Essayons d’être lucide : le FN d’aujourd’hui n’est plus tout à fait le FN d’hier. Le passage de relais du père à la fille s’accompagne d’une quasi-révolution culturelle de l’extrême droite. Exit les séquelles de la Seconde Guerre mondiale et de l’Algérie, les négationnistes et les pétainistes sont morts, les nouveaux militants sont plus jeunes et se recrutent un peu partout dans la diversité française. Le Front national, devenu le parti de Marine Le Pen, tend à devenir peu à peu un parti comme les autres. La meilleure preuve, c’est qu’on avoue voter pour lui sans complexe. Comment pourrait-on durablement écarter du jeu républicain 15 à 25 % de nos concitoyens en les parquant dans une zone d’exclusion démocratique ? Il faut certes être exigeant, sourcilleux sur le respect des valeurs républicaines, à condition de ne pas faire de procès d’intention dépassés. La droite de gouvernement est confrontée à ce problème dimanche, mais surtout demain aux élections législatives et présidentielle. La question du FN ne cessera d’interpeller ses dirigeants sous la pression des électeurs.
vendredi 25 mars 2011
Le FN n’est plus ce qu’il était
Essayons d’être lucide : le FN d’aujourd’hui n’est plus tout à fait le FN d’hier. Le passage de relais du père à la fille s’accompagne d’une quasi-révolution culturelle de l’extrême droite. Exit les séquelles de la Seconde Guerre mondiale et de l’Algérie, les négationnistes et les pétainistes sont morts, les nouveaux militants sont plus jeunes et se recrutent un peu partout dans la diversité française. Le Front national, devenu le parti de Marine Le Pen, tend à devenir peu à peu un parti comme les autres. La meilleure preuve, c’est qu’on avoue voter pour lui sans complexe. Comment pourrait-on durablement écarter du jeu républicain 15 à 25 % de nos concitoyens en les parquant dans une zone d’exclusion démocratique ? Il faut certes être exigeant, sourcilleux sur le respect des valeurs républicaines, à condition de ne pas faire de procès d’intention dépassés. La droite de gouvernement est confrontée à ce problème dimanche, mais surtout demain aux élections législatives et présidentielle. La question du FN ne cessera d’interpeller ses dirigeants sous la pression des électeurs.
Essayons d’être lucide : le FN d’aujourd’hui n’est plus tout à fait le FN d’hier. Le passage de relais du père à la fille s’accompagne d’une quasi-révolution culturelle de l’extrême droite. Exit les séquelles de la Seconde Guerre mondiale et de l’Algérie, les négationnistes et les pétainistes sont morts, les nouveaux militants sont plus jeunes et se recrutent un peu partout dans la diversité française. Le Front national, devenu le parti de Marine Le Pen, tend à devenir peu à peu un parti comme les autres. La meilleure preuve, c’est qu’on avoue voter pour lui sans complexe. Comment pourrait-on durablement écarter du jeu républicain 15 à 25 % de nos concitoyens en les parquant dans une zone d’exclusion démocratique ? Il faut certes être exigeant, sourcilleux sur le respect des valeurs républicaines, à condition de ne pas faire de procès d’intention dépassés. La droite de gouvernement est confrontée à ce problème dimanche, mais surtout demain aux élections législatives et présidentielle. La question du FN ne cessera d’interpeller ses dirigeants sous la pression des électeurs.
La fuite en avant de la zone euro
Les Vingt-Sept se réunissent pour un Conseil européen principalement consacré à la “réponse intégrée” de l’Union à la crise de la zone euro — à commencer par le Pacte pour l’euro. Mais la presse européenne regrette le report des discussions sur la réforme du Fonds européen de stabilisation financière et la naissance d’une Europe à deux vitesses.
Côté irlandais, on s’inquiète des répercussions domestiques des décisions qui seront prises à Bruxelles, en particulier en ce qui concerne le plan de sauvetage des banques, dont l’effondrement est à l’origine de la crise économique que traverse le pays. Ainsi, l’Irish Independent affiche son pessimisme quant au résultat du Conseil européen :
“Le très attendu sommet d’aujourd’hui semble avoir échoué avant d’avoir commencé. Il ne sera vraisemblablement pas possible d’atteindre un accord sur le sujet principal — l’augmentation de la capacité de prêt du Fonds européen de soutien financier de 250 à 440 milliards d’euros. Il est question d’attendre juin avant qu’un accord puisse être conclu.”
D’ici-là, note le journal, la questions principale sur la table reste celle des banques, à la veille d’une nouvelle série de tests de résistance visant à mettre à l’épreuve leur capacité d’encaisser les chocs financiers :
“Les tests de résistance pourraient bien prouver que de nouvelles pertes de la part des banques irlandaises seraient trop dures, même avec les 35 milliards d’euros alloués par le plan de sauvetage de l’UE et du FMI”.
Le quotidien polonais Dziennik Gazeta Prawna agite le spectre d’une Union économique à deux vitesses qui se dégagerait du sommet, la zone euro se transformant en une union fiscale, alors que les Etats qui n’en font pas partie sont en train de perdre leur influence sur la politique économique de l’UE :
“Au sommet d’aujourd’hui, l’union économique de la zone euro va être officialisée. Les architecte de ce pacte sont l’Allemagne et la France, qui insistent sur le fait que c’est le seul moyen de surmonter la crise de la dette”.
Selon un expert cité par le quotidien de Varsovie, le deal est aussi simple que cela :
“L’Allemagne est d’accord pour sauver des Etats membres menacés d’insolvence. En échange, les débiteurs devront renoncer à une partie de leur souveraineté. Certains pays, comme la Suède et le Royaume-Uni, s’inquiètent de ce que l’Europe se dirive vers un capitalisme hyper-régulé. Alors que d’autres, comme la Pologne, le Danemark, la Lituanie, la Bulgarie et la Roumanie, veulent rejoindre le pacte [pour l’euro] afin de ne pas être mis à la marge de l’UE”.
C’est bien ce risque que dénonce à Bucarest le quotidien Jurnalul naţional, qui met en garde contre le danger que le Pacte pour l’euro, soit mal compris par les pays qui ne partagent pas la monnaie commune, comme la Suède, la Roumanie ou la Pologne et qui pourraient être tentés de le voir comme un succédané de l’adhésion à l’euro :
"La Roumanie doit rester prudente […]. L'intérêt du pays est de combler le décalage entre [les pays de l’Europe de] l'Ouest. Nous avons des salaires cinq fois plus bas et la plus importante inflation de l'UE. Ce pacte signifie l'austérité après l'austérité, la difficulté de combler également le décalage [entre pays membres] en matière d’investissements dans les infrastructures et même la réduction de la capacité d'absorption des fonds européens".
Les doutes de la Suède sont exprimés par Aftonbladet, qui s’indigne de l’ingérence supplémentaire des institutions européennes dans les affaires internes des pays membres prévue par le Pacte pour l’euro, en particulier en ce qui concerne les politiques des salaires :
"La proposition de coordonner les économies de l´Europe donne, entre autres, le droit à la Commission de surveiller l’évolution du niveau des salaires. C’est inacceptable. Les salaires suédois sont décidés entre les salariés et les employeurs et ne doivent être décidés ni à Bruxelles, ni à Rosenbad [le siège du gouvernement suédois, à Stockholm]. Mais la proposition n´est pas seulement mauvaise pour la Suède — elle est mauvaise pour l´Europe entière”.
Hyperrégulation, ingérence, mais aussi déficit démocratique, ajoute Der Standard. Le quotidien viennois estime en effet que les nouvelles règles du jeu en discussion à Bruxelles vont influer la vie des Européens sans qu'ils aient pour autant été consultés :
"Cela commence avec la nécessaire réforme des traités européens. Elle sera expédiée par une ‘procédure simplifiée’ qui se passe de référendums. Parallèlement, lors des actions de sauvetage, les ministres des Finances décident à huis clos. Avec le concours du Parlement européen ? Non, il n’est pas le bienvenu. Sous le contrôle de la Cour des comptes ? Il n’est pas nécessaire. De toute façon, il ne s’agit que de 500 milliards d’euro. Face à une telle interprétation de la démocratie il ne faut pas s’étonner que les démagogues aient le vent en poupe”.
L’euro et ses dix-sept Sisyphe
Les sommets européens organisés depuis le début de la crise grecque n’ont pas empêché l’Europe de s’enfoncer dans la récession et la crise politique, et celui qui s'ouvre le 24 mars ne changera rien, écrit La Tribune. Une seule alternative s’impose : alléger le fardeau des pays surendettés ou organiser leur sortie de l’euro.
Sisyphe n’est plus seul. Les dix-sept chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro l’ont rejoint, poussant leur rocher en haut de la montagne pour le voir dévaler la pente – leurs rencontres ne s’appellent-elles pas des "sommets" européens?
Travail absurde, sans autre finalité que lui-même, sans autre objet que la répétition sans fin d’actes inutiles et décourageants pour les peuples. Dix-huit mois après le déclenchement de la crise grecque, les pays "périphériques" – les plus distants de l’Allemagne au plan culturel, sinon géographique – s’enfoncent dans la récession et la crise politique.
Les voici condamnés à une triple punition : violente cure budgétaire, appréciation d’une devise qui était déjà surévaluée par rapport à leur compétitivité, et méfiance de marchés financiers imposant des taux d’intérêt prohibitifs. Il n’y a pas de salut dans cette voie. Les centaines de milliards d’euros déversés par le Fonds d’aide seront vite asséchés. Et le déboursement de nouvelles tranches ne fera qu’affaiblir l’Allemagne et la Banque centrale européenne, ultimes garantes du système, qui seront emportées tôt ou tard.
A l’origine de cette crise se trouve l’éternel problème des unions monétaires, celui du repas gratuit. Pendant dix ans, les convives de l’euro ont festoyé sans régler la note, s’endettant grâce à la garantie de Berlin et à la bêtise des investisseurs. Et voici que l’addition arrive. Elle est trop lourde pour les dîneurs indélicats, devenus faméliques. C’est regrettable, mais c’est ainsi : à punir sans relâche les intempérants, on prend le risque de les tuer. Et de ne pas être remboursé du tout.
Il n’y a que deux solutions à la crise de l’euro, et pas trois : alléger le fardeau des surendettés, c’est-à-dire faire payer les investisseurs, ou organiser la sortie de l’euro de ces pays. N’entendez-vous pas un grondement, cher lecteur ? Place, place ! Voici les Dix-Sept et leur rocher. Le sommet européen va commencer.
Drôle de guerre internationale en Libye
Cela fait une semaine que la France a obtenu devant l'ONU la « résolution 1973 ». Mais alors que celle-ci devait mettre fin aux tergiversations internationales, les divergences n'ont cessé de croître depuis huit jours. Les problèmes, militaires, stratégiques et diplomatiques ne manquent pas, il est vrai : la volonté, à laquelle se raccroche Paris, de préserver une présence arabe ou africaine au sein de la coalition se confronte à la réalité d'un commandement impossible à trouver en dehors de l'OTAN, mais la présence de cette dernière - même « strictement opérationnelle » - pourrait changer le sens de l'action péniblement engagée devant les Nations Unies ; quant à la volonté américaine de ne pas trop s'impliquer, elle ne peut masquer le fait que les premiers raids ont été coordonnés depuis un porte-avions de l'US Navy ; la maîtrise aérienne n'est bien évidemment pas suffisante pour aller au-delà d'un simple gel de la situation sur le terrain, etc. En parallèle, les critiques sur les arrière-pensées liées au pétrole, la contradiction entre cette intervention et le droit international, l'absence de « guerre juste » ou le « deux poids, deux mesures » entre ce qui se déroule en Libye et ce qui se passe au Yémen et à Bahreïn aujourd'hui - comme à Gaza hier ou en Syrie peut-être demain - peuvent et doivent être entendus. Reste l'interrogation principale, à court terme, à laquelle aucune de ces critiques n'apporte de réponse : pouvait-on laisser passivement Kadhafi massacrer ses opposants (cette fois, il est difficile de nier que la réponse internationale s'est faite à la suite d'un réel mouvement populaire et non pas sur un faux prétexte) ? La réponse, immédiate, apparaît simple. Mais plus l'intervention actuelle se prolongera, et plus elle deviendra incertaine. Raison de plus pour souhaiter une fin rapide à ce conflit. Mais la seule issue satisfaisante sera celle d'une Libye libérée par les Libyens eux mêmes.
“L’Aube de l’odyssée” et les soucis de l’Unesco
Espérons les militaires plus inspirés dans l’art de la guerre que pour trouver des noms de code à leurs opérations. La “croisade” en Libye comme dit M.Guéant est baptisée “L’Aube de l’odyssée”. Même le plus tarabiscoté des jeux vidéo ne mérite pas d’être affublé d’un tel titre…
Outil de propagande, le nom attribué aux interventions armées doit frapper les imaginations autant que les cibles ennemies. Avec “Tempête du désert” lors de la guerre du Golfe, il n’était pas nécessaire d’avoir fait Saint-Cyr pour comprendre. Adeptes de la méthode Coué, les Américains avaient qualifié l’invasion de Panama de “Cause juste”. En Afghanistan “Liberté immuable” est plus alambiquée. À l’image de la situation sur le terrain… Un rien macabres, les Israéliens s’étaient inspirés d’un poème pour enfants lors de l’attaque “Plomb durci” sur Gaza !
La Libye hérite donc de “L’Aube de l’odyssée”. Avec l’objectif de déboucher sur le crépuscule du tyran ? Pas si sûr tant les lézardes se creusent au sein de la coalition. Seul le Guide affiche pour l’instant une détermination sans fissures…
Quelle que soit l’issue, l’Unesco vient de rappeler à l’ordre les belligérants. Pas question de guerroyer au-dessus du riche patrimoine de la Libye. La guerre oui, mais loin des sites archéologiques. Que l’Unesco se rassure : Kadhafi n’a pas encore songé à s’abriter derrière les richesses millénaires de son pays. Il se contente d’utiliser la population civile comme bouclier…
Espérons les militaires plus inspirés dans l’art de la guerre que pour trouver des noms de code à leurs opérations. La “croisade” en Libye comme dit M.Guéant est baptisée “L’Aube de l’odyssée”. Même le plus tarabiscoté des jeux vidéo ne mérite pas d’être affublé d’un tel titre…
Outil de propagande, le nom attribué aux interventions armées doit frapper les imaginations autant que les cibles ennemies. Avec “Tempête du désert” lors de la guerre du Golfe, il n’était pas nécessaire d’avoir fait Saint-Cyr pour comprendre. Adeptes de la méthode Coué, les Américains avaient qualifié l’invasion de Panama de “Cause juste”. En Afghanistan “Liberté immuable” est plus alambiquée. À l’image de la situation sur le terrain… Un rien macabres, les Israéliens s’étaient inspirés d’un poème pour enfants lors de l’attaque “Plomb durci” sur Gaza !
La Libye hérite donc de “L’Aube de l’odyssée”. Avec l’objectif de déboucher sur le crépuscule du tyran ? Pas si sûr tant les lézardes se creusent au sein de la coalition. Seul le Guide affiche pour l’instant une détermination sans fissures…
Quelle que soit l’issue, l’Unesco vient de rappeler à l’ordre les belligérants. Pas question de guerroyer au-dessus du riche patrimoine de la Libye. La guerre oui, mais loin des sites archéologiques. Que l’Unesco se rassure : Kadhafi n’a pas encore songé à s’abriter derrière les richesses millénaires de son pays. Il se contente d’utiliser la population civile comme bouclier…
Et maintenant le Portugal...
Trouver la parade. C'est, depuis l'automne 2008, l'obsession de chaque sommet européen. Depuis que la crise financière a éclaté, et surtout qu'elle s'est étendue aux dettes souveraines des maillons faibles de l'Union européenne, la parade ressemble à un interminable chantier. Il s'agit tantôt de sauver la Grèce, tantôt l'Irlande. Aujourd'hui, le Portugal. Demain, l'Espagne ?
Parade après parade, l'Europe colmate des brèches toujours plus profondes. L'orage passe, un temps. Et on recommence. Pour cela, on échafaude des mécanismes de financement. Ce qui est impensable à un moment donné devient, le temps d'un trimestre, incontournable. La raison en est simple. Tous les gouvernements, ou presque, ont vécu au-dessus de leurs moyens, avec une monnaie unique dépourvue des outils d'un véritable gouvernement économique. La crise a révélé que la fusée euro avait décollé avec un étage manquant. Alors, c'est cet étage que, cahin-caha, chaque sommet tente de construire.
À Bruxelles, une pièce importante du dispositif est discutée aujourd'hui. Pour ne plus avoir, à l'avenir, à réagir au coup par coup, pour rassurer durablement les marchés, les Européens ont décidé de remplacer l'actuel Fonds de stabilité financière (créé il y a un an pour sauver la Grèce) en un MES, Mécanisme européen de stabilité, opérationnel en 2013. Il devrait être doté de 500 milliards d'euros et autoriser à acheter de la dette souveraine.
Parallèlement, sous l'impulsion de Paris et de Berlin, un mécanisme de renforcement de la discipline budgétaire et un pacte pour l'euro doivent être adoptés. Il s'agit, d'un côté, de créer des mécanismes vertueux pour que les critères de convergences ne restent plus lettre morte. Et parallèlement, de mettre en oeuvre des politiques économiques au service de la « compétitivité » et la « convergence ». Derrière ces mots, c'est en fait la rigueur salariale qui pointe. À cet égard, la vigueur des manifestations organisées, hier, à Bruxelles, prélude peut-être au volet social de la crise, jusqu'ici éludé.
Cet édifice en construction est le fruit d'un compromis entre la demande française d'un gouvernement économique et l'exigence allemande de rigueur. Mais, à l'évidence, son centre de gravité se situe largement au-delà du Rhin. Pour une raison première. Berlin a, certes, fait des concessions, mais, forte de son insolente santé économique, l'Allemagne a aussi fixé, dès la crise grecque, une ligne rouge souverainiste : ses contribuables ne paieront pas les frasques des cigales européennes. Elle refuse la solution financière authentiquement collective, et solidaire, que serait la création d'obligations européennes, avec un taux identique pour tous les pays membres de la zone euro.
Cette ligne rouge a déjà montré ses effets pervers : elle impose aux pays en difficultés une cure qui creuse les fossés déjà existants. Ainsi, Athènes, menacée par la faillite, a dû emprunter à 14 % ; le Portugal, hier, à plus de 8 % ; alors que Paris et Berlin empruntent à des taux bien moindres. La spirale est redoutable. Dépendance financière, austérité, récession, tensions sociales. L'étape suivante, c'est celle que traverse Lisbonne : la crise politique. Les mécanismes de convergence en cours d'adoption seront opérationnels à partir de 2013. D'ici la mise en place des mécanismes de convergence, c'est le risque d'excès de divergence entre sa super-locomotive allemande et ses élèves trop endettés que court la zone euro.
À l’aube du septième jour...
Et maintenant? À l’aube du septième jour de l’offensive aérienne contre le régime du colonel Kadhafi, la situation n’est guère plus claire qu’au soir du premier jour. Comme on pouvait s’y attendre les avions de la coalition ont rapidement pris la maîtrise du ciel libyen et facilement détruit les principales infrastructures aériennes de l’adversaire. Sur ce terrain, on savait l’armée libyenne particulièrement vulnérable. Comment aurait-elle pu prétendre faire le poids contre les 350 avions déployés par les Français, les Anglais et les Américains?
Le plus facile a été accompli. Alain Juppé était donc dans le vrai quand il annonçait que les opérations seraient vraisemblablement de courte durée. Pour ce qui concerne la première phase de l’intervention, elles s’achèvent. Les coalisés n’auront bientôt plus rien à bombarder et les troupes qui pourraient encore être ciblées ont pris bien soin de s’abriter au cœur de la population pour rendre impossible toute attaque contre eux. Si les frappes se multiplient depuis hier soir c’est un ultime bouquet avant une pause obligatoire.
La deuxième phase qui s’ouvre aujourd’hui sera plus complexe. On sent bien l’état-major allié embarrassé par les limites posées, sur la forme comme sur le fond, par la résolution 1973 du Conseil de sécurité: elles sont aujourd’hui atteintes! Alors le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, déploie maintenant beaucoup d’énergie pour faire l’exégèse du texte et montrer qu’une forme d’intervention au sol est possible. C’est que la France, et elle a raison, veut à tout prix éviter la pétrification du conflit qui serait synonyme de statu quo. Les précautions de langage sont peu à peu abandonnées pour revenir à l’essentiel: oui, l’objectif est bien l’élimination politique - sinon physique - de Mouammar Kadhafi, et s’il n’était pas atteint, l’offensive serait, aux yeux de Paris, un échec, quel que soit le nombre de vies sauvées par l’empêchement du massacre de Benghazi.
Le problème, c’est que la France se retrouve très isolée ce matin. Barack Obama, harcelé par une opinion publique défavorable, ne pense qu’à désengager l’Amérique de la Libye au plus vite. Un retrait qui aurait de lourdes conséquences puisque la moitié des avions qui pilonne les positions de Kadhafi est américaine. On comprend d’autant mieux que le président des États-Unis ait fini par obtenir que l’OTAN reprenne le commandement des opérations: il pourra lui repasser la patate chaude. Washington fait ainsi d’une pierre deux coups car elle satisfait la demande insistante des Turcs qui, depuis le départ, ne veulent pas entendre parler d’un conflit «anti-Kadhafi». La France a freiné des quatre fers pour garder les mains libres? Et alors? Au final, le dispositif concocté par l’Alliance Atlantique apparaît déjà comme une usine à gaz. Volontairement inopérante?
Et maintenant? À l’aube du septième jour de l’offensive aérienne contre le régime du colonel Kadhafi, la situation n’est guère plus claire qu’au soir du premier jour. Comme on pouvait s’y attendre les avions de la coalition ont rapidement pris la maîtrise du ciel libyen et facilement détruit les principales infrastructures aériennes de l’adversaire. Sur ce terrain, on savait l’armée libyenne particulièrement vulnérable. Comment aurait-elle pu prétendre faire le poids contre les 350 avions déployés par les Français, les Anglais et les Américains?
Le plus facile a été accompli. Alain Juppé était donc dans le vrai quand il annonçait que les opérations seraient vraisemblablement de courte durée. Pour ce qui concerne la première phase de l’intervention, elles s’achèvent. Les coalisés n’auront bientôt plus rien à bombarder et les troupes qui pourraient encore être ciblées ont pris bien soin de s’abriter au cœur de la population pour rendre impossible toute attaque contre eux. Si les frappes se multiplient depuis hier soir c’est un ultime bouquet avant une pause obligatoire.
La deuxième phase qui s’ouvre aujourd’hui sera plus complexe. On sent bien l’état-major allié embarrassé par les limites posées, sur la forme comme sur le fond, par la résolution 1973 du Conseil de sécurité: elles sont aujourd’hui atteintes! Alors le ministre de la Défense français, Gérard Longuet, déploie maintenant beaucoup d’énergie pour faire l’exégèse du texte et montrer qu’une forme d’intervention au sol est possible. C’est que la France, et elle a raison, veut à tout prix éviter la pétrification du conflit qui serait synonyme de statu quo. Les précautions de langage sont peu à peu abandonnées pour revenir à l’essentiel: oui, l’objectif est bien l’élimination politique - sinon physique - de Mouammar Kadhafi, et s’il n’était pas atteint, l’offensive serait, aux yeux de Paris, un échec, quel que soit le nombre de vies sauvées par l’empêchement du massacre de Benghazi.
Le problème, c’est que la France se retrouve très isolée ce matin. Barack Obama, harcelé par une opinion publique défavorable, ne pense qu’à désengager l’Amérique de la Libye au plus vite. Un retrait qui aurait de lourdes conséquences puisque la moitié des avions qui pilonne les positions de Kadhafi est américaine. On comprend d’autant mieux que le président des États-Unis ait fini par obtenir que l’OTAN reprenne le commandement des opérations: il pourra lui repasser la patate chaude. Washington fait ainsi d’une pierre deux coups car elle satisfait la demande insistante des Turcs qui, depuis le départ, ne veulent pas entendre parler d’un conflit «anti-Kadhafi». La France a freiné des quatre fers pour garder les mains libres? Et alors? Au final, le dispositif concocté par l’Alliance Atlantique apparaît déjà comme une usine à gaz. Volontairement inopérante?
Apple retire une application dénoncée comme homophobe
L'organisation américaine Exodus International, qui s'est donné pour mission d'aider les personnes souhaitant être "libérées de l'homosexualité", a annoncé mercredi que son application avait été retirée de la boutique en ligne d'Apple.
"Nous sommes extrêmement déçus d'apprendre qu'Apple nous a refusé une présence équitable sur la place publique", a déclaré le président d'Exodus International, Alan Chambers, dans un communiqué. L'auteur de l'application d'Exodus a été prévenu mardi soir par Apple que ce programme serait retiré de sa boutique en ligne parce qu'elle avait été jugée "insultante par un large éventail de personnes", selon l'association. Exodus International s'était donné pour mission d'aider les personnes souhaitant être "libérées de l'homosexualité".
Apple était sous pression, une pétition signée par plus de 146.000 personnes lui ayant demandé de supprimer cette application, accessible jusqu'alors sur ses téléphones iPod, ses tablettes iPad et ses baladeurs iPod Touch. "Nous avons retiré l'application d'Exodus International de l'App Store puisque, rejetée par beaucoup de gens, elle allait à l'encontre des règles que nous avons fixées pour les développeurs", a déclaré à l'AFP un porte-parole d'Apple, Tom Neumayr.
Désinformation, haine, intolérance...
"Apple a pris une décision sage et responsable en abandonnant une application qui diabolisait les gays et lesbiennes", s'est félicité l'organisation Truth Wins Out, qui avait lancé la pétition avec le site Change.org. Le groupe estimait que ce programme véhiculait de la "désinformation et des stéréotypes" et appelait à la "haine et à l'intolérance".
Pour Exodus en revanche, "cette application est conçue pour être utile aux hommes, femmes, parents, étudiants et responsables religieux", et la décision d'Apple viole son droit à la liberté d'expression. "Il ne s'agit pas de liberté d'expression, mais d'empêcher une organisation qui est violemment anti-gay de répandre de fausses informations aux dépens de jeunes gens vulnérables de la communauté LGBT" (lesbiennes, gays, bi-sexuels et transexuels), a rétorqué un porte-parole de Truth Wins Out, John Becker.
jeudi 24 mars 2011
Inquiétudes
La première menace qui pèse sur l'intervention aérienne en Libye c'est l'oubli de ce qui l'avait justifiée : le sauvetage in extremis de la population de Benghazi. Avec les jours qui passent au rythme des frappes contre les moyens militaires du colonel, c'est maintenant l'incertitude sur la suite de cette aventure qui constitue la menace essentielle. Le large soutien des parlementaires lors du débat d'hier, n'est pas exempt d'inquiétudes auxquelles François Fillon et Alain Juppé ont répondu. En partie du moins.
Les divergences qui se sont exprimées en Europe, en Afrique, dans certains pays arabes ont provoqué une sorte de brouillard dangereux qui risque de saper la légitimité de cette opération, donc d'encourager Kadhafi pourtant affaibli militairement. Le flou sur le commandement, source de bien des réticences, devrait être levé prochainement par la mise en place d'un pilotage politique, associant notamment les états arabes. Même si ses capacités sont utilisées, ce n'est donc pas l'Otan qui dirigerait cette intervention annoncée de courte durée.
Le risque d'enlisement, ou même de semi-échec, menace pourtant la coalition. Intervenue au titre de la protection du peuple libyen, elle dispose d'un mandat assez extensible, du moins à court terme, pour autoriser des actions militaires offensives, mais dont les limites vont vite apparaître. Car ce ne sont pas les frappes qui vont automatiquement obtenir le départ de Kadhafi ni instaurer par magie la démocratie. Tout va donc dépendre, une fois restauré un meilleur équilibre des forces, des protagonistes eux-mêmes.
Là est l'incertitude la plus lourde. Pour la rébellion, la reconquête ne s'annonce pas facile. Car, s'il survit, Kadhafi peut avoir les moyens de jouer l'embrouille. La coalition lui propose la fin des opérations militaires en échange d'un cessez-le-feu et du retrait de ses troupes. En somme, il lui est demandé de laisser les insurgés regagner partout le terrain perdu. Comme on le voit mal, sauf heureux imprévu, prêt à ce genre de reddition, le scénario de la paix et de la démocratie n'est ni écrit ni visible sur les écrans radars des avions.
Course en avant
Le ministre de l’Industrie, Éric Besson, ne manque pas d’air. Il dément « catégoriquement » la perspective d’une hausse de 30 % des tarifs d’EDF, d’ici 2015… en annonçant, en même temps, une « légère augmentation » pour l’été prochain. Augmentation qui s’ajoutera aux 6,4 % déjà appliqués depuis un an ! À ce rythme, les 30 % visés par EDF sur cinq ans seront pulvérisés… avec la bénédiction du gouvernement. Mais chut, il ne faut pas le dire. Pierre Gadonneix, l’ancien PDG d’EDF, a été remercié parce qu’il réclamait 20 % d’augmentation sur trois ans. Son successeur Henri Proglio a des exigences encore plus élevées, sauf qu’il s’arrange plus discrètement pour obtenir gain de cause.
EDF et le gouvernement expliquent les besoins d’argent de l’électricien national par les investissements dans les énergies renouvelables et par la nécessaire modernisation du parc de centrales nucléaires. Ils oublient volontairement de citer deux autres motifs d’inflation beaucoup moins avouables : la privatisation partielle d’EDF a fait entrer des investisseurs qui veulent être – fortement – rémunérés. Et la libéralisation du marché de l’électricité tire les prix vers le haut. Grâce au nucléaire, nous payons notre électricité 30 % moins cher que nos voisins européens. Comme c’est bizarre : c’est justement ces 30 % qu’EDF réclame pour s’aligner sur ses concurrents. Il s’agit, pour le groupe français, de lutter à armes égales pour acquérir des participations dans d’autres pays. La priorité de la société nationale n’est plus de proposer le meilleur service au meilleur prix possible en France. Elle est d’arracher des parts de marché aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Pologne…
EDF a déjà connu beaucoup de déboires dans la conquête des Eldorados étrangers, notamment américain. Elle risque d’en connaître encore beaucoup plus à l’avenir. La catastrophe de Fukushima, au Japon, n’est pas une publicité pour l’énergie nucléaire, qui est le point fort du groupe. Celui-ci va être, très vite, engagé sur deux fronts, avec une mise en sécurité sans doute plus coûteuse que prévu pour ses centrales déjà en service, et des pertes de contrats à l’étranger, au profit d’autres énergies. Les tarifs n’ont pas fini de grimper. Malheureusement, les investissements en France ne justifient qu’une partie de cette course en avant dans la libéralisation effrénée du marché de l’électricité.
Nuage invisible, peurs perceptibles
Il est passé par ici, il repassera par là. Le « nuage » de Fukushima poursuit sa rotation autour de la terre, dispersant ses poussières dont la dangerosité diminue avec la distance. Autant on a pu mesurer hier une inquiétante hausse de la radioactivité près du site nucléaire, autant le risque sanitaire que son survol de la France pourrait entraîner est a priori « négligeable ». Les scientifiques sont formels. Ils ont déclenché la contre-offensive des mots. Qu'on se le tienne pour dit, il ne faut plus parler de « nuage » ou de « panache » mais de microparticules, tellement infimes qu'on n'est pas sûr de pouvoir les détecter ! Pour preuve, elles se sont promenées incognito au-dessus de l'Amérique. Il n'empêche... Depuis le mensonge de Tchernobyl, lorsqu'on avait, comme dans un manga, stoppé le vrai nuage pile à nos frontières, la confiance dans les experts est rompue. L'accident du Japon soulève de légitimes inquiétudes, le danger nucléaire étant loin d'être écarté. Pour en revenir à l'intriguant « nuage », force est de nous en remettre aux... experts. Ils n'affirmeront certes jamais le risque zéro mais ils banalisent le phénomène. Si la peur qu'il suscite parfois chez nous n'est pas raisonnée, quoique compréhensible, l'angoisse des Japonais est, elle, des plus rationnelle, tant la situation se révèle critique. Le danger de contamination sur la chaîne alimentaire est sans comparaison. Pensons que 35 millions d'habitants de la région de Tokyo sont suspendus au sens du vent, victimes potentielles de substances redoutables. Aussi l'achat de précaution observé en France avec les pastilles d'iode ressemble-t-il à une farce franchouillarde à une heure où les Tokyoites, stoïques dans la catastrophe, ne peuvent plus donner de l'eau du robinet aux bébés ni consommer de légumes.
Fukushima, centrale mondiale
Qui aurait pu l’imaginer il y a seulement quinze jours ? Hier, les Français ont regardé le ciel tout bleu avec une pointe d’inquiétude et cette nuit combien ont-ils été, avant de se coucher, à scruter le ciel étoilé en se demandant quel danger invisible il pouvait dissimuler ? Car on n’a parlé que de lui, le « nuage » radioactif venu du Japon, à la représentation presque enfantine dans notre imaginaire, et de son passage au-dessus de la France, en vérifiant encore et encore qu’il serait, de toute façon, parfaitement inoffensif.
On a calculé et recalculé les niveaux potentiels de radioactivité. Il paraît même que les compteurs Geiger sont introuvables. Rupture de stock… Sans compter les ventes de pastilles d’iode, qui ont explosé depuis quelques jours.
Une psychose évidemment grotesque, consternante de nombrilisme, mais qui suffit à montrer à quel point le flou qui entoure encore les risques de l’énergie nucléaire, et les approximations de l’information officielle sur les accidents de sa production, peuvent générer des peurs irrationnelles. Les mensonges de Tchernobyl — dont les retombées ont été près de 1 000 fois plus importantes que celles en provenance du Japon — ont laissé des traces dans les esprits européens. La confiance dans les messages rassurants reste fragile et relative.
Cette anxiété hexagonale met en évidence la dimension planétaire de la centrale de Fukushima. A plus de 10 000 kilomètres de l’Europe, elle reste perçue comme une menace presque voisine. Plus rien ne sera jamais comme avant ce 12 mars, où son explosion a réveillé les doutes sur une énergie qui ne déclenchait plus les passions depuis longtemps. Beaucoup moins en tout cas que les périls du réchauffement climatique… Il y aura un avant et un après. Voilà qu’Angela Merkel déclare, et répète, que « plus tôt on sortira (du nucléaire), mieux ce sera ». Et même le gouvernement de Silvio Berlusconi — un ultra du nucléaire s’il en est — instaure un moratoire d’un an dans le programme de construction des centrales qui doit marquer le retour de l’Italie dans le club atomique.
Jour après jour, le doute s’installe, y compris dans les propos des ministres français, nettement plus prudents qu’il y a… une semaine sur la pérennité du choix nucléaire. La contamination des légumes de la région d’Ibaraki, et de l’eau de Tokyo, impropre à la consommation pour les bébés, a surpris par leur intensité inattendue. Le monde mesure que les conséquences de l’accident de Fukushima sont bien plus rapides et plus incontrôlables que prévu. Quelque chose est en train de se rompre dans l’idée que l’humanité se faisait jusque-là d’une énergie qu’elle pensait maîtriser.
Qui aurait pu l’imaginer il y a seulement quinze jours ? Hier, les Français ont regardé le ciel tout bleu avec une pointe d’inquiétude et cette nuit combien ont-ils été, avant de se coucher, à scruter le ciel étoilé en se demandant quel danger invisible il pouvait dissimuler ? Car on n’a parlé que de lui, le « nuage » radioactif venu du Japon, à la représentation presque enfantine dans notre imaginaire, et de son passage au-dessus de la France, en vérifiant encore et encore qu’il serait, de toute façon, parfaitement inoffensif.
On a calculé et recalculé les niveaux potentiels de radioactivité. Il paraît même que les compteurs Geiger sont introuvables. Rupture de stock… Sans compter les ventes de pastilles d’iode, qui ont explosé depuis quelques jours.
Une psychose évidemment grotesque, consternante de nombrilisme, mais qui suffit à montrer à quel point le flou qui entoure encore les risques de l’énergie nucléaire, et les approximations de l’information officielle sur les accidents de sa production, peuvent générer des peurs irrationnelles. Les mensonges de Tchernobyl — dont les retombées ont été près de 1 000 fois plus importantes que celles en provenance du Japon — ont laissé des traces dans les esprits européens. La confiance dans les messages rassurants reste fragile et relative.
Cette anxiété hexagonale met en évidence la dimension planétaire de la centrale de Fukushima. A plus de 10 000 kilomètres de l’Europe, elle reste perçue comme une menace presque voisine. Plus rien ne sera jamais comme avant ce 12 mars, où son explosion a réveillé les doutes sur une énergie qui ne déclenchait plus les passions depuis longtemps. Beaucoup moins en tout cas que les périls du réchauffement climatique… Il y aura un avant et un après. Voilà qu’Angela Merkel déclare, et répète, que « plus tôt on sortira (du nucléaire), mieux ce sera ». Et même le gouvernement de Silvio Berlusconi — un ultra du nucléaire s’il en est — instaure un moratoire d’un an dans le programme de construction des centrales qui doit marquer le retour de l’Italie dans le club atomique.
Jour après jour, le doute s’installe, y compris dans les propos des ministres français, nettement plus prudents qu’il y a… une semaine sur la pérennité du choix nucléaire. La contamination des légumes de la région d’Ibaraki, et de l’eau de Tokyo, impropre à la consommation pour les bébés, a surpris par leur intensité inattendue. Le monde mesure que les conséquences de l’accident de Fukushima sont bien plus rapides et plus incontrôlables que prévu. Quelque chose est en train de se rompre dans l’idée que l’humanité se faisait jusque-là d’une énergie qu’elle pensait maîtriser.
Fatigues électorales
Et si on revenait au vrai débat ? Au lieu de s'effrayer, à longueur de temps, du « raz-de-marée » FN, la classe politique devrait s'inquiéter des causes de son spectaculaire désaveu.
Le seul vainqueur, l'abstention, fait monter, en pourcentage, le score des partis les plus mobilisés. Plus la marée participative descend, plus on voit affleurer les récifs. En nombre de voix, les grandes formations s'effondrent, l'UMP surtout, le Parti socialiste dans une moindre mesure. Le Front national gagne, mais seulement en apparence, surtout par défaut.
Juste quelques chiffres pour confirmer ce constat ignoré des observateurs : entre les cantonales de 2004 et celles d'aujourd'hui, le FN ¯ il est vrai avec moins de candidats ¯ a perdu 110 000 voix ; le PS, 940 000 ; et l'UMP un million. Ainsi, le parti « majoritaire » n'a réuni, dimanche, que 1,5 million de suffrages, sur un corps électoral de vingt et un millions d'inscrits ! Leurs alliés fondent dans les mêmes proportions.
Même si les écologistes améliorent un peu leur score, mais avec davantage de candidats, la vérité est nette et cruelle : les Français se sont détournés massivement de cette élection et de la politique. Beaucoup de raisons objectives expliquent que les cantonales les découragent. Il n'empêche que notre démocratie, dont on fait miroiter les charmes dans les pays en révolution, est malade de cette abstention croissante au fil des scrutins. L'idée que tout aurait été essayé conduit soit à l'abstention, soit à l'extrémisme.
Un sentiment d'abandon
La confusion des jours derniers autour de l'attitude à adopter au second tour risque même d'être terrible. Les artifices tactiques renforcent l'idée que les grands partis sont incapables de se déterminer par eux-mêmes et tout juste capables de petites connivences pour se sauver des eaux. Ils valident la thèse de « l'UMPS » chère à l'extrême droite. Ils font oublier que si l'on gagne une élection avec un pourcentage, on ne peut durer sans adhésion de l'opinion.
Les électeurs se fichent pas mal qu'untel, dimanche, vote PS, blanc ou s'abstienne. Ils se moquent de consignes de désistement de moins en moins suivies. Ils ne demandent pas, en priorité, que l'on débatte ¯ autre aveu d'incapacité à agir ! ¯ de laïcité ou d'identité. Ils veulent des réponses précises à des problèmes concrets de pouvoir d'achat, de logement, de chômage, d'inégalités, de sécurité.
Le dernier rapport du Médiateur le confirme : les Français ne croient plus guère en leurs institutions et en leurs représentants. Ils sont fatigués, depuis de nombreuses années, de promesses non tenues, de mises en scène trompeuses, de réformes tourbillonnantes, de calculs électoraux, d'administrations kafkaïennes... Le sentiment d'abandon, d'isolement, d'impuissance et d'injustice gagne toutes les couches de la population.
Qu'une majorité, de droite ou de gauche, soit désavouée fait partie de la démocratie. Le plus inquiétant, c'est que l'alternance ne suscite pas davantage d'espoir. De ce point de vue, majorité et opposition portent la même et lourde responsabilité devant les attentes des citoyens. Mais les électeurs, au lieu de se lamenter des résultats qui sont de leur fait, ont aussi le devoir de sortir d'une certaine paresse pour s'informer ¯ jamais les projets des partis n'ont été aussi accessibles ¯ et pour courir voter en connaissance de cause.
Dernière
Frédéric Mitterrand, notre ministre de l’Emphase creuse et Prince du Lieu commun, n’a laissé hier à personne d’autre le soin de prononcer l’oraison funèbre: Elizabeth Taylor, a-t-il pleuré de sa voix de théâtre, était «la dernière star»... Nous ne discuterons pas ici des talents d’Elizabeth Taylor, ni de la beauté de ses yeux. Mais pourquoi «la dernière», Monsieur Mitterrand ? Curieuse époque, qui à chaque décès d’un grand salue le départ du «dernier» - comme si le partant refermait derrière lui la porte d’accès à la grandeur. Non, Elizabeth Taylor n’est pas la dernière star. Il en est d’autres qui brillent aujourd’hui, et il en naîtra d’autres encore, heureusement. Ainsi va la vie, même chez les étoiles. Et si nous comprenons que vous pleuriez votre jeunesse, Monsieur Mitterrand, pourquoi confondre votre ministère avec la célébration d’une culture de nostalgie de midinette ?
Frédéric Mitterrand, notre ministre de l’Emphase creuse et Prince du Lieu commun, n’a laissé hier à personne d’autre le soin de prononcer l’oraison funèbre: Elizabeth Taylor, a-t-il pleuré de sa voix de théâtre, était «la dernière star»... Nous ne discuterons pas ici des talents d’Elizabeth Taylor, ni de la beauté de ses yeux. Mais pourquoi «la dernière», Monsieur Mitterrand ? Curieuse époque, qui à chaque décès d’un grand salue le départ du «dernier» - comme si le partant refermait derrière lui la porte d’accès à la grandeur. Non, Elizabeth Taylor n’est pas la dernière star. Il en est d’autres qui brillent aujourd’hui, et il en naîtra d’autres encore, heureusement. Ainsi va la vie, même chez les étoiles. Et si nous comprenons que vous pleuriez votre jeunesse, Monsieur Mitterrand, pourquoi confondre votre ministère avec la célébration d’une culture de nostalgie de midinette ?
mercredi 23 mars 2011
Primates
Monsieur Goasguen, qui a jadis fait le coup de poing avec l’extrême droite, a cru bon hier de taxer ses anciens amis de «primates». Puis il a rectifié: il voulait dire «primaires» - ce qui n’est guère plus aimable. L’injure rappelle ces tribuns de gauche qui traitent notre Président d’apprenti dictateur inculte. Ou ces tribuns de droite qui dénoncent en Martine Aubry une sadique communiste. Comme si le mépris dans l’excès valait argument... Bien sûr que le Front national professe des idées d’extrême droite, xénophobes et dangereuses pour la démocratie française. Mais elles sont d’autant plus dangereuses qu’elles ne sont pas «primaires». Et elles séduisent d’autant mieux qu’elles sont portées par une politicienne de grand talent: les idées de Marine Le Pen peuvent être dangereuses, elles n’en font pas une «primate» ni une «primaire» - en tout cas moins primaire que Monsieur Goasguen.
Monsieur Goasguen, qui a jadis fait le coup de poing avec l’extrême droite, a cru bon hier de taxer ses anciens amis de «primates». Puis il a rectifié: il voulait dire «primaires» - ce qui n’est guère plus aimable. L’injure rappelle ces tribuns de gauche qui traitent notre Président d’apprenti dictateur inculte. Ou ces tribuns de droite qui dénoncent en Martine Aubry une sadique communiste. Comme si le mépris dans l’excès valait argument... Bien sûr que le Front national professe des idées d’extrême droite, xénophobes et dangereuses pour la démocratie française. Mais elles sont d’autant plus dangereuses qu’elles ne sont pas «primaires». Et elles séduisent d’autant mieux qu’elles sont portées par une politicienne de grand talent: les idées de Marine Le Pen peuvent être dangereuses, elles n’en font pas une «primate» ni une «primaire» - en tout cas moins primaire que Monsieur Goasguen.
Les trois solidarités de notre temps
En temps de crise et de catastrophes, un mot revient comme un rappel aux consciences : solidarité. Le terme, dans son usage politique, remonte à la révolution de 1848, révolution sociale après la révolution bourgeoise de 1789. Mais le rappel de ce devoir des individus à l'égard des autres trouve sa source dans la tradition chrétienne d'une part, dans la tradition des socialistes non marxistes d'autre part. Depuis, il a souvent été la référence de tous les discours justifiant que l'État intervienne dans le social, aux lieu et place des individus, des familles ou des institutions privées.
Mais, aujourd'hui, la signification de la solidarité s'est considérablement élargie. Au départ, il s'agissait de faire face à la misère des classes pauvres, qualifiées aussi, au XIXe siècle, de « classes dangereuses ». La charité ne suffisant plus à faire face à l'ampleur du problème, des mécanismes collectifs de solidarité durent être mis en place sous l'égide de l'État (assurances sociales, retraites, etc.).
Progressivement, ce filet protecteur fut étendu. En bénéficièrent d'abord les plus démunis ou les plus revendicatifs (mineurs, ouvriers du Livre, etc.). L'Allemagne de Bismarck fut une pionnière en la matière. Bismarck n'était pourtant pas un philanthrope et la protection offerte aux prolétaires allemands était moins un effet de sa bonté d'âme que d'une appréciation réaliste de la situation. Il fallait éviter la révolution !
Le cœur et... l'intérêt
Plus d'un siècle plus tard, la réédition du même mécanisme se réalise au niveau européen. Et l'Allemagne est de nouveau en première ligne. À sa demande expresse, le traité de Maastricht avait exclu toute forme de solidarité au sein de la zone euro en cas de défaillance financière d'un État. L'Allemagne, qui avait jusque-là financé largement l'intégration européenne, refusait d'éponger les dettes des cigales grecques ou autres, afin de les contraindre à la discipline.
On connaît la suite : contraints et forcés, les Allemands et les autres Européens ont dû manifester leur solidarité financière, non seulement aux Grecs, mais aussi aux Irlandais et demain, peut-être, au Portugal et à l'Espagne. L'Allemagne aurait-elle eu des remords ? Pas du tout, mais son intérêt lui commandait d'arrêter un jeu de massacre qui pouvait mettre toute l'économie de l'Europe, y compris la sienne, en péril. Dans le futur, un mécanisme de solidarité financière européenne sera mis en place. L'histoire démontre à nouveau que la solidarité n'est pas seulement affaire de coeur, mais aussi d'intérêt bien compris.
Un troisième événement vient illustrer une autre exigence de solidarité. Les émeutes en Tunisie, en Égypte, en Libye, mais plus généralement la situation économique et sociale en Afrique sont autant d'appels à la solidarité des Européens. Certains rétorqueront : « Qu'on les rejette à la mer ! » Soit, on ne peut forcer personne à être généreux. Mais alors, entendons au moins le discours réaliste et égoïste de l'intérêt. Ne pas venir en aide à nos voisins du Sud signifie une immigration massive, incontrôlée et ingérable et/ou des troubles politiques et sociaux à nos portes.
Dans le monde global d'aujourd'hui, l'interdépendance mutuelle est incontestable, pour le meilleur ou pour le pire, et cela a un nom : solidarité. Que ceux qui ne veulent pas y mettre de la générosité aient au moins la conscience que « charité bien ordonnée ne commence PAS par soi-même ».
Fillon bétonne, Kadhafi fanfaronne
Ici au moins, il n’y aura pas eu de combat. Le Premier ministre a remporté une victoire facile... au Palais Bourbon. A quelques voix discordantes près, la représentation nationale a apporté son soutien à la politique libyenne du gouvernement. Sans broncher et sans bronca. François Fillon n’a même pas eu à batailler pour convaincre les députés de la nécessité d’une intervention militaire destinée à épargner un massacre aux victimes désignées du colonel Kadhafi.
Le Premier ministre a pris bien soin de cibler sa frappe sémantique. Au cas où on n’aurait pas bien compris, il a répété, à coups de références à la Charte des Nations-Unies, que l’action de la France restait dans le cadre de la résolution 1973. En fait, c’est plus à l’ONU qu’aux députés français qu’il s’est adressé, sur un ton de justification. Une déclaration solennelle au moment où les intentions de la France sont mises en doute par la Ligue arabe, recadrées par Washington et par avance désaprouvées par Berlin qui, déjà, prend ses distances et commence à se retirer.
Pas question donc, vraiment pas, d’afficher la moindre intention de débarquer le colonel Kadhafi. Il appartiendra au peuple libyen et à lui seul - deuxième message en boucle - de décider de son destin. Une promesse diplomatique qui peine à dissimuler l’impatience de l’Élysée et du Quai d’Orsay de voir tomber rapidement le guide illuminé de Tripoli.
Car hier, trois jours après le début des frappes, c’est bien une certaine inquiétude qui a commencé à percer des déclarations françaises. Une crainte, même: celle de l’enlisement. Henri Guaino, le conseiller spécial du chef de l’État a beau répéter que l’engagement de l’aviation française durera «le temps qu’il faudra», c’est bien un succès rapide qui était espéré, sinon escompté. Or cette perspective s’éloigne... Malgré les destructions, Kadhafi résiste, fanfaronne à la télévision où, comme cette nuit, il se montre tragiquement provocateur. Cela ne l’empêche pas de jouer assez habilement: il immobilise ses troupes obligeant du même coup les avions ennemis, soumis au mandat restrictif de l’ONU, à tourner en rond..
Chaque jour qui passe désormais jouera pour un statu quo défavorable à la coalition. Les Français ne veulent pas entendre parler d’un conflit long quand, en pleine crise économique, la guerre apparaît comme un luxe que nos démocraties n’ont plus vraiment les moyens de s’offrir. Quand on se mettra à faire les comptes, la facture passera sans doute difficilement. Quant aux opinions publiques des pays arabes, elles commencent à voir d’un mauvais oeil ce déploiement de l’Occident dans lequel l’Otan - que la France avait voulu tenir à l’écart - joue désormais un rôle clé. L’évidence s’impose, douloureusement: le rapport de forces très favorable à la coalition ne suffira pas à la faire gagner vite. Aïe, aïe, aïe...
Ici au moins, il n’y aura pas eu de combat. Le Premier ministre a remporté une victoire facile... au Palais Bourbon. A quelques voix discordantes près, la représentation nationale a apporté son soutien à la politique libyenne du gouvernement. Sans broncher et sans bronca. François Fillon n’a même pas eu à batailler pour convaincre les députés de la nécessité d’une intervention militaire destinée à épargner un massacre aux victimes désignées du colonel Kadhafi.
Le Premier ministre a pris bien soin de cibler sa frappe sémantique. Au cas où on n’aurait pas bien compris, il a répété, à coups de références à la Charte des Nations-Unies, que l’action de la France restait dans le cadre de la résolution 1973. En fait, c’est plus à l’ONU qu’aux députés français qu’il s’est adressé, sur un ton de justification. Une déclaration solennelle au moment où les intentions de la France sont mises en doute par la Ligue arabe, recadrées par Washington et par avance désaprouvées par Berlin qui, déjà, prend ses distances et commence à se retirer.
Pas question donc, vraiment pas, d’afficher la moindre intention de débarquer le colonel Kadhafi. Il appartiendra au peuple libyen et à lui seul - deuxième message en boucle - de décider de son destin. Une promesse diplomatique qui peine à dissimuler l’impatience de l’Élysée et du Quai d’Orsay de voir tomber rapidement le guide illuminé de Tripoli.
Car hier, trois jours après le début des frappes, c’est bien une certaine inquiétude qui a commencé à percer des déclarations françaises. Une crainte, même: celle de l’enlisement. Henri Guaino, le conseiller spécial du chef de l’État a beau répéter que l’engagement de l’aviation française durera «le temps qu’il faudra», c’est bien un succès rapide qui était espéré, sinon escompté. Or cette perspective s’éloigne... Malgré les destructions, Kadhafi résiste, fanfaronne à la télévision où, comme cette nuit, il se montre tragiquement provocateur. Cela ne l’empêche pas de jouer assez habilement: il immobilise ses troupes obligeant du même coup les avions ennemis, soumis au mandat restrictif de l’ONU, à tourner en rond..
Chaque jour qui passe désormais jouera pour un statu quo défavorable à la coalition. Les Français ne veulent pas entendre parler d’un conflit long quand, en pleine crise économique, la guerre apparaît comme un luxe que nos démocraties n’ont plus vraiment les moyens de s’offrir. Quand on se mettra à faire les comptes, la facture passera sans doute difficilement. Quant aux opinions publiques des pays arabes, elles commencent à voir d’un mauvais oeil ce déploiement de l’Occident dans lequel l’Otan - que la France avait voulu tenir à l’écart - joue désormais un rôle clé. L’évidence s’impose, douloureusement: le rapport de forces très favorable à la coalition ne suffira pas à la faire gagner vite. Aïe, aïe, aïe...
Kadhafi a les moyens de financer une longue guerre
Même si les Occidentaux ont gelé les avoirs libyens, le colonel a entassé une montagne d'or et de billets.
De même, les placements effectués dans les autres régions du globe, comme dans les pays du Golfe, ne devraient pas revenir à Tripoli. «Où que se trouve l'argent placé à l'étranger, il devrait demeurer où il est: vue la pression politique exercée par les Occidentaux, il est peu probable que les pays arabes, par exemple, rendent à Kadhafi ce qu'il aurait placé chez eux», estime Gordon L. Clark, spécialiste des fonds d'investissement souverains. Kadhafi a prévu cette situation de blocus économique et financier. Il a pris soin d'amasser un tas d'or en Libye, grâce à la Banque centrale libyenne. L'institution, dont il détient les clés, possède 143,8 tonnes de lingots dans ses coffres, selon le décompte du Fonds monétaire international. Ces réserves, qui représentent environ 4,6 milliards d'euros, placent la Libye au 24ème rang mondial des détenteurs de métal jaune, juste devant la puissante et très prospère place financière de Singapour.
De l'or contre des armes
Cet or, Kadhafi peut l'écouler principalement en Afrique, via les frontières sud de la Libye avec le Niger, le Tchad et le Soudan. «Ces zones désertiques sont très poreuses et équipées de nombreux aérodromes», souligne le chercheur Olivier Pliez. Par ce chemin, les lingots peuvent être acheminés vers les filiales nigériennes ou tchadiennes de la Libyan Foreign Bank, qui dépend elle-même de la Banque centrale. Cet établissement possède, entre autre, plus de 80% de la Banque commerciale du Niger et 50% de la Banque commerciale du Chari, au Tchad. Tripoli pourrait également échanger son or directement contre des armes.Avant d'avoir à écouler son or, Kadhafi peut probablement piocher dans de profondes réserves de cash. Ces dernières ont été constituées probablement au fil des ans en écoulant sur le marché noir un tiers de la production de pétrole libyenne, selon Hasni Abidi, directeur du centre d'études et de recherches sur le monde arabe (Cermam). Près de 130 milliards de dollars auraient ainsi été siphonnés par le clan Kadhafi en l'espace de trente ans. Impossible cependant de savoir la part de cette somme détenue en liquide par Tripoli.
Hôtel de luxe, diamants et pétrole
Il est également probable que Kadhafi puisse toujours toucher, d'une manière ou d'une autre, une partie des revenus tirés des investissements effectués en Afriquesub-saharienne. La Libya Arab african investment company (Laaico) y a placé 5 milliards de dollars dans les hôtels de luxe, les mines de diamant ou les télécoms. La Libya Oil Holding, qui regroupe les avoirs dans le secteur pétrolier et de la distribution d'essence, est elle-même présente dans 21 pays africains.Dans ce contexte, le contrôle de la frontière sud de la Libye s'annonce crucial. Fin février, des rebelles disaient avoir pris le contrôle de Koufra, au sud-est du pays, et de son aéroport. Ils y ont intercepté un avion envoyé par les maîtres de Tripoli. Dans les soutes de l'appareil, 2000 kalachnikovs et 18 millions de dinars (10 millions d'euros). Un petit aperçu de la puissance financière du régime.
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