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mercredi 26 novembre 2014
Le cerveau archaïque des politiques
Les politiques sont incapables de penser l’avenir. La structure mentale de leur cerveau les en empêche.
Écrire sur la politique est devenu vraiment trop éprouvant. Tant à gauche qu’à droite, les hommes politiques s’avèrent tous désespérément incapables d’inventer un avenir différent de ce à quoi ils ont été habitués depuis des décennies. Enfermés dans des structures mentales d’un autre âge, ils sont dans l’incapacité d’imaginer autre chose que ce qu’ils ont toujours connu : l’alternance désespérante soit de ronds de gauche, soit de carrés de droite, mais toujours enfermés dans la même grille qui a fait faillite.
L’indispensable reconfiguration des structures – politiques, institutionnelles, sociales, démocratiques ou numériques – est carrément hors de portée de leurs cerveaux formatés par des idéologies datant du XIXe siècle ou déformés par l’ENA. Ils sont en fait incapables de penser « en dehors de la boîte » – de leur petite boîte crânienne étriquée, verrouillée et impuissante à concevoir autre chose que l’existant et le répétitif. Et donc je ne vais même pas essayer d’expliquer avec des mots (ils ne comprendraient pas) mais avec des images qui disent plus que mille mots…
L’image du dessous, c’est ce qu’ils tolèrent à peine : une fois tous les cinq ans environ, lors de scrutins qu’ils redoutent comme la peste, ils ont un petit tressaillement existentiel : des élections s’annoncent, les lignes Maginot qu’ils ont construites risquent de bouger et ils ont une peur panique. Et puis les gens votent, les lignes traditionnelles se remettent en place. Ils poussent un grand ouf de soulagement : tout se stabilise à nouveau et ils peuvent continuer leur petit train-train habituel. Le vent du boulet électoral est passé. Ils sont assurés de leurs petits fours pendant au moins quatre ans.
Vous avez aussi une autre représentation de ce à quoi ils veulent bien se prêter : juste changer quelques têtes. Untel remplace untel, tu me remplaces ici et je te remplace là, on se tient tous par la barbichette et l’électeur n’y verra que du feu. On fait des remaniements ministériels qui ne sont qu’un jeu de chaises musicales, on donne l’illusion du changement et, hop, on peut continuer à danser en rond jusqu’aux prochaines élections, avant lesquelles on changera sans doute encore quelques têtes pour donner encore l’illusion d’un changement fort ! Et ils s’étonnent que les Français en aient carrément par-dessus la tête de ces petits jeux stériles.
Incapables de concevoir des structures dynamiques différentes
Ces « représentations mentales » qui font sauter les configurations classiques et exploser le cerveau comme les marrons chauds en hiver – paf ! – fonctionnent évidemment dans bien d’autres domaines que la politique. Celui du web en particulier. Je lisais ce matin un article passionnant d’Amaelle Guiton intitulé « L’Internet et le politique, en un (vieux) schéma » où sont présentés les trois schémas ci-dessous que je trouve tout simplement lumineux. Si nos politiciens pouvaient comprendre enfin la différence entre la configuration (A) dans laquelle ils sont mentalement enfermés, la (B) qui serait déjà un progrès, et surtout la (C), on aurait évidemment fait un immense bond en avant. Je vous laisse les regarder attentivement…
Et tenez, pour que ce soit encore plus clair, je vous recopie carrément ci-après ce qu’en dit Amaelle Guiton dans son article :
Ce schéma est de la main de l’ingénieur américain Paul Baran, qui a rejoint en 1959 la RAND Corporation, un think tank californien originellement créé à la fin des années quarante pour conseiller les forces armées américaines. Au sein de la RAND, Baran a travaillé à concevoir un système de communication capable de résister à une attaque nucléaire. Ces travaux ont donné lieu à la parution, en 1964, d’une série de rapports intitulée On Distributed Communications. Ce schéma est tiré du premier de la série Introduction to Distributed Communications Networks.
C’est à la fois clair, d’une absolue simplicité, et incroyablement évocateur. Ce que propose Baran – de manière très audacieuse pour l’époque – c’est une infrastructure de communication sans centre névralgique, sans « point unique de défaillance » (single point of failure), et dont le maillage assure la résilience : même si l’un des points du réseau disparaît, l’information continue à circuler entre les autres. Mais on peut aussi, évidemment, voir dans cette structure distribuée une « forme politique » – l’effacement des points d’entrée, des gatekeepers, au profit de liens égalitaires entre les nœuds du réseau.
Voilà, maintenant si vous écoutez des politiques parler à la radio ou à la télévision, demandez-vous quelle est la configuration exacte de leur cerveau (A), (B) ou (C) ! Et faites comme moi : éteignez le poste immédiatement. Ils n’en valent pas la peine.
mercredi 8 octobre 2014
Élections 2017 : et si les Français devenaient tout à coup irrationnels ?
Déçus par leurs dirigeants, désabusés par les promesses non tenues, dépités par les Partis, exaspérés par la multiplication des affaires, les Français pourraient très bien adopter aux prochaines présidentielles un comportement contraire à toutes les prévisions politiques possibles…
Que se passerait-il si les Français totalement désabusés cessaient d’être cartésiens et piquaient une grave crise d’irrationalité électorale d’ici 2017 ? Il faut dire qu’ils ont de sacrés motifs pour faire une belle embardée politique : ils sont déçus par leurs dirigeants, désabusés par les promesses non tenues, dépités par les partis politiques, exaspérés par la multiplication des affaires ; Ils sont effondrés par l’absence de solutions apportées à leurs problèmes et effarés de voir que tout va de plus en plus mal aussi bien en France qu’en Europe… Et donc ils pourraient très bien adopter aux prochaines présidentielles un comportement complètement irrationnel, échappant aux radars de la “logique politique” telle qu’elle est traditionnellement définie par les instituts de sondages et les experts en science politique. On risque bien de ne pas être déçus !
Regardez ce qui leur est proposé pour sortir de la crise : les uns leur proposent de maintenir à tout prix les interventions d’un État-providence en faillite (rebaptisé « État Stratège » pour faire plus joli) ; les autres proposent au contraire de diminuer résolument les dépenses de la sphère publique ; d’autres encore de lutter farouchement contre l’immigration pour sauver une “identité nationale” qu’ils craignent de voir se dissoudre dans un islam de plus en plus visible et jugé — à tort ou à raison — comme de plus en plus dominateur et conquérant….
Les défenseurs de l’État stratège se retrouvent curieusement aux deux bouts de l’échiquier Droite/Gauche : Marine Le Pen et Arnaud Montebourg (qui va bientôt monter au créneau de 2017) s’en font tous les deux les porte-parole enthousiastes. Pareil pour tout ce qui tourne autour de l’idéologie du made in France : là encore Montebourg et M. le Pen marchent sur les mêmes plate-bandes du franco-français et du patriotisme économique… Il n’y a finalement qu’une thématique qui risque de faire vraiment la différence entre la Gauche et la Droite (et même entre les candidats de la Droite) : tout ce qui tourne autour de l’identité nationale et du rejet de l’immigration. Si Marine Le Pen monte si haut dans les sondages d’opinion, c’est très vraisemblablement en raison de cette thématique identitaire où tout se mélange : l’immigration, Schengen, les sans-papiers, les prières dans les rues, les mosquées, l’AME, la préférence nationale, etc….. Il faut avouer que les islamistes qui coupent des têtes au nom de l’État Islamique ne contribuent pas vraiment à persuader les Français que l’islam puisse être une religion d’amour et de paix…
L’irrationalité identitaire…
Que se passerait-il en cas de brusque poussée d’irrationalité ? Si les Français — déçus par la rationalité strictement économique — décidaient, sur un coup de tête, de se réfugier dans les solutions purement “identitaires” et “nationalistes” ? En gros s’ils se disaient en leur for intérieur : « côté économique, c’est n’importe comment foutu. Quels que soient les Partis au pouvoir, la pauvreté augmentera et le chômage aussi. Alors — perdu pour perdu — autant choisir un candidat qui limitera la pression de l’immigration et protégera au moins notre identité… » ?
Je ne dis évidemment pas que j’approuve cette hypothèse… Je dis simplement qu’il se pourrait bien que cette irrationalité l’emporte dans les esprits d’ici 2017. Le moral des Français — tous les sondages le confirment — est tombé au plus bas. Ils sont totalement désillusionnés et n’ont plus confiance ni dans leurs hommes politiques ni, ce qui est bien pire, dans l’avenir de leur pays. Quand des citoyens sont à ce point désabusés et n’ont vraiment plus rien à perdre, il est difficile d’attendre d’eux un raisonnement logique ou rationnel. Ils savent bien que les solutions économiques de Marine Le Pen ne sont pas bonnes et ils le disent. Mais s’ils pensent que le pire est du côté d’une identité nationale menacée, alors là, ça risque de faire mal car même les sondeurs n’ont pas été préparés à anticiper cette irrationalité identitaire !
C’est pour cela que j’ose poser la question : que se passera-t-il si émergeait dans la campagne présidentielle le thème de “l’identité” et que le sujet de l’immigration soit jugé trop “nauséabond” pour être évoqué par les élites politiciennes des partis dits républicains ? Qu’arriverait-il si, devant les Français atterrés, l’élite politique ne se disputait que sur des points de PIB ou des pourcentages de recettes fiscales sans oser aborder de front la thématique diabolique et populiste de l’identité Française ? Oui, je sais, ce débat sur l’identité a déjà été ouvert à l’époque et avait été jugé nauséabond… Mais je pose tout de même la question car je sens que ce “retour du refoulé” risque de remonter brutalement à la surface et que beaucoup de candidats — à Droite comme à Gauche — ne sont pas vraiment préparés à aborder, avec des arguments solides et convaincants, cette thématique de l’immigration devant des Français exaspérés. Un boulevard immense s’ouvrirait alors devant qui vous savez. C’est marrant mais je la sens vraiment très mal cette élection présidentielle !
Redevance : mais qu’ils arrêtent de tout taxer ! C’est notre vie, pas la leur !
Jamais à court d’idées pour taxer encore et encore les Français jusqu’à ce que le pays s’écroule ou se révolte, François Hollande a carrément proposé devant le CSA le 2 octobre, d’étendre la redevance télé aux détenteurs de tablettes et d’ordinateurs… Selon lui, en effet, «on peut regarder les chaînes du service public sur d’autres instruments que la télévision» et donc, pour un socialiste, il faut taxer.
Évidemment qu’on peut regarder la télé sur nos ordinateurs ! Mais le Président de la République comprendra-t-il un jour que c’est précisément pour ne PAS regarder les chaînes d’État que nous sommes de plus en plus nombreux à prendre le maquis sur le web, à faire sécession sur internet et à nous déconnecter de leurs indigentes et nullissimes chaînes d’État ! (rien que ces deux mots : “chaînes” et “État”…).
“Je rassure, l’objectif n’est pas d’accroître les recettes»… a aussitôt précisé Hollande. Tu parles ! Ils ont une peur panique de voir les gens filer et provoquer une baisse massive des recettes liée à la redevance télé. Que feraient-ils sans leurs médias contrôlés et soumis ? Que deviendraient-ils avec un web indépendant et libre ? Le problème, avec ces déclarations intempestives et cette manie de tout taxer, c’est qu’il va vraiment falloir songer à descendre dans la rue. Sinon rien ne les arrêtera ! Mais qu’ils cessent de contrôler ce qu’on regarde et qu’ils arrêtent de mettre leurs grosses pattes pleines de doigts crochus sur nos vies !
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Les chaînes publiques ne devraient pas être financées par une redevance fiscale
La question n’est pas, comme le dit François Hollande, d’étendre la redevance aux tablettes sous prétexte qu’on peut y regarder les chaînes publiques. Elle est d’arrêter d’asseoir la redevance sur le poste de TV lui-même. Il n’y a en effet strictement aucune raison que la redevance perçue au bénéfice des chaînes publiques soit liée au poste de télé acheté. La redevance — comme tout abonnement — devrait être liée aux chaînes regardées (ou au bouquet de chaînes) — et pas au poste utilisé pour les regarder.
Si elles ont besoin d’argent, les chaînes publiques n’ont qu’à devenir payantes : si les gens veulent les regarder, qu’ils s’y abonnent. Mais ceux qui veulent utiliser leur poste de télévision pour en faire un aquarium n’ont pas à payer la redevance. À fortiori les possesseurs de tablettes et les smartphones : on ne va tout de même pas payer une redevance à l’État sous prétexte qu’on “pourrait” visionner des chaînes publiques qu’on ne regarde pas ! Il faut donc arrêter de faire payer — par tous ceux qui ont un poste — le coût de chaînes publiques discréditées par leur médiocrité. Vous prenez l’autoroute, vous payez le péage. Vous regardez un bouquet de chaînes du câble, vous payez l’abonnement. Si vous voulez regarder les chaînes du service public parce que vous les aimez, eh bien vous vous abonnez à un bouquet public et c’est tout. En aucun cas la redevance ne devrait être assise sur la possession du poste de télé lui-même – ou a fortiori d’une tablette ou d’un ordinateur. Les chaînes publiques devraient être financées soit par la publicité soit par abonnement. Pas question de faire payer ceux qui ne veulent pas les regarder !
- Contre l’effet de la propagande : débranchez !
– Ne donnez plus votre temps de cerveau disponible !
– La scie des taxes
– Impôts, taxes, redevances, prélèvements…
– Ne donnez plus votre temps de cerveau disponible !
– La scie des taxes
– Impôts, taxes, redevances, prélèvements…
Actuellement — même si vous ne regardez PAS les chaînes publiques et même si vous n’avez acheté un poste de télé que pour y mettre un poisson rouge — vous devez payer la redevance ! Ahurissant mais c’est comme ça. C’est le truc de fou qu’ils ont inventé pour financer leurs chaînes – même si vous refusez de les regarder, vous devez payer.
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Et dans le “service public”, pas question de faire des économies ! En période de crise vous pourriez imaginer qu’ils réduisent la voilure ? Mais pas du tout. Pourquoi voulez-vous qu’ils fassent des économies puisque vous êtes là pour payer !
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La télé sombre dans la nullité et tout le monde s’en fout. Personne ne dit rien : vous avez entendu le Président ? l’Académie ? le Collège de France ? des grandes personnalités ? un collectif d’intellectuels ? des chiennes de garde ? Rien : silence absolu. La télé est de plus en plus nulle et de plus en plus vulgaire mais personne ne bronche.
Si les chaînes publiques sont nulles à ce point, qu’on nous rende la redevance ! On achètera des fleurs ou davantage de livres.
Marre de payer tout deux fois
• l’enseignement public n’est pas bon, vous mettez vos enfants dans le privé et donc vous payez deux fois.
• La télé publique n’est pas bonne, vous prenez le câble et donc vous payez deux fois.
• L’eau du robinet n’est pas bonne, vous prenez des bouteilles d’Evian et donc vous payez deux fois.
• Les légumes sont OGN, vous devez aller dans des magasins Bio et donc vous payez plus cher…
• etc.
• La télé publique n’est pas bonne, vous prenez le câble et donc vous payez deux fois.
• L’eau du robinet n’est pas bonne, vous prenez des bouteilles d’Evian et donc vous payez deux fois.
• Les légumes sont OGN, vous devez aller dans des magasins Bio et donc vous payez plus cher…
• etc.
Tiens, faudrait faire la liste exhaustive de tout ce qu’on paye deux fois dans ce pays de fous ! Même ma retraite va falloir que je la paye deux fois : à l’Etat au titre de la répartition et à des organismes privés au titre de la capitalisation. Bon, j’arrête ils me rendent fou.
mardi 16 septembre 2014
Le MEDEF sort son bazooka
Effervescence en Sociale Française ! Des propositions révolutionnaires sur le code du travail auraient été émises ! Et alors que l’opinion publique, le parti socialiste, la gauche de la gauche et les journalistes se remettent à peine d’un remaniement ministériel éclair qui aura permis l’avènement d’un Nouveau Gouvernement de Combat Plus Mieux, avec, même, un petit parfum de drouate, c’est au tour du syndicat des patrons de tenter un chambardement inouï dans le statu quo.
Et quel chambardement, puisqu’il s’agit ni plus ni moins, pour le MEDEF, que de s’attaquer à quelques unes des vaches les plus sacrées de la République Citoyenne & Festive.
Dans une furie révolutionnaire apparemment sans limite, on apprend en effet que le Medef propose de pouvoir supprimer des jours fériés, de déroger à la durée légale du travail, ou s’affranchir du salaire minimum, en utilisant le prétexte — qu’on devinera évidemment fallacieux (les patrons sont fourbes, ne l’oubliez pas) — de la création de centaines de milliers d’emplois. Ces propositions, aussi hérétiques que médiatisées (c’est dire), sont rassemblées dans un document que Les Echos se sont empressés de compulser pour en extraire, notamment, la petite phrase de conclusion, bien saignante :
« Il s’agit avant tout d’animer un débat […] Notre conviction est que nous n’avons pas “tout essayé contre le chômage”, nous avons juste essayé ce qui n’a marché nulle part et oublié ce qui a fonctionné partout. »
Oh ! Que voilà un tacle bien appliqué dans les gencives des gouvernements de ces quarante dernières années ! Et ma foi, ce n’est pas si mal vu si l’on se rappelle qu’en effet, les solutions qui furent tentées ces dernières décennies ressemblent toutes, à s’y méprendre, à des bricolages sociétaux et économiques favorisant largement le salarié au détriment de l’employeur, la sauvegarde des positions acquises au détriment de l’adaptabilité et de la souplesse, et plaçant la redistribution et l’aide sociale bien au-dessus de la création de richesse. Et il est vrai que revenir en arrière sur le SMIC, sur la répartition du temps de travail ou les modes de contractualisation d’un emploi n’entrent vraiment pas dans les solutions déjà appliquées, et encore moins proposées, en France récemment.
À première vue, voilà qui devrait déclencher un « youpi ». Mais revenons sur terre deux secondes.
D’une part, on ne peut pas s’empêcher de penser que l’organisation patronale a tout de même mis du temps avant de sortir ce genre de « solutions », qui s’apparentent, dans le paysage politique habituel, à une véritable attaque au bazooka (même si, soyons clair, la croissance ne peut pas reposer, même dans les rêves les plus humides des politiciens et des organisations patronales, sur une paire de jours fériés travaillés). Plus exactement, disons qu’ils ont mis des années avant de rassembler le courage de proposer ce package pourtant modeste, et de bénéficier d’une situation suffisamment « favorable » pour qu’il soit relayé et écouté avec un minimum d’attention. Par « favorable », on entend « favorable à la réception des idées » … Quelque part, cela en dit long sur l’étendue de la catastrophe qui se joue actuellement dans le pays : même les capitalistes de connivence commencent à comprendre que le trop-plein d’État finit par leur nuire.
D’autre part, il est facile de revenir aux tristes réalités de terrain : les organisations syndicales habituelles vont nous y aider, en nous rappelant que ces vénérables institutions, dont le financement, particulièrement opaque, tient bien plus souvent de la comptabilité mafieuse que de la petite association de quartier, sont farouchement contre tout ce qui pourrait s’apparenter de près ou de loin à une perte de leurs prérogatives. Normalement, les « forces de propositions », c’est eux, pas le patronat. Normalement, ceux qui ont de « vraies » solutions pour trouver des emplois par miyons, c’est eux, pas le patronat. Et normalement, dès lors qu’il s’agit de toucher aux drouazakis, les syndicats se dressent comme un seul homme pour crier un « No Pasaran » ferme et déterminé, à peine couvert par la sono de Gégé qui vend des merguez en queue de manifestation.
Et s’il s’agit de tripoter le SMIC, fricoter avec le travail le dimanche ou les jours fériés, ou encore malaxer délicatement les 35 heures, immédiatement nos amis se retrouveront sur le passage pour s’opposer. Ainsi, pour Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière, de telles propositions conduiront à l’évidence « le pays à sa perte » et comme il n’était pas en reste d’une petite exagération caricaturale ou deux, coincé qu’il est dans ces années charbonneuses et terribles qu’un Zola décrivit sur de longues pages, il a même rajouté :
« Ce n’est pas négociable ce genre de choses. La France ne se gère pas comme une entreprise privée. La prochaine étape, c’est quoi : on va faire travailler les enfants ? »
Voilà, c’est dit : pas négociable, pas une entreprise privée, travail des enfants, misère noire, chatons morts, patatras.
Au moins, les choses sont claires : la garde et l’arrière-garde crypto-communiste des syndicats ouvriers, dont la représentativité, inversement proportionnelle aux subventions publiques reçues, leur permet toute outrance, seront vent debout contre toute velléité du patronat à proposer la moindre bricole, la moindre expérience ou tentative d’expérience qui pourrait éventuellement relancer l’activité.
C’est gênant, à plusieurs titres.
D’abord, parce que l’expérience aurait un aspect fort ludique, à commencer par la fonction publique, surtout lorsqu’on se rappelle que cette dernière est le cœur de cible de ces syndicats arc-boutés sur leurs certitudes badigeonnées de Zola. En effet, en terme de droit du travail et de gestion des horaires légaux, cette fonction publique se pose un peu là : entre les avantages qu’aucun texte ne semble réguler ni encadrer, et les dérapages d’horaires ultra-favorables aux employés publics, le fait de simplement appliquer le droit actuel permettrait de dégager un volume d’heures de travail assez conséquent. Et puis après tout, pour remettre la France au travers, pourquoi ne pas inclure aussi sa fonction publique ?
Plus de chômage parce que les entreprises travailleraient plus longtemps, ou plus de jours ? Difficile à croire. Plus de pauvreté et Zola à tous les étages, alors que d’autres pays montrent tous les jours, avec leurs règles bien plus souples, qu’il n’en est rien ? Alors quoi ?
Non, décidément, les propositions du MEDEF sont, bien qu’absolument iconoclastes, intéressantes, et précisément parce qu’elles osent ainsi s’attaquer à des tabous, elles rouvrent un débat qu’on n’avait plus entendu dans le pays : la place réelle de la loi et de l’immixtion de l’État dans la vie des individus. Par exemple, pourquoi le trouve-t-on, sous la forme de codes toujours plus gros, à l’interface entre l’employeur et le salarié, pour déterminer salaire, jours ouvrés et modalités de paiement ?
Autre exemple, pourquoi doit-on avoir une loi qui spécifie pour tous et pour chacun le temps légal ? Pourquoi ne peut-on se contenter de grands principes, à la fois évidents et sains, et laisser aux adultes entre eux, au niveau individuel et éventuellement épaulés de syndicats réellement représentatifs, le soin de s’organiser et déterminer, entre eux, ce temps de travail qu’il semble absolument indispensable de légiférer au yeux du politicien moyen ? Pourquoi ce qui marche, finalement, dans tant de pays civilisés, où, non, on ne nage pas au milieu d’exploitation de l’Homme par l’Homme avec des Bêtes Humaines et des Assommoirs à tous les coins de rue, ne marcherait-il pas en France ?
Le débat s’ouvre donc. Il aura fallu des années d’atermoiements et de stupidités collectivistes pour en arriver là, des décennies perdues et des millions de vies abimées par le chômage, la misère et les expédients douteux. C’est une bonne chose et on peut même rêver qu’il aboutisse à un léger mieux. Mais en attendant, l’assemblée est toujours socialiste. Le gouvernement est toujours socialiste. Le sénat est encore socialiste. Le président est toujours socialiste. L’opposition est toujours socialiste. Les autres partis sont encore et toujours socialistes. Les syndicats sont aussi socialistes que possible. Et le peuple, qui souffre et rouspète, maugrée en silence en souhaitant … un peu plus de socialisme.
C’est pas gagné, cette histoire.
jeudi 11 septembre 2014
Budget : Michel Sapin aux fraises
La logique économique et verbale de Michel Sapin est devenue impossible à suivre sans une forte prescription de Doliprane.
Bien sûr – mais juste pour la rhétorique – Michel Sapin prend soin d’ajouter que « le cap du gouvernement, c’est celui de la réduction de nos déficits à un rythme compatible avec le retour de la croissance »… Mais là encore il joue sur les mots : « réduction des déficits »… Mais… « compatibles avec le retour de la croissance »… Or comme il n’y a pas de croissance et qu’ils s’imaginent qu’en dépensant encore davantage ils vont la relancer, ils ne peuvent donc pas réduire les déficits. C’est le serpent qui se mord la queue et le cycle infernal de la crise qu’ils amplifient : ils refusent les économies au nom de la croissance et ils pénalisent la croissance en ne faisant pas d’économies !
Sapin nous assure que « la maîtrise de la dépense publique constitue un des piliers de notre politique économique ». Il n’en est évidemment rien : les dépenses publiques continuent bel et bien d’augmenter et les déficits budgétaires continuent de se creuser. Le mot d’austérité semble curieusement agir comme un bêtabloquant cérébral dans la tête de Michel Sapin. Il ne sait plus s’il doit dire qu’il va « économiser pour réduire les déficits » ou « dépenser pour relancer la croissance »… Il est en fait complètement perdu et du coup il affirme les deux en se contredisant au fil des semaines. Ravageur pour la confiance des acteurs économiques.
L’État se croit compétent et indispensable et veut s’occuper de tout. Et, naturellement, il le fait de plus en plus mal. Il prétend gérer nos vies de A à Z et, en échange de cette servitude volontaire, les Français croulent sous les impôts, les taxes, la dette et les formulaires… C’est donc là qu’il faut en priorité faire des économies et tailler dans les dépenses.
Il y a quelques jours à peine, le 3 septembre, Michel Sapin le ministre dit des Finances nous annonçait qu’en raison de la faiblesse de l’inflation (sic), il ne pourrait pas tenir l’objectif de 21Md€ d’économies en 2015 (sur les 50 Md€ prévus sur 2015-2017). On « ne peut pas avoir », nous disait-il alors, « les mêmes objectifs avec une inflation qui devient très faible »… Aujourd’hui, revenant sur ses propos déjà stupéfiants, il nous assure qu’il ira désormais jusqu’au bout de l’objectif de 50 milliards d’économies prévues à commencer par les 21 milliards prévus en 2015…
La logique économique et verbale de Michel Sapin est évidemment devenue impossible à suivre sans une forte prescription de Doliprane. Et toutes ses pirouettes argumentaires prêteraient à rire si elles n’étaient pas aussi graves pour la France qui vient de se voir durement rappelée à l’ordre par Bruxelles.
Pendant qu’Angela Merkel déclarait « nous sommes fiers du budget allemand », la Commission européenne rappelait les pays européens à leur devoir de discipline budgétaire et demandait à la France de présenter des « mesures crédibles » et d‘agir concrètement pour réduire son déficit public en 2015. Le projet de budget, que Sapin doit envoyer à la Commission d’ici mi-octobre, « doit clairement spécifier des mesures crédibles pour mettre en place l’ambitieux plan de réduction des dépenses pour 2015 et après ».
On imagine la perplexité de Michel Sapin qui n’a pas dans son système mental et idéologique de quoi comprendre de quoi on lui parle exactement quand on lui demande de la rigueur. Forcément, lui et Valls sont persuadés qu’il faut dépenser davantage pour relancer la croissance ; et ils passent leur temps à dire qu’ils refusent “l’austérité” alors que ce n’est même pas ce qu’on leur demande : juste de la rigueur mais de la vraie dans le cadre d’un ambitieux plan de réduction des dépenses.
Des économies sans cesse reportées…
Je ne reviens pas sur les prétendues économies budgétaires qui ne sont évidemment qu’un leurre comptable : elles ne sont pas seulement « peu documentées » comme l’a souligné la Cour des Comptes dans son dernier rapport – mais surtout ce sont uniquement des « économies tendancielles ». Je n’y reviens pas car cela a déjà été expliqué ici en détail.
Pour justifier sa timidité face aux nécessaires économies, le ministre des Finances nous répète à l’envi : « Ma responsabilité, ce n’est pas de plonger le pays dans l’austérité »… Toujours la même formulation désuète et la même rengaine qu’il répète à la suite de Manuel Valls qui, lui aussi, affirme sans cesse son refus de l’austérité.
Pourquoi parlent-ils toujours d’austérité dès qu’on leur parle d’économies ? Le choix des mots est très important : ils savent en effet que les Français sont terrifiés par le mot « austérité » (qu’ils identifient à la Grèce), et donc ils l’agitent comme un chiffon rouge pour ne rien faire, se dispenser d’avoir du courage et reporter sans cesse le redressement à une date ultérieure : en fait après leur départ du pouvoir. Ils doivent gagner du temps coûte que coûte…
Des échéances sans cesse repoussées
Bien sûr – mais juste pour la rhétorique – Michel Sapin prend soin d’ajouter que « le cap du gouvernement, c’est celui de la réduction de nos déficits à un rythme compatible avec le retour de la croissance »… Mais là encore il joue sur les mots : « réduction des déficits »… Mais… « compatibles avec le retour de la croissance »… Or comme il n’y a pas de croissance et qu’ils s’imaginent qu’en dépensant encore davantage ils vont la relancer, ils ne peuvent donc pas réduire les déficits. C’est le serpent qui se mord la queue et le cycle infernal de la crise qu’ils amplifient : ils refusent les économies au nom de la croissance et ils pénalisent la croissance en ne faisant pas d’économies !
Curieusement, ils semblent persuadés que cette rhétorique et leurs « éléments de langage » dérisoires vont nous rassurer, mais plus un seul Français ne les croit.
Bêtabloqués par le mot « austérité »
Le pire évidemment est que les solutions de Valls et Sapin ne marchent évidemment pas : pas de croissance (qui a été revue fortement à la baisse à 0,4% cette année) et un déficit public qui continue de déraper (contrairement aux engagements pris au niveau européen, il atteindra 4,4% du PIB en 2014 et 4,3% en 2015). Le seuil de 3%, maximum toléré par les traités européens serait atteint, non pas en 2015 comme prévu initialement, mais seulement à l’horizon de… 2017. Facile de faire des promesses pour quand on aura quitté le pouvoir !
Pour repousser sans cesse l’échéance du redressement d’un État en faillite et au bord du dépôt de bilan, Valls et Sapin rejettent ce qu’ils appellent l’austérité. Précisons qu’on ne leur demande évidemment pas de l’austérité : juste de la rigueur (mais en actes et pas en mots) et de la discipline budgétaire (mais de la vraie, qui taille dans les dépenses).
En fait il y a deux sortes d’austérité :
- Il y a celle qu’il faut évidemment combattre, qui est celle que l’État inflige indûment aux contribuables sous forme de matraquage fiscal parce qu’il refuse de réduire son train de vie et ses gaspillages. Cette austérité qu’ils disent maudire, ils n’ont pas hésité une seconde à l’imposer aux Français depuis deux ans : hausse des impôts, hausse des taxes, baisse des retraites, baisse des salaires, baisse des allocations, baisse des prestations, baisse du pouvoir d’achat…
- Et celle qu’il faudrait imposer de toute urgence à l’État – appelons-la cure d’austérité – pour qu’il réduise enfin son périmètre, son emprise et ses gaspillages (ce qui réduirait d’autant les recettes nécessaires pour les financer). C’est évidemment cette grande « bureaucratie ministérielle d’État » qu’il faut en priorité tronçonner et découper à la hache pour faire des économies (dans les ministères, les préfectures et sous-préfectures, les directions départementales ou régionales en surnombre, les comités Théodule innombrables, les hauts conseils et hauts comités inutiles et coûteux… etc.)
L’austérité : bonne pour les Français, jamais pour l’État !
L’austérité c’est donc toujours bon pour les Français, mais jamais pour l’État. L’État pas touche, c’est sacré, chasse gardée. Même la Cour des Comptes s’y est cassé le nez en exigeant la fin des gaspillages. L’État c’est leur terrain de jeu et il n’est pas question d’en réduire le périmètre ou qu’il se serre la ceinture. Le mot « austérité » leur sert donc d’épouvantail et suffit à évacuer toute interrogation concernant le poids de l’État. Circulez, il n’y a pas d’économies à faire. Dans l’État tout est bon ! Pas de gaspillages et c’est la Cour des Comptes qu’il faudrait supprimer !
Il faudrait qu’ils arrêtent de dire aux Français que faire des économies budgétaires, c’est faire de l’austérité ou que ça entraînera la fermeture des services publics. C’est faux, contreproductif, et ça bloque toute possibilité de réforme. Donc qu’ils fassent les choses dans l’ordre : en commençant d’abord par réduire massivement les dépenses et les gaspillages de l’État (ce qui réduira ipso-facto et immédiatement les recettes correspondantes qui saignent les Français). Supprimons en priorité les dépenses et les gaspillages condamnés par la Cour des Comptes et supprimons tous les organismes bidon de la grande lustrine administrative. On verra ensuite comment on peut aller plus loin. Mais que le Gouvernement arrête de faire peur aux Français en leur faisant croire que la « discipline budgétaire » ou la maîtrise des dépenses de l’État c’est de « l’austérité » et qu’il faut y renoncer pour sauver la croissance. Qu’il arrête car c’est faux et cela nous a déjà fait perdre assez de temps, de croissance et d’emplois !
Tailler dans les gaspillages ce n’est pas de l’austérité !
Il y a un ministre – et un ministère – pour chaque activité. Ils prétendent s’occuper de tout : de la défense, des affaires étrangères, de l’éducation, de la justice – jusque-là, bon, je ne dis rien, encore que… – du commerce extérieur, de la santé, du logement, des sports, de l’artisanat, de l’innovation, de la famille, des transports, des droits des femmes, de l’agroalimentaire, du tourisme, de la communication, du commerce, des personnes handicapées, de la recherche, de l’économie sociale et solidaire, des personnes âgées, de la vie associative, de la jeunesse, de l’agriculture, du dialogue social, de la réussite éducative, de l’éducation populaire, de la ville, du redressement productif, de la dépendance, de la culture, de l’économie maritime, de la francophonie, des petites entreprises, des moyennes entreprises, des anciens combattants, du commerce extérieur, de la formation professionnelle, de l’économie numérique…
Vous imaginez l’empilement de fonctionnaires et de bureaux pour surveiller tout ça ? Et ils osent prétendre que réduire le périmètre de l’État ce serait de « l’austérité » ? Allons donc !
Que Sapin et Valls arrêtent d’agiter inlassablement l’épouvantail de l’austérité car c’est le meilleur moyen de ne rien changer à ce qui plombe la France. Le vrai problème c’est de réduire les gaspillages au lieu d’augmenter sans cesse les recettes pour financer la grande bureaucratie d’État.
Ne pas accepter de réduire aujourd’hui ce poids de l’État, c’est se condamner à laisser croître la courbe de la dette qui plombe l’avenir :
Le pire est que le jour où la dette publique atteindra 100% de la richesse nationale, ils nous diront qu’ils ne savaient pas !
Donc M. Sapin : non seulement vous devez faire les 21Md€ d’économies sur les dépenses publiques en 2015 ; non seulement vous devez faire les 50 Md€ prévus sur 2015-2017. Mais vous devez en faire davantage encore : en réduisant avant qu’il ne soit trop tard le poids et le périmètre de l’État qui coûte trop cher aux Français qui n’en peuvent plus fiscalement. Et ne nous parlez plus de vos prévisions de croissance car vous n’avez strictement aucune influence sur elles : ce sont les entreprises qui la feront, pas vous. Libérez-les en réduisant le poids de toute votre grande bureaucratie étatique qui étouffe les initiatives ! Faites des économies et la croissance reviendra. Et par pitié, arrêtez de nous dire qu’en augmentant encore vos déficits vous la ferez revenir !
lundi 1 septembre 2014
La crise ? Les crises !
L’arbre de « la » crise cache en fait une forêt de crises – crises au pluriel.
Les politiques parlent toujours de « la » crise – pour nous expliquer comment ils l’ont magnifiquement gérée, ou pourquoi elle les empêche d’obtenir les magnifiques résultats promis. Ce qu’ils ne voient pas c’est que l’arbre de la crise cache la forêt des crises – crises au pluriel. Et le problème, puisqu’ils ne les ont pas réglées au fur et à mesure, c’est que toutes ces crises se sont accumulées et vont toutes nous exploser à la figure en même temps dans les mois qui viennent. C’est ce qui arrive quand on met la poussière sous le tapis !
Sans chercher à être exhaustif, passons-les très rapidement en revue pour voir pourquoi les prochains mois vont être particulièrement difficiles (prenez tout de même une bonne dose de Doliprane avant de poursuivre la lecture !)
- Il y a évidemment la crise économique : la croissance est nulle, les entreprises s’écroulent, n’investissent plus, n’exportent plus, le chômage explose, le matraquage fiscal détruit la demande, la construction de logements s’effondre, c’est la spirale de l’effondrement…
- Il y a la crise budgétaire : les déficits sont devenus incontrôlables et Hollande aura beau demander à l’Europe de repousser la date du redressement des comptes publics, ce sont finalement les Français qui devront payer l’ardoise de son incroyable négligence (exactement le motif pour lequel Christine Lagarde a été mise en examen).
- Il y a la crise financière : les comptes sociaux sont dans le rouge, les retraites ne sont plus financées, les prestations sociales sont compromises par la faillite de l’État, les hôpitaux sont en crise…
- Il y a la crise de la dette : la dette est désormais à 2000 Mds d’euros. De quoi donner le vertige et surtout paniquer les générations qui arrivent et qui sont déjà totalement plombées par les ardoises qu’on dépose silencieusement dans leurs berceaux !
- Il y a la crise fiscale : les entreprises ont été matraquées et les contribuables rançonnés. Les Français sont ruinés, la colère gronde et l’argent ne rentre plus dans les caisses de l’État. Le socialisme quoi !
- Il y a la crise politique : il suffit de voir le discrédit de toute la classe politique et le niveau abyssal de la cote de confiance du Président de la République… Prétendre diriger un pays à ce niveau de défiance est effectivement difficile.
- Il y a la crise ministérielle : vous avez vu tous ces ministres qui partent, qui arrivent, qui changent, qui valsent, qui n’ont pas la moindre compétence et qui ne sont nommés à ces postes de responsabilité uniquement parce qu’ils sont membres du Parti… On ne peut pas gouverner un grand pays comme ça.
- Il y a la crise institutionnelle : de plus en plus nombreux sont ceux qui cherchent à rendre la Ve République responsable de leurs échecs et nous proposent une « VIe République » qui, évidemment, va tout régler…
- Il y a la crise parlementaire : tout le monde voit bien que le système de représentation démocratique ne fonctionne plus. Quel que soit l’estime qu’on porte à ces partis, le fait que le FN n’ait que 2 élus avec 13,6% des voix pendant que les radicaux de gauche en obtiennent 11 avec seulement 1,6% et Europe Écologie les Verts 18 avec 5,4% des voix ne peut pas être considéré comme « démocratique ». La nature a horreur du vide et si toutes les opinions ne sont pas représentées au Parlement, il ne faudra pas s’étonner si elles s’expriment là où elles seront entendues : dans la rue, et par la violence
- Il y a la crise de la démocratie qui fait que, contrairement à la Suisse, le Peuple souverain français n’est jamais consulté – ni sur les grandes lois dites de société, ni sur les grandes réformes qui sont décidées par quelques hommes de cabinet et votées par des parlementaires serviles et militants. Et quand il y a un référendum (le dernier date de 2005) et que le Peuple dit NON, les parlementaires corrigent le vote populaire et s’arrogent le droit de transformer ce refus explicite en OUI. Stupéfiante façon de faire naître une démocratie vivante !
- Il y a la crise législative : tout le monde sent bien que les lois qui sont votées sont davantage le fruit idéologique d’arrangements entre collègues membres d’un même parti que l’expression de la volonté majoritaire du Peuple souverain. Pire encore – comme on vient de le voir avec la loi ALUR de Cécile Duflot – les lois à peine votées sont aussitôt « détricotées » car jugées mauvaises et nocives pour le pays !
- Il y a la crise européenne : qui ne voit pas que l’Europe institutionnelle est totalement absente et incapable d’apporter des vraies solutions aux problèmes qui préoccupent les peuples européens ? La guerre fait rage aux portes de l’Europe et Bruxelles est toujours aux abonnés absents. Enfin pas tout à fait car, heureusement, ils sont là pour règlementer la puissance des aspirateurs ou des ampoules électriques ! Chic.
- Il y a la crise internationale : CentreAfrique, Ukraine, Syrie, Irak, État Islamique… Partout la diplomatie Française a fait des moulinets franco-français sans jamais jouer collectif avec ses partenaires européens. Lors des dernières élections européennes, rappelez-vous, on nous avait dit : plus jamais ça ! Dans l’affaire ukrainienne, les sanctions contre la Russie nous reviennent dans la figure comme un boomerang : nos productions agricoles ne s’exportent plus et les importations d’énergie vont être compromises. Mais ce n’est pas grave puisque Fabius est de taille à chatouiller l’ours Russe.
- Il y a la crise du vive ensemble : tout le monde voit bien que l’immigration, amplifiée par les crises et les violences au Moyen-orient, pose de plus en plus de problèmes d’accueil et d’insertion des populations réfugiées et qui se pressent à Calais. L’absence de moyens financiers accentuant évidemment le problème… Ceux qui ont suivi les événements de Ferguson aux États-Unis pressentent très bien ce qui risque de se passer lorsqu’une petite étincelle met le feu au poudres. Mais bon, on a Bernard Cazeneuve et donc il n’y aura heureusement pas de violences urbaines en France… Ouf.
- Il y a la crise sanitaire : Ebola…. Comme toujours, on nous affirme que tout est sous contrôle et que donc, comme lors de Tchernobyl, « le nuage Ebola » ne passera pas au-dessus de nos frontières… La France « a les moyens de faire face à Ebola » affirme Marisol Touraine pendant que Médecins sans frontières et l’OMS évoquent désormais une « épidémie hors de contrôle »…
- Il y a la crise de la liberté d’expression : pour la Gauche sectaire, tout ce qui est une simple critique est aussitôt qualifié de « phobie » : homophobie, islamophobie… vous ne pouvez pas critiquer les projets de Najat-Belkacem ou de la Garde des Sceaux sinon vous êtes qualifié de raciste, de machiste ou de fasciste ou nauséabond… Vous ne pouvez pas non plus critiquer Hollande sinon vous êtes réac, ou sarkoziste, ou nostalgique de Napoléon ! Bref la France vit en plein délire de la pensée unique, du conformisme progressiste et de surveillance du respect de la ligne officielle définis par le Politburo et les médias. On hallucine.
- Il y a la crise de la pensée économique. Tous ceux qui nous gouvernent et votent les lois ont un cerveau économique daté au carbone 14 : mix de vieux marxisme sorti de la naphtaline et d’un anti-capitalisme primaire et maladif. Ils veulent ponctionner « les riches », obtenir des « contreparties » des horribles patrons « qui se gavent de dividendes »… Eux, en revanche, multiplient les dépenses payées par la dette et créent des « emplois d’avenir » payés par le contribuable… Ils vénèrent Keynes et haïssent le libéralisme qu’ils qualifient de « sauvage » pour mieux le discréditer alors qu’on est dans un pays où la dépense publique représente plus de 53% du PIB ! Tragique méconnaissance des mécanismes de base de l’économie.
- Bon, allez, j’arrête tellement c’est décourageant. Il faudrait encore parler de la crise de l’éducation, de la crise de la formation professionnelle etc., etc. Comme vous voyez, tout est en crise et moi-même je ne me sens pas très bien…
Face à toutes ces crises, demandez-vous uniquement ce que font Hollande, Valls et leurs différents ministres dépensiers. Pensez-vous qu’ils se rendent compte qu’il y a toutes ces crises ? Qu’ils en ont pris la mesure ? Qu’ils sont à la hauteur de ce qu’il faudrait faire ? Qu’ils vont enfin se décider à les prendre à bras le corps, courageusement, et faire quelque chose pour arrêter les dominos qui tombent les uns après les autres ?
La réponse, vous vous en doutez, c’est Claude Bartolone, le président de l’Assemblée Nationale, qui la donne dans une interview à Libération le 28 aout : « On ne touche pas aux totems du progrès social ». Tout est dit : rien ne marche, tout est bloqué, tout va exploser, mais on ne touche à rien : c’est totem et tabou ! Et d’ailleurs pourquoi se bouger puisqu’il n’y a pas de crise. Quelle crise ? Puisqu’on vous dit que le Gouvernement a tout sous contrôle, vous voulez affoler l’opinion, vous êtes alarmiste !
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Le tweet qui tue que Manuels Valls pensait naïvement pouvoir supprimer en douce et qui réapparait sur le web en lui explosant à la figure.
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