TELECHARGEMENT - Selon l'agent Ari Emanuel, l'industrie est en discussion avec Barack Obama...
Hollywood aime Paris. L'amour, la mode, la gastronomie... Et désormais Hadopi. Comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis aimeraient bien se doter d'une loi incluant la suspension de connexion comme sanction contre l'internaute pris en flagrant délit de téléchargement illégal. Philosophie de base: «Three strikes and you're out» («trois avertissements et t'es dehors»), comme au bas
eball.
Pour plaider sa cause en haut lieu, Hollywood dispose d'un atout de poids: Ari Emanuel, le patron de l'agence William Morris Endeavor Entertainment. Le nom vous semble familier? Normal. Il a servi de modèle pour le personnage culte d'Ari Gold, dans la série Entourage. Mais surtout, c'est le frère de Rahm Emanuel, le chef de cabinet de... Barack Obama. Pratique pour un accès direct à la Maison Blanche. «Nous sommes en pleines discussions avec le président et plusieurs ministres de la Justice (d'Etats, ndr) pour essayer de mettre en place» un système de riposte graduée, confie-t-il au Guardian.
Doutes
D'autres figures d'Hollywood ont vanté les mérites du système français, comme le réalisateur Steven Soderbergh. Mais si James Murdoch (fils de Rupert) estime que «télécharger illégalement, c'est comme voler un sac-à-main», certains attirent l'attention sur une conséquence inattendue du système français: selon une étude de l'Université de Rennes, le nombre de pirates aurait augmenté de 3% en France entre septembre et décembre. Le téléchargement illégal en peer-to-peer aurait baissé de 15%, mais les internautes se tourneraient davantage vers le streaming et les news groups.
Philippe Berry
samedi 13 mars 2010
Hollywood veut son Hadopi
Disparition de Jean Ferrat
Le chanteur s'est éteint en Ardèche samedi à l'âge de 79 ans. Retour sur la vie d'un artiste engagé, au service de tous les combats pour la fraternité, la révolte et l'idéal communiste, mais également un poète fou d'Aragon, qu'il a interprété avec talent.
Jean Ferrat, qui résidait depuis des années en Ardèche, y est décédé samedi à l'âge de 79 ans, a annoncé le sous-préfet de Tournon-sur-Rhône. «Il est décédé à l'hôpital d'Aubenas», où il avait été hospitalisé quelques jours auparavant, a-t-il précisé.
Jean Ferrat? Des chansons au drapeau rouge, diraient les uns. De grands poèmes gréés de mélodies vastes comme le cœur de la France, diraient les autres. Potemkine et La Montagne, Aimer à perdre la raison sur les vers de Louis Aragon et Un air de liberté dans lequel il croisait le fer avec notre confrère Jean d'Ormesson... Un air de Fête de l'Huma et des refrains immortels, des mots de tous les jours et tous les drames de l'Histoire convoqués au détour d'un refrain.
Jean Tenenbaum est né à Vaucresson le 26 décembre 1930, mais a grandi à Versailles. Non le Versailles des beaux quartiers, mais celui d'une famille modeste de quatre enfants. Père joaillier petit joaillier et mère fleuriste. La musique? Pas de phonographe, le concert du dimanche soir à la TSF, sa mère qui chante du lyrique léger d'une jolie voix de soprano: l'air des Clochettes de Lakmé, On m'appelle Manon...
Chimie, guitare, jazz et Aragon
La guerre arrive. Son père est juif, sa mère ne l'est pas : un jour, son père part pour ne plus revenir. A quinze ans, il quitte le lycée pour aider sa famille. Il commence en même temps des études de chimie qu'il délaisse de plus en plus au profit du théâtre et de la chanson, tendance Prévert et Kosma, répertoire à la Montand. A vingt ans, il joue de la guitare dans un orchestre de jazz, compose ses premières chansons. Il tente quelques auditions sous le nom de Jean Laroche, sans succès. L'horizon s'ouvre un peu en 1956, quand il met en musique Les Yeux d'Elsa, poème de Louis Aragon, cinq ans avant que Léo Ferré, à son tour, ne s'intéresse au poète communiste. Ce n'est pas Jean Ferrat lui-même qui «lance» Les Yeux d'Elsa, mais André Claveau, le plus populaire des chanteurs de charme du moment. Jean Ferrat, remarqué par le métier, commence à tourner régulièrement dans les cabarets de la rive gauche en s'accompagnant à la guitare. Ses chansons lui apportent surtout, à ce moment-là, de rencontrer une jeune chanteuse, Christine Sèvres, qui deviendra son épouse. «J'ai chanté sept ans avant de voir une petite lueur, nous dira-t-il plus tard. Sept ans, ce n'est rien du tout à dire, mais quand on les vit journellement, qu'il faut manger, c'est long...»
Il rencontre le complice professionnel de toute sa carrière à venir, Gérard Meys, tour à tour agent artistique, éditeur et, plus tard, patron de label discographique. Et, en décembre 1960, Jean Ferrat passe enfin à la radio: Ma môme, sur un texte de Pierre Frachet, est son premier succès. La France fredonne «Ma môme, elle joue pas les starlettes/Elle met pas des lunettes/De soleil/Elle pose pas pour les magazines/Elle travaille en usine/A Créteil.» Tout est là: l'air du temps vu du côté des gens simples, l'évidence des sentiments, le refus des chimères de l'argent et de la gloire...
Tout décolle avec Nuit et Brouillard
Il est couvert de prix et de récompenses professionnelles, mais le plus grand succès ne tardera pas : La Montagne sort en 1964 et évoque l'Ardèche où Ferrat s'installe justement cette année-là, dans le village d'Antraigues auquel il restera toujours fidèle, au contraire des ruraux qui, dans sa chanson, cèdent à l'appel de la ville, «Du formica et du ciné (...) Pourtant que la montagne est belle/Comment peut-on s'imaginer/En voyant un vol d'hirondelles/Que l'automne vient d'arriver?»
Dès lors, il ne va pas cesser d'écrire et de publier de grandes chansons, souvent marquées à gauche. Car le fils du déporté Tenenbaum est définitivement attaché à des valeurs de justice, de fraternité et de liberté qui, un temps, le rapprochent sinon du Parti communiste, du moins de ses combats du moment. Son voyage à Cuba, en 1967, le marque profondément, comme en témoignent les chansons Santiago et Guerilleros. Mais il n'est pas toujours à son aise avec l'Union soviétique: déjà Potemkine, en 1965, est interdit de télévision en France et lui vaut l'annulation d'un voyage en URSS. La rupture sera spectaculaire en 1980 avec Le Bilan. Mai 68 le voit participer à des soirées organisées pour les grévistes à Bobino puis régler leur compte aux gauchistes avec l'incendiaire chanson Pauvres Petits Cons.
Le fou de poésie retrouve aussi Aragon en 1971. Ferrat chante Aragon se vendra en quelques mois à un million d'exemplaires, chiffre au moins doublé depuis. Et il fait d'Aimer à perdre la raison un standard de la chanson française, avant de citer encore Aragon dans La Femme est l'avenir de l'homme, autre énorme succès populaire au texte exigeant.
La grande poésie française dans la rue
En 1973, il prend la curieuse décision de ne plus donner de concerts ou plutôt il n'en prend pas la décision. «Je me disais que j'arrêtais un ou deux ans. Je ne pensais pas arrêter définitivement. D'ailleurs, je n'ai pas arrêté définitivement. Mais le temps a passé. Quand je faisais un nouveau disque, tous les quatre ou cinq ans, j'avais un an de travail pour voir les journaux, faire des émissions, la promotion dans les autres pays d'expression française. Puis je soufflais et il me fallait deux ou trois ans pour réécrire un nouveau disque. Et je n'ai pas eu un désir de scène suffisant pour repartir.»
S'il lui arrivait encore de monter en ligne, ce n'est plus en mettant son nom au bas de pétitions politiques, mais en défendant, de prises de positions dans la presse en tables rondes dans les festivals, cette chanson française que l'on commence à appeler «classique». Mais quand on lui demandait quand il comptait sortir un disque de nouvelles chansons, il répondait: «Il faut que je me mette au turbin.»
Jean Ferrat avait apporté son soutien à la liste présentée aux élections régionales par le Front de Gauche en Ardèche.
Les héros du 11-Septembre seront indemnisés
Des milliers de pompiers, policiers et ouvriers new-yorkais ont été intoxiqués dans les décombresdes tours jumelles. Ils devraient se partager plus de 650 millions de dollars.
Huit ans et demi après les attentats du 11-Septembre, New York fait justice aux héros de Ground Zero, ces milliers de pompiers, policiers et ouvriers du bâtiment qui ont combattu l'incendie, évacué les victimes e
t dégagé les décombres du World Trade Center. Nombre d'entre eux ont contracté, dans la fumée et la poussière chargée d'amiante, des maladies respiratoires, parfois des cancers. Un accord, conclu hier, va permettre de les indemniser. Et d'assainir le climat.
« Pourquoi a-t-il fallu attendre ? »
Depuis 2003, 10 000 plaintes s'étaient accumulées sur les bureaux des juges, visant la municipalité de New York et les dizaines d'entreprises qui ont déblayé les milliers de tonnes de gravats laissées par l'effondrement des tours jumelles. La plupart accusaient la ville et leurs patrons de n'avoir pas fourni les protections indispensables. L'un d'eux, Raymond Hauber, un pompier de 47 ans, est mort il y a trois ans, d'un cancer de l'oesophage, avant que la justice ait examiné sa plainte.
L'accord signé h ier pourrait couper court aux procès qui devaient débuter en mai. Il a été conclu entre WTC Captive Insurance, un assureur créé exprès et doté de 1,1 milliard de dollars par l'Agence fédérale de gestion des catastrophes (Fema). « C'est un bon compromis, a déclaré Marc Bern, l'avocat de 9 000 plaignants. Ces hommes et ces femmes héroïques vont recevoir une juste compensation pour leurs souffrances, leurs salaires perdus et leurs dépenses médicales. »
Les intoxiqués du 11-Septembre pourraient toucher un total de657,5 millions de dollars d'indemnités. Individuellement, cela représentera entre quelques milliers et 1,1 million de dollars, selon la gravité, vérifiée par un expert, des affections. Encore faut-il que 95 % des plaignants ratifient le protocole, qualifié de « juste et raisonnable » par le maire de New York, Michael Bloomberg. Plus de 20 millions de dollars doivent couvrir les personnes dont la maladie se déclarerait ultérieurement.
L'amertume prévaut toutefois chez nombre de victimes, à l'image de Kenny Specht, 41 ans, ancien pompier atteint d'un cancer de la thyroïde. « Cet accord me permet de protéger l'avenir de ma famille, déclare-t-il au New York Times, mais pourquoi des familles qui ont enterré l'un des leurs ont-elles dû attendre aussi longtemps ? »
Environnement : la difficile mutation
Après avoir incité les agriculteurs à verdir leurs pratiques, le Président semble hésiter.Le premier volet d'une série de cinq articles consacrés à l'agriculture et l'écologie.
« L'environnement ça commence à bien faire ! » Propos électoral ou véritable changement de cap ? En anno
nçant au Salon de l'agriculture qu'il fallait réviser les méthodes de décision concernant les nouvelles contraintes environnementales imposées à l'agriculture, Nicolas Sarkozy, samedi dernier, a créé le choc. Choc de joie chez les agriculteurs, plutôt proches de la FNSEA, majoritaire ; choc scandalisé chez les organisations écologistes.
En fait, le chef de l'État ne faisait que reprendre et valider une demande émanant du ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire, exprimée le 19 janvier devant les producteurs de grandes cultures. Il en avait même parlé à son confrère de l'Écologie, Jean-Louis Borloo. Il proposait la mise en place d'un « groupe de coordination » qui interviendrait de façon « systématique » sur les décisions environnementales afin de discuter de leur impact sur l'agriculture. « Dans le respect du Grenelle, pour toute nouvelle mesure environnementale, je souhaite que l'on mette en place une étude d'impact. » À cette étude s'ajouterait une analyse de ce qui se fait dans les pays de l'Union européenne ainsi qu'une évaluation de l'intérêt réel pour la société de la nouvelle mesure environnementale.
Impossible de remettre en cause, évidemment, les décisions déjà prises dans ce domaine. Mais les enjeux pour les mois et années à venir ne manquent pas. L'autorisation ou l'interdiction de nouvelles molécules phytosanitaires, les décisions sur les OGM dont Bruxelles vient d'admettre le droit de cité en Europe, la mise en oeuvre de la conditionnalité des aides décidées par Bruxelles, les conditions imposées, sur le terrain, aux agriculteurs pratiquant l'irrigation... autant de sujets sur lesquels la nouvelle approche « pragmatique » selon le mot de Jean-Michel Lemétayer, peut s'appliquer. Certes, il ne s'agit pas de remettre en cause les grandes décisions du Grenelle de l'environnement : l'objectif de réduire « si possible » de 50 % les pesticides d'ici 2018 n'est pas abandonné. Mais les conditions imposées pour la réalisation de l'objectif pourraient être revues.
Hervé PLAGNOL.
René Descartes est-il mort empoisonné ?
D'après un universitaire allemand, le philosophe français n'est pas mort d'une pneumonie, mais aurait été assassiné par un prêtre, à l'aide d'une hostie empoisonnée. Une théorie controversée.
L'affaire a tout d'une intrigue shakespearienne : le philosophe français René Descartes ne serait pas mort de maladie, mais aurait bel et bien été assassiné. C'est du moins la théorie exposée par l'un
iversitaire allemand Theodor Ebert dans son ouvrage, Der rätselhafte Tod des René Descartes (La mort mystérieuse de René Descartes, non traduit). Officiellement, Descartes serait mort d'une pneumonie. Invité en 1650 à Stockholm par la reine de Suède, il aurait mal supporté le fait de devoir lui prodiguer des leçons tous les matins à cinq heures dans une pièce glacée. Mais pour Ebert, la vérité est toute autre. Le philosophe aurait été empoisonné par un prêtre catholique français, au moyen d'une hostie contenant une dose mortelle d'arsenic ! Pour étayer sa théorie, le chercheur a épluché les archives de l'époque à la recherche d'informations sur les derniers jours du philosophe en exil. Et sa conclusion est sans appel : vertiges, maux d'estomac, saignements dans les urines. Autrement dit, Descartes n'avait pas les symptomes d'une pneumonie, mais bien ceux d'un empoisonnement.
Mais pourquoi François Viogué, «missionnaire apostolique» pour les pays du Nord, aurait-il voulu la mort de l'auteur du Discours de la méthode ? Pour des raisons religieuses. En 1648, il informe ses supérieurs au Vatican que la reine Christine de Suède, protestante, est susceptible de se convertir au catholicisme. Or, Ebert explique que les idées de Descartes ne s'accordent pas totalement avec les dogmes catholiques. La transsubstantiation principe catholique selon lequel le corps du Christ se trouverait réellement dans les hosties consommées par les fidèles lors de la communion serait incompatible avec la pensée du philosophe. Viogué aurait donc vu en Descartes un obstacle à la conversion de la reine, affirme Ebert. Il aurait alors décidé de l'assassiner au moyen d'une hostie empoisonnée, le 2 février 1650. Neuf jours plus tard, Descartes rend l'âme. En 1654, la reine Christine abandonne sa couronne et se convertit au catholicisme.
Les preuves formelles sont minces
Ebert illustre son argumentation d'extraits de la correspondance de la reine de Suède et de l'ambassadeur de France à Stockholm. D'après lui, ces documents montrent clairement qu'ils ont cherché à étouffer l'affaire. Deux éléments troublants s'ajoutent à cela : dans une interview au magazine Books, Ebert explique que le malade s'était fait prescrire un vomitif, ce qui signifierait qu'il se savait empoisonné. Preuve supplémentaire de son forfait présumé, François Viogué aurait refusé l'extrême onction à un Descartes mourant…
Les avis sur cette théorie sont mitigés. Jugée crédible par plusieurs universitaires allemands, elle ne séduit pas tous du tout les spécialistes français du philosophe. Pour l'académicien Jean-Luc Marion, «la question, purement anecdotique, n'a aucun intérêt». Michel Fichant, qui dirige avec lui le Centre d'études cartésiennes, va plus loin : «le journalisme à sensation de M. Ebert ne touche à rien d'essentiel ni même de simplement intéressant». Pour lui, rien ne justifie de «monter de toute pièce une histoire d'assassinat jésuitiques à l'hostie, dont il n'y a pas l'ombre d'un commencement d'une preuve». Les spéculations sur l'assassinat de Descartes ne datent pas d'hier : au lendemain de sa mort, cette hypothèse avait déjà été évoquée. Depuis, plusieurs ouvrages ont fait référence à un assassinat de Descartes par des catholiques… ou des protestants. Mais les preuves formelles qui accusent Viogué sont minces. Cette controverse fait plutôt sourire Xavier Kieft, doctorant en philosophie et très bon connaisseur de Descartes : «Il faut aimer les reconstitutions posthumes. Toute cette affaire est finalement assez drôle».
Paris, ville la plus chère du monde
La Ville lumière serait la plus chère au monde selon une étude britannique.
Voilà une nouvelle qui ne devrait pas plaire aux acteurs du tourisme parisien. La capitale vient d'être
couronnée ville la plus chère du monde par une étude publiée dans le The Economist Intelligence Unit (EIU), filiale du magazine britannique The Economist.
Une étude, toutefois, qui ne s'appuie pas sur le pouvoir d'achat des habitants. Elle ne fait que comparer le prix des biens et des services (logement, alimentation, vêtements, transports et factures courantes) des 133 villes du monde passées au crible.
En tenant compte de ces critères, la Ville lumière, deuxième dans le classement 2008, passe donc en première place. Tokyo arrive en seconde position, gagnant quatre places par rapport à l'an passé. Oslo, première du classement 2008, chute à la 3e place. Londres, auparavant 8e, atterrit à la seizième place. Enfin, Moscou qui accuse la baisse du rouble, dégringole du 31e au 45 rang.
Comment expliquer la lointaine place des villes américaines – la première d'entre elles, Chicago, n'arrive qu'en 36e position? Simplement par la force de l'euro face au dollar, la monnaie européenne étant passée de 1,28 dollar à 1,51 dollar en cours d'année 2009.
A Londres, Brown et Sarkozy s'en prennent aux "méthodes" américaines
En visite à Londres, où il a rencontré le premier ministre britannique Gordon Brown, Nicolas Sarkozy a dénoncé vendredi 12 mars la manière dont a été géré aux Etats-Unis l'appel d'offres sur des avions ravitailleurs, dont l'européen EADS a dû se retirer. "J'avoue que je n'ai pas apprécié cette décision", a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse commune avec Gordon Brown. "C'est pas des méthodes. Ce sont des méthodes qui ne sont pas bonnes pour les partenaires des Etats-Unis et pour les Etats-Unis".
L'appel d'offres pour la fourniture de 179 avions ravitailleurs à l'armée américaine, évalué à 35 milliards de dollars, avait été attribué une première fois à Boeing en 2003, puis une deuxième fois à Airbus (EADS) et Northrop Grumman en 2008 et à chaque fois annulé. Airbus a finalement dû renoncer à participer à l'appel d'offres, laissant l'Américain Boeing seul en course.
TAXE FINANCIÈRE MONDIALE
Nicolas Sarkozy a également indiqué qu'il avait discuté avec Gordon Brown la question des fonds spéculatifs, dont l'Union européenne cherche à réformer la régulation, ce qui inquiète les pays où ils sont très représentés, comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Selon lui, il s'agit de "trouver un point d'équilibre" qui permette d'obtenir la transparence, sans que la City "ne se sente mise en danger".
Gordon Brown a pour sa part affirmé avoir trouvé un terrain d'entente avec Nicolas Sarkozy pour aller vers la création d'une taxe sur les transactions financières. "J'ai fait des propositions à Nicolas : nous sommes d'accord sur la façon d'aller de l'avant", a assuré le premier ministre britannique. "Je crois que nos deux positions sont identiques sur ce point, nous pouvons donc aller de l'avant". "Il y a donc une taxe financière mondiale qui est non seulement à l'eordre du jour mais qui fera l'objet d'un rapport qui sera publié dans les semaines à venir", a ajouté Gordon Brown.
vendredi 12 mars 2010
Pirater une boîte mail peut se révéler un jeu d'enfant
Pénétrer dans la boîte e-mail d'autrui peut se révéler extrêmement simple. Deux députés en ont récemment fait les frais, rapporte le blog Web-Obscur, du site des Inrocks. Sans posséder de connaissances techniques particulières, une personne a pu s'introduire dans des messageries appartenant à Pierre Forgues, député de Tarbes, et de Philippe Goujon, député de Paris.
L'internaute, qui a envoyé au journaliste Nicolas Kayser-Bril des copies d'écran pour prouver qu'il avait pu pénétrer les messageries, a tout simplement utilisé l'option "mot de passe oublié" que proposent la quasi-totalité des services de courrier électronique. Pour connaîte l'adresse e-mail des députés, rien de plus simple : elles sont publiées sur leurs pages personnelles sur le site de l'Assemblée nationale. La plupart des députés utilisent un compte e-mail hébergé chez un fournisseur d'accès à Internet ou un service spécialisé.
"OÙ AVEZ-VOUS RENCONTRÉ VOTRE MARI ?"
Par défaut, lors de la création d'un compte e-mail, le service vous demande de renseigner une "question de sécurité", à laquelle vous seul avez théoriquement la réponse. Si vous perdez votre mot de passe et souhaitez le récupérer, le service vous pose alors la "question de sécurité" pour vérifier votre identité, et vous communique alors le mot de passe du compte.
Mais s'il est possible de personnaliser cette question, la plupart des sites proposent également une liste de questions prédéfinies : nom de jeune fille de votre mère, nom de votre premier animal de compagnie... Ces questions sont très peu sécurisées : quelques recherches peuvent permettre de trouver très facilement ces informations, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une personnalité publique dont la vie est bien connue. La candidate à la vice-présidence américaine Sarah Palin l'avait appris à ses dépens, en 2008, lorsqu'un étudiant avait pu pénétrer sa boîte e-mail personnelle en répondant à la question "Où avez-vous rencontré votre mari ?". La réponse figurait dans la fiche Wikipedia de la candidate.
Il existe cependant une manière simple de sécuriser l'accès à sa boîte mail : éviter d'utiliser une des questions pré-générées, et utiliser une question véritablement secrète, à laquelle ni un inconnu ni un proche ne peut trouver la réponse. La question secrète a la même importance – et doit donc avoir le même niveau de sécurité – que le mot de passe qui protège votre compte. De même qu'il est fortement recommandé d'utiliser un mot de passe "fort" pour protéger sa messagerie (un mélange de lettres, de chiffres et de symboles, d'au moins huit caractères), la question de sécurité et sa réponse doivent faire l'objet de prudence.
Sur tous les services de messagerie en ligne, il est possible de modifier sa question de sécurité à n'importe quel moment, en passant par le menu "options" ou "paramètres" du compte.
L'intrusion dans la boîte e-mail d'un tiers sans son consentement tombe sous le coup de la loi : la violation du secret de la correspondance est passible d'un an d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.
Le Monde.fr
Les pratiques des internautes s'adaptent déjà à l'arrivée d'Hadopi
Pas encore appliquée, déjà invalidée : c'est – en résumé – le message des opposants à la loi Hadopi, l'autorité qui sera chargée d'envoyer des messages et, après deux avertissements, de couper l'accès des internautes qui téléchargent illégalement. Les anti-Hadopi s'appuient sur une étude récente du laboratoire de recherches M@rsouin, basée sur les résultats d'une enquête par téléphone auprès de 2 000 personnes, réalisée en Bretagne par téléphone fin 2009. Les chercheurs ont constaté que le vote de la loi, qui ne devrait entrer en application que mi-2010, a d'ores et déjà eu un impact sur le comportement des téléchargeurs, mais qu'il n'est pas tout à fait celui qu'espérait le gouvernement.
Le sondage montre qu'une partie des téléchargeurs a anticipé la mise en application du texte, et se tourne de plus en plus vers des systèmes d'échange de fichiers plus difficilement contrôlables que les réseaux peer-to-peer. Ce sont ces derniers qui sont visés en priorité par l'Hadopi. Parmi les personnes interrogées, 15 % affirment avoir cessé de télécharger sur ces réseaux, mais dans le même temps, les utilisateurs d'autres méthodes de téléchargement illégal (téléchargement direct, newsgroups...) augmentent dans des proportions similaires.
DISSUASION ET ÉVOLUTION DES TECHNIQUES
Peut-on pour autant en déduire que l'effet dissuasif de la loi est nul ? Pas exactement. Si les anti-Hadopi estiment, en se basant sur un chiffre de l'étude, qu'"Hadopi a fait augmenter le piratage", une partie des données analysées ne sont pas statistiquement significatives. En additionnant les chiffres, les chercheurs du M@rsouin aboutissent bien à une augmentation de 3 % du nombre de personnes déclarant télécharger illégalement, mais ce pourcentage est calculé à partir d'une sous-partie de l'échantillon et ne représente que six personnes. "Ce chiffre de 3 % est peu significatif statistiquement, reconnaît Sylvain Dejean, l'un des auteurs de l'étude. D'ailleurs il ne figure pas dans les principales conclusions de l'étude. En revanche, nous avons constaté une hausse de 27 % de l'utilisation des modes de téléchargement autres que le peer-to-peer : c'est une tendance nette et statistiquement significative." Une conclusion corroborée par d'autres indices indirects, comme l'augmentation des recherches sur Google pour des services de téléchargement direct.
La "peur du gendarme" aurait-elle facilité le développement de nouveaux moyens de téléchargement, au lieu d'inciter les internautes à cesser de télécharger ? Le M@rsouin note que pour l'instant, seuls 15 % des utilisateurs de réseaux peer-to-peer ont cessé de le faire, sachant qu'une partie d'entre eux s'est tournée vers d'autres moyens de téléchargement (les deux tiers d'après l'enquête, mais là encore l'échantillon est peu significatif statistiquement).
Les défenseurs de la loi notent de leur côté que l'Hadopi n'étant pas encore en place, il est beaucoup trop tôt pour tenter de tirer des conclusions sur l'efficacité de la loi. Une objection soulevée notamment par David El Sayeg, le secrétaire général du SNEP, qui regroupe les principales maisons de disques, dans une interview au site Electron Libre."Il est avéré que le marché du numérique se développe de manière significative dans les pays qui ont mis en place une législation destinée à lutter contre le piratage sur Internet", martèle M. El Sayegh, qui note qu'en Suède, où un équivalent de l'Hadopi a été mis en place en avril 2009, le marché de la musique numérique a augmenté de 98 % l'année dernière.
LES AMBIGUÏTÉS DE L'EXEMPLE SUÉDOIS
En réalité, la situation suédoise est plus complexe. Certes, les ventes de musique numérique y ont presque doublé en 2009 et les ventes de musique y ont progressé pour la première fois depuis dix ans. Mais la corrélation avec la mise en place de la riposte graduée n'est pas évidente. Le téléchargement payant a progressé, mais ce sont les services de streaming légal (Spotify, Deezer...) qui ont le plus contribué à la hausse : leur part dans les revenus de la musique numérique est passée de 17 % à 46,1 % des revenus. Dans le cas suédois, une partie de la hausse des revenus de l'industrie musicale est donc liée au développement d'une offre payante attractive, et ne peut s'expliquer seulement par une baisse du téléchargement illégal.
De même, l'impact de la riposte graduée suédoise sur le téléchargement illégal est moins clair que ne l'affirment les éditeurs. En avril 2009, lors de la mise en place de la loi, le trafic Internet du pays a connu une brusque chute de volume, vraisemblablement liée à une réduction du trafic peer-to-peer, gros consommateur de bande passante. Mais sept mois plus tard, le trafic avait atteint à nouveau son niveau d'avant avril, et poursuit depuis sa croissance.
Lors des débats sur la loi Hadopi en France, la majorité avait mis en avant le caractère "didactique" de la riposte graduée, estimant que la peur de la sanction aurait un impact important sur les comportements à moyen terme. S'il faudra effectivement attendre la mise en place de la Haute Autorité pour avoir des éléments de bilan, l'exemple suédois et l'étude du M@rsouin tendent à montrer que l'impact pourrait être plus faible que ce qu'espèrent les partisans de l'Hadopi.
Damien Leloup
L’appel de la France et de la Norvège pour la protection des forêts tropicales
Une éclaircie dans l'atmosphère toujours plombée des négociations climatiques ? Jeudi 11 mars, une cinquantaine de pays emmenés par la France et la Norvège ont décidé de travailler ensemble pour donner forme à la lutte contre la déforestation et s'assurer que les promesses faites en décembre 2009 à Copenhague ne restent pas des vains mots.
Tous les grands pays forestiers tropicaux – Brésil, Indonésie, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Etats du bassin du Congo… ainsi que les principaux donateurs ont participé à la rencontre. "La destruction massive de la forêt à l'échelle de la planète continue. Il faut y mettre un terme et la solidarité internationale doit fonctionner", a demandé le ministre français de l'écologie, Jean Louis Borloo.
La déforestation est à l'origine d'environ 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre et l'équivalent de la superficie de la Grèce disparaît chaque année. Lors du sommet de Copenhague sur le climat, six pays – Australie, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon et Norvège – s'étaient engagés à verser 3,5 milliards de dollars (2,5 milliards d'euros) aux pays forestiers tropicaux. Depuis, rien ne s'est passé.
A l'issue de la rencontre qui s'est tenue à huis clos, M. Borloo a annoncé que le premier travail du "club des amis de la forêt" serait de recenser l'ensemble des financements – multilatéraux et bilatéraux – déjà dédiés aux forêts, puis d'identifier une série de projets prêts à être financés. "Nous souhaitons aller à Cancún [où se tiendra la prochaine conférence ministérielle de la convention climat des Nations unies, en décembre prochain] en montrant qu'il y a des choses qui marchent, pas seulement avec des idées", a expliqué le ministre brésilien de l'environnement, Carlos Minc.
POLITIQUES FORESTIÈRES CRÉDIBLES
L'accord de Copenhague a appelé à la mise en œuvre du REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Degradation). Cet acronyme un peu obscur est, pour les diplomates du climat, le sésame de la lutte contre la déforestation. Il promet de rémunérer, sous forme d'aide publique internationale ou de crédits carbone, les pays qui réussissent à préserver leurs forêts ou à en accroître la superficie. Mais avant de se présenter au guichet, il faut mettre en place des politiques forestières crédibles, et être en mesure de démontrer que les objectifs promis ont bien été tenus. C'est sur ce long chemin que sont engagés une quarantaine de pays. Les plus pauvres dépendent de l'assistance internationale pour faire un état des lieux précis de leurs forêts et définir une stratégie.
Dans les prochains jours, M.Borloo devrait également envoyer une lettre aux autres pays membres de la convention climat pour solliciter leur soutien financier. Selon les évaluations du cabinet McKinsey, entre 15 et 25 milliards de dollars seraient nécessaires pour réduire la déforestation d'un quart d'ici à 2015.
Si ces chiffres sont hors d'atteinte, l'idée est de réussir à drainer pour la forêt l'équivalent de 20% des 30 milliards de dollars promis globalement aux pays en développement d'ici à 2012. Jeudi, l'Allemagne, l'Espagne et la Commission européenne ont indiqué qu'elles se joindraient au groupe des donateurs. Il est aussi question de créer un secrétariat "léger" pour gérer le processus. Le représentant américain, Jonathan Pershing, a en effet exprimé l'hostilité des Etats-Unis à une nouvelle bureaucratie.
La création d'un fonds voué à accueillir l'ensemble des contributions semble par ailleurs une hypothèse pour le moment écartée puisqu'il existe déjà plusieurs initiatives multilatérales pour financer la lutte contre la déforestation. "Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle structure qui prendrait des années de négociation avant de voir le jour, mais nous avons en revanche besoin d'une meilleure coordination entre les bailleurs", explique Monique Barbut, présidente du Fonds mondial pour l'environnement. Une prochaine rencontre est prévue fin mai à Oslo (Norvège).
Laurence Caramel
ELECTION - Le Conseil régional pour les nuls, c'est ici !
Les 14 et 21 mars prochains les Français seront appelés à aller voter aux élections régionales. Si la bataille électorale bat déjà son plein, encore faut-il savoir pourquoi glisser son bulletin dans l'urne. Lepetitjournal.com vous rafraîchit la mémoire
Un conseil régional, késaco ?
Dès 1972, apparaissent les premiers Établissements publics régionaux, les ancêtres de nos conseils régionaux actuels. A l'époque, l'assemblée délibérante des régions est dirigée pour moitié par les parlementaires de la région et pour l'autre par des représentants nommés par les conseils généraux et les plus importantes municipalités. En 1986, le conseil régional (AFP) devient une collectivité locale à part entière dont les conseillers sont élus au suffrage universel pour un mandat de 6 ans. En 2004 cependant, le mode de scrutin évolue. L'élection se passe depuis en deux tours avec des listes régionales comportant des sections propres à chaque département. A l'issue du scrutin, un quart des sièges est attribué à la liste arrivée en tête et le reste est distribué aux listes ayant récolté plus de 5% des voix, de manière proportionnelle au résultat des suffrages.
De quoi se mêle-t-il ?
Les 26 collectivités régionales (22 en métropole et 4 en Outre-mer) ont vu leurs compétences élargies au fil des années. Son but premier reste de gérer toute affaire concernant directement la région. Le conseil régional doit donc assurer le développement économique de la collectivité régionale. Depuis la loi de décentralisation de 2004, ses pouvoirs ont été renforcés et concernent aussi bien les aides économiques, le tourisme ou encore les investissements. La région a la main mise sur l'aménagement de son territoire, les transports et les infrastructures. Elle participe également activement à la politique de logement et de développement numérique. Le conseil régional est aussi en charge des lycées, des musées et de la préservation du patrimoine culturel.
Quel est son budget ?
Force est de constater que les dépenses des régions ont grandement augmenté depuis 2004 : + 120 % en Limousin, + 100 % en Bourgogne et Languedoc-Roussillon ou encore + 75 % en Pays de la Loire et Aquitaine. Et ce sont les contribuables via une augmentation des impôts qui ont dû payer la note. L’Association des régions de France (ARF) explique cependant que 75 % des dépenses relèvent de compétences obligatoires : gestion des lycées, formation professionnelle, transports et développement économique. L'élargissement des compétences doit donc être pris en compte : les 50.000 agents techniques, ouvriers et de service des lycées (TOS) sont par exemple aujourd'hui à la charge des conseils régionaux ce qui n'était pas le cas auparavant.
Reste cependant 25% du budget qui dépasse le cadre des compétences déléguées par l'Etat soit tout de même 6 milliards d'euros. Certains gaspillages auraient ainsi pu être évités. La Picardie a dépensé 5.976 euros d’achat de cigares en 2005 et 3.567 euros en 2007 ! En même temps, comme on le revendique au conseil régional : "On ne va pas recevoir avec des McDo tout de même !". La hausse du budget des 20 régions métropolitaines socialistes est donc un argument de poids de l'UMP pour cette campagne électorale, même si l'Alsace et la Corse n'ont pas forcément fait mieux.
Quel est l'enjeu de ces élections ?
Les élections du 14 et 21 mars prochains vont permettre de renouveler les conseillers régionaux et le président de région. Ce dernier, acteur clé de la politique régionale, est encore souvent trop méconnu de ses concitoyens. Un sondage LH2 révélait que seuls 7% des sondés parvenaient à citer son nom, à l'exception notable de la reine du Poitou-Charentes, Ségolène Royal. Les administrés ont pourtant tort de ne pas s'intéresser à la politique de leur région qui va prendre d'autant plus de poids que les départements devraient disparaître d'ici 2014. Les conseilleurs régionaux et généraux seront alors remplacés par des conseillers territoriaux et une partie des compétences du conseil général remises à la toute puissante région.
REGIONALES – L'abstention, grande favorite du scrutin
A deux jours des élections régionales, la gauche caracole en tête des sondages dans toutes les régions, sauf l'Alsace. Mais plus encore que la vague rose, c'est l'abstention qui pourrait bien faire parler d'elle. D'après un dernier sondage Ifop, elle pourrait atteindre 47% dimanche, un niveau historique. Ce sera peut-être la clé du scrutin
Seuls 53% des Français sont tout à fait certains d'aller voter, d'après le sondage Ifop publié mercredi pour La lettre de l'Opinion. Un taux d'abstention de 47% dimanche constituerait un record, loin devant les 42% enregistrés au Régionales de 1998. Ce scénario pourrait changer la donne. Ainsi, 66% des cadres supérieurs ont l'intention de prendre part au vote contre 33% des employés, ce qui pourrait signifier un resserrement des écarts entre la gauche et la droite par rapport aux sondages.
Appel au vote à gauche
Traditionnellement, aux Régionales, une forte mobilisation des électeurs profite à la gauche. C'était le cas en 2004 où, avec 66% de participants au vote, la gauche avait conquis 24 des 26 régions. Martine Aubry, la secrétaire générale du PS, ne veut pas risquer de déconvenue alors que les bons sondages se succèdent depuis des semaines. Elle appelle au vote: "Il y a beaucoup d'hommes et de femmes en difficulté qui hésitent à voter. Je leur dis : l'abstention sert Nicolas Sarkozy et sa politique".
Appel au vote à droite
Quand aux leaders de la majorité, accablés par les sondages qui les voient largement battus au deuxième tour, ils espèrent encore un sursaut de leurs électeurs. "La campagne a démarré très tardivement. Les électeurs vont se décider dans la toute dernière ligne droite, assure un dirigeant de l'UMP. Contrairement aux socialistes, nous menons une campagne très active qui va convaincre nos partisans tentés par l'abstention d'aller voter." Nicolas Sarkozy s'est finalement impliqué dans la campagne, en se déplaçant en Alsace, en Corse, dans le Centre et en Guyane, avec le risque, toutefois, que cette implication du chef de l'Etat ne mobilise finalement plus la gauche que la droite.
Les sondeurs semblent surs d'eux et excluent un retournement de tendance. Même en cas de défaite de la droite, un fort taux d'abstention relativiserait pourtant bien le verdict de ces élections à mi-mandat de Nicolas Sarkozy. Les enjeux des Régionales, bien qu'importants, peinent à passionner les Français.
jeudi 11 mars 2010
Xavier Bertrand : "Les pronostics de Martine Aubry sont imprudents et arrogants"
À quelques jours du premier tour des élections régionales, lepoint.fr interroge les leaders des principaux partis politiques. Aujourd'hui, Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, se livre.
lepoint.fr : 35 déplacements en régions avant le premier tour, dimanche, vous mouillez votre chemise pour ces élections...
Xavier Bertrand : C'est normal.
Je suis à la tête de la première formation politique de la majorité présidentielle et, si je ne me déplaçais pas dans toutes les régions, ce ne serait pas compréhensible. Les gens nous disent : "Si vous voulez notre voix, il va falloir nous écouter d'abord." Je constate, du reste, qu'il y a une plus grande liberté de parole de la part des électeurs lors d'une campagne. Mes déplacements en régions ont aussi pour objectif de renforcer la mobilisation dans notre camp.
Le job n'est-il pas trop ingrat ?
Je ne trouve pas. J'ai connu des missions plus difficiles, comme quand, au ministère de la Santé, il a fallu affronter certaines crises sanitaires ou imposer l'interdiction de fumer dans les lieux publics. La vie politique n'est pas facile, mais la vie, d'une certaine façon, n'est pas facile pour beaucoup de Français. D'autant que je suis convaincu qu'il est possible de moderniser en profondeur la vie d'un mouvement politique.
Pour ces régionales, Martine Aubry souhaite réaliser "un grand chelem", Marie-George Buffet mettre "une bonne gauche à la droite"... Qu'espère l'UMP ?
Que de métaphores sportives chez ces femmes politiques ! À l'UMP, nous allons progresser en nombre de conseillers régionaux, en score et en nombre de régions. Pour y arriver, il faut que notre famille politique se mobilise davantage, parce que nos électeurs sont traditionnellement beaucoup plus mobilisés pour les élections nationales que lors des scrutins locaux.
Comment ?
En expliquant aux électeurs qu'une région gérée par le Parti socialiste, ce n'est pas la même chose qu'une région dirigée par la majorité présidentielle. Nous, nous faisons de l'emploi une priorité, nous voulons de l'apprentissage dans chaque entreprise, nous mettons l'accent sur l'industrie, nous avons supprimé la taxe professionnelle. Nous faisons de la sécurité également un élément-clé, avec de la vidéosurveillance dans les lycées et dans les gares. Enfin, nous nous engageons à ce qu'il n'y ait pas d'augmentation en matière de fiscalité ni de gaspillage de l'argent public, auquel on a eu droit dans les régions présidées par le Parti socialiste.
Vous visez une victoire dans certaines régions, comme en Franche-Comté, en Basse-Normandie ou encore dans la région Centre. N'êtes-vous pas trop optimiste ?
Les Français détestent qu'on glisse un bulletin de vote dans l'urne à leur place. Ce sont eux qui décideront. Les pronostics de Mme Aubry sont à la fois très imprudents et très arrogants, les Français n'aiment pas ça. Mon rôle, ce n'est pas de faire des pronostics, mais de préparer notre famille politique à cette élection et de renouveler en profondeur le nombre d'élus. À droite, nous avons fait l'union dès le 1er tour, autour d'un projet commun, et ce sera un avantage déterminant pour aborder le second tour. Et puis, question renouvellement, dimanche, 65 % des candidats le seront pour la première fois.
Nicolas Sarkozy, qui avait annoncé ne pas vouloir s'impliquer dans les régionales, a finalement reçu à l'Élysée les candidats de la majorité en Ile-de-France. A-t-il eu raison de le faire ?
Je préfère cette transparence. Par le passé, les présidents de la République recevaient des candidats dans le plus grand secret. Si le président ne le faisait pas, on le lui reprocherait. Là, il le fait, on le lui reproche. Je demande donc de la cohérence vis-à-vis de l'action du président de la République. Quant à l'opposition, elle n'a jamais compris que son rôle consistait parfois à être constructif. Comme elle n'a pas d'idée, ni de bilan à défendre, ni de projet parce qu'entre eux, ils ne savent pas sur quoi ils vont se mettre d'accord au second tour, ils passent leur temps à critiquer !
Craignez-vous un vote-sanction ?
Là aussi, il faut de la cohérence. Toutes les enquêtes d'opinion montrent que deux tiers des Français vont se déterminer en fonction d'enjeux régionaux.
Et si le PS l'emportait dans toutes les régions ?
Il ne faut pas se tromper, ce que vise Martine Aubry, c'est avant tout de préparer les primaires du Parti socialiste pour la présidentielle. Les élections régionales ne sont pas son sujet. D'ailleurs, le résultat est déjà un enjeu de rivalité, Gérard Collomb (maire socialiste de Lyon, ndlr) a déjà dit que ce ne serait pas la victoire de Martine Aubry. Les couteaux sont en train de s'aiguiser au Parti socialiste...
La stratégie de l'UMP est le rassemblement dès le 1er tour, mais certains dans vos rangs s'inquiètent de ne pas avoir de réserve de voix pour le second tour. Que leur répondez-vous ?
Que l'union, c'est toujours la stratégie gagnante. On l'a vu lors de l'élection présidentielle et lors de récentes élections partielles, à Aix-en-Provence, Perpignan où encore avec l'élection de David Douillet dans les Yvelines. Et comment expliquer aux électeurs que les socialistes et les Verts, qui ont géré les régions ensemble pendant six ans, ne se présentent pas unis au 1er tour et qu'entre les deux tours, ils se rassembleront. S'ils s'entendaient si bien, ils auraient joué l'unité dès le début.
Des alliances entre l'UMP et le MoDem, voire le Front national, sont-elles envisageables ?
Avec le FN certainement pas ! Qu'est-ce qu'incarne M. Bayrou ? Sûrement plus le centrisme. Je ne suis d'ailleurs pas sûr qu'il soit toujours propriétaire des voix du MoDem aujourd'hui.
Barack Obama se plaint d'être pris pour un idiot par ceux qui lui écrivent
Le président américain, Barack Obama, a plaisanté mercredi sur le fait que la moitié des quelque 40.000 lettres qu'il reçoit chaque jour à la Maison-Blanche le font passer pour "un idiot". Barack Obama a noté avec ironie que ses collaborateurs ne lui épargnaient pas la colère de ses correspondants en sélectionnant pour lui, chaque jour, 10 lettres
à lire le soir lorsqu'il regagne ses appartements privés. "Je vais vous dire, mes collaborateurs sont très impartiaux, car environ la moitié de ces lettres me qualifient d'idiot", a déclaré Barack Obama en riant lors d'une réunion publique à Saint-Louis (Missouri, centre).
Il a fait remarquer, plus sérieusement, que de nombreuses personnes âgées lui écrivaient pour exiger que le gouvernement n'intervienne pas dans le système de couverture santé Medicare qui leur est destiné, et qu'il leur rappelait dans ses réponses que Medicare est justement un programme financé par le gouvernement fédéral. Barack Obama fait souvent mention du flot de lettres qui parviennent chaque jour à la Maison-Blanche, insistant sur le fait que leur lecture l'aide à ne pas s'enfermer dans une "bulle" et à rester en contact avec les Américains.
LES AMÉRICAINS NE SONT PAS SI CONS, IL A APPORTÉ UNE NOTE DE FRAICHEUR APRÈS CE NÉANDERTALIEN DE BUSH, MAIS IL EST IDIOT TOUT DE MÊME, AUCUNE VISION MODERNE DE LA POLITIQUE AMÉRICAINE BASÉE SUR SON PROTECTIONNISME ACHARNÉ...LA PREUVE ? ADS !
PiratageLa loi Hadopi aurait un effet négatif sur le téléchargement légal
Le nombre de pirates sur internet aurait augmenté de 3% en France depuis l'adoption de la loi contre le téléchargement illégal, Hadopi, qui pourrait aussi avoir comme effet pervers de priver le marché légal d'une partie de ses consommateurs, selon une étude citée par Les Echos mardi.
« Le nombre de pirates aurait augmenté de 3% entre septembre et décembre, soit trois mois après l'adoption de la loi Hadopi II », à l'automne 2009, rapporte le quotidien économique, citant une étude
réalisée par des chercheurs de l'université de Rennes 1.
Selon cette étude (qui peut être téléchargée sur www.lesechos.fr/documents), la première du genre, « à peine 15% des internautes qui utilisaient les réseaux 'peer to peer' avant l'adoption
de la loi Hadopi ont définitivement cessé de le faire ».
Selon Les Echos, « le téléchargement illégal utilise d'autres voies, comme le téléchargement direct, via des sites d'hébergement (...) ou le visionnage (sans téléchargement, du type 'streaming'). Des pratiques qui ne peuvent pas être détectées en l'état par Hadopi, alors même que les sites de 'streaming' sont devenus plus populaires que les réseaux 'peer to peer' ».
Les réseaux 'peer to peer' permettent de partager directement des fichiers, notamment de la musique ou des vidéos, de +pair à pair+ entre internautes. « Au total, plus de 3 millions d'internautes passeraient donc au travers des mailles d'Hadopi. La loi ne ciblerait, elle, 'que' 2,7 millions de Français », selon le quotidien.
Effet pervers de la loi, « les 'pirates numériques' se révèlent être, dans la moitié des cas, également des acheteurs numériques (achat de musique ou de vidéo sur internet). Couper la connexion internet des utilisateurs du réseau +peer to peer+ pourrait potentiellement réduire la taille du marché des contenus culturels numériques de 27%. Une extension de la loi Hadopi à toutes les formes de piratage numérique exclurait du marché potentiellement la moitié des acheteurs de contenus culturels numériques », estime cette étude.
« L'étude pourrait contribuer à tempérer les attentes des ayants droit quant à la loi Hadopi » estime le quotidien, relevant que, lors du dernier Marché international de la musique et de l'édition musicale (Midem), « l'industrie musicale se félicitait de l'augmentation des ventes sur internet », espérant y voir « un premier effet de la loi Hadopi ».
POUR/CONTRE – Remplacer les profs par des étudiants
2,2 millions d'heures de cours ne sont pas remplacées dans le secondaire. Un chiffre qui a poussé à une "mobilisation générale" de l'Education nationale. Son ministre propose le remplacement des profs absents par des étudiants. Les parents d'élèves se réjouissent, les syndicats réagissent. Qu'en pensez-vous ? votreavis@lepetitjournal.com
Qu'est-ce que c'est ?
Luc Chatel avait déjà évoqué cette idée le 20 janvier dernier. Il la confirme. Le ministre de l'éducation nationale souhaite endiguer le phénomène de l'absentéisme professoral en proposant à chaque académie de se doter, en plus des remplaçants titulaires, d'"un vivier de remplaçants qui pourra être composé soit de jeunes retraités de l'Education nationale soit d'étudiants en cours de formation ou juste diplômés, qui pourront subvenir à des besoins urgents". Ces personnes “auront déjà été vues par les inspecteurs”. Elles auront “dû bénéficier de stages d’observation avec des professeurs expérimentés”. Cette mesure sera mise en place dès la rentrée 2010, dixit le ministre.
POUR
Les parents d'élèves sont les premiers à avoir réagi favorablement à cette mobilisation du ministère. La FCPE, première fédération des parents d'élèves, s'est félicitée que "l'ampleur du problème [ait] enfin été reconnue".Le président de la Peep, deuxième fédération de parents d'élèves de l'enseignement public, Philippe Vrand a déclaré que le ministère allait "dans le bon sens", et qu'il fallait continuer à faire en sorte que "la continuité du service public [soit] assurée". La Peep avait demandé lundi que l'Education nationale assure le remplacement de "tous les cours". Cette mesure pourrait peut-être apaiser la colère des parents d'élèves de cinq écoles de Pantin (Seine-Saint-Denis) qui ont envoyé mardi 50 recours pour protester contre les non-remplacements. Ils demandent "une réparation symbolique d'un euro par jour".
CONTRE
Les syndicats de professeurs sont beaucoup moins enthousiastes et s'inquiètent de l'enseignement prodigué par des étudiants n'ayant pas l'expérience nécessaire. "Remplacer au pied levé un enseignant dans une classe de maternelle ou de CM2 ne s'improvise pas: cela demande connaissance des niveaux, de la gestion d'une classe et professionnalisme", souligne le SNUipp, principal syndicat du primaire. Le SE-Unsa (enseignants) a déploré ce recours à des "rustines cache-misère". Le Snes-FSU (premier syndicat des enseignants de collèges et lycées) a fustigé le gouvernement qui est, selon lui, le seul responsable du non-remplacement des professeurs absents. En 2009, 3.000 postes de professeurs-remplaçants ont été supprimés. Il dénonce un ministre "pompier pyromane" qui "tente de juguler des problèmes qui sont d'abord le résultat de sa politique".
Qu'en pensez-vous ?
Remplacer un prof absent par un retraité ou un étudiant est-ce une bonne idée ? Mieux vaut remplacer à tout prix ou n'avoir recours qu'à des professionnels, quitte à faire louper quelques heures de cours aux élèves ?
Damien Bouhours
FILLON – Futur Président ?
Le Premier ministre mouille sa chemise. A l'aise en France comme à l'étranger, signant des contrats ou motivant ses troupes pour les régionales, François Fillon est partout. Les Français en ont-ils marre ? Bien au contraire, ils le voient même comme un futur président ! Pas lui...
On le croyait invisible, bien caché au second plan d'un président omnipotent et pourtant on ne parle aujourd'hui plus que de lui. François Fillon est de tous les fronts aussi bien au chevet des candidats de la majorité aux régionales qu'à l'international.
Le nouvel hyperactif du gouvernement
François Fillon voyage de manière fréquente mais … utile. Le Premier ministre s'est ainsi rendu il y a deux semaines au Proche-Orient afin de décrocher des contrats pour les entreprises françaises, notamment Areva en Jordanie. Le Premier ministre enchaîne les conférences de presse, les poignées de main avec les dirigeants étrangers et les sourires diplomatiques. Le Premier ministre n'en oublie pas pour autant l'échéance des régionales et les candidats UMP en lice. Il enchaîne les meetings de soutien - douze avant le premier tour - pour telle ou telle tête de liste. Avec des sondages aux plus bas, il faut au moins ça pour motiver les troupes. "C’est mon rôle, je suis le responsable de la majorité.", explique l'homme politique sarthois sous les projecteurs mardi du 20 heures de France 2. Celui qu'on disait timide prend du poids dans l'échiquier politique et dans le cœur des Français.
Un Premier ministre populaire
Les sondages de popularité ont toujours placé le Premier ministre devant le président Sarkozy (50% contre 39% dans le dernier baromètre LH2/Nouvelobs.com). Raison invoquée : le Premier ministre n'a pas pris autant de balles que le président, toujours en première ligne lors de la crise économique ou des débats sur les réformes impopulaires. Sa bonne image a peut être d'autres explications. Les élus de droite apprécient la "Fillon touch" : un certain optimisme quand à une possible victoire et une agressivité non dissimulée envers le PS lors des meetings. Quant aux électeurs : les sympathisants de droite le trouvent rassurant et ceux de gauche le préfèrent largement à Nicolas Sarkozy. Un sondage Ipsos/Le Point consacre d'ailleurs François Fillon : meilleur présidentiable face à Martine Aubry ou Ségolène Royal dans le cas où Nicolas Sarkozy ne se présenterait pas. Il n'est devancé que par le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
De là à être président…
"Ce doit être pour fêter mon anniversaire, j'imagine", a ironisé François Fillon, qui fêtait ses 56 ans, jeudi dernier alors que Le Point le mettait en couverture avec le titre évocateur : "Le Président Fillon". Les Français apprécieraient en premier sa détermination (62 %), son sens du dialogue (57 %), et sa sincérité (56 %), des qualités apparemment primordiales pour un futur président. De peur de vexer Nicolas Sarkozy, déjà irrité par la popularité de son second, le Premier ministre a estimé que de l'imaginer président relevait de la "science-fiction". "Il y a deux ans, j’étais inexistant, il y a six mois, j’étais sur le point de démissionner et aujourd’hui je suis présidentiable ! Tout ça n’a pas de sens.", s'est-il amusé. Pas question donc de se présenter à la candidature UMP en 2012 si Nicolas Sarkozy souhaite briguer un 2e mandat. "J’ai été loyal, je suis loyal et je serai loyal au président de la République", explique-t-il. D'après le Premier ministre, la confiance règne entre les deux hommes mais qu'en pense le président ?
Damien Bouhours
mercredi 10 mars 2010
François Fillon dément toute tension avec Nicolas Sarkozy
François Fillon a assimilé, mardi 9 mars au soir, à de "la science-fiction" son intronisation médiatique dans le club des présidentiables, réaffirmant sa loyauté à Nicolas Sarkozy, avec lequel il dit former un tandem "qui dérange". Une éventuelle candid
ature à l'élection présidentielle de 2012 est "une question qui ne se pose pas", a affirmé le premier ministre au journal de 20 heures de France 2.
Selon un sondage Ipsos publié la semaine dernière par Le Point, qui consacrait sa "une" au "président Fillon", le premier ministre serait considéré comme le meilleur recours par les sympathisants UMP si le chef de l'Etat ne se représentait pas. "Les commentateurs sont formidables. Il y a deux ans, j'étais inexistant, il y a six mois, j'étais sur le point de démissionner, et aujourd'hui je suis présidentiable", a ironisé François Fillon. "La vérité, c'est que le tandem que nous formons avec le président de la République, depuis maintenant près de trois ans, est un tandem qui surprend, et j'ai envie de dire qui dérange", a-t-il poursuivi, dans une description inédite de ses relations, parfois tendues, avec Nicolas Sarkozy.
Selon une source gouvernementale, leurs relations traverseraient une nouvelle phase d'"agacement" mutuel. Ce regain de tension a été illustré mercredi dernier par une prise de bec en plein conseil des ministres entre les deux hommes, dont Le Canard enchaîné du 10 mars se fait l'écho, après d'autres organes de presse. Selon l'hebdomadaire satirique, François Fillon a défendu un décret mettant fin à la tutelle du ministère de l'économie sur les opérations externes de La Poste, présenté malgré les réserves du chef de l'Etat, en affirmant qu'il ne fallait pas "avoir la main qui tremble". Ce à quoi Nicolas Sarkozy aurait répondu : "Pour ce qui est des mains qui tremblent, j'ai de la marge." Un échange dont une source gouvernementale a confirmé la teneur à Reuters, de même que la décision du chef de l'Etat de reporter l'adoption du décret.
Des parents revendiquent un "droit aux cours"
Des parents qui se battent pour rendre obligatoire la présence d'un maître devant chaque classe, d'un professeur pour chaque cours : les temps ont bien changé depuis l'instauration de l'école obligatoire. Le "droit aux cours" est né.
"C'est devenu un droit aussi légitime que le droit opposable au logement, ou celui de trouver un médecin, observe la médiatrice de l'éducation nationale, Monique Sassier. Cela fait partie de ce que j'appelle les droits de la personne." Depuis la rentrée, la médiatrice et ses relais académiques perçoivent la montée de cette nouvelle revendication. Les dizaines de courriers reçus l'ont vite convaincue que ce sujet "allait se structurer".
Au point que Mme Sassier a alerté le ministre de l'éducation, Luc Chatel, à l'automne 2009. "Or, quand les parents demandent sans réponse l'application d'un droit, ils se tournent vers une juridiction pour rappeler ses devoirs à l'Etat", ajoute-t-elle. A ses yeux, la médiation n'exclut pas la judiciarisation. Toutes deux étant là, à leur place pour faire avancer l'école.
Donnant raison à son analyse, des parents de Seine-Saint-Denis viennent d'opter pour la voie judiciaire en postant, mardi 9 mars, une trentaine de lettres au ministre. Des missives où chaque famille rappelle à M. Chatel que "les obligations mises à la charge de l'Etat ne sont pas remplies".
En Seine-Saint-Denis, depuis la rentrée scolaire, 1 738 journées d'absence d'enseignants non remplacées ont été signalées dans le premier degré et 559 dans le secondaire, sur le site Ouyapacours, mis en place par la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE).
C'est Daniel Garault, père d'une élève de Pantin, qui a ouvert la voie, excédé de voir sa fillette de CE1 sans maîtresse. "Après avoir menacé de faire soi-même classe, que reste-t-il dans la boîte à outil du citoyen?", se désole ce délégué FCPE. "Il n'y a plus que le recours devant un tribunal administratif", répond Me Patrick Roulette, un des avocats qui aident les familles à monter les dossiers.
A l'issue d'une réunion, organisée mercredi par la FCPE de Seine-Saint-Denis, une centaine de nouvelles lettres devraient partir vers le ministère demandant chacune 1 euro de dédommagement par journée d'enseignement non assuré. Si ces lettres restent sans réponse, les familles déposeront un recours, dans deux mois, devant le tribunal administratif.
Au lendemain des annonces de M. Chatel dans un entretien au Parisien du 9 mars sur l'amélioration des remplacements en collège et lycées, les parents d'élèves de primaire n'attendent pas de mieux. La gestion des enseignants absents est devenue cruciale, à la suite du non-remplacement du départ en retraite d'un fonctionnaire sur deux. Et la démarche engagée en Seine-Saint-Denis pourrait faire des émules. Même si ce problème est d'abord celui des quartiers difficiles.
MANQUEMENT DE L'ÉTAT
Selon le rapport sur la qualité du service public, remis à Eric Woerth, le 3 mars, par le député (UMP) François Cornut-Gentille, le taux global de remplacement des enseignants, de 90 % en général, tombe à 70 % dans les zones d'éducation prioritaires. Avec 10 % de cours perdus, un élève voit s'envoler une année de sa scolarité. Avec 30 %, il en perd quatre.
Or la Seine-Saint-Denis compte un fort pourcentage de ses collèges en ZEP. Les avocats ont cependant choisi de plaider le manquement de l'Etat plutôt que l'inégalité territoriale.
Dans le passé, d'autres parents d'élèves ont obtenu condamnation de l'Etat sur ce motif. Deux arrêts du Conseil d'Etat ont ainsi donné raison aux familles. La première affaire remonte à 1987. Des parents se plaignaient de la fermeture d'un collège, trois semaines avant la date des vacances. En 1998, la justice a condamné l'Etat alors que des élèves en grande difficulté avaient subi toute l'année un emploi du temps amputé de 7 heures.
En juin 2006, une autre histoire a défrayé la chronique. Jérôme Charasse, neveu de Michel Charasse, qui vient d'être nommé au Conseil constitutionnel, avait obtenu 6/20 à l'épreuve de philosophie du baccalauréat, en 2003. Il avait estimé que sa mauvaise note – qui l'a empêché de décrocher la mention très bien et d'intégrer Sciences Po – était due aux absences répétées de son professeur de philosophie. Il réclamait 169 000 euros de dommages et intérêts. Le tribunal administratif de Clermont-Ferrand lui a donné raison sur le fond, mais attribué 150 euros.
"Hier, on était face à la démarche isolée de quelques individus qui exigeaient un droit aux cours. Aujourd'hui, se répand l'idée que la famille a un droit de regard, qu'on peut surveiller l'école, y compris en passant par le tribunal administratif, analyse l'historien de l'éducation Claude Lelièvre. La judiciarisation est une évolution globale de la société, qui se manifeste aussi dans l'école. Cela recrée un rapport de force à l'heure où les syndicats ont perdu de leur poids."
La médiatrice estime, elle, "positif" que le sujet soit débattu sur la place publique. "Il est important que les parents soient pris en compte comme des acteurs de l'éducation, estime Mme Sassier. Demandons-leur des idées pour mieux assurer la continuité du service public d'éducation. Ils en esquissent déjà dans leurs courriers."
mardi 9 mars 2010
Carla, cachez ces seins …
On connaissant Carla icône de la mode, mais voici que la Première Dame ne cache plus rien de ses jolies formes. Une tenue moulante sans soutien-gorge, ça réjouit les messieurs et fait parler la presse internationale
Carla Bruni-Sarkozy ne défile plus sur les podiums mais sur le perron de l'Elysée. La Première Dame de France fait d'ailleurs so
uvent la une des magazines people, qui commentent avec intérêt les choix vestimentaires de la belle. Dernière folie ? Une robe turquoise signée Roland Mouret. Une tenue des plus moulantes qu'elle a décidé de porter mardi soir lors d'un dîner officiel donné en l'honneur de Dimitri Medvedev, et … sans soutien-gorge !
Si la presse française ne s'est pas trop attardée sur le physique avantageux de Madame Sarkozy, les journaux internationaux en ont fait leur choux gras. "Oh là là, où est son soutien-gorge ?", s'est interrogé le quotidien anglais le Sun. "Audacieusement moulante" a écrit le Daily Mail. "Peu de place à l'imagination" pour le Telegraph. Quant à USA Today, il se demande si Carla est "éblouissante ou audacieuse".
Carla prouve encore une fois sa singularité par rapport aux autres femmes de dirigeants français. Avec une tenue pareille, c'est sûr qu'on est bien loin de Bernadette...
D.B
lundi 8 mars 2010
RAS LE BOL
Les bonnes volontés sont les bienvenues.
dimanche 7 mars 2010
La CGT, isolée dans sa grève illimitée à France Télévisions
La CGT est-elle en mesure de bloquer les soirées électorales du 14 mars prochain sur France 2 et France 3 ? La question est actuellement soupesée par la direction de France Télévisions, qui a proposé à la centrale syndicale une réunion de négociations dès mardi prochain à 11 heures. Arlette Chabot, la directrice de l'information du group
e, qui coiffe désormais les deux rédactions, et René Siacci, le négociateur de Carolis, jouent une partie difficile tant Jean-François Téaldi, le représentant syndical, et ses militants semblent décidés à mener la "mère de toutes les batailles"... Motif du courroux syndical : la renégociation en cours de la convention collective de l'audiovisuel public à propos de laquelle Carolis a adopté une attitude de fermeté. "Nous avons organisé des assemblées générales en province, et ce qui remonte, c'est que la base est prête à en découdre", déclare Téaldi au point.fr.
Cela dit, la CGT n'a pas réussi à entraîner les autres syndicats dans ce mouvement à durée illimitée. La réunion de l'intersyndicale de jeudi dernier a, au contraire, démontré l'isolement de la centrale de Montreuil. La CGC, qui avait déposé un préavis pour les JO de Vancouver avant de le retirer, n'a pas souhaité s'y associer pour les régionales. Le SNJ refuse de perturber une soirée électorale au nom du devoir d'information des citoyens. La CFDT estime que Patrick de Carolis, à quatre mois de la fin de son mandat, ne sera plus impressionné par le moindre mouvement social. Toute grève devient donc, aux yeux de la CFDT, inutile. FO et la CFTC sont d'accord pour rejoindre la grève à condition que l'union syndicale soit le préalable. Comme ce n'est pas le cas...
La CGT déplore "l'attentisme malheureux" des autres syndicats
"L'attentisme malheureux des autres syndicats est incompréhensible au regard de l'agression que constitue la remise en cause de 25 ans d'acquis sociaux, déplore Jean-François Téaldi. Il ne s'agit pas d'une "grève de témoignage" où le lendemain, gagnant ou perdant, tout le monde reprend le travail. Il s'agit cette fois d'un conflit illimité, un mouvement que nous voulons inscrire dans la durée si la direction de France Télévisions ne retire pas ses propositions, lesquelles consistent à démanteler nos acquis sociaux."
Au sein de la direction de France Télévisions, la ligne dure semble pour l'instant l'emporter. "Nous avons une occasion unique de réformer le service public pour lui donner un avenir, explique un hiérarque de l'équipe Carolis. Le président du groupe ne doit pas flancher. Si nous ne terminons pas cette négociation avant la fin du mandat, son successeur pourra être tenté de vouloir "se faire aimer" et lâchera sur tous les points... Ce sera une occasion historique ratée. Nous avons connu cela trop longtemps dans le service public lors des changements de direction."











