TOUT EST DIT

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lundi 3 juin 2013

L’Europe, tu l’aimes ou tu la quittes... Pourquoi il est urgent d’en finir avec le double discours toxique des politiques français sur Bruxelles


La Commission européenne a exigé, mercredi, des réformes structurelles de la France en contrepartie d'un délai pour réduire le déficit. François Hollande a répliqué sèchement : "Bruxelles n'a pas à dicter à la France ce qu'elle doit faire".

La Commission européenne a exigé, ce mercredi, des réformes structurelles de la France en contrepartie d'un délai pour réduire le déficit. Le chef de l’État estime que « Bruxelles n'a pas à dicter à la France ce qu'elle doit faire ». Pourtant, la France a signé tous les derniers traités européens et le logiciel idéologique du président de la République est profondément « Deloriste ». Peut-on parler de schizophrénie de François Hollande et plus largement des politiques français à l’égard de l’Europe ?

Sylvie Goulard :  C'est une maladie extrêmement répandue. Le président de la République est effectivement pro-européen. Lors de sa dernière conférence de presse, il a évoqué, à juste titre, un gouvernement économique de la zone euro. Il est très paradoxale de dire d'un côté qu'on veut aller plus loin et en même temps de répliquer aussi sèchement à la Commission européenne lorsqu'elle fait son devoir en vertu des textes qu'elle est chargée d'appliquer. C'est dommage. C'est une occasion perdue de mettre en place une bonne pédagogie de l'esprit même de ce que souhaite le chef de l’Etat.
Les textes sur la base desquels la Commission s'exprime sont des textes qui ont été adoptés en codécision, validés à la fois par les parlementaires européens élus par les peuples et par les ministres des Finances issus du processus démocratique au niveau national. On a donné à la Commission des pouvoirs parce qu’il faut un arbitre au centre du jeu pour que tous les partenaires respectent les engagements qu'ils ont pris. Je ne vois aucune raison de mettre en cause la Commission d'autant plus que la France a des marges de manœuvre. Il ne s'agit pas d'un diktat, mais de simples recommandations. La Commission est là pour ça.
 Nicolas Goetzmann :  Lors de la campagne présidentielle, le candidat Hollande proposait deux choses : la renégociation du pacte budgétaire et la modification de la doctrine de la BCE. (Article 11 du programme). Le pacte a été ratifié en l’état et la doctrine de la BCE n’a pas été modifiée d’un iota.
Dans ce contexte, il est permis de se poser la question soit de l’honnêteté du programme soit de la capacité de François Hollande à le réaliser. Au final le résultat est le même, la commission dispose désormais d’un pouvoir accru sur notre politique budgétaire. Le président s’en plaint aujourd’hui mais il l’a signé. Il s’agit donc plutôt d’une question de forme, de demander à la commission de lui permettre de ne pas perdre la face.
Au sujet de la schizophrénie dont vous parlez, il existe un moyen de rétablir une cohérence. Pour un Européen convaincu, la seule porte de sortie, par le haut, est de mettre en place une réforme du mandat de la BCE. Il s’agit de faire de l’emploi le cœur de la politique monétaire, ce qui serait une modification économique radicale. Un tel projet me semble être le seul qui permettrait une sortie de crise et réhabiliterait la zone euro auprès des populations.

Pourquoi est-on incapable de dire aux Français que les règles européennes ont été choisies avant tout parce qu'elles sont des règles de bonne gestion ? Les politiques exportent-ils les contraintes économiques à Bruxelles pour ne pas avoir à les gérer politiquement au niveau national ? Dans ce contexte, y a-t-il urgence à refonder entièrement le débat sur l'Europe en France ?

Sylvie Goulard : Il faut prendre conscience qu'on a décidé de partager la même monnaie il y a 20 ans ce qui crée des obligations mutuelles et des exigences de bonne gestion que jusqu'à présent tous les gouvernements de gauche et de droite ont violé allègrement. Il ne s'agit pas d'accabler François Hollande qui s'inscrit dans une longue tradition.
Ces réflexes permanents sont dommageables après tant d'années d'intégration et alors même que la plupart des gouvernants souhaitent que l'Euro continue d'exister. Lorsque Mario Monti était à la tête de l'Italie, il a toujours expliqué qu'il faisait les réformes car celles-ci étaient dans l'intérêt du pays et non parce qu'elles étaient dictées par l'Europe. D'ailleurs, La Cour des comptes française, présidée par le socialiste Didier Migaud va très largement dans le même sens que la Commission européenne. Le rôle des hommes politiques est d'aider le pays à avancer et pas de s'en prendre à des institutions qui sont dans leur rôle.
Nicolas Goetzmann :  Les Français ont des doutes sur ces règles de bonne gestion parce que nous n’avons plus de croissance depuis 5 ans, et que l’Europe est frappée par un chômage de masse, ce qui n’est pas illégitime. Ce qui me semble insupportable est que les mesures proposées par la commission ne sont pas mauvaises en elles-mêmes mais qu’elles sont simplement hors de propos dans le contexte actuel. De telles réformes nécessitent un soutien monétaire comme cela est réalisé partout : en Suède dans les années 1990, au Royaume Uni dès le mois prochain, aux Etats Unis et au Japon depuis fin 2012. Aussi longtemps que cette solution ne sera pas portée efficacement, le politique sera démuni et se défaussera de cette façon.

Comment expliquer aux Français que l'Euro n'a pas de sens sans convergence des politiques budgétaires et structurelles ?

Nicolas Goetzmann : Le point essentiel ici est de comprendre que pouvoir monétaire et pouvoir budgétaire sont liés. Ces deux pouvoirs doivent être détenus au même niveau de décision et ce n’est pas le cas en Europe aujourd’hui. Le monétaire est européen tandis que le budgétaire est encore entre les mains des nations. Une telle situation ne peut qu’être transitoire.
L’harmonisation budgétaire devient alors une évidence pour toute personne europhile. Elle est par contre insupportable pour un eurosceptique car le pouvoir budgétaire sera transmis au niveau européen, si la zone euro survit à cette crise c’est une certitude. Etant donné le niveau de chômage en France et en Europe, toute tentative de faire admettre les bienfaits de l’Euro est inaudible. La refonte du mandat de la BCE aura lieu ou la zone euro ne sera plus.
Sylvie Goulard : La convergence ne doit pas se limiter au strict domaine budgétaire.Lorsqu'on a fait le traité de Maastricht, on a considéré que la monnaie pouvait tenir bon grâce à deux critères pesant sur le déficit public et la dette publique. L'une des grandes innovations qui ont été faites sur la gouvernance de la zone euro depuis le début de la crise, est d'avoir ajouté au contrôle des déficits excessifs un contrôle des déséquilibres macro-économique. On va regarder l'ensemble du tableau de bord de l'économie pour faire en sorte que l'économie française, et celle des autres pays, se renforce et qu' in fine il y ait plus de travail et plus de croissance. 
Prenons l'exemple des retraites. Avec le vieillissement de la population, on verse des retraites beaucoup plus longtemps. Il y a des gens qui ont presque cotisé moins que le nombre d'années où ils vont être à la retraite. Ce sont des phénomènes qu'il faut affronter. Non pas pour faire plaisir à Bruxelles, mais pour tenir compte de l'évolution des populations. De même, on ne peut pas accabler de charges les entreprises, faute de quoi elles ne sont pas compétitives.
Dans la zone euro, il y a un certain nombre de pays qui vont mieux comme l'Allemagne et l'Autriche. C'est dans l'intérêt de la France que certaines réformes aboutissent pour essayer d'avoir la même monnaie et la même prospérité que les autres au lieu de dégringoler dans les classements européens.

Une partie de l’incompréhension naît-elle du déficit démocratique au niveau européen ?

Nicolas Goetzmann : Dani Rodrik, professeur d’économie politique à Harvard, nous livrait une vision de ce phénomène : « nous ne pouvons avoir simultanément la mondialisation, la démocratie, et la souveraineté nationale. Il nous faut en choisir deux parmi les trois ». C’est ainsi que la mondialisation est un processus de perte de souveraineté pour les états de la zone euro, aujourd’hui au profit de la technocratie européenne. De fait, le projet européen est un projet d’intégration totale et nous ne sommes qu’à mi-chemin de ce processus. Et justement, cette période transitoire ne permet pas de lier pouvoir et démocratie. Le pouvoir est éclaté alors que le vote est resté national.
Dès lors, l’incompréhension des peuples a pour cause cette perte de souveraineté. La défiance à l’égard du politique prend racine dans l’incapacité de résoudre cette crise alors même que les Etats hors zone euro y parviennent (Etats Unis, Royaume Uni, Japon ont tous des taux de chômage très inférieurs à celui de la zone euro).
Sylvie Goulard : Oui, mais il faut porter la critique sur les institutions qui créent vraiment ce déficit démocratique.  La Commission européenne est beaucoup attaquée et peut faire des erreurs, mais ce n'est pas de la Commission que vient le déficit démocratique. La Commission est contrôlée par le Parlement européen et est susceptible d'être censurée par celui-ci.
L'un des glissement qui s'est produit pendant la crise, c'est la montée en puissance d'un Conseil européen qui n'est contrôlé par personne. Pour les actes qui sont décidés en commun le Conseil européen n'a pas de mandat des peuples. Il n'y a pas de discussions transparentes sur les raisons pour lesquels les décisions sont prises. Par exemple, personne n'a rendu de compte sur les décisions qui ont été prises concernant Chypre. Décisions qui ont été pourtant préjudiciables pour l'ensemble de l'Europe. On a besoin de plus de démocratie, mais il ne faut pas tromper de cibles. Ce sont souvent les gouvernements nationaux, l'Eurogroupe, le Conseil européen, qui prennent des décisions dans leur coin sans être susceptibles de contrôle. Par exemple, il faut rappeler que la Troïka a été créée sans aucune base juridique

Ce déficit démocratique existe-t-il également au niveau national ? Paie-t-on aujourd’hui le prix dans l’opinion du passage en force que représentait l'adoption du traité de Lisbonne malgré le "non" de 2005?

Nicolas Goetzmann :  C’est ce que disait Philippe Muray en 2005 à propos du référendum ; en Europe l’alternative au « oui » c’est le « oui », il suggérait de placer deux piles de « oui » dans les urnes. Il a été entendu, en quelque sorte.
Il est en effet évident que la ratification du Traité de Maastricht a entrainé une perte de souveraineté au niveau des nations, que celles-ci se sont mises en état de pilotage automatique au niveau politique et que la crise a rendu cette situation intenable. Intenable car le pouvoir est détenu à un double niveau dans une situation transitoire. A terme, soit le monétaire reviendra aux nations, soit le budgétaire passera entièrement au niveau Européen. Cette dernière solution est en route depuis la ratification du pacte budgétaire européen le 22 octobre dernier. Il convient dès lors d’adapter le pouvoir de l’électeur à cette nouvelle donne.
Sylvie Goulard : J'ai trop de respect pour la démocratie parlementaire pour penser que les ratifications de traités internationaux doivent être forcément soumis à référendum. Il y a plusieurs modalités de ratification. Le référendum en est une lorsqu'on pose des questions simples. J'ai trouvé normal que la France fasse un référendum sur l'entrée dans l'Union européenne. Soumettre à la population des textes longs et compliqués ne me paraît pas approprié. On a justement inventé la démocratie représentative pour l'examen de textes complexes. Des décisions extrêmement importantes de politique intérieure sont prises par l'Assemblée nationale.

François Hollande tiendra-t-il jusqu’en 2017 ?


Chômage et récession s'installent durablement. Quand la fumée se dissipera, on verra le monarque républicain nu. François Hollande a autrefois transformé le Parti socialiste en une sorte de nouvelle SFIO ; il fabrique désormais une quatrième République avec ce qu'il reste de la cinquième. En sera-t-il le dernier président avant la chute finale ? Extrait de "L'enfumeur".
Lui-Président court le risque, trop longtemps évoqué avec des haussements d’épaule à gauche, en cas d’aggravation de la récession et de troubles incontrôlés, d’être emporté par une crise politique majeure. Ce n’est bien sûr qu’une hypothèse. Peu y croyaient en mai 2012. Mais elle ne peut désormais être écartée au regard de la rapidité de la dégradation de la situation française mais également d’un contexte européen totalement volatil.
La tache française

Si le pire n’est jamais sûr, le président va au moins vers de très grosses difficultés. Le principal allié de Hollande a pour nom Charles de Gaulle. Il a légué à la Ve République les institutions aptes à faire face aux crises les plus graves. Le président élu en 2012 a en théorie encore quatre ans devant lui, sachant toutefois que ses préoccupations politiciennes lui feront craindre au plus haut point les échéances électorales intermédiaires, notamment les municipales de mars 2014.
Un grave revers à ces élections serait un facteur de fragilité important pour Hollande car le parti socialiste est une sorte de syndicat d’élus locaux et que son impopularité parmi les troupes serait vive. D’ores et déjà, le sort de Jean-Marc Ayrault paraît scellé, la seule question étant de savoir s’il sera sacrifié avant ou après la future débâcle municipale.
Les aubrystes, hamonistes et, hors du PS, mélenchoniens et autres communistes, l’attendent au tournant. Une crise économique grave et durable aurait inéluctablement pour conséquence une défection parmi ses députés. Pas de quoi forcément perdre la majorité à l’Assemblée, mais on ne sait jamais si une sorte de « front du refus » se forme entre la droite et l’extrême-gauche.
Cette hypothèse peut paraître farfelue, jusqu’au jour où elle ne l’est plus. Dès mars 2013, certains députés de l’aile gauche du PS, Lienemann ou Guedj par exemple, ont défilé avec la CGT et FO contre la loi dite de modernisation sociale présentée par les fumigateurs. Pascal Cherki, député de Paris, a surenchéri peu après en déclarant que Hollande se comportait plus en conseiller général qu’en chef de l’État. Quelques jours plus tard, il déclarait que Mélenchon avait sa place au gouvernement36. Et l’ectoplasmique Harlem Désir, mis à la tête du parti pour ne gêner personne, est incapable de faire régner le moindre début de discipline.
La gêne des députés et des sénateurs a viré à la fronde quand l’Enfumeur, pour dévier les tirs qui fusaient sur lui en raison du scandale Cahuzac, a lancé une vaste entreprise de diversion sous forme de grand déballage national des patrimoines des uns et des autres.
Si même votre voisin sait ce que vous avez en dépôt sur le moindre compte bancaire ou la valeur à laquelle vous déclarez votre appartement, il ne fera plus bon être parlementaire en France ! Les socialistes détiennent 313 sièges à l’Assemblée. Le Front de gauche et Europe Écologie les Verts respectivement 10 et 19. La droite dispose de 214 députés, le front national 3, tout comme le Modem de François Bayrou. Bref, le PS a 313 sièges et les autres, tous confondus, 249. Le basculement de 33 députés socialistes aboutirait à un renversement possible du gouvernement. On comprend mieux pourquoi Hollande a voulu éviter de compliquer la donne avec les législatives partielles qu’aurait pu provoquer l’adoption immédiate du non-cumul des mandats. Dites 33 et l’on saura si vous êtes malade. François Hollande n’est en réalité vraiment protégé que par le legs gaulliste. Mais, si malgré lui il sombre, cet héritage aussi sera dilapidé. D’un tempérament et d’habitudes politiques qui fleurent bon la IVe République, il aura réussi à la réintroduire dans les institutions pourtant apparemment inébranlables de la Ve.
Bien que Bayrou soit certainement très tenté par un scénario d’ouverture et d’union nationale, ses troupes sont de toute façon trop clairsemées pour pouvoir jouer les supplétifs utiles. Et l’hypothèse d’un scénario « noir » avec des émeutes en banlieue, des manifestations qui tournent mal et un pouvoir qui panique n’est pas non plus à écarter. Après tout, c’est une grande tradition de la social-démocratie que de faire tirer sur la foule. Elle s’y résigne avec plus de facilité que la droite.
La présidence de Hollande entraînerait alors la Ve République vers le fond, le pédalo coulant à pic.
 Extrait de "L'enfumeur" (Ixelles éditions), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

dimanche 2 juin 2013

La cigarette électronique et les puritains

Pour le professeur Didier Raoult, l'interdiction de la cigarette électronique dans les lieux publics est un geste hygiéniste qui contraint la population.

Le contournement de l'interdiction du geste de fumer ne pouvait que déchaîner les foudres des puritains, lesquels se sont transformés au fil de l'histoire en hygiénistes. Depuis fort longtemps, les règles d'hygiène de vie sont utilisées par les puritains pour imposer des comportements, par la contrainte, à leurs contemporains. Certaines règles hygiénistes présentes dans les textes anciens comme la Bible sont basées sur des observations réelles, d'autres ne reposent sur aucun élément tangible. Avec la quasi-disparition sous nos latitudes des rites au caractère obligatoire des grandes religions, les puritains religieux ont été remplacés par des puritains laïques que sont les hygiénistes. Ces hygiénistes utilisent des faits démontrés dans certaines conditions, pour étendre des contraintes à toute la population.
Deux exemples viennent à l'esprit : l'alcool et la cigarette. Pour l'alcool, il est clairement démontré, dans toutes les études réalisées sur le sujet, que la consommation majeure d'alcool est dangereuse et désocialise. En revanche, il est tout aussi démontré qu'une consommation modérée d'alcool n'a aucun inconvénient pour la santé, au contraire. Dans ces conditions, la lutte féroce menée contre la consommation modérée, y compris celle du vin à table, ne s'explique que par une volonté puritaine de contrôle. 
Concernant la cigarette, nul n'ignore que le tabac a un effet désastreux sur la santé et qu'il est la pire drogue jamais commercialisée. Cette toxicité du tabac a justifié une lutte qui est normale. La fumée qui s'échappe des cigarettes peut avoir une toxicité indirecte pour les non-fumeurs, qui se retrouvent à inhaler de la fumée, en quelque sorte à fumer malgré eux. Cet effet a justifié l'interdiction du tabac dans les lieux publics. 

Désespoir des puritains

Actuellement, des propositions se font jour conte la cigarette électronique, au principe que l'émission de vapeur d'eau entraînerait le goût de fumer chez les non-fumeurs. C'est une approche totalement et uniquement puritaine, qui ne repose sur aucun substrat scientifique et qui traduit le désespoir des puritains à ne pouvoir empêcher les gens d'avoir l'air de fumer. Ayant perdu le substrat scientifique qui justifiait la contrainte, ils espèrent avoir trouvé là le moyen de continuer à faire obéir leurs contemporains.
La médecine n'a pas à servir d'alibi à des puritains qui cherchent essentiellement à contrôler le comportement des autres. Surtout que la coalition d'intérêts commerciaux (les marchands de tabac, de patchs, l'État, les buralistes...) et des puritains risque de mettre en échec la seule arme efficace contre le tabagisme, un fléau, lui, bien réel.

Et pendant que l'UMP s'écharpe et que le PS se félicite de son bilan... y a-t-il encore un Paris pour Parisiens normaux ?

Guerres fratricides à droite et autosatisfaction à gauche, les différents prétendants à la Mairie de Paris s'attribuent une considération de façade des quartiers populaires. Restent les questions de la pertinence de ce mot, de la définition qu'il a pris aujourd'hui et sa présence géographique si elle existe encore.

Guerres fratricides à droite et autosatisfaction à gauche, la course à la Mairie de Paris semble bien peu se préoccuper vraiment des quartiers populaires de la capitale. Peut-on dire que ces fameux quartiers que furent Belleville, Mouton Duvernet, Ménilmontant ou "La Mouffe" soient toujours "populaires" dans leur composition ? Comment pourrait-on les définir aujourd'hui ?

Yankel Fjalkow : Le mot « populaire » est ambigu car il désigne à la fois une composition sociale et une ambiance.  S’il exprime la part d’ouvriers dans la capitale celle-ci a considérablement chuté à Paris ainsi que dans les Une certaine mixité sociale est à l’œuvre qui n’est pas le fait des politiques mais de la rencontre entre les lois du marché et la structuration du parc immobilier. Mais elle n’est pas forcément tranquille et harmonieuse. Ces quartiers ont donc encore une ambiance populaire dans le sens où l’espace public, les commerces, les marchés, sont accessibles aux pauvres. Mais le fossé se creuse avec l’espace résidentiel qui est chèrement payé.
arrondissements du Nord et de l’Est. C’est un phénomène général en France qui se traduit plus fortement dans la capitale. Pour autant, Paris contient encore des populations ayant un faible niveau de revenu. Ainsi l’écart de revenu entre les populations s’est considérablement accru même dans les quartiers dits populaires. Dans les lieux mythiques, l’écart entre les revenus les plus faibles et les plus élevés à même tendance à augmenter.
Claude Dubois : Ces quartiers ne sont plus populaires du tout. J’en veux pour meilleur exemple l’année 2005 et le référendum pour la Constitution européenne. La France dans son ensemble a voté « non », s’opposant ainsi à l’adoption de ce texte dans sa forme actuelle alors que les 20 arrondissements de Paris ont tous voté « oui ». A l’époque, les journalistes ont parlé de climat révolutionnaire, de déconnexion, mais on attend toujours pour la révolution.
Dans mon livre Ça c’est Paris, j’avais dit que si nous étions en situation révolutionnaire, Paris serait aujourd’hui le Versailles d’hier, or à l’époque Paris s’opposait à Versailles, et la Commune témoigne bien de ce que fut Paris et ce qu’il n’est plus. Qui plus est, on trouvait dans ce « oui » parisien la droite et la gauche, seuls les extrêmes ont voté contre. Comme l’a dit un grand homme, feu Louis Chevalier, historien et professeur au Collège de France, l’assassinat de Paris ne fut autre que le déplacement des Halles vers Rungis, et toutes les conséquences qui en ont découlé. De cet événement, Paris s’est embelli, le visibilité et la mise en valeur du patrimoine ont été renforcées entraînant des destructions et des reconstructions et surtout expropriant et expatriant les populaires en dehors des frontières de la ville.  
Il y a deux nouveaux "populaire" à Paris, les bobos, qui « votent dans le bon sens »  mais dont le discours ne correspond pas à leur style de vie bourgeois, technologique et pleine de gadgets. De l’autre côté, la nouvelle couche populaire de Paris est constituée par les populations immigrées ou d’origine étrangère, en tout cas sur le plan économique et social. A la différence des premières générations d’arrivant, parmi lesquels j’avais de nombreux amis, qui finissait par prendre l’accent parisien, de ces couches s’est créée une forme de nouvel argot qui s’est répandue dans toutes les couches parisiennes, bien loin du langage des argotiers. Ainsi, il y a une forme de « populaire » mais qui ne correspond plus à ce que l’on appelait « le Paris populaire ».

Quels sont encore les derniers espaces réellement populaires s'il en existe ?

Yankel Fjalkow : L’expression « réellement populaire » m’est un peu étrangère car elle fait référence à la nostalgie, à l’authenticité du « peuple », que l’on trouve plus souvent dans les vieux films sur Paris que dans la réalité sociale d’aujourd’hui. Ceci dit, il existe à Paris des fractures sociales fortes c’est-à-dire des îlots composés essentiellement de très bas revenus qui vivent dans du logement social ou dans des logements très dégradés. Ils sont peu nombreux, spatialement réduits et situés au nord et à l’est de la capitale. Ces espaces et ces populations sont des enjeux importants pour la ville de paris.
Claude Dubois : Je pense qu’il n’y en a plus, plus aucune enclave géographique clairement définies en tout cas. Au-delà de quelques bistrots avec des patrons marrants et des gens qui font le spectacle, ce Paris-là n’existe plus. On ne voit plus les petits commerçants de quartiers qui allaient prendre l’apéritif ensemble, jouer aux cartes après le boulot etc. Le langage, l’argot sauvage des films à la Gabin qui s’entendait partout a disparu. Pendant 18 ans, j’ai eu une chronique au Figaroscope, Claude Dubois le titi, et dans ces papiers, en totale liberté, je dénonçais la colonisation des bobos.  
Ce qui est intéressant c’est qu’on a voulu créé ces nouveaux quartiers bourgeois du côté des Halles, notamment en y ouvrant un café Coste. Cependant, le fait de choisir ce même endroit pour y faire arriver de nombreux RER  n’a pas permis que les populations bourgeoises s’y sentent à l’aise, elles se sont alors déplacées vers le quartier de la Bastille puis Ménilmontant, la rue d’Oberkampf et ainsi de suite. Enfin, sous Jacques Chirac, il y a eu ce que l’on appelait le « rééquilibrage de l’Est parisien » qui a également embourgeoisé toute une série de zones dont celle désormais très appréciée du canal Saint-Martin.

La "gentrification" de la capitale n'est-elle pas en train de s'étendre aussi à la proche banlieue ?

Yankel Fjalkow : Le terme de gentrification est trop souvent galvaudé. Il suppose que tout Paris est conquis par une catégorie sociale, sociologiquement mal définie : la « gentry ». En fait, le processus n’est pas univoque, il y a des quartiers où le processus est considérablement ralenti voire freiné tant par les populations qui cherchent à se maintenir que par la construction de logements sociaux. La proche banlieue que vous citez s’est considérablement recomposée sociologiquement ces dernières années, mais le début de gentrification à laquelle on assiste est surtout le fait de couches moyennes qui n’arrivent plus à se loger dans Paris. Mais le problème est alors celui des couches les plus pauvres qui vivent dans de l’habitat privé inconfortable et qui voient celui-ci se réhabiliter. Le marché de logement qui leur est accessible se réduit. Soit ils acceptent de plus mauvaises conditions de logement pour se maintenir en zone centrale, soit ils partent plus loin.
Claude Dubois : La gentrification de la banlieue est un phénomène clair, bien que ce ne soit pas mon domaine de connaissances géographiques, je crois que les prix plus bas, les anciens ateliers qui se transforment en loft, ont permis de conserver un peu de populaire qui attire d’autant plus les nouveaux bourgeois. C’est aussi le désamour de Paris en tant que tel qui a provoqué ce phénomène en y poussant un profil sociologique de bobos à s’en éloigner pour les raisons pour lesquelles ils voulaient y vivre. Il y a donc peut-être paradoxalement plus de restes de la culture populaire mais pas tout à fait celle du Paris qui en est la source initiale.

Ce phénomène s'explique t-il par la seule montée des prix immobiliers ?

Yankel Fjalkow : Non, il y a aussi pour ces couches moyennes une certaine appétence culturelle, un gout d’histoire, une recherche de l’authenticité du « peuple » (nous y revoilà !) et de l’exotisme, qui les attire dans ces endroits. Mais il y a aussi la recherche de la localisation en zone centrale à proximité des moyens de transports, des lycées prestigieux, des lieux culturels. Aujourd’hui, le logement est devenu, aux yeux des individus, un outil de production de soi. La localisation conditionne et symbolise le succès scolaire, l’accès à l’emploi voire les liens affectifs. Les couches moyennes qui sont sous l’emprise de cette attraction centrifuge vont jusqu’à la première couronne. 

Dîner de cons – Copé serait homosexualiste

Je n’ai rien contre les dîners en ville à la sauce parisienne. Dans le passé, j’ai participé à ce type de happening politico-culinaire et je n’en suis pas mort. J’y ai parfois appris des choses très amusantes sur la face cachée de certains personnages publics. Cela dit, il ne faudrait pas non plus que ces sortes-là de dîners se résument à d’hypocrites exercices tels que Balzac les décrivait dans ses romans au 19ème siècle. Dernier exemple en date : au restaurant Nolita, avenue Matignon, Coppé aurait confié à ses voisins de table qu’à titre personnel, il était favorable au mariage gay.

J’ai écrit « hypocrites », car dans le cas précis, soit Copé a menti aux électeurs de droite, en participant à La Manif Pour Tous ; soit il a menti, lors de ce fameux dîner, à ses convives gauchistes, libertaires, et, pour certains d’entre eux, homosexuels, en se déclarant homosexualiste à titre personnel ; soit il n’a pas dit lors du dîner susmentionné qu’à titre personnel, il serait favorable au mariage gay ; et dans ce cas, ce sont les personnalités qui relatent l’anecdote qui sont des menteurs.

A ce propos, on peut lire sur le site Internet de l’hebdomadaire parisien d’extrême-gauche « Le Nouvel Observateur » que Jean-François Copé, président de l’UMP, s’est dit favorable à titre personnel au mariage pour les personnes de même sexe, selon l’animateur TV Stéphane Bern, homosexuel assumé, qui affirme cela dans « Salut les terriens » (extraits adaptés ; voir 1er lien en bas de page).
Côté face, dans la rue, Jean-François Copé manifeste contre le mariage pour tous et promet de réécrire la loi dès que la droite reviendra au pouvoir. Côté pile, dans un dîner privé, le président de l’UMP se déclare favorable au mariage gay, lit-on dans la presse parisienne de ce jour.
La prochaine édition – diffusée demain samedi 1er juin – de « Salut les terriens » (ndmg – sur la chaîne gaucho-libertaire parisienne Canal+ ; émission enregistrée jeudi 30 mai car ce n’est pas du direct) promet de relancer la polémique, affirment « Le Point » et « Ozap », aujourd’hui, vendredi 31 mai.
Invité de Thierry Ardisson (ndmg – animateur, que j’aime bien, de « Salut les terriens »), Stéphane Bern y relate un dîner avec Jean-François Copé auquel participaient aussi Dominique Besnehard, Marc-Olivier Fogiel, Frédéric Mitterrand, Bruno Le Maire, Nadine Morano, Bruce Toussaint et Audrey Pulvar. A cette occasion, Jean-François Copé a affirmé qu’il était pour le mariage pour tous, selon Bern.
« Je me souviens très bien de ce dîner », déclare Stéphane Bern : « Nous étions une dizaine de convives, du monde des médias, il y avait notamment Bruno Gaccio et Guillaume Durand. Jean-François Copé était venu avec sa compagne. C’était quelques semaines avant leur mariage, au restaurant Nolita, avenue Matignon. Le dîner était organisé par le programmateur de l’émission de Thierry Ardisson, Jacques Sanchez. Ce fut un dîner fort convivial et sympathique. On a soulevé la question du mariage homo. Autour de la table, tout le monde était pour. Jean-François Copé également, à titre personnel. C’était clair et net ».
L’animateur Stéphane Bern revient sur les raisons de son coup de gueule (ndmg- hier jeudi) dans l’émission d’Ardisson, qui sera donc diffusée demain samedi : « Je suis aujourd’hui très remonté contre les caciques de l’UMP, qui en privé se prononcent pour le mariage homo, et qui en public font descendre dans la rue les gens contre ».
Joint par « Le Nouvel Observateur », le comédien Dominique Besnehard confirme les propos tenus par Jean-François Copé. Le comédien situe le repas avant l’élection de François Hollande, dans un restaurant italien de l’avenue Matignon : « Pour moi il n’y a aucun doute, aucune ambiguïté sur ses propos. Jean-François Copé s’est prononcé clairement, en son nom personnel, en faveur du mariage homo », raconte Dominique Besnehard.
Il ajoute : « J’en ai justement parlé récemment à Stéphane Bern. On était assis à ce même restaurant, mercredi 29 mai. On s’est dit : c’est incroyable. Dans ce même restaurant, il y a moins de deux ans, avant le vote et toutes ces polémiques, Jean-François Copé nous disait qu’il était pour le mariage homo ». Stéphane Bern acquiesce : « effectivement, c’est Dominique Besnehard qui m’a rappelé ce dîner avec Jean-François Copé et ses propos d’alors ».
Lors du rassemblement de dimanche 26 mai, Jean-François Copé a indiqué que cette marche était sa dernière participation à une manifestation contre le mariage homosexuel : « Face à la loi désormais promulguée, il ne faut pas dire simplement qu’on doit tout casser ». Il expliqua : « Cette question du mariage homosexuel et de l’adoption touche aux consciences, à une certaine idée de la société ».
Sur le site Internet de 20 minutes on peut lire la confirmation que dans l’émission enregistrée jeudi et qui sera diffusée samedi sur Canal+, Stéphane Bern raconte qu’il a participé à ce dîner au cours duquel le président de l’UMP, Jean-François Copé, a assuré à ses voisins de table qu’il était favorable au mariage homosexuel, mais que pour des raisons politiques il avait décidé de dissimuler ses opinions, et même de battre le pavé aux côtés des opposants au mariage pour tous (extraits adaptés ; voir 2ème lien en bas de page).
Stéphane Bern réitère sur 20 minutes : « M. Copé nous a bien dit, devant Dominique Besnehard et Guillaume Durand : à titre personnel, je suis pour le mariage pour tous. Marc-Olivier Fogiel m’a confirmé par SMS ce vendredi qu’on était bien au même dîner ».
Au fait, qu’en dit Copé ?

Les nouvelles phobies que créent les grandes villes

Plus de dix millions de personnes dans le monde souffrent de diverses phobies. Les habitants des grandes villes sont deux fois plus susceptibles de développer ce type de maux que les personnes vivant dans des villes plus petites.

C’est tout au moins la conclusion à laquelle sont arrivés les experts du Fonds britannique pour la préservation de la santé psychique Mind. Toutefois, selon les spécialistes, l’ampleur du phénomène pourrait être beaucoup plus importante, car beaucoup cachent soigneusement leurs phobies.
Ca fait près de 50 ans que les habitants de la ville de Reeves lancent des appels à l’aide. Au début des années 1960, cette ville a reçu comme indicatif téléphonique le numéro 666. Par la suite, il s’est avéré qu’un nombre massif d’habitants souffraient d’une peur panique face au « chiffre du diable ». Et ce n’est que récemment que les opérateurs téléphoniques ont donné aux habitants la possibilité de changer le code de Reeves en 749, ce qui a grandement soulagé la population de la ville.
Ce que l’on nomme phobie, ce n’est pas une peur ordinaire qui nous est donnée par la nature comme moyen de défense, mais c’est une peur irrationnelle. Par exemple, si une personne souffre de claustrophobie, elle ressent une peur très forte à chaque fois qu’elle prend l’ascenseur ou quand elle se trouve dans un espace confiné. Elle est prise de tremblements dans tout le corps, souffre d’asphyxie. Elle peut aussi être prise de spasmes, de palpitations et d’une sensation de faiblesse. Toutefois, la personne se rend compte qu’elle n’est pas face à un réel danger, mais elle n’arrive pas, hélas, à contrôler sa peur.
Selon les experts, ces derniers temps, toutes sortes de phobies sont apparues dans le monde. Certaines personnes essaient de ne pas traverser de pont à pied ou de ne pas s’engager sur un escalator vide ; d’autres ressentent une peur panique face à un camion de dépannage, face aux stalactites de glace qui pendent des toits, ou encore face aux forces de l’ordre. Toutefois, depuis de nombreuses années, la peur la plus répandue est celle de prendre l’avion selon Sergueï Enikolopov, psychologue de l’Académie russe des sciences médicales :
« Beaucoup de gens boivent de l’alcool à bord des avions. Ils boivent parce qu’ils ont peur de voler, et pour se calmer. Cette crainte est associée à la peur des espaces clos. Il est important de noter que ces craintes sont de loin supérieures à ce qu’il est nécessaire de craindre en réalité. La probabilité d’accident est beaucoup plus faible en avion qu’en voiture. Mais les gens ont davantage peur des avions que des voitures.»
Comme le dit justement un conte populaire russe : « La peur a de grands yeux : elle voit ce qui n’existe pas. » Il est intéressant de noter que 30% à 50% de la population russe souffre de phobie du climat. Les prévisions météorologiques informant d’un « avis de tempête » se confondent souvent dans l’esprit des gens avec les reportages de télévision montrant les ouragans dévastateurs que connaissent les États-Unis. En conséquence, les personnes sensibles projettent de telles images dans leur vision de l’avenir.
Et les Allemands, curieusement, ont peur ... des ampoules à économie d’énergie. Et c’est à nouveau la faute d’une émission de télévision qui a évoqué les dangers et les risques liés à leur utilisation. Selon ce reportage, les lampes à économie d’énergie, que doivent utiliser les Européens, diffusent des substances chimiques dangereuses, qui peuvent causer le cancer. Les experts conseillent de ne pas utiliser ces lampes pour lire, et de ne pas les laisser à la portée des enfants car elles contiennent du mercure. Parole jetée prend sa volée, surtout à la télévision. Et les Allemands qui ne sont pas particulièrement sujets à de telles phobies, sont réellement effrayés. Mais dans la mesure où les lampes ordinaires ne sont plus fabriquées par l’industrie allemande, il est possible que bientôt la demande de bougies augmente de façon substantielle.
Pour les gens ne souffrant d’aucune phobie, tout cela peut sembler très étrange, voire farfelu. Cependant, pour les personnes atteintes de phobies, ce n’est pas du tout un caprice, mais une maladie qui les emprisonne au quotidien. Mikhaïl Kamelev, psychologue clinicien nous a expliqué comment sortir de ce cercle vicieux et se sentir enfin libre :
« Si nous parlons de phobies légères, dans la plupart des cas, elles passent toutes seules. Mais en général, la meilleure façon de se soigner est, bien sûr, de se tourner vers un psychothérapeute. Il ne faut pas attendre que la phobie atteigne un stade où le malade ne va plus réussir à se lever de son lit afin que rien ne lui arrive. Le plus efficace est de combiner psychothérapie et psychopharmacologie. »
 Le vieil adage « Combattre le feu par le feu » est particulièrement pertinent dans le traitement des phobies, de sorte que la plupart des psychiatres ont recours à la thérapie cognitive. Autrement dit, le patient s’habitue peu à peu à faire face à la situation ou à l’objet source d’angoisse, tout d’abord en l’imaginant puis en s’y confrontant concrètement. Les experts recommandent de ne pas éviter la peur, mais plutôt de la regarder droit dans les yeux.
Si vous êtes malgré tout atteint par cette maladie, ne vous inquiétez pas. De grands hommes étaient dans le même cas, comme Jules César qui avait une peur panique des orages, Joseph Staline qui souffrait d’aviophobie, et bien d’autres. Selon les scientifiques, la phobie touche les personnalités créatives et talentueuses, et son apparition est une bonne raison pour améliorer votre vie au quotidien.  N

Les indécents

Les indécents


On n’habitue à tout, paraît-il et on finit par ne plus voir les choses les plus lamentables. Le monde politique actuel dans son ensemble (je ne parle pas seulement des gouvernants) semble de plus en plus enfermé dans sa petite bulle de vanités, d’ambitions nombrilistes et de bêtise. Les exemples foisonnent : chamailleries débiles, humour dérisoire quand le pays s’enfonce dans le supplice du chômage de masse, auto proclamations prétentieuses, course effrénée aux honneurs etc. Dans l’histoire de la démocratie française, les choses étaient, me semble-t-il différentes. Les hommes d’Etat ne couraient pas après les places et les honneurs. Quand le pays avait besoin d’eux, ils répondaient à son appel, surtout en période de crise. Etre président du Conseil par exemple, avec les responsabilités que cela impliquait, n’avait rien d’une partie de plaisir et il fallait bien souvent se faire beaucoup prier pour accepter le poste. Aujourd’hui, de A à Z, nous voyons gesticuler des bandes de nano-politiciens sans esprit, sans envergure, sans caractère, bêtement agressifs, obnubilés par leur nombril (pour être poli), de purs communicants sans idées et sans volonté. Avec la décentralisation, le transfert des compétences aux juridictions et à la bureaucratie, notamment bruxelloise, les fonctions politiques nationales se présentent de plus en plus comme une coquille vide. Le « pouvoir » sert à pérorer et à se pavaner plutôt qu’à agir et prendre ses responsabilités. Les Français l’ont bien compris et ne manifestent aucune indulgence envers eux. Il faut voir le dernier classement des personnalités dans le Figaro Magazine. Pas une ne franchit la limite des 40% d’opinion favorables!  Pour casser cette logique de l’impuissance publique et du rejet de la politique, il faudrait une nouvelle génération de personnalités, unissant le caractère, l’intelligence de l’histoire, le désintéressement personnel, trois vertus fondamentales qui font si cruellement défaut aujourd’hui. Ceux qui existent avec ce profil –  j’en connais quelques-uns personnellement – sont condamnés à rester dans l’ombre car ils déplaisent à l’univers médiatique. S’il reste un espoir, c’est dans la démocratie,  le peuple, dans l’usage qu’il fera du suffrage universel à l’avenir, en imposant à grande échelle du sang neuf, en dehors des grands partis du système médiatique (ps-fn-fdg-ump), des personnalités nouvelles, anonymes, intègres, sans haine, sans cette démesure de l’ego qui caractérise les politiciens d’aujourd’hui, enfin simplement désireux de travailler ensemble pour sortir le pays du marasme.

Cave de l'Elysée : la vente rapporte 718.000 euros au total





La vente aux enchères d'une partie de la cave de l'Elysée, 1.200 bouteilles de grands crus, cognac et champagne jeudi 30 et vendredi 31 mai à Drouot a atteint 718.800 euros frais compris, soit plus du double de son estimation, a annoncé la maison de vente dans un communiqué.

Parmi les plus belles enchères, une bouteille de Petrus 1990 estimée à 2.200/2.500 euros a été adjugée 7.625 euros (frais compris). Deux bouteilles de Château Latour, 1er grand cru classé, Pauillac, 1982, estimée 2.000/2.200 euros a été emportée à 4.625 euros.
Dès jeudi, la première partie de la vente avait rapporté 295.663 euros, avec notamment deux Petrus 1990 adjugés à 5.500 et 5.800 euros.

Vente d'un dixième de la cave présidentielle

Les acheteurs proviennent "du monde entier", selon le commissaire-priseur Ghislaine Kapandji, de la maison Kapandji-Morhange, en charge de la vente.
C'est la première fois que l'Elysée vend ainsi une partie de ses vins, 1.200 bouteilles, soit environ un dixième de sa cave, constituée aujourd'hui de 12.000 bouteilles et créée en 1947, sous la présidence de Vincent Auriol.
L'Elysée a choisi d'en vendre une partie, afin de "permettre un renouvellement de sa cave par autofinancement", selon Drouot. "Dans un souci de saine gestion, le produit de cette vente sera réinvesti dans des vins plus modestes et l'excédent sera reversé au budget de l'Etat", précise la maison de vente.
ENCORE UNE IDÉE 

LUMINEUSEMENT FOIREUSE,

 D'UN PRÉSIDENT TOUT AUSSI 

FOIREUX.

TOUT ÇA POUR ÇA ? 

QUEL GÂCHIS, QUELLE 

CONNERIE !

IL AURAIT ÉTÉ PLUS 

SIMPLE DE TOUT VENDRE

POUR

RACHETER DES PETITES RÉCOLTES DE CHEZ NICOLAS !

Le monde est saturé de l'Islam

Selon un récent sondage d’opinion, le rejet de l’islam est aujourd’hui un phénomène commun à l’ensemble du monde occidental. Le sentiment d’une menace liée à la présence et la propagation de l’islam est partagé par tous, des Etats-Unis à l’Asie.

« L’islam reviendra en Europe, en conquérant et en vainqueur, après avoir été expulsé à deux reprises du continent ». Cette déclaration avait été faite par un leader islamiste radical, suite à la mort du pape Jean-Paul II. Il avait promis aux chrétiens de ne leur laisser qu’un « seul choix : se convertir à l’islam ou s’acquitter de la Jizya » (taxe imposée aux non-musulmans pour obtenir le droit de vivre en terre islamique). Il est clair qu’un tel scénario, qui semblait autrefois du domaine du fantastique, paraît aujourd’hui tout à fait réaliste. Dans un futur proche, le premier pays musulman d’Europe occidental pourrait bien être la France, où l’on compte près de 50 000 musulmans français de souche.
Les Européens eux-mêmes sont conscients de la situation. Une étude récente réalisée par la Fondation Bertelsmann montre que le rejet de l’islam est aujourd’hui devenu une caractéristique du monde occidental. Un sentiment de menace quant à la présence et à l’extension de l’islam est perçu par plus de la moitié des Espagnols et des Israéliens, ainsi que par 42% des Américains. En Europe, le niveau le plus élevé de rejet de l’islam a été enregistré en Espagne et en Suisse – et le plus bas au Royaume-Uni (45%). Dans le cas du Royaume-Uni, ce résultat peut être expliqué par le fait que l’étude n'a été menée qu’auprès de la moitié de la population – principalement des personnes issues de l’immigration ou de minorités ethniques. D’ailleurs, au cours des dix dernières années, 620 000 Britanniques de souche ont quitté la ville de Londres.
Selon certains, l’islam déferle actuellement sur le monde occidental grâce notamment à la force de ses traditions et de sa foi, alors que les Européens sont face à une crise de leurs valeurs familiales et à une situation de soif spirituelle. Yuri Tabak, écrivain et spécialiste des religions, estime que les ressources financières de la communauté musulmane jouent un rôle important dans cette conquête du monde par l’islam.
« Contrairement à d’autres religions, comme le christianisme ou le judaïsme, l’islam est actuellement une religion en expansion. Et conformément à ses préceptes et pratiques, les représentants de l’islam cherchent à étendre leur sphère d’influence à différents niveaux. Au niveau de l’installation des migrants et au niveau des mouvements islamiques beaucoup plus agressifs qui cherchent à appliquer le Coran et ses sources sacrées en conquérant le monde pour construire un califat mondial ».
Depuis plusieurs décennies, les difficultés démographiques et économiques ont conduit les pays de l’Union européenne à légaliser et même à promouvoir l’immigration en provenance des pays musulmans. Les hommes politiques européens ont même été jugé indécent de s’interroger sur la compatibilité des principes de l’Europe contemporaine avec ceux de l’islam. Ils ont prôné les idées de tolérance et de multiculturalisme. Malgré Samuel Huntington et son célèbre ouvrage Le Choc des civilisations, qui a souligné que l’islam et l’Europe étaient aux antipodes l’un de l’autre et qu’ils constituaient deux civilisations antagonistes intrinsèquement hostiles l’une à l’autre. En Union européenne, au contraire, l’idée d’intégration de la communauté musulmane, permettant à terme un rapprochement des civilisations chrétienne et musulmane, a prévalu.
Les exemples de travailleurs immigrés ayant fait des carrières exceptionnelles en Europe, voire même devenus députés européens, ont permis de soutenir ces thèses optimistes. Mais ces cas de réussites ne sont en réalité que des exceptions qui ne sont pas représentatives de la réalité des sociétés européennes désorientées et de ses élites politiques.
Néanmoins, selon Anatoly Krassikov, politologue, théologien et directeur du Centre d’étude de la religion et de la société de l’Institut Européen de l’Académie des Sciences de Russie, si l’Europe agit avec sagesse, le monde musulman peut devenir non pas un ennemi juré, mais un allié fidèle.
 « L’islam n’est pas en lui-même dangereux pour l’Europe. En son sein, il y a de nombreuses tendances différentes, dont bien sûr la charia. Et la conversion de l’islam à une autre religion peut être passible de mort. Le destin de l'Europe dépend de la façon dont les Européens réagissent à ces nouveaux colons installés sur leur territoire. Seront-ils capables de trouver une langue commune ? Cela ne pourra pas se faire par la répression, ce qui ne signifie pourtant pas que l’on doive se rapprocher des terroristes. Mais le terrorisme peut et doit être combattu en collaboration avec les musulmans. Car autrement, on va assister à une vague croissante de méfiance et d’aversion mutuelle qui risque de bouleverser gravement la situation en Europe, mais aussi des autres continents ».
Une interrogation préoccupe beaucoup l’Europe aujourd’hui : la croissance de la population musulmane va-t-elle conduire à l’islamisation du continent ? Beaucoup de dirigeants islamiques radicaux répondent déjà par l’affirmative. Les hommes politiques européens cherchent à ignorer cette question. Cependant, une telle attitude ne résoudra pas les problèmes. Cela conduit seulement à isoler la population musulmane locale et à augmenter l’influence de l’islam politique, et pourrait bientôt devenir une véritable menace à l’existence même de la civilisation européenne contemporaine. Pour l’instant, un tel scénario paraît encore possible à éviter, mais nous espérons que l’Europe, comme l’ensemble de l’humanité, ne va pas retomber au temps des guerres de religion.

Marine Le Pen pourrait perdre son immunité parlementaire


Une Commission du Parlement européen s'est prononcée cette semaine, lors d'un vote à huis clos, pour la levée de l'immunité parlementaire de la présidente du Front national français, Marine Le Pen, a annoncé samedi 1er juin un porte-parole de l'institution, confirmant une information de la BBC.
Le vote de la commission des Affaires juridiques du Parlement européen a valeur de recommandation. La décision finale sera prise le 11 juin en session plénière, a précisé Jaume Duch, le porte-parole. Les membres de cette commission "ont voté pour lever l'immunité" de l'eurodéputée d'extrême droite. "La plénière doit prendre la décision définitive le mardi 11 juin à Strasbourg", a-t-il déclaré. D'après une source proche du dossier, le vote a été "très défavorable" à la présidente du FN.
La France avait demandé en novembre 2012 au Parlement européen de lever l'immunité parlementaire de Marine Le Pen, après des propos tenus en 2010établissant un parallèle entre les prières de rue des musulmans et l'Occupation allemande. La commission des Affaires juridiques du Parlement devait examiner le dossier et donner un premier avis consultatif. Son rôle n'était pas de se prononcer sur le fond mais sur les motivations qui ont conduit les autorités françaises à engager ces démarches.
Les prières de rue, "une occupation du territoire"
Le 10 décembre 2010, s'exprimant devant des adhérents du Front national, Marine Le Pen, alors candidate à la présidence du parti fondé par son père, avait dénoncé les prières de rue des musulmans: "Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s'il s'agit de parler d'occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c'est une occupation du territoire".
Ces propos avaient soulevé un tollé politique et le parquet de Lyon avait ouvert une enquête préliminaire pour "incitation à la haine raciale", après le dépôt d'une plainte du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap). Marine Le Pen avait ensuite affirmé que cette enquête avait été classée sans suite par le parquet.
Mais une plainte avec constitution de partie civile pour "provocation à la discrimination, à la violence et à la haine envers un groupe de personnes en raison de leur religion", émanant cette fois du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), a déclenché l'ouverture d'une information judiciaire.
Pour Philippot, Marine Le Pen "dit la vérité"
Interrogé par l'AFP, Florian Philippot, vice-président du FN a fait valoir qu'il fallait "attendre le vote (définitif) du Parlement européen". Il a toutefois jugé que ce serait inouï si Marine Le Pen perdait son immunité "pour avoir dit la vérité sur les prières de rue qui existent toujours". "Les Français n'aiment pas qu'on leur cache la vérité", a-t-il prévenu.
Si Marine Le Pen perdait son immunité parlementaire, elle connaîtrait donc le même sort que son ancien rival pour la présidence du FN, Bruno Gollnisch. Ces dernières années, ce dernier, lui aussi député européen FN, s'était vu privé de son immunité parlementaire à deux reprises, après des propos qui avaient donné lieu à des poursuites en France. Cette procédure avait aussi touché Jean-Marie Le Pen en 1998, après ses propos, un an plus tôt à Munich, où il avait assimilé les chambres à gaz nazies à "un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale".