dimanche 15 septembre 2013
Syrie : le mystère de la politique étrangère française
Éric Denécé : La proposition de la Russie est un grand pas en avant. Les Américains ne pourront pas la refuser, car elle permettra à Barack Obama de sortir de l’impasse politique dans laquelle il s’est retrouvé. Bien sûr, les pays occidentaux, comme avant tout les États-Unis et, ensuite, la France, déclarent que la proposition de Moscou a été faite sous leur pression, sous les menaces d’une intervention militaire. Personnellement, je ne partage pas cet avis. J’estime que c’est la Russie qui donne le la dans le dossier de la Syrie. C’est elle qui détermine les règles du jeu, ce qui est devenu pour tout le monde une surprise agréable. La proposition est intéressante en elle-même. Il est important qu’elle puisse être coordonnée, pour que tous les hommes politiques soient du même avis sur la façon dont les armes seraient soumises au contrôle international et détruites. Il est difficile à dire si cette initiative sera soutenue, mais c’est une chance réelle de résoudre le conflit syrien.
La Voix de la Russie : Les États-Unis ont-ils toujours l’intention de mener une opération militaire en Syrie ?
E.D. : Il y a de moins en moins de raisons d’entamer une opération militaire en Syrie, parce que l’ONU n’a pas rendu son rapport et il est très difficile d’imputer quoi que ce soit au régime de Bachar al-Assad. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas un secret, les experts ont expliqué plus d’une fois que, depuis 2003 ou même avant, depuis l’intervention miliaire au Kosovo, il existe une tactique vérifiée de manipulation de l’information. Il faut être extrêmement prudent dans les accusations, parce qu’aujourd’hui on accuse d’attaques le régime d’Assad et demain il peut s’avérer qu’il s’agissait des rebelles.
En même temps, l’investigation des experts de l’ONU n’avait pas pour but d’identifier les coupables, mais uniquement confirmer l’utilisation d’armes chimiques. On attendait d’eux des preuves de l’attaque chimique, des données sur le nombre exact de victimes et les circonstances dans lesquelles tout s’est passé, qui permettraient de comprendre à partir de quel territoire les armes ont été déployées : de celui des rebelles ou des autorités ? Mais cela ne fait que compliquer la situation. Bachar al-Assad estime que l’attaque a été perpétrée par ceux qui veulent sa démission. Les États-Unis et la France accusent Damas d’avoir utilisé des substances illégales. Leur volonté à eux seuls ne suffit pas pour reconnaître les autorités syriennes coupables de ce crime. Et ils ne possèdent aucune preuve objective.
LVdlR : Dans votre rapport vous énumérez les raisons pour lesquelles les États-Unis seraient intéressés par une intervention dans le conflit syrien. Toutefois, quel en est l’intérêt français ? Pourquoi a-t-elle pris le rôle de leader européen dans le dossier syrien et défend si fermement l’idée d’opération militaire ?
E.D. : C’est un des mystères principaux de la politique internationale actuelle de la France. De la même manière, nous n’avions aucun intérêt à nous ingérer dans le conflit libyen et violer la résolution de l’ONU de 1975. Nous tentons de comprendre pourquoi la France l’exige si instamment, alors que cette intervention ne lui apportera rien de bien.
Double président ?
Double président ?
Comme le radis, rouge en dehors, blanc en dedans, nous aurions à l'Élysée un double président pour le prix d'un. Faucon à Damas, pacificateur ici. L'intéressé réfute tout dédoublement de personnalité. Il ne fait que répondre à deux logiques différentes. La fermeté, seule à même de dissuader le dictateur syrien. La « douceur » avec les Français qui n'avancent ni au fouet ni au coup de menton martial.
Quitte à se faire taxer dans son propre camp de président des patrons, François Hollande assume le compromis avec eux. S'ils investissent, la croissance s'en portera mieux. Les écolos avalent de travers le coup du diesel ? Il les invite plutôt à réfléchir à la contribution carbone et à ne pas multiplier les taxes. Impôts, ma non tropo. Rendez-vous cette semaine à la conférence environnement.
Il sent que les Français sont d'humeur bougonne, avant même la prochaine hausse de la TVA. Alors, à quoi bon avoir la main plus lourde pour rééquilibrer les comptes à marche forcée si cela doit se payer par un hara-kiri municipal au profit du FN ?
Car l'extrême droite prospère sur la grogne fiscale et l'insécurité, l'immigration et l'Europe. Grave défi pour la droite déboussolée, pour la gauche et pour le président. Il doit ce soir clarifier ses deux fronts, en sachant que sa parole ne peut porter que si le chômage reflue.
Liberté, égalité, mixité
Liberté, égalité, mixité
La loi a souvent bien du mal à faire avancer la société. Surtout lorsqu'elle n'est que le toilettage des précédentes. Il est pourtant des domaines où l'on ne peut forcer le progrès que par la contrainte législative. L'égalité femmes-hommes est sans doute le plus spectaculaire exemple de ces résistances, si fortement ancrées dans nos cultures, ou dans nos religions, qu'elles bloquent toute évolution. Loi ou pas loi. La discussion parlementaire qui s'ouvre lundi sur les propositions de Najat Vallaud-Belkacem pourrait en être une nouvelle illustration. Trop souvent la loi ne fait que ratifier les avancées acceptées par la société, mais pour que l'égalité des sexes ne soit plus un principe mais une réalité, il faut l'intégrer dans les grands débats de notre temps.
L'emploi, les salaires, la place des femmes dans la vie publique, la pauvreté des veuves âgées, les difficultés des mères seules, l'IVGæ C'est en intégrant les préoccupations spécifiques des femmes dans les grands sujets de société que l'on viendra à bout des stéréotypes insidieux qui guident encore bien des comportements. Le mariage pour tous vient de faire la démonstration que désormais, même si c'est en force, la loi peut changer les mécanismes sociaux et ne plus seulement chercher à marquer l'éphémère histoire politique.
Se mobiliser sur les quotas de femmes en politique, c'est bien. Mais avec un peu de recul et de hauteur, on doit aussi réfléchir à l'hyperféminisation de l'enseignement et de la justice et se demander, plutôt que de s'en réjouir trop vite, si ce n'est pas parce que ces métiers ont été dévalorisés par la dégradation du service public, qu'ils sont devenus des métiers féminins. Et en y regardant de près on fait vite le constat que dès que la hiérarchie s'élève, les postes sont occupés par des hommes. Y a-t-il eu une femme ministre de l'Éducation nationale ? Non.
Or la justice ne doit pas être une justice de femmes mais la justice des citoyens et l'école sera d'autant plus l'école de la République qu'elle sera mixte. Lorsque dans les hôpitaux les infirmiers feront la toilette des femmes, alors, peut-être, la cause de l'égalité par la vraie mixité aura fait un grand pas et ne nous renverra plus à l'injustice de nos regards et de nos institutions phallocratiquE.
Inquiétudes en rafales
Inquiétudes en rafales
Dans la rafale des sondages concernant la sécurité, il en est qui font mouche. C'est le cas du sondage YouGov selon lequel 57 % des Français seraient favorables à l'envoi de l'armée à Marseille. Disons-le tout de suite, cette enquête sur internet n'offre peut-être pas toutes les garanties que requiert la gravité du sujet. On peut discuter de la pertinence d'un échantillon national qui ne connaît la réalité marseillaise qu'au travers de la loupe grossissante des médias. De même que s'impose une analyse rationnelle, d'où il ressort que la cité phocéenne a connu, par le passé, des épisodes plus meurtriers.
Selon l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, il y a eu, au cours des douze derniers mois (arrêtés à juillet) 16 règlements de comptes contre 24 pour la période précédente. Tout cela ne doit pas pour autant conduire à banaliser la situation. Mais ce qu'exprime ce sondage tient à l'exaspération et au ressenti de la population. Si beaucoup se prononcent pour l'envoi des troupes (un militarisme paradoxal dans la période actuelle), c'est en raison de l'inefficacité de l'action de la police et de la justice.
La réponse du gouvernement tient dans l'amélioration et le respect des missions régaliennes de l'État et non dans la réquisition inadéquate des troupes. Les politiques auraient tort de s'abandonner, à l'image de Ségolène Royal, à une surenchère démagogique sur le sujet. Ils devraient plutôt constater que le sentiment d'insécurité s'exprime ailleurs que dans le contexte marseillais.
Une étude digne de foi de l'ONDRP (cité plus haut) a révélé, hier, l'augmentation spectaculaire de ce sentiment hors des zones traditionnelles avec l'explosion des cambriolages. Au pouvoir de prendre en compte cet autre ras-le-bol des Français en donnant une image plus cohérente de l'action des ministres de la Justice et de l'Intérieur. Au fil des faits divers, l'impression d'une plus grande sollicitude envers les délinquants qu'envers les victimes alimente les votes protestataires. L'exemple marseillais en témoigne. Le FN, avec 25 % des intentions de vote, pourrait arbitrer les prochaines municipales. Ce prurit sécuritaire ne vous rappelle-t-il rien ?
Cazeneuve : "Pas de hausses d'impôts en 2015"
Le ministre du Budget, Bernard Cazeneuve, assure au JDD que la "pause fiscale" annoncée par le Président aura lieu tout en expliquant que l'objectif du gouvernement est de "ne plus avoir recours aux prélèvements obligatoires"… en 2015. Extrait de son interview.
François Hollande a promis une "pause fiscale". Les Français vont-ils la constater?
La promesse du président de la République est tenue, comme en témoigne l'évolution des prélèvements obligatoires. L'année prochaine, en tenant compte de nos efforts de lutte contre la fraude fiscale, dont nous attendons deux milliards d'euros de rendement, en pourcentage du PIB, la pression fiscale n'augmentera que de 0,05 point.
Ce n'est pas tout à fait zéro…
Nous sommes à la stabilisation. Nous avions prévu de l'atteindre en 2015, nous y parvenons avec un an d'avance. Et c'est grâce aux économies que nous allons réaliser dans une proportion inégalée. Le budget de l'État, hors dette et pensions, va baisser de 1,5 milliard d'euros. Cela ne s'est jamais fait sous la Ve République. Quand j'entends la droite dire que c'est insuffisant, je rappelle que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy les dépenses de l'État ont augmenté de 2 milliards d'euros par an en moyenne sur le même périmètre. Au total, en 2014, les économies atteindront 15 milliards d'euros : 80% de l'effort est fait par les économies. Notre objectif est qu'en 2015, ce soit 100%, pour ne plus avoir du tout recours aux hausses de prélèvements obligatoires.
Nous sommes à la stabilisation. Nous avions prévu de l'atteindre en 2015, nous y parvenons avec un an d'avance. Et c'est grâce aux économies que nous allons réaliser dans une proportion inégalée. Le budget de l'État, hors dette et pensions, va baisser de 1,5 milliard d'euros. Cela ne s'est jamais fait sous la Ve République. Quand j'entends la droite dire que c'est insuffisant, je rappelle que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy les dépenses de l'État ont augmenté de 2 milliards d'euros par an en moyenne sur le même périmètre. Au total, en 2014, les économies atteindront 15 milliards d'euros : 80% de l'effort est fait par les économies. Notre objectif est qu'en 2015, ce soit 100%, pour ne plus avoir du tout recours aux hausses de prélèvements obligatoires.
L'UMP calcule que les ménages paieront 12 milliards de plus en 2014. Que répondez-vous?
La précédente majorité avait voté une hausse de la TVA à 21,2%, les ménages s'apprêtaient à perdre près de 12 milliards d'euros de pouvoir d'achat si nous n'avions pas effacé cette mesure. Aujourd'hui, M. Copé propose de transférer 20 milliards d'euros de coût du travail sur la TVA, cela représenterait une hausse considérable de 4 points. Je cherche en vain une cohérence dans le discours de l'UMP. Pour notre part, nous nous limitons à 0,4 point de hausse du taux normal de TVA, car nous finançons le crédit d'impôt compétitivité emploi par 50% d'économie.
La précédente majorité avait voté une hausse de la TVA à 21,2%, les ménages s'apprêtaient à perdre près de 12 milliards d'euros de pouvoir d'achat si nous n'avions pas effacé cette mesure. Aujourd'hui, M. Copé propose de transférer 20 milliards d'euros de coût du travail sur la TVA, cela représenterait une hausse considérable de 4 points. Je cherche en vain une cohérence dans le discours de l'UMP. Pour notre part, nous nous limitons à 0,4 point de hausse du taux normal de TVA, car nous finançons le crédit d'impôt compétitivité emploi par 50% d'économie.
QUEL BONIMENTEUR ! 2015 C'EST TRÈS LOIN, D' ICI LÀ LA FRANCE SERA MORTE.
VIREZ CES INCOMPÉTENTS !!!
La Bavière, test électoral pour Angela Merkel
Les experts avaient prédit une campagne ennuyeuse et jouée d'avance. A tort. Une semaine avant les élections législatives allemandes du 22 septembre, nul ne sait vraiment qui gouvernera demain le principal pays européen. Angela Merkel a de bonnes chances de rester à la chancellerie, mais nul ne sait si elle sera en mesure de reconduire sa coalition conservatrice avec les libéraux ou si elle devra faire alliance avec les sociaux-démocrates.
L'écart se réduit entre Mme Merkel, qui mène sa campagne – assez convenue – au pas de charge, et son adversaire social-démocrate (SPD), Peer Steinbrück, qui semble enfin avoir "fendu l'armure" et polarise l'attention.
Selon le baromètre de la chaîne ZDF, 49 % des Allemands souhaitentvoir la présidente de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) resterchancelière. Ils étaient plus de 60 % il n'y a pas si longtemps. A l'inverse, 32 % des sondés souhaitent voir Peer Steinbrück accéder à la chancellerie alors qu'il dépassait à peine les 20 % il y a peu encore. Les autres baromètres politiques indiquent la même tendance.
Autre signe inquiétant pour la chancelière : sa majorité n'a plus tout à fait la majorité. Selon le sondage publié jeudi 12 septembre par la chaîne ARD, la CDU (40 %) et le Parti libéral (5 %) obtiennent moins que le Parti social-démocrate (SPD) (28 %), les Verts (10 %) et Die Linke, le parti de la gauche radicale (8 %) réunis. Certes, le SPD et les Verts ont affirmé qu'ils ne gouverneraient pas avec Die Linke, mais il n'en reste pas moins que seuls 38 % des Allemands (- 8 % en un mois) souhaitent une reconduction de la coalition CDU-FDP alors que 47 % (+ 3 %) souhaitent une grande coalition CDU-SPD.
LE SPD NE CROIT PLUS À LA VICTOIRE DE PEER STEINBRÜCK
Pour convaincre les quelque 20 % d'électeurs indécis, les candidats sillonneront le pays jusqu'au dernier moment. Entre lundi et samedi, Peer Steinbrück effectuera 22 meetings essentiellement dans le nord-ouest du pays, bastion de la sociale-démocratie. Plus que jamais, le SPD cherche à mobiliser les 10 millions d'électeurs qui ont voté pour Gerhard Schröder en 1998, mais pas pour Frank-Walter Steinmeier en 2009. Jeudi 19, Peer Steinbrück tiendra un grand meeting à Berlin avec tous les dirigeants du SPD.
Malgré le sursaut dans les sondages de Peer Steinbrück, le SPD ne croit plus à la victoire. Le candidat a ainsi indiqué qu'il entend conduireles négociations avec la CDU d'Angela Merkel pour former une grande coalition (comme Gerhard Schröder en 2005), même s'il n'entend pas yparticiper. Certains estiment que les jours du président du SPD, Sigmar Gabriel, sont comptés. Tout dépendra évidemment du résultat du candidat. Son doigt d'honneur à la "une" du Süddeutsche Zeitung Magazin, vendredi, montre que celui-ci prend désormais tous les risques.
Côté conservateur, un parti joue sa survie : le Parti libéral (FDP). Ses dirigeants ont réorienté leur campagne. Ils demandent aux électeurs conservateurs de leur donner leur seconde voix – celle qui va aux listes établies par les partis et répondent à un mode de scrutin proportionnel – et laissent entendre que pour la première (celle avec laquelle les électeurs élisent leur député au scrutin majoritaire, ce qui favorise les grands partis), ils peuvent voter pour la CDU.
Une stratégie qui ne fait qu'à moitié l'affaire des conservateurs. Craignant une trop grande dispersion des électeurs, la CDU claironne depuis des mois que ses électeurs doivent lui donner leurs deux voix.
"L'ALLEMAGNE VA BIEN. LA BAVIÈRE VA ENCORE UN PEU MIEUX"
En attendant le vote, le centre de gravité de la politique allemande va se déplacer, dimanche 15 septembre, à Munich. Une semaine avant les élections générales, les Bavarois sont appelés à renouveler leur parlement régional. Horst Seehofer, président de l'Union chrétienne-sociale (CSU) – le parti frère de la CDU en Bavière – et ministre-président de "l'Etat libre de Bavière", s'apprête à une réélection triomphale. "L'Allemagne va bien. La Bavière va encore un peu mieux", a-t-il résumé dimanche 8 septembre à Düsseldorf aux côtés d'Angela Merkel. Avec un taux de chômage de 3,8 % – le plus bas du pays –, la Bavière, forte de 12,4 millions d'habitants constitue le dernier grand bastion conservateur dans l'ex-Allemagne de l'Ouest. La CSU y a détenu pendant plus de cinquante ans la majorité absolue, jusqu'en 2009. Un cas sans doute unique en Europe pour une région de cette taille.
Lire aussi le reportage (édition abonnés) : "En Bavière, terre de plein-emploi, Angela Merkel est en terrain conquis"
En 2009, son score de 43 % fut considéré comme un échec sans précédent. Mais avec son nouveau président, Horst Seehofer, surnommé "le roi de Bavière", la CSU a retrouvé un nouvel élan. Les sondages lui prédisent environ 47 % à 48 % des voix, ce qui lui assure la majorité des sièges. Son principal adversaire, Christian Ude, crédité de 20 % des suffrages, a un double handicap : il est social-démocrate et maire (très apprécié) de Munich, cette ville que les paysans bavarois aiment tant détester.
La CSU va-t-elle triompher ? Et quel sera l'impact sur les élections nationales ? Nul ne le sait. Mais en se rendant à Munich vendredi, nul doute qu'Angela Merkel espère bien profiter de la dynamique bavaroise. Il ne faudrait pas que le dimanche suivant les Bavarois se contentent d'aller à la messe.
Une petite lueur
Une petite lueur
Je ne suis du tout pas en recherche de leader ou de « parrain » politique. D’ailleurs, il me semble que la quête de l’homme ou de la femme providentielle, aujourd’hui, a un côté puéril et infantilisant. Je crois en la démocratie, c’est-à-dire le pouvoir du peuple, et la France se redressera peut-être un jour, non pas grâce à tel ou tel héros mais par une prise de conscience générale et l’émergence d’une équipe d’hommes et de femmes déterminés à ouvrir la voie du renouveau. En attendant, je trouve que la position prise par François Fillon – à ma grande surprise – ouvre un espoir politique. En appelant à voter aux municipales « pour le moins sectaire » en cas de duel entre deux candidats locaux étiquetés fn et ps, il invite les citoyens à dépasser les frontières sclérosées, agressives et impuissantes des partis politiques actuels et à fonder quelque chose de nouveau sur le choix des hommes, de leurs qualités d’ouverture d’esprit, de tolérance, d’intelligence de l’avenir. Pour lutter contre les désastres de la société française, la criminalité, l’insécurité, le chômage de masse, l’exclusion, la pauvreté, l’immigration non maîtrisée, le communautarisme, impuissance de l’Etat, je suis persuadé que l’ancien Premier ministre vient ainsi peut-être de faire un premier pas dans une voie nouvelle. Autre signe positif : 70% des sympathisants de l’UMP ont approuvé cette ligne selon un sondage, tandis que les éléphants du parti s’indignent presque autant que les donneurs de leçon du PS. On retrouve ici une constante de la société politique: bon sens populaire contre conservatisme des corps intermédiaires. C’est si rare, une étincelle d’intelligence et de renouveau, dans la vie politique française actuelle, qu’on ne peut que s’en féliciter.
Les dindons de la farce
S’il existait la palme du plus mauvais communicant, elle reviendrait au gouvernement qui, cette semaine, a émis un record d’injonctions contradictoires sur la politique économique qu’il conduit.
En l'écoutant disserter sur le projet de budget pour 2014 qui n'est même pas encore complètement bouclé, on ne saurait dire s’il est toujours engagé dans un vigoureux effort de redressement des finances publiques ou s’il a lâché du lest ; s’il croit vraiment au retour de la croissance ou s’il continue d’en douter ; s’il est en mesure de pratiquer la pause fiscale annoncée ou s’il en émet simplement le vœu.
On ne comprend pas bien si l’emploi reste la priorité ou si le pouvoir d’achat est en train de le détrôner , s’il est vital ou non de soutenir l’offre , s’il faut verdir la croissance ou au contraire y renoncer. Quel mélo ! Deux éléments expliquent ce grand cafouillage. D’abord la conjoncture qui, mi chèvre mi chou , autorise deux sortes de discours : un prudent _ on n’est pas sorti des difficultés_ l’autre optimiste_ on est en train d’en sortir _.
Selon le public auquel il s’adresse, Bruxelles ou les Français, François Hollande et son gouvernement ajustent leur message : rigoureux un jour, optimiste le lendemain car pour que la croissance revienne, mieux vaut commencer par y croire !
La seconde raison est que 2014 marque le début d’une intense séquence électorale avec les municipales en mars puis les européennes en juin . Sur fond de chômage record, elles s'annoncent périlleuses pour la gauche. Du coup, la politique économique prend immanquablement des allures d' arme électorale et à cette aulne elle commence à devenir un peu plus lisible.
La réforme des retraites a ménagé les fonctionnaires qui restent le gros bataillon électoral de la gauche . La proclamation de la pause fiscale, assortie de mesures destinées à soutenir le pouvoir d’achat des ménages les plus modestes vise à contrer l’offensive de Marine Le Pen dans l’électorat populaire, au moment où les taux de TVA vont augmenter .
C’est en évitant de trop désespérer ces deux électorats que François Hollande tente de limiter la casse aux prochaines élections. Mais comme la conjoncture reste très contrainte, il ne peut rien offrir aux classes moyennes qui ont l'impression de devenir les dindons de la farce.
A présent que les entreprises ont effectivement obtenu la pause fiscale, c'est sur elles que repose l'essentiel de l'effort de redressement. Elles ont payé plus d'impôts en 2013 et continueront de le faire en 2014 avec la désagréable impression qu'on ne leur a jamais clairement annoncé la couleur.
Le gouvernement a bien perçu « leur ras-le- bol ». Il fait tout dans les mots pour atténuer leur colère mais n'a pas les moyens dans l'immédiat d'y répondre concrètement . C'est ce contretemps qui rend si problématique la communication gouvernementale : plus elle se veut positive, plus elle est vécue comme provocatrice par une partie des électeurs .
samedi 14 septembre 2013
La croissance repart-elle vraiment, comme l'affirme Jean-Marc Ayrault?
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault voit des "signes positifs" et assure que "la croissance repart" en France. Il a raison. Mais il ne s'agit pas d'une réelle reprise, susceptible de faire baisser le chômage. Explications.
"La croissance repart", assure Jean-Marc Ayrault ce samedi 14 septembre dans un entretien accordé au quotidien Presse-Océan. "Il y a des signes positifs", explique le Premier ministre. Effectivement, après un court épisode récessif fin 2012 et début 2013, l'économie française a enregistré un rebond surprise de 0,5% au deuxième trimestre.
L'OCDE donne raison au chef du gouvernement. Très pessimiste encore au mois de mai puisqu'elle tablait sur une récession de -0,3% en France, l'Organisation de coopération et de développement économique a sensiblement revu en hausse sa prévision et envisage désormais une croissance de +,03% en 2013. Elle estime qu'une "inflexion positive de la croissance" du produit intérieur brut est "possible" en France, selon des "indicateurs composites avancés" mis à jour cette semaine.
La Banque de France elle même se montre plus optimiste : entrevoyant une légère amélioration du climat des affaires dans l'industrie comme les services, elle a récemment a revu à la hausse sa prévision de croissancepour le troisième trimestre, de 0,1 à 0,2% du PIB. Même s'il faut encore attendre les nouveaux pronostics du FMI et de la Commission européenne, qui anticipaient jusqu'ici des baisses respectives du PIB de -0,2% et de -0,1%, ces premières estimations confortent l'hypothèse du gouvernement d'une croissance de 0,1% en 2013.
Mais d'autres signaux laissent présager un ralentissement possible de la croissance. L'activité dans l'industrie et dans le secteur privé est au plus haut en zone euro mais continue de se contracter en France, selon l'indice PMI Markit. On ne peut donc pas encore parler de réelle reprise, seule à même de permettre une véritable réduction du chômage. Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a d'ailleurs cette semaine abaissé à 0,9% contre 1,2% le chiffre de croissance attendu pour 2014.
>> A lire sur le sujet : Reprise : mirage ou miracle ?
Pas de quoi pavoiser donc, d'autant que le chômage va continuer d'augmenter. Il faut une croissance d'au moins 1% pour que l'économie se remette à créer des emplois et d'au moins 1,5% pour faire baisser le chômage. Tant qu'on sera sous les 1%, des emplois continueront d'être détruits, et le chômage continuera à fragiliser la demande intérieure.
Or c'est justement la consommation des ménages qui tire la croissance tricolore. Avec le coup de massue fiscal qui attend les Français en 2014 (plus de 12 milliards d'euros de hausses d'impôt), la reprise pourrait bien faire pschitt.
À bas l'information en uniforme
Une minorité de Français seulement est favorable à une intervention militaire en Syrie. Or, pendant plusieurs jours, en France, les médias audiovisuels nous ont hululé le même cantique.
On se souvient du mal que fit à la crédibilité médiatique l'épisode du référendum constitutionnel européen : 90 % des grands médias pour le oui, mais 55 % des Français votant non. Une info uniforme provoquant une rébellion dans les urnes. Un pilonnage quasi soviétique engendrant un rejet parfois irrationnel. Un seul son de cloche, ce qui fit apparaître ceux qui l'émettaient effectivement comme des cloches.
Rebelote ? Une minorité de Français seulement est favorable à une intervention militaire en Syrie. Aux Etats-Unis, l'opposition est massive. En Grande-Bretagne, l'opinion est hostile. Or, pendant plusieurs jours, en France, les médias audiovisuels nous ont hululé le même cantique. Plusieurs tambours, une seule baguette. Drôle de polyphonie que celle où tous les choristes revêtent l'uniforme pour entonner «tiens, voilà du boudin». En août, on a fait trempette, en septembre on fait trompette. Pendant une semaine, des antennes embarquées enquillèrent les mercuriales équarries des Fabius, Kouchner, BHL, «M. Patati» et «Mme Patata». Comme si les bourrages de crânes suffisaient à bourrer les urnes.
Et puis, soudain, l'autre jeudi, de plus en plus de voix divergentes se sont fait entendre. On était au bord du gouffre. Attention, danger ! Il était temps... Quant à François Hollande, qui était parti sabre au clair - «On va les punir !» -, il se retourna... et constata que ses alliés, eux, avaient des pudeurs.
Va-t-on, malgré tout, se payer une petite guerre ? C'est, hélas, classique quand des socialistes sont au pouvoir. Un socialiste indépendant, Viviani, l'était en 1914. Un socialiste dépendant, Guy Mollet, l'était en 1956, quand nos troupes débarquèrent à Suez avec le succès que l'on sait. En revanche, quand il s'est agi de soutenir la république espagnole en proie à une agression fasciste, ou de refuser la honte des accords de Munich dont seul Hitler pouvait se réjouir, la gauche était là... mais pas les socialistes.
Dira-t-on plus tard que là où Jacques Chirac sauva l'honneur, Hollande le brada au Qatar ?
Oui, face à la crapulerie assadienne confrontée à la crapulerie jihadiste, on a le droit d'être favorable à une intervention en Syrie. Ceux qui le préconisent ne sont pas méprisables. Mais ceux, en revanche, qui se satisfont d'une information aux ordres, normalisée et uniformisée, eux, le sont. Partez en croisade si ça vous chante et enchante, mais arrêtez de mentir.
Rebelote ? Une minorité de Français seulement est favorable à une intervention militaire en Syrie. Aux Etats-Unis, l'opposition est massive. En Grande-Bretagne, l'opinion est hostile. Or, pendant plusieurs jours, en France, les médias audiovisuels nous ont hululé le même cantique. Plusieurs tambours, une seule baguette. Drôle de polyphonie que celle où tous les choristes revêtent l'uniforme pour entonner «tiens, voilà du boudin». En août, on a fait trempette, en septembre on fait trompette. Pendant une semaine, des antennes embarquées enquillèrent les mercuriales équarries des Fabius, Kouchner, BHL, «M. Patati» et «Mme Patata». Comme si les bourrages de crânes suffisaient à bourrer les urnes.
Et puis, soudain, l'autre jeudi, de plus en plus de voix divergentes se sont fait entendre. On était au bord du gouffre. Attention, danger ! Il était temps... Quant à François Hollande, qui était parti sabre au clair - «On va les punir !» -, il se retourna... et constata que ses alliés, eux, avaient des pudeurs.
Va-t-on, malgré tout, se payer une petite guerre ? C'est, hélas, classique quand des socialistes sont au pouvoir. Un socialiste indépendant, Viviani, l'était en 1914. Un socialiste dépendant, Guy Mollet, l'était en 1956, quand nos troupes débarquèrent à Suez avec le succès que l'on sait. En revanche, quand il s'est agi de soutenir la république espagnole en proie à une agression fasciste, ou de refuser la honte des accords de Munich dont seul Hitler pouvait se réjouir, la gauche était là... mais pas les socialistes.
Dira-t-on plus tard que là où Jacques Chirac sauva l'honneur, Hollande le brada au Qatar ?
Oui, face à la crapulerie assadienne confrontée à la crapulerie jihadiste, on a le droit d'être favorable à une intervention en Syrie. Ceux qui le préconisent ne sont pas méprisables. Mais ceux, en revanche, qui se satisfont d'une information aux ordres, normalisée et uniformisée, eux, le sont. Partez en croisade si ça vous chante et enchante, mais arrêtez de mentir.
Le prix à payer pour le 'romantisme' allemand: le lent suicide de l'Allemagne
« L’Allemagne est en train de commettre son lent suicide », estime Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph. Le pays a misé son avenir sur la manufacture et l’industrie, mais sans y associer une politique énergétique adéquate. Selon le ministre de l’environnement, Peter Altmaier, les énergies renouvelables pourraient coûter 700 milliards d’euros au pays d’ici 2030 dans le meilleur des scénarii, et 1000 milliards, dans le pire des cas. Le journaliste affirme que l’Allemagne pourrait lentement perdre son statut de super-économie, et pas seulement à cause de son vieillissement démographique, et de son soutien trop onéreux à la monnaie unique.
« La Chancelière Angela Merkel a lié un boulet aux chevilles de son pays lorsqu’elle a subitement – et de façon désinvolte – abandonné sa politique nucléaire après le désastre de Fukushima en 2011 », écrit-il. Il s’agissait d’une tactique politique, aucunement basée sur des considérations scientifiques. La chancelière, qui est à l’origine une spécialiste de l’atome, n’ignore probablement pas que les centrales nucléaires allemandes ne risquent pas d’être inondées comme l’a été celle de Fukushima au moment du tsunami. Mais elle a répondu à l’angoisse de son peuple, ordonné la fermeture immédiate de 8 réacteurs nucléaires, et programmé celle des autres réacteurs du pays pour 2022. Un cinquième de la production électrique allemande va ainsi disparaître. En contrepartie, la chancelière a lancé un programme de substitution de 50% de la production électrique allemande avec des énergies renouvelables pour 2035, et de 80% pour 2050. « Du romantisme », juge le journaliste.
Son pari, c’est qu’en devenant le fer de lance des énergies renouvelables, l’Allemagne inciterait d’autres pays à la suivre. Mais c’était sans compter sans la concurrence chinoise, bénéficiant d’une main d’œuvre bon marché, d’un yuan faible, et des emprunts d’Etat subventionnés. L’industrie solaire allemande n’y a pas résisté. QCells, Conergy, Solon et Solarworld ont ou bien déjà déposé le bilan, ou bien sont à genoux. Désormais, 8 des 10 plus grandes firmes du solaires sont chinoises. Les Allemands ont dépensé 100 milliards d’euros dans le solaire qui ont conduit à la démocratisation de cette technologie dans le monde, mais ils n’en seront pas les principaux bénéficiaires.
Des éoliennes en Mer Baltique, capables de produire 25.000 mégawatts, devaient compléter la production électrique pour 2030. Mais jusqu’à présent, la capacité de celles qui ont été installées culmine à 300 mégawatts, et l’infrastructure n’est pas prête. Pour compenser, l’Allemagne s’est donc tournée vers le charbon, et la lignite, ce qui a augmenté la production de gaz à effet de serre de 1,6% l’année dernière. Le réseau subit des surcharges énergétiques ruineuses pour les compagnies électriques E.ON et RWE, qui envisagent de fermer des centrales électriques.
La Fédération de l’Industrie Chimique allemande a déjà réclamé un gel des prix de l’énergie, pour éviter à ses membres de se faire distancer par leurs concurrents internationaux. Le tarif de l’électricité est le double de celui que les firmes américaines payent, tandis que les prix du gaz naturel sont 4 fois supérieurs, ce qui a déjà provoqué des délocalisations outre-Atlantique.
Cette flambée des prix de l’électricité provient du subventionnement des énergies vertes, décidé par la coalition du SPD et des Verts il y a une vingtaine d’années. Cette mesure devait être financée par une taxe prélevée sur les factures d’électricité. « Ça ne coûtera pas plus cher aux consommateurs qu’une boule de crème glacée », avait dit alors Jurgen Trittin, qui dirigeait le parti des Verts. Mais la taxe n’a fait que monter, d’autant que les industries grandes consommatrices d’énergie en sont exemptées pour protéger leur compétitivité sur les marchés mondiaux. Rien que cette année, la hausse atteint 47%. Merkel avait misé sur une augmentation du prix de l’électricité dans le monde, qui aurait supprimé le besoin de collecter la taxe. Mais la chancelière n’avait pas vu venir la révolution du gaz de schiste aux Etats-Unis…
La situation est confuse : les entreprises qui ont fait le plus d’efforts pour être moins énergivores, sont pénalisées par la taxe ; celle-ci est désastreuse sur le plan politique, parce qu’elle impacte lourdement les ménages. Les propriétaires sont ceux qui peuvent s’offrir les installations solaires, et bénéficier des revenus qu’elles génèrent, payés par les gens qui ne peuvent que louer leur logement : en clair, les pauvres subventionnent les riches.
Pourtant, la chancelière est « plus convaincue que jamais » que son pari énergétique est le bon. « Si quelqu’un peut réussir dans ce domaine, ce sont les Allemands. Ce n’est pas facile, mais nous pouvons y arriver », dit-elle.
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Les écarts de niveaux de vies entre les ménages les plus aisés et les ménages les plus modestes se sont accrus en 2011, tandis que la pauvreté a gagné du terrain. Explications.
Voici une étude qui devrait encore accroître la pression sur le gouvernement pour redonner du pouvoir d'achat aux salariés modestes : les inégalités se sont creusées en France en 2011, selon l'enquête Revenus fiscaux et sociaux publiée par l'Insee ce vendredi 13 septembre.
- Un niveau de vie médian qui stagne
Le niveau de vie médian des personnes vivant dans un ménage en France métropolitaine est resté stable en 2011 à 19.550 euros, soit 1630 euros par mois. Ce montant partage la population en deux, la première moitié ayant moins et la seconde ayant plus. Sous l'effet de la crise, le niveau de vie avait baissé en 2010 (- 0,5%) après une progression faible en 2009 (+ 0,4%). Auparavant, entre 2004 et 2008, il avait augmenté de 1,8% par an en moyenne.Nouvelle dégradation pour les plus modestes
Les niveaux de vie ont augmenté "uniquement" pour la moitié la plus aisée de la population en 2011, alors qu'ils ont reculé pour la troisième année consécutive pour la moitié la plus modeste, selon l'enquête. La situation s'est améliorée plus largement dans la moitié haute de la distribution : le 9e décile progresse de 2,1% en euros constants, plus fortement que les trois déciles qui le précédent (de + 0,1 % à + 0,8 %). À l'inverse, les quatre premiers déciles de niveau de vie continuent à diminuer en 2011 en euros constants (entre -0,2% et -0,8% selon le décile), mais à un rythme moins élevé que les deux années précédentes (entre -0,7% et -1,7% en 2010, et entre -0,4% et -1,1% en 2009).
La hausse des inégalités se poursuit
"La plupart des indicateurs montrent une progression des inégalités", relève l'Insee. Ainsi, les 10% les plus modestes avaient en 2011 un niveau de vie inférieur à 10.530 euros alors que les 10% les plus aisés disposaient d'au moins 37.450 euros, soit 3,6 fois plus, contre 3,5 fois en 2010. L'indice de Gini, qui mesure le degré d'inégalité dans une population, a poursuivi sa progression: il est passé de 0,303 en 2010 à 0,306 en 2011, alors qu'il avait déjà nettement augmenté l'année précédente. Enfin, le rapport entre la masse des niveaux de vie détenue par les 20% de personnes les plus aisées et celle détenue par les 20% les plus modestes passe de 4,5 en 2010 à 4,6 en 2011, son plus haut niveau enregistré depuis 1996. En clair : les 20% de ménages les plus modestes disposent en 2011 de 8,6% de la somme des revenus disponibles, les 20% les plus aisés perçoivent 39,5% de cette somme.
Des disparités salariales et patrimoniales
Cette poursuite des inégalités est en partie due à l'augmentation des disparités salariales. En 2011, comme l'année précédente, les bas salaires ont pâti de la faible revalorisation du Smic horaire brut: en moyenne annuelle, le Smic a baissé de 0,3% après -0,4% en 2010. En outre, au sein du premier décile de niveau de vie, la part des salariés ayant un emploi à durée limitée ou à temps partiel a augmenté. À l'opposé, les revenus salariaux évoluent plus favorablement dans le haut de la distribution.
Quant aux revenus du patrimoine, ils ont augmentent en 2011, en lien avec la légère hausse des taux d'intérêt et la progression des revenus de valeurs mobilières. Toutefois, ces revenus sont très inégalement répartis. Pour la grande majorité de la population, ils contribuent peu à l'évolution du niveau de vie du fait de leur faible poids dans le revenu disponible (moins de 6 % en moyenne pour 90 % de la population). En revanche, pour les 10 % de personnes les plus aisées, ils représentent 27 % du revenu disponible ; leur dynamisme en 2011 a donc contribué donc positivement à la progression du niveau de vie de ces personnes.
Le taux de pauvreté continue d'augmenter
La pauvreté a progressé en 2011 avec 8,7 millions de Français concernés, soit 14,3% de la population, vivant avec moins de 977 euros mensuels, contre 14% de la population vivant sous le seuil de pauvreté en 2010. Il a atteint son plus haut niveau depuis 1997. Cette hausse est la troisième consécutive, même si elle est plus modérée que celles enregistrées lors des deux années précédentes (+0,5 point en 2009 et +0,6 point en 2010).
Les actifs plus pauvres que les retraités
Parmi les adultes pauvres, la part des retraités diminue (de 10% à 9,3%), quand celle des actifs augmente (de 10,2% à 10,9%). Cette amélioration provient de la revalorisation des pensions au 1er avril 2011 (+2,1% pour le régime général) et de l'arrivée de retraités bénéficiant de carrières salariales plus favorables. Elle est due aussi à la revalorisation du minimum vieillesse au 1er avril 2011 (+4,7% pour une personne seule et + 2,1% pour un couple).
Les jeunes et les chômeurs plus touchés par la pauvreté
Le nombre d'actifs vivant sous le seuil de pauvreté a fortement progressé en 2011 (+232.000 sur un an), aussi bien parmi les salariés que parmi les chômeurs. Les premiers pâtissent d'une diminution des bas salaires en euros constants. Dans un contexte où le chômage est resté relativement stable en moyenne annuelle entre 2010 et 2011, la diminution du niveau de vie des chômeurs provient, elle, en partie de l'augmentation des durées de chômage. Elle s'accompagne d'une légère hausse du nombre de ceux qui ne perçoivent plus d'indemnisation.
En effet, parmi les chômeurs, la part de ceux ayant deux ans ou plus d'ancienneté s'accroît de 1,7 point à 20,5% et celle des chômeurs non indemnisés de 0,5 point à 46,4%. Par ailleurs, les revalorisations des allocations chômage ont été inférieures à l'inflation (le salaire journalier de référence, par exemple, a été revalorisé de 1,5 % au 1er juillet 2011 après 1,2 % au 1er juillet 2010, soit une progression de 1,35% en moyenne annuelle entre 2010 et 2011). Ainsi, le poids des revenus déclarés " perçus " (y compris indemnités de chômage, mais avant prestations sociales et impôts directs) diminue de 1,8 point dans le revenu disponible des chômeurs. La proportion de chômeurs vivant sous le seuil de pauvreté est ainsi passée de 35,8% à 38,9% entre 2010 et 2011.
Le taux de pauvreté des jeunes adultes (18 à 29 ans) s'est accru de 1,7 point en 2011 à 19,4% et leur niveau de vie médian a diminué de 2,6% après être resté stable en 2010. En effet, la part des jeunes ayant un emploi a reculé (-1,4 point à 55,4%) ; ils sont proportionnellement plus souvent au chômage (+0,4 point à 12,2%) ou inactifs (+0,9 point à 32,3%). En outre, ceux qui avaient un emploi en 2011 étaient plus souvent en contrat à durée limitée ou à temps partiel qu'en 2010. Ainsi, le taux de pauvreté des jeunes ayant un emploi a augmenté de 1,4 point en 2011 à 11,5%, contre +0,5 point à 8% pour l'ensemble des personnes ayant un emploi.
La France est occupée, sa destruction programmée
Erick Mary, 39 ans, issu d'un milieu populaire, qui a grandi au Mirail dans les HLM de la banlieue de Toulouse et où, selon ses dires, il fut le seul blanc blond aux yeux bleus parmi les habitants qui l'apostrophaient sur un ton chaleureux et humoristique d'un « ah ! Jean-Marie la fierté du quartier ! » a milité depuis mars 2010 pour l'UPR, le parti de François Asselineau fondé en 2007.
Remercié brutalement par le parti politique auquel il avait adhéré et profondément cru et où il occupait la fonction de secrétaire national au militantisme, il continue dans sa lancée politique face à ce qu'il nomme l'occupation du pays avec un nouveau collectif citoyen, la FFI (Fédération Française de l'Intérieur) 2.0. Revenu des partis politiques institutionnels, Erick Mary veut apporter une alternative citoyenne. Rencontre avec Erick Mary, un citoyen français qui porte fièrement la casquette devenu le symbole des FFI 2.0, amoureux de la France et de ses traditions, qui ne veut pas laisser la France se faire occuper et se voire détruire dans ce qu'il appelle « une destruction programmée des Etats-nations européens » et qui dénonce l'amendement Gaymard au travers d'une campagne citoyenne nationale .
L’Alsace retirée à la France. L'amendement Gaymard ou amendement 745-9 bis A, qui permettra de raccrocher l'Alsace à l'Allemagne, a été voté par nos députés le 23 juillet 2013 en toute discrétion durant la période estivale. « On va retirer aux Français le droit de dire non au démantèlement de la région comme ce fut le cas avec l'essai alsacien qui a été tué dans l’œuf par le non au référendum. En Alsace, les élus ont été obligés de passer par un référendum pour demander si les Alsaciens étaient d'accord avec cette réforme territoriale dont le but caché était de placer l'Alsace dans le giron allemand du Land du Bade-Wurtemberg. Sans le référendum local, les habitants d'Alsace et des autres régions visées par la politique des euro-régions de Bruxelles n'auront plus de possibilité de refuser une telle décision. Cette situation est grave car si l'amendement passe au Sénat, il n'existera plus dans le droit des collectivités territoriales les recours légaux pour faire valoir l'appartenance d'un département ou d'une région à la République. C'est la fin de la démocratie et du droit, pour le cas alsacien, il ne restera au peuple alsacien que les armes pour dire non à cet Anschluss. »L'amendement Gaymard doit passer en cette rentrée 2013 devant les sénateurs et il concerne, sans l'avis d'un référendum, le regroupement de départements (article L3114-1), le changement de limites d’une région (L4122-1-1) et le regroupement de régions (L4123-1).
Dès1998, Yvonne Bollmann publiait La Tentation Allemandeaux éditions Michalon, et mettait en garde la France des nouvelles volontés de l'Allemagne de vouloir reprendre l'Alsace.Dans notre article paru en octobre 2012, nous parlions déjà six mois avant le référendum alsacien d'un certain plan allemand pour casser la France comme nous le disait Yvonne Bollmann. Sur internet, l'experte du monde germanique est violemment attaquée et doit faire attention à ses mots pour ne pas affronter des procès d'organisations allemandes qui bénéficient de fonds colossaux.
De l'UPR à la FFI 2.0.« François Asselineau est un homme politique qui touche son salaire d'Inspecteur Général des finances au plus haut grade de l'administration. Pour réellement être proche du peuple et pour être en phase avec son vœu d'être l'homme providentiel afin d'embrasser un éventuel destin historique, il devrait avoir le courage de sauter dans l'action politique comme de Gaulle en brisant son carcan d'énarque et pour commencer:de vivre avec le RSA !». Erick Mary dit avoir beaucoup appris de l'UPR et garde une profonde empathie envers son président, même si il prend une position ferme. « François Asselineau s'endormait bizarrement à chaque fois que nous nous approchions d'un péage. On devait sortir notre carte pour régler le déplacement. En tant que secrétaire national au militantisme de l'UPR je faisais en sorte que les militants puissent recevoir le remboursement de leurs frais ». C'est sur sa page facebook qu'Erick Mary va poster des prises de position de l'humoriste Dieudonné tout en menant tambour battant une campagne contre la fusion des départements d'Alsace. François Asselineau va considérer ces publications sur Dieudonné comme un manquement grave à la déontologie de l'UPR et sur le champ mettre un terme à son activité au sein du parti. « Nous sommes des prolos à l'image de la France. Cela a dû poser un problème à François Asselineau, mais quand tu prétends être un mouvement de Libération Nationale pour libérer ton pays, tu le libères avec tout ces citoyens...».
« Les prochains mois vont être révélateurs. François Asselineau, qui se pose en sauveur du pays et en rassembleur, n'est pas crédible car il se rêve en candidat du capital, de la caste de l'élite et des médias et n'est pas capable de partager l'affiche avec d'autres leaders politiques. Son Union populaire et Républicaine avec le slogan qui vante le rassemblement du peuple pour rétablir la démocratie est hélas mis à mal par les dysfonctionnements entre le discours et les actes. François Asselineau propose dans ses paroles aux Français avec sérénité et modération, une analyse légale des textes des lois au niveau international et national pour pouvoir répondre à la destruction programmée de la Nation française et de la France. Tout le monde ne propose pas ce programme qui a un aspect très révolutionnaire. Ce programme, très louable et séduisant de l'UPR, qui est proposé de manière légale, veut se battre contre l'américanisation et le nouvel ordre mondial. Subitement, quand on doit aller au charbon sur le terrain pour parler de la destruction de la France et de son occupation aux Français et faire connaître les analyses de l'UPR, François Asselineau ne veut pas mouiller la cravate !»
En août, Erick Mary a recontacté l'UPR pour leur demander d'agir contre l'amendement 745-9 bis A mais ses anciens collègues ont fait la sourde oreille. « Déjà, quand j'étais à l'UPR, j'avais dans les tiroirs notre projet de Fédération des Forces Intérieures, FFI 2.0, que nous venons d'activer. On décide de faire par le biais associatif et de ne plus seulement parler». La FFI 2.0 a décidé de prendre son envol pour s'adresser au peuple de France et a lancé seule une campagne nationale d'information citoyenne ainsi qu'une pétition en ligne pour refuser et dénoncer l'amendement Gaymard. Depuis le mois d'avril, elle cherche un nom moins guerrier. La FFI 2.0 est née d'un accident suite au refus de François Asselineau d'aller sur le terrain en Alsace au nom de l'UPR. Pour Erick Mary, les jeunes Français issus de la cinquième génération maghrébine sont en train de renouer avec la République et l'idée France.
« Ce sont les Algériens, lors d'un séjour en Algérie, qui m'ont appris l'amour de la France. En France, la propagande nous a inculqué que les Français étaient des réactionnaires racistes comme Le Pen, qui tapaient sur les travailleurs immigrés. Les gens ont besoin de sens et ne sont plus amenés à être manipulés par SOS-Racisme ou par le FN qui, marchant main dans la main, ont poussé les jeunes Français à détester la France et la République. Les gens réalisent que c'est la Nation qui peut protéger les plus démunis. En France, le changement de population a eu lieu. On a un problème sérieux car on ne peut pas sortir le drapeau français et le néolibéralisme cultive les divisions identitaires jusqu'au mariage pour tous pour casser le modèle français.Vantant l'exemple de la Russie qui a réussi à se relever et à être fière de son drapeau et de son identité nationale, Erick Mary lance en guise de conclusion : « Je félicite la Russie qui a su dépasser la période Eltsine et s'en sortir ! »
L’horreur politicienne
L’horreur politicienne
Nous avons une opposition républicaine dans l’ensemble rongée par ses querelles d’ego, déconnectée du pays, indifférente à ses préoccupations et d’ailleurs, ne voulant pas les voir. Nous avons un courant protestataire qui prétend incarner l’espoir mais qui exhale le népotisme, la haine et la démagogie absolue. Nous avons des socialistes au pouvoir dépassés par les événements et entraînés dans une fuite en avant idéologique qui mène de toute évidence le pays à l’abîme. Tout ce petit monde passe ses journées à vomir des insultes, à cracher des accusations, à se défausser sur les autres. Mais nous avons aussi une France qui travaille. Nous avons des entrepreneurs qui prennent des risques et innovent. Nous avons des maires qui gèrent sérieusement leur commune. Nous avons des salariés qui se lèvent tôt le matin pour aller au boulot et ne comptent pas leurs heures. Nous avons des étudiants qui rament pour s’en sortir. Nous avons des soldats qui sont prêts à donner leur vie. Nous avons des intellectuels, des médecins, des professeurs, des écrivains, des scientifiques qui nous font honneur. Alors jusqu’où le fossé entre la France qui travaille et la France qui gesticule peut-il encore se creuser? Jusqu’à quand les Français vont-ils tolérer l’horreur politicienne?
Sondage : 73% des Français n'ont pas confiance en l'avenir du pays
Selon un sondage, près de trois Français sur quatre disent n'avoir pas confiance dans l'avenir de la France et leur avenir collectif.
Près de trois français sur quatre (73%) n'ont pas confiance dans l'avenir de la France et leur avenir collectif, selon un sondage Viavoice (1) à paraître samedi dans le quotidien Libération. Interrogés sur "l'avenir de la France et des Français", 40% déclarent n'être "pas vraiment confiants", et33% "pas du tout confiants". Enfin, 25% se déclarent confiants (23% "assez confiants", 2% seulement "très confiants"). 2% ne se prononcent pas.
Sur les raisons pour lesquelles ils n'ont pas confiance dans le destin collectif de la France, 78% mentionnent en premier lieu "la situation économique du pays", 47% "la situation politique", 19% "l'état moral du pays", 14% son "état psychologique". Deux réponses étaient possibles parmi ces quatre propositions.
Sur les raisons pour lesquelles ils n'ont pas confiance dans le destin collectif de la France, 78% mentionnent en premier lieu "la situation économique du pays", 47% "la situation politique", 19% "l'état moral du pays", 14% son "état psychologique". Deux réponses étaient possibles parmi ces quatre propositions.
33% aimerait s'expatrier
Malgré tout, 82% partagent l'idée que "tout compte fait, on a quand même beaucoup de chance de vivre en France". 33% des personnes
interrogées assurent que si elles le pouvaient, elles préfèreraient "s'expatrier et vivre dans un autre pays que la France". 48% seulement trouvent que "le système social français fonctionne bien".
Pour que la confiance revienne, ce qui vient en premier (plusieurs réponses possibles) à l'esprit des sondés, c'est de "créer des emplois, du pouvoir d'achat et de la croissance". 32% pensent qu'il faut "redéfinir la politique fiscale et de redistribution" (dont 13% "baisser les impôts" et 10% "diminuer ou réorienter les aides sociales"). Pour 32% également, il faudrait "modifier les orientations politiques".
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| Et pour cause ! |
Pour que la confiance revienne, ce qui vient en premier (plusieurs réponses possibles) à l'esprit des sondés, c'est de "créer des emplois, du pouvoir d'achat et de la croissance". 32% pensent qu'il faut "redéfinir la politique fiscale et de redistribution" (dont 13% "baisser les impôts" et 10% "diminuer ou réorienter les aides sociales"). Pour 32% également, il faudrait "modifier les orientations politiques".
44% font confiance aux politiques pour sortir de la crise
Parmi les autres solutions, 9% veulent "aider les entreprises", autant veulent "limiter l'immigration et aider les Français en priorité". Pour 7%, la solution passe par "une union nationale au service du bien commun", pour 5% par une amélioration de la sécurité et du fonctionnement de la justice.
Quant à savoir "qui pourrait sortir la France et les Français de la crise actuelle" (deux réponses possibles), 46% ont répondu "les gens, par eux-mêmes", 44% "les dirigeants politiques" (une proportion signe d'un "discrédit" de la classe politique selon Viavoice), 41% "les entreprises". A cette question, 4% ont répondu "personne", 7% ont fait d'autres réponses.
(1) Sondage réalisé par internet du 27 au 30 août auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.
Quant à savoir "qui pourrait sortir la France et les Français de la crise actuelle" (deux réponses possibles), 46% ont répondu "les gens, par eux-mêmes", 44% "les dirigeants politiques" (une proportion signe d'un "discrédit" de la classe politique selon Viavoice), 41% "les entreprises". A cette question, 4% ont répondu "personne", 7% ont fait d'autres réponses.
(1) Sondage réalisé par internet du 27 au 30 août auprès d'un échantillon de 1.002 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas.
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