TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 14 février 2013

Devenir Polonais, c’est tendance


Terre d’émigration — les Britanniques, les Irlandais et les Allemands le savent bien — la Pologne attire également de très nombreux immigrés. Des travailleurs en provenance d’Europe centrale et orientale, mais aussi d’Asie du Sud-Est et d’Afrique, qui demandent la nationalité polonaise.

Lorsque German Efromovich, milliardaire sud-américain et propriétaire de la compagnie aérienne Avianca, a voulu acquérir la compagnie portugaise TAP, il s'est heurté à un obstacle de taille : la législation européenne interdit en effet à un investisseur originaire d'un pays extérieur à l'UE tout achat d'une compagnie aérienne au-delà de 49 % des parts. Obstacle que l'entrepreneur a vite surmonté en annonçant, lors d'une conférence de presse à Lisbonne, devant les journalistes ébahis : "Ma demande de nationalisation polonaise est en cours. Je peux le faire parce que mes parents étaient Polonais." Peu de temps après, le 5 décembre dernier, il recevait son passeport polonais.
Efromovich, né en Bolivie dans une famille de juifs polonais qui ont quitté la Pologne juste après la guerre, a toujours souligné que ses parents étaient fiers de leurs racines polonaises. Pour l'instant, la nationalité polonaise ne lui a pas été d'une grande utilité, car les autorités portugaises ont subitement renoncé à la vente de TAP faute, selon elles, de garanties financières suffisantes. Il n'empêche : nous avons gagné un nouveau citoyen, qui a de surcroît chamboulé le classement des Polonais les plus riches en s'y plaçant, fort de ses 3,5 milliards de zlotys [près de 900 millions d'euros], en cinquième position.

L'aigle sur la poitrine

Yuriy Gladyr, membre depuis quatre ans du Zaksa, l'équipe de volley-ball de Kedzierzyn-Kozle en Silésie, n'est sans doute pas aussi riche. Originaire de Poltava, en Ukraine, Gladyr vit en Pologne avec sa femme Marina et sa fille Daria, née ici. Il vient de recevoir la nationalité polonaise. Il voudrait désormais endosser le maillot frappé de l'aigle [le maillot national] : "C'est le rêve de tout joueur de volley-ball, car la représentation polonaise participe aux rencontres de très haut niveau", assure-t-il.
Les plus connus des naturalisés Polonais "par choix" viennent du monde de football, où des célébrités étrangères apportent un peu d'éclat à l'équipe nationale. "J'aime les Polonais, j'aime la Pologne. Je voudrais devenir citoyen du pays dans lequel j'ai vécu beaucoup de beaux moments", déclare Roger Guerreiro, le joueur brésilien de Legia (Legia Warszawa, le club de la capitale). L'accession à la nationalité peut se révéler assez rapide quand l'équipe nationale est en mal de milieu de terrain offensif.
Depuis l'année dernière, la procédure devant le voïvode (représentant du gouvernement central au sein d'une voïvodie, un département) offre une voie simple et rapide à l'acquisition de la nationalité. Celle-ci peut être également accordée par le Président sur la base du mérite, comme ce fut le cas pour quelque 2 500 personnes en 2012. La grande majorité des demandes passent toutefois devant les voïvodes, qui voient les demandes se multiplier depuis l’adhésion de la Pologne à l’UE.

Sympathique et attractive

Pourquoi les étrangers sont-ils de plus en plus nombreux à demander la nationalité polonaise ? Par pur pragmatisme. Selon Henry Mmereole, originaire du Niger et gérant de trois pharmacies à Varsovie, les étrangers s'installent ici parce que le pays est en pleine expansion, et que les personnes audacieuses peuvent y progresser rapidement. Il concède que le plus difficile reste certainement le climat, mais qu'on s'y habitue.
Aux motivations économiques ou familiales, s'ajoute un autre élément : la Pologne est jugée sympathique et attractive. "Une bonne ambiance, des gens gentils. Ma tante et mon oncle venus de Grèce ont emprunté récemment Traktat Krolewski (la voie royale) à Varsovie, et ils n'ont pas cessé de s'émerveiller. La Pologne devrait promouvoir sa culture, par exemple sa création théâtrale exceptionnelle, ou le sport. C’est principalement à travers ces domaines qu'un pays gagne en réputation”, explique le musicien Milo Kurtis, cofondateur du groupe culte Maanam, actuellement membre de Drum Freaks.
Né à Zgorzelec, fils de réfugiés grecs (issus de la vague d'immigration qui vit près de 15 000 Grecs arriver en Pologne en 1949), il a décidé de demander la nationalité polonaise. C'était une démarche honnête et pratique, compte tenu du fait qu’il pense comme un Polonais et qu’il veut rester dans ce pays jusqu'à la fin de ses jours. Il raconte que dans les années 80, une offre de nationalité lui a été faite par l'Allemagne, mais le sujet à été rapidement oublié après cette mise au point de son beau-père : "Tu as le choix, mais sache que nous n'allons pas avoir un Allemand dans la famille."

Le Vietnam de l'Europe

Nombreux sont ceux qui viennent au bord de la Vistule, simplement pour chercher une vie meilleure, ou une bonne formation. Mais seule une petite minorité de ces nouveaux arrivants souhaitent acquérir la nationalité polonaise. Quelques milliers de personnes par an à l'échelle du pays c'est très peu, compte tenu du nombre total d'étrangers séjournant sur notre territoire, légalement ou pas, estimé entre 500 000 et 1 million de personnes. Mais leur afflux ne fait que commencer.
La Pologne est devenue une destination de choix pour les Vietnamiens. Les parents d'un bon nombre d'entre eux ont étudié ici dans les années 60 et 70, parlent polonais et transmettent une image quelque peu idéalisée de la Pologne comme celle d'un pays ruisselant de lait et de miel, constate Karol Hoang, entrepreneur dans l'immobilier et propriétaire d'une agence de mannequins. Son grand-père était diplomate, en poste à Varsovie.
Si la Pologne compte plusieurs dizaines de milliers des Vietnamiens, ce sont pourtant les Ukrainiens qui dominent parmi les immigrés. Employés dans l'agriculture et l'horticulture, ils travaillent également dans les secteurs de la construction et de la garde d'enfants ou de personnes âgées. "Les Ukrainiens viennent travailler, gagner de l'argent, puis ils repartiront chez eux. Les Chinois, si leurs affaires ne marchent pas, plient bagages et vont voir ailleurs. Les Vietnamiens, eux, restent quoi qu'il arrive. Nous nous enracinons ici, nous songeons à ce que nous allons faire dans les dix ou vingt prochaines années, à ce qui attend nos enfants, s'ils disposeront d'une formation solide ou d'un poste dans une bonne entreprise ou dans une banque", explique Karol Hoang. Marié à une Polonaise, il se dit "à moitié Polonais". Vieille de 20 ans, sa relation avec la Pologne vient d'être scellée par la nationalité polonaise fraîchement acquise.
Les jeunes Vietnamiens s'assimilent rapidement, trop même aux yeux de la première génération d'immigrés qui reproche aux nouveaux arrivants de négliger les liens avec la mère patrie. La communauté asiatique est cependant touchée par un vrai problème identitaire. Ils voudraient être Polonais, mais, très éloignés du modèle physique des grands blonds aux yeux bleus, ils ne sont pas toujours acceptés.

Premier député noir

L’attitude des Polonais envers les immigrants a évolué par rapport à la fin des années 1990, époque où l’on voyait, lors de matchs de foot, les supporteurs lancer des bananes sur le joueur Olisadebe, originaire du Nigèria. De ce pays vient aussi John Abraham Godson, le premier député polonais noir. Pour lui, tout a commencé lorsqu'un missionnaire roumain lui a parlé de la Pologne. Aujourd'hui il souligne qu'il vient de Łódź (la troisième ville polonaise située dans la partie centrale du pays) et que c'est ici qu'il veut vivre et même, être enterré.
Quand un immigrant commence-t-il à se sentir vraiment Polonais ? Pas forcément en recevant un certificat de nationalité. Okił Chamidow, le réalisateur de la très populaire série télévisée "Le monde selon la famille des Nuls", d'origine tadjike, avoue en plaisantant avoir pensé qu'il était devenu vraiment Polonais le jour où il s'est mis à se plaindre sans raison.

Mots croisés/affaire Findus : l’inutilité de Benoît Hamon, les bêtises de Périco Légasse

Lundi soir se tenait sur France 2 l’émission hebdomadaire « Mots croisés », présentée par Yves Calvi. Petit florilège. 
Hier, le thème de l’émission abordait une problématique centrale, qui mérite l’attention attentivement attentive de l’ensemble des citoyens éclairés, des politiques, des intellectuels de tout bord. La crise ? Non ! Le chômage de masse ? Non ! La viande de cheval bien sûr ! Parmi les invités de cette palpitante émission, Benoît Hamon, Ministre de la consommation, et Périco Légasse, journaliste et chroniqueur gastronomique (le mari de Natasha Polony, pour ceux qui lisent la rubrique people des journaux).

À ce moment, il est légitime d’avoir une pensée émue pour notre Ministre. Benoît Hamon, ancien Président du Mouvement des Jeunes Socialistes, considéré comme appartenant à « l’aile gauche du PS », a certainement dû imaginer, lors de ses débuts en politique, qu’il allait essayer de changer le monde. Réduire la pauvreté et les inégalités, apporter plus de Justice dans ce monde imparfait, organiser la prospérité, etc. Des buts tout à fait louables, même si les lecteurs assidus de Contrepoints savent que les méthodes qu’il emploie pour cela n’obtiendront jamais les résultats escomptés. Mais voilà, la politique étant à présent ce qu’elle est, Benoît Hamon s’est retrouvé, à partir de 23h et pendant deux longues heures, à débattre sur le fait qu’un obscur fournisseur roumain s’est amusé à remplacer du bœuf (de la vache, en réalité, des bœufs il n’y en a plus) par de la vieille carne hippique. Il a donc joué le rôle qu’il pouvait, c’est-à-dire celui de protecteur du peuple outragé, en affirmant que « les contrôles allaient être renforcés » pour que cela ne se reproduise plus, que « le Gouvernement allait être vigilant », et que d’ailleurs une réunion de crise s’était tenue aujourd’hui entre membres du gouvernement, représentants de la filière incriminée et associations de consommateurs. Ce qui, traduit en langage courant, signifie que le Gouvernement fera semblant de s’intéresser à ce problème tout le temps que durera la polémique, avant qu’un autre scandale ne balaie cette éphémère actualité.
Mais la palme de la bêtise, il faut quand même le dire, revient sans conteste à Périco Légasse. Pour lui, le coupable est tout trouvé : « L’Europe néolibérale », accusation répétée plusieurs fois tout au long de l’émission. Inutile de revenir sur le terme néolibéral, qui est décidément utilisé partout mais défini nulle part. Ce qui n’est pas surprenant lorsqu’on sait qu’il n’a aucune signification pertinente, puisqu’il s’agit d’une invention des antilibéraux pour attaquer le soi-disant libéralisme dérégulé que l’on a pourtant bien du mal à observer. Le raisonnement de Périco Légasse est le suivant : les institutions européennes organisent la concurrence inéquitable entre les pays, et cette concurrence pousse les prix vers le bas au point que, forcément, les fournisseurs sont conduits à tromper le consommateur en remplaçant les ingrédients des plats préparés par des composants de basse qualité pour augmenter leurs marges. À cet instant, plusieurs éléments peuvent, en quelques lignes, être mobilisés pour montrer que M. Légasse n’a absolument rien compris à ce qu’il raconte.
D’une part, l’existence de la PAC, 40% du budget européen, dont la France est la première bénéficiaire, ne consiste rien de moins qu’à perturber durablement la logique de marché en subventionnant les agriculteurs de pays à hauts salaires qui sont amenés à produire des quantités bien plus grandes que le marché ne peut absorber. Subventions dont on ne sait pas très bien si elles contribuent réellement à moderniser l’agriculture mais qui conduisent à des gaspillages certains (lire l’article à ce sujet). Difficile de trouver là une quelconque inspiration libérale.
D’autre part, si l’on poursuit la logique de Périco Légasse, la solution serait donc de relocaliser l’ensemble de la filière agroalimentaire. Mais, sans compter le fait qu’on ne voit pas très bien comment cela serait possible sans méthode très coercitive, il est difficile d’imaginer que cela permettrait de limiter ce genre de fraude. En effet, le renchérissement des coûts, confronté à la volonté légitime des consommateurs de limiter leur budget alimentation ne pourrait conduire qu’à augmenter encore la tendance des fournisseurs mal intentionnés à tromper leurs clients.
Enfin, le sous-entendu principal des affirmations péremptoires de M. Légasse consistait à dire que les industriels de l’agroalimentaire ne sont « que des banquiers » (une « insulte » qui en dit long sur le sérieux du personnage), uniquement intéressés par l’argent, et prêts à empoisonner le consommateur pour quelques euros de plus. Pourtant dans cette affaire, ce sont bien les « banquiers » (qui curieusement, tiennent à leur réputation) qui ont découvert le pot-aux-roses, ourdi par le producteur roumain. Enfin Yves Calvi fera remarquer à juste titre que bien que l’affaire fasse des remous, elle n’est pas représentative des centaines de millions d’autres produits écoulés chaque année sans le moindre problème.
Et c’est bien là le danger de ce type d’émissions. En invitant des personnes qui ne cessent de s’exprimer sur des sujets qu’elles maitrisent peu, on en vient au syndrome du « gros micro mou. » Un pseudo-journaliste qui s’improvise économiste lance ces banalités au mieux sans aucun fondement, au pire véritablement dommageables si elles étaient appliquées au pied de la lettre. Le téléspectateur lambda, qui n’a pas forcément les outils nécessaires pour prendre du recul par rapport à ces affirmations, pensera peut-être que M. Légasse ne fait qu’avancer des idées de bon sens. Malheureusement, c’est tout le contraire.
En mot de conclusion, la journaliste de Libé Laure Noualhat, également invitée, reprenait les mots du philosophe Jacques Ellul : « Je veux moins de complexité, de technicité » ; « il faut remettre de la simplicité dans ce monde ». Hier, à "Mots croisés", oui-oui était de sortie.

La grève des « amis »

La grève des « amis »


« Avec des amis comme ça, pas besoin d’ennemis », peut se dire Vincent Peillon, au soir de la journée de grèves et de manifestations contre « sa » réforme des rythmes scolaires.
Bien sûr, on ne voit pas pourquoi les enseignants auraient dû refréner leur envie d’en découdre, au nom de leurs sympathies pour une majorité de gauche, qu’ils sont censés avoir appelée de leurs vœux et de leurs votes : c’est de choses autrement plus importantes que de « bas calculs politiques » dont cette affaire est l’enjeu. Et naturellement, au premier chef, du sacro-saint « intérêt de l’enfant ».
Ajoutez-y des critiques sans doute – au moins en partie – fondées sur l’aspect bâclé d’une abolition de la semaine de quatre jours, qui laisse dans le flou l’organisation des fameuses activités périscolaires et renvoie à une postérité pas très lointaine celle de la pérennité de leur financement.
On peut aussi comprendre que, sur un plan personnel et « privatif », ces personnels, pas spécialement gâtés ces dernières années et qui louchent avec amertume vers le traitement de leurs collègues du secondaire, aient pu concevoir quelque irritation de se voir tirés du confort – tout relatif – dans lequel les avait installés la semaine de trois jours (de congés) de la réforme Darcos.
Sans compter qu’aux dires de beaucoup, une vraie réforme du temps scolaire au bénéfice de l’élève aurait dû d’abord, ou en même temps, alléger les programmes et s’attaquer à une meilleure répartition du temps scolaire sur l’année, en entamant la falaise des grandes vacances.
Reste qu’avec la fronde des « instits », le ministre peut craindre de ne même pas devoir attendre tous les effets de la mauvaise volonté, dûment argumentée, des élus locaux confrontés en première ligne à la quadrature du cercle logistique et financier, pour se trouver confronté à l’impossibilité de voir honorer sa priorité : instituer la semaine de quatre jours et demi, option mercredi matin, dès la rentrée 2013. Du coup, report à la rentrée 2014, l’année de tous les dangers puisqu’année d’élections municipales, où les arguments des chronobiologistes et autres pédagogues de tout poil risquent de devenir très vite inaudibles dans le fracas des charges… politiques.

mercredi 13 février 2013

Abenomics, la guerre des étoiles

Abenomics, la guerre des étoiles


Avis aux explorateurs. Pour voyager dans le futur, il suffit de faire quelques heures d'avion. À 10 000 kilomètres de Paris, il est un pays où se prépare l'une des expériences les plus audacieuses en matière de politique économique, Abenomics, du nom de Shinzo Abe, le nouveau Premier ministre japonais. Expérience qui a toutes chances de préfigurer, fût-ce de façon radicale, les politiques qui seront bientôt conduites dans d'autres pays développés.
Le Japon a connu, bien avant nous, l'explosion de l'une des bulles financières les plus ventrues de l'Histoire - la répétition générale de la crise que connaissent nos pays a eu lieu là-bas il y a vingt-cinq ans. Le 30 décembre 1989, l'indice boursier nippon, au sommet, cotait près de 39 000 points. Si la madame Michu locale, qui s'appelle plutôt Watanabe, avait alors investi son épargne dans les actions, elle aurait aujourd'hui un capital divisé par quatre. Car, en février 2013, le Nikkei végète aux alentours de 11 000. Idem pour l'immobilier, qui a pris une claque gigantesque.
Voilà donc un quart de siècle que les gouvernements japonais se succèdent, météoriques et impuissants à sortir l'archipel de la crise. D'innombrables relances budgétaires ont été déclenchées, avec des millions de mètres cubes de béton déversés sur les îles nipponnes. Les fonctionnaires d'Okura-sho, le ministère des Finances, ont été jusqu'à décréter la construction de routes qui ne menaient nulle part, dans l'espoir de ranimer la croissance. Si Keynes était encore vivant, il serait japonais. Et il serait malheureux. Car tout cela n'a pas eu d'autre effet que de faire grimper la dette à 245 % du PIB, un chiffre aberrant qui est sans équivalent parmi les grandes puissances économiques.
Élu en décembre 2012 et confronté à cette déflation rampante, Shinzo Abe a décidé de déclencher la guerre des étoiles. Il prépare ainsi une nouvelle relance, la plus importante jamais effectuée depuis l'après-guerre. Comment la financer ? Par le déficit, qui va atteindre près de 12 points de PIB cette année, un record. Il s'apprête à se saisir d'entreprises industrielles pour stimuler l'investissement qui ne veut pas repartir tout seul - la nationalisation, une idée qui séduit, de Montebourg au mont Fuji. Et surtout le nouveau Premier ministre a littéralement remis sous contrôle gouvernemental la banque centrale du pays, en lui enjoignant un triple objectif : relancer l'inflation, financer les dépenses publiques avec la planche à billets et faire baisser le cours de la devise nipponne pour faciliter les exportations. C'est là qu'Abe a remporté un premier succès, puisque le yen a déjà chuté de 15 %, allégeant d'autant la pression qui asphyxiait les exportateurs nippons.
En bref, pour définir cette expérience inédite, il suffit de prendre le contre-pied intégral de tous les commandements de la politique économique telle qu'on la pratique depuis trente ans dans les pays développés. Le chef du gouvernement japonais se prévaut, pour lancer cette révolution, de l'expérience de l'entre-deux-guerres, où le ministre des Finances d'alors, Takahashi Korekiyo, avait sorti son pays de la crise dès le début des années 30 avec ces recettes. Il s'agit de mobiliser tous les moyens en même temps sur le même objectif pour en démultiplier l'effet.
Ce Pearl Harbor contre la crise a t-il une chance de réussir ? Le principal risque de l'opération est une violente remontée des taux d'intérêt à cause de la spirale de l'endettement, qui stopperait net l'expérimentation. Mais il est faible au Japon, car les épargnants et les institutions financières sont dociles et mangent des obligations d'État autant qu'on leur demande. A terme, la création monétaire excessive provoquera une crise de confiance dans le papier-monnaie, avec une inflation hors de contrôle.
Mais avant cela l'onde de choc va se faire sentir chez nous. Parce que nos politiques contre la crise s'épuisent, elles aussi. Seuls les États-Unis et l'Allemagne ont retrouvé leur niveau de PIB de 2007 parmi les grands pays développés. Le chômage atteint des niveaux sans précédent en Europe du Sud. La tentation des armes non conventionnelles va donc monter à peu de chose près, le programme économique de Shinzo Abe est celui du Front national ou celui de Silvio Berlusconi, candidat aux élections législatives italiennes, plutôt en forme dans les sondages.

Impôts : les taux augmentent, l'étau se resserre

L’État français, plus proche que jamais de la faillite, cherche à limiter la fraude fiscale et l'optimisation fiscale. Il ne s'agit plus tant de faire croire aux Français que l'enjeu est plus la fraude que la dépense publique que d'éviter que le moindre centime lui échappe alors que le budget sera difficile à boucler et de surveiller les citoyens.

L’État français est en faillite. Ça ne surprendra pas les lecteurs de Contrepoints, et ça ne devrait pas surprendre les Français. Surtout, si le budget est déjà assez serré pour qu'un ministre l'admette, les conséquences du départs de nombreux Français, de la fermeture de nombreuses usines et de la montée du chômage sur les recettes fiscales porteront le coup fatal à un équilibre déjà aussi précaire que les contrats d'avenir.
Avec tout le courage qui caractérise les gouvernements successifs qui, depuis presque 40 ans, préparent desbudgets déficitaires, les actuels représentants du peuple refusent de réduire la dépense publique de façon plus que cosmétique. Mathématiquement, difficile d'échapper à un déficit plus important que prévu, d'autant plus que la croissance sera plus faible qu'espéré. Alors, que faire ?
La fiscalité atteint déjà des sommets, et la mesure phare de taxation à 75% a été refusée par le Conseil Constitutionnel. Inutile d'espérer mettre en place de nouvelles recettes. Il ne reste donc plus au gouvernement qu'à espérer que ses zélés percepteurs, qui n'hésitent pas à harceler les contribuables jusqu'à la mort et à mettre des bâtons dans les roues de ceux qui veulent investir dans les petites entreprises, redoublent d'effort. Les mesures en préparation pour pourchasser les Français où qu'ils soient – impôt sur la nationalité et percepteurs sans frontières – ne seront pas effectives avant quelques temps ; il faut trouver des solutions.
À défaut d'être une solution, le gouvernement a un espoir : que les Français, malgré les contrôles omniprésents et le suivi des transactions réalisées, fraudent encore le fisc lorsqu'ils paient en liquide, et surtout qu'ils acceptent l'idée qu'un meilleur suivi par l’État des transactions vise uniquement à lutter contre la fraude.
Les paiements en liquide seront donc limités à 1000 euros au lieu de 3000 aujourd'hui, et le suivi des comptes bancaires et contrats d'assurance-vie sera renforcé. Certes, des fraudes ont sans doute lieu, et on voit mal aussi bien comment les Français pourraient survivre sans et comme l’État pourrait les en empêcher – l'URSS, modèle actuel de la France, n'y parvenait pas. Mais rien n'indique qu'elles seraient assez massives pour que leur identification renfloue les caisses de l’État.
C'est donc sur un tout autre registre que se situent les objectifs des vaillants défenseurs de l'intérêt général : la surveillance des citoyens et de la richesse qu'ils ont jusque-là réussi à préserver de l'appétit dévorant de l’État.
«Cette consultation va être engagée très rapidement afin qu’un décret et des mesures législatives soient prises d’ici la fin 2013 pour abaisser le seuil en espèces à 1 000 euros pour les résidents contre 3 000 euros par achat aujourd’hui», souligne le dossier de presse. [...] Jean-Marc Ayrault a par ailleurs rappelé qu’une autre consultation allait être engagée «sur la création d’un fichier des souscripteurs de contrats d’assurance-vie». Ce fichier «pourra s’inspirer du fichier déjà existant, le Ficoba», précise le dossier de presse. Le Ficoba – Fichier national des comptes bancaires et assimilés – recense les comptes de toute nature et peut fournir des informations sur les comptes détenus par une personne ou une société. Le Premier ministre a par ailleurs annoncé, au plan local, un «renforcement de la coordination entre tous les services compétents».
Une fois les informations collectées et partagées entre les nombreux services, certaines fraudes pourront être évitées – fiscales notamment, mais également fraudes aux diverses prestations offertes par les contribuables français, sans leur consentement, aux autres Français – et l’État disposera de toute l'information dont il a besoin pour savoir où piocher et comment orienter ses prochaines mesures fiscales.
Les Français sont plus que jamais désarmés face à un État qui dispose d'un arsenal minutieusement constitué et qui compte sur leur argent pour financer ses largesses. Évidemment, il s'agit uniquement de faire remplir aux Français leur devoir de solidarité nationale - solidarité qui justifie difficilement les privilèges et avantages des serviteurs de l’État et les subventions massivement accordées sans qu'on comprenne bien leur légitimité. La légitimité de l'action de étatique est un présupposé pour ceux qui la dirigent ; ce n'est plus l’État qui est au service des Français, mais les Français qui sont au service de l’État.
L'intérêt général si bien identifié par ses soins vaut bien une minutieuse surveillance des faits et gestes - et surtout de la richesse - des citoyens par un État à qui rien n'échappe, et surtout pas les Français.

Retour de noces

Retour de noces


La majorité a eu raison de célébrer le mariage pour tous les couples, largement adopté, hier, par l'Assemblée : le retour de noces, en effet, pourrait être moins gai. Après une phase plutôt favorable, l'exécutif est confronté à un violent rappel aux réalités, surlignées de rouge par le président de la Cour des comptes.
En décidant d'intervenir au Mali, François Hollande avait fait preuve d'une réactivité adaptée aux circonstances et d'une autorité réclamée par les Français. L'amélioration du commerce extérieur, la conclusion d'accords sociaux importants et le chiffre inespéré du chômage en décembre ont même laissé croire à une éclaircie.
Le mariage gay, en dépit de la dureté de la confrontation, a permis de révéler, bientôt de corriger, des situations injustes. Des blessures, dit joliment Jean-Louis Borloo, dont le prix mérite le principe d'égalité. Il a aussi montré les dangers d'une logique qui supprimerait toute limite au droit à l'enfant. Au-delà du texte sur le mariage, il pose la question du rôle de la loi face aux pratiques interdites chez nous - les mères porteuses - mais qui nous concernent dès lors qu'elles existent ailleurs.
Sur le plan politique, ces quinze jours et nuits ont ressoudé une majorité perturbée par des choix économiques jugés trop libéraux. Ils ont aussi souligné l'absence, dans le débat, des ténors médiatiques de la droite. Que Frigide Barjot devienne le contre-pouvoir sociétal le plus visible traduit l'affaiblissement politique de la direction de l'UMP, dont la majorité ne va pas se plaindre.
Mise en garde
Pour le gouvernement, la séquence qui s'ouvre s'annonce pourtant moins rose. L'Europe, dont François Hollande prétendait faire le levier de la relance, ajoute une couche de rigueur. Le Président l'a presque annoncé hier : il faudra réviser la prévision de croissance.
Didier Migaud, le très respecté président socialiste de la Cour des comptes, a prévenu que l'objectif de retour au 3 % de déficit ne sera pas tenu. Pire, il démontre que le redressement dépend trop de l'impôt et que nombre d'économies découlent des réformes... Sarkozy !
De deux choses l'une : ou bien le gouvernement augmente encore les impôts, et c'est la compétitivité de la France que l'on étouffe, sa signature que l'on galvaude. Ou bien il réduit la dépense publique, ce qui signifie d'ores et déjà moins de dotations pour les collectivités, à un an des municipales. Moins d'argent pour les enseignants, par exemple, qui réclament une récompense pour s'adapter. Moins de moyens pour les entreprises en difficulté.
La réforme bancaire, dont l'examen a commencé hier, ne comblera pas les désespérances. Le projet visant à sauver de la liquidation les sites rentables soulèvera d'énormes problèmes d'application. Pour populaire qu'il soit, le projet contre le cumul des mandats ne va pas tenir le pays en haleine. L'effet Mali va s'estomper.
Les mises en garde de Manuel Valls l'illustrent : François Hollande, qui s'exprimera bientôt devant les Français, craint que les impatiences sociales ne dégénèrent. Le Premier ministre s'inquiète de la lenteur avec laquelle les amortisseurs sociaux, notamment les contrats d'avenir, se mettent en place. L'inversion du chômage, dans moins d'un an, ressemble de plus en plus à une promesse boomerang qui intéresse pourtant plus de Français que le mariage gay.

Aucun pays du monde n'est plus visionnaire... que l'Allemagne


L’année dernière, l’Allemagne a été le pays avec le plus avant-gardiste du monde, selon le Future Orientation Index 2012 créé par le Docteur Suzy Moat du College de Londres et le Professeur Associé Tobias Preis de l’Université Warwick.
Dans ce classement, la Belgique occupe la dixième place, en recul de quatre places par rapport à l'année dernière.
Des travaux précédents sur ces données avaient révélé qu’il existait un lien entre ce type de recherches sur des problématiques du futur et le PIB par tête du pays de ceux qui effectuaient ces recherches. Les chercheurs expliquent que ces requêtes sont révélatrices d’un intérêt plus important pour l’avenir qui pourrait expliquer l’avance économique de ces pays. Ils citent également la répartition différente de l’infrastructure internet selon les pays, dépendante des conditions économiques propres à ces pays, et qui conditionne le type d’information recherchée.
Le Nigeria est le pays qui a le plus progressé depuis l’année dernière, avec un gain de 15 places, suivi du Japon qui est passé de la 9ème place en 2011 à la 3ème place en 2012.

Femen nues à Notre Dame de Paris : Manuel Valls, consterné, soutient les catholiques

Ce mardi, le groupe d'activistes féministes a fêté à sa manière la renonciation de Benoît XVI. Le ministre des Cultes veut garantir à tous les croyants de pouvoir pratiquer leur religion dans la dignité et le respect. 
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a fait part mardi dans la soirée de sa consternation, "face aux agissements des neuf membres du groupe Femen qui se sont introduites, ce mardi, torse nu, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris". Ce groupe d'activistes féministes entendait ainsi "fêter" la renonciation du pape Benoît XVI

Des laiderons mal baisées ? non, pas baisées du tout...à moi la peur !!!
"Ces agissements, commis au sein même d'un lieu de culte, sont contraires aux valeurs républicaines qui offrent - faut-il le rappeler -, à chacun, la possibilité de s'exprimer librement", estime le ministre des cultes. "Si la laïcité permet à chacun de croire ou de ne pas croire en toute liberté, la République entend, dans le même temps, garantir à tous les croyants de pouvoir pratiquer leur religion dans la dignité et le respect mutuel", conclut Manuel Valls qui témoigne de son "soutien aux catholiques de France qui ont pu être offensés par ce geste grossier".  
Les féministes qui se sont exhibées seins nus mardi à Notre-Dame de Paris pour «fêter» la résignation du Pape se sont attiré les critiques de religieux et de personnalités politiques de tous bords.
Installées à Paris depuis septembre, les militantes féministes aux seins nus desFemen se sont attirées pour la première fois de vives critiques de tous bords. Huit d'entre elles se sont exhibées seins nus mardi matin dans la nef de la cathédrale Notre-Dame de Paris pour «fêter le départ du pape» Benoît XVI. Elles ont fait sonner les cloches avec des morceaux de bois et ont crié en anglais «Pope no more» («Plus de Pape»). Sur le torse et le dos, elles avaient inscrit au feutre des slogans comme «No homophobe», «Crise de foi», «Bye bye Benoît!».
Manuel Valls a fait part quelques heures plus tard de sa «consternation». Le ministre de l'Intérieur «a condamné cette provocation inutile et témoigne de son soutien aux catholiques de France qui ont pu être offensés par ce geste grossier.» «Ces agissements», a-t-il encore ajouté, «commis au sein même d'un lieu de culte, sont contraires aux valeurs républicaines qui offrent - faut-il le rappeler -, à chacun, la possibilité de s'exprimer librement. Si la laïcité permet à chacun de croire ou de ne pas croire en toute liberté, la République entend, dans le même temps garantir à tous les croyants de pouvoir pratiquer leur religion dans la dignité et le respect mutuel.»

«Un acte qui caricature le beau combat pour l'égalité»

Une cloche parmi les Cloches
Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë a également condamné cette action et fait part de sa «tristesse». «Je réprouve un acte qui caricature le beau combat pour l'égalité femmes-hommes et choque inutilement de nombreux croyants», a-t-il déclaré. Deux sénateurs de Paris, Yves Pozzo di Borgo (UDI, centre) etPierre Charon (UMP, droite), se sont indignés de la «provocation» des Femen. Dans un communiqué, ils ont jugé «incompréhensible» que ces activistes «ne soient pas empêchées d'agir, surtout aujourd'hui où il y a une conjoncture spéciale» avec l'annonce la veille de la renonciation de Benoît XVI, et accusent les autorités de «laxisme». Le député des Alpes-Maritimes Lionel Luca a sous-entendu sur Twitter que les fidèles catholiques avaient eu une réaction moins violente à l'égard des Femen qu'auraient eu des fidèles musulmans.

Des visiteurs de la cathédrale s'en étaient pris au Femen et avaient exprimé leur consternation. «Ici, c'est sacré, vous n'avez pas à vous dénuder ici», leur avait dit une touriste française. Le recteur et archiprêtre de Notre-Dame, Mgr Patrick Jacquin, a finalement indiqué que deux plaintes avaient été déposées auprès de la police pour «profanation d'un espace cultuel» et pour «coups et blessures», l'un des agents du service de sécurité ayant eu selon lui une épaule démise.

J'attends avec 

impatience les 

Femen à la mosquée de 

Paris 

vendredi juste pour la 

blague !!!!!