dimanche 18 janvier 2015
Un effet presse écrite
La presse écrite ira-t-elle mieux ? Pas de précipitation. Mais la séquence d'actualités que nous vivons a ramené les lecteurs devant les kiosques et dans les maisons de la presse. Première observation de cette semaine tragique : les ventes inhabituelles des journaux papier.
À événements exceptionnels, ventes exceptionnelles. Les titres de la presse nationale ont affiché des taux de vente de + 40 % à + 50 %, le 8 janvier. La presse quotidienne régionale est a + 30 % en moyenne, comme les éditions de notre journal avec une pointe à + 65 % pour l'édition de Clermont-Métropole. Une tendance qui, malgré un fléchissement, a montré une constante dans les jours qui ont suivi.
L'attentat contre une rédaction n'est pas pour rien dans cette envie pressante de lire un journal papier. Il s'agissait d'abord d'un acte de solidarité porté par l'émotion envers ce type de presse. Quel qu'il soit. L'attente de l'édition du Charlie Hebdo de mercredi a conduit beaucoup de Français chez les diffuseurs de presse, des lieux où ils n'allaient plus. Et finalement chacun repartait du kiosque avec un journal sous le bras, Charlie Hebdo ou un autre titre.
Ce regain d'intérêt pour la presse écrite traduit également une reconnaissance de légitimité, une attente d'explication, un désir de comprendre, une recherche de sens, pour aller au-delà du déroulé en « live » de l'information à haute vitesse des chaînes en continu et des directs des sites Web. Ici la prime au journal est d'abord la prime à l'écrit. Dans un contexte de grande violence et de forte demande de solidarité de la communauté nationale, le journal papier est un outil de partage, mais aussi un outil à conserver pour la mémoire commune. Cette tragédie a par ailleurs réconcilié (pour combien de temps ?) les Français avec trois corps intermédiaires pourtant très décriés ces dernières années : les policiers, une partie des hommes politiques et les journalistes. Pour ces derniers, la nécessité d'une presse écrite qui explique n'est pas étrangère au retournement d'opinion.
Les étrangetés de l’air du temps
Une semaine après les attentats terroristes qui ont ensanglanté Paris, l’air du temps a quelque chose d’étrange, d’extrêmement lourd, chargé d’incongruités. « Et vous, êtes-vous Charlie? » devient la question rituelle de tous les interviews, radio, presse, télévision.
Ne pas être Charlie revient à se singulariser, ringardiser, se placer à contre-courant, endosser une image douteuse. Nous assistons à un curieux basculement, qui voit le chantre de l’anticonformisme et de la contestation par l’humour devenir un label de convenance. Ses créateurs auraient-ils apprécié? Qui peut le dire? Hier matin dans le bus qui m’emmenait à mon travail, j’entendais cette histoire d’un homme d’une trentaine d’années, ayant fait la queue devant le kiosque à journaux dès 5 heures du matin, pour acheter un stock d’exemplaires et les revendre plusieurs fois leur prix au marché noir. La « récup », c’est maintenant… Et puis, en vertu de l’union sacrée, un silence pesant écrase le pays. Pour qui se souvient des suites de l’affaire Mehra en mars 2012, l’absence aujourd’hui de toute polémique, de toute discussion, voire velléité de questionnement sur les failles éventuelles de la puissance publique dans ce bain de sang, a quelque chose de sidérant. Souvenons nous de la mise en cause violente du président de l’époque, de son ministre de l’Intérieur, des services de renseignement. Le silence aujourd’hui, l’Omerta qui règne est invraisemblable. On sait que les médias sont largement acquis au pouvoir actuel, à 80%. Oui, mais là, c’est grave car ce genre de questions fait partie de la démocratie. L’union nationale, même sous la Grande Guerre de 1914-1918, n’a jamais interdit de légitimes interrogations sur la conduite des opérations, qui s’exprimaient alors à la Chambre. Mais il y a plus grave. Certes ce drame a profondément traumatisé la France. Mais il ne donne pas lieu, sauf exception, au débat de société qui devrait s’imposer. Il soulève à mes yeux des questions fondamentales de civilisation sur l’échec du monde occidental face à l’islamisme radical, le séisme planétaire que représente l’instauration de l’Etat islamique d’Irak (daesh) et l’impuissance du monde occidental, le désastre engendré dans les sociétés européennes par le modèle communautariste et le repli identitaire, l’effroyable chaos des « cités de non droit », largement occulté et ignoré par « la France d’en haut », la fragmentation de la société française qui remonte à des décennies et ne fait que s’aggraver, sa violence, verbale, physique, le déclin de l’autorité, au sens noble du terme, et de la solidarité nationale – le lien de fraternité. Le silence qui pèse sur ces sujets fondamentaux, tenant à la conception même du monde, de la société et de son Etat, ses orientations et son devenir, ne fait qu’aggraver la tension perceptible en ce moment, le désarroi général et le sentiment de fatalisme.
NB: je remercie par avance les auteurs de commentaires, et je demande à certains de bien vouloir comprendre qu’un modeste blog d’échanges et de réflexion partagée comme celui-ci, n’a pas vocation à héberger des propos partisans ou de propagande en faveur de personnalités ou de partis, et encore moins des déclarations fustigeant des personnes, des groupes de personnes. Des mots déplacés ou scandaleux auraient pour effet immédiat de m’obliger à mettre fin à ce blog dont je suis personnellement responsable du contenu. Or, il est ma créature de quatre années, reçoit désormais 1000 à 2000 visites chaque jour; j’y tiens beaucoup, et je le protègerai jusqu’au bout en empêchant ce genre de dérapages. C’est ainsi. La « toile » est vaste et il existe de multiples blogs ou sites se prêtant mieux au défoulement des passions. Sincèrement, merci de votre compréhension.
vendredi 16 janvier 2015
Fanfan et Manu
Dieu que l’amour est une jolie chose ! Il est encore plus émouvant lorsqu’il surgit au sommet de l’Etat. Car, tant à l’Elysée qu’à Matignon, on le proclame : jamais les relations entre le Président et le Premier ministre n’ont été aussi bonnes. L’entente est totale, la confiance infinie. Les tragédies de l’autre semaine ont accouché d’un alliage censé être indestructible. Au point que les conseillers du Château parlent d’ « une profonde fusion de l’exécutif ». Et ceux du chef du gouvernement sont encore plus explicites : pour eux, « il s’agit d’une extraordinaire articulation du duo ». Les mauvais esprits verront une opération de communication de ces extatiques. Qu’ils glosent. Chut, nous, ne réveillons pas les deux amoureux : Fanfan et Manu sont en pleine lune de miel.
Fort sur les principes, faible sur leur application
Le modèle républicain ? Depuis des années, c’est une République abstraite, aussi idéalisée qu’irréelle, que l’on convoque à tout bout de champ. Et un citoyen rêvé – forcément libre, égal et fraternel – que l’on invoque pour mieux masquer notre impuissance à freiner la désintégration sociale. Comme si à la montée patente du communautarisme, il suffisait d’opposer la tradition de l’intégration par assimilation. Comme si la fabrique d’inégalités sociales qu’est devenu notre système scolaire pouvait être sauvée à force d’égalitarisme forcené.
Comme si face à l’inquiétante invasion du fait religieux à l’école ou dans l’entreprise, répéter « laïcité, laïcité, laïcité » réglait pour partie la question. Fort sur les principes, faible sur leur application, aveugle à leur violation : telle a été la règle.
Bien sûr, il faudra du temps pour donner du sens à l’immense mouvement de fraternité du 11 janvier. L’émotion passée, la tentation sera pourtant grande pour les uns et les autres d’appliquer la grille de lecture qui prévalait avant l’effroyable drame pour expliquer comment rénover – ou non - le modèle républicain. Sur le service militaire, sur la loi de 1905, sur la liberté d’expression ou sur l’intégration, déjà le débat s’engage. Rien de plus naturel.
Mais face à la dignité et à la maturité dont a fait preuve la nation, il serait dommage (pour ne pas dire dangereux) que cette confrontation des idées repose sur des a priori biaisés, des clichés éculés, les dénis habituels plutôt que sur la réalité.
Sans vrai diagnostic sur les failles et les faillites du système, la réinvention d’un « modèle » devenu inefficace ne mènerait à rien.
Philippe Tesson dérape: "C'est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui?"
Lors d'un débat diffusé sur Europe 1, le journaliste Philippe Tesson s'est laissé aller à des propos islamophobes, accusant les musulmans d'être responsables des manquements à la laïcité en France.
Qu'est-il arrivé à Philippe Tesson? Sur Europe 1 ce mercredi, le journaliste s'est lancé dans une diatribe anti-musulmansparticulièrement violente.
Invité par Jean-Marc Morandini dans son émission Le Grand Direct de l'actu, le journaliste de 87 ans, fondateur du Quotidien de Paris, était là pour intervenir dans un débat portant sur la laïcité et les établissements scolaires religieux, avant d'élargir à la question de l'islam en France.
"Ce qui a crée le problème, ce n'est quand même pas les Français" (sic)
Après avoir rappelé les grands principes de la loi de 1905, qui a établi la séparation de l'Eglise et de l'Etat, Philippe Tesson a abordé les manquements à la laïcité dans certains établissements scolaires, comme le rapporte le site internet Arrêt sur Images: "Ce qui a créé le problème, ce n'est quand même pas les Français (...)D'où vient le problème de l'atteinte à la laïcité sinon des musulmans? On le dit ça? Et ben moi je le dis!" Et d'en rajouter une couche en interpellant Jean-Marc Morandini: "C'est pas les musulmans qui amènent la merde en France aujourd'hui? Il faut le dire quoi!"
Double erreur de la part de Philippe Tesson, ancien chroniqueur du Canard Enchaîné, du Figaro, du Point et deValeurs actuelles. D'abord comme citoyen, puisque les propos tenus sont susceptibles de le conduire devant les tribunaux pourdiffamation, injure, et/ou incitation à la haine.
Le chroniqueur est aussi dans l'approximation sur le plan professionnel. Les manquements à la laïcité dans les établissements scolaires sont aussi le fait d'autres religions, comme le montrait très bien dès 2004 ce rapport qui fait référence, commandé par Luc Ferry, alors ministre de l'Education nationale.
Une plainte déposée
Lundi, le Conseil français du culte musulman relevait une explosion d'actes hostiles à l'égard de la communauté et listait une cinquantaine d'actes antimusulmans. Ce jeudi, le président de la République François Hollande soulignait encore que les musulmans étaient les "premières victimes du fanatisme, du fondamentalisme, de l'intolérance".
Selon les informations du Parisien, une plainte pour incitation à la haine raciale a été déposée le 14 janvier auprès du tribunal de grande instance de Paris.
"Il me semble avoir dit une évidence"
Joint par Le Parisien, Philippe Tesson persiste et signe: "Il me semble avoir dit une évidence". "Lorsque j'évoque les musulmans, je ne parle pas de l'ensemble de la communauté musulmane, j'utilise un terme générique, et je pense que tout le monde a compris" s'étonne le journaliste. Et de conclure: "J'ai toujours été comme ça, je dis ma vérité. Je n'attaque pas l'ensemble des musulmans. Je comprends que cela ait pu blesser certains, je le regrette, mais j'ai toujours dit les choses de manière très crue, et ce n'est pas à mon âge que l'on va me changer".
Vivre ensemble
Au-delà de tout discours péremptoire ou grandiloquent, on ne pourra pas dire que les assassinats des fanatiques islamistes, la semaine passée, n'ont pas changé la France. On ne pourra pas dire non plus que la grande marche du 11 janvier n'a pas marqué une volonté de rupture avec nos petites ou grandes renonciations.
Dans leur sauvagerie, les fous d'Allah ont contraint dirigeants et citoyens de notre pays à un douloureux « devoir d'inventaire », jusque-là refoulé, mais nécessaire à la construction d'un véritable vivre ensemble. Il a fallu pour cela mettre sur la table des vérités dérangeantes, trop longtemps dissimulées par les politiques.
On n'osait pas qualifier les terroristes d'islamistes, par crainte d'amalgame, on n'osait pas évoquer les désordres communautaristes grandissants dans les classes, par crainte de contagion. Ces « pudeurs », sans rien régler, n'ont fait que nourrir les fantasmes d'une partie de l'opinion et les réflexes identitaires. Les massacres d'il y a une semaine ont tout changé. Ils ont tué les non-dits.
Le grand mérite de François Hollande, en cette période, a été d'impulser ce mouvement de réflexion par des discours de vérité, fermes, équilibrés et rassembleurs. Hier matin, à l'Institut du Monde arabe, il a délivré un message d'apaisement aux Français de confession musulmane qui « ont les mêmes droits et les mêmes devoirs que tous les citoyens et doivent être protégés ». Après les hommages rendus par l'exécutif aux victimes juives des attentats, les responsables musulmans attendaient ces paroles de réconfort.
Que les imams, trop longtemps mutiques sur les attentats, participent au dialogue démocratique et calment les jeunes des cités, cloîtrés dans le refus de toute injonction à défiler ou se justifier, constitue une avancée. Le chemin sera encore long, bien sûr, pour surmonter toutes les incompréhensions. Les réactions virulentes suscitées dès mercredi, par la Une de Charlie Hebdodans les milieux musulmans, montrent combien les règles du vivre ensemble demanderont de sens aigu des responsabilités pour concilier la liberté des uns et le respect des autres.
Coup de gueule
Coup de gueule
Certes le temps est au deuil et au recueillement en souvenir des assassinés et au soutien pour les familles....
Mais je pousse un coup de gueule !!!
JE NE COMPRENDS PAS et NE SUPPORTE PAS QUE L'ON ME DEMANDE DE NE PAS FAIRE L'AMALGAME...
JE NE COMPRENDS PAS et NE SUPPORTE PAS QUE L'ON ME DEMANDE DE NE PAS FAIRE L'AMALGAME...
Oui "JE SUIS CHARLIE"
Oui JE SUIS POUR UNE MIXITÉ"
Nos politiques dans leur ensemble demandent aux Français de ne pas faire l'amalgame entre les attaques parisiennes et
les Musulmans de France.
Désolé mais :
Lorsque lentement, insidieusement, les arbres de Noël disparaissent de nos écoles, je fais l'amalgame.
Lorsque lentement, insidieusement, les crèches disparaissent de nos hôtels de ville, je fais l'amalgame.
Lorsque lentement, insidieusement la viande de porc est supprimée dans les cantines scolaires, je fais l'amalgame.
Lorsque des "petites merdeuses" nées en France se promènent voilées dans les rues de nos villes en nous narguant, je
fais l'amalgame.
Lorsque je fais mes courses en super marché ou les femmes voilées sont légion, je fais l'amalgame.
Cet amalgame est encouragé par la lâche complicité des hommes politiques qui, pour récupérer des électeurs acceptent
de baisser leur froc.
Jusqu'à quand ? ? ? ?
Faut il attendre un autre "Charlie Hebdo" ? ? ?
mercredi 14 janvier 2015
La Grèce bouscule le calendrier de la BCE
Décryptage. Loïc Signor interroge Cyrille Lachèvre, journaliste économique à l'Opinion, sur la renégociation de la dette grecque.
Grèce : pourquoi Antonis Samaras joue la carte sécuritaire
Récupérer les attentats de Paris
Aussi son parti, Nouvelle Démocratie (ND), exploite-t-il non sans outrances les attentats commis sur le sol français la semaine dernière. Dans un clip de campagne lancé lundi 12 janvier et traduit en français par le site d'information Okeanews, ND utilise des images de la marche parisienne du 11 janvier pour proclamer que « au moment où l'Europe s'arme, Syriza propose le désarmement des agents de police, la suppression des prisons de haute sécurité pour les terroristes et la naturalisation sans règles... » Et de conclure : « Avec Nouvelle Démocratie, la sécurité des Grecs n'est pas négociable. » Déjà, le soir même de l'attaque contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, Antonis Samaras, dans un meeting avait fait le rapprochement entre cet attentat et la naturalisation des migrants clandestins soi-disant souhaitée par Syriza, la coalition de la gauche radicale qui est actuellement en tête des sondages.
L'échec de la peur du Grexit
Désormais, Antonis Samaras ne manque pas une occasion d'insister sur sa volonté de protéger les Grecs et de soutenir les forces de l'ordre. En réalité, la volonté de mener la campagne sur ce terrain traduit un échec : celui de l'utilisation (comme lors du précédent scrutin en juin 2012) de la peur pour amener les Grecs à « bien » voter. La menace de « Grexit », agitée fort opportunément par le gouvernement allemand le 3 janvier via l'hebdomadaire Der Spiegel, n'a pas impressionné les Grecs, ni Syriza.
Le parti d'Alexis Tsipras a affirmé très clairement qu'il ne souhaitait pas sortir de la zone euro. Du reste, cette menace a fait l'effet d'un boomerang puisque la menace a rendu les marchés très nerveux, prouvant dans les faits qu'un Grexit ne serait pas aussi anodin que le pense le gouvernement allemand... Il a donc cessé rapidement d'être agité, y compris par Berlin.
Des sondages inquiétants pour Antonis Samaras
Le boomerang a également frappé Antonis Samaras qui, comme le titrait en une lequotidien Avgi mardi 13 janvier, a toutes les raisons de crier : « Au secours, sainte vierge! » Les sondages sont, depuis quelques jours, très favorables à Syriza. Après une réduction de l'écart entre ND et Syriza la semaine dernière, le voilà qui se creuse à nouveau. Une enquête de Public Views, sortie lundi, donne ainsi 38 % d'intentions de vote au parti d'Alexis Tsipras contre 30 % à celui d'Antonis Samaras. Un autre sondage, paru le même jour et réalisé par ProRata, attribue une avance de 5,5 points à Syriza (31 % contre 25,5 % pour ND).
Même si les deux alliés possibles d'Antonis Samaras, les sociaux-démocrates du Pasok et les centristes de To Potami, entraient au parlement, l'actuel Premier ministre ne semble pas en mesure de former une majorité au parlement. Pour le moment, Syriza non plus, mais sa probabilité d'en obtenir une est, chaque jour, plus élevée.
Maigre bilan économique, faible programme économique
C'est qu'Antonis Samaras ne peut guère s'appuyer sur son bilan économique. Les vertus de l'excédent primaire ne séduisent guère les Grecs qui, dans leur vie quotidienne, continuent de subir les conséquences de la crise et de l'austérité. Son incapacité à obtenir, malgré cet excédent primaire, une renégociation sur la dette comme les Européens le lui avaient promis en 2012, a sapé une bonne partie de sa crédibilité, laquelle n'a pas résisté non plus à sa volonté hâtive de vouloir sortir du plan de sauvetage cet automne.
Enfin, les électeurs grecs n'auront pas manqué de remarqué que le programme économique de ND, publié lundi, semble assez fantaisiste : il s'agit d'obtenir une croissance annuelle de 4 % avec des baisses de taxes et la "poursuite des réformes". Antonis Samaras prétend en effet être le seul à pouvoir discuter avec l'Europe. Or, la Troïka réclame des hausses d'impôts et de nouvelles coupes budgétaires. Et chacun sait en Grèce qu'Antonis Samaras n'a jamais fait preuve de beaucoup de résistance face aux Européens...
Antonis Samaras dos au mur
Antonis Samaras est donc incapable d'incarner le besoin de changement qui est désormais très fort en Grèce et qui se concrétise dans le rejet des deux partis traditionnels ND et Pasok, donné au mieux à un peu plus d'un tiers des suffrages exprimés. Acculé, il retrouve ses réflexes nationalistes qui, au début des années 1990, l'avait déjà mis en avant. A l'époque, il avait claqué avec fracas la porte de la Nouvelle Démocratie et fait chuter le gouvernement Mitsotakis sur la question macédonienne. Il peut espérer ainsi jouer sur un certain rejet de l'immigration dans certains milieux. Mais l'importance de l'économie dans le choix du 25 janvier rend sans doute cette stratégie perdante.
D'autant que, si Antonis Samaras reste plus populaire sur le plan personnel qu'Alexis Tsipras, ce dernier apparaît nettement plus serein. A Kavala, mardi, il a tranquillement répondu à son adversaire que « l'on ne peut rien construire avec des attaques sombres et de la peur ». C'est donc en posture d'homme d'Etat que se place Alexis Tsipras face à un Premier ministre qui semble perdre pied...
lundi 12 janvier 2015
Un message d’exigence à nos politiques
Mission accomplie : le peuple français, mobilisé comme jamais dans l’histoire, a envoyé à ses agresseurs un message d’une force incomparable. « Nous n’avons pas peur », ont dit d’une seule voix deux à trois millions de Français et les représentants de nombreux pays amis ; « Vous ne nous ferez pas taire ; vous n’imposerez pas vos valeurs, votre dictature de la pensée, votre antisémitisme ; vous ne gagnerez pas ».
Ce succès est exceptionnel, enthousiasmant. Tant mieux. Mais il ne règle évidemment aucune des questions qui nous ont explosé au visage pendant ces jours terribles. Prenons garde, alors, qu’il ne soit trompeur. On peut en effet se saouler de mots, s’enivrer de concepts – laïcité, République, vivre ensemble – en croyant que cela nous protégera. Il n’en est rien. Ce serait d’ailleurs une erreur de penser que toute la France a défilé, ce week-end : une partie d’entre elle ne se reconnaît pas dans cette mobilisation. Une partie d’entre elle se sent exclue et, sans approuver un seul instant la violence des terroristes, sait bien que les bons sentiments et l’unanimisme des réactions ne régleront pas les immenses problèmes que notre société doit affronter.
C’est l’autre message venu des millions de manifestants et des autres. Il s’adresse à nos dirigeants, actuels et futurs, à ceux-là même qui défilaient au premier rang. Ce n’est pas un message de soutien, c’est un message d’exigence. Il les oblige. Dans l’immédiat, quelles réformes mettre en place, quelle prévention, quel durcissement des conditions de circulation des hommes, quelle surveillance aux frontières ? Et puis, plus largement, que faire pour remettre nos valeurs au centre, quelle éducation, quelle façon de vivre, quel monde du travail, quel arbitrage entre libertés et contrôles, entre droits de l’homme et répression ? C’est bien tout l’équilibre de notre société qui est en jeu.
Et toute sa manière de construire l’avenir.
On est tous d’accord sur la liberté d’expression, bien sûr.
En quelques jours, quelques heures même, la situation est passée d’assez morose à celle d’un magma effervescent où l’émotionnel semble tout dicter. La tension est presque palpable. Sur les réseaux sociaux, l’électricité règne dans les échanges et on s’étonne presque que, pour le moment, ni Zemmour, ni Dieudonné (par exemple) ne se soient fait buter. Au fait, s’ils tombent sous une rafale, combien porteront un petit panonceau « Je Suis Zemmour » ? Et pour le sulfureux hebdomadaire de droite (extrême ?), un panneau « Je suis Minute », ça le fait ? En tout cas, on peut souhaiter qu’ils seront aussi nombreux que ceux qui portèrent, sans hésiter, le panonceau « Je suis Charlie ».
En effet, on ne pourra que s’accorder sur le fait que, si tout le monde a porté le pin’s Je Suis Charlie, s’est procuré le t-shirt ou le mug Je Suis Charlie, si tant ont même poussé la conscience jusqu’à s’abonner à un journal que pourtant, plus personne ne lisait, tout le monde, ou à peu près, est maintenant d’accord sur l’impérative et absolue nécessité de sauvegarder la liberté d’expression. Tout le monde doit, dès lors et pour éviter de faire un deux poids, deux mesures, s’accorder aussi sur la nécessité de laisser chacun s’exprimer, même s’il choque. Ne l’oublions pas : c’est parce qu’ils ont choqué que les dessinateurs de Charlie Hebdo sont morts. Ce sont ces morts que tous, nous déplorons. C’est cette liberté de ton que, tous, nous nous devons de leur reconnaître. C’est donc en toute logique que nous nous devons de l’accorder à tous.
Parce qu’après tout, la liberté d’expression ne souffre pas de segmentation. Comme je le disais dans un précédent billet, ce concept même de liberté d’expression n’a pas été conçu pour protéger les gens qui pensent et s’expriment comme tout le monde, qui évoquent la météo et le temps qui passe, mais bien pour ceux qui disent des choses qui dérangent, qui choquent ou qui remettent en cause l’ordre établi.
Si on refuse ce postulat, si l’on admet qu’on puisse restreindre la liberté d’expression, on s’avance sur une pente glissante où l’on admet dans la foulée que certaines expressions n’ont pas droit de cité, que certaines opinions sont interdites, que certains dessins blasphèment une religion, une loi, l’Histoire, la science ou les croyances des uns ou des autres. Si l’on admet, même un tant soit peu, que la liberté d’expression n’est pas totale, alors on admet le besoin de définir, dans la loi, des limites à ce qu’il faut penser. On admet aussi, de facto, qu’il va falloir des gens pour juger ce qui tombe ou pas sous le coup de la loi, ce qui est un discours autorisé de celui qui contrevient à la loi. On va devoir aussi admettre qu’il faudra couper l’article qui viole la loi, couper le site qui héberge un contenu illégal, poursuivre celui qui aura ainsi exprimé une idée de travers.
Et ça, bien sûr, personne ne le veut. Censurer des journaux, couper des passages dans les livres, poursuivre des auteurs, des journalistes, des caricaturistes, ce serait, immanquablement, sombrer dans les Heures Les Plus Sombres de Notre Histoire Tagada Tsoin Tsoin.
Bien.
Maintenant que nous sommes tous bien d’accord sur ce concept de liberté d’expression, qu’il n’y a plus d’ambiguïté ni sur ce qu’il recouvre, ni sur son étendue et sa nécessaire complétude, quand revient-on sur la loi Gayssot, pour en couper les parties qui concernent, justement, les restrictions à la liberté d’expression ?
Oh, je crois voir des sourcils qui se froncent, d’un coup…
Et puis, de façon plus générale, quand annule-t-on les lois mémorielles qui, finalement, expliquent ce qu’il est bon de croire, ne pas croire, dire ou ne pas dire en matière d’Histoire de France et du monde ? Je le rappelle : il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’une ou l’autre théorie portée par certains, mais bien de leur faire retrouver le droit pour lequel des penseurs, des auteurs, des caricaturistes viennent de se faire tuer. Si l’on est cohérent, si l’on est bien Charlie, on ne peut plus l’être à moitié, ou seulement pour les opinions qui ne bousculent personne.
Quand renonce-t-on enfin au politiquement correct gluant qui s’est diffusé partout, ce politiquement correct qui, par exemple, fait écrire que « les prénoms ont été changés » pour ne pas choquer de belles âmes, et travestir ainsi de simples faits, ce politiquement correct qui a fermé toute possibilité de débat sur les drogues (article L.630 du code de la santé), ce même politiquement correct qui a muselé tout débat sur l’ouverture du monopole de la sécurité sociale, ce politiquement correct qu’on retrouve dans toutes ces lois imbéciles qui ferment un débat en le rendant illégal ? Quand acceptera-t-on une vraie transparence, alors même qu’il y a encore en France, actuellement, une loi qui interdit la diffusion du patrimoine des élus ? Quand assurera-t-on, a contrario, la protection du secret des sources ?
Ah oui, la liberté d’expression, décidément, ça dérange, parce qu’en réalité, on est tous, peu ou prou, l' »islamiste intégriste » de quelqu’un. Tous, nous pouvons voir notre « prophète », notre opinion, notre croyance, notre vision de la société, de l’histoire, de la science ou de la politique choqué par l’expression de l’opinion d’un autre ou la caricature qu’il fait de la nôtre. Et tous, à un moment ou un autre, nous pouvons estimer, trop facilement, avoir été agressé et réclamer protection, réparation… vengeance.
Dans ce contexte, les lois Gayssot, Taubira, toutes les lois qui « encadrent » la liberté d’expression, c’est la façon soft de faire taire ceux qui dessinent les caricatures de nos opinions, en utilisant le petit marteau du juge. Bien sûr, ce marteau est plus propre que la balle de kalachnikov, mais le silence qui suit l’un n’a philosophiquement rien de différent de celui qui suit l’autre.
Alors, la liberté d’expression pleine et entière, chiche ?
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Vivement 2017 !
L’année 2017 sera le signal que la présidence socialiste touche à sa fin puisque nous entrerons dans une année électorale où la droite, ayant désigné son champion, reprendra les rênes du pouvoir ou de ce qu’il en restera. D’ici là, que dire ? Que faire ? Prendre son mal en patience en assistant un peu plus à l’effondrement d’un pouvoir réduit à ses dorures et à ses titres, colifichets aussi coûteux qu’inutiles ? Si l’urgence n’était pas aussi grande, ce spectacle pourrait avoir un caractère divertissant. En effet, quoi de plus réjouissant que de voir ces victoires municipales et sénatoriales en 2014, permettant d’anticiper les reconquêtes départementales et régionales de 2015 ? Le temps du socialisme local a vécu et c’est heureux.
Laissons un instant de côté ces considérations politiciennes qui font vibrer les états-majors et les militants, mais transforment si peu le quotidien de nos concitoyens. Les politiques veulent souvent faire croire qu’ils ont le pouvoir d’influer jusque sur la course du Soleil elle-même. Cela n’est évidemment qu’un théâtre d’ombres que tous les ex-ministres pourraient confirmer dans un éclair de lucidité.
La France doit cesser de se voir telle une immense pyramide où tout découlerait du sommet ; cette construction est périmée, inefficace et désormais dangereuse. Le général de Gaulle ne l’avait-il pas compris en proposant aux Français un référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat ? Il fallait desserrer l’étau de l’État, aérer notre organisation territoriale, simplifier nos institutions. Les conservateurs de tous bords lui firent payer son audace.
En 2015, la solution viendra des femmes et des hommes de ce pays ; celles et ceux qui, chaque jour, se lèvent, travaillent, paient leurs impôts, sans jamais défiler, se plaindre ou se répandre sur les réseaux sociaux.
Nos gouvernants ne veulent pas voir que les Français ont évolué, qu’ils ne sont ni bloqués en 1960 ni à l’époque du Roi-Soleil ou dans un âge d’or mythique. La retraite à 60 ans, le rôle de l’État ou le travail le dimanche ne sont plus des totems intouchables. Les Français de 2015 savent qu’ils devront travailler plus longtemps, que l’État ne peut pas tout et que l’ouverture des magasins le dimanche dans les grandes villes du pays n’est pas une aberration. Ils savent également que les expériences menées sur nos enfants au nom d’un extrémisme égalitariste sont vouées à l’échec. L’État socialiste, n’ayant que les mots “respect des différences” à la bouche, ferait bien de prendre en compte celles qui, à l’école, permettent de se former et de se construire au contact des autres. Supprimer les notes et tout ce qui pourrait différencier les élèves les uns des autres est une hérésie pédagogique et un mensonge fait à ces enfants.
La meilleure nouvelle pour l’année à venir est certainement la baisse des prix du pétrole, de 50 % en 2014, qui devrait avoir un effet considérable sur le pouvoir d’achat des ménages. Essentiel dans notre vie de tous les jours, voici un exemple parfait d’une situation sur laquelle l’État n’a aucune prise : surabondance de l’offre liée à l’essor du pétrole de schiste produit aux États-Unis et au maintien d’un niveau de production élevé par les pays de l’Opep. En l’espèce, la seule mission de l’État français est de garantir la baisse des prix à la pompe pour tous les consommateurs.
En 2015, je souhaite que l’État se retire progressivement de la vie des Français, en réduisant massivement le nombre de ses normes, car c’est là que sont les réserves de croissance, nichées dans chaque foyer où sont nos futurs entrepreneurs. La France de ce début de XXIe siècle est prête pour tenir son rang au milieu des nations du monde, comme elle le fait déjà depuis plus de vingt ans mais toujours avec un bras attaché dans le dos, son droit du travail, et un boulet au pied, son système fiscal.
« Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain : / Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » (Pierre de Ronsard.) La vie est aujourd’hui, n’attendons pas une hypothétique reprise venue d’en haut, elle est en nous. 2015 est une étape vers la reconquête de la France par son peuple comme le sera 2016. Dès aujourd’hui, tournons nos yeux et nos coeurs vers l’avenir et crions “vivement 2017 !”, que la France renaisse après cinq années d’abandon.
Déclin : La France devient la 6ème puissance mondiale
Déclassement. On ne peut que le déplorer : la France poursuit sa chute. D’après les informations rapportées par le Figaro, la France serait en passe de perdre son rang et de devenir la 6ème puissance mondiale.
La France était la cinquième puissance économique mondiale. François Hollande s’y accrochait et le répétait inlassablement pour tenter de rappeler aux Français touchés par le pessimisme que « nous appartenons à un grand pays ». Désormais, l’exercice oratoire sera plus compliqué pour le Chef de l’Etat. La France a perdu une place.
Le Royaume-Uni passe devant la France
Le Figaro révèle que « la France était effectivement «la cinquième puissance économique du monde» encore en 2013. Son PIB […] arrivait au 5e rang, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. Or celui-ci nous devance désormais: en 2014, le PIB britannique aura dépassé de 98 milliards d'euros celui de la France (2232 milliards d'euros pour le premier et 2134 milliards pour le second). Ces chiffres figurent dans un document de la Commission européenne consultable sur son site.
Un PIB de 2134 milliards
Dans le quotidien, Jean-Luc Proutat, économiste à BNP Paribas, donne une explication : «Sur les quatre derniers trimestres dont on connaît les résultats - du quatrième trimestre 2013 au troisième de 2014 -, les calculs font apparaître que le PIB français a été de 2134 milliards d'euros en France et de 2160 milliards d'euros outre-Manche», observe Jean-Luc Proutat, économiste à BNP Paribas ».
C’est une bien mauvaise nouvelle pour les Français qui viennent d’écouter les vœux de François Hollande, se voulant rassurant et souhaitant nous faire croire à nouveau aux vertus de sa politique économique.
Le retour de la censure politique
Dans la France de Hollande, la polémique est quasiment un délit. Le dénigrement est désormais interdit. De même que la nostalgie d’une France fière de son identité.
Depuis quelques mois, l’opinion publique se crispe. Elle se crispe parce que François Hollande s’échine à opposer une moitié des Français à l’autre. Il a commencé en prenant le parti des fonctionnaires contre les cadres du secteur privé assommés fiscalement. Ensuite, en imposant sans concertation le mariage homosexuel et en cassant les codes de la filiation, il a amené la France à divorcer d’avec elle-même. Enfin, en s’attaquant systématiquement aux traditions judéo-chrétiennes de la France au profit des rites musulmans, il a donné un élan aux pires communautarismes qui rongent la République et l’unité du pays.
Mais gare maintenant à ceux qui pointent du doigt la manière dont le chef de l’État accentue le déclin français. Son déclin économique, diplomatique, scientifique ou académique. Mais surtout le déclin de l’identité nationale. Ce qu’Éric Zemmour a très bien défini dans son best-seller, le Suicide français. Plus son livre battait des records de vente, plus la police de la pensée a été envoyée sur le front médiatique pour tenter de réfuter les thèses incontestables du polémiste, contredire ses chiffres et crier à la falsification. Avec cette fois-ci une grosse différence, c’est que, lorsqu’un héraut de la bien-pensance était diligenté pour démolir les thèses de Zemmour, son livre connaissait un regain de succès. Pour beaucoup de nos concitoyens, acheter et lire le Suicide français était un acte et une preuve de résistance. Résistance à cet insupportable multiculturalisme dont on nous rebat les oreilles. Résistance à ces théories héritées de Mai 68 pour déconstruire la société. Résistance enfin à ce prêt-à-penser que la plupart des médias audiovisuels ou subventionnés diffusent sans discernement.
Chacun sait comment tout cela s’est terminé. Éric Zemmour, qui, depuis dix ans, faisait la meilleure émission d’iTélé, a été limogé sans préavis, victime de la censure politique. Et le vent du boulet ne lui est pas passé loin sur RTL où il assure plusieurs chroniques par semaine. Ce que Coluche pouvait dire il y a trente ans sur les immigrés, les fonctionnaires ou les politiques à une heure de grande écoute, un journaliste de renom n’a plus le droit de le dire sur une chaîne d’information. Cela en dit long sur la régression du débat intellectuel dans notre pays, sur notre incapacité à discuter de sujets de fond qui déterminent la survie de l’identité française et sur la chape de plomb qui pèse désormais sur des sujets tabous comme l’immigration, le communautarisme, l’islam conquérant, la christianophobie, la dégradation dramatique de l’Éducation nationale ou l’assistanat.
Ce combat que mènent les censeurs contre tous ceux qui veulent ouvrir les yeux des Français n’est pas terminé. À peine sorti en librairie, le roman de Michel Houellebecq, Soumission, qui met en scène une islamisation de la France dès 2022, est déjà caricaturé, ridiculisé et cloué au pilori par les tenants de la bien-pensance et nos élites autoproclamées. Ce romancier de talent se défend de faire de la provocation. Il décrit simplement en accéléré et de manière romancée l’évolution possible de notre pays, si rien ne change. Bien sûr, son livre fait peur. Mais c’est une manière de crier au désespoir dans cette France où tout est devenu guimauve et Bisounours. Comme Éric Zemmour, Michel Houellebecq prend un gros risque. Celui d’être censuré, interdit de plateaux de télévision et mis au ban des médias. Ou pis encore, d’être marginalisé.
Il est très loin le temps où, sous la monarchie absolue, un homme comme Voltaire pouvait s’écrier : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »Belle époque que celle des Lumières où, dans les salons littéraires et philosophiques, chacun faisait valoir ses idées en toute liberté, et prenait goût à débattre et à écouter ses contradicteurs. Dans la France de François Hollande, le débat, la polémique, l’échange d’idées est quasiment un délit. Le chef de l’État l’a dit clairement pendant ses voeux aux Français. Le dénigrement de la France, c’est-à-dire de sa politique, est désormais interdit. De même que la nostalgie d’une France fière de son identité, de sa souveraineté et de sa diversité. La police de la pensée veille. Valeurs actuelles le sait bien pour être systématiquement la cible d’associations proches du Parti socialiste et l’objet de cambriolages ou de filatures. Mais sur tous ces sujets qui touchent à l’identité française, nous ne lâcherons jamais rien. Parce que vous, nos lecteurs, méritez de connaître la vérité. Et parce que comme l’écrivait Juvénal il y a déjà deux mille ans : « La censure épargne les corbeaux et s’acharne sur les colombes. »
vendredi 9 janvier 2015
Par trois mots
« Je suis Charlie »… En trois mots, par trois mots, une grande partie du monde se retrouve aujourd’hui unie. Des peuples, pourtant si éloignés les uns des autres, ressentent le besoin de partager la même émotion et éprouvent la même envie de le faire savoir. Au point que le slogan n’est plus seulement l’expression de la solidarité et la manifestation de la tristesse mais aussi un cri de guerre pour la paix et contre le terrorisme. Voilà ce que confirme également la tragédie de Paris : par l’instantanéité d’internet et la puissance des réseaux sociaux, nous ne sommes plus jamais seuls. Là où hier encore, il aurait fallu des semaines pour mobiliser, désormais, en à peine quelques heures, une cause parvient à s’imposer.
Encore faut-il, et heureusement, qu’elle soit juste.
Charlie Hebdo massacré
Aujourd’hui 7 janvier 2015, des hommes armés ont massacré 12 personnes dans le bureau parisien du magazine satirique Charlie Hebdo. Quatre des dessinateurs les plus connus du magazine et deux policiers font partie des victimes.
Les assaillants masqués sont entrés avec des fusils d’assaut dans le bâtiment, ont ouvert le feu lors de la réunion éditoriale hebdomadaire du magazine et ont échangé des tirs avec la police dans la rue avant de s’enfuir en voiture.
Des témoins ont entendu les hommes armés crier « Nous avons vengé le prophète Mahomet » et« Dieu est grand » en langue arabe. Ces assaillants sont les mêmes qui ailleurs – en Afghanistan, en Algérie, en Arabie, en Irak, en Libye, au Mali, au Niger, en Syrie, au Yémen – assassinent hommes, femmes et enfants parce qu’ils pensent différemment. Ce qui est visé ici, ce n’est pas spécifiquement la branche de la liberté de la presse, ni même son tronc, la liberté d’expression mais bien sa racine, le droit qu’a chaque individu de penser librement.
Et la défense de cette liberté de penser est l’un des combats originels du libéralisme classique. Le libéralisme émerge pour lutter contre l’absolutisme dans une Europe déchirée par les guerres de religion aux XVIème et XVIIème siècles. La liberté de penser et de communiquer est la condition de la libre investigation donc du progrès de la connaissance, écrit John Milton en 1644. La faillibilité de la conscience étant le propre de l’homme, il est inutile de la combattre par la contrainte, développe Pierre Bayle en 1686. C’est de cette liberté de conscience que découle la liberté de pensée, qui est nulle sans la liberté de parole, qui est elle-même nulle sans la liberté d’imprimer et de diffuser ses idées.
Cet arbre de la liberté individuelle ne peut prospérer sans un terrain propice. C’est pour cela queContrepoints, jour après jour, article après article, tente de faire comprendre au grand public l’extraordinaire importance de la liberté et de la responsabilité individuelle. C’est pour cela queContrepoints combattra les appels à des mesures sécuritaires liberticides qui ne manqueront pas de surgir suite aux événements d’aujourd’hui.
La liberté est ce qui fait de nous des Hommes. Notre attachement à elle se doit d’être viscéral. Le massacre écœurant d’aujourd’hui doit nous rappeler l’importance vitale de sa défense.
jeudi 8 janvier 2015
mardi 6 janvier 2015
«Hollande écolo» : ceci n’est pas un oxymore
Le président de la République en fait beaucoup pour démontrer que sa conversion écologique est sincère et n’est pas dictée par des calculs politiques.
Il n’a pas encore de formule à la Chirac (« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ») mais on y presque. François Hollande met depuis quelques semaines beaucoup d’émotion et de constance à parler d’écologie. Comme ce lundi encore sur France Inter . «Nous venons de vivre les trois années les plus chaudes de notre siècle. A Paris, il a gelé deux nuits en 2014, contre 25 en temps normal, des îles vont disparaître », a-t-il égrené. Qu’on se le dise : la conversion est sincère.
François Hollande était connu pour ne voir chez les écologistes que des partenaires avec lesquels parapher des accords politiques. Il assure désormais s’intéresser au sujet lui-même. « On dit souvent que je suis écolo par circonstances », a-t-il d’ailleurs souligné ce lundi, pour mieux le démentir : « Depuis que je suis en responsabilité, toutes les informations qui me sont données sont alarmantes ». Cela s’appelle une prise de conscience.
Patte verte et stature internationale
Et pour convaincre que non, assurément non, il n’y a aucun calcul politique derrière tout cela, François Hollande s’offre le luxe de prendre de front ses partenaires verts sur des sujets emblématiques, comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Quand les recours seront épuisés, « le projet sera lancé », a-t-il indiqué ce lundi. Quant à la charge de Cécile Duflot contre la loi Macron , le président a choisi de la traiter par le mépris. Par un petit sourire ironique, puis en confirmant tous les aspects du texte Macron , normes environnementales et transports en car compris.
Ainsi en va-t-il souvent lorsque l’on a trop besoin des gens : il faut leur montrer que tel n’est pas le cas. Pour cette année électorale à hauts risques (départementales et régionales) et plus encore pour la présidentielle de 2017, François Hollande veut coûte que coûte ré-arrimer les écologistes à sa majorité. Ils l’ont quitté pour cause de politique économique droitière ? Il veut les rattraper sur leur propre terrain, l’écologie, et profiter de cet agenda miraculeux qui place à Paris la conférence de 2015 sur le climat pour montrer patte verte et stature internationale. Alors embrayeront-ils, espère-t-il. Qu’on se rassure, François Hollande reste en 2015 encore un joueur de billard politique !La lutte contre le réchauffement climatique, un défi risqué pour l'exécutif
François Hollande : happiness therapy
Le chef de l’Etat tente de convertir le pays à son optimisme retrouvé, au moment où le moral des Français plonge.
Dans l’exercice éculé des vœux présidentiels, il y a cette année quelque chose de nouveau. François Hollande dit les mots habituels, « confiance », « espoir », « volonté », mais cette fois il les vit. Requinqué, presque résilient après une année éprouvante, omniprésent, comme ce matin encore sur France Inter. Il y croit.
A quoi au juste ? Difficile à dire. « En nous », disait-il le 31 décembre au soir. En l’économie française qui ne peut qu’aller mieux, assure-t-il, avec le pacte de responsabilité désormais opérationnel, la loi Macron sur les rails et Bruxelles se convertissant (prudemment) à l’investissement. A moins que ce ne soit surtout en lui. « L’année a été rude, j’ai tenu bon », a insisté le chef de l’Etat, dans une référence à ses difficultés personnelles.
Croire en la France, croire en lui-même, les deux ne sont pas incompatibles. J’ai surmonté les difficultés, le pays peut faire de même, semble même dire le président de la République. Thérapeute d’un pays qui ne s’aime pas assez, François Hollande propose le remède qui lui a réussi, l’optimisme et la confiance en lui.
La tâche est immense, si l’on en croit le sondage Ifop publié hier par « Ouest-France ». Avec seulement 29 % d’optimistes, le moral des Français n’a jamais été aussi bas qu’en ce début 2015, la défiance à l’égard du gouvernement n’a jamais été aussi haute.
Avec de tels niveaux, l’exercice thérapeutique de François Hollande n’est pas sans risque. S’il parvient à démontrer que le pays « repart », que les indices économiques virent au vert, un effet d’entraînement peut de fait se produire. S’il apparaît aux Français que le président va mieux parce que les circonstances politiques lui sont moins défavorables, que ses rivaux internes n’ont pas d’espace pour l’affronter, que Nicolas Sarkozy ne parvient pas à retisser le lien avec l’opinion et que Marine Le Pen reste un adversaire de second tour fragile, alors le résultat pourrait être tout autre. Les Français pourraient y lire du calcul politique, c’est-à-dire tout ce qui a concouru et concourt encore à creuser le fossé avec leurs dirigeants.
Dans un pays déprimé, l’optimisme est une arme boomerang.
BÊTISE À L'ETAT PUR : Grèce: l'appartenance à la zone euro est "irrévocable", rappelle la Commission européenne
Cette déclaration intervient alors que la chancelière allemande Angela Merkel jugerait "supportable" une sortie de la Grèce de la zone euro, d'après le magazine Der Spiegel paru ce week-end.
Pas de retour en arrière possible? L'appartenance d'un pays à la zone euro est "irrévocable", affirme ce lundi une porte-parole de la Commission européenne, en réponse à une question sur une possible sortie de la Grèce de la monnaie unique. Une déclaration qui intervient alors que la chancelière allemande Angela Merkel jugerait "supportable" une sortie de la Grèce de la zone euro, d'après le magazine Der Spiegel paru ce week-end.
Selon l'hebdomadaire, le gouvernement allemand juge même "inévitable" une sortie de la Grèce de l'euro si le parti de la Gauche radicale Syriza remporte les législatives grecques du 25 janvier.
"Les Grecs sont libres"
Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, avait appelé le 29 décembre les électeurs grecs à soutenir les réformes "favorables à la croissance" lors des législatives anticipées du 25 janvier, des réformes qu'il jugeait "essentielles pour que la Grèce prospère à nouveau au sein de la zone euro".
"Les Grecs sont libres de décider souverainement de leurs gouvernants", a déclaré ce lundi le président français François Hollande. "Quant à la zone euro, c'est à la Grèce seule d'en décider", avait-il ajouté. Une autre façon de dire que, quoi qu'en pense la Commission, "irrévocable" (comprendre, "impossible") n'est pas plus grec que français.
lundi 5 janvier 2015
Beaucoup de voeux pour rien
Beaucoup de voeux pour rien
Avec janvier déferlent les vœux présidentiels. Prisonnier d’un carcan institutionnel d’un autre âge, le chef de l’Etat va, un long mois durant, occuper son agenda en rendez-vous obligés avec le Conseil constitutionnel, les autorités religieuses, les corps constitués, les armées, le corps diplomatique, les territoires, les acteurs de l’entreprise et de l’emploi (sic!), les bureaux des assemblées et le conseil de Paris, la presse… Tout à sa stratégie de reconquête de la gauche, François Hollande a même ajouté deux audiences – avec l’éducation et la culture – à ce marathon de l’incantation. Une tradition républicaine ? Peut-être, mais plus encore un héritage éculé d’une Ve très monarchiste. Pire, un rituel usé d’un Etat omnipotent par qui tout procéderait, un symbole dépassé du primat absolu du politique sur la réalité économique, une image ringarde d’une élite politico-médiatico-administrative fermée sur elle-même, comme insensible au décrochage de la société civile…
Après l’inflation de commémorations, place à l’overdose de cérémonies ! Il s’agit pour le Président, nous explique-t-on, de débuter 2015 en saturant l’espace médiatique, une manière de garder l’offensive alors que les sondages frétillent, portés par l’empathie élyséenne… Pas d’annonces à attendre donc puisque le principal aurait – sans rire – été fait, mais une litanie de bonnes résolutions (c’est de saison), de formules abstraites, de précisions technocratiques, de paroles aussi virtuoses que creuses… Bref de la «bonne politique» avant 2017 comme si la lutte totale contre le chômage, la croissance molle et le déficit pouvait rester encore et toujours pendant une, deux ou trois années supplémentaires, un vœu pieu.
BONNE ET HEUREUSE ANNÉE A TOUS
Réapparition
L’année commence bien. Cécile Duflot est réapparue. Elle nous manquait. Certains êtres sont comme ça : qu’ils s’éloignent et beaucoup de repères s’en vont. Heureusement, elle n’a pas changé : la même finesse, le même goût de la nuance. Encore ne faudrait-il pas croire que l’ancienne ministre se contente de rabâcher de vieilles recettes. Pas du tout : ce combat qu’elle mène contre la politique de Hollande, elle le conduit au nom de la modernité. La modernité, quelle jolie trouvaille : en son nom de nos jours, tout est vite justifié. Et Mme Duflot a une formule qui dira quelque chose aux seniors et qu’elle a dû longtemps ciselée : la loi Macron, dit-elle, est « un grand bond en arrière ». Il est vrai qu’elle ne peut être accusée, elle, de pratiquer le moindre bond en avant.
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