José Luis Zapatero a annoncé mercredi des réductions de salaires pour les fonctionnaires.
L'exemple tourne mal.
L'Espagne de José Luis Zapatero s'est résolue à la rigueur en annonçant, mercredi, des réductions de salaires pour les fonctionnaires. Coup dur pour les socialistes français qui avaient érigé le président du gouvernement espagnol en porte-drapeau de la nouvelle gauche européenne. Après son élection en 2003, François Hollande ne jurait que par lui, Ségolène Royal, en 2004, s'est fait surnommer «la Zapatera». Et pour son premier déplacement à l'étranger, c'est en Espagne que s'était rendue la première secrétaire Martine Aubry, l'année dernière.
«Comparer la France et l'Espagne n'est pas possible, prévient d'emblée le porte-parole Benoît Hamon. Je vois ce qu'on voudrait faire. Mais les déficits en France sont liés à des politiques irresponsables en matière de recette.» Le député de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone entrevoit aussi le piège politique : «En France, une politique qui amputerait le pouvoir d'achat serait très nocive. Zapatero a tort.»
Mais lorsqu'on quitte le terrain de la tactique politique, les commentaires prennent une autre valeur. «Mon jugement est partagé», explique le député des Hautes-Pyrénées Jean Glavany qui excuse Zapatero: «Il y a une situation économique plus fragile qu'on ne le croyait, à cause de la bulle immobilière.»
«Je souhaite que la France n'en arrive pas là», renchérit le député de Paris Christophe Caresche. Il s'inquiète des risques «déflationnistes» des mesures espagnoles qui pourraient peser sur la consommation. «C'est le type de cercle vicieux qu'il faut éviter.» Au moins, les socialistes français trouvent une vertu dans les décisions du gouvernement espagnol: que les mesures d'austérité s'appliquent aussi au salaire des ministres. «C'est une bonne démarche plutôt exemplaire», commente le député de l'Aisne René Dosière.
La première secrétaire n'a pas encore commenté les décisions de José Luis Zapatero. Mais elle préconisait des remèdes bien différents pour la France. «L'annonce de la baisse aveugle des dépenses sociales ne fera qu'aggraver cette situation en ponctionnant du pouvoir d'achat au détriment de la consommation», expliquait-elle mercredi. Autant dire qu'elle n'est pas prête à prôner des réductions de salaire.
vendredi 14 mai 2010
La rigueur en Espagne fait grincer des dents au PS
Partout en Europe, les fonctionnaires découvrent la rigueur. Ce à quoi nous assistons depuis quelques jours constitue un tournant majeur dans les politiques économiques européennes puisque des gouvernements de pays importants ont décidé de prendre, vis-à-vis des fonctionnaires, des mesures sans précédent récent. Mercredi, le gouvernement espagnol avait annoncé une réduction des salaires publics de 5% dès juin, puis un gel en 2011. Un départ à la retraite sur dix seulement sera remplacé. Hier, c’est le Portugal qui est passé à l’action : gel des rémunérations jusqu’en 2013 et suppression de 75.000 postes. La Grèce a, on le sait, supprimé les 13 et 14ème mois de ses fonctionnaires. Dans les trois cas, ce sont des gouvernements socialistes qui ont considéré ne pas avoir le choix parce que l’état de leurs finances publiques inquiète (leurs déficits 2009 ont tourné autour de 10-12-14% du PIB).
Ils ne sont pas les seuls. D’autres pays européens les avaient précédé même si on y avait moins prêté attention : l’Irlande, la Hongrie, la Roumanie, la Lettonie. On parle maintenant de l’Italie.
Pourquoi ce choix ? Le levier de la fonction publique est le plus efficace à court terme sur le déficit public, il suffit d’appuyer sur un bouton – le pari étant de desserrer l’étau en envoyant des signaux clairs. Mettre à contribution les fonctionnaires qui ont la sécurité de l’emploi, c’est aussi pratiquer, considèrent ces gouvernements, une forme d’équité par rapport au secteur privé, qui a vu (surtout en Espagne) une explosion du chômage.
Cet argument aura cependant du mal à passer auprès des fonctionnaires. Et pas non plus le fait que la crise des finances publiques de ces pays n’a pas pour cause la crise financière, mais que celle-ci a simplement révélé que leurs modèles économiques n’étaient pas tenables.
Mais les décisions prises sont évidemment très risquées. Sur le plan social : les syndicats du secteur public sont puissants. Sur le plan économique : parce que ces pays ont besoin de croissance et d’une consommation qui se tient. Sur le plan politique : parce que les gouvernements Zapatero et Socrates (au Portugal) sont affaiblis – pour ne parler que d’eux. Il suffisait de voir la tête, blême, de José Luis Zapatero mercredi.
On rentre, partout, vraiment dans le « dur » de la rigueur, dans tous les sens du terme. Et elle n’évitera pas plus la France que le nuage de Tchernobyl ne l’avait contournée.
Loi sur la burqa : avis défavorable du Conseil d'État
La haute juridiction estime qu'une interdiction globale ne reposerait sur «aucun fondement juridique incontestable».
Le Conseil d'État a émis un «avis défavorable» au projet de loi du gouvernement visant à interdire complètement le port du voile intégral. Selon nos informations, les Sages réunis en assemblée mercredi, en présence du secrétaire général du gouvernement, ont une nouvelle fois expliqué, comme dans leur
étude remise il y a un mois à Matignon, qu'«une interdiction absolue et générale du port du voile intégral en tant que telle ne pourrait trouver aucun fondement juridique incontestable» et qu'elle serait «exposée à de fortes incertitudes constitutionnelles et conventionnelles».
«Pas une surprise»
La Cour européenne des droits de l'homme a consacré le «principe d'autonomie personnelle» selon lequel chacun peut mener sa vie selon ses convictions, y compris en se mettant physiquement ou moralement en danger. Dès qu'il y a consentement, il devient donc difficile d'invoquer la dignité de la femme pour fonder une interdiction générale, avaient analysé les Sages dans leur étude. De la même façon, la restriction des libertés au nom du «Vivre ensemble» «serait sans précédent». Un pari juridique qu'ils n'avaient pas voulu prendre, préférant des interdictions sectorisées. «La sécurité publique et la lutte contre la fraude, renforcées par les exigences propres à certains services publics, seraient de nature à justifier des obligations de maintenir son visage à découvert, soit dans certains lieux, soit pour effectuer certaines démarches», avait alors expliqué le rapporteur, Olivier Schrameck, l'ancien directeur de cabinet de Lionel Jospin. Cette fois, c'est la section de l'Intérieur qui a examiné le projet de loi, pour parvenir aux mêmes conclusions.
«Ce n'est pas une surprise», fait-on savoir à Matignon. «Cela n'entame en rien la détermination du gouvernement à faire évoluer la législation sur ce sujet.» Le gouvernement va passer outre l'avis du Conseil d'État, qui n'est que consultatif. «Il faut assumer les risques juridiques de nos convictions», avait anticipé François Fillon .
La loi au Parlement début juillet
Dans l'exposé des motifs de son projet de loi, que Le Figaro s'est procuré, le gouvernement justifie ainsi son choix d'une interdiction globale : «L'édiction de mesures ponctuelles, se traduisant par des interdictions partielles limitées à certains lieux ou à l'usage de certains services, n'aurait constitué qu'une réponse affaiblie, indirecte et détournée au vrai problème que pose, à notre société, une telle pratique.» Pour bannir le port du voile intégral, les rédacteurs du texte évoquent la notion de dignité de la personne humaine - quand bien même certaines femmes seraient consentantes -, celle de l'ordre public dans son acception large, celle du vivre ensemble, et enfin les questions de sécurité. En somme, ils cumulent les motifs pour interdire le voile intégral.
Ce projet de loi sera présenté mercredi en conseil des ministres. Et devrait être examiné début juillet par les députés et début septembre par les sénateurs, l'objectif étant de le voir adopté définitivement à l'automne. Mais si les députés ont voté à l'unanimité mardi la proposition de résolution du groupe UMP condamnant le voile intégral, comme «attentatoire à la dignité» et «contraire aux valeurs de la République» le consensus s'arrête là. Les socialistes ont déposé leur propre proposition de loi qui préconise une interdiction du port du voile intégral limitée à certains lieux publics. «L'interdire sur l'ensemble de l'espace public ne sera pas opérant, risque d'être stigmatisant et surtout d'être totalement inefficace car inappliqué», a déclaré Martine Aubry.
Si elle est adoptée, la loi devrait entrer en vigueur six mois après sa promulgation, soit au printemps 2011. Car le gouvernement veut croire qu'il n'y aura pas soixante députés pour s'exposer sur la burqa en saisissant le Conseil Constitutionnel. Les premiers contentieux et une éventuelle question préalable de constitutionnalité ne devraient surgir que plus tard. «Ce sera juste avant les élections présidentielles et je pense que le Conseil constitutionnel portera une vision juridique et politique sur ce sujet», pronostique un ministre. En clair, qu'il ne retoquera pas une loi qui invoque la dignité des femmes et le vivre ensemble.
C'est un des derniers plaisirs qu'on nous laisse : boire un coup entre amis. Pas si simple. L'apéritif reste encore en vente libre, mais l'amitié ne court pas les rues. Dans une société où la compétition fait rage dès l'école primaire, fraterniser devient un luxe inutile.
On apprend, très tôt, à jouer du coude. Lorsqu'il s'agit de le lever, qui pourrait encore venir trinquer avec nous ? Pas de panique, le réseau social Facebook s'occupe de tout. Soucieux de répondre aux rêveries du buveur solitaire, il bat le rappel et agglomère les bonnes volontés.
Cliquez sur "évènement festif". Tel jour, telle heure, à tel endroit, on convoque l'éphémère convivialité d'un "apéro géant". La compagnie des zincs prend les dimensions d'un centre-ville. Des soiffards inconnus, à ne pas confondre avec les alcooliques anonymes, s'amassent en troupeau. Un, deux, trois, picolez ! Ça copine à tout va, les verres et les rires s'entrechoquent. Quelque chose comme un bain de foule... avec les dents du fond qui baignent.
Les apéronautes s'éclatent, sur l'air de "qu'est-ce qu'on est nombreux !" Au fond, il s'agit moins d'échanger que de se compter, avec l'espoir secret d'établir un record. La cuite au prochain numéro... Comme si l'addition des solitudes finissait par donner un bonheur complet.
Mercredi soir, ils étaient 9000 à Nantes et 10 000 à Montpellier. Le Languedoc l'emporte sur la Bretagne. Quoiqu'au nombre des hospitalisations, comas éthyliques et victimes diverses, le score semble plus serré. Mieux vaut attendre les chiffres de la préfecture avant de désigner un vainqueur. Facebook, de toute façon, ne manquera pas de nous informer.
CRISE GRECQUE - Sarkozy a-t-il menacé de sortir la France de l'euro ?
Le président français Nicolas Sarkozy aurait menacé de sortir la France de l'euro pour forcer l'Allemagne à accepter le sauvetage de la Grèce. C'est en tout cas ce que croit savoir le quotidien espagnol El Pais , qui rapporte des propos du chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, vendredi.
Le journal, proche des socialistes au pouvoir
en Espagne, affirme que José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré cela lors d'une réunion mercredi avec des barons de son parti, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Madrid. Nicolas Sarkozy aurait ainsi exigé vendredi dernier "un engagement de tous, pour que tout le monde aide la Grèce, chacun selon ses moyens, où la France réexaminer[ait] sa situation dans l'euro".
L'Élysée ne confirme pas
Contacté par lepoint.fr vendredi matin, l'Élysée a refusé de confirmer les propos prêtés à Nicolas Sarkozy. "Nous ne confirmons pas que le président ait tenu de tels propos", a-t-on indiqué. Les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se sont réunis vendredi dernier à Bruxelles pour entériner le plan d'aide à la Grèce , paquet de 110 milliards d'euros de prêts sur trois ans, de l'eurozone et du FMI. La décision de sauver la Grèce de la banqueroute n'a pas été prise facilement, notamment à cause de la réticence de l'Allemagne.
"La France, l'Italie et l'Espagne ont fait front commun face à l'Allemagne et Sarkozy en est arrivé à menacer Merkel de rompre le traditionnel axe franco-allemand", qui est un véritable moteur de l'Union européenne, selon un autre assistant à la réunion. L'Espagne est, avec le Portugal, un des pays de la zone euro fragilisé par la détérioration de ses finances publiques, et José Luis Rodriguez Zapatero a été contraint d'annoncer mercredi des mesures d'austérité supplémentaires et impopulaires, sous la pression des marchés et de ses partenaires européens.
Une nouvelle grève générale est annoncée pour le 20 mai en Grèce, contre le plan de rigueur annoncé par le gouvernement. En même temps, environ 55 % des Grecs, selon des sondages, ne sont pas rebelles à la perspective de l'effort douloureux imposé par la situation. Et les autres peuples européens sont assez informés pour ne pas se bercer d'illusions quant à la possibilité d'échapper à des coupes claires. Mais tous y mettent une condition de nature démocratique : l'équitable participation de tous à l'effort commun.
Lorsque le bateau prend l'eau, il est normal que tous les passagers se mettent à écoper. Des sacrifices, oui sans doute. Des sacrifiés, non. Tel est leur message de justice sociale élémentaire.
Deux lignes prioritaires d'action en découlent quand on évoque les rémunérations et la fiscalité.
S'agissant des rémunérations, la tendance, en France comme ailleurs, est à l'élargissement de l'écart entre la base et le sommet. Selon l'Insee, depuis 2004, les iné-galités ne cessent de croître. Tandis que le nombre des travailleurs pauvres (moins de 910 € mensuels) vient de passer de 13,1 % à 13,4 % ¯ soit plus de 8 millions de personnes concernées ¯ le revenu des plus aisés s'envole : 28 % de personnes en plus dans la tranche supérieure à 100 000 € et 70 % dans la tranche au-dessus de 500 000 €.
Et l'Insee souligne qu'au sein du groupe des plus aisés (6 000 personnes), le revenu s'étale de 688 000 à 13 millions d'euros, soit 700 fois le revenu médian. Certes, aux États-Unis, l'écart court vers les 1 000 et même, dit-on, les 10 000 fois le salaire de base ! La démesure vire à l'indécence.
Souvenons-nous de la règle énoncée au XIXe siècle par le banquier américain J. P. Morgan : « Je ne prêterai jamais à une entreprise dont le patron gagne plus de vingt fois le salaire du plus mal payé de sa maison. » Henry Ford allait jusqu'à 40 fois.... Ce qui fait, à l'heure actuelle, un maximum, tout de même confortable, de 500 000 € annuels. Presque une « misère » au regard des millions d'euros de la plupart des dirigeants du CAC 40. De là l'idée avancée par plusieurs économistes, en mai 2009, d'un plafonnement imposé du salaire, rejoignant la suggestion du « comité d'éthique » du Medef, d'une « rémunération des dirigeants... mesurée, équilibrée, équitable ». Quant aux traders, il suffirait de suivre la suggestion de Joseph Stiglitz, de les associer autant aux pertes qu'aux profits.
S'agissant de la fiscalité, la Déclaration des droits de 1789 parlait d'une contribution « répartie entre les citoyens en fonction de leurs facultés ». Un principe aujourd'hui mis à mal. De bouclier en niches fiscales ¯ on en dénombre 470 ! ¯ le taux moyen d'imposition est de 20 % alors que, selon l'Insee, si on appliquait le barème de l'impôt sur le revenu, on en serait à 36 %. Le problème éclate au grand jour lorsqu'on apprend que, par le jeu cumulé des exemptions, en 2008, treize contribuables disposant chacun de 15,53 millions d'euros de patrimoine déclaraient un revenu fiscal de 3 753 € et acquittaient... 47 € d'impôt. Et cela avec la meilleure conscience du monde puisque c'est légal.
Si on ne travaille pas d'urgence à l'instauration d'un véritable « impôt citoyen » sur les revenus, comme le suggère l'économiste Pierre-Alain Muet, chacun aura, à l'heure de l'effort collectif, les meilleures raisons de s'y soustraire.
L'équité est aussi mère de l'efficacité.
jeudi 13 mai 2010
Sarkozy va-t-il se représenter en 2012?
Après une rencontre avec le chef de l'Etat à l'Elysée, certains députés UMP ont acquis la certitude que le président briguera un second mandat. Avez-vous la même intuition?
"Il n'a jamais dit qu'il serait candidat même si on pouvait le déduire de ses propos", confie le député de la Moselle
François Grosdidier. Il était reçu la veille au soir à l'Elysée avec une dizaine de ses collègues, dont David Douillet, Eric Ciotti et Dominique Dord. "Il l'envisage (2012) au moins aussi sereinement qu'il pouvait envisager la précédente élection (en 2007), en étant même plus tranquille, sûr de son fait, de son bilan et de son aptitude...", a poursuivi François Grosdidier.
Europe 1 a affirmé mercredi que le chef de l'Etat avait lancé à ses invités: "Rassurez-vous. Ne croyez pas que je ne réfléchis pas à l'étape d'après".
Dominique Dord (UMP, Savoie) est, lui, plus nuancé sur ce qu'il a retenu des propos présidentiels: "Quand des députés lui ont demandé de préciser ses intentions, Nicolas Sarkozy a répondu: 'c'est infiniment trop tôt'". "J'ai encore beaucoup de pain sur la planche. Les Français, ils attendent que je les sorte de cette foutue crise", a ajouté le chef de l'Etat, raconte Dominique Dord.
C'est alors que deux ou trois députés UMP sont revenus à la charge pour lui dire qu'il devait se représenter. "Si ça devait être le cas, nous serions dans un cas de figure inédit. Si je suis candidat, ce sera pour un dernier mandat", puisque la révision constitutionnelle de 2008 n'autorise plus que deux quinquennats successifs. L'annonce officielle d'une candidature aurait lieu à la fin de l'été ou au début de l'automne 2011, avait expliqué Nicolas Sarkozy dans une interview à la chaîne CBS.
Le chef de l'Etat a ironisé sur "l'archaïsme" de certaines propositions de la patronne du PS Martine Aubry face à la crise et le côté décousu de Ségolène Royal, son adversaire en 2007. Mais Nicolas Sarkozy a souligné qu'il ne fallait jamais "minimiser l'adversaire". "Les types qui arrivent là sont forcément bons".
Merkel appelle à sauver l'euro et à renforcer l'UE
La chancelière allemande Angela Merkel a appelé jeudi à sauver l'euro sous pression en raison de la crise grecque et de la dette européenne, ainsi qu'à renforcer la structure de l'Union européenne.
"Si l'euro échoue, ce n'est pas seulement la monnaie qui échoue mais bien plus, c'est l'Europe qui échoue et avec elle l'idée de l'Union européenne", a mis en garde la chancelière conservatrice à Aix-La-Chapelle (ouest) lors de la remise du prix Charlemagne au Premier ministre polonais Donald Tusk.
Les gouvernements de la zone euro ont promis de veiller à la stabilité de l'euro et "nous devons tenir cette promesse", a ajouté Mme Merkel alors que la monnaie unique subit les inquiétudes des marchés financiers.
La chancelière a répété que la crise de l'euro constituait "la plus grande épreuve" pour l'UE depuis 1990, et peut-être même depuis la signature du traité fondateur de Rome en 1957.
Selon elle, cette crise doit servir à renforcer l'UE.
"Nous avons une monnaie commune mais nous n'avons pas d'Union économique et politique", a-t-elle déploré, tout en considérant qu'un jour "tous les Etats membres de l'Union européenne auront l'euro comme moyen de paiement".
La chancelière, qui a elle-même reçu en 2008 le prix Charlemagne pour son engagement en faveur de l'Europe, a dit espérer que l'UE osera aussi "d'autres avancées, par exemple une armée européenne commune".
Le prix Charlemagne honore chaque année depuis 1950 des personnalités ayant contribué à faire avancer la cause européenne.
Donald Tusk est le troisième Polonais en douze ans, après le pape Jean-Paul II en 2004 et l'ancien ministre des Affaires étrangères, Bronislaw Geremek en 1998, à se voir attribuer cette récompense.
Une majorité de Danois contre l'adoption de l'euro
COPENHAGUE, 13 mai (Reuters) - Plutôt favorables naguère à l'entrée de leur pays dans la zone euro, les Danois y sont aujourd'hui majoritairement hostiles, révèle un sondage publié jeudi.
Le Danemark a refusé en 2000 par référendum de faire partie de la zone euro, mais l'opinion publique avait évolué fin 2008 en faveur de la monnaie européenne, en raison de la crise financière qui avait obligé le gouvernement à relever les taux d'intérêt.
Mais la crise que traverse actuellement la zone euro a modifié la perception des Danois vis-à-vis de la monnaie unique.
Selon une étude effectuée pour la chaîne de télévision TV2 et le quotidien Politiken, 50% des personnes interrogées voteraient contre l'adoption de l'euro, tandis que 43% y seraient favorables.
En mars, un autre sondage indiquait que l'euro serait accepté par 51% des Danois.
(Anna Ringstrom, Pascal Liétout pour le service français)
Bruxelles veut un droit de regard sur le budget des Etats
Le plan de sauvetage de l'euro à peine bouclé, les Vingt-Sept ont ouvert le chantier de la gouvernance économique. La Commission européenne a présenté, mercredi 12 mai, une série de propositions destinées à renforcer la coordination économique
et budgétaire, en particulier au sein de la zone euro.
Une des pistes avancées par Bruxelles promet de belles empoignades entre les Etats membres : l'évaluation au niveau européen des grandes lignes du budget de chaque pays avant leur examen par les Parlements nationaux. Certains pays, comme la Suède, l'ont déjà rejetée.
"On ne peut pas avoir une union monétaire sans avoir une union économique, a plaidé José Manuel Barroso, le président de la Commission. Si les Etats ne veulent pas d'une union économique, ils doivent oublier l'union monétaire."
Or les capitales se méfient de tout abandon de souveraineté dans ce domaine. La chancelière allemande, Angela Merkel, a parlé d'un "pas important dans la bonne direction", même si "cela ne signifie pas automatiquement que les droits du Parlement sont remis en cause d'une quelconque manière".
Avec Olli Rehn, le commissaire européen aux affaires économiques et monétaires, M. Barroso se garde de parler du "gouvernement économique" cher à Nicolas Sarkozy. Contre l'avis de Mme Merkel, il ne plaide pas non plus pour une nouvelle réforme des traités, mais veut utiliser les différents outils existants à ce jour pour agir dans trois directions : renforcer (sans réformer) le pacte de stabilité et de croissance; traiter les écarts de compétitivité ; mettre en place un dispositif permanent de gestion des crises.
SURVEILLER DAVANTAGE L'ENDETTEMENT
En évaluant le plus en amont possible les budgets nationaux, la Commission européenne entend muscler la "dimension préventive" du pacte de stabilité, dont elle veut rendre l'application plus rigoureuse sans en modifier les règles fondamentales ni les critères. Elle suggère d'inciter financièrement les pays à faire des efforts d'économie en période de bonne conjoncture.
M. Rehn insiste aussi pour surveiller davantage le niveau d'endettement des Etats membres, limité à 60 % du produit intérieur brut (PIB) par le pacte, un critère passé dans l'ombre de celui sur le déficit (3 % du PIB). "Les critères du pacte sont ancrés dans le marbre des traités, il sera difficile de les modifier, dit-on à la Commission. Il s'agit de modifier le code de conduite du pacte, pour le piloter de façon plus efficace."
M. Rehn se méfie des appels de Mme Merkel à durcir le volet sanctions en cas de déficit excessif. Tout en accélérant les procédures, il veut pouvoir utiliser les pénalités déjà prévues, comme la suspension de subventions européennes. En revanche, la suspension des droits de vote des Etats les moins vertueux est vue d'un mauvais œil à Bruxelles, car elle nécessiterait une réforme du traité.
UN DISPOSITIF PÉRENNE DE GESTION DES CRISES
La Commission souhaite, par ailleurs, aborder la question des déséquilibres macroéconomiques résultant des écarts de compétitivité entre les pays. M. Rehn propose la création de nouveaux indicateurs à ce sujet. Il compte aussi faire usage des recommandations qu'il va pouvoir, en vertu du nouveau traité de Lisbonne, envoyer aux gouvernements sans avoir besoin de leur approbation.
Enfin, Bruxelles veut aller au-delà des récents plans de sauvetage de la Grèce et de la zone euro pour créer un dispositif pérenne de gestion des crises. Conçu dans l'urgence pour éviter l'embrasement de l'union monétaire, le fonds de stabilisation élaboré et approuvé le 9 mai à Bruxelles pourrait servir de référence.
La création de cet instrument a levé un interdit : désormais, les seize Etats de la zone euro disposent d'un outil pour voler au secours d'un des leurs en difficulté. A la demande de l'Allemagne, le mécanisme a cependant été limité à trois ans, et fonctionnera sur une base intergouvernementale, ce qui n'est pas l'option privilégiée par Bruxelles.
"UNE PISTE PARMI D'AUTRES"
Ces suggestions vont être étudiées de près par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Fin mars, ce dernier a été chargé par les chefs d'Etat et de gouvernement de présider un groupe de travail sur la surveillance budgétaire. A ses yeux, les propositions de la Commission sont "une piste parmi d'autres", selon un de ses proches.
M. Van Rompuy a, d'après son entourage, la ferme intention d'élargir le champ de la surveillance macroéconomique. Pour lui, il faut aller au-delà du pacte de stabilité et de croissance pour se pencher en particulier sur les problèmes de compétitivité. "La difficulté va être de concilier les points de vue, en particulier entre Allemands et Français", dit un proche du président du Conseil européen.
Comme les Etats veulent garder la haute main sur les discussions, il a été convenu que ce sont les ministres des finances qui siégeront dans le groupe de travail placé sous l'autorité de M. Van Rompuy. Leur première réunion est prévue le 21 mai ; le groupe doit rendre ses conclusions d'ici à octobre.
Philippe Ricard
L'electricité pourrait augmenter de 24% d'ici 2015
Publié à 9 h 34 - Le projet de réforme du marché de l'électricité, qui doit bientôt passer devant le Parlement, pourrait provoquer des hausses des tarifs de l'électricité comprises entre 7% et 11% selon des projections de la Commission de régulation de l'Energie (CRE), démenties par le gouvernement et EDF.
C'est un sujet récurrent pour le groupe
public d'électricité. A chaque fois qu'il en a l'occasion, EDF tente d'obtenir du gouvernement une revalorisation de ses tarifs de vente, qu'il juge trop faibles. En juillet 2009, l'ancien patron Pierre Gadonneix avait réclamé une hausse de prix de 20% sur 3 ans, ce qui lui avait coûté son poste. "Cette question va se reposer", avait-il prédit juste avant de quitter ses fonctions.
En janvier, le quotidien
Les Echos avait fait état de "projections internes" à EDF qui envisageaient une hausse des tarifs aux particuliers de l'ordre de 24% entre 2010 et 2015, une information démentie par EDF. Mercredi, c'est la CRE, le gendarme du secteur, qui s'est livré à l'exercice des projections en se basant sur les demandes formulées par EDF dans le cadre de la réforme du marché de l'électricité.
Cette réforme, baptisée projet de loi "Nome" pour Nouvelle Organisation du Marché de l'Electricité, a été présentée mi-avril en Conseil des ministres, avec pour objectif de favoriser la concurrence dans un secteur ultra-dominé par l'ancien monopole public. Elle fait obligation à EDF de revendre jusqu'à un quart de la production de son parc nucléaire à ses concurrents (GDF Suez, Poweo, Direct Energie...), afin de permettre à ces derniers d'accéder à une électricité à bas coût.
Le patron d'EDF, Henri Proglio, s'était initialement montré fermement opposé à ce projet. "Accepter un dispositif de ce type, ce serait accepter que la boîte ne vaille plus rien", avait-il dénoncé en novembre. M. Proglio a depuis lors largement revu sa position pour focaliser la négociation sur le prix auquel EDF vendra son électricité à ses concurrents. Il réclamait ainsi en mars que le groupe public "ne soit pas contraint de vendre en dessous du prix de revient".
Mercredi, M. Proglio a été plus précis, lors d'une audition à huis clos devant la Commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale, en réclamant un tarif minimum de 42 euros par mégawatheure (MWh), a indiqué une source parlementaire. "En-dessous, ça ressemble à du pillage", a-t-il déclaré, selon la même source.
Or, selon les projections de la CRE, il faudrait relever les tarifs bleus (particuliers et petits professionnels) de 11,4% une fois la réforme votée, puis de 3,5% par an entre 2011 et 2025, si EDF obtenait gain de cause. M. Proglio estime pourtant ce prix de vente nécessaire en raison des énormes investissements qu'EDF doit réaliser dans le renouvellement et l'extension de la durée de vie de son parc de 58 réacteurs nucléaires.
La CRE plaide elle pour une hausse moindre, de 7,1% puis de 3,1% par an. Mercredi soir, le ministère de l'Energie a démenti "catégoriquement les rumeurs relatives aux tarifs de l'électricité". "Le gouvernement est responsable de la détermination des tarifs réglementés et nul autre n'a autorité aujourd'hui pour établir des orientations à ce sujet", a-t-il assuré. "Aucun élément dans les propositions d'EDF sur la loi Nome n'entraînerait les hausses de tarifs évoquées par la CRE", a de son côté affirmé le groupe d'électricité.
Quant au président de la CRE, Philippe de Ladoucette, il a indiqué qu'il avait "simplement donné aux parlementaires présents des scénarios réalisés par la CRE et sous la responsabilité de la CRE et qui n'engagent en aucune manière EDF".
Inutile de se tordre la langue pour tenter une explication « politiquement correcte » : ce que propose la Commission de Bruxelles signifie la mise sous contrôle de tous les budgets nationaux. Ils ne pourraient être adoptés par leurs parlements respectifs, tant pour les recettes que pour les dépenses, qu'après l'aval européen.
Les souverainistes de droite et de gauche hurlent à l'unisson contre cette « prétention ». Elle représenterait, il faut bien le reconnaître, un considérable transfert de pouvoir en direction d'un fédéralisme (autre mot tabou) qui, un jour ou l'autre, aboutirait à la constitution des Etats Unis d'Europe. Pourtant, la logique de la Commission est inattaquable : à partir du moment où les Etats peuvent, en cas de nécessité, disposer d'un énorme fonds de soutien (750 milliards € et sans doute davantage), un contrôle est légitime. Ne serait-ce que par justice, pour que les « fourmis » ne paient pas pour les « cigales ».
Mais que de problèmes ! D'abord, si tous les Etats de l'UE sont tenus à respecter les critères de Maastricht, les seuls vraiment directement concernés seraient les seize de l'euro (bientôt 17 avec l'Estonie... que la crise grecque n'a pas découragée à vouloir rejoindre le « club »). Ce qui signifie aussi qu'une Europe à deux vitesses (ou plus) va être créée de facto. Tant mieux. A chacun de choisir. Ainsi, le Royaume-Uni, qui ne participe pas aux nouveaux fonds de soutien, aura tout loisir de s'occuper de sa livre sterling défroquée et de ses déficits... bien plus importants que ceux de l'Espagne.
Ensuite se pose la question de la légitimité démocratique de la Commission de Bruxelles. Elle n'a été confirmée qu'en marge du traité de Lisbonne qui n'entrera vraiment en vigueur qu'à partir de 2014. Elle n'est pas un « gouvernement » fédéral obligé de rendre compte devant le Parlement européen, la seule assemblée (mal) élue de l'UE. Et que cette Commission, synonyme de quintessence bureaucratique, donne l'exemple ! Les frais de fonctionnement de l'UE témoignent d'une incroyable gabegie. Que penser d'une « politique étrangère commune » proche du zéro absolu et « servie » par 5000 hauts fonctionnaires payés par le contribuable ? Que dire des « déménagements » mensuels du Parlement européen de Strasbourg (seul siège officiel) à Bruxelles ? Sous la tacite approbation de tous les gouvernements français, il est vrai...
Conclusion ? Oui, la Commission de Bruxelles a le droit de proposer la mise sous tutelle des budgets nationaux. A condition d'être irréprochable et légitime. Et ce sera aux peuples d'Europe de décider, pourquoi pas par référendum ? Jamais, surtout jamais, aux eurocrates.
Qui ignore le surnom de la jeune femme qui encore mineure entretenait des relations tarifées avec des footballeurs ?
Les médias le ressassent, quelques-uns en donnent même l'image. Au nom du devoir d'information, disent-ils. En réalité, pour attirer l'auditeur ou le lecteur alléché par le scandale.
Qui connaît les raisons profondes de la crise grecque qui menace pourtant l'économie de l'Europe, c'est-à-dire le pouvoir d'achat, l'emploi de certains d'entre nous ?
En revanche, beaucoup ont entendu parler de l'affaire du financement de la campagne électorale d'Édouard Balladur en 1995, grâce à une sombre histoire de vente de sous-marins, ce qu'il s'est empressé de démentir et qui n'a pas été prouvé. Mais l'opinion, n'en doutons pas, a conclu, une fois encore, que politique rime avec corruption, comme les démagogues ne cessent de le répéter.
La vie privée elle-même n'est plus respectée. Ce n'est pas nouveau. Mais le phénomène était limité. Seuls les chanteurs de rue informaient le peuple de Paris, au XVIIe siècle, des relations intimes de la Reine de France, veuve de Louis XIII, avec le Cardinal Mazarin. Bien plus près de nous, nous fûmes, au début des années 1980, quelques-uns à savoir que François Mitterrand avait une fille. Mais, l'existence de celle-ci n'ayant guère d'importance politique, la presse n'en parla guère. Aujourd'hui, bien des médias ne s'en priveraient pas, concurrencés qu'ils sont par Internet, sorte de place publique mondiale où chacun peut lancer sans risque la plus folle rumeur.
Il est vrai que, soucieux de leur « communication », les personnes extérieures tombent parfois dans le piège : notre président de la République n'a-t-il pas commenté lui-même, dans un livre émouvant paru en 2006, l'état de ses relations avec son épouse de l'époque ? Et bien des chefs d'entreprise ou des financiers étalent leur luxe sans comprendre qu'ils nourrissent l'exaspération de ceux que la crise a durement frappés.
Bien entendu, cette dégradation de l'information est « justifiée » par la nécessité de la transparence en démocratie. Le mot est à la mode depuis une dizaine d'années. Françoise Giroud, grande journaliste, le qualifiait alors de « formidable hypocrisie où chacun veut voir mais pas être vu sans voiles ».
La transparence a certes des vertus. Comme la vérité avec laquelle on la confond souvent. Toutes les grandes religions et les grandes morales ont prôné la vérité. Avec raison, bien sûr. Mais la transparence n'est pas obligatoirement la vérité : on pourrait la comparer à un coup de projecteur donné sur une partie d'un paysage que la vérité, elle, éclaire dans sa totalité. Pour prendre un exemple simple, mettre en parallèle les consommations moyennes en carburant de véhicules de même puissance est certes utile, mais il faudrait informer aussi sur les autres caractéristiques de ces voitures.
Aux États-Unis, où existe un fort mouvement pour la transparence, un grand professeur de droit, Lawrence Lessig, a évoqué un autre de ces risques dans un article du New Republic, journal que l'on pourrait difficilement qualifier de réactionnaire. Il citait le cas d'Hillary Clinton qui avait d'abord fermement combattu un projet de loi sur les cartes bancaires, poussée par le monde financier. Elle fut élue en 2001 sénatrice de New York et vota alors pour ce projet. Or, sa campagne électorale, qui coûtait cher, avait été financée en partie (140 000 $) par des partisans de la loi. Qui peut jurer qu'Hillary Clinton a voté ainsi en raison de cet apport en dollars ? Elle a pu changer d'opinion pour d'autres causes, entendre d'autres arguments, constater que ses électeurs étaient favorables à une telle loi...
Nous expliquons bien des attitudes par l'attrait de l'argent, la cupidité. Et il ne faut certes pas les sous-estimer, les origines de la crise actuelle le montrent assez bien. Mais ils ne sont pas, dans tous les cas, la seule raison possible. Le résultat de cette explication simple, écrit Lawrence Lessig, est « la destruction de toute possibilité de confiance ».
Il existe, en outre, les secrets d'intérêt public ou privé qui ne sont pas moralement condamnables, nécessaires ou contraires à la bonne gestion d'un État, d'une société, à l'harmonie d'une famille. Dans un de ses plus grands livres, Franz Kafka a mis en scène le visiteur d'une petite société qu'un personnage guide dans un château. Et celui-ci lui explique qu'il existe de multiples commissions ou organismes pour vérifier la bonne gestion de ce petit monde. Le visiteur demande alors qui gouverne. Alors le guide hésite. Il n'en sait rien. La transparence a fini par tuer le pouvoir.
mercredi 12 mai 2010
La stratégie à hauts risques de M. Strauss-Kahn
Quand Michel Rocard conduit le Parti socialiste à la déroute aux élections européennes de 1994 (14,49 %), il ne perd pas seulement son poste de premier secrétaire, il voit s'évanouir son statut de "candidat naturel" à la présidentielle de 1995.
Jacques Delors, dont le mandat de président de la Commission européenne s'achève début 1995, devient dès lors le "candidat virtuel" du PS. Pendant six mois, on guette les signes de son entrée en campagne avant que le père de Martine Aubry ne jette l'éponge.
Un scénario similaire aurait pu s'imaginer pour Dominique Strauss-Kahn. Quand, à l'automne 2007, l'ancien ministre de Lionel Jospin est nommé, avec l'appui de Nicolas Sarkozy, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), pour un mandat de cinq ans qu'il s'engage à honorer jusqu'à son terme, en octobre 2012, il prévient ses amis : "Je m'éloigne juste un peu, confie-t-il le 8 octobre 2007, le temps de me faire désirer."
A l'image de M. Delors en 1994, "DSK" endosse les habits de "candidat virtuel" du PS pour la présidentielle de 2012. Au congrès de Reims, en novembre 2008, les fabiusiens et une partie des strauss-kahniens s'allient à Martine Aubry sur l'idée de dissocier le poste de premier secrétaire du PS de la fonction de "candidat naturel". Il s'agit alors de contrer les ambitions de Ségolène Royal, qui veut conquérir la direction du PS en posture de présidentiable. L'élection de la maire de Lille conforte d'autant plus les ambitions de M. Strauss-Kahn que ses premiers mois ressemblent à une descente aux enfers, accentuée par un échec cuisant au scrutin européen de juin 2009, où le PS (16,48 %) est talonné par Europe-Ecologie. Une voie royale s'ouvre devant M. Strauss-Kahn. Mais, à l'automne 2009, Mme Aubry reprend la main, lance la rénovation, assoie son autorité et triomphe, en mars, aux régionales.
Face à une première secrétaire qui a l'indéniable avantage d'être "en situation", le patron du FMI recourt avec art au grand écart : faire de son éloignement de la scène française un atout pour conforter le désir de le voir revenir. La crise financière le place en première ligne sur la scène mondiale. Incontournable dans son dénouement, il joue à égalité avec Barack Obama et les chefs d'Etat de la planète. Il se fait l'apôtre de la régulation des marchés. Le "candidat virtuel" engrange comme autant de dividendes les combats remportés contre la spéculation.
Interdit de toute parole politique en France, M. Strauss-Kahn joue l'Arlésienne. Mais une Arlésienne qui envoie en permanence des messages subliminaux. Son omniprésence sert son absence. Epaulé par une équipe de communicants hors pair - Stéphane Fouks, Gilles Finchelstein, Anne Hommel, Ramzi Khiroun -, présent dans la garde rapprochée de Mme Aubry, où figure son principal lieutenant, Jean-Christophe Cambadélis, il déploie sa stratégie.
Tantôt le "candidat virtuel" est concentré sur le seul
FMI, tantôt il se prépare. Tantôt il fait une apparition, soigneusement médiatisée, tantôt il réfléchit. Il fait filtrer dans la presse des propos, en date du 3 février, dignes d'un prophète parlant à ses disciples : "Je suis encore dans une phase de réflexion. Mais, si on vous pose la question, ditesque je réfléchis." En même temps, il confie, le 18 avril, à la chaîne américaine CNN : "Peut-être que je resterai encore au FMI pendant des années et des années. Qui sait ?"
Une rafale de livres fait vivre, surtout en bien et un peu en mal, le "candidat virtuel", distillant même des notes plus ou moins fantaisistes où il répartit déjà les places après son élection à l'Elysée.
Et puis il y a les sondages qui, invariablement, font de M. Strauss-Kahn le super favori pour 2012. Dans le dernier sondage IFOP, à paraître le 13 mai dans ParisMatch, le patron du FMI arrive, avec 27 % (+ 4 points), nettement en tête de ceux que les Français souhaitent voir représenter le PS en 2012. Avec 12 %, Mme Aubry est troisième, derrière Mme Royal, 15 % (+ 6 points). Une chute de 8 points qui sanctionne l'absence de Mme Aubry - partie à l'Exposition universelle de Shanghaï pour, après son voyage en Inde, construire son image internationale - de la scène française au moment de la phase aiguë de la crise de l'euro.
Dans un second tour face à M. Sarkozy, "DSK" a été donné plusieurs fois gagnant, Mme Aubry deux fois. Mais deux éléments nuancent la florissante popularité du "candidat virtuel". Le premier est qu'il bénéficie d'une forte bienveillance de l'électorat de droite. Le second est qu'il apparaît souvent en tête des personnalités qui incarnent l'opposition à M. Sarkozy alors que son statut de patron du FMI lui interdit un tel rôle...
Dans la crise, M. Strauss-Kahn a joué avec maestria. Ses compétences sont universellement reconnues. Sa crédibilité économique a été renforcée, profitant par ricochet au PS. Mais cette onction est aussi un piège. Le soutien que le directeur général du FMI a dû apporter aux plans d'austérité mis en oeuvre, et d'abord en Grèce - dont le premier ministre, Georges Papandréou, est aussi le président de l'Internationale socialiste - suscite déjà l'hostilité de la gauche de la gauche. Même si Mme Aubry a concédé, le 11 mai, que "la situation serait peut-être pire" si "DSK" ne dirigeait pas le FMI.
L'ambivalence du compliment donne la mesure de la stratégie à hauts risques de M. Strauss-Kahn. Le calendrier le dessert. La primaire pour désigner le candidat du PS est prévue en septembre-octobre 2011. Or on voit mal le patron du FMI abandonner son poste alors que la France présidera jusqu'en novembre 2011 le G20 et le G8.
S'il revient, l'apôtre du "réformisme radical" incarnera la rigueur, s'attaquant en priorité à la dette et aux déficits. Une certaine continuité économique face à un électorat de gauche qui rêvera sans doute de rupture avec le sarkozysme. Le meilleur scénario pour "DSK" serait que le PS se passe de primaire et fasse appel à lui. Il suppose l'échec de Mme Aubry - qui, si elle ne s'est pas déclarée, se comporte de plus en plus en "candidate naturelle", opposant sa proximité à son éloignement - et le renoncement d'autres postulants, comme Mme Royal.
Face au buzz médiatique autour de M. Strauss-Kahn, Mme Aubry n'a pas été inerte. C'est à Laurent Fabius qu'elle a confié la convention sur l'international (9 octobre) et non à M. Cambadélis, chargé de ce secteur. Après la sortie d'une enquête sur le patron du FMI dans Le Point (1er avril), elle a retiré à Christophe Borgel, autre strauss-kahnien chargé des élections, la préparation des cantonales et des sénatoriales de 2011 et des législatives de 2012, qu'elle a confiée à François Lamy, son bras droit.
La direction du PS donne à la "candidate naturelle" plusieurs longueurs d'avance sur le "candidat virtuel". Quitte à le transformer en "candidat fictif" ?
La Commission recommande l'entrée de l'Estonie dans la zone euro
La Commission européenne a recommandé mercredi 12 mai l'adhésion de l'Estonie à la zone euro au 1er
janvier 2011, a annoncé le ministère estonien des affaires étrangères sur son site Internet. Cette recommandation, qui doit maintenant être approuvée par les pays européens, devrait être examinée rapidement.
L'Estonie espère recevoir en juillet le feu vert définitif de l'UE pour passer à la monnaie européenne, et devenir ainsi le 17e pays à l'utiliser. L'entrée dans la zone euro est un symbole majeur pour ce pays des bords de la Baltique, situé à l'extrême nord-est de l'Union européenne à laquelle il a adhéré en 2004, après son divorce de l'URSS en 1991.
L'Estonie sera le premier pays balte et le troisième pays ex-communiste, après la Slovaquie et la Slovénie, à entrer dans la zone euro, qui traverse actuellement la pire crise de son histoire. Pour adopter la monnaie unique, les pays candidats doivent respecter plusieurs critères : maîtrise des finances publiques (déficit et dette) et de l'inflation, fluctuations limitées des changes et des taux d'intérêt.
Selon les dernières prévisions de la Commission européenne, l'Estonie devrait avoir un déficit de 2,4 % cette année et l'an prochain. Sa dette devrait être limitée à 9,6 % en 2010 et 12,4 % en 2011, un record dans l'UE.
A titre de comparaison, le déficit public moyen dans la zone euro est de 6,6 % cette année et de 6,1 % l'an prochain. Pour la dette, les prévisions de la Commission sont de respectivement 84,7 % et 88,5 %. L'Estonie, république balte de 1,3 million d'habitants, espérait d'abord adopter l'euro en 2007, mais elle avait été sanctionnée à cause d'une inflation trop élevée. Son inflation était montée jusqu'à 10,6 % en 2008, mais elle est depuis retombée. Elle devrait atteindre 1,3 % en 2010 et 2 % en 2011.
Eh non, écouter Mozart ne rend pas plus intelligent
Non, écouter la musique de Mozart ne rend pas plus intelligent. D'après une équipe de la faculté de psychologie de l'Université de Vienne qui a étudié environ 3 000 cas compilés dans une quarantaine d'études, il n'existe aucune preuve de l'"effet Mozart".
En 1993, des chercheurs de l'Université de Californie avaient montré qu'un groupe d'adolescents obtenaient de meilleurs résultats à des tests de raisonnement après avoir écouté la Sonate pour deux pianos en ré majeur
de Mozart (1781) que ceux qui écoutaient autre chose ou étaient simplement restés dans une salle silencieuse.
Selon Jakob Pietschnig, qui a dirigé l'étude autrichienne, "ceux qui ont écouté de la musique, Mozart ou autre chose – Bach, Pearl Jam – ont de meilleurs résultats que ceux du groupe silencieux. Mais on sait déjà qu'une personne est plus performante s'il y a un stimulus". L'expérience de 1993 n'a porté que sur 36 étudiants, soit un très petit échantillon, a-t-il rappelé.
La publication dans la revue Nature de l'étude sur l'"effet Mozart" en 1993 avait eu un impact considérable dans l'opinion publique, conduisant des crèches américaines à diffuser quotidiennement de la musique classique. Mais, comme le souligne Jakob Pietschnig, l'étude avait été menée auprès d'adultes, et non d'enfants, et il s'agissait de mesurer ponctuellement des capacités cognitives spatiales, non l'intelligence. "Je recommande à tout le monde d'écouter Mozart, mais ça ne va pas augmenter les capacités cognitives comme certains l'espèrent", conclut le chercheur autrichien.
L'"effet Mozart" figure en 6e position de la liste de légendes dressée par le psychologue américain Scott E. Lilienfeld : 50 Grands Mythes de la psychologie populaire" (50 Great Myths of Popular Psychology, 2009).
La nature, quand elle s'y met, c'est une sacrée drôlesse. Ainsi, pas question pour elle de ne pas s'immiscer dans le débat sur le Grenelle 2 de l'environnement. Pour attirer l'attention, elle nous a d'abord refait le coup de la marée noire, là-bas sur les côtes de la Louisiane. Et comme si ce n'était pas assez, elle en a rajouté une couche hier. Une couche, c'est bien le mot. Surtout à Carcassonne. La cité médiévale, qui a pourtant de la mémoire, ne se souvenait pas d'un pareil temps en mai. Les remparts et les vieilles tours recouverts de flocons ! Pas des cendres islandaises. Non, une bonne vraie neige française donnant tout simplement l'impression de se tromper de saison. Et, plus haut, dans les montagnes du Tarn, on a mesuré trente centimètres de poudreuse. Routes coupées, arbres cassés, électricité en rade. On se serait cru à Noël ou en février. Pareil en Lozère, dans le Cantal et même au col de l'Escrinet où les oiseaux ardéchois se sont arrêtés de chanter. Et pour couronner le tout, le vent s'est mis de la partie. Des vagues de dix mètres de haut ont déferlé en fin de journée sur tout le littoral méditerranéen. Sans faire de victimes, heureusement, mais en balayant d'un jet d'écume les terrasses fraîchement aménagées pour les week-ends prolongés en perspective. Du coup, on s'est moins intéressé à ce qui se disait à l'Assemblée. La tornade du pays niçois a éclipsé les discussions sur l'éolien. Et l'inattendue poussée blanche de Midi-Pyrénées a pris le pas sur la "croissance verte". Le message détourné n'en fut pas moins éloquent. C'est un peu comme si cette "neige du coucou" et cette rafale du Sud s'étaient liguées pour interpeller le gouvernement. "Hé ho, monsieur Borloo, madame Jouanno, n'oubliez pas vos promesses !" Les éléments sont comme ça : ils haussent parfois le ton mieux que les orateurs dans les travées. Il leur arrive même d'être plus forts que les lobbies. On ne va pas leur en vouloir. C'est leur nature profonde.

Didier Pobel
Palmarès des "Gérards du cinéma" 2010 : le meilleur...du pire !
Depuis 2006, les "Gérards du cinéma" récompensent, pour le plus grand malheur des lauréats, le "pire du cinéma français". Parmi les vainqueurs cette année : Luc Besson, Carole Bouquet, Kad Merad, Arielle Dombasle ou encore Franck Dubosc, qui remporte le "Gérard du désespoir masculin" pour sa (contre) performance dans "Cinéman".Prix potaches
créés en 2006, les "Gérards du cinéma", inspirés de la cérémonie déjantée des Razzies Awards, récompensent chaque année "le meilleur du pire du cinéma français". Le jury, qui réunissait une vingtaine de journalistes de grands magazines dont Marianne, Le Monde des Livres, Le Nouvel Observateur et Technikart, a décerné lundi soir au sein du théâtre Michel une batterie de Gérards (pour mémoire des parpaings dorés de 10 kg). Sans surprise, aucun des nommés n'a souhaité jouer le jeu, préférant la chaise vide. A la lecture de l'intitulé féroce de certaines catégories, on comprend mieux pourquoi...
- Gérard de l’acteur qui vient manger le pain des français
Sergi López dans Partir.
- Gérard du film avec des petits chiens ou des grosses chiennes
Coco avant Chanel de Anne Fontaine avec Audrey Tautou.
- Gérard de la grosse comédie qui tâche comme on en tournait du temps des Charlots avec Paul Préboist et Alice Sapritch, sauf qu’on est en 2010
Le Baltringue avec Vincent Lagaf'
- Gérard de Madame La Grande Actrice qui va s’encanailler dans une comédie de ploucs pour casser son image de vieille bourgeoise coincée du cul
Carole Bouquet dansProtéger et servir.
- Gérard du film pas nul, mais pas bien. Pas nul, hein. Mais pas bien. Mais pas nul pour autant. Mais pas bien non plus. Mais pas nul. Ceci dit, pas bien. Voyez ?
Gainsbourg - (vie héroïque) avec Eric Elmosnino
- Gérard de l’acteur qui a un nom de maladie
Anna Mouglalis
- Gérard du film qui parle d’une meuf qui fait moyennement envie, et du coup le film bah c’est pareil
Mademoiselle Chambon avec Sandrine Kiberlain
- Gérard de l’acteur que c’est pas qu’on l’aime pas, mais on en a un peu marre de voir sa gueule partout
Kad Merad
- Gérard du titre gay
Ne te retourne pas de Marina De Van
- Gérard du film vraisemblablement adapté d’un article de Marie Claire
Une semaine sur deux (et la moitié des vacances scolaires) avec Mathilde Seigner
- Gérard de l’acteur dont on espère qu’il n’aura jamais de premier rôle quand on voit comment il se débrouille avec les seconds
Manu Payet dans RTT
- Gérard du réalisateur qui continue à faire des films en toute impunité malgré un CV déjà passablement chargé
Luc Besson avec Arthur et la vengeance de Maltazard
- Gérard du film que quand tu vas le voir, dans la salle, t’as l’impression d’être dans un wagon du RER D un samedi soir à Villiers-le-Bel
Banlieue 13 ultimatum de Patrick Alessandrin
- Gérard de l’actrice dont le mari s’est tellement couvert de ridicule que ses réseaux ne lui permettent plus le moindre rôle, pas même un tapin dans le film de Lagaf’
Arielle Dombasle dans...rien !
- Gérard de l’actrice qui ne bénéficie définitivement pas des réseaux de son beau-frère
Valeria Bruni Tedeschi dans Les Regrets
- Gérard du désespoir féminin
Virginie Efira dans Le Siffleur
- Gérard du désespoir masculin
Franck Dubosc dans Cinéman
- Gérard du plus mauvais film
Cinéman de Yann Moix
Ne soyons pas pingres : Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde ont joué un rôle majeur dans le sauvetage de l'euro et de l'Europe. La réactivité présidentielle, arme idéale au plus fort d'une crise, confirme que la politique peut reprendre l'ascendant sur les marchés.
Mais cette victoire, bienvenue pour redorer le blason élyséen, n'a d'avenir que si elle s'accompagne d'une stricte discipline budgétaire. À deux ans de la présidentielle, l'effort s'annonce urgent, massif et donc périlleux.
Urgent : depuis le plan du Premier ministre Mauroy, en 1982, tous les gouvernements ont annoncé des politiques de rigueur et des sorties de tunnel. Vingt-huit ans plus tard, l'État dépense moitié plus ¯ pour boucler les fins de mois davantage que pour financer l'avenir ¯ que ce qu'il engrange de recettes fiscales. Les seuls intérêts de la dette absorbent presque tout l'impôt sur le revenu et privent le pays de deux points de croissance.
Politiquement, il est toujours difficile de demander aux citoyens de se serrer la ceinture en période de croissance. Mais, pour ne l'avoir pas fait, gauche et droite confondues, à la timide exception de Lionel Jospin, le gouvernement doit manoeuvrer un pays plombé, impuissant à financer les solidarités qui font le ciment d'une société. On pourrait en faire le même grief aux Européens, conscients depuis toujours de l'indiscipline grecque. Cette absence de courage fait mal à la politique.
Massif : ou bien nous n'usons que de rustines et on en prend pour des années de croissance molle ; ou bien on taille dans le vif, et ¯ peu importe qu'on le nomme rigueur ou austérité ¯ le redressement sera douloureux. Si douloureux qu'il ne pourra pas être conduit sans un gros effort de pédagogie et, surtout, d'équité.
La potion dont nous parle tardivement François Fillon semble sans commune mesure avec la gravité du mal. Le gouvernement craint de frapper fort au moment où il redoute que les retraites poussent les salariés dans la rue et l'opposition au pouvoir. En résumé, on se retrouve contraint de prendre les mesures les plus douloureuses au pire moment.
Périlleux : il serait très difficile, vis-à-vis de la gauche politique et syndicale, mais aussi de la droite sociale et centriste, de convaincre du bien-fondé d'économies qui ne concerneraient que les plus fragiles. Il serait incompréhensible de réduire les aides sociales sans revisiter les milliards d'allégements fiscaux. D'accroître la cotisation retraite sans reconsidérer le bouclier fiscal et taxer les hauts revenus.
Car le problème est moins de plafonner l'impôt à la moitié du revenu que d'exonérer les plus riches de toute contribution. Les centaines d'exonérations fiscales, ces fameuses « niches » dont l'addition représente 70 milliards de manque à gagner, bénéficient d'abord à ceux qui ont les moyens d'investir pour défiscaliser. Ceux-là ont majoritairement voté Nicolas Sarkozy.
Prisonnière de son électorat et de ses promesses, la majorité, échaudée par les régionales, craint d'être incomprise par les siens. C'est pourtant dans ce gruyère fiscal, autant que dans la baisse de la dépense publique, que réside la solution. François Hollande a raison au moins sur un point : 2012 se jouera sur la fiscalité.
UNE FOIS N'EST PAS COUTUME, JE FAIS DANS LE PIPOLE
Nue et enceinte, Claudia Schiffer pose en une de Vogue
Quelques semaines
après Monica Belluci et ses belles rondeurs de maman à la une de Vanity Fair, c'est Claudia Schiffer, nue et enceinte, qui fait la couverture de l'édition allemande du magazine de mode Vogue de juin, photographiée par Karl Lagerfeld, qui sort aujourd'hui.
La photo rappelle irrésistiblement celle d'Annie Leibowitz qui avait fait scandale en août 1991 à la une de Vogue USA, représentant l'actrice américaine Demi Moore enceinte de sept mois. «Ce qui nous importait, c'était de montrer à quel point la féminité peut être belle et qu'avoir une image positive de son corps» est possible en toutes circonstances, explique Claudia Schiffer, 39 ans,
citée dans le communiqué de la maison d'édition Conde Nast.
La top modèle aux 500 couvertures de magazine, fait sa 13e couverture de Vogue Allemagne presque 20 ans jour pour jour après celle qui l'a lancée dans son pays.
Claudia Schiffer est mariée depuis huit ans à un Britannique, Matthew Vaugh, et a avec lui un fils de 6 ans, Casper, et une fille de 5 ans, Clementine. La famille vit en Angleterre, entre sa maison londonnienne et un manoir dans le Suffolk.
Brown démissionne, Cameron devrait prendre la suite
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a annoncé mardi sa démission et l'arrivée imminente à son poste de David Cameron, alors que conservateurs et libéraux-démocrates ont achevé leurs discussions sans dire s'ils avaient trouvé un accord de gouvernement.
Dans la soirée, les dirigeants et parlementaires du Parti libéral-démocrate devaient se réunir afin décider celui des
deux grands partis traditionnels dont ils seront le partenaire ou au moins qu'ils soutiendront.
Le départ de Brown met fin à 13 ans de gouvernement travailliste en Grande-Bretagne, moins d'une semaine après les élections législatives remportées, sans majorité absolue, par l'opposition conservatrice.
Le 6 mai, les Tories de David Cameron ont largement devancé le Labour de Gordon Brown, tandis que les "Lib Dems" de Nick Clegg se sont retrouvés en position de "faiseurs de roi" en l'absence de majorité claire.
Depuis, les deux premiers ont abondamment courtisé le troisième et mardi, la conclusion s'est imposée à Brown, forcé de démissionner devant son échec à conserver le pouvoir.
"J'ai informé le secrétaire privé de la reine qu'il est dans mon intention de remettre ma démission à la reine", a déclaré Brown à la presse devant sa résidence du 10 Downing Street.
"Si la reine l'accepte, je lui recommanderais d'inviter le chef de l'opposition à tenter de former un gouvernement. Je souhaite au prochain Premier ministre bonne chance lorsqu'il fera les choix importants pour l'avenir", a-t-il ajouté.
Immédiatement après son allocution, l'ancien chancelier de l'Echiquier a posé une dernière fois aux côtés de son épouse et de leurs deux enfants devant la résidence du Premier ministre.
ACCORD IMMINENT
Le contenu de son discours laisse clairement entendre que les Conservateurs et les Libéraux démocrates sont parvenus à un accord, dont la nature n'est pas encore connue. Le probable futur chef du gouvernement, David Cameron, était en route vers le palais de Buckingham pour y être reçu par la reine.
Des tractations ont eu lieu en fin de journée entre les Tories et les Lib Dems, à l'issue desquelles les négociateurs de chaque parti ont annoncé qu'ils allaient rendre compte du résultat à leurs états-majors.
Le négociateur conservateur, William Hague, a déclaré avoir des recommandations à faire. Son homologue libéral-démocrate Danny Alexander a salué le "bon climat" des discussions.
Dès après le scrutin législatif, les libéraux-démocrates se sont tournés naturellement vers les conservateurs, majoritaires en nombre de sièges remportés à la Chambre des communes.
Une alliance entre ces deux partis disposerait d'une majorité absolue, alors qu'une coalition entre les travaillistes et le parti centriste - entre lesquels les tractations ont été suspendues - nécessiterait l'appoint de petites formations.
Le chef de file libéral, Nick Clegg, devra obtenir le soutien de 75% des parlementaires et membres de l'exécutif pour pouvoir conclure un accord avec les uns ou les autres.
Si les libéraux-démocrates ne parviennent pas à s'entendre, ils devront organiser une conférence extraordinaire du parti, ce qui pourrait prendre jusqu'à une semaine de plus, prolongeant ainsi une incertitude politique qui rend les marchés nerveux.
L'accord semble néanmoins être en passe de se concrétiser d'autant que les conservateurs ont concédé lundi un référendum sur une réforme limitée du système électoral qui introduirait, comme le souhaitent les Lib Dems, une dose de proportionnelle.
La perspective d'un pacte a suffi à la Bourse de Londres pour se redresser, de même que la livre sterling, les marchés supportant mal la prolongation des incertitudes des derniers jours dans un pays où la lutte contre les déficits sera une priorité.
Le nouveau Parlement doit être inauguré le 18 mai et le nouveau gouvernement présenter son programme au parlement de Westminster le 25 mai par la voix de la reine Elizabeth II.
Ne cherchez plus le fil rouge qui va de la banque Lehman Brothers à l'Etat grec : c'est la cavalerie. Pas celle de Lucky Luke, qui arrive toujours en retard, mais celle de la finance. Faire de la cavalerie, c'est emprunter pour rembourser, combler un découvert en créant un autre découvert dans un autre compte, tricher sur les dates de valeur. Une technique opaque, au dénouement souvent fatal, assimilée en France à de l'escroquerie. Mais dans une finance où l'argent circulait à flots, c'était devenu une pratique courante.
Cela fait longtemps que les banquiers ne prêtent plus l'argent collecté auprès de leurs déposants. Le plus souvent, ils offrent aujourd'hui des fonds qu'ils ont eux-mêmes empruntés. Et ils passent leur temps à jouer avec les échéances pour ne pas se trouver à court d'argent. Même la Caisse d'Epargne, qui a longtemps incarné la quiétude aux yeux des Français, a parfois eu du mal à joindre les deux bouts. Cette logique a été gravée dans le marbre par Chuck Prince, l'ancien patron de la banque américaine Citigroup, en juillet 2007, juste avant la première éruption bancaire : « Quand la musique va s'arrêter, en termes de liquidités, les choses seront compliquées. Mais aussi longtemps que la musique joue, vous devez rester debout et danser. Nous dansons encore. » Sauf que parfois, la musique s'arrête. Plus personne ne veut prêter. En jargon technique, on dit que « le marché interbancaire se tend ». Jusqu'à provoquer la chute de la banque Lehman brothers, le 15 septembre 2008.
Les Etats sont aussi devenus des champions de cavalerie. Sur la bonne cinquantaine de milliards d'euros que la Grèce doit lever cette année, plus de la moitié servira à éponger les dettes venant à échéance. La France, elle, prévoit d'emprunter 239 milliards d'euros en 2010 non seulement pour financer un déficit abyssal de 152 milliards mais aussi pour rembourser 87 milliards. De 1997 jusqu'à l'explosion de son déficit en 2009, l'Etat a levé davantage de capitaux pour s'acquitter de ses engagements auprès de ses créanciers que pour financer son impasse budgétaire. Tout ça ne pose aucun problème tant qu'il y a de la musique. Mais si un jour le silence s'installe, si le marché bloque, c'est le défaut de paiement immédiat. Une catastrophe, car les prêteurs disparaissent pour longtemps.
Les entreprises sont plus prudentes, même si des étymologistes soutiennent que ce sont les pratiques douteuses de « chevaliers d'industrie » qui auraient amené à parler de « cavalerie ». Elles avaient certes pris l'habitude de jongler avec leur trésorerie, plaçant et empruntant des milliards pour quelques jours. Mais dès le 16 septembre 2008, elles ont stoppé net cette haute voltige, lançant la plus formidable course au cash de l'histoire. Elles ont sabré leurs dépenses (investissements ou publicité, hélas pour les médias), retardé leurs paiements à l'Urssaf, anéanti leurs stocks. Ce faisant, elles ont déclenché la chute la plus brutale de l'activité jamais observée.
En état de cavalerie permanente, banquiers et Etats ont perpétuellement besoin d'emprunter pour rembourser. Comme si leur sang dépendait de la bonne volonté des donneurs. Si la musique s'arrête, la circulation sanguine de l'économie risque d'être bloquée. Le FMI peut certes agir auprès des Etats « mais ses ressources sont aujourd'hui limitées », avouait son directeur général, Dominique Strauss-Kahn, il y a quelques mois. Et si les banques centrales peuvent venir au secours des banques (elles l'ont beaucoup fait depuis trois ans), voire des Etats, ce n'est pas dans leur code génétique. « Le défaut est pour moi hors de question », expliquait encore le patron de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, jeudi dernier pour écarter cette perspective.
Dimanche, la BCE s'engageait pourtant à acheter en cas de problème des obligations publiques, tandis que l'Europe accouchait d'un plan de sauvetage à 750 milliards d'euros pour éviter l'asphyxie des Etats. C'est encore plus que les 700 milliards de dollars du plan Paulson forgé en 2008 pour oxygéner les banques. Dans le monde de la cavalerie permanente, il faut absolument un prêteur de dernier ressort. Avec des moyens colossaux.
mardi 11 mai 2010
Allonger la durée de cotisation ne suffira pas à combler les déficits des retraites
Un recul de l'âge légal à 63 ans, combiné à un allongement de la durée de cotisation à quarante-cinq annuités, permettrait de couvrir environ la moitié du déficit du régime général (salariés du privé) envisagé en 2050, selon de nouvelles projections du conseil d'orientation des retraites (COR), publiées mardi 11 mai.
Cette hypothèse est la plus défavorable aux salariés, en termes d'allongement de la vie active, parmi celles testées par le COR dans un "dossier technique" publié mardi sur son site Internet. Ces simulations "ont une vocation purement illustrative et ne constituent en rien des pistes de réforme", a précisé le secrétariat général du COR, ajoutant que le document n'engageait pas les membres du conseil, dont certains ont vivement critiqué la préparation de ces chiffrages.
SEULS 53 % DES BESOINS DE FINANCEMENT COUVERTS
Toute une série de variantes ont été testées pour évaluer l'impact de certaines mesures au cœur du débat sur la réforme des retraites : des reculs de l'âge légal de départ ont été envisagés jusqu'à 65 ans et différentes possibilités d'allongement de la durée de cotisation allant jusqu'à quarante-cinq annuités. Des combinaisons des deux types de mesures ont également été testées.
Dans tous les cas, la mise en application de ces mesures est envisagée progressivement, avec des hausses à raison d'un trimestre par an des bornes d'âge et des durées de cotisation nécessaires pour une retraite complète. L'hypothèse qui combine un report de l'âge légal à 63 ans avec quarante-cinq annuités de cotisation permet de couvrir 53 % des besoins de financement projetés à l'horizon 2050 pour la seule branche retraite du régime général (salariés du privé). Ces besoins pourraient atteindre près de 65 milliards d'euros.
Le COR se place pour ce chiffrage dans le scénario économique intermédiaire (avec notamment un taux de chômage à 4,5 %) de son précédent rapport,présenté le 14 avril. Les extraits de ce rapport publiés dans la presse avaient surtout mis en avant les besoins de financement des retraites toutes branches confondues (avec la fonction publique et les régimes complémentaires), qui pourraient dépasser les 100 milliards d'euros à l'horizon 2050.












