TOUT EST DIT

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jeudi 7 mars 2013

Indispensable ? Quand Nicolas Sarkozy envisage son retour avec le même logiciel que celui sur lequel il a construit sa carrière


Dans un article publié dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles ce jeudi, l'ancien président de la République explique qu'il n'a pas envie de revenir en politique et qu'il ne le fera que s'il y est obligé, faute de "solution de recours à droite et à gauche".
La France peut elle se passer de Nicolas Sarkozy ? Assurément non, pour une majorité de sympathisants UMP en tout cas comme le montre le sondage réalisé par l’Ifop, et assurément non pour l’intéressé lui-même ! C’est tout du moins ce qui ressort de l’entretien que l’ancien président a accordé à Valeurs Actuelles, brisant ainsi la cure de silence qu’il s’était imposé depuis son échec à la présidentielle le 6 mai dernier. On ne peut s’empêcher de relever que l’ancien président s’exprime quelques jours après que son ancien Premier ministre, François Fillon, se soit lancé à la conquête des Français, entreprenant une sorte de longue marche à travers la France.
Nicolas Sarkozy ne se livre pas à une interview formelle, mais ses propos sont autorisés à être rapportés. Et si on peut entendre citer sur toutes les ondes la phrase "Que ce soit clair, je n'ai pas envie d'avoir affaire au monde politique, qui me procure un ennui mortel !»,accréditant l’idée qu’il est bel et bien un "retraité de la politique", comme il s’est lui-même défini à New-York, il suffit de compléter la lecture pour comprendre très vite que Nicolas Sarkozy se situe davantage dans l’auto-persuasion que dans l’affirmation.
On ne connait pas Nicolas Sarkozy masochiste ; or il n’a jamais cessé de fréquenter "ce monde politique qui lui procure un ennui mortel", et s’il comble son ennui et assouvit sa soif d’apprendre, en recevant  quantité de chefs d’entreprises, d’écrivains, c’est bien par envie qu’il a gardé le contact avec ce monde politique qu’il dit abhorrer. Et ce ne sont pas uniquement ses fidèles, rassemblés au sein de l’Association des Amis de Nicolas Sarkozy, qui défilent dans son bureau ; on ne compte pas le nombre de parlementaires de l’opposition qu’il reçoit pour parler politique.
C’est que  Nicolas Sarkozy se voit "indispensable". Se rendre indispensable a été le ressort de tout son parcours politique .Tout jeune conseiller municipal, il s’est rendu indispensable auprès du maire de Neuilly de l’époque, Achille Perretti ; il s’est ensuite rendu indispensable auprès de Jacques Chirac au RPR, avant d’en faire de même auprès d’Edouard Balladur, puis à nouveau après de Chirac en 2002. L’est-il toujours aujourd’hui ?
C’est toute la question : "Il y aura malheureusement un moment où la question ne sera plus : avez-vous envie ? Mais aurez-vous le choix ? Ce ne sera pas le moment le plus glorieux pour la France. Il s’agira d’un moment où le pays sera tenaillé entre la poussée de l’extrémisme de gauche et celui de droite parce que François Hollande n’aura pas tenu compte de toute cette France des invisibles et des oubliés. Et puis, il s’agira d’un moment où la droite n’offrira aucune solution de recours. Pas plus que la gauche. Dans ce cas, je ne pourrai pas continuer à me dire : Je suis heureux, j’emmène ma fille à l’école et je fais des conférences partout dans le monde. Dans ce cas, effectivement, je serai obligé d’y aller. Pas par envie. Par devoir. Uniquement parce qu’il s’agit de la France", confie Nicolas Sarkozy qui se fait Cassandre : "On va au-devant d'événements graves. Il y aura une crise sociale. Puis on va se prendre une crise financière d'une violence rare et ça finira par des troubles politiques". Et naturellement, Nicolas Sarkozy serait le seul à pouvoir résoudre les inextricables problèmes de la France. Nicolas Sarkozy, le recours, et non la reconquête !
Battu, Valéry Giscard d’Estaing était revenu "à la base" en se faisant réélire conseiller général, puis en redevenant député. Nicolas Sarkozy juge que ce n’est pas de son niveau ; lui se voit en sauveur de la Nation. Sous quelle forme ? Après une dissolution qui verrait la droite revenir au pouvoir et obligerait François Hollande à remettre son mandat en jeu, comme en rêvent certains de ses proches ? Pas sûr – c’est une litote –  que cette théorie du recours fasse l’unanimité, même dans son camp.
Nicolas Sarkozy a certes fait de son mieux pour tenir pendant la crise de 2008-2009. Mais les partisans de la rupture annoncée sont restés sur leur faim et lui reprochent la timidité de ses réformes. Si aujourd’hui François Hollande est sévèrement critiqué, rien ne permet de prédire qu’il va échouer à terme. Dix mois seulement nous séparent de l’élection présidentielle. L’indispensable Nicolas Sarkozy n’est-il pas tout simplement terriblement impatient ? Notre confrère Yves de Kerdrel cite son conseiller, Patrick Buisson qui, évoquant l’ancien président, dit qu’"un  tigre devient rarement végétarien".  Le tigre donne l’impression de terriblement s’ennuyer dans sa cage planétaire.
QUE LES MEDIA ARRÊTENT DE GLOSER SUR UN HYPOTHÉTIQUE RETOUR DE SARKO,
LA FRANCE NE LE MÉRITE PLUS.

mardi 25 septembre 2012

Est-il bien raisonnable pour le gouvernement de faire semblant de ne pas voir le problème avec la participation des Verts ?

On avait déjà connu le soutien (des communistes) sans participation (au gouvernement socialiste). Est-il venu le temps de la participation (des ministres écologistes) sans soutien (des parlementaires de ce parti) ? A observer le psychodrame qui se déroule actuellement dans la majorité gouvernementale, on est en droit de se poser la question.
Reprenons : jeudi dernier aux Journées parlementaires du PS à Dijon, Jean-Marc Ayrault exhortait la majorité à voter massivement en faveur de ce Traité budgétaire européen. Il s’adressait alors aux membres de l’aile gauche de son parti qui clament ouvertement leur refus d’apposer leur signature à ce texte négocié jadis par Nicolas Sarkozy. Samedi dernier, le Conseil fédéral d’EELV se prononçait à son tour à 70% des suffrages contre le Traité, donnant ainsi consigne à ses élus de voter "non", au grand embarras de Cécile Duflot, et à la fureur de Daniel Cohn-Bendit.
Des ministres désavoués par leur base militante. Voilà réunis les ingrédients d’une crise politique, voire la perspective d'un départ des ministres écologistes du gouvernement, qui sait ? Mais que nenni ! Après avoir envoyé les leaders socialistes à Canossa expliquer que les écologistes ont toute leur place dans l’équipe gouvernementale, c’est Matignon qui est monté au créneau pour expliquer que "leur démission n’était pas du tout à l’ordre du jour" et qu’ils "font pleinement honneur au gouvernement" !
De leur coté, les députés écolos présents au Palais Bourbon clament leur droit à la différence et expliquent à qui veut l’entendre que le Traité ne fait pas partie du pacte majoritaire signé avec le PS. Et sur France 2 la ministre du Logement, Cécile Duflot, a déclaré qu’elle resterait à son poste tant qu’elle serait "utile". "Ma position est très simple, être ministre, ça veut dire s'appliquer un principe de solidarité gouvernementale. Je soutiens (donc) le gouvernement. La question du départ des ministres écologistes du gouvernement ne se pose pas". Désavoue-t-elle pour autant ses amis ? On le devine, mais la ministre du Logement a pratiqué l’esquive en maniant la casuistique à haut débit (verbal).
Fin du premier acte, mais pas fin de l’épisode, car cette polémique va se poursuivre jusqu’au vote (sous les quolibets de l’opposition), et on verra probablement le groupe écologiste se diviser sur ce texte à l’Assemblée. Mais Jean-Marc Ayrault a d’autres chats à fouetter et il n’a qu’une hâte : en finir avec cette affaire au moment où il doit faire passer la pilule du budget et ses augmentations d’impôts ! Provoquer une crise et une remaniement aujourd’hui serait contre-productif et affaiblirait sa majorité.
Car tout le monde se tient par la barbichette : lorsque les écologistes se retranchent derrière leur cohérence, ils n’ont pas tout à fait tort : on leur demande aujourd’hui d’approuver un texte que toute la gauche refusait hier. Pendant la campagne présidentielle François Hollande n’affirmait-il pas qu’il renégocierait le Traité s’il était élu ? Une fois à l’Elysée, le président de la République a dû se rendre à la raison : le Traité imposant des budgets en équilibre aux pays membres n’a pas été modifié. François Hollande a certes obtenu le déblocage d’un fonds de 120 milliards d’euros pour relancer l’économie européenne. C’est au nom de cet argument que l’opposition d’hier devenue majorité, accepte (avec plus ou moins d’enthousiasme), de l’approuver ce Traité. Mais divisez 120 milliards par 27 (pays membres) : la somme dévolue à la France sera inférieure au montant du grand emprunt lancé par Nicolas Sarkozy !
Si dans la majorité tout le monde est tellement désireux de "mettre le couvercle sur la marmite", c’est parce que cette crise larvée est révélatrice du comportement des écologistes, partenaires privilégiés du PS. Ils ont beau avoir changé de nom et s’appeler désormais Europe-Ecologie les Verts, ils sont, comme l’a dit avec amertume un de leur père fondateur Daniel Cohn-Bendit, restés  "Les Verts". C’est-à-dire un parti gauchiste et intransigeant, où le compromis ne sert que les ambitions personnelles. Cécile Duflot rêvait d’être ministre. Elle a obtenu son portefeuille de ministre du Logement et a mis sa muselière. Irréprochable en apparence. Ses amis mènent la vie dure au gouvernement ? Sous la Vème République les ministres ne sont en théorie pas les représentants de leur parti politique, même s’ils en sont ou en ont été les dirigeants. Elle peut donc s’en laver les mains !
A l’époque de la gauche plurielle, quand Lionel Jospin était Premier ministre, les députés communistes, lorsqu’ils étaient en désaccord avec le gouvernement, faisaient trainer la discussion et s’abstenaient au moment du vote, mais n’ont jamais voté contre un projet gouvernemental. Qu'en sera-t-il lorsque les écologistes seront en désaccord avec un texte gouvernemental et non plus un Traité signé par des prédécesseurs ? Cécile Duflot affirme qu’elle restera au gouvernement tant qu’elle sera utile. Et indispensable ?

dimanche 15 juillet 2012

Le volontarisme sur les dossiers chauds poussera-t-il François Hollande à oublier sa promesse de ne pas être un hyper-President ?

Le Président de la République aurait bien voulu ce samedi rappeler qu'il fixe les grandes orientations politiques, mises en œuvre par le Premier ministre. Mais l'urgence de la situation -à commencer par le plan social annoncé par PSA- risque de l'obliger à mettre les mains dans le cambouis.
Les Français auront-ils été sensibles au fait que l’interview du 14 juillet ne se déroule pas à l’Elysée, mais à 500m du palais présidentiel, à l’Hôtel de la Marine, sis rue Royale ? Pas sûr ! Car rien ne ressemble plus à une table en plexiglas posée dans le salon d’un bâtiment historique situé à proximité de la place de la Concorde qu’à une table fabriquée dans le même matériau installée dans le bureau présidentiel.
Mais  François Hollande ne s’était-il pas engagé à ne pas « convoquer » les journalistes à l’Elysée ? En tous cas, ce retour à la tradition de l’interview du 14 juillet coïncide avec le retour du Président de la République sur la scène intérieure. Depuis son arrivée à l’Elysée, il avait  été « aspiré par les rencontre internationales », et en ces temps de conjoncture sociale morose, l’entretien télévisé du 14 juillet lui a opportunément donné l’occasion de dire aux Français que sa grande priorité demeure l’emploi. L’occasion aussi de faire la mise au point (attendue) sur les bisbilles familiales qui ont débordé sur la vie politique. « Les affaires privées doivent demeurer dans la sphère privée », a-t-il déclaré, ne voulant visiblement pas s’attarder sur ce sujet qui passionne les Français et les médias. Il ne lui reste qu’à être entendu.
Avec cette interview marquant une nouvelle rupture avec l’ère sarkozienne, François Hollande voulait rappeler la philosophie de sa présidence : fixer les grandes orientations « conformément à ses engagements devant les Français », en laissant au Premier Ministre et au gouvernement  le soin de les mettre en œuvre. Une théorie qui va forcément devoir s’affiner, car on imagine mal le volontarisme affiché s’accommoder d’une distanciation par rapport aux dossiers chauds. A commencer par le cas PSA, dont le plan social est qualifié d’inacceptable par François Hollande, qui réclame une « renégociation » : il va d’ailleurs recevoir les salariés du constructeur, exige le reclassement de tous les salariés, veut qu’Aulnay reste un site industriel et que le site de Rennes soit pérennisé. Mais si la direction de PSA peut s‘attendre à être clouée au pilori à propos de ses choix stratégiques antérieurs, force est de reconnaitre que l’industrie automobile française souffre d’un manque de compétitivité.
Pour François Hollande le mot n’est plus  tabou : on l’a déjà entendu évoquer la compétitivité de l’industrie française en début de semaine, au moment de l’ouverture de la Conférence sociale. Pour l’automobile il y a urgence : un plan stratégique va donc être rapidement mis sur pied pour être dévoilé avant la fin du mois. Un plan qui doit, selon lui, coûter le moins possible au contribuable (pas question d’une nouvelle prime à la casse), mais qui doit rendre les voitures françaises plus attractives grâce à l’innovation mais aussi grâce à leur prix ; et voilà reposée la question du coût du travail, avec la lancinante interrogation sur une hausse de la CSG, pour alléger les charges sociales, la TVA sociale ayant été abandonnée.
Pour l’heure François Hollande « se refuse » à une hausse de la TVA. Mais comme il va falloir alléger le coût du travail - pas uniquement dans l’automobile - et trouver 33 milliards d'euros pour atteindre les objectifs fixés par le pacte de stabilité budgétaire, il faudra bien dégager d’autres ressources, les seules taxations à 75% des revenus de plus d’un million d’euros par an et l’abrogation du bouclier fiscal n’y suffisant guère.
En ce 14 juillet, François Hollande s’est aussi voulu pédagogue ; il prépare les Français à des lendemains difficiles qui contraindront le nouveau pouvoir à des révisions déchirantes, et la plupart des  contribuables à des sacrifices. C’est pourquoi « l’effort juste » réclamé par François Hollande empruntera peut-être (aussi) la voie de la hausse de la TVA. Pour faire passer la pilule, le Chef de l’Etat compte sur l’exemplarité de la moralisation de la vie publique qu’il veut engager, avec la contribution de Lionel Jospin à la tête d’une commission ad hoc. Maigre consolation quand les plans sociaux déferlent sur le pays !
Les Français auront-ils été sensibles au fait que l’interview du 14 juillet ne se déroule pas à l’Elysée, mais à 500m du Palais Présidentiel, à l’Hôtel de la Marine, sis rue Royale ? Pas sûr ! Car rien ne ressemble plus à une table en plexiglas posée dans le salon d’un bâtiment historique situé à proximité de la place de la Concorde qu’à une table fabriquée dans le même matériau  installée dans le bureau présidentiel. Mais  François Hollande ne s’était-il pas engagé à ne pas «convoquer» les journalistes à l’Elysée ? En tous cas ce retour à la tradition de l’interview du 14 juillet coïncide avec le retour du Président de la République sur la scène intérieure. Depuis son arrivée à l’Elysée, il avait  été «aspiré par les rencontre internationales», et en ces temps de conjoncture sociale morose, l’entretien télévisé du 14 juillet lui a opportunément donné l’occasion de dire aux Français que sa grande priorité demeure l’emploi. L’occasion aussi de faire la mise au point (-attendue) sur les bisbilles familiales qui ont débordé sur la vie politique. «Les affaires privées doivent demeurer dans la sphère privée », a-t-il déclaré, ne voulant visiblement pas s’attarder sur ce sujet qui passionne les Français et les media. Il ne lui reste qu’à être entendu.
 Avec cette interview marquant une nouvelle rupture avec l’ère sarkozienne, François Hollande voulait rappeler la philosophie de sa présidence: fixer les grandes orientations «conformément à ses engagements devant les Français», en laissant au Premier Ministre et au gouvernement  le soin de les mettre en œuvre. Une théorie qui va forcément devoir s’affiner, car on imagine mal le volontarisme affiché s’accommoder d’une distanciation par rapport aux dossiers chauds. A commencer par le cas PSA, dont le plan social est qualifié d’inacceptable par François Hollande qui réclame une « renégociation » : il va d’ailleurs recevoir les salariés du constructeur, exige le reclassement de tous les salariés , veut qu’Aulnay reste un site industriel et que le site de Rennes soit pérennisé. Mais, si la direction de PSA peut s‘attendre à être clouée au pilori à propos de ses choix stratégiques antérieurs, force est de reconnaitre que l’industrie automobile française souffre d’un manque de compétitivité. Pour François Hollande le mot n’est plus  tabou : on l’a déjà entendu évoquer la compétitivité de l’industrie française en début de semaine, au moment de l’ouverture de la Conférence Sociale. Pour l’automobile il y a urgence : un plan stratégique va donc être rapidement mis sur pied pour être dévoilé avant la fin du mois. Un plan qui doit, selon lui, coûter le moins possible au contribuable (-pas question d’une nouvelle prime à la casse), mais qui doit rendre les voitures françaises plus attractives grâce à l’innovation mais aussi grâce à leur prix ; et voilà reposée la question du coût du travail, avec la lancinante interrogation sur une hausse de la CSG, pour alléger les charges sociales, la TVA sociale ayant été abandonnée. Pour l’heure François Hollande « se refuse » à une hausse de la TVA .Mais comme il va falloir alléger le coût du travail , pas uniquement dans l’automobile et aussi trouver 33 milliards pour atteindre les objectifs fixés par le pacte de stabilité budgétaire, il faudra bien dégager d’aussi ressources, les seules taxations à 75% des revenus de plus d’un million d’euros par an, et l’abrogation du bouclier fiscal n’y suffisant guère. En ce 14 juillet, François Hollande  s’est aussi voulu pédagogue ; il prépare les Français à des lendemains difficiles qui contraindront le nouveau pouvoir à des révisions déchirantes, et la plupart des  contribuables à des sacrifices. C’est pourquoi « l’effort juste » réclamé par François Hollande empruntera peut-être (-aussi) la voie de la hausse de la TVA .Pour faire passer la pilule, le Chef de l’Etat compte sur l’exemplarité de la moralisation de la vie publique qu’il veut engager, avec la contribution de Lionel Jospin à la tête d’une commission ad hoc. Maigre consolation quand les plans sociaux déferlent sur le pays !

lundi 18 juin 2012

Vague rose et décapitations de personnalités : un paysage politique bouleversé


Dans une démarche relevant à la fois de la logique et du fatalisme, les électeurs ont donné une large majorité à François Hollande en élisant une Assemblée où le Parti Socialiste détient à lui seul la majorité absolue. Le Front National fait son retour à l’Assemblée avec deux élus, Gilbert Collard et Marion Maréchal Le Pen, la présidente du FN, Marine Le Pen ratant de peu son élection à Hénin-Beaumont . La droite est décimée, victime d’un double phénomène : politique, bien sûr, mais aussi générationnel, et le centre droit ressort très affaibli de ce scrutin qui a vu François Bayrou mordre la poussière dans son Béarn natal et le président du groupe nouveau Centre à l’Assemblée, Yvan Lachaud défait dans le Gard. La défaite la plus spectaculaire est celle de Ségolène Royal à La Rochelle. La présidente du conseil régional de Poitou-Charente, intronisée par le maire de la Ville qui ne se représentait pas, a fait l’objet d’un véritable vote rejet de la part des électeurs rochelais qui ont accordé 60% de leurs suffrages au dissident Olivier Falorni. A Boulogne-Billancourt  l’ancien Ministre de l’Intérieur Claude Guéant est victime d’un phénomène semblable. D’anciens ministres de Nicolas Sarkozy sont battus, dont Michèle Alliot-Marie à Biarritz, Nadine Morano à Toul. Nathalie Kosciusko-Morizet et Xavier Bertrand tirent leur épingle du jeu de justesse, mais ont résisté à la «  fatwa » du Front National qui avait appelé à les faire battre.
François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont toutes les cartes en main pour « conduire le changement ». Le premier Ministre a déclaré vouloir rassembler toutes les énergies « pour réorienter l’Europe vers la croissance et préserver la zone euro de la spéculation ». Il a d’ores et déjà prévenu «  rien ne sera facile…la situation est difficile…mais nous avons des atouts », a-t-il encore ajouté, laissant présager des lendemains moins roses. Pour l’heure le Premier Ministre peut se réjouir du succès remporté par les membres de son équipe qui briguaient un siège de député ; ils sont tous élus ou réélus, ce qui devrait réduire l’ampleur du remaniement ministériel annoncé pour l’après-législatives.
A l’UMP l’heure des comptes va également sonner . Confortablement réélu à Meaux Jean-François Copé voit son leadership contesté par François Fillon qui a annoncé dès son élection connue «  qu’il entend prendre toute sa part à la reconstruction de l’opposition ».Les lendemains de défaite sont toujours difficiles pour les perdants. 

Mise à jour 20H

François Hollande souhaitait un vote de cohérence ; il a été entendu. La gauche obtient une large majorité, qui lui permettra -sur le papier du moins-, de mener ses réformes à bien. Les électeurs sont restés sourds aux appels des dirigeants de la droite qui les appelaient à « ne pas mettre tous leurs oeufs dans le même panier ». Ils jugeront sur pièce. Pour l’heure , à la lumière des résultats connus, les ministres en lice ont été élus ou réélus. Une seule incertitude pour le moment, elle concerne la 5e circonscritption des Bouches du Rhone où Marie-Arlette Carlotti  tente de battre le député sortant UMP, Renaud Muselier. Mais ce soir c’est moins l’abstention record que la série de coups de tonnerre qui ont balayé le ciel politique, qui marquent les esprits  parce qu’ils vont bouleverser le paysage politique français, avec le retour du Front National à l’Assemblée Nationale et l’élimination de plusieurs figures de la politique française. Les anciennes Ministres Michèle Alliot-Marie et Nadine Morano, sont battues dans les Pyrénées Atlantiques et en Meurthe-et-Moselle. A gauche, Jack Lang mord la poussière. En dépit de ses déclarations Ségolène Royal, la présidente du Conseil Régional de la région Poitou-Charentes, sévèrement battue à La Rochelle. Elle voit  son avenir politique obstrué. Autre grand  battu,  François Bayrou, le troisième homme de 2007 qui rêvait de gouverner la France au Centre , est lui aussi  remercié par ses électeur  dans son propre fief où il était élu sans discontinuer  depuis 1986.Il a annoncé qu’il va prendre le recul qui s’impose .Le président du groupe centriste à l’assemblée nationale, Yvan Lachaud subit le même sort dans le Gard, et dans l’ensemble c’est la survie du Centre qui est aujourd’hui en question, avec une France très bipolarisée.

mercredi 23 mai 2012

Selon que vous êtes au pouvoir ou dans l'opposition, la cohabitation vous paraîtra blanche ou noire…

Les socialistes et l'UMP ont des arguments bien différents pour convaincre les électeurs d'aller voter aux élections législatives.
Quelle sera la couleur de l’Assemblée qui sortira des urnes les 10 et 17 juin  prochains? L’incertitude qui pèse sur l’issue des scrutins des 10  et 17 juin est d’autant plus grande que Marine Le Pen, forte de ses 17,9% de voix de la présidentielle, espère pouvoir maintenir un maximum de candidats au second tour pour provoquer des triangulaires. Et quand ce ne sera pas le cas, elle appellera à faire battre les candidats, de droite ou de gauche, que le FN  jugera particulièrement « nuisibles », comme elle l’a expliqué hier à Metz.  Dans ce contexte national mouvant, peut-il y avoir une vague rose ? Ou bien est-ce une courte majorité de gauche voire une majorité relative qui sortira des urnes ? Et pourquoi pas carrément une majorité de droite, obligeant François Hollande à subir une cohabitation ? Personne ne l’envisage sérieusement, mais  à Droite certains spécialistes de la carte électorale estiment que l’hypothèse n’est pas totalement à exclure. Et au sein de la nouvelle Majorité Présidentielle, même si l’on se montre plutôt serein, on se garde d’afficher une trop grande confiance, car  pour les dirigeants socialistes rien ne serait pire qu’une cohabitation imposée à un Président nouvellement élu.
D’où les appels à la mobilisation et une certaine dramatisation. Devant les députés socialistes sortants réunis pour le lancement de la campagne législative, Martine Aubry, aux cotés de Jean-Marc Ayrault,  a lancé : "Si nous n’avons pas de majorité à l’Assemblée Nationale, le changement , c’est fini ! C’est stop ou encore" !  Même tonalité chez  le Premier Ministre qui a  plaidé en faveur d’un "vote de cohérence" car  "le Président de la République, comme les ministres du gouvernement que je dirige, ne pourront s’engager sur la voie du changement que s’il existe une majorité forte, solide et cohérente". Jean-Marc Ayrault a brossé un sombre tableau de ce que serait, selon lui,  une cohabitation : "l’application du programme de la Droite, qui prévoit dès l’automne prochain une nouvelle augmentation de la TVA, alors que nous voulons une réforme fiscale juste ; ce serait la poursuite de la réduction des effectifs dans l’Education Nationale alors que nous voulons donner de nouveaux moyens au plus bel outil de l’égalité des chances ; ce serait l’austérité généralisée alors que nous voulons lier rigueur de gestion et croissance pour tous". Autant d’arguments que les candidats vont relayer sur le terrain.
De l’autre coté de l’échiquier, ce n’est plus l’argument du rééquilibrage des pouvoirs qui est mis en avant pour appeler les électeurs à voter pour les candidats de droite. Les dirigeants UMP et Nouveau Centre sont à l’unisson pour dramatiser eux aussi, mais pour expliquer à l’inverse qu’une cohabitation, c’est la seule façon d’empêcher "l’irréparable", (Jean-François Copé dixit), que provoquerait la mise en œuvre des engagements de François Hollande : "matraquage fiscal, refus de la Règle d’Or, démantèlement de la filière nucléaire, et retour de la retraite à 60 ans". François Fillon n’est pas en reste qui déclare qu’il faut "tout faire pour empêcher la mise en œuvre du programme socialiste".
Requinqués par le bon accueil reçu auprès de leur électorat  ,  les dirigeants de  Droite sont à l’offensive contre "un programme inapplicable et inadapté" ; ils  fustigent les premières annonces gouvernementales , notamment le retour de la semaine de 5 jours pour les élèves  du primaire , et brandissent les accusations de laxisme et d’angélisme contre le gouvernement, et singulièrement Christiane Taubira, la nouvelle Garde des Sceaux, qui veut supprimer les tribunaux correctionnels spéciaux pour mineurs de 16 à 18 ans . L’accent est aussi mis sur les conséquences "désastreuses pour nos finances publiques et pour les  classes moyennes de notre pays" que provoquerait un retour en arrière  de la réforme des retraites.
Si Jean-Marc Ayrault reconnait que "la droite est dans son rôle lorsqu’elle demande aux électeurs de défaire en juin, ce qu’ils ont décidé en mai", le Premier Ministre veut à tout prix éviter qu’on en arrive à cette situation, et il va s’engager activement dans cette courte campagne pour l’élection ou la réélection des députés socialistes. Il faut dire qu’une cohabitation au lendemain de l’élection présidentielle, ce serait un cas de figure pour le moins inédit. Inimaginable ? En tous cas pas inenvisageable dans la Constitution de la 5e République ! 

vendredi 27 avril 2012

La vague portant un « Président Ikea » va-t-elle déferler au milieu d’une OPA Le Pen sur la droite ?

C’est ce que suggère la couverture du Nouvel Observateur sur laquelle s’étale un photomontage avec la tête de Nicolas Sarkozy a moitié immergée dans une mer dont les vaguelettes sont annonciatrices de mer agitée. Pour les Inrockuptibles, Nicolas Sarkozy est "dans le creux de la vague" Et puis il y a "la vague Bleu Marine " qui inonde tous les journaux. Le Point annonce la couleur : quel que soit le vainqueur ce sera " Bonjour les Ennuis " !

Toujours le Fouquet’s

Marianne qui a bouclé de bonne heure dimanche soir, ne disposait certainement pas des résultats définitifs du premier tour de scrutin, puisque l’hebdomadaire annonce sans hésiter " Fin " pour Nicolas Sarkozy. Et ils se défoulent sur ce Président qu’ils détestent aujourd’hui après l’avoir admiré ! " Ce n’est pas trop tôt " écrit Jacques Julliard dans on éditorial qui analyse " que la défaite de Sarkozy est sans doute moins dans celle de son bilan que celle de sa personne. Ce que les électeurs ont condamné sévèrement, plus sévèrement que ses échecs économiques et sociaux, c’est son arrogance. Le Fouquet’s lui a nui plus que le triple A".
Et les journalistes Nicolas Domenach et Laurent Neuman analysent ce que l’on pourrait qualifier de chronique d’une défaite annoncée, sur le mode " on vous l’avait bien dit " : " Sa fin de règne était écrite. Elle se lisait, elle s’annonçait non seulement dans une arrogante et suicidaire stratégie de campagne droitière, non seulement dans la crise qui entraine partout l’échec des gouvernants, non seulement dans le désir d’alternance que provoque près de vint ans de pouvoir de droite, mais encore dans les débuts mêmes qui portaient avec eux la condamnation du sarkozysme : le Fouquet’s, le bling-bling, le bouclier fiscal… La vulgarité blasphématoire et l’injustice antirépublicaine de cette présidence des riches ne pouvaient, dans ce pays d’égalité, que provoquer la chute d’un roi de clinquant qui ne fut jamais un monarque républicain ! "

Sur le papier, "j’ai perdu cette élection"

Nicolas Sarkozy aurait donc dû lire davantage Marianne puisque, rappelle le journal, dès 2010, au lendemain des régionales, il titrait déjà sur " Le divorce entre Sarkozy et les Français ". Mais si Nicolas Sarkozy a échoué, c’est parce qu’il n’a pas fait la bonne campagne, et refaire 2007 : " Il aurait fallu écrire une autre aventure, réinventer une légende qui l’élèverait, et avec lui, le peuple de France, au-dessus de la précédente " … la campagne "à Droite toute ", inspirée par Patrick Buisson, n’a pas marché en 2012. Et d’en rajouter sur l’aveuglement du président qui a "mésestimé François Hollande" la baudruche dont il avait prophétisé l’explosion, qui "s’obstinait à ne pas se dégonfler... A force de répéter que Hollande était inconsistant, mou, sans envergure, nul et qu’il allait l'exploser, l’atomiser, le pulvériser, Sarkozy s’est lui-même amoindri et affaibli, puisque ni ses condamnations expéditives ni ses prophéties fulminantes ne se réalisaient. " Et vlan !

Même analyse dans le Nouvel Observateur qui s’interroge : " A revoir le film de ces derniers mois depuis la fin de l’été 2011, on finit par se poser la question : " Sarkozy avait-il vraiment envie d’y aller ? ...  A-t-il redouté cette campagne plus qu’on ne l’a pensé ? … " et de rappeler que fin 2011, Nicolas Sarkozy confiait à Gehrard Schroeder : "Sur le papier j’ai perdu cette élection. " Carole Barjon s’abrite derrière " les politologues " pour écrire que " la défaite de Nicolas Sarkozy était inscrite dans les faits depuis longtemps. L’ostentation dans son rapport à l’argent, l’étalage de sa vie privée, sa familiarité excessive et son agressivité, contraires à l’idée qu’on se fait du comportement d’un chef d’Etat... Ses effets d’annonce permanents auraient été, selon eux ( les politologues ), autant de péchés dont "Sarkozy ne pouvait pas se remettre ". Et l’Obs nous confie que " dans le cercle de ses conseillers, la guerre fait rage entre Patrick Buisson et Henri Guaino, exaspéré par la ligne droitière de la campagne et les attaques incessantes contre François Hollande. "

Une mollesse redoutable

Mais qui est-il donc ce François Hollande si méconnu ? Deux portraits à lire pour mieux connaître celui qui a de fortes chances de devenir président de la République. Dans Marianne, Denis Jeambar revient sur le parcours " hors norme " de celui qu’il décrit comme européen, "socialiste sans être embrigadé" qui se veut un président normal :
" Personne n’a compris que cet homme gérait sa carrière politique avec la précision et la patience d’un concepteur de puzzle. D’une subtilité constante, il a découpé sa personnalité en une multitude de pièces sur lesquelles se sont acharnés les observateurs et ses rivaux, oubliant au passage de s’intéresser à l’ensemble du personnage. En particulier à l’ampleur de son ambition… Ainsi a-t-il dérouté son monde. Personne, donc, ne voulait croire au destin d’un simple fantassin annonçant par avance, qu’il serait un président IKEA, un chef d’Etat à la suédoise, revendiquant la dignité de la fonction présidentielle tout en récusant sa majesté. Nul n’envisageait le succès de cette alchimie nouvelle : la rencontre d’un homme normal avec un peuple, un homme qui " depuis trente ans, trompe sans perversité médias et concurrents. Malgré les apparences de modestie, il n’a cessé de vouloir gravir les sommets de l’Etat. Il a l’ambition chevillée au corps des alpinistes himalayens : aller toujours plus haut …C’est un ambitieux qui se fixe les objectifs les plus élevés sans être possédé par l’ivresse de lui-même… La normalité n’est pas chez François Hollande, une simple posture anti-sarkozyste"…
D’ailleurs, précise le portraitiste, " même Nicolas Sarkozy s’est égaré sur sa personnalité ". Dans le Point, c’est l’historien Richard Millet, corrézien authentique qui scrute la personnalité de François Hollande, dont la Corrèze, " lieu de légitimation politique, " a fait un " radical socialiste " et dont " le roman reste à écrire puisqu’il s’inscrit parfaitement dans cette province dont on regrette qu’aucun romancier français, nul cinéaste depuis la mort de Chabrol, ne daigne s’emparer… François Hollande, dont le débit et le ton retrouvent en campagne celui de François Mitterrand, avec une gestique plutôt chiraquienne, n’est pas un littéraire. Les vœux que je reçois de lui sont pauvrement rédigés, quelquefois fautifs… "
Et d’insister :
" On me répète… qu’il est non pas rond mais fade. La fadeur comme principe de gouvernement ? Celle du radical-socialisme ? Celle de l’Europe post-historique ? Chacun le sait : la France veut être gouvernée au centre gauche, c'est-à-dire nulle part. Un pays ingouvernable, donc. C’est pourquoi Hollande évite tout débat sur l’immigration, pourtant seul sujet crucial avec la crise financière…On le dit mou ; c’est un bruit habile : en politique, il faut se méfier des réputations : la mollesse y est aussi redoutable qu’une eau dormante… " A méditer !

Du caractère, François Hollande en aura bien besoin dès le 7 mai au matin, car d’après Le Point, les ennuis commenceront immédiatement.
" Depuis plusieurs semaines, Nicolas Sarkozy joue la peur. Une éventuelle élection de François Hollande serait une catastrophe, dit-il. Les marchés ne veulent pas d’un socialiste à la tête du pays. C’est de bonne guerre mais c’est faux. Les marchés financiers n’ont aucun affect. En 1997, à l’arrivée de Lionel Jospin, la Bourse n’a pas été clouée au sol. Bien au contraire …" Mais aujourd’hui, à cause des déficits abyssaux, " dans les deux camps, on se prépare à une nouvelle attaque des marchés aussitôt l’élection passée "…
D’après le journal, les deux ont déjà leur plan de bataille en poche, et Romain Gubert croit aussi savoir que " les agences de notation laisseront du temps à Hollande pour constituer une équipe stable après les législatives, puis donner ses premières orientations budgétaires pour la loi de Finances 2013, c'est-à-dire à l’automne. Tout en guettant le moindre faux pas. Chez Hollande, on sait déjà qu’il faudra donner des signes, vite, très vite, pour faire comprendre aux marchés, même si cela n’a pas été dit pendant la campagne, comment la France, va, dans le détail, tenir ses engagements… "
Le candidat y est fermement invité par "les Gracques " ce Think Tank de gauche qui appelle, comme en 2007, à une majorité élargie au centre et invite les électeurs de François Bayrou à voter pour Hollande. Dans une tribune publiée par l’hebdomadaire, ils dressent la feuille de route pour " retrouver la croissance : il faudra beaucoup de concret et d’exemplarité...  Nous dépensons trop et mal. Résultat : nous laissons aux jeunes le chômage, la dette, le financement de la retraite et de la santé. Les candidats visitent les hauts fourneaux mais ce sont les nouvelles technologies, les énergies renouvelables et l’innovation qui sont les leviers de la croissance. La hausse de la fiscalité ne résoudra pas tout : ce sont nos entreprises qui créent des emplois, pas nos impôts. Il faudra donc réduire certaines dépenses publiques, favoriser la croissance par l’investissement, encourager les entrepreneurs de demain. Ce qui fut peu dit dans la campagne, trop peu ". Maintenant c’est dit.

Le raid de Marine Le Pen sur la droite

Vos journaux s’inquiètent de la montée de Marine Le Pen. C’est " le cri des orphelins " analyse dans l’Express, Christophe Barbier à propos des 6, 4 millions de voix obtenues par la candidate FN.
" Tant que le pouvoir n’aura pas amélioré leur vie quotidienne, les Français d’en bas et ceux d’en dessous continueront à voter aux extrêmes. Marine Le Pen les appelés les invisibles : cette fois on les a vus…les citoyens lepénisés sont des orphelins de la République, de son école qui aidait les enfants à dépasser leurs parents, de son creuset qui banalisait l’immigration, de son ordre qui était la première égalité, de son mérite qui limitait privilèges et parasitages ", écrit-il.
Ces temps là sont révolus. Forte de son succès Marine Le Pen veut faire un raid sur la droite (Le Point ), ou la casser ( Le Nouvel Observateur), ou encore " faire une OPA " sur la droite ( l’Express). D’après ce journal, " l’objectif est clair :miser sur l’implosion de l’UMP pour obtenir des députés aux législatives de juin et tenter d’attirer des élus souverainistes dans le cadre d’un "rassemblement bleu marine ". Pour s’imposer elle parie sur une guerre des chefs à droite… "  Le journal qui affirme que les " travaux d’approche " ont commencé dans certaines fédérations, cite Nicolas Say, un des porte-paroles FN : " Avec une vague rose et un FN fort, on ratiboise l’UMP ".

Et demain ?

Les Inrocks s’intéressent à la "Relève féminine à gauche" en couverture. Vous les avez vues et entendues pendant la campagne : la députée PS des Deux-Sèvres, Dephine Batho, l’élue lyonnaise Najat Vallaud Belkacem, deux des porte-paroles du candidat, la députée de Moselle Aurélie Filipetti, Madame Culture et Fleur Pellerin, madame Numérique du candidat, font partie du "Girl Power "de François Hollande.

Le Plus…

En lisant l’Express vous saurez lequel des deux candidats est le plus menteur, le plus versatile, le plus expérimenté, le plus ambitieux, le plus provocateur, le plus dépensier, le plus drôle, le plus macho ( les deux ! ), le plus copieur, le plus imaginatif, le plus répressif, le plus mitterrandien, le plus gaulliste, le plus chiraquien ?

Les mêmes

Au financier Georges Soros, à qui on demande sa préférence entre Hollande et Sarkozy : " Si j’en avais une je ne vous le dirais pas, mais au final, je ne pense pas qu’il y ait tant de différences. "

Et après ?

D’après Le Point, François Hollande, s’il est élu, veut créer un " énorme pôle de l’Education qui comprendrait à la fois la Jeunesse, le Sport, l’Université et la Recherche... et d’après le Nouvel Observateur, les " hollandais historiques "( Bruno Le Roux, André Vallini, Stéphane Le Foll, Faouzi Lamdaoui, Jean-Yves Le Drian) se demandent s’ils ne seront pas oubliés au moment de la distribution des récompenses si leur poulain est élu, car il faudra faire de la place à leurs anciens adversaires internes, Fabius, Valls, Aubry, Moscovici.



lundi 23 avril 2012

Nouvelle ère ? Les cartes rebattues par le premier tour

En position de favori, François Hollande, arrivé en tête, repart en campagne en Bretagne et Nicolas Sarkozy sera en Touraine cet après midi. Après les surprises du premier tour, c'est une nouvelle campagne qui commence.
Dimanche soir, avant de s’exprimer, les deux finalistes ont longuement étudié -pour en tirer les enseignements-  les résultats de ce premier tour qui n’a pas manqué d’apporter son lot de surprises.
La première réside dans le taux de participation : moins de 20% d’abstentions alors que les estimations ne pronostiquaient guère plus de 70% de votants. Cette affluence aux urnes est venue contredire le désintérêt que les Français disaient éprouver pour les thèmes qui ont jalonné la  campagne. Mais ils n’ont pas négligé pour autant l’occasion qui leur était offerte  de s’exprimer ! L’autre surprise qui n’est pas sans lien avec la première, c’est le score de Marine Le Pen : la candidate du Front National rafle la troisième place avec plus de 18% des voix, et réalise ainsi un résultat jamais atteint par son parti.
Vote de crise, comme le clamait dès 20h le Secrétaire Général de l’UMP, Jean-François Copé, avant que l’expression ne soit reprise par le président-candidat ? Ou vote rejet comme le décryptent  les partisans de François Hollande, de Jean-Luc Mélenchon et… de Marine Le Pen. Nicolas Sarkozy dit avoir entendu l’ « inquiétude des Français face à ce nouveau Monde » et comprendre leurs angoisses. Mais, arrivé en seconde position ,du jamais vu pour un président qui sollicite un nouveau mandat, il est loin d’être le favori de ce deuxième tour et se retrouve en position de challenger face à François Hollande.
Le candidat socialiste qui estime que ce premier tour est « une sanction  du quinquennat » s’estime le mieux placé pour l’emporter le 6 mai. Fort du désistement d’Eva Joly et de Jean-Luc Mélenchon qui « veut tourner la page des années Sarkozy », François Hollande affronte ce deuxième tour avec un avantage arithmétique face à Nicolas Sarkozy. Il a subrepticement adressé un message aux électeurs de François Bayrou en prônant un Etat impartial, thème cher à François Bayrou.
Nicolas Sarkozy va, lui aussi, tenter de choyer l’électorat centriste; il compte sur ses alliés, tel Jean-Louis Borloo pour le faire, car lui va reprendre les thématiques de la sécurité pour tenter de reconquérir une partie de l’électorat FN et tenter de faire mentir les pronostics de Marine Le Pen et de Gilbert Collard qui affirmait à propos du Front National  «  On est la nouvelle Droite » !
Quant à François Bayrou, il veut soumettre ses propositions aux deux candidats avant de se prononcer ! Mais avec moins de 10% des voix, il n’est pas en position de « faiseur de Roi ». Pour lui c’est une autre bataille qui commence, avant même le deuxième tour, celle de la recomposition du Centre. Et là, tout dépend des résultats du 6 mai prochain.