La gauche semble en mesure de faire basculer la majorité sénatoriale lors des prochaines élections.
Ils ont fait leurs comptes. Conclusion : c'est possible. Pour la première fois de l'histoire de la Ve République, la majorité sénatoriale semble à portée de vote de la gauche. Les victoires consécutives du PS aux élections locales (cantonales de 2004, municipales de 2008 et régionales de 2010) ont profondément modifié la composition du corps électoral qui désigne les sénateurs.
À l'issue des prochaines élections, en septembre 2011, la gauche pourrait donc l'emporter. «Vous imaginez le symbole, à six mois de la présidentielle ! » s'enthousiasme-t-on au PS.
À l'UMP, on mesure bien la portée d'une telle révolution. «Que le Sénat bascule sous la présidence de Nicolas Sarkozy serait désastreux », gémit un sénateur. «L'essentiel des grands électeurs procède des élections municipales que nous avons largement perdues en 2008 », souligne un cadre du parti. «Il serait assez curieux que cette assemblée n'ait pas de perspective d'alternance, se console le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux. Au moins, on sait qu'il y a un enjeu l'année prochaine.»
Les sénateurs socialistes, de leur côté, se méfient des succès trop tôt annoncés. «Il ne faut pas s'enflammer. L'écart est encore grand», tempère le sénateur maire de Dijon, François Rebsamen. La partie sera serrée : la gauche devra remporter au minimum une quinzaine de sièges. Et dans ce cas, il faudrait nouer une alliance des communistes aux centristes.
Un an et demi avant l'élection, il est de toute façon beaucoup trop tôt pour livrer un sentiment. La protestation contre «le bazar territorial» - la réforme des collectivités - «crée un climat favorable» à la gauche, estime cependant le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel. «La grande inconnue, c'est cette majorité silencieuse des élus locaux sans étiquette», poursuit-il.
Prétendants
Mais les esprits étant ce qu'ils sont, on cherche dès maintenant les prétendants potentiels à la présidence du Sénat. À la tête du groupe, Jean-Pierre Bel est le candidat a priori le plus légitime mais le moins connu. Le nom de l'ancienne ministre Catherine Tasca, actuelle vice-présidente, est aussi évoqué. Mais elle aura 69 ans en 2011 et n'incarne pas le renouvellement. L'ancien garde des Sceaux Robert Badinter, 82 ans, souffre encore plus du handicap de l'âge, mais son élection aurait une valeur symbolique à gauche. Enfin, François Rebsamen pourrait s'inviter dans la danse. Mais il n'est pas le favori de la première secrétaire du PS, Martine Aubry, avec qui il est en conflit ouvert. En cas de blocage entre la droite et la gauche, un centriste pourrait tirer son épingle du jeu. Le président de la commission des finances, Jean Arthuis, rêve d'être celui-là.
«Larcher en campagne»
«Les appétits ? Mais heureusement qu'ils existent ! s'exclame le président du Sénat, Gérard Larcher. Ce serait bien le diable si j'étais le seul à avoir de l'appétit, ici !Oui, je serai candidat à ma propre succession, je ne le cache pas. Et oui, je pense à 2011, d'autant que mon siège est renouvelable.» Mais le sénateur des Yvelines ne veut rien précipiter. «Je suis à mi-mandat et les Français n'attendent pas du Sénat qu'il s'occupe d'autre chose que de leurs préoccupations», explique-t-il en énumérant les dossiers à venir : la loi de modernisation rurale, la réforme des collectivités, celle des retraites…
«Larcher est en campagne pour sa réélection depuis le premier jour», souligne un élu UMP. Il met ainsi à profit sa tournée des départements (il en a visité 48 en dix-huit mois) pour «tisser sa toile». Mais en Beauceron, il se plaît à croire que «tant que la moisson n'est pas dans le grenier, elle n'est pas faite». Ce qui n'interdit pas de semer.
dimanche 11 avril 2010
Le PS rêve du Sénat en 2011
Accoyer accuse Copé de semer la "confusion"
Le président de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), a adressé une nouvelle mise en garde à Jean-François Copé qu'il a accusé de semer "confusion" et "ambiguïté" comme patron des députés UMP, dans un entretien au Parisien dimanche/ Aujourd'hui en France dimanche.
Le groupe UMP à l'Assemblée nationale "fonctionne davantage comme un parti politique au lieu d'être une courroie de transmission entre les Français et le gouvernement", il "ne laisse plus d'espace au parti", il "ne joue pas le rôle normal d'un groupe majoritaire". M. Accoyer regrette notamment que M. Copé ait "doublé" la mission parlementaire pluraliste sur le voile intégral, qui a effectué un "excellent travail".
Au passage, il demande une nouvelle fois au gouvernement de "prendre ses responsabilités" en présentant un projet de loi sur cette question plutôt qu'en laissant l'initiative à M. Copé et sa proposition de loi. "Je l'ai fait savoir par courrier au premier ministre", précise-t-il. M. Copé crée de "la confusion", selon lui, notamment quand il "remet en cause des mesures importantes prises depuis le début de la législature", comme le bouclier fiscal et "l'interdiction de la publicité avant 20 heures" sur France Télévisions.
LES "DIATRIBES" D'ACCOYER
Ce recadrage n'a pas été du goût d'un nouvel entrant au gouvenrment, le secrétaire d'Etat à la fonction publique, Georges Tron, qui a déploré dimanche les "diatribes" de Bernard Accoyer (UMP). "Il est assez normal qu'après une défaite électorale, il y ait un moment où les langues se délient. Il ne faut pas que ça dure trop longtemps. J'ai assisté l'autre jour aux diatribes de Bernard Accoyer. Je ne suis pas certain que c'était parfaitement clair pour tout le monde une fois qu'il s'était exprimé", a-t-il déclaré au micro de Radio J.
"Copé n'est pas un problème", estime Georges Tron, "il fait les choses avec son style personnel. C'est bien qu'il soit comme il est". "C'est bien qu'Accoyer soit comme il est mais ce n'est pas en réglant les comptes comme ça, publiquement, qu'on avance la barre commune" même s'il n'a "pas tort" quand il juge qu'il faut "préciser le rôle de chacun", a ajouté l'ancien député villepiniste.
Franc-maçonnerie : le Grand Orient de France s'ouvre aux femmes
L'instance juridique du Grand Orient de France (GODF) a autorisé jeudi ses loges à initier des femmes, une décision inédite qui met fin à des années de débats sur la question, a-t-on appris samedi auprès du GODF, confirmant une information de lexpress.fr . "La chambre suprême de justice maçonnique (CSJM) a décidé que les loges qui avaient pris la liberté en 2008 d'initier des femmes n'avaient pas agi en contradiction
avec notre règlement", a expliqué le chargé de communication du Grand Orient de France, Gérard Contremoulin.
En conséquence, la CSJM a estimé que "ces six femmes doivent être administrativement régularisées comme membres du Grand Orient de France", la plus importante obédience maçonnique française, a expliqué Gérard Contremoulin. Concrètement "cette décision autorise les 1.128 loges du Grand Orient de France qui le souhaitent à initier des femmes. Elles n'en ont pas l'obligation, mais elles peuvent le faire", a poursuivi ce responsable. Le grand maître du GODF, Pierre Lambicchi, s'est "(félicité) que le droit soit dit", "mais il n'est pas de mon ressort de dire si sur le fond c'est une bonne chose ou pas". "C'est à mon initiative que la Chambre suprême a été saisie. Cette décision met fin à un long débat. A nous de gérer maintenant la situation", a-t-il ajouté.
Créé en 1773, le GODF a toujours été exclusivement masculin (50.000 frères et 1.128 loges) même si plusieurs loges avaient pris l'initiative en 2008 d'initier six femmes, ce qui leur avait valu d'être suspendues. Lors du dernier convent annuel (assemblée générale), en septembre 2009, les délégués avaient voté à 56 % contre la mixité des loges mais ce vote avait été annulé pour des questions de forme par l'instance juridique du GODF. La franc-maçonnerie française compte des loges exclusivement féminines comme la Grande Loge féminine de France (11.700 adhérentes, 360 loges) où la Grande Loge féminine de Memphis-Misraïm (1.000 adhérentes, 50 loges). Il existe aussi plusieurs loges mixtes, dont la principale est Le Droit humain (environ 15.500 frères et soeurs, 518 "ateliers")
Bussereau renonce à son «impôt tempête»
Grâce à l'aide de l'Etat et à un redéploiement des dépenses, il n'y aura pas de hausse de la fiscalité en Charente-Maritime pour faire face au coût de Xynthia. Le secrétaire d'Etat aux Transports a aussi assuré que le tracé des zones noires pouvait encore être modifié.
Ne pas amplifier l'anxiété
des habitants de Charente-Maritime déjà sous le choc de l'annonce des« zones noires», qui imposeront la destruction des centaines de maisons. Le président du conseil général de Charente-Maritime Dominique Bussereau a renoncé samedi à la hausse exceptionnelle de la fiscalité départementale de six pour cent pour faire face au 27 millions d'euros de dommages de la tempête Xynthia. Une mesure qu'il avait proposée la semaine dernière. Le secrétaire d'Etat aux Transports, qui devait faire voter cette augmentation exceptionnelle la semaine prochaine, a expliqué avoir reçu l'aide de l'Etat et s'appuyé un redéploiement des dépenses.
«L'état nous a entendu et nous a apporté un remboursement anticipé de TVA de 3,4 millions d'euros sur lesquels nous ne comptions pas. Par ailleurs, nous avons regardé dans nos politiques… par exemple il y a des travaux qu'on avait programmé et qu'on ne fera pas cette année», a-t-il annoncé à France-Info. «Avec les zones noires, il y a un climat très anxiogène, l'impôt pourrait avoir un caractère anxiogène supplémentaire», a noté Dominique Bussereau pour qui il faut «mettre de l'humain dans tout ça».
«Des aménagements de bon sens»
Prenant le contrepied du préfet, qui affirmait samedi que les «zones noires présentant un danger de mort avéré» après Xynthia, n'étaient «pas négociables», le secrétaire d'Etat s'est dit ouvert à «des modifications». «Je souhaite que le dialogue s'ouvre entre le préfet et les habitants», a-t-il affirmé sans citer où, en Charente-Maritime, pourraient avoir lieu ces «modifications». «Il y a des zones oranges, (qui nécessitent une «expertise complémentaire pour être classées, ndlr) où la situation n'est pas figée. Certaines maisons ont peut-être été mises rapidement dans telles ou telles zones», a assuré Dominique Bussereau. Pour le président du conseil général de Charente-Maritime, son rôle va être celui d' «un facilitateur». «Je ne suis pas en charge du dossier au sein du gouvernement mais je pense qu'il y a de ci de là des aménagements de bon sens que je ferai connaître au chef de l'Etat».
Les discussions sur les «zones noires» s'annoncent houleuses. Le maire de Charron, en Charente-Maritime, a affiché la couleur. Il ne signera pas l'ensemble des arrêtés interdisant l'accès à «150 ou 180» maisons de la localité promises à la démolition. «Je suis en désobéissance», a lancé Jean-François Faget samedi sur RTL. ««Comment voulez-vous que je signe un arrêté, et que j'aille le porter dans une maison où les gens sont là parce qu'il n'y a pas eu un centimètre d'eau, ou éventuellement, il y en a eu cinq et c'est parti au bout d'une heure. C'est absolument incohérent», a-t-il dénoncé. «Ces critères, je sais qu'ils sont négociables, puisque quand on constate dans les autres communes que des zones qui avaient été pressenties pour être noires ne le sont plus», a-t-il souligné.
La contestation s'organise aussi chez les habitants de Vendée et de Charente-Maritime. Des manifestations ont eu lieu, comme à Fouras. Certains sinistrés envisagent des plaintes contre l'Etat. Un habitant de l'Aiguillon-sur-mer a déposé plainte samedi, non contre l'Etat mais contre la municipalité de sa commune pour «mise en danger des habitants et des habitations» lors de la tempête. «Je pense à tous ceux qui ne sont plus là. Si on avait anticipé, il n'y aurait pas eu tous ces malheurs. On ne peut pas dire que ça n'arrive qu'aux autres», a confié James Gaillard, dont la maison ne figure par une «zone noire».
QUI PENSE DANS CE GOUVERNEMENT ?
QUI DIRIGE ?
Echéance 2012 : les cinq failles du sarkozysme
C'est son pèlerinage. Sa roche de Solutré, que gravissait François Mitterrand chaque lundi de Pentecôte. Nicolas Sarkozy est retourné, jeudi 8 avril, fouler le plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la résistance. C'est ici que le candidat, à la veille de l'élection présidentielle de 2007, était venu délivrer son ultime message aux électeurs, promettant de revenir chaque année. Trois ans plus tard, tel Mitterrand, M.Sarkozy cherche à maîtriser le temps, après son échec aux régionales.
Une défaite, quelle défaite ? Le chef de l'Etat est dans le déni. "La défaite aux régionales, il n'y a pas de quoi en faire un drame", explique l'Elysée qui veut croire à une remontée, comparable à celle qui avait suivi son échec aux élections européennes de 1999, lorsqu'on l'appelait "Monsieur 12 %".
Le chef de l'Etat, lui, nie toute responsabilité, expliquant qu'il n'a pas pu faire campagne en France métropolitaine. En revanche, lorsqu'il s'est engagé, comme à la Réunion ou en Guyane – lors d'une visite éclair de trois heures –, la droite l'a emporté. Le chef de l'Etat croit à la reconquête, mais les atouts du sarkozysme ont été sérieusement ébranlés depuis l'été 2009.
Les passions privées Priorité : sortir de cette folle rumeur sur sa vie privée. Le chef de l'Etat espère que son épouse, en intervenant, mercredi, sur Europe 1, a clos le sujet. Le problème, c'est que les crises personnelles deviennent régulières et perturbent l'exécutif. Les rumeurs, qui l'ont fait "entrer en transe", selon un conseiller, s'ajoutent à la série régulière des polémiques personnelles. "Nicolas Sarkozy a déserté la fonction présidentielle", expliquait un proche lors de son divorce avec Cécilia.
En septembre 2009, de New York, le chef de l'Etat n'a pas pu s'empêcher de traiter les prévenus dans l'affaire Clearstream de "coupables". Survient ensuite l'élection prévue de son fils Jean à la tête du quartier d'affaires de la défense. M.Sarkozy ne décèle qu'un complot contre sa famille. "C'est très élégant", accuse le chef de l'Etat, après avoir vanté dans un discours l'égalité républicaine. Il réalise l'ampleur du malentendu lorsque des centaines de journalistes étrangers accourent à la Défense.
L'impossible présidentialisation Ces épisodes sapent les efforts de "présidentialisation" de M.Sarkozy. Dès le 31 décembre 2009, lors de ses vœux, il tente d'endosser l'habit du rassembleur. En pleine polémique sur le débat sur l'identité nationale, il en appelle à la "fraternité" et invite au dialogue.
Il change de style lors de ses visites d'usine. A Cholet en janvier, il se place au milieu des ouvriers, se réjouit de "la bonne ambiance", souhaite un débat public avec "moins d'injures". Ensuite, sur TF1, il inaugure un débat avec une dizaine de Français, sous l'animation de Jean-Pierre Pernaut, l'inventeur de la télévision de proximité. Mais l'émission est perturbée par la polémique sur le salaire d'Henri Proglio, nouveau patron d'EDF qu'il choisit de défendre. Très suivie, l'émission ne permet pas d'enrayer sa chute dans les sondages.
Au lendemain des régionales, M.Sarkozy se fait plus chiraquien. Lors d'une table ronde dans une ferme de l'Essonne, mardi 6 avril, il renonce à tout propos liminaire. Finis les "je veux" ou "je n'accepterai pas". Il arrive sans annonce miracle, écoute ses contradicteurs qui n'en démordent pas. "Qu'est-ce que je dis à mes adhérents à qui l'on retire 80 euros de subvention à l'hectare?", persiste un syndicaliste céréalier.
La fin du mythe de la personne irremplaçable M.Sarkozy est-il le bon candidat pour 2012 ? Le doute s'est installé. Au plus fort de la crise, la question ne se posait même pas: "Imaginez si Ségolène Royal avait été présidente!", répétaient les proches de M.Sarkozy. Les régionales ont fait tomber le tabou. La première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, est jugée crédible.
A droite, les ambitions renaissent. Celles de Dominique de Villepin, bien sûr, de Jean-François Copé, jeune patron du groupe UMP à l'Assemblée, mais aussi de Alain Juppé, qui a annoncé sa candidature aux primaires de l'UMP. Uniquement si M.Sarkozy ne se présente pas, bien entendu. L'ex-ministre du budget Alain Lambert n'a pas ces préventions. Sur son blog, le 2 avril, il a dénoncé "le concert des hypocrites… pour dire que [Nicolas Sarkozy] restait notre sauveur à tous". Pour le sénateur de l'Orne, le chef de l'Etat "n'est pas en situation de faire gagner nos idées en 2012".
Les dogmes du sarkozysme ébranlés La brèche est ouverte avec l'abandon de la taxe carbone, naguère présentée comme une révolution comparable à l'abolition de peine de mort. Son sort a été scellé d'une phrase lors au salon de l'agriculture en mars. "L'environnement, cela commence à bien faire." C'est désormais le bouclier fiscal, dogme fondateur du sarkozysme 2007, qui est contesté à l'UMP. Le chef de l'Etat assure qu'il ne veut pas y toucher, mais il prépare discrètement les esprits à une hausse des impôts à l'occasion de la réforme des retraites. L'Elysée évoque désormais un "prélèvement spécifique" qui pourrait toucher les hauts revenus.
L'absence de projets Une pause, quelle pause? Le chef de l'Etat avait expliqué au Figaro Magazine avant les régionales qu'il ferait une "pause" fin 2011. Nul n'a retenu la date, mais seulement le mot pause. "Je me suis mal exprimé", concède en privé M.Sarkozy. En réalité, son seul projet est celui des retraites. Le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, philosophait citant l'Ecclésiaste: "Il y a un temps pour semer, un temps pour récolter". Les ministres s'inquiètent. "C'est vrai qu'il y a un trou", commente l'un d'eux.
Chacun s'interroge sur le projet pour 2012, alors que le trio magique, qui avait permis de gagner en 2007 (Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, Henri Guaino, "plume" du président, et Emmanuelle Mignon, tête chercheuse de M.Sarkozy) est miné par ses divisions. Mme Mignon a quitté l'Elysée, M.Guaino boude les réunions du matin. A Noël, M.Sarkozy avait expliqué qu'il ne se représenterait que s'il avait un "nouveau rêve" à proposer aux Français.
Sophie Landrin et Arnaud Leparmentier
Des salariés menacent d'incendier leur entreprise dans le Var
Les salariés de la société Poly Implant Prothèses (PIP), dans le Var, ont menacé samedi de mettre le feu aux locaux de leur entreprise placée fin mars en liquidation
judiciaire. Une trentaine de personnes occupe les lieux depuis vendredi, à la Seyne-sur-Mer.
Les salariés affirment avoir disposé des produits inflammables devant l'entreprise et être prêt à y mettre le feu si les forces de police tentent de les déloger. Ils exigent un rendez-vous à la préfecture et veulent obtenir des "indemnités de licenciement décentes", a-t-on appris de sources syndicales. Selon un porte-parole de la préfecture du Var, une délégation sera reçue lundi.
L'entreprise PIP, qui emploie une centaine de salariés, a été mise en liquidation judiciaire le 30 mars par le tribunal de commerce de Toulon. L'ex-numéro 3 mondial de sa catégorie était en proie depuis plusieurs mois à des difficultés financières et accusait un déficit de 9 millions d'euros au moment de sa liquidation.
L'entreprise varoise est également soupçonnée d'avoir commercialisé depuis 2006 des implants mammaires défectueux et non conformes à la réglementation. Le parquet de Marseille a ouvert le 23 mars une enquête préliminaire pour "faux et usage de faux, publicité mensongère et tromperie sur les qualités substantielles d'un produit, mise en danger de la vie d'autrui". L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a demandé le "retrait des implants mammaires pré-remplis de gel de silicone" fabriqués par la société varoise. Les visites de l'organisme effectuées dans les locaux de la société entre le 16 et 18 mars ont aussi permis d'établir que le gel utilisé par PIP était différent de celui déclaré lors de la mise sur le marché.
Que feras-tu de ta chance, bienheureux PS, born again de la crise qui se fabrique un projet pour de vrai, plus jouer mais gouverner, puisque c’est redevenu possible? Mardi dernier, il y avait dans le rituel éternel de ce vieux parti – un bureau national pour valider des textes pour préparer une convention – quelque chose de plus grave. Le réel revenait, un réel désirable, d’une gauche qui serait à nouveau aimable.C’est une gageure, quand on rappelle le passé.
Comment le "changer la vie" de 1981 devint dans la rancœur publique le "socialisme des R25", une ploutocratie rose, une république de camarades planqués dans des conseils d’administration, socialistes d’industrie se délectant de l’apprentissage des codes des patrons, jusqu’à devenir les meilleurs des privatiseurs, tandis qu’un président malade, trop vieilli et ayant tant vécu, faisait oublier par son charme qu’il avait été pétainiste et philosophait sur la mort, la sienne ou celle de l’espérance… Comment le jospinisme de 1997, inventé pour conjurer la dégénérescence mitterrandienne, fut rejeté comme une tiédeur incapable de changer le cours du capitalisme, un alliage de vieilles lunes – les 35 heures – et d’un refus du temps, un non-choix, ni libéral ni altermondialiste, et la tiédeur fut finalement vomie dans la division, et la grande peur du lepénisme. Et tout cela, sous Tonton comme sous Lionel,sans jamais empêcher la course à la financiarisation du monde, comme les ancêtres n’avaient pas su empêcher la grande boucherie de 14. Cela pour rappeler que les décadences ou les impuissances des pouvoirs n’ont pas été inventées avec Nicolas Sarkozy.
Et les socialistes auraient tort d’oublier ce qu’ils furent. Ils prétendent retrouver les vertus de l’action publique, redistribuer par l’impôt, relancer l’industrie? On ne doutera pas de l’envie, mais on peut s’interroger sur la légitimité des marques.
Si l’on excepte les jeunes-turcs – un Guillaume Bachelay, secrétaire national à l’industrie, partisan d’un protectionnisme européen jusqu’ici hérétique dans la pensée rose – ou un vieux réfractaire – Henri Emmanuelli, éternel vaincu des arbitrages raisonnables –, tous les socialistes, autour d’Aubry et elle y compris (et Fabius, et DSK, et Hollande), ont prêté un moment la main au social-libéralisme aujourd’hui honni, ont regardé vers Blair et ses arabesques, et communié dans l’amour du marché… Avant d’en revenir, bien sûr, chacun à son rythme, et se retrouver, tous sociaux-démocrates concrets, à l’heure où la crise a donné raison à la vieille doctrine délaissée. Ce sont les mêmes, et pourtant pardonnés?
Les mêmes et pourtant changés, bénéficiaires d’une rente de situation politique qu’ils devraient considérer, modestement. Qui devraient s’imprégner de leur chance et se demander comment la mériter, quand ils gravent leurs nouvelles tables de la loi.
Claude Askolovitch
Il est urgent de conserver le bouclier fiscal. Vous en doutez? Comme une large majorité de nos concitoyens, vous trouvez anormal que "les riches" puissent se faire rembourser les sommes qu’ils ont versées au fisc au titre de la CSG, de la taxe d’habitation, de l’impôt sur le revenu ou sur la fortune, dès lors que ces prélèvements excèdent la moitié de leurs revenus? Eh bien regardez donc du côté de l’Insee.
L’institut de la statistique vient de publier des chiffres instructifs sur les revenus 2007 des "ménages les plus aisés", ceux qui regroupent le dix millième de la population du pays qui déclarent le plus haut revenu fiscal. En moyenne, dans ce tout petit monde – 5.800 personnes –, une famille classique, composée d’un couple et de deux enfants, gagne par an environ 2,7 millions d’euros, desquels il faut déduire à peu près 650.000 euros d’impôts sur le revenu, nous apprend l’Insee. Il reste donc à cette famille un peu plus de 2 millions d’euros pour boucler son année: tous les deux jours, elle dispose de ce que gagne en une année un travailleur payé au smic… à condition de ne jamais être au chômage.
On a retenu de ces chiffres, et de quelques autres du même tonneau, essentiellement un constat d’inégalités croissantes. Ce n’est pas faux, puisque "les plus aisés" ont vu leurs revenus progresser de 39% entre 2004 et 2007, alors que, pour les neuf dixièmes les moins bien lotis de la population, la progression n’a été que de 9%. Mais le plus important est que "les plus aisés" ont, en moyenne, payé sous forme d’impôts sur le revenu un quart des revenus perçus grâce aux innombrables "niches fiscales" qui leur ont permis d’"optimiser" leurs impôts. Notre famille a pu ainsi économiser environ 300.000 euros sur ce qu’elle aurait dû payer si elle avait été soumise au barème normal, celui que tout le monde paie.
Même en ajoutant à ses impôts sur le revenu les prélèvements au titre de l’ISF, de la CSG et de l’habitation, elle a acquitté en prélèvements moins de la moitié de son revenu, et ne peut donc pas bénéficier du bouclier fiscal. Il nous faut donc raboter ou supprimer ces niches qui transforment l’impôt en passoire et la justice fiscale en plaisanterie. Le bouclier fiscal n’est aujourd’hui, à quelques très rares exceptions près, qu’un trompe-l’œil pour faire causer les gogos. Faire en sorte que, parmi les très hauts revenus, davantage de personnes en bénéficient signifierait au moins que celles-ci ont payé normalement l’impôt : ce serait plus important, plus rentable… et plus juste.
L'heure est au recueillement en Pologne. A la recomposition de l'État et du commandement de l'armée, aussi. Ce sera sans problème. La Pologne est une démocratie aux institutions solides. Le Maréchal de la Diète, Bronislaw Komorowski, assure l'intérim de la présidence en attendant d'être confortablement élu dans les trois mois : il était de toute façon le candidat du PO, le parti du Premier ministre Donald Tusk, contre le président Kaczynski. Et un rival social-démocrate a également trouvé la mort dans l'accident de Smolensk.
Très cruellement, la Pologne tourne une page de son histoire, une histoire incarnée par la personnalité et l'action de Lech Kaczynski. Conservateur, exact reflet d'une grande partie de la société, il était l'homme de la méfiance, d'une méfiance atavique dictée par un passé douloureux, tant envers l'Allemagne que la Russie et l'Europe. Non pas que le président Kaczynski ait été europhobe comme ses atermoiements sur la ratification du traité de Lisbonne l'ont fait croire, mais il ne pouvait envisager une perte, même infime, de souveraineté nationale : il a fallu des siècles pour reconquérir cette souveraineté contre la Prusse et l'Empire russe qui avaient dépecé le pays, contre l'Allemagne nazie et l'URSS ensuite.
Pourtant, Lech Kaczynski savait que la Pologne du XXIe siècle devait se rapprocher de l'Allemagne, surtout sur le plan économique malgré les obstacles posés par quelques nostalgiques de la Silésie allemande - et, d'ailleurs, exagérément exploités par Varsovie. La politique menée par son frère jumeau Iaroslav, Premier ministre jusqu'en 2007, puis pas Donald Tusk, a porté ses fruits : la Pologne est, en ces temps de crise, le seul pays européen à connaître une croissance continue. Et qui l'eût cru ? Elle accueille aujourd'hui des « Gastarbeiter » allemands cherchant outre-Oder le travail qui n'existe plus chez eux...
Enfin, Lech Kaczynski, tout en tout en gardant ses distances avec Moscou, ne pouvait ignorer que son pays si influent en Europe centrale était - géographie oblige - l'interlocuteur privilégié de la Russie. Certes, avec le Kremlin, les fils seront difficiles à nouer mais la rencontre Donald Tusk-Vladimir Poutine mercredi va déjà plus loin qu'une simple prise de contact.
Que le président de la République polonaise et son entourage aient trouvé la mort en se rendant à Katyn, la tombe collective de milliers d'officiers et d'intellectuels polonais assassinés par les communistes, s'inscrit parmi les plus cruelles ironies de l'Histoire. Comme si un passé terrible pour la Pologne et pour la Russie, première victime du stalinisme, revenait au présent dans une catastrophe aérienne. Mais peut-être le charnier de Katyn sera-t-il, un jour, un autre symbole, celui d'une vraie réconciliation entre les deux pays. Pour le plus grand bien de tout le continent.
C’est une première ! Voici que la justice s’intéresse à la gestion d’une grande entreprise française. Du jamais vu, certes. Mais la démarche était prévisible. C’est que la situation est devenue insupportable à France Télécom. Au final, la politique de restructuration et de management de ce fleuron industriel français donne froid dans le dos. Comment imaginer que la santé des salariés ne soit pas affectée par ce type de gestion inhumaine ? Derrière l’information judiciaire, c’est bien une catégorie de dirigeants qui est visée. Et l’image de l’entreprise qui est salie. La nouvelle direction aurait repris les choses en mains. N’empêche ! Cette terrible crise est révélatrice de la brutalité des changements qui bouleversent France Télécom. Ancienne administration d’État, majoritairement
privatisée en 2004, cette société était peu préparée à affronter un tel tsunami. Ces ex-agents publics, façonnés par un régime social peu exigeant, ne pouvaient encaisser des méthodes aussi redoutables. Avec pour seule philosophie, la rentabilité. Et pour règle, la survie du plus fort… Trop de pression, bonjour les dépressions. Un monde s’est écroulé pour ces salariés. Un autre monde sans pitié est en train de naître. C’est simple comme un coup de fil...
Hifi Ces fabricants du Midi qui magnifient votre musique
C’est un éclairage peu connu du Languedoc-Roussillon. Mais la région abrite quelques-uns des plus grands fabricants mondiaux de matériels audio très haut de gamme. En clair,
l’audiophile passionné peut se constituer, au prix de quelques sacrifices, l’une des meilleures chaînes hifi du monde sans sortir du Languedoc.
Midi Libre est allé à la rencontre de quelques-unes de ces sociétés qui, la plupart du temps, emploient peu de salariés. A l’image de l’Audoise Jadis, une des références en matière d’amplificateurs et de préamplificateurs à tubes, aux côtés de McIntosh et d’Audio Research. Visite chez des orfèvres qui repoussent les limites de la haute fidélité.
Même James Cameron achète des produits faits à Villedubert. Et pour cause :
le réalisateur de Titanic et d’Avatar écoute ses CD sur une chaîne Jadis, autrement dit l’un des meilleurs systèmes d’amplification à lampes au monde en matière de haute fidélité.
La société Jadis, une entreprise de douze personnes, est en effet installée dans cette commune de l’Aude, proche de Carcassonne. Et, malgré sa petite taille, elle est elle-même une star dans le monde fermé des audiophiles fortunés. Les plus riches d’entre eux ne redoutent d’ailleurs pas de parcourir des milliers de kilomètres pour venir écouter les différents produits de la gamme, directement sur place. Pourtant, ses amplificateurs, préamplificateurs et platines CD sont déjà distribués dans 43 pays. « Un client new yorkais a découvert la région en venant chez nous. Elle lui a tellement plu qu’il a décidé d’acheter une maison ici », commente Patrick Calmettes, l’un des deux actuels dirigeants avec son frère Jean-Christophe.
A Taïwan, un club de fans a même vu le jour. A Shanghai, on leur demande des autographes sur les salons spécialisés…
Jadis a pourtant vu le jour au pire moment. En 1983. A l’époque, les amplificateurs à lampes étaient en perte de vitesse. Il n’y avait alors plus qu’une poignée de fabricants dans le monde. Fallait-il être fou ou passionné pour s’y lancer. Car, pour ne rien arranger, les usines de fabrication de lampes se raréfiaient. Les progrès électroniques, avec la généralisation du transistor, avaient eu, au fil des ans, raison de la plupart des grandes marques de tubes. Les lampes de préamplification ou d’amplification, c’était dépassé, trop capricieux, disait-on. Rares étaient ceux qui s’entêtaient encore à trier les bons tubes, afin de repérer les meilleurs d’entre eux et les utiliser dans des montages hifi qu’ils allaient transcender.
La société Jadis, malgré ce contexte défavorable, a néanmoins su tirer son épingle du jeu. Mieux : la petite entreprise s’est rapidement fait un nom. A Paris, d’abord, par le bouche à oreille, puis en Europe. Bref, au fil des ans, sa notoriété est devenue mondiale. Grâce à une qualité jamais prise en défaut et, faut-il préciser, quelques secrets très bien gardés qui participent toujours à ce que l’on nomme la "signature Jadis", le « sweet sound » pour les Anglo-saxons.
La petite société fabrique elle-même les transformateurs de ses appareils. Or, les audiophiles le savent : ce sont des pièces essentielles dans la restitution audio. Là réside donc un de ses secrets - mais ce n’est pas le seul - qu’aucun concurrent n’a jamais pu percer. A l’arrivée, en tout cas, Jadis a collectionné prix et récompenses. Ses productions, faut-il ajouter, sont de véritables œuvres d’art : composants sélectionnés, châssis formé dans de l’inox chirurgical, façades travaillées à l’or fin, câbles de liaison en argent… Tout est fait à la main. Les plus gros amplificateurs, les 2 x 1 000W, demandent, chacun, 200 heures de montage.
Ses productions qui visent la perfection ont évidemment un prix. Les tarifs vont de 3 000 € à 70 000 €. « Notre clientèle va du passionné qui fera un prêt pour un ampli de 30 W à celui qui met 2 M€ dans sa chaîne. Nous portons autant de soin aux uns qu’aux autres », résume Patrick Calmettes, dont la notoriété ne monte pas à la tête. Pour lui, il ne sera jamais question de quitter Villedubert : « Nous sommes Audois. Et nos racines sont bien ancrées ici. »
« C'est une tragédie inconcevable, un malheur inimaginable, » a déclaré Lech Walesa en apprenant la mort du Président Polonais Lech Kaczynski, celle de son épouse, de son état-major, de l'équipage. La douleur des Polonais est d'autant plus grande que le Président se rendait à la commémoration du massacre de Katyn : « Il y a 70 ans à Katyn, les Soviétiques ont éliminé les élites polonaises. Aujourd'hui, l'élite polonaise a péri, alors qu'elle s'y rendait pour rendre hommage aux Polonais tués », poursuivait Lech Walesa.
Dans l'avion, descendants des officiers assassinés voici 70 ans, historiens, religieux, responsables politiques venaient rendre hommage à la mémoire de leurs héros disparus. Après des années de refus, la Russie reconnaissait sa responsabilité dans ce massacre. Une page nouvelle semblait enfin s'ouvrir entre ces deux pays et, par conséquent, entre l'Europe et la Russie.
Mais, une nouvelle fois, le silence de la forêt de Katyn a recouvert la voix des Polonais. Leurs chants n'ont pas retenti en ce lieu pour éveiller l'aube de la réconciliation. Espéraient-ils, après avoir connu l'abîme, tendre la main aux ennemis d'hier dans la claire lumière du pardon ? Voulaient-ils transformer cette commémoration en un nouveau départ vers la paix, en une marche soutenue vers la vérité de l'Histoire ? Nous ne le savons pas encore. Mais c'est fort probable car ceux qui ont péri connaissaient la force de la vérité et de la liberté, comme les bienfaits de la réconciliation.
L'émotion est immense. Les témoignages de sympathie affluent de toute part. Ils manifestent l'amitié européenne, soutien aux heures les plus sombres. Les Européens endeuillés, doivent être fidèles à la mémoire des disparus en avançant sur le chemin qu'ils ont frayé si courageusement.
Il s'agit aussi d'élucider les circonstances exactes de l'accident qui s'est produit aux abords d'un aéroport militaire : un Président membre de l'Union Européenne est mort, avec son état-major, dans l'exercice de ses fonctions. Parallèlement à l'enquête mise en oeuvre par les autorités russes, une enquête internationale et européenne indépendante doit être lancée. C'est la seule manière d'éviter que ne se réveillent les anciennes blessures, obscurcissant le chemin de la paix comme celui de l'unité européenne. Les pays d'Europe centrale et de l'Est y sont attentifs.
samedi 10 avril 2010
Jean-Marie Le Pen : «Je pars le cœur tranquille»
Le leader du Front national l'affirme au Figaro Magazine: malgré les résultats inattendus de son parti aux régionales, il ne sera pas candidat à la présidentielle de 2012, laissant les militants trancher entre sa fille, Marine, et son lieutenant, Bruno Gollnisch.
«Non... je ne serai pas candidat en 2012.» Les mots sortent, comme arrachés au forceps. L'aveu lui coûte. Jean-Marie Le Pen
a semblé hésiter, marqué une pause, repris son souffle, avalé sa salive, puis consenti à un «c'est peu probable», avant de sourire et de lâcher prise. «Non.» Presque malgré lui, le président du Front national met un point final aux espoirs de ses amis. Depuis les élections régionales, en effet, nombreux sont ceux qui le voyaient continuer à ferrailler, porté par son score, le meilleur du FN, au premier tour en Paca, et être tenté - pourquoi pas? - par une dernière campagne présidentielle en forme de baroud d'honneur.
Jean-Marie Le Pen aurait peut-être aimé laisser encore planer le doute et l'incertitude. Ce «non» change tout. La réponse est nette. Ferme. Définitive. Le seul élément qui pourrait le faire renoncer à cette décision serait la tenue d'une élection présidentielle anticipée. Il se «réserve, dit-il, l'hypothèse», comme on préserverait un pré carré présidentiel. Parce qu'«une élection anticipée se tenant, par définition, en quelques semaines, aucun autre candidat n'aurait déjà la notoriété suffisante pour l'être». Assise face à lui, dans le bureau de son père, à Nanterre, Marine Le Pen tique un peu, fronce les sourcils, mais ne relève pas. A quoi bon, quand les jeux sont presque faits et qu'il ne lui reste plus qu'à attendre un peu? La succession est désormais ouverte. C'est bien tout ce qui lui importe aujourd'hui.
«Ce n'est pas le désert derrière moi»
Jean-Marie Le Pen le redit. Il n'est pas dans ses intentions de briguer une nouvelle présidence du FN à l'issue du congrès de son parti qui devrait se dérouler entre l'automne 2010 et le printemps 2011. Il entend juste rester aux commandes jusqu'à la fin de son mandat. Etonnamment calme, serein, dans son éternel blazer bleu marine, il dit même: «Je pars le cœur tranquille parce que ce n'est pas le désert derrière moi.»
Et pour cause. Le FN, que l'on donnait pour mort et enterré depuis les législatives de 2007, sort le vent en poupe des élections régionales. Pour la première fois de son histoire, le parti d'extrême droite a vu ses scores progresser de manière significative, «considérable», insiste Marine Le Pen, entre le premier et le second tour. «On a parlé du triomphe des Verts. Ils n'ont fait que 1% de mieux que leFN alors qu'ils avaient un boulevard médiatique devant eux», relève le président du Front national.
«On mesure encore mal les ressorts du renouveau duFN, ajoute Marine Le Pen. Il n'y a pas d'analyses précises. Les politologues à poils longs, qui la ramènent toujours avant les élections, rarement après, n'ont encore rien dit du retour d'un électorat que l'on n'avait pas vu depuis très longtemps auFN: l'électorat dit bourgeois.» Elle souligne que le meilleur score obtenu par le FN à Paris l'a été dans le XVIe arrondissement. «Ce n'était pas arrivé, de mémoire, depuis1986.» Même phénomène au Touquet, dans le Nord-Pas-de-Calais, «que l'on présente sans cesse comme une terre ouvrière, populaire, alors qu'il ne faut pas se tromper, il y a des communes très à l'aise. Ainsi nous réalisons près de 17% au Touquet, un score bien supérieur à tout ce que nous avions pu réaliser dans le passé».
Pour la vice-présidente du FN, ces résultats viennent confirmer l'idée qu'«un électorat bourgeois, qui va au-delà de celui qui avait dérivé en2007 vers Nicolas Sarkozy, est venu s'associer à un électorat populaire. Dans le même ordre d'idées, on observe le retour de ceux qui, dès les années90, voyant que leFN n'avait plus de députés, s'étaient tournés vers leRPR».
Autre signe de la vitalité du parti frontiste: sa capacité à faire émerger une nouvelle génération de cadres. La moitié des 118 conseillers régionaux élus le 21 mars dernier l'ont été pour la première fois. Des trentenaires, des quadras... De là à voir l'émergence d'une génération Marine! Jean-Marie Le Pen minimise ces chiffres, soulignant qu'il est celui qui a remis à flot le parti, au point de pouvoir envisager avec une certaine quiétude de se retirer. «Quand la barque est remise à flot, ou le train sur les rails, ou l'avion sur la piste, selon la métaphore choisie, alors, en effet, à ce moment-là -je ne demande pas la perfection totale-, je ne vais pas remettre un trésor, non, mais un mouvement qui ne sera plus dans une grande difficulté financière.»
«Les adhérents FN doivent prendre en compte les électeurs»
Pour autant, Jean-Marie Le Pen s'interdit d'évoquer à haute voix sa succession. Entre Marine, sa fille, et son fidèle lieutenant, Bruno Gollnisch, tous deux candidats déclarés à la présidence du FN, il ne veut rien laisser percer de son choix de cœur ou de raison. «C'est aux adhérents de trancher», se contente-t-il de déclarer, une fois, deux fois, dix fois.
Il n'est pas difficile de voir où va pourtant sa préférence. Mais adouber sa fille, c'est prendre le risque d'être accusé de chercher à transformer le Front national en un front familial. La vice-présidente du FN elle-même juge la question perverse et ne se montre finalement pas si pressée d'être désignée comme l'héritière. Elle fait juste observer qu'il ne serait pas anormal, même si les régionales ne constituent pas des primaires, que «le choix des adhérents suive le vote des électeurs». Jean-Marie Le Pen opine de la tête, résumant son avis d'un «Vox populi, vox Dei».
A 82 ans et après presque quarante ans de présidence du Front national, Le Pen ne craint pas cette période qui s'ouvre. Il en a vu, des congrès, et de plus musclés ! Mais, surtout, il est intimement convaincu que cette succession n'attisera pas de nouvelles rancœurs, parce que «nos candidats sont d'une sagesse politique telle que ce risque-là ne sera pas pris». Marine Le Pen ne dit pas autre chose, considérant que, de toute façon, le mode de scrutin choisi pour le congrès garantit la légitimité du futur candidat du Front national à la présidentielle. «Avant, il y avait des grands électeurs qui étaient élus dans les fédérations; aujourd'hui, les adhérents votent directement. Tous les adhérents. Il y aura très probablement des tristesses ou des amertumes. Mais je crois que, et Bruno et moi, pour avoir vécu dans l'histoire du Front national des divisions, des scissions, nous savons que celles-ci sont à éviter à tout prix. Et chacun doit prendre l'engagement au fond de lui-même, et le dire, que le résultat n'est pas un résultat exclusif. On fait partie de la même famille politique. Nous avons travaillé des années ensemble et ça va continuer. Quel que soit le résultat du congrès, nous avons une volonté de préserver notre mouvement parce qu'il est essentiel à la France.»
Mais, alors qu'elle s'obstine à ne pas vouloir définir la ligne du parti frontiste si elle venait à être élue, se contentant chaque fois de répondre «encore une fois, il est un peu tôt pour parler de ça», Jean-Marie le Pen se permet gentiment de la recadrer. «Grosso modo, quand même, du moins j'ose espérer que l'essentiel programmatique est déjà tracé. Ou bien les candidats y seront fidèles, ou bien ils n'y seront pas. Moi, je suis partisan de continuer dans la ligne qui a été définie par nos différents congrès et sous réserve que le congrès ne la modifie pas dans son essence.» Ce faisant, Jean-Marie Le Pen se révèle dans son nouveau rôle, celui de gardien du temple des idées nationales.
Il ne fait pas autre chose en écrivant ses Mémoires, auxquels il réserve désormais régulièrement ses matinées. Quand il en parle, son œil s'anime. Sa parole redevient passionnée, parfois provocante. «Je commence par l'histoire de mes parents et l'histoire de mes grands-parents, parce que je ne suis pas né comme cela, je n'ai pas franchi la frontière en catimini, je suis né natif d'une famille.» Il veut raconter l'histoire, son histoire de France, celle du XXe siècle, qu'il a traversé de bout en bout, ou presque, depuis sa naissance à La Trinité-sur-Mer en 1928, alors capitale européenne de l'ostréiculture, jusqu'à nos jours. Il parle sans fin, dans une abondance de mots, de «l'efflorescence de petits cabanons, dans lesquels les gens plaçaient des tuiles, les grattaient, plaçaient des essaims. Tout a disparu, a changé. Si je ne le raconte pas, qui s'en souviendra. Qui se souviendra de la ferme de ma grand-mère et de ses quinze hectares dont cinq de landes, de cette ferme dans laquelle il y a trois pièces, la plus grande étant l'écurie, la deuxième, la salle de bains, la cuisine, le salon, salle à manger et les deux lits des parents et, à côté, la troisième, la chambre à coucher où dorment sept enfants.» Son histoire. Sa dernière contribution à ce qu'il considère comme l'écriture du roman national, parce que «tant qu'il y aura une nation française, avec les sentiments que suscite une patrie, il y aura unFN. Il s'appellera comme cela ou autrement. Il sera grand ou petit, mince, fort, puissant, torrentiel, mais il existera.»
Que la réforme des retraites s'impose est l'évidence. Mais pas, selon une fâcheuse habitude prise depuis 2007, une de ces réformes à la hache qui ne tiendrait pas compte des mille et un cas particuliers ! Pas non plus une « réformette » à la sauce syndicale concentrée sur le dogme des 60 ans ! Un seuil politique déjà largement franchi par la réalité puisqu'en 2009, l'âge moyen de départ se situait à 61 ans et demi.
Ce dossier - d'autant plus brûlant qu'en raison de la crise une retraite sur dix n'est déjà plus financée par la répartition - devrait être abordé avec une infinie souplesse. Il ne peut être liquidé en quelques semaines, comme l'annonce le gouvernement, même si depuis trente ans au moins, les rapports et études sur le sujet s'amoncellent par tonnes avec autant de conclusions proposées.
La solution, après les inévitables bras de fer, sera certainement, et tristement, comptable. Avec peut-être de nouvelles sources de financement. Avec plus de trimestres de cotisations et/ou en reculant l'âge dit du « taux plein », par exemple jusqu'à 65 ans, voire au-delà dans un futur proche. Une belle hypocrisie qui cache une réduction des pensions, dans la mesure où les retraités touchant vraiment l'intégralité de leur dû deviendront rarissimes.
Plus qu'un simple ajustement arithmétique entre l'espérance de vie et la durée du travail, une réforme des retraites devrait d'abord être celle de la société. En envisageant d'autres modèles que le départ brutal pour les seniors, comme l'emploi à mi-temps ou à tiers-temps à partir d'un certain âge. En compensant les lacunes de carrière de celles qui ont élevé des enfants. En prenant mieux en compte les réalités physiques et psychologiques du travail : un employé de bureau n'a pas les mêmes contraintes qu'un ouvrier du bâtiment, une infirmière subit un stress autre que dans bien des métiers... Et ces exemples se répètent à l'infini.
La retraite ne devrait jamais devenir uniforme et décrétée. En démocratie, le libre choix demeure le vrai tabou, le seul impossible à transgresser. Aux partenaires sociaux de l'accepter. A l'État de l'admettre et de ne pas légiférer dans une indigeste et bureaucratique potée universelle.
Reste un autre tabou. La retraite par répartition - les actifs payant pour les inactifs, en attendant leur tour - est la seule vraiment honnête. La crise financière a montré l'escroquerie de la capitalisation à long terme. Même pour ces « compléments » favorisés par le fisc et vantés par le marketing bancaire : de l'argent jeté par la fenêtre ou, dans le meilleur des cas, « confié » à la roulette de la spéculation internationale...
Jean-Marie Le Pen confirme qu'il ne sera pas candidat en 2012
«Non... je ne serai pas candidat en 2012». Dans le Figaro magazine, Jean-Marie Le Pen, président du
Front national, confirme qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle de 2012. Jusqu'ici, le fondateur du parti d'extrême-droite se refusait à trancher, laissant seulement entendre que cette candidature reviendrait logiquement à celui ou celle qui lui succéderait à la tête du parti lors du prochain congrès, dont la date pourrait être arrêtée lundi prochain.
Sa fille, Marine Le Pen, est la grande favorite pour prendre sa succession, loin devant son lieutenant, Bruno Gollnisch.
Non, il ne sera pas candidat, sauf en cas d'élection anticipée, précise-t-il dans ce même entretien, parce qu'«une élection anticipée se tenant, par définition, en quelques semaines, aucun autre candidat n'aurait déjà la notoriété suffisante pour l'être». Lors des dernières élections régionales, qui ont marqué la renaissance de son mouvement, le chef du FN affirmait que malgré ses 81 ans il refusait de voir ce scrutin comme son «dernier combat électoral». Il n'avait jamais démenti non plus que le prochain congrès du FN, qui se tiendra à l'automne 2010 ou au printemps 2011, verra l'élection d'un nouveau président.
Pour une fois, l'Etat va raser gratis. Avec l'aide des assurances certes, mais sans chipoter. C'est du moins le sentiment des premiers sinistrés de Xynthia à s'être enquis dès hier des indemnisations qu'ils étaient en droit d'espérer. Mais tous ne sont pas délogés à la même enseigne, loin de là... D'abord il y a une différence entre les habitants à l'année, pour qui le traumatisme est immense, et les résidents secondaires dont le sort est moins précaire. Puis il y a la couleur de la condamnation. Orange et jaune passe encore. Mais noir c'est vraiment noir. Pas question de discuter du bien-fondé de la démolition, même si sa maison est indemne. À cet égard, on peut s'étonner de la sécheresse du discours des préfets concernés. Sécurité et sentiments ne font pas bon ménage. D'accord pour évoquer le "déchirement" des victimes mais on ne badine plus avec les espaces inondables. Tous aux abris ! Les représentants de l'Etat et les populations doivent désormais s'unir dans le culte du cher principe de précaution. Jacques Chirac ne l'a-t-il fait inscrire dans la Constitution ? Alors pour une fois qu'elle a l'occasion de s'y référer, la puissance publique aurait tort de s'en priver. Si un éventuel dommage peut survenir, elle est en droit d'agir pour le prévenir. Autant dire que le recours, bien compréhensible, de personnes classées en zone noire contre leur gré, et sans ménagement, démarre sur du sable très mouvant... Depuis que de hauts responsables sont mis en cause pour des dommages qu'ils estiment ne pas avoir causés, ils ouvrent le parapluie. Achètent des millions de vaccins inutiles, abattent des troupeaux en bonne santé et pondent des normes contraignantes à la pelle. Espérons seulement que les pavillons des Picto-Charentais soient reconstruits avec force précautions.
Helene PILICHOWSKI
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'existe la rumeur. Tous les pays, tous les régimes ont connu et connaissent le phénomène. Les on-dit, anonymes, tournent en boucle et reviennent grossis de nouveaux détails, de nouvelles accusations, de nouvelles horreurs, de nouvelles personnes mises en cause.
L'origine de la rumeur est le plus souvent inconnue. Dès lors, les suppositions vont bon train. Elles conduisent à suspecter celui-ci ou celle-là, à prétendre l'existence de complots savamment ourdis pour détruire une réputation, empêcher un rapprochement, une alliance.
La rumeur est souvent meurtrière. Elle peut tuer définitivement une amitié, déstabiliser une personne, une entreprise, un gouvernement.
Ne sachant d'où elle vient, ni où elle va, il est d'autant plus difficile de l'arrêter. La démentir la propage et, même, lui donne corps au nom de l'adage : « Il n'y a pas de fumée sans feu. » Mais ne rien faire, c'est la crédibiliser : « Voyez, la personne mise en cause ne proteste même pas, donc... »
On est démuni face à la rumeur dont on ne peut généralement que subir les conséquences plus ou moins désastreuses.
Aujourd'hui, cependant, tout est changé et, le plus souvent, en pire, à cause du développement d'Internet. Auparavant, la rumeur faisait le tour du quartier, de la ville, du pays en quelques semaines. Maintenant, la rumeur fait le tour du monde en quelques instants et, comme Internet frappe facilement les esprits, même les médias les plus sérieux sont tentés de ne pas l'ignorer. De plus, comme les blogueurs qui les répandent ne sont pas habitués, le plus souvent, à vérifier leurs sources, les rumeurs les plus énormes sont mises en circulation : plus c'est gros, plus c'est étonnant, plus cela attire l'attention...
L'antirumeur : la presse
Nul ne sait à quelle dérive nous allons assister en ce domaine. Il est maintenant clair que les règles déontologiques devraient s'appliquer à Internet comme aux autres médias. Mais comment y parvenir alors que n'importe qui peut lancer n'importe quoi, n'importe quand, anonymement, sur Internet ? Et comment démentir, si on le voulait, sur Internet, c'est-à-dire comment atteindre tous ceux qui auraient pris connaissance de la rumeur au hasard de leur navigation sur le système ? De plus, rappelons que ce qui est lancé sur Internet est quasiment ineffaçable, va durer longtemps et peut ressurgir à tout moment.
La presse voit là le rôle qu'elle peut et même qu'elle doit jouer dans ce chaos informatif. Elle peut, elle doit être le repère qui permet au public d'approcher la véracité de l'information. À partir du moment où la presse applique effectivement sa déontologie, en particulier dans la vérification des informations et des sources, elle contribue à empêcher et à stopper les rumeurs.
Malheureusement, ce n'est pas toujours le cas, loin de là. On vient de le constater avec les rumeurs émanant de France et concernant l'Élysée. Elles ont été reprises et propagées par les journaux étrangers et, du coup, elles sont revenues en France, affolant tout le monde, à commencer par ceux qui en étaient victimes.
Pourtant, dans la situation où se trouvent le monde et notre pays, la presse a bien d'autres choses à faire qu'à se laisser engluer dans les commentaires de commentaires concernant les rumeurs. Le public mérite mieux que ces discussions de mauvais aloi qui, finalement, n'apportent rien de sérieux à la connaissance d'une situation.
vendredi 9 avril 2010
Retraites: ce que la droite pense d'une taxe sur les riches
Nicolas Sarkozy envisage un prélèvement qui ciblerait les plus aisés pour financer les retraites, afin que la réforme annoncée soit plus "juste". L'Expansion.com a demandé à des députés de la majorité leur avis sur ce nouveau prélèvement. Voici ce qu'ils en pensent.
Nicolas Sarkozy n'a de cesse de le répéter : il n'a pas été élu pour augmenter les impôts des Français. Pourtant, jeudi, une source proche de la présidence a innocemment glissé aux journalistes accompagnant le chef de l'Etat en Haute-Savoie qu'un "prélèvement spécifique sur une catégorie de population" était envisagé pour les retraites, afin que cette réforme tant annoncée - la dernière grande réforme de l'ère I du sarkozysme - "soit perçue comme absolument juste".
Cette déclaration n'est pas neutre, alors que s'ouvre lundi la concertation avec les syndicats qui reprochent au gouvernement de ne demander des efforts qu'aux salariés. Elle tombe également en pleine polémique, dans le camp même de la majorité, sur le bouclier fiscal. En parlant de "justice", l'Elysée laisse en effet entendre que ce sont les ménages les plus riches qui seraient visés par ce "prélèvement", dont on ne connaît aucun détail. La presse évoque une possible taxe sur le patrimoine ou une contribution additionnelle à l'impôt sur le revenu, hors bouclier fiscal.
Comme de coutume en Sarkozie, une "fuite" est généralement organisée pour prendre le pouls de l'opinion et des politiques. L'Expansion.com a donc demandé leur avis à des députés de la majorité. Voici ce qu'ils pensent de ce nouveau prélèvement :
Lionnel Luca : "Je préfèrerais qu'on taxe les flux fianciers"
"Je me méfie quand on parle de catégorie de population. Je préfèrerais plutôt qu'on s'intéresse aux flux financiers, comme les bonus, les plus-values, les revenus boursiers qui dépassent un certain plafond ou les stocks options. On ne peut pas demander un effort à toute la Nation sur les retraites et conserver les privilèges d'un petit nombre. Le bouclier fiscal est une stupidité. En retirer la CSG et la CRDS est un minimum. Il ne s'agit pas de faire de la démagogie d'extrême gauche mais la réforme des retraites doit concerner tout le monde. Sur le principe, il ne faut rien s'interdire. Je me réjouis que la grogne des députés de la majorité sur l'injustice du bouclier fiscal ait été entendue."
François Goulard : "C'est du bricolage"
"Le dispositif envisagé sera certainement une hausse globale de la CSG et de la CRDS. Mais pour que les gens n'hurlent pas que tout le monde paie sauf les riches, Ces contributions seront exclues du bouclier fiscal. C'est probablement un signe pour les opposants à l'allongement de la durée de cotisation, à savoir les syndicats et l'opposition. Il s'agit également de couper court aux propositions de soumettre les revenus financiers aux cotisations pour les retraites. Pour ma part, je considère que cette mesure ne s'impose pas, car elle pénalisera également les retraités. C'est du bricolage, une solution partielle qui ne règlera pas le problème du financement du régime des retraites. Les paramètres sur lesquels le débat doit porter sont le montant des pensions, la durée de cotisation et le montant des cotisations."
Charles de Courson : "Il est regrettable d'aborder la réforme des retraites par le volet recettes"
"A quoi ressemblera ce prélèvement? On peut imaginer d'augmenter la CSG uniquement sur les revenus du patrimoine, mais ceux-ci sont fluctuants. On peut toujours créer une nouvelle tranche vers le haut de l'impôt sur le revenu. Néanmoins, je trouve regrettable qu'on aborde le débat de la réforme des retraites sur le côté recettes, alors qu'il faut d'abord s'attaquer aux dépenses, c'est-à-dire aux prestations. Le Nouveau Centre souhaite une réforme globale du système des retraites, conduisant à un régime général unique pour le privé et le public, avec l'extinction progressive des régimes spéciaux, et le passage à un système à points."
Hervé Mariton : "La fiscalisation des hauts revenus et les retraites sont deux sujets distincts"
"La fiscalisation des très hauts revenus est un vrai sujet. Et je suis un partisan de l'universalité budgétaire. Mais il ne faut pas lier ce sujet au dossier des retraites. Si on commence à déplacer le curseur sur les cotisations, on perd du crédit sur les curseurs de l'âge de départ et de la durée de cotisation. Ce serait hasardeux. Il faut axer les pistes de réflexion de la réforme des retraites sur l'âge légal, l'âge pivot et le nombre d'années de cotisation."
RÉACTION - Guéant : la disgrâce de Dati "sans rapport avec les rumeurs"
Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, a affirmé mercredi que s'il avait bien dit mardi au Canard enchaîné que
Nicolas Sarkozy ne voulait plus voir Rachida Dati, "la vérité d'hier n'est peut-être pas celle d'aujourd'hui". "J'ai dit hier (mardi) à un journaliste du Canard enchaîné que le président ne souhaitait plus, actuellement, voir Rachida Dati", l'ancienne ministre de la Justice, aujourd'hui députée européenne et maire UMP du 7e arrondissement de Paris, a affirmé Claude Guéant à l'Agence France-Presse. Mais "c'était hier. La vérité d'hier n'est peut-être pas la vérité d'aujourd'hui", a-t-il ajouté. Le principal collaborateur du chef de l'État à l'Élysée a, en outre, assuré que cela était "sans aucun rapport avec les rumeurs" concernant le couple présidentiel.
Alors qu'on lui demandait si le président Sarkozy allait recevoir son ancienne ministre, Claude Guéant a répondu : "Je ne sais pas". Selon Le Journal du Dimanche (JDD), Rachida Dati est soupçonnée par l'Élysée d'avoir participé à la diffusion de ces rumeurs, rendues publiques en France par un blog hébergé sur le site Internet du JDD . L'Élysée a engagé une contre-offensive dans cette affaire, en évoquant, par la voix de proches de Nicolas Sarkozy, l'hypothèse d'un "complot". L'ex-garde des Sceaux a dénoncé mercredi sur RTL ceux qui l'accusent d'être à l'origine des rumeurs, assurant qu'elle n'avait "peur de rien" et qu'il fallait "que cela cesse" . "Je trouve ça extrêmement scandaleux", a affirmé Rachida Dati, en ajoutant qu'elle espérait voir "très bientôt le chef de l'État".
Etrange communication... Voilà qu' "en marge" du déplacement de Nicolas Sarkozy qui s'est recueilli "le visage grave" à la nécropole de Morette sur le plateau des Glières, on apprenait hier "de source élyséenne", c'est-à-dire d'un proche du président, qu'il envisageait de demander "un effort" aux bénéficiaires du bouclier fiscal à l'occasion de la réforme des retraites. Un peu plus tard résonnait comme en écho depuis l'hémicycle du Sénat, une déclaration de François Fillon assurant que le gouvernement allait proposer la suppression, ou le plafonnement de niches fiscales et sociales. Un peu comme si le pouvoir, pressé de toutes parts de fissurer, voire de détruire l'impopulaire bouclier fiscal, s'apprêtait à le faire mais sans en avoir l'air. Le président ayant affirmé ne pas vouloir y toucher pour des raisons de compétitivité de la France et de fidélité à ses engagements, il espère opérer une volte-face en taxant les plus riches pour satisfaire les mécontents tout en montrant aux défenseurs du bouclier qu'il a tenu bon pour le sauver. De la haute voltige qui fait penser à celle de Carla jurant qu'il n'y avait pas eu d'enquête sur le couple présidentiel avant d'être démentie par le directeur du renseignement intérieur... Affaire de calendrier et de vocabulaire sans doute. En tout cas le quinquennat ne sera plus marqué du sceau de l'injustice comme on l'en accusait, foi du chef de l'Etat ! Les "gros" contribuables passeront bien à la caisse. Les moins nantis peut-être aussi qui bénéficient des niches sociales citées par le Premier ministre. Certaines, telle la PPE, sont très dispendieuses pour notre grand argentier. L'exécutif serait inspiré de remettre tous les impôts à plat plutôt que de se contorsionner et laisser sa politique fiscale se nicher dans les détails.
Hélène Pilichowski
Seine-Saint-Denis: le conseil général vote un budget en déséquilibre, ce qu'interdit la loi
Le conseil général de Seine-Saint-Denis, présidé par le socialiste Claude Bartolone, a voté jeudi à Bobigny un budget en déséquilibre, ce qu'interdit la loi, pour protester contre l'attitude de l'Etat vis-à-vis de son obligation de compensation intégrale de certaines charges.
M. Bartolone a aussitôt reçu le soutien de l'ensemble des
présidents de gauche de conseils généraux. "Les départements ne mourront pas en silence", ont-ils affirmé dans un communiqué.
Le budget a été approuvé par 17 conseillers sur 40. Les dix conseillers de droite (UMP-Nouveau centre-DVD) ont voté contre. Le groupe communiste et citoyen s'est abstenu, à l'exception de Jean-Jacques Karman (PCF) qui a voté contre.
Claude Bartolone estime que, depuis 2004, l'Etat doit au département 640 millions d'euros au titre des transferts de charges non compensées.
Ce "budget de révolte" inscrit en recettes la somme de 75 millions d'euros pour l'année 2010 que le président du conseil général estime due par l'Etat au département, notamment au titre de la taxe professionnelle, du ticket modérateur et du RSA.
Il sera examiné par le nouveau préfet de la Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, puis par la chambre régionale des comptes.
En votant ce budget en déséquilibre, le conseil général risque de voir le département placé sous tutelle préfectorale, éventualité à laquelle Claude Bartolone "ne croit pas un seul instant", comme il l'a dit à la presse.
Alors qu'une dizaine de conseillers généraux du groupe communiste et citoyen arboraient des T-shirts blancs proclamant "Sarkozy étrangle la Seine-Saint-Denis", Claude Bartolone a dénoncé une "stratégie implacable de mise à mort des collectivités et des élus locaux".
Il a néanmoins défendu "un budget sérieux", qui inclut "35 millions d'économies sur un budget de fonctionnement de 1.579,72 millions d'euros et 90 millions d'euros d'économies sur un budget en investissement de 239,31 millions d'euros.
Le président du groupe UMP-NC, Ludovic Toro, a accusé Claude Bartolone de "prendre en otage, à des fins politiques, les finances départementales et donc l'avenir des Séquano-dyonisiens" et demandé sa démission.
Le budget a été voté après plusieurs semaines de fronde en Seine-Saint-Denis.
Fin mars, M. Bartolone avait annoncé le dépôt d'un recours auprès du conseil d'Etat sur le financement de la Maison départementale des personnes handicapées. "Ce poids financier, je n'accepte plus que le département l'assume à la place de l'Etat", avait-il écrit alors, ajoutant qu'il s'agissait du "plus pauvre" département de France.
Fin décembre, le conseil général et celui de Saône-et-Loire avaient obtenu gain de cause auprès du conseil d'Etat après le dépôt d'un recours sur une loi sur la petite enfance. Le conseil d'Etat avait enjoint le gouvernement à compenser les charges imposées aux départements par cette loi.
Les difficultés financières du conseil général suscitent de nombreuses inquiétudes dans le département, notamment dans les milieux associatifs et culturels.
"Stop à la catastrophe culturelle", pouvait-on lire sur l'une des banderoles tenues par l'une des dizaines de personnes qui assistaient debout, faute de place, à la réunion du conseil général jeudi.
Etaient présents dans le public des parents d'élèves, des professeurs ainsi que des défenseurs du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil. Claude Bartolone leur a annoncé le maintien de la subvention départementale (1,6 M d'euros) pour la manifestation.
Par Pauline FROISSART
Les infirmières ont-elles un métier si pénible?
Le métier d'infirmière n'est pas pénible puisqu'elles ne sont pas plus invalides et qu'elles ne meurent pas plus tôt que la moyenne des femmes... C'est ce qu'affirme Roselyne Bachelot. Un point de vue que ne partagent pas les personnes concernées. Les témoignages de nos internautes.
Les députés de la majorité ont adopté jeudi
8 avril l'échange proposé par le gouvernement : accorder aux infirmières du public des salaires plus élevés contre une retraite plus tardive. Les personnels infirmiers et paramédicaux devront donc choisir, à partir de juin, entre une meilleure rémunération mais un départ à la retraite à 60 ans, ou le maintien de leur droit à la retraite à partir de 55 ans mais mais une revalorisation salariale beaucoup plus faible. S'ils optent pour la première solution, ils perdent de facto la bonification - un an de cotisation pour dix ans travaillés - qui leur avait été accordée en 2003 par la loi Fillon sur les retraites, comme reconnaissance de la pénibilité de la profession.
Il y a la polémique des chiffres...
Il faut dire que Roselyne Bachelot a balayé d'un revers de chiffres la question de la pénibilité du métier d'infirmière. Selon la ministre de la Santé, l'espérance de vie des infirmières à 55 ans est dans la moyenne des femmes françaises et le taux de celles qui partent à la retraite avec une invalidité n'est "que" de 4,7%, contre 6,7% dans la totalité de la fonction publique hospitalière. "Ce sont les chiffres de la vérité", assure-t-elle, alors que les syndicats prétendent qu'une infirmière retraitée sur quatre est en invalidité.
Les chiffres cités par Roselyne Bachelot, publiés dans une annexe au projet de loi en ligne sur le site de l'Assemblée nationale, font référence au pourcentage d'infirmières qui sont mises à la retraite pour invalidité totale. Les syndicats évoquent quant à eux le pourcentage d'infirmières qui partent à la retraite avec une invalidité partielle reconnue.
Ainsi, selon les statistiques de la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), "la concession d'une rente d'invalidité concerne 9,8% des nouvelles pensions hospitalières accordées en 2008". Par ailleurs, toujours selon la CNRACL, l'âge moyen des femmes hospitalières retraitées décédées en 2008 est de 78,8 ans, soit environ 22 ans après leur départ à la retraite. Leur espérance de vie n'est donc pas de 31,6 ans comme l'a affirmé la ministre de la Santé.
... et la réalité du terrain
"Comme beaucoup d'infirmières, je suis choquée par les propos de notre ministre de tutelle qui témoignent d'une totale méconnaissance et d'un mépris de notre profession", déplore Nathalie Depoire, présidente de la Coordination Nationale Infirmière (CNI). "Si François Fillon a accordé la bonification aux infirmières en 1993, c'est que le métier remplit plus de la moitié des critères de pénibilité", rappelle de son côté Philippe Crepel, responsable de la CGT Santé, qui cite notamment le travail de nuit, les horaires en 3/8, le stress, le contact avec des produits toxiques et des malades et le port de charges lourdes. "Notre ministre oublie de dire qu'une infirmière sur deux dans l'hôpital public arrête d'exercer au bout de cinq ans en raison des conditions de travail", note Thierry Amouroux, président du SNPI.
Selon une enquête réalisée en 2008 par la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, 51% des infirmiers jugent leur métier très difficile physiquement - ils portent en moyenne 9 charges de patients dépendants par jour -, 32% très difficile psychologiquement. Certes, l'étude porte sur le secteur libéral, mais le métier n'est sûrement plus aisé dans l'hôpital public. Comme en témoignent de nombreux internautes de L'Expansion.com, qui ne sont pas, mais alors pas du tout d'accord avec Roselyne Bachelot.
Ainsi Brijou34 témoigne : "53 ans et infirmière crevée, 32 ans d'exercice la nuit, et à temps plein sur des équipes de 12 heures. Je ne me sens pas d'aller à 60 ans comme soignant, ce sera peut être comme patient. J'invite la grande bouche de Roselyne qui "pense" derrière un bureau à tenir mon rythme de femme, de mère et d'infirmière une semaine et je suis sure qu'elle reverra sa copie". Un autre internaute, Nîme85, prend quant à lui la parole pour son épouse : "10 ans de 3/8 en réa et 20 ans de nuit en ortho par 10h de suite et des séries pouvant aller jusqu'à 4 jours de suite et certaine fois elle rentre avec son panier repas même pas ouvert!" Benamé, elle, choisit plutôt l'ironie : "Je peux dire qu'en temps qu'ancienne infirmière, j'ai trouvé mon métier pénible et difficile. J'ai eu la chance de partir en retraite à 55 ans, claquée et exténuée. Si j'avais 20 ans le job que je choisirai est sans nul doute celui de ministre de la Santé".
C'est triste et c'est brutal. Comme une deuxième tempête. Une vague administrative irrésistible qui voudrait faire disparaître - vite, vite - un désastre que les autorités publiques auraient pu éviter. Il faut vraiment que l'État se sente coupable de la catastrophe causée par Xynthia pour réagir si rapidement : d'ordinaire, il est si rarement véloce... Voudrait-il faire oublier ses responsabilités en donnant l'impression de dominer - enfin - la situation ?
Rendre inconstructibles les 1 400 parcelles exposées aux colères mortelles de l'océan, c'est une décision sage, pourtant. La seule option raisonnable, sans doute. Mais pourquoi a-t-il fallu un drame pour qu'on se résigne à faire le choix impératif de la sécurité ? Pourquoi faut-il que les propriétaires de plus de 1 300 maisons promises à la démolition paient le prix d'une incroyable inconséquence généralisée ? Pourquoi a-t-on obstinément refusé de voir pendant des années ce qui apparaît aujourd'hui comme une évidence ? Une précaution de bon sens ?
L'État ouvre le parapluie pour se protéger des retombées d'une affaire qui met en cause toutes les strates administratives locales, départementales et nationales. De la mairie à la préfecture, il ne s'est trouvé donc personne pour barrer la route à des projets immobiliers qui défiaient la puissance de destruction de la mer ? Pas un contrôle, pas un texte, pas un élu, pas un agent de l'État pour arrêter ces folies ?
Le préfet de Vendée a estimé hier, lors de la réunion d'information aux habitants, que ce n'était « pas le lieu de rechercher les responsabilités ». Il le faudra pourtant si on veut permettre aux victimes d'oublier la double violence qui les submerge. Comment pourront-elles reconstruire et se reconstruire sur un déni aussi scandaleux ? Quand le maire de La Faute conteste les destructions en invoquant le manque à gagner pour sa commune, on peut le comprendre, mais la forme de son indignation a quelque chose de terrifiant. L'argent et la pression immobilière jouent si souvent de l'angoisse de communes engagées dans des opérations survie qu'il n'est même pas certain que les 53 morts de Xynthia permettront de tirer les leçons de cette tragédie...
Les assurances vont payer - 1,5 milliard d'euros - et elles vont le faire rapidement. Tant mieux pour tous ceux - et ils sont nombreux - qui veulent tourner la page sinistre d'une affreuse nuit d'hiver. La détresse, ou la colère, des autres rappellent, de leur côté, la violence du spectacle de démolition annoncé. L'émotion de l'opinion, et la volonté de rédemption, auraient-elle stimulé des ardeurs destructrices ?
Les bulldozers ne vont pas arriver tout de suite, rassurent les autorités, qui affirment vouloir laisser du temps au temps pour accepter l'inéluctable. Ils seront la conscience noire de l'État en action.











