Des insultes aux menaces, les altercations entre clients et employés des banques ont augmenté de 14% en un an. Un phénomène amplifié par la crise et le climat économique incertain.
Insultes, tapage, harcèlement et mêmes
agressions physiques... Au total les salariés des banques ont répertorié 3 057 cas d'incivilité en 2009, soit 14% de plus que l'année précédente. L'Association française des banques (AFB) tient tous les ans une comptabilité des actes violents envers les guichetiers, conseillers et directeurs d'environ 30 000 agences de France.
Rapporté aux quelques 400 000 employés du secteur, le phénomène reste marginal. Mais face à la hausse constante des actes, l'AFB estime "que travailler dans une banque, en contact direct avec la clientèle, est un métier de plus en plus exposé aux injures et autres agressions verbales". La plupart des incivilités sont des injures, des menaces, des tapages ou des dégradations. Seules deux agressions physiques graves ont été répertoriées en 2009.
Première fautive : la crise. "Qui dit crise dit, pour certains clients, difficultés à souscrire des produits financiers, à avoir accès au crédit, d'où un mécontentement et des tensions qu'ils expriment face au banquier", constate Pascal Lagrue, secrétaire adjoint de la fédération FO Banques. "Leur colère peut se traduire par des cris, des injures", confirme Elisabeth*, la trentaine, au guichet d'une agence parisienne de la Société générale. Elle a déjà essuyé deux fois des injures depuis début 2009, date de son arrivée. "On constate un manque de respect de plus en plus fort lorsqu'on refuse d'accéder à leurs demandes ou qu'on leur rappelle les règles du système bancaire, commente t-elle. De plus en plus d'entre eux trouvent les frais bancaires anormaux et voudraient que la banque soit un service public, ce qui n'est pas le cas."
"Renflouer les caisses"
Les clients qui s'emportent savent toucher là où ça fait mal. "Il suffit qu'on facture des agios et certains nous accusent de vouloir renflouer les caisses après l'affaire Kerviel. Ils ont du mal à faire la distinction entre leurs conseillers et les responsables de la banque d'affaires", constate Elisabeth. Un climat de suspicion qui a épargné les banques les moins impliquées dans la crise. "On s'estime mois touché par les incivilités que les autres, parce qu'on a pas été associé aux affaires des subprimes, des salles de marché et du plan d'aide de l'Etat", fait-on savoir chez LCL.
Si la crise exacerbe les violences envers le personnel, elle ne les a pas créées. Dès le milieu des années 2000, les entreprises avaient pris le problème à bras le corps. Fin 2006, cinq syndicats de branche -CFDT, SNB, CFTC, FO et CGT- signaient un premier accord avec l'AFB, renouvelé en janvier dernier. Son but : répertorier les incivilités, leur gravité, et permettre si besoin d'engager des poursuites. "Récemment l'insulte d'une cliente a entraîné la clôture immédiate de son compte", explique Manolita, 25 ans, employé au Crédit du Nord depuis deux ans. "Une partie de la formation des agents est aussi consacrée à la gestion des incivilités des clients", poursuit-elle. Une sensibilité nouvelle qui explique aussi que les incidents soient plus souvent signalés aux directions. Ce qui augmente mécaniquement les statistiques.
* le prénom a été changé
mercredi 7 juillet 2010
Incivilités dans les banques, ce qu'en disent les salariés
Edwy Plenel veut porter plainte contre Xavier Bertrand pour diffamation
Le journaliste Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, a annoncé mercredi 7 juillet son intention de "saisir la justice" pour diffamation après que Xavier Bertrand (UMP) a qualifié de "méthodes fascistes" la couverture de l'affaire Bettencourt par son site Internet.
Pour le journaliste, il s'agit d'une "attaque concertée,
non pas de la majorité […] mais de la garde rapprochée du président". "Je trouve que François Fillon a été beaucoup plus modéré à l'Assemblée", a-t-il estimé. "Cette garde rapprochée, au bout de trois semaines de révélations, manifeste un mépris profond de la démocratie et de la justice dans sa mauvaise foi", a affirmé le journaliste.
"Il y a eu une décision de justice qui a été rendue il y a une semaine, par une vice-présidente du tribunal de Paris qui dit que les informations de Mediapart sont légitimes et d'intérêt public, que nous avons fait notre travail de manière rigoureuse. Elle déboute Mme Bettencourt et son chargé d'affaires, qui voulaient que nous enlevions nos informations.". "Maintenant que la justice nous a donné raison, on en vient à la calomnie parce que c'est celui qui dit qui y est", a-t-il dit.
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a critiqué mardi soir au Raincy, en Seine-Saint-Denis, le rôle des socialistes dans l'affaire Bettencourt ainsi que celui du site d'information Mediapart, l'accusant d'user de "méthodes fascistes".
Marine Le Pen gagne sept points de popularité
u terme d'une semaine marquée par la démission de deux ministres et les révélations successives de l'"affaire Woerth", la cote de popularité de Nicolas Sarkozy atteint un
plancher historique, Marine Le Pen enregistrant la plus forte progression des vingt personnalités testées avec une hausse de sept points.
Nicolas Sarkozy a perdu trois points de popularité début juillet par rapport à fin mai, avec 33 % de bonnes opinions contre 64 % de mauvaises (+5), selon l'observatoire de BVA pour Orange, L'Express et France Inter publié mardi 6 juillet. Avec ce dernier chiffre, le président égale "son record historique" d'avril 2008, "qui faisait de lui le président le plus impopulaire depuis la création du baromètre il y a trente ans", note BVA.
La vice-présidente du FN Marine Le Pen est "la principale bénéficiaire de cette période marquée par les angoisses économiques et la crise morale liée aux affaires", selon l'institut. La fille de Jean-Marie Le Pen gagne en effet sept points entre février et juillet 2010, mais elle reste, avec 19 %, la dernière des vingt personnalités testées.
Interrogés pour savoir si "personnellement" ils ont "le sentiment que les affaires mêlant hommes politiques et argent sont plus nombreuses depuis l'élection de Nicolas Sarkozy", 55 % des sondés répondent "oui", 41 % répondent "non" et 4 % ne se prononcent pas.
Pour sa part, François Fillon a perdu un point, avec 49 % de bonnes opinions et 45 % de mauvaises opinions (+2). Dans le classement des personnalités ("souhaitez-vous qu'elle ait davantage d'influence dans la vie politique française ?"), Dominique Strauss-Kahn perd un point à 52 % par rapport au mois de février, et Martine Aubry en gagne un, à 44 %. Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, et Ségolène Royal sont à 33 %, le premier gagnant quatre points, la seconde en prenant six.
L'INTÉGRITÉ N'EST PAS LÀ OU ON LA CROIT, DE LA DISTANCE EST NÉCESSAIRE.
La cuvée du baccalauréat 2010 s'annonce moins bonne
Les premiers résultats au baccalauréat 2010 s'annoncent en baisse par rapport à 2009 dans les filières générale et professionnelle, seule la filière technologique connaissant un taux de réussite en hausse, selon les données provisoires du ministère de l'éducation. Le taux de réussite quasi définitif sera connu lundi, après les oraux de rattrapage prévus jusqu'à samedi.
"Le taux de réussite au baccalauréat général (54 % des candidats) est de 74,6 %, en baisse de 3,6 points" par rapport à 2009. Plus précisément, la série ES (économique et social) affiche un taux de réussite en baisse de 5,5 points, la série L (littéraire) diminue également de 4,3 points et la série S (scientifique) de 2,1 points. Les résultats du baccalauréat professionnel (20 % des effectifs)
s'annonçaient "en légère baisse (–2,5 points) avec un score de 77,4 %", selon ces résultats partiels. En revanche, les résultats du baccalauréat technologique (26 % des candidats), avec un taux de succès de 66,1 %, connaissaient une augmentation de 4,5 % (secteur tertiaire en augmentation de 5,7 points notamment). "Les résultats dans les séries générales sont sensiblement à la baisse", a noté le ministre de l'éducation, Luc Chatel.
Le taux de réussite global 2009 a été de 86,2 %, dont 88,9 % au bac général, 79,8 % au bac technologique et 87,3 % au bac professionnel. 65,6 % d'une génération a le bac, une proportion stable depuis plusieurs années.
Cette journée de découverte des résultats a été marquée par une grève des informaticiens de l'éducation nationale qui a perturbé partiellement, selon eux, la remontée des données. "Au moins deux tiers des académies étaient dans l'action", ont assuré le Snasub-FSU et le SGPEN-CGT, syndicats appelant au mouvement. Selon eux, plusieurs "mises
en demeure" à l'encontre de grévistes a freiné l'impact du mouvement, qui a toutefois affecté la remontée des données statistiques des académies vers le ministère. Dans un communiqué, le ministère affirmait que la communication des résultats, y compris sur les sites Internet des académies, ne devait pas être perturbée. Les informaticiens demandent le retrait du "schéma directeur des infrastructures" qui réorganise les services informatiques avec notamment la suppression ou le redéploiement de 150 postes en cinq ans.
En savoir plus :
Consulter le site Internet du ministère de l'éducation nationale.
La célébrité la plus puissante du monde est Oprah Winfrey
Selon Forbes et son classement 2010 paru lundi, l’animatrice américaine aurait gagné 315 millions de dollars l’an dernier arrivant ainsi en tête des célébrités les plus puissantes.
2011 sera également sans nul doute l’année de la consécration puisqu’elle va lancer sa propre chaîne de télévision.
Quant au reste du palmarès, la chanteuse Beyonce Knowles se place en deuxième position avec 87 millions de dollars suivie par le réalisateur James Cameron et son « Avatar ».
En quatrième place, une nouvelle recrue en la chanteuse Lady Gaga qui a récolté pas moins de 62 millions de dollars. Parmi les surprises, la chute de l’actrice Angelina Jolie de la deuxième à la 18ème position laisse penser qu’elle n’est plus aussi puissante qu’avant.
Enfin, le maintient plus que convenable du golfeur Tiger Woods malgré ses déboires conjugaux en cinquième position avec 105 millions de dollars est également très étonnant.
Brigitte Bardot est sortie de sa réserve, hier, pour un « coup de gueule », dont son entourage souligne qu’il touche à la « politique générale », dépassant la cause des animaux. Peu suspecte d’être une figure de gauche, la vedette de « Babette s’en va-t-en guerre » et du « Mépris » lance au chef de l’État que son « passage laisse une trace d’une négativité et d’une médiocrité inquiétantes ». L’irruption de Mme Bardot dans le débat politique est, au climat de 2010, ce que l’annulation des tiercés fut à celui de mai 1968 : un indicateur que les choses empirent.
Depuis que Nicolas Sarkozy est nommément cité dans une accusation, jusque-là médiatique, de financement illégal de sa campagne électorale de 2007 — illégal aussi bien pour son montant que pour son cheminement secret -, on pense au scandale du Watergate. Non à cause du détail commun des écoutes dans ces deux affaires, différentes par leur objet, mais parce que l’Élysée est désormais touché de plein fouet, comme le fut la Maison Blanche en 1974. Ce précédent montre qu’une tactique de simples dénégations suffira aussi peu que le rappel au principe de la présomption d’innocence à écarter les soupçons. Accuser l’opposition d’exploiter le climat scandaleux pour mettre en échec les projets du gouvernement — ce que, naturellement, elle fait — ne démontre pas davantage qu’elle fabrique de toutes pièces des affaires sans fondement. Or, aussi bien pour son autorité dans le pays que pour son image au dehors, le sommet de l’État ne peut rester noyé dans les brumes de l’équivoque. S’il est sûr de ses actes, il est fondé à mener une contre-attaque qui démontrerait une machination hypothétique, tant il est vrai que les témoignages qui se multiplient ne sont pas paroles d’Évangile, et souvent de deuxième main.
Avec le Watergate, Richard Nixon était devenu « tricky Dick » (Ric le tricheur). L’enjeu, pour Nicolas Sarkozy, est de montrer qu’il n’est pas « tricky Nick ». Si, au contraire, les faits devaient enrichir le dossier des convergences entre le chef de l’État et certaines puissances d’argent, il y aurait un prix politique à payer. Le précédent président de la République fédérale d’Allemagne, Horst Köhler, s’est retiré pour moins que cela. Il est vrai que sa fonction est surtout honorifique. Le mot vient d’« honneur ».
André Schlecht
La télévision ne vaut rien au débat politique. En tout cas pas la télévision selon Laurence Ferrari recevant Eric Woerth : «Je vous regarde dans les yeux», dit l'un, pour répéter en boucle que tout cela est insupportable et honteux. «Les yeux dans les yeux», interroge l'autre, pour mieux battre des cils sans poser de question... Drôle d'échange, qui aura fait de l'audience à défaut de faire la lumière. C'est la loi du spectacle, qui préfère les sentiments aux arguments, les indignations aux explications. Et puis peu importe, après tout: c'est notre Président qu'on attend maintenant, c'est lui qui doit parler, qui va bientôt parler. Mais s'il-vous-plaît, Monsieur notre Président, parlez-nous clairement, directement, du dossier et pas de votre famille, de vos comptes de campagnes et pas de vos états d'âme - qui sont pour l'heure, Monsieur Woerth l'avait oublié, le dernier de nos soucis.
Nantis de tous les pays, unissez-vous ! C'est l'appel lancé par Warren Buffet et Bill Gates aux richissimes camarades. Ils les invitent à léguer la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives. Eux-mêmes, sans se retrouver sur la paille, montrent déjà l'exemple.
L'amicale U.S des "superfriqués", en jouant le jeu, pourrait distribuer 600 milliards de dollars. Ce qui motive un tel élan de générosité ? La volonté "d'inscrire son nom dans l'Histoire". Face à la postérité, virer philanthrope confère au nabab un prestigieux statut. Plutôt que de laisser l'image d'un "requin", il passera pour un bel humaniste.
Ainsi va, outre-Atlantique, le dévouement au "charity-business". Chez nous, jugée à cette aune, Liliane Bettencourt mérite une statue. On ne compte plus les "justes causes" qu'elle inonda de ses largesses.
La discrète donatrice préfère taire le nom des heureux élus. Son ex-comptable se montre plus prolixe : "Le 26 mars 2007, Madame a donné 150 000 euros en liquide pour soutenir la campagne de l'UMP." Où le mécénat ne va-t-il pas se loger...
Les cadors du parti, hier, hurlaient à "la calomnie". Faut voir. Mais si les faits se confirment, quelle ingratitude ! Comme on dit dans le Midi : "Fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant."
Les syndicats refusent d'entrer dans la polémique
Les syndicats évitent de se prononcer sur la légitimité d'Eric Woerth. Mais ils jugent en privé sa position de moins en moins tenable.
Surtout garder ses distances et ne pas en rajouter : malgré la succession d'accusations à l'encontre d'Eric Woerth, les syndicats restent fidèles à la ligne qu'ils se sont fixée dès le début de l'affaire. La question n'est « pas de leur ressort », martèlent-ils, et faute de preuve ou de démission, Eric Woerth reste leur interlocuteur sur la réforme des retraites. Ils font donc « avec ». « Pas question de mettre le doigt là-dedans ; ce n'est pas notre rôle », explique l'Unsa. « C'est un terrain compliqué. Nous n'avons aucune raison ni envie de s'y aventurer », abonde la CFDT. Mais tous sentent le vent tourner et commencent à s'irriter des conséquences. « Eric Woerth a forcément la tête à autre chose que les retraites et cela va devenir de plus en plus dur de discuter », note la CGT, tandis que la CFDT regrette que « la question des retraites passe à présent au second plan ».
« En observateurs »
Dans ce contexte, les syndicats jugent désormais, « en observateurs », « de moins en moins tenable » la position d'Eric Woerth, d'autant qu'« il ne se défend pas très bien ». Ils se préparent donc à l'arrivée d'un éventuel remplaçant. Leur pronostic ? Xavier Bertrand. « Il faut quelqu'un qui maîtrise le dossier et qui a l'expérience des syndicats. Je n'en vois pas vraiment d'autre dans l'entourage de Sarkozy », constatent plusieurs leaders syndicaux. Ce qui n'est pas pour les rassurer. Ils saluent la capacité de travail de Xavier Bertrand, mais ont encore en travers de la gorge sa « trahison » de l'été 2008, quand il avait glissé dans la loi sur la représentativité des mesures d'assouplissement des 35 heures. Il reste aussi pour les syndicats, le ministre du Travail qui avait raboté le dispositif carrières longues et fait traîner le dossier pénibilité. Mais chacun prend soin de « ne pas personnaliser » le débat. « L'important, c'est le fond de la réforme, pas le ministre », insiste l'Unsa. « C'est à l'Elysée que tout se décide. Alors Woerth ou un autre… » pointe la CFDT. « Il ne faut pas se tromper de combat, conclut la CGT. La réforme se jouera dans la rue et nous restons concentrés sur la préparation de la mobilisation du 7 septembre. »
Affaire Bettencourt : Woerth prend les Français à témoin
Le ministre du Travail et trésorier de l'UMP est intervenu hier soir sur TF1. Il a réfuté tout financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy par la famille Bettencourt et a exclu de quitter le gouvernement.
S'expliquer devant les Français pour tenter de sauver ce qui peut l'être, avant que le chef de l'Etat ne prenne lui-même la parole. C'est le choix fait par Eric Woerth, invité hier soir au « 20 Heures » de TF1 au moment où, pour la première fois, Nicolas Sarkozy est personnellement mis en cause dans l'affaire Bettencourt et où, selon un sondage Ifop, deux Français sur trois (69 %) souhaitent un remaniement gouvernemental rapide. Le ministre du Travail et trésorier de l'UMP a réfuté les accusations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, selon lesquelles il aurait reçu, en 2007, 150.000 euros en espèces pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. « Jamais, jamais, je n'ai reçu le moindre euro illégal », a-t-il martelé, excluant de quitter le gouvernement sous la pression politique et médiatique : « Je suis cloué au pilori par une forme de presse et le PS. Si je démissionne, je leur donne raison. » Eric Woerth a jugé que sa situation « n'a rien à voir » avec celle de Dominique Strauss-Kahn qui, mis en cause dans l'affaire de la MNEF, démissionna avant d'être relaxé. Il s'est estimé victime d'une « cabale politique orchestrée par le PS ».
« Tenir bon »
« J'essaie de garder mon calme, mais j'ai envie de les étrangler », avait-il lâché hier matin lors de la réunion à huis clos du groupe UMP. Remerciant les élus pour leur soutien depuis « trois semaines », Eric Woerth leur a assuré : « Je tiens bon. »
« Tenir bon » au moins jusqu'aux conclusions de l'Inspection générale des finances attendues pour vendredi et dénoncer « une tentative de déstabilisation sans preuve » afin de discréditer les accusations… Tels sont les deux mots d'ordre donnés dès hier matin par Nicolas Sarkozy lors du petit déjeuner des dirigeants de la majorité. Toute la défense de l'exécutif a dreposé hier sur le respect de la « présomption d'innocence » (Michèle Alliot-Marie) face à une « chasse à l'homme » (François Fillon) fondée, selon le chef de l'Etat, sur la « calomnie ». Lors d'une séance de questions d'actualité houleuse hier à l'Assemblée, les socialistes ont, eux, demandé la saisine d'un « juge indépendant » qui puisse enquêter à la place du parquet, par nature subordonné au ministre de la Justice. Ils ont surtout voulu prouver qu'au-delà d'Eric Woerth c'est « un système » tout entier qui est mis en cause. « En quelques jours, nous sommes passés de la crise morale à la crise politique », a lancé Jean-Marc Ayrault. Excédés et déboussolés, des députés UMP ont renvoyé au PS ses ennuis judiciaires à Marseille avant d'applaudir debout François Baroin lorsqu'il a lancé à l'opposition : « Je vous en conjure, au nom d'une certaine idée que nous avons en partage de la démocratie, de la République, ne faites pas le jeu de l'extrême droite ! » Les élus socialistes ont alors quitté l'hémicycle laissant Jean Glavany répondre seul au ministre du Budget : « Le populisme ne se nourrit pas de certaines dénonciations mais de certaines pratiques. »
Au sein de la majorité, rares sont les élus qui demandent ouvertement un remaniement rapide à l'instar de Lionnel Luca ou de la villepiniste Marie-Anne Montchamp. Tous attendent, en revanche que le chef de l'Etat prenne la parole - ce sera mardi -ainsi que Jean-François Copé et Jean-Pierre Raffarin le lui ont demandé hier matin. « On ne peut pas continuer avec un climat délétère comme ça », soupire le chef de file des députés Nouveau Centre François Sauvadet. Sous couvert d'anonymat, certains font part de leur inquiétude, n'imaginant pas qu'Eric Woerth, devenu « une cible permanente », puisse encore défendre la réforme des retraites au Parlement mais craignant qu'une éventuelle démission du ministre et trésorier de l'UMP prive Nicolas Sarkozy de protection. « Si Woerth saute, c'est le président qui est en première ligne », glisse un élu UMP. « Si le président lâche Woerth maintenant, il se lâche lui-même », explique un dirigeant de la majorité, qui souhaiterait un remaniement avant l'été dans lequel Eric Woerth ne quitterait pas le gouvernement mais changerait de poste. Un responsable de Bercy spécialiste des procédures de contrôle fiscal - Philippe Parini, directeur des Finances publiques -doit être auditionné aujourd'hui en commission des Finances à l'Assemblée nationale.
ELSA FREYSSENET
Jamais depuis le début de la polémique touchant Eric Woerth, la question d'une démission du ministre des Affaires sociales et trésorier de l'UMP ne s'était posée avec autant d'acuité. Cette question que tout le monde se pose, curieusement personne ne la pose. L'opposition socialiste ne la réclame pas. Plus habile ou plus perverse, elle se contente de tout faire pour l'obtenir. Jour après jour, attaquant l'intéressé, harcelant le gouvernement, accablant le régime. Elle veut bien une tête, mais sans se salir les mains.
Et, jour après jour, cette guerre d'usure s'alimente d'allégations et d'informations mêlées, relayées avec une égalité de traitement qui confine à l'inéquité. Au débat légitime sur le cumul - acceptable sans doute, mais souhaitable ? -des fonctions de trésorier de parti et de ministre de la République, succède la réprobation épidermique d'un remboursement d'impôt, légal quoique colossal, à la première fortune française. Dans ces tourbillons qui ont emporté bien des ministres, il n'est plus donné à l'opinion de distinguer l'accessoire de l'essentiel.
Or l'essentiel est que seuls deux motifs sérieux pourraient contraindre Eric Woerth à démissionner ou à être démissionné. Le premier serait d'avoir commis des actes contraires à la loi, à l'éthique, ou à l'honneur. Pour le savoir, la sagesse d'une démocratie commande de s'en remettre aux faits, pas aux souhaits. D'attendre les conclusions des enquêteurs et des juges.
Or les seules charges retenues aujourd'hui sont celles du soupçon, de la suspicion, la dernière étant celle d'un financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy. La présomption d'innocence s'applique certes moins aux responsables politiques qu'aux citoyens ordinaires, de là à les en priver… Condamné par l'opinion à la démission de son poste de ministre des Finances, en 1999, Dominique Strauss-Kahn faillit payer de son destin son geste honorable.
Si rien ne peut lui être reproché, Eric Woerth pourrait néanmoins être conduit au départ pour une deuxième raison, d'intérêt supérieur : s'il apparaît que son maintien devient un frein à la mise en oeuvre de réformes essentielles pour l'avenir du pays, si essentielles qu'en regard une carrière ministérielle pèse peu. C'est le cas de la réforme des retraites bien sûr, mais aussi de chantiers aussi vitaux que la réduction des déficits, et qui exigent un exécutif inattaquable. Cette analyse de la situation appartient au chef de l'Etat, et à lui seul. Mais en sacrifiant, fût-ce dans un plus vaste remaniement, un ministre sur l'autel du populisme, Nicolas Sarkozy affaiblirait son pouvoir plus qu'il ne le renforcerait.
JEAN-FRANCIS PÉCRESSE
Comment dire ? Devant l'emballement de l'affaire Woerth, l'éditorialiste politique ne peut qu'éprouver un sentiment de malaise et d'impuissance. En l'absence de preuves, où se niche la vérité dans l'écheveau de la communication dissimulatrice, du harcèlement caricatural et des vrais-faux mensonges ? Faudrait-il se résigner à hésiter entre l'omission et l'injustice ? A entendre le ministre du travail, hier soir sur TF1, on pourrait imaginer que la presse d'un grand pays démocratique comme la France est mue par l'affabulation, la volonté de nuire, le goût du scandale. Et aux ordres du Parti Socialiste. Une presse sadique déterminée à faire la peau d'un ministre, bien sûr. Un peu court tout de même. Si elle n'était qu'un scandale monté de toutes pièces l'affaire Woerth n'aurait pas duré trois jours ! Alors si elle a pris une telle ampleur, c'est parce que ses zones d'ombre n'ont pas été éclaircies et que ses interrogations -légitimes- n'ont pas trouvé de réponse convaincante et définitive. On sait -hélas- que les démentis les plus catégoriques, généralement surjoués avec talent, n'ont pas valeur de garanties d'innocence. On aura remarqué aussi qu'ils restent très aériens : on a attendu en vain une contradiction argumentée contre les déclarations de l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt. Une démonstration précise et percutante aurait sans doute suffi à lever les doutes d'une opinion qui n'aime guère l'injustice. On l'attend toujours... Les enveloppes occultes d'argent liquide pour financer les partis ? Arrêtons de faire comme si on découvrait cette « horreur » en poussant des cris d'orfraie ! Tout le monde se doute bien qu'elles existent toujours et qu'elles prospèrent en période électorale. Comment croire que Mme Bettencourt ait pu se contenter d'un don de 4 500 euros réglementaire ? A peine, pour elle, l'équivalent d'un carambar... Mais nous sommes au bal des faux-jetons où la candeur est un masque bien utile. On peut y jouer la vertu outragée, et parfois ça marche. Bien sûr que la présomption d'innocence doit être respectée. Bien sûr que l'honneur d'un homme a un prix élevé. Bien sûr qu'il ne faut pas offrir sur un plateau des arguments aux forces d'extrême droite. A l'heure des comptes, pour la morale politique comme pour le budget de rigueur, ce ne sont pas des raisons suffisantes pour s'éxonérer de dénoncer toutes les dérives qui, à la longue, minent une démocratie bien davantage que des articles de journaux.
Mardi soir, l’Assemblée devrait se prononcer sur le texte de loi interdisant de dissimuler son visage dans l’espace public. Après des mois de tergiversations, d’échanges vifs renforcés par la discussion sur l’identité nationale, il semble qu’une majorité, transcendant les frontières des partis, pourrait se dessiner en faveur de l’interdiction : au minimum, à défaut de dire oui, certains s’abstiendront.
Derrière le rideau de l’apparent consensus, pourtant, se cachent des motivations très diverses. Il y a ceux qui veulent interdire le voile intégral (parce que c’est de cela qu’il s’agit, malgré l’habillage global de la version finale) au nom du respect de la dignité des femmes : ils partent du principe que les hommes les forcent à cacher leur visage ; il y a ceux qui expriment sans détour leur rejet de l’islam (même si le Coran n’exige pas le port du voile intégral) et de ses signes d’appartenance, de plus en plus visibles dans les pays occidentaux, par ailleurs largement déchristianisés ; d’autres mettent en avant les nécessités de la sécurité. Beaucoup, enfin, disent simplement leur gêne de ne pouvoir « envisager » la personne fantôme parfois croisée dans les rues de nos villes. Une cacophonie de raisons qui traduit les tiraillements de la société française.
Le texte de loi, donc, s’efforce de ne pas stigmatiser la burqa, mais de rappeler des principes généraux. Il se veut plus pédagogique que répressif et prévoit une période de transition pour arriver à convaincre plus qu’à contraindre et faciliter la résolution des cas litigieux : on imagine qu’il ne sera pas aisé de verbaliser. Les promoteurs de la loi espèrent une application en douceur, qu’elle libérera les femmes et ne les renverra pas, comme on peut le craindre, à l’enfermement des espaces privés. Il faut également espérer que les plus extrémistes de tous bords ne se saisiront pas de ce nouvel épisode législatif pour attiser chez les musulmans le sentiment d’être discriminés et rejetés. Le mieux vivre ensemble – justification ultime de la loi – préconisé par tous ceux qui veulent échanger à visage découvert est à ce prix. Un dialogue sans voile suppose, et l’absence de voile et la réalité d’un dialogue.
Dominique Quinio
Sur les cartes du Proche-Orient, ce n'est qu'un minuscule lambeau de terre, aux confins de l'Égypte. Plus d'un million cinq cent mille Palestiniens y vivent reclus, doublement punis par le blocus israélien et les méthodes très musclées du Hamas. Cet espace, c'est la bande de Gaza. Symbole de l'impasse générale dans laquelle le processus de paix a sombré depuis dix ans.
Dans les prochains jours, les ministres espagnol, français et italien des Affaires étrangères se rendront à Gaza. Leur mission officielle, qui a reçu le soutien de leurs homologues allemand et britannique, sera de vérifier l'allègement du blocus promis par Israël. C'est une occasion à ne pas manquer pour l'Europe si elle veut vraiment reprendre pied diplomatiquement sur ce dossier laissé à la dérive.
Depuis son offensive meurtrière contre le territoire palestinien, fin 2008, Israël n'a cessé de voir s'accentuer son isolement sur la scène internationale. Jamais, depuis plusieurs décennies, le soutien américain n'avait été aussi conditionnel. En Europe, même les gouvernements les plus proches d'Israël, comme l'actuel gouvernement italien, ne trouvent plus les mots pour soutenir un pays, certes menacé, mais aussi enfermé dans une logique de plus en plus indéfendable.
Le raid israélien contre la flottille internationale venue rompre le blocus naval de Gaza aura, de ce point de vue, été emblématique. La logique de l'enfermement sécuritaire est tellement prégnante, dans l'actuel gouvernement israélien, que le sens politique de cet événement semble lui avoir échappé. Car, si la flottille était un piège, il ne fallait pas tomber dedans. Si ce n'était pas le cas, la cause humanitaire, universellement évidente face à un blocus si démesuré, n'en est que plus légitime.
L'allié turc s'éloigne
Or, en tuant neuf Turcs, le 31 mai, lors de cet assaut, Israël vient de s'aliéner l'un de ses rares alliés dans la région. Sous la bénédiction américaine, l'axe militaire et stratégique Ankara-Tel Aviv a longtemps bénéficié de l'emprise du camp laïc au sommet de l'État turc pour asseoir un cadre stable. Ce n'est plus le cas. Les nouvelles ambitions diplomatiques de la Turquie, qui caresse son image de puissance régionale et redouble d'activité auprès des capitales arabes, ne coïncident plus avec celles d'Israël.
En un mois, la Turquie a ainsi multiplié les signes de rupture en rappelant son ambassadeur et en fermant son espace aérien aux avions militaires israéliens qui ont besoin d'un allié dans la région pour s'entraîner. Ces gestes vont laisser des traces et pourraient même affecter les relations commerciales entre les deux pays, jusqu'ici très intenses dans les domaines civils et militaires. Cette détérioration des relations turco-israéliennes inquiète Washington, qui compte sur l'appui stratégique de la Turquie, notamment dans le dossier irakien.
Dans un tel contexte, le sort de Gaza condense bien des enjeux. C'est d'abord une urgence humanitaire. Certes, elle est habilement exploitée par la diplomatie turque, mais il revient aux alliés d'Israël d'expliquer au gouvernement Netanyahou une évidence. En isolant un territoire aussi faible, c'est l'isolement et la faiblesse de sa propre position qu'Israël étale au grand jour.
POLEMIQUE – "Les Infiltrés", 22 v'là France 2 !
Le médecin est tenu au secret médical ; le juge au secret de l'instruction et le journaliste ? C'est toute la question qui se pose suite à la diffusion du magazine d'investigation "Les Infiltrés"
sur France 2 mardi dernier. Laurent Richard, journaliste, s'est infiltré dans le milieu pédophile en se faisant passer pour une petite fille, et les a ensuite dénoncés à la police. Un journaliste peut-il, dans des circonstances extrêmes, dénoncer les criminels rencontrés dans le cadre de son enquête ?
Ce sont 23 personnes qui ont été arrêtées suite à la dénonciation du journaliste de l'agence Capa, Laurent Richard. "Certains pédophiles avaient l'intention d'abuser d'enfants ; d'autres étaient déjà passés à l'acte. La décision de signaler leurs pseudonymes aux policiers a été prise au cours de l'enquête dans un souci de protection des enfants. Moralement, il était impossible d'agir autrement. Si j'étais rentré chez moi sans rien dire, je n'aurai plus jamais dormi de ma vie.", justifie Laurent Richard.
Le droit de dénoncer, pas l'obligation
L’agence Capa explique que la loi contraint tout citoyen à dénoncer quand il s'agit d'affaires ayant trait à l'enfance. Maître Pierre-Olivier Sur, spécialiste en droit de la presse et l’un des avocats de France Télévision explique qu’il existe en France un principe selon lequel ne pas dénoncer les crimes est un délit. Mais que les journalistes n’y sont pas tenus. Qu’il existe effectivement une spécificité des affaires concernant l’enfance; que les journalistes ont alors le droit de dénoncer, mais en aucun cas l’obligation.
Le secret des sources, l'essence même du journalisme
Le secret des sources, qui permet d'instaurer une relation de confiance, est un gage de crédibilité du journaliste. Si ce secret n'est plus respecté, c'est la confiance du lecteur qui disparait. Aux yeux de Me Jean-Yves Dupeux, spécialiste du droit de la presse, la démarche relève d'un "regrettable mélange des genres". "En se faisant auxiliaire de police, le journaliste sort de son rôle, estime l'avocat. Son devoir est d'informer le public, mais son obligation déontologique, issue de toute la tradition de son métier, est de ne pas dénoncer ses sources."
Quelques contre-exemples
Après la diffusion d'un reportage sur la prostitution infantile il y a quelques semaines dans Envoyé Spécial (France 2), la police a voulu saisir les rushes. L'agence de presse Comiti a refusé de les leur remettre, en invoquant le secret des sources.
En 1975, la presse s'extasiait devant le New York Times qui préférait laisser un de ses journalistes (Myron Farber) en prison pendant 40 jours plutôt que de livrer à la justice ses notes confidentielles concernant un médecin qui assassinait ses patients. Les temps changent…
Information ou délation?
Tout journaliste en situation d'enquête peut et doit avoir des problèmes de conscience qu'il résout au cas par cas, en franchissant parfois certaines limites. Dominique Pradalié du Syndicat national des journalistes (SNJ) commente qu’il est "hypocrite de dire qu'il était contraint. Quand on enquête sur des pédophiles, on ne pense pas tomber sur des fraises des bois. Laurent Richard savait à quoi s’attendre." Alors où poser les limites ? Pourquoi ne pas décréter qu'en ces temps de crise un journaliste doit dénoncer à la police les criminels en col blanc à qui il aurait parlé ? Qui décide de la nature du crime à dénoncer ? Quand le secret des sources doit-il "sauter" et qui a le droit de passer outre ? Il semble qu'il y ait bien un mélange entre deux professions : journaliste et policier, comme le précise Dominique Pradalié : "Journaliste ou policier, les deux professions sont respectables, mais il faut choisir.
Claire Largillière
CIGARETTES – La taxe brûlée par les deux bouts
Les prix de certaines marques de cigarettes diminuent cette semaine, dans le but de vaincre le commerce illégal et transfrontalier. Roselyne Bachelot se dit ''scandalisée'' et se prépare à contre-attaquer en augmentant les taxes, ce qui pourrait bien
avoir tout l'effet contraire
Depuis lundi, et selon un arrêté paru au Journal Officiel, les prix de certaines marques de cigarettes (AFP) ont baissé. Les paquets de Rothmans, Lucky Strike (groupe British American Tobacco) sont passés de 5,50 euros à 5,30 euros, tandis que des paquets de tabac à rouler Drum (groupe britannique Imperial Tobacco) sont passés à 6,65 euros au lieu de 7 euros. Et si cela arrange bien les fumeurs, cette décision est loin de satisfaire la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Roselyne Bachelot, outrée
En novembre, les prix du tabac avaient augmenté de 6%. Pour justifier les prix extravagants des paquets de cigarettes, l'Etat français discourt sur une ''action de mobilisation pour la santé publique'', visant à dissuader les plus jeunes de commencer à fumer. L'initiative des industriels, British American Tobacco et Imperial Tobacco, est donc perçue comme une véritable provocation au sein du ministère de la Santé et des associations anti-tabac. Selon Roselyne Bachelot, qui s'est dite ''absolument scandalisée'', ''c'est une initiative délibérée des industriels du tabac pour attirer de nouveaux fumeurs, tout spécialement des jeunes et des femmes''. Difficile à nier pour les deux compagnies. ''Le tabac à rouler pour lequel la baisse est la plus forte, est largement consommé par les plus jeunes qui ont l'impression de faire un geste écologique en roulant leurs cigarettes. S'y ajoute l'avantage économique, étant donné leur budget restreint. Il est donc très net que l'on cherche à inciter les jeunes à fumer'', déplore Joseph Osman, directeur de l'Office français de prévention du tabagisme (OFPT). En réaction, la ministre de la Santé a affirmé qu'elle allait proposer ''une augmentation des taxes pour remettre les cigarettes à un prix dissuasif''. Cette augmentation ''peut uniquement se prendre en loi de Finance'', a-t-elle précisé, c'est-à-dire à l'automne prochain.
Erreur stratégique
En 2003-2004, lors de l'augmentation de 40 % des taxes sur les paquets de cigarettes, les buralistes étaient 31.500. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 28.000. La raison ? Ce n'est pas que l'envolée des prix ait freiné le taux de fumeurs ni même le nombre de jeunes commençant à fumer, c'est simplement que les concernés partent se fournir en dehors des frontières de l'Hexagone, le plus souvent en Espagne, où la cartouche de Lucky Strike coûte 38,50 euros, contre 53 euros en France. Une concurrence de taille, doublée de l'apparition de cigarettes low-cost ces deux dernières années, et de la future apposition d'images chocs sur les paquets, justifie Yves Trevilly, le porte-parole du groupe British American Tobacco. Mais cette baisse des prix n'a rien de sagace d'après les buralistes. ''Tout ce que British American Tobacco aura réussi à faire, c'est que les taxes augmentent. Pour garder leurs marges, les fabricants vont devoir augmenter les prix. Cette baisse est donc une erreur stratégique qui va coûter cher à tout le secteur'', déplore Jean-Luc Renaud de la Confédération des buralistes. La filiale française Japan Tobacco International souligne qu' "augmenter les taxes sur le tabac provoquerait une accélération du développement du commerce illégal et des achats dans les pays limitrophes".
Mauvaise stratégie encore une fois, pour la ministre qui avait commandé, en septembre dernier, plusieurs millions de vaccins en trop pour vaincre l'épidémie de grippe A. Yves Trévilly juge la réaction de la ministre ''un peu surjouée'', car la demande de baisse des prix des paquets de cigarettes avait été déposée il y a déjà quatre mois.
mardi 6 juillet 2010
Il est légitime d'être interrogé sur les valeurs de la fonction publique
Une partie des très émérites membres du jury de l'agrégation de philosophie menace de démissionner si l'année prochaine l'épreuve orale "Agir en fonctionnaire de l'Etat et de façon éthique et responsable" est maintenue dans les épreuves de recrutement au concours d'enseignant !
Ce coup d'éclat, qui émeut beaucoup moins les foules que le coup de gueule d'un footballeur amateur de rap, a de quoi sérieusement nous inquiéter sur l'avenir du service public de l'éducation.
Ce positionnement d'une partie de la communauté universitaire et enseignante s'inscrit dans le sillage de l'appel "Non au contrôle de moralité des futurs enseignants", qui assimile cette épreuve à "un certificat de bonne moralité aux contours opaques et flous" qui n'a pas sa place dans des concours de recrutement "qui ne sauraient évaluer que les aptitudes disciplinaires et pédagogiques des candidats".
L'évaluation de cette compétence n'est pas nouvelle. Elle se trouvait déjà dans les référentiels des concours précédant la réforme de la formation des enseignants. Mais jusque-là personne ne s'était ému d'une telle exigence.
Lisons attentivement la définition qui en est donnée dans l'annexe de l'arrêté du 19 décembre 2006. Il n'est aucunement question de "bonne moralité". Cette compétence désignerait plutôt ce qui relève de la déontologie du métier et plus largement de la déontologie de tout fonctionnaire d'Etat. Si nous énumérons les valeurs et les attitudes requises : le respect de la dignité de tout homme, le respect de la liberté d'opinion, l'objectivité, la laïcité, la neutralité... nous retrouvons les grands principes qui fondent le statut actuel de la fonction publique, principes inspirés de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, portés au préambule de notre Constitution.
Par ailleurs, il n'est nullement choquant qu'un enseignant, fonctionnaire d'Etat, se doive de connaître le système éducatif, les institutions qui définissent et mettent en oeuvre la politique éducative de la nation, ainsi que les grands principes du droit de la fonction publique et du code de l'éducation. Bien au contraire. Les enseignants sont destinés par leur métier à participer activement à la vie de la cité.
Ce n'est qu'en étant lui-même un enseignant citoyen, connaissant ses droits et ses obligations, que tout enseignant pourra garantir à cette cité cette liberté des consciences réclamée par les signataires de la pétition.
Il n'est donc en aucune façon question de morale et de "contrôle des consciences", bien au contraire. Il ne s'agit pas ici d'évaluer la capacité d'un enseignant à transmettre un savoir particulier, mais il s'agit d'évaluer sa capacité à éduquer, à former un homme dans sa totalité et un citoyen éclairé. L'instruction dans sa dimension humaniste est indissociable d'un projet d'émancipation. Seuls des fonctionnaires d'Etat, au service de l'intérêt général, et bénéficiant d'un statut protecteur, peuvent garantir la réalisation d'un tel projet.
Dans le contexte actuel du démantèlement du service public de l'éducation et de la marchandisation de l'école, on doit se féliciter de l'existence d'un tel statut. Car contrairement à ce que l'on pourrait penser, parce qu'ils ne sont pas soumis aux mêmes contraintes, les enseignants du service public et les enseignants du secteur privé ne font pas tout à fait le même métier. Comment expliquer une telle dérive dans l'interprétation d'un texte aussi peu ambigu ? Deux facteurs peuvent expliquer un tel aveuglement.
Aujourd'hui, nous assistons à un repli disciplinaire des enseignants, repli que nous pourrions interpréter davantage comme une attitude de survie dans un système éducatif qui ne joue plus son rôle en matière de réussite scolaire et de cohésion sociale, que comme un parti pris de départ. Même si, ensuite, ce positionnement se trouve une justification idéologique.
Ce repli se traduit par une instrumentalisation des savoirs : les élèves empilent des connaissances disciplinaires et des techniques dans des objectifs de très court terme, sans être capables pour autant de se les approprier dans un projet personnel. Cela se traduit également par un retour à des pratiques pédagogiques fondées sur le respect de l'autorité et de la tradition. On peut craindre qu'avec les réformes en cours, les restrictions budgétaires qui accroissent la difficulté du métier, cette tendance de repli ne fasse que s'accentuer.
Nous sommes également face à une montée de l'individualisme qui se traduit par une affirmation du moi et de la valeur de la conscience individuelle comme seul critère décisif de l'action. Lorsque les pétitionnaires dénoncent le contrôle des consciences, ce qu'ils dénoncent, c'est la limitation qui pourrait être posée à leur liberté en tant qu'individus porteurs d'intérêts particuliers.
Ils ne se positionnent pas en tant que fonctionnaires ayant en charge l'intérêt commun. Il ne leur vient pas à l'esprit que l'exercice de toute liberté individuelle nécessite au préalable la construction d'un espace commun, d'un vivre-ensemble, que la fonction publique, et plus particulièrement l'éducation nationale, non seulement contribue à construire, mais institue.
Nous en arrivons donc à ce paradoxe qui caractérise nos démocraties post-modernes, paradoxe que nous rencontrons dans des lieux aussi inattendus qu'un jury d'agrégation : ce qui prévaut désormais dans la sphère publique, ce n'est plus la politique, mais la morale, ce n'est plus la construction du "nous" et du lien social, mais l'affirmation du "moi".
A cause de la signification progressiste du statut de la fonction publique tel qu'il avait été élaboré à la Libération, alors que la société française était dans une dynamique de construction collective, ensuite amélioré par le ministre communiste Anicet Le Pors, ce statut devient opaque, voire incompréhensible à ceux qui auront en charge le devenir de la nation.
Lorsque des enseignants fonctionnaires demandent l'alignement du service public sur le secteur privé, nous pouvons donc être très inquiets.
"Cessez d'affaiblir le Quai d'Orsay !"
Dans une tribune accordée en exclusivité au Monde, les anciens ministres des affaires étrangères, Alain Juppé et Hubert Védrine, s'alarment des conséquences pour la France de la réduction "sans précédent" du budget du Quai d'Orsay.
Nous sommes inquiets des conséquences pour la France d’un affaiblissement sans précédent de ses réseaux diplomatiques et culturels.
Le budget du ministère des affaires étrangères a toujours été très réduit : de l’ordre de 1,2 % à 1,3 % du budget de l’Etat les meilleures années. Encore faudrait-il en déduire les sommes destinées à des organisations internationales, qui ne font que transiter par ce budget. Le rapport investissement-efficacité de ce petit budget est remarquable: représentations permanentes, ambassades, consulats, lycées, écoles, centres culturels, programmes d’aide et de coopération.
Or, en vingt-cinq ans, le ministère des affaires étrangères a déjà été amputé de plus de 20% de ses moyens financiers ainsi qu’en personnels. Tous les ministères doivent évidemment contribuer à la réduction des dépenses publiques, mais aucune administration n’a été réduite dans ces proportions. Cela s’explique en partie parce que les préjugés sont nombreux et tenaces contre "les diplomates" (pourtant rémunérés selon les mêmes grilles que l’ensemble de la fonction publique), et que le métier diplomatique est rarement expliqué alors qu’il est indispensable à la défense des intérêts de notre pays.
Cet affaiblissement disproportionné va encore s’aggraver du fait d’une revue générale des politiques publiques aveugle, qui souvent supprime d’une façon rigide ce qu’il faudrait absolument garder. De plus, le ministère des affaires étrangères va devoir encore, jusqu’en 2013, supprimer trois emplois sur quatre départs en retraite, soit plus que la règle générale d’un sur deux.
Les économies ainsi réalisées sont marginales. En revanche, l’effet est dévastateur : l’instrument est sur le point d’être cassé, cela se voit dans le monde entier. Tous nos partenaires s’en rendent compte.
Pourtant, dans la compétition multipolaire, où tout se négocie en permanence avec un grand nombre d’interlocuteurs qu’il faut connaître avec précision, la France a plus que jamais besoin de moyens d’information et d’analyse. Les autres ministères présents à l’étranger (finances, défense) sont essentiels aussi et ont leur fonction propre. Le rôle du Quai d’Orsay est de rendre cohérentes toutes les formes de notre présence, ce qui est la clé de notre influence.
Les autres grands pays ne détruisent pas leur outil diplomatique: les effectifs du département d’Etat américain augmentent de 4 % à 5 % par an. Ceux du Foreign Office sont désormais supérieurs aux nôtres. Les pays émergents, pour leur part, construisent et consolident rapidement leur réseau: le Brésil, sous le président Lula, a ainsi ouvert une trentaine d’ambassades. Le service diplomatique européen, auquel nous devrons en plus fournir des diplomates pour assurer notre influence en son sein, ne remplira pas la même fonction.
Il faut adapter l’appareil diplomatique, comme l’Etat tout entier, mais cesser de l’affaiblir au point de le rendre d’ici à quelques années incapable de remplir ses missions, pourtant essentielles.
Alain Juppé et Hubert Védrine, anciens ministres des affaires étrangères
Anne Lauvergeon maintenue à la tête d'Areva
égulièrement donnée partante de la direction d'Areva, Anne Lauvergeon a finalement été maintenue
à la tête du groupe nucléaire public français par le président Nicolas Sarkozy, qui s'épargne ainsi tout risque de polémique dans un climat politique délétère. Une source proche du dossier a indiqué lundi soir que Mme Lauvergeon gardera son poste de présidente du directoire d'Areva, sur décision de M. Sarkozy.
Des rumeurs de presse avaient régulièrement circulé sur un départ prochain de cette patronne emblématique dont le mandat expire en juin 2011, notamment au moment de l'échec fin décembre du consortium français à décrocher un contrat géant de 20 milliards de dollars (près de 16 milliards d'euros) à Abou Dhabi. Cet échec avait mis en lumière les problèmes de coordination de la filière nucléaire française, sur fond notamment de divergences entre Anne Lauvergeon et le nouveau patron d'EDF, Henri Proglio.
Nicolas Sarkozy avait alors demandé à l'ex-PDG d'EDF, François Roussely, de rédiger une étude devant donner des pistes à l'Etat sur "l'évolution du nucléaire civil à l'horizon 2030" dans l'Hexagone. Car l'Etat va "mettre de l'ordre" dans la filière, avait assuré le président mi-mars. Le rapport a été remis à l'Elysée mi-mai et classifié secret-défense.
Selon le quotidien Les Echos, il proposerait de créer un groupement d'intérêt économique regroupant les grands acteurs de l'industrie nucléaire française, qui serait chargé de "défendre les couleurs de la France à l'étranger". Le document "donnera lieu à des décisions dans les semaines qui viennent", avait ensuite annoncé l'Elysée fin mai. "Atomic Anne", le surnom que lui donnent les Américains, sera donc chargée de mettre en route ces "décisions" du pouvoir politique.
Deux de chute. Deux secrétaires d'État au tapis. Malgré le vibrant appel de Simone Veil et Michel Rocard contre la chasse à courre à Chantilly, terre d'élection du ministre Éric Woerth, il n'est pas sûr que la meute se ravise... Certes, la pression politique autour de l'affaire Woerth/Bettencourt se relâche un tant soit peu. La démission surprise d'Alain Joyandet et Christian Blanc occupe les fauves. Voici que la Justice s'ébranle. Pour une chasse à l'homme politique ? Pourquoi diable Nicolas Sarkozy n'a-t-il pas sanctionné séance tenante les ministres fautifs d'indélicatesse ? Pourquoi deux semaines sans punition ni réprimande. Pourquoi l'indulgence, au risque d'apparaître le complice d'on ne sait quel régime de corruption dont ses opposants lui font méchamment procès ? Pour sauver le soldat Woerth, bien sûr ! Hélas pour le chef de l'État, Joyandet et Blanc sont tombés comme un fruit mûr et le ministre du Travail, cible politique de la gauche, bouc émissaire au sens originel du terme, porte à lui seul les péchés du monde politique. « Le problème de Bonaparte, c'est qu'il a trop humilié et pas assez puni... », disait Joséphine de Beauharnais. On ne reviendra pas sur le devoir de morale et d'intégrité qui fonde l'éducation civique et l'action du politique. L'État exemplaire que revendique Sarkozy reste un slogan marketing aussi creux que l'État impartial de Barre en son temps. Remember VGE... Pourtant, « La République a besoin de vertu », écrivait Montesquieu. Encore plus aujourd'hui que la crise frappe durement les plus faibles et les moins forts. Oui, le populisme rôde, oiseau de mauvais augure. Il virevolte de gauche à droite. Marine Le Pen se promet de ramasser à la pelle les déçus de tous bords. Martine Aubry compte engranger en frappant sur la grosse caisse de la morale. Ségolène Royal donne la leçon au 20 heures. Les indélicats de la République savent-ils que le pays n'a plus foi en ses élus et élites, ou si peu ? Que la crise imposera des « sacrifices » individuels et collectifs qui perdureront au-delà du prochain quinquennat, et ce quel que soit le blason du vainqueur de 2012?
On n'écrit pas son nom sans hésitation, ni sans trouble, tant il évoque la trahison d'une charge publique et au delà le pourrissement de l'État. Corruption. Ce n'est pas un mot anodin qu'on peut lâcher sans précaution et asséner sans preuve formelle. Ségolène Royal - une avocate sensée connaître le sens des termes juridiques ! - ne s'en est pas privé, pourtant, avec une irresponsabilité d'autant plus coupable qu'elle détourne délibérément un sentiment flou de l'opinion. 64 % des Français n'ont pas eu besoin d'elle, certes, pour considérer que « les dirigeants politiques sont plutôt corrompus ». Un score effrayant qui approche le record (65 %) atteint sous le second septennat Mitterrand quand le pouvoir socialiste, empêtré dans des histoires à tiroirs, était assimilé au « gang des R25 ». On connaît la suite : un populisme sans frein qui a permis au Front National d'atteindre des scores historiques. En pleine crise, la multiplication des affaires qui éclaboussent le gouvernement Sarkozy fait remonter à la surface le même terreau nauséabond du « Tous pourris ». Une impression fausse et injuste. Il faut le dire clairement : ni ce gouvernement, ni l'État ne sont corrompus, ni achetés ! Il faut le réaffirmer sans faiblesse : l'immense majorité du personnel politique est honnête et rien ne permet de mettre en cause la probité des ministres. Ils respectent la loi, et quand ils ne le font pas, comme Brice Hortefeux, ils sont condamnés sans faiblesse. Les décisions ne sont pas achetées et nous vivons toujours dans un État de droit. Nous sommes loin, en revanche, de la « République irréprochable » claironnée à l'Élysée. L'intégrité morale de l'équipe au pouvoir a été trop souvent vacillante. D'autant plus discutable qu'elle s'abrite derrière le paravent de la légalité. Pour un pays à qui l'on demande des efforts, cette vertu minimum est nettement insuffisante, en effet. La « naïveté », la « légèreté » et la « maladresse », invoquées ici ou là ne sont pas - ne sont plus - des excuses valables. Dans une France où la morale n'a jamais été une valeur suprême en politique, l'exigence à l'égard des élites est montée de plusieurs crans. Les Français veulent que leurs dirigeants soient non seulement propres mais fassent preuve d'une abnégation totale. Dès lors, les liaisons dangereuses entre le pouvoir et l'argent sont jugées insupportables. La simple proximité entre ces deux mondes choque quand Nicolas Sarkozy, précisément, se promettait de faire tomber le tabou qui les maintenait à distance. Aujourd'hui comment s'étonner que cette promiscuité affichée sans complexe au Fouquet's ou à Chantilly éveille les soupçons ? Quand l'impuissance des politiques contraste si fortement avec leur agilité à se soustraire au quotidien difficile du commun des mortels, elle dépasse tout à coup le seuil du tolérable. Nous y sommes.
Quand les Bleus font grève, ils perdent. Mais si tous les autres font grève, un Français a une chance de gagner... Nous n'en ferons pas une loi sportive, encore moins politique, mais le fait est là : un Français est depuis hier maillot jaune du Tour de France, car les autres coureurs avaient mis les mains en haut du guidon. Question d'équité, a expliqué le meneur du mouvement, Fabian Cancellara : tant de coureurs étaient tombés, que l'équité commandait de les attendre. Pourquoi pas... Fabian Cancellara, vous le connaissez, il est soupçonné d'avoir dissimulé un petit moteur sur son vélo pour emporter Paris-Roubaix. Et ça tombe bien, le Tour déboule justement dans l'Enfer du Nord... Mais ayons confiance en Fabien Cancellara, un « grand champion » selon son manageur - un certain Bjarne Riis, ancien coureur qui a avoué s'être dopé pour gagner le Tour. Autant dire qu'il s'y connaît en équité.
À Grand Paris, gros fumeur. Chargé du "développement de la Région Capitale", Christian Blanc s'appliquait aussi au rayonnement de l'industrie cubaine. Homme de cape et d'épais, il a trop tiré sur le Havane. Jusqu'à en acheter pour 12 000 euros, aux frais du contribuable.
L'air s'empuantit, l'Élysée tousse. Nicolas Sarkozy, revenu du Fouquet's, plaide pour une République modeste et irréprochable. Sans rire.
Le coupable, grillé, a dû présenter sa démission. Au nom, peut-être, de la sentence pagnolesque : "L'honneur, c'est comme les allumettes, ça ne sert qu'une fois !" À moins qu'il ne s'agisse, médiocrement, que d'allumer un contre-feu à l'affaire Woerth.
Bien sûr, en arborant de volumineux "barreaux de chaise", l'ex-ministre a commis une erreur de com'. Un simple mégot, façon Pompidou, lui aurait valu davantage d'indulgence. Et même une pipe rustique, en dépit du fâcheux précédent que constitue Staline.
Nous voici sur le terrain de la sociologie à trois sous. "Avant, les cigares possédaient une dimension romantique. Désormais, ils sont synonymes d'arrogance et de puissance" a déploré, hier, M. Blanc. On comprend cette bouffée d'amertume. Reste que s'il avait jadis réglé ses factures, personne ne l'obligerait, aujourd'hui, à payer la note.
Gilles de Bernardi











