TOUT EST DIT

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lundi 26 novembre 2012

Nicolas Sarkozy, si loin, si proche

Loin, très loin, du barnum de l'UMP. Le conférencier international Nicolas Sarkozy s'est envolé vendredi pour Shanghaï, où il a tenu une conférence sur les relations entre l'Union européenne et la Chine. Il y a retrouvé ses amis Gordon Brown et Gerhard Schröder, eux aussi invités par le même consortium d'hommes d'affaires. Les trois anciens dirigeants ont dîné ensemble samedi soir, et sans nul doute la conversation ne s'est pas attardée sur les guérillas de l'UMP. Ce voyage intervenait après la comparution de l'ancien président devant le juge Gentil. Une comparution qui lui a permis de remporter une victoire puisqu'il n'a pas été mis en examen.
Mais cette heureuse parenthèse s'est vite refermée. Dès son retour ce lundi matin, Nicolas Sarkozy a été replongé dans le cauchemar d'une UMP en miettes. Que faire pour l'ancien président de la République? Depuis le début de cette crise, il ne veut surtout pas donner prise aux commentaires qui laisseraient penser qu'il s'implique activement dans cette poudrière. Vendredi, avant de partir pour la Chine, il a évoqué au téléphone le sujet avec Alain Juppé, et reçu Jean-Pierre Raffarin, soutien de Jean-François Copé. Dimanche, son entourage s'est borné à déclarer que l'ancien chef de l'État «est favorable à toute initiative qui peut permettre de régler la situation». «Il ne se mêle pas de la vie politique nationale, mais il reste très attentif à ce qui se passe dans sa famille politique», explique prudemment Brice Hortefeux, le président de l'Association des amis de Sarkozy.

Le Front national en embuscade

L'échec de la médiation d'Alain Juppé fait monter la pression autour de Nicolas Sarkozy. «Je ne vois pas ce que nous pouvons faire, il est beaucoup trop tôt pour revenir dans le jeu», réagit d'emblée l'un de ses fidèles. Certes, mais l'ancien président de la République peut-il rester inerte face à ce cataclysme? «Nous n'avons pas l'intention de nous suicider collectivement pour les beaux yeux de Jean-François», s'inquiète un sarkozyste historique, pourtant proche de Copé. N'est-il pas temps que la figure tutélaire de la droite intervienne, après l'échec de la médiation proposée par Alain Juppé? «Il faut qu'il appelle solennellement Copé à accepter une nouvelle élection», plaide même un proche du président. Car, selon ce dernier, la bunkerisation de Copé ferait voler en éclats l'UMP et ouvrirait un boulevard à la France bleu Marine du FN dans les cinq ans à venir. «Autant un président du parti faible était un atout pour Sarkozy s'il décidait de revenir, autant un parti démembré devient un handicap», raisonne un proche.
Mercredi, des sarkozystes comme Brice Hortefeux, qui ont voté pour Jean-François Copé, ont plaidé en faveur d'une nouvelle élection. Un instant, Copé a hésité. «Mais il n'était plus sûr d'être réélu. Il a préféré se barricader rue de Vaugirard», constate un témoin. «Copé considère qu'il a dix ans de moins que Fillon, et qu'il a le temps de revenir dans le jeu, le reste, il s'en fout», résume un ami des deux hommes, un brin désespéré.
De façon générale, les commentaires des proches de Sarkozy ne sont pas non plus tendres pour François Fillon: «il a prouvé son inaptitude électorale, même s'il y a eu triche», juge un intime. «En tant qu'ancien premier ministre, il n'a pas réussi à faire mieux qu'un peu plus de la moitié des militants du parti, c'est la preuve qu'il n'existe pas politiquement!»
À l'exception de Patrick Buisson et Henri Guaino, les jugements sont sévères sur Jean-François Copé: «Si Copé se maintient après ce qu'il a vécu, il ne laissera sa place à personne en 2017», redoute un ex-conseiller de Sarkozy. «Il est bon en campagne, mais il est de plus en plus antipathique et il n'a réussi qu'en se réclamant à fond de Sarkozy», continue ce très proche. «Et surtout, il va trop loin, il est en train de faire un putsch.»

UMP: Juppé pessimiste sur l'issue de sa médiation

Alain Juppé ne cachait pas dimanche son pessimisme sur sa médiation entre les ennemis pour la présidence de l'UMP, François Fillon et Jean-François Copé, qu'il réunit en soirée, alors que le psychodrame a repris autour de la réunion, au siège, de la commission des recours.
Les conditions mêmes de cet arbitrage n'ont pas encore été acceptées par les deux belligérants et l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac s'est clairement dit prêt à se retirer si ce n'était pas le cas.

"S'ils n'acceptent pas, je n'ai aucun pouvoir pour imposer quoi que ce soit. Je me place dans l'espoir de réussir même si j'ai très peu de chances", a insisté le maire de Bordeaux qui recevra toutefois les duellistes à 19H00 dans un endroit "neutre" tenu secret. M. Fillon, toujours dans la Sarthe selon un proche, devait regagner Paris en fin d'après-midi.
La commission nationale des recours, instance interne chargée des litiges électoraux et réunie depuis ce dimanche matin à 09H45, a annoncé dans un communiqué qu'elle "suspendrait" ses travaux à 19H00.
Silencieux ces derniers jours, l'ex-secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a souhaité "le succès" de la mission Juppé car "jamais l'UMP n'a été autant en danger".
Si les conditions posées à sa médiation ont été acceptées par le camp Fillon, qui ne reconnaît pas la légitimité de la commission des recours de l'UMP jugée aux mains des copéistes, elles posent problème aux partisans de Jean-François Copé, toujours président proclamé de l'UMP et pour qui cette commission interne est souveraine.
Au moment même où Alain Juppé s'exprimait, la réunion de la commission nationale des recours du parti, chargée de trancher les litiges électoraux et saisie tour à tour cette semaine par M. Copé et M. Fillon, venait de démarrer au siège du parti, à Paris (XVe).
Ses huit membres - une s'est retirée car elle avait déjà siégé au sein de la commission électorale (Cocoe) qui a déclaré lundi soir M. Copé vainqueur de 98 voix, un résultat contesté depuis par M. Fillon en raison de l'oubli de trois résultats outremer -, poursuivaient leurs travaux dans l'après-midi, pro-Fillon compris. Une décision prise "à l'unanimité", selon un communiqué de la commission présidée par le copéiste Yanick Paternotte, qui a retardé la conférence de presse initialement programmée à 11H00.
Ils sont réunis à huis clos dans une salle du premier étage de l'UMP, tous les débats étant enregistrés. Ils ont débuté leurs travaux par l'examen des recours pour "irrégularités" déposés par les copéistes (Alpes-Maritimes, Nouvelle-Calédonie...), ceux des fillonistes n'ayant pas encore été reçus.
Le feuilleton UMP a connu un nouvel accès de fièvre en fin de matinée quand Eric Ciotti et Eric Berdoati, observateurs pro-Fillon des travaux de la commission, ont claqué la porte de cette instance, la jugeant illégitime. Le camp Copé, par la voix de l'avocat Francis Szpiner, a dénoncé une "désertion".
La suite des événements dépendra beaucoup de ce que la commission dira: si elle désigne un gagnant rapidement, c'en sera fini de la médiation Juppé.
M. Juppé veut convaincre dans la soirée les irréductibles ennemis d'approuver la constitution de sa commission de médiation qui, sous quinze jours et avec l'aide de personnalités indépendantes, rendrait ses conclusions pour tenter de sortir de l'impasse.
Mais Jean-François Copé semble déterminé à ne rien lâcher. Derrière les deux prétendants pour 2017, Nicolas Sarkozy "suit l'affaire de très près", selon un proche de l'ancien chef de l'Etat. Soucieux de se ménager la possibilité de revenir sur le devant de la scène, ce dernier "n'acceptera jamais qu'Alain Juppé s'empare des rênes de l'UMP", a-t-il dit. "On parle d'une réunion à trois dimanche mais en réalité il faudrait plutôt parler de réunion à quatre", même si Nicolas Sarkozy ne sera bien sûr physiquement pas présent. Le scénario de remise en selle du maire de Bordeaux en inquiète plus d'un dans le parti, même si ce dernier martèle que sa ville est "sa priorité".
En attendant, les dégâts dans l'opinion semblent importants. Dans un sondage publié dimanche par le JDD, 71% des Français et 67% des sympathisants UMP estiment que ce serait "une bonne chose" de refaire l'élection.
Les deux adversaires perdent aussi pas mal de points dans leurs rangs: la cote de popularité de François Fillon parmi les sympathisants UMP est passée de 90% avant l'élection à 86% après, les chiffres pour Jean-François Copé passant de 76% (avant l'élection) à 55% (après).
M. Fillon est jugé toutefois comme le meilleur opposant à François Hollande par 30% des Français, loin devant M. Copé (19%), qui devance toutefois son rival chez les sympathisants de droite (30% contre 28%), selon un sondage BVA pour Le Parisien.

Le double-jeu des médias

La partialité des médias n’est pas toujours évidente car ils faussent insidieusement les bases de comparaison du public.
Ça recommence contre Copé. Traité de « crapule » et de « voyou ». Il se serait inspiré d’un Patrick Buisson « tapi dans l’ombre ». Ce sont, mot pour mot, les mêmes injures et affabulations que celles qu’employait l’extrême-droite des années 30.
Comment en est-on arrivé là ? Par un jeu de billard à trois bandes. Acte I, pendant la campagne à l’UMP, les médias sacrent François Fillon et aussi Alain Juppé comme garants moraux de la droite face à une droitisation ourdie par Jean-François Copé. Acte II, depuis la contestation des résultats, les déclarations de Fillon sont prises pour argent comptant et Juppé est proclamé autorité morale. Acte III, Copé est désigné comme le mauvais élément rétif à suivre les conditions dictées par Juppé.

Les deux prota-EGOISTES de l'UMP
L’acte II est basé sur l’arbitraire. Rien ne permet de valider les accusations portées par Fillon contre Copé, si ce n’est l’habitude prise pendant la campagne de lui donner raison. Et rien ne permet, sauf cette même habitude, de faire de Juppé un parangon de vertu.
Sur le fond en effet, l’itinéraire de Juppé est contrasté. En 1983, il talonnait le Front national en préconisant « d’encourager le retour au pays ». En 1995, son arrogance légendaire lui valut de se mettre la France à dos. Par la suite, ses dix ans d’inéligibilité ont été ramenés à un an en appel. Bref, à l’instar de Lionel Jospin, Juppé serait plutôt un sage, mais pas le sauveur célébré par les médias. Et surtout, il avait pris parti durant la campagne contre certaines déclarations de Copé.
Fausser les bases de comparaison
Une étape en faisant oublier une autre, c’est ainsi que les médias faussent insidieusement les bases de comparaison du public. Ils modifient les étalons de mesure qui pourraient servir de repères à l’opinion. La vérité est qu’ils prennent fait et cause pour Fillon aujourd’hui parce qu’il était déjà leur candidat préféré hier.
D’autres exemples illustrent ce brouillage des repères. Comparons le prétendu « Hollande-bashing » de novembre 2012 avec l’épisode des « médias pro-Sarko » de janvier 2008. D’un côté, des journalistes qui ne demandent qu’à se laisser convaincre par le chef de l’État, tout en lançant parallèlement une campagne de presse visant à faire croire à l’existence d’un acharnement contre lui. De l’autre, des journalistes impitoyables envers le chef de l’État, tout en lançant parallèlement une campagne de presse visant à faire croire à l’existence de médias pro-Sarkozy.
Cette forme raffinée de propagande consiste à infléchir les références, les échelles d’évaluation et les critères de jugement des citoyens. Si Hollande est critiqué, c’est parce que les journalistes lui en veulent ; si Sarkozy était critiqué, c’était en dépit du fait que les journalistes étaient trop complaisants envers lui !
Semblablement, à partir de l’automne 2011, on entendit les médias qualifier les consignes élyséennes « d’éléments de langage ». Cette formule donnait l’impression d’un décryptage savant, tout en alimentant des préjugés sur le caporalisme de la droite. Or, il n’était pas neutre de l’accoler à la droite, tandis que restait accolé à la gauche l’expression consacrée d’argumentaire politique. Mais le grand public fut persuadé que la formule « éléments de langage » était un critère objectif. Comme aujourd’hui la médiation Juppé.

Si nous vivions tous comme les Américains, il faudrait 4 planètes

Les calculs sont formels : un Américain est un gros porc capitaliste qui bouffe comme quatre. Mais si. C'est comme ça, c'est un calcul diaboliquement précis de la Global Footprint Network dont j'avais déjà parlé. Et comme ce calcul est régulièrement jeté à la face du débatteur et jamais contesté, je pense nécessaire d'y consacrer quelques paragraphes, d'autant qu'il est complètement idiot.

En réalité, l'interlocuteur éco-conscient et parfois dreadlocké au regard légèrement vitreux qui aura lancé l'affirmation péremptoire ne l'aura pas sortie exactement ainsi. C'est évidemment plus subtil que cela, et la notion de gros porc capitaliste n'intervient qu'en seconde salve, une fois que le débat se sera suffisamment enflammé pour quitter de façon définitive le domaine du rationnel (qu'il n'avait du reste probablement qu'effleuré au début). En général, la phrase qui met le feu aux poudres est plutôt sortie ainsi :

Si toute l'humanité devait consommer comme les Américains le font, il faudrait 4 Terres entières pour subvenir à nos besoins.
consommation par habitants de pays donnés, projetée sur toute la populationCette affirmation provient donc de calculs (et d'une infographie ad hoc) menés par le Global Footprint Network (GFN) dont la raison d'être est, justement, de bien faire prendre conscience à tout le monde que le fait de vivre est un fardeau assez scandaleux pour une bio-diversité dont l'humain ne devrait pas faire partie. Le GFN est une organisation non-gouvernementale (ONG) qui ne fait pas dans la demi-mesure, puisque, comme son petit logo l'indique, elle travaille à Faire Avancer la Science de la Durabilité. Encore une fois, un slogan pareil, ça vous pose une ONG dans le domaine du sérieux méticuleusement calculé. Ainsi, la Durabilité est une Science. Et on peut la faire avancer, notamment en expliquant à tout le monde que les Américains sont de gros porcs capitalistes, pardon, consomment quatre fois plus que les Chinois par exemple.
Au passage, notez que votre interlocuteur ne vous jettera pas au visage la consommation relativement débridée du Népal ("Si toute l'humanité devait consommer comme ces gros richards de Népalais bouffis de suffisance capitalistique, il faudrait presque deux Terres pour subvenir à nos besoins !"). Il n'ira pas non plus chercher son exemple chez ces nantis sans scrupules de France (2.5) ou chez ces dodus exploiteurs des Emirats Arabes Unis (5.4) qui renvoient les mêmes Français au rang de petits joueurs. C'est normal : l'Américain (évidemment imaginé avec son gros 4x4 qui pollue) est une cible bien plus facile pour ce genre de propos. Et tout le monde sait que l'Américain gaspille et dépense sans compter, voyons.
En général, celui qui reçoit cette "information" dans la figure ne peut guère répondre que de deux façons : l'une consiste à nier le chiffre, le second à acquiescer mollement sur l'air du "oui mais voyons je ne me fais pas l'avocat des dépenses dispendieuses ou du mode de vie américain patati patata". L'attitude saine consiste pourtant à expliquer clairement que cette affirmation, c'est du caca de taureau. Nain et malade, de surcroît.
Car une question s'impose immédiatement : si la population consomme comme un américain, pouf, comme ça, d'où viennent, justement, les 3 ou 4 autres planètes supplémentaires ? Hum ? Ce sont les extra-terrestres qui fournissent ? Non, à l'évidence. En réalité, si la population humaine devait s'aligner sur le mode de vie américain, on comprend que cela ne se passerait pas instantanément. C'est une évidence, mais c'est précisément parce que l'image employée par l'ONG s'affranchit de cette évidence que le résultat est complètement idiot.
D'une part, on comprend que les efforts à faire pour aligner le mode de vie des Helvètes, des Qataris, des Birmans ou des Esquimaux sur le mode de vie américain n'ont rien en commun. Comment peut-on espérer avoir les mêmes coûts d'infrastructure pour amener le niveau de vie d'un Bolivien de La Paz (3600 m d'altitude) et celui d'un Israëlien de Tel-Aviv à celui d'un Américain ? C'est, à proprement parler, ridicule. Pourtant, l'image proposée au départ revient à faire clairement cet amalgame. Mais ce n'est pas le point le plus important.
pollution

D'autre part, si on réintègre la dimension du temps que l'ONG avait subrepticement escamoté dans son calcul, on découvre la supercherie : le temps nécessaire à amener une économie à un niveau de vie donné n'est absolument pas négligeable, puisque c'est pendant ce temps que les équilibres peuvent s'ajuster et faire en sorte que sur une même planète, on puisse justement couvrir les besoins de tous et de chacun. De facto, chaque jour, petit à petit, le niveau de vie des Chinois, des Russes, des Indiens, des Brésiliens, des Estoniens ou des Polonais (et tant d'autres) se rapproche du niveau de vie des Américains. Pourtant, chaque jour, aucune troupe extraterrestre ne vient apporter le delta nécessaire à cette réalisation. Aucun Américain ne se voit dépossédé de ses biens pour aller nourrir un Indien supplémentaire. Chaque jour, le marché adapte en conséquence le coût de l'énergie, de la production de nourriture, d'habitation, de vêtements et de chewing-gums en fonction du nombre de personnes qui peuvent y accéder.
Et en plus, magie du marché, ces prix s'adaptent ... en baissant progressivement ! Au fur et à mesure que plus de personnes sortent de la pauvreté, le coût marginal des productions supplémentaires pour soutenir le niveau de vie de cette personne diminue, ce qui veut dire que le coût environnemental, énergétique, agricole de cette personne diminue, par économies d'échelles (notamment). La réalité est devant nos yeux : il est finalement plus coûteux, en travail humain et en infrastructure, pour une famille de huit personnes au Bengladesh d'entretenir son niveau de vie que pour une famille de trois en Alaska.
Mieux : ce dont l'humanité a le plus besoin, c'est d'énergie. Et cette énergie existe, en quantité infinie au regard de ce dont l'humanité a besoin (que ce soit le charbon, le pétrole, le gaz, le nucléaire, le solaire). Le travail pour aller la chercher, l'exploiter, la rendre utilisable est grand, mais il l'est d'autant moins qu'on sera nombreux pour le faire, intelligemment organisés, et correctement formés. Et les défis futurs sont là, et non dans une hypothèse malthusienne tant de fois démontée.

dimanche 25 novembre 2012

La guerre des droites continue

La guerre des droites continue 


Les luttes fratricides sont les plus acharnées, comme les guerres civiles sont les plus cruelles. Dans les conflits classiques, les belligérants se battent au nom de ce qui les sépare. Dans les combats intestins, ils s'affrontent au nom de ce qui les unit. Ils se trucident pour le même drapeau, se déchirent pour la même cause. Cette guerre-là est sans pitié, car il s'agit pour ces chefs d'être reconnus par tout le groupe (la nation ou le parti) comme l'incarnation de la volonté commune. L'autre est pire qu'un adversaire : c'est un traître et un usurpateur.
François Fillon et Jean-François Copé sont passés pendant les quelques heures d'une nuit blanche du statut de concurrents à celui d'ennemis irréductibles. Les commentateurs se partagent entre ceux qui croient que ce duel débouchera sur la scission de l'UMP et ceux qui n'y croient pas.
Que l'UMP se scinde ou pas, la droite est déjà éclatée. Le Front national s'est enraciné à son extrême. S'il a séduit d'anciens électeurs de gauche, il a surtout convaincu des électeurs de droite déçus par les gouvernements successifs. À l'autre bout, Jean-Louis Borloo veut ressusciter la composante centriste de l'ancienne UDF.
L'UMP a d'ores et déjà échoué dans sa volonté de réunir toutes les droites. Il faut dire qu'elle luttait, dans sa tentative, contre l'histoire de France.
Il reste la question de la survie de l'UMP comme machine de guerre électorale. C'est dans ce but qu'elle avait été construite par Jacques Chirac et Alain Juppé, puis conquise par Nicolas Sarkozy. Elle a porté ce dernier au pouvoir en 2007, mais a échoué en 2012. C'est cet arsenal que François Fillon et Jean-François Copé ont voulu récupérer en se portant à sa tête. Tous deux visent 2017 et la succession de François Hollande.
Un même but et des scrupules variables séparent les deux hommes. Jean-François Copé veut conquérir le parti, puis l'opinion, par la droite, en faisant revenir au bercail des électeurs égarés chez Marine Le Pen. Il compte sur son énergie et son culot. François Fillon veut s'attacher le parti, puis l'opinion, par le centre, et par la raison, en faisant preuve de réalisme et de mesure. Il compte sur sa capacité à convaincre, mais aussi sur sa détermination dans la durée.
Sur la route royale de la présidentielle de 2017 se trouve l'étape des municipales de 2014. Les candidats UMP respecteront-ils le double interdit, « ni PS, ni FN », ou franchiront-ils le pas de l'alliance avec ceux du Front national ? Dans le second cas, le schisme de l'UMP serait bien plus probable qu'aujour-d'hui.

À droite, est-ce bientôt la fin du parti unique ?

« L'illusion du parti unique, qui tentait de rassembler la droite décomplexée, la droite modérée et le centre-droit ne tient plus. Il y a un problème de cohérence idéologique. » DansLe Monde cette semaine, Jean-Louis Borloo s'est montré cinglant. Espérant sûrement, au passage, bénéficier de quelques défections... Alain Juppé s'est montré tout aussi catégorique : « Ce qui est en cause aujourd'hui, ce n'est pas la présidence de l'UMP, c'est l'existence de l'UMP. » Vouloir construire, en 2002, un parti unique, qui réunirait sous un même toit des sensibilités différentes, était-ce utopique ? «On peut s'interroger sur l'existence d'un tel parti , affirme le conférencier Francis Duhem, agrégé d'histoire, ancien professeur en khâgne à Lille.

Avec l'UMP, ils ont voulu dépasser le RPR en partant d'un noyau dur gaulliste et en ajoutant un certain nombre de sensibilités pour en faire un grand parti de droite. » Qui semble atteindre ses limites aujourd'hui : «C'était prévisible quand on a deux personnes à ce point antithétiques : tout les oppose ! » Selon la célèbre classification de René Rémond des droites en France (lire ci-dessous ), Jean-François Copé pourrait illustrer la droite bonapartiste, autoritaire, quand François Fillon est davantage dans la lignée libérale, orléaniste. Des tendances qui ont toujours cohabité au sein des partis de droite, qui se revendiquaient du gaullisme. La phrase de Malraux prend là tout son sens : «Le gaullisme, c'est le métro à 18 h », la société dans toute sa diversité, jusqu'à la gauche.
L'UMP en étau
Mais le gaullisme semble avoir vécu (lire par ailleurs ) : «Il a eu ses grandes heures sous De Gaulle, puis certains, dont Chirac, ont tenté d'entretenir la tradition , souligne Francis Duhem.Mais quand les politiques ne connaissent plus le gaullisme que par ouï-dire, la référence ne peut plus être ce qu'elle a été jusque dans les années 80. » Les dernières figures tutellaires de la droite, Chirac et Sarkozy, sont parvenues, peu ou prou, à assurer un consensus autour de leur personne.
Mais depuis que la succession est ouverte à l'UMP, la bataille fait rage. D'autant que le principal parti d'opposition se retrouve aujourd'hui pris en étau entre le Front national et l'UDI de Borloo. Vers quel côté basculer ? Les deux courants à l'oeuvre aujourd'hui sont-ils de nouveau conciliables ? Avec une image simple mais révélatrice, Francis Duhem livre la tendance qui semble se dégager depuis ces derniers jours : «Quand on casse un vase, on a beau recoller les morceaux, on voit toujours qu'il a été cassé. »

Des courants contraires

 
Dimanche, les militants étaient aussi invités à voter pour les « courants » au sein du parti. C'est la première fois que l'UMP officialise l'existence de mouvements en son sein.
Est arrivé en tête (27,8 %), la Droite forte, emmenée par les sarko-copéistes Guillaume Peltier, Geoffroy Didier et Camille Bedin. Juste devant la Droite sociale du filloniste Laurent Wauquiez (21,7 %) qui avait fait campagne pour les classes moyennes et contre l'assistanat ; puis France moderne et humaniste, emmené par Raffarin, Chatel et Leonéti (18,1 %) ; les Gaullistes (12,3 %) ; la Droite populaire de Thierry Mariani (10,8 %), très à droite sur les questions d'immigration et de la sécurité, mais concurrencée par la Droite forte. Après coup, on ne s'étonne pas que La Boîte à idées des « anti-divisions », Juppé et Balladur, n'ait fait que 9,2 % des voix, en dessous des 10 %, le seuil pour être reconnu officiellement... 

Les précédents duels à droite


Chaban-Delmas - Chirac. Deux jours seulement après la mort de Pompidou, en 1974, Jacques Chaban-Delmas, maire de Bordeaux, annonce sa candidature. L'ancien Premier ministre gaulliste voit se dresser contre lui le ministre des Finances, Valéry Giscard d'Estaing. Dans cette primaire, Jacques Chirac fait un choix risqué en faveur de VGE. Il lance « l'appel des 43 », opération de défection de parlementaires gaullistes visant à imposer les pompidoliens comme partenaires privilégiés du futur président Giscard d'Estaing. Chirac est nommé Premier ministre.
Chirac - Giscard d'Estaing. La période 1974-76, entre VGE président et Chirac Premier ministre, se déroule plutôt mal. De nombreuses anecdotes circulent sur leurs rapports glacés. Chirac claque la porte, affirmant ne pas disposer des moyens nécessaires «pour assurer efficacement ses fonctions ». Plus tard, VGE en veut à Jacques Chirac de l'avoir «trahi» à la présidentielle de 1981 : VGE raconte comment il a appelé la permanence de Chirac, en posant un mouchoir sur le combiné. On lui a répondu qu'il ne fallait pas voter Giscard, mais Mitterrand.
Chirac - Balladur. 1993 : la droite gagne les législatives. Matignon est promis à Jacques Chirac, président du RPR. Mais il garde un mauvais souvenir de sa cohabitation avec Mitterrand (1986-88) et a en vue la présidentielle de 1995. Il laisse la place à Édouard Balladur, «un ami de 30 ans ». Mais, en 1995, Balladur, conforté par les sondages, se porte candidat : celui-ci rallie la quasi-majorité de l'UDF et de ses ministres RPR. Chirac s'assure le contrôle de la machine RPR. Sarkozy appelle Chirac à se retirer mais celui-ci renverse la situation en sa faveur.
De Villepin - Sarkozy. Ennemi juré de Nicolas Sarkozy, qu'il surnomme «le nain », Dominique de Villepin, Premier ministre, rêve de lui barrer la route de l'Elysée en 2007. Mais la crise du Contrat première embauche et l'affaire Clearstream l'ont affaibli. On prête à Sarkozy d'avoir «promis de pendre à un croc de boucher » son rival. La victoire de celui-ci en 2007 ne met pas un terme à leur affrontement. Après sa relaxe au procès Clearstream, De Villepin reprend son combat. En 2012, il n'est politiquement pas en mesure de se présenter mais se prononce contre Sarkozy.

L'UDI de Borloo et le Front national vainqueurs

 
Dimanche, l'UMP devait élire son président, un nouveau leader. Elle se retrouve avec deux perdants. Mais la guerre des chefs à l'UMP n'est pas perdue pour tout le monde.
Jeudi matin, sur France Info, Jean-Louis Borloo assure que sa toute jeune Union des démocrates et indépendants (UDI) a enregistré « plus de 1 200 adhésions  » dans la nuit de mercredi à jeudi, par Internet. Et de répéter à l'envi : « La véritable force d'alternance, la véritable opposition, sereine, tranquille, tolérante et ouverte, c'est l'UDI  ». En début de semaine, ce parti a d'ailleurs accueilli une figure de l'UMP, Pierre Méhaignerie, ancien ministre centriste de la Justice, celui-ci promettant que d'autres allaient suivre dans les semaines à venir. Info ou intox, Jean-François Copé ne se dit pas inquiet « d'une possible hémorragie  ». « Ce sont des opérations ponctuelles  », a commenté Jean-Pierre Raffarin. N'empêche, Copé a quand même cru bon de prévenir qu'il ne « laisserait pas refaire d'UDF  » avec l'UDI de Borloo : « Je n'accepterai pas que l'UMP soit explosée au motif que Jean-Louis Borloo vient débaucher individuellement tel ou tel.  » Au Front national, on se frotte également les mains de ces bisbilles. Le score de Copé, c'est d'abord la preuve d'un déplacement du curseur des militants de droite... vers la droite. Et, comme ce 50-50 n'assure pas, quelle que soit l'issue, les coudées franches à Jean-François Copé, comment imaginer que les électeurs ne choisissent pas finalement l'original : Marine Le Pen. D'ailleurs, c'est Copé qui avait la préférence de Marine Le Pen. Pour lever « l'imposture  » : « Comment peut-on aller sur les thèmes du Front national et en même temps indiquer que le FN, c'est le diable ?  » Seule inquiétude du FN, que cette guerre fratricide ne ramène Nicolas Sarkozy dans l'échiquier et que celui-ci, pour le coup, ne rallie les électeurs égarés à sa cause.

France : la fuite du capital et du travail continue

Ça y est : la fine stratégie de Hollande commence à montrer des signes clairs de réussite ! Il était temps : la France était à deux doigts de retrouver vigueur et croissance.

L'actuel locataire de l’Élysée avait annoncé la couleur il y a quelques années, dans cette décontraction qui caractérise les andouilles inconséquentes lorsqu'elles sortent une énorme bêtise : il n'aime pas les riches. Et lors de sa campagne présidentielle, il avait nettement insisté sur la nécessité de faire cracher ces (salauds de) riches aux milliers de bassinets de l’État (qui sont, maintenant, la principale production d'une administration en manque de plus en plus cruel de fonds). Dès son accession au pouvoir et la mise en place d'un gouvernement de ninja de l'économie comme Montebourg ou Moscovici, les dés étaient jetés : la France allait vivre une révolution fiscale, en commençant avec une tempête de taxes aussi ridicules que nombreuses (sodas, bière, Nutella et j'en passe, notamment une taxe archéologique et un projet trop futé de taxe sur les jeux de hasard).
En termes fiscaux, la loi de finance pour 2013 aura réussi à consterner bien au-delà des frontières du Royaume du Bisounoursland, et les comparaisons avec les autres pays du système fiscal français donnent une assez bonne idée de la folie monstrueuse qui s'est emparée de Bercy.
Comme de juste, la réaction de la population ne s'est pas faite attendre.

D'un côté, on aura goûté aux applaudissements irréfléchis de l'éternel marigot de gauchistes bien-pensants, d'aigris et de jaloux qui forment la frange la plus bruyante de la société française, tous très heureux de voir qu'enfin, les politiciens appuyaient sur le champignon de la pression fiscale, faisant de la France l'antichambre de l'enfer fiscal dont ils rêvent pour les autres (il va de soi que cet enfer, lorsqu'il commencera à rôtir ces bruyants imbéciles, sera enfin dénoncé, mais nous n'y sommes pas encore, et il sera alors trop tard).
De l'autre côté, à l'exception notable de quelques pigeons par-ci, par-là, la population s'est tenue tranquille. Il y a bien quelques sporadiques mouvements de protestation des amateurs de bière, ou de Nutella, mais alors que le projet de mariage homosexuel n'a eu aucun mal à fédérer contre lui plusieurs centaines de milliers de Français dans la rue, la véritable mise en coupe réglée du pays par un ogre fiscal devenu incontrôlable n'a déclenché que quelques réactions épidermiques.
Enfin, les marchés ont finalement salué la performance de la France en la dégradant une première fois en Janvier (merci S&P), puis en Novembre (merci Moody's). Moscovici a évidemment beau jeu de mettre, comme il est de coutume, ce magnifique résultat au débit de Sarkozy, mais l'assortiment de la note de Moody's avec une perspective négative permet d'écarter ce mauvais raisonnement en montrant de façon limpide que les décisions empilées jusqu'à présent par la brochette d'incompétents actuels ne valent pas mieux que celles de la précédente équipe de bras cassés en charge du Titanic franchouillard.
Pendant ce temps, tout doucement, sans faire trop de vagues, les riches, qu'on conspue et qu'on pourchasse, s'en vont. Et rapidement, les cerveaux, qui attendent d'être payés pour leurs capacités intellectuelles, les suivent. Ils sont bientôt suivis des populations pas encore riches qui ont vite compris qu'en restant, la tonte était assurée et la probabilité de devenir riche, justement, s'en trouvait fortement amoindrie. Au fur et à mesure que les riches s'en vont, que les cerveaux partent, que fuient ceux qui veulent travailler et n'ont pas peur de prendre le risque d'aller voir à l'étranger s'ils sont mieux reçus, les groupes virulents d'aigris et de jaloux se retrouvent dans la délicate position de devoir compter sur eux-mêmes. Et seulement sur eux-mêmes.
Pour le moment, il n'est pas encore question de moiteur des mains et de petites sueurs froides dans le dos, non. On sent juste pointer un petit agacement de ceux qui voudraient bien ponctionner ceux qui partent et ne reviendront pas. On camoufle les faits évidents par des diminutifs (comme marginal, à l'instar de cette pignouferie de presse parue dans Libération presque touchante dans son déni enfantin de réalité). On fait appel au patriotisme, dans des lettres ébouriffantes d'inventivité de la part de Consulats en mal de pépètes. On fomente, en toute discrétion, des exit-taxes bien douloureuses et des questionnaires plus ou moins intrusifs dans le but de dénicher ces salauds de déserteurs. L'idée est toujours la même : tous savent que ceux qui partent, ce ne sont pas les boulets que la République a fait croître et chéri pendant tant d'années qui eux, restent (zut et zut).
Et lorsqu'on regarde quelques statistiques, on comprend que si ce n'est pas encore la panique du côté des ponctionnaires, ça commence à y ressembler du côté des ponctionnés. Et à ce sujet, je vous encourage à prendre connaissance de l'intéressant article de Ghislain Moncomble qui s'est livré à un petit calcul tout simple, en prenant des hypothèses très raisonnables. Le résultat, en termes financiers, est particulièrement préoccupant puisqu'il aboutit à la conclusion que l'expatriation, en temps normal, revient à placer hors des griffes fiscales plusieurs dizaines de millions d'euros qui iront irriguer d'autres économies plus clémentes. Mais l'évolution récente montre bien une accélération de la fuite.
Ce constat est étayé par différents éléments concrets bien palpables. Ainsi, les Français qui décident de partir au Canada s'y bousculent. Le Programme Vacances Travail offre tous les ans des visas aux Français, dont le nombre est soumis à quota. Chaque année, le nombre de jours pour atteindre ce quota diminue. En 2012, les quotas pour l'année 2013 ont ainsi été éclusés en ... 2 jours.
Nombre de jours avant clôture du PVT canada pour les postulants français

Évidemment, on pourra mettre ça sur le compte d'un attrait de la Belle Province et tout le tralala. Mais le prix de l'immobilier (bien plus abordable qu'en France), les perspectives d'emplois (un chouilla meilleures, dirons-nous), la stabilité économique et fiscale du pays, la proximité américaine, etc... tous ces éléments doivent jouer un tantinet en faveur de l'expatriation lorsqu'on comprend que l'avenir en France, pour la plupart des jeunes, se résume dans bien des cas à une relation suivie avec l'ami Paul Employ, et pas seulement sur facebook.
Et si l'on regarde la tendance générale dans différents pays, on constate que les départs se font de plus en plus nombreux. On parle souvent de Londres comme de la 6ème ville de France par le nombre de Français qui y sont installés. Force est de constater que le rayonnement français s'étend bien au-delà de Londres :
expatriations françaises, base 100 en 2006

Comme par hasard, les pays où les Français s'installent sont, fort souvent, bien plus propices au travail et à l'enrichissement que leur propre pays, la Suisse tenant d'ailleurs le haut du pavé - Coïncidence ? Je ne pense pas, et ce n'est pas Pierre Chappaz qui me contredira.
À lire ces statistiques et si l'on veut bien tirer les conclusions où mènent ces exfiltrations françaises, on comprend que l'avenir de la France, pour sa population, se trouve ... hors de France. Les calculs sont assez simples et laissent peu de place au doute : sur l'ensemble du quinquennat de Hollande, la fuite des Français provoquée par les mesures idiotes des socialistes coûtera au pays, au rythme actuel, des centaines de millions d'euros, et des dizaines de milliers d'emplois qui ne seront pas créés ou seront détruits. Le capital et le travail (qui y est attaché) s'en vont d'un pays qui a tout fait pour. Et finalement, lorsqu'on lit, dans la bouche de nos ministres, que tout ne va pas si mal, et, pour certains, que "tout va bien", c'est sous-entendu "oui, tout va bien, bien droit, dans le mur".



Grèce: des opportunités pour les collectionneurs d'art

On le sait depuis longtemps: le malheur des uns peut faire le bonheur des autres. En Grèce l'art pâtit fortement de la crise; les amateurs voient les musées alléger leurs horaires d'ouvertures, les artistes ne trouvent pas de galeries, et les collectionneurs se font de plus en plus rares. Ces derniers n'ont pas disparu mais il est de bon ton de ne pas s'afficher trop dans un pays où l'on tire à vue sur les signes extérieurs de richesse...
La situation économique pousse de nombreux particuliers comme des entreprises à se séparer de leurs œuvres, voire de leurs collections entières. Le marché est d'ailleurs presque saturé par le nombre de pièces d'artistes de renom dont les propriétaires sont pressés de se défaire.
Nous voilà donc devant équation cynique très simple qui fait de la somme de l'urgence et de la concurrence une opportunité.
Difficile cependant pour le collectionneur français de se repérer parmi les nombreux artistes grecs. On connaît la fondation Zervos à Vézelay, la galerie Xippas, l'art cinétique de Takis, et un peu l'histoire des très nombreux artistes de L'Ecole Grecque de Paris ou du fameux galeriste Iolas.

A Londres, Bonhams, l'historique maison de ventes fondée ne 1793 propose sa "Greek Sale" annuelle (mardi 27 novembre) avec le niveau d'exigence qu'on lui connaît, un choix d'œuvres très haut de gamme et de valeurs confirmées que de bonnes affaires.
A Paris aura lieu ce lundi 26 novembre (Drouot - 14h) la première vente d'art grec du XXe siècle. C'est la maison de vente Piasa qui a pris cette belle initiative, flairant l'opportunité du marché grec mais aussi de ses collectionneurs en France, encore peu sollicités dans ce domaine. La ligne de Piasa pour cette vente a été l'accessibilité grâce à des prix des enchères souvent très bas. Cela offre indéniablement de belles opportunités, mais comporte un risque certain pour les cotes des artistes qui n'auront pas vendu malgré des prix cassés.
Le catalogue des 180 lots réalisé par Dimitri Joannides recèle de nombreux grands noms de l'art Grec (Spyropoulos, Ghikas, Tsarouchis, Byzantios, Fassianos,...). La sélection des œuvres est plus variable du fait que certaines ont déjà été présentées en vente récemment ou que certains artistes sont peu connus, même en fin de carrière, mais les prix abordables vont permettre aux collectionneurs d'acquérir des œuvres d'artistes connus dont les prix sont d'habitude dissuasifs.
Il y a de réelles affaires ce lundi parmi les ventes des artistes dont le prix de départ est largement sous leurs cotes récentes tels que Tetsis, Kottis, Prassinos Tsingos, Kessanlis et Akrithakis (qui est de plus avec Moralis un des artistes grecs dont la valeur monte). Un grand format de Yannis Gaïtis (Les grandes Espérances) paraît aussi très sous-évalué.
Ensuite, si les enchères ne grimpent pas, il y a de très belles pièces d'artistes qui sont des valeurs sures comme la Corbeille de Fruit de Pavlos, Chimie de Xenakis ou le Sans titre (1955) de Tsingos.
Pour les néophytes, le catalogue de la vente sur le site de Piasa présente les artistes un à un. C'est une belle immersion dans l'art grec sur un siècle qui poussera certainement certains à se laisser tenter de participer à la vente dirigée par Maître James Fattori, à Drouot ou même en ligne.

Le cœur de l’Europe

Le cœur de l’Europe 


L’Union européenne est la reine du psychodrame. Les acteurs changent, le suspense demeure avec son lot de mesquineries, de marchandages et de petites phrases. On pourrait en sourire, si l’heure n’était pas aussi grave.
Seuls les Grecs, qui n’ont pas souvent l’occasion d’être fiers, le seront en voyant qu’une fois de plus on parle de Marathon. Un nom synonyme de victoire à une époque lointaine, quand Athènes rayonnait. Le marathon budgétaire de Bruxelles est d’un autre ordre. Les Européens s’y déchirent régulièrement. Cette année, la lutte est encore plus acharnée. Elle oppose les « cigales » du Nord aux « fourmis » du Sud, avec, en prime, les Britanniques qui confondent négociation et chantage.
David Cameron s’est lancé dans une imitation de Margareth Thatcher, qui avait jadis « soufflé » ses partenaires en martelant : « Je veux qu’on me rende mes sous. » La cupide Albion n’en démord pas : elle donne trop à une Union qu’elle trompe allègrement à la moindre occasion. François Hollande, qui n’a pas le vocabulaire de Jacques Chirac, n’a pas demandé aux Anglais s’ils voulaient ses attributs sur un plateau, mais le président français n’a pas caché son agacement.
Les crispations du sommet de Bruxelles s’expliquent aisément. L’Europe n’est plus ce club de privilégiés qui roulaient sur l’or. La rigueur frappe partout et face à la crise, les égoïsmes nationaux ont pris le dessus. Le budget présenté aux chefs d’États ressemble, toutes proportions gardées, à celui de bien des ménages : on racle les tiroirs pour trouver le moindre euro. Tous les domaines d’intervention risquent d’être revus à la baisse, de l’agriculture à la politique sociale.
Les coupes attendues dans les aides aux plus démunis laissent augurer de bien des drames. Le nombre des pauvres en Europe a explosé. Toutes les associations tirent la sonnette d’alarme. La faim, que l’on croyait éradiquée en Europe, n’est plus un effroyable souvenir. Alors que les Restos du Cœur ouvrent leurs portes lundi, l’Union européenne aurait bien besoin, elle, de restaurer son cœur.

Tourner la page du sarkozysme

Tourner la page du sarkozysme


La crise qui déchire l'UMP ne survient pas par hasard. Certes, elle est déclenchée par les scores équivalents qu'ont obtenus ses candidats à la présidence, François Fillon et Jean-François Copé. Certes, elle est le fruit d'ambitions individuelles féroces, mais la rupture s'explique par une division idéologique profonde au sein du parti conservateur. Elle trouve même ses racines dans la schizophrénie d'une grande partie des dirigeants de la droite, qui ne parviennent pas à conjuguer leur éthique et leurs ambitions personnelles. Ainsi, Jean-François Copé, qui inventa le drame des enfants se faisant voler leur pain au chocolat pour ne pas avoir observé le jeûne du ramadan, passe pour l'héritier radical de Nicolas Sarkozy. Il incarne moins une résurgence néogaulliste du RPR de Jacques Chirac qu'un retour des jeunes loups de l'ancien Parti républicain, libéraux et droitiers. Mais M. Copé a fait équipe avec celui qui osa en premier émettre des critiques publiques contre la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 : Jean-Pierre Raffarin. Les libéraux centristes, comme l'ancien premier ministre Raffarin ou l'ex-ministre de l'éducation Luc Châtel, ont rejoint M. Copé, pour reconquérir le pouvoir. Ils savaient que leur champion devrait ménager une large place à un pôle centriste pour rassembler toute la droite. Ce faisant, ils n'ont pas mené l'indispensable clarification idéologique.
L'équipe de François Fillon apparaît plus traditionnelle, plus provinciale, plus consensuelle. L'unique premier ministre de Nicolas Sarkozy se présente comme un orthodoxe en économie, un modéré sur les sujets de société. Mais celui qui se disait dès 2007 "à la tête d'un Etat en faillite" n'a jamais eu le courage de claquer la porte de Matignon en raison du laxisme budgétaire de Nicolas Sarkozy, ou pour protester contre la dérive sécuritaire, évidente depuis l'été 2010 avec le discours de Grenoble sur les Roms et la déchéance de la nationalité des assassins de policiers. François Fillon est bloqué au centre par l'UDI de Jean-Louis Borloo.
"Nous sommes en train de devenir l'écurie présidentielle du Front national ou de Jean-Louis Borloo. Au choix", a résumé l'ancien ministre de l'agriculture Bruno Le Maire, qui n'a pas choisi entre M. Fillon et M. Copé. Le péril sera encore plus grand pour la droite si François Hollande continue de s'affranchir de son aile gauche et instille une dose de proportionnelle aux législatives, rendant possible une alliance au centre.
Nicolas Sarkozy n'est pas le grand gagnant de cette guerre fratricide. Il en est la cause. C'est lui qui a franchi, lors de sa campagne présidentielle pour 2012, les bornes de la droite fréquentable. Nicolas Sarkozy, faux retraité de la politique, est présenté comme un recours.
C'est oublier l'équation qui fit son succès en 2007. Il était parvenu à réconcilier le centre et la droite populaire. Mais il a échoué, se montrant incapable de réaliser la rupture promise, tandis que son tempérament, qui a crispé toute la société française, l'a disqualifié. Nicolas Sarkozy n'a guère plus de chances de revenir, durablement et avec succès, dans la course que n'en avait son adversaire de 2007, Ségolène Royal.
Si elle veut se reconstruire, l'UMP doit commencer par un inventaire sérieux des années Sarkozy et une redéfinition de valeurs communes.

samedi 24 novembre 2012

Mal à l’Europe

Mal à l’Europe 


Incapables de s’entendre sur la programmation budgétaire 2014-2020, les chefs d’État et de gouvernement des 27 se retrouveront en janvier pour une autre séance-marathon, et sans doute pas la dernière. En soi, rien de dramatique à l’échelle européenne, car c’est une habitude « historique » et il reste du temps jusqu’en 2014.
Malheureusement, à l’échelle mondiale, l’Europe étale une fois de plus sa paralysie chronique devant la prise de décision : vingt-sept « Clochemerle » jurent, certes, dépenser moins – rien de plus normal à l’heure de l’austérité – tout en voulant profiter de leurs subventions pleines et entières. Par exemple, pour les pays du Sud, de l’Europe centrale et orientale, il est hors de question de toucher à leur quote-part de « croissance durable » (mise à niveau) – environ la moitié du budget de l’UE. Et pour la France, ses droits en politique agricole commune (PAC) restent un tabou. Quant au Royaume-Uni de Cameron, il continue à réclamer son chèque de ristourne dans une antienne rebattue depuis l’ère Thatcher…
Mais en-dehors de tous les égoïsmes nationaux, de vraies incertitudes demeurent sur ce budget européen 2014-2020. En 2005, l’ancien Premier ministre Tony Blair prétendait, et à juste titre comptable, qu’une vache était subventionnée à deux euros par jour en Europe, un emploi seulement à quelques centimes, en tenant compte des frais recherche-formation-études… Or, la programmation 2014-2020 ne prévoit guère davantage. Comme elle ne prévoit rien, ou presque rien, pour cette politique d’investissements que la France, en vertu des promesses électorales du président Hollande, voulait adjoindre au traité budgétaire « Merkozy » sous forme de « pacte de croissance ».
Cette Europe telle que nous la vivons ne correspond plus en rien aux idéaux de ses « pères fondateurs ». Sous une administration exubérante en fastes, elle ne semble que savoir servir les lobbies étatiques et privés. Les lobbies financiers aussi. On le verra de nouveau lundi, lorsque la dette grecque (au remboursement impossible) trouvera – une fois de plus – une solution de raccommodage. Évidemment, au détriment des contribuables d’une zone euro interdite de changer de politique monétaire sous le «nein» allemand. Sauf à devoir toujours payer. Même si ses États dont la France ont déjà, chaque mois, beaucoup de mal à joindre les deux bouts.

Échec et PAC !

Échec et PAC ! 


Les dirigeants des Vingt-Sept n'ont même pas cherché à jouer les prolongations. Dès hier après-midi, ils ont mis un terme au sommet consacré à l'établissement du budget européen pour 2014 à 2020, tant les désaccords entre eux étaient nombreux. Mais surtout, ne leur parlez pas pour autant d'échec. Ne leur dites surtout pas que l'Union a fourni une déplorable illustration des égoïsmes nationaux dans des discussions de « marchands de tapis ». Écoutez plutôt nos chefs d'État et de gouvernement clamer leur satisfaction. Angela Merkel, la chancelière allemande, s'est carrément félicitée d'un « état d'esprit très amical et constructif ». Et pour n'être point en reste, François Hollande, impuissant à imposer un compromis, a estimé que ce sommet « utile » constituait une étape.
Tous ont donc voulu donner du temps au temps (en espérant que ce soit de l'argent) en se donnant rendez-vous au début de l'année prochaine. En vérité, ils ont été nombreux à jouer la montre face à des échéances électorales à venir ou des difficultés intérieures. On pense en particulier à Angela Merkel et David Cameron qui ont constitué « l'axe Camerkel », se substituant au moteur franco-allemand, pour réclamer des coupes budgétaires drastiques.
Car ce que ce sommet a révélé, c'est la neutralisation des différentes positions en l'absence d'un leadership européen. Angela Merkel a plus recherché une alliance de circonstance avec Londres qu'avec Paris. La PAC (politique agricole commune) et les fonds de cohésion ont fait l'objet d'un tir groupé.
Dans ces conditions, l'échec était bel et bien programmé. Ce sommet, trop mal préparé par le président du Conseil européen Herman Van Rompu, ne pouvait que tourner au fiasco. D'ici à janvier 2013, les Vingt-Sept devront impérativement s'accorder sur une réévaluation et une redistribution des aides conciliant cohésion, solidarité et soutien à la croissance. Cela impliquera des révisions déchirantes. Et personne n'en fera… l'économie.

Le pathos de la gauche française

Jusqu’où le PS et la gauche française vont-ils aller dans cette voie qui ne mène nulle part et qui trompe les Français ? Quels sont les mobiles des ténors socialistes ?
Que se passe-t-il à gauche en France, et plus particulièrement au PS ? Si l’on se débarrasse du prêt à penser actuel qui nous dicte que la gauche, c’est la lumière et l’altruisme, et que la droite, c’est l’autoritarisme et le racisme, et si l’on considère simplement les faits, on découvre une réalité assez surprenante.
Cela commence par F. Hollande et S. Royal qui, à l’approche des élections présidentielles de 2007, se sont progressivement révélés sous un angle assez peu reluisant en usant et en abusant de ce qui est devenu depuis leur marque de fabrique : l’anathème, les critiques ad hominem, l’ostracisation de leurs adversaires politiques, jusqu’à l’exclusion même de leurs rivaux au sein de leur propre camp. On connaît la façon dont S. Royal a géré sa région, en véritable potentat. On sait combien F. Hollande distribue ses petites piques acérées et méchantes… Tous deux sont progressivement devenus des politiciens borderline, avec cette façon de toujours surfer à la limite de la diffamation derrière une apparence d’homme et de femme « de gauche », forcément purs et épris de morale.

C’est à peu près à cette époque que plusieurs intellectuels courageux et libres ont annoncé quitter la gauche, parmi lesquels un historien réputé qui reprochait à cette dernière d’être devenu « lepéniste ». C’est à cette époque également que quelques philosophes tout aussi courageux et libres commencèrent à dire ce qu’ils pensaient de cette gauche française, à leurs risques et périls bien sûr.
Ce caractère quasi diffamatoire, clairement haineux et revanchard du discours des ténors de la gauche se cristallisa en une sorte de bouquet final avec un débat S. Royal-N. Sarkozy particulièrement navrant de la part de la candidate de gauche : celle-ci aura tenté par les moyens les plus sournois de venir à bout de son adversaire : mensonges, attaques personnelles de l’homme de droite sur des territoires symboliques (les pauvres, les handicapés, le social) que la candidate du PS s’était sans vergogne et depuis longtemps appropriés, surfant sur cette image providentielle de la gauche si savamment construite, si savamment entretenue… Plus révélateur encore, le soir même de sa défaite, la candidate malheureuse appellera, certes entre les lignes, au soulèvement dans la rue, un peu comme si le verdict des urnes n’était pas légitime dès lors que le vainqueur n’était pas de gauche.
Jeter de l’huile sur le feu d’une façon aussi inconsidérée n’était finalement qu’un prélude à ce qui se produisit ensuite pendant toute la durée du quinquennat de N. Sarkozy : la grande majorité des média s’investit comme un seul homme contre le Président honni avec pour unique objectif de le dégommer, quitte à l’empêcher de gouverner. Rien ne fut épargné à cet individu sans doute excité et maladroit mais tout de même courageux pour avoir osé et parfois même réussi à combattre certains blocages de notre pays. Avec un acharnement quotidien, et des moyens des plus douteux (l’affaire des SMS, ou la fausse déclaration d’un journaliste du NouvelObs pour ne citer que ces deux cas), les média se sont déchaînés contre lui et contre sa politique au point de ruiner ses chances d’une réélection.
Parallèlement à ce troisième tour d’une violence inouïe, on assista par chance à un acting out du PS qui en dit long sur son délabrement moral : l’élection en 2008 de son premier secrétaire dans des conditions sulfureuses, dignes d’une république bananière, avec les deux finalistes, M. Aubry et S. Royal, qui se sont mutuellement accusées d’avoir triché dans le dépouillement des voix, chacune accusant l’autre d’avoir manipulé à son avantage les scrutins dans son fief. Cette accusation était même reprise sur le site internet de S. Royal, « désir d’avenir » cette dernière ayant d’ailleurs un instant menacé de faire appel à la justice. En réponse, le clan de M. Aubry la menaça d’une plainte pour diffamation. Un spectacle affligeant mais ô combien salubre : le PS déballait enfin sur la table sa véritable essence, ses véritables valeurs. Mais autant la comparable saillie purulente qui oppose actuellement F. Fillon à J.-F Copé terrassera très certainement le parti de droite, autant l’affaire ne fit pas grand bruit dans les médias, pour les raisons que l’on sait : moins de quatre ans plus tard, un sondage révélait que 74% des journalistes français avaient voté pour F. Hollande à la présidentielle.
Cette élection présidentielle de 2012 fut justement l’occasion pour les ténors de la gauche de passer à la dimension supérieure, avec en particulier un numéro d’équilibriste remarquable de la part de F. Hollande, le candidat qui restera dans l’histoire pour avoir réussi la gageure de nier les problèmes du pays et de se faire élire en flattant le ressentiment et la jalousie anti-riches des français tout en capitalisant sans modération sur l’image exécrable de N. Sarkozy. La rhétorique de F. Hollande a atteint des sommets, sans cesse en train de salir ses opposants, sans cesse à promettre des promesses intenables compte tenu de l’état du pays, sans cesse à flatter l’ignorance économique et une certaine haine de classe bien françaises.
Six mois après ce tour de force dialectique d’une étonnante finesse, mais aussi d’un profond cynisme, on découvre un Président de la République française incapable d’imprimer un programme, et bien pire, incapable de quitter la posture de l’opposant : contre toute attente, F. Hollande, tout comme les ténors du PS, continuent de tirer à boulets rouges sur le précédent gouvernement, comme si les habits du pouvoir leurs étaient trop grand et horriblement inconfortables tellement leur impréparation voire leur inadaptation aux responsabilités les plus hautes sont dramatiques. À ce sujet, le congrès de Toulouse aura montré à qui veut bien le voir des tribuns affamés de vengeance, rancuniers et vindicatifs, remplis de morgue comme s’ils avaient oublié tout d’un coup qu’ils cumulaient tous les pouvoirs : gouvernement, parlement, sénat et médias. Sur l’estrade, le tout nouveau secrétaire du PS, H. Desir, dont l’élection fut encore une démonstration de démocratie comme le PS en a le secret, n’était pas en reste, et a montré combien il avait parfaitement le profil attendu.
Jusqu’où le PS va-t-il aller dans cette voie qui ne mène nulle part et qui trompe les électeurs ? Quels sont les mobiles de ces ténors socialistes ? D’où provient ce système de valeurs malsain dans lequel baigne une gauche française qui se gargarise de morale et d’équité mais qui montre du doigt les riches et les entrepreneurs, qui salit ses opposants et qui refuse d’admettre certaines réalités dérangeantes ? Et combien de temps encore des « intellectuels de gauche » vont-ils nous refaire l’article sur les risques de dérapages droitistes inhérents à la droite française (à l’instar de H. Weber récemment) comme si la France sortait de cinquante ans de dictature ? Ou encore présenter le libéralisme comme une catastrophe mondiale ?
Il y a clairement des personnalités sincères à gauche mais force est de constater que ce ne sont pas celles qui font le plus de bruit. Or, si l’on ne considère que les leaders du PS les plus présents et les plus audibles depuis disons une dizaine d’années, d’un point de vue psychanalytique ou symbolique, tout laisse à penser que la gauche française constitue une  sorte de refuge pour des personnalités en butte avec le réel et qui veulent en découdre avec le Pouvoir et l’Argent, plus exactement avec l’Autorité en général, avec l’Establishment en particulier. Ainsi, à un moment donné, ces personnalités semblent avoir fait le choix d’une voie détournée pour prendre la place de ceux qui sont au pouvoir de façon naturelle. Elles se sont mises à emprunter les techniques qui collent au paradigme socialiste français : primauté du discours sur les faits, mépris de l’économie et des riches, rejet des événements encombrants, fuite dans le langage symbolique, anathémisation des contradicteurs, préférence pour la facilité des promesses doucereuses, appropriation des thèmes moraux et tiers-mondistes, fuite en avant dans le « progressisme »…
Pour avoir fait le choix de la face obscure de la politique, ces personnalités françaises (on ne trouve pas l’équivalent chez nos voisins) souffriraient-elles d’un complexe d’Œdipe mal résolu vis-à-vis de la société toute entière, de son pouvoir et de ses valeurs démocratiques ?

Reconstruire autrement

Reconstruire autrement 

  Alors qu'un deuxième ancien président de la République a, lui aussi, à faire avec la justice, ce qui du reste ne présume en rien d'une culpabilité, voici que se fracasse un grand parti de gouvernement. Il n'est pas le premier certes. On se souvient des déboires du Parti socialiste et de la rivalité des deux candidates à prendre sa tête. Des accusations de fraudes électorales internes avaient couru comme aujourd'hui, au grand scandale des démocrates qui s'attendaient à plus d'honnêteté et de respect des règles internes du parti.

La droite s'était moquée, mais la voici à son tour plongée dans la même lamentable tourmente. Tout cela contribue à faire penser que l'ensemble des responsables politiques, quelles que soient leur appartenance et leur fonction, ont des comportements douteux, voire répréhensibles.
Ce n'est pas à nous de juger les protagonistes de l'incroyable fiasco qui atteint l'UMP. L'impression est donnée que le souci du Bien Commun n'a pas prévalu sur les ambitions des deux candidats. Pourtant, nul doute que ceux-ci aient le sens du service public. Ils l'ont montré auparavant. Mais pourquoi faut-il qu'ils se laissent embarquer par leur rivalité sur des chemins et dans des attitudes qui découragent la plupart des militants de leur parti ? Chacun s'est cru indispensable. Chacun est persuadé d'être le meilleur, ce qui n'apparaît pas si évident quand on constate la répartition des voix entre les deux rivaux.
Espérance et dynamisme
Aujourd'hui, on ne voit transparaître qu'une sorte de haine qui couvait sans doute depuis longtemps. Mais c'est aussi probablement une réalité plus ou moins cachée qui fait surface maintenant. L'UMP n'est pas unie. Elle est divisée en plusieurs tendances plus fortement opposées qu'il n'y paraissait : une droite qui est attirée de plus en plus par l'extrême, une autre davantage orientée au centre. Comment, dans ces conditions, reconstruire une entité crédible et respectée ?
Le gâchis est considérable, pas seulement pour ce parti, pas seulement pour ses adhérents mais pour notre démocratie. En effet, on ne pouvait faire pire pour discréditer les responsables politiques et confirmer le mépris que certains, hélas, leur portent. Les soupçons vont être multipliés. Les procès d'intention vont fleurir, confortant la passivité des citoyens, les détournant de la chose publique, favorisant donc, in fine, l'abstentionnisme aux élections ou les votes protestataires...
La clarification est donc devenue urgente et nécessaire car l'amalgame ancien ne tient plus. De nouveaux regroupements vont apparaître à droite. Pourront-ils s'entendre et coopérer, tant la fracture dénoncée par François Fillon est profonde ?
Cependant, dans la crise que la France et l'Europe traversent, non seulement la droite, mais le pays tout entier a besoin, au contraire, de personnalités politiques de gauche et de droite qui gardent leur sang-froid, s'interdisent les petites polémiques, aient des vues larges et généreuses et soient capables de faire preuve de lucidité. Au lieu de cela, on a plongé le débat politique dans la mesquinerie et l'on donne aux Français et au monde une pitoyable image de notre pays.
Puisse cette crise faire émerger dans les divers partis de véritables hommes et femmes d'État qui pourront dépasser les oppositions paralysantes et donner au pays l'espérance et le dynamisme dont il a tant besoin.

Sommet sur la crise : un nouvel échec de l’Europe

Sommet sur la crise : un nouvel échec de l’Europe


Ouvert avec retard jeudi soir, le sommet européen sur le budget 2014-2020 a été presque immédiatement suspendu, faute pour les participants de pouvoir s’entendre. En espérant que le report, jusqu’à vendredi midi, de leurs réflexions permettrait à une nouvelle proposition de compromis du président du Conseil européen Herman Van Rompuy de faire – la fatigue aidant ? – son chemin dans les esprits.
« Je pense que nous avancerons un peu, mais je doute que nous parvenions à un accord », a déclaré Angela Merkel, sur ce point – et c’est bien le seul, la question de la PAC, notamment, les opposant irréductiblement – d’accord avec François Hollande : « Il est probable qu’il n’y aura pas d’accord à ce sommet. » Pas de position commune entre Paris et Berlin, mais cependant une « approche commune ». Qui est-ce censé rassurer ? Et Hollande ajoute : « On n’est pas dans le sommet de la dernière chance. » Ouf ?
On se demande bien à quoi ont pu servir tous ces apartés des chefs d’Etat et de gouvernement avec Herman Van Rompuy…
David Cameron ne se pose plus la question ; il fulmine ! « Les chiffres qui nous sont soumis sont similaires à ceux que nous avions ce matin avant toutes ces réunions bilatérales », commente-t-on, furieux, dans son entourage.
Mais la Grande-Bretagne entend bien ne pas perdre ce bras de fer. Elle l’instaure, au contraire, sur tous les fronts. Ce même jeudi, le ministre britannique de la Justice, Chris Grayling, a ainsi déclaré aux députés que l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme contre la loi d’interdiction faite aux prisonniers de voter était sans valeur. « En dernier ressort ce Parlement est souverain, ce Parlement peut décider si, oui ou non, il accepte un jugement de la Cour européenne, quel qu’il soit », a-t-il lancé.
Trancher… chez le voisin
En pratique donc, tout le monde est d’accord pour trancher dans les aides européennes, afin d’aider Bruxelles à s’en sortir. Mais à condition que les coups de ciseaux tranchent chez le voisin.
Pour Angela Merkel, c’est clair : « L’Allemagne va regarder ses propres intérêts. » Malheureusement pour nous, pour François Hollande, ça l’est beaucoup moins : « L’Europe, c’est un compromis. (…) C’est non pas la France que je viens défendre, c’est aussi une conception de la politique européenne et de la solidarité. »
Non seulement ce n’est pas clair, mais c’est même inquiétant. Combien d’ électeurs de François Hollande se satisferont de ce propos ?
Quoi qu’il en soit, contrairement à ce qu’il donne parfois l’impression de penser, le président n’est pas seul. Et le scepticisme était de mise avant la reprise, vendredi, des discussions. « J’ai l’impression qu’il sera très difficile de parvenir à un compromis équitable », a souligné le président du Parlement européen, le social-démocrate allemand Martin Schulz, qui menace, lui aussi, d’un veto parlementaire si le budget était présenté en l’état.
« C’est infaisable », résume, sous le couvert de l’anonymat, un haut responsable européen.
D’accord sur le désaccord
Puisque tout le monde semble être d’accord sur le point de n’être pas d’accord, le report, à moins d’une improbable entente de dernière minute, paraît vraisemblable. Et certains en semblent plutôt, voire ouvertement, satisfaits. « S’il n’y a pas d’accord, ce ne sera pas dramatique », a ainsi déclaré le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy.
On peut le comprendre. Un accord, dans la situation actuelle, provoquerait plus de difficultés encore dans les pays les plus affaiblis. Ce n’est pas parce que certains, au sein de salles de réunion feutrées, paraissent incapables d’en prendre conscience, que les responsables politiques nationaux peuvent se permettre de l’ignorer – n’est-ce pas, François ?
Ainsi, ce même jeudi, les étudiants portugais manifestaient-ils à Lisbonne contre l’austérité. Une austérité qui frappe aussi cruellement l’enseignement supérieur, au point de provoquer peut-être – certains y songent – une nouvelle fuite des cerveaux.
L’Europe ou la patrie
En définitive, et alors même qu’on ne cesse de nous annoncer une sortie de la crise dans laquelle nous nous enfermons depuis quatre ans, cet échec annoncé du sommet européen est le signe manifeste d’une crise plus fondamentale encore, d’une crise institutionnelle – alors même que l’Europe politique n’existe pas encore en tant que telle !
Les compromis que chacun est appelé à trouver désormais paraissent inacceptables au plus grand nombre. Cela se comprend non seulement parce que les Etats-membres de l’Union européenne sont aujourd’hui exsangues. Mais surtout parce que les compromis actuels consistent à remettre en cause ceux d’hier, péniblement mis en place depuis trente ans, et qui fondent – c’est là le point essentiel – la participation de chacun de ces Etats à l’Union européenne.
Or cette Europe ne peut plus survivre que, à l’inverse de Saturne, en dévorant ses géniteurs. C’est absolument clair : dès qu’un homme politique défend son pré carré, le tollé est général, qui dénonce les égoïsmes nationaux s’opposant à l’intérêt général. Mais chacun de ces pays arrive à l’heure ou son pré carré ne peut plus entrer dans le cadre européen…
Le problème est double : institutionnellement, chaque Etat peut opposer son veto, dernier vestige de sa souveraineté, à une décision européenne ; mais pratiquement l’Europe ne peut survivre à ce système de veto.
L’heure est donc critique – si même nos dirigeants en dissimulent la réalité derrière leur politique de compromis. Il faut manger, ou être mangé ; et on est loin, là, du prix Nobel remis à l’Union européenne.
En clair, il faut choisir entre céder aux exigences européennes en remisant son veto sur l’étagère des accessoires historiques, et alors nos pays, nos Etats, nos nations ne seront plus que des appellations sans consistance ; ou admettre que l’Europe, du moins celle qui s’est construite ces dernières décennies, n’est qu’un rêve impossible. 
Un beau rêve, pour ceux que cela consolera…
Mais il faut choisir ! 
Les cabris sont fatigués de sauter !

vendredi 23 novembre 2012

UMP CANIVEAUX

UMP CANIVEAUX



Chine: la maison au milieu d'une autoroute

Un couple de sexagénaire résiste depuis quatre ans à la démolition de leur maison, menacée par une autoroute... Celle-ci est donc restée sur place, contournée par le goudron. 
La situation est incongrue, mais ils tiennent tête. Un couple de sexagénaires refuse de quitter son appartement, situé dans la province orientale du Zhejiang, en Chine. Il devait être rasé au profit d'une autoroute, mais l'immeuble, partiellement détruit, se dresse désormais, totalement isolé, au milieu d'une route 2 fois 2 voies.
Les pelleteuses ont rongé le bâtiment de 5 étages, sauf au niveau des fondations au-dessus desquelles se trouve l'appartement de Luo Baogen, 67 ans, et de sa femme de 65 ans. Le couple lutte depuis quatre ans, pour obtenir une compensation d'expropriation supérieure au montant de 260 000 yuans (32 400 euros) offert par les autorités locales de Daxi, a rapporté le journal China Daily.

Expropriations à la chinoise

Bel exemple d'opposition
Les saisies foncières sont la principale raison des révoltes contre les autorités en Chine, pays où les zones urbanisées s'étendent rapidement, et ceux qui s'y opposent bénéficient généralement de la compréhension de la population.
"Quelle vision. J'espère qu'ils vont tenir bon", confiait un internaute nommé Guangshen Zhuxiaozi sur Sina Weibo, l'équivalent chinois de Twitter.
D'autres ont apprécié la retenue des autorités, qui n'ont pas envoyé d'hommes de main pour expulser de force le couple, ainsi que cela se fait fréquemment en Chine. "Je note un progrès chez les responsables locaux", a écrit un autre internaute.

La "maison-clou" de Chongqing

Cette "maison clou" fait le tour du web depuis quelques jours. Mais l'image n'est pas nouvelle. Il y a quelques années, la volonté de "faire peau neuve" en Chine, a provoqué de nombreuses expropriations urbaines.
En 2007, la "maison-clou" de Chongqing a connu une large couverture médiatique, et fait l'objet de détournements de la part des internautes. Les résidents refusant de quitter leur logement qu'occupait leur famille depuis trois générations. Les promoteurs ont alors creusé tout autour de la maison un trou d'une dizaine de mètres de profondeur, coupant l'eau et l'accès à la maison. Le conflit a duré deux ans avant que l'affaire ne se règle à l'amiable.