L’argument le plus piteux, toujours le même, c’est celui de Le Pen, Le Pen qui monte, Le Pen à qui profiterait le crime de vérité! C’est, ces jours-ci,
un mantra UMP, il fut socialiste auparavant: sous Jospin, dénoncer l’insécurité ambiante faisait prospérer Jean-Marie; sous Sarkozy, s’indigner de l’affaire Bettencourt servirait Marine. Silence dans les rangs, et il fallait donc que la République oublie les classes populaires victimisées, et tolère désormais les arrangements des bien-nés, pour ne pas servir les ennemis de la liberté?
C’est pervers. Et c’est idiot. Si Marine Le Pen devait entraîner les foules avec son "tous pourris", c’est que "tous" l’auraient cherché, ayant cadenassé leur système d’entraide et de questions interdites. Intimider les médias, proclamer terminée une affaire qui inspire chaque jour plus de craintes, ridiculiser la parole présidentielle, puisque les scandales ne s’arrêtent jamais quand Jupiter tonne, refuser de confier le dossier Bettencourt à un juge d’instruction… Par peur d’être découvertes, ou par simple arrogance, les élites – quel méchant mot – abîment la République en accumulant les évitements… De ces vaines tentatives se nourrit le sourire retrouvé des Le Pen.
Depuis quelques jours, une étrange imprécatrice vient rompre ce charme, et rend la dénonciation au camp démocratique, comme Sarkozy jadis (l’un et l’autre détesteront le parallèle) sut reprendre la sécurité à l’extrême droite. Eva Joly ne s’embarrasse pas de délicatesses, quand elle déshonore Philippe Courroye, procureur de Nanterre, "aux ordres", selon elle. Mais elle le fait au nom des valeurs de la justice, des enquêtes indépendantes, d’un intérêt général qui justifierait ses philippiques. Ainsi (et le parallèle ne devrait pas les hérisser) l’ancien Sarkozy prétendait rétablir l’ordre républicain, quitte à humilier publiquement un flic jugé laxiste.
Ce n’est pas Marine Le Pen qui l’emportera, mais Eva Joly, ou tout démocrate qui dénoncera le système au nom d’une République insoupçonnable. Au-delà des Bettencourt, des Woerth et des enveloppes de Neuilly, il s’agit de ramener la France aux normes : en finir avec ces faux-semblants où l’on demande à l’Inspection des finances de dédouaner son supérieur, où un procureur soumis à sa hiérarchie doit éclaircir ou blanchir une ténébreuse affaire. C’est un système français sans règle claire ni sanction, qui autorise les dérives et provoque les excès – ceux de la presse aussi. Au Royaume-Uni, désuète monarchie démocratique aux antipodes de notre République absolue, des scandales peuvent naître, mais l’Etat n’en tremble pas. L’affaire des frais de bouche n’a pas empêché les conservateurs d’emporter l’alternance, ni les travaillistes de leur résister. Mais la vérité avait été proclamée, des coupables désignés, des carrières brisées: une justice était passée, qui seule permet la démocratie. En France, nul ne tombe jamais, nul ne démissionne, nul ne paye avant les grands fracas.
Claude Askelovitch
dimanche 18 juillet 2010
Marine ou Eva?
A mi-mandat, Obama déçoit
A quatre mois d’élections cruciales, sa popularité est à la baisse jusque dans la communauté noire.
Il était invité, il n’est pas venu. Les congressistes de l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur (NAACP) pensaient que le président Obama reviendrait les faire vibrer, comme il l’avait fait
l’an passé à l’occasion du 100e anniversaire de leur institution. Ils ont eu droit à la place, cette semaine dans le gigantesque centre de conventions de Kansas City, à Michelle Obama. "Nous avons bien compris qu’il n’était pas question de nous reposer sur nos lauriers", a-t-elle martelé d’entrée de jeu en parlant de son mari et du gouvernement.
Si la First Lady avait voulu déminer les critiques croissantes au sein de la communauté noire sur l’insuffisance des programmes de la présidence vis-à-vis des Africains-Américains, elle ne s’y serait pas prise autrement. Il se trouve en effet que la popularité d’Obama est encore à la baisse ce mois-ci. Notamment parmi les électeurs noirs: selon le dernier sondage Gallup, le président a perdu presque 10 points auprès d’eux depuis l’automne dernier. Bien moins qu’au sein de la communauté latino (chute d’un tiers) ou chez les électeurs indépendants (baisse de plus de la moitié), mais le résultat est préoccupant. La hausse brutale du chômage, la lenteur de la réforme de la santé, les balbutiements de la réforme du système éducatif public, les conséquences de la marée noire en Louisiane et dans l’Alabama : les mauvaises nouvelles s’additionnent pour nourrir le désenchantement progressif des Noirs américains, deux fois plus nombreux en proportion à souffrir de la crise actuelle que les Blancs.
Jesse Jackson et Al Sharpton en défenseurs
A plusieurs reprises, au cours de ces derniers mois, interrogé par des journalistes de la presse africaine-américaine, le président Obama a répondu qu’il était "au service de tous les Américains, et pas seulement d’une partie d’entre eux". Impartial mais brutal. La réplique a été mal vécue. Pour faire diversion, les leaders charismatiques de la communauté, à l’image des révérends Jesse Jackson et Al Sharpton, sont venus dire à Kansas City que les démocrates, y compris le premier d’entre eux, n’étaient pas à blâmer. Que les lenteurs à réformer le pays venaient de l’obstruction des républicains et de la montée en puissance des Tea Parties, le mouvement anti-fédéral ultra conservateur emmené par Sarah Palin.
L’accusation de "racisme" a même fusé assez vite pour qualifier les Tea Parties, coupables, selon la NAACP, de révisionnisme vis-à-vis des droits civiques accordés aux Noirs dans les années 1960. Est-ce la façon la plus habile de remobiliser l’électorat à l’heure où le porte-parole de la Maison-Blanche avoue lui-même que "les élections de mi-mandat en novembre prochain peuvent très bien voir les républicains reprendre la Chambre des représentants"? Toujours est-il que la NAACP a décidé à Kansas City de devenir le fer de lance de la lutte contre la droite dure américaine. Elle organisera début octobre, avec 170 autres organisations de gauche, une marche sur Washington.
Me Gillot : pourquoi ne pas auditionner Bettencourt ?
L'avocat de l'ex-comptable de l'héritière de l'Oréal s'interroge dans le Parisien sur le fait
que celle-ci n'ait pas encore été entendue. Il accuse le procureur Courroye de «faire obstruction» à la justice.
La question qui fâche. Alors que quatre proches de Liliane Bettencourt ont été placés en garde à vue cette semaine pendant 36 heures, l'avocat de l'ex-comptable et du majordome Me Antoine Gillot s'interroge : pourquoi l'héritière de l'Oréal, au coeur de l'affaire qui touche aujourd'hui la classe politique, n'a-t-elle pas encore été entendue par le parquet de Nanterre ?
«Son avocat, Me Georges Kiejman, passe son temps à dire qu'elle est en pleine forme et qu'elle a toute sa raison. Le parquet a rejeté la plainte pour 'abus de faiblesse' déposée par sa fille. Mme Bettencourt elle-même reconnaît qu'elle a commis une fraude fiscale et a annoncé qu'elle rapatrierait ses fonds en Suisse», observe ainsi l'avocat dans le Parisien. Avant de s'indigner : «Et on ne l'interroge pas ? Et on ne la met pas en garde à vue ?».
«Philippe Courroye a choisi son camp»
L'avocat y voit deux raisons. «La première», dit-il, «c'est que Liliane Bettencourt fait partie, en raison de ses liens avec le président de la République, de la caste des intouchables» dès lors que «comme l'a révélé ma cliente Claire Thibout, l'héritière de L'Oréal est un des principaux bailleurs de fonds de l'Etat UMP».
La deuxième raison, c'est toujours, selon l'avocat, que le procureur Philippe Courroye «est au fond convaincu que cette vieille dame de 87 ans est affaiblie» et qu'en limitant ses auditions à ses quatre collaborateurs, «il reconnaît implicitement qu'elle est vulnérable».
Jugeant que dans cette affaire le parquet «se décrédibilise chaque jour un peu plus», il juge «urgent qu'une instruction indépendante soit confiée à un juge» et «demande solennellement à Michèle Alliot-Marie, garde des Sceaux, d'intervenir». Avant d'estimer : «Il doit être mis fin à ce déni de justice. Dans cette affaire, le procureur Philippe Courroye a choisi son camp. Ce n'est pas celui de la vérité».
BOUCLEZ LA VIEILLE !
BRANCHEZ LA À LA GÉGÈNE, ELLE FINIRA PAR CRACHER LE MORCEAU !
ELLE NOUS DIRA ENFIN CE QU'ELLE A FAIT DE SON FRIC !!
C'EST VRAIMENT MOCHE D'ÊTRE RICHE EN FRANCE BORDEL DE MERDE !!!!
La belle vie des décroissants
Il est un peu en retard. A pied, forcément, c'est plus long. Depuis longtemps, Christophe n'a plus de voiture. Six enfants, les trois siens et les trois de ses colocataires, courent dans le jardin de sa maison qui, paradoxe amusant, jouxte un supermarché Lidl. Très vite, il met les choses au point : il n'aime pas le terme "décroissance" et lui préfère celui de "simplicité volontaire". "A un moment, nous consommions." Trop, sans doute : il tombe dans la spirale du surendettement. La décroissance, pardon la simplicité volontaire, est-elle une manière d'apprivoiser cette pauvreté ? "Nous avons pris conscience que rien de cela n'était nécessaire, et arrêté tous les crédits."
Aujourd'hui, il fait son compost, se chauffe avec un poêle à bois, récupère l'eau de la machine à laver pour arroser. " C'est une démarche d'autonomie par rapport à l'énergie : s'il n'y en a plus, nous voulons pouvoir nous débrouiller par nous-mêmes. " Le jardin, un rien désordonné, est un laboratoire.
Lui et sa femme fabriquent leur lessive avec de la cendre de bois, se brossent les dents avec de l'argile verte, réalisent des matériaux de construction avec de la sciure, de la chaux, du sable et 60 % de papier. "On peut en faire des meubles", dit-il, regardant d'un air ravi ce mélange de système D et de philosophie. Des rouleaux de carton remplis d'un mélange d'huile et de sciure de bois servent de combustible. Autour du poêle, des briques de terre gardent la chaleur. Lui utilise un rasoir mécanique et porte un pull marron récupéré. " On s'habille avec des vêtements usagés et on se meuble avec du matériel trouvé dans les poubelles. " Il rit : " Celles de Marseille sont très riches. "
LE TEMPS PLUTÔT QUE L'ARGENT
La famille vit avec 1 400 euros par mois. Christophe est fonctionnaire, ce qui lui laisse un temps plus précieux à ses yeux que la fortune. Il refuse les banques auxquelles il veut "en laisser le minimum", et remplit des enveloppes hebdomadaires avec du liquide. "J'aimerais qu'on puisse commercer de façon proche, que tout ce qu'on utilise vienne d'un rayon de 200 kilomètres. Je préfère acheter du riz de Camargue que du riz thaï."
En vacances, une fois par an, la famille retrouve les membres d'une association d'instruction à la maison. " Je refuse de prendre l'avion. J'ai même du mal à comprendre qu'on ne l'interdise pas sur des petits trajets tant le coût écologique est grand. " Pour l'instant, il ne consent qu'à une concession : vivre en ville, quand beaucoup de décroissants la quittent pour la campagne. " Comme cela, nous pouvons avoir un plus gros impact sur notre entourage. " Il a créé une association, le Centre de développement des alternatives. Il a Internet, on leur a donné une télévision, qu'il garde "pour les enfants". Il ne s'interdit pas de louer une voiture en "autopartage", système de garage coopératif.
C'est sur l'éducation qu'il se montre le plus radical. Ses enfants, il les élève lui-même. "L'école ne respecte pas leur maturité. Elle dédaigne les rythmes biologiques de l'enfant. Et nous refusons la compétition, qu'on leur apprend tellement." L'Education nationale admet ce mode de vie, à condition que les enfants aient acquis, à 16 ans un certain nombre de connaissances, soumises à inspection.
Ce refus de l'école s'est étendu à l'hôpital, au moins en ce qui concerne les naissances des deux derniers, qui ont eu lieu à la maison. " Le système médical impose des règles, des heures de tétée. Nous n'en voulions pas. Ce sont l'allaitement maternel, puis l'instruction à la maison qui nous ont fait entrer dans tout un monde alternatif, qui est aussi notre réseau social. La marginalité, on ne s'en rend pas compte.
"KHMERS VERTS"
Ce n'est pas d'aujourd'hui que les idées de la décroissance, mêlant préoccupations écologiques, retour à la nature, rejet de la consommation et vision apocalyptique d'un monde à la dérive, ont la faveur d'une marge du public. D'après un sondage Ifop Sud-Ouest de novembre 2009, 27 % des Français seraient prêts à restreindre de façon significative leur consommation. Dans les années 1970, elle rejoignait la mouvance des babas cool et des néo-ruraux, beaucoup caricaturés depuis.
Un journal, La Gueule ouverte, fondé en 1972 par Pierre Fournier, en parlait régulièrement, et un film (L'An 01), qui vit débuter en 1973 Jacques Doillon et fut coréalisé par Alain Resnais d'après une bande dessinée de Gébé, lui servit de plate-forme. Son slogan était clair : "On arrête tout."
Françoise n'a pas vu L'An 01. Elle n'a pas non plus tout arrêté. Grande, belle, elle a choisi elle aussi la " simplicité volontaire " : habits usagés et fonctionnels, aucun maquillage. Elle se lave au savon d'Alep, se nettoie le visage au beurre de karité, ne regrette pas la coquetterie. "La décroissance, c'est un cheminement. Très tôt, je me suis posé des questions sur le sens de l'organisation du travail, sur l'entrée après des études dans un tunnel qui m'amènerait jusqu'à la retraite. ça m'a fait peur."
Elle abandonne sa carrière pour un réseau d'insertion sociale puis des boulots alimentaires avant de trouver Eco-Sapiens, une Scop (société coopérative de production) montée avec deux autres passionnés qui publie un guide d'achat éthique en ligne classant les labels écologiques de "top" à "truand". "Je me suis dit : je ne chercherai plus de travail dans ma formation. Je lâche tout un système. " Aujourd'hui, c'est son conjoint qui abandonne aussi un travail rémunérateur "pour trouver quelque chose de plus conforme à ses convictions". "C'est à la fois une démarche écologique et un choix de vie. Nous voulons arrêter d'acheter uniquement parce que nous avons les moyens de le faire. C'est ridicule, et ensuite cela m'encombre. Consommer, faire les magasins me prend un temps que je veux consacrer à autre chose."
La voie n'est pas toujours évidente. "C'est difficile de créer un monde en marge. Il faut aussi composer avec la réalité." Ainsi de l'école, qu'elle avait pensé faire arrêter à ses enfants pour tenter, comme Christophe, une autre éducation. "Nous avons cherché une voie alternative du type Freinet, mais prendre la voiture tous les matins c'était une concession trop importante. Nous avons donc choisi une école de proximité."
La vie est en fait un "arbitrage quotidien et au coup par coup". Pas de voiture ? Si, une, mais qu'on n'utilise qu'en cas de nécessité. Pas d'avion ? Le moins possible, mais quand son mari doit aller voir sa famille au Liban, il le faut bien.
Ils consomment localement, et presque jamais des produits emballés, réduisent au minimum leurs déchets. Elle fabrique sa lessive elle-même, récupère l'eau des bains pour les toilettes, s'habille en faisant les dépôts-vente, refuse les jeux électroniques.
Ils gardent un téléphone portable pour toute la famille, maintiennent le chauffage à 19 °C, avec du gaz et des panneaux solaires, et mettent deux pulls quand il fait froid. Leur consommation de viande se limite au week-end. Ils partent en vacances dans des accueils paysans. " Mes enfants ne connaissent pas Mario Bros mais ils ont donné le biberon à des agneaux." Aucun de leurs meubles n'est neuf, lorsqu'ils en achètent, c'est chez Emmaüs. Dans leur jardin, il y a un potager.
Les parents de Françoise les trouvent imprudents. La jeune femme essaie de ne pas s'emporter dans les réunions de famille : "Parfois, je me fâche quand je vois leurs gaspillages. Mais ça braque les gens plus que ça n'ouvre le dialogue." Un jour, chez un membre de sa famille, elle a éteint tout ce qui était inutile. "Ca a été houleux. Mais j'essaie d'accepter leur mode de vie comme je leur demande d'accepter le mien. Quand j'entends parler de “Khmers verts”, de “talibios”, je me demande un peu ce que nous avons fait pour mériter des termes aussi violents. Quand je suis seule à vélo face à mille bagnoles, je ne les traite pas de nazis. La violence n'est pas de notre côté. "
PREMIÈRE RÈGLE : LE BÉNÉFICE ZÉRO
Pierrick a étendu ce mode de vie à son métier. La consommation, il a connu. Des études de commerce international l'ont amené à travailler dans des entreprises "qui ne me correspondaient pas. Il n'y avait aucune éthique de fonctionnement". Il rencontre là un garçon qui se pose les mêmes questions. Ensemble, ils décident d'ouvrir, en 2003, un lieu de commerce équitable à Marseille. Ainsi naît Le Grain de sable, un restaurant végétarien. "C'était un choix de vie qu'il fallait affirmer."
Première règle : le bénéfice zéro, une gestion de bons pères de familles qui permet de payer les salaires, et c'est tout. "On arrive entre 9 heures et 10 heures, on finit à 15 heures, et on peut profiter de la vie. Nous avons réfléchi à la notion de taille critique. Nous pouvons avoir quatre employés. Après, nous sommes dépassés." Il lisse de la main sa petite moustache à la d'Artagnan. Le copain des débuts est parti, remplacé par un Canadien, Daniel, accent chantant et chemise à carreaux. Lui aussi avait tenté de monter un café équitable, mais avait échoué. La serveuse, une artiste béninoise, est là trois heures par jour.
Autre règle : boycotter la grande distribution. Le lundi, ils vont acheter des légumes directement au producteur et, selon les arrivages, font le menu de la semaine. Puis ils complètent avec un marché paysan. "Nous sommes le caillou dans la chaussure de l'économie classique." Ils valorisent le sens de la trouvaille. "On essaie de prouver aux gens qu'ils peuvent savourer un goût riche dans des mets sans viande." Comme des blinis de courgettes au gingembre en blinis ou un curry thaï préparé avec du lait de coco bio-équitable.
S'il y a, au fond, une bibliothèque consultable qui ne laisse guère de doute sur les choix de la boutique (Naomi Klein y côtoie les suppléments du Monde diplomatique), ses patrons veulent que les gens se rendent compte où ils sont le plus tard possible. " Nous voulions un projet plus cohérent que militant. Suggérer, c'est aussi bien qu'expliquer. " Ils font bien sûr du compost et transportent l'après-midi leurs 30 litres quotidiens d'épluchures aux plantations de leur producteur de légumes.
RÉVOLUTION CULTURELLE
Leur vie s'essaie à être aussi cohérente que leur projet économique. Pas de voiture, sinon pour aller chercher les légumes, pas de télé ni de téléphone portable, tous les déplacements à vélo… Bien sûr, il y a de l'électricité. "Mais comment faire autrement ? Un projet ne vit que par ses paradoxes." Eux aussi ont Internet. "Je ne suis pas contre la technologie ou le progrès scientifique, explique Daniel. Ce serait idiot. La technologie me fascine, c'est une forme d'art. Mais après, qu'est-ce qu'on en fait ? " Pierrick aimerait bien que leur démarche débouche sur quelque chose de plus politique, mais il n'attend pas grand-chose de la mairie de Marseille, même si de nombreux élus viennent manger au Grain de sable.
Quel impact ont aujourd'hui les idées pro-décroissance en France ? Même ceux qui en sont proches ont du mal à le dire précisément. Le monde décroissant, comme beaucoup de petits mondes, est divisé en tendances, et la violence des échanges y prend des allures d'excommunication. "Nous touchons à la fois les vieux soixante-huitards, Attac ou les amis du Monde diplomatique, ainsi que de très jeunes gens. Naviguer entre ces deux tendances est très difficile", raconte Serge Latouche, économiste et fondateur de la revue Entropia.
Deux tendances se complètent et parfois s'opposent : ceux qui s'en tiennent à un changement personnel et individuel et qui, lorsqu'ils vont de l'individuel au collectif, ne dépassent jamais le niveau local ; et ceux qui prônent un mouvement plus radical et pensent, en gros, que tout cela est très joli mais qu'une vraie révolution est nécessaire. "Il faut une révolution culturelle, affirme Serge Latouche. Un changement de point de vue et de la façon de produire qui ne peut pas en rester à l'individuel."
Certaines initiatives locales sont allées dans ce sens : ainsi le combat de la mairie de Barjac pour faire adopter la nourriture biologique dans les cantines de l'école, les efforts pour devenir des "villes en transition" consentis par Grenoble ou Saint-Quentin-en-Yvelines. Yves Cochet, le député Vert le plus en pointe dans ce domaine (il met en avant les énergies de proximité, l'économie locale et s'est fait rabrouer en prônant le contrôle des naissances et en évaluant le coût écologique d'un nouveau bébé), pense que "le problème n'est pas de savoir si l'on est pour ou contre la décroissance, mais de savoir quelle décroissance nous allons mettre en œuvre. Elle est inéluctable. Tous les politiques ont un modèle périmé en tête. A droite comme à gauche, c'esLa crise a de toute évidence amené ces idées à ne plus paraître comme le seul refuge baba cool d'un mode de vie sinistre. Le mouvement s'exprime par plusieurs journaux et revues. Un mensuel, La Décroissance, attirerait 20 000 lecteurs. C'est surtout un adversaire tenace, virulent et un rien répétitif des "écotartuffes", les Cohn-Bendit, Hulot et autres chantres du "développement durable", escroquerie notoire d'après ses rédacteurs.t l'aveuglement ".
Nous aurions bien aimé entendre son rédacteur en chef, Vincent Cheynet, fondateur des Casseurs de pub, mais il ne souhaite pas parler à ce "sac à pub" qu'est Le Monde Magazine. La revue S!lence, créée il y a vingt-huit ans, ou Entropia, beaucoup plus récente (elle a 2 ans), sont au centre d'une réflexion qui remplit de plus en plus les salles où la notion est débattue.
"Nous avons voulu être le “think tank” de ce mouvement aux contours flous et qui a besoin de références solides", explique Serge Latouche. Flous, c'est incontestable. Si elles séduisent surtout à gauche, les idées de la décroissance ont aussi un écho fort à l'extrême droite, où Alain de Benoist, théoricien de la " nouvelle droite ", a publié un Demain la décroissance (E-dite, 2007).
Plusieurs thèmes divisent les décroissants. L'intérêt de la crise, par exemple. "La crise peut être une opportunité, dit Serge Latouche, le choc qui mènera à une vraie prise de conscience." Tous ne partagent pas sa vision. Vincent Cheynet, dont nous reproduisons le propos en espérant qu'il nous pardonnera cette souillure, craint qu'elle ne provoque "des crispations et des phénomènes de peur".
DÉCROÎTRE, MAIS JUSQU'OÙ ?
Autre thème qui divise : décroître, mais jusqu'où ? Quid des pays pauvres ? Peut-on sans indécence demander à un paysan burkinabé de réduire sa consommation ? "Non, bien sûr, répond Serge Latouche. Il y a encore des tas de choses qui doivent croître, chez nous comme chez les paysans pauvres ; ce qui importe, c'est de rompre avec le totalitarisme de la croissance. Le terme de “décroissance” ne me plaît pas, c'est un slogan. Je préfère celui d'“acroissance”, construit comme athéisme, c'est-à-dire sortir de la religion de la croissance."
"Il faut modérer le terme, ajoute Yves Cochet. Il y a des choses qui doivent décroître et d'autres qui vont croître. Il faut un projet de société plus libre et qui barde l'idée de qualificatifs rassurants. La décroissance ne s'applique bien sûr qu'aux pays de l'OCDE. Mais il faut que tous, y compris les pays émergents, comprennent qu'ils n'atteindront jamais le niveau de vie occidental. C'est déjà trop tard."
Mais le comprendre comment ? La politique fait peur aux décroissants – à beaucoup d'entre eux, du moins. Un mouvement s'est créé en 2005, le Parti pour la décroissance (PPLD). Aujourd'hui, il n'existe plus guère, ses fondateurs s'étant mangé le nez entre eux. "Il y avait là quelques jeunes très ambitieux mais pas très organisés", estime Yves Cochet.
Leurs idées ont été reprises par le MOC (Mouvement des objecteurs de croissance), créé en 2007, qui annonce 200 adhérents et une dizaine d'élus locaux. Ensemble, les deux ont créé l'Association des objecteurs de croissance. "Nos idées doivent fonder un débat, pas un parti, estime Serge Latouche. Le parti, c'est se rendre ridicule par les chiffres."
Et les Verts ? " Ils ont failli à leur mission historique. " Opinion que ne partage pas le député Yves Cochet, qui ne se leurre pas pour autant sur le côté individuel de la pratique. " Il y a de petits mouvements dans certains cantons, dans la Drôme, l'Ardèche, l'Ariège. Mais il n'y a pas de mouvement national ou social. " Cochet souhaiterait une VIe République où la France deviendrait beaucoup plus fédérale. Pour l'instant, il est assez seul. Tout au plus quelques personnalités de gauche, comme Jean-Luc Mélenchon ou les tenants du Nouveau Parti anticapitaliste, regardent-ils avec plus d'attention ces militants d'un nouveau type.
La prochaine étape ? D'ici quelque temps, Françoise et son compagnon projettent d'aller vivre à Forcalquier, au-dessus de Manosque (Alpes-de-Haute-Provence). "C'est à la campagne, près d'une petite ville. ça va dans notre sens." Elle pense continuer à travailler de chez elle avec son ordinateur, mais refuse la logique du ghetto. "Dans la vie, on n'est pas très nombreux à vivre comme cela. C'est important de garder le contact avec des gens différents."
Pour Pierrick, c'est trouver un terrain et aller au fond des bois pour vivre en paix. "La vie en marge, ce n'est pas dur, c'est plutôt drôle. En plus, on se retrouve avec des gens qui nous ressemblent." Prosélytes ? Même pas. "Ce qui nous pousse, c'est une volonté individuelle de vivre en cohérence avec nous-mêmes. Et c'est probablement la meilleure façon de faire changer les choses."
Deux accords commerciaux après la visite d'Angela Merkel en Chine
La chancelière encouragé la Chine à ouvrir davantage encore son marché aux entreprises allemandes. Siemens et Daimler ont scellé deux alliances commerciales dans la foulée.
Ce n'est pas un hasard si, ce vendredi, deux importants accords commerciaux entre des entreprises chinoise et allemande ont été scellés. A l'occasion de sa visite à Pékin, Angela Merkel a appelé l'Empire du milieu à faciliter l'accès à son marché aux entreprises allemandes. La chancelière et le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, ont ensuite assisté à la signature de plusieurs accords dans les domaines commercial, énergétique et culturel. Daimler a ainsi reçu l'aval du gouvernement chinois pour fonder une coentreprise de poids lourds avec le groupe Beiqi Foton Motor, tandis que Siemens a annoncé une nouvelle coopération avec Shanghai Electric.
Angela Merkel est arrivée en Chine accompagnée de 25 grands chefs d'entreprises, avec un objectif clairement affiché : regagner du terrain sur le marché chinois afin de relancer ses exportations. Alors que la Chine a ravi l'an passé à l'Allemagne le statut de premier exportateur mondial.
Les échanges commerciaux entre les deux pays se sont pourtant intensifiés en 2009 pour atteindre 91 milliards de dollars, contre 41 milliards en 2001. Mais ces dernières années, la balance commerciale a penché en faveur de la Chine, dont les exportations vers l'Allemagne ont totalisé 55 milliards de dollars en 2009, contre 36 milliards pour les exportations allemandes vers la Chine. La chancelière compte bien inverser la tendance. Rappelant que les entreprises chinoises «jouissent d'un très bon accès au marché allemand », elle a espéré que «les entreprises allemandes pourront bénéficier d'un même accès au marché chinois». Coopératif, le Premier ministre chinois a ajouté : «Nous espérons que ces échanges puissent être équilibrés».
Déjà deux accords
Le discours de la chancelière semble avoir rapidement porté ses fruits. Le constructeur automobile allemand Daimler a annoncé ce vendredi qu'il avait reçu l'aval du gouvernement chinois pour mettre sur pied une coentreprise de poids lourds détenue à parité avec le fabricant de camions chinois Beiqi Foton Motor. Le secteur est prometteur dans cette région, car les investissements croissants dans de grands projets d'infrastructures, boostés par le plan de relance, entraînent une hausse de la demande de camions.
Le conglomérat industriel allemand Siemens a quant à lui annoncé la création d'une deuxième coentreprise avec son partenaire chinois Shanghai Electric. La société commune offrira des services aux opérateurs de centrales électriques, un marché lui aussi plein d'avenir du fait de la hausse constante des besoins d'énergie dans le pays. Le projet d'alliance avait été annoncé fin juin, mais a été scellé lors du voyage en Chine de la chancelière, qui était accompagnée du patron de Siemens, Peter Löscher. Les deux groupes envisagent également de coopérer dans les énergies renouvelables. Cette visite s'est aussi soldée pour Siemens par une importante commande de trains par la Chine, estimée à 2,2 milliards d'euros.
Un voyage largement rentable pour ces deux groupes, et une visite fructueuse pour Angela Merkel, qui allie l'agréable à l'utile, puisqu'elle doit maintenant se rendre à Xi'an pour visiter le Mausolée de l'empereur…
Les « stress tests » devraient rassurer
C'est le 23 juillet que doivent être publiés les résultats de la nouvelle série de tests de résistance auxquels se soumettent 91 banques européennes. Les gouvernements de la majorité des pays concernés se disent confiants. De même que Dominique Strauss-Kahn, le patron du FMI.
Plus que sept jours avant le jour J. C'est vendredi 23 juillet à 18 heures que seront connus les résultats de la nouvelle série de « stress tests » ou tests de résistance auxquels sont soumises 91 banques européennes dans 20 pays. L'exercice a évidemment pour but de rassurer les marchés sur la solidité des banques du Vieux Continent et tout particulièrement celles de la zone euro. Les dirigeants politiques européens, les responsables d'organismes internationaux ont d'ores et déjà multiplié les déclarations rassurantes.
Les autorités ont aussi promis la transparence. En début de semaine, les ministres européens des Finances ont convenu que les résultats « consolidés » seront publiés à la fois de manière agrégée et banque par banque. La publication de ces résultats « déconsolidés » devrait intervenir, quant à elle, dans un délai « de deux semaines au maximum ».
« L'objectif est d'avoir une présentation qui donne les plus grandes garanties de crédibilité à l'ensemble des institutions », a expliqué Didier Reynders, en début de semaine à l'issue d'une réunion des ministres européens des Finances. Et d'apporter rapidement une solution si les tests faisaient ressortir la fragilité d'un établissement. En cas de difficulté, les banques concernées devraient d'abord chercher à se financer auprès des actionnaires ou sur le marché. Si elles n'y parvenaient pas, elles pourraient ensuite avoir recours aux aides et aux mécanismes de protection nationaux, avec l'accord de la Commission européenne. En cas de « problèmes extrêmes », les Etats pourraient se retourner vers l'Union en faisant appel au fonds d'aide d'urgence en cours de création, financé à hauteur de 60 milliards d'euros par le budget communautaire et capable de mobiliser, au total 750 milliards d'euros avec le soutien du FMI.
Tour d'horizon des prévisions, avec un maître mot : rassurant.
Dominique Strauss Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), se montre confiant sur le résultat des tests. « J'ai le sentiment que ce qui va sortir de tout cela sera plutôt rassurant », a-t-il dit ce vendredi dans une interview diffusée sur France 24. « Et qu'on va s'apercevoir que toutes les grandes banques européennes en fait sont suffisamment solides pour résister à un quelconque tremblement de terre», a-t-il poursuivi, même s'il n'exclut toutefois pas qu'il faille « peut-être » recapitaliser de petites banques.
Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroup, s'est voulu lui aussi confiant, assurant dans une interview accordée au journal autrichien « Kurier » : « je n'attends pas de grandes catastrophes » lors de la publication des résultats des tests.
En France, en Scandinavie ou encore au Royaume-Uni, on affiche une certaine sérénité face à ces tests. C'est aussi le cas en Irlande et en Italie. En Irlande, qui soumettra ses deux principales banques à l'exercice, « les banques rempliront les obligations en matière de capital que nous avons édictées », a déclaré Patrick Honohan, gouverneur de la Banque d'Irlande, qui estime que cela sera suffisant pour permettre aux banques irlandaises de résister aux scénarios de stress. Mario Draghi, gouverneur de la Banque d'Italie, s'est dit quant à lui « confiant dans le fait que les tests montreront que les ressources en capital des banques italiennes sont suffisantes et remplissent les critères au-delà du minimum requis ».
Même confiance au Portugal.« Les résultats obtenus indiquent que les institutions (financières, ndlr) montrent de bons ratios de solvabilité, ce qui confirme la solidité du système bancaire portugais et de ses institutions », a déclaré lundi dernier le secrétaire au Trésor portugais Carlos Pina. Et d'ajouter que le système bancaire du pays « n'a pas de problème de capital à résoudre ». Il se dit « convaincu que la publication des résultats des tests dissipera la plupart des malentendus sur les fondamentaux du système bancaire et renforcer la confiance des investisseurs internationaux ».
Les regards se tournent plutôt vers la Grèce, où plusieurs banques pourraient avoir besoin d'une recapitalisation compte tenu de la croissance à deux chiffres des créances douteuses. L'Espagne, qui a poussé en faveur de ces tests ( ils concerneront 27 établissements dans la péninsule ibérique), semble pour sa part prête à prendre les mesures nécessaires pour assainir son secteur bancaire. Quant à l'Allemagne, où 14 banques seront testées, le fonds « Soffin est prêt à agir rapidement, il est là pour ça et les structures sont en place », a tenu à rappeler la semaine dernière Florian Toncar, à la tête de la commission parlementaire supervisant le fonds de secours des banques allemandes. « Mais je ne m'attends pas à ce qu'il se passe grand chose à la suite des « stress tests » », a-t-il ajouté.
Sida: l’espoir, enfin
La 18e conférence internationale s’ouvre dimanche à Vienne. De nouvelles avancées vont être dévoilées.
Dépistage proposé à tous ceux qui le veulent, traitement simplifié administré plus tôt: la 18e Conférence internationale sur le sida, qui s’ouvre dimanche à Vienne, va débattre de ces nouvelles pistes prometteuses. Le grand raout planétaire organisé par l’IAS, une société scientifique internationale, accueille jusqu’au 23 juillet plus de 20.000 personnes: chercheurs, médecins, membres d’associations. Au cœur des discussions, le respect des droits de l’homme – accès égal aux soins de santé et à la prévention, non-discrimination. Pour les organisateurs, c’est le fondement d’une réponse adéquate à la pandémie. "Ce sera la conférence des sans-voix", résume le directeur exécutif de l’Onusida Michel Sidibé.
Traiter même des gens qui n’en ont pas besoin
Selon lui, il faut faciliter l’accès au traitement en privilégiant des traitements "plus intelligents, meilleurs et moins toxiques" et un système de distribution plus simple et moins coûteux. Une révolution susceptible, d’après l’agence de l’ONU, de réduire de 1 million par an les nouvelles infections et d’éviter 10 millions de décès d’ici à 2025. A Vienne, il sera donc également question de la généralisation d’un dépistage généralisé et d’un traitement proposé pour tous les séropositifs, même si leur niveau d’infection est très bas. "Il s’agit de traiter même des gens qui n’en ont pas besoin, pour réduire la quantité de virus en circulation", explique Jean-François Delfraissy, directeur de l’Agence française de recherches sur le sida (ANRS). Le traitement des uns jouerait un rôle préventif pour les autres. La prévention sera également au centre des débats.
" On ne peut pas se focaliser seulement sur l’utilisation du préservatif, ajoute Jean-François Delfraissy. Il faut généraliser la circoncision, qui protège partiellement les hommes, et les gels microbicides qui pourraient être utilisés par les hommes." Si ces pratiques sont adoptées, l’OMS estime que la pandémie pourrait être éradiquée d’ici à 2050. Il y a longtemps que la communauté des chercheurs n’a pas été "aussi optimiste", relève un virologue américain interrogé par l’Agence France Presse. "Il n’est plus improbable que nous parvenions un jour à éradiquer le virus", assure en écho le Pr Delfraissy.
Côté recherche, aucune avancée spectaculaire n’est à attendre sur la question du vaccin, mais des annonces sur d’autres points sont espérées. "La recherche se poursuit de façon très, très active", ajoute Jean-François Delfraissy, un peu inquiet devant la difficulté à trouver des financements.
Crise financière et lassitude des donneurs aidant, la question des financements sera à l’ordre du jour. Il faudrait, cette année, 25 milliards de dollars pour lutter contre la pandémie dans les pays pauvres, et il manque à ce jour 11,3 milliards, selon une analyse publiée dans la revue américaine Science. Inquiet, Bill Gates, coprésident de la fondation Bill & Melinda Gates, qui sera présent dans la capitale autrichienne, estime qu’il convient "d’optimiser les fonds existants" et de "concentrer les efforts de prévention là où ils ont le plus d’impact".
samedi 17 juillet 2010
Strauss-Kahn : l'UE risque plusieurs années de "croissance faible"
Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a estimé vendredi que l'Europe risquait d'être confrontée à "plusieurs années de croissance faible", avec pour conséquence une remontée du chômage et un faible pouvoir d'achat.
La croissance revient en Asie, en Afrique, aux États-Unis et "il y a le problème européen", a indiqué Dominique Strauss-Kahn, interrogé sur France 24. "Ce n'est pas le seul endroit du monde où il y a des difficultés, mais il y a clairement un problème européen en matière de croissance", a-t-il dit. Pour le FMI, le "scénario principal n'est pas celui d'un retour à la récession". "Mais le risque pour l'Europe, c'est plusieurs années de croissance faible", a estimé son directeur général, jugeant ce risque "assez important". "Ça veut dire peu de pouvoir d'achat distribué, des problèmes dans les systèmes sociaux de retraite, de santé, une montée du chômage", a-t-il ajouté.
Le FMI a relevé la semaine dernière sa prévision de croissance pour 2010 pour la plupart des plus grandes économies, comme les États-Unis (à 3,3 %), le Japon (0,5 %) et la Chine (10,5 %). Mais elle l'a laissée inchangée pour la zone euro (1,0 %).
Le plus vieux champagne du monde retrouvé dans la Baltique
Plus de 30 bouteilles parfaitement conservées contenant très probablement du champagne Veuve Clicquot des années 1780 ont été retrouvées par une équipe de plongeurs dans une épave au large de la Finlande, apprend-on samedi. Après plus de deux siècles en mer Baltique dans des conditions idéales de conservation – température froide constante et absence de lumière –, le précieux nectar, encore effervescent et au goût "fabuleux", selon une œnologue qui l'a goûté, deviendrait ainsi, en cas de confirmation, le plus vieux champagne encore buvable au monde.
"Nous sommes en contact avec (le fabricant de champagne) Moët & Chandon et ils sont sûrs à 98 % qu'il s'agit de Veuve Clicquot", a indiqué Christian Ekström, le chef de l'équipe qui a fait l'extraordinaire découverte au large des îles Aaland, situées dans la mer Baltique à mi-chemin des côtes suédoises et finlandaises. "Il y a une ancre sur le bouchon, et ils me disent qu'ils sont les seuls à avoir utilisé cet emblème" en Champagne, explique-t-il.
La découverte a été faite le 6 juillet par M. Ekström et six plongeurs suédois par 55 mètres de fond, près d'une épave d'un vieux grément, mais l'équipe avait jusque-là gardé le secret. "La visibilité était très mauvaise, à peine un mètre. On a pas réussi à trouver le nom du navire, ni une cloche, alors j'ai remonté une bouteille pour trouver une date", raconte-t-il. "Selon nos archives, la bouteille est des années 1780. Or Veuve Clicquot a commencé sa production en 1772, et ensuite les premières cuvées ont été élevées pendant dix ans, donc ça ne peut pas être avant 1782. Et cela ne peut pas être après 1788-89 avec la Révolution française qui a paralysé la production", dit-il.
LIVRAISON DE LOUIS XVI À PIERRE LE GRAND
La bouteille, en très bon état mais sans étiquette, a été fabriquée à la main et sur le bouchon figure la mention "Juclar", des lacs d'Andorre d'où viendrait le liège. "Le vin est absolument fabuleux", explique Ella Grüssner Cromwell-Morgan, une œnologue d'Aaland à qui M. Ekström a demandé de goûter le précieux nectar après sa découverte. "Une piste sérieuse est qu'il s'agit d'une livraison du roi Louis XVI au tsar russe Pierre le Grand. Le fabricant a trace d'un envoi qui n'est jamais arrivé à destination", explique-t-elle.
Si la date et la provenance sont confirmées, il s'agirait également du plus vieux champagne buvable au monde, un record actuellement détenu par un Perrier-Jouet de 1825 dégusté l'an dernier par des œnologues en Grande-Bretagne.
"J'en ai encore un verre dans mon frigo et toutes les cinq minutes j'y retourne pour le respirer. Il faut que je me pince pour y croire", s'exclame-t-elle. "La robe est d'un or sombre, ambré. Le nez est très intense, avec beaucoup de tabac, mais aussi des raisins et de fruits blancs, de chêne et d'hydromel. La bouche est vraiment surprenante, très sucrée mais avec tout de même de l'acidité", décrit-elle "Cela s'explique par le fait que le champagne était beaucoup moins sec à l'époque, où l'on maîtrisait mal le processus de fermentation", ajoute l'œnologue.
Une réunion avec les autorités locales d'Aaland doit avoir lieu lundi pour décider à qui revient le contenu de l'épave. Le petit archipel suédophone, quoique rattaché de la Finlande, a un gouvernement local autonome.
À Tokyo, Fillon lâche le mot "rigueur"
François Fillon a évoqué vendredi lors d'une conférence à Tokyo la "rigueur" mise en oeuvre par la France, alors qu'il rejetait jusqu'à présent fermement ce terme pour qualifier les coupes budgétaires opérées par son gouvernement pour résorber la dette.
Vantant devant un parterre d'hommes
d'affaires japonais les mesures d'austérité lancées par Paris, le Premier ministre a déclaré : "Nous sommes très attentifs à ne pas prendre des mesures qui viendraient stopper la croissance, qui viendraient même handicaper l'effort de recherche et d'innovation." "C'est la raison pour laquelle dans tous les budgets de l'État, le seul qui n'est pas soumis à la rigueur, c'est le budget de l'Enseignement supérieur et de la recherche", a-t-il alors lancé, utilisant pour la première fois ce terme.
Bataille sémantique
Jusqu'à présent, l'exécutif se refusait totalement à l'emploi du mot "rigueur", jugé trop impopulaire auprès des Français. Le président de la République Nicolas Sarkozy l'avait lui-même écarté lundi soir lors de son intervention télévisée sur France 2. "Le sens de ce mot est connoté. Le mot rigueur, ça veut dire baisser les salaires, augmenter les impôts, je ne le ferai pas", avait insisté le chef de l'État, tout en avouant vouloir mettre en place une politique "rigoureuse".
Le 25 juin dernier, le Premier ministre affirmait encore : "Il y a des pays qui baissent les rémunérations des fonctionnaires, il y a des pays qui licencient des fonctionnaires, il y a des pays qui réduisent de façon drastique, il y a des pays qui augmentent de plusieurs points la TVA. Si on était amené un jour à mener une politique comme celle-là, oui, je dirais que c'est une politique de rigueur."
La ministre de l'Économie Christine Lagarde, qui accompagne François Fillon à Tokyo, s'était aussi attiré les foudres d'une partie de son camp pour avoir récemment affirmé que la politique française de sortie de crise était un mélange de "rigueur" et de "relance", qu'elle avait résumé par le néologisme "ri-lance".
ÇA SUFFIT COMME ÇA LA PRESSE, CESSEZ DE JOUER AVEC DES MOTS, VOUS LE FAIT DE MOINS EN MOINS BIEN, C'EST PEUT-ÊTRE DE VOUS QUE VIENNENT VAUX PROPRES MAUX... ET LES NOTRES.
Vieillir avec style, une spécialité so french
Les femmes françaises vieillissent mieux. Elles sont plus aimées, mieux dans leur peau et donc plus belles que les autres... Ceci n'est pas un flagrant délit d'autosatisfaction, mais le constat du New York Times, qui l'écrit : "S'il y a un secret pour vieillir avec grâce, les Françaises le connaissent." Voilà qui est dit. De Catherine Deneuve à une passante, l'auteur - Ann Morrison, journaliste américaine installée à Paris - ne tarit pas d'éloges sur
les plus de 40 ans en France : "Elles semblent défier l'idée selon laquelle, en vieillissant, il faut se cacher derrière du botox, du collagène pour rehausser les paupières ou gonfler les lèvres et toutes sortes de procédés qui donnent un air pathétiquement jeune." Et de résumer (ne boudons pas notre plaisir) : "Être attirante, à tout âge, c'est juste un truc que les Françaises savent faire." Ce talent fou, Ann Morrison l'explique par une façon différente d'appréhender la lutte contre les effets du temps d'un côté et de l'autre de l'Atlantique : "Les Américaines, et moi la première, abordent les soins personnels dans un esprit pratique et d'efficacité, tandis que les french women que je connais voient dans le chouchoutage de leur peau, de leurs cheveux et de leur corps un rituel plaisant et gratifiant."
Et comme, en plus d'être belles, les Françaises sont bonnes copines, elles ont partagé avec Ann Morrison leurs secrets de beauté. Secret numéro un : ne jamais prendre du poids. Selon elle, à chaque fois que les Françaises constatent un kilo supplémentaire sur la balance, elles feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire revenir l'aiguille à son point de départ. Et là encore, elles excellent : car, selon la journaliste du NYT, les femmes françaises considèrent le sport - ou en tout cas les salles de gym - comme une "torture", et se contentent de marcher, beaucoup marcher, y compris avec des stilettos aux talons vertigineux qu'elles baladent comme des pantoufles sur les pavés du Quartier latin. Et si, par malheur, un jour, elles n'ont pas le temps de déambuler boulevard Saint-Germain à la recherche d'une "petite culotte La Perla à 100 euros", "il y aura toujours une pilule, une lotion, une machine ou un traitement pour faire l'affaire". Ah, et encore un petit truc : les Françaises sont addicts aux thalassothérapies, dont l'auteur rappelle qu'elles sont nées en France. Quoi, vous ne vous reconnaissez pas ?
La Sécurité sociale, secret de beauté des Françaises
Ann Morrisson précise pourtant bien qu'elle parle de la "femme française moyenne, celle qui fait ses courses rue du Faubourg Saint-Honoré, qui déjeune tranquillement rive gauche ou qui se promène à travers le jardin du Luxembourg". Ah, on se disait aussi : elle ressemble étrangement à Inès de La Fressange, la Française moyenne... Mais, à en croire la journaliste, il n'y a pas besoin d'être riche pour être Juliette Binoche. Car le secret de beauté le mieux gardé des Frenchies, c'est leur Sécurité sociale : "Certaines femmes sont assez malignes - ou ont des raisons médicales suffisantes - pour se procurer des ordonnances prescrivant des semaines entières dans un spa, ce qui signifie que la Sécurité sociale les rembourse", explique-t-elle. Idem pour les dermatologues, selon la journaliste : certes, les femmes françaises se maquillent légèrement, "mais il est plus facile d'avoir l'air naturel quand on a une super peau". Or, en France, "les rendez-vous chez les dermatologues sont souvent remboursés". Rendez-vous compte !
Non contente de nous attaquer sur ce point sensible - la Sécurité sociale -, Ann Morrisson s'appuie sur des chiffres qui font mal à notre porte-monnaie : selon un sondage Mintel datant de 2008, les Françaises dépensent 2 milliards d'euros par an en soins du visage, à peu près autant que les Espagnoles, les Allemandes et les Anglaises réunies. Et elles commencent jeunes : 33 % des Françaises entre 15 et 19 ans utiliseraient des crèmes antirides. N'empêche. Étant plus minces, les Françaises doivent lutter plus durement contre le vieillissement de leur peau, c'est bien connu. Et ce n'est pas parce qu'elles sont plus aimées, par les autres comme par elles-mêmes d'ailleurs, qu'elles sont plus belles, contrairement à ce que conclut Ann Morrison. Non, non. En fait, les Françaises - ou en tout cas celles que la journaliste fréquente - refusent simplement la fatalité qui veut qu'une femme doive, en vieillissant, choisir entre la ride et la fesse.
Plaidoyer pour un football moche
Il est temps de se débarrasser des esthètes du football. Plus que les hooligans, l’argent fou ou les consultants bègues, c’est peut être bien le danger le plus grand devant lequel se trouve le football. Oui, tous ces gens qui recherchent le beau dans le football sont des dangers pour ce sport. Car en vérité, c’est du moche que viendra le salut du football. Pour vivre heureux, vivons dans la splendeur crépusculaire de la laideur. Tentative de justification, tout en mocheté et en mauvaise foi.
Depuis que le football est devenu un objet d’admiration, il se trouve toujours une tripotée d’intellectuels pour vous parler de la nécessité du beau football. Mais on ne précise jamais de quelle façon, ce football peut soudain se targuer d’être beau. Qu’est-ce que le beau jeu ? Les jongleries simiesques de soi disant artistes ? Pas sûr, tant ce beau tient de plus du cirque. Et pour qui a déjà passé une après midi déprimante devant un spectacle de cirque, on ne peut se satisfaire de ces jongles pour le football. Certains s’enflamment devant les chevauchées fantastiques de dribbleurs fous, remontant la totalité du terrain et éliminant leurs adversaires un à un. Sauf, qu’à bien y regarder, on voit surtout la faiblesse des adversaires en questions. Si c’est pour voir du slalom entre piquets, je préfère aller au ski voir de plantureuses autrichiennes moulées dans leur lycra rose.
Les théoriciens du beau football vous rebattent aussi les oreilles avec le jeu de passes courtes, le toque argentin, la conservation espingouine... On pourrait presque être tenté d’y adhérer, de trouver cet effort de construction collective admirable, mais bon de là à franchir le pas d’y voir le Beau. Car il ne faut jamais oublier une chose, la passion du football n’est pas d’essence esthétique, mais purement émotionnelle. Ce beau là, le beau du sport ne sera jamais comparable au beau de l'art. Et ne pourra donc jamais expliquer une passion. Ce n'est pas une question de valeur, c'est une question de nature. Le geste sportif peut être gracieux, mais il ne sera jamais inspiré par la grâce. Restent donc les émotions. Ce tressaillement au bide, ces frissons du souvenir, cette sensation particulière de la totale empathie qui nous plonge dans les délices de l'éternité de l'instant...
Van Vogh ne savait pas faire deux jongles
Supporter un club, aimer le foot ne pourra jamais être lié à l'art. Le foot est une affaire d'émotions avant toute chose, mais d'émotions viscérales, inattendues, irréfléchies, irrationnelles. En art, on choisit toujours un peu. En sport, on ne choisit jamais et
c'est ça qui est beau. On ne décide pas de supporter un club, quelle que soit sa philosophie, on se le prend en pleine face. Et surtout, surtout on le conserve à jamais au fond de son coeur. On peut dénigrer des films, des livres autrefois appréciés. Mais pas son équipe de foot, aussi ridicule que ça puisse paraître à la société bien pensante, qui considère ce genre de choses comme futiles. On ne change pas de club, car on ne triche pas avec ses émotions instinctives.
Et c’est bien à cause de cette fidélité naturelle, que le moche a toute sa place dans le football. Car il arrive très souvent, qu’on prenne son pied devant un match défensif, juste parce que celui-ci nous a permis de vibrer devant la victoire de nos favoris. Mais il ne faudrait surtout pas réduire le plaisir que procure la tactique défensive, au résultat heureux d’un match. Voir une équipe réussir à en faire déjouer complètement une autre, voir des types plus limités au départ, s’arracher pour sauver le match d’un tacle ou d’un dégagement, c’est tout simplement laidement génial. Le moche est nécessaire au football, parce qu’il en est le pain quotidien, celui des contrôles ratés, des tibias et des frappes topées. Le moche demande plus d’efforts, tant il est facile pour un sportif doué d’accomplir des gestes déliés. Mais réussir sans talent, réussir face au talent des autres, réussir uniquement en empêchant les autres de briller, c’est une émotion qu’on qualifie injustement de petite. Alors qu’elle est grandiose, par tout ce qu’elle contient en symboles.
L'anti-hools par excellence
Car le football moche et défensif, c’est d’abord une des dernières expressions de la solidarité dans ce sport. Voir des types unir leur infériorité pour surpasser ensemble les obstacles, c’est le signe ultime que le football de gauche peut encore exister. Loin de l’ultra libéralisme du football élitiste et talentueux, le football de tâcherons reste le dernier havre de paix pour les prolétaires. Et puis, en poussant cette logique encore plus loin, on peut même dire que le moche n’a jamais été aussi politiquement nécessaire au football. Car dans un pays où le Président ne se déplace jamais sans sa maquilleuse, il est plus qu’utile que le football échappe aux règles envahissantes de l’image. Ne pas chercher à plaire, fuir la lumière et respecter l’essence même de ce sport : Des efforts, de la boue, de la sueur et de la bière. Et un peu de violence aussi. D’ailleurs, il n’est pas dit que si les matches défensifs et heurtés se multipliaient, la violence dans les tribunes ne baisserait pas. Le football moche, reste donc le meilleur moyen de limiter la violence dans les stades. Mais c’est aussi un bon moyen d’éloigner les fameux footix, ceux qui viennent au stade ou devant leur téléviseur, pour voir des buts, des roulettes ou des gestes acrobatiques. Tous ces types qui sifflent les artistes du tacle, de l’accrochage. Il est donc nécessaire, pour voir ces tristes sbires fuir les stades, de faire du football un loisir élitiste et inesthétique.
Mais le football moche ne doit pas se limiter à l’expression défensive, il doit aussi se réaliser dans les maillots, les équipements, les stades et même les gueules des joueurs. Revenons aux maillots conçus par le comités des fêtes des mairies, plutôt que par des designers. Et glorifions de valeureux anciens comme Dieter Eilts, champion d’Europe avec l’Allemagne en 1996, que l’Équipe qualifiait de vilain petit canard. Si les centres de formations étaient bien gérés, seuls les joueurs fortement acnéiques auraient le droit d’accéder à l’équipe première. Marre des minets crête au gel, insulte permanente au football moche. Là encore, le Bavièrisme a montré l’exemple, en faisant du jeune Toni Kroos, un nouvel héros moderne. Finalement, pour appuyer définitivement cette thèse, il suffit de regarder ce qui est arrivé au rugby. Dès lors qu’avec la professionnalisation et l’arrivée des calendriers de Guazzini, ce sport s’est attaché à produire du beau, ce sport a perdu de la superbe de sa légende. D’accord le propos est légèrement caricatural et conservateur, mais il n’est pas interdit d’y voir une part de vérité.
Quant aux derniers amoureux du football moche, peut être devraient ils se tourner vers le football féminin. Qui n’a pas encore fait sa mue professionnelle et qui laisse encore toute sa place aux contrôles ratés, aux buts de raccrocs et aux visages rougeauds...
ALLONS VERS UN FOOTBALL HUMAIN, AVEC SON GÉNIE PUR, DÉBARRASSÉ DE SES ORIPEAUX CLINQUANTS ET TRÉBUCHANTS, PLACE AU PLAISIR ET À L'INSPIRATION DES "JOUEURS".
Ce qu'il y a de bien, dans les vacances, c'est qu'on en cause avant, pendant et après. Et si vous alignez les vacances d'été et celles d'hiver, vous pouvez tenir l'année sur le même sujet. Surtout en France, d'ailleurs, royaume de l'art du bien vivre à ne rien faire longtemps, et à en parler longuement. On en oublierait presque, dans l'heureuse fièvre des grands départs, que ce bonheur n'est pas donné à tout le monde. Car la crise a fait fondre le nombre des vacanciers: en quelques années, nous sommes tombés de deux Français sur trois à un peu plus d'un sur deux qui partent en vacances. Mais comment expliquer alors qu'on ne parle que de cela ? C'est le miracle des vacances, qui métamorphosent les rues de nos communes, notre télévision et nos voisins, qui nous font changer d'air, que l'on parte ou que l'on reste. Alors, à tous, à ceux qui partent et à ceux qui restent: bonnes vacances.
Comment qualifier la politique budgétaire de la France ? Le contribuable dira volontiers qu’on lui “serre la vis”. Nul besoin d’être garagiste pour comprendre la métaphore… Mais l’Etat ne cause pas ainsi.
Depuis des mois, les ministres s’appliquent à contourner l’obstacle par de fumeuses circonlocutions. Périphrases prudentes et litotes rusées… L’un parle de “rationalisation des comptes”. L’autre évoque la nécessité de renouer “avec la réalité des chiffres.”
Christine Lagarde invente même le concept de “ri-lance”. Néologisme bancal, qui voudrait combiner les mérites du Père Fouettard et du Père Noël…
Hier, brisant l’hypocrisie, François Fillon a lâché le mot interdit : “rigueur”. Soit, selon le dictionnaire, un synonyme de “sévérité” mais aussi “d’exactitude”. Voici un substantif, somme toute, très honorable. Nicolas Sarkozy le récuse, pourtant, en y décelant “une connotation péjorative.” Il en déconseille l’emploi, sans rien demander à l’Académie française.
Le chef du gouvernement a donc violé un tabou linguistique. Il l’a fait à Tokyo, devant un parterre d’investisseurs étrangers.
On mesure, ici, la vertu des voyages exotiques et lointains. Ils permettent, par un étrange paradoxe, de mieux voir ce qui se passe chez soi.
Gilles Debernardy
C'est un livre accusateur, c'est un livre passionnant, c'est un livre plein d'enseignements : comment l'un des plus grands pays du monde a-t-il pu s'effondrer ainsi en quelques semaines du printemps et de l'été 1940 ? Claude Quétel, ancien directeur scientifique du Mémorial de Caen, s'est efforcé d'apporter la réponse.
À ses yeux, « l'étrange défaite », comme elle fut aussi appelée, plonge ses racines dans les vingt années qui ont précédé. D'abord le système politique : un hyper-parlementarisme s'autoparalysait. C'était la valse des gouvernements, élaborant des politiques à courte vue. Et puis la France voulait souffler après le terrible effort et les pertes de 1914-1918. On était victorieux et l'on voulait jouir de la victoire. On voulait penser qu'un tel drame ne reviendrait plus. La guerre qui venait de se terminer était la dernière que nous ferions, « la der des der ».
Comme l'écrit l'auteur, « les Français étaient malades de la paix ». La Société des nations (SDN) était vue comme une sorte d'assurance contre la guerre. Malheureusement, elle ne fonctionnait pas et manifestait de plus en plus son impuissance.
Personne ne voyait ou ne voulait voir le danger qui montait à l'Est. Cependant, enfreignant les clauses du traité de Versailles, l'Allemagne reconstruisait secrètement son potentiel d'armement. En Russie, dans des contrées lointaines, isolées, aimablement ouvertes par le gouvernement des Soviets, elle expérimentait de nouveau x matériels, élaborait des tactiques novatrices. C'est ce qui permit à Hitler de reconstituer une armée en un temps record et d'autant plus moderne qu'il lui avait fallu repartir de zéro.
1940 : leçon d'humilité
Au moment où les Allemands s'exerçaient aux communications radios, adoptaient le transport aérien de commandos parachutistes, le haut commandement français s'occupait d'accroître sa cavalerie et se confiait aux pigeons voyageurs pour assurer les liaisons. Un colonel de Gaulle faisait figure d'illuminé. Il était sorti de la guerre des tranchées. Il voyait la guerre de mouvement à laquelle le haut commandement français préférait l'enfouissement statique de l'armée.
Et puis les évolutions politiques, le jeu des alliances contraignirent la France à entrer dans le conflit, une déclaration de guerre faite le 3 septembre 1939, à regret. Si bien que notre pays ne va pas saisir l'occasion qui se présente à lui de se lancer dans une offensive puissante pendant que l'armée allemande est occupée à l'Est, à vaincre la Pologne.
Sur tout le front allemand de l'Ouest, face à la France, il n'y avait alors pas un seul char allemand. En outre, le commandement allemand n'avait des munitions que pour trois jours de combat et aucune réserve prête à entrer dans la lutte. Et nous laissâmes la Pologne se faire broyer dans l'étau allemand et soviétique...
On voit à quelles erreurs stratégiques nous conduisirent les militaires et les politiques. La suite allait de soi, mais on ne le sut que bien plus tard et, malgré des combats héroïques, livrés dans des conditions difficiles, ce fut ce que Claude Quétel appelle l'incroyable, l'inéluctable, l'impardonnable défaite. « Ce qui nous intéresse, dans cette étude, conclut-il, ce sont les divers visages d'une France si insouciante, si contente d'elle à son ordinaire, mais si désemparée à l'heure des tempêtes qu'on peut douter qu'elle ait fondamentalement changé. Le désastre de 1940 vaut, soixante-dix ans plus tard, leçon d'humilité. »
Ces socialistes qui prônent la dissolution
Julien Dray et Jérôme Cahuzac suggèrent des législatives anticipées pour sortir de la crise.
Le scénario du dernier recours ? Dissoudre. Ceux qui, à gauche, aiment manier la dynamite l'évoquent, comme réponse possible aux polémiques et aux affaires qui portent atteinte au crédit du gouvernement.
Vendredi, sur RTL, Julien Dray a tâté le
terrain. «Le climat judiciaire, c'est le prolongement d'un malaise, d'une crise politique sur un autre terrain», a estimé le député PS de l'Essonne. «Par expérience, je sais que, quand ça commence comme ça, ça ne s'arrête jamais tant qu'il n'y a pas un fait politique majeur qui remet de l'ordre dans la tête de nos concitoyens.» Il préconise «une dissolution de l'Assemblée nationale» ou sinon «un référendum» sur les retraites.
Quelques jours après l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, l'Élysée appréciera. La dissolution de l'Assemblée, qui conduit à l'organisation d'élections législatives anticipées, est une prérogative du chef de l'État. «Le rôle de l'opposition, c'est de dire que maintenant il faut trouver une solution à ce malaise politique, il faut que nos concitoyens disent s'ils veulent continuer dans la direction où nous sommes aujourd'hui ou s'il faut changer de politique. Ce que je revendique», a poursuivi Julien Dray.
À gauche, ils ne sont cependant qu'une poignée à avoir entonné ce refrain lorsque l'affaire Bettencourt-Woerth a éclaté. Le président de la commission des finances, Jérôme Cahuzac, a évoqué l'idée.
«Ce n'est pas nécessaire»
Les radicaux de gauche l'ont aussi proposée. «Je demande que le président de la République procède à la dissolution de l'Assemblée nationale. Les Français doivent retourner aux urnes pour sanctionner ce gouvernement moribond. Un gouvernement qui est déjà condamné moralement par tous», a déclaré au début du mois le secrétaire national du PRG, Eddie Aït.
Les autres responsables de gauche se sont montrés plus prudents. La dissolution, «c'est une hypothèse - le président peut toujours dissoudre -, Jacques Chirac l'a fait en son temps. Donc, j'allais dire “chiche” !», a commenté la semaine dernière Jean-Marc Ayrault. Mais, au fond, elle «n'est pas nécessaire», a ajouté le président du groupe PS à l'Assemblée. Il demande d'abord d'autres «décisions fortes».
De toute façon, la gauche ne serait pas prête. Les candidats dans les circonscriptions ne sont pas investis, les accords avec les partenaires ne sont pas signés. Et les primaires de désignation du candidat à la présidentielle seraient chamboulées en cas de législatives anticipées !
En 1997, le président de la République Jacques Chirac, conscient du risque de perdre les élections prévues en 1998, avait décidé d'anticiper le scrutin d'un an, officiellement pour mieux préparer la France à l'entrée dans l'euro. La gauche l'avait emporté à la surprise générale.
L'expérience vaut avertissement. À droite, personne ne s'aventure donc à demander un retour aux urnes. La dissolution, c'est la «nouvelle idée inventée par l'opposition», a ironisé la semaine dernière le président du groupe UMP, Jean-François Copé. À droite, on espère que l'été et les vacances permettront de faire redescendre la pression.
ALORS ILS PIAILLENT, MANIFESTENT, FONT DES CRISES D'ÉGOTISMES, JOUENT LES MATAMORES SANS EN AVOIR LE TALENT. ILS ONT TOUT DU COMPORTEMENT SCHIZOPHRÈNE.
Pas de quartier pour les artistes
Premières victimes de la boboïsation de certains quartiers des métropoles européennes, les artistes en sont pourtant considérés comme responsables. C’est parce que beaucoup d’entre eux aspirent à faire partie de l’establishment, regrette l’écrivaine Tanja Dückers.
Dans presque toutes les métropoles européennes, résidents et artistes se battent contre la boboïsation de leur quartier. Les créateurs sont néanmoins de plus en plus mal vus. Autrefois porte-paroles de l’avant-garde
rebelle, ces hommes et ces femmes aspirent désormais à faire partie de l’establishment. Cela fait plusieurs dizaines d’années que dans bon nombre de grandes villes européennes, l’essentiel de la culture parallèle s’installe dans des quartiers déshérités et délabrés où elle insuffle une nouvelle vie. Souvent, ce sont les artistes et les créateurs qui sont à l’origine de nombreux projets urbains de rénovation. Toujours en quête de logements bon marché, d'ateliers ou de bureaux, ils investissent les quartiers que d’autres ont hâte de quitter.
Longtemps, il semblait que cette tendance permettait à la critique sociale de gauche de tisser des liens étroits avec diverses formes d’expression artistiques. Dans des villes comme Francfort, Hambourg ou Berlin, ces résidents créatifs ont défendu leur place – souvent avec beaucoup d’humour et de persuasion – contre des urbanistes obstinés et les promoteurs sans scrupules. C’est essentiellement grâce à eux qu’un grand nombre de quartiers dans ces villes sont aujourd’hui particulièrement prisés. Depuis la réunification allemande, l'occupant classique aux motivations politico-idéologiques a été remplacé par l’artiste et ses ambitions personnelles.
Tensions entre l'extrême gauche autonome et les créateurs branchés
On assiste presque partout au même phénomène : à Berlin, Hambourg ou Cologne aussi bien qu’à Amsterdam, Copenhague, Barcelone, Londres, Varsovie ou Prague, dès que des artistes élisent domicile quelque part, ils sont immédiatement suivis par une cohorte de cafés et restaurants branchés. Arrivent ensuite des jeunes – barbe de cinq jours pour les hommes et look nostalgico-vintage pour les femmes néo-post quelque chose - qui s’affairent sur leurs ordinateurs portables et se lancent dans de nouveaux "projets". Le quartier occupé gagne subitement en attractivité, des boutiques indépendantes s’y installent, suivies de galeries et de cabinets d’architectes. Très vite, les loyers s’envolent.
L’attaque récemment menée par des militants de l'extrême gauche autonome contre une galerie berlinoise est symptomatique de ce changement de statut. Les artistes et les créateurs ne sont plus les porte-drapeaux d’une avant-garde rebelle mais les précurseurs d’une boboïsation des quartiers et les représentants d’une nouvelle bourgeoisie de propriétaires.
Ces tensions ne révèlent pas seulement les conceptions artistiques réactionnaires des agresseurs qui, visiblement, ne peuvent tolérer la présence des artistes que quand ils servent leurs objectifs. Elles démontrent également à quel point le rapport entre l’art et la sensibilité politique a changé. Cela fait déjà longtemps qu’avec leurs lunettes de créateurs et leurs tenues branchées, les artistes ne pourfendent plus les valeurs bourgeoises et aspirent à faire partie de l’establishment. Ils ont grandi à une époque où l'économie créative est devenue un secteur de croissance rapide, une industrie de services attirant les investisseurs.
Des artistes qui n'ont pas les moyens de payer les loyers
Nulle part cette intrication de la création et des milieux d’affaires n’est plus visible qu’ici. L’image de l’artiste comme un être solitaire, un ermite vivant en marge de la société, a fait long feu. Aujourd’hui, les artistes à succès sont de toutes les fêtes et partout où il faut être. Ils soignent leurs réseaux comme des entrepreneurs, s’ébattent dans les foires artistiques autours du monde et prennent l’avion aussi souvent que d’autres le bus. Comme partout ailleurs toutefois, la gloire est réservée à une poignée de happy few qui arrivent à percer. Leur carrière inspire toute une génération d’épigones pour qui l’art n’est plus une exception dans une trajectoire professionnelle précaire, mais simplement un moyen de doubler les autres. Il est donc naturel que les urbanistes et les investisseurs fassent les yeux doux aux artistes et aux créateurs. D’après les célèbres thèses du sociologue américain Richard Florida, il existe un lien étroit entre culture et croissance économique, par lequel l’environnement culturel serait un facteur d’implantation primordial.
Pourtant, l’image du créateur entrepreneur correspond souvent à un cliché qui n’a que peu de rapport avec la réalité. Dans des villes comme Hambourg, Cologne ou Berlin, qui se veulent des foyers de la création, la plupart des artistes appartiennent – d’après leur revenu annuel moyen – aux couches populaires inférieures. Ils sont bien souvent les premiers à devoir quitter les quartiers qu’ils ont pourtant contribué à régénérer, n’ayant plus les moyens d’en payer les loyers élevés. Les artistes et les créateurs qui incarnent à présent la boboïsation des quartiers au détriment du reste de la scène artistique, sont souvent perçus dans l’opinion publique comme les grands gagnants du système. Cette interprétation montre surtout comment un Zeitgeist [esprit du temps] libéral est parvenu à créer une mode que même les militants de l'extrême gauche autonome sont prêts à prendre au sérieux.
vendredi 16 juillet 2010
Le journal satirique "Le Monte" condamné à retirer des photomontages de Nicolas Sarkozy de son dernier numéro
Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a condamné vendredi 16 juillet la société Sonora Média, qui édite Le Monte, pastiche du journal Le Monde, à retirer de ce journal satirique plusieurs photomontages du chef de l'Etat publiés dans son numéro de juillet-août.
Dans ce numéro, le bimestriel présente plusieurs photomontages sur lesquels apparaît M. Sarkozy en "utilisant sans autorisation l'image de son visage, le représentant nu en train de subir un acte sexuel derrière les barreaux d'une cellule de prison, agenouillé en slip dans un cachot (...) et le présentant nu en train d'imposer un acte sexuel à une chèvre", selon le jugement consulté par l'AFP.
M. Sarkozy avait déposé mardi par l'intermédiaire de son avocat Me Thierry Herzog une assignation d'heure en heure, c'est-à-dire examinée dans de très brefs délais, pour obtenir l'occultation de ces photomontages. L'assignation a été examinée vendredi en l'absence des représentants de la société de publication, et le juge des référés du TGI de Paris a donné raison au chef de l'Etat en condamnant Sonora Média à occulter les photos dans tous les exemplaires du numéro d'été sous peine d'une astreinte de 100 euros par photographie non occultée.
Sonora Média est également condamné à verser un euro symbolique à M. Sarkozy comme "réparation de son préjudice" et à verser 2 000 euros de frais de justice. L'avocat de Sonora Média, Me Patrick Klugman, a indiqué qu'il faisait appel de cette condamnation. Me Herzog n'a pu être joint. Selon Sonora Média, le numéro incriminé, déjà dans les kiosques, sera retiré de la vente lundi.
INTERNAUTE DEPUIS QUELQUES TEMPS DÉJÀ JE ME RENDS COMPTE DE LA DÉRIVE DE CE MEDIA (medium au singulier mais tout le monde s'en fout), SURTOUT QUAND IL EST PRATIQUÉ PAR LES "INSTITUTIONNELS DE LA PRESSE.
ILS SE CROIENT OBLIGÉS DE FAIRE DANS LE SENSATIONNEL, LA SURENCHÈRE, L'ABSURDE, J'IRAI MÊME JUSQU'À DIRE QU'ILS SE DAMNERAIENT POUR ÊTRE À LA UNE D'UN MOTEUR DE RECHERCHE.
ILS VONT MÊME PARFOIS JUSQU'À LA DIFFAMATION.
A VOUS CHERS INTERNAUTES QUI ME LISEZ ET QUI LISEZ LES AUTRES, DE BIEN DISTINGUER L'INTÉRÊT "COMMERCIAL" (oui, un journal doit se vendre, sinon il la ferme) DE L'INTÉRÊT DE L'INFORMATION, JE DIS BIEN L'INFORMATION.
LE CANARD DÉCHAINÉ OU MARIANNE SONT DES DIVERTISSEURS, DES RAMASSEURS DE POUBELLES, MAIS ILS OBLIGENT DES CANARDS PLUS "SÉRIEUX" À FAIRE DANS L'OUTRANCE.
CHACUN DE VOUS A ; EN SON FORT INTÉRIEUR, UNE CONSCIENCE: LAISSEZ LA S'EXPRIMER, ELLE NE SE TROMPE PAS SOUVENT, NE PENSEZ PAS PAR PROCURATION, C'EST LE DÉBUT DE L'ENDOCTRINEMENT, DE L'ANARCHIE, DE LA DICTATURE.
Google Earth se transforme pour lutter contre le réchauffement climatique
Le gouvernement britannique propose une nouvelle application pour le logiciel Google Earth permettant de visualiser les répercussions à l'échelle du globe d'une augmentation de 4°C de la température terrestre.
Quelques jours après son élection, David
Cameron avait voulu marquer les esprits en expliquant que son gouvernement s'engageait à "être le plus vert qui soit". Londres vient d'en apporter une première démonstration en lançant une application complémentaire à Google Earth qui permet de visualiser les répercussions à l'échelle du globe d'une augmentation de 4°C de la température terrestre. Cette application s'appuie sur les analyses des chercheurs du centre climatologique d'Hadley, qui conseille les gouvernements sur les questions du changement climatique ainsi que sur d'autres travaux scientifiques.
Vicky Pope qui dirige ce programme explique ainsi les motivations de la démarche britannique : "Si les émissions à effet de serre continuent d'augmenter, les températures mondiales pourraient augmenter de 4°C d'ici la fin du siècle et peut-être dès 2060". L'application pour Google Earth a donc pour objectif de permettre aux internautes de visualiser les changements qui, d'après divers modèles d'estimation, risquent de se produire si rien n'est fait pour limiter les émissions de gaz à effet de serre.
Le ministre responsable du changement climatique, Greg Barker, considérait que les discours sur l'environnement "ressemblaient un peu trop à un prêche, avec un ton moralisateur". Il se réjouit de ce nouveau moyen de sensibiliser le public. Les Britanniques ont en effet montré une certaine méfiance après le Climatgate quand l'université d'East Anglia avait été soupçonnée d'avoir manipulé des résultats scientifiques afin d'accréditer les théories sur le réchauffement climatique.
Une campagne d'information complète
L'application à télécharger pour compléter le logiciel Google-Earth propose de manière originale une information très complète.
Elle permet, pour des zones géographiques délimitées, de prendre conscience des divers dangers qui les menacent : Feux de forêt, évolution des ressources en eau, détérioration des récoltes agricoles, augmentation du niveau des mers, sècheresses, cyclones, pics de températures plus élevés/bas, disparition de réserves de poissons, disparition du Permafrost (pergélisol, en français zone souterraine gelée en permanence).
En cliquant sur les icônes correspondant à chaque danger, apparaît un texte explicatif, accompagné d'une vidéo dans laquelle un spécialiste ayant participé au projet revient plus en détails sur l'élaboration des prévisions et leur fiabilité.
Pour les plus curieux un lien vers le site Foreign and Commonwealth office permet d'accéder avec encore plus de précisions aux travaux prévisionnels.
Seul bémol, l'application étant réalisée par des chercheurs britanniques, toutes les informations sont données en anglais.
En progrès. Peut encore mieux faire. Ainsi peut-on résumer l’appréciation de la Cour des comptes sur les dépenses de la présidence de la République en 2009. L’exercice est pour le moins récent : c’est seulement l’an dernier qu’a été introduit cet audit annuel du budget de l’Élysée. La preuve est faite, d’ores et déjà, qu’il est utile. Pour 2008, la Cour des comptes avait stigmatisé certaines pratiques en matière d’études d’opinion. En 2009, les dépenses en ce domaine ont diminué de 45 %. Gageons que l’an prochain on observera une évolution similaire du côté des frais de déplacement puisque le rapport 2009 révèle des dépenses excessives. La participation de Nicolas Sarkozy à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2009 a déplacé 132 personnes pour une dépense supérieure à un million d’euros.
Il faut se réjouir de cette mise en examen des dépenses de la plus haute autorité de l’État. Sa vertu d’exemplarité aura, peut-on espérer, un effet d’entraînement sur les échelons inférieurs en les encourageant à une dépense sobre. À tout le moins, elle donnera plus de crédibilité aux instructions d’en haut imposant des restrictions budgétaires. Mais l’intérêt de cet audit élyséen n’est pas seulement d’amorcer un cercle vertueux. C’est aussi d’obliger la présidence de la République à réfléchir sur la pertinence de ses dépenses.
Car il ne s’agit pas uniquement de dépenser moins. Il importe au moins autant de dépenser efficacement. Autrement dit, de ne pas gâcher l’argent du contribuable. Pourquoi les Français consentent-ils si difficilement à l’impôt ? La réponse ne relève pas seulement de l’avarice ou de l’égoïsme mais aussi du sentiment que les fonds publics ne sont pas bien employés. Il n’est sûrement pas plaisant pour les administrations de soumettre leurs comptes à un contrôle. Mais cela présente un grand avantage : garantir aux Français que leurs contributions permettent d’assurer à un prix compétitif des prestations aussi précieuses que l’éducation, les soins, les transports ou la sécurité. La mesure de l’efficacité de la dépense publique peut encore faire de grands progrès. La France a beaucoup à y gagner.
Juin 2010 sur la Terre, record universel de chaleur
Le mois de juin 2010 a battu le record de chaleur sur la planète depuis que des relevés existent et la température moyenne d'avril-juin a été la plus élevée jamais enregistrée, selon des mesures de l'Agence océanique et atmosphérique américaine (NOAA).
Le centre des données climatiques nationales
de la NOAA procède à une analyse mensuelle des températures fondée sur des données qui remontent à 1880.
La température moyenne à la surface du globe en juin a été de 16,2 degrés Celsius soit 0,68 degré au-dessus de la moyenne du XXe siècle de 15,5 degrés.
La Terre a eu des températures plus élevées que la moyenne ces derniers mois avec les plus fortes chaleurs au Pérou, dans le centre et l'est des Etats-Unis ainsi que l'est et l'ouest de l'Asie. D'autres parties du globe ont en revanche connu des températures plus froides que la normale en juin dont la Scandinavie, le sud de la Chine et le nord-ouest des Etats-Unis.
La température à la surface des océans s'est située en juin 0,54 degré au-dessus de la moyenne du XXe siècle avec 16,4 degrés, qui a été le quatrième mois de juin le plus chaud enregistré depuis 1880. La chaleur a été la plus élevée dans l'Atlantique.











