jeudi 15 décembre 2011
Moscovici, la jeunesse (en stage) te dit merci !
A quoi ressemblerait une Grèce sortie de l’euro ?
A quoi servent les notes des agences ?
Les notes de crédit attribuées par les agences de notation sont sous les projecteurs. Le gouvernement français redoute une perte imminente de son triple A, tout comme les régions et grandes villes françaises, ainsi que plusieurs autres pays et entreprises européennes. Dans l'affolement de la crise de la dette européenne, on en aurait presque oublié à quoi ces fameuses notes sont censées servir.
Lorsqu'une entreprise, une banque, un assureur ou bien un Etat s'endette sur les marchés, il peut payer une agence de notation afin qu'elle lui délivre une note qui aidera les investisseurs à lui prêter en toute connaissance de cause. Ce principe de l'emetteur-payeur a fait l'objet de nombreuses critiques dénonçant un flagrant conflit d'intérêts depuis le début de la crise.
Un suivi permanent
Pour chaque émetteur, une équipe de deux analystes attribuent la note et suivent tous les événements susceptibles de la faire évoluer. Parfois, ce sont les entreprises elles-mêmes qui décrochent leur téléphone pour informer les agences d'une évolution de leur situation, comme ce fut le cas pour le directeur général de Groupama cette semaine, pour éviter, sans succès, une dégradation à BBB-.
S'il y a lieu, les analystes en charge convoquent un comité de notation. Composé d'au moins cinq analystes, d'expérience et de spécialité sectorielle différentes, celui-ci doit parvenir à un consensus pour dégrader, relever ou laisser inchangée une note.
Douze heures de préavis en Europe
"En cas de modification de la note, nous envoyons un projet de communiqué de presse à l'émetteur, qui dispose de douze heures pour nous signaler si certains faits que nous y énonçons sont faux ou si nous y avons mentionné par mégarde des informations confidentielles", détaille un cadre de Fitch, l'une des trois agences qui dominent le marché avec Standard & Poors (S&P) et Moody's. "Ensuite, nous rendons notre décision publique. En aucun cas, l'émetteur ne peut commenter le bien-fondé de la note". Ce qui est aisément compréhensible, puisque ce sont les emetteurs qui paient pour cette évaluation indépendante.
Le délai de douze heures est imposé par la réglementation européenne de 2009 à tous les analystes exerçant dans l'Union européenne. Mais si Fitch affirme le respecter dans le monde entier, les analystes de S&P ou de Moody's situés hors d'Europe laissent parfois des délais bien plus courts.
"La plupart des analystes travaillant sur les notes européennes sont établis en Europe et surtout, sauf extraordinaire, un changement de note ne se manifeste pas d'un jour à l'autre", minimise l'un d'entre eux, sous couvert d'anonymat. "Notre travail n'est pas de surprendre les émetteurs, mais plus le délai est court, plus nous limitons les risques de fuite et de potentiels délits d'initiés".
L'heure de publication de la nouvelle note n'est pas soumise à un quelconque réglementation, mais tient généralement compte des horaire d'ouverture des marchés concernés. Si l'émetteur est une société française cotée à Paris, l'agence attendra la clôture de la Bourse pour lancer son communiqué de presse afin de ne pas susciter de réactions exagérées des marchés au moment de l'annonce.
Plus que la dégradation de leur note, c'est la hausse de la rémunération demandée par les investisseurs qui en découle que redoutent les émetteurs. Il faut cependant signaler que cette conséquence, pour logique qu'elle paraisse, n'a rien d'automatique. Ainsi, les Etats-Unis, qui ont vu leur note dégradée le 5 août dernier de AAA à AA+ par S&P, une première historique, n'ont pour l'instant pas souffert d'un renchérissement conséquent de leur dette. Le 14 décembre, le Trésor américain affichait des taux d'emprunt à dix ans sous la barre des 2% tandis que la France, du haut de son triple A, paye plus de 3,2%.
Poutine moque la contestation et assure qu'il tiendra le pays
Le premier ministre russe, Vladimir Poutine, a écarté, jeudi 15 décembre, toute remise en cause de la victoire du pouvoir aux législatives du 4 décembre, ironisé sur l'opposition, et assuré, à trois mois de la présidentielle, qu'il tiendrait le pays face à la crise et aux menaces de déstabilisation étrangères.
"A mon avis, le résultat de ces élections reflète indéniablement l'état des forces dans le pays", a déclaré M. Poutine au cours d'une émission rituelle – un marathon de questions populaires qui aura duré plus de quatre heures et demie, un record. "L'opposition dira toujours que les élections ne sont pas honnêtes, c'est le cas partout, dans tous les pays", a-t-il poursuivi, minimisant la portée de la mobilisation qui a suivi l'annonce des résultats du scrutin, sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1999.Le premier ministre a moqué les manifestants, affirmant les avoir pris, le lendemain des élections, pour des militants défilant contre le sida. "Franchement, quand j'ai vu à l'écran ce que certains avaient sur la poitrine, ce n'est peut-être pas très correct mais j'ai cru que c'était pour la propagande de la lutte contre le sida, que c'était, disons, des contraceptifs", a ironisé M. Poutine à propos du ruban blanc devenu le symbole de la contestation.
Le premier ministre a dénoncé à nouveau des tentatives de "déstabilisation" ourdies depuis l'étranger, et présumé que des étudiants avaient été payés pour participer aux défilés de l'opposition. Vladimir Poutine a particulièrement visé les Etats-Unis, "policiers du monde" en quête de "vassaux", pas "d'alliés", selon lui. "Les gens en ont marre du diktat d'un seul pays", a-t-il martelé, avant d'assurer de la volonté de Moscou de "continuer" à chercher de meilleures relations avec Washington. Déjà la semaine dernière, Vladimir Poutine avait nommément visé Hillary Clinton, accusée de donner "le la à certains activistes [qui], avec le soutien du département d'Etat, ont commencé à travailler activement".
"J'EN AI ASSEZ DE CES QUESTIONS"
M. Poutine a par ailleurs répété que les manifestations étaient acceptables tant qu'elles restaient dans les limites fixées par la loi. "De mon point de vue, le résultat des élections reflète indubitablement l'opinion publique du pays", a-t-il dit.
Bien rare signe d'inflexion dans cette posture de fermeté : Vladimir Poutine a proposé d'améliorer la transparence du processus électoral en équipant les bureaux de vote de caméras pour la présidentielle à venir. "Je propose et demande l'installation de webcams dans tous les bureaux de vote du pays", a-t-il dit. Par la suite, il s'est tourné vers le présentateur pour lui dire: "J'en ai assez de ces questions sur les élections."
Sur les sites sociaux, qui ont grandement contribué à la mobilisation, les commentaires étaient généralement négatifs. "C'est fini. Poutine a totalement perdu le contact. Et cela devient de plus en plus évident", écrivait sur Twitter un certain Oleg Kozirev, ajoutant que le premier ministre "insulte son peuple".
Une nouvelle journée de mobilisation est annoncée pour le 24 décembre. L'opposition devrait réitérer ses exigences, dont l'organisation de nouvelles élections, le limogeage du président de la commission électorale, l'enregistrement de partis d'opposition et la libération des "prisonniers politiques".
La crise distille son poison
A première vue, non : d’un côté, il y a un continent opulent et ses dirigeants incapables de redémarrer après un demi-siècle de succès ; de l’autre, un extrémiste néofasciste, raciste et armé.
Mais, si l’on regarde plus profondément, on voit comment les pires poisons de notre histoire sont en train de revenir à la surface, suite aux remous provoqués dans les consciences par l’atmosphère de récession.
Lorsqu’il est rentré à Londres après le divorce avec l’Europe, le Premier ministre britannique David Cameron a été certes critiqué par les observateurs de la City qu’il affirmait vouloir défendre. Mais les députés conservateurs de Westminster l’ont acclamé en criant “Bulldog spirit !”, l’esprit du bulldog cher à Winston Churchill.
Les clichés les plus nauséabonds ressortir
En quelques mois de débat sur l’euro, nous avons vus les clichés les plus nauséabonds ressortir de l’album des mauvais souvenirs que nous avions cru fermé pour toujours.En Grèce, on a demandé des "réparations de guerre pour l’occupation allemande lors de la Seconde Guerre mondiale" en échange du paiement de la dette d’Athènes.
Les journaux allemands, Bild en tête, ont décrit les Grecs comme des paresseux et nous autres Italiens comme des partouzards dépensiers. En réponse aux critiques des économistes berlinois quant à nos comptes publics, les sites italiens regorgent de commentaires anonymes se limitant à dire “Allemands = SS”.
La performance de Cameron a suscité des évocations de la "perfide Albion" chère à Mussolini. Haine, rancoeur, racisme, mépris des autres, intolérance : c’est le même ADN qui se manifeste en temps de crise, comme ce 13 décembre à Florence.
En 2003, à la veille de la guerre en Irak, les Etats-Unis et l’Europe, les alliés qui, 15 ans auparavant, avaient remporté sans coup férir la Guerre froide, se sont divisés et insultés avec une véhémence inattendue.
Vous vous souvenez ? Les Americains viennent de Mars, les Européens de Vénus… des bêtises qui avaient gâché le climat, mis en évidence un malaise et marqué une distance qui ne s’est pas encore comblée.
Au printemps 2003, le Congrès des Etats-Unis avait invité 4 témoins européens pour une audition, afin de combler le fossé qui s’était crée entre Washington et Bruxelles. J’en faisais partie, ainsi que l’actuel ministre polonais des Affaires étrangères, Radek Sikorski. Nous avions affirmé à l’époque que, dans le climat de difficultés économiques de ce début de siècle, jouer avec le feu du populisme et du nationalisme était dangereux.
S'en prendre à l'"autre" deviendra chose courante
Et aujourd’hui, de sérieux observateurs européens, comme Gideon Rachman et Martin Wolf, de même que le prix Nobel d’économie Paul Krugman, disent voir dans la haine qui monte sur Internet et dans la récession, déclenchées par les choix manqués de la chancelière Angela Merkel et du président Nicolas Sarkozy, les prémices d’une saison tragique comme celle des années 1930 en Europe, avec le totalitarisme fasciste en Italie, en Espagne et en Allemagne, et les purges staliniennes à Moscou.Krugman écrit que "la récession […] est en train de créer une colère immense […] contre ce qui apparaît à de nombreux Européen uniquement comme une sévère punition allemande. Quiconque connait l’histoire de l’Europe ne peut que trembler face à ce retour de l’hostilité.”
Le prix Nobel écrivait avant la tuerie de Florence, mais il évoquait déjà les néo-nazis proches du Parti de la liberté en Autriche, la xénophobie des Vrais Finlandais à Helsinki, le groupe anti-Roms et antisémite Jobbik et les tentations autoritaires du gouverment de la Fidesz en Hongrie. On pourrait ajouter les néofascistes en Angleterre et en France et nos racistes italiens, qui ont fait couler le sang dans la très civilisée Florence, capitale de la culture européenne depuis un demi-millénaire.
Krugman exagère ? J’espère que oui. Je ne pense pas, au contraire de mes confrères anglo-saxons, que les années 1930 vont se répéter et que nous verrons à nouveau des chemises brunes dans les rues : l’histoire ne procède pas de façon mécanique ; le Mal fait preuve d’imagination et de capacité à se métamorphoser.
Je pense toutefois que, face aux temps économiquement difficiles qui nous attendent, s’en prendre aux derniers, invoquer une supposée identité, accuser les Européens à Londres et les Anglais sur le continent, s’en prendre systématiquement avec les "autres" pour "nous" défendre sera chose courante.
Les leaders politiques qui souhaiteraient exploiter cette épidémie pour une voix de plus, les journalistes qui sèment la haine et le populisme pour une copie ou un clic de plus, préparent une potion qui peut faire beaucoup de mal.
Ce n’est pas la crainte du retour d’un passé autoritaire qui doit nous pousser à défendre le bien-être, la croissance, le dialogue et la tolérance. C’est la peur des démons à venir que l’intolérance évoque : ils ne portent pas la chemise noire, mais, du massacre des étudiants près d’Oslo à la tuerie de Florence, ils montrent déjà leur horrible visage.
Grèce
Les immigrés boucs émissaires
Par ailleurs, ajoute-t-il, depuis que la Grèce est devenue la principale porte d’entrée de l’UE via la Turquie, Athènes accueille chaque année 40 000 migrants, qui squattent les immeubles désaffectés ou dorment dans les parcs publics, alimentant le ressentiment contre eux. "Toute personne pouvant être assimilée à un migrant risque d’être passée à tabac, indépendamment de son statut légal ou de son niveau d’intégration", déclare au Volkskrant Judith Sunderland, de l’ONG Human Rights Watch Europe.
Plusieurs aggressions à caractère raciste ont été dénombrées, mais, depuis 1999, aucun de leurs auteurs, dont certains sont suspectés d’appartenir à des groupes d’extrême droite, n’a été jugé, ajoute-t-elle : “Prendre des mesures contre ce phénomène n’est pas une priorité du gouvernement.”
Poutine maintient que les élections ont été justes, ironise sur l'opposition
"L'opposition dira toujours que les élections ne sont pas honnêtes, c'est le cas partout et dans tous les pays", a déclaré M. Poutine, interrogé sur la contestation sans précédent en Russie après les législatives, lors d'une séance de questions-réponses télévisées.
"A mon avis, le résultat de ces élections reflète indéniablement l'état des forces dans le pays", a-t-il ajouté, alors que l'opposition dénonce des fraudes massives et exige l'invalidation des résultats.
"Le fait que les gens s'expriment sur ce qui se passe dans le pays, c'est une chose absolument normale, tant que cela reste dans le cadre de la loi", a poursuivi M. Poutine en dénonçant en même temps ceux qui veulent organiser en Russie une révolution destinée à renverser le pouvoir.
Il a déclaré avoir vu sur les images des manifestations beaucoup de jeunes gens "actifs, et formulant clairement leur position".
"Cela me réjouit, si c'est le résultat du régime Poutine", a-t-il dit.
Quelques minutes plus tard, il a cependant ironisé sur la mobilisation de l'opposition, affirmant avoir cru dans un premier temps qu'il s'agissait de lutte contre le sida.
Les mouvements d'opposition qui ont mobilisé samedi des dizaines de milliers de personnes à Moscou pour contester le résultat des élections du 4 décembre mais aussi, selon certains slogans, pour réclamer une "Russie sans Poutine", avaient décidé qu'un ruban blanc à la poitrine serait le symbole de leur mobilisation.
"Franchement, quand j'ai vu à l'écran ce que certains avaient à la poitrine, ce n'est peut-être pas très correct mais j'ai cru que c'était pour la propagande de la lutte contre le sida, que c'était, disons, des contraceptifs", a dit M. Poutine à ce propos.
L'ex-agent du KBG est connu pour ses plaisanteries parfois curieuses sur ses contradicteurs, comme lorsqu'il avait proposé à un journaliste européen qui l'interrogeait sur la guerre en Tchétchénie de le faire "circoncire" de manière à ce que "plus rien ne repousse".
"Pour moi, il est clair que les attaques sur les élections qui viennent d'avoir lieu ne sont pas le plus important, l'objectif principal(de ces critiques, ndlr), c'est la prochaine élection présidentielle", a poursuivi M. Poutine.
Jugeant que ces tentatives visaient à "priver de légitimité le pouvoir dans le pays", il a indiqué avoir ordonné d'installer des web-caméras de surveillance dans tous les bureaux de vote pour la présidentielle.
"Je propose d'installer des caméras vidéo qui fonctionnent jour et nuit et qui permettent à chacun, à n'importe quelle heure, qu'elle soit à la maison ou au travail, de cliquer avec sa souris et de regarder (sur internet) ce qui se passe" dans un bureau de vote, a ajouté M. Poutine.
Vladimir Poutine, président de 2000 à 2008 puis chef du gouvernement faute d'avoir pu enchaîner plus de deux mandats consécutifs, a annoncé en septembre son intention de revenir au Kremlin à la présidentielle de mars.
Le Front national n’est pas antisémite, il ne l’a jamais été. C’est Monsieur Aliot, son vice-président, qui nous le jure. Il est vrai qu’il revient d’Israël, où quelques juifs extrémistes lui ont délivré un diplôme de bonne conduite. C’est donc la nouvelle vérité, le Front n’est pas antisémite. Jean-Marie Le Pen n’a jamais fait l’apologie d’Hitler, jamais plaisanté sur Michel « Durafour crématoire ». Le Front n’est d’ailleurs, selon Madame Le Pen, ni d’extrême droite ni raciste. S’il a comparé un jour les immigrés au sida, c’était un compliment. Si les musulmans ont été assimilés par Madame Le Pen aux nazis occupant la France, c’était juste une petite phrase pour rire. Un détail, aurait commenté son père. Et vous verrez : dans la grande opération de blanchissage, on nous jurera bientôt que Marine Le Pen n’est pas la fille de Jean-Marie Le Pen. La vérité si je mens, dirait Monsieur Aliot.
Poutine se moque des opposants
Le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a ironisé aujourd'hui sur le ruban blanc qu'arboraient samedi dernier les manifestants d'opposition, affirmant avoir cru reconnaître le symbole de "la lutte contre le sida", lors d'une séance de questions-réponses télévisées.
Les mouvements d'opposition qui ont mobilisé samedi des dizaines de milliers de personnes à Moscou pour contester le résultat des élections du 4 décembre mais aussi, selon certains slogans, pour réclamer une "Russie sans Poutine", avaient décidé qu'un ruban blanc à la poitrine serait le symbole de leur mobilisation.
"Franchement, quand j'ai vu à l'écran ce que certains avaient à la poitrine, ce n'est peut-être pas très correct mais j'ai cru que c'était pour la propagande de la lutte contre le sida, que c'était, disons, des contraceptifs", a dit Vladimir Poutine. La lutte contre le sida est symbolisée par un ruban rouge.
«Le manifestant», «personne de l'année» du Time
L'hebdomadaire américain rend hommage aux millions de contestataires qui ont défilé cette année dans les rues de nombreux pays pour défier les pouvoirs en place. Un choix qui a fait consensus parmi les jurés.
Ces manifestants «ont déjà changé l'Histoire et ils changeront l'Histoire à l'avenir, a expliqué Rick Stengel, le directeur de la rédaction du magazine. Partout les gens ont dit qu'ils en avaient assez. Ils ont contesté, ils ont exigé. Ils n'ont pas désespéré, même quand les réponses sont arrivées sous forme de gaz lacrymogènes ou de balles».
«Personne n'aurait pu savoir que lorsqu'un vendeur de fruits tunisien s'est immolé sur une place, cela générerait des manifestations qui ont fait tomber des dictateurs en Tunisie, Égypte et Libye, et secoué les régimes en Syrie, au Yémen ou à Bahreïn», a-t-il poursuivi. «Ou que l'esprit de contestation mènerait les Mexicains à se dresser contre la terreur des cartels de la drogue, les Grecs à manifester contre des dirigeants injustifiables, les Américains à occuper des espaces publics pour protester contre les inégalités et les Russes à se rassembler contre une autocratie corrompue», a ajouté le directeur de la rédaction. Dans ses pages, le Time fait le portrait de cinquante de ces manifestants dans le monde, dont un chien repéré lors des défilés organisés dans les rues d'Athènes.
Une tradition pour le Time depuis 1927
«La personne de l'année», est une tradition pour le Time depuis 1927. Elle est désignée, après un vote du public, par ses journalistes. Ce n'est toutefois pas la première fois qu'un groupe ou un concept sont sacrés «personne de l'année». Ainsi, en 2006, «vous» (les internautes, ndlr) l'avait emporté. En 1998, c'était «la planète en danger», en 1982 «l'ordinateur», en 1969 «la classe moyenne» et en 1950 «GI Joe», le soldat américain lambda.Alors que le choix entre les finalistes fait parfois l'objet d'âpres discussions, il s'est imposé facilement cette année. «Il y avait un vrai consensus parmi nos correspondants et journalistes. Tout le monde a pensé que c'était le bon choix, le plus sérieux. Cela nous a semblé juste», a précisé Rick Stengel. Parmi les autres finalistes figuraient Kate Middleton, l'épouse du prince Williams, l'amiral William McRaven, qui a dirigé les opérations contre Ben Laden en mai dernier au Pakistan et l'artiste chinois Ai Weiwei.
L'an dernier, c'est le jeune fondateur du réseau social Facebook, Mark Zuckerberg, qui avait remporté ce titre. Il avait succédé Ben Bernanke, le président de la banque centrale américaine, et au président américain Barack Obama, couronné en 2008.
Le gouvernement prépare la France à la perte de sa note AAA
Après Nicolas Sarkozy en début de semaine, c'est au tour du ministre des Affaires étrangères Alain Juppé d'envisager la dégradation de la signature française qui permet à Paris d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés financiers.
"Ce ne serait pas une bonne nouvelle, bien sûr, mais ce ne serait pas non plus un cataclysme", dit Alain Juppé dans un entretien publié sur le site des Echos (www.lesechos.fr).
"Ce n'est pas en cassant le thermomètre qu'on fait retomber la fièvre", ajoute-t-il avant de critiquer la subjectivité des agences de notation.
"Elles sont parfois dans l'appréciation subjective et politique. Sans doute faut-il aussi leur accorder moins d'importance dans le débat politique", estime-t-il.
L'agence Standard & Poor's a placé sous surveillance négative les pays de la zone euro et envisage d'abaisser de deux crans le AAA de la France. Moody's menace de faire de même et les valeurs bancaires réagissent mal à cette éventualité.
Si la France perdait son triple A, "nous affronterions cette situation avec sang-froid et calme", déclarait Nicolas Sarkozy lundi dans Le Monde. A ses yeux, "ce serait une difficulté de plus mais pas insurmontable".
Le mois dernier, l'ancien conseiller du président socialiste François Mitterrand et ex-président de la Banque européenne de Développement (BERD) Jacques Attali, avait estimé que la France avait déjà perdu de facto sa note triple A compte tenu du grand écart entre les taux d'emprunt d'Etat consentis à la France et ceux, plus favorables, accordés à l'Allemagne.
Des propos alors jugés "irresponsables" par Valérie Pécresse.
UN "AVEU D'ÉCHEC" ?
La ministre du Budget a assuré mercredi que la France restait une "valeur sûre".
"Nous ne spéculons ni dans un sens ni dans l'autre sur les décisions qui seront prises par les agences" de notation, a-t-elle assuré lors du compte rendu du conseil des ministres. "Nous ne changerons pas de cap".
L'opposition socialiste, qui espère arriver au pouvoir lors de l'élection présidentielle du printemps 2012, voit dans une possible dégradation un "terrible aveu d'échec" du gouvernement.
"Si malheureusement la France est dégradée, ça veut dire que M. Sarkozy sera le président de la République qui aura laissé dégrader la France", a déclaré l'ancien ministre socialiste Laurent Fabius. "Donc c'est un bilan cataclysmique : un million de chômeurs en plus, 500 milliards de dettes en plus".
"Si on perd le triple A, ce qu'il nous restera c'est le double "I", c'est-à-dire à la fois l'inefficacité et l'injustice", a-t-il ajouté lors de l'émission "Questions d'Info" LCP/France Info/Le Monde/AFP.
Des critiques balayées par Alain Juppé.
"Si l'opposition arrivait au pouvoir, le risque de dégradation serait maximal", dit le chef de la diplomatie française, qui accuse François Hollande "d'hésiter et d'entretenir le flou le plus total sur ses propositions".
Le candidat PS a fait de la réduction de la dette une priorité et posé un objectif "zéro déficit" pour 2017.
Au chapitre européen, Alain Juppé juge "solide" l'accord conclu vendredi à Bruxelles sur un renforcement de la gouvernance et de la discipline budgétaire dans la zone euro - accord auquel les autres pays de l'Union à l'exception du Royaume-Uni se sont joints.
Le ministre critique l'idée de François Hollande de renégocier ce texte s'il arrive au pouvoir.
"Tout cela n'est pas très sérieux", dit-il. "Les déclarations de François Hollande nous fragilisent. Il y a des moments dans la vie des peuples où il faut faire prévaloir les intérêts collectifs sur les stratégies de campagne".
mercredi 14 décembre 2011
Les variations de François Hollande sur les retraites
POSITION CHANGEANTE SUR LES DÉPARTS AVEC DÉCOTE...
En revanche, là où le candidat s'écarte du projet du PS et même de ses propres propos, c'est sur la possibilité de partir sans décote. A plusieurs reprises, M. Hollande a précisé qu'il serait possible pour tout le monde de partir dès 60 ans, mais au prix d'une décote.
Lors du débat de l'entre deux tours de la primaire face à Martine Aubry, le 13 octobre, le journaliste de France Inter, Patrick Cohen lui avait posé cette question : "Ceux qui n'auront pas leurs 41 années auront une décote mais auront le droit de partir à 60 ans ?" Ce à quoi M. Hollande avait répondu : "C'est la liberté. Effectivement ils auront une décote qui ne les conduira pas nécessairement à prendre leur retraite à 60 ans."
Changement de ligne donc pour le candidat socialiste : "Il n'y aura pas de départ possible avec décote avant 62 ans", a en effet confirmé mardi au Monde Marisol Touraine, chargée de la protection sociale au sein de l'équipe de campagne de François Hollande.
...MAIS CONSTANCE SUR L'AUGMENTATION DE L'ÂGE LÉGAL
Lors de son intervention au micro de RTL, François Hollande a par ailleurs à nouveau évoqué une possible augmentation de la durée de cotisation, semblant prêt à ne pas remettre en question l'augmentation progressive de l'âge légal de départ. Sur ce sujet, rien de changeant puisqu'en avril 2010 déjà, il avait déclaré, sur le plateau de l'émission "C politique", sur France 5 : "Il y a un principe qui doit être posé : chaque fois que l'espérance de vie s'allonge, il n'est pas anormal que la durée de cotisation suive."
En outre, en juin 2011, il avait également expliqué qu'"à l'avenir, il n'y aura plus d'âge légal de la retraite" et que "tout sera déterminé par rapport à la durée de cotisation". En tout état de cause, pour François Hollande, le rétablissement, pour tous et dans tous les cas, de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans n'est désormais plus d'actualité.
Hélène Bekmezian
Monsieur Wauquiez est ainsi fait qu’il en fait toujours plus. Depuis tout petit, d’ailleurs : de la maternelle à l’ENA, il a accumulé à lui tout seul deux fois plus de diplômes que notre Président et son Premier ministre réunis. Aujourd’hui ministre, il est devenu le Monsieur Plus de la majorité. Il suffit qu’un collègue avance une idée, pour qu’il propose la même en mieux. La mode étant au tricolore, notre ministre a ordonné hier aux Français d’acheter français. Comme l’avaient fait les opposants Monsieur Bayrou et Madame Le Pen. Mais surtout plus fort que son chef, notre Président, qui s’est borné à encourager le produire français. C’est une question de patriotisme économique, a expliqué Monsieur Wauquiez. Très bien, mais alors acheter européen, c’est être un mauvais Français ? Et acheter allemand, c’est trahir la patrie ? La politique du plus vire vite à la politique du pire.
C’est triste une friche industrielle. Mélancolique, comme un paysage silencieux et vide d’où la vie s’est enfuie. On y cherche désespérément les vibrations évanouies d’une activité qui a déserté les lieux, et on n’y trouve que l’absence. Le mot fin qui rôde dans les vestiges de ce qui fut un projet. L’échec d’une entreprise humaine. Il faut avoir vécu les derniers moments d’une usine avant sa fermeture, en Alsace, dans les Ardennes, en Lorraine ou ailleurs pour comprendre tout ce que représente l’arrêt d’un site de production, bien au-delà d’une simple décision économique dictée par la rentabilité. La disparition d’un savoir-faire, l’éparpillement d’une communauté de travailleurs, l’extinction d’un quotidien. Et ce sentiment de manque après une perte qu’on sait irréparable...
Pendant trente ans la France a pensé qu’elle pourrait compenser toutes ces soustractions et son cortège de nostalgies par le développement, et l’excellence, de son secteur tertiaire. Elle s’est même enivrée de cette certitude avant de se dégriser : la division planétaire du travail n’a pas ouvert les horizons d’un avenir radieux pour les nations les plus développées, et la désindustrialisation accélérée est devenue un handicap national !
C’est très naturellement que la relance de la production nationale s’est invitée sur l’estrade de la présidentielle. Un thème noble qui prend un pays aux tripes parce qu’il touche doublement à son identité. Parce qu’il est charnel. Visuel. Physique. Parce que l’énergie d’une nation ne peut être seulement immatérielle.
Le défi c’est de rendre compatible cet élan politique instinctif avec la réalité implacable d’un monde ouvert. « Made in France », c’est une belle ambition, un objet de fierté que toutes les forces électorales peuvent légitimement revendiquer, mais à condition de ne pas en faire un slogan incantatoire, le moteur d’une « préférence nationale » dont l’efficacité se limiterait à un protectionnisme frileux qui n’offrirait que l’apparence d’une sécurité trompeuse.
Le « Achetez français » ne peut être une idéologie de crise. Il aura la valeur d’un choix seulement si on l’inscrit dans la compétition internationale. Si les Français, qui seraient prêts à payer 15 à 20% de plus pour un produit fabriqué sur leur territoire, en font un paramètre dans leurs habitudes de consommation.
Les politiques, eux, en ont déjà fait un réflexe. François Bayrou a été le premier à le mettre en tête de gondole de façon séduisante. Et pour une fois, le président-roi du marketing, Nicolas Sarkozy, a été pris de vitesse...
L’UE, une tête de Turc à la mode
Les propos tenus par le président Abdullah Gül lors de sa visite officielle au Royaume-Uni [fin novembre 2011] où il a qualifié l'UE de “miserable” [en anglais dans le texte] illustrent cette nouvelle donne.
C'est dans ce contexte qu’a commencé à se manifester l'inclination à désigner l'UE comme une "organisation qui se disloque et s'effondre". Ceux qui partent de ce postulat concluent qu'une Turquie qui "ne cesse de se renforcer n'a plus besoin d'une Union européenne de toute façon au bord du gouffre".
Un complexe de supériorité
Doit-on conclure de ces propos que la politique de l'Etat turc vis-à-vis de l'UE est en train de changer ? Dès lors que l'UE est une organisation "misérable" sur le point de s'écrouler, pourquoi la Turquie se donnerait-elle encore tant de peine pour en devenir membre ?A moins que cet objectif et la vision qui l'accompagne soient en train d'être abandonnés ? Pourquoi une Turquie qui progresse à grandes enjambées vers la prospérité voudrait-elle donc rejoindre un tel club et y jouer une scène des Misérables ?
Nous connaissons tous très bien les raisons qui ont conduit Abdullah Gül à tenir de tels propos. L'attitude très négative que l’UE a adoptée, depuis un certain temps déjà, envers l'adhésion de la Turquie, a provoqué de la déception dans l'opinion turque en général mais aussi parmi les plus fervents partisans de l'UE qui ne cachent plus leur désillusion, leur rancœur et leur désespoir.
Les sérieux soubresauts économiques et sociaux auxquels sont confrontés les Européens alors que nous sommes en pleine ascension économique et politique créent ce genre de sentiment. Dans ce contexte, les reproches adressés à l'Europe sont l'expression d'une confiance en soi qui, d'une certaine manière, a pris la place d'un ancien complexe de persécution.
Mais lorsque cet état d'esprit débouche sur un complexe de supériorité excessif minimisant l'Union européenne, affublée de qualificatifs inappropriés, cela ouvre la voie à une déconsidération du projet européen chez nous, et fournit de nouveaux arguments aux opposants européens à l'adhésion de la Turquie.
L'UE n'est pas encore sur le point de s'effondrer
Certes, l'UE connait aujourd'hui une des périodes les plus difficiles de son histoire. La crise financière a conduit au bord de la faillite, les petits pays faibles, mais aussi ceux réputés pour être riches et avancés. Cela n'est pas sans provoquer des secousses sociales et politiques.Néanmoins, il est tout aussi vrai que l'Union européenne n'est pas encore sur le point de s'effondrer ou de se dissoudre. Si l'Europe apparaît aujourd'hui comme un être “malheureux” ou “malade”, elle a encore les moyens de se ressaisir et de recouvrer la puissance qui lui fait actuellement défaut.
Les responsables politiques turcs n'ignorent pas cette réalité et sont tout à fait conscients de la philosophie et des valeurs qu'incarnent encore l'Union européenne pour la Turquie.
Par conséquent, l'opinion publique turque ne doit surtout pas interpréter les réactions de ses responsables politiques comme un renoncement au projet européen. Idem pour les dirigeants européens irrités par ces mêmes réactions.
L’Europe souffle le chaud et le froid
Pendant ce temps-là, d'autres nations bien moins puissantes ont essayé de sauver le Protocole de Kyoto sous prétexte de protéger la planète, mais avec l'intention sous-jacente de continuer à profiter, comme ces dernières années, de cet accord singulier et complexe prévu pour lutter contre le changement climatique.
Ce sont les pays de l'Europe de l'Est, les ex-membres de l'URSS et ses Etats satellites, qui continuent à s'enrichir en mettant sur le marché leurs droits d'émissions de gaz à effet de serre pour que d'autre pays, comme l'Espagne, puissent réduire leurs émissions conformément à leurs objectifs. Et à moins que l'Union européenne prennent des mesures au cours des prochains mois, ces objectifs seront atteints.
Quand l'industrie communiste contaminait la planète
Pour qu'un pays comme la Russie, l'un des plus polluants au monde, puisse adhérer en 1997 au Protocole de Kyoto, une clause a été ajoutée pour servir de carotte, une contrepartie lucrative à côté de quoi tous les autres compromis sont devenus dérisoires : la possibilité de vendre à d'autres pays ses quotas excédentaires d'émissions.Pour chaque pays, le protocole fixait la quantité maximale de CO2 pouvant être rejeté dans l'atmosphère. Les pays plus vertueux étaient autorisés à vendre leurs droits excédentaires. Mais ce qu'il faut savoir, c'est que Kyoto a pris pour référence les émissions de 1990 : à cette époque, l'industrie soviétique, extrêmement nuisible, contaminait la planète à vitesse grand V.
Dans les années 1990, toute cette puissance industrielle a disparu, ou a réduit son pouvoir polluant grâce à quelques changements, suite à quoi les émissions de cette région se sont effondrées – du moins sur le papier.
Voilà pourquoi aujourd'hui, un pays comme la Lettonie peut se vanter d'avoir réduit ses émissions de CO2 de 478 %, un excédent qui représente des sommes d'argent considérables sur le marché des droits d'émissions.
La Pologne a voulu jouer ses cartes
Parmi les pays qui ont le plus réduit leurs rejets de CO2, on trouve également l'Estonie (- 73 %), la Lituanie (- 71 %), la Russie (- 66 %), la Finlande, la Biélorussie, la Roumanie (- 64 % chacun) et l'Ukraine (- 60 %).L'Espagne a acheté des tonnes de CO2 à plusieurs de ces pays à différentes occasions, pour tenter de respecter les engagements pris à Kyoto. Ce traité a profité à tout le monde de l'autre côté du rideau de fer.
A Durban, la Russie, principal pays à avoir créé cette situation, n'a pas voulu faire partie du petit groupe d'Etats qui tablent sur une prorogation du protocole de Kyoto. Mais la question de l'air chaud, à savoir les énormes surplus de droits d'émission dont disposent les pays de l'Est, n'est toujours pas résolue.
La faute en revient principalement à l'UE, incapable une fois de plus de se mettre d'accord. D'une part, certains pays souhaitent une remise en cause de ces privilèges "collatéraux" qui permettraient à tous les Etats, qu'ils soient acheteurs ou vendeurs, de remplir leurs obligations sans lever le petit doigt ; d'autre part, les pays de l'Est considèrent ces droits d'émission comme des sortes de fonds de cohésion devant leur permettre de reconvertir leurs industries.
Cerise sur le gâteau, la Pologne, l'un des Etats ayant le plus bénéficié de ce marché depuis un semestre, exerce la présidence tournante de l'UE.
Le texte que les derniers adhérents de Kyoto, outre l'UE, la Suisse, la Norvège, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, entendent adopter pour prolonger le traité jusqu'en 2017 ou 2020, prévoit uniquement d'évaluer les "conséquences de la prorogation" sur le volume des réductions d'émissions de gaz à effet de serre imposées à chaque pays.
"Il est clair qu'il s'agit d'un problème important auquel l'UE doit s'attaquer, explique Aída Vila, la porte-parole de Greenpeace sur le réchauffement climatique, de retour du sommet de Durban. A Durban, les pays de l'UE n'ont pas été capables de parler d'une seule voix, notamment en raison de la manière dont la Pologne a voulu jouer ses cartes".
L'Europe de l'Est se remplit les poches
Greenpeace espère que la situation se débloquera lors de la prochaine réunion du Conseil européen, qui aura lieu à Bruxelles en mars prochain. Deux mois plus tard, les signataires de Kyoto 2 devront avoir communiqué leurs objectifs de réduction ou de limitation quantifiée des émissions. Il est ensuite prévu d'entrer dans une deuxième période d'engagement, qui débutera au 1er janvier 2013."Bruxelles devrait mettre fin à cette situation, estime Vila. Même si cela promet de ne pas être facile". A l'en croire, il faudrait au moins s'engager sur une “option intermédiaire” qui réduise au maximum cet énorme ballon plein de futurs gaz polluants, grâce auxquels l'Europe de l'Est se remplit les poches.
"L'objectif de Kyoto n'était pas de faire des affaires ni de rester les bras croisés en achetant des droits d'émission, regrette l'écologiste. On pervertit la véritable intention du protocole". Selon ses calculs, les quotas d'émission deviennent si bon marché qu'on pourrait se retrouver dans la situation où tous les pays l'UE rempliraient les objectifs de la deuxième période de Kyoto sans que “personne ne fasse rien”.
Les 8 propositions du patron des patrons en faveur des PME
Laurence Parisot, présidente du Medef, a proposé mardi, lors de son point de presse mensuel, des mesures ayant trait au financement, à la fiscalité, à la complexité administrative et à la création d'emplois dans les PME.
Dans le registre fiscal, la présidente du Medef demande aux collectivités locales de geler deux taxes : la TLPE (taxe locale sur les enseignes et publicités extérieures) et la taxe transports que « certaines communautés de communes envisagent d'augmenter dans des proportions inadmissibles », explique-t-elle. Dans le même esprit, le Medef demande au gouvernement d'ajourner les dispositions envisagées sur la révision des valeurs locatives dont une nouvelle étape était prévue en 2012 et souhaite que ce dossier « ne soit pas réouvert tant que nous ne sommes pas sortis de la crise ».
L'extension du champ d'application de l'impôt sur les sociétés à taux réduit pour un certain nombre de PME est une autre proposition fiscale du Medef. Concrètement, celui-ci propose de faire passer le seuil de chiffres d'affaires pour l'IS à taux réduit de 7,6 millions d'euros à 10 millions d'euros.
Revenir au « Zéro charge »
Au plan administratif, et dans un souci de convergence avec l'Allemagne, Laurence Parisot demande l'abrogation du privilège du Trésor sur les entreprises, car sa dimension de « créancier prioritaire » est « prise en compte par le banquier et réduit d'autant plus l'offre de prêt du banquier ». Et souhaite la suppression de l'inscription aux greffes du tribunal de commerce des privilèges Urssaf et assimilés, la mesure handicapant, selon elle, les entreprises. Enfin, dernière mesure récurrente préconisée : le rétablissement du « Zéro charge » pour les TPE, créé en décembre 2008 et supprimé fin juin 2010. Laurence Parisot, qui reconnaît que des embauches auraient eu lieu malgré lui, rappelle que le dispositif a créé 1,1 million d'emplois (alors que sur un an, en 2007, les créations d'emplois dans cette taille d'entreprises s'élèvent à 700.000) pour un coût évalué à « 500 millions d'euros ». Le Medef, qui avoue avoir été très étonné d'un certain nombre d'amendements qui ont été débattus, voire votés au Sénat et n'étaient pas « PME friendly », compte bien remettre cette proposition sur la table lors du sommet social sur l'emploi convoqué à l'Elysée à la mi-janvier.
Economies émergentes : la fête est-elle finie ?
Le Fonds monétaire international (FMI) ratisse large, et ce n'est pas moins de 150 pays, de l'Afghanistan au Zimbawe, qu'il classe dans un groupe "pays émergents". Parmi ceux-ci, les "BRICS" (selon l'expression inventée en 2001 par Jim O'Neill, économiste chez Goldman Sachs) – Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud – font figure de superstars.
Affichant des taux de croissance à faire pâlir d'envie les économies développées, ils apparaissaient au début des années 2000 comme les grands gagnants de la décennie à venir. A tel point qu'on a presque cru, pendant un court moment, qu'ils échapperaient complètement au brutal retournement économique de 2007-2008, qui a plongé les pays riches dans la crise des subprimes, puis dans une crise de la dette dont ils ne voient pas la fin.Cette théorie, déterrée au début de la crise des subprimes, affirme que les pays émergents vont, à terme, se désolidariser des pays développés pour poursuivre leur croissance à leur propre rythme, sans être touchés par les fluctuations des "vieilles" économies.
Quatre ans après les premiers soubresauts de la crise, cette théorie se vérifie-t-elle ? Si le Brésil, la Chine et l'Inde voient leur dynamisme sensiblement ralenti ces derniers mois, les taux de croissance enregistrés cette année et ceux envisagés pour l'année prochaine restent bien au-dessus de ceux des pays riches.
- Une décennie de croissance spectaculaire
Du côté de l'Inde, la poussée est marquée : la plus grande démocratie du monde enregistre un petit 3,8 % en 2001, avant de frôler les 10 % en 2007, pour redescendre à un peu moins de 8 % en 2011. La Chine est de son côté le pays de tous les superlatifs, avec 8,3 % de croissance en 2001, pas moins de 14 % en 2007 et 9,5 % en 2011. L'Afrique du Sud, petit nouveau du groupe, n'a pas à rougir : de 2,7 % de croissance en 2001, elle passe à 5,6 % en 2006 pour s'établir à 3,4 % en 2011 (source : FMI).
Si ces chiffres vertigineux sont en grande partie dus à un phénomène de "rattrapage", ils traduisent également une solidité économique récemment acquise par les pays émergents. Oubliés les plans d'ajustement structurels des années 80, les crises financières et les banqueroutes des années 90 : les BRICS représentent désormais à eux seuls près de 40 % de l'économie mondiale. Et c'est sans compter sur les autres "outsiders" : le Mexique, la Corée, Israël, la Turquie, l'Indonésie, pour ne citer qu'eux.
- Des avantages structurels
Les émergents ont également profité du mouvement de libéralisation et de dérégulation des marchés au tournant des année 1990-2000 pour développer leurs places financières. Enfin, l'adoption de politiques de changes relativement rigides empêche ces pays de retomber dans la spirale de la crise financière, comme dans les années 90, et permet d'accumuler des réserves de devises. Ajoutons à cela le cas particulier des pays producteurs de pétrole, pour lesquels chaque hausse du cours de l'or noir se traduit par des rentrées d'argent supplémentaires.
Par ailleurs, les Indiens et les Chinois épargnent énormément : le taux d'épargne dépasse les 50 % du PIB en Chine, et frôle les 35 % en Inde (contre 18 % en France et 12 % aux Etats-Unis).
Combinés, ces facteurs permettent un financement interne efficace du développement économique, même si la taille encore modeste des marchés financiers, sévèrement régulés (c'est notamment le cas de l'Inde), rend toujours indispensables les financements externes et les investissements étrangers.
Ces réserves atteignent de tels sommets, notamment dans le cas de la Chine, que les émergents apparaissent de plus en plus comme les grands créanciers du monde : le montant total des réserves qu'ils détiennent représente les deux tiers des réserves mondiales (PDF). La Chine est devenue en quelques années le premier investisseur de la planète.
Cette indépendance financière, variable d'un émergent à un autre, permet pour les mieux placés d'enregistrer une croissance solide et surtout les rend beaucoup moins vulnérables aux chocs économiques mondiaux, soulignait début 2008 une étude publiée par un ancien directeur du FMI (accès payant). Pourtant, quelques mois plus tard, des économistes de la BNP Paribas constatent les premières répercussions de la crise des subprimes sur les économies des BRICS, et des autres.
- Des faiblesses révélées par la crise
Premier danger d'une croissance aussi forte et rapide : les risques inflationnistes. Et ce risque est loin d'être un détail, surtout dans des géants démographiques comme l'Inde, où plusieurs dizaines de millions de personnes ne mangent encore pas à leur faim. Or le développement d'un marché intérieur est une des clés de la pérennisation de la croissance, surtout en période de crise mondiale, quand le commerce se contracte. En plus de l'inflation, le spectre des bulles – boursière, immobilière, sur les matières premières – terrorise la population : le prix du sac de riz grimpe, les loyers flambent, le secteur du BTP s'écroule et ce sont des millions de travailleurs immigrés qui sont obligés de rentrer au bercail.
L'étude de la BNP n'est cependant pas alarmiste à ce stade : les émergents bénéficient en effet de marges de manœuvre budgétaire importantes, de fondamentaux plus solides que dans les années 80 et 90 et surtout, ils sont très peu exposés aux crédits "subprimes", qui sont alors en train de faire tomber tant de banques aux Etats-Unis et en Europe. Les BRICS n'ont donc pas à craindre de "credit crunch" (tarissement du crédit) dans l'immédiat, ce qui leur permet de maintenir un écart de croissance "significatif" avec les pays développés, estiment les analystes de la BNP.
- Atterrissage en douceur ou retournement de conjoncture ?
En Chine, la tendance au ralentissement est encore plus marquée : pour les économistes de HSBC, la hausse de la production manufacturière a enregistré en novembre son point le plus bas depuis mars 2009. Là encore, "la demande intérieure faiblit, et la demande extérieure ne peut que ralentir encore". Pour autant, les indices ne sont pas encore dans le rouge, soulignent les économistes de HSBC, et surtout, "les tensions inflationnistes se résorbent plus vite que prévu, ce qui libère de la marge de manœuvre à Pékin et lui permet d'organiser un atterrissage en douceur".
Au Brésil, la croissance a marqué un arrêt brutal (lien abonnés) après trois ans de hausse continue : après une excellente année 2010 (plus de 7 % de croissance), portée par de généreuses mesures de soutien à la consommation des ménages, la croissance ne devrait pas dépasser les 3,5 % en 2012. Mais, contrairement aux économies développées, les marges de manœvre sont plus nombreuses : avec des taux directeurs à 11 % et des mesures de relance en préparation, Brasilia a encore plusieurs leviers à actionner, surtout avec un taux de chômage qui ne dépasse pas les 6 %. De quoi faire rêver Barack Obama, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et David Cameron réunis.
Audrey Fournier






















