jeudi 1 mars 2012
mercredi 29 février 2012
IL S'EN FOUT !!!
Des images du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble (69 ans) jouant au sudoku sur son iPad en plein débat du Bundestag a fait couler beaucoup d'encre en Allemagne mercredi. Le doyen du gouvernement allemand, membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et personnage-clé des débats autour du sauvetage de la zone euro en crise, a été filmé par la chaîne de télévision publique ARD lundi en flagrant délit de gymnastique intellectuelle à la japonaise. Et ce pendant le débat à la chambre basse du Parlement sur le deuxième paquet d'aide à la Grèce.
Des images interdites de diffusion
Wolfgang Schäuble n'a toutefois donc rien fait de répréhensible, souligne le journal le plus lu d'Allemagne qui a dressé la liste de ce qui est autorisé ou interdit en séance plénière. Le «Bild» indique ainsi qu'il est interdit de boire, manger, fumer, utiliser un ordinateur portable, porter des shorts ou encore de se faire accompagner d’un animal hormis un chien d'aveugle. En revanche, il est permis d'envoyer des sms, d'utiliser une tablette comme un iPad ou encore d’allaiter son enfant avec toutefois l'autorisation préalable du président de séance.
Suite à la diffusion de ces images, la chaîne ARD a présenté des excuses, a déclaré mercredi lors d'un point de presse le porte-parole de Wolfgang Schäuble, Martin Kotthaus. Elle contrevenait en effet aux règles du Bundestag. Celles-ci interdisent de filmer ou photographier les documents consultés par les députés en séance. En outre, le ministre «s'est consacré à la Grèce, la crise et la zone euro sans interruption depuis lundi dernier», a-t-il fait valoir son porte-parole, cité par le site web du journal français «Le Point». «Je trouve normal qu’un ministre des Finances apprenne à compter et j’espère des résultats», a ironisé, pour sa part, Gregor Gysi, chef du groupe parlementaire de Die Linke.
L'oracle de Naxos résiste toujours
Quelqu'un a demandé au chef des MAT (les CRS grecs) pourquoi il ne voulait pas les laisser passer. "On ne va pas laisser les communistes occuper le Parlement", a répondu l'officier. Manolis Glezos éclate de rire en racontant cette histoire, qui lui rappelle bien des souvenirs. Les deux compères ont fini par entrer au Parlement, après avoir fait étape à l'infirmerie pour se faire soigner.
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| un documentaire sur la crise |
Dix jours après, Manolis Glezos prend encore des médicaments pour mieux respirer. Sur une feuille, il dessine. L'endroit où il se trouvait, place Syntagma, ce jour-là ; puis la tribune où ils siégeaient avec Theodorakis, à la gauche du président, face aux députés. "Nous n'avions pas le droit de parler, mais j'étais là pour transmettre l'angoisse du peuple grec devant les mesures qu'ils allaient voter." C'était un silence parlant.
"Toute ma vie, on a essayé de faire de moi un monument pour me faire taire. Je ne suis pas une statue ou un tableau, et je parle tout le temps." Il est infatigable pour parler du passé, du présent, du futur et de l'avènement d'une démocratie directe qu'il appelle de ses voeux.
Il n'y a qu'un sujet dont il ne souhaite plus parler : la nuit du 30 au 31 mai 1941, quand, à 18 ans, il est allé avec son ami Apostolos Santas, mort en avril 2011, décrocher le drapeau nazi qui flottait sur l'Acropole. Il bascule lentement la tête en arrière en disant dans un sourire "Oxi" ("non"). "Je ne suis pas une star. Ce serait ridicule de raconter toujours la même chose." Mais il veut bien expliquer leur geste : "Nous avions entendu qu'Hitler avait déclaré la victoire allemande en Europe. On s'est dit que, si tel était son avis, on allait lui montrer que la lutte ne faisait que commencer. Et nous sommes partis le lendemain vers l'Acropole."
Dans le documentaire sur Les Combattants de l'ombre, Apostolos Santas raconte cette nuit de clair de lune, les gardes allemands qui font la fête avec des femmes pour célébrer la victoire du Reich, leurs vaines tentatives pour grimper au mât glissant et le drapeau gigantesque qui finit par tomber. Ils découpent chacun un morceau de la croix gammée, avant de jeter le reste de l'enseigne dans un puits où, selon la mythologie, se tenait le serpent qui gardait l'Acropole. "A ce moment-là, explique Apostolos Santas, nous avons ressenti, Manolis et moi, une grande fierté. Nous étions au sommet de l'Acropole. Nous ne portions aucune arme et nous avions réussi à enlever le symbole des forces qui avaient traumatisé l'Europe entière."
Manolis Glezos n'a guère le temps de savourer son acte d'héroïsme, ni pendant ni après la guerre. Il a été condamné à mort trois fois, a subi neuf tentatives d'assassinat et passé seize ans de sa vie en prison. Victime des Allemands pendant la guerre ou, la plupart du temps, de son propre pays, qu'il a pourtant contribué à libérer.
Après la défaite allemande, les troupes anglaises combattent les résistants communistes qui ont gagné la guerre et refusent de désarmer. Le pays entre dans quatre années de guerre civile. En 1949, Manolis Glezos est condamné à mort pour trahison. Un dirigeant grec l'annonce à une presse incrédule, en leur affirmant que sa tombe est déjà prête. "Ma mère est allée voir mon tombeau", explique-t-il. Il se souvient de la radio grecque diffusant, le dimanche après sa condamnation, un extrait de la radio française, qui annonce : "Le général de Gaulle s'adresse au gouvernement grec pour qu'il n'exécute pas le premier résistant d'Europe.""Dans mon village, sur l'île de Naxos, tout le monde a signé en ma faveur, même le pope. Et ils n'étaient pas tous communistes", souligne-t-il.
"Le général de Gaulle a exagéré. Je ne suis pas le premier résistant d'Europe." Il se lève et sort de sa bibliothèque les deux gros volumes de son histoire de la Résistance ainsi que la photo en noir et blanc d'un jeune homme. "C'est lui le premier partisan." Il s'agit de Mathios Potagas. "Le 2 mai 1941, il s'est mis sur la route devant une colonne allemande pour leur demander d'arrêter et leur dire : "Vous n'avez pas gagné. Vous n'allez pas nous rendre esclaves, car notre âme est toujours libre. Je suis seul, mais derrière moi il y a tout le peuple grec." Il avait 17 ans. Ils lui ont écrasé la tête à coups de pierres."
Dans sa maison du quartier résidentiel de Neo Psychiko, dans le nord d'Athènes, le portrait d'un jeune homme fait face à l'entrée. C'est celui de son frère, exécuté à 19 ans par les Allemands. "C'est un peintre allemand qui l'a fait à partir d'une photo. Il est venu me l'apporter à Naxos." S'il milite, depuis bien avant la crise actuelle, pour que l'Allemagne rembourse l'argent que la Grèce a dû lui prêter pendant la guerre, Manolis Glezos s'est toujours défendu de tout antigermanisme, pourtant à la mode en ce moment dans le pays.
ATHÈNES, CAPITALE DE LA RÉSISTANCE
L'homme, emprisonné à nouveau sous le régime des colonels (1967-1974), a déserté les rangs communistes depuis longtemps. Il est aujourd'hui membre du Syriza, le parti d'extrême gauche parlementaire, farouchement opposé aux mémorandums signés avec la "troïka" û les représentants du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne et de la Banque centrale européenne (BCE) –, qui ont prêté 110 milliards d'euros à la Grèce en mai 2010 en échange de sévères mesures d'austérité ; et s'apprêtent à remettre au pot 130 milliards d'euros, contre des mesures encore plus sévères de baisse des salaires et des pensions de retraite.
"L'ancien président de l'Institut français d'Athènes, Roger Milliex, avait dit pendant la guerre que la capitale de la Résistance de l'Europe était Athènes. Cela redevient vrai aujourd'hui. Face à ces mouvements populaires, le gouvernement est en panique." Le 12 février, la police a lancé très tôt des gaz lacrymogènes pour disperser la manifestation et des bandes organisées en ont profité pour incendier plusieurs immeubles. Les pompiers ont eu du mal à intervenir dans la foule. Les gens qui fuyaient les gaz se heurtaient à ceux, nombreux, qui continuaient d'arriver, donnant une impression de chaos.
"Le gouvernement n'a pas de légitimité populaire, alors que les mesures qui sont prises vont engager la Grèce pendant plus de vingt ans", explique Manolis Glezos. En novembre 2011, Lucas Papadémos a remplacé le premier ministre Georges Papandréou, contraint à la démission. L'ancien vice-président de la BCE a alors formé un gouvernement de coalition avec les socialistes du Pasok, la droite de la Nouvelle Démocratie et l'extrême droite du Laos, qui a quitté le navire début février.
"Les gens sont en colère. La marche incontrôlable de cette colère peut nous entraîner dans un très grave conflit, explique le vieux militant. Il y a des suicides, des gens qui sont arrêtés parce qu'ils volent pour nourrir leurs enfants. Mais que va-t-il se passer quand les ressources des gens seront complètement épuisées ? Si cette colère ne se transforme pas en un acte politique, nous serons perdus. C'est pour ça qu'il faut des élections le plus vite possible. L'écart entre le peuple et le gouvernement devient trop important. Les députés n'osent pas apparaître en public."
Du haut de ses 70 années de résistance, il affirme : "On vit un changement historique, qui va bouleverser le monde entier, dans dix ans, vingt ans, quarante ans. Si nous ratons cette occasion, nous allons reculer." A près de 90 ans, il aspire à une démocratie directe, qu'il a mise en pratique pendant douze ans dans son village d'Apiranthos, sur l'île de Naxos. "C'est le seul village de 1 000 habitants avec cinq musées et trois bibliothèques. Aujourd'hui, les Constitutions des principaux pays sont les mêmes : le pouvoir vient du peuple et il est exercé en son nom. Il faut que le pouvoir soit exercé par le peuple. Il y a de plus en plus d'assemblées populaires, dans des entreprises ou des municipalités... Il suffit de quelques ministères - pour les affaires étrangères ou la défense - et, après de vrais débats, on organise des référendums pour les grandes décisions."
C'est le retour à la cité antique, la polis. Outre ses activités politiques, Manolis Glezos a publié des livres sur la géologie et la linguistique, deux sciences apprises, pour l'essentiel, à l'université de la prison. Le linguiste poursuit sa leçon. "Polis a donné polites, le citoyen, et politismos, la culture. Nous avons donné tout ça à l'Occident et qu'avons-nous reçu en échange ?" Il laisse passer un moment de silence et répond en français : "La police !" A ce moment-là, ses yeux pleins de malice ont l'air d'éclater de rire.
Il rêve la Grèce en future «Apple de la Méditerranée»
Les plus grands groupes grecs ont financé une campagne pour changer l'image de leur pays auprès des Européens. L'auteur de la campagne n'est autre que celui qui a renouvelé l'image de la firme à la pomme en 1997.
Le public visé est large: la campagne a non seulement été diffusée dans les élitistes quotidiens financiers Wall Street Journal Europe et Financial Times, mais aussi dans le très populaire journal allemand Bild. Bien que financée sur des fonds privés, la publicité a également été relayée par les ambassades grecques en Europe. Au-delà du slogan, elle insiste sur les réalisations de la Grèce. Ainsi, le pays «a adopté le plan d'austérité le plus sévère de l'ère moderne», affirme-t-elle en se basant sur un constat de l'OCDE.
Cette campagne vient combler un vide: depuis le début de la crise, la Grèce n'a pas su mettre en avant ses avancées, estime un bon connaisseur du pays. Après avoir obtenu auprès des dirigeants de la zone euro et du FMI un second plan d'aide international de 130 milliards d'euros en échange d'un nouveau plan de rigueur, le pays l'assure: «la Grèce change».
Redresser l'image du pays s'annonce ardu. Particulièrement en Allemagne: selon un sondage publié dimanche, 53% des personnes interrogées outre-Rhin s'opposaient au versement d'une nouvelle aide à la Grèce, voté lundi par le Bundestag.
Le défi ne fait pas peur à Peter Economides. Ce Grec de la diaspora né en Afrique du sud a été mandaté pour réaliser la campagne. Il a l'expérience des clients désespérés: le publicitaire a participé au renouvellement de l'image d'Apple en 1997 en créant avec Steve Jobs le slogan «Think different» («Pensez autrement»). Il compare la Grèce actuelle à la firme à la pomme à la fin des années 90: «Il n'y avait aucun nouveau produit, les ordinateurs étaient lents, la société perdait des parts de marché. Nous nous sommes concentrés sur l'ADN d'Apple en montrant à quoi pourrait ressembler un futur fondé sur l'innovation.»
Le publicitaire veut faire de la Grèce «l'Apple de la Méditerranée». Il a lancé en 2011 une campagne personnelle en ce sens sur les réseaux sociaux, «rebranding Greece» (changer la marque Grèce). Ambitieux programme: s'adresser aux Grecs les plus talentueux et innovants pour leur redonner l'espoir et l'envie de rester dans leur pays. Malgré les faits. Le taux de chômage a atteint 20,9% en novembre, la récession pourrait se prolonger encore deux ans et la dette publique culminera toujours aux alentours de 120% du produit intérieur brut en 2020. «Il ne s'agit pas d'opposer les faits et l'espoir», répond Peter Economides. Et de paraphraser Obama: «Yes we can! Oui, nous pouvons sortir de la crise par le haut.»
Une France hollandaise
Qui, en Europe, connaît François Hollande ? Le candidat socialiste à l’élection présidentielle française est beaucoup plus discret que le président sortant Nicolas Sarkozy, et il a pour l’instant peu fréquenté la scène internationale. Mais le 6 mai au soir, il pourrait être le chef du deuxième Etat le plus influent de l’UE, le nouvel alter-ego de la chancelière Angela Merkel. Pour l’instant, les sondages le donnent gagnant avec jusqu’à 20 points d’écart sur Sarkozy. Il faut donc commencer à s’intéresser à ce personnage longtemps considéré comme un politicien d’appareil un peu falot.
En décembre, François Hollande a fait son entrée dans le débat européen en annonçant que s’il était élu, il renégocierait le pacte budgétaire signé par vingt-cinq Etats membres. "S’il n’y a pas une dimension de croissance, de soutien de l’activité et de l’emploi et une coordination efficace des politiques économiques, nous ne pouvons pas en l’état reprendre ce traité", a-til réaffirmé début février. Le moins que l’on puisse dire est que cette position, qualifiée d’irresponsable par Nicolas Sarkozy et ses ministres, a été accueillie à Berlin avec un certain scepticisme.
Venu à la politique avec François Mitterrand, longtemps proche de Jacques Delors, François Hollande est ce que les Français appellent “un Européen de raison” plutôt que de coeur. Un trait générationnel qu’il partage avec de nombreux dirigeants actuels. Mais il est le candidat d’un parti qui s’est profondément divisé lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne, ce qui le pousse peut-être à une plus grande prudence sur les dossiers européens.
En témoigne le vote qui a eu lieu le 21 février à l’Assemblée nationale. Les députés français ont ratifié le Mécanisme européen de stabilité, la caisse de 500 milliards d’euros destinée à aider les Etats en difficulté. Pris entre sa promesse de renégocier le pacte budgétaire et la nécessité de ne pas bloquer une mesure essentielle pour garantir la stabilité de la zone euro, Hollande a prôné l’abstention des députés du Parti socialiste. Ce qui n’a pas empêché 20 élus de voter contre, démontrant ainsi que s’il accédait au pouvoir, le président Hollande pourrait être contesté par son camp politique lorsqu’il s’agit d’Europe.
Est-ce à dire qu’il serait impuissant ? Même s’il doit encore préciser sa vision européenne et lever les ambiguités de son parti, Hollande ne serait pas isolé. Certes l’Allemagne d’Angela Merkel, appuyée par des pays comme la Finlande et les Pays-Bas et par le Commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, maintient sa ligne de discipline budgétaire et de réduction des déficits. Mais comme l’a démontré la lettre signée cette semaine par 12 chefs de gouvernements, dont le Britannique David Cameron et l’Espagnol Mariano Rajoy, que l’on ne peut pas qualifier de dépensiers, l’idée d’une politique de croissance fait son chemin en Europe.
S’il est élu, François Hollande ne pourra certainement pas renégocier le pacte budgétaire, qui a pour l’instant apaisé la crise. Mais il sera une voix de plus pour infléchir la politique de rigueur actuelle. Dans la discrète compétition qui se joue entre la France et l’Italie de Mario Monti pour être le partenaire-contrepoids de l’Allemagne, ce que dira Hollande d’ici le 6 mai aura son importance. C’est pour cela que tous les Européens doivent être attentifs. Et c’est pour cela qu’il doit parler clairement.
Hollande va-t-il tuer l'assurance-vie?
En cas de victoire de François Hollande, l'assurance-vie perdrait la majeure partie de son attrait fiscal: les intérêts seraient soumis au barème de l'impôt sur le revenu, a déclaré le candidat socialiste. "Il n'y aura plus d'abattement", précise Michel Sapin, en charge du programme du candidat. Seul le régime spécifique de transmission serait maintenu.
Des intérêts taxés jusqu'à... 75%
Autrement dit, les intérêts accumulés sur les contrats d'assurance vie seront taxés à 5,5% ou 14%, 30%, etc... jusqu'à 75%, selon le niveau de taxation atteint en fonction du montant global de revenu. En revanche, précise Michel Sapin, "la fiscalité de la transmission de l'assurance-vie restera inchangée". Autrement dit, les épargnants petits et moyens bénéficieront toujours d'un abattement lors de la transmission de ces contrats. Ce serait donc le dernier avantage qui serait associé à l'assurance-vie. Aujourd'hui, le taux d'imposition (hors prélèvements sociaux) sur les rachats de contrats s'établit à 35% pour les contrats détenus depuis moins de 4 ans, à 15% pour ceux souscrits depuis moins de 8 ans, et à 7,5% au-delà de 8 ans.
Michel Sapin sort son jocker
Retirer à l'assurance-vie son principal argument de vente et de détention, à savoir la baisse de la fiscalité en cas de rachat au bout de 8 ans, c'est tuer ce placement ultra-sensible à la fiscalité. L'assurance-vie est d'autant plus fragile aujourd'hui que de nombreux contrats arrivent à maturité. Un changement de régime fiscal pénaliserait donc de nombreux épargnants qui ont attendu 8 ans, voire davantage, avant de retirer leur argent : fin 2010, 64% des encours ont plus de 8 ans d'âge, un niveau historiquement élevé. Et à la question de savoir si ce changement de fiscalité toucherait les contrats toujours en cours de détention ou les seuls nouveaux contrats, Michel Sapin a répondu : « Joker ! Nous aurons à en discuter avec les professionnels ! ». Il est donc possible que cette réforme ne soit pas rétroactive et ne concerne que les futurs contrats...
17 millions de détenteurs de contrats
François Hollande n'est pas le premier à agiter le chiffon rouge de la taxation de l'assurance-vie. Déjà l'an dernier, ce support d'épargne était la cible d'une taxe dans le cadre de la réforme sur la fiscalité du patrimoine. Par un lobbying appuyé, le Landerneau de l'assurance avait fait en sorte que ce projet soit éventé. La Fédération française des sociétés d'assurance (FFSA) avait à l'époque dégainé des chiffres éloquents : en 2010, les trois quarts des détenteurs de contrats sont des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des cadres intermédiaires ou des retraités. Et les deux tiers des ménages détenteurs d'un contrat gagnent moins de 36.000 euros par an, soit 3.000 euros par mois. Au total, environ 17 millions de personnes disposent aujourd'hui d'un contrat d'assurance-vie et 24 millions de personnes en « profitent » (souscripteurs et bénéficiaires confondus).
Hors ISF et taxation des capitaux décès, la FFSA avait en outre chiffré à plus de 5 milliards d'euros par an les recettes fiscales et sociales générées par l'assurance-vie, dont 500 millions au titre de l'impôt sur le revenu et 4.6 milliards d'euros pour les prélèvements sociaux.
Changer de stratégie d'épargne en cas d'un durcissement de fiscalité
En avril dernier, pendant la période d'élaboration du projet de réforme sur la fiscalité du patrimoine, une enquête Ipsos/Logica avait été réalisée sur l'assurance-vie. Ses enseignements étaient sans appel : 59% des souscripteurs de contrats interrogés envisageaient de changer leur stratégie d'épargne dans le cas d'un durcissement du régime fiscal de l'assurance-vie, 35% en privilégiant d'autres supports d'épargne, 24% en fermant leur contrat. Et parmi les sondés interrogés sur les supports d'épargne à taxer pour que la réforme sur la fiscalité du patrimoine soit la plus juste possible, 8% d'entre eux répondaient l'assurance-vie, 72% les œuvres d'art et 71% les actions.
Toujours est-il que le retour d'un projet de taxation de l'assurance-vie, même dans le cas où il ne serait pas mis en oeuvre, nuit à l'image d'un placement qui n'a déjà pas besoin de mauvaise publicité. L'assurance-vie a en effet enregistré son sixième mois de collecte nette négative en janvier, c'est-à-dire que les épargnants ont retiré plus d'argent qu'ils n'en ont versé sur leurs contrats.
Quand Hollande fait du Roosevelt
Sous Roosevelt, le taux d'imposition est passé de 25% à 91%
"Le succès de Roosevelt est une rumeur"
La décision de Hollande, "nécessaire" mais "symbolique"
mardi 28 février 2012
du caniveau !
La « baston verbale », est une marque de la politique « made in France » à laquelle il serait dommage de renoncer au nom d’une quelconque modernité. Les petites phrases inamicales et les tweets vengeurs de cette campagne ne sont d’ailleurs qu’aimables chicaillas de cours de récré en comparaison à la violence (et au talent) des invectives d’un Clemenceau, aussi bien à l’égard du nationaliste Déroulède, convoqué épée à la main sur le pré, que du socialiste Jaurès traité de « couard ». Ces charges oratoires lui valurent le glorieux surnom de Tigre. Dans les années 1970, le ministre du Plan Alain Peyrefitte accusait Georges Marchais de préparer l’arrivée des chars soviétiques sur les Champs-Elysées. Le leader communiste répliquait en brandissant une photo du dit Peyrefitte aux côtés de Liliane Bettencourt (déjà) « portant un collier de diamants équivalent à 150 Smic ».
La différence avec la génération 2012, c’est que la méchanceté du propos servait une cause, un programme, un contenu. Clemenceau voulait la république contre Déroulède et la revanche sur l’Allemagne contre Jaurès. Marchais promettait la nationalisation de l’industrie et Peyrefite réclamait la libéralisation du rail et de l’électricité.
Le spectacle des mots, les petites phrases assassines mettent du piment dans une campagne quand elles servent la comparaison sur un fond solide, quand elles valorisent un programme crédible ou au contraire démontent non pas la personnalité d’un adversaire mais les projets et les propositions qu’il porte. Pour le moment, cette campagne n’existe que par cette mousse médiatique, amplifiée par le fameux buzz. L’invective, l’insulte, la parabole deviennent des finalités et non des outils au service d’idées. Il devient urgent de relever le niveau pour sortir du caniveau.
Cafouillage au PS autour de l'impôt pour les très riches
Invité sur France 2 juste après l'annonce par François Hollande d'une nouvelle tranche d'impôt à 75%, Jérôme Cahuzac, chargé du budget dans l'équipe de campagne socialiste, a semblé découvrir cette mesure.
Mais l'instant d'après, son regard se perd un peu et l'on perçoit un flottement dans sa voix. C'est que François Hollande s'est empêtré dans ses chiffres. Profitant de la question d'un journaliste pour y réfléchir, il se reprend dans la foulée: «Juste une rectification: c'est un million d'euros par an, par rapport à cette imposition de 75%, donc à peu près 100.000 euros par mois».
Au premier abord, l'épisode peut paraître insignifiant: tout le monde peut se tromper. Mais quelques minutes plus tard sur la chaîne d'en face, France 2, la curieuse réaction d'un proche du candidat achève de mettre la puce à l'oreille du téléspectateur: François Hollande aurait-il tout simplement improvisé son annonce? Interrogé lors de l'émission «Mots croisés» sur cette mesure, le député PS Jérôme Cahuzac se montre en effet très prudent, même «circonspect» selon ses propres mots: «Je ne sais trop que vous dire (...). Vous me permettrez d'être plus circonspect que vous ne semblez ne l'être (...). J'attends de voir un peu ce qu'il en est vraiment». Problème: dans l'équipe de campagne de François Hollande, Jérôme Cahuzac est justement chargé du budget.
Un impôt de 75% sur les millionnaires
Seulement 6.060 personnes concernées?
lundi 27 février 2012
L'Allemagne réimprimerait des Marks, selon une ex-conseillère du Président Bush
La nouvelle devrait faire l'effet d'une bombe si cela est avéré : l'Allemagne réimprimerait des Marks, selon les affirmations du Dr Pippa Malmgren sur son blog. L’Américaine Pippa Malmgren, 49 ans, n’est pas n’importe qui, experte du monde politique et économique, ancienne conseillère économique du Président américain Georges W. Bush, elle a une connaissance pointue de la Deutsche Bank.
Que nous apprend-elle sur son blog ?Selon elle, les Allemands auraient annoncé qu’ils comptent réintroduire le Deutsche Mark sur les marchés. Ils ont déjà commandé la nouvelle monnaie et ont même demandé à leurs imprimeurs de se dépêcher.
Le Vice-chancelier allemand, Philippe Roesler, a prononcé un discours en septembre dans lequel il dit qu’il n’y aura pas un sauvetage de plus d’un pays de la zone euro. Cette déclaration intervient alors que tout le monde sait qu’il faudra bientôt venir en aide à l’Italie et à l’Espagne. Cette déclaration est en totale cohérence avec la position du peuple Allemand qui selon un sondage récent est à 70 % opposé à transférer les richesses allemandes pour sauver les nations sur-endettées. L’Allemagne a annoncé également qu’elles soutiendra ou nationalisera une partie voire toutes ses banques pour les sauver mais seulement ses banques.
Ceci augmente donc le risque d’un défaut de paiement des pays de la zone euro qui sont affaiblis. Ce qui a amené Pippa Malmgren à ce constat c’est la déclaration récente de Christine Lagarde à Jackson Hole qui a reconnu que l’Allemagne ne pourra faire un « chèque » de renflouement pour aider les membres de la zone euro. Elle a dit "quelqu'un doit faire un chèque ou bien nous allons avoir des défaillances bancaires historiques multiples". Dans l’assistance tout le monde a bien entendu qu’il n’y avait aucun chèque à venir.
Pippa Malmgren ajoute qu’il y aurait bien une garantie, celle des réserves d’or mais ces réserves sont insuffisantes. L’autre solution est la remise de propriété de l’actif des nations industrielles ce qui revient à dire une nationalisation des industries par un pays et donc d’un gouvernement étranger. Il n’y a pas pour Pippa Malmgrem de véritables garanties significatives. Et même la Chine ne peut faire un chèque assez gros pour remplir le trou des dettes cumulées des pays de la zone euro. Donc l’Allemagne réimprime ses Deutsche Mark pour se prémunir de la disparition de l’euro, afin de rester souveraine… Qu’attend donc Nicolas Sarkozy pour réimprimer notre monnaie nationale, le franc, et sortir de ce système d’emprunt sur les marchés qui date de 1973 et qui nous a sur-endetté ? (Source Pippa Malmgren http://www.moneynews.com )
Ce que M. Hollande se prépare à garder de l'héritage Sarkozy
Que conserveront-ils de Nicolas Sarkozy? Du quinquennat qui s'achève, les socialistes n'entendent pas forcément faire table rase. Loin de se préparer à un effacement systématique des réformes de son prédécesseur, le candidat socialiste, si d'aventure il lui succédait, a opté pour leur remplacement, voire par un accommodement.
Une philosophie dont Michel Sapin, responsable de son projet, résume les grandes lignes : "A quoi servirait-il de se lancer dans une bataille d'abrogation?", indique le député PS de l'Indre, qui précise qu'"il y a quelques lois emblématiques sur lesquelles il faudra revenir". Ainsi la "circulaire Guéant" sur les étudiants étrangers, les peines planchers ou la réforme territoriale.
L'IMMIGRATION ET LA SÉCURITÉ
L'interdiction du port du voile intégral. Loi emblématique adoptée en septembre 2010, cette mesure fut érigée au rang de symbole par l'UMP. François Hollande, qui à l'époque avait fait part de son opposition au texte du gouvernement, ne l'a pas évoquée depuis.
L'Organisation de la sécurité. La création de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), qui résulte de la fusion de la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) et la Direction de la surveillance du territoire (DST), ne devrait pas être remise en cause.
Au-delà, concernant la multitude de lois de sécurité intérieure adoptées depuis l'installation de M. Sarkozy Place Beauvau, "l'idée n'est pas de supprimer tout ce qui a été fait, indique François Rebsamen, maire PS de Dijon et chargé du pôle sécurité dans l'équipe de M. Hollande. Sur les 28 lois prises depuis 2002, il faudra évaluer celles qui n'ont aucun impact, aucune efficacité et celles qui marchent".
LA JUSTICE
Les peines planchers. Introduites par la loi Dati de 2007, les "peines planchers" fixent le minimum que doit infliger un juge en cas de récidive d'un accusé ou pour certains crimes et délits. "Il faudra les supprimer", tranche M. Rebsamen.
La rétention de sûreté. Le PS se montre plus prudent quant à la rétention de sûreté, votée en 2008, qui permet de placer, à l'issue de leur peine, des prisonniers jugés dangereux dans des centres socio-judiciaires fermés. André Vallini, responsable du pôle justice dans l'équipe de campagne du candidat socialiste, estime que "si la rétention de sûreté consiste à maintenir en prison quelqu'un qui a purgé sa peine, c'est contraire au droit. Mais on ne peut relâcher dans la nature sans surveillance des gens considérés comme des malades".
Les jurés citoyens en correctionnelle. Mis en place par M. Sarkozy, les premiers ont siégé au printemps. C'est "une idée intéressante mais gâchée par excès de précipitation", indique M. Vallini, qui lui préfère le concept d'"échevinage, avec des citoyens volontaires associés au travail des magistrats".
La réforme de la carte judiciaire. La suppression de 17 tribunaux de grande instance avait déclenché une fronde dans le monde judiciaire. Interrogé sur une réinstallation de ces tribunaux, alors que les crédits manquent, M. Vallini préfère annoncer une "grande réforme de l'organisation judiciaire, qui remettrait notamment à plat la distinction entre tribunaux d'instance et de grande instance".
La réforme du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et de la garde à vue. Le CSM, qui a désormais le pouvoir de nommer les procureurs, sera à nouveau réformé ; les procureurs seront nommés sur le modèle des juges du siège. Autre grande réforme, imposée par l'Europe, la présence d'un avocat lors des garde à vue. Il s'agit pour M. Vallini d'une "réforme minimale qu'il faudra poursuivre pour mettre [la France] au standard des pays européens".
La justice des mineurs. M. Sarkozy a en grande partie détricoté celle-ci en revisitant de nombreuses fois l'ordonnance de 1945. "Cela fait partie des réformes à abroger", assure M. Vallini, qui annonce un "retour au principe de l'ordonnance de 1945, la spécialisation des juridictions, l'atténuation de responsabilité et le primat de l'éducatif sur le répressif".
L'EDUCATION
La Loi LRU. Tantôt critiquée, tantôt saluée comme une réussite, la réforme des universités que M. Sarkozy ne cesse de mettre en avant semble embarrasser le PS. "Ce n'est pas pour nous le sujet majeur, même s'il est emblématique", estime Vincent Peillon, chargé du pôle éducation, qui voit dans la question de son abrogation "un faux débat". "Ce qui est important, c'est ce par quoi on remplace, en l'occurrence une loi-cadre qui interviendra assez rapidement après une courte consultation", plaide-t-il.
La suppression de la carte scolaire. Cette réforme fut combattue par la gauche. Elle n'a pourtant pas entraîné de révolution sur le terrain. Pas sûr que le PS revienne sur ce dispositif, M. Peillon estimant lui-même que "les modèles précédents n'étaient pas formidables".
La formation des enseignants. Le gouvernement de François Fillon a ouvert la voie à une suppression des Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM), au profit d'une formation en master des enseignants. Le PS annonce qu'il "reviendra entièrement sur la réforme de laformation des enseignants, qui a été détruite", selon M. Peillon.
LES INSTITUTIONS
La réforme constitutionnelle. Adoptée en 2008, elle limite à deux le nombre de mandats du chef de l'Etat, lui permet d'intervenir en Congrès, renforce le pouvoir du Parlement et instaure la possibilité d'une saisine du Conseil constitutionnel par les justiciables avec la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Le PS évoque certes de nouveaux aménagements institutionnels (une part de proportionnelle, la parité homme-femme), mais ne parle pas d'un retour en arrière.
La réforme territoriale. Votée en 2010, elle instaure le conseiller territorial, destiné à siéger à la fois au conseil régional et au conseil général. Le PS a promis de revenir sur cette réforme. Selon le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, "tout ou presque sera abrogé, à part peut être la partie intercommunalité". M. Bel se dit "favorable au maintien de tous les niveaux : commune, intercommmunalité, départements et régions". Quant à la suppression de la taxe professionnelle (TP), elle sera "plus difficile à défaire", concède M. Bel.
LA FONCTION PUBLIQUE
La Révision générale des politiques publiques (RGPP). Le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux a permis de réduire de plus de 100 000 personnes les effectifs de l'Etat. Le PS et François Hollande promettent aujourd'hui "d'en finir avec la RGPP aveugle", mais demeurent flous sur les chiffres. Le candidat socialiste a promis des créations de postes, mais sans augmenter l'effectif de fonctionnaires. Cet effort devrait donc nécessiter la poursuite du non-remplacement.
La création de Pôle emploi. Issu de la fusion de l'ANPE et des Assedic, Pôle emploi a été créé en février 2008 afin de simplifier les démarches et le suivi des demandeurs d'emploi, tout en diminuant les coûts. Son bilan est mitigé. Le PS ne compte pourtant pas revenir sur cette création.
Le service minimum. Instaurée en 2007, la loi sur le service minimum ne sera pas modifiée, a déjà annoncé François Hollande, qui juge qu'elle est "entrée dans les mœurs".
LA SANTÉ ET LES RETRAITES
La carte hospitalière. Le gouvernement de François Fillon l'a réformée en fermant des établissements jugés non rentables ou trop petits. François Hollande s'est engagé à permettre un accès de chacun à un établissement d'urgence accessible en trente minutes, sans préciser toutefois quels seraient les centres hospitaliers ainsi rouverts ou créés.
La réforme des retraites. Votée en 2010, elle a fait passer l'âge minimum de départ à 62 ans et l'âge de départ à taux plein à 67 ans, et le nombre d'années de cotisation à 41 ans. M. Hollande a promis de permettre aux personnes à jour de cotisation de partir à la retraite avant l'âge légal, sans changer celui-ci.
LA CULTURE
La loi Hadopi. Ce texte réprimant le téléchargement illégal sur Internet, voté en 2008, fait l'objet d'une valse-hésitation du PS. M. Hollande promet désormais un "acte II de l'exception culturelle". Aurélie Filipetti, chargée de la culture dans l'équipe de campagne du candidat socialiste, évoque une offre légale, la lutte contre la contrefaçon commerciale et l'élargissement des sources de financement, mais sans licence globale, jugée trop incertaine.
L'INTERNATIONAL
L'Europe. Concernant le traité européen voulu par M. Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, M. Hollande, s'engage à le renégocier. Pour Pierre Moscovici, "la ratification, qui aura été interrompue par la période électorale, ne sera pas engagée s'il n'y a pas une réorientation de la construction européenne".
L'OTAN. M. Sarkozy avait choisi, dès 2007, le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l'OTAN, qu'elle avait quitté en 1966. La décision du chef de l'Etat avait alors été critiquée par la gauche. Mais selon M. Moscovici, le départ de la France n'est plus envisagé.
Pourquoi ADP et Vinci bataillent en Turquie
Les deux groupes français se retrouvent en finale pour entrer au capital de TAV Holdings, le groupe aéroportuaire turc valorisé à 1,3 milliards d'euros. Doté d'un très riche portefeuille, l'aéroport d'Istanbul constitue une véritable pépite.
Ebidta en hausse de 257 millions d'euros
Les deux rivaux se retrouvent aujourd'hui en finale pour le contrôle de l'opérateur turc TAV Havalimanlari. Un gros morceau et une belle pépite. Le groupe, valorisé 3,2 milliards de livres à la Bourse d'Istanbul (1,35 milliard d'euros), appartient à des groupes turcs (Acsen notamment) qui se partagent quelque 60 % du capital (le flottant est d'environ 40 %). TAV possède plusieurs aéroports en Turquie (Istanbul, Ankara, Izmir, Antalya) mais aussi en Géorgie (Tbilisi, Batumi), en Tunisie (Monastir, Hammamet), en Macédoine, en Lituanie et en Arabie Saoudite. Au total, TAV pèse 881 millions d'euros de chiffre d'affaires (en 2011), en hausse de 12 %, et a dégagé un Ebitda de 257 millions (+ 21 %) et un résultat net de 52,8 millions. Sa dette avoisine tout de même 800 millions d'euros.
59 millions de passagers en 2020
L'aéroport Ataturk d'Istanbul est le véritable joyau de ce protefeuille. D'excellente qualité, il pointe au huitième rang des aéroports européens en termes de trafic (37,4 millions de passagers, + 16 % l'an dernier) et profite de l'époustouflante croissance de Turkish Airlines.
Selon nos informations, TAV prévoit 59 millions de passagers en 2020, une estimation exagérée pour faire monter les enchères, selon certains acteurs français. Surtout si une troisième piste n'était pas construite d'ici là.
Le prix contre l'expérience ?
Le verdict pourrait intervenir dans moins de trois semaines. Qui a le plus de chances ? "Tout dépend si les actionnaires turcs vont privilégier le prix ou le projet industriel", explique un analyste. "Si le prix est déterminant, Vinci l'emportera car le groupe a l'habitude d'être plus agressif sur ce point qu'ADP", assure t-il. A la tête de plusieurs aéroports régionaux (comme Nantes), le groupe de concessions veut à la fois grossir et utiliser son savoir faire français comme rampe de lancement à l'étranger où il gère seulement trois aéroports cambodgiens.
En face, Aéroports de Paris est forcément plus armé. A Paris, il gère déjà des aéroports de grande taille. Avec sa filiale ADPM (spécialisée dans la gestion aéroportuaire), il pilote déjà plusieurs aéroports à l'étranger. Même si sa stratégie à l'international, mise en avant depuis l'introduction en Bourse en 2006, n'a pas avancé d'un pouce depuis, le PDG d'ADP, Pierre Graff, cherche à se doter de leviers de croissance pour l'avenir.
















