vendredi 27 mai 2011
«Justice est faite», avait déclaré le président Obama après la liquidation de ben Laden. « Justice sera faite », devrait-on dire, lorsque Ratko Mladic comparaîtra devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye, et seulement lorsque le jugement sera rendu. Deux approches de la justice vraiment très différentes, l’une américaine, l’autre européenne ! Il est vrai que si ben Laden et Mladic ont tous deux le sang de milliers d’innocents sur les mains, le dernier est hors d’état de nuire depuis 1995 tandis que le chef d’al-Qaïda continuait son djihad. Et à l’encontre du général bosno-serbe, il ne s’agit pas d’assouvir une vengeance. Mais de stabiliser les Balkans toujours fragiles, en mettant du baume sur les plaies des guerres civiles yougoslaves, en prouvant que les crimes de guerre ne restent pas impunis et en montrant les nationalismes sous leur forme la plus hideuse qui va jusqu’au génocide.
Ces considérations politiques et morales à l’origine du TPIY vont-elles atteindre leurs buts ? Pas sûr ! Selon un récent sondage, Mladic reste un héros pour 40% des Serbes, de même que Slobodan Milosevic. Encore le mois dernier, des manifestants ont violemment réclamé à Zagreb la libération du « héros » croate, le général Ante Gotovina, « purificateur ethnique » de la Krajina condamné à 25 ans de prison par le TPIY...
Qu’il ait fallu seize ans pour arrêter Mladic - en réalité vraiment recherché par la Serbie depuis 2008 seulement - prouve à quel point les « réseaux » de la guerre civile restent puissants, et partout dans les nouveaux États des Balkans, que les criminels présumés soient serbes, bosno-serbes, croates ou bosniaques musulmans. Partout, les complicités sont évidentes. Le cas Mladic est même exemplaire: l’homme ne se cachait guère et physiquement il n’a pas beaucoup changé depuis 1995. Parfaitement reconnaissable, Mladic a profité de protections haut placées, vraisemblablement dans l’armée...
Pour la Serbie, qui aura peut-être pour prix de sa coopération le statut de «candidate à l’UE», son arrestation est particulièrement délicate. Le procès pourrait prouver que le général accusé du massacre de Srebrenica n’était pas aux ordres du fantasque président bosno-serbe Radovan Karadzic mais dépendait de Belgrade dont il recevait les ordres, donc directement de Slobodan Milosevic et indirectement d’une kyrielle d’irrédentistes. Or ces hommes qui étaient pour le moins au courant jouent aujourd’hui encore un rôle non négligeable dans les partis politiques (reconvertis en « démocrates » ou non) et dans la société serbe. Un procès Mladic pourrait déraper dangereusement en devenant celui de la Serbie des années 1990. Avec les protagonistes de l’époque toujours aux affaires.
Un écueil à éviter absolument pour la tranquillité des Balkans. Et de toute l’Europe.
Restructuration de la dette grecque : Berlin change son fusil d'épaule
Le ministre allemand des Finances a assuré dans un entretien au Handelsblatt que la restructuration de la dette grecque aurait des conséquences encore plus dramatiques que l'effondrement de Lehman Brothers.
La semaine dernière, celui-ci avait pourtant envisagé un allongement des délais de remboursement de l'aide internationale si les créanciers privés participaient. Une restructuration douce ou un reprofilage. Difficile pour les marchés de s'y retrouver dans ces conditions.
Ces derniers commentaires ne seront toutefois pas pour déplaire aux représentants de la BCE qui ont à maintes reprises ces derniers jours appuyé les risques d'une restructuration, appuyant tantôt le "scénario de l'horreur", tantôt la "catastrophe" ou "l'effondrement du système" encouru. La BCE a même abattu, ces derniers jours, sa carte maîtresse : la menace de ne plus accepter de titres de dette grecs en dépôt de garantie lors de ses opérations de prêts aux banques de la zone euro. Une menace réitérée aujourd'hui par Christian Noyer au micro de BFM.
"Tous les scénarios pour soutenir la Grèce n'ont pas encore été épuisés" assure Schäuble
Berlin tente-t-il d'éviter le conflit avec la BCE ? "Nous avons toujours été bien inspirés de respecter l'indépendance" de la BCE, déclare notamment Wolfang Schäuble au Handelsblatt. Et d'ajouter : "tous les scénarios pour soutenir la Grèce n'ont pas encore été épuisés" au sein de l'Union européenne. Reste que pour le ministre, "les mesures de disciplines budgétaires seules ne pourront pas résoudre les problèmes" du pays qui a besoin d'améliorer sa compétitivité. "Il faut une perspective de croissance à moyen et long terme".
De son côté, Christian Noyer a balayé le risque d'un effet domino menaçant la France dans la crise des dettes souveraines qui sévit actuellement en zone euro." Tous les cas sont différents. C'est facile pour les opérateurs de marché de dire 'c'est un effet domino, l'un tombera après l'autre', tout cela n'a pas de sens", a-t-il déclaré, citant les exemples grec, irlandais et portugais. "Cette assimilation est très factice."
jeudi 26 mai 2011
Merci, Monsieur Guéant, vous nous faites redécouvrir les vertus de la prévention contre la délinquance. Grâce à vous, nous voici préservés du zèle de Monsieur Fillon, qui prétendait faciliter la répression de nos excès de vitesse par des radars inopinés. Vous vous rendez compte, il prétendait nous sanctionner sans prévenir, juste pour avoir roulé trop vite ! Avec vous, il y aura un panneau de limitation de vitesse, puis un radar pédagogique, et enfin seulement le radar répressif. On devrait d’ailleurs songer à mettre entre les deux un gendarme pédagogique, qui clignoterait sans verbaliser… Bien sûr, il paraît que la vitesse est souvent cause des accidents. Mais les autres n’ont qu’à faire attention. Et les parents n’ont qu’à pas laisser leurs bambins passer sous nos roues. Encore merci, Monsieur Guéant, grâce à vous, les chauffards français se sentent partout chez eux.
Vu de Paris, ce serait une excellente opération. Comment ne pas se réjouir à l’idée qu’une Française puisse succéder à un Français à la direction générale du Fonds monétaire international? Au fond, ce serait presque un miracle si Christine Lagarde parvenait à s’asseoir à Washington dans le fauteuil de Dominique Strauss-Kahn, aujourd’hui l’un des hommes les plus décriés en Amérique. Comme elle l’a dit elle-même: être Français n’est pas vraiment un avantage pour briguer le poste...
Mais la ministre de l’Économie et des finances, d’ordinaire peu connue pour son audace, fait montre d’un certain culot. À 55 ans, l’ambition aidant, voilà la locataire de Bercy conquérante, elle qui resta si longtemps effacée dans l’ombre du président qui l’avait promue au- delà de ses espérances. Aujourd’hui, après avoir attendu le meilleur moment pour se découvrir, elle brave le scandale mondial créé par le sulfureux démissionnaire auquel elle prétend succéder. Mieux, elle souligne son incontestable réussite à la tête d’une institution en déclin sinon moribonde quand il en avait pris les rênes en 2007.
Si elle n’a pas la surface, ni l’épaisseur politique de DSK, elle a indiscutablement le profil de la fonction. Proche des milieux de la finance, plutôt à l’aise, par tempérament, dans les négociations internationales, parlant un anglais parfait qui ravit les journalistes de télé des États-Unis, et disposant de l’expérience d’une puissante avocate d’affaires à Chicago, elle est bien armée pour assumer les responsabilités auxquelles elle se destine.
Une carte inespérée pour le chef de l’État. Après s’être mordu les doigts d’avoir soutenu, à ses dépens, son concurrent, il tient une occasion de rattraper une stratégie perdante avec une postulante directement issue de sa propre écurie. Contrairement à leur première secrétaire, Martine Aubry, les socialistes, eux, ne se grandissent pas en dénigrant une femme qui, assurément, fera très correctement le job en défendant les intérêts de l’Europe. Les dirigeants de l’Union ne s’y sont d’ailleurs pas trompés en apportant un soutien unanime à leur très libérale petite camarade. Et si elle risque de traîner les casseroles de l’affaire Tapie, soyons justes, c’est le président qui les lui a accrochées dans le dos avec une incroyable légèreté...
On pourrait chanter l’hymne à la joie, sans état d’âme, si l’accession de Mme Lagarde à la tête du FMI n’était qu’une affaire de cocorico, de prestige national ou de résistance de la vieille Europe. Ce serait oublier la légitimité des pays émergents à convoiter un pouvoir qui les concerne directement. Quel signal de modernité et d’ouverture serait donné au monde du XXI e siècle si l’un des leurs était finalement choisi! De quoi se consoler largement de la perte de ce qui a fini par être considéré, insolemment, comme une chasse gardée.
L’Ecosse, une indépendance à inventer
Le système d’autonomie de l'Ecosse, appelé "dévolution" ou transfert de compétences, a été mis en place par les travaillistes en 1997. Cette décentralisation partait du principe que plus les Ecossais auraient d’autonomie, moins ils aspireraient à l’indépendance. Beaucoup estiment aujourd’hui que c’est l’inverse qui s’est produit. D’autres font valoir qu’il est trop tôt pour tirer des conclusions.
L'identité nationale n'est pas au coeur des revendications
La victoire du SNP a frappé les esprits en Espagne. Car enfin, comment ne pas faire le parallèle avec les aspirations à l’indépendance d’une partie de la population basque et catalane ? Il existe pourtant d’énormes différences. Le Royaume-Uni s’est constitué il y a quatre siècles avec l’accession de Jacques VI d’Ecosse au trône d'Angleterre, l’union étant consacrée par la fusion volontaire des parlements anglais et écossais un siècle plus tard, en 1707.Contrairement au Royaume-Uni, l’Espagne offre un ensemble complexe de 17 régions autonomes, ayant différents degrés d’ambition autonomistes. Pour revenir au cas de l’Ecosse, c’est le pauvre, et non le riche, qui veut partir [à la différence de l’Espagne, où la Catalogne et le Pays basque sont des régions riches]. Et l’identité nationale des Ecossais et des Anglais n’est pas au cœur des revendications.
Quelle qu’en soit la raison, la possibilité qu’Alex Salmond, le charismatique leader indépendantiste, appelle à un référendum, ne provoque pas un tollé politique au Royaume-Uni. "Il est un peu optimiste de la part du SNP de penser qu'il peut gagner un référendum sur l’indépendance, estime l’historien Sebastian Balfour, professeur émérite d’Etudes contemporaines espagnoles à la London School of Economics. Le SNP subirait gravement les conséquences d’un résultat négatif, car la situation de l’Ecosse est très particulière et tout à fait différente de celle de l’Espagne, dans la mesure où il y a bien plus d’Anglais que d’Ecossais en faveur de l’indépendance de l’Ecosse, et moins d’Anglais contre que d’Ecossais. Bon nombre d’Ecossais souhaitent préserver l’union avec l’Angleterre. C’est comme si les Anglais avaient troqué leur identité nationaliste-impérialiste contre une identité post-nationale, une identité civique disons moins locale, ou régionale. Et je doute fort que le SNP, pour l’instant, pose la question du référendum. En revanche, et ce n’est pas du tout la même chose, je crois que sa stratégie à long terme est de démontrer sa capacité à gérer ses affaires dans le sens des intérêts de l’Ecosse".
L'Ecosse plus écossaise que la Catalogne n'est catalane
Dans quelle mesure cette victoire écrasante du SNP peut-elle avoir une incidence sur l’Espagne ? "Elle peut renforcer jusqu’à un certain point le courant indépendantiste dans l’opinion, mais je ne pense pas qu’elle ait beaucoup de répercussions, commente Balfour. Cela ne me paraît pas si important. Il y a de grandes différences, et en réalité aujourd’hui l’Ecosse se rapproche davantage de la Catalogne et du Pays basque, en ce sens qu’elle possède un parti nationaliste ayant la majorité au Parlement. En Espagne, cette situation ne date pas d’hier".L’Ecosse est nationaliste "dans le sens où les gens se sentent avant tout écossais ; mais ils sont aussi britanniques", renchérit David McCrone, co-directeur de l’Institut de gouvernance de l’Université d’Edimbourg. "En Catalogne, cette question se situe sur une échelle à cinq degrés : être catalan, mais pas espagnol ; être plus catalan qu’espagnol ; être aussi catalan qu’espagnol ; être plus espagnol que catalan ; être espagnol, mais pas catalan. A cet égard, l’Ecosse est plus écossaise que la Catalogne n’est catalane. Ce phénomène est très lié à l’immigration depuis le reste de l’Espagne. Et il n’est peut-être pas non plus sans rapport avec la question linguistique".
En ce qui concerne l’Ecosse, la langue n’est pas un problème. "La langue a été éliminée en tant que péage que les gens doivent payer pour être écossais, explique McCrone. Etre écossais est une question territoriale, pas une question linguistique ou ethnique. Résultat, les gens qui viennent en Ecosse se sentent plus facilement écossais. La langue ne devient pas une raison d’être, un élément essentiel de l’identité nationale ou une manière d’exprimer ses différences comme c’est le cas avec la langue au Québec". Ou bien au Pays de Galles, où le nationalisme est plus faible qu’en Ecosse, mais où presque un Gallois sur quatre parle gallois.
Le degré d'autonomie en question
Pour toutes ces raisons, le débat sur l’indépendance en Ecosse est plus pragmatique qu’au Pays basque ou en Catalogne. A en croire McCrone, la victoire du SNP n’est pas vraiment celle de l’indépendantisme face à l’unionisme : elle est surtout révélatrice du degré d’autonomie que souhaitent les Ecossais."Ces vingt dernières années, certains d’entre nous se sont moins concentrés sur la distinction entre indépendance et autonomie et ont davantage réfléchi à la question de l’évolution de l’autonomie proprement dite. Le débat porte en réalité sur le degré d’autonomie et les moyens d’en obtenir davantage".McCrone se moque de l’attitude simpliste de Londres face à la question écossaise. "La vision de la métropole tend à privilégier deux points de vue : soit l’Ecosse ne sera jamais indépendante, soit l’indépendance est inévitable, explique-t-il. Je pense que c’est bien plus compliqué que cela. Nous vivons dans un monde où la signification de l’indépendance est problématique. En réalité, le débat porte sur des degrés d’autonomie. Si par indépendance on entend le classique Etat indépendant du XIXe siècle, avec une armée, des frontières, etc., évidemment on est loin du compte. Ce n’est pas le monde dans lequel nous vivons".
Et McCrone d’ajouter : "Nous vivons dans un monde où l’autonomie se partage à différents niveaux. Tant l’Etat espagnol que l’Etat britannique sont membres de l’Union européenne. Et l’UE a du pouvoir. Ce n’est pas une question de souveraineté absolue, mais de souveraineté partagée".
"Ma prédiction personnelle, c’est que le Royaume-Uni va s’engager dans une voie confédérale, poursuit le chercheur. En d’autres termes, le moment venu, il y aura des degrés d’autonomie plus importants. De même qu’il y en a, pour des raisons très différentes et dans un autre contexte, en Belgique. Le transfert de compétences en Flandres et en Wallonie est considérable. Nous nous orientons vers un monde confédéral, et non pas un monde d’Etats absolument indépendants. Un monde où l’Ecosse, la Catalogne, et bien sûr le Pays basque, vont aller plus loin dans l’autonomie. Les choses changent. Et le comportement qu’auront les gouvernements centraux est absolument essentiel. En Grande-Bretagne, les conservateurs ont tiré quelques enseignements de ce qui s’est passé. Il ne sont plus aussi agressifs et bornés que lorsqu’ils avaient autrefois le pouvoir. Reste à savoir si cela va durer".
Le Royaume-Désuni de Grande-Bretagne est-il pour demain ? Comme le rappelle Alex Salmond, "on nous disait qu’il n’y aurait jamais de Parlement écossais, et il y en a un. On nous disait que nous ne remporterions jamais d’élections, et nous en avons gagné en 2007. On nous disait que nous n’aurions jamais la majorité absolue, et nous l’avons. Aujourd’hui, on nous dit que nous ne gagnerons jamais un référendum sur l’indépendance". Qui sait !
Le pétrole ne garantit pas l'indépendance
Jean-François Kahn quitte le journalisme
Jean-François Kahn, figure de la presse française, va annoncer qu'il quitte le journalisme, dans son bloc-note à paraître dans la prochaine édition vendredi de Marianne, selon la rédaction de l'hebdomadaire qu'il a fondé.
Le journaliste de 72 ans, évoquera dans ce dernier point de vue, la polémique suscitée par le commentaire qu'il avait fait à la radio sur l'affaire Strauss-Kahn: "si c'est "un troussage de domestique, c'est pas bien". Il s'est ensuite excusé de cette déclaration.
Le directeur de Marianne, Maurice Szafran, reviendra lui aussi sur l'affaire DSK et ce commentaire dans la prochaine édition de l'hebdomadaire.
L'annonce de cette retraite de Jean-François Kahn a fait l'objet d'un mail interne à la rédaction de l'hebdomadaire, a révélé le site lepoint.fr.
De l'Algérie au Centre
Reporter pendant la guerre d'Algérie, il sera un des journaliste qui révélera l'affaire Ben Barka, homme politique marocain disparu mystérieusement alors qu'il devait être protégé par les services français.
Il a été notamment chroniqueur sur Europe, directeur de la rédaction des Nouvelles littéraires et a participé à la célèbre émission politique L'Heure de vérité avant de créer en 1984 L'Événement du Jeudi et ensuite Marianne qu'il a dirigé jusqu'en 2007 avant d'y tenir son "bloc-note". Il est l'auteur de nombreux ouvrages, surtout des livres politique. Il a fait un bref passage en politique, élu centriste en 2008 à la députation européenne à laquelle il avait renoncé aussitôt.
mercredi 25 mai 2011
Tristiane Banon : Hollande et Fabius auraient couvert DSK
A en croire Christophe Dubois, un des auteurs de Sexus Politicus, non seulement le PS savait pour au moins une tentative de viol supposée de DSK, mais Laurent Fabius et François Hollande auraient fait pression sur la mère de Tristiane Banon pour étouffer l’affaire et éviter le dépôt d’une plainte : « Laurent Fabius et François Hollande, à tour de rôle, ont fait en sorte que cette jeune fille, dont ils connaissaient la mère, une élue socialiste, ne porte pas plainte pour tentative de viol et contribue à ce que tout se règle à l’amiable et sans bruit. Mais la presse aussi était au courant et n’a rien dit. »
Christophe Dubois jette également la pierre aux médias, accusés de complaisance: « De manière très factuelle, nous avons constaté, lorsque le livre est sorti, et alors que nous avons bénéficié d’une très grande couverture médiatique, des bonnes feuilles ayant été publiées, que les infos concernant Dominique Strauss-Kahn n’ont jamais fait l’objet d’une seule ligne dans les médias. Cela confinait à l’omerta. »
Des propos qui vont dans le même sens que ce qu’écrivait France Soir, cité par Vincent Bénard : « Or les « affaires » se seraient succédé en France et à l’étranger. La quasi-totalité n’aurait jamais débouché sur le plan médiatique ou judiciaire à l’exception de deux d’entre elles. L’une concernait en France une journaliste et l’autre aux États-Unis une haut fonctionnaire du FMI. Les autres se seraient déroulées en l’absence totale de la moindre procédure de police ou judiciaire ainsi que de la moindre allusion dans la presse. Elles auraient eu pour victimes plusieurs jeunes femmes, dont des militantes du PS et des Beurettes, selon nos informations émanant de proches, pourtant bienveillants à l’égard de DSK. Toutes ces affaires se seraient réglées à l’amiable entre les parents de ces victimes et des responsables du PS. Ces derniers auraient réussi à calmer, avec beaucoup de difficultés, ces sympathisants socialistes (certains s’étaient armés d’une hache ou d’un couteau, selon notre source) les persuadant de ne pas déposer plainte. »
Ces révélations, si confirmées, risquent d’entacher sérieusement l’image du Parti Socialiste. Nicolas Sarkozy semble en tout cas s’en réjouir : « En privé, le chef de l’État estime que l’affaire est un désastre pour le Parti socialiste, qui aurait perdu une partie du combat pour la présidentielle : celui de la morale.
Avec Obama, l’amour est aveugle
Mais une des choses les plus curieuses, à propos de ceux qui soutiennent Obama, n’est pas qu’ils soient déçus – compte tenu des formidables espoirs qu’ils avaient placés en lui, c’était inévitable –, mais qu’ils lui vouent encore une dévotion fervente en dépit de ces désillusions. C’est comme si chaque déception était vécue individuellement, puis discrètement oubliée.
Le chômage et la misère plus élevés que du temps de Bush
Cela a longtemps été le cas des électeurs noirs aux Etats-Unis, qui continuent malgré tout à être plus optimistes que jamais pour l’Amérique, alors que leur sort ne s’y est guère amélioré. Le chômage, la misère et le nombre des saisies ont dépassé, et de loin, les chiffres du temps de George Bush, et l’écart entre Noirs et Blancs ne cesse de se creuser en termes de perspectives d’avenir. Et pourtant les Africains-Américains restent la base la plus fidèle d’Obama. Victimes d’un taux de chômage de 16 %, ils continuent de l’approuver à 80 % dans les sondages.On retrouve la même contradiction dans l’attitude des Européens vis-à-vis du président des Etats-Unis. Elle n’a pratiquement pas changé depuis sa candidature à la présidentielle. Un sondage réalisé par le Pew Research Center en juillet 2008, avant l’élection, avait montré qu’Obama était plus populaire en Europe que n’importe où ailleurs, y compris en Amérique du Nord.
Guantanamo toujours ouverte
En Allemagne, en France, en Espagne et en Grande-Bretagne, ils étaient plus de 70 % à dire qu’ils lui faisaient confiance "pour faire ce qu’il faut dans le domaine des affaires internationales" et plus de la moitié pensaient qu’un nouveau président bouleverserait favorablement la politique étrangère américaine. Si, dans une enquête menée en 2008 par le Fonds Marshall allemand, 19 % seulement des Européens interrogés soutenaient la gestion par Bush de la situation internationale, un an plus tard ils étaient 77 % à approuver la politique étrangère d’Obama.En septembre 2009, Craig Kennedy, le président du Fonds, affirmait : "Je me doute que, quand de véritables décisions politiques auront été prises, nous constaterons une évaporation de cette ‘euphorie Obama’, les Européens commençant à le voir davantage comme un Américain et moins comme l’un d’entre eux." Or, cela n’a pas été le cas.
Trois ans plus tard, il part de chez lui – où, même après l’assassinat d’Oussama Ben Laden, sa cote de popularité se situe aux alentours des 50 % – et se pose sur un continent où plus de 70 % des habitants estiment qu’il fait du bon boulot.
Ce qu’il y a d’étrange, c’est que beaucoup de ce que les Européens détestaient du temps de Bush est toujours en place à la veille de la candidature d’Obama à sa réélection. Guantanamo n’a pas fermé ses portes, les transferts clandestins de terroristes présumés se poursuivent, il y a plus de troupes déployées en Afghanistan, et il y en a encore en Irak.
De plus, l’Europe est en partie responsable de l’enlisement dans certains secteurs de la politique étrangère. Le problème de Guantanamo tient entre autres au fait que les gouvernements européens ont refusé de prendre nombre des détenus en charge. Certains ont salué l’intensification des opérations américaines en Afghanistan, tout en se disposant à retirer unilatéralement leurs propres forces.
De "Yes we can" à "Ça pourrait être pire"
Le principal argument invoqué à décharge par Obama, tant à l’étranger qu’aux Etats-Unis, c’est que la situation était catastrophique quand il est arrivé, et qu’elle ne ferait que s’aggraver s’il s’en allait. C’est vrai. Mais on est bien loin de la rhétorique flamboyante qui avait accompagné son ascension au pouvoir. C’en est fini du "Yes we can". Aujourd’hui, c’est plutôt : "Ça pourrait être pire."Les élites politiques européennes sont frustrées depuis longtemps. "J’exagère peut-être, mais je pense que [cette tournée européenne] devrait être l’occasion de remettre à plat les relations avec l’Europe", déclare au Washington Post Heather Conley, directrice du Programme Europe au Center for Strategic and International Studies. "Les leaders européens ont du mal à se positionner par rapport à Obama. Il a suscité beaucoup d’attentes, mais maintenant ils se demandent : 'En quoi est-il différent ?'"
Cette attitude tarde encore à gagner le discours ambiant. Alors pourquoi les Européens l’aiment-ils tant alors que son bilan est si maigre ? Pour une bonne part, ils aiment chez lui les qualités qu’ils lui ont toujours prêté. Il n’est pas George Bush, même si l’on peut se demander combien de temps cette définition négative tiendra la route. Il est apparu à un moment où les dirigeants européens faisaient grise mine.
Les Européens aiment Obama plus que les Américains eux-mêmes. Mais surtout ils l’aiment plus que leurs propres gouvernants. Moins d’un tiers des Italiens et des Français, respectivement, approuvent Silvio Berlusconi et Nicolas Sarkozy, seulement un Allemand sur deux trouve Angela Merkel crédible. La cote de David Cameron n’est pas tellement meilleure.
L'obamaphilie européenne : reflet des faiblesses de l'Europe
Brillant, charismatique, télégénique, Obama n’a aucun scandale sexuel à se reprocher, si bien que par comparaison il représente la possibilité d’une démocratie conduite par des citoyens intelligents et soucieux de l’intérêt général, par opposition aux opportunistes, aux égocentriques et aux dépravés. Tout se passe comme si sa capacité démontrée à poser les vrais problèmes dans toute leur complexité avait permis à certaines personnes de ne faire aucun cas de son incapacité à y apporter des solutions.Mais, à bien des égards, l’obamaphilie européenne a toujours reflété aussi bien les faiblesses que les forces du continent. Comme les royalistes en quête d’un monarque éclairé, en lequel ils pouvaient placer de grandes espérances mais sur lequel ils n’avaient aucun contrôle démocratique, ils ont décidé de ne pas se servir de leur propre pouvoir, mais au contraire de compter sur celui d’un autre.
Et ces faiblesses se sont aggravées. Tandis que les effets de la crise financière continuent de se faire sentir, le continent s’efforce de rester soudé. La Grèce et l’Irlande sont au bord du défaut de paiement, le Portugal va devoir être renfloué, les Espagnols sont dans la rue. L’avenir de l’euro a été ouvertement remis en cause.
Et, tandis que bon nombre des problèmes touchant les relations transatlantiques demeurent, presque tout le reste a changé. Le printemps arabe a mis à nu le déclin de l’influence des Etats-Unis et de l’Europe sur le monde, tandis que la volonté des Européens de conserver la présidence du FMI a quelque chose d’anachronique face à la montée en puissance d’économies en développement plus dynamiques.
L’attitude des Européens envers Obama en dit plus long sur l’Europe que sur le président des Etats-Unis. Et ce qu’elle révèle, que ce soit sur les Européens ou sur Obama, n’est pas vraiment glorieux.
mardi 24 mai 2011
Où est-il dans l’univers électoral tourmenté de la France de l’avant 2012 ?
On croyait que le procès en appel de Dominique de Villepin permettrait de clarifier sa situation et débarrasserait son chemin des obstacles dressés par la sale affaire Clearstream. Mais quel que sera le verdict final, il ne lèvera pas le doute politique qui accompagne comme une traînée de poussière lumineuse et sombre la trajectoire singulière du dernier Premier ministre de Jacques Chirac.
Cet homme est un mystère et une question. Ou plutôt une somme de questions. Comment prévoir les comportements de cet ovni qui évolue dans une galaxie dont lui seul connaît les repères ? Car cet héritier du gaullisme au verbe haut cultive instinctivement une forme de solitude qui le met à l’écart du reste de la classe politique. Et une soif de grandeur que la temporalité de l’action ne parvient pas à étancher.
Le prix d’un positionnement aussi risqué ne le dérange pas vraiment. Il ne peut concevoir le rassemblement qu’autour de lui. Qui l’aime le suive ! Et tant pis si l’audace de ses stratégies est dangereuse ! Et si le goût du panache désoriente jusqu’à ses plus fidèles grognards. Le programme charpenté mais iconoclaste, présenté en avril, n’a-t-il pas provoqué le départ d’un de ses collaborateurs les plus proches, désertant par désaccord avec la surprise du chef.
Un tel tempérament ne pouvait s’accommoder d’un rival aussi différent que Nicolas Sarkozy. C’est bien la détestation entre les deux hommes, une détestation à mort submergeant tout, une détestation romanesque et désormais cinématographique - elle donne son rythme à «La Conquête» - qui est au cœur de l’affaire Clearstream. C’est bien elle qui a motivé l’appel interjeté par le parquet, probablement soufflé par l’Élysée, après l’acquittement de DDV en première instance. C’est elle, aussi, qui a inspiré le commentaire assassin de l’intéressé, hier soir, après les six heures du réquisitoire prononcé contre lui.
Cet épisode judiciaire a mis en évidence l’inutilité de ce nouveau procès. Tout ça pour prolonger la torture d’un homme dont on a manifestement juré la perte et qui proteste de son innocence. Tout ça pour que le procureur réclame 15 mois avec sursis, trois de moins qu’en première instance... Tout ça pour qu’on ne connaisse pas vraiment, non plus, la vérité, et qu’on ne sache jamais si un Premier ministre a fermé les yeux sur une machination destinée à salir son rival. Tout ça, surtout, pour que l’ancien chef de gouvernement ne puisse, ni ne veuille, se présenter à la présidentielle...
S’il le peut, DDV «ira» pourtant, comptez sur lui pour ça. Il n’a déjà plus rien à perdre, même pas sa femme qui a pris le large. Alors, même sans un sou vaillant ni aucune chance de l’emporter, il ira. 5 % lui suffiraient. Ce serait juste assez pour faire trébucher l’adversaire. Le petit caillou de la haine.
Baroin assure que la Chine est favorable à la candidature Lagarde au FMI
Interrogée à Pékin, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères n'a pas fait de commentaire directement sur Mme Lagarde.
Elle a renvoyé à des propos tenus la semaine dernière par le gouverneur de la banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, qui avait déclaré que la nouvelle direction du Fonds devrait "mieux refléter les changements dans la structure économique mondiale et mieux représenter les marchés émergents".
François Baroin a précisé que ce n'était pas à la France de s'exprimer en premier sur ses souhaits pour la succession de Dominique Strauss-Kahn à la tête de l'institution de Washington.
"Ce qui est en train de se dessiner, c'est un consensus européen (...), mais vous comprendrez aisément, compte tenu des circonstances de la démission du directeur général du FMI (accusé d'agression sexuelle aux Etats-Unis, ndlr), et qu'il n'y a pas d'orgueil national, que ce n'est pas à la France de se positionner en premier", a déclaré M. Baroin.
Les soutiens internationaux à une éventuelle candidature de Christine Lagarde se sont multipliés, mais cette candidature n'a pas encore été officialisée.
"C'est encore trop tôt pour dire" si Christine Lagarde sera candidate, a déclaré M. Baroin, qui a refusé de dire si le président américain Barack Obama soutiendrait une telle option.
"Nous ne voulons adresser aucun geste qui pourrait être interprété comme une forme de mépris des pays émergents, et aucun geste ou signe d'arrogance, compte tenu des circonstances", a dit le ministre.
Interrogé sur les implications pour une éventuelle candidature d'une possible procédure judiciaire contre la ministre dans le cadre du règlement controversé de la complexe affaire Tapie/Crédit Lyonnais, M. Baroin a dit "ne pas être inquiété par cette affaire".
Dettes : Grèce, Italie, Belgique... l'effet domino se poursuit
L'euro a accéléré sa baisse hier soir face au dollar, de retour au plus bas depuis la mi-mars, sous la zone des 1,40, à 1,3965/$ entre banques, avant de tenter de s'accrocher à cette barre symbolique des 1,40. La pression est venue cette fois de l'agence Fitch Ratings qui a placé la note de la dette souveraine de la Belgique sous surveillance négative, contre "stable", ce qui signifie qu'une dégradation est probable d'ici 12 à 18 mois.
Les analystes ont ainsi expliqué que cette note pourrait être abaissée si le gouvernement ne rejoignait pas les objectifs budgétaires qu'il s'est assignés. Or, l'agence considère qu'il sera difficile pour Bruxelles d'atteindre sa cible sans consensus politique sur la réforme constitutionnelle...
Dès vendredi soir, la dégradation par Fitch de 3 crans de la note de la dette à long terme de la Grèce, à "B+", contre "BB+", avec une perspective 'négative', avait mis la pression sur les marchés. De quoi souligner selon les analystes le challenge qui attend ce pays, les experts évoquant notamment les risques accrus de voir reporté le versement des fonds prévus par le plan d'aides de 110 MdsE par le FMI et l'UE.
En Italie, l'abaissement de la perspective de Standard & Poor's de la note du pays ce week-end a aussi contribué à plomber l'ambiance... L'agence a expliqué qu'il convenait de rester vigilant sur la situation transalpine, de quoi faire se tendre l'écart de rendement entre le papier obligataire italien à 10 ans et les taux allemands, à environ 190 pdb lundi...



























