En Bavière, on respecte la mémoire des morts, quels qu'ils soient... La semaine dernière, les membres du conseil municipal de Dietramszell, un village situé au sud de Munich, ont refusé de retirer le titre de citoyen d'honneur à... Adolf Hitler. Après de houleux débats, huit des seize conseillers ont voté contre cette décision. "Tout ce débat est risible", juge l'un d'entre eux, Traudi Fröstl. "Le titre de citoyen d'honneur disparaît le jour de la mort de celui qui le porte, renchérit Josef Hauser. Et puis tout cela remonte à tellement longtemps..." Certains arguments peuvent parfois vous plonger dans des océans de perplexité... Barbara Regul pense, elle aussi, que "la citoyenneté d'honneur prend fin avec le décès de son bénéficiaire". La responsable de l'association culturelle locale tente même de montrer "patte blanche" en expliquant que son "oncle a été interné dans un camp de concentration et que sa mère a sauvé un ami juif de la déportation vers un camp d'extermination".vendredi 20 décembre 2013
Le Père Noël a disparu
Le Père Noël a disparu
Longtemps, la France fut la mère patrie du Père Noël. Au point que c'était Noël tous les jours. Depuis le début des années 80, nos politiciens sont toujours arrivés au pouvoir avec une hotte remplie à ras bord de cadeaux achetés à crédit, qu'ils déversaient aux pieds des électeurs ébahis.
Ces farceurs décrétaient, contre toute évidence, que les Trente Glorieuses continueraient chez nous : de 1945 à 1973, les pays européens ont enregistré une croissance moyenne de près de 5 % l'an. Depuis que nous avons perdu le rythme, nos gouvernants de droite ou de gauche ont prétendu le retrouver, avec des relances "volontaristes" qui ont toutes lamentablement échoué.
Ces temps-ci, le Père Noël a un coup de mou : dans sa hotte, il n'y aurait plus que des avis d'huissiers et des reconnaissances de dette. Aux dernières nouvelles, il aurait quitté la France et notre Vieux Continent pour aller se faire voir ailleurs. Là où ça bouge et où les économies tournent à plein. En Chine, en Inde, en Corée, en Afrique ou au Brésil, autant de pays qui, contrairement à nous, croient en eux.
En attendant un éventuel retour du Père Noël, qu'il nous soit permis de lui présenter quelques requêtes pour que reviennent des jours meilleurs :
- Qu'on en finisse avec la gauche gnangnan, dont la dernière blague involontaire est un rapport sur l'intégration, commandé par le Premier ministre et à lui remis avant d'être sottement publié. Célébrant les "dynamiques plurielles de la société", ce texte comique a réussi à faire l'unanimité contre lui, de Hollande à Copé. Ce qu'il propose, notamment à travers le retour du voile à l'école, c'est le sabordage de la République laïque, ainsi qu'un désaveu des enseignants qui travaillent sur le terrain contre les dérives intégristes. Les auteurs de ce gribouillage infantile n'ont simplement pas compris que l'intégration passe par l'éducation, pas par la geignardise ou la compassion. Si ces élites "anti-Valls" ne croient plus au modèle républicain français, pourquoi les enfants d'immigrés y adhéreraient-ils ? On ne veut plus les entendre. Elles ont déjà fait trop de mal au pays.
- Qu'on renvoie au plus vite Mme Lebranchu dans sa chère Bretagne, où elle pourra prendre une retraite bien méritée. Au mépris de la justice et de l'équité, la ministre de la Fonction publique a décidé de supprimer le fameux jour de carence pour les fonctionnaires - jour pendant lequel un arrêt maladie n'est pas indemnisé. Une excellente mesure décidée par l'ancienne majorité, qui entendait rapprocher ainsi les conditions de travail du secteur public et du secteur privé, qui a, lui, trois jours de carence. Grâce à quoi, vient de nous apprendre une étude, l'absentéisme a chuté de 43 % dans la fonction publique territoriale, où il atteignait jusqu'alors des niveaux hallucinants. Merci, le pouvoir précédent. Malgré ça, Mme Lebranchu tient bon sur sa décision en nous servant des explications vaseuses. N'est-ce pas la preuve qu'elle considère les salariés du privé comme des citoyens de troisième zone, alors qu'ils sont déjà payés 12 % de moins que ceux du public ?
- Que les "néocons", autrement dit les néo-conservateurs souverainistes, mettent une sourdine à leur antieuropéanisme primaire. Il est urgent de réinventer l'Europe, tout le monde est d'accord là-dessus. À condition de ne pas la faire sauter pour retourner se pelotonner derrière les barbelés des frontières : on a vu où ça menait. Aujourd'hui, la tendance est d'imputer toutes nos difficultés au bouc émissaire européen. C'est lui qui, sous la férule de l'hydre allemande, nous imposerait une austérité à laquelle nos folies budgétaires passées nous ont condamnés. Une irresponsabilité de gauche comme de droite, qui menace désormais nos démocraties (1) en attisant le chauvinisme. "Le nationalisme, c'est la guerre", disait François Mitterrand, qui faisait partie de ceux, nombreux, qui s'étaient exclamés : "Plus jamais ça !" sur les décombres de la Seconde Guerre mondiale. Le nationalisme n'est pas une solution. C'est un symptôme, celui de notre déclin économique et moral. Il faut donc le manipuler avec précaution et le consommer avec modération, à un moment où des pans entiers du pays, des classes moyennes en perdition aux classes populaires parties en vrille, ne savent plus bien où ils habitent. Puissent nos hommes (ou femmes) d'État, il en reste encore, ne pas flatter nos plus bas instincts en surfant sur la vague populacière.
Il y aurait encore plein de requêtes pour le Père Noël, mais nous voici arrivé au terme du lignage imparti. S'il se décide à repasser par chez nous, il aura en tout cas beaucoup de travail.
Bonnes fêtes !
1. Cf. l'excellent livre d'Alain Lambert, Déficits publics, la démocratie en danger (Armand Colin), qui nous raconte par le menu la spirale de l'endettement et des déficits.
Le billet de Michel Schifres
Un couard
Le monde est si indéchiffrable que même les dictateurs ne sont plus ce qu’ils étaient. Vladimir Poutine traine une sale renommée. Combattre les peuples qui lui résistent ne lui a jamais fait peur et il expédie en prison aussi vite qu’un flipper renvoie une boule. Eh bien, voilà que le bonhomme s’assoit sur sa réputation : il gracie un de ses pires ennemis. Mieux, il évoque la maladie de la mère du prisonnier pour justifier son geste, préférant les droits de la maman à ceux de l’Homme. Par précaution, on ne dira pas que Vladimir est un couard mais on y songe. Heureusement des nations savent encore ce que signifie l’autorité de l’Etat : en Chine, les journalistes, pour être considérés comme tels, devront désormais passer un examen qui testera leurs connaissances en communisme.
Ayrault humilié, Ayrault outragé mais Ayrault... bientôt libéré?
Ayrault humilié, Ayrault outragé mais Ayrault... bientôt libéré?
On savait déjà, en entendant la plupart de ses ministres, que Jean-Marc Ayrault n’avait plus beaucoup d’autorité sur son gouvernement ou sa majorité. Aux multiples provocations d’Arnaud Montebourg refusant de poser pour une photo avec le Premier ministre, le moquant devant des journalistes, ou pire encore refusant de répondre sur son maintien à Matignon, se sont ajoutées, entre autres, les petites phrases délicatement assassines du président de l’Assemblée Nationale, Claude Bartolone.
Et voilà qu’aux humiliations, on ajoute maintenant l’insulte : en propulsant en tête de liste pour les élections européennes Edouard Martin, le leader CFDT des hauts-fourneaux de Florange, le PS récompense en effet quelqu’un qui avait publiquement agressé Jean-Marc Ayrault, le traitant il y a tout juste un an de « traître ».
Déjà très affaibli par le lâchage de François Hollande sur son opération « remise à plat de la fiscalité », malmené par l’échec de son blitzkrieg sur Bercy, déstabilisé par l’incroyable affaire des rapports sur l’immigration et l’intégration, le Premier ministre doit encore gérer l’indiscipline de plusieurs députés et sénateurs sur le vote du budget ou de la réforme des retraites, endurer les manœuvres des Verts, supporter leur surreprésentation et l’arrogance politique qu’ils en tirent, et faire avec les stratégies personnelles des candidats à son remplacement –il n’en manque pas.
Qu’il soit en sursis ne semble plus faire beaucoup de doute. Sauf accident, cette épreuve devrait prendre fin après les élections municipales et européennes, au printemps.
Mais d’ici là, cette ambiance délétère laisse peu de chances pour que la France soit gouvernée, encore moins qu’elle soit réformée.
UN MILLION DE MECS…
UN MILLION DE MECS…
C’est l’histoire d’un mec… Coluche en-tamait souvent ses sketches par cette formule. L’histoire d’un mec… Mort. Un quart de siècle plus tard, plus d’un million survivent à la li-sière de l’hiver avec les Res-tos du cœur. La campagne de solidarité est à peine lancée et, déjà, le cap du million de repas quotidiens vient d’être franchi. Dix ans après le dé-but en 1996, les Restos ser-vaient déjà plus de 300.000 personnes chaque jour. Sa dernière émission de radio s’intitulait « Y’en aura pour tout le monde ». Jamais le clown superstar, avec sa salopette et son nez rouge, passé maître dans la négocia-tion du prix du steak haché, n’aurait imaginé : la file des damnés de la crise atteint le million ! Le fils de « prolo », idole des Français, n’avait pas créé « les Enfoirés » juste pour les « clodos ». A l’épo-que, déjà, les politiques in-ventaient le RMI pour adou-cir la violence de l’exclusion. Coluche avait créé les Restos en s’appuyant partout en France sur de futurs mana-gers des écoles supérieures de commerce. Personne ne prévoyait qu’en 2013, des étudiants deviendraient bénéficiaires, aux côtés de familles monoparentales ou de retraités précaires. Colu-che a, un jour, exorcisé cette réalité trop cruelle en lançant cette blague : « Dieu a dit : je partage en deux, les riches auront la nourriture, les pauvres, l’appétit ».
S & P RETIRE SON « AAA » À L’UNION EUROPÉENNE
L’agence d’évaluation Standard & Poor’s a retiré ce vendredi matin la note « AAA » -la meilleure de sa classification- qu’elle attribuait jusqu’ici à l’Union européenne, en soulignant que les discussions budgétaires entre pays membres devenaient de plus en plus acrimonieuses.
La note de l’UE a été abaissée d’un cran à « AA + ». Elle est dotée d’une perspective « stable », ce qui implique que S & P n’a pas l’intention de la modifier de nouveau à moyen terme.
«La crédibilité globale en matière de crédit des désormais 28 membres de l’Union européenne a décliné», a expliqué S&P dans un communiqué. L’agence relève aussi que la «cohésion» de l’UE s’est aussi dégradée.
L’UE était sous la menace d’un abaissement de sa note depuis janvier 2012, quand S&P avait revu à «négative» la perspective d’évolution de sa note.
Depuis, plusieurs grands pays de l’Union, dont la France, ont vu leur note dégradée. Après la perte par les Pays-Bas de leur «AAA», il ne reste plus que six pays de l’union bénéficiant de la note maximum pour S&P. Et la note moyenne des pays contributeurs nets au budget européen n’est plus que de «AA», soit un cran plus bas que la nouvelle note de l’UE, a fait valoir l’agence.
S&P souligne que les discussions budgétaires deviennent de plus en plus difficiles au sein de l’UE, avec notamment les principaux pays contributeurs -qui sont le plus souvent ceux notés «AAA»- demandant une réduction de leurs versements.
S&P rappelle que l’UE emprunte sur les marchés financiers pour prêter de l’argent à des pays tiers et financer certains de ses programmes, comme Euratom. Son encours de crédits s’établissait en décembre à 56 milliards d’euros. Dans la foulée, S&P a aussi abaissé de «AAA» à «AA+» la note d’Euratom.
« Grosse Koopération » ?
« Grosse Koopération » ?
En réservant à la France sa première visite après sa réélection, la chancelière Angela Merkel s'est conformée aux bons usages franco-allemands. François Hollande en avait effectivement fait de même après son investiture officielle à la présidence de la République. Toute la question est maintenant de savoir si les amabilités protocolaires vont faire place à une relation plus approfondie et sincère. Parce qu'il faut bien reconnaître que, jusqu'ici, les sourires de façade et les discours convenus ne masquaient que très imparfaitement les divergences de fond. Après qu'Angela Merkel a mis la dernière main à sa « Grosse Koalition » gouvernementale, va-t-on enfin vers une « Grosse Koopération » entre Paris et Berlin ?
Les paroles brièvement prononcées, hier soir sur le perron de l'Élysée, inviteraient à le croire. « Nous pouvons amorcer maintenant une nouvelle étape », a prophétisé la chancelière, faisant écho au propos de François Hollande évoquant « un horizon commun qui doit devenir un agenda commun ». Il est évident que la période de trois ans qui s'ouvre, dépourvue des pollutions électorales pour les deux dirigeants, peut aider au rapprochement.
Encore faudra-t-il éviter de part et d'autre du Rhin l'expression de tout complexe de supériorité, ou les impertinences jalouses sur les faiblesses du voisin. Ce n'est pas parce qu'elle a le triomphe modeste et qu'elle a dû négocier avec les sociaux-démocrates qu'Angela Merkel est prête à se « hollandiser ». Ses concessions dans le domaine social ne signifient pas l'abandon de son « ordo-libéralisme ».
Il ne saurait pas davantage être question pour François Hollande de se « merkeliser » (ce serait trop lui demander) mais encore lui incombera-t-il de se « social-démocratiser » vraiment et de l'assumer. L'axe franco-allemand ne retrouvera son rôle d'entraînement au sein d'une l'Europe conquérante que dans un dialogue dépourvu d'ambiguïtés. Cela demandera à Angela Merkel un peu moins de rigidité et à François Hollande un peu plus de clarté. On va très vite savoir s'ils en sont capables. Au-delà des accolades.
La maison brûle
La maison brûle
La refondation des politiques d’intégration n’est qu’une transfusion culturelle : “faire France”, pour dire “défaire la France”.
Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. On se souvient des mots prononcés par Jacques Chirac au sommet de la Terre de Johannesburg, en septembre 2002. Il parlait de la planète et de la destruction de la nature. Mais c’est chez nous que cela se passe : notre maison brûle, et c’est de la destruction de notre culture qu’il s’agit. Les incendiaires sont parmi nous. Ils ne cachent pas leurs intentions et les ont remises au premier ministre, qui les a lui-même publiées.
Préparez-vous à « l’interculturalité », disent-ils, « mettez à distance » votre « propre cadre de référence culturelle »— autrement dit : cessez de revendiquer votre culture, de vous référer à votre patrimoine ou à votre cadre de vie, car il est temps d’en accueillir un autre : « La société française est métisse et plurielle. » Conséquence logique : « La France devrait assumer la dimension arabo-orientale de son identité et sortir de son attitude postcoloniale. » À la place de notre histoire de France, on apprendra une « histoire de la France commune », mixant notre passé à celui de toutes les immigrations. On est donc prié d’apprendre l’arabe, à côté du français, l’arabe dont l’enseignement doit être « valorisé sur tout le territoire français ». Les rédacteurs vous rassurent : « Si le chinois est une langue d’avenir économique, l’arabe l’est aussi. »
Il ne s’agit là que d’un aperçu. La recommandation visant à réexaminer la législation interdisant le port du voile à l’école n’est qu’un trompe-l’oeil pour masquer l’essentiel. Cette « refondation des politiques d’intégration » n’est rien d’autre qu’une transfusion culturelle au nom d’une vieille expression lyonnaise, déjà utilisée par la démographe Michèle Tribalat, et détournée de son sens : “faire France”, pour dire “défaire la France”. On ne pourra pas prétendre que l’on ne savait pas.
Cette affaire a soulevé une tempête justifiée dans l’opinion. Il fallait s’y attendre : le président de la République a déclaré que ce tissu de propositions ne correspondait pas à sa politique ; et le premier ministre a dû expliquer avec retard qu’il ne se reconnaissait pas dans le contenu de ces rapports. On a traduit : ceux-ci sont donc enterrés et leurs recommandations iront à la corbeille. Le croire serait prendre ses désirs pour la réalité. Ces rapports ne doivent rien au hasard. Ils ont été demandés par le premier ministre et font suite à un précédent rapport sur le même sujet remis à Matignon au mois de février par un conseiller d’État, M. Thierry Tuot. Lequel préconisait déjà nombre des mesures développées par les nouvelles contributions.
Celles-ci ont été encadrées par des fonctionnaires des dix ministères concernés, prêtant locaux et moyens pour leur rédaction. Les auteurs en sont des dirigeants d’associations engagées pour la « mémoire de l’immigration », la « citoyenneté de résidence », l’aide aux sans-papiers, l’assistance aux familles clandestines (comme celle qui protégeait les parents de la jeune Leonarda). Des réseaux subventionnés par l’État et les collectivités, tous dévoués au Parti socialiste et ardents partisans du droit de vote des étrangers aux élections municipales.
Quant à leurs recommandations, loin d’être jetées à la corbeille, elles ne sont pour la plupart qu’un prolongement, voire un aboutissement, de mesures que l’actuel gouvernement a déjà prises ou s’apprête à prendre. Dans le registre de ce qui a été fait : les naturalisations massives et la réforme du droit d’asile, en vue de faciliter le séjour des immigrés irréguliers ; la généralisation de l’aide médicale de l’État (AME) destinée aux seuls étrangers irréguliers, en supprimant son ticket d’entrée ; la suppression du Haut Conseil à l’intégration, qui faisait part (sans doute trop) de ses alarmes quant à la montée des communautarismes ; les injonctions du CSA imposant aux chaînes de radio et de télévision des quasi-quotas de la “diversité” ; l’épuration des programmes d’enseignement de l’histoire, sans parler de tous les interdits de la “néonovlangue” orwellienne qui pèsent sur l’expression publique. On en a eu une illustration le 19 août, lors du séminaire gouvernemental qui se tenait à l’Élysée : le ministre de l’Intérieur avait eu l’imprudence d’évoquer le risque que faisait courir à la France l’islamisation due au regroupement familial. Les ministres réunis restèrent interdits : il avait franchi les limites de l’acceptable !
Mais comment peut-il en être ainsi ? D’où vient cette volonté destructrice ? Deux explications : la haine de soi d’une certaine élite de gauche et le cynisme électoral du Parti socialiste. Il existe heureusement un barrage contre ces dérives : l’article premier de la Constitution, selon lequel les citoyens sont égaux devant la loi « sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Ce qui interdit les discriminations au nom d’une idéologie.
Hitler citoyen d'honneur d'un village bavarois !
Le conseil municipal de Dietramszell a d'abord refusé de déchoir le dictateur nazi, avant de se raviser devant le tollé provoqué par l'affaire.
En Bavière, on respecte la mémoire des morts, quels qu'ils soient... La semaine dernière, les membres du conseil municipal de Dietramszell, un village situé au sud de Munich, ont refusé de retirer le titre de citoyen d'honneur à... Adolf Hitler. Après de houleux débats, huit des seize conseillers ont voté contre cette décision. "Tout ce débat est risible", juge l'un d'entre eux, Traudi Fröstl. "Le titre de citoyen d'honneur disparaît le jour de la mort de celui qui le porte, renchérit Josef Hauser. Et puis tout cela remonte à tellement longtemps..." Certains arguments peuvent parfois vous plonger dans des océans de perplexité... Barbara Regul pense, elle aussi, que "la citoyenneté d'honneur prend fin avec le décès de son bénéficiaire". La responsable de l'association culturelle locale tente même de montrer "patte blanche" en expliquant que son "oncle a été interné dans un camp de concentration et que sa mère a sauvé un ami juif de la déportation vers un camp d'extermination".
En Bavière, on respecte la mémoire des morts, quels qu'ils soient... La semaine dernière, les membres du conseil municipal de Dietramszell, un village situé au sud de Munich, ont refusé de retirer le titre de citoyen d'honneur à... Adolf Hitler. Après de houleux débats, huit des seize conseillers ont voté contre cette décision. "Tout ce débat est risible", juge l'un d'entre eux, Traudi Fröstl. "Le titre de citoyen d'honneur disparaît le jour de la mort de celui qui le porte, renchérit Josef Hauser. Et puis tout cela remonte à tellement longtemps..." Certains arguments peuvent parfois vous plonger dans des océans de perplexité... Barbara Regul pense, elle aussi, que "la citoyenneté d'honneur prend fin avec le décès de son bénéficiaire". La responsable de l'association culturelle locale tente même de montrer "patte blanche" en expliquant que son "oncle a été interné dans un camp de concentration et que sa mère a sauvé un ami juif de la déportation vers un camp d'extermination".
Cette affaire a soulevé un tel tollé en Allemagne que le conseil municipal a décidé à l'unanimité, 24 heures après son premier vote, de retirer finalement la citoyenneté d'honneur au dictateur nazi. "Nous n'avons jamais eu l'intention de banaliser les crimes d'Adolf Hitler, ont tenté de se justifier les élus dans un communiqué publié dans le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung. Nous ne pensions pas que notre décision précédente allait être interprétée de la manière dont elle l'a été." Ces conseillers auraient pourtant bien dû se douter que leur vote n'allait pas faire que des heureux en République fédérale...
La montée de l'extrême droite est en effet redevenue un sujet très sensible outre-Rhin. La police a récemment annoncé qu'elle allait rouvrir les dossiers de 750 meurtres non résolus commis entre 1990 et 2011 pour savoir si certains d'entre eux pouvaient avoir des motivations racistes. Les statistiques officielles montrent en effet que 60 personnes ont été tuées par des extrémistes de droite depuis la réunification en 1990, mais de nombreux experts jugent que ces chiffres sont bien inférieurs à la réalité. Les autorités auraient ainsi "totalement sous-évalué" les crimes commis par les militants nazis, selon la dirigeante du parti écologiste, Katrin Göring-Eckardt. Pour la présidente de la fondation de lutte contre la xénophobie Amadeu Antonio, Anetta Kahane, l'État doit réaliser que "la violence des extrémistes de droite est un énorme problème".
En 2011, l'Allemagne a ainsi découvert avec horreur que les assassinats non expliqués de dix personnes originaires principalement de Turquie avaient tous été commis par trois nazillons originaires de l'ancienne Allemagne de l'Est qui n'ont pas été inquiétés par la police pendant de nombreuses années. Les manifestations de plus en plus violentes des militants du parti d'extrême droite NPD montrent également l'impunité dont ils semblent profiter. Dans un tel climat, la "surprise" des élus municipaux de Dietramszell face au tollé soulevé par leur décision de ne pas retirer à Hitler sa citoyenneté d'honneur peut laisser dubitatif...
jeudi 19 décembre 2013
Nicolas Sarkozy doit revenir
Cela fait un an et demi que Nicolas Sarkozy est retiré du monde politique après sa défaite aux élections présidentielles contre François Hollande.
Mais depuis la balance semble tourner en faveur de l’ancien chef de l’état, selon un sondage Ifop fait pour le Figaro 46% de Français préféreraient voir Nicolas Sarkozy en président contre 27% qui donnent leur préférence à l’actuel chef d’état. Et malgré la promesse de Sarkozy de ne plus toucher à la politique, on parle de plus en plus de son retour. Geoffroy Didier secrétaire général adjoint de l’UMP, conseiller régional d’Ile de France et cofondateur du mouvement la Droite Forte, est persuadé que le retour de Nicolas Sarkozy est nécessaire pour 2017 :
Qu’est ce que vous pensez d’un potentiel retour de Nicolas Sarkozy?
J’observe d’abord que Nicolas Sarkozy tient sa promesse, qui est celle d’une discrétion durable, celle qui n’est pas dans l’arène politique. En revanche ce n’est pas un Français comme les autres, c’est sans doute l’absent le plus présent, il est très attendu par tous ces électeurs de droite, qui ont considéré la victoire de François Hollande comme une injustice et qui ont compris depuis que l’alternance n’était en rien une alternative. Mon sentiment est que Nicolas Sarkozy reviendra, il y aura retour de Nicolas Sarkozy parce qu’il sera un recours, il y aura un retour de Nicolas Sarkozy parce que c’est le devoir qui l’animera, il n’est plus dans l’ambition, ni dans l’envie, il sera sans doute demain dans le devoir parce que aujourd’hui plus que jamais celui qui peut nous faire gagner en 2017, celui qui peut créer une véritable voix de passage et d’espoir entre le mirage extrémiste et le chaos socialiste s’appelle Nicolas Sarkozy.
D’enquête d’opinion en enquête d’opinion on observe une réalité constante c’est que Nicolas Sarkozy est la personnalité d’avenir la plus attendue, la plus sollicitée par le peuple de droite, mais aussi par le peuple tout simplement. Il est vrai qu’au sommet de l’UMP il y a des ambitions qui sont certes légitimes, mais elles n’ont pas de rapport, elles sont sans commune mesure avec la cote de confiance de Nicolas Sarkozy, qui est bien supérieure à la leur. Je crois que le retour de Nicolas Sarkozy sera inéluctable. L’essentiel aujourd’hui pour l’UMP, qui est le premier parti de France est de créer peu à peu un projet d’alternance viable et ensuite viendra le temps de trouver le leader pour porter le projet. Je suis persuadé que seul Nicolas Sarkozy pourra le porter, que seul Nicolas Sarkozy permettra d’être victorieux en 2017.
Si Nicolas Sarkozy revient, il reviendra en tant que qui ?
Lorsque Nicolas Sarkozy reviendra et si il revient, c’est à lui seul qu’appartient cette décision, il sera inévitablement en tant qu’ancien chef de l’état au dessus des partis. Il ne reviendra pas pour présider l’UMP ou pour diriger l’opposition il reviendra pour rassembler les Français, il reviendra dans une campagne où il cherchera à rassembler au delà des étiquettes politiques. Il s’adressera directement aux Français sans passer par les clivages des étiquettes partisanes. Je crois qu’il sera au dessus de la mêlée, il l’est aujourd’hui en tant qu’ancien chef de l’Etat et je pense que si il est candidat demain il le restera au dessus le la mêlée du fait de sont statut d’expérience d’état inégalée à droite, mais aussi du fait de cette prise de recul et de cette hauteur de vue qu’il aura pu acquérir durant ces quelques années.
Il sera quand même dans un parti, il fera partie d’un groupe politique il ne pourra pas juste revenir en tant que personnalité politique à lui tout seul ?
Nicolas Sarkozy ne fera plus jamais de politique au sens politicien, partisan et quotidien du terme. Je suis persuadé que Nicolas Sarkozy n’appartiendra plus jamais à un parti politique. Sans doutes sera-t-il soutenu par sa famille politique d’origine l’UMP. Si Nicolas Sarkozy revient c’est pour être plus que jamais le président de tous les Français au dessus des étiquettes partisanes.
Dans ce cas là il devrait revenir quand si ce scénario est en effet celui qui doit se passer ?
A mon avis il doit revenir, si il veut revenir, le plus tard possible. Parce que aujourd’hui ce qui fait la force de Nicolas Sarkozy c’est qu’il est au dessus de la mêlée, il est au dessus des contingences partisanes, qu’il est au dessus des petites phrases ou déclarations politiques et publiques des uns et des autres. Il faut que Nicolas Sarkozy se préserve, aujourd’hui il n’intervient pas dans le débat publique il écoute, il est attentif aux préoccupations des Français il a ses capteurs, qui lui disent comment va la société. La question aujourd’hui n’est pas celle de sa candidature, elle est uniquement celle de sa prise de recul et de sa hauteur de vue. Il n’y a pas aujourd’hui de calendrier du retour, parce que la décision du retour n’est pas prise, ne précipitons pas les choses. Ce retour n’a pas lieu d’être aujourd’hui on est seulement fin 2013 et les élections sont en 2017.
Quand il s’est présenté aux élections présidentielles contre François Hollande il a dit que si il perdait il se retirerait de la politique.
Nicolas Sarkozy tient sa promesse en étant retiré de la vie politique et en n’intervenant pas dans le débat politique et je pense que Nicolas Sarkozy tiendra ses promesses demain, même si il est candidat, parce que s’il revient c’est parce qu’il aura le devoir de revenir et ça ne passera pas par la case politicienne. Je crois que Nicolas Sarkozy ne fera plus jamais de politique.
France : la destruction organisée ?
Annoncée en février dernier par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, la refondation de la politique d’intégration a été activement lancée début juillet, avec la constitution de cinq groupes de travail thématiques, auxquels ont participé des représentants des services de l’Etat, de collectivités territoriales, d'associations et partenaires sociaux ainsi que divers chercheurs et experts dans ces matières. Ces experts viennent de rendre et un rapport qui s’apparente clairement à un programme de déconstruction du scénario historique et national mais aussi de destruction pure et simple de la France en tant que nation européenne.
Le rapport appelle à ne plus parler d’intégration mais à faire « reconnaitre la richesse des identités multiples » et aussi à « reconnaître toutes les migrations comme constitutives de la nation ». Pour ce faire, le rapport propose d'instaurer des « journées de commémorations sur les apports de ces migrations », la création d'un « Musée des colonisations » ou encore la modification des manuels scolaires français « une (re)mise à plat de l'histoire de la France est nécessaire », en inscrivant dans les programmes scolaires de nouvelles matières telles que « l'histoire des mouvements de population », « l'esclavage et la traite négrière, les colonisations et décolonisations, les immigrations, les réfugiés, les migrations liées aux printemps arabes et les migrations des Roms ».
Cette offensive sur l’histoire de France n’est pas une nouveauté. En 2010, l’ambassadeur américain en Europe Charles Rivkin avait une stratégie de soutien aux minorités ethniques et religieuses en France et conseillé, pour favoriser leur intégration future et leur meilleure représentation à l’avenir, d’ le travail « avec les musées français et les enseignants pour réformer les programmes d’histoire enseignés dans les écoles françaises, de telle sorte qu’ils prennent en compte le rôle et le point de vue des minorités dans l’histoire de France ». Une bien étrange similitude, non ?
La question des Roms permet de se poser nombre d'autres questions. On se rappelle de l’affaire, cette lycéenne expulsée en octobre dernier et qui depuis le Kosovo indépendant (!) proposait de (français) tout en se plaignant que depuis son expulsion, elle ne pouvait se connecter sur Facebook toute la journée (!). Elle était pourtant toujours à du ministère de l’Intérieur français, les Français nouveaux pauvres apprécieront. Cette focalisation sur la minorité Rom de France apparait de façon surprenante dans ce rapport au moment ou l’intellectuel globaliste Georges Soros vient de lancer un appel à la constitution d’une au cœur du continent européen. Hasard ?
Mais le rapport ne s’arrête pas là. Le projet de déconstruction de l'histoire de France s’accompagne d’un projet de déconstruction de l’identité religieuse et linguistique française. De quoi faire perdre rapidement à la France sa nature de puissance européenne et chrétienne.
Le rapport préconise en effet « l’arrivée de nouvelles langues à l’école » et notamment la « valorisation de l'enseignement de l'arabe (...) en l'introduisant dans les meilleurs lycées et écoles » ou encore la possibilité « d'un enseignement dès le collège d'une langue africaine ». L’objectif est clairement affirmé dans le rapport : « modifier l’identité de la France pour qu’elle assume sa dimension « arabe-orientale » (afro-antillaise, océan-indienne, mélano-polynésienne ou Sud-est asiatique).
Dans ce but, le rapport conseille également de « permettre le port du voile à l’école au nom de la liberté » ou la suppression de certaines prestations (comme l'Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA ou le RSA) qui « ne sont servis aux assurés ressortissants étrangers que s'ils justifient d'un séjour régulier de cinq ans au moins ». Enfin, le rapport prône la mise en place de recommandations en direction des médias pour « ne mentionner la nationalité, l'origine, l'appartenance ethnique, la couleur de peau, la religion ou la culture d'une personne que si cette information est pertinente ». La création d'un « délit de harcèlement racial » est aussi proposée.
L’intention du rapport est claire : mettre fin au modèle assimilationniste français pour « ériger le communautarisme en nouveau modèle pour la France » c'est-à-dire appliquer en France le modèle de société et de coexistence américain, faire éclater le modèle national en groupes plus ou moins liés à une histoire commune et qui ne font que cohabiter de façon plus ou moins chaotique sur un même territoire. Qui aurait pu imaginer que la pensée de gauche moderne puisse un jour devenir le promoteur du modèle américain en France ? Est-ce que les élites politiques francaises, même de gauche, sont à ce point sous l'emprise structurelle des réseaux américains comme semblait cet article ? Cette question avait déjà été soulevée pendant le précédent quinquennat de droite ou de l’UMP et de n’était pas un mystère. Est-ce que « l'intelligentsia globaliste » qui a le pouvoir depuis 1968 dévoile enfin ses intentions ? Y a-t-il un projet d'affaiblissement de la France comme acteur souverain des relations internationales ? Et de destruction de la nation par l’intérieur ? Quoi qu'il en soit, pour les amateurs de complots, ce rapport publié sur le site de la primature française est vraiment du pain béni. La communautarisation programmée de la France ne peut avoir pour conséquence que de provoquer la destruction de l'état nation qui a mis 15 siècles à se construire. Dans une ou deux décennies, si les recommandations des pyromanes qui ont rédigé ce dossier sont appliquées, la France sera une sorte de Liban européen, c'est-à-dire une poudrière explosive de 65 millions d’habitants sur la façade Ouest de l’Europe. Peut être que l’Otan y interviendra pour maintenir un ordre précaire alors que des communautés présentes sur le « territoire hexagonal » seront en guerre à cause de questions religieuses ou ethniques. Le choc des civilisations organisé à domicile, en quelque sorte.Un choc des civilisations qu’il est pourtant encore possible d’éviter à condition que la France reste ce qu’elle a toujours été : Un Etat nation dépositaire de 15 siècles d’histoire royale puis républicaine, et une puissance européenne de premier rang, capable d’assimiler des individus qui souhaitent devenir Français, et non pas des communautés définies sur des bases ethniques ou religieuses.
Taubira, femme du siècle
Taubira, femme du siècle
Le 31 décembre 2099, à la veille du passage à ce XXIIe siècle dont on attendait monts et merveilles et qui se révéla ni plus ni moins décevant que la plupart de ceux qui l'avaient précédé, une commission internationale se réunit à New York, sous l'égide des Nations unies, afin d'élire celle que la communauté mondiale considérait comme la femme du XXIe siècle. Le délégué sud-africain, sans même attendre son tour de parole, qui venait au 23e rang, car l'ordre des interventions était alphabétique, personne n'étant parvenu à se décider pour un autre au cours des nombreuses réunions préparatoires qui s'étaient succédé pendant une demi-douzaine d'années, se leva et cita tout de suite le nom du docteur Angella Maputo, qui avait découvert en 2074 le vaccin contre l'abominable sida. Il y eut quelques applaudissements, cette invention ayant sauvé depuis lors la vie de dizaines de millions de personnes, notamment sur le continent africain, mais le président de la séance rappela, à la satisfaction de nombreux délégués, le Sud-Africain à l'ordre. Celui-ci se tut et se rassit.
Le délégué albanais parla en premier. Il soutenait la candidature de Martina Parmük, la présidente albanaise morte assassinée à Tirana en 2083 après avoir éradiqué la prostitution et le trafic de drogue de ce qui était désormais, grâce à elle, le plus ravissant et le plus calme petit pays de la péninsule balkanique. La déléguée belge évoqua le rôle du docteur Marguerite Van der Plaetsen, qui, en 2051, avait dirigé l'équipe internationale ayant mis un terme à la terrifiante maladie d'Alzheimer. Grâce à la molécule dite désormais la molécule Van der Plaetsen, la plupart des alzheimeriens, dans tous les pays du monde, avaient retrouvé la mémoire, ce qui fut du reste un choc pour beaucoup d'entre eux. Ils se rendirent compte qu'il y avait des choses et surtout des gens qu'en fait ils préféraient avoir oubliés. Le délégué canadien souligna, de son côté, le rôle du professeur Nicole Bois-Forêt, Québécoise qui avait conçu et popularisé le concept de paix mondiale permanente grâce auquel la guerre entre nations comme à l'intérieur de chacune d'elles était désormais interdite : adopté non sans mal par le Conseil de sécurité en 2072, l'article dit Bois-Forêt avait assuré, depuis presque trente ans, la tranquillité de tous. La déléguée danoise présenta les travaux du docteur Genevra Christiansen, à qui l'humanité doit la fameuse pilule Gravia : donnée à tous les délinquants sexuels répertoriés, elle leur ôte à 99 % toute volonté de récidiver. Du coup, la planète avait été délivrée, dès l'année 69, de ce fléau, le viol, qui avait empoisonné les relations hommes-femmes depuis le début de l'humanité. L'Espagnole eut beau mettre en avant le rôle d'Aline Santa-Anna dans la découverte de l'antivirus informatique parfait grâce auquel, depuis 2027, plus aucun ordinateur ne buguait, il suffit au délégué français, Gilles Hollande, lointain descendant de l'ancien président de la République française, de prononcer le nom de Christiane Taubira pour qu'un grand silence dévot s'installât dans la grande salle aux murs de porphyre et que, par acclamations et sans qu'on prît la peine d'écouter les autres délégués, y compris le Sud-Africain qui rongeait son frein, la Française fût élue femme du XXIe siècle
SUEUR ET LARMES
SUEUR ET LARMES
Edouard Martin, c’est un ouvrier comme on en voit encore dans les films. Une belle et grande gueule, un leader théâtral aux convictions d’acier, prêt à mettre ses tripes sur la table pour sauver une sidérurgie en perdition bradée à un géant indien peu sensible au romantisme du personnage et à la survie de l’acier lorrain. L’annonce de la candida-ture du syndicaliste aux élections européennes suscite un déluge de réactions. Lui assume et n’entend pas se battre couché. Il a remporté une première victoire en exigeant la tête de liste. Avec lui, larmes et sueur sont garanties sur facture ! Un ouvrier en porte-drapeau du Parti socialiste, on n’avait pas vu cela depuis des lustres. C’est l’œuvre en coulisse de la ministre Aurélie Filippetti. Jeune norma-lienne, elle avait signé ,voici 10 ans, le livre « Les derniers jours de la classe ouvrière ». Voici un quart de siècle en Lorraine, le cédétiste Jacques Chérèque avait déjà fait le même voyage en politique. Comme José Bové des années plus tard. Bien entendu, quelques syndicalistes rivaux déglutissent leur frustration. C’est oublier que la CFDT est un syndicat réformiste. Pour une fois, le PS ne dégaine pas un apparatchik ou un fonctionnai-re en détachement. Leur ouvrier ne manquera pas d’allure, ce qui galvanisera le choc des Européen-nes dans le Grand Est avec le jeune frontiste Florian Philippot ou Nadi-ne Morano dont la candidature est contestée à l’UMP. L’égérie sarko-zyste dénonçait hier « la récom-pense » obtenue par Edouard Martin. C’est à se demander qui ne sera pas vraiment un cadeau pour l’autre...
POSSIBLE ?
POSSIBLE ?
Horreur, il existerait des médecins mercenaires !
Sapristi de saperlipopette de sabre de bois, notre système de santé que le monde nous envie aurait des failles dans lesquelles s’engouffreraient d’abominables capitalistes cupides, médecins mercenaires capables de tout pour une poignée d’euros ! Heureusement, l’omerta vient de se briser : haro sur le médecin intérimaire !
L’offensive est donc lancée sur ces abominations modernes. À l’évidence cupides et veules, les médecins intérimaires sont dans le collimateur de la puissance publique qui n’en peut plus de nourrir en son sein de si affreux parasites ! Certains trouveront ici que je vais trop loin ? Et pourtant, il suffit de lire les titres consacrés par la presse à ce palpitant sujet : on y découvre que ces médecins intérimaires sont « la plaie de l’hôpital public » (comme les maladies nosocomiales et les repas froids de la cantine, je suppose), qu’ils sont « trop nombreux et trop chers » (comme les IRM je présume, même si, par habitant, on n’en a pas autant en France qu’en Turquie), et que ces abominables mercenaires gagnent pornographiquement bien leur vie « jusqu’à 15 000 euros par mois ».
Le tableau est donc dressé et il n’y faudra voir aucun doute : cette histoire de médecin intérimaire dans les hôpitaux publics, ça suffit, trop c’est trop et y’en a marre des cadences infernales des mercenaires de la santé ! Non mais. Heureusement qu’un rapport parlementaire aura permis de mettre à jour cette pratique honteuse digne des heures les plus bassement matérialistes de notre histoire. Ce rapport indique ainsi que les médecins intérimaires touchent entre 600 et 800 euros nets pour une journée de travail, quand leurs collègues titulaires gagnent seulement 260 euros. Impossible de se payer un parcours de golf décent avec une telle misère, on en conviendra aisément. Et surtout, cela représente, tous frais chargés, un coût de 1370 euros pour l’hôpital, soit en gros le triple des coûts d’un praticien titulaire. Le total de la facture fait frémir (pas autant que la CMU et l’AME, hein, mais tout de même) : 500 miyons, qui vont donc de la poche de tous les contrib assurés sociaux contributeurs nets de la Sécu vers la poche des intérimaires qui font une jolie culbute dans l’opération.
Le rapport pointe en outre le silence et l’opacité des chiffres sur le nombre précis de ces médecins intérimaires. « Aucune structure nationale n’a de compétence pour les répertorier », souligne le rapport, avançant le chiffre de 6000 praticiens, et qui sent déjà bon la création d’une telle structure, abondée avec l’argent du contribuable si heureux de pouvoir faire faire un bond aux dépenses publiques.
Ceci posé, on peut se demander ce qui fait que les hôpitaux publics emploient ce genre de médecins intérimaires puisque ces établissements sont relativement exsangues compte tenu des finances étatiques rachitiques et de leur gestion catastrophique sur une bonne poignée de décennies. Que peut bien les pousser à pactiser ainsi avec la lie de la médecine de mercenariat ? Qu’est-ce qui justifie ces roulades joyeuses dans la fange du capitalisme le plus honteux ? Et, d’un autre côté, comment des humains normaux peuvent-ils à ce point se vautrer dans le goût du lucre et de l’argent facile pour ainsi postuler à ces alléchantes propositions ?
Oh oh. Ne dirait-on pas là un marché qui s’organise ? Ne voit-on pas ici un parfait exemple d’offre et de demande dans laquelle l’État n’a pas encore mis son gros museau humide afin d’y mettre un terme ou, bien plus probablement encore, afin d’organiser une bonne petite ponction des familles sauce taxation ? Et ce marché parallèle ne s’organise-t-il pas en conséquence d’une précédente distorsion, que l’État, dans son habituelle balourdise en service commandé, aura lui-même provoquée ?
Intéressante hypothèse de travail qui amènerait à constater qu’un groupe de citoyens, bien introduits auprès des dirigeants et de ceux qui écrivent les règles, aurait ainsi mis en coupe réglée une partie du marché français des soins à son profit personnel et exclusif, ne trouvez-vous pas ? Serait-ce à ce point nouveau qu’on ne puisse y croire ?
Et quelle solution proposer devant ce constat ? Quelle pourrait être la bonne idée qui décoincerait un peu le problème ? Les bonnes idées des députés coulent à flot puisque 14 propositions se retrouvent dans le rapport ; on trouve notamment celle de la mise en place d’une jolie charte, pour assurer une bonne qualité de soins pour les sociétés de recrutement et d’intérim, parce qu’une charte, mon cher lecteur, ma tendre lectrice, c’est l’assurance qu’une fois signée, ça va glisser comme sur des roulettes, comme pour la viande de « bœuf » dans les lasagnes ou les pousses de soja bio qui font du bien à ceux qui n’en mangent pas.
Et bien évidemment, l’idée qui va tout changer, c’est celle qui consiste à plafonner les rémunérations de ces médecins.
Ici, il faudrait une tempête de petits facepalms rigolos, des simples, doubles et triples fails joliment illustrés pour bien transmettre l’idée que l’ont peut se faire d’une idée aussi pathétiquement ridicule. Il faut, je crois, être un député républicain français ou un bedonnant sénateur de la même eau pour arriver à pondre une décoction de jus de cerveau malade telle que celle que vous venez de lire pour essayer de faire croire, de loin et avec un verre dans le nez, qu’on est en train d’essayer de résoudre le problème en question. C’est proprement consternant et il n’est pas dit qu’une telle stupidité ne soit pas, un jour, sanctionnée d’un World Record Guiness Book.
Oui, vous avez bien lu qu’encore une fois, lorsqu’un marché s’organise pour pallier la pénurie sciemment organisée par l’État qui agit ici pour le compte de l’Ordre des Médecins, la seule réponse que nos élus trouvent consiste à aller saboter le nouveau marché. L’apprentissage par l’erreur, ce n’est que pour les autres : ici, nos producteurs compulsifs de colombins législatifs n’ont pas compris ou voulu admettre que la pénurie venait à la base de l’organisation planifiée et défaillante du marché de la médecine en France, et pour tenter de corriger les symptômes sans s’attaquer à la maladie, ces andouilles décident d’aggraver le symptôme.
Et pour cela, on en reviendra aux arguments habituels : ce sont de gros profiteurs, ces salauds d’intérimaires, tout de même (jusqu’à 15.000 euros par mois, les vilains !) et surtout, ils posent des risques parce qu’ils ne connaissent pas bien les procédures, les hôpitaux, les personnels qui travaillent là régulièrement. Je cite le consternant Olivier Véran, socialiste assumé :
« Le marché s’est emballé, remettant en cause par endroits la qualité, la continuité, la sécurité des soins. Pour autant, il est difficile de déterminer si la multiplication des missions temporaires s’accompagne d’un sur-risque pour les malades. Ce qui est certain, c’est que l’intérimaire ignore tout ou presque des procédures propres à chaque établissement. »
Les rapporteurs insinuent donc gentiment que la puissance publique se retrouve à payer des fortunes pour des praticiens approximatifs voire dangereux, mais ne vous inquiétez surtout pas, votre argent et votre santé, entièrement dans leurs mains, sont en sécurité. Respirez lentement et dites 33.
Peu importe ici qu’il y ait un vrai marché avec une offre et une demande logique, comme les cas de médecins temporaires pour des besoins saisonniers du côté des hôpitaux, et les cas des médecins qui ne peuvent pas être disponibles pour des contrats classiques pour des raisons personnelles, familiales ou autres. Peu importe que le problème soit à la base créé par une régulation parfaitement inadaptée. Peu importe que la solution apportée soit à l’évidence pire que le problème initial.
Il faut comprendre une chose en filigrane du battage médiatique auquel nous assistons maintenant : l’État n’a plus une thune et cherche tous les moyens de couper toutes les dépenses, et de récupérer tout ce qu’il peut pour tenir. Ici, ce sont les médecins intérimaires. La semaine prochaine, qui sait ? Cet Etat sent mauvais, il sent la gangrène et la cessation de paiement.
Ce pays est foutu.
« Le Monde » passe à deux euros en janvier
Le journal du soir augmente son prix de vingt centimes l’année prochaine. La nouvelle a été annoncée lors du conseil de surveillance du groupe Le Monde, mardi.
Le quotidien « Le Monde » va augmenter son prix de vingt centimes en janvier prochain à deux euros. La nouvelle a été annoncée lors du conseil de surveillance du groupe qui s’est tenu mardi.Le quotidien du soir ne serait cependant pas le seul à augmenter son prix, d’autres y travaillent. Notamment le journal « Les Echos » qui pourrait être vendu dix centimes de plus, atteignant aussi deux euros, en janvier.
D’après nos informations, le groupe Le Monde (« Télérama », « Courrier International »...) prévoit une perte d’exploitation de 3,8 millions d’euros cette année, après deux années bénéficiaires, dans un marché difficile pour toute la presse. Le chiffre d’affaires du groupe devrait s’inscrire en recul de 4,5 % sur un an, à 344 millions d’euros. Selon l’AFP, le résultat net du groupe sera déficitaire de l’ordre de 2 millions d’euros, après un déficit net de 1,1 million en 2012.
Ventes en recul
Invité lundi de l’Association des journalistes médias, Louis Dreyfus, président du directoire du Monde, avait précisé avoir « dû faire face à une baisse brutale des recettes publicitaires à partir d'octobre ». Comme pour tous les quotidiens, les ventes au numéros du « Monde » sont en recul, alors que les ventes numériques progressent. Le quotidien devrait voir ses ventes globales reculer de 2,5 % en 2013 (276.094 exemplaires en octobre).
Au sein du groupe, l’imprimerie du « Monde », déficitaire de 2,5 à 3 millions d’euros, pèse sur les comptes. En revanche, l’hebdomadaire culturel « Télérama » affichera «une rentabilité positive de 7 millions d’euros » cette année. Le groupe prévoit de nouvelles mesures d’économie, notamment au sein de son imprimerie. Il projette aussi de renégocier son contrat de prestation avec Publicis qui détient 34 % de sa régie publicitaire. Le groupe a déjà acté le non renouvellement des CDD, ou encore le non remplacement des départs naturels.
AVEC LES SUBVENTIONS QUE REÇOIT CE JOURNAL, JE SUIS ÉTONNÉ QU'IL AIT UN COMPORTEMENT AUSSI CAPITALISTE...SUPPRIMER LES CDD !
Fatalité
Fatalité
Il y a peu, Nicolas Sarkozy confessait à des proches que son éventuel retour en politique ne serait pas dicté par une question d'envie ou non, mais relèverait de la « fatalité ». Manière de soumettre son avenir à la force du destin et à la survenance d'événements le rendant indispensable au pays. Au-delà de l'assujettissement vaguement narcissique à la théorie de « l'homme providentiel », Nicolas Sarkozy a oublié que c'est aussi cette même « fatalité » qui pourrait, à l'inverse, entraver son « come back ». Parce qu'il y a aussi quelque chose de fatal dans les ennuis qui s'abattent sur ses très proches.
Les mises en garde à vue de Claude Guéant, son ancien ministre de l'Intérieur, et de Michel Gaudin, son actuel directeur de cabinet, sont évidemment fâcheuses pour l'ex-président. Malgré les coïncidences entre les rumeurs accentuées de retour en politique de Sarkozy et les auditions de ses « amis », malgré aussi le recours à une procédure inutilement spectaculaire, on ne cédera pas au soupçon d'instrumentalisation de la justice par le pouvoir socialiste.
Mais on a déjà là la préfiguration du tour détestable que prendrait le débat si Sarkozy revenait dans le jeu, avec toutes les affaires encore pendantes où il est visé directement ou indirectement. On imagine quel climat délétère résulterait des accusations réciproques entre la gauche et la droite. Et l'on devine qui, une fois encore, en profiterait. Le coup serait d'abord fatal pour l'image déjà bien dégradée de la politique. Ce n'est pas pour autant que le « cas Guéant » doive être occulté.
Parce que l'ancien ministre de l'Intérieur campait dans l'attitude austère de premier flic inflexible, il se devait d'être exemplaire. Sa défense, d'une confondante stupidité, à moins que ce ne soit une inconscience nourrie par une perte de sens des réalités, renvoie au devoir éthique et de transparence des politiques. L'opacité longtemps entretenue autour des fonds spéciaux ministériels, des versements de primes en liquide non déclarées, engendrent chez le citoyen, un sentiment de rejet. Il est possible que Claude Guéant ait abusé du système. Mais il est certain que la gabegie étatique le dépasse.
TABLETTES
TABLETTES
Comme tous les rites sociaux, Noël nous dit beaucoup sur une France qui, après avoir crié famine des mois durant, prépare ses agapes à l’ombre des sapins de la tradition. En 2012, près de 500.000 tablettes s’étaient glissées parmi les cadeaux. La plupart des études s’accordent sur une donnée : le chiffre devrait en être doublé cette année. Plus qu’une mode, un vrai phénomène de société. Car ce succès scelle définitivement la victoire de l’écran sur une génération de parents qui s’est battue pour que sa progéniture ne passe pas ses journées de la console de jeux, à l’ordinateur en passant par la télévision… avant de revenir à la console de jeux. Car la tablette, forme la plus aboutie de l’invasion numérique, relève un peu, voire beaucoup, de tout cela. Des États-Unis, qui nous dessinent souvent et à l’excès le monde de demain, arrive d’ailleurs un produit effrayant : un couffin doté d’un écran. Pourtant, pédopsychiatres et spécialistes posent comme garde-fou une stricte règle de trois : pas d’écran avant trois ans (il y a danger pour les yeux), pas de tablette seul avant six et, surtout, pas de connexion internet sans surveillance avant neuf. Des protections qui, à beaucoup, paraîtront minimales.
Allez, joyeux Noël, les enfants !
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