TOUT EST DIT

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lundi 27 février 2012

Le G20 prêt à sauver l'euro

Divine surprise : au milieu des « bonnes » nouvelles qui ont permis à l’euro de dépasser la barre des 1.34 dollar, on apprenait aussi que selon le FMI, la récession se poursuivrait en Grèce jusqu'en 2013 avant d'être suivie d'un net rebond… Il n’en faut pas plus pour exciter le marché des changes qui peut s’attaquer au seuil de résistance de 1.3482 qui ouvre la porte à une étape de plus défavorable au billet vert. L'optimisme est également  soutenu par le fait que le Parlement grec a adopté un texte permettant d'effacer 107 milliards d'euros de la dette détenue par les créanciers privés du pays ; le lancement de l'offre d'échange devait intervenir dès vendredi afin de respecter les délais serrés et l'échéance des obligations de mars, expliquaient des analystes. Dimanche, les ministres des Finances du G20 réunis en sommet à Mexico, ont estimé dans leur communiqué que le renforcement du pare-feu européen est essentiel avant que les ressources du Fonds monétaire international soient renforcées. Les grands argentiers de la planète ont réfléchi ce week-end à la manière d'éviter une propagation de la crise de la dette souveraine, européenne à l'ensemble de l'économie mondiale, qui remettrait en question une croissance déjà fragile, rapportent les agences. En combinant les ressources existantes et de nouveaux financements, il est question de porter à près de 2.000 milliards de dollars le pare-feu entourant la zone euro. D’ailleurs, les pays de la zone euro ont prévu de se rencontrer en mars pour évoquer cette question. Certains pays, comme la Chine ou le Japon, ont estimé que la décision par la zone euro elle-même de mobiliser davantage de fonds serait "essentielle" avant qu'ils ne décident à leur tour d'offrir davantage de fonds au FMI. L'Allemagne et d'autres pays européens plaidaient pour que cette contribution soit qualifiée "d'importante". Le ministre des Finances britannique George Osborne a lui aussi fait preuve de fermeté. "Nous sommes prêts à réfléchir à un renforcement des ressources du FMI, mais seulement une fois que nous aurons vu la couleur de l'argent de la zone euro, et nous ne l'avons pas vue", a-t-il dit à Sky TV.
Lors de leur prochaine réunion, au mois d'avril, les pays du G20 entendent convenir d'un pare-feu financier de près de 2.000 milliards de dollars (1.487 milliards d'euros) afin d'empêcher la crise européenne de la dette de se propager et de menacer la reprise mondiale. Ceci constituerait l'effort le plus ambitieux depuis la crise financière de 2009, lorsque le G20 a dégagé 1.000 milliards de dollars pour sauver l'économie mondiale. Que d’eau, que d’eau pour éteindre ce feu, aurait dit Mac Mahon…


CHANGES. L’euro a commencé la semaine à 1.3442 dollar, en consolidant lundi  une phase de remontée qui l’a conduit à franchir la barre symbolique des 1,34 dollar pour la première fois de près de trois mois. Vers 12 heures vendredi, l'euro gagnait 1,12% à 1,3398 dollar et 1,07% à 107,9 yens. En revanche, l'euro perdait du terrain face au sterling britannique (- 0,16% à 0,8481) et restait stable contre le franc suisse (0% à 1,2050).  Depuis le début, les performances de l'euro calculées par Cerclefinance.com contre ces quatre devises sont les suivantes : +3,4%, +8,3%, +1,7% et +1%.

A SAVOIR. L'optimisme est soutenu par les dernières nouvelles provenant de Grèce : le Parlement grec a adopté un projet de loi qui définit les modalités permettant de procéder à l'effacement de 107 milliards d'euros de dette détenue par les créanciers privés du pays, rapportent les analystes d'Aurel BGC. Le lancement de l'offre d'échange devrait intervenir dès vendredi afin de respecter les délais serrés et l'échéance des obligations de mars, a annoncé M. Vénizelos, ajoutent-ils. Le bureau d'études du courtier rapporte également que selon le FMI, la récession se poursuivrait en Grèce jusqu'en 2013 avant d'être suivie d'un net rebond.
Certes, les questions en suspens à propos de la crise souveraine européenne restent nombreuses. La mise en place d'un « pare-feu » crédible est loin d'être faite en Europe. L'idée, désirée par tous les gouvernements européens sauf l'Allemagne, est de cumuler les capacités d'intervention du FESF (environ 250 milliards d'euros après l'aide au Portugal et à l'Irlande - 43,7 milliards d'euros - et le nouveau plan d'aide à la Grèce) et le futur MES (500 milliards d'euros) qui devrait être crée en juillet 2012,  indique encore Aurel BGC.
Pour de nombreux partenaires de la zone euro, il revient en effet d'abord aux dirigeants européens de mettre en place les moyens nécessaires pour maîtriser les risques de contagion de la crise de la dette, en combinant par exemple les capacités de prêts de ses deux mécanismes de stabilité financière, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité financière (MES).
Ceci porterait leur puissance de feu combinée à quelque 750 milliards d'euros. Les pays du G20 seraient alors plus enclins à répondre à l'appel du FMI, qui souhaite plus que doubler ses capacités d'intervention en levant 600 milliards de dollars de ressources supplémentaires. Additionnées, toutes ces mesures permettraient de créer un pare-feu financier mondial de l'ordre de 1.950 milliards de dollars. Un responsable gouvernemental allemand proche de la chancelière Angela Merkel a cependant estimé dimanche que le MES disposait déjà des fonds adéquats et que Berlin ne voyait pas l'utilité d'une combinaison du MES et du FESF.
Selon Reyters, à Mexico toutefois, les négociateurs présents au sommet du G20 ont laissé entendre un autre son de cloche, celui d'une Allemagne plus souple. "Tout le monde dans la zone euro et même dans l'union européenne est raisonnablement satisfait de voir une combinaison du MES et du FESF, même l'Allemagne, mais il est trop tôt pour dire qu'on en décidera au sommet européen de début mars", a déclaré Margrethe Vestager, ministre des Finances du Danemark, pays qui préside actuellement l'Union européenne.
A NOTER. Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a estimé de son côté que l'économie européenne était en train de se stabiliser, avec "une certaine amélioration ici ou là".
Selon lui, "on peut voir qu'il y a un retour de la confiance des marchés financiers en général envers l'euro. Donc le sentiment général c'est que l'euro est maintenant un endroit plus sûr qu'il n'était au moment du sommet de Cannes" début novembre.
L'action de la BCE, qui s'est lancée en décembre dans des opérations inédites de prêts aux banques sur trois ans et sans plafond, a été saluée par le G20. Une nouvelle réunion des ministres des Finances de l'Eurogroupe aura lieu le 1er mars, lors de laquelle il sera notamment question de la Grèce. Chez CM-CIC, on insistait également  sur le sommet du G20 qui s'ouvrait samedi matin et où la question de l'Europe serait également abordée. Mais, indiquaient-ils, malgré les négociations autour d'une augmentation des ressources du FMI, aucune avancée majeure n'est attendue… L'Europe a accompli de nombreuses avancées pour mettre un terme à sa crise mais ses partenaires attendent des gestes plus forts pour lutter contre la crise de la dette avant d'apporter leur soutien, estiment les spécialistes. Quoi qu'il en soit, les problèmes liés à la Grèce semblent avoir reflué et les discussions actuelles dans les salles de marché portent plutôt sur le prochain programme à trois ans LTRO de la BCE et la remontée du pétrole, note Chris Weston, trader chez IG Markets.

ET AUSSI. Pour mémoire, rappelle encore CercleFinance, la BCE ouvrira exceptionnellement ses guichets le mercredi 29 février pour une seconde “méga-opération” de refinancement à trois ans, un programme de liquidité destiné à soutenir le système bancaire européen. En attendant, vendredi après-midi aux États-Unis, les cambistes auront pris connaissance de l'indice « Umich » ( pour Michigan)  de confiance des consommateurs et des ventes de logements neufs pour janvier, qui devaient ressortir en hausse à plus de 310.000 en rythme annualisé selon les analystes.

Horrible farce

 Jour ordinaire, hier, à Homs et dans d’autres villes de Syrie, sous l’habituel déluge d’obus avec, au moins, une cinquantaine de morts de plus dans le macabre décompte. Jour ordinaire, aussi, dans une allégeance forcée à Damas et dans les régions contrôlées par le parti Baas. Partout là où la population était instamment priée de plébisciter le «référendum constitutionnel» de Bachar el-Assad. Pour, paraît-il, introduire des «réformes démocratiques».

Quel cynisme! Le dictateur en place va être renouvelé pour deux fois 7 ans à partir de 2014. Arrivé aux affaires en 2000, il resterait donc au minimum 28 ans au pouvoir... deux ans de moins que son père Hafez el-Assad (1970-2000). Et toutes les décisions gouvernementales et législatives dépendront exclusivement du bon vouloir présidentiel. Même si le parti Baas devait perdre son rôle prédominant. Une horrible farce!

 Les oppositions ont certes appelé au boycott. Mais inutile de se faire des illusions. Dans une dictature, la fraude électorale est institutionnelle. Le résultat acquis d’avance sera sans importance. Plus étonnants et vraiment inquiétants sont les intitulés de ce pseudo référendum. Ainsi, les nouveaux textes précisent que le chef de l’Etat doit être «musulman» (sans appartenance définie, alaouite, chiite ou sunnite) et que le droit découlera de l’islam. Or, le parti Baas (co-fondé par Michel Aflak, un chrétien) se voulait à l’origine «socialiste» et «laïc». Que signifient ces corrections religieuses inscrites dans la nouvelle «Constitution»? Répondent-elles à des exigences du grand allié iranien de Damas? Ou doivent-elles calmer l’opposition sunnite et salafiste? Car la guerre civile syrienne est aussi une guerre de religion dont l’importante minorité chrétienne (presque 10% de la population) pourrait un jour subir les conséquences. Comme en Irak. 

 Évidemment, le vote d’hier ne changera rien au destin de la Syrie. Le régime Assad, qu’il soit soutenu ou non par Moscou et Pékin, est mourant. Malheureusement, l’agonie se prolonge dans de terribles convulsions. Parce qu’une sanglante dictature en place depuis presque un demi-siècle a ses obligés. En commençant par l’état-major d’une armée qui accapare 10% du budget national, premier poste avant l’Education...

L'Allemagne contre le reste du monde sur le fonds de secours

Le sommet européen des 1er et 2 mars s'annonce tendu, malgré l'accord tout frais concernant la Grèce, en raison du refus répété de Berlin d'augmenter les moyens du fonds de secours de la zone euro comme le réclament tous ses partenaires, le FMI et les É tats-Unis.

« La position de Berlin n'a pas changé : il ne voit pas la nécessité d'augmenter le volume du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour le moment. » Le porte-parole du gouvernement allemand a été très clair mercredi dernier : l'Allemagne, principale contributrice aux fonds de soutien au sein de la zone euro, refuse de lâcher du lest, même si elle a obtenu en contrepartie un durcissement de la discipline budgétaire.
« Les signaux en provenance d'Italie et d'Espagne le montrent : la situation se stabilise, il n'y a aucune raison d'augmenter le volume » des mécanismes d'aide, renchérit Joachim Spatz, porte-parole du groupe parlementaire FDP (libéral) sur les questions européennes. Et d'annoncer que la coalition au pouvoir (CDU/CSU-FDP) prévoit, demain, de soumettre au vote des députés une motion excluant toute augmentation de l'enveloppe du MES.
La pression est pourtant considérable sur Berlin, plus que jamais isolé. Lors de son entretien téléphonique mardi avec Angela Merkel, le président américain Barack Obama « a exhorté la chancelière à faire quelque chose pour le fonds de secours », confie un diplomate européen. D'un point de vue pratique, l'idée serait de combiner la capacité de prêts du Fonds européen de stabilité financière (FESF, 250 milliards d'euros) avec celle du MES (500 milliards d'euros en théorie). Pour l'instant, Berlin dit vouloir en rester à 500 milliards au total.
Les partisans d'un pare-feu aux ressources accrues estiment que cela permettrait d'empêcher une bonne fois pour toutes la contagion de la crise de la dette à l'Italie et l'Espagne, mais également de convaincre le Fonds monétaire international de participer de manière significative au second plan d'aide à la Grèce. La contribution actuellement envisagée par le FMI est de 13 milliards d'euros sur un plan qui en comprend 130 milliards.
« La moins mauvaise des solutions »
Or l'institution de Washington estime que c'est à la zone euro de faire le premier pas en se dotant d'abord d'un pare-feu convaincant. De la sorte, des pays non-membres de l'union monétaire seraient rassurés et pourraient également contribuer à l'augmentation des ressources du FMI et aider indirectement la zone euro. La directrice du Fonds, la Française Christine Lagarde, mène une campagne très intense sur le sujet.
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, estime pour sa part que « le renforcement du pare-feu financier de la zone euro fait partie d'un ensemble avec le pacte budgétaire » qui renforce la discipline partout dans la zone euro, voulu à tout prix par l'Allemagne. Il sera signé la semaine prochaine.
Malgré son isolement, « on ne sait pas si la situation sera suffisamment mûre lors du sommet des 1er et 2 mars pour que l'Allemagne accepte un renforcement du pare-feu », admet un diplomate européen. L'Allemagne doit déjà faire voter, ce lundi, le second plan de sauvetage de la Grèce et si l'issue du vote ne fait pas de doute, beaucoup de députés approuveront l'aide de mauvaise grâce. « C'est la moins mauvaise des solutions », estime ainsi l'élu FDP Joachim Spatz.

La fin du modèle social européen est déclarée

  Le patron de la Banque centrale européenne annonce la mort du modèle social européen... et se prépare à faire un nouveau chèque de 500 milliards d'euros aux banques. Bienvenue dans le "QE World" ou comment les banques centrales soutiennent massivement le rétablissement de la confiance, au prix d'une austérité sans précédent.
"Le modèle social européen est mort" ! Jamais un banquier central n'avait parlé avec autant de brutalité de la crise que nous traversons. Les propos tenus par l'Italien Mario Draghi, le successeur de Jean-Claude Trichet, dans le long entretien qu'il a accordé au Wall Street Journal vendredi 24 février (lire la retranscription ici), sont tellement violents, par ce qu'ils impliquent, qu'il n'aurait sans jamais pu les tenir ailleurs que dans la « bible » de la finance mondiale. Même Jean-Claude Trichet avait plus de précautions de langage quand il tentait d'expliquer aux peuples européens ce qui les attend.
Pour Mario Draghi, ancien banquier de Goldman Sachs et nouvelle statue du Commandeur de la monnaie en Europe, sauver l'euro aura un prix élevé. Selon lui, il n'y a "pas d'échappatoire" possible à la mise en œuvre de politiques d'austérité très dures dans tous les pays surendettés et cela implique de renoncer à un modèle social fondé sur la sécurité de l'emploi et une redistribution sociale généreuse. Ce modèle sur lequel l'Europe a basé sa prospérité depuis la seconde guerre mondiale a disparu (« has gone »), estime Mario Draghi qui rappelle aux journaliste du WSJ la formule de l'économiste allemand Rudi Dornbusch : "Les Européens sont si riches qu'ils peuvent se permettre de payer les gens pour ne pas travailler".
Provocation
L'intervention du patron de la BCE pourrait sembler une provocation, une semaine avant que la banque centrale ne renouvelle un deuxième chèque de 500 milliards d'euros aux banques qui viendront mercredi 29 févier emprunter de l'argent au guichet illimité qu'elle a mis en place pour sauver l'euro. Comment échapper, avec de tels propos, à la critique montante selon laquelle le système est en train de sacrifier les peuples pour sauver les banques ? Les arguments mis en avant par Mario Draghi sont sans appel : tout recul sur les ambitions des programmes de désendettement publics provoquera une immédiate réaction des marchés qui pousseront les taux d'intérêt payés par les Etats à la hausse, rendant encore plus difficile, sinon impossible, le rétablissement des finances publiques. C'est ce qui est arrivé à la Grèce et a failli se produire au Portugal, en Espagne, en Italie.
Les propos de Mario Draghi ne sont évidemment pas sans lien avec le calendrier électoral européen. En avril en Grèce, en mai en France, au printemps 2013 en Italie, les peuples vont voter pour choisir leur destin. En expliquant, à la façon d'une Margaret Thatcher des temps modernes, que quel que soit le résultat du vote, les gouvernement élus n'auront pas d'autre alternative que de poursuivre des politiques de rigueur extrêmes, de mener des réformes structurelles du marché du travail et de démanteler encore un peu plus leur modèle social, le président de la BCE affiche la couleur. Et qu'on ne vienne pas lui dire que l'accalmie actuelle sur les marchés signifie que la crise est finie. La preuve que ce n'est pas le cas viendra mercredi, quand les banques viendront chercher auprès de la banque centrale le soutien sans lequel le système financier ne peut pas tenir. Sans la perfusion des banques centrales, aux Etats-Unis avec le "Quantitative easing" de la Fed, en Europe avec le LTRO de la BCE, tout s'écroulerait ! Même la Chine en est réduite à soutenir ses banques en difficultés. Bienvenue dans le monde cruel du « QE world ».
"Redressement national" de la "France forte"

Par cette prise de position très dure, Mario Draghi appelle à une prise de conscience. Mieux vaut selon lui en passer par une purge sévère et des réformes structurelles tout de suite pour rétablir la confiance des marchés que de vivre dix années terribles sous leur pression. C'est le choix fait par Mario Monti en Italie, avec succès jusqu'à présent puisqu'en cent jours, cet autre ancien de Goldman Sachs a réussi a sortir son pays de l'œil du cyclone, en changeant comme jamais le visage de l'Italie. La leçon vaut pour les autres pays. En France, François Hollande annonce-t-il autre chose quand il parle de "redressement national", même s'il continue en même temps de faire croire que la gauche française saurait mieux préserver le modèle social que les gauches européennes ? Et Nicolas Sarkozy, qui en appelle au « courage » pour rétablir une « France forte », ne prépare-t-il pas, sans le dire clairement, un nouveau programme d'austérité pour l'après-élection ? Si on écoute Mario Draghi, le modèle social français aura bien du mal à survivre à 2012.  la question est au cœur de la campagne mais chut, il ne faut pas le dire... trop fort !

Docteur Hollande et Mister H
 Quoi de commun entre la mise sous surveillance négative du Royaume-Uni (et de la France au passage) par Moody's..., le film "La Dame de fer" de Phillida Lloyd, avec Meryl Streep en Margaret Thatcher, qui sort en France dans toutes les salles ce mercredi... et l'entretien accordé lundi au "Guardian", le quotidien britannique de "gauche", par François Hollande ? Le lien entre ces événements, c'est bien sûr la finance, le principal "adversaire" désigné par le candidat socialiste lors de son meeting du Bourget.
Pas de leçons à donner
Ce n'est pas la première fois que le Royaume-Uni est menacé d'une dégradation. En 2009 déjà, l'autre agence américaine, Standard & Poor's, avait menacé le triple A de la perfide Albion, pour sanctionner la perte de crédibilité financière du gouvernement Brown, contraint de nationaliser la moitié du système bancaire britannique empoisonné par la crise des subprimes. Même si cela ne faisait pas très bon camarade, François Baroin n'avait donc pas tout à fait tort lorsqu'en janvier il avait fait valoir que si la France devait perdre sa précieuse note AAA, le même sort devait advenir au Royaume-Uni. Avec un endettement public de presque 100% du PIB, un déficit de 8,6% du PIB, notre voisin d'outre-Manche n'a guère de leçons à donner à la zone euro en terme de gestion de ses finances publiques. Certes, le gouvernement Cameron a pris les devants avec un programme d'austérité sans précédent depuis... les années Thatcher. Mais visiblement, cela n'a pas suffit à convaincre Moody's, qui note que le Royaume-Uni n'est pas immunisé contre les effets de la crise de la zone euro, n'en déplaise à ceux qui dans la City, spéculent sur l'éclatement de la monnaie unique.
Pour le gouvernement Cameron, engagé lui aussi dans une guerre contre la finance, comme en témoigne son action contre les bonus excessifs de la City et pour une séparation des activités bancaires et "spéculatives", le réveil est rude. On se souvient au Royaume-Uni qu'en 1976, avant donc l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher, le FMI avait imposé des coupes drastiques dans les dépenses publiques au gouvernement travailliste de l'époque, en échange d'un prêt de 4 milliards de dollars. Cette humiliation qui n'est pas sans rappeler ce qui arrive à la Grèce aujourd'hui reste très présente dans les esprits à Londres, d'où le relatif consensus dans le pays sur la nécessité d'une maitrise de l'intervention de l'Etat.
Lady T, Tony B et Mister H
Ce consensus n'a pas été aisé à obtenir. Maggie y a gagné son surnom de "Dame de fer" en luttant pied à pied contre les syndicats et la fonction publique, jusqu'à réduire massivement, trop massivement sans doute, la part des dépenses publiques. Au cours de ses onze ans, six mois et 24 jours de pouvoir, "Lady T" a réussi à imposé une véritable révolution libérale à son pays, à tel point qu'à un moment, le Trésor britannique n'émettait pas assez de dette publique pour les besoins des investisseurs institutionnels ! Ce fait n'est pas sans lien d'ailleurs avec la réussite de l'internationalisation de la City de Londres qui est devenu la plaque tournante du circuit financier mondial, profitant d'une situation géographique idéale (le Méridien de Greenwich est à équidistance de Wall Street et de Tokyo).
Après les excès du Thatchérisme, vinrent les années Blair, au cours desquelles le Royaume-Uni a de nouveau augmenté ses dépenses, notamment en matière de santé et d'éducation. C'est d'ailleurs bien Tony Blair que François Hollande est venu invoquer dans son entretien au "Guardian", en faisant siennes les réussites économiques de l'ancien Premier ministre, sans en endosser le credo libéral. Le  candidat socialiste à l'élection présidentielle française a aussi tenté de rassurer la City de Londres sur ses intentions à l'égard de la finance. Il a ainsi rappelé que les socialistes français avaient, au moment même où Margaret Thatcher était au pouvoir, "libéralisé l'économie française", "ouvert les marchés financiers" comme jamais les gouvernements conservateurs ne l'avaient fait auparavant. "Vous n'avez pas de raison d'avoir peur de nous". D'où la question, posée sans fioriture par ses adversaires de gauche comme de droite : quel François Hollande, celui du Bourget ou celui du "Guardian", est le vrai ? Sur la dépense publique et l'impôt, il penche à gauche. Sur l'économie, il promeut une politique de l'offre, plutôt libérale. Sur la finance, il promet d'appliquer ce que Cameron a fait dans la City, mais rien de plus. A ce jeu du caméléon, la campagne, qui va entrer dés ce soir dans le vif du sujet avec l'officialisation de la candidature de Nicolas Sarkozy, va devoir apporter des réponses.

Hollande, lui, n'a pas changé

Cajoler son électorat naturel sans prêter le flanc à des assauts trop faciles pour ses adversaires. En d'autres termes, afficher une volonté de s'en prendre à des marqueurs de l'injustice, des excès du laisser-faire libéral sans tomber dans le piège du "demain, on rase gratis". Une partie des mesures annoncées dimanche par François Hollande procède de cette stratégie. Ainsi, la suppression des stock-options, le renforcement de la loi SRU ou même l'encadrement des dépassements d'honoraires des médecins présentent-ils un rapport coût financier/intérêt politique très compétitif.
Après les cafouillages sur le vrai-faux rétablissement de la retraite à 60 ans, l'embauche de 60.000 professeurs reconvertie à la sauvette en redéploiement d'effectifs existants, cela ne peut pas faire de mal. Ces mesures ont en outre l'avantage d'être difficilement attaquables par ces temps de crise. Qui va aller défendre bec et ongles ces municipalités qui préfèrent payer une amende plutôt que de construire des logements sociaux ou ces praticiens spécialistes, dont les tarifs de consultation ont explosé ces dernières années ? Le silence des snipers de la majorité sur ces propositions est à cet égard édifiant.
Ces ballons d'essai dessinent-ils pour autant le style de ce que pourrait être la stratégie économique du candidat Hollande ? Une sorte de libre-service de mesures précises, concrètes, signifiantes qui, additionnées, formeraient la colonne vertébrale d'un programme fortement idéologisé mais raisonnable ? Rien de spectaculaire (éviter à tout prix les ravages qu'avaient provoqués les maladresses de Ségolène Royal sur l'augmentation du Smic, ou alors des slogans qui font de l'effet parce qu'ils "sonnent" mais ne prêtent pas davantage à conséquence). Il en va ainsi de la séparation des activités de dépôt des banques de celles de la "finance spéculative", projet trop technique pour que les polémiques qu'il suscite puissent être audibles pour l'électeur. Un style très hollandais finalement.

Présidentielle : NKM juge Hollande "fuyant"

L’ex-ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, choisie par le candidat Sarkozy comme porte-parole, a fait ses grands débuts médiatiques à ce poste dimanche soir sur BFM-TV.
Interrogée sur l’idée lancée samedi par François Bayrou d’un référendum sur la « moralisation » de la vie politique -qui pourrait avoir lieu, s’il est élu, dès le 10 juin, en même temps que le premier tour des élections législatives- Nathalie Kosciusko-Morizet (surnommée « NKM ») s’est montrée à la fois intéressée et dubitative. Intéressée car, sur le fond, elle assure que le président du MoDem rejoint  plusieurs des propositions déjà  énoncées  par le « président-candidat » (notamment sur l’introduction d’une dose de proportionnelle ou sur la réduction du nombre des députés). Dubitative car, dit-elle, si Nicolas Sarkozy n’a pas exclu dans l’avenir l’utilisation en cas de blocage sur un sujet de fond (par exemple la formation des chômeurs, où il est « anormal » que 4 milliards seulement sur les 32 de la formation professionnelle leur soient réservés), en revanche cela ne peut devenir une méthode de gouvernement. Surtout que, dans la propositions Bayrou, il y a, selon l’ex-ministre de l’Ecologie, des mesures « de niveaux différents ». Et NKM d’ajouter, pour le coup ironique : « On ne va pas demain interroger les Français pour leur demander : êtes-vous pour qu’il fasse beau dimanche ? ».

 "Le FN change de stratégie toutes les semaines"

C’est donc un « non » courtois -mais un non tout de même- à la proposition de François Bayrou. Un « non » courtois car, de son côté, François Hollande n’a pas eu droit à de tels ménagements, ni  non plus d’une certaine façon le Front national « qui, en ce moment, change de stratégie toutes les semaines ».  Mais la vraie dégelée a été, même si elle a été exprimée avec ce sourire qui fait partie de la panoplie NKM, pour le candidat du PS. Il a été décrit comme « fuyant », « incapable de réussir à imposer une des ses idées car il en a peu » et cherchant désormais, car il serait en difficulté, à transformer la campagne présidentielle en « un référendum anti-Sarkozy ». « Mais cela aussi ne marche plus », martèle NKM.

"Je vous invite à regarder ce qui se passe dans le monde"

L’échange final dans cette émission -plutôt musclé- aura opposé l’ex-ministre PS de la Justice Elisabeth Guigou à la porte-parole du candidat Sarkozy. Pour Elisabeth Guigou, Nicolas Sarkozy multiplie les « promesses fallacieuses, qui sont un vrai tour de passe-passe » : « Il recommence, lance-t-elle, à promettre ce qu’il n’a pas tenu pendant cinq ans. Qui va le croire ? ». Réplique cinglante de NKM : « Un petit détail a échappé à François Hollande. La crise, il n’en parle jamais. Or c’est la plus grave sans doute depuis 1929 ».  Et d’ajouter : « Je vous invite, vous les socialistes, à regarder ce qui se passe dans le monde ».  Entre le camp Hollande et le camp Sarkozy, c’est feu nourri et, souvent, tir à volonté.

Pour Bayrou, Hollande pèche par «excès de confiance»

Le candidat centriste, invité dimanche soir du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», a jugé sévèrement l'attitude de son concurrent socialiste.

Le ton se veut plus offensif. Invité dimanche soir du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», François Bayrou, après une visite au Salon de l'agriculture dans la journée, a raillé les «courbettes et les salamalecs» de ses concurrents, qui, comme lui, se sont rendus Porte de Versailles. Se présentant comme le seul candidat ayant des «racines paysannes et toujours paysan», le député du Béarn a répété qu'il ne fallait pas prendre les agriculteurs pour des bulletins de vote. «Pour moi, ce ne sont pas des dossiers, mais des visages», assure-t-il.
Quand on lui demandait de commenter le congrès extraordinaire du Nouveau Centre (NC), qui a validé son soutien à Nicolas Sarkozy, le président du MoDem hausse des épaules. «Ils se sont hués et insultés à la tribune, c'est pour moi quelque chose d'assez triste, mais je suis sûr qu'ils retrouveront un jour le besoin d'une famille du centre unifiée», a-t-il biaisé, assurant qu'une vingtaine de sénateurs centristes s'apprêteraient à annoncer leur soutien à sa propre candidature.
L'occasion encore de marteler que, selon lui, «les Français ont assez des deux partis du monopole», lesquels seraient «dans un mélange incessant entre le privé et le public». Et de juger sévèrement l'attitude de son concurrent socialiste: «On a l'impression que François Hollande se promène dans cette campagne, en étant sûr d'être élu, avec une condescendance. C'est un excès de confiance en soi et de mépris assez peu justifié.» Dans son livre sorti cette semaine, le candidat du PS écrit que «le programme [de Bayrou] est un non-programme»…

«On se fout de nous»

Samedi à Paris, en marge d'un forum consacré à son «Agenda 2012-2020» à la Maison de la chimie, devant quelques centaines de partisans, François Bayrou s'en était déjà pris avec véhémence envers «ce duo formé par le PS et l'UMP, qui nous a conduits à la catastrophe».
Bien que cantonné entre 11 et 14% d'intentions de vote depuis plusieurs semaines, le chef centriste pense «que les Français se rendent compte que quelque chose ne va pas dans cette campagne». Bref, à moins de deux mois du premier tour, tout serait-il encore possible pour lui? «Je vais vous le dire comme je le pense: on se fout de nous», avait-il lancé à la salle.
À l'applaudimètre, l'assistance semble apprécier le ton. «Enfin, il remonte sur le ring», se félicite un cadre. Alors, comme il l'avait fait dans son livre Abus de pouvoir en 2009, Bayrou dénonce. Comme «la complicité affichée» entre la droite et la gauche, qui, selon lui, «présentent un programme assez simple et interchangeable: pour Hollande, battre Sarkozy, pour Sarkozy, battre Hollande». Mais «du chômage, de l'appauvrissement du pays, il n'est plus question!».
Décidément seul contre tous, le candidat centriste l'affirme: «Sarkozy et Hollande sont d'accord entre eux et cherchent à imposer au peuple qu'il n'y aura pas de premier tour pour nous imposer un deuxième tour forcé.»
Or, le «troisième homme de 2007» en est persuadé: s'il parvenait au second tour, il l'emporterait face au candidat du PS, comme face à celui de l'UMP. Il en veut pour preuve une étude Ifop pour Paris Match, qui, la semaine dernière, en termes de popularité, le plaçait devant Hollande et Sarkozy… Problème pour lui: comme en 2007, Bayrou ne parvient pas à convertir sa «popularité» en intentions de vote. Il en a conscience. D'où ce nouveau ton, délibérément plus dur, pour tenter de se relancer.
Alors dénonçant les «affaires» d'un camp, ou les «réunions partisanes organisées à l'Élysée» par l'autre, il promet, s'il était élu, d'être un «président impartial et libre». Et met en garde en cas de victoire de François Hollande, le grand favori de sondages: des collectivités locales au Sénat, le PS détiendrait tous les pouvoirs.
D'où cette certitude: «J'en suis arrivé à une conclusion: le monde politique français, tel qu'il est, avec ses deux partis qui ont tous les pouvoirs est incapable de se réformer!» Estimant en conséquence «vain de demander aux abuseurs de se réformer», Bayrou propose donc un référendum sur «la moralisation de la vie publique».

Référendum sur les pratiques politiques

Et de lancer: «Élu le 6 mai, j'organiserai le 10 juin, jour du premier tour des législatives, et en même temps que celles-ci, un référendum» pour réformer les pratiques politiques. Si les Français le suivaient ainsi, le gouvernement passerait à vingt membres, les députés passeraient de 577 à 400, dont un quart seraient élus à la proportionnelle. Le cumul des mandats serait «interdit» pour les députés et «limité» pour les sénateurs. Le vote blanc serait pris en compte à chaque élection. La parité homme-femme «obligatoire».
Pour s'attaquer «aux conflits d'intérêts», il souhaite encore la création d'une «Autorité de déontologie de la vie publique» ou encore des nominations indépendantes du pouvoir pour les présidents de l'audiovisuel public.

PAUVRE BAYROU, IL REFUSE TOUTE ALLIANCE, NI DROITE NI GAUCHE, LE CENTRE, LE CENTRE C'EST OÙ, QUE FAIT-ON AVEC LE CENTRE ? 
LE CENTRE C'EST CENTRALE
QUAND C'EST CENTRALE ÇA TOURNE EN ROND !!!!!!!!


dimanche 26 février 2012

Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de l’outrance

Dans un communiqué d’une violence indigne, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande, enchaine les mensonges et les insultes à l’égard de Nicolas Sarkozy, du Gouvernement et de notre équipe de campagne.

Je rappelle à Najat Vallaud-Belkacem, ne lui en déplaise, que le Gouvernement et Nicolas Sarkozy ont un bilan solide. Réforme des retraites, autonomies des universités, service minimum dans les transports et à l’Education nationale, réforme de l’autoentreprise, peines planchers pour les récidivistes etc. Je rappelle à Najat Vallaud-Belkacem, qu’en dix jours de campagne, Nicolas Sarkozy a proposé plus d’idées que François Hollande en un an de campagne. Référendums, instauration d’une dose de proportionnelle, réforme du système d’indemnisation des chômeurs, réforme de la prime pour l’emploi, contreparties au RSA, apprentissage, allègement des charges qui pèsent sur le travail, interdiction des retraites chapeaux, autour de la conviction que seule une France forte est capable de protéger les Français de la crise. A contratrio, si on a bien compris les idées de François Hollande pour creuser la dette, on ne sait toujours pas comment et où il compte faire des économies. On comprend qu’il soit difficile de porter la parole d’un candidat si peu crédible, mais cela n’excuse en rien l’insulte et la violence des propos de Najat Vallaud-Belkacem.

Par ce communiqué, le PS prouve en tout cas sa volonté de faire de la campagne un concours d’anti-sarkozysme primaire. A ce jeu là, la porte-parole de François Hollande obtient le césar de l’insulte la plus basse avec cette phrase : « le Nicolas Sarkozy qu’on cherche à vendre aux Français est (…) un produit de contrebande imaginé par des cerveaux d’extrême-droite et revendu par des valets sans morale". Le PS semble perdre pied et tente de masquer l'archaïsme de ses propositions par le choix d'une campagne de rejet et d'outrance sur les personnes.

Les attaques personnelles dont il se délecte depuis cinq ans maintenant sont insupportables et affaiblissent le pacte républicain. Le PS peut maintenant afficher la couleur et changer de nom : le PS, c'est le Parti du Sectarisme. Pour notre part, nous ne changerons pas de cap : seule une campagne fondée sur les idées nous permettra de convaincre une majorité de Français. La France et les Français le méritent. La France et les Français le savent : c'est autour de Nicolas Sarkozy que tournent le débat des idées et le projet d'une France forte.


CE QUE LE PS PENSE DE HOLLANDE
 

Xavier Bertrand : « François Hollande a une peur panique de déplaire »

Pour le ministre du Travail, l’avance du candidat socialiste fond comme neige au soleil face au président-candidat dont il défend l’action et le programme. 

Le chômage a augmenté pour le cinquième mois d’affilée en janvier. Pour le PS, le bilan du quinquennat, c’est 1 million de chômeurs en plus. Est-ce que ce n’est pas le plus gros échec de Nicolas Sarkozy ?

Xavier Bertrand. Depuis 2007, il y a 700 000 demandeurs d’emploi de plus, et encore selon l’enquête emploi du Bureau international du travail (BIT), qui sert de base aux comparaisons internationales, c’est 400 000. ajoutent dans leur calcul tous les travailleurs à temps partiel. Ils mentent donc impunément. Le chômage a frappé partout en Europe, sauf en Allemagne, qui a fait les réformes qu’il fallait il y a dix ans. Avec ce que nous mettons en place, le soutien à l’activité partielle, les accords compétitivité-emploi, nous allons dans la bonne direction. François Hollande est mal placé pour donner des leçons. La Corrèze est un des départements où le chômage a le plus progressé l’an dernier. Je remarque au passage qu’il n’en fait jamais sa priorité.

Il propose pourtant son contrat de génération…
Ce n’est qu’un contrat d’apprentissage au rabais, puisque sans diplôme à l’issue! Quant au tutorat… les entreprises ne l’ont pas attendu pour s’y mettre. En regardant son livre, je me suis aperçu qu’il était davantage un commentateur de la vie politique qu’un décideur. Il brosse des portraits de ses concurrents, il décrit la société française. Ce n’est pas ce qu’on attend d’un candidat à la présidentielle. Il serait temps qu’on connaisse clairement ses propositions.

Il en a fait soixante…
Mais il change tout le temps! Il y a chez lui une peur panique de déplaire. C’est dans son tempérament. Or, vouloir être président de la République, c’est être capable d’assumer des choix qui ne sont pas forcément populaires. Sur le nucléaire, la finance, la retraite, le quotient familial et maintenant l’euthanasie, c’est chaque fois la même tactique : il avance une proposition et dès qu’il voit que ça suscite des réactions négatives, il fait aussitôt marche arrière, en espérant que dans la confusion, chacun aura entendu ce qu’il voulait entendre !

Lejaby, Photowatt et maintenant Petroplus… Pourquoi n’avez-vous pas trouvé plus tôt de solutions pour ces entreprises en difficulté  ?
On n’a pas attendu ces dernières semaines pour se mobiliser! On a trouvé beaucoup de solutions pour d’autres entreprises, comme Manurhin, mais personne n’en parle. Quand la gauche gouvernait, c’était renoncement sur reniement. Souvenez-vous de Lionel Jospin et Renault Vilvorde en 1997 ou du même, quelques années plus tard, déclarant « l’Etat ne peut pas tout » pour Michelin ou pour Lu.

François Chérèque vous accuse de faire pression sur les chefs d’entreprise pour décaler l’annonce des plans sociaux après les élections…
C’est faux! Je répète à chacun que l’emploi ne doit pas être la variable d’ajustement, et je le dis aussi publiquement. Je dis à François Chérèque de rester dans le combat syndical. La neutralité politique des syndicats est une tradition en France. Que chacun reste dans sa logique.

En 2007, déjà, Nicolas Sarkozy promettait d’interdire les parachutes dorés. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
Depuis 2007, beaucoup a été fait pour moraliser la rémunération des dirigeants. Nous avons alourdi la fiscalité sur les stock-options et les retraites chapeaux. Par ailleurs, nous avons laissé la possibilité aux chefs d’entreprise d’élaborer un code de bonne conduite. Mais pour quelques-uns que je considère comme des requins complètement décalés et déconnectés de la réalité, qui ne pensent qu’à amasser des sommes folles, désormais une loi s’impose. Heureusement, la grande majorité des entrepreneurs français ne ressemblent pas à ceux-là.

Voir des chefs d’entreprise gagner 2 M€, 3 M€ ou 4 M€, est-ce que cela vous choque ?
Les actionnaires et les représentants des salariés sont plus à même de décider du bon niveau de rémunération qu’un ministre. Tout de même… voir certains gagner chaque année des sommes qu’ils ne pourront pas raisonnablement dépenser en une vie, est-ce que ça a du sens? Bien sûr que non! Attention toutefois, il ne s’agit pas de stigmatiser car la question peut s’appliquer à tous les revenus extravagants, comme ceux de certains grands sportifs par exemple.

Avec le recul, le RSA, c’était une erreur ?
Non, mais il y a deux parties dans le RSA : le RSA socle, qui a permis à 150 000 personnes de sortir de la pauvreté. Le RSA activité ensuite, qui permet à ceux qui reprennent un emploi de gagner plus qu’en restant inactifs. Sur cette partie-là, on n’a pas obtenu tous les résultats. D’où l’idée d’imposer aux allocataires sept heures de travail par semaine. On ne peut pas uniquement se contenter d’indemniser. C’est la logique des droits et des devoirs que chacun doit intégrer.

Nicolas Sarkozy propose une réforme de la prime pour l’emploi afin d’augmenter les bas salaires. Il parle de 1 000 € en plus sur la feuille de paie. François Hollande estime que cela revient à 3 € en plus. Combien toucheront les Français concernés ?
Soit les experts de François Hollande ne savent pas compter, soit ils mentent de façon éhontée. Avec la réforme, un couple avec deux enfants et un seul salaire au smic pourra gagner jusqu’à 855 € supplémentaires par an. Un couple de salariés gagnant chacun 1,1 smic avec deux enfants touchera 244 € de plus. Un célibataire au smic 137 €.

La campagne est-elle musclée, violente ou normale ?
Une élection présidentielle, c’est une vraie confrontation. Ça peut être musclé, mais ne tombons pas dans la caricature : cette campagne n’est pas violente, comparée aux attaques qu’a subies le président de la République depuis cinq ans. Les socialistes pensaient rester à des niveaux himalayens dans les sondages. Or, avec la dynamique et le rassemblement de la campagne de Nicolas Sarkozy, leur avance fond comme neige au soleil. Ça leur met beaucoup de pression, et François Hollande, la pression, il n’aime pas. Ses amis se répartissaient déjà les postes. Tous ces gens-là oublient qu’au final ce sont les Français qui décident! La campagne n’est pas finie, elle ne fait que commencer.

La "cuisine" de la présidentielle française expliquée aux Américains 


Tâter le cul des vaches et flatter l'électeur 

Ah çà ! Il le faisait mieux que François Mitterrand, Jacques Chirac : tâter le cul des vaches était sa spécialité. C'est ce qui le rendait si populaire, lui donnait une image d'enraciné dans les terroirs français. Vrai ou pas, ça paraissait sincère et ça plaisait. Ses successeurs - en tant que candidats en tout cas - tentent de marcher dans ses traces, mais la glaise n'adhère pas aux basques en claquant des doigts ! Nicolas Sarkozy a ouvert le bal avec ses habits de président, mais a bien vite enfilé sa cotte de candidat entre veaux, vaches et cochons. Exercice réussi, mais exercice facile : solidement ancrés à droite, les agriculteurs donneraient 40 % de leurs intentions de vote au premier tour à Sarkozy, contre 18 % à Bayrou, 15 % à Le Pen et 12 % à Hollande. Ce dernier tentera de les convaincre tout de même. Pourquoi cet attachement aux agriculteurs ? Leur poids s'est gravement allégé dans la société. Ils ont réalisé 3,5 % du produit intérieur brut en 2008 contre 7 % en 1980. En 1988, l'agriculture faisait vivre 1,18 million de Français contre 770 000 en 2007. Les paysans, au sens noble, sont un symbole. En nourrissant la population, ils traversent les champs politiques allant de l'économie à l'environnement en passant par le social, la santé et le made in France. Le sujet est très vaste et permet de nourrir un programme électoral pour au moins cinq ans. Mais les camps politiques ne retiennent que l'intérêt médiatique du Salon de l'agriculture. Ils rivalisent de tracts et de tacles en pensant flatter leurs électeurs. Ils en oublient l'essentiel : s'intéresser aux vraies questions. Au sens propre comme au figuré : tâter le cul des vaches.

Sarkozy, un "mélange" Poutine/Berlusconi

Nicolas Sarkozy a pour "seule stratégie" de "mentir et tricher" et son "vrai modèle" est un "mélange" du "vide idéologique" de Silvio Berlusconi et de la "brutalité des méthodes" de Vladimir Poutine, a assuré  Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole de François Hollande. "Une seule stratégie de campagne s'impose: mentir et tricher. Le vrai modèle de Nicolas Sarkozy n'est pas Angela Merkel, mais un mélange de Silvio Berlusconi et de Vladimir Poutine, avec le vide idéologique de l'un et la brutalité des méthodes de l'autre", a affirmé dans un communiqué Mme Vallaud-Belkacem.


"Nicolas Sarkozy l'a compris, il ne gagnera pas l'élection présidentielle à la loyale: son bilan est indéfendable, sa personne est rejetée, il n'a pas de projet et son camp est miné par la division entre ceux qui courent après le Front National et ceux qui pleurent la disparition de la bonne vieille UDF", estime l'adjointe au maire de Lyon.  Selon elle, l'UMP "n'existe plus que par la peur panique de perdre le pouvoir".

"Promettre aux Français salariés modestes 1.000 euros de plus sur leur feuille de paie en direct au journal de 20h n'est rien d'autre qu'un abus de confiance, de la vente forcée, une escroquerie", s'emporte la porte-parole socialiste en faisant référence à une proposition de M. Sarkozy mercredi dernier sur TF1. Pour elle,"le Nicolas Sarkozy qu'on cherche à vendre aux Français est un faux, une contrefaçon, un produit de contrebande imaginé par des cerveaux d'extrême droite et revendu par des valets sans morale comme Xavier Bertrand, qui ne prennent même plus la peine de justifier l'injustifiable en préférant insulter l'adversaire". "Nicolas Sarkozy a gouverné en bande à part, il fait campagne en bande organisée. Tout un programme, en effet", estime encore Najat Vallaud-Belkacem.

LA GAUCHE PROVOC....!! BLING !! 


La banalisation du Front national 

 Le Front national fait passer son lourd bagage idéologique, nationaliste et autoritaire par le chemin de la revendication sociale. 

C'est nouveau et inquiétant. Les électeurs qui s'apprêtent à voter Marine Le Pen le font de plus en plus par adhésion à ses simplissimes idées. Jean-Marie Le Pen, tribun poujadiste avec moulinets et rodomontades, incarnait parfaitement le vote protestataire qui a toujours existé en France. Sa fille se place sur un autre terrain. En se dédiabolisant, elle veut gagner en crédibilité.
Le sondage régional que nous avons publié jeudi montre bien que ses électeurs placent l'adhésion à ses idées avant la défiance envers les autres partis et la sanction de Nicolas Sarkozy, dans l'ordre de leurs motivations.
Parmi les propositions qu'ils plébiscitent, des idées simples, radicales, ou démagogiques. Carrément démagogique, le retour à l'âge légal de la retraite à soixante ans quand la durée de vie s'allonge démagogique, hélas, parce qu'impossible à financer, l'augmentation immédiate de deux cents euros nette pour les plus bas salaires inapplicable à moins de créer un État policier, et préjudiciable à la vitalité de notre pays, le passage de l'immigration légale de 200 000 à 10 000 entrées par an radical et dangereux, la fin de l'euro, même concertée, et le retour au franc.
Ces propositions de Marine Le Pen ont un double objectif : satisfaire les attentes légitimes d'ouvriers et d'employés en matière d'emploi et de pouvoir d'achat, et les rassembler contre l'ennemi commun, l'étranger, qu'il soit travailleur immigré ou trader installé à Shanghai, qu'il soit imam ou bien ouvrier dans une usine indienne. Le Front national fait passer son lourd bagage idéologique, nationaliste et autoritaire par le chemin de la revendication sociale.
Le discours ambiant sert les desseins du Front national. L'extrême droite n'est pas la seule à conspuer la mondialisation, le capitalisme et les marchés. On y va aussi, avec plus ou moins d'entrain, mais on y va quand même, à gauche, à droite, et même au centre !
Les dirigeants des partis politiques qui entonnent ces refrains savent pourtant qu'on n'en finira ni avec la mondialisation, ni avec le capitalisme, ni même avec les marchés. Mais qu'il est aussi nécessaire de s'y adapter que de les réguler. De là à le dire, il y a un pas qu'ils n'ont pas encore franchi.
Marine Le Pen a bien compris le parti qu'elle pourrait tirer de cette nouvelle donne. La radicalisation de la critique économique et sociale banalise le Front national et ouvre un terrain où il excelle.
Dans la dénonciation sans véritable solution, dans l'éructation sans limite, il ne craint pas grand monde.
Il reste à savoir si la banalisation du Front national sera son sacre ou sa tombe.

Derrière le lion, le renard

Le pouvoir politique est plein de tentations, Abdoulaye Wade, président du Sénégal, y a succombé à 85 ans, se privant d’une sortie qui aurait pu être glorieuse.

Quand il fut élu pour la première fois, en 2000, après une longue carrière d’opposant, tout le monde salua une victoire de la démocratie. Dans cette Afrique en proie aux coups d’Etat et aux règlements de comptes entre militaires, le Sénégal donnait l’exemple de l’alternance. Les urnes avaient parlé, leur verdict était respecté. Abdoulaye Wade et son prédécesseur Abdou Diouf furent conjointement honorés pour cette transition paisible.

Douze ans plus tard, l’ambiance est pourrie. Wade s’accroche au pouvoir comme Ben Ali en Tunisie. La Constitution prévoyait un maximum de deux mandats consécutifs, il en brigue obstinément un troisième. 

Comme en Tunisie, la rue se cabre. Wade est conspué à cause de son carriérisme de vieillard alors qu’en Afrique les vieux chefs sont volontiers vénérés. Sous le slogan «la jeunesse contre Wade», l’émeute souligne la fragilité économique malgré les réformes, la corruption institutionnalisée, le clientélisme omniprésent, les allégeances claniques et le désenchantement d’un pays où les jeunes continuent de penser à l’exil. 

Qu’il soit battu ou réélu (en exploitant les divisions de l’opposition), Wade n’entrera pas dans les livres d’histoire au côté de celui qu’il aurait tant aimé égaler, Léopold Sédar Senghor (1906-2001), père de l’indépendance sénégalaise, qui renonça à la présidence en 1980. Wade, qui est intelligent et a de l’allure, se voit en lion plein de noblesse. 

Mais ses ruses politiciennes en font un vieux renard qui tire sur trop de ficelles. On lui prête même des intentions dynastiques : Abdoulaye I er qui transmet la couronne à son fils Karim, 43 ans, actuel ministre de la coopération, des Transports aériens, des Infrastructures et de l’Énergie: est-ce là le dessein secret du vieux chef ?

La 4G prête à prendre son envol

La téléphonie de quatrième génération (4G) devrait prendre son essor en 2012 dans le monde, poussée par la demande croissante de bande passante des utilisateurs de téléphones multifonctions.
Le trafic de données sur mobile, poussé par la popularité exponentielle des iPad et autres BlackBerry, devrait être multiplié par 33 entre 2010 et 2020, indique le cabinet Digiworld Institute, alors que s’ouvre demain le Salon de la téléphonie mobile de Barcelone, principale manifestation mondiale du secteur. Cette explosion ne pourra pas être supportée par les actuels réseaux 2G et 3G.
La 4G, aussi connue sous l’acronyme LTE, va permettre d’avoir depuis son mobile un débit équivalent à celui dont un foyer dispose actuellement depuis sa ligne fixe internet très haut débit.
À la fin de l’année 2011, 37 opérateurs avaient lancé leurs services 4G et 250 autres ont annoncé publiquement qu’ils y travaillaient. En septembre, il n’y avait toutefois que cinq millions d’abonnés 4G dans le monde.

La rénovation de Sarkozy, le livre de Hollande, les précisions de Bayrou 


L’Allemagne, le malade caché de l’Europe

Si on célèbre aujourd'hui l'économie allemande pour ses voitures vendues aux quatre coins du monde et pour ses machines-outils qui font tourner les usines de la Chine au Michigan, il existe une toute autre réalité : "celle d'une économie qui fonctionne bien en-dessous de son potentiel et qui retarde non seulement l'Allemagne mais le reste de l'Europe", écrit le New York Times :
"Cette économie est sur-réglementée, conçue pour protéger de la concurrence et très résistante au changement. Bien que la chancelière allemande, Angela Merkel, harangue régulièrement les pays comme l'Espagne, l'Italie et la Grèce pour qu'ils deviennent plus compétitifs, l'économie allemande a elle aussi certains de ces vices, parmi lesquels les professions protégées ou encore des plans locaux d'urbanisme destinés à favoriser les entreprises existantes au détriment des nouvelles."
Interviewé par le quotidien américain, Andreas Wörgötter, économiste de l'OCDE, fait état d'une économie duale, et cite les nombreux obstacles à l'entrepreneuriat, la difficulté de déréglementer plusieurs secteurs ou encore la rigidité des formations :
": d'un côté nous avons le secteur de l'export non subventionné très dynamique, innovant, compétitif et revatilisant, de l'autre, il y a le secteur des services bien moins brillant qui repose sur des barrières à l'entrée, des subventions, un secteur qui ne se développe pas et qui est inaccessible à de nouvelles activités."
L'économiste rappelle que si l'économie allemande a connu une croissance de 3% l'année dernière, elle ne devrait progresser de seulement 0,6% cette année et de 1,9% en 2013 (prévisions de l'OCDE). A son sens, le succès des exportations allemandes a sapé la volonté politique de mettre un terme à tous ces freins économiques qui pourraient, à terme, entraîner un très grave défaut de compétitivité.
"Le débat sur la puissance de l'économie allemande nous a fait perdre de vue qu'il n'y a pas si longtemps, l'Allemagne était le malade de l'Europe", conclut le New York Times.

Bréviaire pour une jeunesse déboussolée

Il appartient à la génération post-1968 d’avoir soldé les dettes de ses aînés envers les maîtres-penseurs et les idéologies, de quelque mouvance qu’ils fussent. Avoir jeté avec l’eau du bain le marxisme et le maoïsme, Althusser et Lacan, Foucault et Guattari, Barthes et Illich, Marcuse et Reich était un préalable de bon aloi mais ne constituait pas une condition nécessaire et suffisante pour une renaissance.
Dans ce champ de ruines, aucune promesse de moissons ne s’est levée alors qu’a prospéré l’ivraie de l’indifférence, du “je-m’en-foutisme” et du tout-à-l’ego. Aux esprits réfractaires à ce laisser-aller général et qui n’entendaient pas retomber dans les vieux dogmatismes, force était de se bricoler, dans leur coin, une discipline de survie personnelle.
Denis Tillinac qui, à son corps défendant, appartient à la génération 1968, mais qui s’est tenu à l’écart de ses errements, confesse regretter d’avoir dû « caboter tout seul sur des esquifs d’infortune, à contre-courant de [son] époque », sans le réconfort d’une « plume amie qui l’aurait alerté sans le désenchanter ». C’est pourquoi, répondant à l’appel informulé d’une jeunesse en désarroi à qui semble faire écho la fameuse requête du jeune Barrès – « Toi seul, ô mon maître, […] je te supplie que par une suprême tutelle, tu me choisisses le sentier où s’accomplira ma destinée. / Toi seul, ô maître, si tu existes quelque part, axiome, religion ou prince des hommes » – , il a entrepris de lui livrer quelques considérations inactuelles, d’aîné à cadet.
Sans la lourdeur sentencieuse des donneurs de leçons de morale contemporains, dont on se dispensera de citer les noms tant ils abondent, sous un titre nietzschéen et sous la forme de fragments, d’aphorismes, où son sens de la formule et le tranchant de son style font merveille, Tillinac a composé une sorte de vade-mecum à l’usage des jeunes générations, sous la double tutelle de Montherlant et de Bernanos. Du premier il fait sienne la leçon d’altitude, de gratuité, de désintéressement et de jeu. Avec le second il partage le sens de la transcendance et de l’honneur, le goût de la tradition et l’amour ombrageux de la France. De sa personnalité et de son tempérament relèvent un solide bon sens, le dédain des poses et des panoplies, la volonté têtue de ne pas se laisser enfermer dans le carcan des convictions intangibles, le refus de privilégier la sécheresse de la raison au détriment des émotions, qu’elles soient esthétiques ou charnelles. Invitant ses jeunes lecteurs à la méfiance envers les duperies de l’humanisme et des bons sentiments, les encourageant à préférer les risques de l’aventure au confort des situations, et les incertitudes d’un cheminement personnel à la bonne conscience des engagements collectifs, l’auteur en appelle à une insurrection de l’âme contre le matérialisme et le conformisme de l’époque.
La voie qu’il trace est celle des chemins de traverse où ne se récoltent ni prébendes ni honneurs, celle des crêtes, escarpée, ingrate, périlleuse certes, mais « là où croît le danger croît aussi ce qui sauve ». Ce bréviaire antimoderne n’est pas celui d’un extrémiste révolté ou d’un passéiste nostalgique, mais d’un “réac” qui s’assume, sans peur et sans reproche, sans honte et sans complexe. Et qui incite à chevaucher les chimères avec Don Quichotte plutôt qu’à remplir sa gamelle avec Sancho Pança. 

La fable de Hollande

François Hollande, le candidat qui se dérobe plus vite que son ombre, est un concentré de socialisme à la française. Nicolas Sarkozy a résumé sa personnalité d’un mot, dans son discours de Marseille, dimanche : il est « Thatcher à Londres et Mitterrand à Paris ». D’ailleurs, François Mitterrand s’entendait parfaitement avec Margaret Thatcher, ils ont fait ensemble le tunnel sous la Manche.
Ils étaient pourtant le contraire l’un de l’autre, lui socialiste et florentin, elle libérale et obstinée. Hollande ne les oppose pas : il est les deux. Libéral à Londres ? « Je suis oiseau, voyez mes ailes. » Socialiste à Paris ? « Je suis souris, vivent les rats. »
Il a grandi à l’école Mitterrand. Il en a retenu les attitudes, les intonations, les mots et la leçon politique. Dites une chose, faites-en une autre. « Le sage dit, selon les gens, “Vive le Roi ! vive la Ligue !” » La Fontaine avait tout vu. Marc Ladreit de Lacharrière, grand patron indépendant et redouté parce qu’il préside l’une des trois agences mondiales de notation, Fitch (qui a conservé à la France, comme Moody’s, son triple A assorti de “perspectives négatives”), raconte ses débuts sous François Mitterrand, dans le numéro de mars de la Revue des Deux Mondes : « Les débuts de l’ère Mitterrand, écrit-il, ont été catastrophiques pour la France. […] François Mitterrand consulte, finasse, joue ses amis les uns contre les autres, hésite entre le repli protectionniste, la sortie du système monétaire européen et le pari sur l’Europe. […] Homme du passé, Mitterrand était convaincu que les Français aspiraient à une rupture avec le capitalisme. Il doit s’incliner : il s’est trompé. Faute de maîtriser un savoir économique pour lequel il a longtemps affecté d’éprouver un léger dédain, il ne comprend pas son époque ni les ressorts du monde moderne. Sous la pression des faits, il bascule et convertit sa politique au libéralisme. » Le voici qui adore ce qu’il avait abhorré. « La France embrasse l’économie de marché, l’épouse même, s’enthousiasme pour l’entreprise et la mondialisation naissante. » Finie la diabolisation de l’argent et des patrons, vive le marché unique européen, la suppression du contrôle des changes, la liberté de mouvement des capitaux et l’innovation financière.
C’était il y a vingt-cinq ans. Et maintenant, quand François Hollande bavarde avec Angelique Chrisafis, la correspondante à Paris du Guardian, voici ce que cela donne dans l’édition du 14 février du quotidien britannique : « Le favori de la présidentielle en France dit qu’il veut voir le Royaume-Uni reprendre sa place au coeur de l’Europe et que le secteur financier n’a rien à redouter de nouvelles régulations. » On n’est plus en 1981, lui dit-il aussi. Le monde a changé, la guerre froide est finie et « il n’y a plus de communistes – ou plus guère ». « La gauche a été aux affaires pendant quinze ans au cours desquels elle a libéralisé l’économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. » De quoi peut-on avoir peur ?
C’est pourtant le même François Hollande qui, près d’un mois plus tôt, le 22 janvier, au Bourget, reprenant les accents du François Mitterrand de 1981, attaque au coeur de son discours son « véritable adversaire », « le monde de la finance », celui qui, « sous nos yeux, en vingt ans, a pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies » ; c’est le même Hollande qui s’en prend à cette « nouvelle aristocratie arrogante et cupide qui s’installe et prospère », en désignant les « grandes fortunes ». Ici le Guardian, là le Bourget, deux langages exprimés de manière tout aussi lisse, l’un en meeting et l’autre en privé, mais tous deux destinés à la publication. Tantôt la finance ennemie qui ronge et qui ravage, tantôt les banquiers amis qui auraient bien tort d’être inquiets. Les communistes ont disparu, François Hollande veille.
Il a raison de veiller, parce que s’il était élu, la crise ne disparaîtrait pas, ni les déficits, ni le chômage, et qu’il serait, quoi qu’il arrive, dans l’obligation de faire appel aux marchés pour leur emprunter entre 180 et 200 milliards d’euros par an afin de financer une dette qu’il prévoit de charger encore. Elle est là sa fable : oiseau, il sait bien qu’il ne pourra pas respecter ses engagements, qu’il devra, comme Mitterrand, son modèle, plier devant la crise ; et pour que ses électeurs ne lui en fassent pas reproche, il est aussi souris : il leur accordera sans retard une loi sur l’euthanasie, une autre sur le mariage gay, une troisième sur l’adoption ou le droit de vote aux étrangers, toutes déjà votées au Sénat. Des lois, celles-là, irréversibles. Mais toute fable a sa morale ; les Français ne seront pas forcément dupes de son double langage. 

Grèce: la course contre la montre pour éviter la faillite continue

Le Parlement grec a voté ce jeudi en urgence le projet de loi qui permet d'effacer une partie de la dette grecque. Athènes est engagée dans un calendrier serré: le 20 mars prochain, l'Etat doit rembourser 14 milliards et demi d'euros de créance. Le lancement officiel de l'offre d'échange des créances détenues par les banques, sociétés d’assurances et fonds d’investissements est attendu ce vendredi 24 février. Les bons du trésor grec vont perdre plus de 50% de leur valeur.

Au total, c’est un effacement de 107 milliards d’euros sur les 200 milliards de créances détenues par les investisseurs privés.
Pour les particuliers, le ministre des Finances a assuré qu’une formule serait trouvée pour éviter qu’ils perdent eux de l’argent. Mais ceci est une affaire de finances publiques qui en fait, intéresse peu de Grecs.
Ils sont plutôt préoccupés par le rapport de la Commission européenne qui annonce pour 2012 un nouveau recul de l’activité de 4 à 5%, malgré le plan de sauvetage décidé en début de semaine à Bruxelles.
« A la chasse au millionnaire »
Et depuis quelques jours, on parle beaucoup de l’affaire du député qui en mai dernier a fait sortir du pays un million d’euros. « Qui est ce ou cette députée du Nord ? », le quotidien gratuit d’Athènes, Métro, pose ce vendredi la question avec le titre « A la chasse au millionnaire ».
Dès le 1er mars, la loi sur la diminution des salaires entre en application. Le coût du travail doit baisser de 15% pour que le pays retrouve sa compétitivité sur les marchés, et aussi pour faire baisser le chômage qui touche déjà près de 48% des jeunes de moins de 25 ans. Les mouvements de protestation se poursuivent, le centre d’Athènes est bouclé presque tous les jours par des manifestations.
Si la loi votée jeudi permettra à la Grèce d’éviter la faillite fin mars, le pays n’est pas encore sauvé. La récession va continuer, on prévoit déjà la fermeture de nombreuses entreprises et la perte de 240 000 postes de travail d’ici la fin de l’année.