TOUT EST DIT

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dimanche 22 janvier 2012

Balkanisation ?

L’Union européenne suscite-t-elle encore de l’enthousiasme ? De moins en moins dans ses «vieux» États membres. La crise passe au premier plan. Celle des dettes souveraines et de l’euro montre l’incapacité des 17 capitales concernées – Berlin et Paris en tête – à trouver des solutions crédibles, également par addition des égoïsmes nationaux. Faute de mieux, les politiques mises en œuvre reposent sur des cascades d’atermoiements, comme l’illustrent les nouveaux avatars de la crise grecque.


Au niveau des 27 de l’Union, la situation n’est guère plus encourageante. Le Royaume-Uni torpille ce qu’il peut, la Hongrie du régime Orban fait des promesses qu’elle ne tiendra pas, l’inaudible Commission de Bruxelles s’enferme dans sa technocratie et les délibérations du Parlement de Strasbourg glissent sur les gouvernements.


Pourtant, les Croates se prononcent aujourd’hui par référendum sur leur adhésion à l’UE. Selon les sondages, le oui l’emporterait, par 55 % à 60 % des voix. Et, après ratification par les 27 États membres, ce pays d’un peu plus de 4 millions d’habitants devrait être officiellement admis en 2013. Le référendum s’annonce sans passion. Zagreb, qui mise surtout sur l’industrie touristique (plus de 15 % du PIB) n’espère pas de miracle de son entrée dans l’UE. L’adhésion passe plutôt pour une étape indispensable sur le chemin de la reconstruction identitaire, en balayant les nationalismes exacerbés durant la guerre civile yougoslave et en rejetant l’adjectif «balkanique» accolé au pays, avec tout ce qu’il comporte.


Car la Croatie sera le premier État des Balkans ex-yougoslaves à rejoindre l’UE (la Slovénie ayant toujours récusé le terme géographique). Mais ne rejoint-elle pas une Europe à son tour en voie de «balkanisation» , de moins en moins unie ? En plus du «directoire» franco-allemand s’étale un premier cercle : celui de l’Euroland adepte de l’ostracisme jusqu’à exclure de ses travaux la présidence polonaise sortante de l’UE pour réserver le même sort à la présidence danoise. Vient ensuite l’UE «classique» elle-même subdivisée entre États-Schengen et non-Schengen, sans oublier les différences dont se targue Londres. Et il y a l’ultra-périphérie représentée par la Roumanie et la Bulgarie toujours en mal de gouvernance…


En plus de la réforme de ses institutions, l’avenir de l’Europe dépendra certainement d’un recentrage autour de ses noyaux durs. Tout en admettant plusieurs niveaux d’intégration selon les possibilités de ses membres. C’est aussi une leçon de la crise.

Les Croates se prononcent sur l'entrée dans l'UE

Les Croates devraient dire oui à l'adhésion de leur pays à l'Union européenne lors d'un référendum jugé "crucial" par les autorités. 

A priori, c'est oui. Alors que les Croates se prononcent ce dimanche sur l'entrée de leur pays dans l'Union européenne, le oui, qui a besoin d'une majorité simple pour s'imposer, devrait l'emporter avec 55% à 60% des voix. Le non tourne autour de 30%, selon les derniers sondages. 
Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche matin et fermeront à 18h. Les premiers résultats partiels sont attendus après 19h GMT. Les responsables politiques croates, unanimement pro-européens, ont fait valoir que le vote en faveur de l'intégration dans l'UE était la décision la plus importante pour ce pays depuis l'indépendance obtenue au prix d'une guerre (1991-95) avec les rebelles serbes, ayant fait 20.000 morts. 
"Je vais participer au référendum et vais voter pour une Croatie européenne. Je vous invite à y participer aussi. Dites "oui" à la Croatie et Dites "oui" à l'Europe", a dit le président croate Ivo Josipovic, dans un discours à la nation à la veille du vote. 
"L'Europe ou les Blakans"
Dimanche, le plus grand quotidien local, Vecernji List, titrait: "Le jour de la décision: l'Europe ou les Balkans", en allusion à la réputation d'instabilité dont jouit encore cette région, marquée par les sanglants conflits des années 1990 ayant suivi l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. 
L'enthousiasme pro-européen, qui avait grimpé à plus de 80% dans les sondages en 2003, s'est estompé au fil des négociations (2005-2011), en raison des durs critères fixés par Bruxelles, dont l'intransigeance était parfois perçue comme du chantage, mais surtout en raison de la crise économique qui secoue l'UE. 
Les autorités se sont efforcées de dissocier la crise de la zone euro de la crise économique dont souffre la Croatie, allant jusqu'à assurer aux électeurs que l'adhésion leur apporterait "un environnement financier et macroéconomique stable (...), ce qui va relancer le développement de l'économie". 
Une vision d'avenir
"J'ai voté "oui" avec l'espoir que ça ira mieux, surtout pour les générations futures", a dit Barica Kovacic, une couturière sexagénaire, après avoir voté par une belle journée d'hiver, à Zagreb. "Au sein de l'UE, nous, les jeunes, auront davantage d'opportunités pour étudier voire pour trouver un emploi", a estimé Martina Djudjevic, une étudiante. 
Pragmatique, Jasna Kozlovic, une retraitée ayant aussi voté oui, dit ne pas attendre des miracles de l'adhésion au bloc européen. "Nous avons besoin d'ordre et d'une vision d'avenir. Graduellement ça ira mieux" pour le pays, pense-t-elle. 
Les eurosceptiques, eux, dénoncent la "perte de la souveraineté" de leur pays. "Seule une Croatie indépendante peut préserver ses richesses face aux compagnies multinationales et aux prédateurs de la mondialisation", s'est exclamé Milovan Sibl, le chef d'un petit parti ultra-nationaliste. 
"L'UE est actuellement comme le Titanic après avoir heurté l'iceberg. Pourquoi y monter à bord", s'interroge aussi Zorana Banac, une mère de famille, qui affirme avoir voté non. Si le oui l'emporte, le traité d'adhésion que la Croatie a signé en décembre devra encore être ratifié par chacun des 27 Etats membres de l'UE, décision entérinant son intégration dans le bloc européen, le 1er juillet 2013. 
Après la Slovénie en 2004, la Croatie sera la deuxième des six ex-républiques yougoslaves à adhérer à l'UE, une perspective offerte à l'ensemble des pays des Balkans occidentaux.
ET NOUS, QUI NOUS A CONSULTÉ AU SUJET DES CROATES ??

Noah va chauffer la salle au Bourget

François Hollande ne veut pas rater son premier grand meeting. Alors pour assurer l'ambiance, le candidat socialiste fera monter sur scène Yannick Noah. 

La journée doit être joyeuse, festive. Et pour cela, rien n’est laissé au hasard. Yannick Noah chantera sur la scène de près de trente mètres à 14 h 30. Vingt mille tee-shirts blancs "Le changement c’est maintenant", fabriqués au Portugal, défense du "patriotisme industriel" oblige, ont été commandés. Mais pas de casquettes, car elles étaient made in China! Les militants auront de quoi manifester leur enthousiasme : des pancartes, des cornes de brume et des bâtons d’encouragement, comme dans les stades de foot, sans oublier 2.500 drapeaux "François Hollande", 500 drapeaux français et autant de drapeaux européens.

Un film sur l’irrésistible ascension de Hollande

Dix mille personnes prendront place sur les gradins, et un hall contigu pouvant accueillir 3.000 personnes a été réservé, au cas où la salle serait trop petite. Voilà pour le décor face à cette scène "pointue" qui avance légèrement vers le public. Une scène avec le désormais traditionnel fond bleu siglé en rouge de "François Hollande 2012". Face au candidat, seul derrière son pupitre, un carré d’environ 1.000 personnalités… Et pour ne pas avoir une brochette d’éléphants dont tout le monde scrutera le moindre bâillement, les premiers rangs alterneront des dirigeants socialistes, qui seront tous là, et des artistes – Benjamin Biolay ou Jacob Desvarieux –, ses copains Jean-Michel Ribes, Bernard Murat et Pierre Lescure, des sportifs – Thierry Rey, Pape Diouf –, ou encore Mazarine Pingeot.
À la fin du concert de Yannick Noah, deux films de moins de trois minutes seront diffusés. Une nouvelle version du clip du PS pour les 30 ans du 10 mai 1981, qui reprend les faits de gloire de la gauche : congés payés, abolition de la peine de mort, retraite à 60 ans, CMU, 35 heures. L’autre film, plus intimiste, dure deux minutes trente et retrace l’irrésistible ascension de Hollande : François candidat, par Djamel Bensalah, réalisateur de Beur sur la ville. Le candidat le découvrira au même moment que le public, et c’est ensuite, vers 15 h 15, qu’il montera sur scène pour prononcer un discours qui devrait durer une heure à une heure un quart. Le producteur de ce spectacle est André Loncle, qui a officié pour Jean Michel Jarre. Le metteur en scène, qui a réglé les derniers détails hier après-midi sur place, est Manuel Valls.
CE CHANTEUR, EX TENNISMAN, QUI VIT À NEW YORK POUR NE PAS PAYER D'IMPÔTS EN FRANCE, DONNEUR DE LEÇON, VA POUSSER LA CHANSONNETTE AU GRAND PLAISIR DES BOBOS GAUCHOS. 
QUEL EXPLOIT !!!

L'humanité va-t-elle manquer d'eau ?

Du fait de la croissance démographique, la demande mondiale pourrait doubler d'ici à 2050. D'autre part, l'industrie des pays émergents va devenir plus gourmande.


Les précipitations continentales (pluie, neige) sont le patrimoine d'eau douce de l'humanité. Mais ce capital, évalué à 110.000 milliards de mètres cubes par an (Mds m3/an), est inégalement réparti. Les régions arides, qui en reçoivent peu, sont soumises à un stress hydrique permanent. On parle alors de pénurie physique. Mais le manque d'eau a aussi une origine économique. C'est le cas dans de nombreuses régions, pourtant bien arrosées, où l'insuffisance des infrastructures hydrauliques engendre la pénurie. Résultat: en 2012, un Terrien sur sept n'a pas accès à une eau potable de qualité.
À l'échelle globale, 64 % des précipitations sont reprises par évapotranspiration**: 57 % dans les forêts, prairies, zones humides et seulement 7 % sur les terres cultivées. Les 36 % restants alimentent les écoulements: rivières et nappes souterraines dans lesquelles l'irrigation, pratiquée sur 300 millions d'hectares (Mha), représente la majeure partie des prélèvements (70 % soit 2800 Mds m3/an). Les villes, les industries et l'hydroélectricité utilisent le reste (1200 Mds  m3). Plus de 60 % de ces écoulements sont partagés par 150 pays sur plus de 500 fleuves et aquifères transfrontaliers. La communauté internationale n'a pu encore s'entendre sur les principes universels d'utilisation de ces ressources et de prévention des conflits: la convention adoptée à cet effet par les Nations unies en 1997 n'est toujours pas en vigueur.
Les quantités d'eau consommées par l'agriculture pluviale (non irriguée) et irriguée pour la production des besoins alimentaires de l'humanité représentent 95 % de notre demande en eau totale, le reste est utilisé par l'eau potable et les industries. De nombreux pays ne produisent pas toute leur alimentation et en importent une part, pour certains très importante, sous forme d'eau virtuelle (quantité d'eau mobilisée pour produire les aliments). Les flux atteints par cette eau virtuelle (1600 Mds m3/an) traduisent la mondialisation des ressources en eau. Les pays fortement dépendants n'en éprouvent pas de stress particulier s'ils ont un pouvoir économique suffisant. En revanche, et pour réduire leur facture alimentaire, les moins riches doivent nécessairement optimiser ces flux en développant des capacités locales de production et de stockage de produits alimentaires jugés stratégiques.

Des réformes radicales

Du fait de la croissance démographique, la demande alimentaire mondiale pourrait doubler d'ici à 2050. Or les ressources en eau sont déjà fortement ­entamées par l'irrigation avec de forts impacts sur l'environnement: surexploitation des eaux souterraines (20 millions de puits en Inde!), salinisation des sols (20 Mha affectés), artificialisation des rivières et fragilisation des zones humides, dégradation de la qualité de l'eau. Pour ne rien arranger, le réchauffement climatique devrait exacerber la situation.
Comment, dans ces conditions, continuer à subvenir aux besoins croissants de l'irrigation qui permet de produire 40 % de l'alimentation mondiale sur seulement 20 % des terres cultivables? Les prélèvements d'eau et les superficies irriguées devraient en conséquence croître fortement, en particulier dans les pays qui souffrent déjà de stress hydrique. Sans changement majeur, ce sera difficile. Des réformes radicales vont devoir être mises en œuvre: irrigation localisée, plantes économes en eau, tarification juste, ­adhésion des agriculteurs. L'objectif est de produire plus avec moins d'eau, tout en préservant les écosystèmes.
De son côté, l'agriculture pluviale s'étend sur 1300 Mha. Elle représente à l'échelle mondiale 80 % des surfaces cultivées (90 % à 95 % au Maghreb et en Afrique subsaharienne) et produit 60 % des aliments de la planète. Dans certaines régions d'Europe et d'Amérique du Nord, il est possible de développer des cultures pluviales à haut rendement. Mais dans de nombreux pays arides, les rendements agricoles subissent des variations dramatiques dues aux aléas climatiques. Dans ces situations, il faut renforcer les capacités traditionnelles d'adaptation à la sécheresse: cultures en terrasses, banquettes anti-érosives, zones d'épandage de crues pour l'irrigation et la recharge des nappes, variétés résistantes à la sécheresse.
L'industrie est le secteur d'activité dont la demande en eau est appelée à s'accroître le plus en raison de l'équipement des pays émergents. Pour satisfaire tous ces nouveaux besoins, il faudra développer des ressources alternatives. Actuellement, le recyclage concerne 7 Mds m3/an, soit 4 % des eaux usées urbaines collectées et traitées, offrant une perspective intéressante, notamment en agriculture. Le dessalement des eaux saumâtres et de l'eau de mer produit 8 Mds m3/an, ce qui représente 0,2 % de l'eau douce consommée dans le monde. Les coûts de production devenant compétitifs, cette ressource pourrait doubler d'ici à 2020, même si son coût énergétique et son impact écologique (rejets de saumures) demeurent élevés.

L'eau potable pour tous

Autre sujet crucial: l'alimentation des villes en eau potable a toujours été une priorité absolue. Si le monde était à 70 % rural en 1950, il sera à 70 % urbain en 2050. L'explosion démographique urbaine qui s'annonce dans les pays en développement fait craindre de nouvelles pénuries: les villes y compteront plus de 5 milliards d'habitants en 2050. Il faudra donc chercher l'eau toujours plus loin et recourir davantage au dessalement, quitte à augmenter la facture de l'eau pour des collectivités parfois dépourvues des moyens nécessaires. Le devoir de coopération internationale est ici primordial, faute de quoi la généreuse résolution 64/292 des Nations unies de juillet 2010 reconnaissant le droit à l'eau potable pour tous resterait lettre morte.
*À écouter sur Canal Académie  http://www.academie-sciences.fr/)  dans l'émission «Quelle gestion  de l'eau en Tunisie, au Sénégal  et au Burkina Faso?» avec Doudou Ba et Vincent Dabilgou.
**Transfert du sol vers l'atmosphère  par évaporation et transpiration  des plantes.


Comment rendre les plantes résistantes à la sécheresse

La vie et l'eau sont indissociables, tant chez les animaux que chez les végétaux. C'est d'ailleurs tard au cours de l'évolution que certains organismes aquatiques sont parvenus à affronter la terre ferme.
Chez les animaux terrestres, le système circulatoire fermé est une réminiscence de ce milieu aquatique originel. Par opposition, l'eau transite chez les plantes qui l'absorbent par leurs racines et l'éliminent par évaporation au niveau de leurs feuilles, créant ainsi un système ouvert. Cette évaporation est le résultat d'un rejet d'eau sous forme gazeuse par de microscopiques orifices foliaires: les stomates. La circulation ascendante, des racines jusqu'au sommet des tiges, résulte d'une poussée racinaire et surtout d'une aspiration par le feuillage qui constitue une véritable pompe. Les plantes, fixées par leurs racines, sont assujetties aux variations du milieu, notamment la déshydratation. En période estivale, ce stress peut se traduire par la fanaison.

Le phénomène de reviviscence

Les végétaux ont élaboré deux grandes stratégies pour ne pas succomber au manque d'eau. La première consiste à former des graines, structures déshydratées adaptées à surmonter des conditions hostiles, comme c'est le cas en hiver sous nos latitudes. Lorsque les conditions redeviennent favorables, les graines germent et le cycle de la vie redémarre. Le second mode se rencontre chez des végétaux comme les mousses ou les lichens capables de se dessécher et de se réhydrater. Ce phénomène de reviviscence s'observe chez les plantes dites de la «résurrection».
Les plantes à fleurs ont le plus souvent recours à d'autres mécanismes adaptatifs. C'est ainsi que certaines espèces perdent leurs feuilles pendant la saison sèche et stockent l'eau dans leurs tiges ou leurs organes souterrains. D'autres réduisent leurs feuilles sous forme d'épines (cactées) quand d'autres les protègent par des poils formant un manchon d'air protecteur au niveau de leurs stomates, ces derniers se fermant le jour pour limiter les pertes d'eau.
Au sein d'une même espèce, certains individus résistent aux stress hydriques répétés quand d'autres disparaissent. À l'échelle de l'évolution biologique (quelques centaines de milliers à quelques millions d'années), ces stress génèrent des mutations qui confèrent à la plante la capacité de résister au manque d'eau. Un enjeu agronomique majeur consiste donc à identifier ces gènes mutés afin de les introduire dans des variétés cultivées pour les rendre tolérantes ou résistantes à la sécheresse. Sous nos climats, les céréales de printemps et de nombreuses variétés cultivées n'ont pas trop à souffrir de ce stress. A contrario, les espèces qui fleurissent en été, comme le maïs, ou celles qui poussent sous des climats arides nécessitent soit des variétés adaptées soit de l'irrigation.

Stress hydrique

Blé, riz et maïs représentent 60 % de l'alimentation mondiale. Des recherches ont abouti à la création de maïs transgéniques plus résistants à la sécheresse et cultivés dans certains pays, comme l'Afrique du Sud. D'autres voies de sélection plus conventionnelles, avec recherche systématique des nombreux gènes impliqués dans la résistance au stress hydrique existent, mais sont plus lentes à mettre en œuvre car beaucoup plus complexes. Les enjeux sont importants et les stratégies envisagées pour trouver des solutions économiquement et socialement satisfaisantes sont encore sujettes à polémique, notamment en Europe où les sécheresses ne constituent pas, sauf certaines années, un problème majeur. Il reste que l'agriculture consomme beaucoup d'eau et qu'importer ou exporter des matières premières agricoles revient à échanger de l'eau «virtuelle»!

Les diarrhées transmises par l'eau tuent 1,5 million d'enfants chaque année

L'eau, l'assainissement et l'hygiène sont les fondements oubliés de la santé. Alors que près de 80 % de la population mondiale a désormais accès à l'eau, 40 % de cette population (soit 2,6 milliards d'individus) est dépourvue de structures sanitaires de base. La défécation en plein air est encore pratiquée par 20 % des êtres humains et 300 millions de tonnes d'excréments polluent chaque année rivières, mers et lacs.
Cet état dramatique a un impact important sur la santé humaine: plus de 20 maladies sont transmissibles par l'eau, au premier rang desquelles les diarrhées qui sont l'une des principales causes de la mortalité infantile avant 5 ans (1,5 million de morts par an, soit 5000 par jour!), les hépatites A et E, les salmonelloses, sans oublier le choléra dont les épidémies ressurgissent régulièrement.
Cette situation n'est pas le seul apanage des pays en développement. En Europe (notamment l'Est et le Sud), 120 millions de personnes n'ont pas accès à des équipements sanitaires de base. Dans la seule région méditerranéenne, 47 millions d'individus sont dépourvus de structures d'hygiène dont 25 % des foyers ruraux. Résultat: les diarrhées et les maladies transmises par l'eau y sont responsables de 12 % de la mortalité infantile, soit 14.000 décès annuels.
Outre les impacts directs sur la santé auxquels s'ajoutent les risques liés aux polluants organiques et aux micropolluants, les impacts socio-économiques ou sur l'éducation (absentéisme scolaire, en particulier chez les filles) font que les stratégies d'assainissement sont l'une des toutes premières priorités du développement (priorité 7 des objectifs du millénaire). Elles dépendent aussi bien d'une volonté politique ferme que de budgets appropriés et parfaitement supportables. Elles reposent enfin sur une triade indissociable: qualité des ressources en eau, équipements sanitaires (notamment en milieu rural et en milieu scolaire), éducation continue à l'hygiène *.
* Une récente conférence internationale, organisée par le Groupe interacadémique pour le développement (GID) de l'Académie des sciences à Rabat: Parmenides 4 «Eau et assainissement »: enjeux et risques sanitaires en Méditerranée a permis l'élaboration des recommandations essentielles 

Les recherches à nouveau stoppées car l'épave bouge

Les recherches des 20 disparus du naufrage du Concordia étaient une nouvelle fois stoppées dimanche matin à la suite de mouvements du paquebot de croisière qui rendent dangereuse son exploration.

Les recherches des 20 disparus du naufrage du Concordia étaient une nouvelle fois stoppées dimanche matin à la suite de mouvements du paquebot de croisière qui rendent dangereuse son exploration par les sauveteurs, a indiqué une porte-parole officielle.
"Les recherches ont été suspendues à 01H30 (00H30 GMT) ce matin quand il y a eu un mouvement du navire", a dit Francesca Maffini, porte-parole de la protection civile. Selon elle, une réunion technique est en cours "pour analyser les données et voir de combien le Concordia s’est déplacé et pourquoi, avant de décider si et comment les recherches pourront reprendre".
Une nouvelle victime samedi
L’exploration sous-marine de l’épave qui avait pu reprendre samedi après une journée d’interruption vendredi, avait permis de repêcher le corps d’une femme, portant à 12 le bilan de la catastrophe et 20 disparus. "Il faudrait un miracle" pour les retrouver vivants, a reconnu Cosimo Nicastro, porte-parole des garde-côtes. Même si les familles des victimes n’ont pas perdu tout espoir.
Les pères d’un couple de Français, Mylène Litzler, 23 ans, et Michaël Blémand, 25 ans, ont lancé samedi depuis l’île du Giglio, un appel poignant à témoins, adressé aux milliers de passagers et membres d’équipage pour qu’ils donnent des éléments sur l’endroit où se trouvaient les jeunes gens pendant l’évacuation.
Cartographie du bateau
Les sauveteurs essaient en effet de dresser une sorte de carte où placer les personnes manquant à l’appel et mieux localiser les recherches, périlleuses et très lentes à cause de la taille gigantesque du navire.
Autre problème pour les autorités: voir s’il est possible de commencer rapidement le pompage des quelques 2.400 tonnes de mazout que renferme le Concordia dans ses réservoirs.
Après avoir percuté un rocher, le Concordia qui effectuait une croisière en Méditerranée, a fait naufrage dans la nuit du 13 au 14 janvier avec plus de 4200 personnes à son bord, dont 3.200 touristes et un milliers de membres d’équipage.

Blocage du prix de l'essence : Hollande ne convainc pas

Une majorité de Français estime que François Hollande ne tiendra pas sa promesse de mettre en place un « blocage temporaire du prix de l'essence » après son élection.

La promesse de François Hollande de procéder à un « blocage temporaire du prix de l'essence » au lendemain de son élection à l'Élysée ne convainc pas les Français. Soixante pour cent d'entre-eux estiment en effet que le candidat du Parti socialiste ne tiendra pas son « engagement », selon un sondage Ifop pour Sud-Ouest Dimanche.
Le député de Corrèze s'était par ailleurs prononcé jeudi pour un « rétablissement de la TIPP flottante », mesure mise en place par le gouvernement Jospin en 2000 et supprimée par celui de son successeur, Jean-Pierre Raffarin. Cette taxe variait en sens inverse des cours du pétrole brut afin de compenser l'effet de leur augmentation sur les prix à la pompe.
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Sans surprise c'est parmi les sympathisants de l'UMP que François Hollande est le moins crédible, 84% d'entre eux jugeant qu'il ne tiendra pas son engagement. Ils ne sont « que » 73% à avoir la même opinion du côté des sympathisants du Front national.

Hollande en hausse

Le sondage Ifop est publié au moment-même où une autre étude d'opinion réalisée par BVA crédite le candidat socialiste de 30% des intentions de vote au premier tour. Score qui lui permet de creuser l'écart avec Nicolas Sarkozy (23%, à - 1%) et Marine Le Pen (18%, + 1%). François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon obtiendraient respectivement 13% (+ 2%) et 7% (- 1%) des suffrages. Au second tour, François Hollande battrait le président sortant par 57% des voix contre 43%.

Dette de la Grèce : les négociations se poursuivent avec les experts de l’IIF

Les tractations sur l’effacement d’une partie de la dette grecque se poursuivaient samedi entre le gouvernement grec et les experts du lobby bancaire (IIF), représentant les créanciers privés qui doivent consentir à un effacement de 100 milliards de la dette privée du pays. Après trois jours de négociations marathon, les deux parties, le gouvernement grec d’un côté, et le chef de l’IIF Charles Dallara et le Français Jean Lemierre, détaché de BNP Paribas de l’autre, ont affiché leur optimisme sur l’avancée des négociations tout en soulignant qu’il y avait encore "des détails techniques" à régler.
"Il y eu des progrès dans les discussions" avec le gouvernement grec, représenté par le Premier ministre Lucas Papademos et le ministre des Finances Evangélos Vénizélos, a indiqué samedi un porte-parole de l’IIF à l’AFP. Les négociations "vont se poursuivre avec une équipe d’experts de l’IIF à Athènes (...), MM. Dallara et Lemierre ont quitté Athènes car ils avaient prévu des rendez-vous en dehors du pays", a-t-il ajouté. L’IIF a appelé les parties à "agir de façon décisive et à saisir l’opportunité pour finaliser cet accord historique".
L’objectif de cette opération inédite vise à alléger le fardeau de la dette grecque à 120% du PIB en 2020 contre plus de 160% actuellement. Selon des sources gouvernementales grecques, MM. Dallara et Lemierre ont quitté samedi matin Athènes pour Paris.
"L’IIF s’est mis d’accord avec le gouvernement grec sur les grandes lignes de l’accord mais il y aurait encore des détails à régler avec les créanciers privés", a indiqué une source proche de M. Papademos à l’AFP. La plupart des journaux grecs estimaient samedi que la conclusion de l’accord était "proche", mais certains quotidiens relevaient que les négociations butaient toujours sur le taux d’intérêt de nouvelles obligations, un sujet qui avait provoqué la suspension des discussions la semaine dernière.
Ce sujet crucial avait provoqué la suspension des discussions la semaine dernière, le FMI et l’UE exigeant un taux d’intérêt aux alentours de 3%, alors que l’IIF insistait sur un taux de plus de 4%.
"Un pas avant la conclusion de l’accord", titrait le quotidien financier Naftémporiki, qui a indiqué que le coupon de nouvelles obligations aurait "un taux variable entre 3,25% et 4,75%".
Pour Ta Néa (centre-gauche), "le thriller sur l’accord se poursuivait". Le journal ajoutait que les pressions de la part du FMI continuaient pour un taux moins élevé et n’excluait pas l’intervention de la BCE, qui détient des titres grecs de 55 milliards d’euros, afin de faire reculer les résistances du FMI.
Pour sa part, Kathimérini (libéral) était plus réservé, soulignant que lors d’une téléconférence vendredi après-midi entre le gouvernement grec et ses partenaires européens, ces derniers ainsi que le FMI, "exerçaient des pressions pour un coupon de moins de 3,8%". La Grèce vit toujours sous la menace d’un défaut de paiement, 14,4 milliards d’euros d’obligations arrivant à échéance le 20 mars.
Mais la conclusion d’un accord sur la dette devrait donner une bouffée d’oxygène au pays, et éviterait l’aggravation de la situation dans la zone euro, où plusieurs pays sont frappés par la crise de la dette.
L’accord sur la dette grecque est une condition préalable pour la mise en oeuvre de la nouvelle aide de 130 milliards d’euros, décidée fin octobre à Bruxelles. Les chefs de la "troïka" (UE, BCE et FMI), arrivés vendredi à Athènes dans le cadre du contrôle régulier du redressement de l’économie du pays, ont eu des entretiens samedi avec des responsables du ministère du Travail et de la Santé pour discuter des réformes réclamées en échange du nouveau prêt qui doit être accordé au pays. Samedi, le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan, a fustigé l’implication des créanciers privés pour résoudre la crise de la dette des pays en difficultés de la zone euro, dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. "C’était mortel de commencer un débat sur la restructuration de la dette en faisant porter le fardeau aux créanciers privés. Cela a rendu les marchés fous", a-t-il déclaré au journal.

Négociations en Grèce: le chef du lobby bancaire quitte Athènes

Après le départ du représentant des banquiers, les discussions sur la dette entre les banques et le gouvernement devraient se poursuivre par téléphone. La plupart des journaux grecs estiment ce samedi que la conclusion de l'accord est "proche".

Le chef du lobby bancaire (IIF) Charles Dallara, en tête des négociations sur l'effacement de la dette de la Grèce avec les responsables du pays, a quitté samedi Athènes et "les discussions se poursuivront par téléphone", a indiqué samedi une source du ministère des Finances.

Charles Dallara, qui depuis mercredi menait avec le Premier ministre, Lucas Papademos, et le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, des négociations intenses sur l'effacement d'une partie de la dette "a quitté Athènes samedi pour se rendre à Paris, les négociations se poursuivront par téléphone", a précisé la même source.
Après des négociations marathon vendredi qui ont duré jusqu'à minuit, le lobby bancaire mondial IIF, qui représente les créanciers privés s'est montré optimiste "sur la finalisation de cet accord historique" avec le gouvernement grec, concernant l'effacement de 100 milliards d'euros de la dette qui s' s'élève à plus de 350 milliards d'euros. L'IIF a souligné dans un bref communiqué que "les éléments" de l'accord "se mettaient en place" et appelé les parties à "agir de façon décisive et à saisir l'opportunité pour finaliser cet accord historique".
"Encore des détails à régler"Le ministre grec des Finances Evangélos Vénizélos, en quittant samedi à minuit la résidence du Premier ministre grec, où se sont tenues les discussions, a lancé de sa voiture que "les négociations allaient se poursuivre samedi".
Toutefois aucune réunion n'a été annoncé par le ministère samedi matin jusqu'au moment où, en début d'après-midi, une source du ministère des Finances a indiqué à le départ de Charles Dallara pour Paris. Selon une source proche du Premier ministre, "l'IIF s'est mis d'accord avec le gouvernement grec sur les grandes lignes de l'accord mais il y aurait encore des détails à régler avec les créanciers privés".
La plupart des journaux grecs estimaient samedi que la conclusion de l'accord était "proche", mais certains quotidiens relevaient que les discussions butaient toujours sur le taux d'intérêt de nouvelles obligations, un sujet qui avait déjà provoqué leur suspension la semaine dernière.

samedi 21 janvier 2012

Le chemin de la correction passe par la Grèce

La France a perdu son Triple A. Elle n'est pas la seule... et tout le monde s'accorde à dire que ce n'est pas si grave, qu'on peut bien continuer comme ça, qu'on emprunte d'ailleurs moins cher maintenant que lorsqu'on avait encore le sacro-saint AAA.

Certes.

Mais n'oubliez pas que M. le Marché trouve toujours le moyen d'arriver à ses fins... même s'il lui faut pour cela emprunter des chemins détournés. En l'occurrence, les fins de M. le Marché actuellement sont de corriger les excès de dette qui se sont sédimentés dans le système économique mondial, l'étouffant et l'empêchant de fonctionner correctement.

Pour y parvenir en Europe -- et en France plus précisément --, M. le Marché devra visiblement passer... par la Grèce. Il y a rupture des négociations avec les créanciers privés ; la décote de 50% sur la dette grecque a du mal à passer. Par conséquent, les risques de défaut de paiement pur et simple se multiplient.

Or comme l'expliquait Simone Wapler jeudi dans La Stratégie de Simone Wapler, parmi les "créanciers privés" en première ligne dans le conflit grec, il y a peut-être... vous.

"Les créanciers privés sont les banques, les assureurs et les fonds d'investissement. Ce peut être vous, à votre insu, au travers de votre assurance-vie, de vos SICAV monétaires, de vos souscriptions à des fonds de complément de retraite", nous dit Simone, qui parle de "zizanie" concernant les produits dérivés assurant contre un défaut grec :

"Il y a en l'occurrence deux espèces bien distinctes : ceux qui n'entendent pas que l'affaire grecque deviennent un événement de crédit et les autres. D'un côté, il y a ceux qui voudraient que tout le monde prenne 142 milliards d'euros de pertes en serrant les dents ; de l'autre, ceux qui aimeraient pouvoir faire jouer ces fameux CDS (credit default swaps), instruments dérivés censés justement les assurer contre un événement de crédit".

Pour bien comprendre comment nous en sommes arrivés là, poursuit Simone, il faut en revenir aux débuts de la Zone euro :

A cette époque, "certaines banques [avaient] trouvé le bon filon pour gagner de l'argent : prêter à la Grèce, nouveau membre de la Zone euro, à un taux moins élevé que ce que pouvait prétendre ce pays du temps de la drachme -- mais quand même à un tarif plus élevé qu'à l'Allemagne ou la France. Ces banques n'étaient pas obligées de prêter. Elles auraient dû faire leur enquête (due diligence). La Grèce ne se serait pas alors surendettée !"

"Le ciel économique s'assombrit cependant avec la crise américaine du crédit subprime. Les banques engagées en Grèce demandent la fabrication de CDS, censés assurer leur risque. Au début, ce seront les banques américaines qui vont fabriquer ces CDS. De l'autre côté de l'Atlantique, on a encore foi en l'Europe, semble-t-il".

"Aujourd'hui, pour que ces CDS ne soient pas 'actionnés' et ne deviennent pas payables, il faut que les créanciers privés acceptent de perdre ce qu'on leur demande en s'engageant à ne pas faire de 'déclaration de sinistre'. C'est l'intérêt du clan des investisseurs privés émetteurs de CDS : Morgan Stanley, Goldman Sachs, BOA Merrill Lynch, Barclays, Deutsche Bank, UBS et Crédit Suisse, Société Générale, BNP Paribas, Crédit Agricole, Natixis".

"Dans l'autre clan, on trouve certaines banques prévoyantes, les assureurs (dans la mesure où ils n'ont pas trop d'actions bancaires dans leur portefeuille) et les fonds. Avec les CDS, nous entrons dans le monde mystérieux du shadow banking et il est très difficile de savoir exactement qui possède quoi".

En tout cas, une chose est certaine : "les pays les plus exposés sont la France, l'Allemagne (pas si vertueuse qu'on veut bien le dire) et la Belgique".

Nous sommes en train de mener une enquête approfondie pour savoir quelles conséquences cette exposition aura sur votre assurance-vie, cher lecteur : les conclusions arrivent bientôt, alors... restez à l'écoute !

Meilleures salutations,

BAYROU CANDIDAT



"Le debrief de l'actualité" de Tanguy Pastureau... par rtl-fr

Guerres

Quatre morts de plus, et la question, inévitable : à quoi ça sert, la guerre ? Cela dépend des guerres. Celle d’Afghanistan a débuté il y a dix ans, au lendemain des attentats contre les tours du World Trade Center. Souvenons-nous, nous étions alors tous d’accord ou presque pour aller combattre Ben Laden et ses protecteurs, les talibans de Kaboul. Depuis, avec l’aide de nos soldats, les talibans ont été chassés de Kaboul et Ben Laden est mort. Mission remplie, mais victoire en trompe-l’œil : l’Afghanistan est aux mains d’un pouvoir fantoche, sans influence au-delà des faubourgs de la capitale, proie facile pour de nouveaux talibans. Et ceux-là mêmes qui devraient l’empêcher, les militaires afghans que nous formons, sont ceux qui tuent nos soldats… Alors, tout ça pour ça ? Oui, et sans doute fallait-il quand même la faire, cette guerre, sans illusion — comme il faudra savoir l’arrêter.

François Hollande, l'heure de vérité

Pour le candidat socialiste, c'est la semaine de tous les dangers... Ou de tous les espoirs.
Le candidat socialiste, en l'espace de quelques jours, doit surprendre les Français en faisant preuve à la fois de charisme, de crédibilité et de pugnacité. Du charisme, ce mélange rare d'autorité et de proximité, il a l'occasion d'en montrer enfin lors de son premier grand meeting de campagne, au Bourget, dimanche 22 janvier. L'élu de Corrèze compte sur cette réunion publique, comme sur les suivantes, pour établir un lien particulier avec ses concitoyens. Sur un mode tour à tour intimiste et solennel, il replacera son parcours dans celui de la gauche et du pays.
Ce leader si pudique et rationnel saura-t-il se hisser au-dessus de lui-même, fendre l'armure, comme avait dit Lionel Jospin, et trouver le ton personnel qui manque encore au candidat "normal" ? Il se dit déterminé à relever ce défi-là, fût-ce au prix d'une dramaturgie qui ne lui est pas familière. L'homme raisonnable devra s'effacer devant le chef habité. Deuxième preuve à fournir, celle de la crédibilité. Ce sera pour jeudi prochain, au matin de son intervention télévisée sur France 2, lors de l'émission "Des paroles et des actes". Seront alors dévoilées ses principales propositions. Fini, les cafouillages, bonjour, les commentaires !

L'époque copain, c'était hier

La droite se ruera sur les mesures tant attendues et ne manquera pas de les trouver soit pusillanimes soit dispendieuses, le tout étant inévitablement considéré comme irresponsable. Les observateurs, comme l'on dit, jugeront de la cohérence de l'ensemble et de sa compatibilité avec l'état des finances publiques. Le candidat soulignera bien sûr que son action sera plus juste et plus efficace que celle du président sortant. L'opinion, via les sondages, tranchera : le Corrézien sera-t-il sorti du "flou" en mettant les Français de son côté ? Enfin, le soir, il devra faire preuve de pugnacité. Non seulement face aux journalistes, exercice auquel il est bien rodé, mais face à Alain Juppé, qui sera son contradicteur politique.
L'ancien Premier ministre, en bon élève, sera ferré à blanc. Il pourra même se prendre, l'espace d'une demi-heure, pour le vrai challenger du socialiste, rôle dont il a toujours rêvé et a été privé. Autant dire qu'il aura à coeur de se montrer performant, quitte à donner des remords à la majorité de ne pas lui avoir confié la mission de la représenter au scrutin suprême. Rude affaire, donc, pour le champion de la gauche. S'il se sort bien de cette séquence à trois volets, il aura peut-être fait le plus dur. Certes, les électeurs n'attendent plus un super héros, un Zorro mirobolant, un marchand d'illusions, mais au moins un père de la nation. L'époque copain, c'était hier. L'ère président, ce sera, peut-être, demain.

Les guitares Gibson ont trop saigné le bois malgache

"Voulez-vous du bois illégal dans votre guitare ?", interpellait la chanteuse malgache Zaia Saïd à l'entrée du Convention Center d'Anaheim (Californie), où se réunissait la National Association of Music Merchants (NAMM), jeudi 19 janvier. Avec l'ONG Friends of the Earth, elle mène campagne contre le fabricant américain de guitares Gibson, qui utilise, selon elle, du bois de rose abattu illégalement sur l'île de Madagascar.

Le légendaire fabricant d'instruments de musique est aussi accusé de faire pression sur le Congrès américain pour qu'il annule certaines dispositions du Lacey Act. Cette loi, adoptée en 2008 pour prévenir l'importation de bois précieux illégalement abattus, impose aux acquéreurs de déclarer la provenance de leur marchandise et de prouver leur légalité. A défaut, ceux-ci risquent de lourdes amendes. En 2011, les usines Gibson de Nashville ont fait l'objet de "descentes" des services de contrôle des autorités fédérales. Le fabricant était soupçonné d'utiliser du bois d'ébène en provenance d'Inde.
Zaia Saïd a entamé son combat en 2007, de retour d'un voyage dans son village natal, Antalaha, devenu l'un des lieux du trafic de bois sur la Grande Ile. "Je voyais même des proches impliqués dans ce commerce souvent nocturne, se souvient-elle. Les profits étaientdémesurés, une palette de bois achetée 10 à 15 dollars se revendant jusqu'à 1 million de dollars (773 000 d'euros) !"
Pour alerter l'opinion, elle a lancé la pétition "Musicians Against Illegal Logging" ("musiciens contre la déforestation") et, en octobre 2011, elle a organisé Réveillez-vous Masoala, un festival qui a connu un grand succès auprès de ses compatriotes.
"Des milliers de gens ont marché cinq jours pour assister aux concerts à l'orée du parc national de Masoala, où la forêt est le plus en danger", raconte-t-elle. Les Amis de la Terre ont replanté 20 000 arbres, bois de rose, ébène, palissandre...
CONFISCATION
Au même moment, à Nashville, l'industrie du disque organisait sa riposte en tentant d'effrayer les musiciens sur la possible confiscation de leur instrument si le message de Zaia Saïd était entendu. Mais c'est mensonger, rétorque la chanteuse : "Les musiciens détenteurs de guitares Gibson ne seront jamais inquiétés, seul le fabricant sera visé par les autorités fédérales."
Devant cette querelle mettant à mal l'un de leurs principaux concurrents, des représentants des guitares Taylor, fabriquées à San Diego, commentent sereinement : "Il n'y a pas de bois illégal dans les guitares Taylor, notre direction a toujours été très soucieuse de l'environnement." Ce que les défenseurs de la forêt ne remettent pas en cause. Un marchand de guitares constate toutefois que, depuis le début de cette campagne, ses clients posent davantage de questions sur l'origine exacte du bois de leur cher instrument à cordes.

L’arabisme n’est plus : voici l’oumma

Beyrouth, le 19 janvier 2012, 23 h. – C’est ce samedi 21 janvier que débutera le démantèlement du principal pont qui mène de Beyrouth vers Jounieh sur cet axe vital que les Libanais osent appeler « l’autoroute » Beyrouth-Tripoli. Conséquence immédiate de l’effondrement de l’immeuble d’Achrafieh dimanche dernier. Cela fait des années que nous savons que ce pont de Jal-El-Dib risque de s’effondrer à n’importe quel moment. Le trafic y est toujours aussi dense. Je l’ai même emprunté aujourd’hui. Nous n’avons guère le choix d’ailleurs. A partir de la semaine prochaine commenceront deux ans de très longs travaux, et pour les automobilistes qui n’ont pas d’autre choix, des heures noires au volant de leurs voitures. Ce pont est vraiment à l’image du pays. Mais là n’est pas vraiment mon propos de ce soir.

Notre actualité reste et demeure la Syrie, les suites des élections en Egypte, en Tunisie, la situation chaotique en Libye, la victoire réelle, certaine ou annoncée des Frères musulmans, la présence et le rôle incontournables de la Turquie sur la scène proche-orientale !

L’analyse du dernier discours de Bachar el-Assad nous a frappé par l’usage immodéré du terme « arabisme ». Mot devenu rare chez lui depuis son étroite alliance avec l’Iran. Avec les Perses comme l’axe adverse les nomme. « Arabisme », concept inconnu aussi dans les slogans et discours des révolutionnaires en Egypte, en Tunisie ou encore en Libye, mais que l’on retrouve encore au sein du Conseil National Syrien qui milite pour une « République arabe syrienne », perdant du même coup, comme nous l’avions vu la semaine dernière, le soutien de l’opposition kurde. Et le fléau de la balance de l’histoire penche inexorablement vers l’islamisme des Frères musulmans. Comme une revanche.

Quand à la fin du XIXe siècle l’Empire ottoman vit ses dernières heures, des voix turques se lèvent pour tenter de sauver l’empire au nom du Califat, au nom de l’islam… mais l’heure était aux nations. Au droit des peuples de disposer d’eux-mêmes. A Istanbul les Jeunes-Turcs prennent le pouvoir et abolissent tous les particularismes qui avaient permis aux nations de l’Empire de survivre. Les millets n’existaient plus. Et les Chrétiens en seront les premières victimes. Reconnus citoyens ottomans, alors que l’islam ne leur reconnaissait qu’un droit d’étranger vivant sur le territoire de l’empire, ils seront massacrés et les dates s’égrènent en un chapelet sanglant : 1840, 1860, 1905, 1915… et je ne les cite pas tous.

L’empire se disloque et les Etats du Proche-Orient sont créés. Ils n’ont pas d’histoire propre. Ce sont des parcelles d’empire. Seules ont une histoire les communautés qui les composent, leurs villes – les mortes et les autres – qui furent des royaumes… Mais ils ont un idéal, une « identité » : ils sont arabes. Les Ottomans sont turcs. Et au nom de cette arabité ils se sont battus contre les Ottomans. Oubliant en chemin que ce concept d’arabité avait été mis en avant par les Chrétiens qui se cherchant un point commun avec leurs voisins musulmans ont trouvé l’arabité. Les Ottomans pendront pour trahison des Chrétiens et des Musulmans à Damas comme à Beyrouth.

Peu à peu, les mots en isme étant la règle, c’est au nom de l’arabisme que les révolutions se firent au Caire avec Nasser, à Tripoli avec Khadafi, à Damas avec Assad Père… et à Bagdad, Saddam Hussein étant alors le vice-président de l’Irak. Nous étions loin de ces années d’entre-deux guerres où tout semblait encore possible. Ces révolutions et ces dictatures qui s’installent marquent toutes des dates noires pour les Chrétiens qui partent alors en masse pour les Amériques, l’Europe et l’Australie… Pour durer, ces dictatures n’hésiteront jamais à prendre à leur compte le discours et la logorrhée de leur principal ennemi, l’islam pur et dur des Frères musulmans.

Aujourd’hui la confrérie des Frères musulmans n’attend plus que la chute d’Assad. Et les rêves d’Oumma des Tunisiens et des Libyens seront alors possibles. Les rêves d’empire des Turcs aussi. Il n’est plus de mise aujourd’hui de se souvenir qu’ils ne sont pas arabes. Ils sont musulmans et puis c’est tout. Ils ont la puissance militaire et économique et même culturelle (!) : les feuilletons turcs sont sur toutes les chaînes, doublés en arabe.

Et encore une fois se pose la question de la place des Chrétiens dans le monde arabe de demain devenu un monde d’abord musulman…

La tour de Babel

La prise de conscience de la situation difficile de notre économie fait son chemin. La dégradation de la note de la France et de huit autres pays de l'Union européenne a marqué les esprits. Cette opération technique ne changera pas le réel, mais elle doit nous inciter à agir pour arrêter la spirale descendante dans laquelle nous nous sommes engagés.

Le monde a changé en quelques décennies, ne serait-ce qu'en ce qui concerne la population mondiale. En 1960, celle-ci s'élevait à trois milliards d'humains. Aujourd'hui, nous en sommes environ à sept milliards. Nous serons neuf milliards en 2050, une évolution inouïe dans toute l'histoire de l'humanité.

Nous voyons émerger des pays continents (Brésil, Inde, Chine) qui étendent de plus en plus leur influence. Pendant ce temps-là, l'Occident se replie après s'être stupidement épuisé dans des guerres perdues qui se sont avérées inutiles, même contre-productives, et qui demeurent meurtrières comme on l'a vu encore hier en Afghanistan. Son économie fatiguée s'essouffle en poursuivant à marche forcée une croissance mythique, oubliant que ce qui compte, plus que la croissance, c'est le développement. Ce développement intégral qu'appelait de ses voeux, dans les années 1950, un homme d'église, dominicain de son état, le Père Lebret : « Le développement doit être intégral, c'est-à-dire promouvoir tout homme et tout l'homme. Il est le passage pour chacun et pour tous d'une condition moins humaine à une condition plus humaine, au rythme le plus rapide possible, au coût le moins élevé possible, compte tenu de la solidarité entre les fractions de la population nationale et de la solidarité entre les nations. »

C'était à la fois un appel et un avertissement qu'il avait lancés dans son livre Suicide ou survie de l'Occident, titre prémonitoire car la question est posée aujourd'hui plus encore qu'hier.

Que nous disons-nous ? Où allons-nous ?

Un incroyable naufrage, celui du Costa Concordia, devrait aussi nous conduire à plus de réflexion sur tous ces problèmes qui surgissent de nos rêves, de nos ambitions, assistés de nos si performantes techniques.

- Le gigantisme des cités mondiales, mégalopoles, villes-États où la sécurité, l'hygiène sont de moins en moins assurés, où l'approvisionnement ne serait-ce qu'en eau est de plus en plus difficile et incertain, sans parler de la pollution atmosphérique qui handicape les personnes.

- Gigantisme des moyens de transport, trains et tunnels de longueurs interminables, avions gros-porteurs de passagers dont l'évacuation nécessairement rapide sera difficile en cas de catastrophe, navires-cités armés d'équipages disparates venus du monde entier qui ne parlent pas la même langue, se comprennent à peine.

- Vitesse, course infernale qui lancent tous les hommes dans un tourbillon incessant et que contemplent avec stupéfaction, mais pour combien de temps encore, ces populations rurales souvent laissées pour compte comme si elles étaient figées dans le passé.

- Tourbillon informatique du Net avec, tout autour du monde, des transmissions instantanées d'informations techniques, politiques, financières, ce qui amoindrit le temps nécessaire à la réflexion pour la prise de décision.

Le magnifique et orgueilleux paquebot Costa Concordia nous rappelle aujourd'hui à l'humilité. Il a été vaincu par un tout petit rocher qui l'a ouvert comme une vulgaire boîte de conserve. Miracle que sur 4 200 personnes, il n'y eût qu'une dizaine de victimes, mais une seule évidemment eut été de trop.

Le Costa Concordia était bel et bien à l'image de notre monde : rapide, massif, technicisé, automatisé mais fragile. C'était une sorte de tour de Babel, cette Babel qui fut victime de sa propre grandeur, son ampleur ayant rassemblé tant d'hommes pour sa croissance démesurée qu'ils finirent par ne plus se comprendre, ni même comprendre ce qu'ils voulaient faire et ce qu'ils construisaient.

Le Costa Concordia, couché sur le flanc, lamentable, impuissant, est comme une parabole nous montrant la confusion du langage, la confusion des valeurs, la confusion des objectifs. Cette parabole devrait nous inciter à nous interroger : que nous disons-nous ? Que voulons-nous ? Où allons-nous ?

C'est dans ce questionnement que nous devrions réfléchir à la crise majeure qui nous étreint.

Corruption et trahison de la classe politique grecque

En Grèce, l’enquête sur le gonflage artificiel du déficit public pointe la responsabilité du gouvernement Papandréou.

En septembre 2011, un ancien membre du conseil d’administration de l’Institut national de statistique en Grèce à accusé publiquement l’allemand Walter Rademacher, directeur général de Eurostat, organisme chargé de l’information statistique à l’échelle communautaire, Giorgos Papakonstantinou, ministre de l’Economie de l’époque, et Andréas Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut national de statistique (ELSTAT), d’avoir dérogés à certaines règles relatives au calcul du déficit public, et cela dans le but de le faire artificiellement augmenter. Deux mois après cette révélation, un procureur du pôle économique, Grigoris Peponis se saisit de l’affaire, et convoque plusieurs témoins (liste en bas). Plusieurs parmi eux mettent en cause Andréas Georgiou, qui est rapidement convoqués comme suspect par le procureur. Il nie les accusations, et ne sera pas davantage mis en cause, demeurant même président d’ELSTAT.

Dans son dossier, dont quelques passages ont fuités dans la presse grecque, le procureur énonce que « de l’ensemble des preuves collectées (témoins et documents écrits), et essentiellement des témoignages, des éléments sont apparus mettant en exergue des infractions à la loi commises sous la responsabilité de ministres et de personnes occupant certaines positions dans le gouvernement de la Grèce ». Il ajoute que « régulièrement dans les témoignages, référence est faites au gonflement et à la détermination arbitraire du déficit public de 2009, et par connexion, à la responsabilité du Premier ministre de l’époque, Giorgos Papandréou, des membres de son gouvernement, et du ministère de l’Economie. »(1)

Après avoir manipulé les statistiques à la baisse avec l’aide de Goldman Sachs(2) pour pouvoir faire partie de la zone euro, chose qui arrangeait plus les grands pays européens comme l’Allemagne ou la France, notamment pour la vente d’armes(3), que la Grèce elle-même. Le gouvernement grec aurait donc cette fois-ci manipulé les chiffres à la hausse, sous l’oeil de Papandréou, lui-même mandataire des institutions européennes. Entre immunité et impunité, les irresponsables politiques ne sont jamais inquiéter. Ni en cas d’incompétence, pas non plus en cas corruption, encore moins pour les actes commis durant l’exercice de leur fonction. La sanction électorale ne suffit pas. Elle n’a même aucun sens dans un pays qui se revendique démocratique, dès lors qu’en démocratie personne ne peut détenir indéfiniment le pouvoir. Le départ ne peut pas être une punition lorsqu'il est inévitable.

A cette heure, l’Islande demeure le seul pays à avoir traduit en justice un responsable politique, en l’espèce son ancien Premier ministre, pour sa responsabilité dans la crise(4). En Grèce, les députés, les ministres ou le Président de la République se font hués et « yaourtés » à chaque apparition public. Le 15 décembre 2010, Kostis Hatzidakis, député de droite, ancien ministre du Développement, est passé à deux doigts du lynchage(5). La méthode est différente, mais l’objectif ne change pas, punir.

En Islande, la population est sortie dans la rue, à poussée son gouvernement à la démission, et réécrit actuellement sa constitution démocratiquement sur Internet(6), chacun étant libre de participer à sa rédaction. En Grèce, la population est sortie dans la rue, elle s’est faite matraquée(7) et intoxiquée par des gaz périmés. Le gouvernement actuelle est dirigé par Lucas Papademos, technocrate non-élu, ancien vice président de la Banque Centrale Européenne et surtout ancien président de la Banque Centrale de Grèce entre 1994 et 2002, et qui a donc participé à cet effet aux trucages des comptes opérés par Goldman Sachs à l’époque(8). La décision politique n’est pas complètement impuissante devant les circonstances, celles-ci, lorsqu’elles sont extrêmes, révèlent juste le vrai visage des décideurs.


Liste des témoins :

- Zoi Georganta, ex-membre du conseil d’administration d’ELSTAT
- Nikolaos Stroblos, ex-directeur de la Direction des Comptes Nationaux d’ELSTAT
- Nikolaos Logothétis, ex-vice-président d’ELSTAT
- Konstantinos Skordas, ex-membre d’ELSTAT
- Nikolaos Choudis, député européen
- Sofia Voultepsi, journaliste
- Georgos Kassimatis, professeur de droit constitutionnel
- Georgos Romanias, économiste
- Anna Zoirou, économiste
- Stavros Beriatos, chef du département gouvernance générale et compte économique
- Andres Filippou, ex-membre d’ELSTAT
- Anastasia Pateraki, chef à la Direction du PIB
- Georgos Simigiannis, ex-membre d’ELSTAT
- Stella Balfousia, économiste
- Konstantinos Kuriakopoulos, journaliste
- Epanimondas Marias, professeur d’université

(1) http://news247.gr/oikonomia/oikonom...
(2) http://www.nytimes.com/2010/02/14/b...
(3) http://international.blogs.ouest-fr...
(4) http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...
(5) http://www.youtube.com/watch?v=i6hD...
(6) http://www.lemonde.fr/idees/article...
(7) http://www.youtube.com/watch?v=VlVM...
(8) http://www.lemonde.fr/europe/articl...


En Grèce, la vérité des chiffres serait-elle un mensonge perpétuel ?

Un scandale concernant de nouvelles manipulations statistiques du déficit public risque de mettre un coup à la déjà très faible légitimité du gouvernement grec, et cela peu avant l’annonce de grandes mesures d’austérité qui seront difficiles à faire accepter à la population.
 Décidément l’Etat grec et les statistiques ne font pas bon ménage. Après avoir cacher le véritable montant de sa dette publique pour respecter les critères de Maastricht et rentrer dans la zone euro, pratique qui perdura jusqu’en 2009 avec l’aide de la banque Goldman Sachs, un nouveau scandale impliquant l’Etat et des manipulations de statistiques vient d’éclater. Il risque de ne pas rester sans conséquences dans un pays où le climat social et politique est actuellement si tendu.
Il y a quelques jours, Zoi Georganta, ex-membre du conseil d’administration de l’Institut national de statistique duquel elle vient de démissionnée, a accusée l’allemand Walter Rademacher, directeur général de Eurostat, organisme chargé de l’information statistique à l’échelle communautaire, ainsi que Giorgos Papakonstantinou, ministre de l’Economie de l’époque, et Andrea Georgiou, président du conseil d’administration de l’Institut national de statistique, d’avoir déroger à certaines règles relatives au calcul du déficit public, et cela dans le but de le faire artificiellement augmenter. En effet, Andrea Georgiou a subitement décidé en 2009, sans demander l’accord, ni même informer son conseil d’administration, de comptabiliser dans le calcul du déficit public certains organismes et entreprises publiques qui ne l’avaient jamais été auparavant, et cela dans aucun autres pays européens, excepté la Norvège. D’après ces révélations, l’objectif était de faire passé le déficit de la Grèce au dessus de celui de l’Irlande, à savoir 14%, afin que ce soit elle qui joue le rôle du maillon faible de l’Europe. Ainsi le déficit grec est passé cette année là de 12% à 15,4%, et la Grèce est depuis dans une rude cure d’austérité.
Zoi Georganta considère que le gouvernement grec a agi ainsi car il s’est soumis à la volonté de l’Allemagne et de Eurostat, et qu’il a mis en scène une situation plus dramatique qu’elle ne l’est en réalité. Elle a tentées d’alerter le Premier ministre, Georgios Papandréou, et le Président de l’Assemblée nationale, Filippos Petsalnikos, mais ses appels sont évidemment restés sans réponses. Ses propos ont depuis été relayés par un autre membre du conseil d’administration de l’Institut national de statistique, M.Skondras, dans une lettre qu’il a écrit à la commission des finances de l’Assemblée. Tous les membres de ce conseil vont, suite à son président, être appelés à témoigner devant cette commission. Giorgos Papakonstantinou, ministre de l’Economie de l’époque, a également des chances d’être convoqués suite à la demande de trois partis politiques ; le KKE (parti communiste), le SYRIZA (extrême-gauche), et le LAOS (extrême-droite). Cette demande sera prochainement votées à l’Assemblée et requiert deux cinquièmes des voix pour être appliquées.
 Enfin, lundi a été publié un mail de Andrea Georgiou, président de l’Institut nationale de statistiques, a destination de Paul Thomsen, le chef de mission du Fonds Monétaire International pour la Grèce, dans lequel il lui décrit ses relations conflictuelles avec les autres membres du conseil d’administration, qui n’appréciaient pas d’avoir été mis à l’écart du traitement statistique de la dette. Suite à cette publication prouvant ses liens étroit avec celui qui est aussi le représentant permanent de Eurostat en Grèce, Andrea Georgiou n’a pas fait de déclaration, en revanche il a porter plainte contre X au Service des crimes éléctroniques. Cette affaire risque de nourrir la défiance de la population à l’égard de son gouvernement, ainsi que d’entretenir le sentiment très répandu chez les grecs selon lequel ils vivent sous la dictature des institutions européennes et du FMI.
 Après deux plans d’austérité, et peu avant un troisième, la situation sociale en Grèce s’est radicalement dégradée. Au delà des manifestations et des grèves récurrentes, l’expansion de la pauvreté engendre des phénomènes nouveaux pour le pays. Le nombre de SDF a augmenter de 30% en deux ans, le taux de suicide de 40%. On peut voir dans tout Athènes des personnes âgés de plus de 60 ans sortir le soir pour faire les poubelles, espérant que la nuit atténuera leurs sentiment de honte. Les héroïnomanes se sont multipliés, et le fait que la durée moyenne d’attente pour rentrer dans une cure de désintoxication soit de 7 ans parait irréelle au regard de l’étendue du problème. La dégradation de la situation n’est malheureusement toujours pas à son paroxysme, et pourtant la contestation sociale n’est pas loin d’atteindre le sien. C’est peut-être ce à quoi l’on aboutit quand on a la possibilité de faire dire tout et n’importe quoi aux chiffres, et que l’on choisi de leurs faire dire n’importe quoi.

 

Si la Grèce sort de l’euro, c’est l’Allemagne qui explose en premier !

Le débat fait rage chez les économistes allemands. La Bundesbank, qui possède 465 milliards d’euros de créances sur l’Eurosystème, est de plus en plus exposée à l'éclatement de la zone euro. 

Lors de la création de l’euro, les pays ont gardé leur banque centrale, bien qu’ils entraient dans une monnaie unique. La structure formée de toutes ces banques centrales et de la Banque centrale européenne (BCE) se nomme « l’Eurosystème ». Il s’agit d’une bizarrerie, normalement à une monnaie doit correspondre une seule banque centrale. Une étude d’Eric Dor de l’Ieseg met en lumière les effets délétères de cette construction baroque.
Au lieu d’avoir une banque centrale qui centralise les transactions de l’ensemble des banques européennes, chaque banque est en liaison avec la banque centrale de son pays. 
La liquidité est fournie par les différentes banques centrales, et les banques commerciales déposent leurs réserves non pas à la BCE, mais dans leur banque centrale.
Ainsi, quand une entreprise grecque achète un produit allemand, une banque grecque transfère de l’argent à une banque allemande. Et la Bundesbank (la banque centrale allemande) se retrouve avec une créance d’autant sur la Banque centrale de Grèce. A cela se rajoute les fuites de capitaux : personne ne prête aux banques grecques qui doivent donc se tourner vers leur banque centrale, et en plus les déposants grecs vident leurs comptes pour les transférer à l’étranger.
On comprend ainsi que les banques centrales des pays exportateurs accumulent des créances de plus en plus importantes sur celles des pays importateurs : les prêts de la Bundesbank au reste de l’Eurosystème atteignent le chiffre record de 465 milliards d’euros (en octobre 2011) ! En contrepartie, les dettes des banques centrales des pays de la périphérie de la zone euro se sont envolées, pour atteindre 118 milliards d’euros pour l’Irlande, 108 milliards d’euros pour l’Espagne, 101 milliards d’euros pour la Grèce, 89 milliards d’euros pour l’Italie ou 57 milliards d’euros pour le Portugal.
Les risques pour l’Allemagne sont énormes. Au cas où la zone euro éclaterait, la Bundesbank subirait des pertes gigantesques sur ces créances, car les nouvelles monnaies (drachme, etc.) perdraient de la valeur par rapport à l’euro. Dans un tel scénario, la Bundesbank devrait être recapitalisée par l’État allemand, qui verrait sa propre dette publique s’envoler.
Et même sans rupture de la zone euro, la Bundesbank s’expose à des pertes potentielles. En effet, la Banque centrale de Grèce fournit de plus en plus de liquidité aux banques grecques, on l’a vu, mais en échange de quoi ? En échange d’actifs (le « collatéral »), mais il faut gratter les fonds de tiroir et ceux-ci sont de moins en moins bonne qualité (des bons du Trésor grecs par exemple…). A un moment il faudra bien enregistrer des pertes sur ces actifs dévalués, et ils seront à la charge de l’Eurosystème tout entier (dont la Bundesbank est « actionnaire » à hauteur de 30%, soit autant de pertes).
Cette information est stupéfiante. On aurait voulu mettre un mécanisme d’autodestruction au cœur même de l’euro qu’on ne s’y serait pas pris autrement. On comprend les cris d’horreur de nos gouvernants lorsqu’est évoqué une sortie de la Grèce de la zone euro : cela provoquerait une implosion du cœur de la zone euro, le pays le plus vertueux, l’Allemagne, étant le plus touché ! On voit aussi qu’une faillite bancaire en Grèce impacterait instantanément toute la zone euro.
Il s’agit clairement d’un vice de construction de l’euro. Peut-on d’ailleurs encore parler de monnaie « unique » quand plusieurs banques centrales peuvent interagir et créer un risque systémique ?

vendredi 20 janvier 2012

Les bobos contre le peuple

Bourgeois et bohème, c’est un oxymore. La contradiction est en effet caractéristique de ce groupe social, qui cultive à la fois les qualités bourgeoises de la vie quotidienne et les spécificités d’une pensée fantaisiste, artiste, se voulant sans préjugés. Il faut voir comment s’arrangent les contraires. Et pourquoi ils se cherchent.

Le bobo est un révolté contre le système et les systèmes. En général un soixante-huitard, et à ce titre “en lutte contre”. Cependant, depuis Mai 68, il a fait du chemin et, comme il appartenait à l’élite douée, il a réussi, a occupé des places élevées, a vécu confortablement. C’est donc quelqu’un qui a mérité une vie moelleuse, voire luxueuse, tout en tenant à longueur d’année dans la main le pétard pour fustiger la société qui l’abrite.

Cette contradiction produit des personnalités bien particulières. Il y a là une discordance radicale entre la vie et la pensée : une vie bourgeoise et une pensée révolutionnaire, en tout cas en permanence révulsée, indignée, scandalisée par la société même dans la quelle s’établit cette vie bourgeoise, rangée, organisée, cossue. On va dire qu’aucun d’entre nous n’applique totalement ses idées à soi-même : il est si facile de parler et si difficile de faire… bien entendu !

Mais ici nous avons un groupe social pour lequel cette distorsion entre le discours et l’acte apparaît comme une sorte de vocation et de profession. Lorsque nous sommes pris en flagrant délit de contradiction intérieure, nous en sommes penauds et tentons vite de nous remettre en accord avec nous-mêmes, ne serait-ce que pour redevenir crédibles. Mais le bobo n’a pas de ces scrupules. Il estime que lui est pour ainsi dire programmé pour parler, discourir et surtout donner des leçons aux autres. Car il a un magistère, une autorité doctrinale et morale qui lui a été conférée parce qu’il possède la vérité – et cela est un reste de l’époque idéologique disparue. Évidemment il ne professe plus les dogmes idéologiques, mais la morale qui leur tient aujourd’hui lieu d’ersatz. Et comme cette morale est assez radicale dans sa compassion et son égalitarisme dégoulinants, la contradiction entre les paroles et la vie apparaît vite abyssale. Le bobo est celui qui, par esprit social, vilipende les hauts revenus, mais se fait adjuger dès qu’il le peut un salaire exorbitant ; qui noircit avec indignation l’héritage bourgeois mais, dès qu’il se trouve en situation d’hériter, s’arrange pour recueillir la meilleure part au détriment de sa fratrie ; qui réclame à cor et à cri l’égalité à l’école et, par la guerre souterraine des passe-droits, obtient que son enfant intègre les meilleurs établissements… Le héros du film les Invasions barbares, qui avait défendu toute sa vie la misère de l’hôpital public et qui réclamait des traitements de faveur dès qu’il se retrouvait hospitalisé, était un bobo typique.

Comme le bobo habite dans les beaux quartiers et fait ses achats dans des épiceries chic, il peut se permettre sans frais de soutenir qu’il n’y a rien de mieux que Leader Price, que les banlieues pourries sont très agréables à vivre et que la mixité sociale n’est un problème que pour les racistes du Front national.

Le groupe bobo est à la fois très restreint et très influent. Il représente une partie importante de notre élite. On peut l’expliquer par l’évolution propre aux systèmes idéologiques. Ceux-ci sont caractérisés par leur existence seulement théorique : ils se déploient dans le discours et ne se réalisent pas dans les faits. C’est ainsi que nos soixantehuitards supposent que leur morale, républicaine ou socialiste, représente pour eux un magistère doctrinal et rien de plus. L’idée de la nécessité du témoignage, tellement essentielle dans une éthique classique portée par le respect de la réalité, n’a aucun sens ici. Les anciens idéologues ignorent ce qu’est le témoignage, puisque leur discours ne s’est jamais réalisé nulle part. Ils ignorent ce que signifie s’engager soimême dans l’acte qui correspond au discours, puisqu’ils ont toujours vécu dans un monde chimérique où l’on attendait seulement que le verbe engendre la réalité, se prenant en quelque sorte pour Dieu le Père. Nous nous trouvons devant les glorieux restes d’une époque révolue. Et le côté bohème, en ce qu’il a de charmant, de fantaisiste et de gai (il est beaucoup plus facile d’être fantaisiste quand on est riche), permet d’atténuer et même d’effacer toutes les turpitudes des an ciennes idéologies – comme lorsqu’on nomme la der nière pensée marxiste une “pensée artiste” : quel don pour ennoblir l’indignité ! Finalement, de la pensée 68 il ne reste qu’une gigantesque habileté communicationnelle : la capacité de se faire encore passer pour des gens bien.

On s’aperçoit pourtant, et pas seulement dans cet exemple mais partout, que c’est toujours la vie qui l’emporte sur la pensée. Lorsqu’on fait le contraire de ce que l’on dit, ce dire est un feu follet, une pantalonnade, une nigauderie, en tout cas quelque chose que nul ne peut prendre au sérieux. C’est pourquoi le peuple citoyen, auquel on ne peut pas faire avaler n’importe quoi, a tendance à ne plus croire ces discours de Tartuffe. C’est pourquoi la gauche a perdu le peuple. Chantal Delsol, de l’Institut

Le socialisme “rationnel”

Sous la menace des “perspectives négatives” des agences de notation, sous le regard inquisiteur de la chancelière allemande et de la Banque centrale européenne, que pourraient faire les socialistes s’ils arrivaient au pouvoir ? Augmenter les impôts et faire fuir les patrimoines ? Certes, mais cela a des limites.

Sans marge de manœuvre, que feraient-ils ? De l’idéologie pour sauver les apparences – mais avec des conséquences qui, elles, seraient bien concrètes.

Paris est un bon exemple. La capitale est depuis dix ans le théâtre d’une gestion conduite par une majorité de socialistes et de Verts. Ceux-ci ont recruté un gros paquet de fonctionnaires, augmenté les taxes locales, mais pour autant cela n’a pas été la “guerre”. En revanche, ils sont en train d’organiser le chaos dans la circulation – en donnant libre cours à l’idéologie. Avant la quasi-fermeture des voies sur berges (qu’ils veulent offrir aux piétons), ils commencent, encore un symbole, par la place de la République.

Nos confrères du Nouvel Observateur ont interrogé la semaine dernière le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Celui-ci leur a livré sa « philosophie ». Laquelle commence par cette affirmation : « Il n’est pas rationnel de posséder une voiture dans la ville du XXIe siècle. » Et comme ce n’est pas “rationnel”, le maire va « diminuer l’espace qui lui est consacré » et continuer ainsi « avec le même volontarisme ». C’est-à-dire par la contrainte. Qu’est-ce que la voiture ? Le confort et la liberté d’aller et venir, à son gré, à sa guise. La voiture individuelle n’existait pas dans les régimes collectivistes ; à leur disparition, les peuples libérés se sont jetés sur les voitures, le produit phare de l’économie de marché et du capitalisme. À la campagne comme à la ville, dans des agglomérations de 15 ou 30 millions d’habitants, et même au prix d’embouteillages monstres. Où qu’il soit, l’individu ne veut rien d’autre que profiter de toute la liberté qu’il a pu conquérir. Mais pour un écolo-socialiste, la voiture, c’est l’ennemi, c’est “polluant”. M. Delanoë habille cela en prétendant que ce n’est pas “rationnel” ; au nom de quoi peut-il dire ce qui serait “rationnel” et ce qui ne le serait pas ? En quoi son jugement serait-il plus légitime qu’un autre ? En vertu de sa majorité au Conseil de Paris ? Mais la démocratie consiste aussi à respecter les droits de la minorité. Ou bien nous ne sommes plus en régime de liberté.

Pour démontrer que le fait de posséder une voiture à Paris n’est pas “rationnel”, le maire fournit un argument : « C’est trop coûteux » (5 000 euros par an). Là encore, qui peut fixer le montant de ce qui est coûteux et de ce qui ne l’est pas ? Le budget du téléphone, d’Internet, des loisirs, est-il trop coûteux ? Chacun est encore libre, selon ses besoins, ses désirs, ses moyens, de faire son choix, d’arbitrer, même et surtout si ce choix n’est pas jugé raisonnable par un autre.

Car, suivez bien la “philosophie” de M. Delanoë : après avoir affirmé que le choix de la voiture n’était pas “rationnel”, qu’il était trop “coûteux”, le maire de Paris va, suivant la même logique, dicter votre comportement. Voici comment : « Si vous habitez le XXe arrondissement, dit-il, et que vous descendez au BHV [le grand magasin], je préfère que vous le fassiez en transport en commun – c’est plus écologique. » Il ne dit pas : si vous habitez le VIIIe, le XVIIe ou le XVIe arrondissement (où l’on circule encore) – mais le XXe : un quartier resté populaire. Très intéressant ce réflexe, car c’est en effet toujours sur les classes moyennes et populaires que pèse le socialisme “rationnel”. C’est l’est de Paris, le Paris populaire, qui a été le premier congestionné par les projets de la Mairie, où l’on a barricadé les boulevards pour les interdire à la circulation et dissuader les gens d’avoir une voiture. Aux plus modestes, le transport collectif ; les autres pourront toujours prendre un taxi. Ça, c’est “rationnel” !

Futur candidat dans le VIIe arrondissement de Paris, François Fillon vient de se rendre compte que ses électeurs allaient subir le chaos provoqué par la fermeture des voies sur berges (pour faire du sport et des activités de loisirs) ; il aurait pu se préoccuper aussi, comme premier ministre, de ces quartiers populaires que les socialistes et les Verts asphyxient à Paris depuis des années pour les remplacer par leurs électeurs immigrés ou “bobos”. Les choix du maire de Paris ne sont qu’une illustration de ce que le PS fait partout où il le peut, et cela explique aussi pourquoi le socialisme “rationnel” (on disait “scientifique” au siècle dernier) fait fuir les classes populaires chez Marine Le Pen.