TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 27 septembre 2013

Le président des bonnes nouvelles !


Les bonnes nouvelles commencent à arriver dans les indices de conjoncture. C'est ce qu'attendait depuis son élection François Hollande pour crédibiliser son pari sur la baisse du chômage et le retour de la croissance. Le risque, c'est que cette hirondelle d'automne vienne dissuader le gouvernement de poursuivre les efforts de redressement du pays et détourne la majorité de la priorité au désendettement.
Chacun connaît la formule célèbre et élégante de Jacques Chirac : « Les emmerdes, ça vole toujours en escadrille. » François Hollande, dont le principal défaut est de partager avec Jacques Chirac une même propension à ne rien faire qui bouscule un vieux pays jugé trop fragile pour être réformé en profondeur, pourrait néanmoins retourner à l'avenir la formule à son avantage.
Les bonnes nouvelles aussi peuvent voler en escadrille
Car les bonnes nouvelles, aussi, parfois, ça peut voler en escadrille ! Cette maxime est même le principe d'action de François Hollande depuis son arrivée à l'Élysée. Longtemps accusé de tergiverser, de tourner autour du pot et de ne rien décider, le président a fait de l'optimisme sa religion pour tenter de ranimer la confiance des Français. Gérer une séquence où les bonnes nouvelles se succéderaient les unes aux autres est devenu le nouvel alpha et oméga de sa communication. Et le président compte bien en tirer les fruits dans sa cote de popularité au fur et à mesure que l'opinion se convaincra que la situation s'améliore vraiment.
Difficile de voir beaucoup de bonnes nouvelles dans la photographie de la situation actuelle, direz-vous ! Une croissance faiblarde, des déficits encore abyssaux qui alimentent une dette qui va bientôt dépasser les 2000 milliards d'euros, un taux de chômage record et un pouvoir d'achat en berne, grevé par l'accumulation des hausses d'impôts sur les ménages et les entreprises, qui n'en peuvent plus. La France est loin d'être tirée d'affaire, c'est vrai. Et pourtant, si l'on regarde la dynamique en cours, il y a bien quelques meilleures nouvelles en germe qui pourraient renverser lentement le pessimisme ambiant.
Il n'est pas interdit d'avoir de la chance
 Prenons l'inversion de la courbe du chômage à la fin de cette année, pari risqué fait par le chef de l'État il y a un an alors que rien ne le forçait à le prendre. Tout indique, vu l'ampleur des moyens budgétaires mis sur la politique des emplois aidés (près de 9% de hausse de ce budget en 2014), que poussé par une modeste, mais réelle, amélioration de la conjoncture, il ne sera pas loin d'être tenu, sinon à la fin de 2013, du moins dès les premiers mois de 2014. Bien sûr, on pourra toujours regretter que ce ne soient pas de vrais emplois marchands, affirmer que la stabilisation du chômage à haut niveau ne soit qu'artifice. Mais qui pourra se plaindre qu'il y ait moins de jeunes inscrits à Pôle emploi en 2014 qu'en 2013 ? Il n'est pas interdit à François Hollande d'espérer avoir de la chance, quitte à l'aider un peu en manipulant habilement les statistiques, comme l'en accuse l'opposition.
 À cette première bonne nouvelle pourraient s'en ajouter d'autres. Depuis quelques jours, elles s'accumulent même : nouvelle amélioration du climat des affaires en septembre, poursuite du redressement progressif de la confiance des ménages, baisse de 50.000, certes très étonnante voire mystérieuse, du nombre des demandeurs d'emploi en août, les petits cailloux de la reprise commencent à dessiner un chemin.
 Même si elle reste incertaine, la prévision de croissance du gouvernement pour 2014 (0,9 %, après 0,1 % en 2013) semble prudente pour qui veut bien croire que le cycle économique est en train de redevenir plus favorable dans les pays riches. Après cinq ans de crise et deux récessions successives (en 2009 et début 2013), la France n'a aucune raison de rester à l'écart d'une reprise de la croissance occidentale.
Le retour de la "cagnotte fiscale" en 2014
Tout l'enjeu est de convaincre les ménages et les entreprises que ce rebond est pérenne, pour libérer la consommation et surtout l'investissement, en panne. D'où le discours sur la pause fiscale, même si les couacs se multiplient sur sa date d'application : 2014 pour Hollande, 2015 selon son Premier ministre, qui dit « assumer avoir été obligé d'augmenter les impôts ». Le premier tient un discours de volonté, quitte à prendre quelques libertés avec la vérité... Ayrault joue le rôle plus austère et ingrat du « père la rigueur », chargé de rappeler les Français aux réalités. Et la « pause » si l'on comprend bien Bernard Cazeneuve, s'entend bien pour la durée du quinquennat, priorité au désendettement oblige. Certains impôts baisseront peut être à l'avenir, mais ce sera pour être remplacés par d'autres, comme la fiscalité écologique naissante.
Si le retour de la croissance se confirme, de toute façon, la polémique sur la pause fiscale finira par passer au second plan. Car les bonnes nouvelles sur lesquelles pourra communiquer le gouvernement vont alors se succéder. La prévision de croissance, assez prudente, pourra progressivement être revue à la hausse, les recettes fiscales et sociales se redresseront, accélérant du coup la réduction des déficits, selon un scénario vertueux qui n'est pas sans rappeler celui des années 1999-2000. À l'époque, le gouvernement avait même été surpris par la rapidité du rebond, au point que Jacques Chirac avait piégé Lionel Jospin en l'accusant de dissimuler une « cagnotte fiscale ». Cagnotte dilapidée par le second dans une baisse d'un point du taux de TVA.
Un scénario fiction ?
Faut-il croire à ce scénario fiction ? Bien entendu, 2014 ne sera pas l'an 2000. À l'époque, la croissance mondiale dépassait les 5 % et le potentiel de la France était encore estimé à 2,5 %, là où aujourd'hui les économistes le voient plafonner au mieux à 1,5 %. Mais l'histoire a montré qu'il ne faut jamais oublier le cycle économique, y compris et surtout dans l'action politique. « It's the economy, stupid », comme l'avait dit l'un des conseillers de Bill Clinton pour expliquer la victoire du président démocrate en 1992.
Le reproche que l'on peut faire au « président-des-bonnes-nouvelles » n'est pas d'être trop volontariste. C'est son droit et son devoir que de croire en la réussite de sa politique. Non, le risque est surtout qu'il se contente de gérer l'amélioration de la situation économique comme un conseiller général de Corrèze. Le gouvernement vient de communiquer triomphalement sur le caractère historique du budget 2014, qui fait baisser pour la première fois la dépense publique de 1,5 milliard d'euros. Mais ce résultat ne vient pas de choix forts et courageux sur le périmètre de la dépense publique. Les économies sont saupoudrées un peu partout, pour faire le moins de mal possible. Ce ne sera pas suffisant pour replacer la France sur la bonne trajectoire. Voilà ce que l'on attend encore de François Hollande. Pas d'essayer de faire croire que les impôts baissent en 2014, alors qu'ils augmentent.

Roms : Valls ne se laissera pas "dévier" par les remarques de Duflot


Le ministre de l'Intérieur a répondu jeudi à la ministre du Logement, qui l'accuse de mettre "en danger le pacte républicain" avec ses propos sur les Roms.
Qui des deux aura le dernier mot ? Manuel Valls a répondu jeudi soir à Cécile Duflot qu'il ne se laisserait "dévier par aucune querelle", après la sortie polémique du ministre de l'Intérieur mardi sur la "minorité de Roms" qui chercherait à s'intégrer en France.
"J'ai en charge les politiques migratoires. C'est un sujet complexe, difficile. Et j'ai surtout  en charge, évidemment, la sécurité de nos compatriotes. Moi, je ne polémique en rien avec quiconque et encore moins avec un membre du gouvernement", a déclaré Manuel Valls, qui voit dans son action "celle d'un homme de gauche".
Aux journées parlementaires d'Europe écologie – Les Verts jeudi 26 septembre, la ministre du Logement Cécile Duflot a estimé que son collègue au gouvernement était allé "au-delà de ce qui met en danger le pacte républicain", en appelant à "la responsabilité du président de la République". En déplacement à Florange le même jour, François Hollande s'est refusé à tout commentaire. Le président de l'UMP, Jean-François Copé, lui a demandé "de définir clairement sa ligne politique" au sujet des Roms.

L’hystérie

L’hystérie


Le sujet des Roms est passionnant car il témoigne du degré de folie qui s’est emparé du système politico-médiatique français et de son incapacité à analyser et à prendre en compte des enjeux de société tels que celui-ci :
-          L’hystérie collective : on ne parle pas de ce sujet pendant des années,  écrasé par le tabou et l’omerta, et il suffit d’une parole d’un homme politique, d’un ministre, même socialiste, jugée politiquement incorrecte, pour déclencher une tornade.
-          Les mensonges, les amalgames et l’incompétence: une politicienne annonce ce matin que l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans Schengen le 1er janvier va « entraîner l’arrivée de centaines de milliers de Roms ». Les plus grands « experts » désignés se relaient à la radio pour confirmer cette déclaration. Or, en vérité, Schengen n’a rien à voir avec les Roms, citoyens de l’union européenne depuis 2007 et qui bénéficient déjà à ce titre de la libre circulation des personnes… (je ne connais pas grand chose, mais cela, je connais…)
-          La dictature du court terme : la panique générale du parti socialiste s’explique par l’approche des élections municipales alors qu’un tel sujet se traite sur la durée et la continuité.
-          La fracture entre la caste politicienne (en incluant les extrêmes) et les Français : on se déchaîne soudain à la faveur d’une polémique alors que ce sujet, résultat de l’aveuglement général, notamment sur les questions européennes, touche tous les jours de plein fouet les citoyens dans leur vie privée depuis des années.
-          L’hypocrisie politicienne : quand le président Sarkozy, l’un des premiers à mettre en avant cet enjeu, en a parlé dès 2010, toute la caste médiatique et politicienne française et européenne (les extrêmes inclus) lui est tombée dessus avec une violence inouïe en le traînant dans la boue et en lui crachant les pires insultes au visage.
-          La quête du sensationnel et du gain électoraliste : tout ce qui intéresse les politiciens est d’en tirer parti, entre l’affichage de la fermeté ou la tartufferie grenouillante de ceux qui prônent l’accueil inconditionnel mais n’en veulent à aucun prix chez eux.  En effet, on cherche la petite phrase qui tue, qui attire l’attention, mais pas un instant on ne s’interroge sur les solutions et les décisions à prendre. Or celles-ci existent, à la fois humaines et réalistes, et se trouvent pour l’essentiel en Roumanie et en Bulgarie...

Une avalanche fiscale sans précédent pour quel résultat?


En 2012 et 2013, les impôts sur les ménages et les entreprises ont augmenté de 41 milliards, soit 2 points de PIB. Cet effort fiscal est le plus important jamais réalisé dans notre pays. Les prélèvements obligatoires sont maintenant les plus élevés de l'OCDE après le Danemark à 49,3% du PIB.
Compte tenu de cette augmentation historique de la pression fiscale, les ménages français et les entreprises seraient en droit d'attendre au moins un redressement financier exceptionnel de la France.
Mais à quoi notre effort fiscal est-il donc utilisé ?
A dépenser plus, malheureusement. Malgré les engagements verbaux du gouvernement, la réalité est que nos impôts nouveaux servent en majorité à financer une dépense publique qui n'est toujours pas maîtrisée.
L'OCDE indique ainsi que la dépense publique par rapport au PIB a augmenté de 55,9% du PIB en 2011 à 56,6% en 2012 et pourrait atteindre, selon la Commission Européenne, 57% en 2013. La Cour des Comptes vient d'indiquer que les déficits sociaux ne seront pas maîtrisés en 2013.
Il n'est pas surprenant dans ces conditions que la dette continue à s'accroître de façon vertigineuse, avoisinant près de 2 000 milliards d'euros l'année prochaine.
Cette situation paraît d'autant plus scandaleuse que les perspectives pour 2014 sont toujours aussi sombres. Les prélèvements obligatoires vont continuer à augmenter.
Le gouvernement prétend que, en 2014, il va s'attaquer drastiquement à la dépense publique. Mais comment lui faire confiance après le manque de maîtrise de ces 15 derniers mois.
Il n'est pas surprenant dans ce contexte que les Français expriment un ras-le-bol généralisé. Ils sont épuisés, dépités. Tous ces sacrifices pour un tel résultat ?
L'économie ne se redressera pas sans la confiance et si les français pouvaient accepter l'idée d'un effort fiscal, mais ils attendaient en retour que cet effort permette de créer de l'emploi, de diminuer notre déficit comme notre dette.
Rien de tout cela ne s'est produit et si l'on ajoute à cette folie fiscale la perte de pouvoir d'achat des 9 millions de français qui ont perdus les avantages de leurs heures supplémentaires et l'échec du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), on comprend mieux le désarroi de notre pays face a des dirigeants qui refusent obstinément, jour après jour, de tirer les enseignements de leurs échecs.

Pronostics hésitants sur une sortie de crise de la Grèce

Le pays a réussi à dégager un excédent primaire (différence entre les recettes et les dépenses de l'Etat, hors intérêts de la dette) de 2,8 milliards d'euros entre janvier et août 2013, conformément à ses objectifs.

Par ailleurs, relève Reuters, la contraction de son PIB devrait être de 4% cette année et non de 4,2% comme prévu jusqu'à présent, laissant espérer au gouvernement qu'il pourra s'épargner "de nouvelles et douloureuses mesures d'austérité en vue d'atteindre les objectifs fixés par le Fonds monétaire international, l'Union européenne et la Banque centrale européenne".
Car le climat social est toujours tendu : d'après Euronews, "des centaines de personnes ont protesté [hier] contre la réforme du service public et plus précisément contre la mise en oeuvre d’un vaste plan de mutations et de licenciements qui concerne 25.000 d’entre eux". A ces revendications sont venues s'ajouter, selon Le Point, la colère "contre le fascisme" suite à l'assassinat d'un rappeur par un membre du parti néo-nazi Aube dorée, et les dernières révélations sur la connivence entre ce parti et la police.
Or, poursuit La Tribune, la crise hellénique est "bien loin d'être close". "Le retour à l'équilibre n'est pas un leurre, mais il est gonflé par une aide extérieure [de la Banque centrale européenne], ce qui est un gage bien peu solide pour l'avenir". Par conséquent, la Troïka "pourrait encore faire pression sur le gouvernement d'Athènes avant de verser la prochaine tranche de 10 milliards d'euros de l'aide européenne", et demander de nouvelles privatisations, "une de ses armes préférées pour résoudre les problèmes de la Grèce" [La Tribune].

Roms : la menace insupportable de Bruxelles contre la France

Roms : la menace insupportable de Bruxelles contre la France


Bruxelles a semoncé la France mercredi en des termes particulièrement révoltants après les propos de son ministre de l’Intérieur jugeant que les Roms étaient majoritairement incapables de s’intégrer et devaient être« reconduits » en Roumanie et en Bulgarie (voir l’article de Pierre Malpouge dans Présent d’hier).
Si les principes de libre circulation et de la liberté de résider dans un autre pays « ne sont pas respectés », la Commission utilisera« tous les moyens à sa disposition », a menacé le porte-parole de la Commission, Olivier Bailly, en réponse à une question sur d’éventuelles sanctions. Bruxelles a déploré une confusion « volontaire ou involontaire » dans les règles et principes européens faite par les responsables politiques en France. « Le fait que la Bulgarie et la Roumanie ne soient pas membres de Schengen n’empêche nullement leurs citoyens de circuler dans l’UE au titre des libertés fondamentales », a également souligné le porte-parole de la Commission.
De son côté, la vice-présidente de la Commission chargée de la Justice, Viviane Reding, a accusé la France de ne pas mettre en œuvre son plan d’intégration des Roms conclu avec l’UE. « Il y a de l’élection dans l’air en France », a-t-elle osé ajouter.
Il y a trois ans, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Bruxelles avait déjà fait peser des menaces contre la France pour arrêter les expulsions de Roms. La Commission européenne a, en effet, la possibilité d’ouvrir une procédure d’infraction à l’encontre d’un Etat membre si elle estime que ce pays ne respecte pas les droits fondamentaux de l’Union.
A Paris, Manuel Valls a souligné dans un communiqué qu’il veille attentivement au respect des règles européennes et nationales. Mais après des propos similaires tenus la veille – jugés « excessifs » par son collègue Arnaud Montebourg qui lui avait demandé de les corriger – il a répété que les Roms avaient vocation « à retourner dans leur pays et à s’intégrer là-bas ». Inflexible, le ministre de l’Intérieur estime que « la majorité (des Roms) doit être reconduite à la frontière » car il n’y a pas d’autre solution : « Je n’ai rien à corriger », a-t-il assuré. Pour lui, « c’est en Roumanie, et en Bulgarie dans une moindre mesure, que les projets d’insertion doivent être menés ». L’intégration des quelque 20 000 Roms en France, a-t-il insisté, « relève de la responsabilité de ces pays en lien avec l’UE, puisque ces pays bénéficient de fonds structurels ».
« L’argent sur la table »
Telle n’est pas la position de Patrick Mennucci, candidat à la primaire socialiste pour la mairie de Marseille, qui a lancé cette information ahurissante devant des journalistes de La Provence et des étudiants de Sciences-Po à propos de l’intégration des Roms : « Je pense que Marseille doit en accueillir, tout simplement parce qu’on a le choix entre les laisser se promener d’un bout à l’autre de la ville pendant des années ou s’organiser pour les intégrer. Dans ce cas, la Commission européenne dispose de fonds considérables, jusqu’à 50 000 euros par famille qu’on stabilise et dont on scolarise les enfants. J’ai un objectif : 1 000 Roms installés et intégrés à Marseille en six ans. »
Viviane Reding a bien confirmé sur France-Info : « Il y a 50 milliards d’euros qui sont à disposition et qui ne sont pas utilisés. On laisse venir les choses jusqu’à ce qu’elles soient impossibles et on ne fait pas le travail d’intégration. Nous avons mis l’argent sur la table. Il pourrait servir aux maires et je vois que cet argent n’est pas utilisé. »
Face à ces propos de technocrates irresponsables, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan ont rappelé la culpabilité de l’UMPS qui n’a eu de cesse de voter et ratifier les traités européens et qui a mis en place la liberté totale de circulation sur le continent, privant la France de ses frontières et de sa souveraineté. Pourquoi, au reste, les propos bien tardifs et impuissants de Valls (contredits dans son propre camp) ne s’appliquent-ils pas à d’autres catégories de populations d’immigrés ?

Hollande, l'homme qui pèse 2 000 milliards d'euros

François Hollande "ne s'adresse plus à nous comme à des êtres doués de raison mais comme à des électeurs, qu'on embrouille avec jovialité", affirme Claire Gallois


Il aurait pu être ministre de l'Économie, son parcours dans ce domaine est exemplaire. Sciences Po, ENA, il enchaîne avec succès tous les concours : celui d'entrée à la Banque de France puis celui à la Cour des comptes. Professeur d'économie pendant 11 ans à Sciences Po, il enseigne à ses étudiants que "la dette est l'ennemie de la gauche". Sur sa fiche laissée dans les annales de Sciences Po, on peut lire : "Points forts - agilité intellectuelle, humour, bon débatteur. Points faibles - difficultés à trancher, expérience faible." Dès 2008, avec le début de la crise, il prône "une rigueur douce, un peu de réduction des dépenses et pas d'augmentation des recettes" (taxes diverses). Il insiste sur le fait qu'il faut préserver la justice fiscale. Nous aurions pu être heureux avec lui, un ministre n'a pas à trancher ni à courir derrière l'électeur. Hélas, il est devenu président.

La veuve et l'orphelin sont étranglés

Nous ne nous sommes pas méfiés tout de suite. Le 26 janvier 2012, le jour inoubliable des 60 promesses, "Moi président" affirmait que la dette publique n'augmenterait pas. Désormais, à raison de 3 000 euros par seconde, elle dépasse les 1 870,7 milliards et rien ne semble l'arrêter. En 18 mois, elle s'est rallongée de 36 milliards. Les dépenses du gouvernement ont subi un surplus de 4 milliards depuis son élection - il faut dire qu'entre autres dépenses mal gérées, par exemple, sur 38 ministres, il y en a sans doute une bonne douzaine sans justification -, alors que les Français ont payé 40 milliards d'impôts supplémentaires. À sa décharge, ce fameux 26 janvier, avant d'aborder les promesses, il nous avait fait part d'un constat qui frôlait la divination tant il reflète celui que nous pouvons faire aujourd'hui : "Notre pays est confronté à un chômage record et s'enfonce dans la récession. Tout augmente, les soins et les mutuelles, le logement et les transports, le gaz, l'électricité. Partout l'insécurité gagne du terrain, nous devons faire face à des retraites mal financées", etc. Pas un mot à changer. 
Lui, cela ne le dérange pas, tellement heureux d'être président, il ne s'adresse plus à nous comme à des êtres doués de raison mais uniquement comme à des électeurs, qu'on embrouille avec jovialité, puisque telle est la coutume. Il assure que la crise est derrière nous, la courbe du chômage va s'inverser demain matin - contrairement à toutes les analyses. La Grande-Bretagne a reconstruit son industrie par une baisse des impôts et du coût du travail, mais lui, radieux de sa belle formule "choc de compétitivité", il encourage les entreprises en augmentant la cotisation retraite, voire la taxe sur le diesel. Il est bien loin des fondamentaux de la gauche, la veuve et l'orphelin sont étranglés comme tout le monde : son matraquage fiscal n'épargne personne, la première tranche fiscale commençant maintenant à partir de 5 963 euros de revenus par an. Avec une facture énergétique en progrès (chauffage, cuisine), 1 403 euros en moyenne par ménage (Les Échos), il lance son plan d'aide à la rénovation pour les économies d'énergies. Sauf que pour pouvoir utiliser ces aides, il ne faut quand même pas être fauché comme un champ de blé au mois d'août. En 2013, le revenu par habitant est retombé plus bas que son niveau en 2005 (Atlantico business).

Son "cap", être réélu en 2017

Contribuables, chômeurs, patrons d'entreprises, qui peut encore se fier à sa mine sempiternellement réjouie et qui se gonfle de plus en plus du sentiment de son importance ? Son refrain, il ne dit plus son "cap" : oui, il va prendre de grandes décisions, mais pas tout de suite. Il n'ose pas dire à ses électeurs fonctionnaires qu'il faudra, hélas, réduire leur nombre pour contribuer à réduire la dépense publique. Parce que son "cap", maintenant, il est clair, être réélu en 2017. On aurait dû s'en douter. Depuis ses débuts il nous annonce des projets à réaliser sur dix ans. À ce moment seulement, il pourra prendre des décisions courageuses puisqu'il n'aura plus rien à perdre et, serait-il moins accroché au pouvoir, il devrait en être capable. On peut parier que fin 2015 et en 2016, il va nous faire plein de petits cadeaux. En attendant, il a adopté la devise d'Henri Queuille, corrézien comme lui, président du Conseil sous la IVe République : "Il n'est aucun problème assez urgent en politique qu'une absence de décision ne puisse résoudre."
Et lorsqu'il quittera ses fonctions, certains reliront avec émotion le rapport de la chambre régionale des comptes du Limousin sur sa gestion du département entre 2008 et 2012 : "On peut reprocher à M. Hollande de n'avoir pas mis en place de véritable politique de désendettement, et de n'avoir que peu diminué les charges, tout en poursuivant une hausse de la fiscalité." C'était hier et rien n'a changé aujourd'hui.

La propagande sur la baisse du chômage : trop c’est trop !


Selon le gouvernement, le chômage baisserait et les courbes seraient en train de s’inverser. C'est faux : le chômage augmente fortement !
Il y a tout de même des limites à la propagande ministérielle – et à la servilité des médias. Le métier – et l’honneur – des journalistes, ce n’est pas seulement de recopier les chiffres du chômage que leur jette en pâture un ministre. C’est de les décortiquer, de les interpréter et de faire les comparaisons utiles pour informer les citoyens sur la réalité de la situation économique. Comme ils ne font pas leur travail, je vous donne ci-après les chiffres officiels publiés le 25 septembre.
(1) Je vous donne d’abord le commentaire officiel du gouvernement et je vous explique après pourquoi il ment.
Pour le gouvernement, et je cite : "Le nombre des demandeurs d’emploi a fortement baissé au mois d’août, confirmant l’amélioration progressive du marché du travail depuis plusieurs mois. il y a une baisse est significative : 50 000 demandeurs d’emploi de moins en catégorie A, soit -1,5%. C’est la première enregistrée depuis avril 2011. Elle l’est également avec les inscrits à Pôle emploi ayant exercé une activité réduite (catégories A+B+C) : -62 700 soit -1,3%."

Vous avez bien lu : le nombre des chômeurs a fortement baissé en août. Ça confirme l’amélioration du marché de l’emploi depuis plusieurs mois. La baisse est significative pour la catégorie A (-1,5%) mais aussi pour les catégories A, B et C (-1,3%). Et, comme le gouvernement ne manque pas d’air, le communiqué officiel ajoute même que "ces résultats positifs justifient la politique conduite depuis un an et poussent à amplifier encore la mobilisation générale pour l’emploi."
(2) Donc le chômage baisserait et les courbes seraient en train de s’inverser ? Non ! Le chômage augmente fortement et voilà pourquoi.
Le gouvernement prend l’évolution sur un mois (donc les chiffres à fin août, quand les chômeurs étaient en vacances) alors que ce qui est intéressant pour juger l’action d’un gouvernement et ses résultats, ce sont évidemment les chiffres sur un an que nous donne la DARES. Voilà les vrais chiffres d’août sur un an :
  • les chômeurs de catégorie A augmentent de 7,3 % sur un an,
  • les chômeurs de catégorie B augmentent de 5,6 % sur un an,
  • les chômeurs de catégorie C augmentent de 5,2% sur un an,
  • au total les chômeurs de catégories A, B et C augmentent de 6,7% sur un an.
Ces chiffres de la DARES sont officiels. Vous pouvez les vérifier, ils sont ici. Et donc le gouvernement ment délibérément aux Français en mentant – par omission – sur la période de référence. Car c’est évidemment la référence sur un an qui donne la bonne mesure de l’évolution du chômage (et pas la référence estivale fin juillet-fin août).
Et puisque le Gouvernement ne vous donne pas le nombre exact de chômeurs, je vous les donne :
  • 3 235 700 chômeurs de catégorie A
  • 1 553 500 chômeurs de catégories B et C
  • 4 789 200 chômeurs de catégories A, B et C (France métropolitaine)
  • 5 085 800 chômeurs de catégories A, B et C (avec les DOM)
Donc je vous résume la situation et les chiffres qu’il faut retenir :
— en août le chômage a augmenté de 6,7% sur un an,
— et il y a 5 millions de chômeurs en France (car on ne peut décompter les DOM que si on est raciste, et donc – contrairement au gouvernement – j’inclus les chômeurs des DOM dans les citoyens français demandeurs d’emploi ! Et il devrait faire pareil. Les statistiques c’est sérieux.

jeudi 26 septembre 2013

Tapie : "Hollande est plus pervers que vous ne le pensez"

On croyait le connaître. Et pourtant... Pour Le Point, "Nanar" se confie à Anna Cabana. Il parle ­ du pouvoir, des juges, de Dieu, du sexe et de l'amour.

On le savait hâbleur, flambeur. Pour Le Point, Bernard Tapiedécrit ses "monomanies" et son "autoanalyse", les avocats qu'il appelle en pleine nuit et sa fidélité à sa femme (la tromper reviendrait, dit-il, à "quitter le château de Versailles pour aller avec [s]a pelle et [s]es rateaux construire une nouvelle maison"). Au passage, l'homme d'affaires décoche un coup de pied à Hollande, un autre à Borloo, et jure qu'il va se refaire en "six mois". Extraits.
(...) Tapie ne plaisante pas avec Dieu. "J'y crois à mort ! tonitrue-t-il devant nous. Je suis complètement sûr. C'est fou comme on est sûr quand on y croit. Je lui parle tous les jours." Sans intermédiaire ? "Non ! Le clergé est là pour accompagner ceux qui ont besoin que Dieu ressemble à leur grand-père ou à leur grand-mère. Moi, je suis dans un rapport direct avec Dieu." (...) Pas question de dépendre d'un prêtre. Pas question de dépendre de qui que ce soit ou de quoi que ce soit, d'ailleurs. Tapie voudrait tout contrôler, et d'abord lui-même. Il faut l'entendre vous raconter comment il s'est "entraîné" avant d'aller en prison. "Je m'enfermais deux jours et deux nuits dans la cave. Ça n'a servi à rien. Quand on m'a emmené, j'étais par terre et en larmes dans le fourgon. Quand on te prend ta liberté, ce n'est pas comme quand tu imagines qu'on te la prend." (...)
Ce jour-là, il trône dans un grand canapé en velours rouge sang au rez-de-chaussée de son cher hôtel particulier, celui de la rue des Saints-Pères, dans le 6e arrondissement de Paris. (...) Pas peu fier, le maître de céans précise : "Cet hôtel a été fait par Louis XIV pour sa maîtresse préférée." Ce disant, il bat des cils, qu'il a longs et comme plantés de travers. "Je ne suis pas vraiment la maîtresse préférée du roi actuel." Il rit. Lâche : "Hollande fait tout pour que je n'existe plus." Se reprend : "Il est beaucoup plus pervers que vous ne le pensez. Contrairement à Moscovici, il a compris qu'il n'avait rien à gagner à m'accabler publiquement. Hollande, c'est une personnalité redoutable et importante. Faut pas sous-estimer le mec !" Se console : "J'étais la maîtresse préférée de Mitterrand. Souvent, à la fin du conseil des ministres, il m'appelait : "Monsieur le ministre de la Ville", et on cassait la croûte tous les deux. Cela avait le don d'exaspérer mes collègues."
Tonton a cru et fait croire à Tapie qu'il pouvait faire de la politique. La démission forcée lui a coupé les jarrets. "Même après, ils ne m'ont pas lâché. J'ai compris ça en voyant la une de France Soir, "Tapie : la chute" [NDLR, le 25 mai 1992]. Là, je me suis dit : "Ils veulent que je meure, ils veulent que je mette fin à mes jours." D'un seul coup, je suis rentré dans une déprime monstrueuse, je suis allé chercher mon revolver dans le tiroir de la commode, je voulais que ma famille arrête de souffrir. Le pétard n'était plus là. Ma femme l'avait planqué."

Hollande voulait éviter de stigmatiser les Roms, avant de soutenir Valls

Ce jeudi, François Hollande a soutenu Manuel Valls, s'interrogeant sur "la vocation de la France à accueillir tous les vulnérables". Des propos qui dénotent complètement avec les promesses qu'il faisait lors de la campagne présidentielle de 2012. 

"La majorité des Roms a vocation à être raccompagnée dans son pays d'origine"

. Cette phrase ressemble, à s'y méprendre, à celle prononcée par Manuel Valls le 24 septembre. Les mêmes mots, la même idée. A la différence près qu'elle aurait été prononcée parFrançois Hollande, selon Europe 1. Le chef de l'Etat aurait donc décidé de soutenir son ministre de l'Intérieur dans sa ligne politique de "fermeté" face aux populations roms.  
Des propos d'autant plus étonnants que c'est notamment sur la question des Roms que François Hollande se distinguait deNicolas Sarkozy, partisan de l'expulsion de ces populations en situation irrégulière, lors des présidentielles de 2012. 
Au printemps 2012, en pleine campagne, il évoquait ainsi la nécessité "d'éviter de mettre sur des routes des populations ultra-précaires" et préférait leur proposer des "solutions alternatives" de logement. Il justifiait cette position par le "devoir d'intégration"porté par la France.  
Pendant cette même campagne, il déclarait également qu'"on ne (pouvait) pas continuer à accepter que des familles soient chassées d'un endroit sans solution". Et fustigeait au passage la politique de Nicolas Sarkozy, qu'il estimait responsable de la "précarité intolérable dans laquelle se trouvent ces familles [Roms] et qui fabrique un groupe de population, bouc-émissaire idéal pour justifier des politiques toujours plus répressives".  
Aujourd'hui, cette stratégie de stigmatisation est toujours critiquée par le PS, comme l'a rappelé Harlem Désir mercredi. Sauf que cette fois-ci le responsable de celle-ci n'est plus Nicolas Sarkozy mais Manuel Valls. 

Le crédit disparu de François Hollande

Travail le dimanche, impôts, Roms... Le président "normal" met beaucoup d'arrogance à vouloir s'occuper de tout. Pour un résultat tragique selon Tesson.

Comment voulez-vous que les gens simples, les gens de bon sens, honnêtes, vrais, et qui n'ont pas le temps de ne rien faire, et qui paient l'impôt, ceux qui font la majorité silencieuse, ne s'étonnent pas et ne s'indignent pas qu'on empêche ceux qui veulent travailler le dimanche de le faire ? Comment voulez-vous que les mêmes, qui ont l'envie légitime de vivre en paix, comprennent que le gouvernement hésite à démanteler les campements des Roms et à reconduire ces derniers à la frontière, décision conforme à la fois à l'ordre public et à la loi ? Comment voulez-vous qu'ils respectent un président de la République qui jugeait naguère cette mesure immorale, illégale et honteuse, s'il la prend demain, et qui, s'il ne la prend pas, désavouera par là même son ministre de l'Intérieur ?

La loi, la morale et l'idéologie

Comment voulez-vous qu'ils ne se révoltent pas lorsqu'ils apprennent qu'on impose un bracelet électronique à un bijoutier qui, agressé pour la quatorzième fois dans son magasin, tire sur un voyou qui vient le braquer ? Comment voulez-vous qu'à la longue et par voie de conséquence ils ne se défient pas de la justice, puisque ce sont les juges qui prennent ces décisions ? On objecte : les juges prennent celles-ci au nom du droit. Certes, mais ils les prennent également en conscience. Or la conscience vous dicte des jugements de valeur morale. Il n'y a pas que le droit, il y a aussi la morale. 
Et puis le droit est la source de la loi, et la loi est l'émanation de la politique, et la politique est gouvernée par l'idéologie. La loi qui interdit le travail le dimanche est une loi de gauche, que la droite n'a pas eu le courage de remettre en cause, comme les 35 heures. Elle fut votée par des gens qui travaillent le dimanche et qui n'ont pas de problèmes financiers, à une époque où les patrons n'avaient pas pour les salariés les mêmes égards qu'aujourd'hui. À salaire double, il y a plus d'un Français qui serait heureux de travailler le dimanche. Il est assez savoureux d'entendre les syndicats se réjouir d'une décision de justice qui interdit de travailler à des gens qui veulent le faire pour vivre un peu plus décemment. Savoureux d'entendre des gens de gauche défendre l'entrave à la liberté des personnes. Au nom de l'égalité et de la pénibilité du travail ! C'est pénible, le commerce de la parfumerie ?

Les promesses non tenues de Hollande

On finit par utiliser des arguments basiques, voire grossiers, pour exprimer son écoeurement devant ce gâchis dont le FN fait ses choux gras. Mais c'est la gauche qui nous y force, avec son dogmatisme archaïque et démagogique. On a envie d'une gauche allemande. Entre parenthèses, on a également envie d'une droite allemande.
François Hollande et ses amis ont-ils conscience que c'est notamment à cause de cela qu'ils dépérissent ? C'est bien sûr d'abord de leurs promesses non tenues, de leur politique flottante, de leur matraquage fiscal et du mensonge qui l'accompagne - encore hier où ils annonçaient une nouvelle taxation des entreprises après avoir juré une pause. À l'origine, le discrédit que subit François Hollande tient de toute évidence à sa politique économique. Mais le mécontentement que suscite celle-ci crée un climat favorable à la généralisation de la protestation, un climat tel que tout est bon désormais pour enrichir celle-ci sur tous les sujets. L'expulsion des Roms, dont on vient de parler ; le mariage pour tous : était-ce nécessaire, était-ce si urgent ? L'engagement dans l'affaire syrienne : quel besoin avait-il de mettre le doigt dans ce guêpier, et à quel prix ? Et aujourd'hui les affaires de justice...

Tout est de nature à choquer l'opinion !

Hollande a tout fait pour s'embourber dans le piège de la réprobation. Telle est la rançon d'une prétention ridicule à s'occuper de tout, à tout vouloir corriger, jusqu'à nos moeurs, au mépris des priorités, avec une arrogance insensée tout en jouant sur une prétendue normalité. Tout lui retombe aujourd'hui sur le nez, même des décisions de justice dont il est au fond innocent s'il est vrai que la justice est indépendante. Tout, tout ce qui est, en tous domaines, de nature à choquer l'opinion et à la diviser grossit désormais la déception et le mécontentement provoqués par sa politique économique. Non seulement il est déjà la cible des humeurs qu'éveillent les inconséquences de sa politique personnelle, mais il est en passe de devenir le bouc émissaire de la nation, c'est-à-dire celui sur lequel retombent les fautes dont il n'est pas directement comptable.
Cela s'appelle une crise d'autorité. Une ambition démesurée, des engagements non accomplis, des décisions constamment remises en cause, une majorité débraillée, un gouvernement non tenu, un discours confus et enfumeur. Résultat : 23 %, et un pays qui ne cesse de râler, où que l'on se tourne. Beau travail ! Suicidaire ! Marine Le Pen a de quoi se réjouir. Mais comptons sur eux, c'est sur la droite qu'ils rejetteront la responsabilité du désordre qui s'annonce

Compétitivité : la France continue à décliner

Au classement de la compétitivité établi par le Forum économique de Davos, la France se trouve à une médiocre 23ème place. L'analyse détaillée montre que c’est l’État qui plombe notre compétitivité.


En fonction du calendrier, nous avons donné priorité la semaine dernière aux élections allemandes. Cela ne nous a pas permis de commenter à chaud la publication, le 4 septembre, du classement annuel de la compétitivité établi par le Forum économique de Davos, Depuis des années, la France recule et elle se trouve désormais à une médiocre 23ème place. Cependant une analyse plus détaillée montre que c’est dans certains domaines, comme le marché du travail ou le poids des prélèvements obligatoires, que nous obtenons des notes catastrophiques. On peut sans doute polémiquer sur la fiabilité de ces indicateurs, mais l’essentiel demeure : chez nous c’est l’État qui plombe notre compétitivité.
Mesure de la compétitivité ou fantasmes de chefs d’entreprise ?
On peut ne pas aimer le Forum de Davos, avec son coté bling bling, mondain et médiatique, où ce qui importe est d’y être vu. Aucune solution concrète n’en est jamais sorti. Toutefois, lorsqu’on s’éloigne de cette écume médiatique, certaines analyses ne manquent pas de pertinence. C’est le cas de l’indice de compétitivité et d’innovation publié chaque année par le Forum économique mondial, qui permet un classement des pays. L’indice est le fruit d’enquêtes quantitatives et qualitatives, prenant en compte l’analyse des acteurs économiques de chaque pays, à commencer par les chefs d’entreprises (13 000 sont interrogés), mais aussi de nombreuses données chiffrées.
On peut discuter de tel ou tel aspect technique, mais il faut avoir des lunettes idéologiques, en forme de lutte des classes, comme le fait dans Le Monde un « économiste, membre du conseil scientifique d’ATTAC », le 10 septembre, pour chercher à démontrer que ce classement reflèterait avant tout les « fantasmes » des chefs d’entreprise et non la réalité. Serait-on plus proche de la réalité en interrogeant sur le sujet les syndicats, CGT en tête ? Faudrait-il prendre l’opinion des « enrayeurs » au sens de Bastiat, c’est-à-dire de ceux qui plombent notre compétitivité ? Sauf à s’enfermer dans une vision marxiste de lutte des classes, sauf à condamner « l’exploitation par le grand capital », on admettra que les chefs d’entreprise ont quelque pertinence à parler de la compétitivité de leurs entreprises.
La France recule année après année
Ajouter une légende
Le classement global des 148 pays est déjà intéressant en soi. On trouve en numéro 1 la Suisse, puis Singapour, la Finlande, l’Allemagne, les États-Unis, la Suède, Hong-Kong, les Pays-Bas, le Japon et le Royaume-Uni. Voilà pour le « top ten ». Viennent ensuite la Norvège, Taïwan, le Qatar, le Canada, le Danemark, l’Autriche, la Belgique, La Nouvelle-Zélande, les Émirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite. En 21ème place, l’Australie, suivie du Luxembourg et enfin en 23ème rang la France. Nous sommes donc distancés non seulement par de nombreux pays développés, mais aussi par un certain nombre de pays émergents. Et nous sommes talonnés désormais par la Chine, au 29ème rang.
L’analyse dynamique est également intéressante : depuis des années, la France ne cesse de reculer. En 2013, à nouveau, nous avons perdu deux places, puisque nous étions 21ème en 2012, tandis que d’autres pays, dont l’Allemagne, progressent et creusent l’écart avec nous. En deux ans, nous avons perdu 5 places et nous étions 15ème en 2010 !
Pourtant, si l’on entre dans le détail on est frappé par le contraste entre les divers indicateurs, qui sont au nombre de 100. Il y a des domaines où, objectivement, nous nous en sortons bien. Nous sommes 4e en matière d’infrastructures (on pourrait certes s’interroger sur leur coût), 5e pour les écoles de commerce et de gestion (en général privées, alors que nous ne sommes que 24ème pour l’ensemble de l’enseignement supérieur, qui est largement public). Les entreprises nous placent au 17ème rang pour leur capacité à adopter les nouvelles technologies, ou au 16ème pour leur capacité d‘innovation et au 17ème pour leur maturité technologique. Dans sa hargne contre les entreprises, le représentant d’ATTAC n’y voit que le résultat de l’autosatisfaction des entrepreneurs.
Ce qui va mal : impôts et réglementations
Par contraste, nos résultats sont catastrophiques dans certains domaines. C’est le cas du marché du travail, pour lequel nous ne sommes que 117ème en matière de flexibilité. Pire encore, nous voilà 135ème pour les relations conflictuelles entre entrepreneurs et salariés, et même 144ème (sur 148 !) pour les règles trop strictes encadrant les licenciements. Nous n’avons cessé de dire ici même que le problème majeur de l’emploi en France venait du fait que le marché du travail n’était plus un véritable marché. En voici une nouvelle confirmation. Comme le remarque le rapport, « la compétitivité de la France serait renforcée en injectant davantage de flexibilité dans son marché du travail ».
Nous sommes également très mal placés en matière d’imposition et de prélèvements obligatoires. Nous voilà 137ème pour une fiscalité défavorable à l’investissement privé, 135ème pour la dette publique, 134ème pour le taux d’imposition en pourcentage des profits, 127ème pour les incitations fiscales à travailler et 134ème pour les prélèvements obligatoires. Ajoutons une 130ème place pour le poids global des réglementations, et une 137ème pour les règlementations liées au fait d’entreprendre. Nous avons donc le cocktail parfait pour l’échec : fiscalisation à outrance et régulation omniprésente. Et ce n’est pas avec « le pacte de compétitivité » que l’on rompra avec cette situation.
Se désintoxiquer de l’État
Bien entendu, c’est cela que le représentant d’ATTAC qualifie de « fantasmes des patrons », et de tous ceux qui rêvent d’une France plus compétitive avec moins de taxes, moins de charges, moins de réglementations. Serait-ce à dire qu’on devient plus compétitif en augmentant les prélèvements et en paralysant les entreprises par une réglementation accrue ? « L’économiste » d’ATTAC qui s’exprime dans Le Monde n’est pas homme à se démonter et trouve argument dans le soutien que la Commission Européenne apporte au patronat français, puisqu’elle a indiqué que « les salaires ont augmenté rapidement et pesé sur les prix et la rentabilité des entreprises (…). Les rigidités du marché du travail français ont également contribué à l’évolution du coût du travail et ont pu limiter le potentiel d’adaptation de l’économie et les gains de productivité ». Les entrepreneurs et les dirigeants européens, même combat : l’ultralibéralisme. Le Monde ne se grandit pas en publiant de telles fantaisies.
Si l’on redevient sérieux, on observera que l’analyse de Davos qui incrimine les prélèvements et les réglementations de l’État français rejoint un ensemble d’autres analyses. Le classement d’Ernst & Young sur l’attractivité des grands pays pour les investissements allait dans le même sens dès le mois de juin, soulignant le risque de décrochage de la France. De même les indices de liberté économique publiés par Heritage Foundation ou le Fraser Institute sont encore plus sévères pour la France, puisque l’État ne cesse de rogner les libertés économiques.
Le déclin français est-il inéluctable ? La France est droguée aux impôts et à la réglementation publique. La France est malade de son État. Ce n’est pas nouveau, mais il est temps d’entamer une sérieuse cure de désintoxication.
---

Bricorama, Séphora, etc : entreprise par entreprise, les syndicats créent courageusement du chômage

Encore un ravage du libéralisme et de la doctrine ultra-capitaliste qui mange des chatons au petit déjeuner : Séphora, bien que bénéficiaire, va devoir se séparer de plusieurs dizaines d'employés. Heureusement, les syndicats sont sur le pont et vont batailler pour sauver de l'emploi ! Oh... Wait...

Oui, attendez un peu. Il semblerait que les choses ne soient pas aussi simples.
Normalement, dans un monde standard, une entreprise multinationale est un repaire évident de capitalistes en haut-de-forme et gros cigare vissé sur un rictus malfaisant ; cette entité, sans freins ni lois, imposera toujours le maximum à ses employés, piétaille taillable et corvéable à merci si ce n'était cet enquiquinant code du travail qui impose de verser, malgré tout, un salaire. Et lorsque les abus sont trop forts et trop nombreux, les syndicats -- qui aident la veuve, l'orphelin et le politicien de gauche à voter comme il faut -- interviennent en cognant bien comme il faut le patronat apatride grignoteur d'enfants communistes. Ensuite, les salariés obtiennent gain de cause au tribunal (qui est, aussi, très sensible aux plaintes et malheurs de la classe ouvrière), le patronat est condamné, et tout le monde rentre chez soi ravi d'avoir reçu son dû.

En France, les choses étant ce qu'elles sont (la dérive collectiviste étant maintenant bien avancée), on arrive à des situations où un syndicat qui n'a rien à voir avec l'entreprise attaque le patronat au détriment des salariés, écrase le premier et bafoue les seconds, remporte aisément la victoire auprès des tribunaux toujours aussi gentiment acquis à leur cause et part en croisade, dans la foulée, contre tous les autres commerces coupables des mêmes faits, parce que, parce que bon.
C'est, en quelques lignes, l'histoire de Bricorama qui n'a pas eu le droit de travailler le dimanche. Une fois faite l'analyse détaillée du cas en question, on se rend compte qu'il s'agit essentiellement d'une nouvelle affaire mafieuse de syndicaliste qui cherche surtout un moyen simple, efficace et légalement imbattable pour récupérer une forte somme d'argent. Eh oui, le nerf de la guerre ne change pas, surtout que, il faut le rappeler, ce ne sont pas les sommes récupérées auprès des adhérents d'un syndicat qui vont pouvoir le faire vivre ; après tout, ces syndicats représentent péniblement 5% des salariés et si leur existence n'était pas gravée dans le marbre de la loi, si leur financement n'avait pas l'opacité légale nécessaire à camoufler tous leurs trafics, ces repaires d'aigrefins auraient déjà disparu du paysage politico-économique français au plus grand bénéfice du pays.
Et si l'on regarde l'actualité, on découvre une autre facette de ces opérations syndicales : après l'extorsion de fonds par jugement interposé, on découvre la bonne grosse intimidation pour des raisons politiques avec la récente condamnation de Séphora. En substance, les syndicalistes de la CGT reprochent au magasin de rester ouvert trop longtemps et d'imposer des horaires de folie aux gentils salariés. Dépôt de plainte, jugement, condamnation évidente : Séphora devra fermer plus tôt, et se départir d'une partie de ses salariés qui avaient la bêtise de croire qu'on leur laisserait, en France, l'opportunité de travailler quand ils le désirent.
Parce qu'il faut bien comprendre que ces salariés sont des enfants ou des idiots : tout le monde sait qu'ils sont, en réalité, manipulés par le Grand Kapital qui les pressure tant et plus. Ils ne peuvent pas réellement vouloir un plus gros salaire. Ce n'est pas vrai qu'ils préfèrent travailler plutôt le soir. C'est une illusion d'imaginer qu'ils veulent des horaires décalés. Foutaises que tout cela : le syndicat (et l’État) sait mieux qu'eux ce qui est bon pour eux, et c'est bien normal puisque ce sont des enfants ou des idiots. (Oui, c'est un raisonnement circulaire, mais ce n'est pas moi qui ai commencé.)
D'ailleurs, le fier trou du cul syndicaliste qui a mené la judicieuse bataille contre Séphora, un certain Karl MarxGhazi, l'explique très bien lorsqu'on lui tend un gros micro mou sous sa truffe humide de joie : en réalité, il lutte et "met ses menaces à exécution" pour un monde meilleur de gens qui ne travaillent pas le dimanche et pas la nuit (comme dans les hôpitaux, les boulangeries, les cinémas, les restos, etc...) parce que lorsqu'il dort, le Karl, il veut que tout le monde dorme aussi.
Alors, finies les préoccupations petites bourgeoises de Hunjun, âgée d'une vingtaine d'années, qui avait réussi à trouver un job lui permettant de payer ses frais de scolarité et de suivre sa formation : t'es en France, ma poulette, et Karl ne te laissera pas choper un cancer du sein en travaillant trop tard, ou détruire la famille que tu n'as pas parce que tu es étudiante. Terminés, les revenus complémentaires de Touty, salement corrompue par cet évident appât du gain et du lucre capitaliste facile, qui avait cru trouver avec ce job du soir une méthode simple pour pouvoir s'occuper de ses enfants en journée. Le gentil Karl a pensé à toi, et sait que tes enfants te préfèreront pauvre mais plus présente : au moins, vous aurez le ventre qui gargouille tous ensemble. C'est plus festif.
Allons, Diane, ne pleure pas : tu étais exploitée (mais si, tais-toi) et Karl est arrivé, avec son grand nez chapeau et son beau syndicat, et il t'a sauvée des -- mais si et arrête de chouiner je te dis -- il t'a sauvée des griffes du Grand Capital Qui Te Spolie et c'est tout. Alors maintenant tu rentres chez toi toucher des aides et on n'en parle plus. Et tu dis merci à Karl.

Travail de nuit chez Sephora : une décision qui... par lemondefr
Et croyez bien que cette vague de vengeance d'actions courageuses et utiles ne s'arrêtera pas là ! Karl et ses copains des syndicats l'ont parfaitement compris et entendent bien étendre leur combat à tous ces petits cancrelats qui osent défier les Horaires Officiels du Village France (du lundi au vendredi, de 9:00 à 12:00 et de 14:00 à 17:30, avec matinée le samedi de 9:30 à 12:00 et nocturne le troisième jeudi du mois jusqu'à 19:00) ; Séphora ne fut qu'une étape dans l'écrasement méthodique des renégats, après Apple et Uniqlo. D'autres suivront, qui vont morfler :
"Nous allons attaquer toutes les enseignes qui ferment leurs portes après 21 heures. Marionnaud n’échappera pas à cette règle comme la vingtaine d’enseignes des Champs Elysées dans ce cas. "
la cgt
Ouais. Marionnaud, on a ton nom, on sait où tu crèches, numérote tes abattis !
En réalité, après le cas Bricorama, où il s'agissait essentiellement d'une histoire de gros sous, nous avons l'histoire de la CGT Commerce de Paris où il s'agit très clairement d'une histoire de politique et de rapport de force. Dans le cas qui nous occupe, à l'évidence, il s'agit de bien claquer le museau de ces salariés qui ont eu l'impudence de négocier directement avec la direction pour leurs horaires et leurs salaires, en passant outre les syndicats. Ce genre de cascade osée décrédibilise complètement les inutiles encartés dont l'essentiel de la justification se résume à, normalement, représenter les salariés ; et là, les salariés ont frôlé l'épiphanie et failli se rendre compte que ces parasites syndicalistes ne servent absolument à rien. Il fallait agir et cogner un grand coup.
Du reste, il ne faut pas s'étonner de la violence de ces syndicalistes prêts à la politique de la terre brûlée, préférant largement infliger le malheur autour d'eux, se ridiculiser aux yeux de tous et produire un peu plus de chômage dans un pays qui n'en peut mais, plutôt que représenter vraiment l'intérêt des salariés : le constat de leur inutilité leur serait bien plus préjudiciable que ces enquiquinements passagers qu'un peu de spin-media pourra effacer promptement.
Et par extension, ce cas-là illustre très bien ce qui va se passer lorsque les Français vont se rendre compte qu'on peut fort bien se passer des parasites politiciens et de toute leur clique de cancrelats accrochés aux tétons publics : eux aussi préfèreront tout brûler plutôt que voir le peuple s'arranger directement avec lui-même, sans eux.