat.
Selon la Cour des comptes, les artistes et les techniciens, concernés par les annexes 8 et 10, représenteraient en effet un quart du déficit total de l’assurance chômage, mais à peine 3 % des chômeurs. En cause, des règles d’indemnisation très généreuses.
La renégociation de la convention d’assurance chômage était l’occasion rêvée de le faire, mais c’était compter sans l’aide apportée par certains membres du gouvernement au premier rang desquels Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, qui a accusé le Medef — il demandait simplement l’alignement des annexes 8 et 10 sur le régime général — de « vouloir tuer la culture » avant de déclarer quelques semaines plus tard qu’en France, on avait « économiquement besoin des intermittents » et que le déficit était « la raison d’être d’un régime fait pour des gens plus précaires que les autres ». Seul problème, cette “précarité” a été voulue par les intéressés eux-mêmes et elle est loin d’égaler celle, bien plus réelle, des ouvriers des abattoirs Gad en Bretagne. La réforme ne se fera qu’a minima.
Saint-Just disait : « Tous les arts ont produit des merveilles ; l’art de gouverner n’a produit que des monstres. »Vingt-cinq ans plus tard, Mary Shelley a montré, dans son roman Frankenstein, que les monstres pouvaient échapper à leurs créateurs. Il en est de même des intermittents du spectacle.

Le réveil de l’opinion française

Le réveil de l’opinion française


L’Express de ce 24 mars, peut-être pour attirer le chaland, parle des « dix surprises du premier tour » de ces élections municipales. Or, dans l’histoire politique française il s’est produit, sans doute plusieurs fois, des retournements inattendus entre les deux tours. Mais ce que souligne le scrutin du 23 mars vient de suffisamment loin pour qu’on doive en prendre acte et en tirer les conséquences.
Remarquons d’emblée que la « surprise » ne vient pas, à nos yeux, de l’effondrement du PS et de la poussée du FN, mais de l’ampleur du premier phénomène dont le second tire naturellement, quoique partiellement, parti.
Sans doute est-il trop tôt pour discerner quels mouvements réels et durables se sont produits dans l’opinion. Il faut attendre pour cela de disposer de chiffres complets, non plus en pourcentages, mais en valeurs absolues. Au moment de la présidentielle de 2012, on pouvait consulter les chiffres des villages, puisqu’ils ne comportent qu’un bureau de vote : c’est en effet à ce niveau que doit se situer toute étude des évolutions de l’électorat. Elles se révèlent très différentes de ce que disent les commentateurs, et nous le soulignions alors. Or, cette étude ne peut s’effectuer dans le cadre de ce scrutin puisque la France rurale ne vote pas ici sur des listes politisées. Rappelons aussi que les listes urbaines sont beaucoup plus encadrées par le système, beaucoup plus quadrillées par l’idéologie officielle, qu’elles sont subventionnées, etc.
Constatons que le travail d’implantation locale a fini par porter ses fruits et que ce qui s’observe partout s’est vérifié, aussi, à Hénin-Beaumont et à Forbach et dans pas mal de villes, et pas seulement en faveur de ce parti, faut-il le signaler.
Mais c’est, en plus de tout cela, le sentiment d’écœurement qui a donné un coup de pouce général aux diverses formes d’opposition. On a beaucoup parlé, et à juste titre, des promesses sociales non tenues, de l’échec économique du pouvoir actuel, de l’effacement international et européen de la France etc.
Tout cela joue indiscutablement.
Il faut aussi rappeler, cependant, que les plus grandes poussées d’indignation de l’année 2013 ne se sont pas investies sur les terrains auxquels un certain matérialisme voudrait pouvoir les cantonner. Si monstrueuses soient-elles, la pression fiscale, pas plus que le monopole de la sécurité sociale, etc. tout cela n’a pas mobilisé autant que les atteintes à la famille et aux mœurs.
Au titre de celles-ci on doit inclure aussi le cas, unique au monde, d’un chef d’Etat, renégat manifeste du catholicisme familial, prétendant instituer le « mariage » pour tous et s’en dispensant lui-même. Que ce personnage fasse honte à une partie de l’opinion mériterait une attention plus soutenue des observateurs.
Qu’enfin le parti de ce politicien dont la capacité à gouverner reste encore à démontrer et dont le seul métier connu, pour ne pas parler de mérite, se limite aux manipulations, se soit investi ces dernières semaines dans les atteintes judiciaires, effectivement partisanes, contre son prédécesseur et rival, n’a fait qu’assombrir le tableau.
La bonne surprise de ce premier tour semble donc le réveil d’une opinion française qu’on aurait pu croire installée au château de la Belle au Bois Dormant. On ne peut donc que souhaiter la prolongation et l’amplification du phénomène.

Le Conseil constitutionnel censure la loi Florange


Le Conseil constitutionnel a censuré jeudi la "loi Florange" qui ouvrait la voie à des pénalités pour les entreprises fermant un site rentable, infligeant ainsi un camouflet au gouvernement à trois jours du deuxième tour des élections municipales.
Il estime dans un communiqué que les dispositions sur le refus de céder un établissement en cas d’offre de reprise et les sanctions prévues dans ce cas, sont "contraires à la liberté d’entreprendre et au droit de propriété".
Les "Sages" censurent aussi les dispositions prévoyant des pénalités en cas de non respect de l’obligation de recherche d’un repreneur et vide de sa substance cette loi hautement symbolique, promesse de campagne de François Hollande.
Le Medef, qui juge ces dispositions "inapplicables et dangereuses", a salué la "décision réaliste" du Conseil.
Dans un communiqué, la principale organisation patronale française invite le gouvernement à faire montre du même réalisme lors de la présentation au Parlement, en avril, du pacte de responsabilité proposé par François Hollande aux entreprises.
"La confiance est indispensable à la réussite du pacte de responsabilité. Elle passera par des actes cohérents de la part du gouvernement et des parlementaires", écrit-elle.
Mais le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, Thierry Mandon, a déclaré à Reuters que les députés de la majorité allaient présenter un nouveau texte sur "le point difficile" des sanctions mais les motivations de la décision du Conseil constitutionnel laissent peu de marges de manoeuvre.
MESURES CONTRE LES OPA HOSTILES
La "loi Florange", un texte d'origine parlementaire dont les dispositions mécontentaient à la fois patronat et syndicats, devait être initialement adopté avant fin 2012 mais n'a finalement été voté que le 24 février 2014.
Les groupes UMP de l'Assemblée et du Sénat ont alors saisi le Conseil sur cette loi jugée par le patronat en contradiction avec la main tendue par le gouvernement aux entreprises.
Le texte obligeait un dirigeant d'entreprise appartenant à un groupe de plus de 1.000 salariés et souhaitant fermer un de ses établissements à rechercher pendant trois mois un repreneur, sous peine de devoir verser une pénalité pouvant atteindre 20 smic mensuels - soit 28.000 euros - par emploi supprimé, dans une limite de 2% de son chiffre d'affaires.
Le texte comporte également des mesures en faveur de l'actionnariat à long terme et encadre les OPA hostiles, qui n'ont pas été censurée par le Conseil. Ainsi, afin d'éviter des prises de contrôle rampantes, les salariés pourront détenir jusqu'à 30% du capital social de l'entreprise.
De plus, les collectivités locales ayant accordé des aides publiques pourront réclamer à ces entreprises n'ayant pas joué le jeu de les rembourser si elles ont été accordées durant les deux dernières années.
Mais pour les "Sages", l’obligation d’accepter une offre de reprise "sérieuse" et la compétence confiée au tribunal de commerce pour en juger "font peser sur les choix économiques de l’entreprise (...) des contraintes portant atteinte au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre.
Il estime par ailleurs que la pénalité prévue pour le non respect de l’obligation de recherche d’un repreneur est "hors de proportion avec la gravité des manquements réprimés".
UNE PROMESSE DE HOLLANDE
Il juge en revanche conforme à la Constitution le dispositif donnant aux repreneurs potentiels l’accès aux informations "utiles" sur l’établissement dont la fermeture est envisagée, de même que les dispositions relatives à l'information du comité d’entreprise en cas d’offre publique d’acquisition.
Ce texte était une promesse faite par le chef de l'Etat en février 2012, pendant la campagne présidentielle, lors d'une visite sur le site sidérurgique ArcelorMital de Florange.
Le 30 novembre 2012, le gouvernement et ArcelorMittal avaient cependant signé un accord entérinant l'arrêt des deux hauts-fourneaux de Florange et la disparition de 629 emplois. Accord alors qualifié de trahison par les syndicats.
En outre, ce n'est pas le gouvernement mais le groupe PS à l'Assemblée qui a déposé la proposition de loi votée en février dernier après un parcours parlementaire chaotique.
L'Assemblée a notamment dû procéder à une nouvelle lecture définitive après que le Sénat, où la gauche dispose d'une faible majorité, a rejeté le texte du fait de l'abstention du Front de gauche qui le jugeait insuffisamment contraignant.
(Emile Picy, édité par Emmanuel Jarry)

vendredi 28 mars 2014

Le chômage en hausse mais « on garde le cap » !

Chômage. Les chiffres du chômage du mois de février ont été publiés. Ils atteignent un niveau record avec une hausse de + 0,9 % par rapport au mois précèdent.
Il y a 3,34 millions de chômeurs en France. Les chiffres pour le mois de février ont été rendus pubics hier et atteignent un niveau record. Il y a eu 31 500 nouveaux inscrits le mois dernier, soit une hausse de 0.9%. Face à ces mauvais résultats, Michel Sapin, le ministre du travail s’est exprimé sur BFMTV. « Les chiffres ne sont pas bons », « ils vont dans la mauvaises direction », « J’en porte aussi ma part de responsabilité », s’accorde-t-il à dire. La repentance est de mise à quatre jours du second tour des élections municipales. Après quatre mois consécutifs de hausse du chômage Michel Sapin appelle tout de même à la prudence : il faut « éviter qu’il y ai le retour de maires de droite ».
Michel Sapin en confiance
Faux-derche de la république.
En plein contexte de remaniement, le ministre du travail reste confiant. Le pacte de responsabilité inversera la courbe du chômage selon lui. Les mauvais chiffres du chômage, des sondages, des élections, ne le font pas douter de l’opinion des français vis-à-vis de cette réforme. « Les français ne se sont pas exprimés contre le pacte de responsabilité, mais contre la situation » a-t-il dit. Alors le ministre le confirme : « nous n’allons pas changer de direction », « le cap, il faut le maintenir ». Les français jugeront, mais ils s’accorderont sans doute sur l’évidence prononcée par Michel Sapin : « les gens veulent de l’efficacité, des résultats ».

Supplice chinois

Supplice chinois


Loin de nous l'idée d'offenser le vénérable président chinois Xi Jinping pour qui la France déploie obséquieusement ses fastes républicains et versaillais dans la quête de juteux contrats. Il n'empêche que la rituelle publication des chiffres du chômage prend, pour l'exécutif, l'allure d'un vrai « supplice chinois ». Mois après mois, et à de trop rares exceptions près, Pôle emploi retourne le couteau dans la plaie et condamne le gouvernement à des commentaires qui relèvent plus de la jérémiade que de l'explication convaincante. Au demeurant, plus personne ne peut adhérer aujourd'hui au discours sur « l'effort à poursuivre ».
C'est que les chiffres sont plus têtus encore que l'obstination du gouvernement à se dire sur le bon chemin. En février dernier, on a enregistré 31.500 chômeurs de catégorie A en plus. En somme, après la « baisse de la hausse » à laquelle s'accrochait le gouvernement, survient une « augmentation de la hausse » qui réduit ses espoirs à néant. Rien de tout cela n'est surprenant. La preuve était déjà faite que le traitement social du chômage ne suffit pas sans politique économique stimulant les entreprises (donc les emplois), et sans croissance.
À quelques jours du deuxième tour des municipales, ces chiffres ne vont rien arranger pour le PS. Ils vont surtout accroître le casse-tête de François Hollande dans la recherche d'un point d'équilibre dans la constitution du prochain gouvernement. Car l'aile gauche du PS et les Verts y voient un argument supplémentaire pour appeler à une inflexion de la politique sociale-libérale de François Hollande.
Comment le chef de l'État va-t-il concilier les contraires qui, déjà, et de façon un peu indécente, animent dans les couloirs la course aux futurs maroquins ? Pour constituer une équipe « cohérente et resserrée », François Hollande va devoir s'affranchir de sa marotte stérilisante de la « synthèse permanente ». Beaucoup de temps a été perdu dans l'harassante gestion des couacs gouvernementaux. Il est temps que prenne fin, aussi, le « supplice chinois » enduré par Jean-Marc Ayrault.

Djihadistes de retour en France

Djihadistes de retour en France


Après la découverte de 900 grammes d’un explosif de type TATP le 17 février dernier dans un immeuble de Mandelieu-La-Napoule, près de Cannes, faisant suite à l’interpellation, une semaine auparavant, d’Ibrahim B., un jeune Français de retour du djihad en Syrie, les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont la certitude d’avoir « empêché un attentat imminent »sur la Côte d’Azur. Des spécialistes de la lutte antiterroriste qui ne cachent pas aujourd’hui leur inquiétude et qui n’hésitent pas à confier : « Ça va se multiplier. »

« Punir la France »
A ce jour, les services européens auraient déjà déjoué pas moins de trois projets terroristes d’ex-djihadistes. Dans le cas d’Ibrahim B., l’alerte a été donnée le 3 janvier dernier par les autorités grecques, qui l’avaient repéré lors d’un contrôle d’identité mais l’avaient relâché. Il revenait alors de Syrie où, de sources antiterroristes, il était parti en septembre 2012, comme deux autres jeunes du Cannet. Départ qui leur avait permis d’échapper au coup de filet policier démantelant la cellule dite « de Cannes-Torcy », à laquelle les enquêteurs les rattachent et dont plusieurs membres sont soupçonnés d’une attaque à la grenade contre un commerce juif de Sarcelles en septembre 2012. Lors du démantèlement de cette cellule, les policiers avaient trouvé plusieurs testaments, dont deux rédigés par Ibrahim B. et un autre candidat au djihad, Abdelkader T., 25 ans.
Soupçonné avec Ibrahim B. d’avoir rejoint le Front al-Nosra, groupe rebelle syrien lié à Al-Qaïda, et d’envoyer, via les réseaux sociaux, des messages appelant à « punir la France », Abdelkader T. avait été arrêté en Italie le 16 janvier, extradé puis écroué. Ibrahim B., lui, était interpellé par les hommes de la DCRI le 11 février en bas d’un immeuble de Mandelieu-La-Napoule où l’un de ses proches l’hébergeait, mis en examen et écroué. Lors de la perquisition de l’immeuble, la DCRI découvrait dans un local technique des parties communes une arme de poing, du matériel informatique, de la documentation sur la fabrication d’une bombe et trois canettes remplies de TATP, un explosif rudimentaire utilisé dans l’attaque de Marrakech en 2011.

Emblématique
« Cette affaire est emblématique de ce qu’on a toujours craint », confiait une source proche de l’enquête : des personnes parties pour la Syrie pour mener le djihad et revenus « radicalisées, formées, aguerries », avec un projet terroriste. Une crainte d’autant plus fondée que, selon nos services, quelque 700 volontaires « français » seraient ainsi partis pour la Syrie. Plus tous ceux qui n’ont pas été identifiés… Des djihadistes français. Autrement dit, des jeunes issus pour nombre d’entre eux de l’immigration, mais aussi des Français de souche convertis à l’islam. Comme Jérémie Louis-Sidney, leader du groupe de Cannes-Torcy, tué lors de son interpellation en 2012. Un dealer martiniquais converti à l’islam radical lors d’un séjour dans des prisons françaises devenues les écoles coraniques les plus performantes. Comme Jérémy Bailly, second meneur du groupe. Français de souche devenu « Abderrahmane » au contact de militants du Tabligh. Comme Abdelkader T., Français d’origine maghrébine, converti lui aussi à l’islamo-terrorisme… Des gens qui ont grandi dans la détestation d’une France dont les responsables politiques, de droite comme de gauche, n’ont cessé depuis quarante ans de nous vanter le fameux « modèle d’intégration ». Modèle qui, on le voit aujourd’hui, produit surtout des bombes à retardement.
Djihad : ça recrute à tout va
Dimanche, les autorités marocaines annonçaient avoir interpellé à Rabat un Français soupçonné« d’appartenance à un réseau terroriste » qui s’active « dans le domaine du recrutement de volontaires pour aller combattre dans plusieurs foyers de tension à travers le monde ». Objet d’un« mandat d’arrêt international émis par les autorités judiciaires espagnoles », l’homme a été appréhendé dans le sillage « du démantèlement, à la mi-mars courant, d’un réseau terroriste dont les membres s’activaient » à Laroui, dans le nord du Maroc, l’enclave espagnole de Melilla et Malaga, dans le sud de l’Espagne. Parmi les sept personnes interpellées lors de ce coup de filet, figuraient déjà deux Français, identifiés comme « Paul Cadic » et « Farik Cheikh », qui « allaient se rendre en Syrie pour faire le djihad ».



Combien d’autres Ibrahim B. dans la nature ?


Xi Jinping en France: après les contrats, le faste de Versailles


Un dîner fastueux au château de Versailles avec François Hollande devait marquer jeudi soir la fin d'une visite du président chinois Xi Jinping, au lendemain de la conclusion de contrats commerciaux pour 18 milliards d'euros.
Le numéro un chinois, marié à la chanteuse populaire Peng Liyuan et qui impose un style plus décontracté que ses prédécesseurs, a effectué dans la matinée la première visite d'un président chinois à l'Unesco.
"L'humanité voudrait, à travers les échanges culturels, semer la paix", a dit Xi Jinping après s'être entretenu avec la directrice générale de cette agence de l'ONU, Irina Bokova. Son épouse, Peng Liyuan, a été nommée envoyée spéciale de l'Unesco pour la promotion de l'éducation des filles et des femmes.
Dans l'après-midi, alors qu'une manifestation au pied de la Tour Eiffel rassemblait quelque 160 militants tibétains portant des pancartes hostiles à la visite chinoise, les présidents chinois et français célébraient au ministère français des Affaires étrangères le cinquantenaire des relations diplomatiques franco-chinoises.
"Votre visite aujourd'hui marque, 50 ans après, l'ouverture d'un nouveau cycle", s'est félicité François Hollande.
Son homologue s'est attiré des applaudis
sements dans ses réponses en montrant ses connaissances des philosophes et écrivains francais. "En lisant des ouvrages écrits par La Fontaine, Balzac, Hugo, Maupassant? j'ai acquis une meilleure compréhension de la vie humaine", a-t-il expliqué. "Des personnages comme Jean Valjean, Quasimodo (...) sont solidement ancrés dans ma mémoire", a précisé le président chinois.
En soirée, le président français et ses invités chinois devaient visiter la célèbre Galerie des Glaces du Chateau de Versailles avant d'assister à un concert privé à l'Opéra Royal. Au programme: musiques traditionnelles et contemporaines chinoises et airs célèbres français. Et ensuite direction le Grand Trianon pour un dîner privé préparé par le chef multi-étoilé Alain Ducasse.
- 'éliminer toute forme de protectionnisme' -
La journée de mercredi avait été consacrée à une moisson de contrats commerciaux entre les deux pays pour un montant de 18 milliards de dollars.
Parmi ces contrats, la commande par la Chine de 70 Airbus d'une valeur de 7 milliards d'euros, la production conjointe de 1.000 hélicoptères par la société européenne et la chinoise Avicopter ou encore la formalisation de l'accord sur l'entrée au capital du groupe PSA Peugeot Citroën de l'État français et du constructeur automobile chinois Dongfeng.
Jeudi, le ministre chinois du Commerce Gao Hucheng a appelé la France à "faciliter davantage l'implantation d'investisseurs chinois sur le plan législatif", lors d'un forum économique franco-chinois à Paris.
Il a appelé à "travailler avec la France pour éliminer toute forme de protectionnisme" et a affirmé que "la Chine était prête à importer plus de produits français".
L'an dernier, la France accusait encore un déficit de 26 milliards d'euros à l'égard de la Chine, soit près de 40% du total du déficit de son commerce extérieur.
"Dix-huit milliards d'euros de contrats, c'est de l'emploi", avait dit mercredi le président français François Hollande au moment même où étaient annoncés de très mauvais chiffres du chômage pour le mois de février en France, avec un nouveau record de 3,34 millions de demandeurs d'emplois.
Le quotidien Libération relativisait jeudi l'importance de ces contrats pour l'emploi en France, soulignant que la plupart d'entre eux "seront réalisés sur le sol chinois".
Au-delà du commerce, François Hollande a souhaité que la Chine organise "très prochainement" un sommet du G20, ce qui constituerait une première, manière de souligner son rôle croissant sur la scène internationale.
Il a souligné aussi les convergences de vues entre les deux pays sur les grands dossiers internationaux et mentionné brièvement les "droits de l'Homme auxquels la France est attachée" lors d'un échange de toasts avec son hôte chinois à l'occasion du dîner d'Etat qui les réunissait dans la soirée à l'Elysée.
Jeudi matin, l'association Reporters sans frontières (RSF) a mené une opération de protestation à Paris : un portrait géant du président chinois faisant un bras d'honneur, grâce à un photomontage, et qui portait la mention "sans liberté de l'information, pas de contre-pouvoir" a été déployé devant la Tour Eiffel.

Loi Florange "vidée de sa substance": un camouflet de plus pour Hollande


La censure du volet sanction de la loi sur la reprise de sites rentables constitue un nouvel échec pour le Président, pris entre les mauvais chiffres du chômage et des municipales douloureuses. L'opposition se réjouit, Edouard Martin accuse. 


La censure ce jeudi du coeur de la loi "Florange", promesse de campagne présidentielle, est un revers sévère pour François Hollande. Et un revers d'autant plus cinglant qu'il intervient entre deux tours d'élections municipales douloureuses pour la majorité et au lendemain de mauvais chiffres sur le chômage

Le Conseil constitutionnel a partiellement donné raison aux parlementaires de l'opposition qui l'avaient saisi, en jugeant que "l'obligation pour un employeur d'accepter une offre de reprise sérieuse ainsi que la compétence confiée au tribunal de commerce pour l'apprécier, avec des sanctions à la clé, constituaient une atteinte au droit de propriété et à la liberté d'entreprendre". Cela "prive l'entreprise de sa capacité d'anticiper des difficultés économiques et de procéder à des arbitrages économiques", expliquent les Sages. 

L'UMP se réjouit

"François Hollande a fait croire à des gens qui étaient de bonne foi qu'on pourrait interdire les licenciements comme au bon vieux temps des marxistes", a ainsi asséné Jean-François Copé sur BFMTV. Le texte est "totalement vidé de sa substance", se sont aussi félicités dans un communiqué les sénateurs UMP - 108 d'entre eux et 80 députés UMP avaient saisi les Sages après l'adoption définitive du texte fin février.  

Le Medef appelle à "plus de réalisme"

Pour sa part, le Medef, qui avait "alerté les pouvoirs publics depuis des mois sur les dispositions inapplicables et dangereuses" du texte, s'est réjoui de la décision du Conseil constitutionnel. A l'approche de la présentation du Pacte de responsabilité, l'organisation patronale a dit espérer que "les prochains projets et propositions de loi feront preuve de plus de réalisme". 

Le PS défend le reste du texte

"Nous prenons acte de la décision. Nous jugeons la censure sévère mais il y a des éléments importants qui demeurent", a réagi le ministère. Le ministère a souligné que "l'obligation de chercher un repreneur pour les groupes de plus de 1.000 salariés" demeurait. 
Le ministère a aussi mis en avant l'obligation pour l'entreprise d'associer le comité d'entreprise (CE) "en amont" lorsqu'il y a une offre publique d'acquisition. Si l'entreprise ne consulte pas le CE, ce qui constituerait un délit d'entrave, "là les pénalités demeurent", a-t-il expliqué. Et d'ajouter: "Il y a donc quand même une forme de pénalité". 
Pour François Brottes, président (PS) de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, "le Conseil constitutionnel a validé les deux principes fondateurs" de la loi, qui vise à lutter contre les licenciements boursiers: "l'obligation de rechercher un repreneur en cas de fermeture d'un site rentable et l'encadrement des tentatives de prise de contrôle hostiles".  

Edouard Martin en colère

L'ancien leader syndical de l'aciérie ArcelorMittal de Florange, Edouard Martin, devenu candidat PS aux élections européennes dans l'Est, a lui laissé éclater sa "colère" envers l'UMP: "Malgré les nombreuses critiques contre cette loi, elle avait au moins le mérite de protéger un peu mieux les travailleurs, même si ce n'était pas la septième merveille du monde. Elle aidait davantage les représentants du personnel pour rechercher un éventuel repreneur pour éviter les licenciements et la fermeture d'usines", a-t-il réagi auprès de Libération

L'ouvrage repart sur le métier

"Nous allons reprendre le travail afin que [ce volet sanction] soit conforme aux principes rappelés par le Conseil constitutionnel tout en gardant son caractère dissuasif", a promis François Brottes. Ce qui devrait conduire à réduire le montant de ces sanctions. 
L'obligation d'accepter une offre de reprise ayant été censurée, le Conseil a en effet relevé que les pénalités envisagées ne sanctionnent plus que le " seul non-respect de l'obligation de recherche d'un employeur". Problème, "cette pénalité peut atteindre vingt fois la valeur mensuelle du SMIC par emploi supprimé (environ 28.000 euros)", ce qui "est hors de proportion avec la gravité des manquements réprimés".