TOUT EST DIT

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mercredi 8 août 2012

JO 2012 sur France Télé: "Merci à Gérard Holtz et son brushing"

Notre contributeur est féru des JO de Londres. Mais il ne supporte plus les choix de France Télévisions en matière de programmation et de commentateurs. Coup de gueule.
Encore du lourd aujourd'hui avec Gérard Holtz, l'imperturbable, le plus fin journaliste de tous les temps! Quand il n'a rien à dire, il chante et, au lieu de passer des images de sport, il passe l'antenne à une journaliste anglaise, mignonne comme tout, il est vrai, qui se promène dans Londres à bord d'un bus rouge et qui interviewe des Anglaises qui mangent des fraises à la crème en se baignant sous la pluie dans une piscine chauffée en plein air!

Hier, il s'est surpassé: alors que Richard Gasquet et Julien Benneteau en décousaient à Wimbledon dans un match haletant, "Gégé" la mèche blonde et les lunettes rondes d'intellectuel du sport, décide, le ton impérieux et l'air austère qui sied aux annonceurs de grandes nouvelles, d'interrompre la retransmission pour diffuser du...ball-trap! Fort de ses quelques licenciés en France, nous avons droit à toute l'épreuve de ball-trap, jusqu'à la fin alors qu'il ne se passe rien. On voit les tireuses qui voulent se tirer, et la caméra rester sur elles pendant qu'elles quittent le terrain, alors qu'on est à deux points du match de Gasquet!
Puis on revient à l'antenne et Gérard Holtz nous présente son invité, alors qu'une balle de match se joue avec une médaille française à la clé! Loïc Perron, qui n'a jamais participé aux JO. "Alors, content d'être là?", lui lance le journaliste. -"Oui, je suis invité, j'en profite, je suis un peu en vacances, quoi... ", répond l'invité. Intéressant. "Et quel est le programme?" Gérard: "Ah, oui, le programme, hé hé...eh bien, dans...un instant..." Et là, comme le requin: un grand blanc. Pendant que Gasquet et Benneteau sont en train de gagner, Gégé a un trou de mémoire! Une centaine de personnes a sûrement envie à cet instant de casser sa télévision!
Puis le commentateur annonce qu'on va patienter un peu avant d'aller à Wimbledon pour voir un peu de pub, ben voyons! Après celle-ci, on a le droit, en différé, à la seule balle de match, pas à un échange de plus! Merci à Gérard Holtz et son brushing qui, après ces brillants faits d'arme, passe le relais au merveilleux Jean-René Godard, sur la piste olympique cycliste en pin de Sibérie pour une nouvelle course olympique: l'omnium. Personne ne comprend rien à cette nouvelle discipline, et les explications embrouillées de Jean-René donnent à peu près ceci: "L'omnium est une discipline sur la piste avec un tour lancé, une course au poing, une élimination, un scratch, l'élimination et la course individuelle". Kesako? Vive les JO sur France télé!

Grèce: Human right watch dénonce comme "illégale" la chasse aux sans papiers

Human Right Watch a vigoureusement dénoncé mercredi la chasse aux immigrés sans-papiers menée par la police grecque dans le centre d'Athènes ces derniers jours, qui selon cette ONG, n'a aucune "base légale".
"La Grèce a le droit d'appliquer ses lois sur l'immigration et après une procédure juste d'expulser ceux qui n'ont les papiers légaux pour séjourner au pays", a indiqué Benjamin Ward, vice directeur de la section Europe et Asie centrale de HRW.
"Le pays n'a pas le droit de traiter les gens comme des criminels ou de présumer qu'ils ont un statut irrégulier en raison de leur race ou leur ethnicité" a-t-il ajouté.
Depuis la semaine dernière, la police grecque a entamé une opération surnommée "Xenios Zeus" (du nom du roi des dieux de l'Antiquité Zeus, protecteur des hôtes), au cours de laquelle 1.595 arrestations et 6.000 interpellations ont été effectuées.
La plupart des migrants arrêtés ont été transférés en Thrace (nord-est), région frontalière avec la Turquie et passage habituel des migrants venant d'Asie et à destination de l'Europe occidentale.
Le ministre conservateur de la Protection du citoyen, Nikos Dendias, a demandé mardi "le soutien" des maires de cette région, qui, ont fortement réagi au transfert du problème dans leurs villes.
"Au nom de votre patriotisme et de l'instinct de survie du citoyen grec, je vous demande de soutenir cet effort, la question de l'immigration illégale est l'un des grands problèmes du pays avec celui de l'économie", a dit M. Dendias.
Il a qualifié "d'effort national" l'opération en cours qui vise à mettre fin "à l'illégalité et aux ghettos de clandestins, qui deviennent victimes de l'exploitation, ce qui conduit ensuite à la criminalité, une menace pour les citoyens grecs".
Le dirigeant du parti socialiste Pasok, Evangélos Vénizélos, qui participe avec le parti de la Gauche démocratique au gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Antonis Samaras avait mis en garde lundi contre le risque de transfert des problèmes athéniens dans les villes du Nord du pays.
Au cours de sa récente campagne électorale juste avant sa victoire aux législatives du 17 juin, M. Samaras s'était engagé à "reconquérir" les villes et arrêter "l'invasion" de l'immigration illégale.

L'ANGÉLISME ÇA SUFFIT  ! 

LA FRANCE SERA BIEN OBLIGÉE DE PASSER PAR UNE RÉDUCTION DÉMO-ETHNIQUE
AVANT LONGTEMPS.

Souffle meurtrier 


C’est un vent mauvais qui souffle sur le «milieu» de l’île de Beauté et qui balaye tout sur son passage. La pègre est un monde sans pitié où l’on assassine ses propres légendes.
Au-delà du sanglant et tristement banal fait divers, le meurtre de Maurice Costa dit quelque chose d’un rapport de force qui s’inverse, d’un pouvoir occulte qui change de mains. L’époque est aux bouleversements, et dans ce monde-là, ils sont forcément violents.
Elle marque en tout cas clairement la fin des parrains corses, représentants de la seule forme de crime organisé née sur notre sol et qui régnait depuis la Première Guerre mondiale sur le grand banditisme français.
Ces gangsters mythifiés par le cinéma et la télévision, qui naviguent aux confluents de la voyoucratie, de la politique et des affaires, se sont longtemps crus intouchables. Ils l’ont été. Ce n’est plus le cas.
Dans le fracas des armes tombent ainsi les uns après les autres les «Beaux mecs», comme les appellent les policiers. À commencer par les membres de la mythique bande de la «Brise de mer» qui tenaient la Haute-Corse, les machines à sous et les cercles de jeux parisiens. Costa est le onzième de ces braqueurs de haut vol à avoir mordu la poussière ces quatre dernières années.
Dans une société d’ordinaire frappée de surdi-mutité, les langues ont commencé à se délier. Et les règlements de comptes à se poursuivre.
Plus personne n’est à l’abri, même pas les «bergers braqueurs» de Venzolasca, au sud de l’île, dont le chef, Ange-Toussaint Federici, considéré comme l’un des derniers hommes forts du milieu, est en prison.
Ces changements marquent sans doute anecdotiquement l’émergence d’une nouvelle génération de gangsters plus crâne-au-feu et moins «embourgeoisés» que leurs aînés. Ils soulignent surtout le retour dans la partie des nationalistes du FLNC qui ont déclaré la guerre à la mafia corse depuis l’assassinat de l’un des leurs en juin 2011.
Pendant ce temps-là, l’État français, impuissant, compte les points. Comme il le fait depuis quarante ans.

Fractures territoriales 


Le gouvernement s'est doté d'un ministère de l'Égalité des territoires et du Logement. Il est chargé de réduire les inégalités entre certaines zones du pays, diversement équipées en services de toutes sortes : formation, santé, culture, accès aux réseaux numériques... En réduisant ces « fractures territoriales », qui se sont creusées au fil du temps, on espère contribuer à la réduction des « fractures sociales ». Ce qui soulève plusieurs questions.
Tout d'abord, les territoires peuvent-ils être « égaux » ? Évidemment, ils ne le seront jamais totalement. Chacun possède son histoire, ses particularités géographiques, ses atouts... Mieux vaut parler de différences. L'espace national est riche de diversités qui sont aussi des potentialités.
En revanche, cette fameuse « égalité » signifie surtout que les citoyens, où qu'ils vivent, devraient bénéficier des mêmes droits fondamentaux (en matière d'éducation, de transport, de logement...) et accéder aux mêmes chances de réussite, de façon à réduire les risques d'exclusion, de pauvreté, de chômage. Y compris dans les quartiers déshérités et les campagnes en péril. Sans verser, toutefois dans un égalitarisme mythique : les TGV ne s'arrêteront pas dans toutes les gares rurales (s'il en reste !) et on ne trouvera pas un hôpital au coeur de chaque canton.
Deuxième question : la situation des territoires explique-t-elle les inégalités sociales ? Oui, mais pas complètement... D'autres facteurs interviennent : la situation professionnelle, le sexe... De surcroît, de puissantes politiques de péréquation et de redistribution des revenus viennent très nettement atténuer ces fractures sociales. À telle enseigne que les habitants de certains territoires de l'Ouest, au PIB (produit intérieur brut) par habitant pourtant très faible, affichent malgré tout des revenus satisfaisants grâce aux transferts sociaux (retraites, prestations diverses...) dont ils bénéficient et qui, dans certaines zones, représentent jusqu'à 60 ou 70 % des revenus distribués.
Des choix à faire
Troisième observation : si la lutte contre les inégalités territoriales s'impose, si des discriminations positives en faveur des territoires les plus déshérités sont même nécessaires, cette démarche a ses limites. On n'aménage pas le territoire comme on étale du beurre sur du pain, de façon lisse et homogène : tout ne peut pas se faire partout...
Dans une période de difficultés financières, où l'accès aux services a un coût, des choix doivent être faits. En même temps qu'on veille à une bonne répartition des moyens sur tout le territoire national, il ne faudrait pas négliger le nécessaire renforcement de la compétitivité de certains pôles (centres de recherche, métropoles, pôles de compétitivité...). Par leur dynamisme et la présence de certains atouts spécifiques, ces pôles entraînent bon nombre de territoires derrière eux et permettent ainsi de dégager d'importantes ressources susceptibles d'être redistribuées.
Paradoxalement, une trop forte lutte contre les inégalités territoriales, si elle se faisait au détriment de certaines de ces zones porteuses, pourrait alors, faute de moyens, entraîner un accroissement des inégalités sociales.

Blocage 


M. Hollande, la prudence incarnée, ne nous avait certes pas promis grand-chose. Il avait cependant esquissé le schéma de ses cent premiers jours, avec quelques mesures assorties de dates. Les prix des carburants devaient ainsi, avant le 29 juin, être bloqués pour trois mois… Las, le temps passe et, telle Sœur Anne, nous ne voyons rien venir, sinon le soleil qui poudroie et l’essence qui flamboie… Ça vient ! a voulu hier nous rassurer le ministre de l’Économie, qui s’est dit extrêmement attentif à l’évolution des prix. C’est gentil, M. le ministre, mais votre extrême attention ne nous diminue pas le coût du plein. Et vous dont la fonction est de gouverner, prévoir et compter, pouvez-vous nous annoncer combien de temps durera un blocage prévu pour trois mois avant le 29 juin, si vous le décidez fin août ? M. Hollande avait raison : on fait toujours trop de promesses.

David Ricardo : La théorie économique de l’avantage comparatif

David Ricardo (1772- 1823) est un économiste anglais du XIXe siècle et a également été agent de change et député. Il est considéré comme l’un des économistes les plus influents de l’école classique aux côtés d’Adam Smith et Thomas Malthus. David Ricardo est né le 1 8 avril 1772 à Londres, Angleterre et meurt le 11 septembre 1823 à Gatcombe Park. David Ricardo est le troisième des dix-sept enfants d’une famille bourgeoise de financiers juifs (d’origine portugaise), ayant émigré des Pays-Bas vers l’Angleterre juste avant sa naissance. À quatorze ans, David Ricardo rejoint son père à la Bourse de Londres, où il commence à apprendre le fonctionnement de la finance. Ricardo rejette le judaïsme orthodoxe de sa famille et s’enfuit à l’âge de 21 ans avec une quaker, Priscilla Anne Wilkinson, qu’il vient d’épouser. Sa mère, en représailles, ne lui parlera plus jamais. À cette époque, Ricardo devient également un unitarien. La rupture avec sa famille le contraint à se mettre à son compte en devenant agent de change.

Ses premiers écrits, sur les problèmes monétaires des guerres napoléoniennes, paraissent sous forme de trois articles publiés dans le Morning Chronicle entre 1809 et 1810. Il publie un an plus tard Essai sur le haut prix du lingot : preuve de la dépréciation des billets de banque (1811), où il développe une thèse quantitativiste où l’excès d’émission de billets a contribué à déprécier la devise anglaise lors des guerres napoléoniennes. Ce livre influencera la rédaction du « Bullion Report » par la commission du même nom de la Chambre des communes. Les débats engendrés par la publication de ses ouvrages monétaires amènent Ricardo à développer ses connaissances en économie. En 1799 lors de vacances particulièrement ennuyeuses passées dans le lieu de villégiature anglais de Bath, Il s’intéresse à l’économie en lisant Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) d’Adam Smith Son travail d’agent de change le rend suffisamment riche pour prendre sa retraite en 1814, à l’âge de 42 ans. Il déménage à Gatcombe Park et partage son temps entre la politique et l’économie.
Entré au parlement britannique en 1819, après avoir acheté un siège de pair représentant de Portarlington, une pairie d’Irlande, Il siège jusqu’en 1823, l’année de sa mort. En tant que député, Ricardo défend le libre-échange et l’abrogation des Corn Laws votés en 1815.
Ricardo est un autodidacte de la pensée économique. Il correspond en abondance avec Jeremy Bentham, Thomas Malthus et Jean-Baptiste Say, sur des sujets tels que le rôle des propriétaires terriens dans la société. Il fréquente aussi les milieux intellectuels londoniens, et devient membre du Club d’économie politique de Malthus (Malthus’ Political Economy Club) et du Roi des clubs (King of Clubs). En 1815, Ricardo publie Essai sur l’influence des bas prix du blé sur les profits du capital (1815). En 1817, est publiée son œuvre maîtresse, Des principes de l’économie politique et de l’impôt (1817) qu’il modifiera le restant de sa vie. La deuxième édition sort en 1 81 9 et la troisième en 1821. En 1820, David Ricardo écrit à Malthus quelques années avant sa mort : « L’économie politique est selon vous une enquête sur la nature et les causes de la richesse. J’estime au contraire qu’elle doit être définie : une enquête sur la distribution … De jour en jour, je suis plus convaincu que la première étude est vaine et décevante et que la seconde constitue l’objet propre de la science » Il meurt d’une otite en 1823 à Gatcombe Park à l’âge de 51 ans, un an après avoir fait un grand tour d’Europe. À son décès, sa fortune était d’environ 725 000 £, une importante somme pour l’époque.
Théorie de l’avantage comparatif David Ricardo a montré que tous les pays, même les moins compétitifs, trouvent dans certaines conditions théoriques (concurrence parfaite, sans pressions politiques donc), un intérêt à rentrer dans le jeu du commerce international en se spécialisant dans la production où ils détiennent l’avantage relatif le plus important ou le désavantage relatif le moins lourd de conséquences. Dans le chapitre VII des Principes de l’économie politique et de l’impôt, Ricardo développe l’exemple des échanges de vin et de drap entre l’Angleterre et le Portugal. Avec un nombre d’heures de travail donné, le Portugal produit 20 mètres de drap et 300 litres de vin tandis que l’Angleterre produit 10 mètres de drap et 100 litres de vin. L’Angleterre est donc désavantagée dans les deux productions. Ricardo montre pourtant que l’Angleterre a intérêt à se spécialiser dans la production de drap, où elle possède un avantage relatif, car avec 10 mètres de drap, elle obtiendra 150 litres de vin portugais (contre 100 chez elle). À l’inverse, le Portugal devra se spécialiser dans la production vinicole puisque l’échange avec l’Angleterre de 300 litres de vin portugais lui permettra d’obtenir 30 mètres de drap anglais au lieu de 20 mètres de drap portugais. L’Angleterre a un avantage comparatif dans la production de drap alors que le Portugal possède un avantage absolu. L’analyse de Ricardo montre ainsi que la spécialisation fondée sur les avantages comparatifs permet une augmentation simultanée de la production de vin et de drap. Dans son modèle, il existe toujours une combinaison de prix telle que le libre-échange soit profitable à chaque pays, y compris le moins productif ; il s’agit d’un jeu à somme positive. Pour arriver à cette conclusion David Ricardo émet quatre hypothèses : la valeur du travail est égale au prix multiplié par la quantité de travail ; la concurrence doit être parfaite ; il doit y avoir immobilité des facteurs de production au niveau international (seules les marchandises circulent) et enfin la productivité doit être constante. Dans la réalité, ces conditions théoriques ne sont jamais remplies, et l’application pratique de la théorie de l’avantage comparatif pose plus de problèmes qu’elle n’en résout. En effet un pays qui se spécialise sur une production devient dépendant, pour les autres productions, du marché international. Outre les pressions politiques qu’il peut alors subir, il est aussi plus vulnérable aux spéculateurs internationaux. Un exemple de conséquence : la spécialisation d’un pays pauvre dans une culture destinée à l’export entraîne la baisse de disponibilité sur place des denrées alimentaires de base dans ce pays. Il s’ensuit une hausse des prix locaux de ces denrées alimentaires de base, et des risques de famine.
Le théoricien de l’étalon-or dans le Bullion Report remis à la Chambre des communes en 1810, Ricardo dénonce l’émission excessive des billets de banque, source selon lui de l’inflation. Il préconise que l’émission de monnaie soit limitée par le stock d’or, afin d’en garantir la valeur. La théorie de la rente de la terre La richesse se répartit entre trois composantes que sont les salaires, les profits et la rente. Pour Ricardo, l’évolution de la population mène inévitablement à la hausse du prix des subsistances (du fait des rendements décroissants de la terre) et à celle de la rente foncière (suite au besoin accru de terres cultivables). Le résultat de cette inflation, que subissent des travailleurs déjà dans la misère, est de rendre nécessaire une hausse des salaires afin d’assurer la survie de ces derniers. Ainsi la croissance démographique provoquera nécessairement un écrasement des profits par la rente, et par conséquent la fin de l’investissement productif, ce que Ricardo appelle « l’état stationnaire » de l’économie, état qui peut être freiné par le progrès technique. Ricardo rejoint donc le point de vue de Thomas Malthus et critique les aides sociales accordées aux indigents qui créent la pauvreté sur le long terme en favorisant des naissances non souhaitables. L’équivalence ricardienne L’« équivalence ricardienne » ou la « neutralité ricardienne » est une théorie économique également appelée « effet Ricardo-Barro » ou « théorème d’équivalence de Ricardo-Barro », énoncé en premier lieu par David Ricardo, économiste classique du XIXe siècle, puis repris par Robert Barro en 1974. Selon ce théorème, il y aurait, sous certaines conditions, équivalence entre l’augmentation de la dette publique aujourd’hui et l’augmentation des impôts requise demain par le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. Si les agents économiques se comportent de manière rationnelle, une politique de relance (distributions de revenus financée par la dette publique) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser (augmentation des taux d’épargne), en prévision de hausse d’impôts futurs. La validité de l’« équivalence ricardienne » a longtemps été – et est encore – discutée. Le théorème n’a été énoncé que dans des situations très précises, limitées par des hypothèses nombreuses.
Une étude de la DGTPE suggère que les ménages, de la zone euro et en France, pouvaient suivre un comportement ricardien : « une hausse de 1 point de PIB du déficit public structurel serait compensée par une augmentation de 3/4 de point de PIB de l’épargne privée, ce qui serait cohérent avec un comportement largement ricardien des ménages de la zone euro. » (les auteurs de cette étude notent qu’il convient de ne pas « interpréter trop hâtivement comme une causalité ce type de corrélation »). Christian Bialès, dans son blog, parle de contestation des hypothèses de l’équivalence ricardienne alors que ses développements devraient aussi conduire à la contestation du principe lui-même : en effet, une augmentation de la dette publique n’induit en rien une augmentation future des impôts. Les pouvoirs publics peuvent choisir de réduire les dépenses, d’emprunter ou d’augmenter les impôts voire une combinaison des trois.

Pourquoi la France va faire faillite et ce que vous devez faire pour vous en sortir

Notre consœur Simone Wapler, Directrice de la rédaction des Publications Agora, spécialisées dans les analyses et conseils financiers, publie un ouvrage a priori complètement anxiogène, mais plein de bon sens. Passées les irréfutables démonstrations de faillite imminente de la France (ou d’apocalypse différée), elle nous livre un vrai petit manuel de survie en terre hostile.

Les preuves irréfutables d’une apocalypse imminente
Pas besoin d’être un mystique illuminé et de croire que la fin du monde est pour décembre 2012 pour redouter le pire. Les faisceaux d’indices économiques sont assez alarmants comme ça ! L’Europe souffre de dépenses publiques trop élevées, la France en tête de liste. Taxée de « zombie financier » par l’auteur, la France va mal. Confrontée à un défi démographique et à une énergie qui n’est plus bon marché, la France ne peut plus faire face à ses dépenses publiques croissantes.
Pour Simone Wapler, la croissance française n’est plus possible pour les 4 raisons suivantes :
- Le ratio dette/recette fiscale
- Le creusement du déficit fiscal
- L’actuelle pression fiscale
- Le poids des dépenses publiques
Que va-t-il se passer ?
Pas besoin d’être féru de science-fiction et de films sur les zombies pour imaginer le chaos à venir.
Lorsque l’Etats manquera de liquidités, que les salaires des fonctionnaires ne seront plus payés qu’à 60% quand ils le seront, il vaudra mieux vous barricader solidement chez vous.
Avant cela, Simone Wapler envisage 3 scénarios dont les issues peuvent toutes aboutir au chaos, à des temps différés :
- la sortie de la zone euro de la France
- la sortie de la zone euro de l’Allemagne
- l’arrimage à la rigueur allemande.
Que faire ?
Premier constat, l’Etat ne bougera rien, alors c’est à vous de bouger, de tout faire pour vous mettre en sécurité, vous, vos proches, vos biens, le temps de repartir sur de nouvelles bases. Durant ce laps de temps, il faudra vous munir d’argent (cash), le nerf de la guerre !, et de plusieurs kits de survie (alimentaire, médical…). Diversifiez vos sources de revenus, fractionnez vos dépôts… Et si vous avez de l’or, sortez-le des circuits bancaires, on ne sait jamais ce qui pourrait arriver.
« Vous avez un peu d’or enterré dans un Tupperware ? (…) Cet or-là, c’est votre kit de survie. Mais pour profiter de l’or en tant que flic des monnaies, il vous en faudra plus.
Lorsque plus tard, vous raconterez cette crise, vous direz :
« J’ai acheté de l’or. Je ne me souciais pas vraiment de mon prix d’achat. Simplement à chaque fois qu’une banque centrale parlait de quantitative easing ou de rachat d’obligations souveraines, j’achetais de l’or. Ensuite, lorsque les banques centrales ont à nouveau décidé de rémunérer honnêtement l’épargne, lorsque l’argent pouvait à nouveau conserver sa valeur, alors, j’ai revendu mon or ». Avec ça, vous savez tout, ou presque…
Ce livre est un véritable guide de survivalisme, pas à la Rambo mais très pragmatique car il aborde tous les aspects que peut revêtir un pays en crise, en état de siège. Et nous ne sommes plus dans l’anticipation !

JO: assez d'or pour rembourser la Grèce

JO: assez d'or pour rembourser la Grèce, dans une tribune enflammée, l'excentrique maire de Londres célèbre à sa manière les Jeux organisés dans sa propre ville. L'excentrique maire de Londres, Boris Johnson, expose lundi dans une tribune enflammée vingt raisons de célébrer à mi-parcours le succès phénoménal des Jeux olympiques de Londres, quitte à basculer dans l'emphase, voire le bizarroïde. 
  Dans une tribune enflammée, l'excentrique maire de Londres célèbre à sa manière les Jeux organisés dans sa propre ville. L'excentrique maire de Londres, Boris Johnson, expose lundi dans une tribune enflammée vingt raisons de célébrer à mi-parcours le succès phénoménal des Jeux olympiques de Londres, quitte à basculer dans l'emphase, voire le bizarroïde. "La première raison, c'est l'oooor", exulte l'édile dans sa contribution au Daily Telegraph, à la manière d'un commentateur de football brésilien. Selon M. Johnson, "Team GB" a récolté suffisamment de métal précieux "pour rembourser la dette grecque" et inciter le président français François Hollande à un peu plus de modestie. "Well, M. le Président, mettez-ça dans votre pipe et fumez-le : Bien je jamais eh" (sic), écrit en français le maire, dans une tirade qui évoque furieusement le travail d'un logiciel de traduction automatique approximatif. En visite sur les sites olympiques londoniens, au troisième jour des Jeux, M. Hollande avait plaisanté du démarrage laborieux des Britanniques, alors que la France trônait en troisième position au tableau des médailles. Boris Johnson explique la moisson de son pays par "la niaque, la volonté et le talent", en notant que les athlètes britanniques sont portés par "une foule supersonique" dans un contexte de "météo anglaise parfaite pour une garden fête (sic)".(lepoint.fr) La Grèce avait elle aussi organisée des Jeux Olympiques, enfaite je crois que la crise de la dette souveraine en Grèce dépend de la quantité de métaux précieux mis dans les médailles des JO d'Athènes.

LE DÉLIRE 

SELON TAUBIRA, QUI N'EN EST PAS A SA PREMIÈRE CONNERIE, IL N'Y A PAS D'INSÉCURITÉ EN FRANCE, C'EST UNE ÉLUCUBRATION DE LA DROITE DE SARKOZY.
CET HOMME AURAIT CONDITIONNÉ L'OPINION PUBLIQUE POUR LUI FAIRE PEUR.
LES DÉTENUS SONT LES VÉRITABLES VICTIMES DE NOTRE SYSTÈME.

AUTRE DÉLIRE

PARLONS VERT MAINTENANT

IL S'EN PASSE AUSSI DU VERT ET DU PAS MÛRE CHEZ LES ZOZOS DE DUFLOT.

LA PROMO DU 14 JUILLET RESSEMBLAIT PLUTÔT À DES SOLDES, ELLE SOLDAIT L'HONNEUR ET LE MÉRITE, AU PROFIT DU COPINAGE DE LA VANITÉ ET DE LA PRÉBENDE.
COMME LE DIT CHRISTOPHE BARBIER (après moi, certes) IL NE FAUT DÉCORER QUE CEUX À QUI LA FRANCE DOIT PLUS QUE CE QU'ELLE NE LEUR A APPORTÉ.

CELA REDONNERA UN SENS AU MÉRITE ET A L'HONNEUR

ET NON PAS AUX JEAN-FOUTRES DE LA POLITIQUE QUI NE CHERCHENT QU'À SE PASSER LA BROSSE À RELUIRE L'INCOMPÉTENCE....ET DIEU SAIT SI LES VERTS EN ONT BESOIN !!!

L’allahïcité en flagrant délit



Deux communiqués conjoints du Parti radical de gauche (PRG) :
• A propos de la prière nationale pour la France demandée par nos évêques (Présent du 1er août), Pascal-Eric Lalmy, secrétaire national à la laïcité du PRG, exprime son « inquiétude » : « Une nouvelle fois, on ne peut que constater que les religions ne renoncent jamais à vouloir imposer leurs dogmes et leurs croyances à la société civile en général et au pouvoir politique en particulier… Cette initiative démontre, si cela était nécessaire, qu’il est urgent de réaffirmer le principe de laïcité en France et renforce la détermination des Radicaux de gauche à obtenir l’inscription du Titre 1er de la loi de 1905 dans la Constitution et d’engager une sortie graduelle et négociée du régime dérogatoire des Cultes en Alsace et en Moselle avant la fin du quinquennat… L’Eglise n’a aucune légitimité démocratique pour s’immiscer dans le débat politique en France. »
• A propos des deux têtes de porc déposées devant une mosquée de Montauban (Présent du 3 août), le président du PRG et du Conseil général du Tarn-et-Garonne, Jean-Michel Baylet, exprime sa compassion : « Cet acte idiot blesse les pratiquants dans le mois sacré du Ramadan et j’assure la communauté musulmane du département de ma totale solidarité face à cette provocation… La république laïque doit garantir le libre exercice des cultes et j’espère que ceux qui ont commis ces dégradations seront sévèrement punis. »
« S’attaquer ainsi à une religion, c’est s’attaquer à la République », a dit également le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui était venu participer vendredi à la rupture du jeûne dans cette mosquée même de Montauban. Tandis que le maire de Montauban, Brigitte Barèges, avait parlé d’un « acte odieux et blasphématoire »… S’attaquer à une religion, c’est s’attaquer à la République, sauf quand il s’agit bien sûr de la religion catholique, comme on peut le constater par la teneur du premier communiqué et sa contradiction symptomatique avec le second. On s’indigne pour une prière nationale et catholique le 15-Août (contre la profanation notamment du mariage naturel et de la vie humaine !), mais on est touché parallèlement par ce que peut signifier le dépôt de deux têtes de cochons devant une mosquée. Si cela est assimilé à une « profanation » qui mérite de venir s’associer au culte « sacré » du Ramadan, les authentiques profanations d’églises et de cimetières catholiques sont traitées, elles, comme de simples actes de vandalisme, observe Yves Daoudal sur son blog : « C’est pourquoi dans ce cas-là le ministre ne se déplace pas. » Et l’on sait aussi, comment les autorités publiques subventionnent, sans vergogne, les pièces sacrilèges, scatologiques ou sanglantes, de l’art contemporain contre la personne et la croix de Notre Seigneur. C’est le pouvoir politique pour le coup qui, sans aucune légitimité, s’immisce dans le débat religieux en France, pour inverser les termes de Pascal-Eric Lalmy…
On verra dans notre prochaine page « Dieu premier servi », sous la plume d’Yves Chiron,  comment le cardinal Barbarin a pertinemment répondu à l’ « inquiétude » des Lalmy de tout acabit à propos du contenu de cette prière nationale et publique prévue pour notre principale fête patronale : « La première page de la Bible, elle a un peu plus raison qu’un parlement européen aujourd’hui et que les aléas de l’histoire ! »
On rappellera aussi la réponse qu’avait faite le Cardinal Pie à Napoléon III pour lequel le moment n’était pas venu, eu égard à l’époque où nous vivons et à son état des choses, de s’inspirer comme il convient du Règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ et de ses commandements divins résumant la loi naturelle : «  Sire, quand de grands politiques comme votre Majesté m’objectent que le moment n’est pas venu, je n’ai qu’à m’incliner parce que je ne suis pas un grand politique. Mais je suis un évêque, et comme évêque je leur réponds : le moment n’est pas venu pour Jésus-Christ de régner ? Eh bien ! alors, le moment n’est pas venu pour les gouvernements de durer. »

Coût de la commission de rénovation et de déontologie de la vie publique: 2.4 millions €. Info ou intox ?

François Hollande a besoin d’une commission de rénovation et de déontologie de la vie publique (1).
Celle-ci ne dira pas que les députés viennent de refuser que leurs dépenses personnelles, lorsqu’elles sont payées par leurs frais professionnels, soient réintégrés dans leurs revenus.
Elle ne dira pas non plus que d’un point de vue déontologique, les femmes de ministres ne devraient pas être journalistes, sauf à considérer que la déontologie a quitté le métier de journalisme.
Elle ne rappellera pas que les affaires de cul de la gauche ne devraient pas, comme à la cour du roi, mener la politique du pays.
Et elle ne dira pas non plus que des ministres condamnés ne sont pas exactement ce qu’il y a de plus qualifié pour montrer l’exemple, en matière de déontologie.
Mais passons. Après tout, si l’époque était encore à la déontologie, aucune commission, même fantoche, n’aurait sa place.
Ce qui m’intéresse, c’est la polémique naissante sur la rémunération des membres * de cette commission.
Selon les emails et les commentaires qui circulent,
Monsieur Jospin serait rémunéré 122.000€, Madame Bachelot 92.000€, et les autres 80.000€.
Les consultants devraient toucher une indemnité de 35.000€.
Trente quatre auraient déjà été nommés, dont Mme Sylviane Agacinski, philosophe, épouse de M. Jospin et M. Pierre Bachelot, fils de Mme Bachelot.
La commission devrait donc coûter 2.444.000€, sans compter les frais annexes.
Mais selon Béatrice Houchard, du Figaro (2), il s’agit d’une rumeur qui tourne sur internet et que personne n’arrive à arrêter. Et la journaliste d’insister :
Eh bien tout ceci est faux, totalement faux, archi-faux Les 14 membres de la Commission sont tous bénévoles. Ils travailleront dans des locaux de la République mais leur tâche ne donnera lieu à aucune rémunération ni remboursement de frais.
Il y a eu assez d’ « affaires » politiques pour ne pas ajouter de la calomnie là où il n’y a simplement (et quoi qu’on pense du principe de ces Commissions) que des personnalités qui ont eu envie de répondre à la demande de François Hollande.
Ce qui, personnellement, me pose problème dans la « mise au point » de la journaliste – et je ne la vise pas elle particulièrement car je ne la connais pas – c’est qu’il n’est plus possible de les croire, ces journalistes putains du pouvoir, puisqu’ils votent à gauche et que personne n’imaginent qu’ils critiqueront leurs maîtres.
Ce qui me gêne encore plus, dans la « mise au point » de la journaliste – et là c’est elle que je vise – c’est qu’elle prend les lecteurs pour des cons en concluant, à propos des membres de la commission : « Quatorze personnes désintéressées. Ça existe. » En politique ? Ben voyons…
D’ailleurs les affirmations appuyées de la journaliste du Figaro sont jetées aux orties par un autre journaliste, Vincent Daniel, sur FranceTVinfo.fr (3).
Alors que Béatrice Houchard déclare que les membres de la commission n’obtiendront, je la cite « aucune rémunération ni remboursement de frais », Vincent Daniel, lui, cite Guy Carcassonne, ancien membre du comité Balladur et professeur de droit public, qui affirme tout le contraire : « les membres venant de loin sont défrayés » (JPG : ce qui se comprend).
De plus, Vincent Daniel explique que la règle du travail bénévole de cette commission souffrira des « concessions » : « Lionel Jospin et les membres de la commission disposent d’un secrétariat et de locaux à Matignon ». Autrement dit, des fonctionnaires seront spécialement recrutés pour assurer le secrétariat de la commission. En quoi le recrutement et la mise à disposition de locaux à Matignon et d’un secrétariat sont-ils une concession au principe du bénévolat des membres de la commission ?
Alors ? La rémunération des membres de la commission est-elle une info ou une intox ? Je vous encourage, chers lecteurs, à mener l’enquête à et nous faire partager vos trouvailles.
Reproduction autorisée et vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous :

* Liste des membres :
M. Lionel Jospin, ancien Premier ministre, est nommé président de la commission instituée par le présent décret.
Sont nommés membres de la commission :
M. Olivier Schrameck, président de section au Conseil d’Etat ;
Mme Chantal Arens, présidente du tribunal de grande instance de Paris ;
Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ancienne ministre ;
Mme Julie Benetti, professeure à l’université de Reims ;
M. Jean-Claude Casanova, membre de l’Institut, président de la Fondation nationale des sciences politiques ;
M. Jean-Pierre Duport, préfet de région honoraire ;
M. Jean-Louis Gallet, conseiller à la Cour de cassation, vice-président du Tribunal des conflits ;
Mme Marie-Christine Lepetit, chef du service de l’inspection générale des finances ;
Mme Wanda Mastor, professeure à l’université Toulouse-I ;
M. Ferdinand Melin-Soucramanien, professeur à l’université Bordeaux-IV ;
Mme Agnès Roblot-Troizier, professeure à l’université d’Evry ;
M. Dominique Rousseau, professeur à l’université Paris-I ;
Mme Hélène Ruiz-Fabri, professeure à l’université Paris-I.
Est nommé rapporteur général de la commission : M. Alain Ménéménis, conseiller d’Etat.



mardi 7 août 2012

Londres et la lumière 


usain Bolt n’est pas anglais. Il eût sinon mérité d’être anobli. Pas uniquement parce qu’il est le fanfaron le plus rapide du monde. Par son opportun coup d’éclat au 100m, le Jamaïcain a accompli cette performance: il a éclipsé des épisodes embarrassants pour la nation organisatrice.
D’abord, l’escroquerie avouée d’un pistard britannique qui s’est laissé tomber pour biaiser la compétition. Et puis cet autre coup de théâtre en aviron. Un équipage anglais mal parti excipe d’une casse, répare au tournevis, obtient un nouveau départ et gagne.
Messieurs les Anglais, trichez les premiers? Sans la diversion Bolt, ce genre de péripéties aurait peut-être pu entamer le mythe du fair-play anglais. Mais la tornade jaune a laissé dans le vent aigreurs et rancunes. Rappelant que la dramaturgie olympique se nourrit de la valeur suprême qu’incarne le spectacle.
À quiconque ne verrait dans ces jeux qu’étalage de muscles et de hargne, il faut d’ailleurs opposer la portée symbolique, morale presque, d’images dépassant la simple apologie de la performance: un médaillé d’or sautant dans les bras (au sens propre) de son dauphin, un coureur avec des prothèses en demi-finale, des athlètes syriens bousculés par le maelström londonien.
Conan Doyle lui-même avait été frappé de l’universalité d’un scénario où l’humain tient la vedette, avec ses bons et ses mauvais côtés. Aujourd’hui, dans un Londres rhabillé pour partie de neuf, dans une Angleterre réduite à en payer la facture fiscale, ces JO oscillent comme il se doit entre le sublime et le mesquin, l’idéal affiché et les tricheries glissées sous le tapis.
La flamme éteinte, il restera de la fête de très voyants vestiges immobiliers, des records à merchandiser, des souvenirs de champions avec logo d’équipementier apparent et drapeau national brandi. Subsistera, accessoirement, le sport dans sa splendeur et sa contemporanéité, dans ses ombres et dans sa lumière.

Mars, la nouvelle frontière 



Un robot d'une tonne propulsé dans l'espace. Huit mois de voyage. 567 millions de kilomètres parcourus. Et, à la clef, une question existentielle : l'environnement de Mars a-t-il pu abriter par le passé une forme quelconque de vie, ou du moins ses composants essentiels ? On pourrait ainsi résumer la portée de l'arrivée sur la planète rouge du robot Curiosity. La prouesse technologique est spectaculaire. Elle redonne à la Nasa un lustre qu'elle semblait avoir un peu perdu. L'autosatisfaction de Barack Obama et des responsables scientifiques de la mission était, hier, bien compréhensible.
Depuis toujours, en fait depuis une soixantaine d'années à peine, la conquête de l'espace est un instrument de puissance de premier ordre. L'Amérique de Kennedy en fit, en à peine une décennie, le symbole de sa suprématie sur l'Union soviétique. Celle d'Obama entend bien exploiter ce succès pour faire savoir au monde, et surtout à la Chine, que les États-Unis sont toujours là, qu'ils feront tout pour rester leader dans ce domaine.
Car derrière la vitrine politique de l'exploit, la multiplicité des enjeux d'une telle aventure est sans doute sans égale. Symboliquement, elle parle à tous les êtres humains du mystère de l'Univers. Scientifiquement, elle alimente connaissances et spéculations dont tout esprit curieux, plus ou moins averti, aime se nourrir. Technologiquement, elle impressionne par sa précision et son audace.
Plus encore, une telle mission permet d'explorer, en pionnier, le champ de la bataille stratégique du futur. Cette bataille comporte un volet civil et des retombées commerciales qui ont, depuis longtemps, investi notre quotidien, notamment en matière de communication. Sans le premier Spoutnik lancé en 1957, suivi depuis par plus de sept mille engins, sondes ou satellites envoyés dans l'espace, pas de finale du 100 m des Jeux olympiques en direct sur les cinq continents, pas de GPS pour les automobilistes égarés ou de téléphone portable.
Elle comporte aussi un volet militaire considérable. Sans la maîtrise de l'espace, les drones n'auraient pu, en quelques années, changer le visage des guerres désormais menées à distance. On ne peut que déplorer de voir l'espace ainsi contaminé par les préoccupations belliqueuses des terriens. On peut aussi estimer que, sans l'espionnage des satellites, la dissuasion nucléaire aurait pu déraper plus facilement aux pires heures de la Guerre froide.
À l'époque, deux superpuissances spatiales dominaient le monde. Aujourd'hui, le club s'est élargi. La Russie, faute de financement, a accumulé les collaborations avec l'Agence spatiale européenne ou l'Inde. Le Japon poursuit ses programmes mais le nouvel acteur, c'est surtout la Chine qui multiplie les missions (habitées ou non), projette la mise en orbite d'une station spatiale d'ici à 2020 et, surtout, rêve d'être le premier pays asiatique à conquérir la Lune. Observation, renseignement militaire, communication, contrôle des armes d'attaque ou de défense, pour tout cela, l'espace est devenu un enjeu crucial.
La Lune faisait rêver, Mars, dieu de la guerre chez les Romains, intrigue. Au XXe siècle, les hommes ont longtemps redouté d'être un jour envahis par ses habitants. Ils pourraient bien, au XXIe, rendre visite à la planète rouge, poussés par leurs trésors d'ingénierie et leur irrésistible curiosité scientifique... Entre autres !

Gazouillis 


Nos sportifs gazouillent. De bonheur, et sur Twitter. Car c’est là que tout se passe, que tout se dit. Seule contrainte, 140 signes, pas un de plus. Vous avez ainsi le message minimal de tp9network, alias Tony Parker, à notre judoka en or : « Respect Teddy ! » Dans un registre plus nunuche, la basketteuse Émilie Gomis, également aux JO : « le Must, c kan meme le McDo à volonté open 24/24 sans faire la queue ». Sûr k’Émilie, c pas du Rousseau ! Mais le propre de Twitter est justement de tout mélanger, le grave et le dérisoire. Nous nous souvenons du gazouillis de Valérie, qui mit la chienlit à l’Élysée. Nous avons eu hier un gazouillis de Syrie, qui en annonçant la mort d’al-Assad, a mis le feu au prix du pétrole – c’était un faux, pas une info. Drôle d’époque, qui fait et défait une réputation présidentielle ou un marché mondial en 140 signes. Comme tweeterait Émilie : on e bien peu d’choz !

Nelson Monfort désigné journaliste le plus chauvin

Parmi tous les commentateurs présents aux JO, le Wall Street Journal s'est amusé à les classer selon leur niveau de chauvinisme. Dans ce domaine, la médaille d'or revient à Nelson Monfort.
Le journal américain raconte avoir été impressionné par l'enthousiasme du journaliste de France télévisions lors de la finale du relais 4x100 mètres en natation. Pendant la course, Nelson Monfort encourageait Yannick Agnel: "Yannick revient! Allez Yannick, attrape-le". Et après la victoire, il disait à l'antenne: "C’est fini! C’est fini! Le jour de gloire est arrivé. Les Français sont champions olympiques. Champions olympiques, devançant la Russie et les États-Unis!"
Grâce à cette récompense, Nelson Montfort contribue aussi à sa façon au tableau des médailles.

L’euro ? Mieux vaut n’en pas parler… 



Durant les deux dernières semaines de juillet, les taux d’emprunt de l’Espagne et de l’Italie « qui représentent à elles seules 30% du PIB de l’Europe » ont connu d’inquiétantes poussées de fièvre. L’onéreux remède prescrit par les toubibs qui veillent au chevet de cette zone cacochyme, une injection de cent milliards d’euros pour soutenir les banques espagnoles, a fait momentanément un peu retomber la tension des marchés financiers et boursiers. Mais l’effet du calmant à multiples zéros est de courte durée…       
 
Semaine après semaine la Grèce continue sa descente abyssale. Le 20 août prochain le gouvernement d’Antonoio Samara doit rembourser 3,2 milliards d’euros d’obligations détenues par les banques centrales. Un remboursement dont il n’a pas le premier million. L’économie grecque, exsangue depuis maintenant quatre ans, ne donne aucun signe perceptible de redressement… Au contraire. La récession se poursuit et les responsables grecs se montrent toujours « aussi incapables d’engager les réformes structurelles pour se remettre à flot ». La Grèce est dans un processus de mort lente (de son économie) dont la phase finale se rapproche. Son maintien dans l’euro relève donc de l’acharnement idéologico-thérapeutique. Pour grappiller quelques mois supplémentaires sur l’inéluctable, les européens vont devoir remettre, une fois de plus, la main à la poche. Un geste devenu répétitif, qui menace d’en lasser plus d’un.
 
Depuis le week-end dernier l’Espagne, nous dit-on, « n’exclut plus de demander l’aide de l’Europe ». Après les banques, l’Etat, dont le gouvernement espagnol, ravalant sa fierté de conquistador, s’apprête à son tour à tendre la sébile. Et après l’Espagne, qui ? l’Italie ? Pays dual : d’un côté l’Italie du Nord dont l’industrie est dynamique, avec des exportations commerciales, proportionnellement, deux fois supérieures à celles de la France. Mais une Italie également plombée par un sud calamiteux et anarchique. Exemple le plus emblématique, la Sicile, dont certains hommes politiques de la Péninsule n’hésitent pas à dire qu’elle est « la Grèce de l’Italie ». La Sicile dont le dernier déficit en date, « 5,3 milliards d’euros » vient s’ajouter à un endettement de « 21 milliards ». La Sicile        et ses « 17 995 fonctionnaires contre 3 200 par exemple dans le Piémont ». La Sicile où sur 5 millions d’habitants « 14 400 personnes vivent aux frais des collectivités locales, dont 24 880 gardes forestiers ». Où au siège du conseil régional, à Palerme, « 1 382 fonctionnaires – plus qu’au 10 Downing Street à Londres – sont parfois payés 17 000 euros par mois ». Des fonctionnaires qui peuvent faire valoir leurs droits à la retraite « après vingt-cinq ans de service ». Aux Olympiades de la gabegie étatique la Sicile égale la Grèce. Le clientélisme        des élus étant le mot clé de ces dérives. Si le clientélisme est un vice inhérent au système démocratique, les pays du sud de l’Europe semblent l’avoir poussé, sous forme de prévarication et de concussion, jusqu’à la caricature.
 
Pressentie pour régler la facture de ces gaspillage stupides, fruits le plus souvent de politiciens stipendiés, prébendiers ou incapables (et souvent les deux à la fois), l’Allemagne se voit menacée, par anticipation, de perdre son triple A, cette andouillette financière dont les Agences de notation tirent la ficelle.
 
Et la France dans tout ça ? Des experts nous disent « qu’elle danse sur un volcan ». Une danse de plus en plus acrobatique, où elle risque de se casser la figure. « Certains dirigeants français sont très pessimistes. A l’instar de François Fillon, qui ne voit pas bien comment l’Espagne pourra remonter la pente. L’ancien Premier ministre craint un scénario où la zone euro éclate, avec, au nord, l’Allemagne et ses satellites, au sud, des pays qui procéderaient à des dévaluations compétitives et, au milieu, une France complètement déstabilisée. »
 
La France danse sur un volcan dont l’irruption semble se rapprocher, mais, au grand dam d’ailleurs de nos voisins et partenaires, elle danse muettement. L’hypnotiseur Hollande        n’est-il pas là pour endormir les inquiétudes ? Et le contexte estival, renforcé par les Jeux olympiques de Londres, favorise grandement son numéro d’endormissement. Les Français sont actuellement sur le sable. Ils risquent fort d’y rester après la rentrée…
 
New deal ? Le grand bluff…
 
Je profite de cet article pour citer quelques extraits d’une lettre que m’a envoyée un lecteur (dont je n’ai malheureusement pas le nom) où ce dernier fait une analyse très pertinente de notre situation économique, en axant ses réflexions autour de trois hommes auxquels certains cherchent à se référer pour nous sortir de la crise: Roosevelt, Hamilton, Kohl.
 
« Nous sommes confrontés à une mise en cause de la zone euro, due à un défaut de construction, signalé dès l’origine, et que l’expérience a confirmé. Ce vice architectural et les politiques qu’il a induites ont généré une crise multiforme, à composantes variables, suivant les pays (immobilière, bancaire, financière, des comptes extérieurs), révélée et amplifiée par le collapsus international consécutif au désastre des subprimes. La France, plus spécifiquement, cumule un excès d’endettement public à un défaut de compétitivité… »
 
Comment s’en sortir ? « Pour dénouer cet écheveau de difficultés, faut-il s’inspirer des expériences étrangères, notamment américaines ? Malgré la légende dorée qui l’auréole, le New Deal n’obtint (à la différence du docteur Schacht outre-Rhin) que de médiocres résultats dans la relance de l’économie américaine, dont la vraie reprise date du grand conflit mondial. Encore ces modestes avancées bénéficièrent-elles d’une dégringolade du dollar, hors de question dans la zone euro actuelle. Pis encore, la brutale rechute de 1938 devait alerter sur les méfaits d’une chasse aux déficits trop vigoureuses… »
 
Fusionner les dettes ? Surtout pas…
 
« Plus avant dans le passé, on évoque Hamilton, père fondateur, qui fit accepter la fusion des dettes des Etats (le nord était alors menacé de défaut) en une seule dette commune, financée par une taxe à l’échelle de l’Union. Pour conclure qu’une telle solution implique une structure fédérale, qu’aucun des partenaires de la zone euro n’est prêt à accepter, y compris l’Allemagne et sa Cour constitutionnelle… »
 
L’Allemagne, où certains cherchent également un modèle de transfert. « Pourrait comparaître enfin une troisième figure celle du chancelier Kohl, qui imposa une union de transfert entre les deux Allemagne, des plus riches vers les moins dotés, jusqu’à un minimum d’égalisation. De ce genre d’opération les exemples réussis, malheureusement, n’abondent pas, même entre nationaux d’un même pays. Et il n’est guère vraisemblable que les Allemands accepteraient de renouveler pour d’autres une expérience si ardue et si péniblement coûteuse. »
 
L’inévitable retour des monnaies nationales
 
 
Conclusion : « Donc nous irons de ravaudage en ravaudage (…) en colmatant les brèches les plus graves. Feignant de croire à une évolution asymétrique des économies partenaires (légère inflation ici, déflation là, qui les rendraient plus convergentes). A moins qu’à l’ éclatement de la zone euro,        on finisse par préférer une transformation de l’union monétaire avec cohabitation de l’euro et de monnaies nationales, solution qu’on pourrait étudier calmement, car les modalités n’en sont pas nécessairement catastrophiques et dévastatrices. »
 
C’est sans doute en effet la solution la plus sage et la plus pratique. Celle que nous imposeront les faits (lorque nous serons le dos au mur ?) et qui aurait dû être envisagée dès le début de la crise. Mais pour l’instant les dirigeants européens lui tournent toujours le dos, préférant agiter leurs chimères dans les impasses et les culs-de-sac si clairement évoquées ci-dessus par notre perspicace correspondant…

la chasse aux sans-papiers est ouverte

En Grèce, la chasse aux sans-papiers fait rage. La police grecque a annoncé dimanche 5 août poursuivre les interpellations de personnes en situation irrégulière.

« L'opération de la police pour écarter les sans papiers va continuer », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Dans son dernier bilan, la police a indiqué avoir interpellé samedi 4 août au total 4 900 personnes et arrêté 1130 sans-papiers.

Intitulée « Xenios Zeus » (du nom du roi des dieux antiques Zeus, protecteur des hôtes), cette opération a démarré jeudi 2 août. 2000 policiers à Athènes et 2500 au département frontalier d'Evros (nord-est), passage habituel des migrants de Turquie, y ont participé.
« Reconduire les sans papiers à leur pays d'origine, fermer les frontières (...) et faire en sorte qu'Athènes redevienne une métropole de droit avec une qualité de vie » est le but de cette opération a indiqué samedi le porte-parole de la police Christos Manouras.
C'« est un besoin de survie nationale », a-t-il jugé.
« Le message à envoyer est que la Grèce ne peut assurer de travail et de séjour » aux immigrés a-t-il ajouté.

Cette politique témoigne du climat anti-immigrés qui règne actuellement en Grèce. En proie, à une grave crise économique, les immigrés deviennent les boucs-émissaires dans ce pays.
Cette montée du racisme a atteint son paroxysme avec l'irruption au parlement du parti néonazi Chryssi Avghi (Aube dorée) en juin dernier.

LA FRANCE EST AUJOURD'HUI AU BORD DE L'IMPLOSION "IMMIGRATIONISTE",  
NOUS DEVRONS, APRÈS L'ANGÉLISME SOCIALISTE, 
FAIRE FACE À CE PROBLÈME QUI NUIT VRAIMENT À 
NOTRE IDENTITÉ 
NATIONALE.

Mariage et acquisition de la nationalité

Après le dispositif de lutte contre les mariages forcés, validé par le Conseil constitutionnel le 12 juin 2012, c'est aujourd'hui la législation visant à empêcher les mariages blancs qui fait l'objet d'une décision rendue sur QPC le 13 juillet 2012.

Durée du lien matrimonial

Les années récentes ont vu l'intervention de lois de plus en plus sévères, visant à empêcher que l'union matrimoniale ait pour seul objet l'acquisition de la nationalité française par l'un des époux. Le code civil, dans son article 21-1 affirme ainsi que le mariage n'exerce de plein droit aucun effet sur la nationalité.
La loi exige désormais une communauté de vie effective, une durée de stabilité du lien matrimonial, à l'issue de laquelle le conjoint étranger peut décider, par déclaration, d'acquérir la nationalité. Cette durée est passée de une année en 1998 à deux en 2003, pour finalement atteindre quatre ans en 2006, voire cinq lorsque les époux n'ont pas résidé durablement en France depuis le mariage (art. 21-2 c.civ.). Le procureur de la république peut cependant refuser l'enregistrement de cette déclaration, lorsqu'il constate notamment une absence de communauté de vie qui laisse présumer un "cas de mensonge ou de fraude" (art. 26-4 c. civ.).

Dans une décision du 30 mars 2012, M. Omar S., le Conseil avait déclaré constitutionnelle la rédaction de l'article 21-2 du code civil issue de la loi du 26 mars 1998, imposant un délai d'une année avant la déclaration de nationalité. A l'époque, le recours portait essentiellement sur l'exercice des droits de la défense, dès lors que la procédure prévoit une présomption de fraude lorsque la communauté de vie a cessé durant le délai imposé. Dans l'affaire Saïd K. du 13 juillet 2012, la QPC porte cette fois sur la rédaction issue de la loi 26 novembre 2003 allongeant la durée de stabilité du lien matrimonial à deux années. Le requérant s'appuie alors sur la violation de sa vie privée et familiale, mais le Conseil fait observer, d'ailleurs très justement, que le fait de ne pas disposer de la nationalité française n'a aucune conséquence sur la vie privée ou familiale de la personne.

La communauté de vie entre époux

L'article 215 du code civil, applicable à tous les mariages, énonce que "les époux s'engagent mutuellement à une communauté de vie". La loi du 26 décembre 2003, celle qui précisément est contestée, exige en outre, lorsque l'un des époux veut acquérir la nationalité française, que cette communauté  soit "affective". A cet égard, la loi se montre, du moins en apparence, plus rigoureuse pour ces conjoints.
Ce caractère "affectif" manque cependant de clarté, d'autant que le droit positif, peu ouvert au romantisme, n'impose pas à ceux qui contractent mariage de s'aimer. Il tient d'ailleurs compte du fait que certains couples peuvent avoir deux domiciles distincts, par exemple pour des motifs professionnels, sans que cette séparation géographique porte atteinte à la communauté de vie (art. 108. c. civ.).

"Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer"

Cette nécessité d'une communauté de vie "affective" dans le cas d'une acquisition de la nationalité a finalement été entendue de manière étroite par les juges du fond. Se refusant à entrer dans l'intimité des sentiments, ils s'inspirent de la célèbre formule de Shakespeare, dans Antoine et Cléopâtre : "Misérable est l'amour qui se laisserait mesurer". Ils se bornent à prendre acte de l'effectivité de la communauté de vie, reprenant finalement les dispositions de l'article 215 du code civil.
C'est également la position du Conseil constitutionnel, qui estime que cette nouvelle rédaction, n'emporte aucune violation de la vie privée et familiale. Il reprend ainsi sa jurisprudence de mars 2012, et considère que l'allongement de la durée de stabilité matrimonial exigée pour obtenir la nationalité, n'empêche pas les conjoints de mener une vie privée et familiale normale. Il rappelle cependant que la loi doit prévoir avec précision le délai durant lequel le procureur peut contester la déclaration d'acquisition de la nationalité, afin que les conjoints ne soient pas placés dans une situation d'insécurité juridique pendant une trop longue durée.
L'immobilisme même de cette jurisprudence révèle la volonté du Conseil de laisser le législateur jouer pleinement son rôle dans la lutte contre les mariages blancs, y compris en adoptant des dispositions rigoureuses pour les couples concernés. Il appartient donc au législateur, s'il le souhaite, d'alléger ces conditions d'acquisition de la nationalité, notamment lorsque le désir d'intégration du conjoint étranger ne fait aucun doute.

lundi 6 août 2012

Leçons politiques d'un échec japonais 


En 2009, le Japon a connu sa première véritable alternance politique en plus d'un demi-siècle. Un raz-de-marée électoral a porté le Parti démocrate japonais (PDJ) au pouvoir. Depuis, trois Premiers ministres ont défilé et le PDJ s'est déchiré. Il a abandonné ses promesses l'une après l'autre, à commencer par l'amélioration des prestations sociales et les mesures contre la précarité de l'emploi. Aucune réforme sociétale n'a été menée : ni l'abaissement de l'âge de la majorité, toujours fixé à 20 ans, ni la remise en cause de la peine de mort. La raison ? L'incapacité du gouvernement à contrôler les Assemblées, en raison de la perte du Sénat, dès 2010, mais aussi des dissensions au sein du PDJ.
L'accident nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, ne semble pas avoir provoqué les remises en question qu'on pouvait en attendre. La quasi-nationalisation de Tepco, l'opérateur de la centrale, va faire retomber sur le contribuable l'essentiel du coût des dégâts, des indemnisations et de la réhabilitation du site. Les sondages ont beau montrer que les Japonais sont désormais massivement hostiles au nucléaire, les compagnies d'électricité et les autorités entendent faire redémarrer les cinquante-quatre réacteurs de l'archipel, dont la totalité s'est trouvée brièvement à l'arrêt, à la fin mai. Deux ont été remis en service depuis, sur la foi de tests de résistance menés sur ordinateur selon des critères gardés secrets.
Le pays est le théâtre de manifestations telles qu'il n'en connaissait plus depuis des décennies : le Premier ministre parle de « bruit »... Les pétitions demandant des référendums locaux sur le nucléaire - celle de Tokyo a rassemblé plus de 300 000 signatures - sont systématiquement rejetées par les assemblées régionales, tous partis confondus.
Combats d'ego destructeurs 
Jamais le fossé entre les citoyens et la classe politique n'a été aussi grand, ni les gouvernants aussi impuissants face à la conjoncture. Quelles leçons peut-on en tirer ? Qu'un régime parlementaire trop puissant face au pouvoir exécutif fait difficilement face aux crises. Que les combats d'ego sont destructeurs : la guerre entre les premiers ministres successifs et le secrétaire général du PDJ a beaucoup contribué à l'échec des démocrates japonais (avis au PS autant qu'à l'UMP...). Que la tendance des ministres novices à précipiter les annonces pour accroître leur exposition médiatique, dont le premier cabinet démocrate a beaucoup souffert, est mauvaise conseillère (la « normalité » prudente en est légitimée...).
Autre leçon : la souffrance sociale (le taux de pauvreté atteint 17 % au Japon, contre 12 % chez nous) et la frustration des citoyens font le succès du populisme simpliste et du repli sur soi : les partis qui préconisent de décimer la classe politique, en supprimant le Sénat et la moitié des députés, ont le vent en poupe dans l'archipel, tout comme les partis régionaux... Enfin, les grands lobbies ont partie inextricablement liée avec la classe politique, l'administration et nombre de médias, ce qui leur permet d'esquiver aussi bien leurs responsabilités que le mécontentement de l'opinion...
Venant d'un pays dont la tradition politique est si différente de la nôtre, ces leçons prennent plus de poids. Sans compter que le Japon, où cette base de la démocratie qu'est l'alternance a tant déçu, est le premier porte-drapeau de la démocratie en Asie, face au régime néo-stalinien de la Chine conforté par son succès économique.

Médailles

 C’est vraiment l’été… La preuve ? Le silence de plomb qui menace d’étouffer le coup d’éclat de Mme Thébaud-Mony. Cette chercheuse de haut niveau sur la santé au travail vient de refuser la Légion d’honneur. En protestation, dit-elle, contre l’indifférence face au drame des maladies professionnelles. Les victimes de l’amiante, des déchets nucléaires ou tout simplement du stress, valent mieux qu’une médaille, veut signifier Mme Thébaud-Mony. Mais voilà, alors que nous croulons toute l’année sous les polémiques imbéciles, il ne s’est pas trouvé un politique ni un syndicaliste pour quitter un instant la plage afin de saluer ou critiquer ce coup de gueule. Vous n’avez rien compris aux règles médiatiques, Mme Thébaud-Mony : votre Légion d’honneur, il fallait la refuser avant, ou après, les Jeux olympiques – mais pas pendant, malheureuse ! Allez, on en reparlera en septembre. Peut-être…

Dix phrases à ne pas dire cet été

Voici une liste d'expressions toutes faites qu'il vaut mieux bannir ce mois-ci pour éviter le ridicule.
L'euphorie estivale est là. Qu'elle ait été réveillée par un souffle d'air chaud, une odeur de pinède ou un tintement de glaçon, une excitation saisonnière s'est petit à petit emparée de vous, sur la route des vacances, au bureau ou à l'apéro. Mais, attention ! Restez vigilant, il serait dommage de gâcher cet état de grâce, fragile et fugace, par une sortie malheureuse. Revue non exhaustive des phrases à éviter, entre touche de légèreté et solide second degré.

"Figurez-vous que j'ai reçu un déodorant par colis sans n'avoir jamais rien commandé"

Non, ce n'est pas le facteur qui s'est trompé, c'est vous qui n'avez pas compris. Vous avez été la cible d'un de vos amis qui vous veut tellement de bien qu'il a décidé de vous dire la vérité : vous sentez la transpiration, donc, a priori, mauvais. L'entreprise américaine G.B.Proudfoot's propose à ses clients de livrer, anonymement, un déodorant à un "ami" de leur choix pour 8 euros, frais de port inclus. Certains cadeaux sont, comme certains lieux, des trésors qu'il vaut mieux garder cachés...

"Hello ! Demain, mets ta plus belle robe, je t'invite à dîner au Ritz"

Outre le caractère directif plus que suggestif de votre SMS, vous pouvez être sûr que votre soirée commencera par un fiasco. Le Ritz, place Vendôme à Paris, est fermé depuis le 1er août pour travaux pendant au moins deux ans, et votre peau fraîchement rasée n'y changera rien. Calmez-vous, reprenez votre souffle : vous pouvez encore sauver votre situation. Proposez simplement une petite brasserie pas très loin, plus modeste, le napperon aura peut-être tendance à coller sur la table en formica certes, mais, au moins, votre invitée ne se sentira pas flouée. Sa plus jolie robe, peut-être.

"Les lunettes de Tony Parker ? J'aime beaucoup, c'est super sympa comme design !"

Non, ce n'est pas "sympa", c'est grave. Tony Parker, ou "T.P" pour les fans, s'est fait agresser dans une boîte de nuit à New York où il a été blessé par un bout de verre qui lui a transpercé l'oeil gauche, il était "à 2 mm" de perdre son oeil. Vous écopez donc d'un carton rouge : vous êtes en droit de ne pas suivre les JO, mais, cette erreur, personne ne vous la pardonnera. Les JO finissent le 12 août, d'ici là, fuyez les discussions sport optique.

"Ex-mannequin, ex-première dame, Carla Bruni-Sarkozy est finie"

Eh bien, non ! Carla Bruni-Sarkozy restera dans le paysage français pendant encore de nombreuses années, et elle fera désormais deux bons mètres. Oui, elle a réussi à avoir une statue à son effigie, enfin pas tout à fait, car l'ancien mannequin trône en tenue de travail... dans le quartier de la Petite-Italie à Nogent-sur-Marne dans le Val-de-Marne. Recouverte d'une bâche, la statue sera inaugurée à la fin du mois de septembre : un hommage aux plumassières, des femmes d'origine italienne qui travaillaient dans une ancienne fabrique de plumes de la ville. Si vous aussi, vous avez des rêves de taille, le hashtag #ProposeTaStatueAuMaireDeNogent sur Twitter accueille toutes les propositions, surtout les plus ubuesques.

"Si les filles se font siffler ou injurier, c'est parce qu'elles portent des tenues osées !"

Malaise. Cécile Duflot toussote, elle qui a subi sifflets et huées de la part de certains députés UMP pour avoir osé pénétrer dans l'hémicycle vêtue d'une simple robe à fleurs. "Mesdames et messieurs les députés, mais surtout messieurs visiblement...", a poursuivi la ministre de l'Égalité des territoires et du Logement. À Bruxelles, les injures remplacent les sifflets : "Chienne ! Salope ! Tu suces ?" peut-on entendre quand on est une femme et qu'on a commis l'irréparable : mettre du rouge à lèvres. Cent cinquante-cinq femmes siègent à l'Assemblée nationale, mais, malgré cette présence féminine inédite, Joséphine a encore bien du mal à pouvoir oser.

"Mon truc pour arriver plus vite ? J'accélère, tout le temps"

Les foudres de Bison futé vont s'abattre sur vous. Les aoûtiens prennent la route des vacances, les juillettistes rentrent chez eux, les embouteillages de ce week-end sont inévitables. Afin d'éviter de klaxonner pendant six heures d'affilée et de faire monter cette mauvaise humeur typique des joutes verbales en voiture, ralentissez. Si, par bonheur, vos compagnons de route vous imitent, le flux de voiture se régulera, vous brûlerez moins d'essence et vous ne finirez pas sur une aire d'autoroute à 23 heures en train de boire un café thermos froid, seul, assis sur un banc à côté des toilettes turques.

"Boris Boillon ? C'est un ami ! Il est à Tunis en ce moment, il est ambassadeur"

Eh bien, plus du tout, Boris Boillon a fait ses valises le mercredi 1er août de sa demeure de La Marsa, située à quelques kilomètres du centre de Tunis. Très décrié, il s'était fait remarquer pour ses sorties particulièrement familières dès son arrivée : "N'essayez pas de me faire tomber avec des trucs débiles !" avait-il déclaré à une journaliste tunisienne. Une partie de la population tunisienne lui avait alors répondu : "Dégage !" L'ancien ambassadeur s'est excusé, mais cela n'a pas suffi : sortie de route pour Boris Boillon après moins de dix-huit mois à son poste.

"Lady Gaga, c'est trop marketing, je préfère Lana Del Rey, elle est plus authentique"

Un brin boudeuse, juste ce qu'il faut de subversif, Lana Del Rey est une jeune chanteuse à la mode. Elle incarne Marilyn Monroe et Jackie Kennedy, deux icônes, dans son clip National anthem. À la fois vintage et "so 2012", elle manie l'art de l'Instagram... comme l'iPhone finalement. Une star ? Sûrement, mais il ne faut pas oublier qu'en 2009 elle mettait des jeans, des tee-shirts verts et qu'elle chantait au micro comme une petite fille sage. Transformation, donc, pour celle qui pose aujourd'hui couverte de sang, en soutien-gorge rouge ou assise entre deux tigres. Une belle création artistique, mais une opération marketing des plus classiques.

"L'été n'est pas très chaud, on va avoir un beau mois de septembre"

C'est un peu trop facile de dire que "quand ça ne va pas, ça va aller". Qu'est-ce qui le prouve ? Rien. D'autant que, d'après le site de Météo-France : "Il est scientifiquement impossible de prévoir le détail des situations météorologiques plus de dix jours à l'avance." Alors, laissez madame Irma là où elle se trouve et admirez plutôt les rigolos nuages sombres qui s'amoncellent. C'est plus dur, mais plus malin.

"Un peu de champagne avec votre dessert ?"

"Mais certainement pas !" Ne soyez pas surpris si votre invité vous répond avec tant de brutalité. Vous avez voulu marquer le coup avec une coupe, très bien, mais limitez-vous à servir la bouteille qui fait votre fierté à l'apéritif, et non au dessert. Contrairement à une croyance répandue, le champagne aime peu les fins de repas, exception faite des desserts plutôt légers. Le goût du chocolat, par exemple, va tuer votre champagne et le fera passer pour un petit mousseux sans grand intérêt. Enfin, pour la plupart des papilles... Dans le doute, servez une bonne citronnade, vous éviterez les fautes de goût.






France-Bahreïn : quand François Hollande reçoit un dictateur

Le président de la République a accueilli en catimini le roi Hamed de Bahreïn, dont le régime étouffe dans le sang la révolte de sa population.
Le colonel Kadhafi, Bachar el-Assad..., le perron de l'Élysée croyait la page des dictateurs arabes invités en France tournée. Deux mois après son accession à la tête de l'État, François Hollande semble pourtant perpétuer la tradition présidentielle, en secret. C'est en catimini que le "président normal" a reçu le 23 juillet dernier le roi de Bahreïn, Hamed ben Issa Al Khalifa, à la tête d'une dynastie sunnite au pouvoir depuis deux cents ans. En effet, aucune mention sur l'agenda élyséen, aucune alerte à la presse ne sont venues annoncer cette visite de premier plan. "Cette rencontre était à l'évidence une réception officielle", signale au Point.fr Jean-Paul Burdy*, professeur d'histoire à l'Institut d'études politiques de Grenoble, qui relate l'affaire sur son site. Ce spécialiste de Bahreïn en veut pour preuve le fait que le roi a été accueilli à l'aéroport par la garde républicaine française.
Pourquoi un tel silence ? Il faut dire que Bahreïn n'est pas n'importe quel pays. Cela fait un an et demi que le royaume réprime dans le sang la révolte chiite : la communauté majoritaire de ce minuscule État de 1 230 000 habitants (dont 550 000 nationaux) exige du pouvoir sunnite des élections libres et la fin des discriminations à son égard. Selon Amnesty International, au moins 60 personnes ont été tuées depuis mars 2011, après que l'Arabie saoudite a dépêché sur place un millier de ses soldats pour réfréner toute velléité révolutionnaire.

Un tweet donne l'alerte

Ironie du sort, c'est justement par un tweet (relayé par le Figaro.fr) qu'une journaliste politique de l'Agence France-Presse, accréditée à l'Élysée, s'est chargée de donner l'alerte, le 23 juillet à 11 heures du matin. Évoquant une "visite-surprise", en tout cas "pour les journalistes AFP", elle joint à son texte une photo montrant François Hollande aux côtés du roi Hamed ben Issa Al Khalifa, sur le perron de l'Élysée. Quelques heures plus tard, la présidence de la République explique que l'entretien a porté sur la situation en Syrie ainsi que sur "le risque de prolifération des armes de destruction massive". Autrement dit sur le dossier nucléaire de l'Iran, pays que Manama accuse de fomenter les troubles à Bahreïn.
Le lendemain, c'est Laurent Fabius qui reçoit son homologue bahreïni Khalid ben Ahmed al-Khalifah. Celui-ci annonce que la France va aider Bahreïn à mettre en oeuvre des réformes judiciaires ainsi que des mesures en faveur de la liberté de la presse et des droits de l'homme, rapporte l'AFP. De son côté, le Quai d'Orsay indique que le chef de la diplomatie française a "encouragé les autorités bahreïnies à poursuivre leurs efforts pour permettre un apaisement durable des tensions que connaît le royaume".
Des tensions qui, pourtant, restent extrêmement vives. Durant tout le mois de juillet, les forces de sécurité ont arrêté plus de 240 personnes alors qu'une centaine d'autres ont été blessées dans des heurts avec la police, selon le principal groupe de l'opposition chiite, Al-Wefaq. Deux semaines avant la visite du roi en France, l'opposant emblématique Nabeel Rajab a été condamné à 3 mois d'emprisonnement pour avoir critiqué dans un tweet le Premier ministre bahreïni, et oncle du roi, Cheikh Khalifa. "Des manifestations ont lieu en permanence dans les quartiers chiites périphériques de Manama", indique pour sa part Jean-Paul Burdy, selon qui "le régime n'est pas menacé, mais la situation pas normalisée non plus". Le 1er août, l'ONG des Médecins pour les droits de l'homme (PHR) a ainsi condamné l'utilisation par le gouvernement bahreïni de grenades lacrymogènes dans un but létal. Dans un rapport, le directeur adjoint de PHR affirme que des tirs de grenades lacrymogènes visent "directement des civils dans leur voiture, dans leur maison, ou dans d'autres espaces fermés où les effets toxiques sont exacerbés".

Coopération sécuritaire ?

S'il demeure la principale cible des manifestants de la Perle (place centrale de Manama, NDLR), le roi Hamed, au pouvoir depuis dix ans, s'inscrit-il pour autant dans la lignée des Muammar Kadhafi et autres Bachar el-Assad ? "Absolument pas", insiste Jean-Paul Burdy. "La répression est bien moins sanglante à Bahreïn et le roi n'en est sans doute pas l'acteur principal." Conscient de l'impasse politique que traverse son pays, Hamed ben Issa Al Khalifa a bien tenté d'accorder des concessions à l'opposition. Il a notamment mis sur pied en juin 2011 une commission d'enquête internationale indépendante sur les incidents qui ont frappé le pays trois mois plus tôt. Le rapport qui en a découlé dénonce un "usage excessif et injustifié de la force" du régime.
Problème : l'appareil sécuritaire reste entre les mains du puissant Premier ministre Cheikh Khalifa, véritable chef de l'État depuis près de cinquante ans. "Ce qui est certain, c'est que le roi Hamed est aujourd'hui le dirigeant d'un régime répressif", souligne le spécialiste du royaume. Voilà qui expliquerait pourquoi l'Élysée s'est contenté d'un "service minimum" pour la venue du souverain. Pas de journalistes, pour ne pas s'attiser de foudre médiatique, mais aussi pour ne pas accorder au royaume une vitrine internationale, ce dont il a aujourd'hui grand besoin pour sa propagande intérieure. Si le "silence radio" français s'est révélé efficace, il a été trahi par la presse bahreïnie, qui a surexploité à l'excès la visite royale en capitale occidentale.

Le "message" de la France

Surtout, l'agence de presse officielle BNA a apporté ses propres précisions sur la future coopération entre les deux pays. À l'en croire, les opposants bahreïnis ont de quoi s'inquiéter : outre la presse, la collaboration concernerait "les domaines politique, de la défense, de l'éducation, de la culture et de la technologie". Une perspective qui a suscité l'inquiétude de six associations de défense des droits de l'homme, dont Amnesty International, la Fédération internationale des droits de l'homme et Human Rights Watch. Dans une lettre commune rendue publique le 2 août, les ONG appellent François Hollande à "indiquer clairement que la France déplore l'échec de Bahreïn dans la mise en oeuvre des recommandations les plus importantes de la commission d'enquête indépendante de Bahreïn, à savoir la libération des personnes emprisonnées pour l'unique exercice de leurs droits à la liberté d'expression et de rassemblement pacifique".
Contactée par le Point.fr, une source proche du dossier affirme que les deux pays ont simplement discuté de la possibilité de créer une haute autorité s'intéressant à l'ensemble des relations entre les deux pays. "C'est seulement lorsque le comité sera mis en place que les domaines de coopération seront formalisés", ajoute-t-elle. Interrogée sur le bien-fondé d'un tel rapprochement, étant donné la répression en cours à Bahreïn, la source précise que ce genre de collaboration est un moyen pour Paris de faire passer à Manama le "message selon lequel la France soutient le processus des réformes entreprises dans le pays".

C'EST CE QU'ON APPELLE LE COUP DU PÈRE FRANÇOIS !