vendredi 23 mai 2014
A l'approche des européennes, Nicolas Sarkozy laboure son sillon
Nicolas Sarkozy a fait intrusion dans la campagne électorale européenne avec une tribune qui mêle le programme de l'UMP, des idées déjà exprimées par l'ancien président français et une vision de l'Europe à deux vitesses partagée par son successeur.
Dans le long texte publié jeudi par l'hebdomadaire Le Point, l'ex-chef de l'Etat pose trois grands principes -réforme de la libre-circulation des personnes pour lutter contre l'immigration illégale, concentration sur une zone euro emmenée par le couple franco-allemand et réduction des compétences de la Commission- sans qu'apparaisse une position nouvelle.
Nicolas Sarkozy avait déjà prôné une réduction de l'UE au marché unique fin février, lors d'un discours à Berlin aux côtés de la chancelière Angela Merkel.
Dans la capitale allemande, il avait usé des mêmes ressorts historiques pour plaider en faveur du "trésor" européen, terme qui conclut son texte dans Le Point, comme garantie de la paix.
Il y avait surtout insisté sur les contours d'une Europe qui peine, selon lui, à fonctionner avec 28 pays membres, dont les décisions sont souvent illisibles et inefficaces et qui devrait concentrer sur quelques grandes politiques.
Le discours de l'ancien président ne varie pas d'un iota.
Il dit souhaiter "plus d'intégration pour les Dix-Huit qui partagent leur souveraineté monétaire" afin de faire converger leurs politiques économiques et fiscales, et plaide pour que la France et l'Allemagne montrent l'exemple.
"PARFAITEMENT CONFORME"
Cette vision d'une Europe à deux vitesses, où les "devoirs et les responsabilités" ne sont pas les mêmes entre grands et petits Etats, souligne-t-il, ne lui est en rien exclusive.
François Hollande l'avait formulée ainsi en juin dernier, à Bruxelles: "Il y aura une révision des traités une fois qu'on aura clarifié et qu'on aura choisi un mode de construction européenne, qui ne pourra pas seulement être une construction à 28."
Dans celle-ci, l'ancien président invite en outre l'UE à se concentrer sur quelques grandes politiques -industrie, énergie, agriculture, concurrence, notamment- comme il l'avait fait à Berlin, réclame une suppression de directives et une réduction drastique des compétences de la Commission.
"Au moins la moitié", dit-il dans Le Point, quand il avait évoqué "des pans entiers" en Allemagne, 24 heures après qu'Angela Merkel avait suggéré lors d'un déplacement à Londres l'abandon de certaines réglementations.
Comme sur l'immigration, troisième grand point de la tribune, dans laquelle il défend une réforme des accords de Schengen avec pour préalable une harmonisation des politiques migratoires, Nicolas Sarkozy colle ainsi aux positions de l'UMP et rappelle la position qu'il avait déjà prise en 2012.
C'est ce qu'ont salué les dirigeants du premier parti d'opposition jeudi matin. "Nous devons faire une Europe à géométrie variable", a dit Jean-François Copé sur RTL tandis que François Fillon, sur i>TELE, a jugé le texte "parfaitement conforme aux orientations qui sont celles de l'UMP".
L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy avait aussi rappelé mercredi soir que cette tribune était "importante" mais "pas l'événement central de la campagne", d'autant que jamais l'ex-président n'y appelle à voter UMP.
Ce que Xavier Bertrand, qui fut son ministre et ne cache pas ses ambitions pour la prochaine présidentielle, a déploré sur son compte Twitter: "Beaucoup d'électeurs de droite auraient aimé qu'il s'engage pour l'UMP", écrit-il.
Si Nicolas Sarkozy le fait en reprenant le volet immigration du programme de son parti, le consensus sur l'avenir de la construction européenne est réel entre les formations de gouvernement et l'ancien président s'inscrit dans une continuité.
Vivre et travailler à Athènes : quand l'espoir revient…
On aurait tort de voir la Grèce et sa capitale comme un pays sans perspective de développement. Si les difficultés économiques récentes de cet Etat sud-européen ont été largement médiatisées, on peut aussi commencer à déceler des raisons d’espérer. C’est d’ailleurs l’analyse des investisseurs étrangers.
En effet, la Grèce est autorisée depuis avril dernier à emprunter sur les marchés financiers après une mise à l’écart de quatre années. Le taux de chômage est certes l’un des plus élevés en Europe. Il avoisine officiellement 27 %. Les jeunes sont particulièrement touchés. Mais pour Alexandros Vassilikos, directeur du groupe hôtelier Airotel, président de l’association des hôteliers d’Athènes et conseiller national du commerce extérieur de la France, « les jeunes ont la chance de bénéficier d’une grande solidarité intergénérationnelle », laquelle permet de limiter les situations de détresse sociale. Par ailleurs, les qualités professionnelles observées par les entreprises étrangères installées à Athènes laissent envisager des jours meilleurs. « Les chefs d’entreprises français installés ici se disent très agréablement surpris par la qualité de l’engagement des jeunes de la génération Y et par leur maîtrise de plusieurs langues étrangères », rapporte également Alexandros Vassilikos. « C’est ce qui ressort très souvent des échanges avec les cadres français présents en Grèce. », témoigne-t-il.
En effet, la Grèce est autorisée depuis avril dernier à emprunter sur les marchés financiers après une mise à l’écart de quatre années. Le taux de chômage est certes l’un des plus élevés en Europe. Il avoisine officiellement 27 %. Les jeunes sont particulièrement touchés. Mais pour Alexandros Vassilikos, directeur du groupe hôtelier Airotel, président de l’association des hôteliers d’Athènes et conseiller national du commerce extérieur de la France, « les jeunes ont la chance de bénéficier d’une grande solidarité intergénérationnelle », laquelle permet de limiter les situations de détresse sociale. Par ailleurs, les qualités professionnelles observées par les entreprises étrangères installées à Athènes laissent envisager des jours meilleurs. « Les chefs d’entreprises français installés ici se disent très agréablement surpris par la qualité de l’engagement des jeunes de la génération Y et par leur maîtrise de plusieurs langues étrangères », rapporte également Alexandros Vassilikos. « C’est ce qui ressort très souvent des échanges avec les cadres français présents en Grèce. », témoigne-t-il.
Des manifestations, preuve d’une libre expression
Les medias avaient beaucoup véhiculé les images d’émeutes à Athènes en 2012 au moment de la loi d’austérité imposée par l’Union européenne et le FMI en échange de l’octroi d’une aide financière. Aujourd’hui, la situation sociale est largement apaisée.Les fréquentes manifestations (de fonctionnaires, de corporations variées…) devant le parlement font certes partie du paysage urbain et sont tolérées par les pouvoirs publics. On peut y voir la preuve que la Grèce, berceau de la démocratie, reste attachée à la libre expression de ses citoyens. Elles sont aussi la traduction d’une modernisation en cours du marché du travail. La loi sur la libéralisation du marché en Grèce qui a été récemment adoptée va ainsi permettre de favoriser la concurrence dans un certain nombre de secteurs, comme celui des pharmacies.
Un projet d’urbanisation pour améliorer la qualité de vie
Un grand projet urbain sera prochainement lancé, visant à améliorer la qualité de vie à Athènes qui accueille une grande partie de la population active grecque. Actuellement, l’espace urbain est envahi par les voitures. « Aujourd’hui, il est pénible d’effectuer à pied le trajet entre la sortie des transports en commun et le bureau », estime Thanos Vlastos, spécialiste des transports et professeur à l’Université nationale technique d’Athènes. Une nouvelle ligne de tramway, un espace mieux partagé entre les piétons et les voitures : telles seront les grandes lignes de ce projet baptisé Re-think Athens et dont les travaux commenceront cette année. Parallèlement, le centre-ville sera agrémenté de massives plantations vertes. L’objectif ? Contribuer à abaisser la chaleur l’été.
L’égalité hommes-femmes fait son chemin
L’emploi féminin résiste mieux à la crise. En effet, le taux d’emploi des femmes a baissé de 14 % contre 17 % pour les hommes entre 2009 et 2012. L’explication à ce phénomène ? Dans de nombreux foyers en Grèce, le travail des femmes constitue aujourd’hui – temporairement –la seule source de revenus. C’est l’un des effets positifs de la crise. Concrètement, les jeunes peinent à décrocher un premier emploi, les maris perdent leur travail. Ceci est d’autant plus fréquent que certains secteurs touchés par le chômage (le BTP par exemple) emploient une force vive très majoritairement masculine. Résultat, il n’est pas rare que seule la femme travaille. « La crise a pour impact positif de briser quelque peu le fameux stéréotype de la femme qui s’occupe du foyer et de l’homme qui travaille. Pour la société patriarcale grecque, c’est un changement important. », déclare Maria Stratigaki, sociologue et spécialiste des questions de genre, dans le petitjournal.com. Parallèlement aux débats français sur la lutte contre les stéréotypes hommes-femmes, la Grèce mène donc à sa façon un combat pour l’égalité professionnelle.
De l’Ukraine à l’Europe
De l’Ukraine à l’Europe
Dimanche, 500 millions d'électeurs européens plus ou moins frondeurs ou boudeurs sont appelés à élire les 751 députés du Parlement de l'Union. Le même jour, 36 millions d'Ukrainiens motivés auront à c'ur de choisir leur nouveau président parmi 21 candidats en lice. Pourquoi ce parallèle qui pourrait paraître incongru ? Pour souligner combien l'exercice démocratique est un bien précieux qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Et combien il y a d'inconséquence à ne point utiliser un droit de vote si chèrement acquis par les uns, ou si difficile à exercer pour les autres.
Dans une Ukraine au bord de la guerre civile, les citoyens braveront les menaces pour voter sous la protection de 55.700 policiers et 30.000 volontaires civils censés assurer leur sécurité. Dans l'Est du pays, hélas, deux millions d'entre eux, victimes des tracasseries des prorusses, devront renoncer à s'exprimer. L'exemple de l'Ukraine qui voudrait « s'européaniser », contraste avec le désamour européen de beaucoup des électeurs des 28 pays de l'Union. Il devrait, bien au contraire, convaincre les eurosceptiques que la paix n'est jamais un bien définitivement acquis.
Installés dans le confort démocratique, nous avons tendance à l'oublier. Le déferlement de la vague populiste et le record d'abstentions qui s'annoncent dimanche sont un signal d'alarme. Il faudra savoir y répondre en évitant la stigmatisation de ceux qui auraient « mal voté » et en apportant des réponses concrètes à tous ceux qu'inquiètent les mutations économiques et sociales bouleversant le continent.
La constitution d'un groupe parlementaire, dont rêve Marine Le Pen (avec 25 députés venant de 7 pays différents), marquerait une rupture entre un avant et un après européen. Il contraindrait les élites à traiter enfin les peuples avec moins d'arrogance et de condescendance. Il ne sert à rien d'affirmer qu'en votant contre l'Europe, les citoyens votent d'abord contre eux-mêmes. Encore faut-il le leur prouver et leur ouvrir des perspectives. Car on ne fait pas le bonheur des gens contre leur gré.
GE donne à Alstom jusqu'au 23 juin pour étudier son offre
L'américain General Electric (GNE 19.31 0%) , candidat au rachat des activités énergie d' Alstom(ALO 28.56 -0.63%) , a annoncé jeudi accorder un délai de trois semaines supplémentaires au groupe français pour examiner son offre.
Répondant à une demande du gouvernement français qui souhaite une proposition améliorée de GE, le groupe américain explique avoir accepté que la date butoir soit repoussée du 2 au 23 juin, ce qui pourrait également permettre à l'allemand Siemens de concrétiser son intention de faire lui aussi une offre.
"A la demande du gouvernement français, nous avons convenu, en concertation avec Alstom, de prolonger le délai d'étude de notre offre par le conseil d'administration d'Alstom jusqu'au 23 juin", fait savoir GE dans un communiqué.
"Nous avons pris cette décision pour permettre d'approfondir les discussions constructives que nous avons actuellement avec le gouvernement", poursuit le groupe américain.
Le Ministre de l'Economie Arnaud Montebourg s'est félicité dans un communiqué de cette décision, ajoutant qu'il était "dans l'intérêt de tous de travailler efficacement et rapidement à la recherche d'une solution, dans les meilleurs délais, avant le 23 juin".
"Ce délai va permettre au gouvernement d'examiner avec General Electric et Alstom les voies et moyens de répondre aux questions posées par l'opération (...)", a-t-il poursuivi.
A New York où il participait à une conférence, le directeur général de GE Jeff Immelt a dit s'attendre à une issue favorable.
"C'est un accord qui pourra être mis en oeuvre. C'est un accord pour lequel nous avons de l'expérience. C'est un accord que nous entendons conclure", a-t-il déclaré, ajoutant que GE "savait ce qu'il faisait".
"Nous savons travailler avec les gouvernements et nous avons une excellente réputation en France", a-t-il souligné en parlant lui aussi d'échanges "constructifs".
Selon une source au fait des discussions entre GE et l'Etat, les deux parties cherchent toujours à trouver des solutions pour renforcer le pôle ferroviaire, confier l'éolien et l'hydroélectricité à des investisseurs français, protéger les turbines pour les centrales nucléaires et garantir des créations d'emplois.
Dans la signalisation ferroviaire, un secteur convoité par Alstom, une solution "peut passer par une alliance ou une vente des activités de GE", a précisé cette source, tout en précisant qu'il ne s'agissait que de "pistes de réflexion".
GE s'est jusqu'ici engagé à étudier la possibilité de créer une coentreprise avec Alstom dans ce domaine.
Il a également annoncé son intention de faire croître le nombre d'emplois en France dans les activités rachetées à Alstom, un engagement qu'il pourrait être amené à préciser qualitativement, voire à chiffrer, selon la source.
"Alstom accueille favorablement l'initiative de GE", a pour sa part réagi le groupe français dans un communiqué.
Ces annonces surviennent alors que le gouvernement a indiqué jeudi qu'il étudiait une solution avec des capitaux français, privés et éventuellement publics, pour renforcer Alstom au cas où aucun accord ne serait trouvé avec General Electric ou Siemens.
"Le plan A c'est GE, le plan B c'est Siemens, le plan C c'est une solution 'maison France'. Public, privé, ou privé, peut-être pas public, je ne sais pas. Nous y travaillons", a ainsi fait savoir le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg.
(Avec Lewis Krauskopf à New York, édité par Gilles Guillaume)
Un match de titans
Un match de titans
Qui se désole de la faiblesse des débats européens n’a pas entendu M. José Bové. Poursuivant le match de titans qui l’oppose à M. Jean-Luc Mélenchon, il a eu hier cette phrase sur celui-ci : « Plus je discute avec les cons, plus je les rends intelligents ». Il paraphrasait une maxime de Michel Audiard pour qui « faut pas parler avec les cons, ça les instruit ». On voit tout de suite la différence : où l’écologiste laisse éclater son égo et, content de lui, se met en scène, le dialoguiste cisèle une vérité. Comme quoi, il faut faire attention dans le maniement des concepts surtout lorsqu’ils sont universels comme la connerie. Encore M. Mélenchon ne doit-il pas se réjouir trop vite : être qualifié de con par un imbécile ne donne pas pour autant un brevet d’intelligence.
Ce que pense vraiment Sarkozy de l'Europe
«Réconcilier la France du oui et la France du non», à la suite du référendum de mai 2005 par lequel les Français ont rejeté le traité constitutionnel européen, était l'une des obsessions de Nicolas Sarkozy, candidat à la présidence de la République en 2007, puis chef de l'Etat. C'est dire que chez lui, l'Europe n'est pas un affaire d'idéologie. L'ancien chef de l'Etat ambitionnait de transcender les clivages classiques, par exemple entre fédéralisme et souverainisme, souhaitant, comme il le répétait souvent, que «tout le monde puisse se retrouver dans sa vision de l'Europe».
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| Image d'archives |
S'il fallait caractériser celle-ci, ce pourrait être dans les termes «Europe des réalités». Avant tout, Sarkozy se montre sensible à la dimension culturelle et historique d'une Europe dont il souligne les racines communes, grecques, latines, chrétiennes, intellectuelles. L'histoire imprègne sa vision d'un continent fondamentalement uni qui s'est trop souvent auto-détruit dans des conflits atroces. D'où l'invocation, fréquente chez lui, du lien entre l'Europe et la paix.
L'utopie est absente de son approche européenne. Selon lui, l'unification politique du continent est inscrite dans une logique historique qui procède de son unité fondamentale et de la nécessité de faire revivre cette unité pour exister dans un monde dominé par de grands empires, américains, russe, brésilien, chinois, indien. L'Europe puissance, il en a donné une illustration en tant que président du Conseil européen au second semestre 2008, lors de sa médiation entre la Russie et la Géorgie qui permit de ramener la paix entre les deux pays.
Comme ses quatre prédecesseurs à l'Elysée, il se reconnaît pleinement dans le processus de la construction européenne. Il en a soutenu sans réserve chacune des étapes: Maastricht (1992), Amsterdam (1997), Nice (2000). A la suite de l'échec du référendum constitutionnel de 2005, son implication personnelle dans l'adoption du traité de Lisbonne, «traité simplifié» qui en a repris les dispositions essentielle, fut décisive.
Pourtant, Nicolas Sarkozy développe une vision critique des institutions de l'Union européenne, s'exaspérant de ses lenteurs, de ses lourdeurs bureaucratiques et de ses procédures. Il n'est pas dans une logique de soumission inconditionnelle aux autorités de Bruxelles. Ainsi, en septembre et octobre 2010, il entre en conflit ouvert avec la Commission accusée de ne pas prendre ses responsabilités et de s'ériger en autorité morale au sujet des populations nomades d'Europe orientale.
Il a pleinement conscience de la difficulté de fonctionner d'une Europe à 28 Etats et prône le leadership européen d'un cercle de grands pays. Le binôme franco-allemand doit être selon lui le moteur de la construction européenne. Mais au-delà, sa vision de l'Europe, à dominante inter gouvernementale, se fonde sur l'impulsion nécessaire d'un groupe des six grands Etats (France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pologne), auxquels il incombe de montrer la voie de l'unification. Cette conception lui a été souvent reprochée au nom d'une orthodoxie communautaire qui favorise une solidarité européenne globale.
Nicolas Sarkozy, dans l'esprit des «Pères fondateurs» (Jean Monnet, Robert Schuman) entend fonder l'Europe sur des solidarités objectives. Deux ambitions se distinguent dans sa politique européenne.
La défense de l'euro a constitué, tout au long de sa présidence, une priorité absolue. Lorsque la monnaie européenne, dans la tourmente de la crise des subprimes, a été menacée d'implosion au cours de l'hiver 2011-2012, son binôme avec Madame Merkel a probablement joué un rôle décisif dans le sauvetage de cette devise. Le lien qu'il a alors établi entre la survie de l'euro et le salut de l'Europe, voire même de la paix en Europe, mal compris car jugé excessif dans un pays frappé par la montée du chômage et la désindustrialisation, a pu le desservir lors de campagne présidentielle de 2012.
Un autre point clé de son engagement européen est la politique de l'immigration. Rejetant à la fois le principe d'immigration zéro et l'idée d'une ouverture illimitée, il se montre extrêmement préoccupé par les désordres migratoires qui frappent l'Europe en particulier l'Italie et souhaite développer une politique commune organisée, maîtrisée. D'où la signature du fameux «pacte européen pour l'immigration et l'asile», à son initiative personnelle, sous sa présidence de l'Union européenne en octobre 2008. En outre, à la suite des printemps arabes et d'une poussée de l'immigation illégale par la Méditerranée, la réforme de «Schengen», destinée à permettre à un Etat de rétablir provisiorement ses contrôles à ses frontières internes (avec un autre pays de l'espace de libre circulation), fut l'un de ses grands chantiers qui ne put aboutir en raison de la défaite de mai 2012.
Nicolas Sarkozy insiste sur la nécessité de doter l'Union européenne de frontières. L'extension indéfinie de l'Europe est incompatible selon lui avec son approfondissement, le renforcement de son unité. Son opposition à l'entrée de la Turquie est une constante de son discours.
Pour autant, l'ancien chef de l'Etat ne préconise pas une Europe fermée et repliée sur elle-même. Le continent a vocation à rayonner et à prendre une part décisive dans les équilibres du monde multipolaire. Ainsi, Sarkozy croit profondément à un lien particulier qui unit l'Europe et l'Afrique. «L'Europe et l'Afrique s'en sortiront ou diparaîtront ensemble» avait-il coutume de répéter, lors de ses déplacements au sud de la Méditerranée.
jeudi 22 mai 2014
Les exploits de Messieurs les ronds-de-cuir
Les exploits de Messieurs les ronds-de-cuir
Courteline, l’auteur du Train de 8 heures 47, aurait rêvé d’une telle anecdote : vingt petits centimètres de largeur en trop pour quelques dizaines de millions d’euros d’argent jetés par les fenêtres. Avec sa plume acide de pourfendeur de « Messieurs les ronds-de-cuir », il aurait ridiculisé cette affaire d’empattement des trains et porté le fer là où son humour cruel fait mal : la bureaucratie, la concurrence bas de gamme entre services, les mesquineries de la vie de bureau qui font se monter les uns contre les autres des personnages de théâtre censés collaborer. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : de guéguerres picrocholines entre deux structures, la SNCF et Réseau ferré de France qui, du jour où elles ont été séparées, se sont déchirées. Sautant d’un conflit à l’autre, ces deux réserves de cerveaux bardés de diplômes, tous ces polytechniciens, ces ingénieurs des Mines, des Ponts, des Travaux publics et autres représentants de l’énarchie ont fini par donner une belle leçon d’absurdité.
Bien entendu, personne ne songerait à reprocher à la SNCF ou à RFF de vouloir moderniser nos trains. Mais que les travaux se fassent à l’insu de leur plein gré est indéfendable.
Heureusement, le gouvernement n’a pas tardé à réagir. Et à brandir … une loi ! Oui, une loi, qui rassemblera bientôt ce que la loi avait séparé il y a une quinzaine d’années. Comme si alourdir les structures de la SNCF était une solution. Une fois de plus, le dogme du service public est passé par là : impossible d’envisager autre chose. Et surtout pas la privatisation des quais, des gares ou des structures commerciales de ce réseau tentaculaire. C’eût été trop d’audace de rendre simple et compétitif ce qui est compliqué et administratif. Courteline aurait certainement adoré en faire un chapitre supplémentaire de L’Ami des lois.Nicolas Beytout
Sur fond de discrédit de la parole politique et de crise économique, les élections européennes de dimanche devraient réserver peu de surprises. Les partis eurosceptiques ont, selon les derniers sondages, toutes les chances d'arriver en tête du scrutin dans de nombreux pays, y compris en France et en Grèce, avec des scores oscillant très souvent entre 25% et 30%.
C'est d'ailleurs à Athènes que tous les regards devront se tourner dimanche soir. A en juger par le résultat des récentes élections locales dans le pays, le grand vainqueur des européennes devrait être le parti de gauche radical Syriza. Ce n'est en rien inattendu dans un pays où le PIB s'est contracté de 25% depuis 2009, avec les conséquences sociales qu'on peut aisément imager.
Cette situation fait le lit des extrêmes. On le sait, un bon score des eurosceptiques ne pourra pas vraiment entraver le système bruxellois tant les divergences idéologiques sont profondes entre le FN, le Jobbik hongrois et l'UKIP britannique.
En revanche, en Grèce, c'est un véritable choc politique et financier qui pourrait survenir. Le Premier ministre Samaras a, en effet, annoncé la convocation d'élections législatives anticipées si son parti était battu dans quatre jours. Une nouvelle zone d'incertitude pour les investisseurs et de turbulences pour la zone euro pourrait alors s'ouvrir.
En période de faible volatilité sur les marchés financiers et de survalorisation des principaux indices boursiers sous l'effet des politiques monétaires très accommodantes de part et d'autre de l'Atlantique, la matérialisation d'un risque grec aurait des effets dévastateurs sur les valorisations boursières et la capacité d'endettement de nombreux pays membres de l'Union monétaire qui ne commencent qu'à se rétablir.
Dans l'hypothèse d'un nouveau scrutin législatif, Syriza pourrait s'imposer et jouer de son assise électorale au sein du gouvernement de coalition qui pourrait se former dans la foulée. Le scénario le plus probable serait alors une renégociation des conditions des plans d'aide en cours, qui représentent actuellement le montant énorme de 300 milliards d'euros, créant au passage un nouveau regain de tensions sur la dette des pays périphériques et sur l'euro.
Au mieux, le nouveau gouvernement grec pourrait demander un allongement des maturités sur les obligations grecques et / ou une réduction des taux d'intérêt appliqués. Au pire, il sera question d'une deuxième restructuration de la dette de la Grèce.
Ce risque latent devrait inciter les créanciers du pays, Allemagne et France en tête, a trouvé une solution durable à la question grecque au lieu de privilégier, depuis 2010, la stratégie de la fuite en avant. Il faut avouer aux électeurs européens que la trajectoire ascendante de la dette grecque n'est pas soutenable et que les pays européens vont devoir, tôt ou tard, accepter leurs pertes. Ce serait un geste de vérité politique et de solidarité européenne nécessaire en cette période de pessimisme et de méfiance généralisés.
Les messages (à peine) cachés de Sarkozy à Hollande, au PS et à l'UMP
L'ancien chef de l'Etat signe une longue tribune dans Le Point à trois jours des européennes. Il y détaille ses idées de réforme et en profite pour régler quelques comptes, majoritairement avec François Hollande.
Six pages dans un des grands hebdomadaires de France à trois jours des européennes... la tribune de Nicolas Sarkozy publiée dans Le Point est un signe de plus du retour de l'ex, une "carte postale" comme disent ses proches. Mieux, "un recommandé avec accusé de réception" pour reprendre les mots de Brice Hortefeux, qui confiait à la fin de l'année dernière, que 2014 verrait une accélération des prises de parole de Nicolas Sarkozy.
Que trouve-t-on sur cette carte postale? Au recto, une belle photo de l'Union européenne; au verso, un début de programme pour 2017. Et pour quelques heureux destinataires, un message personnel, un "bons baisers" de Nicolas Sarkozy.
La première cible des critiques de l'ancien président est sans surprise François Hollande. A aucun moment, son nom n'est cité. Pas plus que celui du parti socialiste. Cette tribune sur l'Europe ne doit pas donner l'impression d'être un commentaire de politique intérieure, ce que n'a pas manqué de faire remarquer Brice Hortefeux au micro de France Info ce jeudi matin: "La démarche de Sarkozy n'est pas partisane. Il s'adresse bien au-delà des frontières politiques. Il s'adresse aux Français et aux Européens."
Merkel prend un coup au passage
Entre les lignes -avec tout de même un gros stylo un peu baveux- l'ancien chef d'Etat s'en prend à la politique menée par François Hollande. "Impôts sans limite, dépenses publiques sans frein ni contrôle, déficits explosés, nivellement généralisé... Heureusement, comme nous dépendons des autres en Europe et que les autres dépendent de nous, le pire n'est pas toujours possible...", écrit-il.
L'Europe ne nous protège pas uniquement des conflits armés, elle est également un rempart contre le socialisme. Une idée développée dans un autre passage de la tribune de Nicolas Sarkozy: "Je vois un autre grand mérite à l'Europe et, tout spécialement dans la période que nous vivons : elle nous protège des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent."
Il faut lire ce texte en rapport avec celui de François Hollande paru dans Le Monde au début du mois. Nicolas Sarkozy a jugé qu'il n'était pas à la hauteur, que ce n'était pas celui d'un leader. Voilà le mot. "Leader" ou "leadership", l'idée structure la tribune parue ce jeudi. Etrangement, Angela Merkel prend au passage un coup de griffe. "Je le dis aux dirigeants français comme allemands: le leadership n'est pas un droit, c'est un devoir (...) L'absence de leadership met l'Europe en danger car sans vision, san cap et sans priorité."
Un message à Xavier Bertrand, l'adversaire du "Merkozy"
Nicolas Sarkozy ne parle pas qu'à ses adversaires, il écrit aussi à ses "amis". L'UMP se déchire entre souverainistes et européens convaincus. Réponse du chef: "Il y a encore des contresens et des erreurs qui ont été commis par ceux qui font de l'Europe une nouvelle idéologie et qui voudraient qu'il y ait les intelligents d'un côté -comprenez les Européens- et les populistes bornés de l'autre -comprenez les souverainistes. Ce clivage est absurde et n'a pas lieu d'être."
Un cadre de l'UMP a eu le droit à un message personnalisé: Xavier Bertrand. Le député de l'Aisne prône la fin de l'Europe "Merkozy", construite autour du seul couple franco-allemand. "L'Allemagne n'est pas un choix, n'est pas une alternative, elle est un fait. La géographie et l'histoire nous ont faits voisins. A-t-on jamais connu un pays ayant changé d'adresse?", lui répond Nicolas Sarkozy.
Droite et gauche ont bien reçu la carte postale de ce jeudi. Et le Front national? L'ancien président de la République s'attarde à peine sur l'extrême droite, évoquant à peine "la flambée populiste et antieuropéenne". C'est pourtant bien à l'orée du score du FN que le bilan de cette tribune sera dressé.
Sarkozy au "Point" : "Nous devons être européens et français"
L'ancien président de la République publie cette semaine une longue tribune sur l'Europe. Une déclaration d'amour vigilante, exigeante et lucide.
Cela commence par : "D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti viscéralement français." Pour se finir par : "Ne laissons pas détruire, ni aujourd'hui ni demain, ce trésor !" Entre ces deux phrases : plus de 16 000 signes d'un vibrant plaidoyer de six pages pour l'Europe ponctué de propositions concrètes et de positions affirmées.
Cela commence par : "D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours senti viscéralement français." Pour se finir par : "Ne laissons pas détruire, ni aujourd'hui ni demain, ce trésor !" Entre ces deux phrases : plus de 16 000 signes d'un vibrant plaidoyer de six pages pour l'Europe ponctué de propositions concrètes et de positions affirmées.
À trois jours des européennes, Nicolas Sarkozy appelle à une rénovation en profondeur de l'UE, garante d'"un modèle de civilisation" et s'appuyant sur "une grande zone économique franco-allemande" et la sortie de l'actuel Schengen, dans une tribune publiée jeudi dans Le Point et le quotidien allemand Die Welt. Dans cette tribune résolument pro-européenne, écrite alors que l'UMP pourrait être dépassée, dimanche, par le Front national, l'ancien président analyse la situation actuelle de l'UE, source d'"exaspération" et de "colères" chez les Français qu'il dit comprendre.
Mais "ce n'est pas un paradoxe que de plaider tout à la fois pour l'Europe et pour la défense de notre identité, c'est-à-dire la spécificité de notre modèle", veut-il rassurer les Français, nombreux à être réticents envers Bruxelles et sa bureaucratie, comme le montrent les sondages. "Nous devons être européens et français", plaide-t-il. Dans cette tribune, pas d'appel à voter pour l'UMP, dont le nom n'est pas mentionné. Nicolas Sarkozy propose des solutions pour corriger les "erreurs" du fonctionnement actuel de l'Union. "Nous devons profondément refonder notre politique européenne", affirme-t-il.
"Absence de leadership"
L'ancien président, qui s'était efforcé, durant son quinquennat, de faire du couple franco-allemand le "moteur" de l'UE (d'où le surnom de "Merkozy" qui qualifiait ses relations avec la chancelière Angela Merkel), défend "la création d'une grande zone économique franco-allemande". Dans une pique à son successeur François Hollande, dont il ne cite pas le nom non plus, il dénonce "l'absence de leadership" actuelle qui "met l'Europe en danger". Cette grande zone "nous permettra d'abord de mieux défendre nos intérêts face à la concurrence allemande, en gommant nos handicaps fiscaux et sociaux", et "nous permettra ensuite de prendre le leadership des 18 pays qui composent notre union monétaire", affirme l'ancien président. Il souhaite également "plus d'intégration" pour les 18 pays de la zone euro.
Alors que l'étendue des pouvoirs dévolus à Bruxelles est régulièrement dénoncée aussi bien à droite qu'à gauche, Nicolas Sarkozy veut supprimer "pas moins de la moitié des actuelles compétences communautaires". Celles-ci "devront demain être assumées par les États nationaux, et en regroupant les compétences de l'Europe en une petite dizaine de politiques prioritaires et fondatrices : l'industrie, l'agriculture, la concurrence, les négociations commerciales, l'énergie, la recherche...", écrit-il, alors qu'il n'avait jamais été aussi loin lorsqu'il était à l'Élysée.
"Suspendre Schengen I"
Face à "l'échec sans appel" de "la question essentielle des flux migratoires" - dont le Front national a fait son cheval de bataille -, Nicolas Sarkozy veut "suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration". "C'est une évidence", dit-il. "Ainsi serait-il mis fin au détournement de procédure qui permet à un étranger de pénétrer dans l'espace Schengen, puis une fois cette formalité accomplie de choisir le pays où les prestations sociales sont les plus généreuses. [...] Si nous ne réagissons pas rapidement dans les années qui viennent, c'est notre pacte social qui va exploser", met-il en garde.
L'annonce de la tribune de l'ancien président a été diversement appréciée à l'UMP, qui a tenu mercredi un grand meeting national dans le cadre de sa campagne pour les élections de dimanche. "Je suis bien heureux qu'il publie une tribune pour venir appeler les Français à la mobilisation !" a lancé le patron du parti Jean-François Copé, sous les applaudissements du public venu assister au meeting. C'est une tribune "utile au débat", a affirmé de son côté Laurent Wauquiez, qui s'est attiré les foudres d'une partie des dirigeants UMP pour son euroscepticisme assumé. "C'est utile", mais "cela paraît ne pas mériter plus de commentaires [...] Ce n'est pas l'événement central de la campagne", a lâché François Fillon, son ancien Premier ministre.
Voici quelques-unes des prises de position de Nicolas Sarkozy dans Le Point :
- "L'Europe nous protège des dérives idéologiques de nos gouvernants et des majorités qui les soutiennent."
- "Il faut suspendre immédiatement Schengen I et le remplacer par un Schengen II auquel les pays membres ne pourraient adhérer qu'après avoir préalablement adopté une même politique d'immigration."
- "Nous devons cesser de croire au mythe de l'égalité des droits et des responsabilités entre tous les pays membres."
- "L'absence de leadership met l'Europe en danger, car sans vision, sans cap et sans priorité."
- "La Commission ne devrait plus avoir de compétences législatives puisqu'il y a un Parlement européen, c'est à lui et à lui seul de légiférer."....
FIAT LUX
FIAT LUX
De quoi va-t-on parler en ces dernières heures de campagne pour les élections européennes ? D'une vraie vision pour l'Europe ? Si peu ! De l'affaire Pygmalion ? Tellement plus ! De la tribune de Nicolas Sarkozy à paraître ce jour dans le magazine Le Point et le journal allemand Der Spiegel? Davantage encore ! Et lundi, il sera trop tard pour pleurer si l'impensable devient réalité avec l'accession du Front national au rang de premier parti de France. Hélas, ce ne serait là que le résultat d'une non-campagne, impuissante à nous élever au-dessus de notre tracassin hexagonal.
C'est moins un rejet de l'Europe, à laquelle une majorité de Français voudraient croire encore, qu'une nouvelle sanction de notre classe politique qui risque de s'exprimer à travers une abstention record. Et cette fois, il n'y aura aucun motif de consolation pour les uns ou les autres. Après les municipales, la droite avait pu se réjouir de ses nombreuses conquêtes. Dimanche, ni le PS, s'il arrive faiblement en troisième position, ni la droite, si elle est devancée par le FN, n'échapperont à un commun désaveu.
Ce qui constituerait le choc de trop dans notre système politique condamné aux remises en cause profondes. Au PS, sorti un peu plus affaibli d'une campagne contradictoire, il faudra bien en finir avec les vitupérations contre Bruxelles tout en acceptant, à Paris, les règles du 3 %. À l'UMP, qui a difficilement caché ses éternelles divergences entre souverainistes et pro-européens, pourrait bien éclater la crise ouverte de leadership jusque-là différée.
Les rebondissements de l'affaire Pygmalion fragilisent en effet un Jean-François Copé sommé de rendre des comptes. Promettant de s'expliquer au lendemain des européennes, il a laissé le champ libre à Nicolas Sarkozy. Rééditant son « coup » d'avant les municipales, l'ex-chef de l'État s'exprime aujourd'hui dans Le Point. Il répond ainsi aux ardentes implorations de ses amis en adoptant la posture du guide indispensable. Terrible révélateur, en tout cas, de la vacuité d'une campagne qui aurait besoin d'un éternel « revenant » pour que la lumière soit !
mercredi 21 mai 2014
Béziers : le "linge" de Robert Ménard agite le cirque médiatique
On savait Béziers épiée par toutes les caméras hexagonales durant la longue campagne municipale qui a amené Robert Ménard à la tête de la ville. Un candidat qui suscitait la curiosité par un parcours peu ordinaire, des déclarations jamais anodines et un soutien du Front national toujours intrigant.
La tempête médiatique ne s’est pas calmée au lendemain de la victoire “ménardienne”. Le grain a même forci et, depuis mardi 20 mai, un raz-de-marée de réactions s’abat sur le Biterrois.
Un nouvel arrêté qui fait grand bruit
Il faut dire que le maire de la ville vient de prendre un arrêté révolutionnaire : interdire d’étendre le linge aux balcons et fenêtres dans le secteur sauvegardé de la ville. Une décision comme en prennent de nombreux syndics de copropriété... dans l’indifférence générale, dans une normalité absolue.
Mais là, il s’agit de Robert Ménard. Un maire qui dénonce l’agitation médiatique avec le même talent qu’il la provoque.
Du Plaa : "Il enfonce des portes ouvertes"
"L’habilité de Robert Ménard est d’enfoncer des portes ouvertes. Ménard + arrêté = déchaînement médiatique. Malheureusement prendre un arrêté ne suffit pas à résoudre les problèmes", analyse Jean-Michel Du Plaa.
L’opposant socialiste au conseil municipal a été sollicité mardi par de nombreux médias nationaux. Tout comme Robert Ménard lui-même : "Dois-je rappeler qu’un arrêté de la sorte existe depuis 1961 ? On a juste dû le moderniser afin qu’il soit applicable aujourd’hui."
Et le maire de se défendre de vouloir créer l’intérêt. "Je prends juste des mesures qui sont nécessaires pour la ville. Pour qu’elle soit plus belle, plus propre. Est-ce qu’on voit du linge pendre aux fenêtres à Paris ? Non. Béziers n’est pas une sous-ville, elle a le droit d’être belle elle aussi."
Le maire le plus actif de France...
Toujours est-il que deux-trois arrêtés pris auront suffi à faire de Robert Ménard le maire le plus actif de France. Il l’avait répété pendant la campagne : de ses années à Reporters sans frontières, l’ancien journaliste a appris à susciter l’intérêt pour une cause. S’agit-il de la sienne ou de celle de Béziers ? L’avenir le dira.
CE QUE DIT L’ARRÊTÉ MUNICIPAL
"À l’intérieur du périmètre sauvegardé de la ville de Béziers, il est interdit d’étendre du linge aux balcons, fenêtres et façades des immeubles visibles depuis les voies publiques (...) Cette interdiction sera cependant levé de 22 h à 6 h du matin (...) Il est interdit de battre les tapis par
les fenêtres après 10 h du matin."
Cac 40 : l’attente, toujours l’attente
Les opérateurs sont sur le qui-vive à quelques heures de la publication des minutes de la Fed aux Etats-Unis et à la veille du début des élections européennes. Dans un faible volume, le Cac 40 grappille quelques points dans le sillage d’un petit rebond de Wall Street dans les premiers échanges. BNP Paribas est en bas du classement. La banque pourrait devoir débourser plus de 5 milliards de dollars aux Etats-Unis.
A la veille du début des élections européennes, qui s’étaleront du 22 au 25 mai selon les pays, la prudence domine sur les places financières car, comme le note très justement le cabinet d’études Oddo, «ce sont surtout aux extrêmes du spectre politique, où domine l’euroscepticisme, que les progressions seront les plus spectaculaires. Cela n’empêchera pas de former une majorité de consensus au Parlement européen, mais pourra avoir des répercussions au plan national. » Lui emboîtant le pas, Mark McCormick, stratégiste économiques chez Crédit Agricole à New York, s’inquiète tout particulièrement de laGrèce. Si Syriza, le parti d’extrême gauche emmené par Alexis Tsipras, venait à gagner une large partie des votes, cela pourrait entraîner des élections parlementaires anticipées dans le pays et « en cas de poussée massive, cela pourrait déclencher un ‘choc’ sur les actifs européens », poursuit Mark McCormick.

L’accélération des publications macroéconomiques explique aussi la prudence du marché. Le principal rendez-vous de cette séance de mercredi est programmé à 20 heures (heure de Paris) : il s’agit du compte-rendu de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) des 29 et 30 avril derniers. Selon les analystes d’Oddo Securities, ce que l’on appelle les minutes dans le jargon ne devraient pas apprendre grand-chose sur l’évolution de la situation économique. Il est vrai qu’entre-temps, la présidente de la Fed, Janet Yellen, s’est exprimée devant le Congrès, indiquant qu’après un premier trimestre transitoire et atypique, en raison de la météo, un assez net rebond de l’activité est attendu au deuxième trimestre. On pourrait, en revanche, disposer de nouveaux éléments concernant la politique monétaire de moyen terme de la Réserve fédérale. « Les atterrissages en douceur avec les politiques monétaire, cela n’arrive jamais », a mis en garde, lundi, le gouverneur de la Fed de San Francisco,John Williams.
Vers 16 heures, le Cac 40 grignote 0,25% à 4.464 points, après avoir une nouvelle fois rebondi sur le seuil important des 4.425 points en début de séance. Le volume d’affaires, faible, n’est que de 1,7 milliard d’euros. Même tendance ailleurs en Europe où le Dax prend modestement 0,28% à Francfort et le Footsie est stable à Londres. A New York, le Dow Jones gagne 0,77% après une baisse de 0,83% de l’indice mardi. LeNasdaq Composite avance de 0,57%.
Egalement au cœur de l’actualité, BNP Paribas pourrait écoper de plus de 5 milliards de dollars d’amende aux Etats-Unis. Les autorités américaines accusent l’établissement français d'avoir contourné pendant plusieurs années des sanctions américaines contre l'Iran, le Soudan et Cuba pour y effectuer des transactions financières. L’action, en bas du classement, perd 1,5 % à 50,9 euros. Seuls Orange etGemalto font moins bien : le premier abandonne 3,31% et le second 2,02%.
Du côté des analystes, Morgan Stanley réduit son objectif de cours sur Arkema de 88 à 82 euros, tout en maintenant un avis « neutre ». Le titre perd 0,23 % à 74 euros. Ipsengrimpe en revanche de 1,38%, à 33,085 euros, grâce à Bank of America Merrill Lynch, qui relève de « neutre » à « achat » sa recommandation sur le titre du groupe pharmaceutique.

Premiers votes demain en Grande-Bretagne et auxPays-Bas
Là où le parlement national est assez instable, comme la Grèce mais aussi l’Italie, toute défaite du parti au pouvoir augmenterait l’incertitude politique à court terme. Au Royaume-Uni, une victoire du parti UK Independence Party (Ukip) donnerait du poids à l’aile du parti conservateur qui demande un référendum sur l’appartenance à l’Union européenne. Tout cela n’incite pas à la prise de risque. C’est demain, jeudi, que se dérouleront ces élections en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas. Il faudra attendre dimanche pour les pays « à risque », comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne ou la France.L’accélération des publications macroéconomiques explique aussi la prudence du marché. Le principal rendez-vous de cette séance de mercredi est programmé à 20 heures (heure de Paris) : il s’agit du compte-rendu de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) des 29 et 30 avril derniers. Selon les analystes d’Oddo Securities, ce que l’on appelle les minutes dans le jargon ne devraient pas apprendre grand-chose sur l’évolution de la situation économique. Il est vrai qu’entre-temps, la présidente de la Fed, Janet Yellen, s’est exprimée devant le Congrès, indiquant qu’après un premier trimestre transitoire et atypique, en raison de la météo, un assez net rebond de l’activité est attendu au deuxième trimestre. On pourrait, en revanche, disposer de nouveaux éléments concernant la politique monétaire de moyen terme de la Réserve fédérale. « Les atterrissages en douceur avec les politiques monétaire, cela n’arrive jamais », a mis en garde, lundi, le gouverneur de la Fed de San Francisco,John Williams.
Vers 16 heures, le Cac 40 grignote 0,25% à 4.464 points, après avoir une nouvelle fois rebondi sur le seuil important des 4.425 points en début de séance. Le volume d’affaires, faible, n’est que de 1,7 milliard d’euros. Même tendance ailleurs en Europe où le Dax prend modestement 0,28% à Francfort et le Footsie est stable à Londres. A New York, le Dow Jones gagne 0,77% après une baisse de 0,83% de l’indice mardi. LeNasdaq Composite avance de 0,57%.
BNP Paribas à l’amende
Dans le dossier Alstom (-0,63% à 28,415 euros), le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a demandé à General Electric de formuler une nouvelle proposition pour les actifs d’Alstom dans l'énergie. De son côté « Siemens continue son travail », a ajouté Arnaud Montebourg. Le groupe allemand demande « des précisions, pour approfondir la connaissance » de l'entreprise. Il est censé présenter une nouvelle offre cette semaine.Egalement au cœur de l’actualité, BNP Paribas pourrait écoper de plus de 5 milliards de dollars d’amende aux Etats-Unis. Les autorités américaines accusent l’établissement français d'avoir contourné pendant plusieurs années des sanctions américaines contre l'Iran, le Soudan et Cuba pour y effectuer des transactions financières. L’action, en bas du classement, perd 1,5 % à 50,9 euros. Seuls Orange etGemalto font moins bien : le premier abandonne 3,31% et le second 2,02%.
Du côté des analystes, Morgan Stanley réduit son objectif de cours sur Arkema de 88 à 82 euros, tout en maintenant un avis « neutre ». Le titre perd 0,23 % à 74 euros. Ipsengrimpe en revanche de 1,38%, à 33,085 euros, grâce à Bank of America Merrill Lynch, qui relève de « neutre » à « achat » sa recommandation sur le titre du groupe pharmaceutique.
Le poids d’Angela
Le poids d’Angela
Et si les élections européennes de dimanche consacraient avant tout la victoire personnelle d'Angela Merkel ? L'admettre relève d'une forme de lucidité sans céder pour autant à la fascination béate du modèle allemand, pas plus qu'à une résignation morbide devant nos délitements nationaux. Mais tout de même, quelle différence entre la France et l'Allemagne ! Alors qu'Outre-Rhin, la chancelière mène campagne tambour battant et s'affiche partout sans être candidate, nos dirigeants abandonnent le terrain aux populistes. Ni la tardive tribune de François Hollande ni l'implication « par devoir » de Manuel Valls ne suffiront à faire tourner les vents mauvais du populisme ou du désengagement citoyen.
Bref, tout laisse à penser que le centre de gravité de l'Union va continuer de se déplacer vers Berlin. Nous aurions tort d'en concevoir une quelconque animosité envers les Allemands. S'ils « noyautent » l'institution, ils le doivent à une assiduité et un engagement de leurs eurodéputés (interdits de cumul des mandats), qui contrastent avec les « absences » de nos élus de « second choix ».
Pendant que la chancelière surfe sur ses victoires électorales, la gauche française redoute un nouveau camouflet, alors que la droite, divisée, spécule davantage sur le désamour de Hollande que sur l'amour de l'Europe. On sait, hélas, que même l'évocation d'un « 21 avril européen » ne suffira pas à remobiliser l'électorat devenu hermétique au discours de diabolisation des extrêmes.
Plus convaincant pourrait être l'espoir d'une avancée démocratique liée à la désignation du président de la Commission européenne par le Parlement issu des urnes. D'où, en quelque sorte, une élection au suffrage indirect du « patron » de la Commission. Sauf que les choses ne sont pas si simples. Même si les eurodéputés choisissent le chef de file du groupe majoritairement élu, le Conseil des chefs d'État et de gouvernement aura son mot à dire. Angela Merkel a affirmé que ce vote ne serait qu'indicatif. Bigre ! Le poids d'Angela serait-il supérieur à celui de 500 millions d'électeurs européens ?
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