TOUT EST DIT

TOUT EST DIT
ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

jeudi 24 novembre 2011

La lettre Samaras en anglais

As stated in the meeting of the three Party Leaders under the auspices of the President of the Hellenic Republic C. Papoulias: “it has been agreed upon that the task of the new Government will be to materialize the decisions taken at the European Council of October 26th 2011 and to implement the economic policies linked to those decisions”.
The new Prime Minister has already pledged to fulfill this task.
Nea Demokratia is committed to support the new Prime Minister.
Nea Demokratia is strongly committed to the success of fiscal consolidation and structural reforms, rebuilding market confidence and fostering economic growth.
Nea Demokratia fully supports the targets of fiscal adjustment, regarding all issues on eliminating the deficit and reversing the debt dynamics; it also supports “tools” already implemented (albeit poorly); namely, public expenditure cutting, fighting tax evasion, structural reforms, privatization programs and capitalizing on idle real estate public property.
On the evidence of the budget execution so far, we believe that certain policies have to be modified, so as to guarantee the Program's success. This is more so, since according to the latest European Economic forecasts, Greece in 2012 will be the only European country with 5 consecutive years in recession!
We intend to bring these issues to discussion, along with viable policy alternatives, strictly within the framework outlined by the Program. We give great emphasis to allowing for prompt recovery, so that public revenues generated will help us achieve the targets set.
We also attribute special emphasis to the implementation procedures which have to be streamlined and upgraded.
The commitment of the Greek people and of Nea Demokratia to the European Union and the Euro is strong and irrevocable.
Nea Demokratia believes that Greece can get out of the crisis and safeguard its social cohesion.
We are committed to make that happen.
Sincerely,
Antonis C. Samaras
President of Nea Demokratia

SAMARAS EST LE POLITIQUE LE PLUS DÉTESTABLE DE GRÈCE, C'EST EN PARTIE À CAUSE DE LUI, QUE LA DETTE GRECQUE EST AUSSI ÉNORME.

Les hommes providentiels n'ont plus la cote en Europe

En Espagne, en Italie ou encore en Grèce, la crise pousse les peuples à appeler aux affaires des dirigeants qui ne les font pas rêver, certes, mais qui sont réputés intègres et compétents. 

Indignés, peut-être, mais plus encore dépités, les Espagnols viennent d'accorder à la droite sa plus belle victoire depuis l'avènement de la démocratie, en 1976. Mais, surtout, infligent à la gauche la plus lourde défaite qu'elle ait jamais connue. On peut dire que le peuple espagnol, peu enclin à l'indulgence à l'égard de ses gouvernants, a l'habitude de les sanctionner durement: en 2004, trois jours avant les élections, les attentats terroristes du 11 mars avaient balayé Aznar et ses ministres, jugés dramatiquement incompétents, après la mort de 191 personnes dans des trains de la banlieue de Madrid. La percée socialiste qui s'en était suivie avait porté au pouvoir José Luis Rodriguez Zapatero, instigateur d'une phase de croissance saluée de toutes parts, qui se soldera néanmoins par une crise économique sans précédent. Sept années de règne du Parti socialiste (PSOE), clôturées par des mesures d'austérité radicales - 10 milliards d'euros d'économies en 2010 - qui n'ont pas suffi à rassurer les marchés. Fin de cycle? Pas vraiment. 
Contrairement à la Grèce, l'Espagne n'a pas triché; et, à l'inverse de l'Italie, son président du gouvernement était vertueux (et noblement féministe). Mais, sans reprendre l'antienne de la dette souveraine, le royaume se retrouve aujourd'hui affublé d'un taux de chômage de plus de 21%, qui affecte près de 46% des jeunes de moins de 25 ans. Autant dire que le prochain chef de gouvernement, Mariano Rajoy (Parti populaire), dispose d'une marge de manoeuvre quasi inexistante. A tel point que ce dernier a tenu à exprimer lui-même sa retenue, au soir de la victoire, en garantissant, en quelque sorte, qu'il n'y aurait "pas de miracle".  
Exigence de résultats
C'est bien là le point commun à l'Espagne, l'Italie et la Grèce (et bien au-delà, comme l'ont montré auparavant les choix électoraux des Irlandais, des Portugais et des Slovaques). Quelles que soient les différences nationales de circonstances, de majorités ou de personnalités, la crise actuelle pousse les peuples d'Europe à appeler aux affaires des dirigeants réputés intègres et raisonnablement compétents, et non des messies dispensateurs de promesses. L'attente des opinions publiques ne relève vraiment pas de l'extraordinaire; elle se transforme en prime attribuée à ceux qui invoquent sobrement le redressement et qui se montrent a priori capables de le conduire. Une sorte de "préférence gestionnaire" conditionne les regroupements partisans, opère une sélection naturelle entre les hommes et les femmes politiques, force les équipes à se constituer de manière hétéroclite. 
Sans doute n'est-ce pas la fin des combines, mais il y a là un signal démocratique qui doit faire méditer. Avec 186 sièges obtenus par la droite sur les 350 que compte le Congrès des députés espagnol, l'exemple ibérique montre que, plutôt que de s'indigner, l'écrasante majorité des citoyens se voit mieux confier le pouvoir (ou si peu) à une formation dûment mandatée pour le "sale boulot". C'est ainsi qu'une lame de fond fait émerger un gouvernement qui ne fait en rien rêver l'Espagne. Pas d'état de grâce. Qu'il s'agisse de Mariano Rajoy, de Mario Monti ou de Lucas Papademos, les vagues politiques présentes et à venir semblent correspondre non plus à un élan soulevé par un homme et son clan, ni par un courant et un slogan, mais à une exigence de résultats qui ne se soucie guère du charisme du "redresseur". Quel sera le pays suivant? 

Elargissement de l'UE : la France juge urgent de ne pas se hâter

La France a précisé sa stratégie, mercredi 23 novembre, en matière d'élargissement. Paris demande la prise en compte de la "capacité d'absorption" de l'UE et "l'impératif de consolidation interne". Le ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, a abordé cette question au cours du conseil des ministres. "Pour que cette politique [d'élargissement] demeure un atout, elle doit être maîtrisée, en prenant en compte la situation actuelle de l'Union", précise le compte-rendu publié dans la foulée.

Traduction : la crise majeure de l'UE, qui met au jour les faiblesses de son intégration politique, impose une très grande prudence dans la poursuite de l'élargissement vers l'est et le sud-est. Cette mise au point intervient à l'approche du Conseil européen du 9 décembre, où les chefs d'Etat de gouvernement se prononceront sur les relations avec les pays des Balkans occidentaux et la Turquie.

FACE AUX "OBSTACLES POLITIQUES ARTIFICIELS"
Concernant cette dernière, la position de la France demeure ferme : hostilité à toute intégration. Tandis que le président turc, Abdullah Gül, dénonçait dimanche les "obstacles politiques artificiels" qui bloquent les négociations d'adhésion, Paris ne varie pas de ligne. Prudemment, la France envisage de "relancer la relation" européenne avec la Turquie via "des avancées concrètes" : "rapprochement des normes, dialogue politique renforcé, visas, réadmission et contrôle aux frontières".

En revanche, la France soutient l'attribution à la Serbie du statut de candidat, "moyennant la reprise du dialogue engagé avec le Kosovo et des avancées concrètes en ce sens". Les délégations des deux pays ont repris leurs discussions, sous l'égide de l'UE, lundi et mardi, après deux mois sous haute tension dans le nord de l'ancienne province serbe, devenue indépendante en février 2008. Serbes et Kosovars n'ont réussi à s'entendre qu'au sujet de la reconnaissance mutuelle des diplômes universitaires. Aucun progrès, en revanche, sur le passage des postes-frontières au nord, si chèrement disputés entre Pristina et la population serbe locale. Une nouvelle rencontre devrait avoir lieu la semaine prochaine.

La candidature de la Croatie à l'UE, elle, est tellement avancée que le gouvernement n'a pas jugé nécessaire d'y faire référence. Invitée comme observateur au sommet du 9 décembre, la Croatie devrait devenir le 28e Etat-membre à la mi- 2013, une fois que les Vingt-Sept auront ratifié le traité et qu'un référendum se sera tenu en Croatie. Concernant le Monténégro, la France juge "prématurée" une ouverture des négociations dès décembre. Elle réclame six mois de plus pour juger l'efficacité des réformes engagées, "notamment pour le renforcement de l'Etat de droit".
Quant au Kosovo, la France "pourrait marquer un accord de principe" sur l'ouverture d'un dialogue en matière de libéralisation des visas, "à terme".

ÇA SUFFIT, PAS DE KOSOVO PAS DE SERBIE, NOUS AVONS DÉJÀ LES POLONAIS QUI NOUS EMMERDENT.
STOP !

Grèce : les jeunes diplômés fuient le pays

40 000 Irlandais ont abandonné leur île l'année dernière. Au Royaume-Uni pour la première fois, les Espagnols arrivent dans le top 5 des immigrés. On estime entre 30 000 et 70 000 le nombre de Portugais candidats au départ. Chômage, crise de la dette, le vieux continent perd ses diplômés. Et c'est encore plus vrai en Grèce.

L'exil des diplômés commence fortement à inquiéter le gouvernement grec. On estime autour de 9 %, le nombre de jeunes partis chercher du travail à l'étranger. Destinations l'Allemagne, le Royaume-Uni, les pays nordiques, ou encore l'Australie.
7 jeunes grecs sur 10 disent vouloir quitter le pays
Ces jeunes, qualifiés, ne trouvent pas de travail à la hauteur de leurs compétences, ni même de travail tout court. Selon les statistiques officielles du pays, la moitié des chômeurs a moins de 26 ans.
Pour le moment l'exode est contenu, mais il pourrait s'aggraver : 7 jeunes grecs sur 10 disent vouloir quitter le pays. Comment les retenir ? Le gouvernement grec tente de les inciter à lancer leur propre business. Une méthode limitée sans aide financière à l'entreprenariat.
Des chasseurs de tête européens, eux, se sont mis sur le marché à la recherche de cadres confirmés. Le Suédois Paragona, qui se présente comme le leader européen du recrutement dans le secteur de la santé, multiplie les publicités sur internet en garantissant un bon salaire.

Ultime chance pour la Grèce de conserver l'euro, dit sa banque

La Grèce a obtenu une dernière chance de rester dans la zone euro et doit faire un "effort maximum" pour éviter d'être ramenée plusieurs décennies en arrière, a averti mercredi la banque centrale hellénique.

Dressant un tableau sévère des finances du pays, la Banque de Grèce a dit que l'incapacité à atteindre ses objectifs fiscaux, les retards de mise en oeuvre de réformes et une forte contraction économique avaient remis en cause ses récentes affirmations quant à la soutenabilité de la dette du pays.
"Le pays doit éviter à tout prix de nouveaux retards ou déviations par rapport aux objectifs; tous les efforts possibles sont nécessaires pour faire mieux que les objectifs", a déclaré la Banque dans son rapport intérimaire de politique monétaire.
"La conjoncture actuelle est la période la plus critique de l'histoire grecque de l'après-guerre. Ce qui est en jeu est de savoir si le pays va rester au sein de la zone euro."
Le nouveau Premier ministre, Lucas Papadémos, a promis de faire avancer les réformes, bien qu'il rencontre un soutien mitigé concernant les principaux partis et une opposition syndicale au nouveau plan d'austérité auquel il s'est engagé.

mercredi 23 novembre 2011

L’Allemagne, comme la Grèce, a maquillé ses comptes !

Selon un article du Monde (lire), l’ensemble des grands argentiers européens (ministres, banquiers, institutionnels) affirment que l’Allemagne a truqué son déficit. 

En son temps, la Grèce, sur les conseils des experts du Goldman-Sachs, a maquillé son déficit pour le « cacher sous le tapis » (voir).
C’est aujourd’hui au tour de l’Allemagne de voir  ses manipulations dévoilées.
Selon les spécialistes, la méthode allemande apparaît plus « maline » que la méthode grecque: beaucoup d’emprunts allemands engagés pendant la crise n’ont pas été réalisés par le Trésor Fédéral Allemand, mais par des Fonds Fédéraux Spéciaux (les « Sondervermögen »).
Comment ça marche ?
L’Etat Fédéral dispose de 14 fonds spéciaux, créés par l’article 48 de la loi d’organisation financière allemande.
Ces Fonds permettent de réaliser des emprunts pour soutenir des secteurs ou des politiques, sans que l’Etat Fédéral ne soit impliqué. Il s’agit « d’opérateurs », ou d’une « externalisation des engagements« .
Grâce à cette méthode, l’Allemagne est parvenu à maquiller une partie de son déficit, qui est supérieur de 2 points au déficit affiché et de sa dette qui est, en réalité, bien supérieure à 60% du PIB.
Jusqu’à présent, les marchés n’ont pas trouvé d’intérêt à contester la validité des chiffres allemands.
Cependant, alors que la croissance de son PIB devrait passer de 3% à 1%, certains spéculateurs à la baisse pourraient attaquer l’Allemagne et utiliser cette information.
Un tel aveu viendrait porter un coup considérable à la stabilité de la zone euro, dont le dernier Etat vertueux et dynamique serait perdrait la confiance des marchés.
On peut dire que son avenir ne tient plus qu’à la volonté des marchés financiers de se voiler la face… mais jusqu’à quand ?
Retrouvez l’article sur le blog de Aktès en cliquant ici.

Samaras s'engage pour le plan UE, veut changer certaines politiques

 Le dirigeant du parti de droite grecque, Antonis Samaras, a indiqué mercredi dans une lettre adressée aux créanciers du pays (UE-FMI-BCE) qu'il soutenait les objectifs du plan européen de sauvetage de la Grèce, qui requiert néanmoins selon lui quelques modifications dans sa mise en oeuvre.


La Nouvelle Démocratie (droite grecque) soutient pleinement les objectifs d'ajustement budgétaire sur l'élimination du déficit public et l'inversion de la dynamique de la dette, écrit M. Samaras, soulignant qu'il croit cependant que certaines politiques doivent être modifiées pour garantir la réussite du plan.

La lettre d'une page et demie a été envoyée au président de la Commission européenne José Manuel Barroso, au chef de file des ministres des Finances la zone euro Jean-Claude Juncker, au nouveau président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et à la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI) Christine Lagarde.

M. Samaras dit également être en faveur des outils déjà utilisés quoique mal utilisés, tels que la réduction des dépenses publiques, la lutte contre l'évasion fiscale, les réformes structurelles et le programme de privatisations.

Au plan budgétaire, nous croyons que certaines politiques doivent être modifiées afin de garantir la réussite du plan, poursuit-il dans sa lettre. ceci d'autant plus que, selon les dernières prévisions économiques de l'Union européenne, la Grèce sera en 2012 le seul pays européen à traverser sa cinquième année consécutive de récession ! ajoute-t-il.

M. Samaras, qui s'est récemment rallié à l'idée d'un gouvernement d'union nationale avec les socialistes et l'extrême droite pour sauver la Grèce de la faillite, avait jusqu'à présent refusé de s'engager par écrit sur l'accord conclu fin octobre à Bruxelles concernant le deuxième plan de sauvetage du pays, un engagement qu'exigeaient ses créanciers.

A la suite d'un appel de M. Barroso lundi, la chancelière allemande Angela Merkel a aussi exhorté mercredi le parti conservateur grec à s'engager sur les réformes nécessaires destinées à garantir le versement d'un prêt vital pour Athènes, jugeant son opposition d'autant plus regrettable qu'elle émanait de sa propre famille politique.

Guéant accuse Hollande d'organiser "l'abaissement de la France" à l'ONU

Le ministre de l'intérieur Claude Guéant a accusé, mercredi 23 novembre, François Hollande d'"organiser l'abaissement de la France dans les instances internationales" en proposant que son siège au Conseil de sécurité de l'ONU soit attribué à l'Union européenne.

Claude Guéant a expliqué avoir "découvert une phrase de l'accord entre les Verts et les socialistes tout à fait étonnante puisque les deux partis, donc M. Hollande, proposent qu'au Conseil de sécurité [de l'ONU], ce soit désormais un représentant de l'Union européenne qui siège et que, par conséquent, la France n'y siège plus". Le ministre a ajouté trouver "ça très étonnant", "extraordinaire" et méritant "d'être connu des Français".

Selon l'accord PS-EELV, en cas de victoire de la gauche aux élections du printemps, "la France fera des propositions précises pour réformer et démocratiser l'ONU afin qu'elle structure un ordre juridique et normatif global : siège européen, suppression du droit de veto, meilleure représentativité des pays du Sud au sein du Conseil de Sécurité, renforcement du rôle des ONG."

Les deux formations n'ont pas précisé dans ce texte si le siège européen qu'ils appellent de leur voeu devait remplacer celui occupé actuellement par la France au Conseil de sécurité, où siège également, comme autre pays européen, la Grande-Bretagne.

HOMMAGE A DANIELLE 

Projet UMP : Sarkozy sceptique sur la suppression des 35 heures

Lors d'une réunion d'arbitrage à l'Élysée, le président a exprimé ses réserves sur la mesure-phare du projet économique de l'UMP.


 Mesure-phare du projet présidentiel de l'UMP, la réforme des 35 heures pourrait bien finir au placard. Nicolas Sarkozy n'entend pas reprendre cette proposition à son compte. C'est ce qu'il a signifié lundi soir au patron du parti majoritaire Jean-François Copé, et à Bruno Le Maire, le responsable du projet, lors d'une réunion d'arbitrage du projet à l'Élysée. "Ce point a suscité un débat. Nicolas Sarkozy a argumenté, chacun s'est exprimé", reconnaît Valérie Rosso-Debord, députée proche de Jean-François Copé.

Même si le président n'a pas souhaité aller jusqu'au veto, l'Élysée confirme son scepticisme. "Nicolas Sarkozy est inquiet au sujet des allègements des charges", explique un conseiller du président. Ces allègements sont censés compenser le surcoût des 35 heures pour les entreprises et protéger les emplois non qualifiés. S'ils étaient supprimés, "cela reviendrait à augmenter le coût du travail et risquerait d'entraîner une hausse du chômage", explique ce proche de Nicolas Sarkozy. Et de résumer : il n'est pas "fanatique" de cette solution. Le chef de l'État l'avait d'ailleurs déjà laissé entendre en janvier dernier, lorsque l'aile libérale de l'UMP incarnée par Hervé Novelli avait dévoilé cette proposition controversée.
Une mesure pour les députés
À l'UMP, on admet que le projet pour 2012 - qui sera ficelé et chiffré autour de la mi-décembre - ne peut être qu'une "boîte à outils" pour le chef de l'État. Libre à ce dernier, qui ne compte pas déclarer sa candidature avant fin janvier, de choisir ensuite les thèmes forts de sa campagne. "Le projet du parti majoritaire n'engage pas totalement le président", explique-t-on à l'Élysée.
Alors simple faire-valoir, le projet UMP ? Non, répond Valérie Rosso-Debord. "Les propositions qui ne seront pas reprises par le chef de l'État pour la présidentielle - notamment celle des 35 heures - pourront faire partie de la plate-forme législative portée par l'UMP à l'Assemblée", assure-t-elle. Une façon de ne pas perdre la face.

Nouvelle publication massive d'e-mails de chercheurs sur le climat

La méthode, le contenu, jusqu'au pseudonyme utilisé : tout, ou presque, rappelle l'affaire dite du "climategate". Ce mardi, un nouveau dossier contenant des e-mails présumés de la Climatic Research Unit (CRU), un département de l'université d'East Anglia, en Grande-Bretagne, a été publiés sur Internet. Le fichier a depuis été supprimé.

Une personne se faisant appeler "foia", en référence au Freedom Of Information Act, qui permet aux citoyens du Royaume-Uni de demander l'accès à tout document du service public, a transmis à un blog un lien vers un fichier contenant 5 000 e-mails, auxquels s'ajoute un dossier encrypté contenant, selon "foia", 220 000 messages supplémentaires.

Dans un bref communiqué, l'université d'East Anglia a reconnu que les 5 000 messages pourraient être authentiquement des courriels échangés par ses chercheurs. Selon l'université, aucune faille de sécurité récente n'a été détectée dans son infrastructure informatique ; elle laisse entendre que les messages pourraient provenir de l'ensemble des documents présumés piratés en 2009.

TEMPÊTE POLITIQUE
Cette année-là, un certain "foia" avait transmis à des blogs de climatosceptiques un premier lot de messages échangés par les chercheurs de la CRU. Elle affirmait qu'ils contenaient la preuve que certains scientifiques avaient délibérément occulté ou modifié des données pour accréditer leur démonstration de l'importance du réchauffement climatique.
La publication des documents avait coïncidé avec la tenue d'un important sommet international sur le réchauffement climatique à Copenhague. La CRU, une partie importante de la communauté scientifique et des hommes et femmes politiques avaient alors dénoncé une tentative de manipulation visant à faire échouer le sommet. Certains pays, dont l'Arabie saoudite, avaient effectivement profité de la publication des documents pour remettre en question la réalité du réchauffement climatique.
Mais les chercheurs de la CRU avaient été rapidement blanchis par une enquête parlementaire, qui concluait que leurs recherches étaient conformes aux pratiques en vigueur. Ce "climategate" avait toutefois rouvert le débat sur l'accès aux données scientifiques. La CRU se refusait notamment à rendre publics certains relevés de températures, expliquant qu'ils étaient le fruit d'une collaboration internationale entre plusieurs équipes de chercheurs et qu'ils ne pouvaient donc pas prendre seuls l'initiative de les publier. L'enquête parlementaire avait également montré que certains e-mails avaient été effacés par le directeur de la CRU pour éviter qu'ils puissent tomber sous le coup d'une demande de Freedom Of Information Act.

ENQUÊTE AU POINT MORT
Après la publication des documents, l'université avait porté plainte contre X, s'estimant victime d'un piratage informatique. Mais l'enquête, toujours ouverte deux ans après les faits présumés, est toujours au point mort.
Dans un point d'étape sur l'enquête, publié par la police après une demande basée sur le… Freedom Of Information Act (PDF), la police du Norfolk expliquait en mai dernier que l'enquête était toujours en cours. "Les investigations se poursuivent et plusieurs enquêteurs continuent de travailler avec des organisations spécialisées pour faire aboutir cette enquête. Il serait prématuré de nous prononcer davantage à ce stade de l'enquête."
Plusieurs éléments tendraient à montrer que les messages auraient pu être hébergés sur un serveur mal sécurisé. L'hypothèse d'un piratage politique, exécuté par des pirates russes, a été défendue par certaines organisations écologistes et scientifiques, mais aucune preuve n'a pour l'instant été apportée de l'implication de pirates étrangers. Certains climatosceptiques ont également évoqué la piste d'une fuite d'origine interne, là non plus sans qu'aucune preuve soit apportée.

UN ÉTRANGE MESSAGE DE REVENDICATION
Principale différence avec la publication précédente, "foia" a, cette fois, inclus un message de revendication dans le dossier publié. Il y explique avoir sélectionné les 5 000 messages après des recherches dans l'ensemble de la base de données, auxquels il a ajouté ses propres remarques.
Surtout, dans une sorte de mini-manifeste, "foia" explique que "plus de 2,5 milliards de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour. Chaque jour, près de 16 000 enfants meurent de faim et des maladies liées à la malnutrition. Si un dollar peut sauver une vie, l'inverse est nécessairement vrai. La pauvreté est une sentence de mort. Les états doivent investir 37 trilliards de dollars dans les technologies de l'énergie d'ici à 2030 pour stabiliser leurs émissions de gaz à effets de serre. Les décisions que nous prenons aujourd'hui devraient être basées sur l'ensemble des informations à notre disposition, et non en cachant le déclin", faisant vraisemblablement allusion par ce dernier terme aux émissions de gaz à effet de serre, l'auteur semblant considérer que des informations accréditant les thèses climatosceptiques figurent dans les documents.
Pour l'université d'East Anglia, la publication des documents serait plutôt "une tentative, minutieusement préparée, pour relancer une controverse sur le changement climatique dont la recherche scientifique a démontré qu'elle était sans fondement dans trois études séparées et indépendantes".

Et maintenant, allemand pour tous

"L'Europe parle allemand !", se réjouit le député allemand Volker Kauder. Attention à l’excès de confiance, met en garde la Berliner Zeitung. Ce n’est pas à cela que ressemble une fédération de démocraties libres. 

Quand Gerhard Polt a sorti au cinéma son formidable “Man spricht deutsh”, en 1988, on pouvait rire de bon cœur, et en toute innocence, de cette caricature des touristes allemands en Italie. Deux ans avant la réunification, il était indéniable que le chauvinisme empreint de condescendance des Allemands était certes monnaie courante dans les campings et autour des Stammtische [grandes tables réservées où se retrouvent des habitués], mais aussi que la politique de la RFA était profondément européenne, en pensée comme dans la pratique, et n’avait rien d’hégémonique.
Aujourd’hui, l’essayiste britannique Timothy Garton Ash préconise l’introduction d’un nouveau verbe dans la langue anglaise : to kauder. La définition : tenir des propos de comptoir sur la scène politique européenne. Il faisait ainsi référence au discours du chef du groupe CDU-CSU [au Bundestag] Volker Kauder le jour du congrès du parti. Ce proche de la chancelière Angela Merkel avait évoqué les événements de la semaine avec éloquence : “Aujourd’hui, tout d’un coup, l’Europe parle allemand !”

La satire devenue réalité

Volker Kauder ne faisait pas allusion au projet auquel s’accroche vainement la CDU de faire de l’allemand la langue d’usage à Bruxelles, mais au diktat de l’Allemagne imposant à ses voisins de mener une politique d’épargne et de stabilité, en d’autres termes une politique d’austérité. Moins de vingt-cinq ans après le film, la satire est devenue réalité.
L’Europe redoute l’hégémonie allemande quand les Allemands n’y trouvent rien à redire. Pour leurs dirigeants, c’est un succès. La conclusion des touristes du film de Gerhart Polt – l’Italie serait un beau pays s’il n’y avait pas les Italiens – est désormais reprise dans le quartier du gouvernement, à Berlin.
Après les désastres de la politique hégémonique allemande, que nous devons à Bismarck, Guillaume II et Hitler, et qui ont finalement conduit à une déchéance politique et morale totale de la nation allemande, l’intégration de la RFA dans la communauté européenne (occidentale) a toujours eu deux objectifs : le retour du pays dans la communauté internationale et une assurance contre ses ambitions hégémoniques.
C’est le mérite historique de Konrad Adenauer, de Willy Brandt et de Helmut Kohl que d’avoir conduit cette politique de manière à la fois crédible et fructueuse sur plusieurs décennies. Mais, lorsqu’on a entrevu, en 1990, qu’une Allemagne unifiée nettement plus puissante que les deux fragments d’Etat qu’étaient la RFA et la RDA allait émerger au cœur de l’Europe, les voisins de l’Allemagne, et certains cercles allemands, se sont demandé si cette politique allait pouvoir durer.
Helmut Kohl et les siens ont répondu avec Thomas Mann : “Nous ne voulons pas d’une Europe allemande, mais d’un Allemagne européenne.” Comme en gage de bonne volonté, ils ont même renoncé au mark, symbole aimé et choyé du miracle allemand de l’après-guerre.
Cependant, cette évolution s’est accompagnée d’un changement de mentalité qui, insidieux au départ, n’est apparu concrètement pour la première fois qu’avec le jugement de la Cour constitutionnelle sur le traité de Lisbonne en 2009. Celle-ci a souligné la souveraineté de l’Etat allemand comme si l’objectif était une Europe allemande. Mais il a fallu attendre la crise de l’euro pour que cette interprétation juridique ne devienne une pratique politique nettement plus rigide que toutes les décisions des juges de Karlsruhe.

Angela Merkel a une passion pour l'Europe

D’une certaine manière, il faut reconnaître à Volker Kauder le mérite de s’être affranchi des formules diplomatiques compassées avec ses fanfaronneries arrogantes et péremptoires. Peut-on encore parler d’Europe démocratique, égalitaire et diverse quand, sous la houlette de l’Allemagne, on impose aux pays du Sud de la zone euro, comme s’ils n’avaient pas le choix, la politique d’austérité échafaudée à Berlin et mise en œuvre par de prétendus gouvernements d’experts ? Et puis comment concilier la pression politique exercée par Berlin sur la Banque centrale européenne avec l’indépendance que celle-ci ne cesse de proclamer ?
Au crédit d’Angela Merkel, on peut dire qu’elle n’a pas cherché à endosser ce rôle directeur. Pourtant la puissance économique de l'Allemagne, qui a été d’abord le fruit d’un euro prospère, puis d'une politique d’austérité ces dernières années, oblige désormais la chancelière à exercer un leadership selon les intérêts allemands.
C’est ainsi que le projet de référendum en Grèce a été qualifié de menace, que la France a été poussée à emboîter le pas de l’Allemagne, et que la voie suivie débouche finalement sur un noyau dur d’inspiration allemande, composé des pays de la zone euro – et peut-être bientôt des seuls pays les plus solides de la zone euro.
Le fait qu’Angela Merkel vienne de se découvrir une passion pour l’Europe est une bonne nouvelle. Mais il s’agit d’une tout autre Europe que la fédération de démocraties libres et égales dont ses précurseurs avaient rêvé jadis.

Une rigoriste peu rigoureuse

Berlin se pose en havre de stabilité au cœur de la crise – et les marchés financiers y croient. Pourtant, le pays ne respecte pas tous les critères de discipline budgétaire. Une attitude à la fois arrogante et dangereuse. 

Les investisseurs des marchés financiers et les dirigeants politiques allemands n’ont en réalité que peu de choses en commun : en règle générale, les premiers ne comprennent pas pourquoi les seconds ont besoin de tant de temps pour appliquer les décisions prises lors des sommets de crise. A l’inverse, les premiers sont les boucs émissaires tout désignés des seconds dès qu’il s’agit d’attribuer à quelqu'un la paternité de la crise.
Etonnamment, les uns et les autres tombent néanmoins d’accord sur un point : leur opinion de la politique budgétaire allemande. Jugée solide, elle est érigée en exemple pour tous les pays endettés du Sud de l’Europe. Même si les faits disent tout à fait autre chose, personne ne veut vraiment remettre en question cette vérité générale.

Un modèle pas si rigoureux

Ce qui permettait au chef du groupe CDU-CSU [au Bundestag], Volker Kauder, de jubiler récemment lors du congrès du parti : en Europe, désormais, "on parle allemand". Ce chauvinisme fier-à-bras résume plutôt bien la politique de sa chancelière. Depuis l’éclatement de la crise de l’euro au printemps 2010, le leitmotiv d’Angela Merkel peut se formuler ainsi : si tout le monde était aussi fort que les Allemands pour faire des économies, il n’y aurait pas de problèmes.
Il faut reconnaître une chose à Angela Merkel : elle a été manifestement très convaincante. Les investisseurs des marchés financiers, en tout cas, ont visiblement cru la chancelière. Tandis qu’ils imposent une hausse des taux d’intérêt à la quasi-totalité des autres pays de la zone euro pour les achats d’obligations d’Etat, ils donnent leur argent quasiment pour rien au ministre des Finances allemand.
Les arguments rationnels ne permettent guère de comprendre comment nous en sommes arrivés là. Naturellement, si l’on y regarde d’un petit peu plus près, on s’aperçoit que des pays comme l’Espagne ou l’Italie ne vont pas aussi mal, loin de là, que l’envolée de leurs taux d’intérêt ne le laisserait penser. Et que l’Allemagne, plus particulièrement, n’est pas le modèle de rigueur qu’elle prétend être.
Dans ses derniers pronostics, la Commission européenne table sur un taux d’endettement de 81,7% du produit intérieur brut (PIB) pour l’Allemagne en 2011. C’est nettement plus que le plafond des 60% prescrit par le Pacte de stabilité européen – ce même pacte dont le gouvernement fédéral rebat les oreilles des pays du Sud de l’Europe, et qu’il aimerait tant renforcer. Qui veut prescrire un durcissement des règles ferait mieux de s’y conformer lui-même.
Jean-Claude Juncker, le chef du gouvernement luxembourgeois, est donc en droit de s’irriter du paternalisme allemand. Malgré la crise qu’elle traverse, l’Espagne est par exemple beaucoup plus proche de respecter le pacte de stabilité, avec un taux d’endettement de 69,6%, que l’Allemagne. Même les Néerlandais (64,2%) ou les Finlandais (49,1%) sont mieux placés que les Allemands pour se poser en gardiens européens de la discipline budgétaire.

Le made in Germany fabriqué à des coûts avantageux

La seule chose qui incite aujourd’hui à faire confiance aux finances publiques allemandes est le ratio de déficit relativement faible du pays, c’est-à-dire l’endettement supplémentaire rapporté à la performance économique. Le fait qu’il soit largement inférieur à celui des pays en crise du Sud de l’Europe a de multiples raisons – dont aucune, cependant, n’est liée à l’image de modèle de rigueur que se donne volontiers le gouvernement.
Au contraire : l’Allemagne n’épargne pas. Les dépenses du budget fédéral ont même augmenté récemment et devraient tourner autour des 300 milliards d’euros dans les années à venir, selon le budget prévisionnel. Le programme d’austérité adopté dans l’effervescence à l’automne dernier a aussi peu évolué que la règle d’or que les Allemands colportent si volontiers en Europe.
Si le ratio de déficit baisse, c’est uniquement du fait de la conjoncture favorable de ces derniers dix-huit mois. Elle a permis à l’Allemagne d’engranger des recettes fiscales plus élevées que prévues tout en dopant le PIB. Comme il est calculé sur la base de l’endettement supplémentaire, le ratio déficit-PIB recule. Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec les mesures d’austérité.
La bonne santé économique du pays jusqu’à présent n’est pas le résultat d’une ascèse – ou en tout cas, pas de celle de l’Etat. Si le made in Germany est aussi prisé à l’étranger, c’est surtout grâce aux employés allemands qui fabriquent des produits de qualité à des coûts relativement avantageux.
En faisant avec arrogance l’éloge de la discipline de l’Etat allemand, le gouvernement actuel fait beaucoup de dégâts en Europe. En Grèce, en Espagne ou en Italie, où ils étaient estimés pour leurs vertus – en tout cas autrefois – les Allemands sont désormais considérés comme des pères-la-rigueur arrogants qui veulent apprendre aux gens du reste du continent comme ils doivent vivre et travailler. Cela ne pourra pas fonctionner indéfiniment.

mardi 22 novembre 2011

Le couple Strauss-Kahn – Sinclair attaque en justice Henri Guaino et plusieurs médias

Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair ont annoncé, mardi 22 novembre, qu'ils avaient déposé une plainte contre le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, et assigné plusieurs médias pour leur couverture "outrancière" de l'affaire de proxénétisme du Carlton.

"Plusieurs assignations ont déjà été ou vont être délivrées, à L'Express, au Figaro, au Nouvel Observateur, à Paris Match et à VSD", écrivent les avocats du couple, Mes Frédérique Baulieu, Richard Malka et Henri Leclerc. "Les propos tenus par M. Henri Guaino sur la chaîne Paris Première justifient également le dépôt d'une plainte pénale au regard de leur gravité."

"VOYEURISME LE PLUS DÉTESTABLE"
Dans un communiqué transmis à l'AFP le 14 novembre, les avocats de l'ancien directeur du FMI dénonçaient le "voyeurisme le plus détestable" et des "dérapages inquiétants quant au respect des principes élémentaires des droits de la personne". Epaulés par leur confrère Richard Malka, avocat de Clearstream contre Denis Robert et de Charlie Hebdo lors de l'affaire des caricatures de Mahomet, ils  pointaient ceux qui portent notamment atteinte à la vie privée "en fantasmant sur les prétendues intentions ou les états d'âme allégués" du couple "sous couvert d'hypothétiques déclarations de tiers courageusement dissimulés derrière un anonymat revendiqué".
Le Journal du dimanche du 13 novembre avait ainsi publié des témoignages de proches du couple affirmant que DSK était "brisé" et aurait reconnu devoir se faire soigner. Le Figaro annonçait vendredi qu'Anne Sinclair s'apprêterait à tourner la page. Commentant sur France Inter ces articles, Me Henri Leclerc avait dénoncé mercredi "une campagne nauséabonde, racoleuse, grotesque au nom de la vertu" menée par "un certain nombre de journalistes qui préfèrent faire une campagne graveleuse" en provoquant "la mise à mort d'un homme déjà à terre".
"DODO LA SAUMURE AURAIT FAIT IRRUPTION DANS LA CAMPAGNE"
Henri Guaino avait pour sa part estimé vendredi dans l'émission "Zemmour et Naulleau", sur la chaîne Paris Première, que, sans l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn en mai à New York, l'ancien directeur du FMI aurait remporté la primaire socialiste, et que le proxénète présumé "Dodo la Saumure aurait fait irruption dans la campagne". L'affaire Dominique Strauss-Kahn, "ce n'est pas un problème de vie privée, on est à la charnière entre vie privée et délinquance", relevait le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy. "Ce qui s'est passé aux Etats-Unis relevait d'un acte judiciairement répréhensible. L'histoire du Carlton de Lille, pardon, mais c'est exactement la même chose. Ce sont ses relations supposées avec des gens qui dirigent des réseaux de prostitution, qui ont d'ailleurs des noms admirables", ajoutait-il.

Le nom de M. Strauss-Kahn est régulièrement cité dans l'affaire de proxénétisme de l'hôtel Carlton de Lille, qui implique des hommes d'affaires et des policiers. Jeudi 10 novembre, le quotidien Libération a ainsi fait état de SMS évoquant des soirées libertines dans plusieurs villes européennes, qui auraient été envoyés par M. Strauss-Kahn à Fabrice Paszkowski, mis en examen pour proxénétisme aggravé et escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs, écroué depuis.
IL N'Y A QU'A VOIR LA PHOTO POUR SE RENDRE COMPTE DE LA JOIE D'ANNE SAINCLAIRE.

Comment déterminer qui est « détraqué » ?

De l'art et la manière de récupérer un fait divers tragique à des fins électorales ! Ils ne sont pas plus fins les uns que les autres. Ni ceux qui, hier matin, réclamaient - ou annonçaient ? - la création de centres fermés à raison d'un par département ; ni le gouvernement qui décidait que « toute personne qui a commis un crime sexuel particulièrement grave doit être placée en centre éducatif fermé lorsqu'il est mineur » et même jusqu'à un jugement et une éventuelle condamnation. À chaque campagne ses symboles. Agnès a été tuée, bon sang ! Messieurs Dames les politiques, vous êtes prompts à appeler les médias à plus de retenue, souvent à raison, mais parez-vous aussi du costume vertueux de la pudeur quand c'est nécessaire. En l'occurrence, on est face à un être humain, un mineur, plutôt bon élève semble-t-il, qui a un problème avec les filles. Un tourment tel qu'il était en attente d'un jugement pour un viol quand il a recommencé, allant jusqu'à effacer la vie de sa victime comme pour gommer son acte odieux. Les psys n'y ont vu que du feu. Les juges s'en sont remis aux psys ; et ont confié ce jeune homme à une communauté éducative. Après coup, il est évident que le meurtrier d'Agnès n'avait pas sa place dans un établissement scolaire, fût-il qualifié de « la dernière chance » ; il ne relevait pas de la compétence des enseignants ; il y a eu « dysfonctionnement » pour paraphraser le ministre de l'Intérieur. Et toutes ces agitations dans l'émotion ne régleront pas le problème de fond : que faire d'un détraqué sexuel, par ailleurs « normal » ? Quatre mois, quatre ans ou quarante ans de prison n'en feront jamais un ange à sa sortie. Il restera dangereux. Et la condamnation des familles des victimes, c'est de toute façon la perpétuité. Mais qui peut prétendre déterminer qui est détraqué ou ne l'est pas ?

Front de maires

Ils sont en première ligne, avec vue sur la crise. Et ils se seraient bien passés de ce poste d’observation qui les expose à toutes les colères et les frustrations de la société. Une situation à la fois inconfortable et paradoxale : ils sont les élus préférés des Français mais on continue de les considérer comme les détenteurs d’un pouvoir secondaire. Ils sont à la fois les bien-aimés de la République… et les mal-aimés de l’État. Les maires qui tiennent leur congrès à partir de ce matin sont bien obligés d’assumer ce statut un brin schizophrène. Un mérite insuffisamment reconnu tant ils parviennent à maintenir la cohésion sociale de la France contre vents et marées, résistant vaille que vaille aux turbulences du microcosme politique.

Plus que jamais, ils doivent affronter des vents contraires. C’est que les tempêtes de l’économie et de la finance ont eu pour effet de concentrer un peu plus encore les centres de décisions à Paris. Elles offrent une revanche au vieux jacobinisme français que Nicolas Sarkozy incarne plus qu’aucun de ses trois prédécesseurs à l’Élysée, et qu’il n’a cessé de renforcer tout au long de son hyperprésidence. Le président de la République, qui n’a jamais oublié les accents du ministre de l’intérieur qu’il fut, a toujours su trouver les mots pour retourner l’humeur maussade, voire la franche hostilité, des séances plénières des 7 000 congressistes de la porte de Versailles. Des succès chaleureux qui ne l’ont pas empêché, le reste du temps, de « charger » assidûment les collectivités locales, accusées - le plus souvent sans distinction - d’être trop dispendieuses.

Cette fois, au prétexte de respecter une neutralité électorale absolue, le chef de l’État ne viendra pas. Cela lui épargnera la grogne des élus un peu traumatisés par une réforme de l’intercommunalité, dont ils acceptaient le principe, mais qu’on a voulu leur imposer d’en haut, à la hussarde. C’est le premier ministre qui s’y collera. François Fillon osera-t-il faire la morale à ces élus locaux dont il a ouvertement et collectivement mis en cause la responsabilité dans l’accroissement de la dette publique? De toute façon, le chef du gouvernement n’aura pas la partie facile en promoteur d’une réforme territoriale que la victoire de la gauche aux Sénatoriales a condamnée pour un bon moment au moins. Quoi de mieux pour éprouver son goût de l’adversité… en pariant sur la résignation de son auditoire.

Besoin de crédit

À cinq mois de l'élection, l'écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy se resserre, au premier tour. Disposant de plus de réserves à gauche que Nicolas Sarkozy n'en possède à droite, à cause du Front national, le candidat socialiste reste très largement favori au second tour.

Malgré un nombre élevé d'indécis, notre sondage BVA (lire page 3) confirme une évolution, pour l'instant, assez logique.

Après l'euphorie de la primaire, François Hollande flottait sur un nuage artificiel. Nicolas Sarkozy, à cause du rejet de sa personne autant que de sa politique, restait au plus bas. Pour des raisons banalement mécaniques, accentuées par une « présidentialisation » du chef de l'État dans la crise, on retrouve des niveaux réalistes.

Deuxièmement, pendant que le Président se démenait sur la scène internationale, François Hollande, rentré d'urgence de quelques jours de repos, a perdu la maîtrise du tempo médiatique. Il a subi les attaques assassines de Jean-Luc Mélenchon et la candidature de Jean-Pierre Chevènement. Il a semblé très politicien par rapport à la gravité de la crise. On ne ridiculise pas un capitaine en pleine tourmente.

Enfin, François Hollande a semblé faire des concessions en réservant soixante circonscriptions aux écologistes. La cacophonie autour de la filière mox, le combustible du futur EPR, et le plan de fermetures de réacteurs ont pu inquiéter par leur ampleur. On n'adresse pas un message rassurant quand, déjà, on peine à conclure avec un petit parti allié.

En réalité, François Hollande n'a pas changé de ligne et n'a même rien cédé, ni sur l'EPR ni sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Son programme, annoncé jusqu'en 2025, correspond, pour ce qui est du prochain quinquennat, à deux ou trois fermetures de centrales, pas plus, compensées par des économies d'énergie et par la mise en service du nouveau générateur de Flamanville. Ce n'est pas demain que l'on s'éclairera à la bougie !

Mais que l'on soit pour ou contre le nucléaire, cette affaire inquiète confusément l'opinion : peut-on mettre des circonscriptions dans un plateau de la balance et notre indépendance énergétique dans l'autre ? Notre avenir peut-il se décider dans le huis clos d'un marchandage électoral ?

Les Français ont le sentiment ¯ fondé ou pas, mais c'est ainsi ¯ que la tactique prévaut sur le projet jusqu'à en modifier le contenu. François Hollande - mais aussi Nicolas Sarkozy quand il exploite la sécurité ou l'immigration pour séduire la droite extrême - doit veiller à ne pas faire passer son avenir avant l'intérêt des Français.

On ne résoudra pas les problèmes avec une moitié du pays qui s'opposerait à l'autre ou qui s'abstiendrait. L'élection ne peut pas se jouer sur le rejet, toujours très fort s'agissant de Nicolas Sarkozy, mais sur l'adhésion à un projet. Faute d'en créer les conditions, on s'exposerait à des lendemains sociaux douloureux.

Nicolas Sarkozy profite, mais ça ne suffit pas, de l'autorité que lui confère sa fonction. François Hollande, lui, va devoir gagner du crédit en démontrant ce que serait, à Bruxelles, une présidence de gauche dans une Europe au bord de l'implosion. Et à Paris, à la tête d'une France menacée de dégradation. Si, avec ça, on n'a pas une vraie campagne...

Comment la Grèce a utilisé sa dette

Sur les 360 milliards d'euros de dette accumulés ces 30 dernières années, l'essentiel a servi à financer des dépenses courantes. Trop peu a été utilisé pour investir et garantir une croissance à plus long terme.

L'histoire de la dette grecque, est celle d'un gâchis. À lire les rapports de divers économistes, la Grèce a fort mal utilisé les 360 milliards d'euros d'emprunts accumulés ces 30 dernières années (soit plus d'une fois et demie ce qu'elle produit en un an). «La dette est devenue extrêmement coûteuse et a été mal employée», assène Jésus Castillo, spécialiste du pays chez Natixis.
Sur les 258,5 milliards d'euros de dette accumulée en 20 ans seulement, 225 milliards consistent en l'accumulation d'intérêts et 33 milliards sont dus au déficit budgétaire dit «primaire», c'est-à-dire avant paiement des intérêts de la dette. En somme, résume l'économiste, «cette augmentation a servi surtout à financer un déséquilibre structurel entre dépenses courantes et recettes de l'État». A contrario, continue-t-il, «les dépenses qui auraient pu avoir un impact à moyen terme sur la croissance (R&D, éducation) sont restées insuffisantes».

Explosion des dépenses

«Les Grecs n'ont pas préparé l'avenir : leur dette n'a pas été productive, ajoute Thibault Mercier, économiste chez BNP Paribas. Le système de protection sociale, par exemple, est très généreux alors qu'ils n'ont pas forcément les moyens de le financer.» Surtout, soulignent dans une étude les chercheurs Thomas Moutos et Christos Tsitsikas, de l'Université d'Athènes, «la hausse des déficits résulte d'une explosion des dépenses publiques», alimentée en particulier par l'augmentation du nombre de fonctionnaires et de leurs salaires.
Les deux économistes relèvent qu'entre 1976 et 2009, «le nombre de fonctionnaires a augmenté de 150%, alors que sur la même période l'emploi privé progressait de seulement 34%». Quant aux salaires, «ils ont augmenté considérablement plus vite dans le public que dans les autres secteurs», estiment-ils. Entre 1995 et 2006, les traitements des fonctionnaires ont bondi de 118%, et jusqu'à 157% dans les entreprises publiques, contre 82% seulement dans le privé.

«Gagner des votes»

Cette évolution s'explique, selon les deux auteurs, «par le désir des deux partis de gouvernement (les socialistes du Pasok et les conservateurs de Nouvelle démocratie) d'utiliser les nominations de fonctionnaires pour gagner des votes». Mais pas seulement : l'emploi public fut aussi un moyen de lutter contre la hausse du chômage, avancent-ils.
L'envolée des effectifs de fonctionnaires n'a pas entraîné d'amélioration de la qualité de service. Ces trente dernières années, défendent les deux économistes grecs, l'État a fait preuve de son incapacité à délivrer les biens et services publics auxquels pouvaient s'attendre des citoyens dont la charge d'impôt, malgré tout, a augmenté (de 13% en 1976, à 23% du PIB en 2009). Résultat, déplorent les chercheurs, «cette inefficacité a légitimé l'évasion fiscale alors que les citoyens estimaient que l'État avait rompu sa partie du contrat social».

Eva Joly : "Les amis de François Hollande se sont révélés archaïques"

Depuis la fin des négociations entre son parti, Europe Ecologie-Les Verts, et le PS, Eva Joly était restée silencieuse, alimentant les spéculations sur son "trouble" concernant l'accord signé entre les deux formations. Elle répond aux question du Monde dans un entretien à lire dans le quotidien daté 23 novembre.

Eva Joly, on vous dit "troublée", pas loin finalement de jeter l'éponge. Quel est votre état d'esprit, là, maintenant ?
Plus décidée que jamais à porter le mandat que j'ai reçu lors des primaires de mon parti. Je veux réussir le rendez-vous entre la France et l'écologie.
Noël Mamère, votre porte-parole, a dit qu'il fallait vous "protéger des discussions". Etes-vous une candidate fragile ?
Je ne me vois pas ainsi. La violence, les accusations, les pressions, je connais, et je vis avec. Noël Mamère a voulu dire qu'une candidate à la présidentielle ne doit pas mettre les mains dans le cambouis des appareils et doit garder de la hauteur.
François Hollande est lui aussi candidat, et il est intervenu dans la négociation de cet accord…
Libre à lui. Je n'ai pas de conseil à lui donner, mais je ne suis pas sûre qu'il ait gagné à se mêler de tambouille politicienne…
On dit que vous posez beaucoup de questions. Quelles sont-elles ?
Elles se résument à une seule : comment restaurer la politique. Je ne suis pas rentrée en politique pour accepter les mœurs de ce petit monde, mais pour les changer. J'ai été outrée, scandalisée, de l'intervention d'Areva dans les discussions avec le PS. Ainsi, donc, une entreprise puissante obtenait en l'espace de quelques heures ce qu'elle voulait, c'est-à-dire le retrait, dans un texte politique, d'une disposition qui la gênait ? Toute ma vie a été construite contre ça, j'ai passé ma vie à lutter contre l'influence des lobbies, quels qu'ils soient.
N'est-il pas normal, dans une démocratie qui fonctionne, qu'Areva fasse connaître son point de vue, et ce publiquement ?
Faire connaître un point de vue est une chose. S'immiscer dans la vie démocratique pour réécrire un paragraphe d'un accord entre partis en est une autre. Au moins, agissent-ils désormais à visage découvert. Pour moi, il y a là une arrogance qui témoigne d'un certain sentiment d'impunité. Que les commentateurs n'aient pas davantage été choqués en dit long sur l'accoutumance à ces mœurs délétères. Mesurons la gravité de ce qui s'est passé. Il pèse désormais sur les socialistes le soupçon d'être du bois dont on fait les marionnettes, et on ne me fera pas croire que c'est bon pour la politique.

Vous n'avez pas été présente dans les négociations entre socialistes et écologistes, et vous n'avez pas été représentée non plus. Le regrettez-vous ?
J'ai pesé à ma manière, j'ai défendu en haussant le ton la sortie du nucléaire, l'arrêt de Flamanville, l'abandon de Notre-Dame-des-Landes. Et j'étais légitime pour le faire, non?
N'êtes-vous pas allée trop loin dans vos interventions en déclarant : "Ce n'est pas le spécialiste de la Corrèze qui va nous dicter notre politique énergétique" ?
Cette phrase doit être remise dans son contexte. Je revenais de Fukushima, et j'ai voulu dire qu'il fallait sortir de France, aller sur place, faire ce déplacement, pour comprendre que la sortie du nucléaire avait non seulement un sens, mais s'imposait à nous. Pour moi, c'est un impératif moral, pas une question technique ou politicienne.
L'accord signé entre votre formation et le PS vous a-t-il déçue aussi dans son contenu ?
Cet accord ne me fait pas rêver. On a listé nos désaccords, sur l'EPR, la sortie du nucléaire, Notre-Dame-des-Landes, la réduction des déficits. Les négociateurs écologistes ont fait de leur mieux. Mais la vérité, c'est que les amis de François Hollande se sont révélés archaïques face à la modernité de notre projet. Face à ces blocages, mon travail plus que jamais sera de convaincre les Français.
Vous expliquez que vous portez le projet écologiste, tandis que Cécile Duflot a fait la "tambouille politicienne", selon votre expression. Ne s'agit-il pas là d'un habile partage des rôles, qui vous permet de récupérer les voix de tous ceux qui ne sont pas enthousiasmés par cet accord ?
Ce n'est pas une mise en scène, Cécile est une négociatrice aguerrie qui sait gérer ce genre de rapport de force. Moi je défends une politique de civilisation. Je vais parler de sortie du nucléaire, bien sûr, et je crois que nous gagnerons cette bataille dans les urnes. Je vais aussi parler des valeurs, du rétablissement dans notre pays d'une "République exemplaire", car la France est abîmée sur ce plan. Je parlerai aussi de la question sociale et de la crise : l'austérité n'est pas une fatalité. Et ce n'est pas aux pauvres de la payer. C'est une question de responsabilité politique : sans justice sociale, la violence gagnera ce pays.
Les écologistes ont de sérieuses difficultés financières. Aurez-vous l'argent nécessaire à une campagne ?
Ce qui m'étonnera toujours, c'est le poids que peut avoir l'argent dans la vie politique. Les écologistes sont depuis toujours une force indépendante et qui dispose de faibles moyens. Nous parviendrons néanmoins à disposer de 2 millions d'euros. C'est peu, mais avec l'énergie militante, les dons de milliers de personnes, nous pouvons mener une campagne citoyenne, sobre et inventive, dont on se souviendra.
Vous revendiquez votre liberté, celle de défendre une certaine éthique. Mais aurez-vous celle d'attaquer votre partenaire socialiste sur ces questions, quand bien des dirigeants de votre parti rêvent désormais d'être ministre ?
L'exigence éthique ne distingue pas entre la droite et la gauche : elle s'impose à tous. Je ferai donc en sorte que ce soit… équilibré ! Par exemple, ce n'est pas parce qu'il est de gauche que je ménagerai le système mis en place par Guérini à Marseille. Mais je sais où sont mes adversaires. Ne craignez rien, je ne risque pas d'oublier Nicolas Sarkozy, j'aurai sur lui et son clan bien des choses à dire durant toute la campagne. Je ne me tairai pas, car je ne suis pas une femme sous influence.

ELLE N'EST PAS RANCUNIÈRE LA JOLY, AVEC SON ŒIL QUI DIT "MERDE" À L'AUTRE UNE TRONCHE À Y FAIRE DU TRIAL, ELLE EST ÉCOLO !!!!
J'EN VOUDRAIS À LA NATURE, MOI !!

Jamais


Plus jamais ça, pleure le père d’Agnès. Et tous les parents l’espèrent avec lui : plus jamais une gamine violentée, tuée par un camarade d’école... Il doit bien y avoir des moyens d’éviter ça, des solutions pour empêcher les dysfonctionnements, comme les appelle notre ministre de l’Intérieur. Alors on va faire une loi, très vite, une de plus. Sortir des décrets qui attendaient, parfois depuis des mois. Tout cela ne sera sans doute pas inutile pour prévenir d’autres crimes, et chaque crime évité suffira à justifier les mesures prises. Mais le pire serait de déclarer ensuite au père d’Agnès, et à tous les parents, qu’on ne verra plus jamais ça. De laisser penser qu’une loi ou un décret permettra d’empêcher que, demain, d’autres parents pleurent leur enfant victime des actes de violence d’un autre mineur... Il est humain de l’espérer, le politique serait criminel de le promettre.

"MAIS NE TOMBONS PAS SYSTÉMATIQUEMENT DANS LA SENSIBLERIE POLITIQUEMENT CORRECTE SVP !"

le gouvernement annonce des exemptions face à la grogne autour d’une nouvelle taxe

A Bruxelles, Papadémos rappelle les partis grecs à leurs devoirs

Les dirigeants des partis politiques grecs doivent adresser aux ministres des Finances de la zone euro la confirmation écrite de leurs engagements en matière de réformes car les créanciers de la Grèce ont besoin d'être rassurés sur la poursuite des réformes après les élections de février, a déclaré lundi le Premier ministre, Lucas Papadémos.
Pour son premier déplacement à Bruxelles en tant que chef du gouvernement d'union nationale grec, il a rappelé que la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) s'étaient eux-mêmes engagés à financer la Grèce pendant une période bien supérieure à l'espérance de vie de son gouvernement, ce qui impliquait des engagements couvrant cette longue période.

Le leader de la Nouvelle démocratie (ND), le principal parti de la droite grecque, refuse toujours de s'engager par écrit à mettre en oeuvre les réformes promises, arguant du fait que son vote au parlement avait valeur d'engagement.
Faute d'une telle lettre, la zone euro ne verserait pas la prochaine tranche de l'aide internationale à la Grèce, d'un montant de huit milliards d'euros, ce qui menacerait Athènes d'un défaut de paiement à brève échéance. Les élections législatives anticipées sont prévues le 19 février.
"Cette lettre des dirigeants des partis soutenant le gouvernement, demandée par l'Eurogroupe et le FMI (...) est nécessaire afin de lever les incertitudes et les ambigüités concernant les mesures qui devront être prises à l'avenir par les partis susceptibles d'être au pouvoir", a déclaré Lucas Papadémos après une rencontre avec le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso.
À FINANCEMENT LONG, ENGAGEMENT LONG
"Mais il appartient aux dirigeants des partis concernés de décider quelle forme prendra cette confirmation de l'engagement."
"Je crois, a-t-il ajouté, que nous devrions tous prendre conscience du fait que nos partenaires européens et le FMI s'engagent eux-mêmes à financer la Grèce sur une période de temps prolongée. Et c'est la raison pour laquelle ils attendent un engagement équivalent, non seulement de ce gouvernement mais aussi des dirigeants politiques des partis qui le soutiennent, sur leur soutien durable et leur engagement envers ces politiques, à moyenne et à long terme."
Outre le président de l'exécutif européen, Lucas Papadémos devait rencontrer lundi le président du Conseil européen, Herman van Rompuy et mardi Jean-Claude Juncker, président de l'Eurogroupe.
A Athènes, des représentants de la "troïka" (Union européenne, FMI et Banque centrale européenne) ont conclu dimanche une première série d'entretiens avec les trois composantes de la coalition: le Parti socialiste (Pasok) de l'ex-Premier ministre George Papandréou, le parti d'extrême droite Laos et la Nouvelle démocratie.
En plus de la tranche d'aide prévue pour décembre, la troïka doit également déterminer si la Grèce remplit les conditions pour recevoir les 130 milliards d'euros de renflouement qui ont fait l'objet d'un accord fin octobre et viendront remplacer le plan initial de 110 milliards.
Le gouvernement Papadémos va se heurter à nombre d'obstacles pour mettre en oeuvre ses réformes, à commencer par la vive opposition des syndicats et la colère de la population, épuisée par des mesures d'austérité qui plongent le pays dans la récession depuis quatre ans.
Jan Strupczewski, Marc Angrand pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Téléchargement : le gouvernement prudent après les annonces de Nicolas Sarkozy

"J'ai bien conscience que la technologie évolue. Si la technologie nous permet une nouvelle évolution, on adaptera la législation." En déplacement à Avignon pour un forum sur la culture à l'ère du numérique, vendredi, Nicolas Sarkozy avait expliqué qu'il souhaitait une troisième version de la loi Hadopi, afin de lutter contre la diffusion illégale en continu (streaming) de films, de séries et de musique.

Pourtant, interrogé à ce sujet lundi, le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, a estimé qu'une nouvelle loi n'était pas à l'ordre du jour. Interrogé par Le Figaro, le ministre explique "qu'il  y aura peut-être un jour une nouvelle loi, une nouvelle révolution (technologique, qui la rendrait nécessaire). Mais compte tenu de l'évolution actuelle des technologies, il est certain que la Hadopi sera appelée à élargir son champ de réflexion, à modifier peut-être quelques-unes des méthodes et des procédures."
Toutefois, comme le rappelle Numerama, en ce qui concerne le streaming, la Haute Autorité ne peut pas simplement modifier ses procédures : les décrets d'application de la loi précisent qu'elle ne peut spécifiquement surveiller que les réseaux P2P, une technologie qui n'a rien à voir avec la diffusion en continu. C'était d'ailleurs l'une des faiblesses de la loi, estimaient certains de ses adversaires, qui soulignaient que la Haute Autorité manquerait nécessairement d'efficacité et que le téléchargement illégal se reporterait, après sa mise en place, sur d'autres technologies.
INCERTITUDE SUR LES MOYENS TECHNIQUES
Pour pouvoir avertir ou sanctionner les internautes qui téléchargent illégalement, la Hadopi se base aujourd'hui sur les observations que mènent les ayants droit sur les réseaux P2P. Mais cette pratique est impossible sur les sites de streaming, centralisés et le plus souvent hébergés à l'étranger. Leur surveillance est donc presque impossible, à moins de recourir à des technologies extrêmement invasives comme le deep packet inspection (DPI), une technologie consistant à surveiller, depuis l'extérieur du "tuyau", tous les contenus passant par une connexion à Internet et à déterminer leur nature en fonction de leur "forme". Autre option : recourir à un filtrage directement chez les fournisseurs d'accès, avec les risques que cela présente.
Interrogé sur LCI, le ministre de l'industrie, Eric Besson, s'est bien gardé de trancher. "On va voir, puisque c'est une nouvelle commande très claire du président de la République", a-t-il déclaré, avouant cependant qu'il ne pouvait pas dire si le souhait du président de la République était techniquement possible, et sans se prononcer sur le type de mesure qui serait prise. "Il y aurait des ingénieurs pour le faire, je ne dis pas que ça va se faire dans la facilité."
Pour M. Besson, le plus important reste que "le président de la République dit qu'on a besoin de créateurs, et que l'économie numérique ne peut pas tuer les créateurs. Après avoir beaucoup moqué la France, vous retrouvez dans beaucoup de pays, non pas une loi Hadopi, mais des choses qui vont dans ce sens : la défense du créateur", insiste-t-il.