dimanche 16 juin 2013
Le président d'honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a estimé vendredi que le fait que "les chaînes publiques aient été supprimées" en Grèce "n'est pas en soi choquant", tout en déplorant le rôle de l'Union européenne dans les politiques d'austérité. Le gouvernement grec a annoncé et immédiatement mis en application mardi, à la stupeur générale, la fermeture des chaînes de la télévision et radio publiques ERT, sous la pression de ses bailleurs de fonds internationaux. Cette décision a provoqué une grève générale et des manifestations depuis trois jours.
"C'est l'Europe qui oblige la Grèce à se mettre la ceinture d'une façon presque inhumaine", a commenté Jean-Marie Le Pen dans son blog vidéo hebdomadaire. "Mais que les chaînes publiques aient été supprimées n'est pas en soi choquant, dans la mesure justement où elles servent à l'État à exprimer son point de vue et avaient l'écoute qu'elles méritaient, c'est-à-dire une très mince écoute", a-t-il ajouté. ERT emploie 2.500 salariés.
samedi 15 juin 2013
Touche pas à ma retraite
Touche pas à ma retraite
Touche pas à ma retraite ! Qu'un gouvernement s'avise d'associer le mot réforme au mot retraite et aussitôt on lui promet une Bérézina politique. Le rapport Moreau, qui lance le cinquième épisode de la réforme depuis 1993, était voué aux gémonies avant même sa publication hier et les socialistes suspectés d'organiser une marche arrière sur ce totem social. Une solidarité bien comprise imposerait de faire cotiser tous les salariés selon des règles de stricte égalité et de justice pour assurer l'avenir de la retraite par répartition. Le signal d'espoir serait fort en direction de notre jeunesse qui aspire à autre chose qu'à son actuel brouillon d'avenir. Mais les calendriers électoraux, si serrés, si sclérosants, enverraient au massacre tout inconscient que l'idée effleurerait de faire payer les vieux pour les jeunes.
La retraite, comme les congés payés, est une bataille populaire majeure. De ces épopées démocratiques auxquelles on ne touche pas sous peine d'être accusé de vouloir effacer nos grands-parents de l'histoire sociale de France. Notre vision de cette histoire est si rétrospective que souvent elle pousse le législateur à empiler des modifications sur l'existant pour ne fâcher personne.
La force du symbole est telle dans ce pays organisé par les lois de l'après-guerre, que les acquis de 1936 et les grandes avancées du Conseil national de la Résistance sont perçus comme des guerres sociales. Regardez Pierre Mauroy, son bilan, pourtant reconnu par tous, est déjà dominé par la retraite à soixante ans. Hélas, à trop raconter l'histoire comme on voudrait qu'elle soit on oublie de voir l'évolution du monde, souvent masquée par des heures et des heures de débats entre spécialistes. En vingt ans tous les curseurs ont été poussés, toutes les vis serrées et même le recul de l'âge légal annoncé comme l'alpha et l'oméga du retour à l'équilibre des régimes n'a servi de rien.
Le temps des empilements et des compensations est révolu. Ils n'ont créé que lenteurs et ranc'urs. La vraie bataille est celle du chômage et du retour de la croissance. L'emploi est la seule vraie potion magique des régimes de retraite. L'espérance de vie, la durée de cotisations, l'âge légal ne sont que les cache-sexe de l'austérité.
Bas les masques !
Bas les masques !
L'affaire Tapie-Crédit Lyonnais est désormais clairement devenue une affaire d'État, avec tout que cela comporte d'exploitation politicienne, d'accusations péremptoires et de condamnations sommaires, broyant allègrement la présomption d'innocence et anticipant sans la moindre précaution ce que seront les décisions des juges. À mesure que se dévide la pelote emmêlée des aveux, les rôles se précisent. L'étau se resserre autour de celui qu'on appelait pudiquement jusque là le « chef de bande » mais dont le portrait-robot a de plus en plus les traits de Nicolas Sarkozy. La réserve, plus ou moins hypocritement observée jusque-là, a fait place à des charges virulentes.
L'aveu par Stéphane Richard, l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, d'une « réunion cruciale » tenue à l'Élysée en juillet 2007 à l'initiative de Claude Guéant et en présence de Bernard Tapie, a évidemment fait tomber beaucoup de masques. Sans qu'on s'offusque, au passage, des « fuites » de source judiciaire. Reste que les « révélations » de l'actuel PDG d'Orange, peut-être plus lampiste qu'escroc, ont autorisé une offensive gouvernementale savamment calibrée.
Difficile, pour l'exécutif, de ne pas exploiter l'aubaine maintenant que Sarkozy est « ciblé ». N'empêche que la charge de Fleur Pellerin, ministre de l'Économie numérique, dénonçant, par amalgame, un « système organisé » mis en place il y a dix ans, est apparue osée. A-t-elle agi de son propre chef ? On peine à l'imaginer. Surtout que l'annonce, par Jean-Marc Ayrault, du projet de l'État d'intenter un recours en révision contre l'arbitrage, indique une volonté d'aller jusqu'au bout. Ou jusqu'en haut.
Loin de nous l'idée d'absoudre Nicolas Sarkozy, capable de tellement de manigances, bien que l'on se demande ce qu'il avait à gagner dans un « marchandage » avec Bernard Tapie. Mais ce qui risque, hélas, de rester de cette affaire, c'est cette complicité de caste qui discrédite les dirigeants politiques et n'épargne aucun camp au gré des scandales. Car ne l'oublions pas, Bernard Tapie fut aussi un « protégé » de François Mitterrand.
Allemagne - France : même combat
Allemagne - France : même combat
Les responsables politiques allemands sont inquiets de la France. Ils se demandent si les Français partagent les critiques acerbes, presque insultantes, qu'ont prononcées, ces temps derniers, des responsables politiques français à leur égard. Ils en sont blessés, mais ne le disent pas. Surtout, ils se gardent de rétorquer car ils veulent éviter des polémiques inutiles.
Il n'empêche que ces responsables s'interrogent sur ce que notre pays veut réellement entreprendre face à cette crise. Comment la France va-t-elle s'y prendre pour redresser ses comptes ? À quel rythme ? Et prendra-t-elle, sans plus tarder, les difficiles mesures absolument nécessaires ? Va-t-elle tergiverser encore au risque d'aggraver les difficultés de l'Union européenne ?
Ces responsables allemands se gardent bien de poser toutes ces questions en direct. Ils savent avec délicatesse faire sentir leur interrogation globale. Ils sont prudents car ils craignent d'être considérés comme arrogants ou compatissants. Ils tiennent à éviter de donner l'impression de vouloir diriger l'Union européenne ou d'avoir l'ombre d'un sentiment de supériorité sur notre pays. Ils connaissent notre susceptibilité et donc leur propos sont pleins d'égards.
« Vous êtes la grande nation », disent-ils. Mais cette réflexion peut aussi être comprise comme une sorte de rappel de ce que nous devons être et que nous ne sommes peut-être plus. « Montrez à nouveau l'image que l'on avait de vous. »
« Voici dix ans, disent-ils, nous étions le pays malade de l'Union européenne. Aujourd'hui, les choses vont mieux ici. Donc, vous voyez qu'il est possible de retourner la situation. Comment ? Ce n'est pas à nous Allemands de vous le dire. Chaque peuple doit trouver son chemin. Nous ne sommes pas forcément l'exemple pour vous. D'autres pays, comme la Suède, peuvent l'être. À vous de voir... ».
Les écoles de la démocratie
Derrière ces analyses nuancées, on sent une impatience. « La France nous est nécessaire », disent les Allemands. Nécessaire à l'équilibre et au développement de l'Union. « Sans la France (sous-entendu redressée), il n'y a plus rien ! »
Ces Allemands se sentent à parité avec nous. Aucun des deux pays n'est supérieur à l'autre. Ils savent, en effet, qu'eux-mêmes ne sont pas à l'abri d'évolutions économiques défavorables. Ces deux pays, ensemble, sont indispensables à la bonne marche de l'Europe mais il faut pour cela que la France soit aussi solide qu'avant, sinon le tandem sera bancal.
C'est une sorte d'appel, pas du tout une menace qui nous est adressée. L'Allemagne attend de nous non seulement des paroles, des promesses d'engagement rassurantes mais des réalisations qui sont extrêmement urgentes.
Il est évidemment grand temps qu'une ligne soit définie et tenue sans zigzags, sans allers-retours, sans atermoiements. Alors la confiance, si elle était ébranlée, reviendra pleinement. Mais pour cela, il faudrait aussi cesser ces critiques inadmissibles proférées, ces jours derniers, par exemple, par un leader d'extrême gauche qui ose dire que l'Allemagne n'aime pas la vie. Réflexion stupide et méchante. Non seulement l'Allemagne aime la vie mais, en plus, elle a le courage d'expliquer et de flétrir ses erreurs passées dans des expositions en plein Berlin, comme « La topographie de la terreur » ou le « Musée Stauffenberg de la résistance allemande » où l'on montre comment la démocratie a sombré et avec quelles souffrances elle a été reconstruite. C'est là que défilent les écoliers allemands dans ces écoles de la démocratie.
Faire taire les opposants : Vanneste, Colo… et le peuple
Faire taire les opposants : Vanneste, Colo… et le peuple
C’est le 21 février 2014 que l’ancien député UMP du Nord, Christian Vanneste, sera jugé à Paris pour complicité de provocation à la haine envers les homosexuels. Pour avoir évoqué, dans une vidéo parue l’année dernière sur internet, le poids des homosexuels en politique et dans les médias.
Que disait Christian Vanneste ? Que « l’un des fondements principaux de l’homosexualité (…), c’est le narcissisme ». Ou encore : « Il y en a de plus en plus à droite, d’ailleurs je remarque qu’ils se font la courte échelle. C’est bien, mais je ne pense pas que ce soit en ayant une vie différente de la plupart des gens que l’on peut les diriger. (…) Vous en avez beaucoup dans le domaine de la culture (…), des médias, (…) par là même il y a un renversement (…) de la proportion, du poids de l’homosexualité dans la société, c’est assez fascinant de ce point de vue là. »
On ne touche pas aux tabous. Pour l’avoir fait, Christian Vanneste avait été exclu de l’UMP et, privé de l’investiture de son parti, avait perdu l’élection législative de juin 2012.
Ce n’était pas une première. En 2005 déjà (et, à l’époque, Présent l’avait interrogé à plusieurs reprises), Christian Vanneste avait été poursuivi pour avoir déclaré que « l’homosexualité est une menace pour la survie de l’humanité ». Condamné en première instance et en appel, l’arrêt avait été finalement annulé par la Cour de cassation à la fin de 2008. Et personne, bien évidemment, ne s’était donné le ridicule d’intenter un procès à Dame Nature, qui justifie le propos de l’ancien député UMP…
Suspicion
Le 5 juin dernier, Minute (N° 2618, à retrouver sur www.minute-hebdo.fr) donnait la parole à Christian Vanneste, à propos d’un petit opuscule que le président du Rassemblement pour la France, pas spécialement sensible aux persécutions d’un système totalitaire, vient de publier, aux éditions Mordicus : M… au lobby gay !
Un entretien où il explique ne pas avoir été poursuivi pour ce qu’il avait dit, mais pour ce qu’il était suspecté de penser. « Police, vos pensées ! », c’est une expérience que nous avons faite de longue date à Présent…
Soulignant n’être pas homophobe et n’avoir jamais tenu de propos homophobes, Christian Vanneste assure que, en tout état de cause, il garde espoir, et ne désarme pas : « Vanneste meurt mais ne se rend pas ! »
Pressions
En ce domaine, la pression – avant même de parler de répression… – est généralisée. A côté de Christian Vanneste, à côté de tous les Français, normaux, comme dirait François Hollande, qui ont défilé, par millions tout de même, pour dire « non » à la loi Taubira, il y a aussi le maire d’Arcangues, dans les Pyrénées-Atlantiques, Jean-Michel Colo, dont nous avons déjà souligné à plusieurs reprises, l’admirable résistance – oui ! oui ! M. Hollande, j’ai écrit : « résistance » !
« Nous condamnons avec force le refus » du maire « de procéder au mariage de Guy et Jean-Michel, domiciliés dans sa commune », écrivent ainsi le collectif du Pays basque pour les libertés de choix et le collectif Béarn pour l’Egalité des droits. Rien d’étonnant, puisque ce sont des collectifs militants, regroupant, entre autres, le Planning familial, la Ligue des droits de l’homme Pau Béarn-Pays basque ou des partis comme le PC, le NPA ou le Parti de gauche… qui, tous, crient au « déni de démocratie ».
On ne voit pas trop en quoi il y aurait là déni de démocratie. Ou alors tous ceux qui, à travers l’histoire républicaine, se sont opposés à des lois qu’ils estimaient injustes sont, eux aussi, dans le déni démocratique. Ça ferait pas mal de grands ancêtres à condamner…
Peu importe ! Forts d’on ne sait trop quel juridisme creux, ces collectifs poursuivent : « Monsieur le maire d’Arcangues et ses adjoints ont l’obligation de respecter la loi. (…) S’ils persistent, nous demanderons aux autorités compétentes d’y mettre un terme (…) en appliquant les sanctions légales avec la plus grande fermeté. »
Autre pression, celle de deux femmes conseillers municipaux qui demandent à Jean-Michel Colo de leur accorder délégation de pouvoir. Histoire de pouvoir procéder aux mariages quels qu’ils soient…
Il y a là quelque chose d’étonnant, chez nos politiques, concernant la conscience. Laisser faire quelque chose qu’on tient pour mal par un autre serait respecter la liberté de conscience ! Drôle de conception… Il est vrai que, depuis que les socialistes vivent sous l’idée du « responsable mais pas coupable », tout le monde fait n’importe quoi.
Europe contre Russie
Même le Conseil de l’Europe se met à ce genre d’argument sans fondement, qui vient d’interpeller la Douma pour qu’elle n’approuve pas le projet de loi russe interdisant la « propagande en faveur de relations sexuelles non traditionnelles » auprès des mineurs.
« Cette loi, assure son Secrétaire général, Thorbjørn Jagland, porte clairement atteinte à quelques-uns des principes les plus fondamentaux de la Convention européenne des droits de l’homme, comme la liberté d’expression et la liberté de réunion. »
Et il ajoute : « L’opinion publique est peut-être favorable à une telle loi, mais cela ne justifie pas de légaliser les préjugés. »
Autrement dit, le Conseil de l’Europe admet que l’on peut saper les fondements mêmes de la démocratie, si le peuple, une fois de plus, ne va pas dans le « bon » sens… La Solution de Bertolt Brecht est toujours l’ultime technique des technocrates qui ne font plus la différence entre démocratie et totalitarisme…
Dans le monde entier, on les appelle « freelances », en France ce sont des auto-entrepreneurs …et ils vont disparaître.
Le projet du gouvernement sur la réforme du statut de l’auto-entrepreneur mené par Sylvia Pinel, Ministre de l’artisanat, du commerce et du tourisme qui vise à limiter la durée de l’exercice à deux années semble arriver à son terme par cette dernière déclaration au contour plus amical incluant désormais des seuils afin de ne pas trop nuire aux petits revenus.
Au programme : Si les seuils de 19.000 € pour les professionnels de service et de 47.500 € pour ceux du commerce sont dépassés l’auto-entrepreneur sera complètement soumis à la réforme annoncée, à savoir deux ans maximum d’activité sous ce régime « avantageux » et dérogatoire à la norme fiscale… Pour contrebalancer tout cela, une armada de mesures d’encadrements est proposée pour aider le créateur à basculer vers l’entreprise traditionnelle : EI, SARL, SAS… On peut lire dans ce rapport : « Un groupe de travail associant notamment les fédérations professionnelles, les chambres consulaires, les experts comptables, les associations de gestion agréés, l’ARF, la BPI, Pôle emploi, l’APCE, l’ADIE, élaborera une offre d’accompagnement cohérente et à des tarifs adaptés. ».
Il n’y a sans doute pas matière à rassurer les premiers concernés qui frémissent déjà à l’idée d’enchaîner des rendez-vous, payants pour certains, avec de multiples conseillers pour explorer les arcanes de l’entreprise à la française. Le choc de complexification aura bien lieu pour les auto-entrepreneurs !
Il n’y a sans doute pas matière à rassurer les premiers concernés qui frémissent déjà à l’idée d’enchaîner des rendez-vous, payants pour certains, avec de multiples conseillers pour explorer les arcanes de l’entreprise à la française. Le choc de complexification aura bien lieu pour les auto-entrepreneurs !
On retient aussi deux grands principes dans cette déclaration : le régime n’aurait pas fait ses preuves et il convient aux yeux de Sylvia Pinel de bien distinguer deux sortes d’auto-entrepreneurs : « entre ceux qui « créent leur emploi » et ceux qui « créent leur entreprise ». L’objectif est de mieux cibler les auto-entrepreneurs « à haut potentiel » qui ont vocation à développer une activité entrepreneuriale. ».
On rappellera que le statut imaginé par Hervé Novelli en 2009 visait à créer un échelon de statut administratif complètement différent et simplifié pour permettre aux Français de goûter à l’entrepreneuriat, d’essayer de confronter leurs compétences à une clientèle voire de créer tout simplement leur propre emploi dans un pays où le taux de chômage demeure à des niveaux trop élevés depuis trente ans.
Si, le gouvernement semble vouloir faire une avancée en ne touchant pas aux plus petits revenus d’auto-entrepreneurs (et par là même aux revenus de complément de salaire) on décèle bien dans ce discours une idéologie sous-jacente qui consiste à penser que les auto-entrepreneurs ne sont pas véritablement des entrepreneurs et qu’ils pensent plus à créer leur propre emploi que bâtir une PME de 10, 20 ou 100 salariés… les égoïstes.
Et si cela n’était pas si grave ? Vouloir créer son propre job, innover, trouver ses propres clients est une des voies à explorer pour infléchir la courbe du chômage comme l’a déclaré Tony Wagner, spécialiste de l’enseignement à Harvard, dans le New York Times : « Need a job ? Invent it »
La réforme actuelle du statut d’auto-entrepreneur est basée sur un principe plus idéologique au sens économique du terme. Certains sont convaincus que les auto-entrepreneurs sont les sous-traitants de ce monde et constituent une main d’œuvre bon marché pour les PME grâce à la flexibilité de leur statut. L’auto-entrepreneur serait donc une ressource pour la « vraie » entreprise ? Dans ce raisonnement, faire disparaître ce régime et ses acteurs pourrait provoquer une réapparition mécanique de salariés dans les PME-PMI ? À court terme, cette logique pourrait même se poser en solution évidente pour infléchir la courbe ascendante du chômage ? Mais les choses ne sont pas si simples !
Après tout, la motivation des jeunes (ou moins jeunes) entrepreneurs est aussi à trouver dans l’idée de liberté au travail, du choix de ses clients et de ses services. Bon nombre de témoignages d’auto-entrepreneurs affluent dans ce sens, on a pu en lire des centaines ici et là et on remarque que l’envie d’agir pour créer son propre emploi, ne plus être à la merci du chômage et éventuellement rencontrer un certain bien-être au travail sont des motivations récurrentes de ces créateurs. Et à ceux qui soulignent que les auto-entrepreneurs ne réussissent pas dans les affaires, qu’ils sont des chômeurs en puissance nous ne pouvons que répondre que la régression que connaît notre société n’est pas le fait de travailler coûte que coûte mais bel et bien le chômage lui-même. Il paraît inconcevable de s’attaquer aux personnes qui essayent de sortir de l’ornière du chômage et de la destruction d’emploi sous contrat (CDI – CDD) en leur offrant pour argument que leur tentative ne résout rien !
La société Freelancer.com partenaire de la FEDAE qui a évidemment signé la pétition des poussins est au cœur de ce débat. Ce site met en relation plus de 7 millions de petites entreprises ou freelances dans le monde entier et près de 25.000 utilisateurs français, pour la plupart des micro-entreprises évoluant dans ces nouveaux métiers (IT, de l’informatique ou des services en BPO – métiers externalisés).
Depuis 2009, plus de 2,4 millions de $ ont été échangés sur la plateforme par les TPE françaises qui exportent et par celles qui achètent des services en sous-traitance. De fait, des milliers d’auto-entrepreneurs français, surtout dans les services et les IT, sont déjà tournés vers l’international et ne comptent plus beaucoup sur les donneurs d’ordres locaux (les PME). Le cas est similaire en Espagne où Freelancer.com constate que l’export est l’unique porte de sortie pour la petite économie.
Mais alors, qui achète leurs services et qui travaille avec ces freelances français ? Près de 40 % des services achetés via internet le sont par des Américains (33%) et des Anglais (9,5%), les pays anglo-saxons achètent donc massivement des services aux freelances français et d’Europe du sud d’une manière plus générale. Mais les TPE françaises se tournent aussi vers l’international pour acheter des services auprès du sous-continent indien (40 % des échanges).
Ces nouveaux travailleurs ont décidé de profiter d’une flexibilité dans le travail. Ils ont des clients à l’étranger pour la majorité d’entre eux et interagissent avec des entreprises internationales dans des domaines de compétences nouveaux : programmation PHP, MySQL, architecture logicielle, l’ingénierie. Vouloir limiter leur marge d’action en les obligeant à intégrer des statuts d’entreprises plus contraignantes en terme administratif et fiscal va tout à fait à l’encontre de leur quotidien. Ces petites entreprises, personnelles, dynamiques et en phase avec les services internationaux ne pourraient perdre cette liberté. Il faut bien garder à l’esprit que le « small business » existe dans le monde entier. Croyez-moi, la France ne peut pas être le seul pays au monde où le fait de créer son activité vous plonge automatiquement dans un maquis administratif !
Hervé Gattaz candidat à la présidence du Medef va même plus loin et déclare lors d’un entretien accordé à l’AFP : « Généralisons la simplicité de ce statut aux artisans et très petites entreprises, harmonisons les règles, notamment fiscales, et facilitons les procédures d’embauches, voilà ce qui créera de l’emploi ».
Effectivement, le monde change et la perception de nos petites entreprises doit changer avec lui. Ne pas comprendre les évolutions actuelles nous amène dans l’impasse du chômage tandis que nous n’avons plus qu’un seul choix : prendre le train du changement en marche.
TOUT ÇA AU PROFIT SOUVENT DE PERSONNES SE PRÉTENDANT ARTISANS,
ASSOMMANT PLUTÔT QUE FACTURANT LE CLIENT.
VOILÀ ENCORE UNE CARACTÉRISTIQUE DU CORPORATISME FRANÇAIS.
Mariage pour tous : Pierre Bergé sous protection policière; COMBIEN COÛTE LA PROTECTION DE CE SODOMITE ?
Pierre Bergé, l'un des actionnaires du journal Le Monde, a été placé sous protection policière en raison de menaces reçues à la suite de ses prises de position en faveur du mariage des homosexuels, annonce, vendredi 14 juin, sa fondation. Cité parEurope 1, le président du Conseil de surveillance du Monde indique bénéficier d'une protection assurée par le Service de protection des hautes personnalités (SPHP) de la police nationale après avoir "eu des menaces".
Pierre Bergé précise qu'il n'en a pas fait la demande et que ces gardes du corps lui ont été "proposés". Interrogé par l'AFP à ce sujet, la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent a confirmé que Pierre Bergé bénéficiait d'une telle protection "depuis quelque temps".
Un militant actif en faveur du "mariage pour tous"
Compagnon du défunt Yves Saint Laurent, Pierre Bergé avait organisé fin janvier à Paris, en plein débat sur l'adoption de la loi, une soirée destinée à promouvoir le mariage pour tous, réunissant des dirigeants politiques et personnalités diverses. Il a également activement défendu cette disposition dans les médias ou sur Twitter.
Le 27 mars, des opposants au mariage pour tous ont annoncé, par le biais de leur avocat, avoir porté plainte contre Pierre Bergé pour "incitation à commettre un acte de terrorisme" en raison d'un message qu'il avait relayé sur Twitter. Selon Me Alexandre Varaut, l'homme d'affaires avait retweeté, le 17 mars, un message disant : "Vous me direz, si une bombe explose le 24 mars sur les Champs à cause de la Manif pour tous, c'est pas moi qui vais pleurer". Le message avait été rapidement retiré du compte de Pierre Bergé.
vendredi 14 juin 2013
L’économie sacrifiée dans les médias ?
Si en France, le manque de journalistes constitue un obstacle au décryptage de qualité de l’information économique, en Russie, les lecteurs sont beaucoup moins friands de ce genre d’analyses.
Avec la crise de 2008, l’économie s’est installée solidement au centre de l’actualité. Une partie considérable des journaux et des sites Internet nous livrent quotidiennement des informations sur les cours des monnaies, les taux de chômage, ou les transformations dans des différents secteurs industriels. Cette augmentation du flux d’information économique coïncide avec une période financière difficile pour les médias. Ce qui remet en cause la qualité du traitement de l’information économique.
Dans un rapport présenté à la mi-mai, l’Institut français pour le développement de l’information économique et sociale (IDIES) s’alarme sur la dégradation de la qualité de l’information dans les médias français.
Si les journalistes en France sont de plus en plus diplômés (la moitié ayant au moins le niveau Bac+4, selon IDIES), leur niveau de formation en économie baisse. En 2008, selon les calculs réalisés d’après les données fournies par le centre de délivrance des cartes de presse françaises, environ 85 % des journalistes avaient suivi des cursus dits « littéraires » (lettres, langues, communication), contre seulement 6% possédant une formation en économie ou en gestion. Un pourcentage qui n’est pas en rapport avec la progression des sujets économiques dans l’actualité d’aujourd’hui. En outre, les rédactions françaises sont obligées de faire face à un manque croissant d’effectifs, provoqué par des plans de départs volontaires. L’année dernière, environ 200 journalistes ont quitté les rédactions des grands quotidiens français, dont 80 celle du Figaro.
Le manque de formation économique des journalistes et la nécessité de travailler vite, sous la pression de temps, sont un autre problème pour les journalistes économiques en France. C’est pourquoi environ un tiers d’entre eux reprennent des chiffres publiés dans des communiqués des entreprises sans les vérifier. Mais déjà en 1996, une étude révélait que 47 % des journalistes économiques étaient incapables de lire les comptes des entreprises, et 51 % ne maîtrisaient pas les opérations de restructuration financière. Depuis lors, ces résultats ne se sont pas améliorés, s’alarme le rapport d’IDIES.
La demande en information économique est différente en Russie
En Russie aucune étude similaire n’a été réalisée, mais les experts russes s’accordent à dire que le niveau des journalistes économiques russes est en moyenne inférieur, comparé à celui de leurs confrères occidentaux. Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. La demande en information économique spécialisée est beaucoup moins forte en Russie. Si la plupart des médias russes sont dotés aujourd’hui de services économiques, ces derniers font surtout de la vulgarisation économique et non pas de l’analyse. Un travail en plus mal rémunéré, les rédactions connaissant de sérieuses difficultés économiques.
L’information économique est apparue à la fin des années 1980 avec la libéralisation des médias en URSS. Et pendant la première décennie qui a suivi l’éclatement de l’URSS, cette information économique avait un rôle de formation, expliquant le b.a.-ba de l’économie à tous ceux qui se lançaient dans l’entreprenariat. C’est ainsi qu’ont été créées en Russie la maison d’édition Kommersant et l’agence économique RBK.
« Certes, l’économie commence à dominer dans le flux des informations générales en Russie, c’est une tendance qui s’accentue depuis une dizaine d’années », explique Andreï Vyrkovski, chargé de cours à la faculté de Journalisme de l’Université d’Etat de Moscou. « Mais on ne peut pas comparer les médias russes au Financial Times, par exemple. Je ne sais pas comment cela se passe en France, mais dans les pays anglo-saxons, toute une catégorie de personnes possèdent des actions ou des parts dans des sociétés diverses. Une classe entière de journalistes se trouve au service de ces personnes, leur livrant des analyses et des informations ».
Vers une spécialisation des médias économiques ?
Malgré des différences au niveau de la demande, les médias russes, tout comme les médias étrangers, ne sont pas épargnés par la crise.
Selon Andreï Vyrkovski, le modèle économique des médias dans le monde ressemble aujourd’hui à celui du XIXe siècle. Ils ciblent de petits auditoires ayant des centres d’intérêt précis. Une transformation qui se produit sur fond de crise du modèle publicitaire qui existait depuis le début du XXe siècle. Aujourd’hui, la publicité qui finançait notamment le travail des journalistes, peut contourner les médias et se retrouver directement sur Internet.
« Il faut donc revenir au modèle de vente du contenu », conclut l'expert. « Les médias devraient devenir moins généralistes et plus spécialisés, pour que leur auditoire accepte de payer pour un contenu de qualité. Cela permettra d’augmenter la qualité de l’information économique qu’ils diffusent ».
Justice et solidarité entre générations
Justice et solidarité entre générations
Justice et solidarité, voilà deux mots bienveillants et lourds de (bon) sens. À l'approche de l'ouverture du chantier des retraites, l'Élysée les affiche comme des garde-fous après les avoir usés jusqu'à la corde depuis un an. Perdront-ils de leur éclat auprès des Français au pouvoir d'achat déjà écorné par des salaires en stagnation, le trop-plein d'impôts et l'annonce d'un méchant coup de rabot sur les allocations familiales ? Possible si ces mots s'avèrent n'être que de l'affichage.
Les premières fuites du rapport Moreau sur les retraites, remis ce matin au Premier ministre, laissent pourtant à penser que, cette fois, tout le monde sera mis à contribution. Actifs, retraités et fonctionnaires. Au nom de cette justice et de cette solidarité intergénérationnelle revendiquées, comment pourrait-il en être autrement à l'heure où le patronat dégage la voie royale pour Pierre Gattaz à la tête d'un Medef de combat ? À l'heure où les syndicats montrent leurs muscles ?
Le système de retraites par répartition, auquel les Français restent si attachés, va dans le mur. Chacun est d'accord sur le constat comme sur le début de solution dès l'instant où les efforts à faire portent sur le voisin. Dans un contexte tendu, avec un chômage catastrophique et une croissance en berne, l'indispensable réforme de nos pensions s'annonce, du coup, explosive même si une majorité des Français la juge incontournable.
Depuis trente ans, chaque gouvernement, de gauche comme de droite, s'est refilé la patate chaude. Et la loi Fillon de 2010, dernière en date, qui a reporté l'âge légal de départ de 60 à 62 ans à partir de 2017, n'a pas totalement réglé le problème. Sans chercher à noircir le tableau, il manquera 25 milliards d'euros pour le seul régime général en 2020 si on reste les bras ballants.
En responsabilité
Pour corriger le tir, la France, poussée à agir par Bruxelles, mettra-t-elle en veilleuse ses vieilles lunes idéologiques et corporatistes ? C'est à espérer dans ce dossier ultrasensible placé, avec l'emploi, au coeur des enjeux de la Conférence sociale des 20 et 21 juin.
Pour rendre la réforme efficace et acceptable par l'ensemble des Français, le gouvernement n'a pas d'autres choix que de tout mettre sur la table. D'abord, l'allongement de la durée de cotisation puisqu'il a écarté l'idée de toucher à l'âge légal de départ. Mais aboutira-t-on à un large consensus sur l'alignement des régimes entre fonctionnaires du public et salariés du privé, la réduction des avantages des régimes spéciaux, ou l'augmentation des cotisations, y compris pour les retraités ? Pas sûr.
Pourtant, mettre tout le monde à contribution ne signifie en rien dresser jeunes contre retraités, patrons contre salariés, public contre privé. Reste à s'en remettre au sens des responsabilités de chacun et aux vertus du dialogue social à la française. Va-t-il vraiment se durcir, comme certains le redoutent ?
En tout cas, rien ne serait pire, en contrepartie des efforts demandés, que de ne pas prendre en compte la pénibilité, le sort des femmes fortement pénalisées... C'est de tout cela que gouvernement et partenaires sociaux auront à finalement discuter, ensemble, dans les prochains mois. En gardant en tête que ce système, formidable dans l'esprit, repose sur le principe des sacrifices des uns justifiant ceux imposés à d'autres. Et qu'il faut en finir avec la politique de l'autruche. Car il y va, là, de sa survie.
Liberté d’expression : Yvan Rioufol convoqué par la police
Le journaliste conservateur Yvan Rioufol a été convoqué par la police judiciaire pour avoir osé dire ce qu’il pensait sur une campagne du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF). Dans la France socialiste, ce sont désormais les représentants des différentes minorités qui dictent les lois et qui fixent les limites de la liberté d’expression.
« Pour la première fois de ma carrière journalistique (débutée en 1976), j’ai reçu, samedi, une convocation pour être entendu par la Police Judiciaire, suite à une plainte déposée par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF)« . Voici comment le journaliste raconte sur son blog la tentative de censure dont il est victime.
Son crime : avoir osé s’inquiéter de « l’offensive islamiste » dans une émission radio de Marc-Olivier Fogiel à écouter ici (le passage qui nous intéresse est à 15’30″). En écoutant ce débat, on ne comprend vraiment pas ce qui justifie qu’un journaliste puisse être envoyé au poste.
Sur son blog, Rioufol, visiblement indigné par cette traque judiciaire liberticide et antidémocratique, s’énerve contre le CCIF : «
Avec sa plainte, le CCIF porte évidemment atteinte à l’élémentaire liberté d’expression. La lutte contre l’islamophobie dont il se réclame revient à interdire tout débat. Inutile d’insister, j’imagine, sur l’extrême gravité de cette tentative de pénaliser l’esprit critique, d’intimider des journalistes, de censurer des médias, de réintroduire le délit de blasphème. Mais je m’étonne néanmoins de l’indifférence générale qui est portée à ce genre d’organisme, qui respecte si peu la France, son histoire et ses valeurs, sinon pour instrumentaliser les droits de l’homme dans le sens de ses intérêts propres. »
Enfin, pour appuyer ses propos et justifier ses inquiétudes quant à la montée de l’Islam radicale en France, le polémiste reprend les parole du discours prononcé en aout 2011 par le porte-parole du CCIF, Marwan Muhammad, à la mosquée d’Orly : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous nier cet espoir-là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qu’est l’identité française« .
Les drapeaux qui se sont mis à flotter place de la Bastille le soir de l’élection de François Hollande auraient dû nous mettre la puce à l’oreille…
La télévision grecque est-elle un modèle pour la France?
Il faut lire et relire l’argument du gouvernement grec pour fermer la télévision. L’établissement public, l’ERT, est «un cas exceptionnel d’absence de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin maintenant», a dit le porte-parole. Relisez les mots «absence de transparence», «dépenses incroyables». Et la décision nette et brutale: «prend fin maintenant».
On n’ignore pas le contexte. A Athènes, cela va un peu mieux. Une sortie de la récession est envisagée pour 2014. Des visiteurs allemands, Angela Merkel, Wolfgang Schaüble, sont venus féliciter le gouvernement Samaras des efforts de la Grèce. Les aveux du FMI reconnaissant que des «erreurs» ont été commises dans l’élaboration du premier plan d’aide à Athènes, en 2010, redonnent du pouvoir de négociation au gouvernement grec. Il souhaite justement obtenir un report du licenciement de 4.000 fonctionnaires prévu d’ici à l’été.
Alors pourquoi cette brutalité contre la télévision? Parce qu’il fallait faire une exemple, au moment où des envoyés de la Troïka (Commission, Banque centrale européenne, FMI) dressent le piteux bilan des privatisations: le programme est de vendre des entités publiques pour 9,5 milliards d’euros d’ici à 2016 mais le compteur n’atteint que 2,5 milliards. Gazprom vient de renoncer au groupe gazier Depa. Pourquoi ces difficultés? Parce que les entités publiques grecques sont des cas d’école de mauvaise gestion, de corporatisme, de prébendes, d’alliances incompréhensibles de familles, de personnes, de courants, de partis et d’autres mystères, avantages et complicités. Autrement dit, l’acquéreur achète un sac de problèmes.
La télévision est de tout cela le comble. La réforme est impossible. Aucun changement n’y est jamais possible. Le gouvernement a donc décidé «la fin maintenant». Il ferme, met tout le monde dehors et assure vouloir repartir d’une feuille blanche. Il va recréer un système de télévision tout neuf. Les anciens salariés vont faire la queue, certains seront repris aux nouvelles conditions qui se résument à cette consigne «maintenant vous allez travailler». Allez, essayons de croire que le système d’hier ne sera pas dupliqué demain.
Cette idée de «on ferme et on repart de zéro» est-elle la seule méthode possible pour débloquer des organismes nécrosés? Pourrait-on appliquer en France ce «cas exceptionnel» de la télévision grecque, ce modèle ERT, cette arme atomique «attention on peut fermer»? Beaucoup ont en tête un établissement ou une institution où elle pourrait être servir. Mais lesquels sont réellement dans la situation de la télévision grecque? Et sur lesquels peut-on réellement appliquer la méthode du passé faisons table rase?
Affaire Tapie : l'État va contester l'arbitrage en justice
Les nouvelles mises en examen de Stéphane Richard et Jean-François Rocchi accélèrent l'affaire et renforcent l'intention de l'État d'engager un recours contre l'arbitrage rendu en 2008.
L'État a confirmé par la voix de Jean-Marc Ayrault son «intention d'engager un recours en révision» contre l'arbitrage dont a bénéficié Bernard Tapie en 2008, confirmant une information du journal Le Monde. Ce rebondissement intervient après que le PDG d'Orange, Stéphane Richard, a été mis en examen mercredi pour «escroquerie en bande organisée» dans le cadre de l'enquête sur cet arbitrage. Selon le chef du gouvernement, «il est très important s'agissant des intérêts de l'État et les intérêts des contribuables qu'on n'utilise pas des méthodes qui semblent contraires aux principes de la République».
Cette décision était attendue. Le ministre de l'Économie, Pierre Moscovici, avait annoncé lundi que l'État se porterait partie civile dans cette affaire. Une étape nécessaire vers un recours en révision, et qui permet d'accéder au dossier d'instruction. «Il s'agit bien de représenter l'Etat, de représenter le contribuable, de représenter le citoyen dès lors que des éléments nouveaux sont intervenus», avait-il précisé. Parmi ces éléments nouveaux, l'annonce faite le 4 juin par le Consortium de réalisation (CDR), entité chargée de gérer l'héritage du Crédit lyonnais, qui indiquait qu'il se portait partie civile.
Le recours en révision est formé auprès de la cour d'appel de Paris, qui doit se prononcer sur le fait de savoir s'il y a eu, ou non, fraude. Si la cour d'appel reconnaît la fraude, elle peut annuler la sentence. Une décision «envisageable»,indiquait récemment au Figaro Thomas Clay, professeur à l'université de Versailles et spécialiste du droit de l'arbitrage. Ce recours portera sur la décision du tribunal arbitral rendue en 2008 dans le contentieux entre Bernard Tapie et le Crédit lyonnais autour de la cession d'Adidas. Le tribunal avait décidé de lui octroyer 403 millions d'euros, intérêts compris.
De plus en plus d'éléments favorables
Le 30 mai, l'un des trois juges-arbitres de l'époque, Pierre Estoup, avait été mis en examen pour escroquerie en bande organisée. En cause, ses liens avec l'avocat de Bernard Tapie, Me Maurice Lantourne, avec qui il avait déjà travaillé à plusieurs reprises avant l'arbitrage, et avec Bernard Tapie lui-même. Suite à cette mise en examen, François Hollande avait déjà laissé sous-entendre que l'État pourrait se porter partie civile dans le dossier et engager un recours.
Mercredi, la mise en examen du PDG d'Orange, Stéphane Richard, a encore renforcé l'hypothèse d'une annulation de l'arbitrage si un recours était déposé. Ce qui encourage l'État à entamer cette procédure. L'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde a été mis en examen pour le même chef d'accusation dePierre Estoup, tout comme l'ancien président du CDR, Jean-François Rocchi. Ce dernier a également été mis en examen pour «usage abusif de pouvoirs sociaux». Les magistrats cherchent à retracer la chaîne de décision qui a mené à l'arbitrage controversé. Ils soupçonnent que Stéphane Richard et Jean-François Rocchi ont été influencés par des pressions de l'exécutif, des motifs qui pourraient justifier une annulation.
jeudi 13 juin 2013
Copé dénonce un "anti-sarkozysme presque infantile" chez Hollande
Le président de l'UMP affirme que "le pays, du point de vue économique, est en train de devenir liberticide".
Jean-François Copé, président de l'UMP, a dénoncé jeudi lors d'un colloque à Paris un "anti-sarkozysme presque infantile" chezFrançois Hollande, affirmant qu'en matière économique, la France était un pays "liberticide".
"Le principal reproche" que l'on peut faire à François Hollande est son "absence de lisibilité, de cohérence, de vision", a affirmé Jean-François Copé, invité au colloque de l'association Génération entreprise entrepreneurs associés (GEEA), fondée par le député UMP Olivier Dassault. Selon lui, "comment lire et interpréter le discours d'un président de la République qui, au Japon, fait un éloge improbable du néo-keynésianisme ? Quinze jours après, en Allemagne, il fait l'éloge, tout aussi improbable dans sa bouche, des réformes libérales de Gerhard Schroeder".
"Acharnement"
"En parallèle à ces deux discours totalement contradictoires", François Hollande "a réservé pour la France le pire : 33 milliards d'euros d'augmentation d'impôts en un an (...), la suppression ô combien symbolique du jour de carence pour les fonctionnaires (...) alors même qu'un rapport montre que l'introduction de ce jour de carence a réduit en un an de 40 % le nombre d'arrêts maladie de courte durée dans la fonction publique", a ajouté Jean-François Copé. Il a de nouveau condamné "le démantèlement du régime des auto-entrepreneurs".
Le président de l'UMP a également dénoncé un "acharnement au nom d'un anti-sarkozysme presque infantile sur tout ce que nous avons pu faire". Jean-François Copé a affirmé que "le pays, du point de vue économique, (était) en train de devenir liberticide. Les parangons de morale et de vertu, par la multiplication des réglementations, des taxes, et pire encore par un processus de culpabilisation permanente, est en train de bloquer et d'anémier notre pays", a-t-il ajouté. Le président de l'UMP a confié à GEEA une "étude sur la réalité des entreprises en France", appelée à enrichir "le corpus programmatique" de son parti
Collomb : "Il faut réformer, c'est certain. La France est en train de perdre pied."
Gérard Collomb travaille dans son bureau à Lyon quand il apprend, le 7 juin, la mort de Pierre Mauroy. Il se souvient : "Je faisais partie des députés qui le soutenaient lors du tournant de la rigueur. Au PS, il y avait déjà ceux qui voulaient une relance dans la relance. Rien n'a changé !" Trente ans après, le sénateur-maire socialiste de Lyon n'a pas non plus beaucoup varié. Il prône toujours une ligne "sociale-réformiste", la seule qui vaille à ses yeux. Le 18 juin, il lancera une sorte d'appel pour secouer la France. À son initiative, une dizaine d'économistes de haut vol (Philippe Aghion, Gilbert Cette...) débattront au Sénat avec un petit cercle de parlementaires des solutions pour redresser le pays, avant d'autres rencontres. "Je veux donner les bases théoriques à mes collègues en mal de repères", dit le maire de Lyon. Il y a fort à parier que tout le monde, au PS, n'appréciera pas sa potion.
Le Point : Vous voulez proposer d'autres solutions à la crise parce que le gouvernement fait fausse route ?
Gérard Collomb : Je pense surtout qu'il faudrait montrer la cohérence de l'action menée ! Le président et le Premier ministre ont pris un tournant par rapport à la ligne défendue par certains au sein du PS avant la présidentielle, car la crise s'est imposée. Mais, quand le chef de l'État parle de boîte à outils, les Français s'interrogent : la maison est-elle en train de s'effondrer ? Si oui, quels sont les plans pour la reconstruire ? Les architectes et les maçons sont-ils tous d'accord ? Nous voulons expliquer pourquoi il est nécessaire de reconstruire, et selon quels plans.
Pourquoi la maison s'effondre-t-elle ?
Notamment parce que le niveau de la dépense publique atteint des sommets insoutenables, avec 57 % du PIB, contre un peu moins de 52 % en Suède, un pays connu pour l'importance de l'intervention publique, et seulement 46 % en Allemagne.
Un socialiste qui critique le poids de la dépense publique, c'est un peu le monde à l'envers !
Mais comment ne pas voir que cette dépense pèse lourd sur nos entreprises ? En France, elles assurent près du tiers de nos ressources fiscales et sociales, contre 25 % en Allemagne. Le coût du travail est donc très élevé et pénalise tout le monde. Pour payer un salarié 31 000 euros net, une entreprise française paiera chaque année 58 000 euros, contre 48 000 en Allemagne. C'est là un cercle vicieux : les salaires sont sous tension, la rentabilité des entreprises se réduit, elles n'ont plus les moyens de financer leur développement, elles perdent des parts de marché. Un seul chiffre pour traduire cette perte de compétitivité et d'innovation : on a acheté en 2012 3 500 robots pour nos usines ; les Allemands, 19 000 !
Avec quels plans l'architecte Collomb veut-il rebâtir la maison ?
D'abord, il convient de rétablir la santé financière du pays en continuant à réduire les déficits. Mais il faut des choix clairs, qui ne soient pas contredits sans cesse. J'en veux pour preuve la réforme des rythmes scolaires. D'un côté, le gouvernement réduit son aide aux collectivités de 1,5 milliard d'euros, mais il nous oblige aussi à dépenser plus. Je sais que, pour Lyon, la réforme des rythmes me coûtera, par exemple, entre 5 et 8 millions d'euros. Attention aux injonctions contradictoires ! Deuxième point, la décentralisation. On peut aller plus loin, enlever quelques couches au mille-feuille des collectivités locales, procéder à de grandes réformes de structure. La politique du rabot ne suffira pas à résoudre nos problèmes.
Et le système des retraites, auquel le gouvernement va s'attaquer ?
On ne doit pas l'adapter à la marge. Il faut le réformer en profondeur et regarder l'ensemble des systèmes, privés et publics, régimes spéciaux compris. J'ai déjà dit que le système à la suédoise, par points, me paraît performant, car il permet chaque fois que l'espérance de vie progresse d'allonger la durée de cotisation, sans avoir l'effet brutal de nos réformes. De plus, il prend en compte la pénibilité des métiers et la situation de chacun. Il donne la liberté de continuer ou non. En France, le couperet tombe pour les fonctionnaires à 65 ans, par exemple, alors que certains aimeraient continuer à travailler !
Il y a déjà eu pas mal de réformes, comme la BPI ou le crédit d'impôt. Est-ce trop peu ?
Tout ça est très bien, mais, et c'est la deuxième grande idée que je veux défendre, ces avancées peuvent être gâchées par des discours contradictoires. Sur l'entreprise, par exemple, je remarque que tous les ministres ne vont pas dans le même sens ! Je regrette aussi que la complexité nuise aux réformes. C'est le cas avec le crédit d'impôt compétitivité emploi. Sa mise en oeuvre compliquée entraîne du retard à l'allumage et quatre patrons de PME sur cinq disent que le CICE n'aura pas d'impact sur l'emploi dans leur entreprise. Si on avait pris une mesure plus simple, comme la baisse des charges patronales en échange de l'abandon de niches fiscales, l'effet aurait été immédiat.
Baisser les charges patronales ? Le PS va s'étrangler !
C'est une mesure nécessaire si on veut recréer de l'emploi. Mais là aussi attention à la valse-hésitation ! Beaucoup de chefs d'entreprise me disent : "Le gouvernement nous aide un jour, mais on ne sait jamais si demain, sous l'influence de certaines franges de la majorité, il ne va pas prendre une décision à rebours." L'insécurité fiscale en France est contre-productive.
L'abandon de toute recherche sur le gaz de schiste doit aussi vous énerver...
Le problème est plus global. Les États-Unis sont en train de creuser l'écart par rapport à l'Europe grâce à une énergie 30 % moins chère. Mais le débat ne concerne pas seulement le gaz de schiste. C'est toute l'énergie qui, en France, coûte trop cher aux industriels. En Allemagne, un système d'exonération allège leur facture, en échange d'un tarif un peu plus élevé pour les consommateurs. Le résultat, c'est que l'Allemagne dispose toujours d'une industrie lourde. Le prix de l'énergie est un facteur-clé en matière de compétitivité industrielle.
Souhaitez-vous aussi réformer le marché du travail ?
C'est le dernier point que je veux souligner. Il faut fluidifier notre société. Elle est très bloquée, avec des verrous puissants. Je pense, bien sûr, au marché du travail. En France, les insiders, ceux qui sont à l'intérieur du système, sont très bien protégés avec les CDI, les conventions collectives. Mais il y a les autres, les jeunes notamment, qui cumulent les CDD, les stages, etc. Tous les économistes le disent : parce qu'il est trop bloqué, notre marché du travail est la source d'un chômage très important.
Le système de formation est aussi dépassé, dites-vous...
La formation professionnelle est souvent loin de répondre aux attentes des entreprises. Quant aux universités, elles auraient besoin d'un effort d'investissement que l'État seul ne peut assurer. Il faut donc en appeler aux entrepreneurs, solliciter leurs financements, les faire entrer dans les conseils d'administration pour mieux adapter les formations au tissu économique local. Autre piste : pourquoi ne pas imaginer le paiement de droits d'inscription a posteriori ? Une fois engagé, le diplômé rembourse un certain nombre d'années de sa formation.
Voulez-vous marcher dans les pas de Schröder, l'ex-chancelier dont on loue aujourd'hui les profondes, mais douloureuses, réformes ?
Ce n'est pas comparable, la période n'est pas la même. Mais il faut réformer, c'est certain. On ne peut rester avec ce système et cette société bloqués. La France est en train de perdre pied, ça ne date pas d'aujourd'hui, mais des dix dernières années. François Hollande n'a pas le choix. S'il veut éviter que la France se laisse définitivement distancer, il doit rebâtir la maison.
Encadré : le modèle lyonnais
À l'image de la Silicon Valley, Gérard Collomb veut favoriser les "écosystèmes locaux". "Il faut les développer pour asseoir à nouveau une industrie en France. Je pense aux sciences du vivant à Lyon, à l'aéronautique à Toulouse. On pourrait développer un système de capital-risque régional qui cumulerait des fonds publics, à travers la BPI, et des fonds privés locaux. Je connais beaucoup de capital-risqueurs prêts à aider des projets locaux, parce qu'ils les connaissent."
Inscription à :
Articles (Atom)
















