jeudi 7 avril 2011
Les juges de la Cour de révision n’ont pris qu’une poignée de minutes et quelques mots pour renvoyer Dany Leprince en prison – et puis ils sont vite partis, comme des voleurs... Il y a neuf mois, leurs collègues de la chambre d’à-côté avaient rendu sa liberté à Dany Leprince, après seize années derrière les barreaux. Et ils lui avaient donné l’espoir, c’est humain, d’une innocence enfin reconnue. Mais non, la révision n’aura pas lieu, et en prime, Dany Leprince devra remâcher sa déception en prison. Cruauté, ou inconscience ? On plaint le simple juge du rang, soucieux de son métier, qui subissait déjà le souvenir d’Outreau, l’hostilité de notre Président et le manque de moyens. Il devra demain assumer en plus la scandaleuse incohérence de la Cour de révision. Quant aux juges de cette Cour, on leur enverrait volontiers le gorille Georges Brassens – sans cruauté aucune.
La saison de la chasse au Rom n’est pas finie
Au moment où l’UE appelle les Etats membres à davantage d’efforts afin d’intégrer les Roms qui vivent sur leur sol, les intimidations de l’extrême droite magyare contre la "criminalité tzigane" continuent, sans que le gouvernement de Viktor Orbán, qui préside pourtant l’Union, ne réagisse.
Sans son église médiévale et ses caves à vin blotties à flanc de colline, Gyöngyöspata ressemblerait à tant d'autres villages hongrois : la mairie datant de l'époque communiste, la supérette Coop, les jardinets bien sarclés où pointent les premières jacinthes, les rues boueuses du ghetto rom.
Pourtant, un peu de l'avenir de l'Europe s'est joué, au mois de mars, dans cette localité de 2 850 habitants, à une heure de route au nord-est de Budapest. Encadrée par le parti Jobbik (entré au Parlement avec 16,8 % des voix, en avril 2010, mais en chute dans les sondages), l'extrême droite a fait de Gyöngyöspata un laboratoire contre la "criminalité tzigane", patrouillant jour et nuit avec l'appui de nombreux villageois, qui ont logé et nourri pendant plus de deux semaines les miliciens.
Le 6 mars, le dirigeant national du Jobbik, le député Gabor Vona, y a parlé devant 1 500 paramilitaires. La plupart portaient l'uniforme noir de Szebb Jövoert ("Pour un plus bel avenir"), une organisation placée sous le parapluie légal des milices villageoises d'autodéfense. On voyait aussi des individus agressifs, treillis et crâne rasé, brandissant des haches ou des fouets, flanqués de pitbulls. Les premiers jours, les familles roms n'osaient même plus envoyer leurs enfants à l'école.
Viktor Orbán exalte le "courage magyar"
La police locale n'est pas intervenue, malgré la ressemblance de Szebb Jövoert avec la Garde hongroise, une milice proche du Jobbik qui s'était livrée aux mêmes manoeuvres d'intimidation de la minorité tzigane, avant d'être dissoute par la Cour constitutionnelle en juillet 2009. Il a fallu attendre que les miliciens aient quitté les lieux de leur propre gré, le 16 mars, pour que le gouvernement du premier ministre conservateur, Viktor Orbán, commence à réagir.Le 15 mars, pour la fête nationale hongroise, M. Orbán a prononcé à Budapest un discours dans lequel il a exalté le courage magyar face aux diktats des puissances étrangères, y compris l'Union européenne (UE), dont il assume ce semestre la présidence tournante. Il n'a pas soufflé mot de Gyöngyöspata.
Ce jour-là pourtant, une poignée de contre-manifestants, conduits par Aladar Horvath, du Mouvement pour les droits civiques des Roms, s'étaient rendus sur place. Parmi eux, le pasteur Gabor Ivanyi et deux députés du LMP, le petit parti Vert libéral (qui n’a obtenu aux législatives de 2010 que 314 voix malgré 6000 électeurs roms potentiels).
"Ici, nous avons voté massivement Fidesz (le parti de M. Orbán, qui jouit d'une majorité des deux tiers au Parlement), rappelle Janos Farkas, le chef de la communauté tzigane de Gyöngyöspata, soit 500 personnes. Parce qu'il nous avait promis du travail." Un an après, le taux de chômage en Hongrie n'a pas baissé, sauf que l'on ne touche plus qu'une allocation par famille. Et le gouvernement a réduit le budget accordé aux "administrations autonomes" des minorités.
"Nous sommes Hongrois avant d'être tziganes !"
Depuis la reprivatisation des forêts, en 1992, les Tziganes n'ont plus le droit d'y cueillir les champignons ni de ramasser le bois pour se chauffer. "Nous avons offert, en échange de ce paiement en nature, d'assurer le nettoyage des domaines forestiers. Les propriétaires ont refusé, constate M. Farkas. Mais nous vivons ici depuis cinq siècles, nos ancêtres ont défendu ce beau pays contre les Turcs, nous sommes Hongrois avant d'être tziganes !"La délinquance augmente dans les campagnes, dont les habitants se sentent abandonnés. Certains meurtres ont profondément choqué l'opinion, tel celui d'un enseignant, lynché fin 2006 à Olaszliszka (nord-est) sous les yeux de ses enfants, parce qu'il avait effleuré avec son véhicule une petite fille rom. Le Jobbik lui a érigé un monument. A l'inverse, la série d'attaques meurtrières contre des Roms, menées en 2009 par un groupe de néonazis actuellement jugé à Budapest, n'a guère ému la population.
A Gyöngyöspata, la source du conflit semble avoir été l'achat, par la Croix-Rouge hongroise, de maisons pour reloger des familles de Roms sinistrées lors des inondations de 2010. La perspective de les voir s'installer au coeur du village a suscité de vives résistances. Des habitants ont écrit à Gabor Vona, explique Oszkar Juhasz, le président de la section locale du Jobbik (26 % aux législatives de 2010).
Le taux de natalité des Roms fait peur
M. Juhasz est viticulteur, descendant d'une de ces familles de petits nobles qui vivaient jadis à peine mieux que les serfs mais croyaient être la chair et le sang de la Hongrie millénaire. Il affiche, dans l'entrée de sa maison, la carte du pays avec les frontières d'avant 1920.Pour l'extrême droite, obsédée par la perte historique de deux tiers des territoires nationaux, la natalité des Tziganes est une menace : "Depuis 1898, leur nombre a été multiplié par plus de cent, dit-il. Nous ne sommes pas racistes, mais la politique d'intégration des Roms signifie, trop souvent, baisser le niveau de vie des non-Roms."
Samedi 2 avril, vêtu de son uniforme noir, Oszkar Juhasz a défilé dans les rues de Hejöszalonta (nord-est), 900 habitants, aux côtés d'autres "patriotes hongrois". La veille, le chef de la fraction parlementaire du Fidesz, Janos Lazar, avait évoqué devant des journalistes la possibilité d'assouplir la législation sur les armes, au bénéfice de l'autodéfense. Une revendication du Jobbik.
Discriminations
La feuille de route de l’UE relève du vœu pieux
mercredi 6 avril 2011
L'Espagne "n'a pas besoin d'aide", selon le directeur général du FMI
"Je pense que les politiques mises en place par le gouvernement espagnol, tant au niveau fiscal que concernant la réforme des retraites, du marché du travail ou bancaire, sont des politiques correctes", a ajouté M. Strauss-Kahn dans cet entretien également accordé aux quotidiens américain The Washington Post et italien La Repubblica.
"Je constate que ces derniers mois, l'Espagne a été mise dans le même sac que d'autres pays, comme la Grèce, alors que la situation n'est clairement pas la même. Les marchés répondent car ce qui doit être fait est fait. C'est difficile pour le pays et le gouvernement de prendre les mesures correctes mais elles sont en cours", a-t-il ajouté.
L'Espagne, qui peine à sortir de la crise dans laquelle elle est tombée en 2008, continue d'être l'objet de craintes des marchés sur sa capacité à redresser ses comptes publics et à relancer son économie.
Signe de cette défiance, le 10 mars l'agence de notation financière Moody's a abaissé d'un cran la note souveraine du pays, à "Aa2" avec perspective négative, se disant toujours sceptique sur l'amélioration de ses finances et s'inquiétant du coût de la restructuration bancaire.
Plombée par la crise financière internationale et l'éclatement de sa bulle immobilière, l'Espagne a vu son PIB fortement baisser, de 3,7%, en 2009, puis stagner en 2010, avec un léger repli de son PIB, de 0,1%.
Pour 2011, le gouvernement prévoit une croissance de 1,3%, chiffre optimiste alors que le Fonds monétaire international (FMI) table sur 0,6% et l'OCDE 0,9%.
Le chômage est le véritable point noir de l'économie espagnole avec un taux de 20,33% fin 2010, un record dans les pays de l'OCDE.
Vous connaissez tous Jean-Pierre Pernaut, l’homme qui demande à tout propos : combien ça coûte ? Une bonbonne de gaz, Dieu, une livre de steak haché, un avocat, tout a un prix pour Monsieur Pernaut, qui exige la transparence (sauf sur son salaire). Nous sommes tous devenus, peu ou prou, des petits Pernaut. La France est en guerre, nos soldats prennent des risques et parfois meurent en Afghanistan, en Libye, en Côte d’Ivoire - combien ça coûte ? chante le chœur des contribuables. On discute du prix d’une bombe (250 000 euros), d’une heure de Rafale (13 000 euros), ou d’une journée en Afghanistan (1,3 million) Après la guerre propre, nous réclamons la guerre gratuite. Mais alors, la Côte d’Ivoire, combien ça coûte ? Selon Monsieur Longuet, notre ministre de la Défense, « beaucoup moins cher que le déshonneur de voir un peuple se faire massacrer». Qu’en pense Monsieur Pernaut ?
mardi 5 avril 2011
Kadhafi envisagerait une issue diplomatique
Muammar Kadhafi semble chercher une voie diplomatique pour sortir du conflit, alors que les États-Unis ont cessé leurs frappes qui avaient été prolongées pendant le week-end, plus de deux semaines après le début de l'intervention internationale en Libye. Dans la nuit de lundi à mardi, le porte-parole du gouvernement libyen a affirmé que le régime était prêt à négocier toute forme de réforme politique, comme des élections ou un référendum, tout en rejetant un départ du colonel Muammar Kadhafi. "Le leader (Moammar Kadhafi) est la soupape de sécurité pour le pays et pour l'unité de la population et des tribus. Nous pensons qu'il est très important pour toute transition vers un modèle démocratique et transparent", a averti Moussa Ibrahim.
Lundi soir, le dirigeant libyen a fait une apparition en public dans sa résidence de Bab el-Aziziya, à Tripoli, qui a été la cible, le 20 mars, d'un missile de la coalition, a rapporté la télévision nationale libyenne. Il s'agissait de la première apparition publique du colonel Kadhafi depuis le 22 mars. La veille, le New York Times a rapporté que deux des fils de Kadhafi, de plus en plus isolé, Seif al-Islam et Saadi, avaient proposé une transition vers une démocratie constitutionnelle qui prévoirait le retrait du pouvoir de leur père. Selon le quotidien américain, citant un diplomate sous le couvert de l'anonymat et un responsable libyen informés du projet, la transition serait pilotée par Seif al-Islam.
Défections
Le Conseil national de transition (CNT), qui représente les rebelles, a aussitôt rejeté cette idée. "Kadhafi et ses fils doivent partir avant toute négociation diplomatique", a déclaré un porte-parole du CNT, Chamseddine Abdulmelah, à Benghazi (est), fief des insurgés. Le chef de la diplomatie italienne Franco Frattini a, lui aussi, estimé que Muammar Kadhafi et sa famille devaient quitter le pouvoir en Libye et que la communauté internationale devait rester unie contre les tentatives diplomatiques du régime Kadhafi de s'en sortir.
Il se référait à la tournée qu'effectue actuellement le vice-ministre libyen des Affaires étrangères Abdelati Laabidi, qui a rencontré dimanche soir à Athènes le Premier ministre grec Georges Papandréou, lundi à Ankara le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu et dans la soirée à La Valette le Premier ministre maltais Lawrence Gonzi. Après la France et le Qatar, l'Italie a décidé de reconnaître le CNT comme "le seul interlocuteur légitime", alors que le pouvoir libyen a connu un nouveau revers avec la démission, dimanche, d'un conseiller du colonel Kadhafi, Ali Triki, doyen des diplomates, quatre jours après la défection du chef de la diplomatie Moussa Koussa. Le département du Trésor des États-Unis a par ailleurs annoncé que l'ancien ministre des Affaires étrangères libyen n'était plus visé par les sanctions économiques américaines contre le régime de Tripoli.
Redéploiements
Sur le plan militaire, depuis lundi soir, plus aucun avion de combat américain n'a effectué de sortie, a annoncé un porte-parole du Pentagone, qui a toutefois souligné que les appareils se tenaient prêts à intervenir "au cas où l'Otan en ferait la demande". L'armée américaine ne devrait plus fournir désormais que des avions destinés à effectuer des ravitaillements en vol et des missions de brouillage et de surveillance. Des combats entre insurgés et loyalistes ont de nouveau eu lieu lundi près du port pétrolier de Brega, à 800 km à l'est de Tripoli, où des familles entières fuyaient les bombardements en voiture. Les rebelles ont réussi à avancer jusqu'aux abords est de la ville avant d'être repoussés par des tirs d'artillerie et d'obus des forces pro-Kadhafi, mieux armées et mieux organisées.
Le régime du colonel Kadhafi, au pouvoir depuis près de 42 ans, est la cible depuis le 15 février d'une révolte populaire qui s'est transformée en guerre civile entre insurgés et forces loyales au dirigeant. Une coalition internationale, avec à sa tête les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne, est intervenue en Libye le 19 mars, dans le cadre d'une résolution de l'ONU. L'Otan a pris, jeudi, le commandement des opérations. Le groupe de contact sur la Libye, chargé du "pilotage politique" de l'action militaire, se réunira "la semaine prochaine à Doha", a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague. La Grande-Bretagne va renforcer les moyens aériens qu'elle a engagés, avec le déploiement dans "les prochains jours" de quatre avions supplémentaires, a indiqué le Premier ministre David Cameron, qui a effectué une visite-surprise lundi sur une base italienne où sont stationnés des appareils de la Royal Air Force, qui participent à l'opération internationale en Libye.
Misrata oubliée
Dans l'ouest du pays, les combats se poursuivaient dans le Jabal al-Gharbi, au sud-ouest de Tripoli, et à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), ville assiégée et bombardée depuis 40 jours par les forces pro-Kadhafi où la rébellion réclame un appui aérien international. Les forces de Kadhafi bombardent "aveuglement" Misrata alors que "les avions de l'Otan, dont la mission est de protéger les civils, ne survolent même pas la région", a déploré un porte-parole des insurgés sous le couvert de l'anonymat. Dans le Jabal al-Gharbi, les pro-Kadhafi ont réussi à reprendre la ville de Ketla "après des bombardements intensifs, et maintenant, ils veulent prendre Nalout", a indiqué un habitant de Nalout.
Un navire affrété par Médecins sans frontières a quitté dimanche Misrata pour Sfax, en Tunisie, avec 60 blessés à bord. Un ferry turc, transformé en hôpital, a par ailleurs évacué dimanche 460 blessés et réfugiés de Libye, selon la presse turque, depuis Misrata et Benghazi. Les rebelles ont accusé les troupes de Kadhafi d'avoir endommagé un lieu de stockage du diesel sur l'installation pétrolière de Mislah (sud). Les prix du pétrole ont atteint de nouveaux sommets lundi à New York comme à Londres, où le baril a dépassé 120 dollars pour la première fois depuis août 2008 face à l'enlisement du conflit en Libye.
Qui eût cru que le sujet cent fois recuit pouvait encore réserver quelques surprises tardives comme un court-bouillon indéfiniment réchauffé ? La controverse sur la laïcité à la française réserve quelques instantanés savoureux.
Hier sur les ondes de France Inter, d’une bouchée fugitive, Nathalie Kosciusko-Morizet a tranché la question de l’opportunité du débat organisé ce matin par l’UMP : c’est la faute au hachis Parmentier ! C’est lui, dit-elle, qui empoisonne tant de maires confrontés à la problématique de la cantine laïque. Certains enfants ne mangeraient pas, soupçonnant la viande de ne pas être halal (ou cacher), et on apprend derechef qu’ils ne toucheraient même pas à la purée, elle-même jugée impure faute de séparation nette dans ce plat unique.
Une situation si insupportable, si on suit bien la ministre de l’Ecologie, qu’elle mérite à elle seule d’être inscrite tout en haut du menu des réflexions du parti majoritaire.
Vite, une disposition législative pour contraindre les récalcitrants à ne pas faire les difficiles — il faut empêcher les petits de s’affamer — ou une directive d’en haut pour proposer des préparations végétariennes ! La laïcité est en danger, citoyens, et le gouvernement doit intervenir, c’est ça ? Avec des décisions prises place Beauvau dès la semaine prochaine ?
Mais qui croira sérieusement que des solutions simples et respectueuses de tous ne peuvent être trouvées avec les prestataires de service à l’échelon de chaque collectivité locale ? Il est vrai que l’Education nationale n’a pas l’habitude de faire des efforts pour se préoccuper du contenu de l’assiette de nos enfants, et notamment de sa qualité diététique.
Pour que la recette concoctée ce matin par l’UMP soit bien cadrée, le ministre de l’Intérieur, lui, a été encore plus réducteur, comme on dit en cuisine.
« L’accroissement du nombre de musulmans pose problème », et il n’y a aucune raison « pour que la République leur accorde plus de droits qu’elle n’en a accordés » aux croyants des autres religions en 1905. On ne pourra pas reprocher à M. Guéant d’avoir pris des pincettes.
Il suggère sans périphrase que les musulmans pratiquants sont en faute. Qu’ils abusent. S’ils occupent la rue pour prier, c’est parce qu’ils veulent l’envahir, au mépris de leur propre dignité… Marine Le Pen avait déjà dit que l’ancien secrétaire général de l’Élysée était membre d’honneur du Front national. Il peut désormais prétendre à la carte Gold. Brice Hortefeux, décidément, n’était qu’un amateur.
Tous les arabophobes du pays — et au-delà ceux qui pensent gentiment « je n’ai rien contre les immigrés mais je trouve qu’il y en a trop » — applaudiront les petites phrases du ministre. Aideront-elles la France de 2011 à s’assumer comme elle est, et à être fière de ce qu’elle est ? C’est une autre affaire…
Une nouvelle équipe à la direction des rédactions du "Monde"
Erik Izraelewicz, directeur du Monde, a présenté, lundi 4 avril, son équipe de direction pour la rédaction. "Cette équipe, renouvelée, rajeunie et diversifiée a pour mission de mettre en œuvre rapidement les priorités du projet sur lequel j'ai été désigné", explique-t-il dans un courrier.
Sont ainsi nommés à ses côtés trois directeurs adjoints des rédactions : Serge Michel, Didier Pourquery et, le temps de la transition, Sylvie Kauffmann. Enfin la rédaction en chef sera constituée d'Eric Béziat, de Sandrine Blanchard, de Luc Bronner et de Jean-Baptiste Jacquin.
La nouvelle direction des rédactions ainsi constituée assurera la bonne marche du journal et du site au quotidien avec, en outre, les responsabilités suivantes :
- Serge Michel est notamment chargé du rapprochement entre les rédactions papier et Internet
- Didier Pourquery supervisera les transformations de l'offre du week-end
- Eric Béziat aura la charge des changements dans le déroulé du journal
- Sandrine Blanchard veillera à l'ouverture du journal à de nouvelles thématiques
- Luc Bronner coordonnera le nouveau pôle société et le pôle politique
- Jean-Baptiste Jacquin travaillera au renforcement du traitement de l'économie dans le journal
Cécile Prieur est chargée de créer au sein de la rédaction un service Société. Chef de ce service, elle aura aussi la responsabilité d'une équipe Investigation constituée, dans une première étape, de trois enquêteurs – Gérard Davet, Fabrice Lhomme et un troisième journaliste en cours de recrutement.
Franck Nouchi, rédacteur en chef, est nommé directeur du développement éditorial. Il aura en charge le développement des activités "hors-média" (conférences, voyages, édition, etc.) que le groupe souhaite développer activement ainsi que la coordination des déclinaisons papiers de la marque Le Monde, notamment la publication des hors séries et du mensuel.
Dans les jours qui viennent, l'organisation de la rédaction sera complétée et étoffée par de nouveaux recrutements afin de concevoir les transformations de l'offre week-end. Cette offre, remaniée et étoffée, sera un des axes importants du projet éditorial et l'occasion, en mariant les cultures du Monde Magazine et de M, de faire venir au Monde un public plus large – les jeunes et les femmes en particulier.
D'autres renforts seront également assurés très vite de manière à renforcer certains secteurs, et notamment la politique en vue de l'élection présidentielle.
lundi 4 avril 2011
Admettons-le : La Grèce, l'Irlande et le Portugal ont fait faillite
La communication finira par tuer la politique. Si ce n’est déjà fait...
Le parti socialiste a réussi le tour de force de rendre parfaitement fade la présentation de son programme pour la présidentielle. Il attendait ce moment clé depuis des mois et voilà qu’il le banalise en laissant le JDD en dévoiler le contenu deux jours avant la date prévue. Il faudra rappeler à Martine Aubry, si prompte à critiquer l’avidité de la presse, les vertus de la patience et les lois du teasing...
L’événement de mardi n’en sera donc pas un et la trentaine de propositions mises au point par les élus et les responsables du mouvement après de longs mois de débats et de forums aura, déjà, la tiédeur des plats laborieusement réchauffés.
Quand elle s’achève, l’attente, on le sait bien, génère souvent de la frustration . Le texte du PS n’échappe pas à cet effet pervers. Sur le fond, surtout, il souffre de l’approximation des manifestes généraux: des tissus de bonnes intentions dont on peine à mesurer la faisabilité réelle. Même si les experts de la rue de Solferino ont pris bien soin de prévoir, fût-ce à grands traits, le financement des principales mesures, le document reste dans un flou artistique qui rappelle la prose allégorique de feu l’union de la gauche des années 70. Sur la forme, c’est une édition supplémentaire des bons vieux catalogues électoraux, dont la crédibilité s’est pourtant érodée au fil des consultations et des alternances.
Tant de mois pour concocter ce manuel qui reste superficiel, cela fait beaucoup. Sur la méthode, il a le parfum vintage de... 1997, comme une profession de foi qui voudrait prendre le contre-pied du quinquennat Sarkozy. La limitation des hauts salaires des PDG des entreprises publiques est assurément un thème porteur mais essentiellement symbolique. Quant aux 300.000 emplois d’avenir promis aux jeunes, ils produisent invariablement un effet père Noël qui n’offre pas pour autant une vision durable de la lutte contre le chômage. Et laisse planer la problématique du remboursement de la dette française.
Il y a toutes les chances, de toutes façons, que ce programme reste purement indicatif. Le candidat qui sortira vainqueur des primaires en fera ce qu’il voudra: en 2007, Ségolène Royal l’avait royalement ignoré. Le PS ne peut même pas spéculer sur le profil du champion qui pourrait le porter tant François Hollande, qui gagne rapidement du terrain et dépasse désormais la première secrétaire du parti, est loin d’avoir partie perdue contre DSK.
Les nécessaires alliances pour le second tour compliqueront un peu plus la rédaction finale. Car Cécile Duflot, par exemple, a annoncé la couleur: elle monnayera la participation des Verts à un gouvernement de gauche contre un engagement de ses partenaires à sortir du nucléaire. Le type de condition-massue qui promet, à coup sûr, de sérieuses turbulences.
C'est ce lundi que le bureau national du Parti socialiste prendra connaissance de l'embryon de programme que Martine Aubry a dévoilé aux jeunes socialistes et au Journal du dimanche, hier. Alors comme ça, pendant que les ténors - souvenez-vous, on les appelait les éléphants face à Ségolène Royal, en 2007 - se déchirent pour déterminer lequel sera le meilleur candidat, la patronne travaille sur le fond. Un programme pour quoi ? Pour habiller le candidat ? Les idées ne sont pas très neuves et on retrouve même le recyclage des emplois jeunes. Les idées sont résolument roses, avec un État très présent, incitateur et stratège. Sans aller jusqu'aux nationalisations d'entreprises des années quatre-vingt cependant, mais en renforçant son pouvoir de contrainte, par exemple en obligeant les jeunes médecins à démarrer dans un désert médical. Les idées sont écolos aussi, mais opportunistes, avec l'idée d'une sortie du « tout nucléaire » à programmer. Les idées sont sociales enfin, sans oublier la sécurité, la justice ou l'éducation. Bref, les idées « sérieuses » fusent et sont assez ouvertes pour être portées par tout candidat, déclaré ou non. Or l'élection présidentielle est celle d'un nom. D'une figure. D'un personnage incarné. Le projet est moins important - qu'on le veuille ou non - que celui qui le porte. Car il faut que les Français sentent que l'élu(e) sera capable de mettre en uvre sa politique. L'être - ou le paraître - pèse plus que le contenu. Martine Aubry le sait. Son projet en vingt pages concises est un coup fin pour garder le contrôle du parti, capter l'attention, et maîtriser l'impatience des troupes en attendant le vrai scoop : la désignation de celui ou celle qui ira seul au charbon en 2012.
Des fils de Kadhafi évoqueraient le départ de leur père
Le Times ne précise pas si le colonel Kadhafi, 68 ans, souscrit à cette proposition appuyée par ses fils, Seif et Saadi el-Kadhafi. Mais une personne proche de ses fils a indiqué que le père semblait être d'accord, poursuit le journal. Les deux frères "veulent avancer pour faire changer le pays" sans leur père, relève le Times, citant une personne proche de Seif et de Saadi.
Selon le Times, la proposition d'une transition peut traduire les différences existant de longue date entre les fils de Kadhafi. Alors que Seif et Saadi ont été à l'école occidentale, leurs frères, Khamis et Mutuassim, sont considérés comme des partisans de la ligne dure, indique encore le journal. Khamis Kadhafi est à la tête d'une milice pro-gouvernementale. Quant à Mutuassim, conseiller de la sécurité nationale, il est considéré comme un rival pour Seif dans la compétition à la succession de leur père, ajoute le New York Times.
L’augmentation du gaz n’aura plus lieu. Après les 5,2 % d’aujourd’hui, les prochaines hausses seraient gelées… C’est Noël ? Non, c’est les élections, dans un an. Et tous ceux qui en rêvent le matin en se rasant sont tentés de nous promettre dès aujourd’hui qu’ils vont nous raser gratis. C’est juré, le chômage baissera, le soleil brillera, le pouvoir d’achat croîtra… Évidemment, nous avons un peu de mal à y croire. Car nous avons bien entendu jeudi que notre dette s’élevait maintenant à mille milliards et demi d’euros, que nos déficits atteignaient 136 milliards, et qu’il allait falloir éponger tout ça en quatre ou cinq ans… Dur d’imaginer qu’on y parviendra sans souffrir. Alors, si vraiment le gaz n’augmente pas ces prochains mois, un conseil : mettez l’économie réalisée de côté, elle servira à payer l’augmentation d’après la présidentielle.













