mercredi 8 janvier 2014
Municipales 2014 : c’est (re) parti !
Municipales 2014 : c’est (re) parti !
A Paris, malgré les intempéries qui ont soufflé durant le mois de novembre sur la campagne de Nathalie Kosciusko-Morizet, le score de cette dernière, toujours certes défavorable, demeure néanmoins stable. Les dernières enquêtes d’opinion lui donnent, dans le flou d’une abstention grandissante, 47 ou 48 % contre 52 ou 53 % à son adversaire, la socialiste Anne Hidalgo. L’enfantement dans les douleurs de certaines listes UMP, ponctué de dissidences fracassantes, ne semble pas avoir pesé sur les intentions de vote. Il est vrai qu’à Paris, depuis une quinzaine d’années maintenant, les électeurs de l’UMP sont habitués aux chicayas de basse-cour et aux gesticulations palinodiques, avec revirements et volte-face, de la part de leurs candidats.
Parmi les dernières dissidences en date : celle de Roxane Decorte, élue du XVIIIe arrondissement éjectée des listes de NKM à cause d’une condamnation, en décembre 2011, à « quatre mois de prison avec sursis et 6 000 euros d’amende ». La justice sanctionnait ainsi l’élue du XVIIIe arrondissement, reconnue coupable d’avoir détourné « plusieurs dizaines de milliers d’euros de la caisse d’une association d’aide au maintien à domicile de personnes âgées… ». Aujourd’hui, ce sont les voix de NKM que, par ressentiment, cette conseillère indélicate essaie de détourner.
De la dissidence à la « concurrence complémentaire »
Il y a bien sûr l’ineffable Charles Beigbeider, toujours furieux d’avoir été évincé de la liste du VIIIe arrondissement au profit d’un vieux cheval de retour de la droite parisienne, Pierre Lellouche. Beigbeider confirme sa nuisible intention de présenter des listes concurrentes, cautionnées par son mouvement (tout aussi fantomatique pour l’instant que ses listes virtuelles) : Paris libéré. Et NKMoutragée ? NKM brisée ? Nous sommes chez les pitres.
Pour l’heure, l’homme d’affaire a proféré lundi, au micro d’une radio périphérique, l’une des phrases les plus imbéciles de cette campagne parisienne qui en compte déjà beaucoup, décrétant à propos d’Anne Hidalgo « qu’il ne voulait pas qu’une inspectrice du travail (…) devienne maire de Paris ». C’est sans doute le patron qui parlait en lui. A cœur ouvert. Etrange ukase. Mme Hidalgo a sans doute des défauts, dont le plus rédhibitoire est d’être socialiste. Mais pourquoi son ex-profession lui interdirait-t-elle de briguer la mairie de Paris ? Charles Beigbeder préférerait sans doute un PDG (comme lui-même) à la tête de la capitale ? Ou peut-être un inspecteur (ou une inspectrice) des travaux finis ? Autre trouvaille stylistique de Beigbeder : il ne se sent pas « dissident » par rapport à NKM, préférant se définir en « concurrent complémentaire » de cette dernière. Vive, certes, la concurrence ! Mais concurrencer son chef de file en pleine élection, est-ce bien raisonnable ?
Et puis, il y a toujours l’épineux problème du Ve arrondissement. Si la candidate de l’UMP s’est fait photographier la semaine dernière en jean et blouson de cuir en train de griller démocratiquement une clope au milieu de SDF hilares, NKM n’a toujours pas, en revanche, fumé le calumet de la paix avec la tribu des Tibéri.
Dans le livre que lui a consacré Soazig Guéméner, NKM présidente, celle-ci confie : « Mon grand-père n’a jamais réussi à être député. Il était trop correct, trop bien élevé, trop clean. Eh bien, moi, je ne serai pas clean. » Pour rompre avec cet atavisme familial trop grand-bourgeois, Nathalie prend le métro (pour la première fois ?), s’affiche avec des SDF (et des photographes en beaucoup plus grand nombre), grille une cibiche… Bref, faisant la nique à son grand-père, elle s’encanaille. Demain, peut-être prendra-t-elle son petit-déjeuner, façon Giscard, avec des éboueurs africains ? Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour être élu…
Le ragoût peu ragoûtant du MoDem
Parmi les gens de son camp – ou censés l’être – qui lui cause des tracas, il y a bien sûr le conseiller Jean-François Martins, seul élu du MoDem à Paris, – où il remplaçait Marielle de Sarnez partie en 2010 au Parlement européen – et qui a rejoint Hidalgo après la signature d’un accord, pourtant si difficile à obtenir, entre Jean-Louis Borloo, François Bayrou et Nathalie Kosciusko-Morizet. Le président du MoDem avait alors tonné : « C’est un ralliement médiocre qui n’a aucun intérêt. Jean-François Martins est suspendu du MoDem et il en sera prochainement exclu. » Las… Le transfuge voit sa suspension prolongée jusqu’en décembre prochain, date à laquelle il pourra, s’il le désire, demander sa réadmission au sein du MoDem. Suspendu, mais pas exclu.
Devant les instances de son parti, Jean-François Martins a plaidé sa cause de façon très argumentée (et sans doute convaincante), s’efforçant de démontrer combien « l’ADN du MoDem » lui paraissait « incompatible » avec « les pratiques politiques et le programme » défendus par Nathalie Kosciusko-Morizet. De cette dernière, Martins réprouve tout d’abord « sa participation à un gouvernement dont nous avons condamné les excès, la brutalité de la pratique politicienne, le goût pour les conflits d’intérêts ou l’obsession de l’argent et des puissants ». C’était effectivement l’implacable réquisitoire dressé par le procureur Bayrou contre Nicolas Sarkozy. Le remplaçant de Marielle de Sarnez (numéro 2 du MoDem) s’est également étonné que Mme Kosciusko-Morizet, qui se dit « républicaine », ait pu rester en 2012, « le porte-parole d’un candidat (…) qui avait pillé le programme de Marine Le Pen ». Ce n’est pas tout : l’accusé accusateur reproche également à NKM « ses récentes déclarations sur les Roms, son apologie du travail du dimanche, auquel le MoDem est opposé, sa réticence au logement social » et même « sa volonté de doubler les places de stationnement ». Une sensibilité très gauche écolo, mais visiblement plutôt bien partagée au MoDem puisque Jean-François Martins semble avoir, pour l’essentiel, convaincu ses pairs du CCC(Comité de conciliation et de contrôle). Au fait, se sont sans doute interrogés certains d’entre eux, est-il plus grave de rejoindre une liste d’Anne Hidalgo que d’appeler à voter François Hollande, comme l’a fait François Bayrou en 2012 ?
Le MoDem continue par ailleurs ses alliances à la carte. Dans beaucoup de villes, entre autres Dijon, Montpellier, Lyon, Lille, Roubaix, Tourcoing, malgré un retour annoncé par François Bayrou au centre droit, beaucoup d’élus du MoDem siégeant dans des majorités municipales de gauche entendent bien y demeurer. Centre droit, centre gauche, quelle différence ? A Marseille le MoDem, allié avec le PS, serait plutôt tenté par une liste avec les écolos. Comme s’exclamait récemment un responsable de l’UDI : « Le MoDem, quel salmigondis ! » Un salmigondis dont, à Paris, NKM, avec Jean-François Martins, déguste le morceau le plus amère.
Jamais avec le Front
Mais cette dernière a aussi une autre préoccupation. Mesuré dans plusieurs sondages, aux environs de 10 %, (trois fois plus que lors des précédentes municipales parisiennes) le Front national, si les urnes confirment cette estimation, pourrait se maintenir au second tour dans plusieurs arrondissements traditionnellement « acquis à l’UMP ». Or si NKM côtoie, cigarette au bec, des SDF (le temps d’une photo) elle refuse en revanche obstinément tout contact avec des représentants de la droite nationale, jugeant celle-ci « infréquentable ». A Paris, NKM va dans le mur, en klaxonnant à s’en déchirer les tympans (et quelques milliers de bulletins de vote) son mépris pour les électeurs nationaux. Ça tombe bien puisque ces derniers, de leur côté, entendent bien demeurer sourds aux appels à voter pour la boboïsante candidate UMP…
Politique spectacle
Politique spectacle
Et voici qu'en plus, Dieudonné, sans le moindre complexe, nous offre sa tournée ! À partir de cette semaine, il entreprend en effet son tour de… bras d'honneur en commençant par Angers, où Serge Klarsfeld appelle à manifester devant le Zénith, puis Tours et Orléans, où les maires s'interrogent sur une interdiction de son spectacle. Dans l'urgence, Manuel Valls prétend vouloir être efficace dès les premières représentations. Autrement dit, obtenir de la justice administrative une interdiction par anticipation au motif que le « show » de Dieudonné, en lui-même, constitue un trouble à l'ordre public.
Jusqu'alors, cette interprétation a toujours été refusée. Seuls des risques avérés pouvaient justifier une interdiction. On voit bien que dans son souci de briser « la petite entreprise de haine » de M. M'Bala M'Bala, Manuel Valls est prêt à maltraiter une jurisprudence constante. Confronté aux actuelles limites des moyens de droit, le ministre de l'Intérieur flirte avec la tentation de la censure. Pour quel résultat ? On peut craindre qu'il ne soit l'inverse de celui recherché.
Dans la vacuité de l'information, en cette période de fêtes, Dieudonné est devenu l'ennemi public n°1. C'était sans doute lui faire trop d'honneur. Il n'a fait qu'y gagner en notoriété. Il n'est pas question ici de contester que Dieudonné soit un provocateur obsessionnellement antisémite. On ne doit pas être dupe des grossières ambiguïtés qu'il entretient. Mais il existe un moyen très simple de le sanctionner sans le « victimiser » : c'est obtenir sa condamnation en justice à chaque fois que ses actes ou propos contreviennent à la loi.
Le seul problème est que, condamné à plusieurs reprises, Dieudonné a organisé son insolvabilité pour se soustraire au paiement des amendes. À quoi servent dès lors les moulinets de Valls si la justice est impuissante ? Plutôt que d'ouvrir dangereusement la porte à une censure aux limites incertaines, mieux vaudrait que notre État de droit fasse appliquer la loi. Si Dieudonné est coupable d'avoir transformé son show en indigne spectacle politique, nos dirigeants ne sauraient, en revanche, travestir leur action en politique spectacle !
mardi 7 janvier 2014
La Culture mène à tout, surtout à de nouveaux impôts
Quelle ne fut pas ma surprise récemment lorsque, feuilletant virtuellement la presse subventionnée de Franchouillie, je découvrais l’étonnante multiplication des articles relatant avec force détails toutes les richesses que le pays créerait au travers de ses nombreux projets et industries culturels. Voilà en effet une bien étonnante préoccupation en ce début d’année où l’on aurait pu croire que tout le gouvernement serait studieusement penché sur le rétrécissement des budgets.
Mais non : apparemment, il préfère se regarder le nombril et y déceler les joies de la création de richesse dans le domaine culturel. En effet, les ministères de Pierre Moscovici (qui est pour rappel en charge de l’Économie De Bouts De Chandelles) et Aurélie Filipetti (elle-même occupée au ministère de la Communication et de la Communication – et un peu de la communication sur les bords) ont confié à l’Inspection Générale des Finances et à celle des Affaires Culturelles une étude conjointe — parce qu’à plusieurs, on est plus fort pour produire des rapports — pour répondre à la question qui brûlait toutes les lèvres au gouvernement : Combien c’est-y que c’est le poids économique de la Culture en France ?
Importance de l’emplacement des adjectifs, c’est bien le poids économique de la culture en France qui a donc été laborieusement évalué, et non le poids de la culture économique en France, ce qui aurait été très rapide et aurait abouti à un chiffre beaucoup beaucoup plus petit. Et finalement, publié vendredi dernier, ce document montre, après le calcul précis du Bulotron 2000 du ministère de la Culture et une confirmation du Pipovac 5000 du ministère de l’Économie, que la valeur ajoutée des activités culturelles en France s’élevait en 2011 à 57,8 milliards d’euros.
Voili, voilà, c’est dit, et il faut que cela se sache. En avant donc pour une brouettée d’articles plus ou moins bien troussés pour nous expliquer que la culture, en France, c’est du sérieux qu’on réussit même à mesurer, au laser s’il le faut.
Et pourquoi diable faut-il subitement calculer combien rapporterait la culture en France, aussi vague ce terme soit-il et aussi vaste puisse être l’étendue de ce qu’on colle sous ce dernier ? Parce qu’à mesure que les finances du pays s’appauvrissent, la levée des impôts correspondants passe de plus en plus mal auprès des contribuables dont les fins de mois deviennent assez âpres l’hiver aidant. Et comme, question coupes budgétaires, tous ces contribuables attendent encore tous qu’un début, même timide, d’efforts soit fait, le gouvernement sent qu’il va devoir justifier ses postes de dépenses un peu plus que les années précédentes.
Moyennant quoi, on a le droit aux délicieux articles de la propagande officielle. Celui duMonde, pas du tout caricatural pour un rond de saucisson, se permet même le luxe de débuter son brossage du poil de contribuable dès les premiers paragraphes, qui déboulent à temps pour justifier un titre alléchant, « L’État dépense plus de 13 milliards pour la culture » :
Non, la culture n’est pas le domaine de saltimbanques gourmands en subventions que l’on décrit parfois. C’est un secteur productif, crucial pour la « marque France ».
Et il va de soi que ces 13 milliards injectés sont absolument indispensables puisque sans cela, la culture disparaîtrait rapidement du pays, comme le montrent tous ces pays qui ne subventionnent pas leur culture (ou pas autant que la France, disons) et qui ont disparu de la scène culturelle internationale comme – par exemple – tous les autres pays européens qui dépensent tous moins que nous pour ce ministère (les cons, s’ils savaient que c’est tout simplement grâce à ça qu’on rayonne tant dans le monde comme le prouve la domination des films de Pariwood !).
Mais plus sérieusement, même l’article du Monde est obligé de convenir que le rapport évoqué par le ministre Moscovici et l’onomatopée Orélifilipéti tient surtout de l’auto-justification : c’est un exercice avant tout politique pour faire passer l’idée qu’on va devoir continuer à abonder largement à ces puits sans fonds, d’une part parce que, mon bon monsieur, c’est de la créativité et donc de la richesse qui sont ainsi créées (etBastiat avec sa vitre cassée peut aller se rhabiller, le sot) et d’autre part, pragmatiquement, si on fait même semblant de vaguement frémir sur le robinet à subvention, les intermittents de l’emploi et les cultureux de combat déboulent dans vos journaux, dans votre télé, sur vos plateaux de théâtre ou dans vos salles d’animations communales en plein spectacle des CM2 pour pleurer sur le sort ignoble qu’on leur fait subir. Politiquement, c’est très risqué pour la majorité, surtout à quelques mois d’élections, d’autant qu’elles risquent d’être un naufrage amoindri seulement par la médiocrité consternante d’une opposition à l’intermittence intellectuelle patente.
En pratique, tout est donc fait pour polir et redorer le blason du ministère de la Culturepassablement amoché les mois passés grâce aux déclarations pitoyables de sa minustre, et montrer que ces tombereaux d’argent public ne servent pas à rien, et que même s’ils sont prélevés sur un peuple qui aurait eu nettement mieux à faire avec que des crottes bigarrées en PVC de six mètres de haut sur une place de gare perdue, au moins, ils génèrent de l’activité, de l’agitation, des mouvements, des spasmes. Et dans un pays qui se rigidifie tous les jours un peu plus, ces petits tressautements sont, quelque part, un peu rassurants.
Mais surtout, et c’est de looooooin le plus important pour nos petits commis étatiques, toute cette manœuvre médiatico-politicienne est une excuse plus ou moins solide pour aller tabasser ouvertement Apple, Google, Amazon, Steam et autres géants de l’internet parce que, d’après ce même rapport – comme c’est pratique – cette richesse culturelle ne retrouve pas sa part d’abondement chez ces géants-là. Ils échapperaient à la juste ponction, les vilains !
Eh oui : comme le notent les tâcherons inspecteurs qui ont pondu le fier rapport, avec tout ce numérique partout qui envahit l’espace culturel des gens, les chaînes traditionnelles de création de valeur sont toutes bouleversifiées. C’est attendrissant et cela se lit ainsi :
(…) avec la généralisation des jeux dématérialisés, les chaînes de vente de jeux vidéo physiques doivent réinventer leur modèle économique ; avec la consommation en ligne de programmes audiovisuels ou cinématographiques, les chaînes de télévision sont susceptibles de faire face à une baisse potentielle de leurs recettes publicitaires. (…) dès lors que les créateurs de séries télévisées ou de jeux vidéo peuvent s’adresser directement à leurs consommateurs via des plateformes numériques (Netflix, Facebook, AppStore), la définition d’un nouveau modèle économique (…) leur permettrait de s’affranchir du financement par les « éditeurs » (chaînes de télévision, éditeurs de jeux vidéo).
Et ça, voyez-vous mes petits amis, c’est über-mal parce qu’ainsi, Apple est devenu le plus grand fournisseur de jeux vidéos, alors qu’ils n’ont pas de boutiques partout et qu’ils ne vendent pas de jolis boîtiers physiques avec plein de TVA à tous les étages. Zut et flûte. Autrement dit, ce qui avant était par nature fort concentré dans certains réseaux et certains points de passage obligés, facilement taxables par l’État, se retrouve maintenant disséminé un peu partout, et… c’est un casse-tête pour alpaguer de la taxe là-dessus, ma brave dame.
Ne vous y trompez pas : nos socialistes trouveront un moyen (mauvais mais baste, passons) pour taxer aussi ces nouveaux échanges. L’État est aux abois et ne peut plus rien laisser passer. Mais si ce rapport, ces recommandations et ces nouveaux impôts montrent une chose, c’est que tous les jours, de plus en plus de domaines échappent maintenant aux doigts rapaces de l’État.
Et pas de doute : ça rend nerveux les minustres.
Le billet de Michel Schifres
Notre auto à La Havane
Le frère de Fidel l’avait promis, le frère de Fidel l’a fait : depuis vendredi les voitures sont en vente libre à Cuba. Le système étant quelque peu essoufflé, il s’agit par ce biais aussi d’y introduire quelques doses d’économie de marché. Evidemment comme on ne se refait pas, l’Etat a ajouté quelques taxes. Tant et si bien que les autos ne sont pas données. Ainsi une berline est vendue 239 500 dollars alors que le prix catalogue de son constructeur est de 46 000 dollars. Des Cubains se plaignent. Ils craignent de ne pas y arriver avec un salaire moyen mensuel d’environ 20 dollars. Ce sont des aigris, incapables de comprendre le triomphe du socialisme. Car enfin, comment ne pas voir que si les tarifs sont à ce point élevés, c’est que là-bas, tout le monde est riche ?
François Hollande précipite la chute de la France selon Newsweek
Newsweek a publié un article particulièrement sévère sur la France ce week-end : The fall of France, comparant l’exil des étudiants et des entrepreneurs à celui des Huguenots à la suite de la Révocation de l’Edit de Nantes… Il rejoint des papiers internationaux récents, dont la conclusion commune est que la politique économique (et particulièrement fiscale) du Gouvernement est en train de précipiter la France vers le déclin économique (voir celui-ci sur la politique fiscale et celui-là sur l’exil des Français à Londres dans The Telegraph ; celui-ci par Bloomberg qui s’intitulait "Is France the New Italy?"; celui-là dans le FT sur la dette )
But the past two years have seen a steady, noticeable decline in France. There is a grayness that the heavy hand of socialism casts. It is increasingly difficult to start a small business when you cannot fire useless employees and hire fresh new talent. Like the Huguenots, young graduates see no future and plan their escape to London.
L’article comporte un certain nombre d’imprécisions et la comparaison avec la Révocation de l’Edit de Nantes est pour le moins osée, mais il révèle malheureusement le ton général de ce qui se dit de la France à l’étranger, pente très critique accélérée depuis l’élection de Monsieur Hollande (mais pas commencée avec lui, évidemment).
lundi 6 janvier 2014
Manuel Valls a envoyé aux préfets la circulaire encadrant l'interdiction des spectacles de Dieudonné
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a envoyé lundi 6 janvier aux préfets la circulaire précisant les conditions dans lesquelles les autorités peuvent faire interdire lesspectacles de Dieudonné. L'humoriste polémique, qui entame jeudi à Nantes (Loire-Atlantique) une tournée en France, a été condamné à plusieurs reprises, notamment pour incitation à la haine raciale.
Sur trois pages, Manuel Valls s'en prend au spectacle de Dieudonné, intitulé Le Mur, qui contient "des propos antisémites et infamants à l’égard de plusieurs personnalités de confession juive (...) et des atteintes virulentes et choquantes à la mémoire des victimes de la Shoah". "Le message insoutenable que les propos de M. Dieudonné véhiculent est parfaitement incompréhensible de la plupart des spectateurs", poursuit le ministre de l'Intérieur, dans le texte que s'est procuré Le Parisien.
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| Dictateur Valls |
Des infractions pénales qui "ne peuvent être regardées comme un 'dérapage' ponctuel"
"Le respect de la liberté d’expression ne fait pas obstacle à ce que, à titre exceptionnel, l’autorité investie du pouvoir de police interdise une activité si une telle mesure est seule de nature à prévenir un trouble à l’ordre public", se justifie Manuel Valls. Selon le ministre, cette interdiction "s’inscrit dans la suite de spectacles ayant déjà donné lieu à des infractions pénales". Et le ministre d'ajouter : "Ces dernières ne peuvent être regardées comme un 'dérapage' ponctuel."
Manuel Valls rappelle aux préfets les conditions d'une interdiction d'un spectacle ou d'une réunion publique : "L'existence de risques de graves troubles à l'ordre public induits par cette manifestation ; l'impossibilité de prévenir ces troubles par des mesures de police appropriées, moins attentatoires aux libertés que l'interdiction."
"Si les conditions sont réunies vous pouvez faire usage de votre pouvoir d’interdiction, concurremment ou non avec celui du maire", indique le ministre de l'Intérieur aux préfets.
2014: la Grèce quitte l'euro
Deux grecs au chômage pour un en emploi
La réalité est encore plus dramatique, puisque c'est deux grecs qui sont au chômage pour un grec qui bénéficie d'un emploi: ce ratio étant le plus élevé au monde. L'effort à fournir par les grecs devrait donc être surhumain - et inhumain - si leur ambition est d'égaler ce ratio en vigueur auprès des pays à croissance molle, comme la France.
Le rythme de créations d'emploi devrait en effet atteindre une cadence formidable pour atteindre un ratio de 1.5, alors que les salaires en Grèce sont toujours plus élevés que dans des pays comme la Pologne et la Hongrie. Autrement dit, la Grèce ne pourra toujours pas miser sur son secteur à l'exportation pour redresser sa croissance, en dépit d'efforts de productivité intenses qui ont été consentis et malgré des salaires réels en chute libre. L'année 2014 ressemblera donc aux années précédentes, malgré les prédictions du gouvernement grec, de l'Union européenne et du F.M.I. qui - il est vrai - se trompent systématiquement depuis plusieurs années en prévoyant l'imminence d'une reprise grecque.
Un budget en excédent, hors intérêts
Pourtant, l'économie de ce pays a changé ces deux dernières années. En effet, la Grèce affiche désormais un excédent commercial, principalement grâce à son secteur du tourisme en progression de 12% en 2013, et du fait d'un chômage massif et d'une déprime économique qui se sont logiquement traduits par un recul sensible de ses importations. Toujours est-il que la Grèce n'a plus besoin aujourd'hui d'emprunter sur les marchés comme elle n'a plus besoin de l'assistance de l'Europe pour financer ses nouvelles dépenses. En outre, après avoir réalisé quelque 110 milliards d'euros d'économies en 2012 et en 2013, le budget grec sera excédentaire dès 2014! Ce pays ne disposera évidemment pas de revenus suffisants pour lui permettre de s'acquitter des intérêts de sa dette phénoménale, mais il peut désormais se targuer d'être en capacité de payer ses dépenses courantes.
La donne a changé
En d'autres termes, ce n'est pas seulement les statistiques et les chiffres qui ont évolué. C'est l'ensemble de la donne grecque qui, aujourd'hui elle aussi, a changé. S'il est vrai que les innombrables prédictions selon lesquelles la Grèce serait chassée de l'euro en 2011 ou en 2012 ont toutes fait fausse route. S'il était littéralement impossible à ce pays de quitter la monnaie unique en 2012 ou en 2013 car il n'avait aucunement les moyens d'assurer sa subsistance. L'excédent commercial de 2013 et l'excédent budgétaire prévu cette année lui permettraient et lui donneraient tous les moyens de claquer la porte de l'euro, s'il le souhaitait. De fait, la Grèce serait aujourd'hui capable de quitter unilatéralement la monnaie unique sans être réduite à quémander pas plus l'assistance de l'Union européen que celle du F.M.I.
Un remboursement graduel des dettes
Son excédent commercial l'autoriserait en effet à retrouver une drachme solide, qu'elle pourrait en outre dévaluer afin de doper ses exportations. Son gouvernement comme son ordre public ne seraient pas menacés car le pays aurait à sa disposition des fonds en quantités suffisantes pour payer ses factures. La Grèce ne ferait pas forcément défaut, puisque ses dettes pourraient être graduellement remboursées dans une drachme qu'elle serait en mesure d'imprimer en cas d'extrême urgence. Bref, une sortie grecque de l'euro serait loin de représenter une catastrophe, en tout cas pour la Grèce. Le fait est que, en ce début d'année 2014, nul ne saurait balayer d'un revers de main l'éventualité d'un « Grexit ».
Va-t-on mettre fin à la stratégie du pire?
Les grecs se rebelleront-ils contre la stratégie du pire systématiquement employée par les autorités européennes, elles-mêmes sous la botte allemande ? Qui consiste à analyser la crise sous le seul prisme des déficits et à n'y remédier - en toute logique - que par l'austérité budgétaire. Qui punit par la même occasion celles et ceux qui sont le moins responsables du déclenchement de la crise, c'est-à-dire les peuples ? La technocratie européenne s'est en réalité donnée à cœur joie dans l'imposition de cette rigueur au sein des pays européens périphériques comme en France, tant et si bien que les grecs - les espagnols, les italiens, les portugais - en sont aujourd'hui au stade du questionnement existentiel. Tous ces sacrifices en valent-ils la peine ? L'Europe - cette Europe là !- en vaut-elle la peine ? Quand les seules réponses et que les seuls signaux émanant d'Allemagne et de Bruxelles se déclinent en chômage et en économies supplémentaires, lesquels ne manqueront pas de se traduire à leur tour en une radicalisation supplémentaire ?
* Michel Santi, économiste franco-suisse, conseille des banques centrales de pays émergents. Il est membre du World Economic Forum, de l'IFRI et est membre de l'O.N.G. "Finance Watch". Vient de paraître : une édition étoffée et mise à jour des "Splendeurs et misères du libéralisme" avec une préface de Patrick Artus et, en anglais, "Capitalism without conscience". Vient de paraître :"L'Europe, chronique d'un fiasco politique et économique"
En attendant le vrai tournant
En attendant le vrai tournant
Jusqu’où ira la précocité de François Hollande ? Prompt à abandonner son credo de « présidence normale », premier chef de l’Etat de la Ve République à toucher aussi vite les bas-fonds de l’impopularité, diligent à démontrer qu’il avait échoué dans son objectif phare de baisse du chômage, voilà qu’il s’apprête, vingt mois après son arrivée à l’Elysée, à changer de politique. Ou plutôt, selon un entourage soucieux de nuancer l’audace rhétorique des vœux, à assumer enfin une ligne social-démocrate à laquelle il n’aurait jamais cessé de croire in petto… Ce « non-tournant », cette « même politique » n’auraient donc rien à voir avec un reniement ou un aveu d’échec, mais relèveraient d’un « approfondissement », mieux d’une « accélération ». Si tel est le cas, qu’il nous soit permis une exhortation alors que la France décroche en Europe : encore un effort, Monsieur Président !
Un effort pour rendre limpide ce qui ne l’est toujours pas sur la réduction des dépenses publiques, le reflux fiscal, le choc de simplification... Un effort pour passer du « Dire et redire ce que l’on ne fait pas » à l’adoption effective de l’adage: « Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit ». Encore un effort pour coordonner cette conversion au réel avec un gouvernement et une majorité pour l’instant en désordre de bataille.
François Hollande sera-t-il capable d’assurer, comme un Tony Blair : « La gestion de l’économie n’est ni de droite, ni de gauche : elle est bonne ou mauvaise » ? Et pourra-t-il dans un discours plagier un Gerhard Schröder : « Nous allons devoir couper dans les prestations sociales, encourager la responsabilité individuelle et exiger plus d’effort de chacun » ? Si oui, il sera temps de saluer la rupture présidentielle. Mais pas avant.
Chiffon rouge : ce qui explique que Christiane Taubira hérisse autant le poil des gens de droite
Mariage pour tous, réforme pénale, lois mémorielles... La carrière politique de la garde des Sceaux a été marquée par des débats qui ont crispé une partie des Français. Sa vision de la famille, de la justice et de ce qui relève ou non du racisme est loin de plaire à tout le monde.
Alexandre Giuglaris : Christiane Taubira aura marqué l’année 2013. Elle aura porté la loi instituant le mariage pour tous et aura subi des attaques tout à fait inacceptables. Si ces injures doivent être condamnées très fermement, elles ne doivent pas empêcher de critiquer une action en matière de politique pénale et une pratique du pouvoir qui créent chaque jour plus de mécontentement dans l’opinion publique.
Ce mécontentement citoyen s’explique tout d’abord par les symboles que la Garde des Sceaux a mis en avant. Dès sa nomination, la ministre de la Justice a souhaité aller assister à un match de sport entre détenus plutôt que de s’intéresser aux victimes de ces détenus… Toutes ses premières déclarations n’ont eu pour objectif que de critiquer les lois de la précédente majorité et d’annoncer leur démantèlement malgré le soutien de l’opinion publique à celles-ci. Je pense, par exemple, aux peines plancher contre les récidivistes.
Ensuite, la manière dont ont été traités les adversaires de cette politique est tout à fait symptomatique du sectarisme et du mépris qui règnent place Vendôme. Le 4 septembre 2013, Christiane Taubira reçoit différentes associations de victimes en leur promettant de les revoir un mois après pour évoquer leurs inquiétudes quant à la réforme pénale. Quatre mois plus tard, aucune nouvelle rencontre n’est prévue…
Doit-on juger d’une politique pénale à la manière dont sont traitées les victimes ? Cela paraît tout de même le minimum que l’on puisse envisager. Alors que faut-il penser ou craindre, lorsque l’on sait que Christiane Taubira travaille étroitement avec le Syndicat de la Magistrature qui s’est brillamment illustré lors de la découverte du "mur des cons" dans ses locaux ? Sur ce mur de la honte, où figuraient de nombreux leaders politiques, intellectuels ou journalistes, on a également signalé la présence de deux pères de jeunes filles assassinées par des récidivistes dans des conditions ignobles et qui se sont engagés pour demander une justice plus ferme. La mainmise du Syndicat de la Magistrature sur le ministère de la justice sous Mme Taubira n’est plus à démontrer. Mais avec ce "mur des cons", les Français ont enfin découvert, sidérés, ce à quoi "s’amusent" certains de leurs magistrats. Un choc à la mesure du mécontentement à l’égard de notre justice.
Les Français savent donc aujourd’hui quelle est l’idéologie qui imprègne la politique de la Garde des Sceaux et qu’ils refusent dans leur très grande majorité. C’est une politique qui méprise les victimes et s’intéresse uniquement aux délinquants, qui seraient, eux, victimes de la société… Une inversion complète des valeurs et des repères qui se retrouve dans le projet de réforme pénale prévu pour le mois d’avril. Ce texte ne prévoit aucune avancée en faveur des victimes mais multiplie les mesures visant à condamner moins sévèrement et à éviter à tout prix la prison pour les délinquants et criminels, même récidivistes.
C’est un véritable "deux poids, deux mesures" qui est installé à la chancellerie lorsque les assaillants d’un RER n’ont aucune peine de prison, à l’inverse d’un opposant à la loi Taubira. Plus symptomatique encore, alors que la Garde des Sceaux ne cesse d’initier une politique toujours plus laxiste, elle demande par voie de circulaire officielle que les manifestants bretons des bonnets rouges soient sanctionnés particulièrement sévèrement. Ce "deux poids, deux mesures", c’est enfin le projet du gouvernement d’abaisser l’âge de vote à 16 ans pour les élections locales mais la volonté de supprimer les tribunaux correctionnels pour mineurs récidivistes âgés de 16 à 18 ans, au nom du respect de leur minorité… Pour Christiane Taubira, à 16 ans, on est assez mûr pour voter comme un adulte mais pas pour assumer ses délits ou ses crimes ?
Cette politique injuste et dangereuse est largement rejetée par les Français. C’est d’ailleurs pour cela que la réforme pénale a été renvoyée après les élections municipales. Mais si la réforme n’est pas abandonnée, il est à craindre que le mécontentement ne se transforme en colère. C’est pourtant précisément l’inverse, qui devrait être le but d’un garde des Sceaux, à savoir l’apaisement de la société. L’échec est patent et particulièrement saisissant.
>>> Famille <<<
Geoffroy de Vries : Qualifiée par Christiane Taubira elle-même de « réforme de civilisation », la loi sur le mariage pour tous restera, sans aucun doute, dans les annales tant en raison de la vision de la famille qu’elle incarne que du mépris de nos dirigeants socialistes à l’égard des responsables associatifs et religieux qui s’y sont opposés durant les débats parlementaires, des 700 000 signataires de la pétition pour le CESE et des millions de manifestants, de l’agressivité des lobbyistes pro mariage gay à l’encontre de LMPT et de l’Eglise catholique, et de la sévérité injustifiée de la police vis-à-vis notamment des veilleurs.
Cette loi trouve sa source tant dans l’idéologie du genre qui veut abroger la différence des sexes que dans la volonté des personnes homosexuelles d’avoir des enfants via l’adoption, afin de « faire famille », selon le terme loufoque de Dominique Bertinotti, ministre chargé de la Famille.
Et pourtant, pour la majorité des Français – et pas uniquement ceux de droite, la famille est composée d’un homme et d’une femme, le plus souvent mariés, et de leurs enfants. Certes, la famille évolue avec la multiplication des naissances hors mariage et des divorces. Mais la famille composée de parents homme et femme reste encore le meilleur cadre pour l’éducation et l’épanouissement des enfants et surtout pour perpétrer l’espèce humaine. Et lorsqu’elle est fondée sur le mariage, elle est un cadre qui garantit la qualité et l’authenticité des relations interpersonnelles entre les époux d’une part et entre les époux et leurs enfants d’autre part.
Or, cette conception a été remise en cause par la loi Taubira qui bouleverse le mariage et les règles de la filiation. Le mariage entre deux personnes de même sexe leur ouvre, conformément au droit français, le droit à l’adoption, celle d’un orphelin ou de l’enfant du conjoint. Et les lobbys pro mariage gay revendiquent maintenant l’accès aux techniques de procréation artificielle que sont la PMA et la GPA.
Ainsi, la « famille » devient une sorte de « melting-pot » composé de parents de sexes différents ou de même sexe et d’enfants conçus de façon naturelle ou artificielle, pouvant ainsi être privés soit d’un père, soit d’une mère.
A d’autres égards encore, la famille est la cible du gouvernement socialiste. Le projet desimplification du divorce par consentement mutuel en retirant tout rôle au juge au profit du greffier risque fort de fragiliser les droits du plus faible dans le couple et, faciliter le divorce, c’est en quelque sorte fragiliser le mariage. Le projet de Najat Vallaud-Belkacem de « déconjugalisation » de l'impôt sur le revenu, s’il est adopté, pénalisera encore financièrement les familles dont les femmes ne travaillent pas. La gauche s’est toujours méfiée de la famille, sans doute parce qu’elle entrave, tout comme l’Eglise, la transformation socialiste de chaque individu et de la société toute entière... Et pourtant, la famille reste le premier lieu d’amour, de solidarité et de transmission des valeurs et assure l’épanouissement des citoyens et la pérennité de notre société.
Maxime Tandonnet : Madame Taubira incarne l'aile gauche du gouvernement à travers son rôle dans l'adoption du "mariage pour tous" et la remise en cause des lois Sarkozy sur la sécurité, peines planchers, rétention de sûreté. Son rôle est ainsi vital dans l'équilibre politique de l'équipe au pouvoir. Il n'est donc pas illogique qu'elle fasse l'objet des critiques de l'opposition. Son image reste par ailleurs marquée par la loi mémorielle du 21 mai 2001, définissant l'esclavage comme un "crime contre l'humanité" dont elle fut le rapporteur. Ce texte garde une portée symbolique forte et il incarne une méthode contestée d'utilisation de l'histoire à des fins politiques.
Les massacres et les tragédies jalonnent l'histoire de l'humanité et ce type de loi revient à poser la question du choix des époques et des événements faisant l'objet d'un traitement particulier : la traite négrière fut bien sûr une abomination, mais pourquoi ne pas légiférer alors, par exemple, sur le sort des populations amérindiennes, les exactions dont le peuple chinois a été si souvent victime, le massacre de la jeunesse européenne en 1914-1918 (17 millions de tués et autant de mutilés) ? La loi du 21 mai 2001 a été accusée de partialité dans la mesure où elle passe sous silence les formes non européennes de l'esclavage (arabe, notamment), exprimant ainsi, pour ses détracteurs, une forme d'idéologie anti-occidentale.
Elle passe sous silence le rôle de la France dans l'abolition de ce fléau, d'abord en 1793 sous la Convention puis sous la Seconde République en 1848. D'autres textes du même type sont intervenus depuis, en particulier celui du 23 février 2005 tout aussi controversé et contestable, sur le "rôle positif de la colonisation". Il est reproché aux lois mémorielles de raviver des blessures, d'attiser les fractures, de sublimer la repentance, de favoriser ainsi les communautarismes au détriment de l'unité nationale en transformant la nation en mosaïque de revendications identitaires, d'exploiter l'histoire à des fins idéologiques, une tentation contraire à toutes les valeurs démocratiques, et enfin de porter atteinte à la liberté d'expression. On peut y voir aussi un dérivatif à l'impuissance du pouvoir politique face aux enjeux concrets que sont par exemple la lutte contre le chômage ou l'insécurité... Par une décision du 28 février 2012, le Conseil constitutionnel a censuré la pénalisation de la négation du génocide arménien au nom de la liberté d'expression, posant des limites à l'instrumentalisation politique de l'histoire.
Pour garder un sens, éviter le risque de la banalisation, de la surenchère et du morcellement de la mémoire, les lois mémorielles devraient sans doute conserver un caractère rigoureusement exceptionnel, limité à la condamnation du négationnisme relatif au génocide des juifs d'Europe sous la deuxième guerre mondiale.
dimanche 5 janvier 2014
SDF : Madame la Ministre, un peu de discernement !
Une tribune de Vincent Roger, porte-parole de Nathalie Kosciusko-Morizet, en réponse à Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l'exclusion. Cette dernière a récemment fustigé la candidate UMP à la mairie de Paris pour s'être montrée dans le magazine VSD en train de fumer en compagnie de SDF.
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| Encore une qui doit fermer sa gueule |
Le score dérisoire que vous aviez fait aux primaires socialistes à Marseille vous avait obligé à un jeûne médiatique. La peur, sans doute d’un futur remaniement, vous invite à sortir précipitamment de votre hibernation. Croyant faire un bon coup de com’, votre première prise de parole de l’année, fut donc hier de lancer une polémique avec Nathalie Kosciusko-Morizet. L’affaire était trop tentante voire trop belle. Quoi de mieux, en effet, pour vous, que de calomnier une femme de droite dix fois plus connue que vous. Quoi de mieux pour vous, comme pour la gauche française qui sait si bien le faire, de donner des leçons en matière de solidarité. Quoi de mieux pour vous d’incarner une gauche dépositaire de la morale publique, fidèle à la seule ligne directrice du gouvernement auquel vous appartenez.
Vous avez donc appelé Nathalie Kosciusko-Morizet à "la décence" suite à la parution dans un hebdomadaire d’une photo à la légende aussi hasardeuse que provocatrice. Cette photographie montrait la candidate à la Mairie de Paris discutant avec un SDF. Sans retenue et sans prendre le moindre recul par rapport à la parution de ce cliché, vous avez ainsi traité "d’indécente" une élue de la République. Trop consciente que vous êtes que dans notre société, tout devient suspect, tout doit être critiqué. Il est désormais plus simple de créer une polémique que de prouver sa bonne foi.
Ne vous en déplaise, Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas à s’excuser d’avoir été entre Noël et jour de l’an au-devant des Parisiens qui souffrent. Désolé, Madame la Ministre, elle n’avait pas à vous demander la permission de rencontrer, avec des associations, des prostituées, de passer la soirée du 30 décembre dans un service d’urgence et de participer à une maraude. Le rôle d’un candidat à la Mairie de Paris, c’est d’aller dans les entrailles de la ville et non de faire campagne dans les salons confortables de l’Hôtel de Ville. L’essentiel de ces rencontres s’est réalisé sans presse. Lors de cette maraude, il y avait un photographe d’agence. Quel crime ! Depuis que vous êtes la Ministre des exclus, existe-t-il une loi interdisant de les montrer ? NKM est-elle le premier responsable politique à avoir "osé" être photographiée dans le cadre d’une opération de solidarité ? Est-ce NKM ou la rédaction de VSD qui a choisi cette photo ?
Ne vous en déplaise également mais Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas à s’excuser d’avoir donné une cigarette à un SDF. Elle n’a pas non plus à se justifier d’avoir répondu en polonais à cette même personne. Et pour votre information, NKM fume. Ce n’est sans doute pas bon pour sa santé mais je ne vois pas en quoi elle aurait dû s’interdire de partager un moment tout simplement humain. Le fait de passer aujourd’hui devant le tribunal de votre mauvaise foi ne peut que la conforter dans son bon droit. Visiblement, cette photo vous dérange, non pour les raisons faussement moralistes que vous avancez, mais parce que, comme beaucoup de gens de gauche, vous vous considérez "propriétaires des pauvres". Vous parlez d’indécence, moi je décèle entre les lignes de votre tribune de la condescendance. Vous êtes-vous un instant interrogée sur ce qu’a pu penser ce SDF de ce moment de partage et d’échange ?
Votre appel à la décence est surtout un manque de discernement. Vous avez cédé à la tentation de l’immédiateté et à l’attraction des médias. Vous croyez avoir réussi un bon coup, vous avez simplement rabaissé votre fonction. Votre réaction est aussi puérile qu’incongrue. N’aviez-vous pas mieux à faire en cette rentrée gouvernementale !
Dois-je vous rappeler que vous êtes en charge des Français les plus fragiles. Ces hommes et ces femmes n’ont que faire de vos leçons de morale. Pardonnez-moi ma franchise, mais ils s’en foutent. Ils attendent de vous des résultats.
Dois-je vous rappeler aussi que la France de 2014, c’est 5 millions de chômeurs, 8 millions de précaires et une classe moyenne au bord du dévissement ? Et pendant ce temps, vous n’avez rien trouvé de mieux à faire que de prendre part au NKM bashing ambiant. Ce dernier est une mode, elle passera ! Dans le climat actuel c’était prendre peu de risque pour claironner votre retour sur la scène médiatique. Sauf celui d’être ridicule !
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