TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

vendredi 9 septembre 2011

Le paysage politique bouge

En ce début septembre, une sorte d’été indien baigne le paysage politique. La situation selon les sondages a changé assez nettement par rapport au printemps dernier. Cela bénéficie à Nicolas Sarkozy et François Hollande et c’est beaucoup moins encourageant pour Martine Aubry et Marine Le Pen.

Nicolas Sarkozy, président sortant et candidat probable à sa réélection, était en situation d’extrême faiblesse il y a quelques mois. Ni favori ni même challenger puisque plusieurs sondages l’excluaient du second tour au profit de la candidate du Front national. Ce n’est plus le cas : pour le sondage Ipsos-Le Monde, M. Sarkozy serait au 2e tour et il obtiendrait entre 22 et 23 % au premier selon les cas de figure. Pour Harris-Le Parisien, il obtiendrait 23,5 ou 24 %, et son retard sur M. Hollande serait de 5 à 8 points selon les enquêtes. François Hollande caracole en effet en tête du 1er tour avec des scores variant entre 28,5 et 30 %. Toutefois, M. Sarkozy disposerait d’une réserve partielle de 10 points au centre et à droite si MM. Borloo et de Villepin renonceraient à se présenter et le second tour serait alors assez ouvert entre MM. Hollande et Sarkozy.

La situation est plus difficile pour Mes Aubry et Le Pen. L’ancienne première secrétaire du PS, malgré son activisme actuel, n’arrive pas à rattraper son concurrent socialiste et elle est moins performante contre Nicolas Sarkozy avec 4 points d’avance sur lui pour Ipsos et égalité avec lui selon Harris. Le match Sarkozy-Aubry semble donc désormais beaucoup moins probable. Quant à Mme Le Pen qui recueille des scores très élevés chez Ipsos (17 ou 18 %) et encore plus chez Harris (18 ou 20 %), elle semble pour l’heure avoir moins de chances de réussir à atteindre le 2e tour même si tout peut encore évoluer en huit mois.

Primaires PS : Lang critique à son tour Royal

Les déclarations de Ségolène Royal, jeudi dans Le Figaro, ont provoqué l'ire de plusieurs cadres du PS. Dernier en date, Jack Lang, qui appelle la candidate aux primaires à faire preuve de plus de retenue. 
 Une vague et des remous. Les mots de Ségolène Royal, dans Le Figaro de jeudi, ont fait réagir bon nombre de cadres du PS. La présidente du Poitou-Charentes y critique, sans ambages, Martine Aubry et François Hollande. La rue de Solférino est désormais en émoi, confrontée à ce qu'elle redoutait le plus : que les primaires du Parti socialiste ne se transforme en guerre fratricide.
Car les petits mots de Ségolène Royal ne profitent à personne à gauche et de plus en plus de voix s'élèvent pour inviter la présidente du Poitou-Charentes à faire preuve de plus de retenue. « Je conjure Ségolène Royal de mettre son talent au seul service de notre combat commun, en faveur d'un changement de majorité et de société en mai prochain, a ainsi déclaré Jack Lang dans un communiqué. (…) Toute polémique entre socialistes sert la droite ».

Unité

Et l'ancien ministre de la Culture d'appeler une nouvelle fois à l'unité. Un peu plus, tôt, c'était Pierre Moscovici, le coordinateur de campagne de François Hollande, qui avait rappelé ce besoin d' « unité » du PS afin d' « éviter toute forme d'attaque qui, demain, donne des atouts au candidat de la droite contre le candidat socialiste ». Rue de Solférino, on le sait bien : si le comportement de Ségolène Royal nuit au PS, il profite à l'UMP.
Le contrat idéologique avancée à l'envi par les cadres du parti - cette volonté affichée du rassemblement - a été écorné par les propos de Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste lors de la dernière élection présidentielle s'en est pris violemment à François Hollande. Dans les colonnes du quotidien, son ancien compagnon et père de ses quatre enfants est acculé, décrit comme un homme incapable d'agir. « Le point faible de François Hollande, c'est l'inaction », a estimé Ségolène Royal. Avant de poser une sanglante question : « Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu'il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? ».
Martine Aubry en a également pris pour son grade. « Sa seule expérience électorale, c'est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n'est pas facile », a commenté Ségolène Royal. 
HA ! C'EST A PLEURER !

jeudi 8 septembre 2011

Ça rogne et ça grogne

Entériner le plan antidéficit sans casser la croissance ni désespérer les Français, tout en sachant que les marges de manoeuvres sont ténues et les agences de notation impitoyables : tel est l'exercice budgétaire de haut vol imposé à l'exécutif. Celui-ci s'est partagé le service après-vente de la rigueur. François Fillon va au charbon, exhortant à l'unité de la droite et sonnant la charge contre la gauche, tandis que Nicolas Sarkozy se consacre à la pédagogie ou offre une séance de câlinothérapie aux députés UMP, conviés hier à l'Elysée. Car l'humeur est frondeuse. Entre l'aile centriste qui déplore un manque d'inspiration sociale et les libéraux mécontents de devoir voter des augmentations d'impôts, la base renâcle. Dur, dur de rogner sur les avantages fiscaux quand dans chaque niche aboie un molosse ! Déjà des concessions sont lâchées. Retoquée, la TVA majorée dans les parcs d'attractions. Et encore ne s'agit-il que d'un tour de chauffe car après le milliard d'euros à dégager dès à présent, il faudra trouver 11 milliards de recettes en 2012. Et arbitrer la question sensible de la taxation des ménages les plus aisés. La pression est forte. Ainsi deux personnalités - pas des moindres, les présidents des deux assemblées - militent-elles pour abaisser le seuil à 250 000¤ au lieu des 500 000 prévus à Bercy. Last but not least, restera à trancher le dilemme de la règle d'or budgétaire. Le Président a démenti l'hésitation qu'on lui prête à convoquer le Congrès pour ne pas courir le risque d'un échec, qui serait un mauvais signal aux marchés. Mais il semble bien, devant le scepticisme d'une partie de la majorité, qu'il est urgent d'attendre.

Un peu d’huile sur la salade grecque


Le timing est explosif. Jamais sans doute, depuis la signature du traité de Rome, la confiance dans l’Europe n’aura été mise à si rude épreuve. Faire voter un plan d’aide à la Grèce, qui entraînera un endettement supplémentaire de la France de 15 milliards d’euros, pourrait relever de la provocation au moment précis où l’exécutif en réclame 12 aux députés pour faire d’indispensables économies budgétaires. Le scepticisme européen rampant qui progresse dans l’opinion depuis le référendum de 2005 aurait pu trouver dans ce télescopage primaire de quoi se nourrir. Les plus virulents partisans du non, du Front national au parti communiste en passant par l’extrême gauche ne se sont d’ailleurs pas gênés pour promouvoir un refus catégorique à ce qu’ils voient comme une nouvelle aide «aux banquiers».


Mais, d’une certaine façon, les controverses parlementaires sur le plan d’austérité rendent service au gouvernement. Concentré sur ses calculs hexagonaux, notre pays est le premier à avaliser sans trop d’état d’âme la solidarité monétaire consentie à la Grèce après l’accord au sommet du 21 juillet dernier. Une célérité qui va contrer le doute grandissant sur la capacité de l’euro à survivre à la tempête. Le président de la République a réussi à imposer l’idée - juste - que nous n’avions pas d’autre choix. L’avenir de la monnaie unique, dont tant d’équilibres fondamentaux de notre économie dépendent, se paie au prix fort de la confiance. La dégringolade des bourses, lundi, a sonné comme un nouvel avertissement: toute hésitation sera perçue par les marchés comme annonciatrice de futurs renoncements. Tout flottement de la détermination française se traduira inévitablement par un effondrement des cours et une désertion des investisseurs devant le danger.


Combien de temps encore la vague approbation, presque par défaut (la gauche ne votant pas pour mais pas contre non plus), obtenue au Palais Bourbon pourra-t-elle prévaloir dans l’opinion ? Les défaites à répétition du parti d’Angela Merkel en Allemagne marquent la montée inexorable d’une résistance à la logique européenne. Le rejet de l’idée d’une mutualisation de la dette grecque n’aura pas suffi. Il a fallu que la Cour constitutionnelle donne son feu vert à la chancelière pour que le plan de sauvetage puisse devenir réalité. Les Allemands - sur lesquels repose un quart de l’effort (159 milliards au total) - renâclent à payer encore pour un pays, la Grèce, qu’ils accusent ouvertement de ne pas faire tout ce qu’il faudrait pour s’en sortir. Pour réduire sa dette, pourtant, Athènes a fourni (en proportion) un effort nettement plus important qu’aucun autre pays de la zone euro. Au point qu’exiger d’elle plus de résultats immédiats s’apparenterait à une surenchère dangereuse autant qu’illusoire. Il faut le savoir: ce serait le début de la fin...

Sortir par le haut

Dans le curieux laboratoire à ciel ouvert qu'est devenue la zone euro, la crainte du pire prospère de jour en jour. Comme si la crise grecque avait, depuis bientôt deux ans, déclenché une réaction en chaîne que nul ne parvient à contrôler. Crainte d'un blocage allemand, finlandais ou slovaque, conjurée hier partiellement avec le feu vert donné par la Cour de Karlsruhe. Crainte d'une surexposition des banques européennes, et françaises en particulier, en cas de faillite de la Grèce. Crainte de voir la rigueur généralisée, dictée par la crise de la dette, oblitérer la croissance qui reste pourtant la seule réelle porte de sortie d'une telle ornière.

Hier matin, c'est vers l'Allemagne que tous les regards étaient tournés. La cour constitutionnelle devait rendre un avis décisif sur la participation allemande au plan d'aide à Athènes. Le pire, un rejet en constitutionnalité, a été évité. Mais l'avis de la Cour est assorti de conditions qui ne vont pas contribuer à huiler les rouages de la laborieuse machine européenne. Ainsi, l'arrêt de Karlsruhe renforce le pouvoir de contrôle du Bundestag et fragilise la Chancelière. Il conforte les opposants, majoritaires en Allemagne, à la mutualisation de la dette grecque par la création d'obligations européennes, laissant augurer de futurs recours juridiques.

Si on ajoute à cette spécificité allemande les récentes décisions de la Finlande (qui exige des garanties supplémentaires avant d'engager ses deniers) et de la Slovaquie (qui ne ratifiera pas avant décembre), la capacité décisionnaire de la zone euro s'en trouve pénalisée.

L'incroyable asymétrie entre le temps des marchés et le temps politique est d'ailleurs de plus en plus criante. Notamment dans le cas de la zone euro, dont les processus de décision requièrent le feu vert de dix-sept parlements, alors que le maquis grec est en flamme. C'est là une des illustrations les plus évidentes de l'impuissance du champ politique à maîtriser une finance sans brides et sans délais.

Mais ce fossé favorable aux spéculateurs est-il si nouveau ? Si central ? Ne faut-il pas voir dans les difficultés de la monnaie unique, non seulement une erreur de conception initiale avec l'absence d'une gouvernance économique (à laquelle Paris et Berlin tentent de remédier), mais aussi une impuissance politique « tout court »?

La Chancelière ? Sa fraîche réélection à l'automne 2009 ne l'a pas empêchée de se montrer frileuse, et de perdre pourtant tous les scrutins intermédiaires. Le président français ? La campagne est déjà lancée, peu propice aux décisions difficiles et de moyen terme. Berlusconi ? Fini, ligoté par ses amis comme par ses ennemis. Zapatero ? Sur le pas de la petite porte, vers la sortie. La Belgique ? Institutionnellement en réanimation. L'Europe manque de guides, de cap.

Avant l'euro, les politiques laissaient, parfois, flotter leur monnaie. Aujourd'hui, c'est une monnaie forte qui fait flotter les politiques. Dangereusement. Nul ne l'ignore, à Berlin comme à Paris, où des pas significatifs ont été faits depuis un an. Le ton a changé. Le gouvernement économique de l'euro n'est plus un gros mot. On a entendu, cette semaine, un ministre allemand parler des « États-Unis d'Europe ». Même la révision du traité de Lisbonne n'est plus un tabou, déclarait hier Angela Merkel. Dans l'aventure européenne, et la passe difficile qu'elle traverse, il n'y a qu'une sortie. Par le haut. Toutes les autres ramènent au repli national et à son potentiel belliqueux.

Pécresse: "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles?"

 "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles?" s'est interrogée la ministre du Budget Valérie Pécresse, au lendemain de l'adoption à l'Assemblée nationale du projet de loi de finances rectificative pour 2011, qui doit être examiné ce jeudi au Sénat.
Le texte voté mercredi par les députés double la taxation sur les mutuelles en portant de 3,5% à 7% le taux applicable aux contrats dits "solidaires et responsables", qui représentent actuellement 90% des contrats de complémentaire santé. Cette disposition, que la gauche estime injuste, a été défendue jeudi matin par Valérie Pécresse sur France-Info.
La ministre du Budget a rappelé que, pour réduire les déficits publics, le gouvernement entendait supprimer les niches fiscales. Les contrats "solidaires et responsables" des mutuelles ont bénéficié d'un taux réduit d'imposition afin de favoriser leur développement, avec succès puisqu'à présent neuf contrats signés sur dix entrent dans cette catégorie.
"Aujourd'hui, c'est tous les contrats", a même résumé Valérie Pécresse. "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles? Je crois que cet avantage fiscal a perdu sa justification".
"Les ménages les plus fragiles ne seront pas touchés par cette mesure", a assuré la ministre, en rappelant que les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) ont également droit à une complémentaire santé gratuite.
La gauche considère, elle, que le plan de rigueur présenté le 24 août dernier par le Premier ministre François Fillon pèse trop sur les foyers modestes et ne met pas assez les riches à contribution.
"C'est un plan qui est équitable", a réaffirmé jeudi Valérie Pécresse. Certes, la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus qui doit être créée en 2012 ne devrait rapporter que 200 millions d'euros mais, en y ajoutant la taxation accrue sur les revenus du patrimoine et sur les plus-values immobilières, "au total, c'est 3,7 milliards d'euros (...) qui porteront sur les ménages aisés", a-t-elle calculé.
Le texte adopté mercredi par les députés modifie le régime de taxation sur les bénéfices engrangés lors de la vente d'une résidence secondaire. A compter du 1er février 2012, est institué un abattement progressif de 2 à 8% à partir de la 6ème année de détention, aboutissant à une exonération totale au bout de 30 ans.
Le texte, qui entre ce jeudi en débat au Sénat, instaure en outre une taxe de 2% sur les chambres d'hôtel facturées au moins 200 euros la nuit. Cette mesure vise à compenser le maintien de la TVA réduite (5,5 sur les entrées dans les parcs à thème. Le plan de rigueur du 24 août proposait de la faire remonter au taux normal de 19,6%, une proposition abandonnée depuis sous la pression des parlementaires - dont l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui tremblait pour le Futuroscope de Poitiers.
Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 prend par ailleurs des dispositions qui permettent d'aider la Grèce. Son article 2 étend la garantie de l'Etat aux nouvelles modalités d'intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Cela entraînera d'ici 2014 une augmentation du niveau d'endettement de la France de l'ordre de 15 milliards d'euros, compte tenu de l'intégration des garanties.
"Nous devons faire tout pour stabiliser la zone euro", a réaffirmé jeudi Valérie Pécresse. "C'est absolument nécessaire si on veut que la Grèce puisse à la fois mener son plan de rigueur de redressement et en même temps rembourser ses dettes". AP

Crise : Faut-il encore soutenir la Grèce ?

Un an après avoir appelé à l’aide, la Grèce est toujours dans l’impasse. Ses voisins européens, qui voient le pays engloutir les milliards, sont de plus en plus réticents à l’idée de la soutenir.

L’impression d’un retour à la case départ. Une fois de plus, le sort de la Grèce fait l’objet de toutes les inquiétudes. Rien ne semble réglé. Pire, la situation paraît encore plus grave qu’il y a quelques mois. La semaine dernière, la commission d’experts indépendants chargés de surveiller la dette grecque l’ont jugée « hors de contrôle ». L’accord du 21 juillet entre les dirigeants de la zone euro censé débloquer une nouvelle tranche d’aide de 160 milliards d’euros pour Athènes n’est toujours pas entré en vigueur. Il suppose la ratification de chaque Parlement national, un processus long et source de tensions politiques. Les divergences entre les dix-sept sont de plus en notables. Si, mardi, la France a voté dans une relative indifférence le plan de soutien à la Grèce (voir ci-contre), de l’autre côté du Rhin, le débat sur le sujet est de plus en plus houleux. Dans la presse comme dans l’opposition, les reproches à l’encontre d’une Grèce jugée trop dépensière et incapable de respecter ses engagements s’expriment de plus en plus violemment.

La méfiance se propage

Le même sentiment de défiance se retrouve en Autriche, en Slovaquie ou en Finlande. Helsinki n’a pas hésité à négocier sa participation au second plan d’aide directement avec Athènes et à réclamer des garanties pour assurer ses futurs prêts. La semaine dernière, ce sont les représentants de la troïka (FMI, BCE, Commission européenne) qui ont tapé du poing sur la table en interrompant pour dix jours les discussions engagées avec le gouvernement grec. Les deux parties étant incapables de s’accorder sur les raisons et l’ampleur du retard pris par la Grèce dans sa course à la réduction du déficit. Plus d’un an après le début de la crise – le premier plan de sauvetage de 110 milliards d’euros a été voté le 2 mai 2010 – les solutions convaincantes peinent à s’imposer. Sans solution, l’aide à la Grèce pourrait se tarir, contraignant le pays à être en défaut de paiement, option que tout le monde tente d’éviter. Comme le conclut Bruno Cavalier, économiste chez Oddo : « Tout cela illustre une énorme fatigue. »

La Grèce veut régler ses litiges fiscaux

La Grèce s'est engagée mercredi à régler d'ici 2013 quelque 165.000 litiges fiscaux qui encombrent ses tribunaux, après les protestations de l'UE et du FMI la semaine dernière sur les retards pris par le pays pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale.


"Actuellement il y a 165.000 litiges fiscaux, qui seront réglés d'ici 2013", a affirmé M. Papaïoannou au cours d'une conférence de presse mercredi à Athènes.

Problème endémique dans le pays, l'évasion fiscale est considérée comme l'un des principaux obstacles à l'augmentation des recettes publiques, et à un allègement conséquent des déficits et dettes qui pèsent comme un boulet sur le pays en crise.

Le groupe d'experts de la troïka réunissant les principaux créanciers du pays -Union européenne (UE), Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)- qui contrôle les comptes du pays, a rencontré la semaine dernière le ministre de la Justice, Miltiades Papaïoannou, pour réclamer l'accélération des procédures judiciaires en la matière.

L'hypothèse du naufrage grec

Malgré l'austérité, la dette explose. Le FMI pourrait laisser les Européens seuls face à leurs responsabilités.

La Grèce fonce-t-elle droit dans le mur ? La question est sur toutes les lèvres. De plus en plus d'économistes, allemands en particulier, jugent inévitable sa sortie de la zone euro. Les nuages s'amoncellent au-dessus d'Athènes.
Une dette "hors de contrôle"
Malgré la cure d'austérité drastique imposée par l'Union européenne et le FMI, le gouvernement socialiste ne parvient pas à atteindre ses objectifs de déficit public. Notamment parce qu'il peine à convaincre les Grecs de payer leurs impôts. Selon la presse nationale, les inspecteurs de la troïka (Union européenne, BCE, FMI) s'attendent désormais à voir le trou budgétaire atteindre 8,8 % du PIB, alors que Athènes s'était engagé en juin à le limiter à 7,4 %. Quant au PIB, il devrait baisser de 4,5 % en 2012, soit un point de plus qu'attendu.
Autant de mauvaises nouvelles qui ont poussé des experts du bureau du Budget de l'État, un organisme chargé d'informer le parlement grec, à considérer que la dette du pays était "hors de contrôle". D'environ 130 % du PIB en 2009, elle pourrait dépasser les 160 % à la fin de l'année ! Même si ce jugement a aussitôt été qualifié de "gaffe" par le ministre des Finances Evangelos Venizélos, cela devrait inciter les bailleurs internationaux à la prudence.
L'appui incertain du FMI
La troïka a d'ailleurs interrompu brutalement vendredi son audit trimestriel du pays entamé fin août, officiellement pour "permettre aux autorités de terminer leur travail technique" lié au "budget 2012" et aux "mesures structurelles de renforcement de la croissance". Mais les inspecteurs seraient en réalité insatisfaits des progrès hellènes, notamment sur le programme de privatisations censé atteindre 50 milliards d'euros. L'enjeu est de taille, car ils doivent décider le 15 septembre s'ils débloquent ou non la sixième tranche du premier plan d'aide de 110 milliards d'euros décidé en mai 2010. "Dans ce genre de cas (le non-respect des objectifs fixés, NDLR), la doctrine ordinaire du FMI est de suspendre l'aide", rappelle le chef économiste d'Oddo Securities, Bruno Cavalier, dans une note publiée lundi. Une telle issue remettrait en cause le plan de financement du pays.
Le second plan d'aide menacé
Mais le blocage pourrait aussi bien venir des partenaires européens de la Grèce. La Slovaquie rechigne à payer pour Athènes. Seul pays de la zone euro à avoir refusé de participer au premier plan de soutien, le Parlement de Bratislava menace maintenant de repousser aux calendes grecques la ratification de l'accord du 21 juillet, qui prévoit l'augmentation des moyens du FESF, censé prêter 109 milliards d'euros supplémentaires. "La Grèce doit se déclarer en faillite et l'Italie doit commencer à faire des économies", a jugé le chef du parlement slovaque, Richard Sulik, membre d'un des quatre partis de la coalition de droite au pouvoir, capable à lui seul de bloquer l'approbation du Parlement. Quant à la Finlande, elle a demandé à Athènes de lui mettre de côté une réserve d'argent, censée produire des intérêts, pour se garantir contre un éventuel non-remboursement. Si d'autres pays devaient formuler les mêmes exigences, cela pourrait rendre le second plan de sauvetage européen caduc.
Les marchés n'y croient plus
Reflets de toutes ces inquiétudes, les taux d'intérêt sur les obligations grecques à deux ans dépassent les 50 %. Un record. En comparaison, le Portugal, autre pays d'Europe sous perfusion, ne paye pas plus de 15 % et l'Allemagne moins de 0,50 %... À l'évidence, les investisseurs parient sur un défaut d'Athènes, voire sa sortie de la zone euro.

 

mercredi 7 septembre 2011

L'Allemagne valide le plan de sauvetage de la Grèce

Cette décision était attendue par toute l'UE, Berlin étant le premier contributeur des plans de secours européens. 

La Cour constitutionnelle allemande a jugé légales mercredi les aides de Berlin pour lutter contre la crise de la zone euro, mais a exigé un renforcement du rôle du Parlement. Les juges de Karlsruhe (ouest), qui devaient se prononcer sur la légalité de la première aide à la Grèce en 2010 ainsi que sur la mise en place du FESF, le fonds de secours européen, ont estimé que Berlin n'avait pas violé la Constitution en promettant des centaines de milliards d'euros.
Mais ils ont également rappelé que le pouvoir budgétaire devait rester aux mains du Parlement et que celui-ci devrait donner son feu vert "au cas par cas pour toute mesure d'aide de grande importance" consentie par l'Allemagne, première contributrice de tous les plans de secours, selon le texte du jugement. La plus haute instance judiciaire allemande a jugé à cet égard que le gouvernement "avait l'obligation d'obtenir le feu vert préalable" de la commission budgétaire du Bundestag, la chambre basse du Parlement, avant de prendre un quelconque engagement.

Pas de communauté de dettes

Pas question par ailleurs pour Berlin de ratifier des accords prévoyant une "communauté de dettes [...], surtout si elle est liée à des conséquences difficilement prévisibles", ont prévenu les juges suprêmes, ce qui peut donner des arguments aux adversaires des obligations européennes communes ou "eurobonds". Comme prévu par les juristes, la Cour n'a pas suivi les plaignants, un groupe d'économistes euro-sceptiques et un député conservateur, qui demandaient une condamnation en bloc des initiatives du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.
Un tel jugement aurait provoqué un chaos incommensurable dans une zone euro sous haute tension, où les parlements italien, français et espagnol débattent de plans de rigueur, alors que les finances grecques n'en finissent plus de déraper. Le jugement a provoqué un soubresaut du cours de l'euro, monté en flèche face au dollar avant de retomber à son niveau d'avant l'annonce, autour de 1,4085 dollar vers 8 h 25.

La France vote l'aide à la Grèce sans entrain

L'Hexagone sera le premier pays à valider l'accord européen de sauvetage d'Athènes. Inquiets, des députés se demandent néanmoins si le gouvernement Papandreou pourra faire face à ses responsabilités. 

Le débat de plus en plus vif sur les niches fiscales -qui confirme bien que dans chacune d'elles se trouve un lobby prêt à aboyer!- ferait presque oublier que le projet de loi de finances rectificative examiné depuis mardi à l'Assemblée nationale vise avant tout à valider le plan de soutien à la Grèce, dessiné le 21 juillet par les chefs d'État et de gouvernement. Paris voulait le traduire rapidement dans le droit national, pour permettre au Fonds européen de stabilité financière (FESF) d'être opérationnel dès la rentrée. Alors que certains de nos voisins européens traînent des pieds, «la France est le premier pays de la zone euro à s'engager dans la procédure d'adoption», s'est ainsi félicité mardi le ministre de l'Économie, François Baroin.
Les votes des Parlements doivent donner le feu vert au Fonds afin qu'il soit plus flexible : si le processus se passe sans encombre, le FESF pourra à l'avenir prêter à un État de manière préventive «à titre de précaution», «financer la recapitalisation des banques et des établissements financiers par des prêts aux gouvernements» et enfin «intervenir directement sur les marchés secondaires de dette souveraine, afin d'éviter la contagion et de lutter contre la spéculation». Le texte étend les garanties des États à ces nouvelles missions. Dans le précédent collectif budgétaire, le plafond de la France avait été porté à 159 milliards.
Si le PS juge ce plan «insuf­fisant» et s'abstiendra aujourd'hui sur son vote, certains députés de la majorité ont affirmé dès mardi qu'ils l'adop­teraient «sans enthousiasme».

«Rester lucides» 

Yves Bur (UMP, Bas-Rhin) s'est demandé devant ses collègues «si la réponse à la crise de la dette grecque ne vient pas trop tard ou si nous ne nous voilons pas la face devant l'incapacité de la Grèce à assumer ses responsabilités». Il craint que cela n'ait qu'une conséquence: alourdir «un peu plus notre propre charge de dette». Nous devons «rester lucides», a prévenu le rapporteur de la commission des finances, Gilles Carrez, qui a demandé de la vigilance sur «l'endettement public qui se substitue à l'endettement privé».
Selon le dispositif adopté par les pays de la zone euro, si les prêts accordés par le FESF constituent une opération financière sans effet sur le déficit, la dette publique, elle, augmentera du montant des prêts garantis «au fur et à mesure de leur versement», souligne le texte . Reste alors à espérer que les craintes des investisseurs quant à la capacité de la Grèce à se réformer et à rembourser ses dettes ne se concrétisent pas…
Pour l'heure, Paris refuse de céder au défaitisme. «Nous faisons confiance au gouvernement grec pour décliner le plan d'économie qui est indispensable, pour conditionner le soutien qu'ils auront, des Européens et du Fonds monétaire international», a insisté mardi François Baroin. Lucide sur les interrogations que suscite la situation actuelle, il a aussi tenté de rassurer sur l'état de l'économie en Europe: «sans nier qu'il y a des difficultés», le ministre a assuré que les fondamentaux étaient «bons» et s'est dit confiant dans la solidité du modèle bancaire. Dans ce contexte, «la France n'est pas menacée de récession», a-t-il assuré.

Une diplomatie sans voix

Entre un ministre des Affaires étrangères contesté et une coalition de moins en moins unie, le gouvernement d'Angela Merkel navigue à vue sur la scène internationale. Un flou qui rejaillit sur l'ensemble de l'Europe. 
Combien de temps un gouvernement peut-il continuer de la sorte ? Rarement l’Allemagne a joué un rôle aussi important en Europe, et rarement sa politique étrangère a été aussi apathique. La crise de la politique extérieure allemande mine chaque jour un peu plus ce qui relevait autrefois de la politique intérieure. Le sort de ce gouvernement tient à une seule et unique question : parviendra-t-il à redéfinir la position de l’Allemagne en Europe ? Ou, pour le dire de manière plus brutale : parviendra-t-il à réacclimater les Allemands à l’Europe ?
Cependant, sur la question du sauvetage de l’euro, la chancelière a des raisons de trembler pour sa majorité. Ursula von der Leyen [ministre du travail], sa camarade de cabinet, profite de la brèche stratégique laissée par Angela Merkel pour se poser en dauphine potentielle : elle appelle de ses vœux la création des "Etats-Unis d’Europe" – un projet jugé démoniaque, hélas pour elle, par le FDP et la CSU.
Pourquoi a-t-il fallu que l’Allemagne hérite d’un ministre des affaires étrangères que personne ne prend au sérieux au moment précis où la classe politique se détourne des questions de politique étrangère ? Les tentatives infructueuses de Guido Westerwelle d’attribuer la chute de Kadhafi aux sanctions allemandes ont révélé une fois de plus aux yeux de tous le déboussolement de la politique allemande.

La crise identitaire allemande

Si Guido Westerwelle est en sursis, toute la politique étrangère allemande l’est aussi. L’Allemagne se trouve face à une question aussi importante que le furent jadis celles du réarmement, de l’intégration à l’Ouest ou de l’Ostpolitik : quel est l’avenir de l’Allemagne en Europe ? Jadis apanage des technocrates, la politique européenne est désormais le théâtre de la crise identitaire allemande. La vieille maxime selon laquelle ce pays est trop petit pour dominer l’Europe et trop grand pour en assurer l’équilibre ne semble plus d’actualité.
Le marché qui avait fait ses preuves un temps – l’Allemagne joue le rôle de moteur économique, la France celui de moteur politique – ne tient plus. Autrefois, l’Allemagne pouvait acheter son pouvoir. Aujourd’hui, elle est aussi une force politique incontournable en Europe. L’Europe ne trouvera son salut ni contre la volonté des Allemands, ni sans eux.
L’euro a été introduit sous la pression des Français, dans le but d’empêcher l’hégémonie de l’Allemagne en Europe. Or, ironie du sort, il a justement servi de base à la suprématie allemande. Les Allemands sont les grands gagnants de l’Europe, et pourtant beaucoup, ici, ont le sentiment d’avoir été trahis par l’Union. L’euro a fait de l’Allemagne une puissance hégémonique inquiète. L’Allemagne a peur de l’Europe, et les Européens ont peur de la puissance de l’Allemagne.
Et voilà que les Allemands doivent réformer l’Union au moment même où ils commencent à ne plus se considérer comme des Européens modèles, mais comme des victimes. Il fut un temps où l’Europe était une valeur en soi. Aujourd’hui, ils sont nombreux à penser que la doctrine du "plus d’Europe" est une menace pour les valeurs et la prospérité.

Une nouvelle Europe en catimini

Poussée par les marchés, c’est donc en catimini que la chancelière construit la nouvelle Europe. Si, officiellement, elle se bat pour la diffusion de la culture allemande de stabilité, sa politique impose peu à peu dans les esprits les notions de gouvernement économique, de ministère européen des finances, d’obligations européennes et – même désormais – d’Etats-Unis d’Europe.
En tapinois, l’Allemagne a commencé à réformer l’Europe à son image : ainsi Nicolas Sarkozy, qui fut autrefois le porte-parole des pays endettés, se pose aujourd’hui en promoteur de stabilité. Le gouvernement doit se défaire de son entêtement stratégique et rendre compte du fait que la position allemande a changé davantage que le silence de Berlin ne le laisse supposer.
Outre l’Europe, une autre grande question est celle de la participation de l’Allemagne aux conflits armés. Quelle leçon tirer des interventions de ces vingt dernières années – de la Bosnie à la Libye en passant par l’Afghanistan ? Courage, fuyons – et plus jamais d’interpositions ? La guerre en Libye instille le doute, même si ce n’est en rien un modèle. La "culture de la retenue" ne doit pas devenir synonyme de non-ingérence systématique au nom de la morale.
Troisième question de fond : Israël. Quelle position l’Allemagne adoptera-t-elle en septembre lorsque les Palestiniens demanderont la reconnaissance de leur Etat auprès des Nations Unies ? Peut-on décemment leur refuser ce souhait au lendemain du Printemps arabe ? Nous devons rompre avec les rituels diplomatiques sans substance avec le Proche-Orient, sans nous positionner pour autant contre Israël et les Etats-Unis.
Le choix de l’Allemagne de ne pas aller en Libye a placé le pays aux côté de la Russie, de la Chine et de l’Inde. Mais si l’Allemagne doit trouver de nouveaux partenaires stratégiques, le non-alignement n’est pas une solution. Nous avons besoin de toute l’Europe si nous voulons pouvoir nous mesurer à la Chine – et, à l’inverse, l’Europe a besoin de nous pour compter dans le monde.
De quelle Europe l’Allemagne veut-elle ? De quelle Allemagne l’Europe a-t-elle besoin ? Ce gouvernement ne vivra que s’il trouve une réponse à ces questions.

La Grèce accélère ses privatisations et la réduction du secteur public

 Le gouvernement grec a décidé d'accélérer la mise en oeuvre de son plan de privatisations et des mesures de réduction du secteur public, comme le réclament les créanciers du pays, a annoncé mardi le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos après un conseil des ministres.
En matière de privatisations, le ministre a annoncé le transfert "dès demain", mercredi, au Fonds chargé de ces cessions d'une première série d'actifs prévus pour être vendus en 2011. "La première vague des privatisations (...) avance immédiatement", a-t-il affirmé.
Ce volet inclut l'extension de la concession de l'aéroport d'Athènes, la vente des parts publiques dans les compagnies gazière Depa et pétrolière Helpe un premier ensemble d'immobilier d'Etat, ainsi que "l'extension des licences de l'Opap", l'Organisme des paris sportifs, et "les nouvelles licences de téléphonie mobile", a-t-il précisé.
M. Vénizélos rendait compte, lors d'une allocution dramatisée retransmise en direct par les principaux médias audiovisuels d'un conseil des ministres tenu alors que les partenaires et créanciers du pays accentuent leur pression pour que la Grèce tienne ses engagements de redressement budgétaire.
La cession des actifs suivants au Fonds d'exploitation du patrimoine de l'Etat se poursuivra "à des rythmes très rapides pour tous les programmes arrivés à maturité", a-t-il ajouté.
Le pays "atteindra ses objectifs" en matière de privatisations, a-t-il insisté. Athènes s'était engagé au printemps à des cessions pour un montant de 50 milliards d'euros d'ici 2015, dont 5 milliards en 2011, afin de convaincre zone euro et Fonds monétaire international de continuer à protéger le pays de la faillite.
Le plan de privatisations, qui doit être piloté par le Fonds, où la zone euro et la Commission européenne auront des postes d'observateurs, concerne aussi les ports, les services postaux, le secteur de l'électricité et les banques.
Jugé très ambitieux, il peinait à démarrer, avec une seule cession jusque-là: une part des télécoms grecs Ote, entretenant l'impatience des créanciers du pays.
M. Vénizélos a aussi fait part de la décision du cabinet socialiste grec d'avancer sans tarder sur la réduction de la taille du secteur public, autre chiffon rouge social sur lequel le gouvernement tergiversait.
Les fusions ou suppressions annoncées de multiples organismes seront faites "ces prochaines semaines", tandis que la baisse du nombre des employés du secteur public doit être accélérée via la mise en chômage technique pour un an du personnel jugé surnuméraire, en prélude à des licenciements.
Suspendant vendredi un audit du pays entamé fin août, la troïka, délégation tripartite qui représente les créanciers du pays --UE, FMI et Banque centrale européenne (BCE)-- avait donné une dizaine de jours au pays pour avancer sur cet éventail de mesures, en vue du déblocage attendu cet automne d'une sixième tranche des prêts UE-FMI débloqués en mai 2010.
Alors que la zone euro traîne les pieds pour mettre en oeuvre son nouveau plan de sauvetage de la Grèce convenu le 21 juillet, la Grèce avait dû reconnaître vendredi un nouveau dérapage budgétaire, sur fond d'aggravation de la récession.
 GEORGES PAPANDREOU FAIT DE SON MIEUX, JE NE M'Y ATTENDAIS PAS, SAMARAS PAR CONTRE EST EN DESSOUS DE TOUTES SES RESPONSABILITÉS, SON ATTITUDE ET CELLE DE SON PARTI ( Nea Dimokratia) ENTRAINERA LA GRÈCE DANS LE GOUFFRE.
IL FAUT CRÉER UN PARTI D'UNION NATIONALE, C'EST URGENT !!!

"Travailler plus", Nicolas Sarkozy y croit encore

Le chef de l'État a ressorti son slogan de campagne de 2007 lors d'un déplacement dans la Loire, mardi.

  Nicolas Sarkozy a relancé, mardi, devant des routiers son discours sur le "travailler plus", l'un des slogans de sa campagne de 2007. "Votre profession est composée d'hommes et de femmes qui aiment leur travail et qui demandent qu'on les laisse travailler, et ce n'est pas si souvent qu'on rencontre des gens comme ça", a lancé le chef de l'État devant un parterre de 200 représentants de la profession réunis lors d'un déplacement dans la Loire.
"Par inclinaison personnelle, j'ai plutôt envie de donner satisfaction à ceux qui disent laissez moi travailler plus plutôt qu'à ceux qui disent je veux travailler moins. Notre pays ne s'en sortira pas en travaillant moins", a-t-il ajouté, reprenant l'un des fils directeurs de sa campagne présidentielle de 2007. "C'est valable pour un enfant, un ado, un adulte, une famille, un pays. On ne peut pas s'en sortir en faisant comme si le monde extérieur n'existait pas."
L'opposition "ne reviendra pas sur la réforme des retraites"
Le président français a également abordé la question de la réforme des retraites, se félicitant d'avoir pu mener à bien ce dossier controversé sans fléchir en 2010. "La réforme des retraites, si on ne l'avait pas mise en oeuvre, la France ne serait pas dans la situation où elle est aujourd'hui, dans la situation d'un pays qui résiste mieux à la crise gigantesque que connaît le monde", a-t-il assuré.
"Je vous demande de réfléchir à ça : imaginez quelle serait votre réaction si la France était dans la situation de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, voire des États-Unis", a-t-il poursuivi. "Quant à ceux qui avaient promis, au moment des grandes manifestations, qu'ils reviendraient sur la réforme, on ne les entend plus aujourd'hui, car c'était un mensonge. Ils ne reviendront pas sur la réforme", a-t-il conclu.

Pour Aubry, Sarkozy est responsable de "la prochaine récession" du pays

La candidate à la primaire PS juge les propositions du chef de l'État pour réduire les déficits "injustes et inefficaces".


 Martine Aubry, candidate à la primaire PS, estime que Nicolas Sarkozy "est en train de construire la prochaine récession dans notre pays" avec ses propositions "injustes et inefficaces" pour réduire les déficits, dans un entretien accordé à La Tribune. "Ce qu'il propose est à la fois injuste et inefficace : si l'on veut réduire vraiment les déficits, il ne faut pas tuer la croissance. Car la France souffre non pas d'un mais de trois déficits : déficit financier, mais aussi déficits d'emploi et de compétitivité", affirme Martine Aubry.

Selon elle, "Nicolas Sarkozy est en train de construire la prochaine récession dans notre pays avec un budget qui, faute de s'attaquer vraiment aux niches fiscales (...), ignore l'emploi, l'investissement et la politique industrielle et augmente les impôts sur les classes moyennes et populaires". "Taxes sur les mutuelles, sur les tabacs et alcools, sur les sodas, augmentation de la CSG, autant de mesures qui pèseront sur tous les Français, et lourdement sur les plus modestes", dénonce la maire de Lille.
Annulation de "50 à 70 milliards de niches fiscales"
Elle réaffirme qu'en cas de victoire en 2012, elle annulera " 50 des 70 milliards de niches fiscales accordés par la droite" pour en affecter "la moitié à la réduction du déficit et l'autre au financement de (ses) priorités, notamment l'emploi, l'école et la sécurité". Martine Aubry préconise aussi "une réforme d'ensemble de la fiscalité" avec "un grand impôt citoyen sur le revenu, progressif et redistributif, grâce à la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu", une baisse de l'impôt sur les sociétés "à 20 % pour les entreprises qui réinvestissent" et une augmentation "à 40 % pour celles qui privilégient les dividendes".
Elle veut enfin "aligner la fiscalité du capital et du travail" et faire de la fiscalité "un levier pour la social-écologie" avec l'instauration d'"un taux de TVA différencié en fonction de l'émission de CO2".
PAUVRE CLOCHE, CETTE FEMME EST LE SYMBOLE ARCHAÏQUE D'UNE GAUCHE QUI TOURNE EN ROND, QUI RESSASSE LES MÊMES IDÉES, COMME UN VIEUX CHEWING GUM QU'ON GARDE EN BOUCHE LONGTEMPS APRÈS QU'IL AIT PERDU TOUTE SAVEUR, ET QUI COMMENCE À PRENDRE CE GOÛT AMER DU PLASTIC, DU FACTICE ET QUI DEVIENT INUTILE.
CETTE FEMME EST DÉNUÉE DE TOUTE VISION NOUVELLE DE L'AVENIR, SA SEULE AMBITION EST LE POUVOIR POUR LE POUVOIR.

mardi 6 septembre 2011

Et maintenant, que peut la Grèce ?

Tout le monde réalise maintenant que le gouvernement grec ne pourra pas réduire sa dette comme il s’y était engagé, ce qui ébranle les marchés financiers. Et à Athènes, c’est un sentiment d’impuissance qui apparait, comme dans cet éditorial de To Ethnos. 

Les Européens ne croient pas que nous voulons être sauvés ! Les indicateurs sont dans le rouge alors que les réformes structurelles tardent. Et sans crédibilité, que voulez-vous renégocier ? Pour tous ceux qui connaissent un peu l'économie grecque, il était très clair que les objectifs du plan de rigueur, et surtout les mesures annoncées en 2011, étaient très, voire trop ambitieux (c'est à dire non réalisables).
Ce n’est pas seulement en raison de "réticences politiques", qui sont pourtant réelles et que personne ne peut ignorer ; c'est à cause de délais irraisonnables. A cela, il faut ajouter la qualité du personnel politique et administratif du pays, et celle du système juridique et judiciaire.
La troïka FMI-UE-BCE et le gouvernement ont commis une grosse erreur en s'engageant sur des objectifs trop ambitieux – malgré les réticences sur la "recette" et la manière de la mettre en oeuvre. Bien que dos au mur, le gouvernement a reçu les experts de la troïka [la semaine dernière, une visite précipitamment interrompue] alors que ces derniers nourrissent les marchés de prévisions non réalisables qui, avec le discours du "plus difficile" et du "plus coûteux", conduisent à l'opposé du résultat escompté. Et de fait, même si beaucoup de choses ont été accomplies, l’image internationale de la Grèce est celle d’un pays qui ne fait rien.

Sur le fil du rasoir

Ça, c'est le bon coté. Car de nombreux dirigeants européens, banquiers et technocrates l'ont compris et dénoncent la "trop forte pression" exercée sur la Grèce. L'autre coté, c'est... l'échec ! Le gouvernement parle sans arrêt de "fusions" et de "suppressions" d'organismes publics, et plus généralement de réformes structurelles, mais il n'a presque rien fait !
De plus, la "gabegie" dans le secteur public se poursuit dans la plupart des cas. Les récentes déclarations du vice-ministre de l'Interieur sur les administrations publiques le prouvent. Il est tout de même étrange d’avoir diminué les salaires et les retraites, jusqu'à 1 000 euros par mois, d'avoir augmenté les taxes et les impôts, et de voir 2 ans après la fraude fiscale et la gabegie dans le secteur public continuer au plus haut point.
Tout ceci constitue une "mauvaise recette" qui, au delà des injustices sociales qu'elle engendre, entraîne une récession incontrôlable et un chômage qui est "un couteau sous la gorge". Voilà où nous en sommes aujourd'hui.
Les Européens ne croient pas que nous voulons être sauvés ! De nombreux indicateurs sont dans le rouge et beaucoup de nos objectifs n'ont pas été atteints. Il y a un problème de recette, de retard des réformes structurelles et encore une fois de crédibilité. Cela rend difficile l'application de l'accord du 21 juillet [le nouveau plan de sauvetage élaboré par les pays de la zone euro] qui déborde de zones d'ombre et restreint la possibilité de renégocier les termes du plan de rigueur. Nous sommes sur le fil du rasoir !


Scenario catastrophe

La faillite grecque devient réalité

La faillite grecque devient réalité"Les Grecs effraient les banques", titre Gazeta Wyborcza qui redoute le spectre "d'une banqueroute très violente" impliquant la suspension de tous les paiements dus par la Grèce. "Ce serait un bouleversement de l'ampleur de la chute de Lehman Brothers il y a trois ans, et entraînerait des pertes énormes pour les banques", écrit le quotidien de Varosvie.
"Maintenir Athènes dans la zone euro dépend de la seule volonté politique des électeurs [allemands] qui sont en train de perdre patience", note Gazeta Wyborcza. Très critiquée pour avoir inefficacement combattu la crise, la chancelière Angela Merkel "a reçu un carton jaune" lorsque son parti, la CDU, a lamentablement perdu ce week-end les élections dans le land de Mecklembourg-Poméranie occidentale. Une défaite qui, selon Gazeta, "donne une autre raison aux investisseurs de craindre pour l'avenir de l'euro" .

Rigueur: mauvais plan

Le parlement s'occupe de la rigueur, le parlement s'occupe de la crise. Mais le parlement ne peut rien contre la crise et s'occupe mal de la rigueur. Il ne peut rien contre la crise parce que cela ne se joue pas là. Ça se joue dans les sommets Européens. L'édito de Christophe Barbier.


Le grand malaise du procès Chirac

Jusqu'au bout, sans qu'on puisse exclure un autre coup de théâtre, l'affaire des « emplois fictifs » aura été hors norme. Voilà un dossier qui marque une première historique en ce qu'il conclut au renvoi en correctionnelle d'un ancien président de la République. Et qui, d'immunité en recours, de renvois en manœuvres dilatoires - et de ce point de vue Jacques Chirac n'est pas resté inerte -, a subi à peu près toutes les procédures de retardement imaginables. Un dossier où, le parquet ne suivant pas l'accusation dans le volet dit parisien des « emplois fictifs », le ministère public ne devrait pas requérir de condamnation. Où la principale constitution de partie civile, la Ville de Paris, s'est désistée. Un dossier, enfin, où le prévenu numéro un, Jacques Chirac, tout en souhaitant que justice se fasse, demande et obtient une dispense de comparution compte tenu des troubles neurologiques dont il souffre. Son absence sera ressentie soit comme l'ultime dérobade d'un vieux lion, soit comme un soulagement à l'idée qu'un homme populaire et diminué ne subisse pas une épreuve humiliante au crépuscule de sa vie. Sans lui, a fortiori vingt ans après la commission présumée des faits, ce procès a-t-il encore un sens ? Sera-t-il équitable pour ses coprévenus ? Son absence sera-t-elle compatible avec la manifestation de la vérité ? Chirac assumant la responsabilité des embauches - mais niant leur caractère fictif -, nul n'aurait en tout cas compris que ce procès n'eût pas lieu. Sauf à démontrer qu'un ancien chef de l'Etat devenu justiciable ordinaire est au-dessus des lois, à confondre immunité présidentielle et amnistie. Le symbole est important.

Amère justice

C’est une décision raisonnable. Une décision digne. La seule qui pouvait être prise. On s’étonne même qu’elle ne se soit pas imposée naturellement dans l’opinion tant elle semble dictée par le bon sens. Disons-le, la polémique sur la réalité de la maladie de Jacques Chirac a été franchement moche. Noël Mamère se serait évité une sortie indigne de lui s’il avait été le spectateur impuissant de la progression de ce mal implacable, de cette confiscation de la mémoire par paliers - souvent brutaux - qui font que l’être cher n’est plus tout à fait lui, même quand il a encore l’apparence de lui-même. Tous ceux qui ont eu un parent, un ami, un frère diminué par la dégénérescence qui affecte l’ancien président de la République, ont sans doute ressenti le même malaise, la même gêne et parfois le même dégoût devant l’acharnement de ceux qui voulaient absolument voir comparaître... l’ancien chef de l’État au nom de la justice.

Mais quel aurait été l’honneur d’une justice arrachant son témoignage à un homme devenu incapable de suivre un raisonnement construit? Quelle exemplarité aurait-on pu trouver à ces jeux du cirque obscènes avec un vieil homme dans l’arène, déjà ailleurs, et dans l’incapacité, de toute façon, de mesurer l’importance de son témoignage et de ses déclarations? Au mieux pouvait-on espérer quelques bribes de vérités arrachées à un comportement désormais totalement désinhibé. Mais quelle valeur ces confessions livrées en l’absence d’une totale lucidité auraient-elles eu? La France politique, si souvent complaisante avec les dérapages de ses élites, n’aurait fait que se donner l’illusion de racheter ses lâchetés.

Aucun regret donc. Mais beaucoup d’amertume. La justice a fait ce qu’il fallait faire mais elle n’y trouve évidemment pas son compte. On ne peut se satisfaire d’un procès où le principal justiciable n’aura pas à répondre lui-même aux questions sur les détournements jadis habituels et désinvoltes qu’il couvrait ou orchestrait au profit de son parti. Lui qui voulait - sincèrement - être présent aurait pu nous éclairer sur les mécanismes qui amènent le détenteur d’un pouvoir à user de ce pouvoir au-delà de ses limites sans avoir pour autant le sentiment de trahir sa fonction, et ses concitoyens. Au soir d’une vie, le détachement qu’il a montré avant même d’avoir quitté l’Élysée aurait probablement apporté une vérité - enfin - désintéressée.

Désormais par procuration, ce procès n’est pas pour autant fictif et ne saurait se résumer à une farce. On juge tout de même les agissements présumés coupables de celui qui fut le chef de l’État le plus puissant d’Europe. Même 25 ans après les faits, même trop tard, ce n’est pas rien... Au moins, l’impunité absolue n’existe plus. Une leçon pour l’avenir quand le financement de la vie politique - on le voit bien - n’a pas renoncé aux tentations des facilités illégales.

Bazar


Le marchandage sur le plan d'économies budgétaires a en fait déjà démarré, et avec quelle médiocrité. Voilà un ancien Premier ministre qui sonne la charge, au nom des parcs à thème, et remporte sur le président de la République une victoire à 80 millions, compensés sur les palaces, qui joueront avec leurs étoiles. Et ce n'est que le début du bazar dans les niches. Ici, on troque la défense de plus-values immobilières contre une taxe sur les brevets. Bravo pour la compétitivité ! Là, on a sauvé la niche sur les emplois à domicile. Les mutuelles se battent...


Les parlementaires vont faire leur travail dans ces hauts lieux de la démocratie que sont l'Assemblée et le Sénat. Mais ce n'est pas trop leur demander que d'espérer au moins un débat à la hauteur du déficit abyssal, et non des palabres sur des queues de cerise. Si les Français n'ont plus droit qu'à la rigueur, simple hors-d'oeuvre pour l'instant, au moins qu'elle leur soit servie avec équité et dignité compte tenu de la gravité de la situation. On en est loin, quand on compare le concours Lépine d'âneries pour tailler dans telle ou telle dépense sociale avec la nécessité d'une profonde réforme fiscale, qui s'imposera de toute façon.


Le Premier ministre, qui chauffe la salle pour le président et futur candidat, affirme parler un langage de vérité. Certes, quand il appelle les Français à leurs devoirs, ils comprennent bien que c'est à eux de payer maintenant. Mais la vérité ne trouve pas son compte avec son catalogue d'économies à 11 milliards, jugé même à l'UMP bien peu à la hauteur des enjeux, y compris du partage équitable des efforts.


L'actuelle ambiance de cour de récréation à propos du rabotage de quelques niches apparaît bien dérisoire quand on sait que nombre d'entre elles ne servent à rien, sauf à priver la collectivité de dizaines de milliards ! D'ailleurs, les marchés avaient vite jugé le sérieux de ce plan en reprenant de plus belle leur danse du scalp. Ils poursuivent l'hallali, comme on l'a vu hier à la Bourse. Quand l'heure de vérité sonnera, il est à craindre que ce soit celle des marchés, plus que celle de François Fillon.

Retour sans futur


Le seul retour important, celui qui engage véritablement l'avenir, c'est le retour des jeunes Français sur les bancs des écoles et des lycées. Et pourtant ! Oublié le prix des fournitures, renvoyés au second plan les seize mille suppressions de postes, le découragement des professeurs, l'absence de projet pour l'éducation... Pleurnichez hautbois, déraisonnez midinettes, DSK est revenu ! Une arrivée qui « rouleaucompresse » les suites de l'affaire Bettencourt, la future affaire Guérini, les dérapages très contrôlés de M. Marleix, les bougonnages de Jean-Pierre Raffarin, la médaille des sprinters. Tout ! Comme si les Français n'avaient pas pris définitivement acte que M. Strauss-Kahn s'est disqualifié et veulent l'effacer de leurs aspirations.


Certes M. Strauss-Kahn revient libre et innocenté. Pourtant, les dégâts sont faits et son image de dirigeant international ne sera jamais restaurée. Il se fait des illusions s'il imagine que les Français vont lui pardonner ses écarts de comportement et continuer de le considérer comme un grand homme. Le monde ne marche pas comme la gauche caviar, la vraie vie a ses normes et cette arrivée vedettarisée, minutieusement organisée et toute de sourires, pourrait bien être aussi dévastatrice que les photos du tribunal de New York.


Que l'ancien patron du FMI ne s'y trompe pas, ce n'est pas parce qu'il revient qu'il est attendu. Remplacé dans les primaires par Martine Aubry, dans les sondages par François Hollande, à Washington par Christine Lagarde, le paysage politique a horreur du vide et s'est rapidement reconfiguré. Même si la surchauffe de l'information en continu a fait coller le feuilleton de son sort à nos écrans comme la confiture aux doigts des Frères Jacques, ses imprudences ont cassé ses rêves présidentiels et brisé son avenir en rose.


Le danger pour le PS serait que M. Strauss-Kahn et son épouse, que l'on dit impatiente de régler des comptes, continuent à alimenter les appétits médiatiques et plombent ainsi la campagne des primaires et la présidentielle socialiste. La seule stratégie possible est désormais la prise de distance : avec l'affaire, avec l'argent, avec le bling-bling et avec l'instrumentalisation de la vie privée.

Le suspense des sénatoriales

Le suspense des sénatoriales Une élection peut en cacher une autre. Avant la présidentielle, nous suivrons le renouvellement, le 25 septembre, de la moitié du Sénat. Même si les citoyens ne votent pas - les sénateurs sont les élus des élus - ce scrutin va être regardé de très près. Pour quatre raisons.

Premièrement, le débat sur la nature du Sénat, cette « anomalie démocratique », disait Lionel Jospin pour s'étonner qu'il échappe à toutes les alternances politiques, va une nouvelle fois s'ouvrir. La surreprésentation des zones rurales, en particulier, est caricaturale : un sénateur pour 65 000 habitants dans la Creuse, un pour 271 000 habitants dans le Var.

Dans le corps électoral des sénatoriales, les grandes villes, les Régions et les départements ne pèsent pas lourd. Ainsi, elles ont beau être très majoritairement à gauche, le Sénat reste à droite. Et la réforme des collectivités, promise pour 2014, ne corrige pas ce déséquilibre.

Deuxièmement, n'en déplaise à ceux qui trouvent qu'il nous coûte trop cher, nous avons besoin du Sénat. Déconnecté du rythme présidentiel et élu au suffrage indirect, il subit moins les secousses électorales. Il peut ainsi travailler davantage dans la durée et dans la sérénité, avec des approches politiques qui ne recouvrent pas vraiment les clivages partisans et qui peuvent parfois contrarier l'Élysée.

Il faut savoir gré à la Haute Assemblée d'avoir évité aux députés de commettre un certain nombre d'erreurs. Sans elle, le discours sécuritaire de Grenoble aurait été intégralement appliqué. La déchéance de nationalité se serait appliquée à une certaine catégorie de Français. La loi hospitalière, la justice des mineurs ou la réforme des retraites auraient été plus dures...

Troisièmement, les sénateurs sont les mieux placés pour alerter sur l'accroissement des inégalités territoriales. On a besoin d'eux, par exemple, pour combattre la fracture numérique ou pour veiller à ce que les économies budgétaires ne dévitalisent pas nos Régions. La droite sénatoriale est d'ailleurs confrontée à une contradiction inconfortable entre son soutien logique à la politique de rigueur (moins d'écoles, de tribunaux, de casernes, moins d'aides européennes, moins de péréquation entre régions riches et régions pauvres) et la défense de la vitalité de ces territoires, spécialement ceux qui sont éloignés des grands pôles urbains.

Quatrièmement, et surtout, cette élection va être regardée de très près car c'est la première fois, depuis le début de la Ve République, que le Sénat peut passer à gauche. L'UMP, sans les centristes, n'y dispose déjà plus de la majorité absolue. Il ne manque que 22 sièges (sur 348) à la gauche pour l'emporter. Arithmétiquement, la droite peut encore se tirer d'affaire, mais à une poignée de sièges près. Suspense.

Une victoire de la gauche serait évidemment un coup de tonnerre dans la campagne pour la présidentielle. Faute de majorité pour réformer la Constitution, elle mettrait fin au débat sur la limitation des déficits (la fameuse « règle d'or »). Et à sept mois de l'échéance, elle donnerait un élan précieux au candidat socialiste qui sera choisi quinze jours plus tard.

L’ampoule économique devient ruineuse

Heureux citoyen français vert et éco-conscient ! Vous l’avez certainement oublié, mais depuis le 1er septembre, vous êtes enfin débarrassé de la tentation d’acheter de vilaines ampoules à incandescence de plus de 40W ! Youpi, les ampoules « économiques » sont maintenant obligatoires !
Il était temps : cela faisait plusieurs années que notre mère Nature attendait ça en trépignant.
Depuis ce jeudi, vous ne pourrez donc plus vous procurer des bêtes ampoules de 60W avec un bête filament qui fait de la bête lumière jaune et chaude.

Grâce aux avancées significatives du Grenelle de l’Environnement en faveur des fabricants d’ampoules économiques coûteuses et polluantes, vous allez, vous aussi, pouvoir participer à leur enrichissement tout en continuant de polluer un peu plus la planète grâce aux métaux lourds et aux méthodes de fabrication extrêmement complexes de ces nouvelles ampoules.
Et ça, je sais que ça fait plaisir à l’écolo qui sommeille en vous. Si si, ne me cachez pas la joie de ne plus avoir à vous casser la tête, au supermarché, devant de longs linéaires sur lesquels s’alignent des ampoules basse consommations très chères, des ampoules fluo-compactes chères, des ampoules à incandescence bon marché, des bougies parfumées et un pot de confiture oublié là par un précédent consommateur. Grâce aux efforts de Jean-Louis Borloo et son Grenelle, grâces aux vigoureuses actions des Verts, vous n’aurez plus ce choix cornélien.
Mais ce n’est rien comparé au bonheur indescriptible de bénéficier d’une lueur blafarde et mal calibrée dans des pièces où, jadis, vous lisiez tranquillement à côté de la cheminée. Grâce à la lumière blanche et crue qui donnera un côté clinique à vos espaces de détente, vous vous esquinterez les yeux à déchiffrer les pages au contraste devenu trop fort. Ou, alternativement, vous essaierez de vous rappeler de la couleur réelle, sous une lumière normale, de cette chemise et de cette cravate pour savoir si les deux vont bien ensemble (pour vous rendre compte, une fois sortis, que, zut, non).
Mais foin de petits désagréments : il faut savoir aller de l’avant !
L’ampoule basse consommation, c’est, forcément, mieux : comme elle consomme moins, elle épargne la Nature, l’environnement et, par voie de conséquence, votre portefeuille. Ah, tiens, non, pas votre portefeuille.
Mh. Voilà qui est gênant. Je résume.
L’ampoule économique, finalement, ne l’est pas tellement. Elle coûte fort cher. Et son prix va augmenter.
Certains prétendent que sa durée de vie compense la différence de prix avec l’ampoule traditionnelle à filament. Sauf lorsque cette ampoule basse consommation est utilisée dans des pièces où on l’allume et l’éteint fréquemment. Ce qui arrive, finalement, un peu partout, et réduit sa durée de vie réelle.
Ces ampoules, au contraire de l’ampoule à filament, produisent des champs électromagnétiques dont l’effet sur la santé n’a pas été évalué. Une ampoule fluo-compacte qui se brise (ça arrive, eh oui) laisse aussi échapper des produits toxiques, là où l’ampoule traditionnelle, composée de verre, de porcelaine et de tungstène, ne comportait pas de risques (à moins, bien sûr, de la grignoter à l’apéritif).
Sa fabrication n’est pas neutre sur l’environnement. Son recyclage non plus.
La lumière au bout du tunnel, c'est une vieille ampoule qui va claquer.Son allumage, bien que plus rapide qu’il y a dix ans, nécessite encore quelques dixièmes de secondes. Lorsqu’on est en passe de descendre un escalier, cela équivaut à faire deux marches dans la pénombre ou, parfois, le noir total. On appréciera le parfum irremplaçable de la prise de risque. En plus, les accidents domestiques ne font que 40.000 morts par an. Rien de grave, là non plus.

Maintenant, ces constats posés, quelques remarques viennent à l’esprit.

Au fur et à mesure que les ampoules traditionnelles disparaissent, on va pouvoir mesurer avec précision l’implication des citoyens dans l’écologie de combat … ou leur agacement, c’est selon. Et il transparaît déjà que l’agacement montre plus facilement son nez que la satisfaction de voir avancer enfin un effet concret du Grenelle de l’Environnement et ses avatars éco-conscients.
Tout comme les éoliennes, c’est super, mais à petite dose et pas dans son jardin, les citoyens peuvent maintenant goûter en temps réel et en vraie grandeur à la mise en musique d’une écologie de tous les jours. Tous les jours, à chaque fois qu’ils allumeront une lumière chez eux et que celle-ci réagira huit ou neuf dixièmes de seconde plus tard, ils se souviendront de leur soutien ou de leur passivité à ce raout médiatique boboïde.
Tous les jours, ils constateront que la couleur de la lumière n’est pas la bonne, pas tout de suite. Le citoyen moyen, éco-forcé, fera pipi dans la pénombre et pourra bénéficier d’une lumière optimale… au moment de quitter ses toilettes dont il coupera la lumière.
Régulièrement, ils devront racheter des ampoules neuves fort coûteuses parce que la précédente a claqué bien avant sa durée d’usage à partir de laquelle elle aurait pu être remboursée.
Et tous les jours, le nombre de partisans d’un écologisme plus pur, plus fort, plus coercitif diminuera, parce que les conneries, ça va bien deux minutes, mais la régression technologique (moins bien pour plus cher), c’est rapidement pénible.
Eh oui : parce qu’une poignée de bobos a été correctement coachée par de grands fabricants d’ampoules fort coûteuses aux marges juteuses, les députés ont choisi ce que vous devez mettre dans vos abat-jour. Et en plus, c’est moins bien.
Ok, pour le moment, ce sont les ampoules. Et après tout, on aura toujours les bougies.
L’étape d’après, ce sont les voitures ; électriques, forcément. Et là, on attaquera vraiment les choses sérieuses.

Préparez vos bicyclettes.