Les dirigeants de la zone euro entendent mettre en place "un mécanisme de stabilisation" pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières, selon un projet d'accord dont l'AFP a obtenu copie.
Le projet de texte final de leur sommet à Bruxelles demande à la Commission européenne de propose "un mécanisme de stabilisation visant à préserver la stabilité financière de la zone euro".
Les chefs d'Etat et de gouvernement ont décidé de convoquer une réunion dimanche des ministres des Finances de l'ensemble de l'Union européenne pour finaliser le fonctionnement et le financement de ce dispositif inédit, qui pérenniserait le montage mis au point pour la Grèce.
"Ce mécanisme permettrait à la commission d'intervenir auprès des pays de la zone euro qui seraient
en difficulté", a souligné une source diplomatique européenne.
"Les ministres des Finances auront obligation d'arriver à un résultat concret d'ici dimanche soir, avant l'ouverture des marchés" lundi matin, a-t-elle ajouté.
samedi 8 mai 2010
La zone euro veut créer un fonds pour ses pays en difficultés
Austérité ou rigueur, la potion Fillon sera de toute façon très amère
Le Premier ministre a annoncé un gel des dépenses publiques de l’Etat pendant trois ans. Austérité ou rigueur ? La bataille des mots semble bien dérisoire au lendemain de
l’annonce par Matignon d’un gel des dépenses de l’Etat pendant trois ans. L’opposition crie haro sur la rigueur. Mais François Fillon s’en défend et se lance dans une explication de texte : « La rigueur, c'est quand on réduit les dépenses et qu'on augmente les impôts. Nous avons choisi, plan de relance mis à part, de réduire la pression fiscale lorsque c'était possible et de diminuer la dépense publique. »
Quoiqu’il en soit, la situation est trop grave pour jouer sur les mots. Et ce, même si au milieu de clignotants au rouge, une bonne nouvelle est tombée hier. Le déficit public a chuté à 28,9 mds
€ fin mars contre 46,3 milliards, un an plus tôt. Un résultat encourageant qui s’explique par des dépenses stabilisées et des recettes fiscales en hausse.
Il n’empêche. Le chemin est encore long avant de réduire le déficit public de 8 % du PIB en 2010 à 6 % en 2011, 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013. Pour y parvenir, encore faudra-t-il économiser 95 mds € en 3 ans et que la croissance prévue de 2,5 % à partir de 2011 soit bien au rendez-vous.
Le gouvernement prend donc le taureau des dépenses par les cornes. Lors d’un séminaire, jeudi soir à Matignon, il a annoncé un gel en valeur des dépenses de l'Etat sur trois ans. Et une réduction en deux ans de 5 mds € des niches fiscales qui coûtent 70 mds € par an...
Mais il faudra bien d’autres mesures pour rétablir le budget. Entre autres, probablement un gel des dépenses des collectivités locales et de la sécurité sociale. Cela sera peut-être annoncé le 20 mai, lors de la conférence sur les déficits publics. N’oublions pas, enfin, les efforts qui seront demandés aux Français pour leurs retraites.
Car la France vit depuis vingt ans au-dessus de ses moyens. Fillon l’avait dit, dès septembre 2007 à Calvi : « Je suis à la tête d’un Etat qui est en situation de faillite sur le plan financier. » A l’époque, le centriste Bayrou avait réagi en parlant « d’un aveu estomaquant et révélateur ». Et le socialiste Arnaud Montebourg commentait : « La dette publique a augmenté de plus de 10 % en cinq ans, pendant que la droite tenait les rênes. Il est urgent de revenir sur le paquet fiscal voté cet été, qui a jeté par la fenêtre13,6 mds €. »
L'opposition fustige donc cette rigueur qui ne dit pas son nom et accuse la majorité d'utiliser la crise grecque pour donner un « tour de vis social ». Insupportable pour les classes moyennes et les plus démunis.
CHÈQUES : le ministre du Travail, Eric Woerth, a rassuré hier les salariés : pas question de taxer ni les chèques restaurant ni les chèques vacances.
La guerre avait éclaté en 1939 quand l'Allemagne et l'URSS avaient attaqué la Pologne. Le 8 mai 1945, les canons avaient cessé de tonner. L'ensemble des forces allemandes avait capitulé sans conditions.
Mais la guerre se poursuivit encore durant de longs mois dans le Pacifique contre le Japon. Là, la fin ne survint qu'après les explosions atomiques qui allaient détruire Hiroshima et Nagasaki.
Il faut dire encore et encore notre reconnaissance à ceux qui combattirent si courageusement la tyrannie nazie. Il faut rendre hommage à la Grande-Bretagne qui continua seule le combat pendant une année entière, après la défaite de la France et l'armistice signé le 22 juin 1940 à Rotonde.
Cependant, les héroïsmes n'empêchèrent pas les ravages entraînés par les combats utilisant les armes modernes dans des stratégies nouvelles qui consistaient, des deux côtés, à détruire les grandes villes de l'adversaire. Londres souffrit plus de destructions que n'en subit Paris. C'était la rançon de l'intransigeance de l'indomptable Churchill. « Lorsque l'incendie, au bout de six ans, s'éteignit, la terre était brûlée en Europe et en Asie », écrivit Raymond Aron (1) qui s'interrogeait : tout cela aurait-il pu être évité ?
De Sarajevo, en 1914, à Hiroshima, en 1945, les deux guerres ne furent-elles pas les épisodes d'une seule lutte ? Un tragique enchaînement de causes et d'effets produisit une guerre hyperbolique, renversant l'ordre établi en Europe. Une trêve de vingt ans s'installa entre les deux guerres.
Les armes de la paix
Cependant, la crise économique de 1929 fit de nouveau sauter « l'ordre péniblement rétabli des monnaies et des économies, emportant les masses allemandes dans le chômage et vers la frénésie [...] La générosité envers les vaincus de 1914-1918, la reconstruction en commun de l'Europe divisée auraient peut-être été payantes ? » se demande encore Raymond Aron (1).
D'autres occasions furent manquées après l'arrivée au pouvoir d'Hitler. N'aurait-il pas fallu « tenter de vaincre l'Allemagne sans la détruire, ne pas pousser la guerre jusqu'à l'anéantissement même du vaincu » ? (1).
Quoi qu'il en soit, de cette tragédie naquirent la guerre froide, la poursuite du développement des armes de destruction massive. Aujourd'hui, « le franc-tireur et la bombe atomique apparaissent comme les formes extrêmes de la violence illimitée » (1). C'est à cela que, désormais, il nous faut faire face. On voit combien la situation du monde, après la fin de la guerre froide, comporte de risques. Nous sommes loin d'avoir atteint une sécurité assurée, notamment en certains points de la planète pas si éloignés de nous... Ce qui pourrait nous entraîner dans de nouveaux désastres.
Aujourd'hui, réjouissons-nous tout de même de n'avoir pas vu éclater de conflits guerriers au sens strict du terme sur le continent européen depuis 1945. Mais notre volonté de paix nous fait un devoir de rechercher celle-ci partout et c'est la raison majeure qui nous pousse à renforcer l'Union européenne et à la défendre quand elle est menacée de l'extérieur ou, comme aujourd'hui, de l'intérieur. Il ne faut pas que nos héros soient morts pour rien. Ils nous ont redonné la paix. Défendons-la ! Étendons-la, aujourd'hui, partout avec les armes de la paix !
(1) Mémoires, 50 ans de réflexions politiques, Raymond Aron, Éditions Julliard.
Merci, Angela !
Imaginons que, lorsque le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder lança en 2002 son plan de réformes – le fameux « agenda 2010 »- prévoyant de renforcer le contrôle de l’indemnisation du chômage et de repousser l’âge de la retraite à 67 ans- imaginons que la chef de l’opposition d’alors n’ait pas convaincu ses collègues démocrates-chrétiens de le soutenir : l’Allemagne n’aurait pas aujourd’hui cette balance commerciale excédentaire ( de 135 milliards d’euros, à comparer au déficit français de 50 milliards) que nous lui envions. Elle n’aurait pas été capable de sauver la Grèce. Elle ne serait pas le « maillon fort » de l’Europe, sur lequel nous comptons tellement.
Imaginons que la fille de pasteur protestant d’Allemagne de l’Est se soit laissé griser. Sacrée par un magazine américain « femme la plus puissante du monde », elle aurait, après tant d’années de privations, dépensé à tout va. Et puis, au lieu de mettre ses pas dans ceux de son prédécesseur Conrad Adenauer- l’artisan, avec Charles de Gaulle, de la réconciliation franco-allemande - elle aurait prêché la « rupture » : L’Allemagne, sous son règne, n’est-elle pas devenue assez forte pour dicter sa loi à ses 26 partenaires…ou pour s’en éloigner ?
Imaginons qu’Angela Merkel ait craint de lasser les jeunes Allemands qui en ont assez qu’on leur parle de la culpabilité de leurs pères : elle se serait abstenue de rappeler très régulièrement à ses compatriotes, comme elle s’y applique, leur « devoir particulier envers la communauté juive et envers Israël en raison des horreurs de la Shoah ». Elle n’aurait pas fait le voyage jusqu’à Jérusalem afin d’y exprimer le repentir de son peuple et d’y promettre un plan de coopération. Elle n’aurait pas non plus, le 3 Octobre 2008, jour du 18ème anniversaire de la réunification des deux Allemagnes, terni la fête en annonçant qu’on célèbrerait aussi , le 9 novembre, le soixante-dizième anniversaire, horrible de la « nuit de cristal ». Qui sait, alors, si les vieux démons qu’elle tient sévèrement en lice avec ses airs d’institutrice grognon, n’en n’auraient pas profité pour revenir en force ?
Imaginons que la Chancelière, vexée de voir le président français nouvellement élu lui tourner pratiquement le dos pour aller faire sa cour à la reine d’Angleterre et au roi d’Espagne et blessée d’apprendre qu’il allait créer, sans même la consulter, une Union méditerranéenne, se soit tournée vers les pays de l’Est…D’autres qu’elle auraient cherché à reconstituer l’empire germanique. Dans le dos de Nicolas Sarkozy, ils auraient passé une alliance privilégiée avec Vladimir Poutine…Le maître de l’Elysée se retrouverait bien seul, maintenant. Et ce n’est pas sur ses amis britanniques, encore moins sur son cher Barack Obama, qu’il pourrait compter.
Imaginons que le ministre allemand de l’Economie, sommé par notre Christine Lagarde nationale de baisser les taxes et les impôts Outre Rhin pour inciter les Allemands à consommer davantage, voire à s’endetter, se soit exécuté : devrait-il, maintenant que le gouvernement français prêche à son tour la rigueur, opérer un virage, au risque d’affoler un peu plus les marchés ?
Imaginons que, pour rassurer des compatriotes qui ne sont pas tous riches , la Chancelière épouse leur colère contre ces peuples de la zone « Club Med » qui prétendent leur emprunter leurs petites économies sans consentir les mêmes efforts et qu’elle nous lance, ainsi qu’aux Grecs, aux Espagnols et aux Portugais « Vous chantiez ? Eh bien, dansez, maintenant ! »
Imaginons que, lasse de voir ses partenaires européens tirer l’euro vers le bas alors que les Allemands sont attachés viscéralement à un euro fort comme le bon vieux deutchsmark, la patronne de la première puissance économique européenne finisse par céder à la tentation de l’indépendance monétaire : comme nous regretterions, alors, les beaux jours où nous pouvions fustiger son indécision, sa lenteur et sa radinerie d’Harpagon !
Bien sûr, la chancelière idéale à nos yeux serait plus avenante, généreuse et rieuse. N’écoutant que son bon cœur, elle aurait volé au secours de la Grèce dès février de cette année. La chancelière idéale se moquerait bien d’élections régionales qui risquent, dimanche, de lui faire perdre la Ruhr : panache blanc au vent, elle aurait chargé, à la française, les marchés ennemis !
N’empêche que nous sommes bien contents d’avoir celle-là. D’abord parce qu’elle est un capitaine solide à la tête d’un grand navire solide et que, dans la tempête, c’est rassurant. Ensuite, parce qu’elle a, quoi qu’on dise, beaucoup de courage : vous en connaissez, des politiciens français qui auraient pris comme elle le risque de déplaire à leurs électeurs à la veille d’un scrutin décisif comme celui de ce dimanche ? Enfin, nous tenons en elle une responsable des ratés européens. Cela nous permet de nous défouler. Nous sommes comme ça, nous les Français : assez prompts à abandonner nos responsabilités entre les mains des gens de Washington, Bruxelles ou Berlin…pourvu que nous puissions, ensuite, les critiquer. Alors, merci, Angela !
vendredi 7 mai 2010
Comment Merkel et Sarkozy veulent sauver l'euro
Dans une lettre commune adressée aux présidents de la Commission européenne et de l'Union européenne, la chancelière allemande et le chef de l'Etat souhaitent «renforcer la surveillance budgétaire».
Angela Merkel et Nicolas Sarkozy reprennent l'initiative à la veille du Conseil européen des chefs d'Etat et de gouvernement. La chancelière allemande et le chef de l'Etat français ont appelé jeudi dans une lettre commune à «aller plus loin» et à «tirer les leçons de la crise» grecque afin «d'éviter qu'une crise de cette nature ne se reproduise».
Dans ce texte adressé à Herman Van Rompuy,
président de l'Union européenne, et à Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, ils détaillent comment «renforcer la gouvernance économique». L'enjeu ? «Préserver les acquis de la création de l'euro».
Les deux dirigeants réclament une véritable remise à plat du fonctionnement de la zone euro. D'abord sur la réforme du pacte de stabilité et de croissance qui a fait la preuve de son inefficacité : «Renforcement de la surveillance budgétaire», «élargissement» des critères de Maastricht «aux questions structurelles et de compétitivité» mais aussi «un cadre robuste pour la résolution des crises».
Les marchés financiers sont également pris pour cible. «Il est aussi indispensable de renforcer la régulation des marchés financiers», proclament Angela Merkel et Nicolas Sarkozy. «La réaction des marchés financiers au cours des derniers jours a amplifié la crise.» Paris et Berlin appellent par exemple à «renforcer la transparence et la sécurité des transactions sur les marchés dérivés», mettant en cause implicitement le rôle des «CDS» («credit default swaps», assurance contre le risque de défaut) dans la crise actuelle.
Les agences de notation ne sont pas oubliées. «La décision d'une agence de notation de dégrader la note de la dette grecque avant même que ne soient connus le programme des autorités et le montant du plan de soutien doit nous inviter à réfléchir sur le rôle des agences de notation dans la propagation des crises», écrivent Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. La concurrence sur le marché de la notation, dominé par trois acteurs anglo-saxons (Standard & Poor's, Moody's, Fitch), doit en conséquence être «renforcée».
Le problème de la faillite des banques est également abordé. «Les Etats ne devraient pas être contraints de secourir les banques», est-il écrit. «Dès lors, la France et l'Allemagne soutiendront l'établissement d'un régime strict de gestion et de résolution des crises et s'engagent à l'appliquer.»
Grèce : la BCE n'achètera pas de dettes d'États
La Banque centrale européenne estime avoir déjà fait beaucoup de concessions en acceptant le programme de 110 milliards d'euros en faveur de la Grèce. Elle se refuse à financer les déficits publics en créant de la monnaie.
La BCE s'est refusée, jeudi, à entrer dans le jeu des analystes anglo-saxons qui lui recommandaient d'acheter en bonne et due forme des titres d'État, comme l'avaient fait l'an dernier la Fed américaine et la Banque d'Angleterre. «Nous n'avons pas discuté de cette possibilité», a martelé Jean-Claude Trichet. Car la question lui a été posée plusieurs fois, lors de la conférence de presse qui a suivi jeudi la réunion mensuelle de son conseil des gouverneurs.
La rencontre se tenait à Lisbonne, selon une coutume qui veut qu'une fois par semestre la BCE se réunisse dans une capitale de la zone euro. «Le Portugal n'est pas sur le même bateau que la Grèce», a insisté le patron de l'euro, et «l'Espagne n'est pas la Grèce» . De même «un défaut de paiement (de la Grèce) est à mes yeux, hors de question» a-t-il répété.
«Arsenal nucléaire»
Ces bonnes paroles ont déçu les marchés (voir ci-dessous). «Quand une banque centrale est confrontée à un mouvement spéculatif, elle dispose d'une arme absolue qui est la création de monnaie, par nature infinie», explique un gestionnaire de fonds. Mais la BCE ne veut manifestement pas mobiliser «l'arsenal nucléaire», selon l'expression de Bruno Cavalier, l'économiste d'Oddo Securities. «Si elle devait décider, un jour, de monétiser la dette publique de certains pays de la zone euro, on pourra ipso facto signer l'acte de décès de l'UEM».
Les syndicats appellent à une journée nationale d'action le 27 mai
L'intersyndicale CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA a annoncé, jeudi 6 mai, l'organisation d'une journée nationale d'action le 27 mai avec grèves et manifestations pour défendre l'emploi et les retraites.
Dans un communiqué publié à l'issue d'une réunion au siège de la CGT à Montreuil (Seine-Saint-Denis), les syndicats ont demandé à "l'ensemble de leurs organisations" d'organiser des "actions unitaires de haut niveau donnant lieu à des grèves et des manifestations interprofessionnelles dans les territoires". Les syndicats ont également dénoncé, dans ce texte commun, "le gel des dépenses de l'Etat pour les trois ans à venir", en réaction au coup de frein sur les dépenses publiques annoncé jeudi par le premier ministre, François Fillon.
La dernière journée de grèves et de manifestations remonte au 23 mars, et il y avait eu 800 000 manifestants environ selon la CGT, et 380 000 selon la police. Le choix de la date du 27 mai vise notamment à "peser sur les décisions concernant les retraites du gouvernement", qui doit communiquer aux partenaires sociaux un avant-projet de loi entre mi-juin et fin-juin.
Mardi, Force ouvrière avait, seule, appelé à une journée de grève générale le 15 juin. Critiquant "les journées d'action à répétition", FO ne participe plus depuis l'automne aux réunions de l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaires, UNSA).
PARCE QU'UN SYNDICAT NE DOIT PAS CONFONDRE ENTRE LES INTÉRÊTS DES "TRAVAILLEURS" ET SES PROPRES INTÉRÊTS POLITIQUES.
Hadopi, c'est dans un mois: la loi sera-t-elle applicable?
Un an après sa chaotique adoption parlementaire, la loi censée lutter contre le téléchargement illégal n'est toujours pas appliquée.
En début de semaine, l'équipe qui pilote Hadopi a fait le point sur l'avancée du projet. Principale annonce : les mails d'avertissement devraient être envoyés aux pirates à partir de la fin juin.
Au-delà de l'annonce, la loi a-t-elle vraiment les moyens d'être efficace, et surtout d'aller jusqu'au bout de sa logique : couper la connexion Internet des pirates récidivistes, dernière étape de la sacro-sainte riposte graduée ?
N'est-elle pas, finalement, morte avant même d'être née ?
Sur Le Post, deux spécialistes de cette loi font le point et laissent poindre un horizon funeste.
1. Des mails envoyés en juin, c'est faisable ?
"Ce délai me paraît réaliste", confie au Post Aurélien Moch, membre de la Ligue Odebi, très active contre l'Hadopi.
"Après, vont-ils envoyer des mails à des gens qui ont vraiment téléchargé ? Rien n'est moins sûr car les adresses IP sont falsifiables", nuance-t-il.
En effet, les anti-Hadopi se sont activés pour contrer la loi.
2. Les adresses IP repérées seront-elles exploitables ?
Ça risque d'être compliqué. Courant avril, la nouvelle bête noire d'Hadopi a vu le jour. Son nom : Seedfuck.
"Ce logiciel associe une adresse IP avec un fichier disponible sur les réseaux de peer-to-peer. Ça fait donc croire à TMG, l'entreprise chargée de collecter les adresses IP, que tel internaute, plutôt qu'un autre, télécharge un fichier", explique Marc Rees, rédacteur en chef de PCInpact, très à la pointe sur le sujet.
"Seedfuck a aussi un versant noir", précise le journaliste. "On risque de faire accuser des innocents. Mais le développement de ce logiciel montre la forte réactivité des réseaux, alors que l'Hadopi n'en est qu'à ses balbutiements."
3. Hadopi sera-t-elle dépassée par la technologie ?
"Ce n'est pas ce que je leur souhaite, mais il y a des chances", répond Marc Rees.
"Ils vont faire un buzz médiatique en envoyant des mails. Quelques personnes vont être secouées devant les caméras, ils vont espérer un effet psychologique, qui va s'affaiblir avec le tremps. Et c'est tout", résume le journaliste.
4. Toujours pas de logiciel de sécurisation : c'est légal ?
Tout internaute pourra installer un logiciel de sécurisation. Un mouchard, somme toute, censé prouver que vous n'avez pas téléchargé.
Problème : l'Hadopi n'a toujours pas de logiciel à conseiller.
"C'est là que c'est cocasse, puisque l'Hadopi va quand même envoyer des mails", note Aurélien Moch, de la ligue Odebi. "C'est comme si on verbalisait un automobiliste pour avoir enfreint le code de la route sans qu'il y ait de panneau de signalisation."
Du coup, le logiciel ne serait-il réduit qu'à un outil de communication pour rassurer l'opinion publique ?
"Ce logiciel a un poids politiquement, mais juridiquement, Hadopi est libre de faire ce qu'elle veut, avec ou sans logiciel", explique Marc Rees de PCInpact.
5. Hadopi sera-t-elle un jour applicable ?
"Avant qu'on arrive à une coupure de connexion Internet, il va s'écouler beaucoup de temps", estime Aurélien Moch de la Ligue Odebi.
"Les fournisseurs d'accès à Internet n'arrivent toujours pas à couper la ligne Internet sans couper en même temps le téléphone et la télé."
"Quand bien même ils y arriveraient, ça prendrait un temps fou avant qu'un juge ne se décide à couper la connexion", poursuit-il.
"J'ai de gros doutes", renchérit Marc Rees de PCInpact. "Il manque encore 4 décrets d'application."
Pour faire simple, la loi sur le téléchargement illégal est parue au Journal Officiel. Reste maintenant à trouver les outils pour passer des principes à la pratique.
"La publication des décrets a été promise pour juin, mais c'est ultra compliqué. Le texte de l'Hadopi n'est pas encore achevé. On va voir comment elle va se concrétiser", conclut Marc Rees.
Vous l'aurez compris, le feuilleton d'Hadopi qui nous tient en haleine depuis un an et demi est loin d'être fini.
jeudi 6 mai 2010
La chute de la monnaie unique pourrait s'accélérer, selon les économistes
Il y a six mois, les dirigeants européens se seraient sans doute réjouis de voir passer l'euro sous le seuil de 1,28 dollar. Aujourd'hui, la baisse brutale de la monnaie unique apparaît comme le symptôme effrayant d'une crise grecque en train de gangrener la zone euro. Jeudi 6 mai, pour la première fois depuis mars 2009, la devise européenne a chuté jusqu'à 1,2748 dollar alors qu'elle s'échangeait encore 1,45 dollar début 2010.
L'euro recule régulièrement depuis plusieurs mois, à mesure que se dégrade la situation en Grèce. Mais ses pertes se sont accrues ces derniers jours face au dollar. Un paradoxe au moment où l'Europe et le Fonds monétaire international (FMI) s'engagent formellement à prêter 110 milliards d'euros à Athènes ? Le FMI pourrait même débloquer sa part dès lundi 10 mai.
En réalité, les déclarations rassurantes des capitales européennes n'y font rien : les marchés continuent de croire au scénario d'une faillite de la Grèce et au risque de contagion au Portugal et à l'Espagne. Le directeur général du fonds américain Pimco, géant mondial de l'investissement obligataire, l'a résumé dans une tribune au Financial Times : les fonds qui seront versés à Athènes régleront son problème de "liquidité" à court terme, mais ne garantissent en rien sa "solvabilité" à long terme.
Surtout, "la crise n'est plus exclusivement grecque, fait remarquer Marc Touati, directeur de la société de Bourse Global Equities. C'est toute la zone euro qui est devenue un objet de défiance".
La crise, jusqu'alors concentrée sur les marchés obligataires, est en train de se doubler d'une crise de change. Au regard de sa courte histoire, l'euro n'est pas si faible : il s'échangeait 1,18 dollar au moment de son introduction en 1999, et était tombé jusqu'à 0,82 dollar en 2000. Il reste aussi toujours loin du point bas touché au pire de la crise financière en décembre 2008, à 1,24 dollar. Certains économistes soulignent d'ailleurs que son recul actuel constitue un soutien bienvenu aux exportateurs. Reste que personne ne peut vraiment prédire aujourd'hui jusqu'où se poursuivra sa glissade.
"SEUIL PSYCHOLOGIQUE"
"Quand l'euro est passé sous la barre de 1,30 dollar mardi, cela a cassé un seuil psychologique important", décrit David Deddouche, stratège à la Société générale. Selon l'analyste, "tous les investisseurs commencent à devenir nerveux".
Outre-Atlantique, notamment, la crise européenne est désormais suivie de près. "Les Etats-Unis ne comprennent pas très bien le fonctionnement de la zone euro. La moindre alerte effraie les investisseurs de court terme", observe Timothy Griskey, gérant du fonds Solaris à New York. "Il y a eu un mouvement de vente de l'euro mais il ne s'agit pas encore d'une action massive", précise, de son côté, Dan North, chef économiste d'Euler Hermes aux Etats-Unis. Pourtant si la crise dégénère, les choses pourraient s'accélérer. Et "l'euro pourrait chuter jusqu'au niveau de 1 dollar", estime-t-il.
Tous les yeux sont tournés vers la Banque centrale européenne (BCE) dont le conseil des gouverneurs devait se réunir, jeudi matin, à Lisbonne. Les analystes s'interrogent : l'institution de Jean-Claude Trichet choisira-t-elle de soulager les pays les plus fragiles en achetant elle-même des emprunts d'Etat ? Un pas a déjà été fait dans cette direction quand la BCE a annoncé, lundi, vouloir refinancer les banques grecques quelle que soit la notation d'Athènes.
Ce genre de décision est pourtant à double tranchant. Elle provoquerait sans doute une détente des taux dans les pays malmenés par les marchés. Mais elle laisserait aussi entendre que la crise est d'une extrême gravité. Certains, en Allemagne notamment, redoutent surtout que la crédibilité de la BCE en ressorte définitivement écornée. Au point de menacer, pour de bon, la stabilité de l'euro.
Marie de Vergès et Claire Gatinois
"Pour Sarkozy, la période des réformes est révolue"
L'intégralité du débat avec Gérard Courtois, directeur éditorial du Monde, sur les trois premières années de mandat de Nicolas Sarkozy.
Chat sauvage : Comment expliquer cette forte baisse de popularité ? Est-elle anormale pour un président après trois ans de mandat ?
Gérard Courtois : Après trois ans de mandat, Nicolas Sarkozy affronte en effet un niveau de défiance très élevé, de l'ordre des deux tiers des Français, et supérieur à celui de ses prédécesseurs au même moment, qu'il s'agisse de Giscard d'Estaing, de François Mitterrand ou de Jacques Chirac.
Mais on oublie que cette dégringolade dans l'opinion remonte en réalité à la fin de l'année 2007 et au début de l'année 2008. C'est à ce moment-là que le président de la République perd 20 à 30 points d'opinion positive dans les sondages, ce qui est énorme. Cela s'explique par deux raisons : d'une part, l'exposition de sa vie privée, moins au moment de son divorce, plutôt bien admis par les Français, que trois mois après, au moment de sa rencontre très médiatisée avec Carla Bruni. Pour le "peuple de droite", provincial, conservateur et vieux jeu, cela ne passe pas.
L'autre raison de cette dégringolade est la déclaration de Nicolas Sarkozy lors de sa conférence de presse du 8 janvier 2008, quand il dit brutalement : "Où voulez-vous que je trouve l'argent, les caisses sont vides".
Pour quelqu'un qui, six mois avant, s'était engagé à aller chercher la croissance avec les dents, c'est un terrible aveu d'impuissance, et les Français en tirent la conclusion qu'on leur a raconté des balivernes.
Aimé : Peut-on s'attendre enfin à ce que Nicolas Sarkozy cesse ses vulgarités et tutoiements dans ses apparitions ? Et par conséquent qu'il fasse président ?
Gérard Courtois : Il a eu à l'évidence dès le départ un problème de style. Pendant sa campagne, cela a été un atout, dans une certaine mesure. Pour la première fois en France, un candidat à l'Elysée semblait capable de sortir de la langue de bois et de parler la langue du peuple.
A partir du moment où il a été président, cette familiarité, que beaucoup de gens ont ressentie comme une forme de vulgarité, a téléscopé violemment l'image que les Français se font de leur président. On se souvient du "casse-toi, pauv' con" au Salon de l'agriculture en février 2008, ou, quelques semaines plus tôt, du "descends si t'es un homme" adressé à un pêcheur du Guilvinec. Ce genre de saillie a beaucoup fait pour dévaluer l'autorité du chef de l'Etat.
Même si c'est contre sa nature, Nicolas Sarkozy a pris la mesure du problème. Depuis le début de l'année, il fait à l'évidence des efforts pour lisser sa communication, pour éviter les dérapages, et pour solenniser davantage sa parole. Son problème est de savoir si son naturel ne reviendra pas à la première occasion.
Il a besoin de temps pour crédibiliser cette image plus maîtrisée et plus souveraine.
Marc : Notre président n'est-il pas condamné à toujours faire des promesses – une forme d'hystérie permanente qui consiste à toujours promettre et à ne jamais tenir ?
Gérard Courtois : Ça a été le cas pendant deux ans et demi, jusqu'à la fin de l'année 2009. C'était même une attitude théorisée par l'Elysée. Sarkozy et son équipe estimaient que si l'on ne fait pas toutes les réformes en même temps, on n'en fait aucune.
Cela a conduit à une gestion des dossiers et des réformes désordonnée et chaotique qui a donné le tournis au pays. Depuis trois mois, l'équipe politique et l'équipe des communicants de l'Elysée ont convaincu le président que s'il continuait ainsi, il irait dans le mur, et l'on assiste depuis à un recadrage en profondeur du style, de la communication, de l'équipe présidentielle et du mode de gouvernement.
ChrisGF : Pensez-vous que c'est l'inadéquation de la réponse à la crise économique qui va faire perdre Sarkozy en 2012, ou plus généralement la confusion des politiques mises en œuvre dans de nombreux domaines ?
Gérard Courtois : C'est sur la question économique que se joueront le bilan de ce mandat et la possibilité pour Nicolas Sarkozy d'être réélu. Mais il faut bien comprendre que le problème s'enclenche dès les premiers mois de son mandat. La loi fondamentale qui traduit dans les faits les principaux engagements de campagne (le "travailler plus pour gagner plus", la défiscalisation des heures supplémentaires, le "tous propriétaires", le bouclier fiscal), cette loi a été promulguée le 16 août 2007.
C'est la loi fondamentale du sarkozysme en matière économique et sociale. Mais dès la mi-août, exactement au même moment, démarre la crise des subprimes aux Etats-Unis, prélude à la crise financière et économique de l'automne 2008. Toute la politique de Nicolas Sarkozy supposait une croissance de l'économie française de l'ordre de 3 %, c'est-à-dire un point de plus que le rythme antérieur.
Or, à partir de l'été 2007, à cause de la crise des subprimes, non seulement la France ne connaît pas un regain de croissance, mais elle commence même à enregistrer une légère baisse de cette croissance.
A partir de l'automne 2008, évidemment, le problème va être d'une tout autre ampleur, puisque le pays, comme le reste des grandes économies développées, entre en récession.
Le pari économique de Sarkozy est donc immédiatement caduc. Toute la question pour lui aujourd'hui est de savoir si la France connaîtra en 2011 une amélioration perceptible de sa situation économique. Si c'est le cas, il peut aborder 2012 de manière raisonnablement confiante. Si, au contraire, la situation économique reste stagnante et aussi mauvaise qu'aujourd'hui, il aura beaucoup de mal à retrouver l'écoute des Français.
Anthony et EJC : Pensez-vous que la réussite ou l'échec de la future réforme des retraites puisse jouer sur une candidature éventuelle en 2012 de Nicolas Sarkozy ?
Gabriel : Bernard Guetta sur France Inter voyait dans la réforme des retraites une opportunité pour M. Sarkozy de réapparaître tel le grand réformateur du système français et un homme politique courageux. Partagez-vous cette analyse?
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Gérard Courtois : La réforme des retraites était annoncée depuis 2003, lors de la précédente réforme conduite par François Fillon. Compte tenu de l'évolution des comptes sociaux et du vieillissement de la population, elle est de toute façon nécessaire.
Je pense plutôt que ce sera une réforme minimaliste, évitant autant que possible de mettre le feu aux poudres et permettant surtout d'envoyer à la fois à Bruxelles et aux marchés financiers un gage du sérieux de la gestion par la France de son endettement public.
Il me semble que la période des réformes est révolue. Il suffit pour s'en convaincre de constater que deux réformes présentées il y a peu encore comme historiques ou essentielles ont été renvoyées à des jours meilleurs : la taxe carbone sur la question climatique et la réforme de la procédure pénale, avec la suppression du juge d'instruction.
A partir de maintenant, Sarkozy va se consacrer à l'essentiel : d'une part, le dossier de la sécurité sur lequel il a construit depuis dix ans toute son image, et sur lequel son bilan n'est pas convaincant ; d'autre part, sa capacité à démontrer aux Français qu'il parvient peu à peu à sortir le pays de la crise.
Tout le reste ou presque va être renvoyé sur un éventuel deuxième mandat.
Hibou : Faut-il s'attendre à une radicalisation à droite de l'UMP ?
Gérard Courtois : Oui, probablement. Le président de la République en a fait la démonstration à nouveau il y a quelques jours lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis. Son problème sur cette question est non pas de renouveler ses engagements multiples de ces dernières années, mais d'obtenir des résultats perceptibles par les Français.
Or c'est sur ce terrain de la réussite de sa politique que jusqu'à présent il n'a pas convaincu. La tentation d'en rajouter va probablement être grande, pas seulement pour essayer de regagner les voix de l'extrême droite, mais avant tout pour conserver celles de la droite, qui a toujours été favorable à la défense de la loi et de l'ordre.
Musaraigne : Bonjour. Ne pensez-vous pas que l'on donne Sarkozy mort politiquement trop tôt ? Peut-il encore rebondir ?
Gérard Courtois : Evidemment. Il ne faut pas sous-estimer l'incroyable accélération du temps politique. Rappelez-vous simplement où nous en étions il y a moins d'un an : le Parti socialiste était donné pour mort après son résultat calamiteux des européennes ; la question était posée de savoir si Martine Aubry resterait longtemps première secrétaire du Parti socialiste ; et l'autre question posée aussi bien par les journaux que par les responsables politiques était de savoir si Sarkozy était "battable".
Dix mois plus tard à peine, la question est parfois posée de savoir s'il se représentera, tellement sa situation est difficile ; Martine Aubry a assuré son autorité, non seulement sur le PS mais sur la gauche grâce au succès des régionales. Les rôles, en quelques mois, se sont totalement inversés.
Donc je serai très prudent sur la situation dans laquelle nous serons dans un an, et plus encore dans deux ans.
Cheval : Le vrai avantage de Sarkozy n'est-il pas la faiblesse de la gauche et des syndicats ?
Gérard Courtois : On peut poser la question exactement dans l'autre sens : la chance du PS et de la gauche n'est-elle pas la faiblesse actuelle de Sarkozy ? Plus sérieusement, Sarkozy a pu avancer sans beaucoup d'obstacles depuis trois ans parce que la gauche était effectivement impuissante à se reconstruire et à surmonter ses échecs.
Depuis quelques mois, les choses sont en train de changer. Le Parti socialiste semble avoir surmonté ses querelles de chefs, l'autorité de Martine Aubry n'est plus contestée, et surtout, elle a réussi peu à peu à remettre au travail son parti. On peut évidemment discuter de nombreuses propositions du projet économique que les socialistes viennent de rendre publiques.
Néanmoins, c'est la première fois depuis des années qu'un vrai travail de réflexion et de rénovation des idées a été engagé Rue de Solferino. Ce n'est pas suffisant. Cela laisse en suspens de nombreux points d'interrogation. Mais cela change en profondeur le rapport de force entre le pouvoir et son opposition.
Quant aux syndicats, c'est un des aspects un peu occultés des trois premières années de mandat de Sarkozy : il a réussi à établir avec les principales centrales syndicales une relation de travail permanente qui explique notamment qu'au plus fort de la crise économique les syndicats soient restés remarquablement responsables et n'aient pas mis d'huile sur le feu au moment où la crise sociale semblait pouvoir dégénérer.
Beaucoup maintenant va se jouer sur la réforme des retraites et il faudra observer attentivement, dans les trois prochains mois, l'attitude des syndicats sur ce dossier-clé.
Evelyne : Le sénateur Alain Lambert, UMP, ne souhaite plus voir son "ami" se présenter en 2012... Croyez-vous vraiment à une candidature alternative à droite ?
Gérard Courtois : Non, je n'y crois pas. En tout cas aujourd'hui. Tout d'abord, Nicolas Sarkozy a très peu d'amis. Ce n'est pas une nouveauté. Il a conquis presque seul l'UMP, il s'est imposé presque seul contre Jacques Chirac et Dominique de Villepin. Il est habitué à cette solitude politique.
En revanche, il a évidemment des soutiens. Quand il enregistre, comme cela a été le cas durant les six derniers mois, échec sur échec, les turbulences sont inévitables dans la majorité, et d'autant plus inévitables que Nicolas Sarkozy n'a pas ménagé les uns et les autres depuis trois ans.
Mais s'il retrouve un tant soit peu de solidité dans son action et de crédit dans l'opinion, il ne fait pour moi aucun doute que tout le monde ou presque à droite se rangera à nouveau derrière lui.
Les exceptions, on les connaît. Il s'agit de Nicolas Dupont-Aignan, qui essaie envers et contre tout de maintenir une voix "gaulliste". C'est le cas de Dominique de Villepin, qui, pour l'instant, a créé une auto-entreprise sans troupe ni moyens. Et ça n'est à mes yeux pas le cas d'Alain Juppé, qui a levé le doigt récemment pour dire qu'il serait candidat à la candidature dans l'hypothèse où Sarkozy ne se représenterait pas, ni de Jean-François Copé, qui vise 2017 et a trouvé avec le chef de l'Etat un accord dont chacun avait besoin.
Gabur: Peut-on imaginer une réorganisation à l'Elysée ou à Matignon ? Avec le départ de Guéant et/ou Fillon ? Où sont-ils trop indispensables pour Sarkozy ?
Gérard Courtois : L'expérience démontre qu'en politique, personne n'est indispensable. Evidemment pas le premier ministre, même si pour l'instant il est plus utile qu'embarrassant pour Sarkozy. La question est plus compliquée pour Guéant, qui est depuis plusieurs années, et surtout depuis trois ans, un collaborateur tout-terrain en qui le chef de l'Etat a eu jusqu'à présent une totale confiance.
Il sera difficile à remplacer, mais ce n'est pas exclu. Quant au resserrement de l'équipe de l'Elysée et de son mode de fonctionnement, il est déjà effectué pour une bonne part. L'organisation des réunions et la répartition des responsabilités ont été vigoureusement recadrées après les régionales.
En outre, dans un régime de plus en plus présidentiel et dans un système de quinquennat, un remaniement ministériel, voire un changement de premier ministre, sont beaucoup moins déterminants qu'auparavant, quand le président avait sept ans devant lui et que le premier ministre était effectivement perçu comme le chef de la majorité, ce qui, de fait, n'est plus le cas.
Pignon : Le président Sarkozy peut-il retrouver ses habits de président lors de la présidence française du G 20 ?
Gérard Courtois : Premier constat : c'est quand il était président de l'Europe et en pleine crise économique que Nicolas Sarkozy est apparu le plus en phase avec sa fonction.
Il mise énormément sur cette année 2011, où il présidera à la fois le G8 et le G20. Cela lui donne, d'une part, une tribune pour apparaître en première ligne des efforts conduits par les grands pays pour maîtriser la crise et en sortir. Cela lui offre en outre l'occasion d'apparaître en permanence, sans avoir à inventer des scénarios et des occasions, comme l'un des principaux chefs d'Etat du monde.
S'il réussit cette séquence-là, il est très vraisemblable que cela lui redonnera aux yeux d'une partie des Français qui l'ont soutenu en 2008 une partie du crédit qu'il a perdu. Sur la scène internationale, l'an prochain, se joue une bonne part de sa capacité à être réélu, tant il est évident à mes yeux qu'il sera à nouveau candidat.
Un mauvais air flotte sur l'Europe. Une mémoire obsessive d'un passé ravageur y respire l'odeur de grisou des années 30. C'est un sentiment, Dieu merci, tout à fait exagéré ! Mais on ne peut ignorer pour autant les nuages de populisme xénophobe qui infectent, ici et là, un continent fragile.
On ne mettra pas dans le même sac l'extrême droite de l'Europe de l'Est et les colères danoises ou néerlandaises, ou encore l'accès de fièvre italien, voire français, avec le regain du Front national. On ne confondra pas non plus les boucs émissaires que sont, selon les pays, ici les juifs et les banques, là la Commission de Bruxelles ou ailleurs les immigrés. Observons que nulle part ne se lève une idéologie antidémocratique susceptible d'emporter nos régimes. Evitons donc les prophéties de malheur qui concourent au malheur même en répandant sa fatalité !
Cela dit, pour l'Europe de l'Ouest où nous vivons, ces mauvais nuages parlent le langage des signes. Ils nous disent les dangers conjugués d'un funeste trio : la crise financière qui nous trouve couchés mais les grands pays émergents debout ; la faiblesse persistante de la construction européenne ; et le malaise d'une immigration mal gérée qui devient la victime expiatoire de toutes sortes de ressentiments. Dans cette mauvaise passe, les peuples s'éloignent de nos pouvoirs incompris, et dont le babil inquiète.
De la grande crise financière la révélation magistrale n'est pas celle qu'on nous rabâche. Elle est bel et bien que nos pays dits « avancés » reculent et que les pays dits « émergents » ont cessé d'émerger : ils submergent. Constatons seulement que la production, en quatre ans, aura augmenté en Asie de 29 % et reculé de 2 % en Europe. Devant cette formidable évidence - et qui redessine la carte du monde -, les emplâtres promis à la sphère financière seront bienvenus, mais il est vain d'en attendre merveilles. La spéculation est à la finance mondiale ce que le dopage est au sport : un mal à combattre mais qui ne condamne pas le sport. Le vaste monde ne condamne pas non plus l'économie de marché. Si la crise a installé chez nous le marasme, elle n'a pas empêché les pays émergents de continuer à caracoler. Certes, ils viennent de loin. Mais ils ont, eux, le sentiment de vivre encore au-dessous de leurs moyens. Et nous, au-dessus. De quoi chambouler les humeurs nationales : chez eux confiantes, chez nous mélancoliques.
L'Europe communautaire devrait constituer dans cette nouvelle conjoncture sinon la panacée, du moins le bloc consistant des résistances. Elle en a la puissance, et une capacité théorique refusée aux pays sous-dimensionnés qui la constituent. Mais l'Europe reste un nain politique et un géant économique divisé, miné qu'il est par la disparité de ses nations.
La première d'entre elles éclate sous nos yeux : celle des cigales et fourmis que la quasi-faillite grecque étale au grand jour. La fourmi allemande aura beaucoup regimbé pour aider la cigale méditerranéenne. Pour finir, la sagesse a prévalu de ne pas jeter l'euro communautaire avec l'eau sale des tricheries et des endettements abusifs. Ainsi des pays comme l'Allemagne et la France, qui empruntent encore à 3 %, prêteront au taux de 5 % à un quasi-failli qui dut emprunter, lui, au taux suicidaire de 7 à 8 %. Le sapeur Camember, ainsi, creusait des trous pour en combler d'autres...
Mais pas de moquerie ! Sauver l'euro valait vraiment qu'on se décarcasse. On gardera néanmoins à l'esprit le fossé dévoilé entre les fourmis du Nord et les cigales du Sud. Il met à son juste poids notre Union méditerranéenne, un club de cigales qui, par les temps qui courent, ne fait guère recette.
Aujourd'hui que l'échec possible de l'euro et de l'union monétaire a tout un temps rôdé sur le continent et titillé les marchés mondiaux, il est sain de rappeler que sans l'euro et l'Europe communautaire plus d'un pays du continent irait à la dérive. On peut alors, avec un peu d'optimisme, escompter que s'imposera la nécessité d'une gouvernance économique avec son lot d'harmonisations, fiscales et autres.
Mais il faut, je le crains, beaucoup d'optimisme - et trop peut-être ! - pour imaginer que l'euro soit déjà tiré d'affaire. Et que l'Europe communautaire, ingouvernable à 27, entreprendra d'elle-même la cure qui s'impose. A moins qu'elle ne se donne d'abord la fessée qu'elle interdit à ses citoyens ! Sans doute faudra-t-il, entre la fourmi allemande et la cigale française, bien des efforts et compromis pour entraîner une machinerie rétive. On dira que, le dos au mur, nécessité fait loi. Mais cette fameuse « nécessité » n'apparaît guère à des peuples drogués de démagogie. Elle ne prévaudra que sous l'empire, aujourd'hui inaudible, de la vérité.
Les dramatiques événements d'Athènes ne sont pas à mettre au compte de l'exaspération collective. Les trois personnes mortes dans l'incendie d'une banque sont les victimes des groupuscules anarchistes grecs. Ils n'ont jamais hésité à tuer.
Mais la triste nouvelle a semé l'effroi en Europe. En posant une question que personne jusqu'à présent n'osait ouvertement formuler : le gouvernement Papandréou restera-t-il en place et sera-t-il en mesure d'appliquer le plan de rigueur, condition sine qua non des 110 milliards de prêts annoncés ? La réponse se limite à un silence assourdissant. Sauf chez quelques économistes constatant l'évidence : l'austérité va automatiquement creuser la récession en Grèce, ce que confirment d'ailleurs les prévisions de Bruxelles. Comment, dans ces conditions, quand l'économie ne tourne plus, espérer un rétablissement ? Un malade déjà anémique ne guérit pas avec des purges. Même si des saignées sont nécessaires dans la pléthorique bureaucratie grecque rarement insensible aux pots de vin...
Évidemment, ces incertitudes sur le remboursement de la dette et l'engagement des banques en Grèce pèsent sur l'euro. Hier soir, il frisait les 1,28 dollars. L'effet domino continue avec le Portugal et l'Espagne qui représente 12% de l'activité économique de l'UE. Avec toujours les mêmes mécanismes : des agences de notation qui affolent les marchés, des rumeurs à vitesse électronique, des gouvernements incapables de faire face... et une Europe paralysée, adepte de la politique de l'autruche jusqu'au dernier moment. Car il n'y a pas consensus pour toucher, du moins officiellement, aux dogmes de la monnaie unique dont le catéchisme ne prône que la stabilité, et à tout prix.
Le problème est là. L'euro est né dans un continent libéré des menaces de la guerre froide, lorsque la mondialisation n'était encore que balbutiante et la Chine absente de la scène économique. L'euro, d'abord comptable puis sonnant et trébuchant, se mouvait à merveille dans ce havre de paix... jusqu'aux tempêtes. Pour garder cet euro ciment de la construction européenne, pour faire face aux crises, un gouvernement économique et monétaire s'impose, et rapidement !
La preuve ? Question déficits, le Royaume-Uni n'a rien à « envier » à la Grèce, encore moins à l'Espagne. Mais il demeure inattaquable car Gordon Brown a su gérer souverainement - même s'il devait être « remercié » aujourd'hui - en acceptant la dépréciation de la livre. Quant à l'euro, il « vole » sans pilote. En pleines turbulences, la monnaie unique reste verrouillée, toutes alertes au rouge, sur le pilotage automatique programmé au siècle dernier.
Le sommet de Bruxelles, demain, décidera-t-il enfin d'adapter les commandes de l'euro, et pas seulement avec une nouvelle version d'un « pacte de stabilité » aussi inefficace que facteur d'instabilité politique et sociale ?
En observant les violences perpétrées, hier, dans le centre d'Athènes, qui ont provoqué la mort de trois employés de banque, on pourrait être tenté de relativiser les faits. Ces débordements sont l'oeuvre d'une minorité violente, traditionnellement très active dans les manifestations grecques. La foule présente dans les rues n'était d'ailleurs pas si imposante, et la population grecque semble, pour l'heure, plus déprimée et amère que mobilisée. Tout cela est peut-être vrai. Et pourtant, le signal qui nous arrive d'Athènes est, évidemment, tout autre.
L'explosion de la violence montre que la crise n'est plus seulement affaire de financiers, de banquiers et de politiques. Avec les prêts accordés à la Grèce et le plan de rigueur élaboré par Athènes, la crise vient d'atterrir brutalement dans l'économie réelle et le tissu social d'un pays membre de la zone euro. La Grèce est probablement le malade le plus grave de la classe européenne, mais il n'est pas le seul. Les déficits publics sont partout inquiétants. Si à Londres, à Berlin ou à Paris on a tout fait depuis des mois pour ne pas parler de rigueur, essentiellement pour des raisons électorales, le moment de vérité se rapproche à grande vitesse. C'est ce qui inquiète dans l'image reflétée par le miroir grec.
Toutefois, le parler vrai, chacun pour soi, chacun dans son pays, ne suffira pas. Car si la crainte d'une contagion de la crise grecque est si ressentie par les marchés, et les ministres européens des Finances, c'est essentiellement pour une raison : le déficit politique de la réponse européenne à la crise. Ce n'est pas la première fois. En 1974, lors du premier choc pétrolier, la tentation du chacun pour soi avait déjà secoué la dynamique européenne. Mais dans une Europe à neuf et, à l'époque, sans une monnaie unique.
Aujourd'hui, l'architecture incomplète qui a accompagné la création de l'euro a non seulement montré ses limites, mais elle menace jusqu'à la stabilité même de l'Union si aucune réforme n'y est apportée. Annoncée avant Noël, la crise grecque n'a été sérieusement traitée qu'après des mois d'hésitations. Un retard coûteux et qui a eu pour effet, selon Jacques Delors, de « raviver la spéculation et nourrir l'euroscepticisme ». La chancelière allemande n'est pas la seule responsable, mais ses tergiversations ont pesé lourdement sur la nature et le timing de la réaction.
Au demeurant, et c'est une évidence, si les Européens eux-mêmes n'ont pas confiance dans leur partenaire grec, pourquoi les marchés devraient-ils en avoir? Absence de politique fiscale commune, paralysie de la Banque centrale européenne, absence d'un fonds de solidarité, pas de coordination budgétaire. Trop d'attributs de la souveraineté économique manquent à la zone euro pour résister durablement à la crise et aux spéculateurs. Et l'équation, à dette souveraine réponse seulement nationale, ne tient pas. Ni à Athènes ni ailleurs.
Angela Merkel l'a compris et c'est sur un ton inhabituellement solennel qu'elle s'est adressée, hier, aux députés allemands pour les convaincre du plan d'aide à la Grèce alors qu'une majorité d'Allemands y sont opposés. « L'avenir de l'Europe et l'avenir de l'Allemagne en Europe », sont en jeu, a-t-elle déclaré. Réunis à Bruxelles vendredi, les seize membres de la zone euro vont devoir changer de posture. Ne plus seulement réagir au coup par coup et toujours sur la défensive, mais redonner du sens au club européen. Paris et Berlin ont, à cet égard, une responsabilité particulière.
C'était il y a trois ans pile. Pile, c'est le mot. Le nouvel élu, brillamment porté par 53,06 % des voix, semblait animé par d'inépuisables accus, à l'instar du célèbre automate de la publicité qui dure plus longtemps. Le candidat de la rupture venait d'écraser sa rivale socialiste. La France de mai tournait sans nostalgie la longue page des années Chirac, cet "homme vieilli" qui, à peine quelques mois plus tard, deviendrait le chouchou de ses détracteurs. Ainsi va l'histoire immédiate, avec ses engouements et ses rejets, avec son ironie et sa raison. Pour le triomphateur, la victoire en chantant commença au Fouquet's et se poursuivit, au large de Malte, sur le yacht d'un riche ami. Le ton du quinquennat était donné : people et bling-bling. De quoi masquer d'emblée le volontarisme proféré. Car l'ami des patrons et des acteurs était aussi un vrai bosseur. Il allait dire ce qu'il fait et faire ce qu'il dit ? Mais sous le syllogisme séduisant, le message fut vite brouillé. Pas facile de démêler l'essentiel du futile, lorsqu'à chaque réforme claironnée correspond un "plan com". Et pour un peu que la vie privée soit érigée en permanent vecteur du pouvoir. En ce jour d'anniversaire, sur fond de marasme mondial persistant et de désastre grec, l'heure ne serait cependant pas vraiment propice au regard en arrière. Du moins à en croire l'Élysée qui, tout en se défendant d'établir un bilan, en esquisse un dans une sobre plaquette pédagogique. D'ici 2012, le chemin est encore long. Et si, face aux mauvais sondages et à la désillusion, le président parle de retraite, ce n'est probablement pas à la sienne qu'il songe. Le chantier lancé est courageux. C'est tout l'avenir qui est en jeu. Celui des Français. Celui du premier d'entre eux aussi. S'accordera-t-il une pause tout à l'heure devant le gâteau de crise aux trois bougies ? C'est mal le connaître. Nicolas Sarkozy déteste souffler.
Didier Pobel
Des islamistes égyptiens veulent interdire "Les Mille et Une Nuits"
Les syndicats d'écrivains égyptiens ne veulent pas s'en laisser conter. Après avoir assisté, médusés, à la plainte d'un groupe d'avocats demandant l'interdiction d'une réédition des Mille et Une Nuits, les écrivains égyptiens entendent désormais porter plainte pour position "contre le patrimoine". "Il est temps pour nous de passer de la position de défense à la position d'attaque", explique Mohammed Salmawy, responsable du syndicat des écrivains.
Cette nouvelle édition des Mille et Une Nuits a été publiée par un organisme gouvernemental qui s'était déjà attiré des critiques par le passé pour d'autres ouvrages. En 2003, le chef de l'organisme avait été renvoyé par le ministre de la culture Farouk Hosni pour la publication de trois romans considérés comme obscènes par les islamistes.
Chef-d'œuvre de la littérature arabe, Les Mille et Une Nuits est attaqué par un groupe d'avocats pour les mêmes motifs. Dans leur plainte contre Les Mille et Une Nuits, le groupe Avocats sans restrictions dénonce des références au sexe qui selon eux "encouragent au vice et au péché". Ils demandent la confiscation de l'ouvrage et la poursuite de ses éditeurs. Selon eux, l'ouvrage viole un article du code pénal égyptien punissant de deux ans de prison les "offenses à la décence publique", révèle le site Internet Al-Masry Al-Youm.
Une version des Mille et Une Nuits avait déjà été interdite en Egypte en 1980, et comme il n'existe pas de version définitive du livre, chaque nouvelle édition fait l'objet d'appréciations diverses. Selon la loi égyptienne, chaque citoyen peut porter devant un tribunal ce qu'il considère comme portant atteinte à la morale. Selon les groupes de défense des droits de l'homme en Egypte, de plus en plus d'attaques de ce genre ont lieu depuis une dizaine d'années.
De nombreux écrivains ont dû faire face à des procès de ce type et espèrent aujourd'hui ouvrir un vrai débat sur ces points de droit et sur les valeurs de la société égyptienne. Pour Samia Mehrez, professeure à l'université américaine du Caire, citée par Al-Masry Al-Youm, ces cas ne sont pas une surprise et sont plutôt le résultat des luttes de pouvoir entre gouvernement et conservateurs religieux. "Dans ce jeu, la culture n'est qu'un pion", déplore-t-elle.
François Fillon : "Les attaques spéculatives contre la zone euro vont échouer"
Dans un entretien en direct mercredi 5 mai au soir sur TF1, le premier ministre, François Fillon, a estimé que la zone euro faisait l'objet d'attaques spéculatives depuis plusieurs semaines mais que ces attaques allaient échouer, rappelant que la zone euro était moins endettée que les Etats-Unis ou le Japon. Il a assuré la Grèce de la totale solidarité de la France.
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Il a par ailleurs annoncé la réunion, jeudi, d'un séminaire gouvernemental pour préparer le budget 2011 et 2012. "On va prendre des mesures difficiles", a-t-il prévenu, "on va baisser les dépenses publiques". Il a notamment évoqué des économies de 5 milliards d'euros sur les niches fiscales en deux ans.
mercredi 5 mai 2010
"La crise grecque doit persuader la France qu'elle est le dos au mur"
La Commission des finances du Sénat a voté, mardi 4 mai dans la soirée, en faveur du plan d'aide d'urgence français à la Grèce. Ce dispositif, composé de prêts bilatéraux d'un montant total de 16,8 milliards d'euros sur trois ans, dont 3,9 milliards en 2010, devrait être adopté par le Sénat jeudi. Il l'a déjà été par
l'Assemblée nationale dans la nuit de lundi à mardi.
A la faveur de l'examen de ce dispositif, la Commission des finances entend faire passer un message : "La crise grecque est un révélateur. Elle doit vraiment nous persuader que nous avons, en France, le dos au mur", assurent son président, Jean Arthuis et de son rapporteur général, Philippe Marini. Non pas, selon eux, que la France soit menacée, dans l'immédiat tout du moins, de subir une pression des marchés financiers comme l'a connue la Grèce. Son déficit public, son endettement et le niveau de la croissance de son économie (le PIB) ne sont pas de même ampleur.
Pour autant "il faut bien avoir conscience", relève Philippe Marini, "que la limite de soutenabilité de la dette est plus vite atteinte aujourd'hui dès lors que la croissance plafonne et que les déficits que l'on pouvait se payer avec 4 % à 5 % de croissance, on ne peut plus se les payer avec une croissance à 1 % ou 1,5 %".
"UN RISQUE ÉNORME, SYSTÉMIQUE"
La croissance attendue cette année en France devrait osciller entre 1,3 % ou 1,5 %, selon les estimations. Les prévisions de déficit public portent sur 8,2 % du PIB, après un déficit de 7,9 % en 2009. L'endettement public devrait atteindre 83,2 % du PIB, contre 77,4 % en 2009. "Tout cela veut dire que l'on ne peut plus continuer à faire ce que l'on a fait depuis des années, c'est-à-dire ne jamais tenir nos engagements sur le déficit et la dette", poursuit Philippe Marini. "Le cas grec nous montre que si, à partir d'aujourd'hui, on estime pouvoir continuer comme cela, on prend un risque énorme, systémique."
"Il faut franchir une étape qualitative décisive à la faveur du cas grec", renchérit Jean Arthuis. En a-t-on pris le chemin ? "Oui", estiment MM. Arthuis et Marini. Mais à la question de savoir sur quoi repose ce sentiment, ils se contentent d'évoquer une "prise de conscience".
C'est le projet de loi de finances pour 2011, actuellement en cours de construction, qui devra en témoigner. Il va devoir acter que la France tient son engagement de ramener son déficit public à 6 % du PIB. Des données un peu plus précises que de simples engagements doivent être communiquées à la Commission européenne début juin. Et un débat d'orientation budgétaire aura lieu au Parlement fin juin, début juillet. Auparavant, une Conférence sur les déficits, convoquée à l'initiative du président de la République, doit se tenir le 20 mai. Un premier rendez-vous avait déjà eu lieu en janvier. Il s'agit d'essayer de tracer de nouvelles règles de gouvernance.
"L'ÉDICTION DE RÈGLES EST PARFOIS UN AVEU D'INCAPACITÉ À FAIRE"
L'idée de mettre en place une "règle d'équilibre" des comptes publics a notamment été avancée par Nicolas Sarkozy. Un groupe de travail, présidé par Michel Camdessus, l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a été chargé d'y réfléchir.
"Imposer des normes, une discipline, c'est bien, mais une volonté et une capacité à mettre en œuvre cela paraît plus essentiel, car ce qui compte c'est le contenu, pas le contenant", estime toutefois Philippe Marini. "L'édiction d'une norme, cela peut rassurer les marchés… momentanément. Mais si la culture n'est pas à la rigueur, on peut mettre en place toutes les règles que l'on veut. L'édiction de règles est parfois un aveu d'incapacité à faire, cela donne bonne conscience", ajoute Jean Arthuis.
Aux yeux du président et du rapporteur général de la Commission des finances du Sénat, l'urgence serait plutôt à "la mise en place de règles de procédure". "Il faut ainsi que toute discussion sur une disposition qui modifie le solde (l'équilibre recettes-dépenses) se passe dans le cadre de l'examen du projet de finances ou du projet de loi des finances de la sécurité sociale", avancent-ils.
Philippe Le Coeur
Strauss-Kahn : « Il faut réussir à éviter la contagion »
Dans une interview à paraître ce mercredi dans «Le Parisien» - «Aujourd'hui en France», le directeur général du Fonds montéraire international (FMI) Dominique
Strauss-Kahn souligne qu'«il faut réussir à éviter la contagion» de la crise grecque en Europe et considère que «le plan grec a été dimensionné aussi pour cela».
«Il y a toujours des risques» de contagion et «il faut cependant que chacun reste extrêmement vigilant», ajoute-t-il.
«Pas de risque réel pour la France»
Dominique Strauss-Kahn observe que «le Portugal (...) est déjà en train de prendre des mesures» et que «les autres pays sont dans une situation beaucoup plus solide». Il considère qu'«il n'y a pas de risque réel pour la France, ni pour l'Allemagne ou les grands pays européens».
Le directeur général du FMI affirme que le plan d'aide à la Grèce «a un objectif: sauver la Grèce», confrontée à «deux problèmes: une dette trop forte et une compétitivité trop faible».
Dans ce contexte, le FMI a insisté sur trois points, explique-t-il : «Etaler jusqu'en 2013-2014» la réduction du déficit de la Grèce de plus de 13% à 3%, «mettre la Grèce à l'abri de la spéculation pendant 18 mois» en engageant des sommes «beaucoup plus considérables que ce qui était orévu initialement». Enfin, «veiller à ce que l'on protège les plus vulnérables», les petits salaires et petites retraites.
Dominique Strauss-Kahn déclare d'autre part qu'il «comprend tout à fait la colère de la population grecque, son incompréhension devant l'ampleur de la catastrophe économique».
«Je mesure les sacrifices qui sont nécessaires», poursuit-il, ajoutant que l'Europe et le FMI sont là «pour les aider» et que s'ils ne le faisaient pas, la situation serait infiniment plus dramatique».
«Aujourd'hui, je n'ai pas d'autre préoccupation que la fonction que je remplis»
Le directeur général du FMI rappelle que le plan fera l'objet d'un suivi tous les trois mois et que si les mesures prévues n'ont pas été prises, la communauté internationale «pourrait être amenée à se retirer». «Mais on n'en est pas là du tout», ajoute-t-il.
Dominique Strauss-Kahn estime encore que le taux auquel les Européens prêtent à la Grèce «aurait dû être égal à celui du FMI, qui est plus faible de plus d'un demi-point». «Je pense qu'on aurait pu faire un effort plus grand car moins on prête cher, mieux on aide les Grecs», dit-il.
Interrogé enfin sur la présidentielle de 2012, il répond: «Aujourd'hui, je n'ai pas d'autre préoccupation que la fonction que je remplis».
Force ouvrière appelle à une journée de grève générale le 15 juin
La commission exécutive de Force ouvrière a décidé d'"appeler, le 15 juin, à une journée de grève interprofessionnelle avec manifestation à Paris" pour la défense des retraites, a annoncé mardi 4 ami la confédération syndicale.
Cette date a été choisie, car "l'avant-projet de loi devrait être connu vers la mi-juin", rappelle FO dans une déclaration adoptée "à l'unanimité". Le gouvernement doit d'autre part publier un premier "document d'orientation" autour de la mi-mai.
"On ne peut pas attendre et rester l'arme au pied", a déclaré sur France Info le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. "Nous prenons notre responsabilité avec cet appel à une journée de grève interprofessionnelle le 15 juin. (...) Je veux de l'efficacité (...). L'année dernière, les manifestations à répétition n'ont pas été efficaces. (...) Si l'on veut monter d'un cran, il n'y a pas trente-six solutions : une journée de grève, ça monte d'un cran, ça montre la détermination des salariés par rapport à une réforme ou une contre-réforme sur les retraites, et ça évite le phénomène d'usure qu'on a vu l'année dernière".
Selon la commission exécutive de FO, "il n'est pas question que les travailleurs fassent les frais, à travers leurs droits sociaux, de la crise provoquée par les intervenants sur les marchés financiers, intervenants qui dictent encore aujourd'hui le comportement des gouvernements, dont le gouvernement français".
Critiquant "les journées d'action à répétition", FO ne participe plus depuis l'automne aux réunions de l'intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, FSU, Solidaires, UNSA). Selon la CE de FO, "l'action commune, nécessaire, suppose un accord sur les revendications et les modalités d'action".
Depuis le début de la catastrophe du golfe du Mexique, le 20 avril, et jusque dans la bouche du président Obama, la même ritournelle revient en boucle : « BP est responsable, BP payera, BP a les moyens ». Assertion suivie d'une sorte de petit soupir de soulagement, un peu veule. L'auteur est connu, la sanction ne tardera pas, tout va bien... business as usual. Certains ont même imaginé, au début, que l'affaire était plus simple qu'un naufrage ordinaire de supertanker. Qui a pour caractéristique de présenter un indémêlable écheveau de responsabilités partielles aux victimes accablées. On se rend compte aujourd'hui que des intérêts multiples sont impliqués dans l'explosion de la plate-forme Deepwater Horizon. Y compris une lacune réglementaire.
Au large de la Louisiane, en apparence, le groupe Beyond Petroleum (au-delà du pétrole, nouveau slogan de BP) est clairement désigné comme premier responsable. Et il s'est d'ailleurs immédiatement mis au boulot pour réparer les dégâts, jusqu'à enrôler des pêcheurs du delta pour déployer les barrages flottants. Le gouvernement américain s'est laissé prendre quelques heures à cette trompeuse simplicité dans l'application du principe « pollueur payeur ». Cette règle, faut-il le rappeler, est directement inspirée des mécanismes du marché. Dès lors qu'un risque est clairement évalué, il est de l'intérêt de tout acteur économique de le prévenir. Et par conséquent diminuer son exposition financière. D'où un bénéfice pour la collectivité.
Il est trop tôt pour dire combien cette catastrophe va coûter. La fourchette évoquée est large : entre 3 et 12,5 milliards de dollars ! Et on ne parle pas des 23 milliards de dollars de valeur boursière qui s'était déjà volatilisée au 30 avril... N'est-il pas naturel que les co-propriétaires de BP, qui ont eu leur part de la restauration énergique des profits, soit associés au sinistre ? Les analystes financiers estiment que les résultats de la compagnie lui permettent sans difficulté d'assumer ces coûts et jugent disproportionnée la réaction du marché.
Il est cependant peu douteux que la facture finale, pas attendue avant cinq ou dix ans, devra être assumée bien plus largement. Et jusqu'au consommateur de produits pétroliers, vous et moi, et au souscripteur de couverture d'assurance (les mêmes). Autrement dit, BP paiera, certes, et nous tous derrière lui. Mais qui compensera la destruction définitive d'espèces animales ou la mort par asphyxie des innombrables petits acteurs économiques des États américains du sud, déjà bien fragiles ?
Un laser pour faire tomber la pluie !
Faire tomber la pluie... L'ambition semble démiurgique, mais cela fait longtemps que les Chinois envoient des fusées chargées d'iodure d'argent lorsque Pékin est surchargée de poussières.
Reste que l'efficacité de la technique n'est pas prouvée et ses effets écologiques difficilement mesurables.
Des chercheurs de l'Université de Genève
Des chercheurs de l'Unige (Université de Genève), aidés de physiciens de Lyon et Berlin, ont réussi une première beaucoup plus prometteuse : créer des gouttes d'eau par un rayon laser. L'expérience a été réussie à la fois en labo et en conditions réelles, dehors.
Nommé Téramobile, ce laser pèse 12 tonnes et est donc aisément transportable. Il permet d'envoyer jusqu'à plusieurs kilomètres d'altitude des ions chargés électriquement. Leur rôle ? Remplacer les poussières atmosphériques qui servent à la formation de la pluie.
Pour que celle-ci tombe, l'humidité du nuage a en effet besoin d'un "support" sur lequel se condenser. Le poids de ces gouttes les rend alors trop lourdes pour être portées par l'air. Elles tombent donc au sol.
Très prometteuse, cette découverte peut même, en théorie, faire pleuvoir au-dessus de déserts.
"En Amérique du sud, certains sont survolés par des masses d'air humides. S'il ne pleut pas, c'est juste qu'il manque des poussières", note Jérôme Kasparian, l'un des chercheurs.
Reste que ce laser ne devrait pas être employé pour bouleverser radicalement des milieux, les interactions climatiques étant trop complexes pour être touchées par l'homme sans jouer aux apprentis-sorciers. Et qu'il faudra attendre encore un peu pour voir les premiers résultats opérationnels, "entre 5 et 10 ans", selon Jérôme Kasparian.
Sébastien COLSON
Les Grecs vont-ils descendre massivement dans la rue, aujourd'hui, à l'occasion de la grève générale, ou resteront-ils chez eux, davantage préoccupés que mobilisés ? Le signal aura son importance. Car, quoi qu'il advienne, la crise grecque vient d'entrer dans une nouvelle phase : celle du règlement des comptes.
Qui va payer ? Depuis la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, la question a pu paraître rhétorique aux yeux d'un bon nombre d'Européens. Cette crise, dont on nous dit qu'elle n'a de précédent que celle de 1929, avait, jusqu'ici, quelque chose de lointain, d'opaque. Comme si, malgré l'augmentation du chômage et les souffrances bien réelles qu'il provoque déjà, les mots dramatisants utilisés par nos dirigeants n'étaient, heureusement, pas en phase avec la réalité perceptible.
Pour les Grecs, ce décalage est maintenant révolu. La crise est là, et bien là. Et, au grand dam des salariés grecs, la réponse à la question aussi. Qui va payer pour les frasques et les trucages de leur classe politique ? Les Grecs. La facture est émise par le FMI et les partenaires de la zone euro. Son montant est colossal. Hausse des impôts, baisse des rémunérations et des prestations sociales. Les économistes appellent cela un remède de cheval. Au quotidien, c'est moins spectaculaire et beaucoup plus triste. C'est le chômage, les restrictions, l'exode des jeunes, plus ou moins diplômés.
On peut aisément comprendre le sentiment d'injustice qui doit assaillir les millions de salariés et de retraités grecs à qui l'on intime de payer la note. Dans un pays où un tiers de l'activité n'est pas fiscalisé, la rancoeur sociale entre acteurs et victimes de cette économie souterraine menace toujours. Si, parallèlement au plan d'austérité qu'il s'apprête à appliquer, le gouvernement grec n'intervient pas pour combattre la corruption et oeuvrer à davantage d'équité fiscale, la bombe sociale restera menaçante.
Au-delà des spécificités grecques, c'est toute l'Europe qui est bien sûr interpellée. Les réflexes nationaux, notamment en Allemagne, ont eu un effet délétère manifeste. Car les mouvements spéculatifs se nourrissent des incongruités de la zone euro et de son manque de gouvernance économique. Après avoir prêté de l'argent aux banques pour éviter leur faillite, les États leur empruntent de l'argent pour prêter, à un taux plus élevé, à un partenaire, la Grèce, au bord de la cessation de paiement. Après avoir privatisé les gains, voici les pertes mutualisées.
Dès lors, on comprend pourquoi la peur de la contagion angoisse les capitales européennes. Contagion des attaques spéculatives sur les maillons faibles. L'Espagne était, hier, la cible privilégiée de ces mouvements. Contagion de la rigueur, inévitable au regard des dettes publiques de tous les pays européens. Contagion en retour des mouvements potentiels de protestation.
Rarement la cohésion européenne aura été mise à si rude épreuve. Dimanche dernier, après la conversion tardive d'Angela Merkel, les Européens ont enfin décidé de faire front commun. C'est une nécessité. Cela doit aussi devenir ¯ ou plutôt redevenir ¯ un projet. Car la solidarité européenne, si mise à mal ces derniers mois, n'est pas seulement un bon sentiment. C'est un mode de fonctionnement. Le sommet de vendredi, à Bruxelles, sera une excellente occasion de tirer les leçons de la crise grecque. À condition de réformer le pacte de stabilité qui accompagna la naissance de l'euro, désormais dépassé.
TIME - 100 personnalités de l'année
Le point commun entre Sarah Palin et Jet Li? L'endurance au combat sans doute mais aussi leur présence dans le Time 100 de cette année. Ce classement recense et encense les personnes les plus influentes du monde
Comme chaque année depuis 1998, l'hebdomadaire américain publie sa liste des 100 personnalités les plus influentes du monde et rappelle qu' "il ne s'agit pas de l'influence du pouvoir mais du pouvoir de l'influence". Dans cette liste très disparate où se côtoient la joueuse de tennis Serena Williams, Robert Pattinson, vampire de la saga Twilight, l'amiral Mike Mullen , chef d'Etat major des armées des Etats-Unis ou encore le créateur de mode Marc Jacobs, le Time a choisi de répartir ses personnalités en quatre catégories : Dirigeants, Héros, Artistes et Penseurs.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva arrive en tête toutes catégories confondues et pour la catégorie Dirigeant. Michael Moore le cinéaste américain écrit " Ce que Lula veut pour le Brésil, c'est ce que nous avions l'habitude d'appeler le rêve américain". Bien réelle, la première place chez les Héros revient à l'ancien président américain Bill Clinton. L'actuel président Barack Obama est aussi de la partie en quatrième place chez les Dirigeants. Un peu plus loin derrière, Sarah Palin est elle aussi du classement, saluée pour son patriotisme et son caractère entier.
La plupart des personnalités du Time sont certes influentes au sens traditionnel du terme en tant que chefs d'Etats, politiciens ou chef d'entreprise (comme Robin Li, PDG de la société chinoise de moteur de recherche Baidu). Mais le magazine cherche aussi à citer "des personnes dont les idées et actions révolutionnent leurs domaines et transforment des vies". Comme Matt Berg, qui a mis en place un système de messageries pour améliorer le suivi sanitaire en Afrique ou encore Rahul Singh, dont l'organisation GlobalMedic fut l'une des premières à se rendre sur le terrain après le tremblement de terre qui a secoué Haïti en janvier dernier.
Très commentée, la nomination de Lady Gaga, l'excentrique chanteuse américaine de 24 ans en tête de la catégorie Artistes. Elle est talonnée par Conan O'Brien, célèbre animateur du Tonight show jusqu'en janvier dernier. Autre animatrice retenue : Oprah Winfrey, femme certainement influente et aussi classée parmi les personnalités Afro-américaines les plus riches.
Très peu mentionnée par contre, la lauréate chez les Penseurs : Zaha Hadid, architecte anglo-irakienne figure du mouvement déconstructiviste. Suivie par Elizabeth Warren, professeur de droit à Harvard et dévouée à la cause des consommateurs américains. Autre juriste, Sonia Sotamayor, l'un des neufs juges de la Cour suprême des Etats-Unis mais aussi la première personnalité d'origine hispanique à accéder à ce poste et la troisième femme.
Une certaine influence française
S'il a été reproché à cette liste d'être quelque peu américano-centrique, les Français ne sont pas absents. En septième position parmi les Dirigeants : Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI. Est aussi citée dans cette catégorie, Christine Lagarde, la ministre de l'Economie. Il est à relever que Nicolas Sarkozy n'est plus cité depuis l'an passé. Chez les Héros figurent le footballeur Didier Drogba et Tristan Lecomte, fondateur de la marque de commerce équitable Alter Eco.











