TOUT EST DIT

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mercredi 1 août 2012

Apple contre Samsung: qui est votre favori?

Les deux premiers fabricants de smartphones et de tablettes s'affrontent dans un procès qui fera date aux Etats-Unis pour savoir qui a copié qui. Apple revendique l'invention d'un design et d'une ergonomie qui font aujourd'hui référence. Samsung se défend d'être un simple copieur en mettant en avant ses innovations technologiques devenues des standards pour tout le marché. L'Expansion.com est allé à la rencontre de clients de Samsung et d'Apple pour savoir ce qu'ils pensaient de cette bataille au sommet de la high-tech.Lire aussi: Les clés du procès entre Samsung et Apple

Purgeons le système : pour sortir de la crise de la dette, il faut liquider l'Etat providence

Les crises, comme les guerres, sont des opportunités de mensonges, de dissimulation, de non-transparence sous prétexte d’intérêt général.

Comme si on craignait que l’information et la vérité en se répandant ne mettent le feu aux poudres.
Le combat est politique parce que l’origine est politique. On a créé de la dette partout, à qui mieux pour repousser les limites de la rareté, pour reproduire et étendre le système, pour forcer à sa reproduction malgré les obstacles et malgré l’accumulation des impossibles.
Le combat est politique car qui ne voit la coïncidence avec la chute du mur de Berlin, chute du Socialisme Réel, chute du modèle concurrent, chute de la référence des combats sociaux. Avec la chute du mur de Berlin, les élites du système ont perdu toute retenue. Ils ont cyniquement forcé l’allure, dopant la machine économique par les additifs, par les stimulants de la finance. Ils ont conclu la grande alliance kleptocratique qui a permis, grâce au pillage du bien commun qu’est la monnaie, une hypertrophie des assets et des patrimoines, permis de creuser les inégalités, permis de réduire les parts salariales. Grâce à la modération de la hausse des prix obtenue par la réduction de la part des salaires, obtenue par les importations et les délocalisations, ils ont pu maintenir des taux d’intérêt très bas, développer la demande de crédit, améliorer les solvabilités apparentes. La modération des taux a autorisé le gonflement des déficits des souverains, rendus attrayants les endettements et les surendettements.














Le combat est politique car tout commence avec le diagnostic. Un diagnostic faux, trompeur, permet de flouer les citoyens sur les remèdes et de faire en sorte de leur faire supporter le poids d’une crise dont ils ne sont pas responsables. La première parade dans le combat est de forcer au bon diagnostic afin que les mensonges soient désamorcés. Il faut affirmer et répéter que la crise est une crise du crédit, une crise de surendettement, parce que les Etats, les politiciens, ont utilisé le crédit pour acheter la paix sociale, la fausse croissance, acheter leur maintien au pouvoir. Ces politiciens ont fait ami-ami avec ceux qui les finançaient, ceux qui bouchaient leurs déficits, les banquiers et toute la classe klepto.
Maintenant que la crise de solvabilité est là, les politiciens sont pris à la gorge par les banquiers, par le système financier, par les marchés, pour rembourser. S’ils ne remboursent pas, on leur coupe les vivres. Et notre classe dominante, notre classe politique, perd son statut social, ses privilèges. D’où la lutte pour pressurer les peuples, pour leur faire rendre le dernier centime des maigres progrès obtenus au cours de ces 30 dernières années de progrès technique. Les usuriers forcent les gouvernements qui en dépendent pour leur survie à revenir en arrière sur tous les progrès, sur tous les acquis, sur toutes les améliorations du niveau de vie obtenues depuis le milieu des années 80.
Comble du cynisme, nos usuriers veulent la disparition de la grande prime de risque politique et sociale qui avait été accordée aux salariés pour qu’ils ne se révoltent pas dans les temps où le communisme constituait un attrait. Car il ne faut pas se leurrer, l’Etat Providence, le Nanny State, en Europe, c’est une prime de risque accordée aux salariés pour les faire tenir tranquille, pour qu’ils ne fassent pas la révolution, pour qu’ils votent bien. La disparition du communisme, sa disparation en tant que modèle et en tant que guide des luttes, rend cette prime inutile, elle rend sa suppression possible.

Ne vous y trompez pas, nous ne sommes ni pour l’Etat Providence, ni pour le Nanny State, nous ne sommes pas pour les «Big Government», loin de là, mais l’objectivité oblige à dire que c’est comme cela que cela se passe, comme cela que cela s’est passé.
A la faveur des gaspillages, des excès, des scandales de l’Etat Providence, les gouvernements reçoivent dans leur combat contre les citoyens des renforts inattendus, des renforts de gens qui, normalement, devraient être de l’autre côté de la barrière. On a dégouté les gens de bonne volonté de l’Etat Providence et de ses excès, ce qui donne les mains libres pour l’attaquer. Au lieu de se laisser berner, les citoyens devraient exiger, d’abord et avant tout, une réforme complète de l’Etat Providence, avant même la réforme fiscale. Une réforme qui supprime son côté clientéliste. Car il est logique et sain de réformer la dépense avant de réformer la recette.
Le combat est politique, car après un bon diagnostic, il faut des vrais remèdes, des vraies solutions, pas des cataplasmes attrape-nigauds qui aggravent les maux et multiplient les spoliations. Il faut poser que les créanciers, les usuriers ne feront pas leur plein, il faut mettre en route l’étude d’un grand Jubilé des dettes. Préparer la mise temporaire sous tutelle des banques et de leurs réseaux.
Il faut changer radicalement de politique européenne, abandonner la solidarité, les aides, pour maintenir en vie ce qui est condamné. Il faut une politique vigoureuse de lutte contre la contagion au lieu d’organiser cette contagion comme on le fait maintenant.
L’Espagne est un pays du «core», elle l’était encore il y a quelques semaines. On ne peut à ce stade sauver l’Espagne, pas plus que la Grèce. Le bail out des banques espagnoles, des provinces espagnoles, du souverain espagnol, tout n’est déjà plus à la portée de l’Allemagne, encore moins de la France et évidemment pas à la portée de l’Italie qui carillonne a la porte de l’hôpital financier.
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Il faut avoir le courage de le voir, de le dire, de l’expliquer, et garder les ressources, non pour faire le plein des usuriers, mais pour reconstruire. Pour aider ces pays à se relever. C’est l’inverse de l’égoïsme. Il s’agit d’être en mesure de les aider une fois que la purge opérée. Et c’est pour cela que nous défendons le fond d’épargne. Au lieu de l’attaquer, de le diminuer, il faut le protéger, on en aura besoin. On en aura besoin partout, pour reconstruire sur la base d’un système de liberté et pour échapper à ce à quoi ils nous destinent, un infâme système d’asservissement et de contrôle.
Les dettes irrécouvrables en Europe représentent des multiples des PIB européens. Il faut oser le dire. Tout comme il faut oser dire que le problème n’est pas seulement le stock de dettes, mais la gigantesque pyramide que l’on a construit sur ces dettes à la fois par le «fractional banking», par le marché des «repos», par le soi-disant «hedges» que sont les dérivés, par la multiplication des billets de loterie que le système klepto a mis en place pour augmenter ses prélèvements. Le problème est un multiple des dettes apparentes, un multiple des GDP, un multiple des patrimoines, à cause de l’effet multiplicateur de la chaine de spéculation financière.


Quand vous traitez un problème, quand vous bouchez un trou, il en ressort de partout, voilà la réalité. Et c’est une réalité que l’on observe depuis deux ans. On commence avec des dizaines de milliards et on arrive, on arrivera bientôt, à des trillions.
Les pays du «core» européen ont perdu leur pucelage de rating, tous sauf la Finlande.
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C’est un sérieux avertissement alors que l’on n’est qu’au début du chemin de la catastrophe. On attaque seulement l’Espagne, on en est au début de la découverte de ce qu’il y a sous les tapis espagnols.
Souvenez-vous de la Grèce, en peu de temps, les chiffres ont été multipliés par dix.
Le gigantesque incendie espagnol, incendie réel, est une sorte d’allégorie, un symbole du risque financier. Au lieu d’organiser la contagion, la propagation, il faut faire comme l’ont fait les pompiers, couper, trancher, isoler. Au lieu d’aider par la fausse solidarité, il faut lucidement accepter de se couper un bras pour conserver le reste et se retrouver en position d’aider par la suite. Il faut changer de politique, il faut que la pression des peuples sur les gouvernements s’exerce en ce sens. Il faut que les peuples ouvrent les yeux et cessent de tomber dans les pièges qu’on leur tend, au nom de fausses générosités qui ne servent qu’à faire le plein des usuriers et de leur clique de complices.

La crise européenne est devenue irréversible.

Les remèdes n’en sont pas, ils aggravent le mal et favorisent sa propagation. On ne sort pas de la dette par la dette, on ne sort pas de l’appauvrissement et de l’insolvabilité par l’austérité et le ralentissement de la production de richesses. On ne sort pas de la dette par la mise au chômage des producteurs.

Le rôle primordial des taux d’intérêt

Le nœud de l’affaire, le point central, celui autour duquel tout s’organise, ce sont les taux d’intérêt. C’est par là que l’on a ingurgité le mal, le poison, c’est par là que l’on périra.
La crise des pestiférés européens devrait pourtant ouvrir les yeux.
La crise se manifeste par le fait qu’ils ne peuvent plus se refinancer, on ne leur accorde plus les taux d’intérêt qui sont accordés aux autres; ah, notre naïf européen qui, il y a peu, s’étonnait que tous les pays dans une même zone monétaire ne bénéficiaient pas des mêmes taux bas! 
Eh oui, le mode de manifestation de la crise, c’est cela, le niveau des taux auquel les souverains peuvent ou ne peuvent pas se refinancer.
Pourquoi ils ne peuvent pas se refinancer?
Parce que l’on ne leur fait plus confiance sur leur possibilité d’assurer le service et le remboursement de leur dette.
Les pestiférés sortent du marché de la dette, ils sont é-vin-cés.
Dans le processus de traitement/aggravation de la crise par les gouvernements décrit ci-dessus, le nombre de pestiférés est condamné à croitre et leur ardoise est condamnée à grossir. Contagion par la solidarité, contagion par l’austérité.
Déjà l’FESF (Fonds européen de stabilité financière) vient d’être mis sous surveillance négative !
Au fil des jours, le nombre de pays qui vont être évincés du marché va progresser. Les taux moyens européens vont s’élever, malgré le mouvement artificiel de fuite vers les apparents refuges du «core», malgré la manipulation des taux par la BCE, malgré la dégradation du bilan de la BCE, malgré l’augmentation colossale de la transformation court/long dans le système. Malgré l’ancrage artificiel des taux mondiaux près de zéro par la Fed américaine.
La hausse des taux moyens européens va dépasser les limites des possibilités budgétaires des différents pays, les ratios de dettes ne pourront plus être stabilisés. On aura épuisé les bénéfices de la mutualisation. Il faudra se tourner vers le dernier recours, la monétisation, le printing de fausse monnaie par la Banque Centrale, la BCE. La monétisation produira une amélioration passagère, on croira que c’est la solution. Hélas, l’amélioration sera de courte durée, le chômage ne se réduira pas, la confiance se dégradera à nouveau. Le dernier rempart vacillera.
La confiance dans la BCE, c’est à dire dans l’euro, chutera, les taux d’intérêt monteront. Ils monteront sous l’effet d’une sorte de prime incorporée pour tenir compte de la dépréciation de la monnaie. Face à la hausse des taux, la BCE n’aura aucun autre choix que de «printer» encore plus, ce qui fera monter les taux, ce qui fera chuter l’euro. La folle spirale sera lancée. Celle qui inverse tous les phénomènes économiques et financiers. Les taux cesseront d’être le prix de l’argent, mais à l’inverse, le prix qu’il faut payer aux détenteurs de monnaie pour qu’ils acceptent de la conserver, les prix cesseront d’être des prix des marchandises, ce seront des baromètres de la dépréciation monétaire, etc.





Hollande et Monti se rencontrent pour faire un rêve

Rencontre au sommet franco-italienne : Mario Monti et François Hollande rêvent d'une sortie de crise grâce à une augmentation massive du MES, autorisant la BCE à refinancer sans limite.
Mario Monti a rencontré François Hollande mardi, et cela nous apporte un nouveau joyau de promesse de sauvetage de l'euro. Et en effet, Mario Monti avait déjà commencé à faire mousser les choses à l'avance, nous expliquant qu'au bout du fameux tunnel "on commence à percevoir la lumière".
Mais, en fait, ça ne peut être que la lumière d'un train qui vient dans l'autre sens, car aucune personne saine d'esprit n'a le moindre soupçon de doute que la crise de l'euro va en s'intensifiant. Et, comme mesure de son intensité, on nous dit que la France et l'Italie planifient une augmentation massive du MES, autorisant la BCE à refinancer sans limite.
On ne peut que supposer que ces deux chefs ont fini par perdre le Nord, ce qui a provoqué un grincement de protestation de Jürgen Stark, ancien économiste en chef de la BCE, qui voit là une violation claire de la loi européenne.
Ça signifierait, dit-il, que les États seraient financés indirectement par la banque centrale européenne, et il ajoute : "nous sommes déjà en train de tirer sur la loi européenne à l'extrême, pour ne pas dire plus". Et maintenant, la communauté enfreint la loi. Tout ce qu'il manque, c'est un plaignant.
À part ça, comme nous ne cessons de le dire, rien ne peut se passer tant que Karlsruhe [la cour constitutionnelle allemande, NdT] n'a pas rendu son jugement en septembre, et que les allemands ne sont pas capable de ratifier le traité, s'ils le peuvent après. Les postures franco-italiennes sont donc typiques de la politique des fantasmes qui semble affliger les "collègues".
Mais là où l'on passe du sublime au ridicule, c'est quand le ministre des affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, endosse le rôle d'avertir l'Allemagne contre "l'isolation en Europe".
Le jeu qui se joue est si éloigné de la réalité qu'on en reste sans voix. Ceci ne peut que faire partie d'un effort continu pour garder le couvercle sur les marchés, jusqu'à ce que tout le monde soit de retour en septembre. Jusqu'ici, les marchés ne se font pas prier, et semblent jouer le jeu de cette fiction. Mais l'addition ne peut plus être très loin.

Pourris 


Trop payés ! Tous pourris ! L’éternel cri de ralliement des adversaires de la démocratie a trouvé une bonne raison d’être à nouveau lancé : l’élection présidentielle a coûté cher. François Hollande a dépensé près de 22 millions d’euros pour devenir Président, et Nicolas Sarkozy 21 millions pour passer ex-Président. Nathalie Arthaud, la candidate des travailleuses, travailleurs, a claqué une patate pour moins de 1 % des suffrages… Chère, très chère démocratie, qui met la présidentielle à 74 millions d’euros. Ceci dit, on se souvient que l’escogriffe suédois embauché à Paris pour taper dans un ballon coûtera, tout compris, plus de 80 millions à ses patrons qataris. On ne va pas contester ici l’importance géopolitique du football, ni sa contribution à la lutte contre la pauvreté, mais enfin, Trop payés ! Tous pourris ! sonnerait plus juste au Parc des Princes que devant le Palais du Président.

Une question de respect 


C’est un petit reportage, réalisé avec une caméra cachée, qui tourne en ce moment sur internet. On y voit une jeune femme se promenant dans la rue, robe d’été au niveau du genou, bottines, rien de bien provoquant. Et puis le ballet des lourdingues qui accompagnent ses pas, qui se frottent, qui insistent. Ces «chienne», «salope», «viens, on va à l’hôtel» lâchés comme des crachats, infligés comme des brûlures. Comme si cela ne représentait rien, comme si les mots ne mordaient pas.
La scène se passe à Bruxelles, elle pourrait se dérouler ici. Elle illustre parfaitement l’ampleur d’un phénomène depuis trop longtemps accepté par la société. Et encore aggravé par les films pornos désormais en libre accès qui font l’éducation sexuelle de toute une génération pour qui la femme n’est plus qu’un objet.
Car il faut être une femme pour avoir conscience de cette réalité-là. Pour connaître et supporter cette pression parfois doucereuse, parfois brutale qui s’exerce de façon inégale – ne généralisons pas – aussi bien au bureau qu’à l’école, dans la rue que dans les transports publics. Jusque dans les travées de l’Assemblée nationale où la robe de Cécile Duflot provoqua récemment d’imbéciles sifflets. Ce ne sont pas des situations comparables ? L’esprit est le même.
Souvent nié ou tourné en dérision par les hommes qui ne voient là qu’innocente grivoiserie, ce harcèlement peut miner des vies, mener à la dépression, au suicide parfois. Le mal est bien plus profond qu’on ne l’imagine.
En comblant avec une rare unanimité le vide juridique qui existait depuis début mai, et en améliorant sensiblement la précédente loi, les sénateurs et sénatrices ont œuvré dans l’intérêt des victimes. Et aussi pour la dignité humaine, car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Ce texte n’interdit pas d’être amoureux de sa ou de son collègue de travail, il n’interdit pas de séduire ni même de draguer maladroitement. Il ne condamne pas non plus les compliments et encore moins les émotions. Il dit simplement que par-dessus tout, il y a le respect de l’autre.

Étrange quiétude 


En 2007, après son élection, Nicolas Sarkozy avait fait adopter la loi Tepa (pour travail, emploi et pouvoir d’achat), durant l’été. Ce « paquet fiscal » vient d’être vidé, en grande partie, par un collectif budgétaire qui, au lendemain d’un changement de majorité, est toujours plus qu’un correctif, un véritable marqueur.
Outre sa volonté de défaire le dispositif de la droite, la gauche va augmenter les impôts de 7,2 milliards d’euros. Contraste saisissant avec 1981, François Mitterrand ayant commencé par un train de dépenses avant de prendre le virage de la rigueur.
François Hollande, élu en partie sur ces promesses, a certes annoncé des mesures coûteuses (embauches dans l’Éducation nationale, contrats de génération), mais la situation de notre pays l’oblige d’emblée à serrer la vis, et ce n’est qu’un début, avant la loi de Finances 2013. Mais la mère des réformes, censée redonner des marges de manœuvre budgétaire à notre pays, est programmée pour l’année prochaine.
Par tempérament, et parce que le pays avait besoin d’un climat moins électrique, le président élu en mai se refuse, jusqu’ici, à toute offensive spectaculaire, sur le terrain diplomatique ou celui des réformes sociétales, aussi bien que dans le domaine de la fiscalité. Un mode qui lui a permis d’installer sa légitimité en douceur.
L’étape initiale du mandat vient de prendre fin, et il est donc possible d’en esquisser un début de bilan. La réussite est réelle, mais sans éclat, ni au sens positif – pas de vague inutile – ni au sens plus terne : là réside l’ambiguïté. On est loin de la « force tranquille », façon mitterrandienne, encore plus loin de la « rupture » dont Nicolas Sarkozy fut le chantre. Nous voici dans une quiétude étrange, jusqu’à engendrer une forme d’inquiétude, tellement les défis sont nombreux. Le premier, sur le plan économique, étant de restaurer la compétitivité du site France, sans laquelle le chômage restera un fléau national. Le gouvernement tente de préparer les esprits – ce fut notamment l’objet du sommet social de juillet – mais la manière frontale est bannie. Un été perdu devant l’urgence, ou un été gagné par sa vertu pédagogique ? Réponse, encore prématurée, mais dont dépend tout le quinquennat.

Face à la morale laïque : le sophisme de Baubérot


Alors que le cardinal Vingt-Trois vient de publier sa proposition d’une prière nationale pour l’Assomption (renouant avec la geste de notre principale fête patronale : voir l’article d’Olivier Figueras en page 2), le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon a annoncé aux parlementaires (le 11 juillet) la mise en place d’une mission sur « la morale laïque » dès la rentrée scolaire. Son objectif sera de travailler « sur la conception que nous devons diffuser d’une laïcité qui ne peut être la simple tolérance, l’indifférence ou la neutralité », a déclaré le ministre.
A cette occasion La Croix du 30 juillet a posé au sociologue Jean Baubérot, expert ès laïcités, la question suivante : « La morale laïque exclut-elle par principe toute valeur religieuse ? » Je ne sais comment le spécialiste catholique de la laïcité, Emile Poulat, a reçu sa réponse, mais elle rend compte remarquablement de l’air ambiant vicié, respiré aujourd’hui jusque chez certains de nos évêques :
« Dans les discussions menées pour définir cette morale, les différents participants tiennent toujours compte de leur propre croyance. Et les individus et les groupes, quelles que soient leurs croyances, sont toujours libres d’exprimer leur opinion. En outre, la morale laïque laisse de la place pour des valeurs religieuses. La loi sur l’avortement adoptée en 1975 en est l’exemple type. Elle sépare la loi civile de certaines normes religieuses, mais elle ne contraint pas. Les femmes sont libres d’opposer une objection de conscience. Cette solution peut répondre à des questions sur lesquelles existent de fortes dissensions au sein d’une société. Mais la morale laïque exclut le fait qu’un groupe, par exemple religieux, puisse imposer ses propres valeurs à l’ensemble de la société. »
Baubérot présuppose à tort que seules des raisons religieuses peuvent expliquer l’opposition à l’avortement ou à l’euthanasie comme l’opposition à l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe : « Au XIXe siècle, le combat laïc a permis de rétablir le divorce, aujourd’hui, il s’incarne dans le droit au mariage entre personnes de même sexe », écrivait-il dans Libération du 29 mars 2011.
En invitant les catholiques à défendre la vérité du mariage et de la famille, avec des « arguments de la raison et du bon sens », au nom de l’empirisme organisateur ou de la loi (morale) naturelle (cf. l’article de Jean Madiran dans Présent du 22 juin) et non d’un ethos commun fabriqué d’équilibres douteux (cf. Sous le signe d’Antigone p. 95 et p. 202), le Cardinal Vingt-Trois lui a déjà répondu et bien répondu. Contrairement aux autres religions et à un certain idéalisme, le christianisme n’a jamais imposé à l’Etat et à la société un « droit révélé », mais « a, au contraire, renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit », rappelle Benoît XVI.
Dans un livre paru ce mois-ci aux éditions Salvator intitulé Les lendemains du mariage gay, le philosophe Thibaud Collin fait un sort également à ce sophisme éculé qui prétend à la neutralité de l’Etat en déconnectant le juste du bien : « Le présupposé d’un tel raisonnement est que le principe de laïcité de l’Etat républicain doit se comprendre comme neutralité éthique, dans sa version procédurale… Baubérot “confessionnalise” toute référence à un bien humain substantiel, reprenant par là la conception procédurale de la démocratie développée par John Rawls. Pour celui-ci, une société pluraliste ne peut se déterminer que sur des règles formelles en renvoyant les convictions sur le bien – assimilée peu ou prou à des croyances religieuses – à la seule sphère privée… »
Le but malin de la « confessionnalisation » des vraies et bonnes objections est stratégiquement, par une praxis et un piège dialectiques, de les rendre inopérantes dans un cadre de laïcité. « L’éthique n’est pas le bien ou le mal, le vrai ou le faux. Et la question n’est pas de savoir qui a tort ou raison, où est le vrai et le faux… », expliquait Leonetti pendant les Etats généraux sur la bioéthique…
Le leurre de la neutralité
Pas plus que pour l’école laïque de Jules l’imposteur, la neutralité n’existe pas pour l’Etat républicain. Elle est un « mensonge », une « chimère » (Viviani), un leurre avoué par les laïcistes eux-mêmes pour mieux intégrer leurs adversaires dans leur propre Panthéon. Car le refus d’un choix est toujours un choix et le refus d’une métaphysique une idéologie. Le laïcisme est lui-même confessionnel : c’est un comportement « qui nous amène à rejeter les vérités révélées [et naturelles], à pratiquer un esprit de libre examen » (Bouchareissas), autrement dit le culte de l’homme, mesure du bien et du mal. C’est Peillon qui a raison : il ne peut « jamais » être la simple tolérance, l’indifférence ou la neutralité, « mais comporte des valeurs qui doivent être inculquées », a-t-il même martelé (ajoutant à la version officielle expurgée). La laïcité est fervente, militante : la foi laïque est la nouvelle religion d’Etat. Elle est celle d’un groupe a(nti)religieux qui impose ses propres valeurs à l’ensemble de la société envers et contre le bien commun temporel, jusqu’au « droit » à l’homicide prénatal ou euthanazique et au mariage dénaturé des paires homosexuelles…
En déniant aux catholiques et aux hommes de bonne volonté, sous prétexte d’une société pluraliste, le droit et le devoir de faire entrer la loi naturelle dans le droit positif, ce groupe belliqueux se rend coupable en outre d’un totalitarisme sournois, pratiquant précisément ce qu’il reproche à tort aux chrétiens : imposer sa morale (immorale) aux autres dans une misérable contrefaçon diabolique sous forme de culture de mort ! Le cri d’Antigone se prolonge aujourd’hui avec le cri de Rachel qui pleure ses enfants qui ne sont plus…

Ces fondateurs du politiquement correct français : Pierre Bourdieu

L’essor du relativisme, ce courant qui écrase tout système de valeur hiérarchique et qui asphyxie tout esprit critique depuis des années, doit certainement beaucoup à La distinction de Pierre Bourdieu.
Loin de moi l’idée de critiquer l’œuvre du sociologue, son travail méthodique force le respect et il faut d’ailleurs bien faire la différence entre Pierre Bourdieu le scientifique, confondant, et Pierre Bourdieu le militant, jusqu’au-boutiste… Ceci étant dit, il semble que le second se soit parfois invité dans le travail d’analyse et ait réussi à nuire à l’objectivité du premier.
C’est ce qui s’est produit, il me semble, dans La distinction, livre paru dans une période fortement marquée idéologiquement (fin des années 70) et qui a sans doute beaucoup aidé à couronner, légitimer et probablement prolonger des décennies de contre-culture (c’est-à-dire de culture anti-bourgeoise). L’idée incriminée dans cet ouvrage n’est pourtant que suggérée, évoquée indirectement, à force de critiques à peine larvées de la nature de la culture savante ou bourgeoise, faite de retenue, de « distanciation », de « rejet du directement assimilable et jouissif », et de valorisation à peine masquée de la culture populaire qui serait quant à elle « l’affirmation d’une continuité de l’art et de la vie », et plus admirable encore,  qui serait « le refus du refus » qui caractérise si bien la « culture savante ». Je résume en forçant à peine le trait :  les « doctes » et les « dominants » sont essentiellement exclusifs tandis que le peuple a un goût sans a priori.

Mais Pierre Bourdieu n’est jamais si proche de l’aveu que lorsqu’il cite les thèses opposées aux siennes, pour mieux avancer dans ses démonstrations. Ainsi en est-il de l’exemple qu’il donne pour montrer combien les heureux élus qui apprécient l’Art savant ou déclaré comme tel sont prêts à toutes les argumentations pour justifier leur système de valeur :
Et pour convaincre que l’imagination auto-légitimatrice des happy few n’a pas de limites, il faut encore citer ce texte récent de Suzanne Langer que l’on s’accorde pour considérer comme un des « world’s most influential philosophers » : – Autrefois les masses n’avaient pas accès à l’art : la musique, la peinture, et même les livres, étaient des plaisirs réservés aux gens riches. On pouvait supposer que les pauvres, le ‘vulgaire’ en auraient joui également, si la possibilité leur en avait été donnée. Mais aujourd’hui où chacun peut lire, visiter les musées, écouter de la grande musique, au moins à la radio, le jugement des masses sur ces choses est devenu une réalité, et à travers lui, il est devenu évident que le grand art n’est pas un plaisir direct des sens. Sans quoi, il flatterait – comme les gâteaux ou les cocktails – aussi bien le goût sans éducation que le goût cultivé. (p 32, Éditions de Minuit)
Cette citation politiquement très incorrecte, et introduite avec ironie par Pierre Bourdieu au dépens de son auteur, citation avec laquelle il est de toute évidence en parfaite opposition, laisse entrevoir une partie du refoulé : le système de valeur dominant est un système essentiellement arbitraire, construit non pas sur un apprentissage objectif de techniques objectives d’appréciation d’un beau la plupart du temps objectif, mais sur une partition de territoires sociaux purement fortuite et sur la défense acharnée de cette partition.

Même si le sociologue ne l’admet jamais clairement, La distinction laisse transparaître en filigrane comme une préférence pour le goût populaire, qui est décrit avec une sorte de déférence voire d’admiration latente, tandis que le goût bourgeois n’est la plupart du temps présenté que comme celui des classes dominantes, comme s’il n’était qu’un territoire sociologiquement imposé par la force, et naturellement jamais justifié par une quelconque échelle universelle du goût nécessitant un minimum d’apprentissage. Cet apprentissage est cependant reconnu par le sociologue, mais il semble l’entacher d’inégalitarisme, de favoritisme, comme si la faute que ce sésame existe en incombe aux classes dominantes, coupables qu’elles sont d’avoir su dominer même dans l’univers sensible du goût ! Pourquoi dans ce cas ne pas reprocher aux classes dominantes de dominer ? Il est d’ailleurs amusant de constater qu’entre les classes populaires et les classes dominantes, se trouve une petite bourgeoisie dont le portrait que dresse le sociologue est sans doute le plus péjoratif : cette catégorie dépenserait beaucoup d’énergie à acquérir le goût dominant, elle en ferait même trop. Comme si, au lieu de respecter le goût populaire, elle l’abandonnait comme un traitre quitte ses origines pour trouver mieux…
Lorsque j’étais étudiant dans les années 70-80, je me demandais pourquoi le goût classique/dominant/bourgeois était si décrié au point qu’une sorte de contre-culture du laid, du facile ou du provocateur se soit épanoui aussi bien. À cette époque, je me demandais également pourquoi, dans la noosphère des sciences humaines, « petit bourgeois » était devenu très péjoratif alors que traiter quelqu’un de « prolétaire » n’était pas de rigueur. Récemment, à la lecture de La distinction, j’ai tout de suite pensé avoir trouvé si ce n’est l’origine de ces  inclinations tout au moins leur officialisation et leur institutionnalisation. L’essor du relativisme, ce courant qui écrase tout système de valeur hiérarchique et qui asphyxie tout esprit critique depuis des années, doit certainement beaucoup à cet ouvrage.


mardi 31 juillet 2012

La droite au défi de l’après-Sarkozy

Les adhérents de l’UMP éliront en novembre prochain leur nouveau président, pour donner un successeur à Nicolas Sarkozy.
Pas de congés ou presque pour les deux principaux prétendants à la présidence de l’UMP. François Fillon, qui a déclaré sa candidature le 30 juin, a mis en place son comité de campagne. Et Jean-François Copé, qui ne s’est pas encore déclaré, multiplie les déplacements dans les fédérations. Il sera mercredi 1er août dans les Alpes-Maritimes et le lendemain en Savoie, où il doit rencontrer l’un de ses soutiens de taille, Jean-Pierre Raffarin. Il pourrait annoncer sa candidature le 25 août lors des journées d’été de son club Génération France. Un affrontement qui illustre la difficulté d’une droite qui doit gérer l’après-Sarkozy et se chercher désormais à la fois un leader et un positionnement.

Qui pour diriger la droite ?

Principale formation de l’opposition, l’UMP va renouveler son équipe dirigeante – composée d’un président, d’un vice-président délégué et d’un secrétaire général – lors de son prochain congrès, les 18 et 25 novembre prochains. Il s’agit ni plus ni moins de trouver un successeur à Nicolas Sarkozy, dernier à avoir occupé le poste. Un poste resté vacant tant que ce dernier était président de la République, conformément aux statuts. Actuellement, cinq personnalités sont en quête des 7 924 parrainages nécessaires pour se présenter : Dominique Dord, François Fillon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Bruno Le Maire, et Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général, qui ne s’est pas encore déclaré mais a créé un « comité pour la candidature de Jean-François Copé » .
L’enjeu de cette élection est crucial. François Fillon ne s’y trompe pas. Il a présenté ce scrutin comme « une primaire avant l’heure, qui donnera une vraie légitimité »  au nouveau président dans la perspective de 2017. « Je ne suis pas candidat pour être secrétaire général de l’UMP, je suis candidat à la fonction qui était occupée par Nicolas Sarkozy »,  a insisté l’ancien premier ministre. Les sondages lui donnent pour l’instant l’avantage chez les sympathisants. Ce qui ne semble pas alarmer Jean-François Copé, puisque seuls les adhérents seront appelés à voter. L’actuel secrétaire général, qui n’a jamais caché son ambition pour 2017, fait cependant mine de déconnecter les enjeux en soulignant que le président élu cette année devra statutairement remettre son mandat dans trois ans, en 2015.
D’autant que certains avancent l’idée de monter effectivement en 2016 une primaire à droite, sur le modèle de celle organisée par le PS en 2011. Dominique Dord en fait même le principal argument de sa candidature. « Le nouveau président de notre mouvement devra organiser la primaire pour 2016 et non pas la préempter en 2012 »,  argumente le trésorier du parti.

Où en est le débat sur les valeurs ?

Dès le lendemain de sa défaite à l’élection présidentielle, l’UMP a mis en chantier un travail sur ses valeurs. Une façon de répondre aux critiques sur la « droitisation » de la campagne de Nicolas Sarkozy entre les deux tours. Dans la charte adoptée il y a dix ans, le triptyque « liberté, responsabilité et solidarité »  avait été mis en avant. Rien de bien original, puisque le projet du RPR en 1984 s’intitulait déjà « Libre et responsable » .
Pour réactualiser sa charte, Jean-François Copé s’est appuyé sur les nouveaux mots d’ordre « générosité, courage et fermeté » . Une synthèse en quelque sorte des différentes sensibilités internes : « générosité » pour l’aile gauche (souvent imprégnée de christianisme social) et « fermeté » pour l’aile droite, tandis que le « courage » renvoie aussi bien aux réformes libérales qu’à une qualité généralement attribuée à Nicolas Sarkozy.
L’UMP va également mettre en place des courants, dont la représentativité sera déterminée par un vote au congrès. L’enjeu de leur création est de faire en sorte que le débat d’idées s’épanouisse à l’intérieur du parti, et non entre celui-ci et une éventuelle structure concurrente. Il n’est toutefois pas sûr que ces votes internes clarifieront la ligne politique, puisque François Fillon comme Jean-François Copé bénéficient de soutiens hétérogènes. Réputé plus modéré, le premier a ainsi pour directeur de campagne le député Éric Ciotti, proche sans en être membre des positions de la Droite populaire. Tandis que le second est soutenu par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, chef de file des « humanistes » (lire les repères) .
Malgré des parcours et des styles très différents, les deux hommes paraissent de toute façon aujourd’hui idéologiquement proches et revendiquent l’héritage de Nicolas Sarkozy. Au grand dam de Xavier Bertrand, qui aurait souhaité que François Fillon renoue avec le « gaullisme social ». Mais face à la menace du Front national, qui a confirmé son implantation aux dernières élections, il existe une forme de consensus pour défendre une droite qui « assume » ses valeurs, notamment sur la sécurité et l’immigration.

Quelle stratégie  vis-à-vis du Front national ?

Le principal objectif de l’UMP d’ici à 2017, ce sont les élections intermédiaires. « L’enjeu de cette élection (NDLR : à la tête de l’UMP) n’est pas la désignation d’un candidat pour 2017, expose Bruno Le Maire dans une lettre aux militants. La future équipe dirigeante de l’UMP devra avant tout partir à la reconquête des territoires perdus dès 2014. » L’ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin propose notamment d’accorder « davantage de place et de moyens aux oppositions de droite dans les collectivités locales ».
Même priorité pour Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a expliqué sur iTélé que « l’UMP a été construite beaucoup autour de l’élection présidentielle, ce qui en fait aujourd’hui un parti très centralisé » . Or, poursuit-elle, « une des raisons pour lesquelles on a perdu l’élection présidentielle, c’est qu’on avait perdu, les unes après les autres, toutes les élections locales. L’élection locale, c’est très important, c’est la mère des batailles. On regagne le cœur de la France commune par commune. »
Or, l’UMP se trouve désormais placée sous la pression électorale du Front national. François Fillon et Jean-François Copé ont exclu toute alliance avec la formation de Marine Le Pen, mais semblent diverger sur la stratégie à adopter en cas de duel de second tour entre la gauche et l’extrême droite. D’un côté, le « ni-ni » théorisé aux cantonales de 2011 par Jean-François Copé, c’est-à-dire, dans cette configuration, ni soutien au PS ni soutien au FN. De l’autre, ceux qui refusent de mettre sur le même plan la gauche et l’extrême droite, en particulier François Fillon et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Quelle organisation ?

La création de l’UMP, en 2002, avait pour ambition de réunir au sein d’une formation unique toute la droite française. Dix ans plus tard, c’est un échec relatif. D’une part, l’UDF de François Bayrou en 2002 puis le Nouveau Centre d’Hervé Morin en 2007 sont restés en dehors. D’autre part, le Parti radical de Jean-Louis Borloo a quitté l’UMP l’année dernière. Même si ni l’un ni l’autre n’ont eu la volonté ou les capacités de présenter à la présidentielle un candidat de droite modérée face à Nicolas Sarkozy.
L’enjeu pour le centre droit est donc maintenant de parvenir à s’unifier afin d’être en mesure d’entrer dans une « compétition-alliance avec l’UMP », selon l’expression de Jean-Louis Borloo. Bref, de revenir à une droite formée de deux pôles, comme auparavant avec le RPR et l’UDF. « Mieux vaut deux familles, alliées mais en compétition, qui proposent un projet global, qu’un parti unique, fracturé de l’intérieur, où c’est toujours la partie la plus à droite qui l’emporte », avait plaidé le chef de file des radicaux de droite dès le lendemain des législatives.
Une première étape a été franchie avec la création du groupe de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) à l’Assemblée nationale. Le rapprochement des appareils partisans s’annonce en revanche plus compliqué. Ni le Parti radical – doyen des partis politiques français créé en 1901 – ni le Nouveau Centre ne souhaitent en effet s’effacer.
LAURENT DE BOISSIEU

Roms : Valls poursuit la politique de Sarkozy

Le ministre de l'Intérieur a assuré que les démantèlements de campements se poursuivront "chaque fois qu'il y aura décision de justice".
Les démantèlements de campements de Roms se poursuivront "chaque fois qu'il y a une décision de justice" en ce sens, a assuré mardi matin le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. Interrogé sur Europe 1, le ministre a déclaré : "Les préfets ont pour mission de démanteler les camps de Roms quand il y a eu une décision de justice. Les choses sont simples. Oui, quand il y a une décision de justice, il y aura démantèlement de ces campements." "Je ne peux pas admettre (...) que dans ces campements, qui accueillent parfois des centaines de personnes dans la chaleur de l'été, il y ait des problèmes sanitaires insupportables", a-t-il ajouté.
"Chaque fois qu'il y a une décision de justice, chaque fois que les propriétaires de ces terrains, qui sont souvent des collectivités territoriales, en font la demande, il y aura ces démantèlements. C'est une politique à la fois ferme et respectueuse du droit", a conclu Manuel Valls. Intervenant devant le Sénat la semaine dernière, le ministre de l'Intérieur s'était dit "inquiet de la concentration dans une série de campements" et avait annoncé des "décisions de démantèlement". Ces annonces ont inquiété les associations de soutien aux Roms, qui ont estimé que les expulsions sans solution de relogement ne faisaient que déplacer le problème.

APRÈS L'AVOIR TANT CRITIQUÉ; VOILÀ QU'IL FAIT LA MÊME CHOSE ?

Médaille de l’impuissance 


La trêve olympique permettait aux Grecs anciens de souffler entre deux affrontements. Les Inventeurs des Jeux Olympiques n’avaient pas de grandes ambitions. Sachant fort bien que guerres et querelles font, hélas, partie de notre patrimoine commun, ils avaient décrété une pause entre deux périodes de conflit, histoire de s’offrir un répit.
Le baron de Coubertin, inventeur des Jeux modernes, se faisait sûrement moins d’illusions. Il s’est borné à faire renaître les Jeux Olympiques. En revanche, il était hors de question d’espérer arrêter les effusions de sang. Depuis la Grèce antique, le monde avait tellement « progressé » dans l’art de trucider son voisin qu’il était, déjà, impensable d’instaurer quelques jours de paix planétaire.
Les 30 es Jeux Olympiques de Londres ne pouvaient rompre avec la tradition contemporaine d’un monde quelque peu schizophrène. On fait la fête à Londres pendant qu’on s’étripe de la Syrie à la Corne de l’Afrique. De Berlin en 36 au boycott des Jeux de Moscou en 80, sans oublier la tuerie de Munich en 1972, les Jeux ont souvent servi de caisse de résonance aux grands problèmes de la planète.
Cette année, la Syrie vient jeter une ombre sur les Jeux. Il est difficile de profiter pleinement de cette grande fête mondiale alors que la ville d’Alep vibre sous les bombes et que 200 000 Syriens ont pris le chemin de l’exil pour échapper à la mort.
Pourtant, comme si de rien n’était, la Syrie a envoyé une petite délégation à Londres. Il paraît quelque peu illusoire de penser que le président Assad ait eu la simple idée de faire rêver ses compatriotes devant les exploits de trois athlètes. D’autant que la présence d’un boxeur et d’un tireur apporte une touche d’humour grinçant au milieu de tant de violence.
Entre anecdote et provocation, ce petit groupe n’a qu’une utilité : rappeler que la Syrie existe encore et que ses habitants devraient, eux aussi, avoir le droit de vivre à l’heure olympique devant leur télé. Ils en sont malheureusement bien loin. La communauté internationale n’a ni su, ni pu, imposer la moindre trêve aux combattants depuis seize mois. En cela, elle mérite la médaille de l’impuissance.

Iphone 5 : nouvelle étape dans la guerre acharnée Apple - Samsung

La marque fondée par Steve Jobs a créé avec l’iPhone un marché qui croît plus vite qu’elle ne peut le satisfaire. Samsung saura-t-il en profiter ?
Les rumeurs au sujet du futur iPhone 5 se multiplient ces derniers jours. Parmi elles, celle portant sur un écran plus large approchant celui du Samsung Galaxy S3. De quoi relancer la question à la mode : "Apple est-il autant à la pointe de l'innovation que sous Steve Jobs ?". Outre le fait qu’une rumeur chasse l’autre et que la dernière en date voudrait au contraire que l’écran de l’iPhone 5 soit plus réduit qu’annoncé initialement, qu’il nous soit permis de remarquer avec un brin de malice que le questionnement à tout pour devenir un marronnier journalistique. Ensuite, on fera remarquer que selon toute probabilité, c’est plutôt à la diminution de l’épaisseur des smartphones à laquelle on devrait s’attendre, comme l’abandon probable du port dock Connector qui date de 2003 semble vouloir le plaider.
Enfin, si l’on garde à l’esprit que le cycle de développement et de mise en place d’un produit Apple est d’environ deux ans, on voit bien que Steve Jobs aura eu largement le temps de s’impliquer dans les premières phases de développement de ce prochain iPhone, a fortiori lorsqu’on sait que le développement des produits "designed by Cupertino" commence par la détermination du design extérieur et du facteur de forme.
La réponse à la question qui ouvre cet article est donc formellement « oui », même si Apple n’en est pas moins confronté à un certain nombre de difficultés structurelles qu’il lui faudra pas mal de créativité pour résoudre. Sur le marché du Smartphone en particulier, le californien est face à une équation différentielle particulièrement ardue dont il ne maîtrise pas tous les termes, et dont son concurrent Samsung n’est pas le moindre.

Un problème de taille critique, de fabrication et de distribution davantage que d’innovation

La base du modèle économique d’Apple repose en effet sur l’innovation et la prise de vitesse permanente de ses concurrents, avec un tout petit nombre de modèles dont l’excellence ne laisse que peu de prise à ses compétiteurs pour s’organiser, tout en dégageant des marges fortes. Pour cela, elle s’était habituée depuis l’iPod à entrer très tôt sur un marché prêt à démarrer, en identifiant un tout petit nombre de composants-clés, qu’elle a achetait en masse à la fois pour se différencier vis-à-vis de la concurrence, tout en la privant de ces composants synonymes de banalisation. Cerise sur le gâteau : les économies d’échelle procurés par les achats en masse et la place de leader, procurant des marges fortes réinvesties dans la recherche et développement.
Cependant, elle a créé avec l’iPhone un marché qui croit plus vite qu’elle ne peut le satisfaire, et se retrouve avec Samsung face à un concurrent qui non seulement a fait de la banalisation son principal point fort grâce à sa réactivité et à sa maîtrise des composants, mais qui était en outre il y a peu son principal fournisseur de composants. Le Coréen se réserve ainsi l’essentiel de la production des écrans AMOLED, dont il est le leader. De plus, le rythme de renouvellement chez Apple est bridé par son modèle d’excellence, dans lequel en bout de chaîne se sont finalement les mêmes équipes qui valident les produits. Elle est en outre dépendante des opérateurs pour sa distribution, et en quelque sorte prisonnière du faux rythme de 24 mois induit par la subvention sur le renouvellement des terminaux.

Apple a d’ores et déjà commencé à réagir : en présentant ses iPhones en septembre et non plus en juin, le californien qui a amélioré ses capacités de production laisse d’autant moins de temps à Samsung pour réagir avant la cruciale saison des achats de Noël. En outre, il a entrepris à marche forcée d’élaborer lui-même la quasi-totalité des composants dont il a besoin : Foxconn son partenaire privilégié à ainsi par exemple investi massivement dans les écrans de technologie IGZO que l’on devrait selon toute probabilité retrouver dans l’ensemble de l’offre de valeur d’Apple, depuis l’iPhone jusqu’à la future smart TV.
Enfin, c’est le marché français qui pourrait une nouvelle fois servir de laboratoire à Apple pour son modèle économique du smartphone, en
l’aidant à se libérer de son modèle actuel en grande partie basé sur la redevance qui lui est servie par les opérateurs sur chaque terminal, opérateurs qui subventionnent également les terminaux auprès des utilisateurs en récupérant ensuite leur mise sur les forfaits qu’ils commercialisent.
C’était déjà le marché français qui, après la rupture de l’accord d’exclusivité qui liait Orange et Apple, avait permis de sortir du modèle économique initial de l’iPhone –exclusivité en échange d’une redevance forte de l’opérateur – en montrant que la présence chez plusieurs opérateurs permettait d’accéder à un niveau significativement supérieur de parts de marché. Or, si Fleur Pellerin l’excellente ministre de l’Economie Numérique décide de s’attaquer au modèle de la subvention comme elle en a manifesté l’intention, Apple sera bien obligé de sortir de son modèle de rente pour explore l’inconnu.
Pas sûr que le californien ait à s’en plaindre, alors que les opérateurs dont il dépend actuellement pour sa distribution on au contraire tout intérêt au contraire à mettre en avant ses concurrents…

Cet homme a inventé l'email, il y a plus de 40 ans

A la fin de l'année 1971, Ray Tomlinson créait un code informatique pour faciliter la communication avec ses collègues et envoyait ainsi le premier courrier électronique. A l'époque, il ne pensait pas qu'il s'agissait d'une révolution.
Il ne sait plus exactement à quelle date il l'a envoyé. Il ne se souvient pas non plus qui en était le destinataire, ni même ce qu'il contenait... Mais à la fin de l'année 1971, l'ingénieur américain Ray Tomlinson envoyait le premier courrier électronique de l'histoire, comprenant le symbole "@". La seule chose dont je me souvienne, c'est qu'il était entièrement rédigé en lettres capitales ", se rappelle seulement le chercheur. Sans le savoir, il révolutionnait les moyens de communications. Pourtant, l'email a connu des débuts plutôt discrets...
Diplômé du Massachusetts Institute of Technology (M.I.T.) en 1965, ce jeune ingénieur travaille alors pour Bolt Beranek and Newman. Son entreprise avait un contrat avec le gouvernement américain pour développer l'Arpanet, l'ancêtre de notre Internet actuel. Il met alors au point deux programmes (soit des centaines voire des milliers de lignes de codes informatiques ! )
Le premier, SNDMSG (pour Send Message) permet à plusieurs personnes qui partagent le même ordinateur de s'y laisser des messages. Le second, CPYNET, permet de copier simultanément un fichier sur tous les ordinateurs d' Arpanet, qui relie à l'époque 15 machines. Il se met alors en tête d'associer les deux programmes pour échanger des messages d'un ordinateur à un autre.
Déjà le "@" dans les adresses
Deux cents lignes de code plus tard, les balbutiements du courrier électronique voient le jour. On ne l'appelle alors pas "email" mais "netmail" pour Network mail. Mais comment le "@" a-t-il donc fait son apparition dans les adresses ?
Ray Tomlinson choisit de séparer l'adresse en deux. D'un côté, le nom de l'utilisateur, de l'autre l'ordinateur sur lequel le message doit être envoyé. Ray cherche donc une séparation, jette un coup d'œil à son clavier et  le symbole "@" lui semble alors évident. Il ne pourra pas être confondu parmi les lettres du nom propre. Qui plus est, prononcé "at" en anglais soit "chez" ou "à", il désigne la destination et colle au sens que Ray veut lui donner.
La première adresse mail de l'histoire est née et elle est logiquement celle de ray : tomlison@bbn-tenexa.  Suite à cette invention, une foule de programmes ont été créés pour compléter les fonctionnalités de cette révolution pour en arriver en 2012 aux boîtes de messagerie que nous connaissons aujourd'hui.

Troisième règlement de comptes mortel depuis le début du mois


Depuis le début de l’année, Marseille détient le triste record des règlements de comptes. Au moins une grosse quinzaine. Le dernier en date s’est déroulé ce dimanche, peu avant 17 heures, dans les quartiers nord de la cité phocéenne. Plus précisément dans une zone sensible du 13e arrondissement de Marseille : la cité des Lauriers. Un endroit bien connu pour des trafics de stupéfiants…
La victime, tuée par une rafale de kalachnikov : un « jeune » homme de 25 ans.
D’après les premiers éléments de l’enquête, le dit « jeune » homme – qui se trouvait au pied d’un immeuble lorsqu’un véhicule est arrivé à sa hauteur et que ses occupants lui ont tiré dessus au niveau des jambes – était, comme on dit, défavorablement connu des services de police notamment « pour trafic de stupéfiants ». Dix-sept interpellations à son actif… et toujours dehors. Du moins jusqu’à ce dimanche où il est tombé par terre, non pas par la faute à Voltaire mais sans aucun doute par la faute des membres d’une bande adverse.
Un règlement de comptes entre racailles qui a provoqué une « très grande émotion » chez les habitants de cette riante cité. Une émotion telle que la police a demandé aux journalistes présents de quitter le périmètre du drame. Un principe de précaution bien accepté par les gens de la presse vu que certains habitants du quartier commençaient à avoir des « réactions hostiles » à leur égard…
Pour faciliter le travail des enquêteurs, supervisé par le directeur de la PJ de Marseille, Roland Gauze, et le préfet délégué à la sécurité, Alain Gardère, un important dispositif de sécurité a été déployé dans la cité des lauriers où, non loin de la scène de crime, un fourgon incendié a été retrouvé en fin d’après-midi par la police avec une arme à l’intérieur.
Pour l’heure, l’enquête a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire, a déclaré le procureur adjoint de Marseille, Jean-Jacques Fagni, en précisant que celle-ci était « déjà en charge de pas mal de dossiers ». Et là, ce n’est pas de l’exagération à la marseillaise façon la sardine qui bouche le port.
Depuis le début de l’année, en effet, plus d’une quinzaine de règlements de comptes mortels liés pour la plupart au trafic de drogue et la suprématie des territoires sont survenus dans la région marseillaise.
Parmi les plus récents : en juin, deux hommes avaient été tués à 24 heures d’intervalles (à la kalachnikov, arme devenue « l’Opinel » des voyous, et au pistolet automatique). Au début du mois, un homme de 30 ans avait été abattu à l’arme automatique sur le parking d’un hôtel d’Aix-en-Provence alors qu’il venait de sortir de prison. Dans la nuit du 22 au 23 juillet, un gitan de 26 ans avait été tué par balles au cours d’un règlement de comptes, toujours sur fond de trafic de stupéfiants.

Pourquoi la France ne pourra pas se redresser avant septembre... 2014

Face à la multiplication des plans sociaux et au chômage grandissant que connaît la France, des solutions rapides s'imposent. Pas sûr pourtant qu'elles soient mises en œuvre prochainement.
Dans ce contexte particulièrement dramatique, aggravé, qui plus est, par un climat catastrophique depuis trois mois, en particulier au nord de la Loire, il pourrait être tentant, voire salutaire, de tout débrancher. Eteindre son téléphone portable, ne plus écouter la radio, ni regarder la télé, ni même lire les journaux. Pour tout vous dire, c’est exactement ce que j’ai fait (à quelques connexions à Internet et quelques tweets près) depuis une semaine. Et cela fait un bien fou.
Seulement voilà, jouer à l’autruche et s’enterrer la tête dans le sable ne sert strictement à rien. Certes, après avoir passé des années à demander à nos dirigeants politiques et monétaires de réduire leur dogmatisme destructeur, en vain, nous pourrions également être tentés de baisser les bras et de prendre un billet sans retour pour un pays où la liberté d’entreprendre est valorisée et où la pression fiscale est raisonnable. Si, si, cela existe toujours. Mais, là encore, quitter le navire serait futile et pourrait même donner des arguments à ceux qui veulent faire de la France un pays « d’égalisation vers le bas ». En voulant exclure de l’Hexagone tous ceux qui gagnent plus de 4 000 euros par mois, ces idéologues d’un autre temps oublient que ce n’est pas en chassant les « riches » qu’on lutte efficacement contre la pauvreté.
Bien sûr, certains salaires mirobolants ont de quoi choquer. Cependant, face à de tels excès, il faut simplement se souvenir de trois réalités déterminantes. Primo, si un employeur est assez fou pour payer des salaires démentiels, il n’est pas possible de le lui interdire, sauf à créer une dictature. Secundo, la richesse créée par le « gros salarié » est généralement supérieure à son coût. Et ce, tout d’abord pour l’employeur, au travers des réalisations du salarié. Sinon, il est alors clair que le salarié sera licencié ou que son salaire sera fortement abaissé. Malheureusement, il arrive parfois, notamment en France, que, dans certains cas et pour des raisons obscures (telles que l’appartenance à une caste ou toute autre connivence malsaine), un salarié, voire un patron, complètement inefficace, continue de toucher un salaire excessif. On pourra alors se consoler en pensant que ce « gros salarié » dépensera fortement en France et alimentera par là même le « business » dans l’Hexagone. Tertio, ce salarié, méritant on non, contribuera à augmenter les recettes fiscales et, normalement, permettra par là même à l’Etat Providence de faire son boulot.
En résumé, il ne sert à rien de s’offusquer de tel ou tel salaire, car, sauf dans certains cas très spéciaux (banditisme, fraude, castes…), les gains récupérés par la collectivité seront conséquents. C’est d’ailleurs ce qu’a bien compris David Cameron lorsqu’il a appelé les Français et les chefs d’entreprise plus ou moins fortunés à émigrer vers le Royaume-Uni. De la sorte, ces derniers viendront augmenter la consommation et les recettes fiscales outre-Manche, tout en produisant l’effet inverse dans l’Hexagone. Or, s’il y a moins d’activité et moins de rentrées fiscales en France, le déficit public, la dette et le chômage s’accroîtront de nouveau, jusqu’à l’avènement d’une crise sociale sans précédent. Les annonces d’augmentation massive des impôts par l’actuel gouvernement, ainsi que les nombreux plans de licenciements, et notamment celui de PSA, montrent que ces dangers ne sont pas seulement dans la tête de votre serviteur. Ils sont devenus réalités. A ce rythme, MM. Hollande et Ayrault n’auront bientôt plus rien à envier à M.Papandreou+
Aussi, sans vouloir casser le climat apparemment apaisé des vacances estivales, il est de notre devoir de continuer à dire la vérité. Oui, le taux de chômage va encore s’accroître fortement en France au cours des prochains mois. Selon nos estimations, il sera d’au moins 12 % d’ici l’été 2013. Et encore, ce résultat tient compte de la faible augmentation de la population active. Si nous étions dans les années 1990 (lorsque cette dernière progressait d’environ 300 000 personnes par an), le taux de chômage serait déjà supérieur à 12 %. En outre, n’oublions pas toute l’ingéniosité dont ont fait preuve nos hauts fonctionnaires pour créer des mesures « d’accompagnement social » du chômage, qui ont surtout pour but de réduire le nombre officiel de chômeurs.
Pour ne rien arranger, lorsqu’on observe les réactions et les propositions de l’actuel gouvernement pour essayer de restaurer la croissance et/ou de faire face aux différents plans de licenciement, cela fait froid dans le dos. Peut-on effectivement continuer de laisser croire aux Français que l’Etat a encore les moyens de créer des aides factices pour tel ou tel secteur d’activité, voire qu’il pourrait s’ingérer dans les affaires internes d’une entreprise privée quitte à monter dans son capital ? Arrêtons donc de prendre des vessies pour des lanternes. Depuis une vingtaine d’années, la France s’est engagée avec obstination dans une voie sans issue, avec, à droite, l’augmentation des dépenses publiques, à gauche, l’accroissement des impôts et, au bout du chemin, la faillite. Aujourd’hui, le mur se rapproche dangereusement. Mais la France accélère et klaxonne, pensant peut-être qu’ainsi le mur va disparaître.
Evidemment, il n’en sera rien. Malheureusement, c’est notre génération qui va devoir gérer le choc frontal. Et ce, alors qu’elle n’y est pas du tout préparée et que nos dirigeants le sont encore moins. Si beaucoup d’économistes continuent également de se voiler la face, espérant un poste de sous-fifre dans tel ou tel ministère, ou une légion d’honneur, ou simplement une petite faveur, nous continuerons de faire notre travail et de dénoncer ces errements. Nous n’appartenons à aucun courant politique. Nous voulons simplement que la France se redresse. Vu les circonstances, elle ne pourra pas le faire avant septembre… 2014, c’est-à-dire une fois que la crise sociale aura obligé les dirigeants français à faire un virage à 180° et en espérant que la zone euro n’aura pas disparu d’ici là. En attendant passez donc de bonnes vacances et carpe diem !






10 phrases pour briller à l’apéro pendant les vacances

Vous aimez épater vos collègues devant la machine à café ? Challenges vous aide à en faire autant avec ceux que vous côtoyez pendant vos congés.

Avant de préparer la rentrée, il convient de réussir ses vacances. Mais attention, les congés payés ne doivent pas être synonymes de laisser-aller intellectuel. Tout comme, le reste de l'année, à la machine à café ou lors des réunions, vous devez rester pertinent et brillant au bord de la piscine et à l’heure de l’apéro. Challenges vous livre clé en main, dix phrases qui vous assureront un grand succès auprès de vos compagnons de villégiature. Leur effet, vérifié par la rédaction, est tel que nous vous recommandons de les utiliser au compte-goutte, histoire de ménager vos effets.
1. "Savez-vous que Pierre Moscovici est fiancé à une étudiante de 22 ans ?"
Le nouveau ministre de l’économie, 53 ans, gardait jalousement le secret de cette liaison depuis deux ans. Mais il a décidé de l’officialiser au second tour des législatives en s’affichant avec Marie-Charline devant l’objectif d’un photographe de l’Est Républicain.
2. "L’affaire du Libor est le plus grand scandale financier de tous les temps"
"Libor" : l’acronyme ne vous dit peut-être pas grand-chose. Derrière ces cinq lettres se cache pourtant l’un des plus grands scandales financiers présumés de l’histoire. Plusieurs grandes banques internationales sont soupçonnées d’avoir manipulé le London Interbank Offered Rate (Libor en abrégé) afin de camoufler leurs difficultés de financement lors de la crise financière.
Parmi elles, que des grands noms de la finance mondiale : Bank of America, Barclays, Citibank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan, Royal Bank of Scotland, UBS… L’enjeu est colossal. Le Libor est étroitement lié au fonctionnement de l’un des plus grands marchés monétaires du monde : le marché interbancaire (celui où les banques se prêtent entre elles), dont la taille est estimée à 350.000 milliards de dollars !
3. "Un Espagnol sur quatre est au chômage !"
Le taux de chômage en Espagne, le plus élevé des pays industrialisés, devrait atteindre 24,6% en 2012, un chiffre légèrement supérieur aux 24,3% attendus initialement.
4. "La musique que l’on entend aux Galeries Lafayette est composée par Olivier Dassault, député et administrateur de Dassault Aviation".
Le petit-fils de Marcel Dassault est compositeur à ses heures perdues. Il a publié six compilations de ses compositions, le plus souvent des hymnes commandés par des entreprises. On peut franchement parler de musique d’ascenseur sans vexer personne, puisque l’un de ses morceaux, intitulé Schindler a été écrit pour la célèbre marque d’ascenseurs.
5. "Le petit oiseau bleu de Tweeter s’appelle Larry, en hommage au basketteur américain Larry Bird".
Ce joueur blanc des Celtics de Boston a été le grand rival de Magic Johnson dans les années 90, avec lequel il a été co-capitaine de la Dream-Team lors des JO de 1992. Le co-fondateur de Twitter, Biz Stone a confirmé que l’oiseau Larry, en passe de devenir l’un des logos d’entreprise les plus connus de la planète, a bien été inspiré par le grand Larry "Legend" Bird.
 6. "La France est un vrai paradis fiscal pour les plus riches"
Certes, la pression fiscale en France est l'une des plus élevées d'Europe mais elle affecte, proportionnellement moins les très, très riches (on parle là de patrimoine supérieur à 10 millions d'euros): ceux-là bénéficient de grosses niches pour leurs impôts sur le revenu et surtout pour leur ISF (outil de travail, œuvres d'art, ISF PME...) et, surtout, organisent la gestion de leur fortune via un holding "tirelire" à la fiscalité douce. "Au final, un ménage très fortuné qui subit un taux d'imposition de plus de 20% est juste mal organisé et mal conseillé", assure l'avocat fiscaliste Olivier Riffaud. Cependant, les nouvelles mesures fiscales que va mettre en place la gauche dans le budget 2013 risquent de durcir le jeu de l'optimisation...
7. "Le film Little Buddha de Bernardo Bertolucci est dédié à la mémoire de Francis Bouygues".
Après avoir investi dans la télévision en rachetant TF1 en 1987, le roi du béton, s’est intéressé au cinéma avec de grandes ambitions et de gros moyens. Il a créé la société de production Ciby Pictures, avec des bureaux à Hollywood. Ses réalisateurs étaient David Lynch, Jane Campion, Pedro Almodovar et Bertolucci qui a sorti son film peu de temps après la mort du grand patron en 1993.
8. "La fortune du candidat républicain Mitt Romney représente le double des patrimoines cumulés des huit derniers présidents américains".
Le politicien de confession mormone est à la tête d’une fortune estimée entre 190 et 250 millions de dollars, amassée dans la finance avec le fond Bain Capital. Les revenus de ses seuls placements financiers s’élèvent à 20 millions de dollars par an.
9. "Les ventes d’objets d’art battent des records malgré la crise".
Le record historique d’un tableau vendu aux enchères date du 2 mai dernier, Le Cri de Munch, a été adjugé à 96 millions d’euros chez Sotheby’s à New York. En France, le montant des adjudications a bondi de près de 10% à 1,25 milliard en 2011. (Cliquez ici si vous voulez aussi pouvoir citer le nom des 10 oeuvres d'art les plus chères de l'histoire des ventes aux enchères)
10. "Les 20 Français les plus riches emploient un million de salariés".
C’est l’un des enseignements du classement annuel des 500 plus grosses fortunes de France réalisé par Challenges. Les patrons et propriétaires de LVMH (Bernard Arnault), Sodexo (Pierre Bellon), Auchan (Gérard Mulliez), PPR (François Pinault), Chanel (Alain Wertheimer), Bouygues (Martin Bouygues) ou encore Illiad-Free (Xavier Niel) sont aussi de gros employeurs.

Tabac: vers une taxation plus forte des paquets moins chers

Jérôme Cahuzac, le Ministre du Budget, souhaite modifier la structure de la fiscalité sur les cigarettes, qui favorise les paquets les moins chers en cas de hausse des prix.

Les esprits s'échauffent avant l'augmentation de 6% du prix du paquet de cigarettes prévue fin septembre. Après la condamnation des superprofits des fabricants de tabac par le député Jean-Marie Le Guen début juillet, c'est au tour de Jérôme Cahuzac de vouloir faire évoluer la fiscalité du tabac selon Les Echos. Le Ministre du Budget a demandé la semaine dernière au Sénat "une réflexion sur les droits du tabac, car toute hausse du prix du tabac favorise les produits de moindre qualité et les moins chers, dont on dit qu'ils sont les plus nocifs. Il faut adapter notre fiscalité pour aboutir à des hausse uniformes sur tous les produits du tabac, quel que soit leur prix initial"
Actuellement, les taxes sur le tabac, appelées "droits de consommation" comprennent une part fixe de 55 centimes par paquet et une part variable de 54,57% du prix de vente. Il faut également ajouter la TVA (16,38%) et la commission du buraliste (8,54%).
Inciter les fabricants à augmenter leurs tarifs
En cas de hausse des prix, les paquets les moins chers sont favorisés par rapport aux cigarettes plus onéreuses à cause de ce double système de taxe fixe et variable. Ainsi, pour un paquet à 5,70 euros, les droits de consommation représentent 64,25% du prix alors que pour un paquet à 6,20 euros, ils représentent 63,38% du prix.
Jérôme Cahuzac souhaite "inverser la part fixe et la part variable qui frappe le tabac" pour donner plus de poids à la taxe actuelle de 55 centimes par paquet. Cette mesure que le Ministre du Budget envisage de présenter "en loi de Finances initiale pour 2013" devraient inciter les fabricants à augmenter le prix de leurs produits.
En cas d'adoption, cette loi pourrait conduire les fabricants à augmenter de manière forte leurs prix afin de reconstituer leurs marges. Au final, ce sont les consommateurs qui payeront plus chers pour fumer sans réel impact pour les fabricants.

Les ministres en séminaire de travail mercredi autour de Hollande

Le sera réuni en séminaire de travail autour du mercredi, dans la foulée du dernier Conseil des ministres avant la trêve estivale, a indiqué lundi l'Elysée dans un communiqué.
Il s'agit d'"un séminaire de travail avec les ministres suivi d'un déjeuner", écrit la présidence de la République, sans préciser sur quels sujets plancheront les membres du gouvernement.


La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, fera un compte-rendu du séminaire devant la presse, dans le cadre de sa prise de parole hebdomadaire suivant le Conseil des ministres.
La réunion interviendra au lendemain de la clôture de la session extraordinaire du Parlement qui avait été convoquée dans la foulée de l'alternance pour faire adopter les premières mesures du quinquennat Hollande, et notamment le budget rectificatif 2012. Le vote définitif des députés et des sénateurs sur ce texte est prévu mardi.
Le Conseil des ministres, qui est programmé mercredi à 10H00, sera le dernier avant la trêve estivale, le prochain étant prévu le mercredi 22 août.

AH ÇA, ILS EN FONT DES SÉMINAIRES, DES RENCONTRES DE PALABRES, MAIS LES ACTES SONT ABSENTS, CE N'EST PEUT-ÊTRE PAS PLUS MAL, LES ACTES  SERAIENT SI NOCIFS À LA FRANCE.