TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 30 novembre 2012

Pourquoi les Mittal n'ont pas peur des Français

"Ce serait génial d’avoir une image positive en France." Aditya Mittal nous reçoit à Londres dans son bureau du septième étage plongeant sur Berkeley Square. Oui, génial, "mais pas au prix de prendre les mauvaises décisions", poursuit le numéro deux d’Arcelor Mittal, au sourire ultrabright. Le message est clair.
Les Mittal, actionnaires à 41 % du groupe né de la fusion en 2006 de Mittal Steel et d’Arcelor, ne comptent pas se laisser intimider. Jamais rien ni personne n’a empêché Lakshmi, le père, et son fils, Aditya, de mener leurs opérations comme ils l’entendaient. Le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, peut bien les menacer d’une nationalisation, d’un contrôle fiscal "astronomique" : les Mittal ne rallumeront pas les hauts-fourneaux de Florange. L’"ogre financier" (dixit Montebourg) Lakshmi Mittal avait expliqué aux Français en 2006 qu’ils ne devaient "pas avoir peur de lui". Aujourd’hui, il prouve, en tout cas, qu’il n’a pas peur des Français.

Esprit de caste
Il est vrai que Mittal pointe au deuxième rang des fortunes britanniques, avec 16 milliards de dollars en poche. Les murs de son bureau, qui jouxte celui d’Aditya, sont tapissés de fort jolis tableaux. Ici, deux Fernand Léger. "C’est ma femme qui fait la décoration", se dédouane-t-il. Et le Picasso du palais familial de Kensington Gardens ? C’est elle aussi. Il y a également dans la collection des aquarelles de… Vanisha Mittal, sa fille, qu’il maria en 2004 entre Versailles et Vaux-le-Vicomte.
Fête mémorable, à 55 millions de dollars. "C’est une allégorie de la croissance de notre business !" s’émerveille le patriarche en montrant les scènes traditionnelles de marché croquées par sa fille chérie. Voilà qui résume bien l’état d’esprit des Marwaris. Alain -Davezac, à Arcelor au temps de l’OPA et parti chez les Ruia, d’autres Marwaris, décrit ainsi cette sous-caste indienne de petits marchands émigrés du Rajasthan pour faire des affaires : "Toujours en famille et pour seul horizon, l’argent."
Assurance à toute épreuve
Résultat, chez ArcelorMittal, les Mittal sont partout. Lakshmi est président et directeur général, malgré sa promesse de ne pas cumuler les deux fonctions. Usha n’a plus de poste officiel, mais elle seconda longtemps son mari et fut administratrice jusqu’en 2004. Un ancien se souvient des conventions des cadres : "Elle s’asseyait à côté de Lakshmi et lui glissait à l’oreille son sentiment sur chacun de nous." Le fils, Aditya, 36 ans, est directeur financier et tient les rênes de l’Europe, en perte. Sa sœur -Vanisha, 32 ans, siège au board et assure la direction de la stratégie d’Aperam, spin-off d’ArcelorMittal, dont Lakshmi a gardé 41%.
Un esprit de caste qui donne une assurance à toute épreuve. Un partenaire le résume ainsi : "Ils pensent qu’ils ont la baraka et que rien ne pourra jamais leur arriver." C’est à partir de 1989 que Lakshmi, alors âgé de 39 ans, révèle sa vraie nature de joueur invétéré. Il tient alors depuis dix-huit ans Ispat, une petite usine d’acier montée en Indonésie avec son père, Mohan. Il en sort 300.000 tonnes par an (100 millions aujourd’hui). Le gouvernement de Trinité-et-Tobago lui propose alors de reprendre l’un de ses fournisseurs de fer, en perdition malgré les 400 millions de dollars d’investissement. Lakshmi fonce.
"Le Kazakhstan est devenu notre vache à lait"
En 1992, rebelote au Mexique. L’Etat privatise une unité où il a investi 2,2 milliards en pure perte. Même pas peur : Lakshmi signe encore. En 1994, le Canada, puis l’Allemagne. L’Europe de l’Est, sortie du giron soviétique, lui tend à son tour les bras. Lakshmi plonge : Roumanie, Ukraine… Sa plus grande difficulté ? Les syndicats. Déjà. "Dans une entreprise publique, chaque syndicaliste croit qu’elle lui appartient. Il faut changer leur état d’esprit. Et ce n’est pas simple."
Mais c’est au Kazakhstan que l’opération est la plus délirante. "Un moment vraiment fascinant dans ma vie", dit tranquillement Lakshmi. "C’était une décision folle et courageuse, mais qui s’est avérée très judicieuse." Il envoie un fidèle, Malay Mukherjee, s’installer à Temirtau, où l’autrichien Voestalpine et l’américain US Steel se sont déjà cassé les dents. Un ancien de l’acier en convient : "Personne ne voulait y aller, beaucoup trop risqué et mafieux, mais Lakshmi est gonflé."
Du jour au lendemain, il se retrouve à la tête d’une armée de 80.000 ouvriers kazakhs… et de toute la ville : 250.000 habitants et leurs infrastructures ! Son homme de main, Malay Mukherjee, est fier du résultat : "En trois ans, on est monté à 3,5 millions de tonnes, le Kazakhstan est devenu notre vache à lait."
Un groupe au bord du gouffre en 2000
Entre-temps, Aditya est entré dans la danse. Son père l’a appelé aux affaires un an tout juste après son diplôme. Le fiston en rigole : "Il me voyait tous les matins quitter la maison pour aller travailler ailleurs, au Credit Suisse. Cela devait le frustrer." Explication du père : "Je l’aimais tellement !" Aditya, lui, se souvient : "Il savait que je voulais absolument travailler pour une société cotée. Lui n’en était pas totalement convaincu. Mais il m’a proposé de venir pour mener l’introduction en Bourse. Je ne pouvais pas dire non."
C’était en 1997, Aditya avait 21 ans. Ce faisant, il obtient de son père la première dérogation aux règles des affaires marwaries : il ouvre le capital d’Ispat. Pas fous, les Mittal en gardent 88 % et quelques actifs, dont le Kazakhstan, en or massif, dans un véhicule privé, LNM. Une proche de la famille précise : "De toute façon, aucun investisseur n’aurait parié sur Ispat avec le Kazakhstan."
C’est pourtant ce pari fou qui va sauver les Mittal de la banqueroute. En 2000, la crise pointe et le cycle de l’acier s’inverse. Aditya se rappelle : "44% de l’acier américain était en faillite. Et nous étions au bord du gouffre." Lui qui projetait de couler des jours tranquilles avec sa jeune épouse à Boston, pour y obtenir la consécration, un MBA à Harvard, n’hésite pas. "Je ne pouvais pas quitter l’entreprise dans une telle situation.
"Ils ont des couilles en bronze !"
L’action est à 1 dollar, contre 27 en 1997. Philippe Capron, alors directeur financier d’Usinor, se souvient d’Aditya, ce gamin tentait de lui vendre 50 % d’une entité obsolète à Chicago, Inland Steel, achetée en 1998 deux fois trop cher. "Il n’a jamais montré son désarroi, alors qu’ils frôlaient la catastrophe. » Et de conclure : "Ils ont des couilles en bronze !"
Car les Mittal n’ont peur de rien. « Surtout pas de jouer avec l’argent des banques », ajoute Philippe -Capron. Pour éviter la débâcle, Lakshmi et Aditya fusionnent Ispat avec LNM, le Kazakhstan et son milliard de dollars de cash. Mittal Steel est né. Et, la conjoncture aidant, les voici prêts pour un nouveau coup de poker. Cette fois, c’est Aditya qui part en chasse.
Sa proie : Arcelor. Le géant fabrique ce dont Mittal rêve : des aciers à haute valeur ajoutée dans les pays développés. Et fin 2005, les deux sociétés se battent pour une affaire ukrainienne, Krivoï-Rog. Mittal l’a emportée, mais, aux dires d’un proche des négociations, "il a payé 1 milliard de plus à cause des surenchères d’Arcelor". Un Mittal ne se fait pas extorquer. Aditya invite donc Guy Dollé, patron d’Arcelor, et Alain Davezac, son contact au sein du groupe européen, dans le palace paternel pour tâter le terrain. Le Français demande à réfléchir et quitte les Mittal dans la bonne humeur.
Une confiance aveugle
Deux semaines plus tard, le 25 janvier 2006, Arcelor rafle le canadien Dofasco au nez des Mittal. Lakshmi félicite Dollé au téléphone. Beau joueur ? Vingt-quatre heures après, il le rappelle : "Nous lançons une OPA hostile sur Arcelor demain." Totale surprise. Thierry Breton, alors ministre de l’Économie, s’en étrangle encore : "Ils n’avaient aucun plan stratégique !" Les Mittal mettront six semaines à pondre leur projet industriel, mais seulement "quelques heures, en tête à tête, pour augmenter leur offre de 40%, se rappelle leur banquier de l’époque, Yoël Zaoui, et débourser 30 milliards de dollars pour Arcelor.
Ce faisant, les Mittal perdent une large part du contrôle sur la société issue de la fusion, passant à 45 % du capital. Une nouvelle entorse aux lois marwaries… Mais Lakshmi est prêt à tout pour son fils. Il l’admet bien volontiers : "J’ai toujours eu beaucoup de banquiers et d’avocats pour me conseiller, mais je n’aime pas trop les écouter. Chacun a ses propres intérêts, ses priorités. Alors qu’Aditya, je lui fais entièrement confiance."
Une confiance méritée. Deux ans après la fusion, en 2008, l’action ArcelorMittal vaut 100 dollars. Et la perte de contrôle est toute relative. "Les Mittal sont revenus sur toutes leurs promesses", déplore Thierry Breton. Malgré des gages visibles de transparence et de bonne gouvernance, Lakshmi et Aditya ont les pleins pouvoirs. D’anciens membres de la direction parlent d’un « conseil d’administration qui n’est là que pour applaudir le tandem Mittal ». D’autres évoquent le comité exécutif composé de « carpettes » dans « un régime de vassalité ». Des jaloux ? Sans doute. Mais l’influence grandissante d’Aditya auprès de son père transparaît. Lakshmi l’avoue : « Je ne peux pas m’entourer que de béni-oui-oui. Aditya est très indépendant et me défie. »
Car Aditya veut à son tour conquérir le monde. Lakshmi le charge des fusions et acquisitions. Il ne se fait pas prier. Mais n’a pas le flair paternel. Il investit dans des tas d’installations crapoteuses. Des mines, notamment, au Liberia ou au Canada. Les experts l’assurent : ils mettront dix ans à en tirer le premier centime. Mais rien n’arrête Aditya. En 2007, il mène 35 acquisitions… En 2008, il étudie un rapprochement avec le géant Rio Tinto. L’éclatement de la crise le stoppera net. ArcelorMittal est endetté à près de 30 milliards de dollars, qu’Aditya a financés à trop court terme.
En janvier 2009, les Mittal lancent une importante augmentation de capital qui leur fait perdre encore quatre points de contrôle. Un nouveau sacrifice de Lakshmi le Marwari sur l’autel d’Aditya l’apprenti… Aujourd’hui, ArcelorMittal porte encore 23 milliards de dettes et son cours de Bourse a été divisé par deux depuis trois ans.
Indien, il ne l'est que sur son passeport
L’Inde est aussi à inscrire au passif du rejeton. Car Mittal n’a d’indien que son passeport. Point de haut-fourneau dans son pays d’origine, pourtant promis à une consommation d’acier exponentielle. Des années qu’ils annoncent leur implantation à Karnataka, puis à Orissa et Jharkhand. Et puis… rien. Malay Mukherjee en donne son interprétation : "Ils n’ont pas été assez modérés. En Inde, il faut démarrer par les autorités locales, les habitants. Un accord gouvernemental ne suffit pas." Mais Malay s’est heurté à Aditya, partisan d’une entrée par le haut. Et Lakshmi a tranché. Mukherjee le fidèle est parti. "En très bons termes", dit-il. Bien qu’il se soit réfugié chez les Ruia… autres Marwaris qui font de l’acier en Inde.
Un ancien le craint : "Son admiration aveugle pour son fils pourrait le perdre." D’autant que Lakshmi, 62 ans, le promet à sa succession. Lorsqu’on lui pose la question, son large sourire se crispe : "Je resterai aux commandes aussi longtemps que le Conseil estimera que j’y suis utile." Discours corporate qui ne lui ressemble pas… D’ailleurs, vite, il ajoute : "Aditya ne serait pas un bon candidat. Il serait un candidat génial pour me succéder !" Les Mittal ne doutent de rien. Surtout pas d’eux-mêmes.

ALLEZ EXPLIQUER ÇA À NOTRE MOUCHE À MERDE MONTEBOURG 

Au-dela du cirque

Au-dela du cirque


Les médias et la presse mettent l’accent sur les déboires de l’UMP mais ailleurs, il n’y a guère de raison de se réjouir. Les rires jubilatoires de lePen et  Mélenchon déplaisent au moins autant les Français dans leur immense majorité, et le rejet du pouvoir socialiste, avec ses renoncements et ses mesures démagogiques ne cesse de se confirmer. A vrai dire, l’UMP est l’arbre qui cache la forêt et c’est l’ensemble de la politique actuelle, de A à Z, qui fait l’objet d’un rejet de « la France d’en bas ». Tout se passe comme si le grand guignol visait à détourner l’attention populaire d’un drame qui se noue dans le dos des uns et des autres, le déclin d’une nation, et plus encore d’une civilisation. Mais le leurre ne prend pas. Les pitreries du circus politicus  ne font rire personne. Trois lignes bien cachées dans un quotidien, au milieu d’un fouillis d’articles consacrés à Copé/Fillon, m’apprennent que la Commission européenne a décidé de supprimer des tarifs douaniers, en vigueur depuis 20 ans, protégeant  la société « bic » de la concurrence des briquets chinois. 300 emplois industriels sont ainsi condamnés, dans l’indifférence, l’apathie, le silence général, la complaisance du monde politico-médiatique. Au nom de quoi, en vertu de quelle légitimité cette  institution supranationale, comme disait de Gaulle, peut-elle se permettre de condamner ainsi à mort un fleuron de l’économie française?  Que sera demain la France sans travail, sans industrie ? Une vaste réserve agricole et touristique telle que la rêvaient jadis les pangermanistes ? 3,1 millions de chômeurs, cela ne vous suffit pas madame la Commission européenne?

Pour Mélenchon (FG), Hollande est "aussi aveugle que Louis XVI"


Jean-Luc Mélenchon (PG) qualifie François Hollande d'"aussi aveugle que Louis XVI", dans une interview au quotidien Libération vendredi.
"Hollande prend-il en compte le fait qu'il n'a pas été élu par les seules voix socialistes ? Pourquoi tient-il compte seulement des éléments les plus droitiers et les plus archaïques de sa majorité ? François Hollande est aussi aveugle que Louis XVI. Incapable de penser un autre monde", fustige le coprésident du Parti de Gauche, en éreintant la politique gouvernementale.

 
Pour lui, la social-démocratie, dont se revendique le président de la République "est partie en torche".
Les écologistes en prennent aussi pour leur grade. "Les Verts sont les fondateurs (de l'écologie politique). Ils ont ouvert avec ténacité le chemin. Mon évolution témoigne de leurs succès. Mais ils sont la préhistoire de l'écologie politique. Désormais nous sommes en avance sur le plan programmatique", fustige M. Mélenchon quand on lui demande s'il concourt désormais au titre de meilleur écologiste de France.
Les Verts subissent actuellement une "fructueuse crise d'identité avec leur participation à un gouvernement productiviste", estime encore M. Mélenchon, relevant que le Front de gauche est en "compétition, pas en concurrence" avec les écologistes.
S'il se défend de vouloir "aspirer" le parti EELV, il avance qu'une "porosité entre ce qu'ils disent et ce que nous disons va s'accélérer".
L'ex-candiat à la présidentielle doute que le gouvernement puisse nationaliser même partiellement le site sidérurgique de Florange (Moselle).
"Je reste plein d'espoir. Mais (...) j'imagine tous ceux qui vont dire à Hollande +tu vois dans quoi tu mets le doigt ?+. Ils vont lui dire +si on nationalise Florange, alors il faudra faire la même chose à Petroplus, etc.+ Le sujet connaîtra d'amples rebondissements", avertit-il.

UMP - Copé et Fillon sont irresponsables mais pas (entièrement) coupables

Vous dressez un bilan - forcément provisoire - de la bataille qui divise l'UMP depuis presque deux semaines. Avec un parti pris surprenant : Copé et Fillon sont irresponsables mais pas (entièrement) coupables. Qu'est-ce que vous voulez dire ?
Ils sont évidemment indéfendables. Leur duel de chiffonniers déshonore la politique et offre le spectacle d'une ambition sans aucune mesure. Mais on peut essayer de comprendre ce qui leur est arrivé. Peut-être même leur trouver des excuses. D'abord, c'est la première fois qu'un grand parti a fait voter ses militants dans un vrai scrutin ouvert pour élire son chef - ça s'est mal passé, mais il serait paradoxal de préférer les arrangements de coulisse dans les congrès (ce qu'a souvent fait le RPR, et récemment le PS). En revanche, ce qui n'est pas nouveau, c'est la lutte meurtrière pour le pouvoir et l'acharnement à s'y maintenir. De ce point de vue-là, Copé et Fillon n'ont rien inventé.
Vous pensez qu'on peut dire que la droite française a déjà connu des épisodes pires que celui-là ?
La droite et la gauche. Difficile de comparer, car il n'y avait pas les chaînes d'info en continu. Les barons gaullistes n'étaient pas sur Twitter, mais ils ont essayé d'éliminer Pompidou avec de fausses rumeurs ignobles. Chirac a sabordé le parti gaulliste pour écarter Chaban-Delmas. Puis il a trahi Giscard pour fonder le RPR. Puis le RPR s'est fracturé avec le duel Chirac-Balladur - s'il y avait eu un vote, on ne sait pas qui aurait gagné, mais on est sûr qu'il y aurait eu de la triche. Et n'oublions pas que Mitterrand a pris en 1971 la tête du PS dont il n'était pas membre ! Et qu'en 1990, au congrès de Rennes, ses héritiers ont étalé leurs haines au grand jour d'une façon terrible. Jean-François Copé et François Fillon n'ont rien d'original.
Est-ce qu'on ne peut pas penser, quand même, que l'un ou l'autre - peut-être même les deux - aurait dû s'effacer pour préserver son parti ?
Rationnellement, oui. Sauf que, là encore, les contre-exemples sont nombreux. Mitterrand et Chirac ont verrouillé leurs partis et écarté tous les gêneurs : Rocard pour Mitterrand, les "rénovateurs" pour Chirac. Aujourd'hui, ils sont considérés comme de grands sages alors que c'étaient surtout des tueurs en série de la politique. Sarkozy et Hollande aussi ont mis les mains dans le cambouis des machineries de congrès - et même parfois des machinations, comme au congrès de Reims du PS en 2008. En revanche, ceux qui ont accepté de s'effacer, comme Rocard, Royal ou Balladur, n'ont jamais pu revenir. Quoi qu'en en dise, les Français ont toujours préféré la ténacité à la dignité. On a les dirigeants qu'on mérite.
Il n'empêche que Jean-François Copé et François Fillon sont en chute libre dans les sondages... Ils peuvent s'en remettre ?
Ils ont énormément perdu. Et sans doute toute chance d'être candidat à la présidentielle en 2017. François Fillon avait une image d'homme d'État responsable ; il l'a énormément abîmée dans cette affaire. Jean-François Copé, lui, ne pouvait pas perdre ce capital : il ne l'avait pas. Mais passer de la "droite décomplexée" à l'ambition décomplexée n'arrange pas sa popularité. Leur vraie défaite commune, c'est d'avoir probablement convaincu les Français que leur duel n'a aucune importance. Dans 20 ans, on le racontera comme un épisode de notre histoire politique. Pour l'instant, ça ressemble à une émission de télé-réalité.

Femen : des gardes à vue

Femen : des gardes à vue


Mais pas pour toutes les violences


Quatre personnes soupçonnées d’avoir porté des coups contre les jeunes femmes dénudées qui avaient attaqué la manifestation de Civitas et d’une trentaine d’autres organisations contre le « mariage » homosexuel, le 18 novembre dernier, ont été placées en garde à vue. Trois hommes ont été interpellés à leur domicile tôt mercredi matin, et un quatrième s’est constitué prisonnier au cours de la matinée. RTL, qui livre cette information, croit savoir que l’un des gardés à vue est un militant du Front national domicilié en Seine-Saint-Denis.
On peut donc supposer que l’enquête a été rondement menée. Il faut dire qu’outre les Femen – les jeunes femmes visiblement aguerries qui avaient fondu sur l’arrière de la manifestation qui était encore en train de se constituer – quatre jeunes hommes, dont certains semblent avoir porté des cagoules d’après les multiples vidéos tournées lors des incidents, avaient été interpellés et leur identité avait été relevée.
Bien entendu, oubliant pour une fois que la femme est l’égale de l’homme en tout et redécouvrant le devoir de protection de l’homme vis-à-vis de la femme, l’ensemble de la presse reprend le discours obligatoire : des femmes, fragilisées par le fait qu’elles avaient la poitrine dénudée, ont été sauvagement attaquées et rouées de coups parce qu’elles ont osé exprimer leur opposition à une manifestation qui était forcément – les médias ont retenu cela aussi – sexiste et homophobe.
Les choses ne sont pourtant pas si simples. Ne comptez pas sur moi pour approuver les coups portés sciemment contre des jeunes femmes à terre – s’il y en a eu. En revanche, balayer l’agression des Femen comme une « manifestation pacifique et drôle », où les militantes féministes sont « arrivées habillées en nonnes avec des slogans humoristiques », c’est fort de café. C’est le message diffusé par Caroline Fourest, journaliste et essayiste militante du féminisme et de la cause LGBT, et elle dispose de tout ce qu’il faut comme relais dans les médias. On a même essayé de faire croire que les jeunes femmes avaient été attaquées à la bombe lacrymogène.
Caroline Fourest a pourtant fini par avouer – comme l’a relevé notre confrère Minute – que l’agression venait de ces jeunes femmes qu’elle accompagnait, caméra au poing. Les dites demoiselles étaient équipées d’extincteurs avec des inscriptions volontairement blessantes et haineuses à l’égard des chrétiens : « Holy sperm », « Jesus sperm ». Et lorsqu’elles se sont déshabillées, laissant apparaître sur leurs corps des inscriptions gravement injurieuses à l’égard des manifestants et des chrétiens, elle était aux premières loges pour filmer. L’agression a consisté à fendre la foule de familles qui était là, avec enfants et poussettes, et à asperger tout le monde, enfants et bébés compris, du contenu des extincteurs. Bien entendu nul ne pouvait savoir alors s’il s’agissait d’un liquide nocif ou non. Les Femen hurlaient. Pour la sécurité de tous, il était urgent de les éloigner, sans ménagements et c’était ce qu’elles attendaient, et espéraient, sans quoi elles auraient sans doute trouvé quelque chose de moins « humoristique ».
Qu’elles aient reçu ensuite des coups, cela devait n’être pas non plus inattendu. Au point qu’Alain Escada, secrétaire général de l’institut Civitas – dont la dissolution a été demandée par un groupe de parlementaires socialistes sur le pied de guerre moins de deux heures après la fin de la manifestation – s’interroge sur la véritable identité des agresseurs des Femen qui ont permis à leur opération d’avoir un tel retentissement. On en saura sans doute davantage après l’enquête policière mais sans oublier que l’enquête n’est pas allée jusqu’à la mise en garde à vue d’un groupe qui a mené une action anti-chrétienne, passible de la législation anti-raciste et qui avait prémédité son action.
L’AGRIF porte plainte contre les Femen pour cette action, et poursuit dans le même temps Caroline Fourest au titre d’un article de la loi qui pénalise depuis peu la prise d’images d’agressions racistes dès lors qu’elle ne se fait pas dans le cadre du journalisme « normal ». Elle était de fait venue pour cela.
J’ai souvenir de manifestations déclarées de SOS Tout-Petits où le docteur Dor, tout fragile qu’il est, avait été agressé et notamment d’une où il fut dépouillé de sa sacoche par des contre-manifestants très violents, tandis qu’une photographe amie était jetée à terre de son vélo et y aurait laissé son matériel si la police n’était pas intervenue. 
En avez-vous entendu parler dans tous les journaux ?

Florange : Parisot s'en prend violemment à Montebourg

Une nationalisation du site d'ArcelorMittal, envisagée par le gouvernement, serait "tout simplement et purement scandaleuse", selon la présidente du Medef.
La menace brandie par le gouvernement de nationaliser le site sidérurgique d'ArcelorMittal à Florange (Moselle) "est tout simplement et purement scandaleuse", a estimé jeudi 29 novembre Laurence Parisot sur RTL. "Toute notre société est construite sur un principe essentiel, celui du droit de propriété (...). Ebranler ce principe, comme ça, à la va vite, c'est très grave, et en plus, ne l'oublions pas, c'est très coûteux."
"Il faut raison garder", a affirmé la présidente du Medef, qui a ajouté: "je ne doute pas que le président de la République soit beaucoup plus raisonnable que le ministre (Arnaud) Montebourg" qui a proposé cette nationalisation pour sauver les hauts-fourneaux de Florange dont le géant de l'acier veut se débarrasser.
   -> Voir notre diaporama "Les Mittal, un clan soudé"

   -> Lire notre portrait "Pourquoi les Mittal n'ont pas peur des Français"
"S'il s'agit par de tels propos, tout simplement d'exercer une pression, de faire du chantage, dans le cadre d'une négociation, c'est inadmissible", a également dit Laurence Parisot.
Un repreneur prêt à investir 400 millions d'euros
Mercredi, Arnaud Montebourg a évoqué l'existence d'un repreneur pour l'ensemble du site de Florange, "un aciériste, un industriel, qui n'est pas un financier" et qui serait prêt à "investir jusqu'à près de 400 millions d'euros dans cette installation pour la rénover".
Problème: ArcelorMittal refuse de vendre tout le site de Florange, comme le souhaite l'Etat. Le groupe veut fermer les hauts-fourneaux et toute la filière "liquide" (production d'acier brut), qui emploient 650 personnes, mais entend conserver "l'aval", c'est-à-dire la transformation d'acier en produits industriels élaborés.
L'Etat pourrait vendre 1% de GDF Suez qu'il détient
Le gouvernement envisage donc une nationalisation, puis une cession. Pour financer le rachat, le ministre du Redressement productif songerait, selon les syndicalistes qu'il a rencontrés mercredi, à vendre 1% de la participation de l'Etat dans GDF Suez.


Laurence Parisot sur Florange : "C'est une... par rtl-fr
Une information toutefois nuancée au ministère du Redressement productif, où l'on indiquait mercredi soir qu'Arnaud Montebourg "a parlé de GDF comme d'un exemple", et qu'une "cession de parts n'est pas à l'étude". Plus tôt à l'Assemblée nationale, il avait déclaré envisager "l'usage des participations de l'Etat, parfois dormantes" pour financer une nationalisation.

Panique à Sciences-Po

Les couteaux étaient de sortie à l’Assemblée nationale. "Quelle réponse-allez-vous donner à la dégradation du climat à Sciences-Po ? (...) Pourquoi ne pas avoir attendu le rapport de la Cour des comptes pour nommer un nouveau directeur, comme vous l’avait demandé la ministre ? (...) Ne croyez-vous pas qu’est venu le temps du changement, du renouvellement ?"
Alors que la Cour publiait un rapport incendiaire sur la gestion de l’école, les députés de la commission des Affaires culturelles mettaient sur le gril, jeudi 22 novembre, deux figures de Sciences-Po : Jean-Claude Casanova, 78 ans, président du conseil d’administration de la Fondation nationale des sciences politiques, qui supervise les finances, et l’ex-banquier Michel Pébereau, 70 ans, dont vingt-quatre années à la tête du conseil de direction qui fixe la politique de formation. La mise en cause de ces personnalités, qualifiées de "papys flingueurs" par la ministre de l’Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso, illustre l’importance de la crise qui secoue l’institution, huit mois après le décès de son charismatique mais autocratique directeur, Richard Descoings.
Victimes collatérales
Si le contenu du rapport avait déjà fuité depuis l’été, le suspense portait sur d’éventuelles poursuites devant la cour de discipline budgétaire et financière. Finalement, les magistrats ont bien décidé de transmettre le dossier au vu des irrégularités constatées : système opaque et non maîtrisé de rémunération des cadres et de l’ex-directeur (dont le salaire annuel est passé de 315.000 à 537.000 euros en cinq ans), non-respect du code des marchés publics, utilisation excessive de cartes bancaires, carences dans la gestion des logements de fonction… La procédure devrait prendre des mois, voire des années, et déboucher, au pire, sur des amendes. Mais elle a déjà fait des victimes collatérales.
Tout d’abord, Hervé Crès, ex-bras droit de Descoings et successeur désigné par les conseils de Sciences-Po, ne sera pas nommé. Geneviève Fioraso a mis son veto. Officiellement, le directeur des études serait impliqué, selon la Cour, dans la gestion laxiste des enseignants. Officieusement, Crès paie l’opacité du processus de nomination mené par Casanova et Pébereau, qui ont voulu à tout prix imposer leur poulain. "Cette crise va au moins permettre d’en finir avec l’omerta des conseils, cet “entre-soi” emblématique du fonctionnement à la française des organes de surveillance", témoigne un ex-dirigeant de la maison. De plus, Crès, désigné candidat de justesse après des débats houleux en interne, était loin de faire l’unanimité.
Plus généralement, la direction de l’école sort fragilisée de ce conflit. Des cadres haut placés, aux ressources humaines, à l’information scientifique, sont indirectement visés par la Cour. "La capacité d’impulsion de la direction, qui faisait la force de Sciences-Po, est affaiblie ainsi que son poids face au personnel académique", poursuit cet ancien cadre. Plusieurs enseignants et chercheurs ont d’ailleurs pris la tête d’une fronde interne, publiant une pétition et organisant, en lien avec certains syndicats, une assemblée générale le 27 novembre.
Les 150 à 200 personnes présentes (étudiants, enseignants-chercheurs, personnels administratifs) ont adopté une motion réclamant la démission de Casanova et Pébereau. Entre-temps, une contre-pétition, signée par les économistes Etienne Wasmer ou Jean-Paul Fitoussi, appelle aussi à une gestion exemplaire, mais demande le respect des mandats des dirigeants et de l’indépendance de l’école.
Une vraie crise de croissance
La sacro-sainte autonomie de Sciences-Po a pris un coup avec le rapport. La ministre compte imposer, comme le demande la Cour, la présence d’un ou deux représentants de l’Etat au conseil d’administration. Fini, le temps où le directeur allait réclamer ses subventions directement à l’Elysée, court-circuitant le ministère. C’est aussi Geneviève Fioraso qui a choisi le nouvel administrateur provisoire : Jean Gaeremynck, un conseiller d’Etat de 59 ans, ancien directeur de cabinet de Pierre Méhaignerie au ministère de la justice. Une personnalité peu médiatique et extérieure à l’école même s’il en est diplômé. Il devra mettre en œuvre les réformes les plus urgentes, notamment renforcer le contrôle des obligations de service des professeurs, adapter les statuts de Sciences-Po et préparer, de manière plus transparente, la nomination d’un nouveau directeur dans les deux mois.
Ce dernier devra s’adapter à la nouvelle donne financière. Car la politique ambitieuse de Descoings a été financée par une hausse de 46 % des subventions publiques depuis 2005: elles vont atteindre 78 millions d’euros en 2012, soit, encore, plus de la moitié des recettes.
Mais, crise budgétaire oblige, les dotations de l’Etat et des élus locaux devraient être gelées. Les frais de scolarité, qui varient selon les revenus et ont déjà été augmentés en 2009, pourront difficilement grimper à nouveau. Or Sciences-Po fait face à de fortes charges financières liées à ses achats immobiliers. Et doit gérer un personnel administratif jugé trop étoffé (1 salarié pour 11 étudiants, contre 1 pour 19 à Paris-Dauphine), dont les salaires ont progressé plus vite que ceux de la fonction publique. Enfin, le développement de campus en régions, réalisé sans l’accord du ministère, devra sans doute être modéré.
"Sciences-Po devait entrer dans une période de stabilisation et de renforcement, a assuré Jean-Claude Casanova. Nous avions décidé de stopper la croissance du nombre d’étudiants, puisque nous étions passés de 3.000 à 12.000." Bien sûr, les acquis de l’ère Descoings, en termes d’internationalisation et de qualité de l’enseignement, ne sont pas remis en cause. D’ailleurs, lors de la journée portes ouvertes du 24 novembre, 6 000 étudiants et parents se pressaient pour écouter David Colon, le responsable du campus parisien. "J’aurais aimé vous souhaiter la bienvenue au nom de notre directeur, mais nous n’en avons pas", a-t-il lancé, l’air détendu, voyant que son école reste très populaire auprès des étudiants. Quant à Michel Pébereau, il a fait savoir ce jeudi 29 novembre qu'il ne rempilerait pas pour un nouveau mandat en 2013.

Un Chinois de plus dans le vignoble bordelais

Un industriel présenté comme "Monsieur Wang" a acquis le château de Bellefont-Belcier. C'est le premier grand cru classé de Saint-Emilion acheté par un investisseur chinois.
Un industriel chinois a acquis fin novembre le château de Bellefont-Belcier dans le vignoble bordelais, le premier grand cru classé de Saint-Emilion acheté par un investisseur de ce pays, a-t-on appris jeudi 29 novembre auprès de l'intermédiaire de la vente. La transaction, qui est "finalisée" selon le cabinet Franck Lagorce Conseil, est intervenue la semaine dernière pour un montant qui n'a pas été communiqué. L'acquéreur est un industriel chinois de 45 ans, présenté comme "Monsieur Wang", présent dans le fer.
La transaction, révélée par le site du magazine Terre de Vins du Groupe Sud Ouest, porte sur un domaine d'une vingtaine d'hectares, "entouré de joyaux" de l'appellation Saint-Emilion. Les "clefs symboliques" ont été remises au propriétaire.
La Chine, première importatrice vins de bordeaux
L'acquisition est la plus prestigieuse réalisée ces dernières années dans le Bordelais par un investisseur chinois. Les Chinois y ont acquis une trentaine de châteaux depuis cinq ans, mais les analystes du secteur et spécialistes de l'immobilier viticole préviennent que la vague d'achats va progressivement porter sur des châteaux de plus en plus prestigieux, même si la profession refuse de parler d'une "ruée".
En août dernier, c'est un nom prestigieux de Bourgogne, Gevrey-Chambertin qui avait été acquis par un investisseur chinois, pour une somme avoisinant les 8 millions d'euros.
La Chine est devenue depuis l'an dernier la première destination à l'exportation des vins de bordeaux.

C'EST SCANDALEUX ! LES VIGNES FRANÇAISES DEVIENNENT DES PUTES !!

jeudi 29 novembre 2012

De nouveau une adolescente enlevée et violée

De nouveau une adolescente enlevée et violée   

Quelques jours après l’enlèvement de Chloé dans la cour de son domicile, une adolescente a de nouveau été kidnappée dans les Alpes-Maritimes devant sa porte et embarquée dans un coffre de voiture.
Samedi soir, 21 heures. La jeune fille âgée de 17 ans est presque arrivée chez elle, dans une rue de Saint-Laurent-du-Var. Trois inconnus surgissent et l’enferment de force dans le coffre de leur véhicule. Ils l’emmènent dans un appartement vide de Grasse à une vingtaine de kilomètres de là.
L’adolescente est alors violée par un homme de 35 ans sous la menace d’un couteau. Avec un courage incroyable, elle se défend, elle se bat, elle survit. Profitant d’un instant d’inattention de son violeur, elle attrape son arme et le poignarde au niveau du cou. Elle parvient ensuite à s’échapper par la fenêtre, à sauter sur le balcon de l’étage en dessous et à trouver de l’aide.
La victime, « particulièrement choquée », selon les policiers, a été prise en charge par une équipe du SAMU. Les enquêteurs de la Sûreté départementale ont constaté d’importantes traces de sang dans la cage d’escalier et le hall de l’immeuble dans lequel elle a été séquestrée et violée.
L’agresseur, sérieusement blessé, venu se faire soigner à l’hôpital de Fréjus sous une fausse identité, a tout de suite attiré l’attention de la police. D’autant qu’il était déjà l’auteur de plusieurs agressions sexuelles… Il a aussitôt été interpellé. Un autre homme, âgé de 16 ans, soupçonné d’être son complice, a également été arrêté à Saint-Raphaël et écroué. Un troisième homme, vraisemblablement mineur, est toujours recherché. Selon le procureur, les trois hommes avaient apparemment prévu de demander une rançon.
Le violeur présumé de 35 ans avait déjà été condamné dans le passé à 12 ans de réclusion pour viol. Il est considéré comme « dangereux », en raison « d’antécédents judiciaires lourds ».
Encore un dont le suivi a été impeccablement assuré par nos services judiciaires français. Combien faudra-t-il encore de petites filles enlevées et violées pour que la crise patente et la défaillance criminelle de la justice en matière de récidive des délinquants sexuels deviennent une urgence politique ? A chaque fois, les agresseurs sont des récidivistes connus des services de police et de justice. C’est une réalité insupportable. Les projets de loi s’empilent, victime après victime, gouvernement après gouvernement, sans jamais rien changer parce que personne n’a le courage de prendre des décisions définitives.
Ces deux adolescentes ont fait preuve d’un sang-froid et d’un courage impressionnant qui leur a sans doute valu d’échapper au pire et de garder la vie sauve. A l’heure du gender et des catalogues de jouets qui révolutionnent le genre, c’est au close-combat et aux techniques de self-défense qu’il faut entraîner tous nos enfants pour qu’ils rentrent de l’école sain et sauf.

Ces échecs que les socialistes ont réussi à masquer depuis 10 jours grâce à l'UMPgeddon

1 – L’Umpgeddon n’aura qu’un temps

Le seul motif de sérénité à la vue du maelström où se débat l’UMP, c’est qu’elle y est plongée plus de quatre ans avant les futurs scrutins nationaux. On peut donc espérer que ces empoignades ne seront que péripéties oubliées à cette échéance.
La querelle des prétendants est d’autant plus vive que, du fait de l’extrême faiblesse de Hollande, le vainqueur peut raisonnablement espérer l’emporter en 2017 face à un président déconsidéré. C’est toujours le même moteur qui propulse la carrière politique de ce chef à l’inquiétante normalité : comme au premier secrétariat du Parti socialiste autrefois, son inertie attise l’agressivité de ses concurrents qui, ne parvenant pas à s’en prendre à lui, finissent par s’entre-dévorer. Tout cela à quelque chose d’un phénomène de meute.
Il a l'air malade trouvez pas ???
Fidèle à lui-même, Hollande a également choisi d’être illisible pour achever de désorienter ses contradicteurs. Fait-il dans l’austérité, dans le laxisme ? On ne sait plus mais son électorat est résigné à le laisser faire et surtout ne pas faire par crainte du retour au pouvoir de la droite. Pourtant, les réalités et la récession sont têtues et se chargeront de dissiper ces écrans de fumée, comme en a témoigné mardi la nouvelle cohorte mensuelle de chômeurs.
Depuis 7 mois, Hollande défait ce qui avait été mis en œuvre par Sarkozy et renonce à toute action autre que l’augmentation de la pression fiscale avec comme conséquence d’entraver le fonctionnement de l’économie. Ces décisions ont toutes un débouché commun : l’immobilisme. Mais ce n’est pas un principe de gouvernement durable et les affres actuelles de l’UMP n’y changeront rien. L’Umpgueddon n’aura qu’un temps et l’attention du public se reportera rapidement sur les échecs du pouvoir.

2 - Taubira présidente de l’UMP ?

Fillon a-t-il pris en considération le fait, qu’inspiré par ses actions en justice, n’importe quel adhérent de l’UMP pourrait porter plainte pour fraude et permettre ainsi au Parquet, i.e. à Taubira et ses chefs, de fourrer leur nez dans les affaires de ce parti ? Il a raison d’hésiter à endosser pareille responsabilité.
On souhaite également bien du plaisir à l’administrateur provisoire qui aurait à organiser, sur ordre d’un tribunal, un nouveau vote. Qui l’assistera et où trouvera-t-il l’argent pour ce faire ? Décidément, s’il est une idée saugrenue pour arbitrer cette querelle, c’est bien celle d’un procès.

3 - Des bisous pour les chômeurs

Comme frappé de stupéfaction face à l’augmentation vertigineuse du chômage à laquelle il répond par la création d’emplois de colleurs de timbres dans les associations et les collectivités locales, notre gouvernement est désemparé. Il est temps que Présinours® entre en action et prodigue aux demandeurs d’emploi force câlins pour les apaiser. Bonne nuit les petits !

4 - Comment François Hollande abîme l’image de la France en Europe

La divine providence socialiste, plus connue sous le nom de conflit Copé/Fillon, a épargné à Hollande le constat médiatique de son fiasco européen à l’occasion du dernier sommet consacré au budget de l’Union les 22 et 23 novembre.
Arrivé à Bruxelles dans un grand roulement de tambours et de mécaniques pour pourfendre la perfide Albion et l’isoler diplomatiquement, Talleyrand-Tan-Plan® a rapidement baissé pavillon. Ne pouvant plus compter sur le soutien de Merkel, il n’a pu contrer Cameron qui persiste à réclamer des coupes drastiques dans les budgets européens. Peu à peu, cette philosophie prévaut et l’on voit Herman Van Rompuy concéder le retour à la semaine des 40 heures pour les fonctionnaires européens, sans augmentation de salaire. Allez dire ça à leurs homologues français ...
Obnubilé par la défense de la ringarde Politique agricole commune (PAC), Hollande a cru obtenir un effort budgétaire de la part de Van Rompuy en sa faveur. Mais ce geste s’est aussitôt traduit par une coupe envisagée de 13 milliards d’euros dans les budgets d’investissement prévus pour les grandes infrastructures et la croissance. Donc par une remise en cause directe du pacte qui a justifié la ratification du traité "Merkozy" que le candidat normal dénonçait avant son élection. L’incohérence règne.
Ces négociations n’ont de toute façon rien donné, le sommet ayant été ajourné et les décisions renvoyées à 2013, si elles sont prises un jour. Notre président n’a alors trouvé qu’à singer une fois de plus Mitterrand en parlant de "donner du temps au temps". Rien de nouveau sous le soleil rose ...
La cruelle réalité est que trois groupes de pays se sont formés au sein de l’Union. Ceux favorables à une discipline budgétaire drastique : en gros l’Allemagne, la Grande-Bretagne et les pays du Nord. Ceux qui s’y plient en maugréant pour obtenir des financements : Espagne, Portugal, Grèce et qui réforment dans la douleur leur Etat providence. Enfin, la France "hollandaise", qui espère échapper aux vrais efforts tout en continuant de trouver des prêteurs.
Après avoir essoré fiscalement ceux qui ne votent pas pour lui, Hollande a épuisé son ordre du jour. Il attend désormais le miracle d’une reprise pour s’en sortir. Mais son attitude bravache, financée à crédit, est un aveu de faiblesse. En protégeant ses clientèles électorales, Hollande se prive de marge de manœuvre et de crédibilité en Europe. Du coup, il ne peut réellement peser en faveur d’une politique plus active de la BCE et de l’Union pour faire baisser le taux de change de l’euro et soutenir la croissance. Bref, l’étau se resserre peu à peu. Il faut donner du temps au temps ... pour nous serrer la vis.

5 - UMP, Sciences-Po : le retour des Anciens

Ce n’est guère réjouissant pour la France, un pays qui ne parvient pas à se débarrasser  d’une administration boursouflée, d’un système corporatiste sous tutelle de l’Etat et d’une classe politique pléthorique : les Anciens sont partout de retour.
C’est la crise à l’UMP ? On va chercher Juppé. C’est le Far West à Sciences-Po ? Le ministère et les grands corps de l’Etat en tirent parti pour tenter de remettre la main sur l’institution de la rue Saint Guillaume. Dans ce dernier dossier, on avait certes des faux libéraux au pouvoir (feu Descoings et Pébereau), qui ont usé et abusé de la rhétorique de l’initiative privée et de l’autonomie de Sciences-Po tout en faisant un appel massif aux crédits publics.
Mais qui veut les remplacer ? De vrais bureaucrates, pour qui les amphithéâtres de l’IEP de Paris doivent redevenir les chasses gardées des hauts fonctionnaires. L’ouverture progressive mais réelle de l’enseignement et de la direction à des universitaires et des cadres du privé va faire long feu. Le ronron bureaucratique et son prêt-à-penser vont revenir en force, adoubés par les ministères et bénis par la Cour des comptes. Ce que le système administratif français combat, dans cette affaire, c’est un Science-Po préfigurant une université française inspirée du modèle anglo-saxon. Ces forces littéralement réactionnaires viennent de remporter une victoire dans leur combat d’arrière-garde. A ce rythme, il va falloir batailler pour ne pas disparaître purement et simplement des classements universitaires internationaux.

6 – Nationalisons Florange, privatisons Montebourg !

La boîte de Pandore du socialisme, c'est-à-dire la prise de contrôle d’une entreprise privée par l’Etat, semblait définitivement refermée depuis les lointaines années de la Jospinie. Montebourg, va-t-en-guerre désordonné de la Hollandie, a sorti l’objet du placard où il rouillait, le tout en invectivant Mittal. Les 20.000 employés du groupe en France doivent se sentir quelque peu inquiets. S’il fallait une ultime raison pour que les investisseurs étrangers se méfient de la France, elle est trouvée.
Puisque Montebourg se pique de décisions iconoclastes et innovantes, peut-être devrait-il, en contrepartie, faire financer son ministère et son propre traitement par le privé, pourquoi pas en fonction de ses résultats dans le domaine ardu du redressement d’entreprises ? Ses propos seraient davantage pris au sérieux et Ayrault n’aurait pas à le "recadrer" à un rythme hebdomadaire.

7 – Kyste l’eût cru ?

Valls, dont l’efficacité répressive est nettement plus grande lorsqu’il s’en prend aux campements roms plutôt qu’aux bandits corses et marseillais, va devoir, sous peu, placer tout le territoire de la République en zone de sécurité prioritaire. Il faut dire que ces territoires sous haute surveillance sont passés d’un nombre de 15 à 64 en moins d’un an.
Valls devrait a minima songer à en instituer une pour régler le cas des activistes de Notre-Dame-des-Landes, corps étranger dont, chirurgien en képi, il prône désormais l’extraction.
Sans rire, Ayrault a convoqué, au même moment, une "commission du dialogue". Bientôt, on appellera cela mentir comme un arracheur de kyste. Autre version possible, pour les anglicistes : "The long kyste goodnight".

UMP, PS : le ridicule à tour de rôle

Les couacs émaillant l’élection du futur président de l’UMP n’éclipsent pas, dans la mémoire des Mariannautes, les cafouillages qu’a pu connaître le PS en la matière. Les comédies se succèdent quel que soit le parti  et les commentateurs se demandent qui  pourra, dans ces conditions, sortir la France de la panade financière dans laquelle elle se trouve.

« On a les politiques qu'on mérite, c'est ça ? » Alain FO
Pour Franz MICHILS, « tant le PS que l’UMP contribuent à discréditer les hommes politiques et la démocratie. Ces luttes de personnes prouvent deux choses : l’idéologie n’est plus que d’une importance marginale au PS et à l’UMP et elles confirment l’idée, hélas trop répandue dans le grand public, que « tous les partis c’est du pareil au même et tous les hommes politiques sont des pourris ». » Une simplification dont le risque serait de faire le jeu des extrêmes.

« Ces zozos ne sont intéressés que par leur carrière personnelle et les avantages qu'ils tirent de ce simulacre de démocratie qu'est devenu notre pays », renchérit Bastienou CARCAJOU. « De droiche comme de gaute, l'électeur ne trouve plus de satisfaction dans son « camp », mais dans la panade de l'autre aussi épaisse que la sienne. Regardez donc objectivement le spectacle donné par ces politicards. Comment peut-on leur accorder la moindre confiance? »

Les Mariannautes se montrent inquiets quant au futur du pays. Sont-ce ces « bonimenteurs », ces « mafieux », sont-ce ces « caricatures », entre autres qualificatifs qui proliférant dans les commentaires - et ce quel que soit le camp ciblé - qui vont sortir la France du « marasme économique » dans lequel elle semble empêtrée ?

« Tour à tour les uns et les autres dénoncent le ridicule opposé », constate Michael SPECHT. « Finalement la vie politique française n'a jamais été autre chose et l'on comprend l'aversion du général de Gaulle pour la chose, qui était moins de l'antidémocratisme, comme le dénonçaient certains, qu'une désillusion devant ce qui lui évoquait sans doute un poulailler. »

La démocratie en danger
« Et pendant ce temps-là, soupire Alain PAPONNEAU, l'Europe technocratique continue à paupériser les classes moyennes, à afficher son impuissance face à l'arrogance des agences de notations et autres banquiers, les lobbies continuent à occuper Bruxelles pour nous enfoncer encore un peu plus dans la mouise. »

Les deux grands partis politiques sont suspectés d'être inféodés à l'Europe de la finance. De droite comme de gauche, dénoncent les internautes, on ne se bouscule pas pour mettre un terme au diktat des marchés. Nos politiques hâbleurs mais impuissants, censément élus par le peuple, semblent ne plus exécuter la volonté de ce dernier : « ça fait peur de voir pareil spectacle, la démocratie est en danger, et c'est dommageable pour tous . » (Roger LE GICHOUX)

Les actrices porno seraient des femmes plus heureuses

Les actrices porno seraient plus heureuses que les autres femmes d'après une étude publiée dans le Journal of Sex Research. De quoi provoquer de nouvelles crises d'hystérie chez les féministes radicales.
Après avoir été scandalisées par l'implacable démonstration déroulée dans le "Pourquoi les femmes de riches sont belles ?", voici qu'une étude publiée dans le Journal of Sex Research risque de provoquer de nouvelles crises d'hystérie chez les féministes radicales.

Dur labeur que celui du chercheur à l'exemple de ces scientifiques qui ont dû consacrer de longues heures à sonder profondément 177 actrices de films porno, de 18 à 50 ans, puis 177 femmes d'âges semblables mais sans le chromosome X professionnel.
Oubliés les soporifiques discours sur l'humiliation et le machisme dominateur que les femmes sont supposées subir dans le cadre d'une sexualité patriarcale qui donne le pouvoir aux hommes. D'après cette étude, les starlettes du porno prennent visiblement du plaisir à se faire oppresser et presser la poitrine et font la différence entre obligation et abnégation professionnelle. Loin des clichés décrivant des femmes forcément malheureuses et soumises, l'étude conclut qu'elles dorment mieux et se sentent plutôt bien dans leur culotte, ou sans selon la teneur de leurs activités quotidiennes.
De même qu'elles ne portent pas sur elles le lourd poids social d'une enfance orpheline maltraitée sur fond de toxicomanie mais plutôt de légers sous-vêtements qu'elles exhibent aussi facilement qu'elles les enlèvent.
(...) il n’y a aucun rapport avec une violence subie étant enfant et le job exercé après.
De quoi faire hurler les féministes radicales, de tout temps opposées à la pornographie et totalement contrariées par un autre courant féministe pro-sexe quant à lui. C'est ce qui ressort de cet entretien déjà ancien mené avec Ovidie, actrice et réalisatrice de films X dont le discours est réfléchi plus loin que le bout de son néné et qui explique notamment pourquoi elle a quitté les milieux militants radicaux.
Ultime clou planté dans la combinaison en cuir de la prochaine soirée orgiaque et filmée, les actrices interrogées dans le cadre de l'étude publiée dans Journal of Sex Research sont des coquines qui s'assument, pratiquant le sexe plus fréquemment que d'autres femmes, avec plus de partenaires et en ayant initialement abandonné dans les oubliettes leur virginité et son souvenir à l'âge de 15 ans environ, soit deux bonnes années de moins que la moyenne des autres... coquinettes nationales.
On comprend donc mieux ce qui peut distinguer telle actrice du cinéma d'Art et Essais et telle actrice du cinéma dard dressé. La première tourne avec l'air grave en s'interrogeant sur le sens des plaisirs, la seconde se retourne avec la cuisse légère en appréciant le plaisir des sens.

mercredi 28 novembre 2012

Crise à l'UMP: "On n'a pas le droit de faire un bras d'honneur à Sarkozy"

Après l'échec de la sortie de crise proposée par l'ancien président, c'est la tristesse et la consternation qui dominent dans son entourage. Nicolas Sarkozy n'a pas intérêt à s'enfoncer davantage dans le bourbier UMP.
"Il n'est pas prévu de communiqué de Nicolas Sarkozy ce matin" assure mercredi l'entourage de l'ancien président, démentant une information diffusée plus tôt dans la matinée par I-Télé. Alors que Jean-François Copé, le président déclaré de l'UMP a posé un ultimatum à François Fillon pour retirer son groupe parlementaire, la plus grande confusion règne au sein du parti d'opposition. Nicolas Sarkozy semble chercher la bonne distance avec les protagonistes de cette crise.
>> Les dernières informations sur la guerre des chefs à l'UMP à suivre dans notre live
Lâchez moi un peu, j'étais si peinard.....
Arbitre en début de semaine, Nicolas Sarkozy a poussé l'idée d'un référendum sur un nouveau vote. Une sortie de crise acceptée dans un premier temps par les deux camps, avant d'échouer mercredi. Jean-François Copé estime en effet que les "conditions" pour l'organisation d'un référendum n'étaient pas réunies. Raison de ce revirement: la publication au JO de la déclaration du groupe parlementaire dissident "Rassemblement-UMP" de François Fillon.

Une fin de non recevoir qui provoque la colère des "non alignés"."On n'a pas le droit de faire un bras d'honneur à Sarkozy ni aux militants", a réagi l'ancien ministre Xavier Bertrand en réunion de groupe UMP, et en présence de Jean-François Copé.
Dans les bureaux de l'ancien président, c'est la tristesse et le désarroi qui dominent ce matin. Son entourage est consterné. "Nicolas Sarkozy suit les évolutions de la crise, bien sûr, mais cela devient totalement irrationnel", confie un proche.
Au dire de ses collaborateurs, Nicolas Sarkozy a aujourd'hui fait le choix d'une "nouvelle vie". Et à aucun moment, insistent-ils, il ne s'inscrirait dans la perspective de 2017. "Il faudrait qu'il soit tout le temps derrière Copé et Fillon, ce n'est pas possible".
"Quoi qu'il arrive, pour gagner une élection, il faut avoir une famille en ordre de marche. Si on casse l'instrument pour arriver au pouvoir, la victoire est compromise", analyse un ancien conseiller du président.

Augustin de Romanet nommé PDG d'Aéroport de Paris

L'ex-directeur général de la CDC prend la succession de Pierre Graff qui a démissionné en raison de la limite d'âge du code du commerce en vigueur pour le gestionnaire des aéroports parisiens.
L'ex-directeur général de la CDC Augustin de Romanet a été nommé, mercredi 28 novembre, PDG d'Aéroports de Paris (ADP) en Conseil des ministres, a annoncé la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem.

Augustin de Romanet prend la succession de Pierre Graff, 65 ans, qui a démissionné de ses fonctions en novembre en raison de la limite d'âge du code du commerce en vigueur pour le gestionnaire des aéroports parisiens.
Ancien directeur général de la Caisse des dépôts (CDC), Augustin de Romanet, 51 ans, avait été coopté en tant qu'administrateur d'ADP le 12 novembre dernier par le conseil d'administration du groupe, qui a proposé au président de la République sa nomination au poste de PDG du groupe.
L'Etat détient quelque 52% du capital d'Aéroports de Paris.
"Poursuivre l'amélioration de la qualité de service"
Première conséquence de sa nomination, le numéro deux d'ADP, François Rubichon, qui assurait depuis la mi-novembre l'intérim à la tête de la société après la démission de Pierre Graff, quitte la société gestionnaire des aéroports parisiens.
Auditionné mardi en Commission à l'Assemblée nationale et au Sénat, Augustin de Romanet a indiqué qu'il entendait placer son action dans le sillage de celle de son prédécesseur, à qui il a rendu hommage.
"La qualité du bilan de Pierre Graff autorise à avoir de très grandes ambitions pour cette société", a-t-il déclaré, en précisant que la priorité pour ADP était de poursuivre l'amélioration de la qualité de service aux passagers et aux compagnies aériennes clientes.
Pierre Graff, qui a pris les rênes d'ADP en 2003, a hissé la société dans le trio de têtes des opérateurs aéroportuaires internationaux.

Le Sénat propose un Chèque-Syndicat

Les parlementaires de ce pays ne cesseront jamais d'étonner. Certes, ils n'ont pas trouvé de pétrole, et ont décidé, tant que l'argent coule à flot, que la population pourrait se passer du gaz de schistes, de l'énergie à pas cher et des emplois (le chômage ? Même pas mal). Mais ils ont des idées, à foison, et toutes aussi ridicules les unes que les autres. Par exemple, le syndicalisme en France étant déjà massivement subventionné, le Sénat a décidé de l'aider en lui ajoutant une petite niche fiscale. Trop mignon.

Il y a quelques jours, je notais, assez amer, que le syndicalisme français n'était plus qu'une mafia légale, organisée autour de principes simples de plomberie de base : les entreprises déversent des fonds dans les syndicats par ces gros tuyaux ici, l'Etat aide massivement les syndicats en regardant ailleurs lorsqu'il s'agit de comptabilité et de fiscalité, et les syndicats utilisent les petits tuyaux ici et là pour briser les rotules de ceux qui les empêchent de faire leur petit business.

Simple.
J'exagère ? Allons. C'est du lourd, du solide, du documenté : personne n'a obligé les syndicalistes à porter plainte contre Bricorama (et, selon toute vraisemblance, aboutir à la fermeture de dizaines de magasins en France). Le syndicalisme contre les salariés, c'est ça. Personne n'a obligé les syndicalistes à poursuivre une grève chez Arkema, grève qui aura définitivement liquidé les espoirs des chômeurs locaux de voir se concrétiser les investissements de 70 millions et les emplois à la clef prévus par la société. Le syndicalisme contre l'emploi, c'est ça. Personne n'a jamais poursuivi le Syndicat CGT Du Livre pour ses exactions nombreuses (trafic d'armes, intimidations, chantage, vol, violences en réunion, ...) Le syndicalisme de mafia, c'est ça. Et personne n'avait demandé à la CFDT de commettre des clips vidéos vantant la robotisation des salariés et le foutage de gueule financé avec vos sous, et pourtant, le syndicalisme décontracté, c'est ça :
Mais cela va plus loin : le syndicalisme, en France, c'est surtout un magnifique système pour pomper de l'argent des entreprises (et donc, des consommateurs, des salariés et des contribuables) vers cette caste ultra-protégée, tant par la loi que par les politiciens qui y trouvent leur compte. Pour rappel, on avait entraperçu la façon dont les syndicats se financent à la faveur de la parution (aux forceps) du Rapport Perruchot. Sa lecture est édifiante et permet de découvrir que leurs ressources atteignent ainsi 4 milliards d'euros par an, soit 3 à 4 fois les ressources des syndicats anglais ou allemands, qui ont pourtant 5 à 10 fois plus de membres.
Si l'on ajoute les évidentes magouilles, conflits d'intérêts et détournements purs et simples (régulièrement rapportés dans ces colonnes), là encore (j'insiste) le terme de mafieux n'est pas de trop.
Cependant, non content de piocher allègrement dans la poche d'un contribuable qui n'en peut mais, les syndicats s'expriment aussi vigoureusement dans le lobbyisme plus ou moins discret. Dernièrement, dans le cadre du débat sur le projet de loi des finances pour 2013, le Sénat, largement acquis à la cause syndicale surtout depuis qu'il est socialiste, a proposé un véritable Chèque-Syndicat : si, auparavant, la cotisation était déductible des impôts (à hauteur des deux tiers), à présent, les impôts vont carrément faire un petit chèque de remboursement, ce qui permet d'inclure les éventuels salariés non imposables à la bonne soupe.
Rassurez-vous : pour financer cette distribution de pognon supplémentaire, le texte prévoit la création d'une (nouvelle) taxe additionnelle (supplémentaire en plus de surcroît et additionnelle) sur la vente de tabac, pas du tout déjà touchée par une myriade de taxes. Oui, fumeur, tu vas payer pour que les salariés puissent s'affilier à un syndicat qui leur fait les poches et détruit de l'emploi !
Bien sûr, on m'objectera qu'avant cette loi, les salariés non imposables payaient donc plein-pot leur inscription aux syndicats. J'objecterai qu'il eut été plus simple, et nettement moins coûteux pour tout le monde, d'arrêter tout financement public de ces syndicats, d'une part, et de ne surtout favoriser personne dans le paiement des cotisations. On aurait alors observé la vraie puissance de ces organisations dont le nombre d'adhérent diminue tous les ans (malgré les sommes d'argent public de plus en plus considérables déversées dans leurs caisses, parfois noires). Après tout, si les adhérents payent plein pot, ils sont assez facilement en droit de demander des résultats, et de préférence en rapport avec leur condition salariale (parce que bon, des résultats bénéfiques pour les syndicats eux-mêmes, le salarié s'en fiche). Et dans ces conditions, si les syndicats ne remplissent pas leur feuille de route, les adhérents s'en vont et les syndicats finissent par s'évaporer ... ou laisser la place à des syndicats qui, eux, traitent le syndiqué comme un client, une personne auxquels ils doivent des comptes.
Pas comme maintenant, en somme.
En lieu de quoi, la blague syndicale persiste dans ce pays : les salariés, les contribuables, les consommateurs continuent de payer la présence de ces organisations plus que douteuses dont l'impact commence maintenant à se mesurer directement en terme de rigidités, de journées de grèves, de contrats perdus, de fermetures d'entreprises. Et comme manifestement, personne, absolument personne au gouvernement ni ailleurs, ne veut remettre en question ces groupuscules d'intérêts partisans, comme aucun effort ne veut même être esquissés pour remettre l'action syndicale au service du salarié, on peut affirmer sans hésiter que ce pays est foutu.
syndicate = mafia

Footing pour l’UMP !

Footing pour l’UMP !


Nicolas Sarkozy en plein footing ! Voilà l'image du jour. Un symbole à plusieurs détentes. L'art de signifier, à gros sabots, que l'ex-président, de l'UMP ou de la République, au choix, est de retour sur le pavé parisien. Donc de la politique, dans la version intifada de sa propre « famille ». Footing de détente physique pour calmer son agacement face à la dérive suicidaire du parti et de détente politique après son entrée en piste. Contraint de cesser de jouer à l'imam caché, pour que ses faux fidèles cessent de se flageller, Nicolas Sarkozy est sorti de sa réserve.
La rencontre in extremis de Copé et Fillon, et la suggestion d'un référendum militant sur l'organisation ou non d'un nouveau vote, sont à mettre à son crédit, même s'il a mis les formes pour préserver une apparente distance et ne pas se faire prendre les mains dans ce sale cambouis politicien, cette bataille de chiffonniers, non dénuée d'un réel enjeu de morale. Un terme risible pour les cyniques de la politique.
C'est pourtant au nom de la morale, d'une certaine conception de la vie politique et de la démocratie, que François Fillon a porté le fer dans la plaie UMP depuis dix jours. Bien sûr, avec le dossard du mauvais perdant, il n'était pas à son avantage. Mais il a eu la force ou le culot d'aller au bout de sa logique, parée d'éthique. Il a franchi le Rubicon hier en dégainant deux armes dissuasives : la création de son propre groupe et la grenade judiciaire. Deux démarches réversibles seulement si un nouveau vote est organisé. Les conditions techniques d'un référendum puis d'un vote semblent aléatoires. L'imbroglio n'est pas fini.
Alors, qui serait gagnant ? En attendant le verdict des militants, il est clair que Fillon et Copé ont perdu des plumes présidentielles. Mais c'est Fillon qui a fait reculer Copé et lui a fait avaler son pain au chocolat. Il a prouvé qu'il était, lui aussi, capable d'un coup de force. Et Nicolas Sarkozy ? Sauveur de l'UMP, homme providentiel ? Il endossera ces beaux maillots, mais sa médiation, curieusement tardive après les coups de Fillon, le replonge dans le marigot UMP. Il espérait le contempler de haut. Raté.

Plus que quatre jours pour sauver Florange

Les discussions au sujet du site sidérurgique de Florange, que l’Etat menace de nationaliser, vont se poursuivre jusqu’à la dernière minute, ont déclaré, hier soir, l’Elysée et ArcelorMittal.
Les discussions au sujet du site sidérurgique de Florange (Moselle), que l’Etat menace de nationaliser, vont se poursuivre jusqu’à la dernière minute, ont déclaré, hier soir, l’Elysée et ArcelorMittal après une rencontre entre le président français et le patron du groupe.
François Hollande « a demandé que les discussions se poursuivent entre l’Etat et l’entreprise jusqu’au terme du délai (samedi) qui avait été convenu pour trouver un éventuel repreneur» du site, a déclaré la présidence dans un communiqué laconique.
« Les discussions se poursuivent », a confirmé une porte-parole du groupe sidérurgique à l’issue de la rencontre d’une heure, au cours de laquelle les deux hommes ont évoqué l’avenir de Florange.
ArcelorMittal veut fermer en partie le site, ce que refuse le gouvernement, qui menace d’en passer par la nationalisation.
Peu avant la rencontre, le président avait affirmé que la nationalisation faisait « partie du sujet de la discussion ». C’était la première fois qu’il faisait un commentaire public sur cette affaire.
L’hypothèse d’un passage forcé et temporaire dans le giron public du site sidérurgique lorrain pour in fine lui trouver un repreneur privé avait été évoquée la semaine dernière par le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, idée qui a reçu nombre de soutiens politiques.
François Hollande et Lakshmi Mittal s’étaient déjà rencontrés au début de l’affaire, il y a un peu moins de deux mois. L’industriel veut fermer les hauts fourneaux et toute la filière liquide (production d’acier brut), qui emploient 650 personnes, mais entend conserver l’aval, c’est-à-dire la transformation d’acier en produits industriels élaborés.
Or, l’Etat a seulement trouvé des repreneurs intéressés par tout le site. Il veut donc forcer la main d’ArcelorMittal, qu’il accuse de ne pas avoir tenu ses engagements. Le groupe a mis dans la balance ses 20 000 salariés en France, affirmant que nationaliser Florange serait de nature à remettre en cause la présence du numéro un mondial de l’acier dans l’Hexagone.

Mesurer ses propos

Plusieurs voix ont toutefois appelé à la mesure dans les déclarations publiques.
La députée UMP de Moselle Anne Grommerch soutient la nationalisation mais a reproché les « propos offensants » de M. Montebourg à l’égard du groupe, qui « risque ainsi de compromettre toute possibilité de négociations ». Les membres de la famille Mittal se sont dits « extrêmement choqués » par ces attaques.
Le gouvernement français a assuré ne pas craindre d’éventuels départs d’investisseurs. Le ministre de l’Economie, Pierre Moscovici, a reçu, hier, des représentants des grands fonds d’investissement anglo-saxons (BlackRock, Morgan Stanley, JPMorgan ou Pioneer). « J’attendais des questions » sur Florange et « la surprise a été qu’il n’y en a pas eu », a-t-il dit. « Chacun peut comprendre que ce dossier est un dossier particulier. »

Refuser la fatalité

Refuser la fatalité 


En réactivant le Conseil national de la sécurité routière mis à la casse par Nicolas Sarkozy un an à peine après son accession à la présidence, Manuel Valls a fait œuvre utile. Et doté la politique gouvernementale d’un nouvel atout qui évitera sans doute de nouvelles approximations comme celles, récentes, de l’éthylotest obligatoire ou du brassard réfléchissant pour les motards.
Le rétablissement de cette instance, qui a été voulue comme un lieu de débats et une force de propositions, était réclamé depuis des années par les associations d’usagers comme par les professionnels de la route. Parce qu’elle manquait au dispositif de lutte qui s’était clairement orienté vers le tout répressif. Au point de laisser penser aux automobilistes qu’il s’agissait de remplir les caisses de l’État en sanctionnant durement la plus petite faute d’inattention plutôt que de lutter contre les véritables causes d’un mal qui tue encore près de 4 000 personnes chaque année et coûte 23 milliards d’euros par an à la collectivité.
La croisade pour la sécurité routière engagée à la fin des années 60 n’est ni de droite ni de gauche. Elle n’aura jamais de fin. Il y aura toujours des accidents, toujours des drames, toujours des morts. C’est inévitable. Mais on peut en réduire le nombre et en limiter les conséquences. À condition d’avoir une approche globale de la situation. De sensibiliser les conducteurs comme les constructeurs. Et surtout de ne pas occulter le nécessaire travail d’éducation et de formation des jeunes qui paient chaque année un trop lourd tribut.
Les spectaculaires succès enregistrés dans cette lutte contre l’insoutenable par les gouvernements qui se sont succédé (il y avait 16 500 morts sur les routes en 1972 et encore 7 600 en 2002) sont un formidable encouragement et montrent qu’on peut toujours et encore faire reculer la camarde.
En matière de sécurité routière comme en toutes choses, il n’existe pas de fatalité.

Climat et fatalisme économique

Sous les torchères de gaz du Qatar se sont ouvertes, cette semaine à Doha, les négociations climatiques,
les 18e du genre depuis le grand sommet de la Terre à Rio, il y a vingt ans. On est au coeur du problème, dans cette petite monarchie pétrolière, 3e producteur mondial de gaz. Elle regorge de dollars qu’elle investit à tout va. Dans les stars de football, le BTP, l’industrie du luxe. Mais fort peu, jusqu’alors, dans la lutte contre le réchauffement.

Quelle image choc. Des organisations écologistes dînant sous la tente d’un « méchant » pays pétrolier, le diable en personne. Choc salutaire ? Ces négociations en auraient bien besoin. Que de désillusions. Après Rio, la ligne de conduite était toute tracée. Il fallait réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre pour que le réchauffement de la planète, au cours du prochain siècle – l’actuel – ne  franchisse pas une limite jugée dangereuse : celle des 2 °C. Au-delà, la machine climatique s’emballe. Cataclysmes en cascade. Désastres assurés dans les pays les plus vulnérables, les plus pauvres.

Le bilan des vingt dernières années est pitoyable. Les hommes n’ont jamais autant produit de barils de pétrole, jamais rejeté autant de gaz carbonique dans l’atmosphère. Au rythme actuel, affirme la Banque Mondiale, on pourrait atteindre les 4 °C d’augmentation de la température du globe dès 2060.

Prise de conscience insuffisante

Les accords de Kyoto, signés en 1997, n’ont servi à rien. Sauf à développer une certaine prise de conscience universelle des risques encourus. Mais c’est insuffisant. Chaque pays campe sur ses intérêts
nationaux. Malgré les signaux d’alerte – la fonte de la banquise, l’élévation du niveau de la mer, la déforestation, la multiplication des cyclones – l’humanité poursuit sa route. Informée, inquiète mais fataliste, prisonnière de la compétition économique mondiale.

Depuis l’échec du sommet de Copenhague, en 2009, le coeur n’y est plus. Ces grandes tablées de  négociations onusiennes tournent sur elles-mêmes. Aujourd’hui, il s’agit de sauver ce qui peut l’être des débris de l’accord  de Kyoto qui s’achève officiellement le 31 décembre prochain. Il sera prolongé,  vraisemblablement, jusqu’en 2020, année théorique d’entrée en vigueur d’un nouvel accord international qui devrait donc être conclu, avant ratification, dès 2015. Peut-être à Paris.

Kyoto version 2 va se poursuivre, réduit à quelques pays, essentiellement l’Europe et l’Australie. La Russie, le Japon, le Canada et la Nouvelle-Zélande ont quitté le navire. Les États-Unis de Barack Obama naviguent à l’écart. Les grands pays émergents – Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud… – observent et comptent les points. Ce  Kyoto dépenaillé n’est plus qu’un mirage d’accord, qui laisse les pays les plus menacés – les pays insulaires notamment – désarmés.

Les engagements pourtant ne manquent pas. Les pays riches ont, par exemple, promis de mettre au pot commun 100 milliards de dollars par an, en attendant 2020. Les premiers versements se font encore attendre. Non, sauf brutal changement de bord que rien n’annonce, les dirigeants politiques, obnubilés par la croissance perdue, les dettes à rembourser, soumis aux pressions de la grande finance internationale, négligeront après Doha, comme avant, le développement durable de la planète. Mais cette courte vue politique et ce fatalisme économique risquent de nous coûter très cher.

UMP : Sarkozy en anesthésiste réanimateur ?

UMP : Sarkozy en anesthésiste réanimateur ? 


Pour la troisième fois, Jean-François Copé, s’appuyant sur le recomptage de la Commission nationale des recours – celle que les internautes appellent la « Conar » – s’est autoproclamé vainqueur de l’élection du 18 novembre dernier, avec 952 voix d’avance sur son adversaire. Résultat aussitôt contesté par François Fillon qui parle d’un nouveau « coup de force » tandis qu’Alain Juppé estime, en haussant les épaules, que « rien n’est réglé ». Au sein du mouvement des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer l’annulation du scrutin litigieux. Dont celle de Nicolas Sarkozy.
Après l’échec du parrain de Bordeaux, et alors que Fillon confirmait lundi matin son intention de porter l’affaire devant la justice, les sympathisants de l’UMP n’espèrent plus, en dernier recours, qu’en l’intervention du parrain des parrains : Nicolas Sarkozy. Celui-ci, vu l’état calamiteux dans lequel se trouve aujourd’hui l’appareil qui le porta au pouvoir en 2007, apparaît plutôt comme une sorte d’anesthésiste réanimateur de la dernière chance. D’abord anesthésier les deux frappadingues déchaînés qui cassent tout autour d’eux. Panser ensuite les blessures et soigner les traumatismes. Puis sortir doucement de son coma politique un parti multifracturé en évitant qu’il ne claque sur le billard. Opération délicate. Le docteur Sarkozy hésite semble-t-il à entrer dans le bloc chirurgical. Il a néanmoins déjeuné lundi avec François Fillon. Déjeuner paraît-il prévu de longue date, au cours duquel chef de l’Etat a essayé de dissuader son ex-Premier ministre d’en appeler à ces juges que lui exècre. Nicolas Sarkozy s’est aussi fait le porte-parole, entre la poire et le fromage, de ceux qui réclament une nouvelle « votation », comme disent nos voisins suisses.
Que restera-t-il de l’UMP ?
En attendant, le pandémonium électoral dans lequel se trouve l’UMP continue de flamber. Pendant que l’ex-président de la République et son ancien Premier cassaient la croûte, l’huissier que l’avocat de François Fillon avait cru bon d’envoyer au siège de l’UMP pour saisir des documents se faisait virer comme un malpropre par les partisans du président autoproclamé. « Qui veut être modéré parmi les furieux s’expose à leur furie. » Ce n’est pas Juppé qui dira le contraire. La fureur qui anime Fillon et Copé semble être en outre aussi contagieuse que dévastatrice. A côté de la vendetta des deux jusqu’au-boutistes de l’UMP, le clan des bergers-braqueurs de Venzolasca ou le gang de la Brise de mer font figure d’organisations de babas cool un peu querelleurs…
Un hebdomadaire, daté de jeudi dernier, titrait : « Et le vainqueur est… Nicolas Sarkozy ». Avec cette explication en sous-titre : « Copé l’a emporté sur le fil mais le chaos à l’UMP renforce l’ex président… ». Il y a huit jours on pouvait effectivement penser cela. Mais depuis, à l’UMP, le tohu-bohu, en s’amplifiant, a quasiment saccagé le parti. Dans l’hypothèse où Nicolas Sarkozy envisagerait un retour en politique, actuellement bien trop prématuré, il faudrait qu’il puisse s’appuyer sur un appareil en bon état de marche. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, surtout si l’UMP poursuit son auto-destruction. Celle-ci, pour l’instant, ne fait qu’un seul vainqueur : François Hollande.
Selon certains de ses proches, Sarkozy prévoit qu’en 2014, aux prochaines élections municipales, le Front national va « faire un tabac ». Battus et démoralisés, les responsables de l’UMP feraient alors appel à lui. Donc, que les électeurs nostalgiques de Nicolas Sarkozy votent massivement pour le FN. Après, comme disait hier François Fillon, on verra bien.
Au-dessus de la mêlée
Un correspondant, dont je respecte l’anonymat qu’il souhaite conserver, m’écrit : « Lecteur de Présent et abonné depuis le numéro un, je suis sidéré par votre article “Et maintenant ?” (Présent du jeudi 22 novembre). » Sidéré parce que j’évoquais quelques magouilles du camp Copé. Sans cacher du reste celles du camp d’en face. Ce lecteur mécontent cite dans sa lettre un exemple d’irrégularité flagrante commise par une élue fillonniste. « Alors s’il vous plaît, ne soyez pas partisan dans cette affaire… »
Je me garderai bien de l’être. En tant qu’électeur de la droite nationale, je me sens au-dessus de cette mêlée pleine de confusion où la droite libérale se discrédite. J’observe avec désolation, mais sans surprise aucune (les connaissant depuis longtemps), ce que sont dans la réalité les mœurs délétères d’un grand parti politique dont les leaders se plaisent, en temps ordinaire, à stigmatiser, et sur quel ton de mépris, les électeurs nationaux, leur donnant à chaque occasion des leçons de « morale républicaine » et de « démocratie ». Alors que ces tartufes, dans leurs formations politiques, outragent la première et ridiculisent la seconde. C’est donc avec impartialité, mais non sans ironie, que j’observe le spectacle affligeant que nous donne cette droite tordue dont la « morale » est en quelque sorte : faites ce que je vous dis, surtout pas ce que je fais.
Fillon : un homme dans tous ses états
Néanmoins j’ai aussi souligné le dynamisme de la campagne de Jean-François Copé. Sa « droite décomplexée » a marché auprès des militants, au point de le mettre à égalité avec François Fillon, pourtant « nimbé de son aura de Premier ministre » et donné archi-favori par les sondages. Une militante UMP, favorable à Copé, estimait d’ailleurs dans Le Monde daté de lundi : « On a besoin d’un guerrier comme Copé pour mener la campagne en 2014, puis en 2017. Lui seul me donne envie de me lever tôt pour aller tracter sur les marchés. Fillon n’est pas solide. (…) Avoir été durant cinq ans à Matignon et venir pleurer à la télé parce qu’il a perdu, pour sûr ce n’est pas digne ! Fillon n’est pas un homme d’Etat. C’est un homme dans tous ses états. »
Ce jugement sévère reflète sans doute un courant en train de se développer chez les militants de l’UMP. Comme le constatait justement Guillaume Roquette dans son éditorial du Figaro-magazine : « Copé a misé toute sa campagne sur des prises de position tranchées, en particulier sur l’immigration : c’est sur elles qu’il a gagné. Les adhérents du principal parti de droite ont des convictions de droite : quelle surprise ! Qui s’étonne que depuis François Mitterrand le PS ait toujours été conquis par la gauche ? »
Sans illusion sur les positions de Copé qui relèvent de la posture, sachant très bien que ses discours sont construits sur des « éléments de langage » plus que sur ses propres convictions, je n’en reconnais pas moins sa performance. Il a employé, contre les ukases en vigueur, des mots que nos compatriotes ont aujourd’hui envie d’entendre… Personnellement je m’en réjouis.