TOUT EST DIT

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samedi 28 avril 2012

Sarkozy est-il Ben Ali, Pétain ou Kadhafi ?


Ce n'est plus une campagne électorale mais un lynchage en règle du chef de l'État. 


Depuis des années, le pays vivait dans l'arbitraire et sous une féroce dictature. La presse était bâillonnée, les libertés bafouées. À l'heure du laitier, dans les petits matins blafards propices aux mauvais coups, vous risquiez de voir débarquer des séides à la mine patibulaire prompts à vous expédier sans explication dans des geôles humides, où vous attendaient humiliations et tortures. Sous la botte d'un parti unique prédateur, les citoyens tremblaient nuit et jour.
Vous imaginez que cette description s'applique à la Tunisie de Ben Ali, l'Égypte de Moubarak, la Libye de Kadhafi, voire la Syrie d'Assad ? Erreur. Il s'agit en fait de la France, si l'on en croit notre excellent confrère Erik Izraelewicz, directeur du prestigieux quotidien Le Monde, qui n'hésite pas à écrire cette phrase historique : "À l'instar des peuples du monde arabe, les Français entendent congédier leur chef de l'État en termes polis mais fermes." En l'exilant comme Ben Ali ? En l'embastillant, comme Moubarak ? En le tuant comme Kadhafi ? Le confrère ne précise pas.

La valse des anciens courtisans

Cet étrange dérapage étonne d'autant plus qu'il émane d'un journaliste sérieux, pondéré, respecté, du moins jusqu'à présent. L'affaire ne serait qu'anecdotique si elle était isolée. Mais elle est emblématique de l'incroyable et irrationnel climat de haine qui entoure Nicolas Sarkozy. Le journal L'Humanité le compare à Pétain. Ni plus ni moins. L'hebdomadaire Marianne titre - photo peu avantageuse à l'appui - "La honte de la Ve République". Le chef de l'État est accablé de tous les griefs, souvent contradictoires, rendu responsable de tous les maux. On ne lui reconnait aucun mérite, il ne bénéficie ni de la présomption d'innocence, ni du mode de traitement honnête et équilibré que l'on est en droit d'attendre lors d'une campagne électorale. Vae Victis (malheur aux vaincus) : les chacals croient sentir la bonne odeur de la défaite. Leur témérité croît en fonction des sondages défavorables au président de la République.
Est-on bien certain qu'il n'ait pas incendié le Reichstag ? Participé aux expéditions de la bande à Bonnot ou de Pierrot le fou ? Les courtisans d'hier qui s'avançaient le dos courbé et la flatterie à la bouche découvrent brusquement les turpitudes de celui dont ils partageaient la table. Ils deviennent subitement courageux. Illustration de la vieille maxime : "D'abord je lèche, ensuite je lâche, ensuite je lynche." Triste spectacle indigne d'une éternelle et pitoyable comédie humaine.

Comment la gauche a mené l'Education nationale à la dérive

Il y a longtemps que la gauche tient l’éducation nationale, avec plus ou moins l’accord du reste de l’arc politique, pour sa chose.
Plusieurs raisons à cela. D’abord l’héritage des Lumières. Faire progresser la société en diffusant les Lumières dans le peuple : quoi de plus conforme aux idéaux de la gauche ?
Ensuite l’histoire, ou du moins la lecture qu’en a imposée l’idéologie socialiste : l’école, grand œuvre de Jules Ferry et des grands républicains de la génération de 1880 – ce qui occulte le fait que la Révolution avait désorganisé l’éducation populaire, que la loi Guizot (1833) avait déjà conduit à une scolarisation d’au moins 80 % des enfants, que Jules Ferry et les siens ne remettaient nullement en cause le monopole de la bourgeoisie dans l’enseignement secondaire et supérieur. La démocratisation de ce dernier doit en revanche beaucoup, c’est une justice à lui rendre, à un homme politique socialiste injustement décrié, Guy Mollet. Elle devait se réaliser en grand dans les années soixante.
Troisième connivence : la couleur politique de la majorité des membres de l’institution, non seulement les enseignants, en majorité orientés à gauche (dans une proportion d’environ 2/3) et surtout l’appareil de la rue de Grenelle, de l’inspection générale aux grands syndicats dont le poids s’exerce lourdement sur les politiques menées par ce ministère, que le gouvernement soit de droite ou de gauche.
Ces accointances historiques entre la gauche et la grande tache éducative ne devraient cependant pas occulter ce fait massif : si l’opinion ressent, à juste titre, une dégradation de la machine éducative française, que le classement Pisa de l’OCDE met en valeur[1], et qui se traduisent par un retour de l’illettrisme à un niveau qui n’est pas si éloigné de ce qu’il était sous la Monarchie de Juillet, c’est principalement à la gauche qu’on le doit.
On retrouve, en ce domaine comme en d’autres, le traditionnel primat de l’idéologie sur les faits qui caractérise les politiques de la gauche, pas seulement marxiste.
Dans le légitime et massif mouvement de démocratisation de l’enseignement lancé après la guerre, deux virus, d’abord anodins mais qui devaient se révéler avec le temps profondément destructeurs, se sont infiltrés, jusqu’à en annihiler une partie des effets.
Le premier est celui du faux égalitarisme.
Le plan Langevin Wallon élaboré en 1947 par des universitaires membres du parti communiste fixait l’objectif d’une filière unique (ou tronc commun) pour tous les élèves de l’enseignement primaire et du premier cycle du secondaire. On peut dire que ce plan est depuis 60 ans la charte de l’éducation nationale.
Au départ, le tronc commun avait pour but de donner les mêmes chances aux enfants des différentes classes sociales et à cet égard, il était justifié. Jusqu’en 1965, le secondaire comprenait en effet trois filières : les uns restaient à l’école élémentaire jusqu’au certificat d’études, les autres allaient au collège d’enseignement général, puis à l’École supérieure, les autres au lycée. Les options étaient analogues dans l’enseignement privé. Une seule filière désormais : l’école élémentaire (11e-7e), puis le collège (6e-3e), puis le lycée (2e-Terminale). La démocratisation devant être aussi une promotion. L’âge limite de la scolarité obligatoire fut porté dès 1959 de 14 à 16 ans (en attendant 18 ou 20).
Le système dériva dès lors qu’on considéra qu’il fallait mettre dans les mêmes classes, non seulement les élèves de différentes origines sociales mais encore de différents niveaux, vocations ou goûts. C’est ce qu’accomplit la réforme Haby (1975), du nom du ministre de l’éducation nationale de Giscard.
À tout le moins restait-il des différences de rythme : les moins à l’aise pouvaient redoubler. La réforme Jospin de 1989 interdit pratiquement cette possibilité. Il fut acquis que tout le monde devait avancer sur le même chemin et du même pas, qu’il ait assimilé ou non ce qu’on lui avait enseigné.
 De même, les diplômes techniques furent-ils peu à peu alignés sur le modèle du baccalauréat : tout dernièrement le bac technique en quatre ans a été, dans un but d’uniformité, ramené à trois.
La situation du lycée professionnel, déjà malade, s’est aggravée avec la suppression des écoles normales d’apprentissage (en 1991) et des classes technologiques des collèges : au lieu d’anciens ouvriers face à des élèves se sachant destinés à l’être, on voit désormais des professeurs à bac + 7 face à des paumés : confrontée à une telle situation, une enseignante s’est récemment suicidée par le feu à Béziers.
Mettre dans le même moule et faire avancer au même rythme des élèves de niveaux et aptitudes très différents multiplie les effets pervers : ceux qui ne suivent pas n’ont aucun moyen de se raccrocher (malgré le développement récent de devoirs assistés, publics ou privés) ; les moins doués vivent l’école comme une source d’humiliation permanente, voire comme un bagne. Ils prennent l’habitude au fil des ans d’écouter sans comprendre, ce qui n’est pas la meilleure manière de former des citoyens.
L’autre virus est ce qu’on appela la "rénovation pédagogique". Les pédagogues de métier considérèrent que la pédagogie, tenue depuis la plus haute antiquité pour un art qui s’apprenait sur le tas, et relevait d’abord du talent ou du charisme de l’enseignant, et surtout de la maîtrise de son domaine, était en réalité une science. Comme l’évolution des sciences dures entraînait un progrès technique se traduisant par des produits nouveaux et de meilleurs rendements, les sciences humaines devaient, elles aussi, selon cette conception, générer des progrès techniques en matière de pédagogie. C’est de cet état d’esprit que procédèrent la substitution, au cours des années soixante, de la méthode globale d’apprentissage de la lecture à la méthode analytique. Dans la même ligne, les "pédagogistes" promurent les méthodes dites actives selon lesquelles l’enfant devait, non pas être instruit mais découvrir par lui-même ce qu’on voulait qu’il apprenne. Pour un des papes de cette doctrine, Philippe Meirieu, l’enfant et non plus le professeur, devait être "au centre de l’enseignement". Ces idées ont inspiré la loi d’orientation du 10 juillet 1989, dite loi Jospin jamais sérieusement remise en cause depuis.
Elle est toujours la charte de l’enseignement primaire et secondaire. Elle comporte d’autres dispositions perverses, telle la création des IUFM. Officiellement, il s’agit de former les nouveaux enseignants aux méthodes pédagogiques, ce qui se traduisit la plupart du temps  par deux ans d’idéologie abrutissante. En fait, il s’agissait aussi d’assurer la perpétuation d’un vivier d’hommes et de femmes propres à entrer au parti socialiste. Promus pompeusement professeur des écoles, les instituteurs, qui avaient conservé un vrai prestige dans la population, furent noyés dans la grisaille enseignante.
Ces mesures n’ont pas porté remède mais aggravé la montée de l’illettrisme.
En 1997, Lionel Jospin choisit Claude Allègre, son ancien directeur de cabinet, comme ministre de l’éducation nationale. Allègre se tailla un beau succès dans l’électorat de droite en dénonçant le "mammouth" (l’administration de l’Éducation nationale) et en prenant à partie le corps enseignant. Mais cette démagogie de droite cachait mal la poursuite des orientations habituelles de la gauche en matière d’éducation. C’est à Philippe Meirieu que le ministre confia en 1998 la rédaction de la Charte de l’école du XXIe Siècle. Claude Allègre s’est fait également remarquer par la critique bruyante des grandes écoles, fleuron de l’excellence française.
Revenue au pouvoir, la droite n’a guère remis en cause ces orientations. Depuis vingt ans toute une école de pensée, critique des méthodes imposées par le ministère, comprenant Alain Finkielkraut, Élisabeth Altschull, Jean-Paul Brighelli, Marc Le Bris, Rachel Boutonnet, Liliane Lurçat, Laurent Lafforgue, médaille Fields 2002, Frank Debié, Marie-Christine Bellosta, Natacha Polony, Françoise Guichard etc., produit à l’appui de ses thèses de multiples livres[2], articles, blogs contrastant avec la stérilité intellectuelle de l’école officielle, sans parvenir à être vraiment écoutée.
Les orientations fondamentales ne sont pas remises en cause. Proposant un nouveau train de réformes, Jacques Attali, resté homme de gauche même s’il travaillait pour Nicolas Sarkozy, n’a rien trouvé de mieux pour combattre l’illettrisme qu’une nouvelle modernisation des méthodes pédagogiques.
La philosophie de Bourdieu a, elle aussi, joué un rôle clef : pour ce dernier, l’enseignement classique était discriminant et inégalitaire car, se fondant sur les valeurs bourgeoises, il favorisait les enfants de familles bourgeoises maîtrisant mieux la langue et les"codes culturels" de la société. À supposer que cette théorie soit fondée[3], la dernière des conséquences à en tirer était celle qui le fut : le relâchement général des exigences liées à la langue et à ces codes ; le résultat en fut que ceux qui ne trouvaient pas cet enseignement dans leur famille, ne le trouvèrent plus non plus à l’école comme c’était le cas au bon vieux temps de l’école républicaine. Il n’est pas exagéré de dire que Bourdieu, sociologue de gauche et même d’extrême gauche, a été un des fossoyeurs de l’école républicaine.
Nous n’aborderons pas la question des universités car la gauche ne s’y est signalée par aucune réforme d’envergure. En renforçant dès 1981, le rôle des maîtres de conférences au détriment des professeurs agrégés, au motif de lutter contre le mandarinat, elle affaiblit cependant l’institution. Mais, depuis lors, l’emprise qu’elle exerce sur les 80  universités (où elle dispose d’environ 75 présidences) ne la pousse guère à remettre cause le statu quo. La Conférence permanente des présidents d’université a tendu, au fil des ans, à se substituer au ministre comme organisme régulateur de la politique universitaire : on devine où vont ses préférences. Si Claude Allègre avait quelques bonnes idées en matière de recherche, on ne voit pas qu’il les ait traduites dans les faits.
Quoi qu’il en soit, l’école de Jules Ferry est morte et c’est la gauche « qui l’a tuer » !

[1] Source : MEN-DEPP, OCDE
[2] Parmi ces ouvrages, on citera notamment : Marc Le Bris, Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter, Stock ; Rachel Boutonnet, Journal d’une institutrice clandestine, Ramsay ; Elisabeth Altschull, L’école des egos, contre les gourous du pédagogiquement correct, Albin Michel ; Liliane Lurçat, La destruction de l’enseignement élémentaire et ses penseurs et La débâche de l’école (avec Laurent Lafforgue), François-Xavier de Guibert ; Jean-Paul Brighelli, A bonne école, Gallimard ; Natacha Polony, Nos enfants gâchés : petit traité sur la fracture générationnelle française, Jean-Claude Lattès
[3] On ne voit pas pourquoi elle le serait en mathématiques et en physique qui constituent aujourd’hui la base de l‘enseignement.



UN TAS DE FUMIER PLUTÔT QUE LUI !!!!

Quand les socialistes comparent Sarkozy à Anders Breivik

Où s’arrêtera l’anti-Sarkozysme, sport officiel du parti socialiste et des médias depuis cinq ans ? Un élu socialiste de Strasbourg a comparé sur Twitter les militants de droite qui comptaient se rendre mardi au meeting géant de Nicolas Sarkozy au psychopathe norvégien Anders Brievik.

"Combien de Anders Breivik dans les voitures, les bus, les cars, les trains qui arrivent aux meeting de Sarkozy ? : Paul Meyer, élu socialiste de Strasbourg."
Une blague de très mauvais goût aux relents de dérapage, qui illustre le niveau de haine savamment entretenu par le parti socialiste et la gauche contre le président de la République, qui a été l’objet d’attaques ad hominem comme personne auparavant.
Un atni-sarkozysme érigé en principal argument de campagne par François Hollande avec la complicité du système médiatique, qui s’est mué au cours de cette campagne en supplétif du parti socialiste pour déquiller Nicolas Sarkozy.
On imagine assez bien quels auraient été les réactions outrées des salles de rédaction et des grandes âmes du PS si un élu UMP avait tenu des propos similaires sur François Hollande et ses militants.

Les centristes avec Sarko, Royal agresse Bayrou

Ce matin, Le Monde publiait une tribune signée par 26 élus centristes pour afficher et expliquer leur soutien sans faille à la candidature de Nicolas Sarkozy. Parallèlement, la socialiste Ségolène Royal crachait son venin sur François Bayrou.

Nicolas Sarkozy a reçu le soutien de 26 élus centristes dont François Sauvadet, Maurice Leroy, Jean-Marie Bockel, Yves Jégo, André Santini, ou François Zocchetto. Leur tribune intitulée « La place du Centre est aux côtés de Nicolas Sarkozy », dresse un portrait peu reluisant du candidat socialiste François Hollande.
« Avec ses emplois jeunes et ses créations de postes de fonctionnaires, c’est un triste décalque de celui qu’avaient défendu Ségolène Royal hier et Lionel Jospin avant-hier », écrivent ainsi les centristes, avant de se lancer dans une longue tirade :
« A la stricte obsession de l’égalitarisme, nous préférons l’équité, la solidarité et la justice. A la démesure budgétaire et fiscale, à ce clientélisme irresponsable mené par François Hollande en direction de l’éducation nationale, nous répondons par la nécessité d’un effort juste et partagé pour retrouver notre souveraineté face aux marchés. A la tentation du repli sur soi et aux vieilles lunes de la démondialisation, nous opposons une conviction profonde, selon laquelle rien ne peut plus aujourd’hui dissocier la grandeur de notre pays de son destin européen. »
Il faut croire que la madone de Poitou-Charentes n’a pas aimé ce ralliement pourtant logique et dans la tradition du centre. Ce matin, sur France 2 , Ségolène Royal a violemment attaqué François Bayrou. Visiblement elle rejette la faute de sa défaite de 2007 sur le candidat Modem et lui en veut profondément de ne pas s’être rallié à elle lors de l’entre deux tours.
Voilà les propos plains d’aigreur et de mépris du Parti socialiste envers les centristes qui refusent de se soumettre à leur tout puissance :
« J’espère que cette fois-ci François Bayrou aura le courage d’être cohérent avec lui-même. Je l’espère, je le souhaite. Je pense qu’il ne fera rien comme d’habitude, mais c’est pour ça que je m’adresse à ses électeurs. [...] Aujourd’hui, il a raté son pari, il est très faible. »
Ça a le mérite d’être clair.
Les socialistes s’inquiéteraient-ils de voir le centre se tourner vers son allié naturel ?

Sarkozy lâché par les siens… 


La campagne « à droite toute » de Nicolas Sarkozy lui coûte-t-elle des intentions de vote ? C’est ce que voudraient  faire croire de nombreux médias, à commencer par L’Express qui dénonce son « effet contre-productif dans les sondages » et Le Point qui accuse carrément le président-candidat d’avoir choisi « la politique de la terre brûlée ». Et les sondages suivent les sondages, donnant – avec leur coutumière « précision » – Nicolas Sarkozy battu de 8, 9 ou 10 points, Hollande vainqueur avec 54, 54,5 ou 55 % des voix.
Hollande est décidément le candidat des médias.
Les mêmes médias ne posent pas une fois la question de savoir si la droitisation du discours de Nicolas Sarkozy, plutôt que le rejet, ne rencontre pas plutôt l’incrédulité des électeurs – car il est facile de le confronter à son bilan.
Reste que le choix de Nicolas Sarkozy, qu’il soit sincère ou non, et pour hésitant qu’il soit – après avoir prôné la « préférence nationale » mercredi, il l’a partiellement démentie jeudi soir sur « des Paroles et des actes – légitime et, malgré lui, renforce les thèmes de campagne imposés par Marine Le Pen. Sécurité, immigration, identité, souveraineté nationale ne seraient-elles plus des « obsessions extrémistes » ?
Eh bien, si, à l’aune de bon nombre de ténors de l’UMP affolés de voir leur candidat leur échapper, au moins en paroles. Jean-Pierre Raffarin annonce de manière sibylline « le temps de l’analyse » pour l’après-6 mai, l’ancien ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres estime plus carrément que la stratégie « vers le Front national » choisie par Sarkozy, « suicidaire », va mener « à l’échec », Devedjian assure que ce n’est pas le moment d’exprimer ses « états d’âme », ce qui signifie qu’il en a.
Et ce ne sont que des exemples.
L’affolement est à la fois dicté par la peur de la défaite et par la persistance de l’idéologie qui empêche les adversaires de la gauche d’unir leurs forces. La droite parlementaire reste tétanisée à l’idée de reprendre ne serait-ce qu’une idée au FN. Ce qui a permis à Marine Le Pen de s’amuser de la proposition reprise par Sarkozy d’instaurer une présomption d’innocence en faveur des forces de l’ordre alors que Claude Guéant l’avait formellement rejetée en janvier parce que, selon lui, « on ne peut pas donner aux policiers un permis de tuer ».
Et cette paralysie consentie se manifeste dans les stratégies annoncées dans le cas de triangulaires aux législatives : François Fillon, au nom de « l’incompatibilité de valeurs » entre le FN et l’UMP, assurait jeudi qu’il ne peut y avoir « le moindre accord entre le FN et la droite ». A « Des paroles et des actes », Sarkozy l’a également exclu : « Si la situation se présentait, à ce moment-là nous verrions la qualité du candidat socialiste, au cas par cas, et nous déciderions à ce moment-là l’abstention ou le vote blanc, mais c’est un piège et je n’ai pas l’intention d’y tomber. » Ni alliance, ni accord…
Qu’on le veuille ou non, cette situation crée un nouveau piège pour la droite nationale et les électeurs soucieux de défendre les points non négociables, où Sarkozy représente un « moindre pire » que François Hollande qui cherchera rapidement à légaliser l’euthanasie et le mariage homosexuel, à rendre l’accès à la contraception gratuit et anonyme pour les mineures, et qui veut étendre et rembourser à 100 % l’avortement.
L’échec de Sarkozy sera instrumentalisé – la classe politique et les médias s’y emploient déjà – pour rejeter tout ce qui dans ses paroles vise à séduire la droite de conviction.
L’équipe de campagne de Sarkozy vient de prendre la peine – cela mérite d’être souligné – de répondre aux questions du groupe « Catholiques en campagne » qui ont interrogé tous les candidats sur les « points non négociables », l’identité, l’immigration, la laïcité. Le candidat Sarkozy y renouvelle ses appels du pied, son opposition à l’euthanasie, le rôle des parents dans l’éducation et leur droit de choisir l’école, va jusqu’à dire qu’il faut prévenir l’avortement « par un accompagnement des femmes enceintes afin que celles qui souhaitent mener leur grossesse à terme puissent le faire, même lorsqu’elles sont dans des situations familiales, économiques ou sociales difficiles ».
Il ne s’agit pas d’être dupes d’un discours électoral, mais de constater vers quelle direction il se tourne, alors que les promesses de François Hollande, volontaristes, vont dans la direction opposée. Il s’agit peut-être aussi de saisir la balle au bond, et de se réjouir de ce que des préoccupations données pour ringardes et dépassées aient acquis un véritable poids électoral.

vendredi 27 avril 2012

La vague portant un « Président Ikea » va-t-elle déferler au milieu d’une OPA Le Pen sur la droite ?

C’est ce que suggère la couverture du Nouvel Observateur sur laquelle s’étale un photomontage avec la tête de Nicolas Sarkozy a moitié immergée dans une mer dont les vaguelettes sont annonciatrices de mer agitée. Pour les Inrockuptibles, Nicolas Sarkozy est "dans le creux de la vague" Et puis il y a "la vague Bleu Marine " qui inonde tous les journaux. Le Point annonce la couleur : quel que soit le vainqueur ce sera " Bonjour les Ennuis " !

Toujours le Fouquet’s

Marianne qui a bouclé de bonne heure dimanche soir, ne disposait certainement pas des résultats définitifs du premier tour de scrutin, puisque l’hebdomadaire annonce sans hésiter " Fin " pour Nicolas Sarkozy. Et ils se défoulent sur ce Président qu’ils détestent aujourd’hui après l’avoir admiré ! " Ce n’est pas trop tôt " écrit Jacques Julliard dans on éditorial qui analyse " que la défaite de Sarkozy est sans doute moins dans celle de son bilan que celle de sa personne. Ce que les électeurs ont condamné sévèrement, plus sévèrement que ses échecs économiques et sociaux, c’est son arrogance. Le Fouquet’s lui a nui plus que le triple A".
Et les journalistes Nicolas Domenach et Laurent Neuman analysent ce que l’on pourrait qualifier de chronique d’une défaite annoncée, sur le mode " on vous l’avait bien dit " : " Sa fin de règne était écrite. Elle se lisait, elle s’annonçait non seulement dans une arrogante et suicidaire stratégie de campagne droitière, non seulement dans la crise qui entraine partout l’échec des gouvernants, non seulement dans le désir d’alternance que provoque près de vint ans de pouvoir de droite, mais encore dans les débuts mêmes qui portaient avec eux la condamnation du sarkozysme : le Fouquet’s, le bling-bling, le bouclier fiscal… La vulgarité blasphématoire et l’injustice antirépublicaine de cette présidence des riches ne pouvaient, dans ce pays d’égalité, que provoquer la chute d’un roi de clinquant qui ne fut jamais un monarque républicain ! "

Sur le papier, "j’ai perdu cette élection"

Nicolas Sarkozy aurait donc dû lire davantage Marianne puisque, rappelle le journal, dès 2010, au lendemain des régionales, il titrait déjà sur " Le divorce entre Sarkozy et les Français ". Mais si Nicolas Sarkozy a échoué, c’est parce qu’il n’a pas fait la bonne campagne, et refaire 2007 : " Il aurait fallu écrire une autre aventure, réinventer une légende qui l’élèverait, et avec lui, le peuple de France, au-dessus de la précédente " … la campagne "à Droite toute ", inspirée par Patrick Buisson, n’a pas marché en 2012. Et d’en rajouter sur l’aveuglement du président qui a "mésestimé François Hollande" la baudruche dont il avait prophétisé l’explosion, qui "s’obstinait à ne pas se dégonfler... A force de répéter que Hollande était inconsistant, mou, sans envergure, nul et qu’il allait l'exploser, l’atomiser, le pulvériser, Sarkozy s’est lui-même amoindri et affaibli, puisque ni ses condamnations expéditives ni ses prophéties fulminantes ne se réalisaient. " Et vlan !

Même analyse dans le Nouvel Observateur qui s’interroge : " A revoir le film de ces derniers mois depuis la fin de l’été 2011, on finit par se poser la question : " Sarkozy avait-il vraiment envie d’y aller ? ...  A-t-il redouté cette campagne plus qu’on ne l’a pensé ? … " et de rappeler que fin 2011, Nicolas Sarkozy confiait à Gehrard Schroeder : "Sur le papier j’ai perdu cette élection. " Carole Barjon s’abrite derrière " les politologues " pour écrire que " la défaite de Nicolas Sarkozy était inscrite dans les faits depuis longtemps. L’ostentation dans son rapport à l’argent, l’étalage de sa vie privée, sa familiarité excessive et son agressivité, contraires à l’idée qu’on se fait du comportement d’un chef d’Etat... Ses effets d’annonce permanents auraient été, selon eux ( les politologues ), autant de péchés dont "Sarkozy ne pouvait pas se remettre ". Et l’Obs nous confie que " dans le cercle de ses conseillers, la guerre fait rage entre Patrick Buisson et Henri Guaino, exaspéré par la ligne droitière de la campagne et les attaques incessantes contre François Hollande. "

Une mollesse redoutable

Mais qui est-il donc ce François Hollande si méconnu ? Deux portraits à lire pour mieux connaître celui qui a de fortes chances de devenir président de la République. Dans Marianne, Denis Jeambar revient sur le parcours " hors norme " de celui qu’il décrit comme européen, "socialiste sans être embrigadé" qui se veut un président normal :
" Personne n’a compris que cet homme gérait sa carrière politique avec la précision et la patience d’un concepteur de puzzle. D’une subtilité constante, il a découpé sa personnalité en une multitude de pièces sur lesquelles se sont acharnés les observateurs et ses rivaux, oubliant au passage de s’intéresser à l’ensemble du personnage. En particulier à l’ampleur de son ambition… Ainsi a-t-il dérouté son monde. Personne, donc, ne voulait croire au destin d’un simple fantassin annonçant par avance, qu’il serait un président IKEA, un chef d’Etat à la suédoise, revendiquant la dignité de la fonction présidentielle tout en récusant sa majesté. Nul n’envisageait le succès de cette alchimie nouvelle : la rencontre d’un homme normal avec un peuple, un homme qui " depuis trente ans, trompe sans perversité médias et concurrents. Malgré les apparences de modestie, il n’a cessé de vouloir gravir les sommets de l’Etat. Il a l’ambition chevillée au corps des alpinistes himalayens : aller toujours plus haut …C’est un ambitieux qui se fixe les objectifs les plus élevés sans être possédé par l’ivresse de lui-même… La normalité n’est pas chez François Hollande, une simple posture anti-sarkozyste"…
D’ailleurs, précise le portraitiste, " même Nicolas Sarkozy s’est égaré sur sa personnalité ". Dans le Point, c’est l’historien Richard Millet, corrézien authentique qui scrute la personnalité de François Hollande, dont la Corrèze, " lieu de légitimation politique, " a fait un " radical socialiste " et dont " le roman reste à écrire puisqu’il s’inscrit parfaitement dans cette province dont on regrette qu’aucun romancier français, nul cinéaste depuis la mort de Chabrol, ne daigne s’emparer… François Hollande, dont le débit et le ton retrouvent en campagne celui de François Mitterrand, avec une gestique plutôt chiraquienne, n’est pas un littéraire. Les vœux que je reçois de lui sont pauvrement rédigés, quelquefois fautifs… "
Et d’insister :
" On me répète… qu’il est non pas rond mais fade. La fadeur comme principe de gouvernement ? Celle du radical-socialisme ? Celle de l’Europe post-historique ? Chacun le sait : la France veut être gouvernée au centre gauche, c'est-à-dire nulle part. Un pays ingouvernable, donc. C’est pourquoi Hollande évite tout débat sur l’immigration, pourtant seul sujet crucial avec la crise financière…On le dit mou ; c’est un bruit habile : en politique, il faut se méfier des réputations : la mollesse y est aussi redoutable qu’une eau dormante… " A méditer !

Du caractère, François Hollande en aura bien besoin dès le 7 mai au matin, car d’après Le Point, les ennuis commenceront immédiatement.
" Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy joue la peur. Une éventuelle élection de François Hollande serait une catastrophe, dit-il. Les marchés ne veulent pas d’un socialiste à la tête du pays. C’est de bonne guerre mais c’est faux. Les marchés financiers n’ont aucun affect. En 1997, à l’arrivée de Lionel Jospin, la Bourse n’a pas été clouée au sol. Bien au contraire …" Mais aujourd’hui, à cause des déficits abyssaux, " dans les deux camps, on se prépare à une nouvelle attaque des marchés aussitôt l’élection passée "…
D’après le journal, les deux ont déjà leur plan de bataille en poche, et Romain Gubert croit aussi savoir que " les agences de notation laisseront du temps à Hollande pour constituer une équipe stable après les législatives, puis donner ses premières orientations budgétaires pour la loi de Finances 2013, c'est-à-dire à l’automne. Tout en guettant le moindre faux pas. Chez Hollande, on sait déjà qu’il faudra donner des signes, vite, très vite, pour faire comprendre aux marchés, même si cela n’a pas été dit pendant la campagne, comment la France, va, dans le détail, tenir ses engagements… "
Le candidat y est fermement invité par "les Gracques " ce Think Tank de gauche qui appelle, comme en 2007, à une majorité élargie au centre et invite les électeurs de François Bayrou à voter pour Hollande. Dans une tribune publiée par l’hebdomadaire, ils dressent la feuille de route pour " retrouver la croissance : il faudra beaucoup de concret et d’exemplarité...  Nous dépensons trop et mal. Résultat : nous laissons aux jeunes le chômage, la dette, le financement de la retraite et de la santé. Les candidats visitent les hauts fourneaux mais ce sont les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et l’innovation qui sont les leviers de la croissance. La hausse de la fiscalité ne résoudra pas tout : ce sont nos entreprises qui créent des emplois, pas nos impôts. Il faudra donc réduire certaines dépenses publiques, favoriser la croissance par l’investissement, encourager les entrepreneurs de demain. Ce qui fut peu dit dans la campagne, trop peu ". Maintenant c’est dit.

Le raid de Marine Le Pen sur la droite

Vos journaux s’inquiètent de la montée de Marine Le Pen. C’est " le cri des orphelins " analyse dans l’Express, Christophe Barbier à propos des 6, 4 millions de voix obtenues par la candidate FN.
" Tant que le pouvoir n’aura pas amélioré leur vie quotidienne, les Français d’en bas et ceux d’en dessous continueront à voter aux extrêmes. Marine Le Pen les appelés les invisibles : cette fois on les a vus…les citoyens lepénisés sont des orphelins de la République, de son école qui aidait les enfants à dépasser leurs parents, de son creuset qui banalisait l’immigration, de son ordre qui était la première égalité, de son mérite qui limitait privilèges et parasitages ", écrit-il.
Ces temps là sont révolus. Forte de son succès Marine Le Pen veut faire un raid sur la droite (Le Point ), ou la casser ( Le Nouvel Observateur), ou encore " faire une OPA " sur la droite ( l’Express). D’après ce journal, " l’objectif est clair :miser sur l’implosion de l’UMP pour obtenir des députés aux législatives de juin et tenter d’attirer des élus souverainistes dans le cadre d’un "rassemblement bleu marine ". Pour s’imposer elle parie sur une guerre des chefs à droite… "  Le journal qui affirme que les " travaux d’approche " ont commencé dans certaines fédérations, cite Nicolas Say, un des porte-paroles FN : " Avec une vague rose et un FN fort, on ratiboise l’UMP ".

Et demain ?

Les Inrocks s’intéressent à la "Relève féminine à gauche" en couverture. Vous les avez vues et entendues pendant la campagne : la députée PS des Deux-Sèvres, Dephine Batho, l’élue lyonnaise Najat Vallaud Belkacem, deux des porte-paroles du candidat, la députée de Moselle Aurélie Filipetti, Madame Culture et Fleur Pellerin, madame Numérique du candidat, font partie du "Girl Power "de François Hollande.

Le Plus…

En lisant l’Express vous saurez lequel des deux candidats est le plus menteur, le plus versatile, le plus expérimenté, le plus ambitieux, le plus provocateur, le plus dépensier, le plus drôle, le plus macho ( les deux ! ), le plus copieur, le plus imaginatif, le plus répressif, le plus mitterrandien, le plus gaulliste, le plus chiraquien ?

Les mêmes

Au financier Georges Soros, à qui on demande sa préférence entre Hollande et Sarkozy : " Si j’en avais une je ne vous le dirais pas, mais au final, je ne pense pas qu’il y ait tant de différences. "

Et après ?

D’après Le Point, François Hollande, s’il est élu, veut créer un " énorme pôle de l’Education qui comprendrait à la fois la Jeunesse, le Sport, l’Université et la Recherche... et d’après le Nouvel Observateur, les " hollandais historiques "( Bruno Le Roux, André Vallini, Stéphane Le Foll, Faouzi Lamdaoui, Jean-Yves Le Drian) se demandent s’ils ne seront pas oubliés au moment de la distribution des récompenses si leur poulain est élu, car il faudra faire de la place à leurs anciens adversaires internes, Fabius, Valls, Aubry, Moscovici.



CITATION DU JOUR
Traduction :
Si vous courez nu autour d'un arbre à une vitesse de 185999 miles par seconde il y a une possibilité

que vous vous sodomisiez vous même.

Sinon, vous pouvez voter socialiste pour obtenir exactement le même effet.

Les électeurs de Bayrou préfèrent Hollande, selon un sondage Harris Interactive

François Hollande possède une marge de 10 points sur Nicolas Sarkozy dans les intentions de vote pour le second tour de l'élection présidentielle en France, en raison notamment d'un bon report de voix des électeurs ayant voté pour le centriste François Bayrou au premier tour, selon un sondage Harris Interactive publié vendredi 27 avril.
Cette enquête, pour VSD et LCP, donne le candidat socialiste vainqueur, le 6 mai, avec 55 % des voix, contre 45 % au président sortant. Le rapport était de 54 % contre 46 % pour le même institut au soir du premier tour, le 22 avril.

BENÊT BLANC ET BLANC BENÊT.
92 % DES MÉLENCHONISTES POUR HOLLANDE
M. Hollande bénéficierait, selon cette même enquête, de 41% des suffrages des électeurs ayant voté pour François Bayrou au premier tour, contre 36 % qui disent qu'ils voteront Nicolas Sarkozy, et 23 % qui pensent s'abstenir ou voter blanc.
Les électeurs de Marine Le Pen, très courtisés après les 17,9 % des suffrages recueillis au premier tour par la présidente du Front national, sont 48 % à dire vouloir voter Nicolas Sarkozy, 31 % à avoir l'intention de s'abstenir ou voter blanc ou nul, et 21 % à vouloir voter François Hollande.
Quant aux électeurs ayant voté au premier tour pour le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, ils sont 92 % à dire qu'ils voteront pour le candidat socialiste.
Cette enquête a été réalisée sur Internet les 25 et 26 avril auprès d'un échantillon de 1 032 personnes inscrites sur les listes électorales, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, choisi selon la méthode des quotas.
LE CENTRE C'EST MOU, C'EST FLASQUE, C'EST HUMIDE, ÇA PUE, ÇA PUE LA PEUR, COMME BAYROU.
POURQUOI ? 
PARCE QUE LE CENTRE NE DÉCIDE PAS;  LE CENTRE SUIT. 
LES ÉLECTEURS DU CENTRE CHOISIRONT TOUJOURS LE CAMPS DE LA PEUR PAS 
CELUI DE 
L'AUDACE.

La rigueur est pourtant nécessaire

Les Pays-Bas, la France, la Banque centrale européenne… L’Europe se rebiffe contre la cure d’austérité prescrite par l’Allemagne. Le pacte budgétaire est menacé d’échec. Berlin et l’Europe doivent pourtant s’astreindre à la discipline, écrit un journaliste économique allemand. 


Depuis quand les Pays-Bas sont-ils riverains de la Méditerranée ? La crise de l’euro est de retour, et cette fois, elle ne frappe pas seulement le Sud, mais également le Nord, où les bons et les stables sont pourtant concentrés. Ceux qui sont comme nous. Naturellement, les Pays-Bas ne sont pas la Grèce. Pourtant, le pays s’endette trop vite, et la dette privée y est colossale. Le gouvernement a donc voulu rogner davantage – mais a été mis en échec par les populistes. Chaque cas est différent, de Rome à Madrid en passant désormais par La Haye. La trame est cependant toujours la même : l’économie stagne, les gens se retrouvent au chômage, le pays doit alors se serrer la ceinture, portant un coup au niveau de vie. La grogne monte, la bourse tremble, les politiques donnent un peu de mou ou – comme aujourd’hui aux Pays-Bas – perdent leur fauteuil.
Les Etats-Unis réagissent exactement de la même manière que les partis d’opposition européens, qui reprochent aux Allemands de tout mettre à bas en imposant leur diktat de rigueur. Ils jugent que Berlin ferait mieux de se porter garant des dettes de ses partenaires et de débloquer de l’argent frais en faveur de la croissance. Afin de restaurer enfin le calme dans le landerneau européen. A vrai dire, cela ne déplairait pas aux Américains, qui se sentiraient ainsi moins seuls au sommet de la liste des plus gros débiteurs de la planète. Mais l’Europe n’est pas les Etats-Unis : sauvetage contre discipline, tels doivent être les termes de l’accord. A défaut, les pays tomberont les uns après les autres dans la spirale des notes de crédit en baisse et des taux d’intérêt en hausse.

L'Allemagne, modèle improbable

Tous les regards sont tournés vers Berlin. Mais que fait l’Allemagne, au lieu de faire preuve de clairvoyance et de capitaliser sur son rebond économique ? Elle prévoit de mettre en place de nouvelles prestations sociales, comme l’allocation garde d’enfant [versée aux parents qui élèvent leurs enfants chez eux plutôt que de les mettre à la crèche], à laquelle s’ajouterait l’augmentation des retraites pour les parents. Quel que soit l’accueil réservé à ces différentes mesures, leur somme fait de l’Allemagne – dont la dette se monte à près de 80% du PIB actuel – le modèle improbable du "pacte de rigueur" européen.
L’Europe a besoin de l’Allemagne, mais d’une Allemagne qui montre la voie de la rigueur. En tout cas, la crise se rappellera à notre souvenir à maintes reprises. Les dirigeants européens continueront à contracter ici et là davantage de dettes que ne le permet leur pacte commun. Tout cela fait partie du jeu. Mais si l’Allemagne n’exige pas la rigueur et la réforme, aucun autre pays ne le fera. Et, au bout du compte, cela ne ferait que compliquer davantage le sauvetage de l’euro – et l’intégration de l’Europe.


Ce dangereux Monsieur Hollande

Le candidat socialiste devrait devenir le prochain président de la République française, mais son refus des réformes serait néfaste pour son pays et l’ensemble de l’Europe, affirme l’hebdomadaire londonien. Extraits.

Elle représente la deuxième moitié du moteur franco-allemand qui entraîne l’Union Européenne. Dans la crise de l’euro, elle a oscillé entre un Nord prudent et un Sud dispendieux, entre créanciers et débiteurs. Et elle est grande. Si la France était le prochain pays de la zone euro à connaître des difficultés, c’est la survie même de la monnaie unique qui serait remise en question.
C’est pourquoi la victoire probable de François Hollande, le candidat socialiste à la présidentielle, a tant d’importance. Au premier tour, le 22 avril dernier, Hollande est arrivé en tête avec une très courte avance sur le président sortant Nicolas Sarkozy. A moins d’un choc, par exemple s’il implose lors du débat télévisé prévu la semaine prochaine, Hollande peut-être sûr de l’emporter en mai, puis d’assister au triomphe de son parti aux législatives de juin.

Il veut faire enfler l'Etat

Notre hebdomadaire avait soutenu Sarkozy en 2007, quand il avait eu le courage de dire aux électeurs français qu’ils n’avaient d’autre choix que de changer. Il a eu la malchance d’être frappé par la crise économique mondiale un an plus tard. Mais il a obtenu quelques progrès : il a rogné sur la semaine des 35 heures des socialistes, libéralisé les universités, repoussé l’âge de la retraite. Pourtant, sa politique s’est avérée aussi imprévisible et peu fiable que l’homme lui-même. Quoi qu’il en soit, si nous avions le droit de voter le 6 mai, nous donnerions notre voix à Sarkozy – non tant pour ses mérites que pour tenir Hollande à l’écart.
Avec un président socialiste, il y a une chose essentielle que ferait la France, et ce à juste titre. Hollande s’oppose à la politique d’austérité brutale imposée par l’Allemagne, qui étouffe les espoirs de reprise de la zone euro. Mais il le fait pour les mauvaises raisons – et manifestement, il va se tromper aussi dans tellement d’autres secteurs que la prospérité de la France (et de la zone euro) en sera menacée.
Hollande parle beaucoup de justice sociale, mais presque jamais de la nécessité de créer de la richesse. S’il s’engage à réduire le déficit budgétaire, il prévoit d’y parvenir en augmentant les impôts, non en réduisant les dépenses. Hollande a promis d’embaucher 60 000 nouveaux enseignants. Selon ses propres calculs, ses propositions reviendraient à claquer 20 milliards d’euros supplémentaires en cinq ans. L’Etat enflerait encore plus. Ce serait faire preuve d’un grand optimisme que de croire que, d’une façon ou d’une autre, en dépit de ses déclarations et de ses intentions, Hollande finira par faire ce qu’il faut. Il affiche une attitude ouvertement hostile aux marchés. Rien au cours des derniers mois ou au fil de sa longue carrière de second couteau du parti ne permet de penser qu’il a assez de courage pour jeter son manifeste à la poubelle et changer la France.

Réfractaire aux réformes

Qu’en est-il du reste de l’Europe ? Le refus de Hollande d’accepter toute forme de réduction des dépenses publiques a eu un impact à court terme des plus heureux : il veut sagement repenser le “traité fiscal” pour que non seulement celui-ci contraigne les gouvernements à juguler leurs déficits et la dette publique, mais qu’il favorise également la croissance. Cette volonté se fait l’écho d’un chœur de voix opposées à cette austérité réclamée par l’Allemagne, qu’elle impose peu à peu à tout le continent, de l’Irlande aux Pays-Bas et de l’Italie à l’Espagne.
Or, contrairement à Mario Monti par exemple, Hollande ne se contente pas de contester le pacte budgétaire sur des subtilités macroéconomiques comme le rythme du tour de vis budgétaire. Il est avant tout réfractaire au changement et bien décidé à préserver le modèle social français à tout prix. M. Hollande ne souhaite pas ralentir l'ajustement budgétaire pour mieux faire passer les réformes : il propose de ne pas réformer du tout.
Tous les chanceliers allemands finissent par apprendre à apprivoiser le président du pays voisin, et Hollande sera sans doute un partenaire moins imprévisible que Sarkozy. Mais par son refus d'approuver une réforme structurelle quelle qu'elle soit, il aura bien plus de mal à convaincre Angela Merkel de tolérer davantage d'inflation ou d'envisager un système de mutualisation des dettes. Pourquoi les électeurs allemands devraient-ils accepter un remède désagréable alors que la France le refuserait ?
On peut imaginer que le président Hollande fera pencher la balance vers un petit peu moins d'austérité. Ou alors qu'il incitera les Allemands, par peur, à aller dans la direction inverse. Quoi qu'il en soit, une chose est sûre : un président français aussi hostile au changement saperait la bonne volonté de l'Europe à poursuivre les réformes douloureuses auxquelles elle doit se résoudre si elle veut que l'euro survive. Autant dire que Hollande est un homme assez dangereux.

Dépenses publiques : talisman sacré de la gauche française

François Hollande a trouvé la parade à la crise historique que traverse l’Europe : ajouter de la dette à la dette… et des dépenses publiques à un budget de l’Etat déjà en situation d’obésité morbide ! Une course en avant dans l’endettement qui depuis trente ans est le seul mot d’ordre de la gauche française (et hélas pendant longtemps d’une partie de la droite).

La dette est l’ultime cadeau des « baby-boomers » à leurs enfants. Dépenser plus pour que les générations suivantes s’échinent à éponger des dettes insurmontables… Si la crise que traverse actuellement l’Europe est l’aboutissement inéluctable de trente ans de politiques publiques irresponsables et lâches (de Mitterrand à Chirac), le parti socialiste et François Hollande voudraient encore creuser la tombe des déficits publiques.
En dévoilant un programme très à gauche qui fleurait bon la démagogie marxiste (avec la « finance » comme ennemi invisible et bouc-émissaire de toutes nos erreurs), François Hollande a démontré qu’il ne comptait aucunement rectifier le tir, mais au contraire augmenter encore les dépenses publiques en faisant payer d’avantage d’impôts aux classes moyennes, moteur d’une hypothétiques croissance française.
Deux mesures-phares du programme du candidat socialiste suffisent à résumer la situation : le retour à la retraite à 60 ans et l’arrêt de la politique de non-renouvellement d’un fonctionnaire sur deux. Deux propositions totalement démagogiques et désastreuses pour l’économie française.
Non content, de stopper les efforts (insuffisants et trop parcellaires) du gouvernement pour réduire les déficits publiques et limiter un minimum les dépenses de l’Etat, François Hollande est donc parti pour accroître encore le train de vie de l’Etat… Une politique de dépenses publiques qu’il compte financer par l’impôt en sacrifiant les classes moyennes.
Car l’effort que le candidat socialiste va demander aux classes moyennes est tout bonnement hallucinant : augmentation de l’impôt sur le revenu, indexation du prix du gaz et de l’électricité sur ces mêmes revenus, suppression du quotient familial en fonction des revenus,…
La gauche fait donc encore une fois le choix de la dépense publique, financée par un coût de bambou fiscal sans précédent… Tout ça pour ne pas briser le tabou de la dépense publique et conserver le mammouth gras de l’Etat-providence.

François Hollande est « plutôt dangereux » (presse britannique)

Il n’y a pas qu’en France que la perspective de voir François Hollande et le parti socialiste tenir toutes les ficelles du pouvoir fait peur. Selon le très sérieux magazine britannique The Economist, François Hollande est un candidat « plutôt dangereux ». En cause, sa fringale de dépenses publiques et les risques de creusement de la dette et de dévissage de la France.

Oui, ça te tombe sur la gueule !!
Si les médias français continuent à faire bloc autour de leur champion, les journalistes du reste du monde sont sidérés par la tournure que prend la présidentielle française et par l’hypothèse de plus en plus vraisemblable de voir le programme démagogique et suicidaire de François Hollande appliquer dans la deuxième économie d’Europe.
Après le New York Times, qui avait qualifié il y a quelques jours François Hollande de « politique de seconde zone », c’est au tour d’une autre référence du journalisme international de s’inquiéter de l’arrivée au pouvoir des socialistes français. Pas par idéologie, mais parce que les options retenues par François Hollande vont à contre-courant de ce qui se fait ailleurs dans le monde et que sa politique n’a qu’une issue possible : le creusement des déficits.
Et comme la France est déjà au bord du précipice, les marchés ne tarderont pas à sanctionner une politique basée sur les dépenses publiques et le matraquage fiscal des classes moyennes. La France n’étant pas la Grèce ou l’Espagne, sa chute entraînerait d’ailleurs la chute de l’ensemble de l’économie européenne… d’où l’inquiétude très pragmatique de The Economist.

Tension 

Il y avait fin mars, selon le ministère du Travail, 2 884 500 chômeurs en France. Environ, car vous remarquerez qu’à ce niveau-là, on ne compte plus à l’unité près. D’ailleurs, il serait facile d’avancer d’autres chiffres encore plus lourds, en incluant les chômeurs d’Outre-Mer (allez savoir pourquoi on ne les inclut pas), les chômeurs rayés des cadres, les chômeurs partiels… Et peu importe. Ce qui n’est pas comptable, dans notre monde qui ne comprend que les chiffres, c’est l’angoisse de ne pouvoir retrouver un travail, ou de le perdre quand on en a un. Et cela seul suffit à expliquer pourquoi cette campagne présidentielle est dure, tendue, énervée. Cela déçoit les beaux esprits, les esthètes de l’analyse politique, qui pleurent les campagnes du temps jadis, leurs élans, leurs lendemains qui chantent… Peut-être. Mais avant de rêver, faut manger.

"Des paroles et des actes" : ce que la gestuelle des deux candidats trahit de leur personnalité

François Hollande et Nicolas Sarkozy étaient ce jeudi les invités de l'émission politique de France 2 "Des paroles et des actes". L'analyse d'un comportementaliste.

Le comportement gestuel, postural, et d'expression faciale est heureusement très explicite.

Explicite car l'un est fondamentalement, c'est à dire structurellement, organisé sur un mode de comportement réactionnel, en priorité François Hollande, et l'autre sur le mode impulsionnel : Nicolas Sarkozy.

Cette situation intrinsèque à chacun est donc la base de ce qui est, ou sera le caractère permanent de l'un ou de l'autre en exercice de leur fonctions, au-delà des adaptations obligées ou du rôle à tenir dont ils sont ou seront investis.

Comme en management, François Hollande ne fonctionne pas par objectif, même s'il le fait croire ou que ses coach pallient ce déficit central pour parvenir à l'ultime pouvoir, il fonctionne par opportunité et ses objectifs sont flous. C'est contre Nicolas Sarkozy et donc de lui qu'il attend l'opportunité pour tenter de le pourfendre et de se placer en l'homicidant politiquement parlant.

Nicolas Sarkozy a le talent en revanche de présenter des objectifs à tour de bras et de chercher même des objectifs multiples qui valident son temperament d'arriver à ses fins ou à atteindre ses buts coute que coute quelque soient les opportunités qu'il pliera à ses volontés d'une maniere directe ou tactique, avec préférence pour l'affrontement.

Dans le débat, François Hollande est stabilisé dans sa posture mais aussi un peu guindé avec une économie gestuelle de fonctionnaire comptable qui vient au rapport. Sarkozy a repris ses tics à haute fréquence ce qui signifie son épuisement moral profond. On note la reprise de son geste de réassurance préféré : secouement des épaules à chaque sittuation vécue intérieurement comme pénible (il y en a eu beaucoup hier soir, les médias ne sont pas tendres avec lui).

Rappelons que le haussement d'épaules rejette symboliquement une charge pesante dont on veut se débarasser exprimant soit un doute sur la responsabilité dont on veut l'accabler, soit un scepticisme sur l'argumentation qu'on lui fait valoir. Dans tous les cas, c'est un geste d'impuissance face à une situation donnée. Ajoutons que le corps se recroqueville souvent, exerce des gestes de latéralité gauche et droite cherchant à son insu un peu de soutien moral ou affectif dans l'entourage. Il tente donc de réagir courageusement par la parole à une sensation d'abattement général.

Mais cela a l'avantage de le montrer authentique, humain, et démuni de l'atttitude formelle de la présidence plus cassante et rigoriste et qu'il sait utiliser à son avantage aussi. Plus vulnérable donc et plus sympa dirons-nous .

A l'inverse exactement, François Hollande se formate et se formalise de plus en. Il  réduit au maximum tout signe de sa nature identitaire personnelle. Cette dépersonnalisation est savamment orchestrée pour ne prêter le flanc à personne (normal) et ainsi à plaire à tous les normaux qui adorent les icônes royales ou la pompe de l'autorité rassurante du droit à la place de la conviction pour laquelle on le sollicite sans succès.

On a donc deux candidats qui opèrent une trajectoire inverse pour obtenir pourtant un même avantage. L'un révèle son anxiété et la perte de la grandeur d'Etat qu 'il incarne encore fonctionnellement en se montrant vulnérable et l'autre préfere se mordre la lèvre inférieure et supérieure en tirant la langue subrepticement plutôt que de perdre le costume auquel il s'identifie. Hélas l'habit virtuel qu'il porte ne fait pas le moine, et l'artifice finit par devenir ennuyeux .

Car lorsqu'on s'identifie à la fiction de soi-même à ce point avec le secours d'une idéologie humaniste, que va acheter le français consommateur du futur président ? L'habit blanc de l'angélisme dans son rôle plein de soi, et d'une modeste suffisance de bon aloi? C'est à dire l'inconsistance bien vêtue? Cette attitude est toujours plus dangereuse quand on est au pouvoir car le naturel ressort toujours au triple galop et sans contrôle quand on le réprime à ce point si la République est en danger .

On pourra dire tout ce qu'on veut sur ces vétilles de pouvoir destinées à casser Nicolas Sarkozy mais ce qu'on ne peut pas dire c'est qu'il n'est pas transparent et qu'il ne s'abrite que bien peu derrière le paravent de la fonction. C'est le mousquetaire au front  face au toréador des français...

Mario Draghi socialiste... Ah oui, vraiment ?

Suffit-il que le directeur de la BCE parle de croissance pour qu'il soutienne François Hollande ? La nouvelle d'un Mario Draghi convaincu par le candidat PS a rapidement circulé. Pourtant, dans les faits, il s'inscrirait plutôt dans une réflexion européenne de remise en cause des politiques d'austérité que dans une conversion au socialisme.
A en croire une partie de la presse, le président de la Banque Centrale Européenne aurait apporté son soutien à François Hollande. Le candidat socialiste lui même s'en est félicité (ce qui est de bonne guerre). Ce qui est étrange et dérangeant, c'est que cela ne correspond en rien à la réalité. Mario Draghi a parlé de croissance, certes, mais cela ne suffit pas à conclure qu’il est sur la même ligne que François Hollande, bien au contraire.
Ce qui est vrai, c’est qu’il existe un débat actuellement sur l’austérité. Il ne porte pas sur le principe de l’apurement des comptes publics : depuis les travaux de Rogoff et Reinhart qui montrent que l’excès de dette nuit à la croissance, un consensus existe globalement sur ce point. Aujourd’hui, les questions portent sur les modalités de mise en œuvre des politiques de retours à des finances publiques plus saines (je l’ai rappelé ailleurs). Il s’agit de savoir s’il faut aller plus ou moins vite dans cette action, et s’il vaut mieux augmenter les impôts ou baisser les dépenses (voir les débats sur voxeu, et notamment l’article d’Alesina et Giavazzi, les travaux de l’OCDE, du FMI, cette contribution de The Economist, etc.).
Ce qui est vrai aussi, c’est que plusieurs dirigeants politiques ont souhaité qu’une part plus importante du débat soit accordée à la croissance. Mario Draghi en a été l’exemple hier.
Mais sur les méthodes, les pistes divergent radicalement de ce que propose François Hollande.
En février dernier, douze dirigeants européens (dont MM. Cameron, Monti et Rajoy) ont adressé un courrier à l’Union européenne pour réclamer "de la croissance". Qu’ont-ils écrit ? En résumé, qu’il fallait libéraliser. Ils ont demandé (entre autres) « que soient levées les restrictions qui limitent l’accès et la concurrence » sur le marché des services (Bolkestein is back !), le développement de e-commerce, un système « business-friendly » de protection de la propriété intellectuelle, la poursuite de libre échange, la réduction des charges administratives, la réforme des marchés du travail et le bon fonctionnement des marchés financiers ! Ces propositions n’ont rien d’étonnant. On y retrouve les pistes qu’avaient dessinées Mario Monti dans son rapport pour approfondir le marché unique, ou celles que propose le programme de la Commission européenne : Europe 2020.
C’est bien une politique de l’offre que propose le reste de l’Europe ! Angela Merkel était claire hier à cet égard : l’Europe veut la croissance « par les moyens que Mario Draghi a indiqués, c'est-à-dire des réformes structurelles ». Celles qu’avançaient le rapport Camdessus de 2005, celles de la concurrence que prônait le rapport Attali de 2008.
A ce titre, François Hollande est bien isolé. Car il est tout de même très loin des précédents, avec ses propositions d’augmentation du SMIC, de grand emprunt européen pour financer des « grands projets », de révision des traités communautaires … Il en est encore plus éloigné quand il déclare sur TF1 mardi dernier que s’il est élu « c’en sera fini du libre échange, de la concurrence sans limite ». Enfin, il est à leur opposé quand il s’allie avec un parti comme EELV qui vante la « décroissance ».
Peut-être Monsieur Hollande a-t-il raison et les autres leaders européens tort. Mais c’est un mensonge de faire croire qu’ils sont d’accord !

Comment la gauche a attisé la colère des travailleurs en abreuvant d'aides les inactifs

Le ressentiment du travailleur pauvre vis-à-vis du pauvre sans travail – supposé, à tort ou à raison, ne pas en chercher – est depuis au moins vingt ans un des clivages majeurs de notre société, largement méconnu dans les sphères où se prennent les décisions et récusé totalement dans les hautes sphères du Parti socialiste.
L’ignorance de ce problème dans la classe dirigeante – où, gagnant dix, cent ou cinq cent fois les minima sociaux, on a scrupule, c’est bien compréhensible, à le poser –, constitue une des fractures les plus profondes de la société française actuelle. À tel point que, dès qu’un député, en contact avec le peuple, lui, soulève la question, il se voit tout de suite mis au pilori par les médias et la plus grande partie de la gauche.
Il ne suffit pas de de mettre en cause les sentiments mauvais ("populistes") d’un peuple mal éclairé, plus jaloux de son voisin que des vrais riches. Il ne suffit pas non plus de dire que les fraudes constatées sont peu nombreuses (2,5 % selon la CNAF). Car le problème n’est pas tant celui de la fraude elle-même que des subterfuges légaux qui permettent de percevoir un revenu tenu par le voisinage pour illégitime. Le problème n’est pas tant le RSA en lui-même, qui est effectivement d’un montant modeste, et que bien peu remettent en cause en tant que tel, que son cumul avec toute une série d’autres aides auxquelles ont aussi droit ses bénéficiaires : transport gratuit, logement quasi-gratuit, CMU, tarifs spéciaux d’électricité, exonération de taxe d’habitation, secours sociaux divers. L’un dans l’autre, ils permettent aux titulaires d’atteindre un revenu qui, certes, n’est rien pour le golden-boy ou le journaliste de télévision, mais qui est insupportable au maçon, indigène ou immigré, qui trime 35 heures ou plus par semaine pour ne gagner guère plus. Sans parler de l’agriculteur ou de l’artisan à qui reste un bénéfice de 500 € par mois pour 60 heures de travail par semaine.
Un des effets de cette situation est la dévalorisation du travail. Sans remettre en cause les différentes formes de secours publics, on peut estimer qu’un travailleur à plein temps, un vrai, mérite qu’un différentiel significatif soit maintenu entre son revenu et celui de quelqu’un qui ne travaille pas. Dès que cette différence disparait – voire se renverse, sa dignité de travailleur se trouve remise en cause : un sentiment qui évidemme
Or, contrairement à ce que prétendent les idéologues libéraux, ce n’est pas le "modèle social français" ancestral qui est en cause dans cette situation, mais des décisions prises au cours des trente dernières années, principalement par la gauche.
Le RMI a été instauré par le gouvernement Rocard en 1989, il est assorti d’une aide spéciale aux demandeurs d’asile (qui sont souvent des immigrants clandestins) d’un montant équivalent. Le gouvernement Jospin a instauré le CMU et l’AME (aide médicale aux étrangers). Par la loi du 11 mai 1998, le bénéfice du minimum vieillesse (aujourd’hui allocation de solidarité aux personnes âgées) a été étendu à tous les étrangers, même ceux qui sont venus s’installer en France après 60 ans.
Comment un ouvrier français qui ne peut pas se payer une mutuelle et n’est donc remboursé de ses frais médicaux qu’à environ 60 %, au point que, selon une enquête récente,  plusieurs millions de nos compatriotes renoncent à des soins coûteux (dentaires par exemple) faute d’argent, ne serait-il pas morts de rage de voir un chômeur chronique bénéficiaire de la CMU bénéficier d’un remboursement à 100 %, y compris pour des soins de luxe (PMA, cures thermales) ? D’autant que, pour une administration hospitalière qui ne regarde que la solvabilité, le bénéficiaire de celle-ci a droit à une médecine de première classe (chambre individuelle) et le travailleur sans mutuelle à une médecine de seconde classe (dortoir). Et que peut-on imaginer des sentiments du second quand le premier est un immigré récent, pas nécessairement régularisé ?
Les Français qui s’auto-flagellent ou que l’on flagelle avec leur supposé racisme sont en réalité le peuple le moins raciste qui soit, comme le montre le nombre de mariages mixtes, mais leur système social est si généreux pour les étrangers qu’il suscite des frustrations inconnues dans d’autres pays. Et que dire quand ce sont les mêmes, la gauche morale en l’occurrence, qui sont responsables de cette générosité injuste et irréfléchie  et qui accusent les travailleurs français de xénophobie ?
Toujours dans le même registre, comment demander à un retraité agricole ou artisanal ou à une mère de famille presque dépourvus de retraite, d’accepter qu’un étranger qui n’a jamais travaillé en France, bénéficie d’un minimum vieillesse de 650 euros par mois. Ils n’y ont, eux, pas droit, généralement parce qu’ils sont encore propriétaires de quelque chose. De quoi ? Un petit lopin reçu en héritage ou un modeste pavillon pour l’acquisition duquel lequel ils se seront saignés aux quatre veines tout au long de leur vie et qui leur coûte deux mois de retraite en taxe foncière !
Le RMI n’est pas fondé en soi sur un mauvais principe, mais outre tous les avantages annexes qu’il amène avec lui, il demeure mal contrôlé : au motif de ne pas « constituer un fichier des pauvres », les bonnes consciences de gauche ont refusé qu’il y ait un fichier national des bénéficiaires qui aurait pu faciliter le repérage des abus.

Précisons que les bénéficiaires étrangers de ces différents avantages sociaux ne sont pas nécessairement pauvres : anglais ou américains louant une résidence confortable, par exemple, mais qui cachent soigneusement leurs revenus à l’étranger pour bénéficier en France d’une médecine de meilleure qualité que chez eux et gratuite.
Le fait que ces avantages aient été étendus "généreusement" aux étrangers, qu’ils aient ou non travaillé en France et parfois quand ils sont en situation irrégulière, est entièrement imputable à la gauche. Il est inséparable des hurlements qui accompagnèrent l’idée de "préférence nationale", maladroitement avancée par le Front national, et qui pourtant devrait être une évidence dès lors qu’il s’agit, non pas d’étrangers en général mais de gens n’ayant jamais travaillé.
"L’enfer est pavé de bons sentiments". Il faudra faire un jour le bilan de toutes les tensions qu’une conception pervertie de la générosité, celle qui anime le parti socialiste depuis trente ans, a entrainées dans la société française, tensions qui sont loin d’être résolues, comme le montre les résultats électoraux du Front national et qui ne pourraient que s’aggraver dramatiquement si la gauche revenait au pouvoir.

nt échappe à toute une partie de la gauche bobo qui ne fréquente ni les uns ni les autres.

L’effet Le Pen rend les « invisibles » beaucoup plus visibles…


Un éditorialiste écrivait cette semaine dans un hebdomadaire de gauche, à propos de Marine Le Pen : « Elle a fait une campagne de proximité. Entendez par là que ceux-là même qui détestent ses solutions étaient sensibles à sa façon de poser les problèmes : sans détour. Le plus éloigné du point moyen dans lequel se reconnaît la classe politique tout entière n’était pas Jean-Luc Mélenchon, c’était Marine Le Pen. Le premier a fait rêver, la seconde a fait réagir. Le premier s’est fait le tribun de la République. La seconde le tribun du peuple. Marine Le Pen est la mesure la plus exacte de l’écart qui sépare la classe politique des classes populaires. » Un écart qui va se creusant. Au vu de l’état dans lequel se trouve aujourd’hui leur pays, les Français sont en colère contre les responsables de ce marasme.
Mélenchon s’est pris pour un orateur de la Révolution française. Mettant quelques frissons de Terreur dans ses phrases incantatoires, il a joué à l’équarrisseur égalitaire, revisitant de façon lyrique toute la Mythologie révolutionnaire, sans s’embarrasser le moins du monde de la réalité présente. Au diable la dette et les déficits et vive l’immigration ! Notamment l’immigration musulmane… Son épopée tribunicienne, somme toute assez dérisoire puisque relevant du jeu de rôle, s’est arrêtée dimanche soir. Marine Le Pen maintient elle, plus que jamais, sa présence dans la compétition électorale. Il suffit de lire les commentaires et d’écouter les déclarations de nos hommes politiques. Tous « réagissent » en effet à l’onde de choc provoqué par la candidate du mouvement national.
L’effet Le Pen a eu pour premier résultat de redonner aux « invisibles », ces Français oubliés parce que trop éloignés des préoccupations de la France d’en haut, une visibilité macrocosmique. Du moins aux yeux de la classe politico-médiatique en général et des deux candidats, Hollande Sarkozy, en particulier. Ces deux derniers, depuis lundi matin, se sont d’ailleurs transformés en arpenteurs des terres du Front national, où Marine Le Pen a récolté dimanche les grains de la jeune moisson qu’elle a su faire lever. Les « invisibles » ont de nouveau une apparence et les « innommables » ont retrouvé un nom : celui du peuple de France…
Ségolène Royal ou comment « vamper » les électeurs de Marine Le Pen
Le numéro 2 du Front national, Louis Aliot, se moque avec ironie de cet intérêt subit que Nicolas Sarkozy porte soudain à l’électorat de Marine Le Pen, reprenant à son compte certains thèmes frontistes : « On va peut-être lui livrer une perruque blonde parce qu’il aura ainsi la panoplie complète pour aborder ce second tour. » Avec, pour qu’il ne se trompe pas dans ses discours, le livre de la présidente du Front national : Pour que vive la France…
Pour vampiriser les électeurs du Front national François Hollande lui compte sur tout autre chose qu’une perruque blonde (et surtout pas sur son programme) mais sur son ex-compagne, Ségolène Royal. La Royal contre la Marine ? De quoi exciter la verve des humoristes. Dès dimanche soir la présidente de la Région Poitou-Charentes évoquait, avant tout ses autres camarades, « la nécessité pour le parti socialiste de s’adresser aux électeurs du Front national ». Mercredi matin, celle qui a toujours fonctionné au culot n’hésitait pas à affirmer au micro d’une station de radio, et contrairement à l’engagement martelé tout au long de sa campagne par François Hollande, « que le droit de vote aux étrangers n’a jamais été une priorité pour le parti socialiste ». Hou ! la menteuse… Mais son mensonge vient un peu tard. Dans cette campagne électorale, le vote des étrangers prôné par François Hollande (et inscrit dans son programme) est devenu une sorte de marqueur idéologique du candidat de gauche. Un marqueur qui marque évidemment d’une façon inopportune et défavorable son auteur pour aller « s’adresser » aux électeurs de Marine Le Pen. Une sorte de « tache indélébile » comme dirait Eva Joly. Et qu’à défaut de pouvoir enlever – ce serait une façon trop criante de se déjuger – Ségolène Royal s’évertue d’atténuer.
S’efforçant de déminer le plus possible le terrain pour le candidat de gauche, la fille du lieutenant colonel Jacques Royal essaye aussi de dédiaboliser les électeurs du Front national. Ceux dont Bernard Tapie, alors Héraut du « peuple de gauche » et paré de toutes les vertus qui vont avec cette fonction, avait dit, en 1997 : « Si Jean-Marie Le Pen est un salaud, alors ses électeurs sont aussi des salauds. » Madame Joly, dans son mépris injurieux à notre égard, avait eu, on s’en souvient, de prestigieux prédécesseurs. Mais au moins, Tapie, lui, nous nommait. Il nous appelait par le nom que lui et ses amis de gauche nous donnaient. Cette tirade avait été à l’époque applaudie par toute la nomenklatura de gauche. Avec, bien sûr, parmi les applaudisseurs, un certain François Hollande.
Aujourd’hui, élection oblige, l’heure électorale n’est toutefois plus (momentanément) aux insultes. Mais plutôt aux œillades coquines. Un exercice dans lequel Ségolène Royal excelle. Guignant les 18 % de suffrages frontistes que les politologues estiment issus de la gauche, ou du moins tentant d’empêcher ces voix transfuges de filer vers Sarkozy, les électeurs et électrices lepénistes ne sont donc plus pour l’ex-candidate socialiste à l’élection présidentielle, ni des salauds ni des salaudes. « Ceux qui s’inquiètent des flux de clandestins ne sont pas des racistes », admet-elle. Surtout lorsque ces flux menacent de les submerger. « De plus, ceux qui avaient voté Sarkozy en 2007 se sont sentis trahis par les promesses non tenues sur la valeur du travail ou sur la sécurité. Ils sont donc revenus au FN. » C’est juste. Mais ceux qui ont été floués par Nicolas Sarkozy « sur la valeur du travail » ou sur la sécurité le serait bien plus encore par François Hollande, apôtre des trente-cinq heures et héritier de ceux qui, à travers des organisations comme SOS racisme, ont assuré une quasi impunité à la délinquance ethnique.
Les espaces ruraux, où la candidate du Front national a réalisé de très bons scores, Ségolène Royal les connaît bien. Du moins le prétend-elle. « On trouve là des paysans paupérisés par la crise de l’élevage qui voient disparaître le travail et la raison de vivre de plusieurs générations. Ou des ouvriers – contraints de quitter les centres-villes, trop chers, pour partir vers les zones rurales ou péri-urbaines où ils sont rattrapés par le coût de l’essence et la solitude des territoires désindustrialisés. »
Tout cela est malheureusement vrai. Mais Ségolène Royal, dans l’analyse des raisons (diverses et variées) qui drainent les électeurs vers le Front national, en oublie une, pourtant essentielle. L’adhésion de ces électeurs français à ce qui représente aujourd’hui le cœur du programme FN : la défense du fait national et de l’identité française face au rouleau compresseur de l’euro mondialisme. L’attachement à la nation : c’est-à-dire le contraire de l’internationalisme idéologique et du cosmopolitisme financier qu’incarne si bien le social libéral François Hollande…
La politique économique « fantaisiste » de François Hollande
Si la presse étrangère, notamment anglaise et allemande, est sans illusion sur François Hollande, « qui n’a jamais réussi à enthousiasmer ses partisans » et demeure sceptique devant « la politique économique fantaisiste » du candidat socialiste qui « affaiblirait les perspectives d’un redressement économique de l’Europe et diminuerait encore son poids diplomatique », elle est aussi très critique à l’égard de Nicolas Sarkozy. Rare exception, le journal suisse Le Temps, plutôt indulgent à l’égard du président français. Lundi il écrivait : « Nicolas Sarkozy réalise un mauvais score pour un candidat sortant, mais somme toute honorable dans une Europe traversée par la crise. » Mais dans leur ensemble les journaux étrangers relèvent surtout que « l’addition des scores des candidats hostiles à la mondialisation ou à l’Union européenne représente près d’un tiers des votants ».