Le ministère de la santé italien a invité mardi 22 juin les distributeurs de mozzarellas qui virent au bleu, produites en Allemagne par la firme Milchwerk Jager, à localiser tous les lots et à retirer ces fromages du marché. Le service spécialisé des carabiniers ainsi que les régions et autorités sanitaires locales "continuent leurs activités de contrôle" pour éventuellement localiser d'autres fromages contaminés, selon le ministère.
Ces "mozzarellas bleues" ont été trouvées ces
derniers jours dans les Abruzzes et en Sardaigne, après les tout premiers cas signalés autour de Turin et Trente, le 9 juin. Selon les premières analyses, les mozzarellas qui deviennent bleues quand on ouvre leur sachet auraient été contaminées par la bactérie Pseudomonas fluorescens, qui peut être dangereuse pour les personnes âgées ou dans le cas d'un système immunitaire affaibli.
Le week-end dernier, 70 000 fromages produits en Allemagne pour le compte d'une société italienne qui les commercialise dans des magasins discount avaient été retirés du marché. Au total, plus d'une tonne de mozzarellas en provenance d'Allemagne ont été saisies en Italie, où elles sont vendues, selon le ministère, sous cinq marques (Land, Malga Paradiso, Lovilio, Fattorie Torresina et Monteverdi). L'Union européenne, alertée par les autorités italiennes, a ouvert une enquête tout en déclarant la situation "sous contrôle". La mozzarella est le fromage le plus consommé en Italie, présent sur les tables de 6 Italiens sur 10, qui en consommeront 164 millions de kilos en 2010, selon une étude.
mardi 22 juin 2010
En Italie, la chasse aux "mozzarellas bleues"
Crédit agricole anticipe des pertes accrues pour Emporiki
Le Crédit agricole a repoussé d'un an le retour aux bénéfices de sa filiale grecque Emporiki en raison de pertes sur le crédit plus élevées que prévu du fait de la récession en Grèce.
Les déboires de sa filiale grecque obligeront le Crédit agricole à passer une nouvelle dépréciation de 400 millions d'euros dans ses comptes du deuxième trimestre, après celle de 500 millions passées l'an dernier.
La banque française, qui a rache
té Emporiki en 2006, a indiqué aux analystes s'attendre encore à une perte avant impôt de 130 millions d'euros pour sa filiale en 2011, au lieu d'un bénéfice de l'ordre de 10 millions prévu initialement.
Pour 2010, la perte anticipée pour Emporiki sera aussi plus lourde, à -750 millions d'euros contre environ -350 millions.
Le retour dans le vert des comptes de la filiale grecque est du coup repoussé à 2012 au lieu de 2011.
Vers 12h30, l'action Crédit agricole abandonnait 4,9% à 9,472 euros, sous-performant l'indice sectoriel Stoxx 600 des banques européennes (-2,13%). BNP Paribas et Société générale baissaient respectivement de 3,3% et de 4,6%.
Malmené en Bourse en raison des craintes entourant son exposition à la crise grecque, le titre Crédit agricole cède plus de 22% depuis le 1er janvier. Pressée par le marché, la banque a fini par chiffrer à 850 millions d'euros son exposition à la dette souveraine grecque.
"On s'aperçoit qu'Emporiki pèse toujours plus lourd sur Crédit agricole, avec un coût du risque qui ressort de 450 millions d'euros de plus que prévu dans le plan initial", souligne Sébastien Barthelemi, responsable de la recherche crédit chez Louis Capital Market.
NORMALISATION EN 2013
La crise économique qui frappe la Grèce a en effet contraint le Crédit agricole à durcir son scénario de pertes sur le crédit, qui est augmenté de 450 millions d'euros entre 2010 et 2013.
Selon la banque, ce coût du risque se normalisera à compter de 2013.
Plombée par deux années successives de pertes en 2008 et 2009, Emporiki a par ailleurs été recapitalisée en mars par le Crédit agricole, à hauteur de 989 millions d'euros.
Sa maison mère estime maintenant qu'Emporiki va avoir un "besoin ponctuel" de 550 millions de fonds propres supplémentaires d'ici fin 2011 pour affronter la crise et achever sa restructuration.
Poussée à un plan drastique de réduction de ses coûts, la filiale grecque du Crédit agricole avait déjà prévu l'an dernier de réduire de 21% ses frais généraux et de fermer 57 agences, entraînant le départ de 1.500 salariés.
La banque française estime que la baisse des effectifs d'Emporiki sera "plus rapide" en 2010 mais "plus lente qu'anticipé" en 2011.
Dans ce scénario, le coefficient d'exploitation d'Emporiki va s'améliorer plus vite que prévu en 2011, à 62,5% au lieu de 68,8%.
Avec Juliette Rouillon, édité par Dominique Rodriguez
Stop à l'indécente curée ! Assez des formules faciles, assez d'analyses pas dénuées d'arrière-pensées commerciales, assez de métaphores philosophico-sociétales. Pour bouffons qu'ils soient les joueurs de l'équipe de France ne sont que le reflet d'un système qui déraisonne. Ceux qui reprochent aujourd'hui à Anelka de ne pas avoir respecté Domenech sont ceux qui depuis des années s'acharnent sur l'entraîneur en des termes certes plus châtiés mais tout aussi violents. On ne peut pas demander à des jeunes issus de milieux modestes, placés en centres de formation depuis leur plus jeune âge d'être des prix Nobel. Les vrais responsables sont les parvenus et les cacochymes qui s'accrochent à leurs fonctions pour sauver un fromage bien gras.
Les sommes colossales que gagnent les joueurs sont le résultat de l'intérêt des partenaires attirés par l'appât des audiences et des droits TV. Et parmi tous les insidieux qui mettent la pression sur les sommes, arrogantes il est vrai, versées aux vedettes du show-foot, il en est qui devraient se reprocher aussi l'argent que gagnent leurs entreprises en distribuant du pain et des jeux.
L'équipe de France nous a infligé un spectacle et un football désastreux. Mais a-t-il donc de si graves conséquences sur l'avenir de l'humanité que le seul sport véritablement universel doive être plus durablement flétri que celui du Tour de France après les scandales sur le dopage ? Souhaitons qu'au moins cette pantalonnade nous renvoie à nos responsabilités : ces crétins sont nos enfants ! Mais qu'ils battent cet après-midi l'Afrique du Sud par trois ou quatre à zéro et qu'ensuite ils sortent l'Argentine, alors ils redeviendront des héros. Puissent les dieux du foot irlandais épargner ce doigt de déshonneur à nos lâchetés en donnant un coup de main aux bafanas.
La mini-coupe du Monde de La Souterraine dans la Creuse sera, elle, un grand succès. Mais les animateurs du club marchois et de la ville ne trouvent pas de volontaires pour porter le maillot bleu. Elle est là la vraie réalité du foot des éducateurs bénévoles, pas dans les fausses mutineries de mercenaires qui n'ont pas le cerveau de leur compte en banque. Et dont les vraies victimes seront les gosses des quartiers.
La femme de César doit être insoupçonnable. La femme de son trésorier, aussi. C'est tout le problème de Monsieur Woerth, qu'on peut ainsi résumer : le ministre des comptes de la République a une épouse qui tient une partie des comptes de Madame Bettencourt qui a des comptes en Suisse et peut-être une île aux Seychelles… A ce compte-là, il y a au moins possibilité de confusion. Non, se défend Monsieur Woerth, tout est clair : Florence, épouse Woerth, ne sait rien des activités de Florence Woerth, gestionnaire de fortune. Et Florence Woerth, conseillère fiscale de Madame Bettencourt, ne sait rien des placements en Suisse de Liliane Bettencourt. Comment tout cela est-il possible ? Question d'éducation : chez ces gens-là, on ne pose pas de question indiscrète. Et comme l'a dit Monsieur Woerth : sachez distinguer les intérêts catégoriels de l'intérêt général - mais là, il parlait des retraites.
Record de popularité pour Strauss-Kahn
Dominique Strauss-Kahn a atteint en juin des sommets dans l'opinion, avec 65 % d'avis favorables, en hausse de 7 points par rapport au mois de mai, selon le baromètre Ipsos pour le magazine « Le Point » qui sera dans les kiosques jeudi. Il devance de 10 points le numéro deux du classement, le maire de Paris Bertrand Delanoë (55 %). Chez les seuls sympathisants du PS, le directeur général du FMI gagne 13 points, à 79 % d'opinions favorables. Il devance ainsi Martine Aubry (75 %, inchangé). Parmi les sympathisants de l'UMP, DSK, avec 72 % d'avis favorables (- 4), arrive derrière Michèle Alliot-Marie (79 %, +3). « Le contexte actuel profite aux leaders de l'opposition », dont Dominique Strauss-Kahn, tandis que cette enquête, réalisée quelques jours après l'annonce du plan gouvernemental de réforme des retraites et au lendemain de la défaite de l'équipe de France contre le Mexique (de qui se moque-t-on ?), « reflète la baisse généralisée de la popularité des membres du gouvernement », écrit Ipsos. Bernard Kouchner est 3 e du classement (53 %, inchangé), suivi de Jack Lang (51 %, +1) et Martine Aubry (49 %, + 3). Rama Yade, en tête du classement en mai, perd 13 points (48 %) à la suite de la controverse concernant ses conditions d'hébergement et celles de l'équipe de France de football en Afrique du Sud. De nombreux ministres voient leur cote de popularité se dégrader. Ainsi Jean-Louis Borloo perd 7 points (47 %) et Valérie Pécresse 5 (28 %). Par ailleurs, François Bayrou gagne 6 points (37 %), Olivier Besancenot, 4 (40 %) et Dominique de Villepin, 6 (42 %).
Affaire Bettencourt: Mme Woerth va porter plainte contre Eva Joly
Le ministre du Travail Eric Woerth a annoncé ce mardi sur RMC et BFM-TV que son épouse Florence allait porter plainte contre Eva Joly (Europe Ecologie) après les accusations lancées par l'eurodéputée dans l'affaire Bettencourt.
«Elle portera plainte contre
Eva Joly, parce que c'est des propos inacceptables. C'est vraiment des professionnels de la calomnie», a assuré M. Woerth. «C'est inacceptable de salir les gens comme cela, de faire tous les rapprochements», a-t-il ajouté. L'eurodéputée Eva Joly, ancienne juge d'instruction spécialisée dans les affaires financières, avait estimé dimanche dans un entretien au site Mediapart que M. Woerth devrait démissionner du gouvernement après sa mise en cause dans l'affaire Liliane Bettencourt, soupçonnée d'évasion fiscale. «Il y a une contradiction d'intérêts incroyable, par rapport à sa prétendue lutte contre les paradis fiscaux, alors même que sa femme a participé à l'évasion fiscale de la fortune Bettencourt», avait estimé Mme Joly, reprenant des accusations lancées samedi par Arnaud Montebourg (PS).
Dimanche, le ministre du Travail avait annoncé que son épouse, salariée de la société chargée de gérer la fortune de la milliardaire Liliane Bettencourt, allait porter plainte contre le député PS pour les mêmes raisons. «Ce n'était pas le métier de Florence Woerth de s'occuper des fonds de la famille de Mme Bettencourt à titre privé. Elle s'occupe des dividendes de L'Oréal», a assuré mardi M. Woerth. «Si quelqu'un a des comptes par ailleurs personnels, elle ne peut pas le savoir, ce n'est pas dans le champ d'investigation de cette société. Ces comptes, s'ils existent, ont peut-être été ouverts il y a vingt ans, il y a trente ans, il y a quarante ans», a ajouté l'ancien ministre du Budget.
M. Woerth, en butte à des accusations de «conflit d'intérêts» et des demandes de démission à gauche, a annoncé lundi le départ prochain de son épouse de la société où elle gère une partie de la fortune de Liliane Bettencourt.
On peut facilement deviner à quoi pensera le président de la République cet après-midi sur le coup de 16 h. Pour 90 minutes, la suite du roman des Bleus recouvrira le millefeuille de soucis accumulé dans les parapheurs, en y ajoutant une anxiété supplémentaire. Les tribulations de l'équipe de France de football sont devenues une affaire d'État, en effet. Elles ont pris une telle proportion qu'elles engagent l'image du pays, bien au delà de la compétition sportive. La rébellion des joueurs a défié l'institution que constitue la fédération. C'est tout simplement l'autorité officielle qui a été narguée. Terrible image que celle du président Escalettes, totalement ignoré pendant l'entraînement d'hier ! Après la main qualificatrice de Henry au stade de France, Nicolas Sarkozy, évidemment embarrassé, avait éludé le problème. Là, il sait qu'il n'aura pas d'autre choix que de gérer lui-même le dossier et - à moins d'un miracle, toujours possible - dès ce soir. Méritoire, la médiation express de sa ministre de la Santé et des Sports, a tourné court. Quant à Rama Yade, disqualifiée, elle a carrément disparu du terrain... Et pendant ce temps, les pétitions plus ou moins populistes se multiplient contre les Bleus. Un député alsacien a même réclamé la création d'une commission d'enquête sur les « incidents » de l'aventure sud-africaine. Sale affaire décidément, dont le pouvoir se serait bien passé dans une période aussi morose, même si elle lui offre une petite contrepartie : elle est si bruyante qu'elle étouffe, pour le moment, le scandale Bettencourt, dont les ombres troublantes auraient eu de quoi, en d'autres temps, faire trembler le gouvernement tout entier. Le cocktail de l'argent, de la fraude fiscale, et de la présence de la femme d'un ancien ministre du Budget réputé pour sa grande intégrité, est explosive. La précipitation avec laquelle les conseillers de Mme Bettencourt, l'une des plus grandes fortunes de France, ont annoncé la mise en règle d'investissements manifestement frauduleux ajoute un peu plus à la confusion générale. Et à la suspicion. La presse, elle, est au cœur de ce téléscopage des événements. Pas toujours d'un blanc immaculé elle non plus. De la publication d'une citation qui s'avère de plus en plus approximative à l'utilisation sans états d'âme des écoutes sauvages d'un majordome inquiet pour son poste, les médias, peu avares en caricatures et en chasses à l'homme, ne sont pas non plus dans une forme éblouissante. Et voilà comment la rencontre au sommet du foot africain et du foot français lors d'une Coupe du monde se présente aujourd'hui comme une contrariété quand elle aurait dû être une fête... Dommage, non ?
Salaire des fonctionnaires : le gouvernement s'oriente vers une position dure
La négociation salariale triennale 2011-2013 dans la fonction publique s'ouvre vendredi. A Bercy et à Matignon, des voix s'élèvent pour exiger un gel du point d'indice. Dans un contexte de lutte contre le déficit, même la hausse de 0,5 % au 1 er juillet prochain, pourtant prévue de longue date, n'est pas garantie. La mobilisation de jeudi sera suivie avec attention.
Semaine à très haute tension dans la fonction publique. Quelques jours après l'annonce du projet de loi sur les retraites, vilipendé par les fonctionnaires, le gouvernement va ouvrir coup sur coup deux négociations très attendues, sur les agents contractuels aujourd'hui et surtout, vendredi, sur l'évolution 2011-2013 des salaires. Après l'annonce d'un alignement d'ici à 2020 des cotisations retraite du public sur celles du privé (de 7,85 % à 10,55 %, soit + 2,7 points), les syndicats exigent que ces hausses, qui vont entamer le pouvoir d'achat des agents, soient compensées par des augmentations du point d'indice (base du calcul du salaire des fonctionnaires).
Mais, au risque d'alimenter la mobilisation de jeudi contre les retraites, Eric Woerth, ministre de la Fonction publique, et Georges Tron, son secrétaire d'Etat, l'ont déjà exclu. Les deux dossiers, martèlent-ils, sont « déconnectés. » « On ne peut pas demander aux fonctionnaires un effort, au même titre qu'à tous les Français, et le rattraper automatiquement dans la foulée. La question du taux de cotisation n'est pas à évoquer dans les discussions salariales, cela n'a rien à voir », insiste Georges Tron, qui souligne que la seule progression naturelle des salaires (à l'ancienneté) suffira à compenser les hausses de cotisation.
Gel triennal envisagé
Dans un contexte de contrôle accru des dépenses budgétaires, l'exécutif se dirige vers une position ferme. A Bercy et à Matignon, des voix s'élèvent pour défendre un gel pur et simple du point d'indice jusqu'en 2013, en revenant même sur la hausse de 0,5 % au 1 er juillet prochain, qui avait été actée lors de la précédente négociation triennale. « La crise est passée par là entre-temps », justifie-t-on. Eric Woerth et Georges Tron plaident pour que la hausse de 0,5 % intervienne comme prévu, au nom du respect des engagements pris. Mais ils se montrent fermes sur la période 2011-2013. Bref, l'idée d'un gel triennal gagne du terrain. Pour faire passer la pilule, l'exécutif insiste sur les autres mesures salariales ciblées, et envisage d'introduire dans la négociation une clause de « bonne fortune », qui laisserait la porte ouverte à des gestes sur le point d'indice en fonction par exemple de l'évolution de la croissance.
Un gel de la valeur du point d'indice provoquerait évidemment l'ire des syndicats, qui ne se font pourtant guère d'illusions. Les arbitrages finaux ne seront dévoilés que lors de la seconde séance de discussion (la semaine du 5 juillet a priori). Ils seront aussi fonction du degré de mobilisation des agents après-demain. Vendredi, la Rue de Grenelle devrait se borner à faire le point sur l'évolution globale du pouvoir d'achat des agents. Selon ses calculs, il a progressé, malgré la crise, en 2008 (d'environ + 0,3 %) et en 2009 (+ 1 %). Le ministère confirmera également le développement annoncé des primes individuelles au mérite et de l'intéressement collectif par services, ainsi que la refonte des aides au logement et des avantages familiaux.
Les discussions d'aujourd'hui sur les contractuels s'annoncent moins tendues. L'exécutif exclut un plan de titularisation massive mais promet un examen approfondi de la situation des 842.000 contractuels (lire ci-contre). Georges Tron promet de « réparer les anomalies avérées » : les agents en CDD à répétition devraient se voir offrir des CDI de droit public.
L'idée n'est pas de revenir sur la loi de 2005, qui prévoit le passage de CDD à CDI au bout de six ans, mais de veiller à sa bonne application et de clarifier et d'harmoniser les conditions de recours à des contractuels. La séance d'aujourd'hui devrait constituer un simple tour d'horizon avant la reprise des discussions à la rentrée et leur clôture en fin d'année.
Les Bleus se sont entraînés hier. Le simple fait qu'il s'agisse là d'une information relayée dans le monde entier donne une idée du feuilleton tragicomique qu'est devenu le parcours de l'équipe de France de football en Coupe du monde. On pourrait évidemment se contenter d'en sourire, considérant que la chronique des péripéties d'une vingtaine de sportifs multimillionnaires et de leur entourage relève davantage de la farce que de l'affaire d'Etat. On aurait tort.
D'abord, parce que la résonance de cet avatar de « Loft story » au beau milieu du plus grand événement sportif de la planète dépasse largement les frontières du foot. Qu'on le veuille ou non, les sélections nationales y ont un devoir de représentation de leur pays. Et, à cette aune, le comportement de nos Bleus hors du terrain (propos orduriers, bagarre, chasse au « traître », grève), qui fait suite au « coup de boule » de Zidane et à la main de Henry, est proprement dévastateur. Il renvoie l'image d'un pays qui n'a plus les moyens de ses ambitions -en l'occurrence remporter la Coupe du monde -et qui, de surcroît, se révèle incapable de surmonter les intérêts particuliers. Cela ne devrait pas concourir à améliorer le moral des Français. Ni à redorer le blason de notre pays vis-à-vis de nos partenaires à quelques jours du G20.
Mais au-delà de sa portée symbolique, le psychodrame de Knysna est aussi le symptôme d'une crise de croissance. Celle du sport professionnel français et de sa gouvernance, devenue inadaptée. Bien sûr, on peut trouver sympathique qu'en 2010 le foot, et plus largement le sport pro hexagonal, soit toujours régenté par des bénévoles issus du monde amateur. Mais il faut se rendre à l'évidence. Cette architecture ne répond plus aux exigences imposées par le sport business. Face à l'explosion des salaires et plus largement de la manne que génère le sport pro, il faut mettre d'urgence des professionnels de la gestion, du management ou encore du marketing aux postes clefs de nos fédérations. Ce n'est qu'à ce prix que nos instances dirigeantes retrouveront du crédit auprès de sportifs au comportement d'enfants gâtés. Et que nous pourrons accessoirement prétendre remporter des titres à nouveau.
Après le sacre de 1998, le système de formation français était devenu un modèle dans le monde du football. Après la déroute de 2010, que seul un miracle pourra éviter maintenant, le foot français serait bien inspiré de suivre l'exemple de ses voisins allemand ou anglais, qui l'ont précédé sur la voie de la professionnalisation des instances dirigeantes.
Patrice Evra
Sur le site de voyages TripAdvisor, un ancien client du « resort » Pezula, où l'équipe de France se morfond au fond de la piscine entre deux contre-performances, écrit que « cet hôtel a un effet sensationnel » ! Le fait est que l'ambiance qui règne dans ce palace a réussi
à faire du capitaine du onze tricolore, considéré comme le meilleur arrière-gauche du monde il y a encore quelques semaines, une sorte de Lucky Luciano du dribble. Juste avant le match France-Mexique ce fils de diplomate, né au Sénégal, nageait dans le « novlangue » camomille : « Je suis toujours de bonne humeur » ; « On est juste une bande de copains » ; « Je veille à ce que l'ambiance reste sereine »… Depuis la défaite, le voilà transformé en serineur du « soccer », prêt à « éliminer » le « traître » qui aurait révélé à la presse les injures dont Nicolas Anelka avait gratifié le coach. Celui que les supporters siciliens de Marsala, un de ses premiers clubs, où il ne gagnait encore que l'équivalent de 150 euros par mois, avaient surnommé « la gazelle noire », est devenu le meneur d'une bande de drôles de zèbres, mutins des petits matins d'entraînement, confondant le crépuscule de leur mythe avec le mythe du grand soir. « Au football, tout est compliqué par la présence de l'équipe adverse », a dit un jour Jean-Paul Sartre. Pour nos footballeurs, c'est encore pire car eux ont fait leur le constat plus général du philosophe : « L'enfer, c'est les autres ! »
LES BLEUS - Qu'on en finisse !
L’équipe de France affronte ce soir l’Afrique du Sud avec une infime chance de qualification. Mais, après l’épisode honteux de la grève de dimanche, et malgré l’intervention de Roselyne Bachelot en sélectionneur hier, qui a vraiment envie que la mascarade dure
plus longtemps ?
Ce soir l’équipe de France affrontera l’Afrique du Sud (16h heure française). Ce qui aurait dû être un match décisif avec une chance de qualification au bout est devenu un boulet dont on voudrait se débarrasser bien vite. Car les Bleus ont tout gâché durant ce Mondial, et rien ne pourra vraiment s’effacer ce soir, même en cas de victoire. Au fond, qui veut vraiment voir ces imposteurs aller plus loin ?
Bachelot leur a arraché des larmes !
Hier, Roselyne Bachelot a joué au coach, qu’il n’y a plus depuis trop longtemps. La ministre a réuni les joueurs d’abord pour les sermonner. "C’est l’image de la France que vous avez ternie" leur a-t-elle dit. La ministre de la Santé et des Sports s’est appuyée sur l’exemple du rugby pour leur prise de conscience en citant Raphael Ibanez. Le capitaine du XV de France avait lancé à ses hommes la veille d’un exploit : "Comment voulez-vous qu’on se souvienne de vous ?". Roselyne Bachelot a soulevé des applaudissements, vu des "larmes dans les yeux des joueurs", et attend ce soir qu’ils "donnent tout". Roselyne aurait dû venir avant le Mondial dans le vestiaire !
Qui veut jouer ce soir ?
Car le mal est fait, et l’honneur ne sera pas sauf. Hier, Raymond Domenech s’est désolidarisé de ses joueurs. Le mouvement de grève de dimanche était selon lui "d’une stupidité sans nom". S’il assure vouloir et pouvoir composer le onze contre l’Afsud, le sélectionneur concède que certains joueurs ne voudront pas jouer ce soir. Les meneurs de la mutinerie (Evra, Abidal, Gallas…) voudraient se faire tout petits. Certains, les plus jeunes notamment, se sont détachés du mouvement hier. Mais, pas sûr non plus qu’ils apprécieront d’être alignés pour payer les pots cassés aux yeux de l’opinion.
L'agence de notation Fitch dégrade la note de la BNP
L'agence de notation financière Fitch a dégradé lundi 21 juin d'un cran la note de la dette à long terme de la banque française BNP Paribas, de AA à AA-.
Fitch indique que cette note reflète
encore la capacité de la banque à générer de bons résultats, à améliorer son financement et à s'appuyer sur trois grandes divisions que sont la banque de détail, la banque de financement et d'investissement (BFI) et les solutions d'investissement. L'agence a décidé de dégrader la note de la banque, au vu de l'importance prise par la BFI, de la détérioration de la qualité des actifs en 2009 et d'un ratio de capital en dessous de la moyenne de ses homologues.
Fitch insiste en particulier sur le fait que les activités de marché contribuent encore grandement à la rentabilité de la banque, et ce dans un environnement de plus en plus délicat. BNP Paribas a publié un bénéfice net en hausse de 46 %, à 2,283 milliards au premier trimestre, supérieur aux attentes, la BFI dégageant à elle seule un bénéfice avant impôt de 1,69 milliard.
Les joueurs, le sélectionneur, la Fédération française de football, voire le gouvernement... L'heure est à la recherche des coupables depuis que la crise a éclaté au sein de l'équipe de France de football. Un élu UMP du Bas-Rhin demande même une enquête parlementaire.
Revenons en arrière : des joueurs en « grève » font lire un communiqué vengeur par leur entraîneur, devenu ainsi complice, tandis que le président de la Fédération s'étonne du retentissement des « affaires » du ballon rond. Jean-Pierre Escalettes n'a toujours pas compris que, sous le maillot national, les sportifs représentent ¯ pendant le Mondial ¯ l'identité collective, le pays et son image. À ce moment, une société ordinairement invisible se rend tout à coup visible. L'estime que la communauté se porte à elle-même est en jeu. Une réalité supérieure aux individus s'exprime alors : elle prend la forme de l'identification à l'équipe.
Aujourd'hui, la France, écoeurée, n'est pas loin de souhaiter la non-qualification des Bleus, comme elle s'était révoltée contre la main de Thierry Henry. Par deux fois, à huit mois d'intervalle, la société française a refusé de s'identifier à une équipe qui s'est moralement disqualifiée. Ici, la démesure du foot rencontre la morale, seul élément de réconfort.
Ce fiasco prévu remonte à la décision du conseil fédéral de la Fédération de maintenir Domenech à la tête des Bleus après l'élimination directe de la France, au premier tour de l'Euro 2008 (après le match éliminatoire contre l'Italie, il n'avait su que demander sa compagne en mariage). Responsables de ce maintien : MM. Escalettes, Platini, Houllier, directeur technique national. Cette confirmation mérite de figurer au palmarès des décisions absurdes analysées dans un précis de « sociologie des erreurs radicales et persistantes » (1).
La volonté de barrer la route à la génération des champions du monde de 1998 (Deschamps, Blanc...) s'est substituée à l'objectif de performance. Elle a entraîné une perte de sens des actions de tous : dès lors, tout pouvait arriver, avec une communication délirante, fondée sur le déni de réalité.
Puis le recours à une main coupable, le 18 novembre 2009, a détruit moralement ce qui tenait encore. On a vu la mise au pilori de joueurs tournés en ridicule devant le monde entier. Les responsables brillèrent par leur absence et leur cynisme.
Un troisième temps a été la mise en place d'un esprit de clan, dès le début du stage de Tignes. D'emblée, Patrice Evra, le nouveau capitaine, a expliqué que le groupe avait été purgé des « indésirables », cause de ses mauvais résultats. Après la sanction frappant Anelka, le même Evra s'est lancé dans un appel à « l'élimination » des « traitres », non pas ceux qui avaient si mal joué, mais ceux qui avaient « trahi » le secret du vestiaire.
C'était là le principal problème des Bleus ! Capable de verser une larme sur l'hymne national, Evra se muait en commissaire politique. Avec une telle logique paranoïaque, a triomphé la phobie du monde extérieur. La bulle a éclaté.
(1) Christian Morel, éditions Gallimard, 2002.
(*) Sociologue, auteur de Une main en trop (éditions de Fallois).
Pétition à l'attention des Bleus
Jean-Jacques Bourdin lance sur RMC une grande pétition pour que les joueurs de l'équipe de France reversent au football amateur les rémunérations perçues pendant le Mondial. À 22 heures, vous étiez déjà 70 000 à l'avoir signée.
L'image que les Bleus ont renvoyée
pendant la Coupe du monde en Afrique du sud n'est pas conforme à celle que la grande majorité des Français se fait du football ni de la France. Certains comportements ne sont pas dignes et ont choqué.
Cliquez sur le lien ci-contre : Pétition à l'attention des Bleus
Par cette pétition, nous demandons à ce que les Bleus repartent du Mondial sans avoir touché un seul centime d'euro et reversent l'intégralité des primes, sponsors, indemnités et rémunération du droit à l'image qu'ils percevront à l'occasion de la Coupe du monde de la FIFA 2010, au football amateur français. Lui continue à véhiculer les valeurs qui doivent rester celles du sport. Il y va de la responsabilité des joueurs, mais aussi des citoyens qu'ils sont, conscients des obligations morales que leur impose leur statut de "Bleus".
Vous soutenez la démarche ? Signez cette pétition. Nous la porterons auprès des instances nationales du football. En renseignant les champs et en cliquant sur le Bouton Envoyer, vous vous porterez ainsi signataire.
lundi 21 juin 2010
Qui doit payer pour l'Internet du futur ? A l'heure où l'explosion du volume de données échangées sur le réseau menace de faire imploser le Net, la nécessité d'investir massivement dans de nouvelles infrastructures ne fait plus guère de doute. Si l'on veut éviter les bouchons, il va falloir rajouter des routes et des bretelles d'accès sur l'autoroute de l'information du XXI e siècle. Est-ce aux opérateurs de télécommunications, au client final ou aux services comme Google et YouTube, portés par l'essor du Web, de régler la note ?
Ce débat qui aurait dû n'être que technique et financier est devenu quasi idéologique. Défendant la « neutralité du Net » comme on s'opposerait à une dictature, les pionniers du «.com » tentent de nous faire croire que les géants des télécoms sont de nouveaux tortionnaires cherchant à étouffer la liberté. En voulant faire payer ceux qui vivent du Web, ils brideraient l'innovation.
La critique est facile mais manque de fond. Conçu au départ comme un réseau des réseaux, le Net est basé sur le principe de l'échange, du troc de données. Ce système pouvait fonctionner tant que les échanges étaient symétriques. Ils ne le sont plus. Certains émettent de plus en plus sans assumer le coût économique de cette diffusion de masse. Il semble normal, moral même, que ceux qui utilisent le plus ces routes numériques en assument au moins partiellement les conséquences financières. Il ne s'agit pas d'instituer un quelconque « racket », mais plutôt une sorte de droit de passage raisonnable. Sur autoroute, les poids lourds et les motos ne payent pas le même prix et les tarifs peuvent varier aux heures de pointe. Dans le monde « digital », les start-up qui ouvrent leur porte-monnaie pour leur électricité ou leurs bureaux peuvent bien payer pour le Net. Et les géants riches à milliards ne peuvent-ils contribuer un peu plus à la facture ?
Mais s'il est légitime que les opérateurs différencient entre les « gros » et les « petits », il convient évidemment d'éviter qu'ils sombrent dans la discrimination pure et simple. Pas question, en clair, qu'ils fassent payer un YouTube, par exemple, mais pas un service de diffusion vidéo dont ils seraient propriétaires. Il faut également qu'ils restent soumis au jeu de la concurrence afin qu'ils ne cèdent pas à la tentation de faire payer peu au départ mais à terme beaucoup aux acteurs du Net.
Le consommateur ne doit en tous les cas pas être le seul à assumer la modernisation du Net. On lui propose déjà de passer de la classe « éco » à la classe « affaires » en passant de l'ADSL à la fibre. On peut difficilement lui en demander plus.
DAVID BARROUX
Le coup de rabot se précise
Les contours du Budget 2011 de l’Etat se précisent sur un point : la baisse du nombre de fonctionnaires. Alors qu’on parle beaucoup des retraites, François Fillon et le gouvernement avancent aussi sur la préparation de la loi de finances pour 2011. Le Premier ministre a déjà annoncé une baisse de 10% des dépenses de fonctionnement – les frais généraux : les voitures et les taille-crayons (en gros) – et une autre baisse de 10% sur les interventions économiques et sociales, ce qui est encore vague. Sur les effectifs, le cadrage général se précise puisque François Baroin, le ministre du Budget, a terminé la semaine dernière ses tête-à-tête (qu’on imagine musclés) avec les autres ministres. Et le résultat est confirmé : ce sont environ 34.000 postes qui seront encore supprimés l’an prochain – et d’ailleurs aussi en 2012 et 2013. En clair, depuis 2007, 100.000 postes ont déjà disparu et 100.000 autres sont programmés.
Numériquement, c’est l’Education nationale qui fournira encore le plus gros effort en 2011, avec 16.000 suppressions de postes (elle en a déjà perdu 50.000 depuis 2006). Mais en proportion, c’est pour le ministère des Finances que la règle du non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux est la plus ferme puisque ce un sur deux se rapproche d’un deux sur trois. La Défense, l’Agriculture et le Développement durable vont aussi faire des économies, ce qui ne sera le cas ni de la Justice (dont les moyens vont encore augmenter) ni de l’Enseignement supérieur et de la Recherche – ils sont préservés. Le nombre de policiers baisera encore, comme celui des gendarmes.
Les économies de postes ne résultent pas toujours de grands changements de politique mais aussi de petits changements d’organisation. Par exemple, l’audition des détenus (en prison) par visioconférence a réduit les allers-retours au tribunal : 1.200 postes de policiers économisés. Les chèques envoyés au fisc ne sont plus traités à la main dans les 3.000 trésoreries mais par informatique à Rennes, Lille et Créteil. A l’Equipement, 3.500 ingénieurs routiers ont perdu leur raison d’être. Voilà des postes supprimés. Autre exemple, Bercy réfléchit à une réforme des amendes de stationnement : plus de policiers qui courent les rues avec un carnet à souches, mais des plaques minéralogiques flashées et des amendes envoyées par Internet.
Ces 34.000 suppressions de postes vont sans doute passer , puisque l’on constate que les services publics ne sont pas à feu et à sang. Bercy a perdu des postes et les impôts sont toujours prélevés ! Dans l’Education, on sait bien que la dégradation des conditions de travail des enseignants (réelle) n’est pas forcément d’abord liée aux moyens. Disons aussi qu’avancer avec un objectif chiffré prédéterminé est étrange – notamment dans l’Education où les justifications des économies ne sont clairement pas assez exposées. Mais ce qui est sûr, c’est que si le gouvernement veut réduire les déficits autant que prévu en 2011, il devra trouver bien d’autres économies qu’un coup de rabot sur les effectifs – si nécessaire que ce dernier soit.
Suppressions de postes de fonctionnaires : ce qui attend les ministères en 2011
Le gouvernement est en train de finaliser les plafonds d'emplois prévus l'an prochain. L'Education nationale devrait perdre 16.000 postes. La Justice sera le seul
ministère à voir ses effectifs augmenter. La stabilité reste de mise pour l'Enseignement supérieur et la Recherche. Bercy met en avant la réforme de l'Etat.
Déjà 100.000 suppressions de postes effectuées, 100.000 autres à venir entre 2011 et 2013 : l'application du principe de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite va devenir de plus en plus difficile sur le terrain. Il n'empêche : le gouvernement va confirmer cet objectif le 6 juillet, lors du débat d'orientation des finances publiques à l'Assemblée nationale. Et il entend démontrer que c'est possible grâce à la réforme de l'Etat, quelques jours avant, à l'occasion d'une nouvelle conférence des politiques publiques.
Les réunions bilatérales entre François Baroin, en charge du Budget, et les principaux ministres se sont achevées la semaine dernière. Et Matignon a quasiment finalisé les efforts à demander à chacun des ministères l'an prochain pour aboutir à 34.000 suppressions de postes (à quelques centaines près). A l'Education nationale, quelque 16.000 postes devraient être supprimés (lire ci-dessous). Mais, en proportion, c'est Bercy qui produira à nouveau le plus gros effort, à raison de 56 % à 57 % des effectifs non remplacés. La Défense figurera également parmi les plus gros contributeurs, comme prévu dans sa loi de programmation, ainsi que le Développement durable et l'Agriculture. Comme en 2010, la Justice (+ 200 postes) devrait être le seul ministère à voir ses effectifs croître, pour accompagner la construction des prisons (lire ci-dessous). Et, comme promis, les effectifs de l'Enseignement supérieur et de la recherche seront à nouveau préservés.
Gains de productivité
Mais, au-delà de 2011, le gouvernement doit maintenant boucler d'ici à quinze jours les exercices 2012 et 2013. Avec une question : ce rythme de 34.000 suppressions par an peut-il être maintenu sans dégrader le service public ? Accusé - notamment par la Cour des comptes -de privilégier une vision purement comptable, le ministère du Budget se défend en indiquant s'appuyer sur les gains de productivité de chaque administration. L'audition des détenus par visioconférence, par exemple, a permis de réduire la fréquence des allers-retours au tribunal : 1.200 postes de policiers deviennent ainsi inutiles. Le service des impôts s'est également modernisé. Les chèques de paiement, jadis gérés manuellement dans les 3.000 trésoreries, sont désormais lus dans trois centres high-tech, à Rennes, Lille et Créteil, chacun traitant 400.000 chèques par jour, sans intervention humaine. Des centaines d'emplois peuvent être ainsi gagnés. « Nous nous appuyons sur la réforme de l'Etat, il n'y a pas de norme appliquée à l'aveugle », insiste-t-on au ministère du Budget.
Des moteurs qui « s'essoufflent »
D'autres mesures en projet devraient permettre de maintenir le rythme, assure Bercy. Expérimentée dans quatre collectivités locales, la notification des amendes de stationnement par e-mail ou par courrier doit mener à la réduction du nombre de policiers assignés à cette tâche. Ceux-ci pourront « flasher » les plaques d'immatriculation sans avoir à remplir le traditionnel papillon placé sur le pare-brise. Autre piste de progrès : le paiement des impôts locaux de manière dématérialisée, à l'instar de ce qui se pratique déjà, pour trois foyers sur quatre, avec l'impôt sur le revenu.
Certains cadres de l'administration admettent néanmoins, officieusement, que les moteurs de productivité « s'essoufflent ». « Quand les administrations s'informatisent, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux se passe plutôt bien. Là où les gains de productivité sont moins évidents, cela grince beaucoup plus », souligne Luc Rouban, directeur au centre de recherche de Sciences po (Cevipof), qui observe une « nette » dégradation du climat social dans la police et l'Education nationale.
D'une certaine façon, la France a déjà réussi sa Coupe du monde 2010. Quand le temps aura passé, en effet, l'histoire ne retiendra de ce Mondial que deux équipes : celle du pays vainqueur et peut-être plus encore... la France. Incapables de s'imposer par la qualité de leur jeu, les Bleus se sont largement rattrapés depuis en montrant une maestria certaine dans le scandale planétaire qu'ils ont déclenché. Un triomphe ! Un-tri-omphe ! De l'inédit ! De l'inimaginable ! Du suspense ! Aucun scénariste sain d'esprit n'aurait eu l'idée d'écrire pareils rebondissements dans le feuilleton qui captive les Français depuis deux jours. Un genre nouveau qui hésite entre la série américaine (Dallas), le fantastique (La Quatrième Dimension), le psychodrame, le ridicule ou le loufoque. Et qui finit par tout mélanger... Comment oublier, après le bras d'honneur adressé à Rama Yade, la confession psychanalytique de Ribéry, hier midi dans Téléfoot, et la déclaration surréaliste d'un sélectionneur national pris en otage par ses joueurs pour lire un communiqué de rébellion contre la Fédération française de football ? Avec le mystère de ce car aux rideaux tirés et un Domenech hagard, dans un état second, comme sous influence, abdiquant le peu d'autorité qui lui restait, l'épisode a pris un tour humiliant pour tous ses acteurs. Ce dimanche de folie est sans doute l'une des conséquences directes du huis clos imposé par les dirigeants du foot français à son équipe. L'isolement a facilité le décrochage avec la réalité, encouragé les rumeurs comme les approximations, et nourrit la paranoïa grandissante d'un groupe déstabilisé par des prestations désastreuses. L'histoire du « traître » a révélé l'immaturité de ces hommes - surpris par les critiques, normales, qu'ils ont suscitées - devant l'inévitable pression médiatique à laquelle ils sont soumis. Un spectacle désastreux, aux confins du grotesque, qui ruine le crédit d'une grande nation de football aux yeux du monde, et indigne les Français : entre eux et le onze tricolore, le divorce est consommé. Cette crise n'est pas un accident. En s'aveuglant délibérément et en tolérant les provocations répétées de Domenech, les instances du football français ont tout misé sur une Coupe du monde qu'ils espéraient rédemptrice. C'est raté ! Cette fois, le château de cartes s'écroule. Il va falloir, maintenant, faire table rase. Un grand ménage s'impose dans un groupe qui mérite un carton rouge collectif, impardonnable pour l'exemple déplorable qu'il a donné. En attendant quelques expulsions qu'on ne regrettera pas, que les Bleus mouillent ce maillot pour dissoudre un peu de l'indignité qu'ils lui ont infligée.













