TOUT EST DIT

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mercredi 15 octobre 2014

Amal Clooney et Geoffrey Robertson à Athènes le mardi 14 octobre 2014

De passage à Athènes pour étudier la possible restitution des frises du Parthénon à la Grèce, lesquelles sont actuellement détenues par le British Museum de Londres depuis le 19ème siècle, Amal Clooney multiplie les apparitions remarquées.

Arrivée ce lundi 13 octobre en compagnie de Geoffrey Robertson, le patron de son cabinet d'avocats londonien Doughty Street Chambers, l'épouse de George Clooney a de nouveau attiré les foules ce mardi après-midi lors d'une rencontre organisée au Ministère de la Culture grecque. Chaleureusement accueillie par le ministre Konstantinos Tasoulas, Amal s'est affichée resplendissante de beauté dans une élégante robe crème.
La crinière détachée sur les épaules et le sourire aux lèvres, la brillante avocate de 36 ans s'est frayé un chemin au milieu des photographes avant d'honorer son premier rendez-vous. Entourée de son équipe, la jeune mariée a longuement discuté du dossier en compagnie de ses homologues avant de repartir vers son hôtel situé en plein centre de la capitale, le Grande-Bretagne.

«L'Unesco a demandé au gouvernement britannique de se pencher sur une nouvelle médiation afin de trouver une solution. Ils ont jusqu'au 30 mars pour répondre, a déclaré l'avocat Geoffrey Robertson. Réunir ces fresques est quelque chose de vital. Que le British Museum refuse de se résoudre à cette restitution est immoral. C'est un projet que le monde doit soutenir», a-t-il ajouté selon le journal «Daily Telegraph». De son côté, Amal Clooney s'est enthousiasmée de sa visite lors de son arrivée à Athènes lundi soir. «C'est un honneur d'avoir été invitée par le gouvernement afin de participer à une série de meetings cette semaine. J'ai hâte de m'y rendre. Merci pour cet accueil chaleureux.» Ce mercredi 15 octobre, la juriste spécialisée dans le droit international devrait rencontrer le Premier ministre grec, Antonis Samaras, avant de se rendre au musée de l'Acropole. Aucun doute que les caméras du monde entier seront présentes pour assister à la nouvelle apparition de Madame Clooney.

L'Irlande va modifier la fiscalité des multinationales

L'Irlande a présenté mardi son premier budget libéré des contraintes de l'austérité depuis sept ans ainsi qu'une réforme de la fiscalité des entreprises qui met fin à un régime fiscal longtemps utilisé par des multinationales pour économiser des milliards d'euros.
Citée en exemple ces derniers mois par les responsables de la zone euro pour montrer qu'une politique d'austérité pouvait permettre à un Etat en difficulté de se redresser, l'Irlande est parallèlement de plus en plus critiquée depuis 18 mois, à la fois par l'Union européenne et les Etats-Unis, pour sa fiscalité, jugée trop favorable aux grands groupes tels que Google ( 554.99 +1.88%) ou Apple.
Le ministre des Finances Michael Noonan a donc inclus la suppression de certaines dispositions emblématiques dans le projet de budget 2015. A 18 mois des élections législatives, il a aussi annoncé son intention de réduire l'impôt sur le revenu des ménages à bas et moyens revenus, ceux qui profitent le moins de la reprise économique en cours.
Il a également dit vouloir modifier le régime fiscal de la propriété intellectuelle afin que l'Irlande reste une destination attractive pour les investissements.
"J'abolis la possibilité pour les entreprises d'utiliser le 'double irlandais' en changeant nos règles sur la domiciliation afin d'obliger toutes les entreprises immatriculées en Irlande à y établir aussi leur résidence fiscale", a-t-il expliqué au parlement.
"Depuis plus de 60 ans, l'investissement direct étranger a été la pierre angulaire du développement économique de l'Irlande (...) En prenant des mesures maintenant, nous donnons des assurances aux investisseurs sur l'impôt sur les sociétés en Irlande pour la prochaine décennie."
Les modifications annoncées sont les plus importantes depuis l'adoption à la fin des années 1990 d'un taux de 12,5% seulement pour l'impôt sur les sociétés, qui visait à attirer les investissements et les emplois.
L'emploi est aujourd'hui l'un des enjeux de la nouvelle réforme: quelque 160.000 personnes, soit près de 10% des actifs du pays, sont salariés du millier d'entreprises étrangères qui ont installé une ou plusieurs filiales en Irlande pour bénéficier entre autres de sa fiscalité.
LA FIN DU "DOUBLE IRLANDAIS"
Le mécanisme du "double irlandais" que Dublin s'apprête à enterrer permet à une multinationale de faire transiter par une filiale irlandaise des revenus non taxés qui sont immédiatement reversés à une autre filiale généralement installée dans un paradis fiscal tel que les Bermudes.
A partir de janvier prochain, les entreprises basées en Irlande seront automatiquement considérées comme ayant leur résidence fiscale dans le pays, ce qui rapprochera la fiscalité irlandaise de celle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne. Les sociétés déjà immatriculées en Irlande auront jusqu'en 2020 pour se conformer aux nouvelles règles.
Michael Noonan a ajouté qu'il avait l'intention de mettre en place d'ici un an un régime d'incitation fiscale similaire à celui de la "patent box" en vigueur dans plusieurs autres pays, qui permet de réduire les impôts payés par les entreprises sur les revenus générés par des brevets.
Concernant l'impôt sur le revenu, le ministre des Finances a annoncé une baisse d'un point du taux d'imposition le plus élevé, ramené à 40%, et un relèvement du seuil au-dessus duquel les bas et les moyens revenus sont davantage taxés. Les salariés gagnant plus de 70.000 euros par an ne verront pas leurs impôts augmenter, a-t-il précisé.
Le budget présenté mardi prévoit un déficit de 2,7% du produit intérieur brut (PIB) l'année prochaine, inférieur au plafond prévu par le Pacte de stabilité et de croissance européen même s'il dépasse l'objectif de 2,4% initialement fixé. La croissance, elle, devrait être de 4,7% cette année et de 3,9% en 2015 selon le gouvernement.
"La reprise ne s'est pas encore propagée à tout le pays et de nombreux foyers ne la ressentent pas encore. Le gouvernement en est tout à fait conscient", a assuré Michael Noonan.
"Notre pays a parcouru un long chemin pour arriver à ce stade. Sans le soutien et la capacité de résistance du peuple irlandais, notre économie ne croîtrait pas. Je crois que ce budget est la bonne approche à ce stade de la reprise."
Les années d'austérité qu'a vécues l'Irlande depuis la crise financière ont fait chuter le produit intérieur brut (PIB) d'environ 30 milliards d'euros, soit quelque 20% du PIB.

La Grèce suscite de nouveau la défiance des marchés

Le rendement des obligations d'Etat grecques a atteint mardi son plus haut niveau depuis sept mois et la Bourse d'Athènes perdait plus de 5% dans l'après-midi, la volonté d'Athènes de se libérer plus tôt que prévu du cadre de la "troïka" préoccupant les investisseurs.
Une poursuite de ce mouvement pourrait contrecarrer la volonté du Premier ministre Antonis Samaras d'abandonner le plan d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) avant la fin de cette année, donc plus d'un an avant l'échéance initialement prévue, dans l'espoir de tirer de cette initiative des gains politiques.
Le rendement de la dette grecque à dix ans a franchi le seuil symbolique de 7%, atteignant son plus haut niveau depuis mars. Et vers 15h00, le principal indice du marché boursier athénien abandonnait 5,6%.
L'indice des banques grecques chutait de 6,8%.
Athènes a réalisé avec succès deux émissions obligataires cette année mais les rendements de sa dette sont remontés ces dernières semaines, la perspective d'une sortie prématurée du plan d'aide faisant craindre une remise en cause de l'assainissement budgétaire. Certains investisseurs redoutent aussi la convocation de législatives anticipées début 2015.
"Il y a un mini-mouvement de panique aujourd'hui à cause de l'incertitude politique", a dit un trader à Athènes, qui a requis l'anonymat. "Avec le rendement à dix ans au-dessus de 7%, il semble que le projet du gouvernement d'une sortie anticipée du plan d'aide puisse être menacé."
Les autorités se sont efforcées de minimiser la remontée des rendements obligataires, un responsable gouvernemental déclarant que ce mouvement s'effectuait dans de faibles volumes sur un marché peu liquide.
"Ce ne sont que des craintes. Un accord (sur la sortie du plan d'aide) peut tout changer et va tout changer", a dit à Reuters une deuxième source gouvernementale haut placée qui a requis l'anonymat.
Antonis Samaras a facilement remporté un vote de confiance la semaine dernière mais cela n'a pas suffi à mettre fin aux spéculations sur la tenue au printemps de législatives anticipées qui pourraient, au vu des enquêtes d'opinion, élire un parlement sans majorité claire.
Un sondage de l'institut GPO publié mardi donne 6,5 points d'avance au parti de gauche radicale Syriza, opposé au plan d'aide UE-FMI, devant Nouvelle démocratie, le parti du Premier ministre.

les hôteliers veulent une saison touristique qui dure un an



Après une saison estivale record en Grèce avec plus de 20 millions de visiteurs, les hôteliers ont réclamé mardi des mesures pour prolonger la saison touristique pendant toute l'année, en misant sur "l'aide de l'Etat à l'instar du modèle espagnol"."La demande du produit touristique en Grèce est limitée à la haute saison touristique entre mai et septembre, ce qui n'est pas le cas dans les pays voisins concurrents comme Chypre, l'Espagne, l'Italie ou le Portugal", relève une étude de l'Institut de recherches touristiques (Itep), publiée par la Chambre des hôteliers grecs.
Pour parer à "ce mal récurrent du tourisme grec, qui continue d'être le moteur de l'économie du pays, il faut élaborer un nouveau modèle touristique (...) comme en Espagne où une série de programmes subventionnés par l'État depuis 25 ans" a contribué à développer "à long terme" le tourisme sur 12 mois, explique l'étude.
"Ce n'est que l'Etat qui pourrait assurer ce développement sous forme de subventions, de réductions fiscales ou d'autres mesures", a souligné Andréas Metaxas,président de l'Itep, lors d'une conférence de presse en présentant cette étude.
Pour Yannis Iconomou, hôtelier sur l'île de Crète (sud), l'une des plus importantes destinations touristiques du pays, "la réduction des itinéraires aéroportuaires vers la Grèce après la saison estivale rend difficile le développement du tourisme sur douze mois".
L'étude préconise des initiatives de l'Etat pour passer des accords avec les différents partenaires du secteur, opérateurs du tourisme, compagnies aériennes ou collectivités locales afin d'augmenter le nombre des visiteurs pendant toute l'année.
Par ailleurs les hôteliers se sont félicités d'une saison record cet été, qui dépasse 20 millions de touristes, en raison à la fois de la stabilisation économique et politique du pays en crise depuis 2010 mais aussi des violences dans les pays voisins, Turquie, Egypte et Moyen-Orient, qui réoriente les flux vers la Grèce.
"Athènes a été particulièrement favorisé cet été, avec une hausse de plus de 20% du nombre des visiteurs par rapport à l'année dernière, la plus grande augmentation enregistrée à travers le pays", a indiqué à l'AFP, Apostolos Doxiades, vice-président d'une grande compagnie d'hôtels à Athènes et ex-président de la Chambre des hôteliers grecs.

Le mirage de la relance américaine: une reprise inégale, financée avec de la dette



Récemment, le Wall Street Journal a noté que la pire récession que les Etats Unis aient connue depuis la Grande Dépression avait pris fin en 2009, mais que la reprise avait été lente. Même si le rebond au second trimestre a dissipé les doutes laissés par le ralentissement marqué au 1er trimestre, la croissance de seulement 1% sur l’ensemble du semestre a douché les espoirs d’une accélération de la reprise.
 
« En d’autres termes, la relance économique américaine a été inégale », analyse Bob Stokes d’Elliott Wave International. Il attire l’attention sur une autre caractéristique de cette reprise américaine : la nature de la reprise de l’emploi. Au mois de septembre, on enregistrait un taux de chômage de seulement 5,9%, ce qui est une franche amélioration par rapport à octobre 2009, où il dépassait les 10%.
Mais d’un autre côté, le taux de la participation au marché du travail du mois d’août n’a atteint que 62,8%, son niveau le plus faible depuis 1978, suggérant que la baisse du taux de chômage pourrait provenir pour partie du découragement d’un certain nombre de chômeurs qui suspendent leur recherche d’emploi. La baisse du taux de chômage masque également le fait que l’on compte plus de 7 millions de travailleurs à temps partiel qui ne parviennent pas à trouver un emploi à plein temps.
Depuis l’éclatement de la bulle dotcom en 2000, la croissance du PIB réel n’a été que de 1,7% par an.
Au cours des 14 dernières années, la Fed n’a jamais relevé que le nombre des emplois qui permettaient de faire vivre une famille avait diminué de 5%, que l’investissement réel et les équipements pour les usines avaient baissé de 20% et que le revenu médian des ménages est retombé au niveau qu’il atteignait en 1989.
« Même si l’économie américaine a franchi un jalon en mai avec le niveau d’emploi qui a renoué avec son niveau le plus élevé d’avant la récession, 29 des 50 Etats ne sont pas encore parvenus à cette réalisation. (…) « Cette relance ne ressemble à aucune autre », a déclaré un directeur de stratégie sur les taux américains qui suit le PIB des Etats. « Il y a une énorme disparité, ce n’est pas du tout une relance uniforme », avait noté Bloomberg à fin septembre.
Le site d’Elliott Waves avait lui-même analysé l'origine de la relance américaine. Il avait conclu qu’elle provenait pour une grande part du financement à crédit du gouvernement américain, et du prélèvement des ménages américains dans leurs économies pour maintenir la consommation. L’épargne nette du gouvernement et des ménages américains est donc fortement négative. « Cette relance est donc financée par le recours aux économies des gens, et par les emprunts sur l’avenir des instances gouvernementales », avait-il conclu.
Enfin, le Département du Commerce a indiqué le 2 octobre que les commandes de biens manufacturés s’étaient écroulées de 10,1%, leur plus forte chute depuis 1992.
Le même jour, Christine Lagarde, la patronne du FMI, avait déclaré que l’économie mondiale était plus faible que l’Organsation ne l’avait prévu 6 mois plus tôt. « Il y a de sérieux nuages à l’horizon », a-t-elle dit.

mardi 14 octobre 2014

Le grand best-of du flou

Le grand


best-of du


 flou

Dans un pays qui doute désormais profondément de la parole publique et qui – malgré deux prix Nobel dans la même année – a perdu une bonne part de sa confiance en soi, le sketch joué par l’Elysée et le gouvernement sur la réforme de l’assurance-chômage devrait entrer sans difficulté dans la liste des best-of du flou. En une semaine en effet, nous avons assisté à trois allers et retours sur ce sujet explosif : réforme ou pas réforme, maintenant ou plus tard, avec ou sans l’Etat, François Hollande a tout fait pour que plus personne ne sache à quoi s’attendre sur ce sujet.
Bien malin serait aujourd’hui celui qui pourrait dire ce qu’il adviendra du traitement des chômeurs. Le double jeu de l’Elysée a fonctionné à merveille : Bruxelles peut avoir entendu que le gouvernement français allait enfin s’attaquer à une grande réforme structurelle, et la gauche du PS peut tout aussi bien avoir compris que le régime d’assurance-chômage serait préservé ; les syndicats peuvent se rassurer : il n’y aura rien dans l’immédiat, et le patronat peut espérer : le temps viendra où l’Etat s’en occupera et où l’on pourra tendre vers une diminution des charges sociales qui financent ce grand paquebot à la dérive. En attendant, il ne se passera rien.
On sait pourtant, pour en avoir vu les effets en grandeur nature chez la plupart de nos voisins, que la réforme de la protection contre le chômage est un point de passage obligé de la lutte pour l’emploi. De tous les blocages de la société française, la préférence pour le chômage est le plus constamment et le plus anciennement diagnostiqué. François Hollande le sait mais, par nature et par goût des jeux d’équilibre au cœur du pouvoir, il préfère continuer à faire comme s’il n’y avait pas un demi-million de chômeurs de plus depuis son arrivée à l’Elysée.

Le masque mortuaire de Jean-Marie Le Pen

C'est l'image de fin de Adieu Le Pen, le documentaire de Serge Moati que diffuse mardi soir France 2: le président d'honneur du Front national vient de réciter des vers de Musset qu'il affectionne. Moati adore quand Le Pen récite Musset.
«Dieu parle, il faut qu'on lui réponde.
Le seul bien qui me reste au monde
Est d'avoir quelquefois pleuré»
Jean-Marie Le Pen ferme les yeux, Serge Moati filme. La scène dure plusieurs secondes et Moati, un rien grandiloquent, conclut «Adieu, Le Pen» sur l'image de ce qui évoque un masque mortuaire. Frappant.
Drôle de documentaire, cette version vidéo du livre de Moati, Le Pen, vous et moi (Flammarion). En une heure et demie, le documentariste résume ses 25 ans de reportages sur le «diable» du FN auquel le lie un mélange ambigu et parfois sympathique de fascination (même s'il s'en défend) et de répulsion. En fait, il hésite: raconte-t-il ces 25 ans d'improbable compagnonnage ? La passation de pouvoir entre Jean-Marie et Marine Le Pen? Les divergences de ligne au sein du parti? La dédiabolisation du Front national? Ou le portrait de «cet homme», comme il dit, qu'il a «écouté inlassablement» et qui aura marqué, quoi qu'on en pense, cinquante années de vie politique française?
Moati ne choisit pas vraiment, il veut tout dire pour cette dernière fois, s'épanche un peu sur lui-même et le résultat final est un peu brouillon, décousu, avec bien sûr quelques pépites. Comme ce moment de janvier 2011 où Jean-Marie Le Pen murmure à l'oreille de sa fille, qui vient de lui succéder à la tête du parti, qu'elle devrait consulter un orthophoniste pour gagner en souffle. «T'as raison», répond la nouvelle présidente, visiblement excédée. Ou ce moment, après le défilé du 1er mai 2013, où Le Pen masque à peine sa colère de n'avoir pas été invité à parler à la tribune. Entre une statue de Jeanne d'Arc et un casque de scaphandrier, le père fondateur s'en prend sans agressivité, mais on sent qu'il n'en pense pas moins, aux tenants de la ligne laïque ou chevènementiste (Florian Philippot) et appelle sa fille à «montrer à l'aile chrétienne qu'elle n'est pas que laïque», et à ne pas oublier «la spiritualité».
En héritage, Jean-Marie Le Pen livre son secret, c'était juste avant les élections législatives de 2012 : «Comme je vais mettre ma petite fille en orbite et qu'elle sera peut-être députée, ils n'ont pas fini d'en avoir, des Le Pen!» Il éclate de rire. Il voulait mettre le bazar dans la «bande des quatre» de naguère? Il a réussi. Et ça va continuer. De ce point de vue, il pourrait dire: mission accomplie.

(Adieu Le Pen, mardi 14 octobre, 22h30 sur France 2)
Perso, je n'aime pas Moati 


Ras-le-bol à Calais

Ras-le-bol à Calais

Réclamer davantage de policiers face à la présence massive de migrants en ville : telle était lundi matin l’objet de la manifestation organisée par le syndicat Unité SGPPolice FO, qui a regroupé des policiers, des agriculteurs et des commerçants. De 200 à 500 personnes se sont rassemblées, une opération escargot a eu lieu en direction du centre-ville de Calais, mobilisant une trentaine de tracteurs, une dizaine de poids lourds et une centaine de voitures.
Thierry Depuyt, responsable régional du syndicat susdit, estime qu’il y a 2 000 à 2 500 migrants qui traînent dans Calais (73 000 habitants). La préfecture, elle, met le curseur à 1 400-1 500 migrants. Rien que cela… Année faste que 2014, puisque les migrants qui rêvent d’Angleterre, essentiellement des Erythréens et des Soudanais, sont quatre fois plus nombreux qu’en 2013. Le hic est que l’Angleterre n’est pas pressée de s’enrichir à leur contact.
« Les fonctionnaires de police n’arrivent plus à assurer la sécurité des Calaisiens et la leur, c’est pourquoi nous demandons au ministre de l’Intérieur un renforcement des effectifs de police », a déclaré Thierry Depuyt. Notons bien : la police n’arrive même pas à assurer sa propre sécurité…

Pas d’amalgame !

Le syndicaliste précise que « ce rassemblement se veut pacifiste, sans aucune connotation raciste ». Des militants de « Sauvons Calais », trop à droite, ont été priés de ne pas suivre la manifestation. Le journal Nord-Littoral a bien repéré quelques néo-nazis tout de même. Les responsables syndicaux avaient leur argumentation toute prête : ce n’est pas une manifestation contre les migrants, c’est une manifestation contre l’afflux migratoire et le manque de moyens policiers.
Ce hiatus entre expression d’un ras-le-bol et autocensure ne contribuera pas à résoudre le problème. Si on ne voit pas le rapport entre cette manifestation et le racisme, les Calaisiens voient très clairement celui qui existe entre immigration et insécurité. Les agriculteurs déplorent le squat de leurs bâtiments agricoles, de leurs champs, quand ce n’est pas la destruction partielle des récoltes… Vols de portables, vols de marchandises dans les magasins, agressions, rixes, tentatives de viols : telle est l’apport culturel des migrants à la vie calaisienne.
« Cette explosion de migrants à Calais a des répercussions locales sur le marché de l’immobilier et pour la sécurité des biens et des personnes », résume Thierry Depuyt avec beaucoup de délicatesse à l’égard de ceux qui pourrissent la vie des Calaisiens. Le directeur départemental de la sécurité publique du département, Thierry Alonso, s’inscrit en faux. Une commerçante s’est fait voler son tiroir-caisse la semaine dernière par quatre migrants ? « Un fait isolé. » La sécurité des Calaisiens est dans de bonnes mains.

Ce sont évidemment les migrants qui ont besoin d’être défendus, non les Calaisiens. Cinq associations ont réagi à la manifestation : « La stigmatisation des exilés présents à Calais ne résoudra pas la situation », ont écrit « Calais, ouverture et humanité », « Fraternité migrants du Bassin minier 62 », « le Réveil voyageur », « Salam » et « Terre d’errance ». Elles prônent « une politique publique d’hospitalité respectueuse des droits humains ». L’insécurité ? « Le Réveil voyageur », sur son site, déplore une « Nouvelle agression fasciste à Calais ». Que fait la police ? 

Les leçons de l’histoire

Les leçons de l’histoire

Supprimer le poste de Premier ministre ? Cette fois-ci, c'est le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, qui le préconise. Il n'est pas le premier à suggérer « un nouvel équilibre incarné dans une VI e République », et veut imaginer un régime de type « présidentiel à la française » où le président de la République perdrait toutefois son droit de dissoudre l'Assemblée.
Réécrire une nouvelle fois la Constitution du 4 octobre 1958 est, en tout cas, la pire des solutions pour y parvenir tant l'histoire politique montre que, de retouches en retouches, l'esprit premier de la V e République a été dénaturé, dès, d'ailleurs, l'institution de l'élection du président de la République au suffrage universel, en 1962.
L'hyperprésidentialisation était en germe. Elle a connu, en 2000, avec l'adoption du quinquennat et l'alignement des législatives sur la présidentielle, une éclosion délétère. Ce référendum – boudé par les électeurs – montre comment une réforme présentée comme une modernisation nécessaire peut mettre en péril une nation.
La mission sur l'avenir des institutions que va présider Claude Bartolone serait bien avisée de réfléchir aux torts que des innovations aux conséquences mal évaluées peuvent porter à un État. Et si tant est qu'il faille des modifications, pourquoi ne pas faire table rase de tous ces empilements dictés par les circonstances, quand ce n'est pas par l'air du temps, et reconstruire un avenir en tirant les leçons du passé ?

Quelqu’un m’a dit...

Finie la lune de miel ? Oui et cent fois oui. Mr. & Mrs. Clooney se remettent au turbin, et ce n'est pas plus mal : il faut nourrir la famille à venir. Direction la Grande Pomme donc pour la vedette hollywoodienne qui assistera aujourd'hui au comic con de New York, et la Grèce depuis hier pour Amal Alamuddine.
L'avocate internationale, flanquée d'une dizaine de juristes du cabinet londonien Doughty Street Chambers, est chargée d´un dossier particulièrement épineux : la restitution des biens culturels que la Grèce réclame à la Grande-Bretagne. C'est-à-dire : 12 statues, 156 dalles de la frise du Parthénon, 15 métopes du temple d'Athéna Niké qui jouxte le Parthénon, et une cariatide servant de pilier. Au total, la moitié des chefs-d'œuvre de la colline sacrée, offerts en 1806 par l'Empire ottoman au diplomate britannique lord Elgin qui les a cédés au British Museum. Pour la Grèce, ces monuments historiques doivent retourner à leur pays d'origine. Le royaume va-il ou ne va-t-il pas céder ? That is the question... En attendant le dénouement de cet hitchcockien suspense, Mme Clooney va rencontrer le Premier ministre grec et visiter avec un guide le musée Acropolis, où tout un étage est pour l'heure consacré à des moulages en plâtre du décor original du site de l'Acropole, en attendant d'accueillir les œuvres et de les exposer dans le respect de l'aménagement initial. Les Grecs ne rêvent que de ça ! Les Britanniques qui ne veulent rien entendre proposent une alternative : prêter les marbres pour une manifestation ponctuelle. Amal Alamuddine Clooney a du pain sur la planche...
Le Harry's Bar entarbouché
Il était écrit qu'ils chemineront ensemble jusqu'à ce que mariage s'ensuive. Eh bien, la première étape est franchie. Noor Farès et Alexandre Khawam se sont fiancés à Londres. La créatrice de bijoux et le vice-président d'Africa Private Equity Team at Duet Group, firme de gestion d'actifs au Royaume-Uni, qui avaient révélé leur grand amour lors des noces de Fouad Mikati et Candice Abela à Monte-Carlo en août dernier, ont affiché leurs bagues devant un bataillon d'ami(e)s réuni(e)s à dîner au Harry's Bar du Mayfair. Pour célébrer l'évènement, la carte du menu, illustrée du portrait des fiancés coiffés du tarbouche libanais, a été fignolée par la célébrissime anglaise Lula, du Herself Magazine anglais. Une publication semestrielle arty pop et stylish, qui cristallise notre époque, qui bouscule la mode, amuse et stimule... Aussi, pour rester dans l'ambiance, les invités ont reçu le fez de grand-papa qu'ils ont vissé sur leur crâne avec majesté... Robert Solé aurait applaudi le tableau.
L'automne très arty-chaud
Concocté par Appeal et l'Université pour tous, un programme-sésame entend ouvrir les portes des domiciles des collectionneurs d'art. Liliane Menassa, Denise Eddé, les two sisters-in-law Nada et Maya Doumet, et une bonne quarantaine de personnes ont ainsi visité les cimaises privées d'Abraham Karabajakian et Roger Akoury, les collections d'Alex Démerdjian, de Karim Abillama et celles de son papa, Samir Abillama, amoureux de ses sculptures : Lalane, Jean Desmarets, Jean-Michel Folon et Xander Sponken, qui ont provoqué des ah et des oh d'admiration de la part des étudiants. Ce jour-là aussi, ces derniers ont jeté l'ancre à Alita/Byblos, arpentant en long et en large le temple Maqam, royaume de César Nammour et premier musée d'art moderne et contemporain au Liban. Et rien que pour le plaisir de l'œil, la balade valait le coup...
La promenade arty a remporté un tel succès que de nouveaux aficionados, dont Gisèle Chahine, Mona Moukarzel, Myrna Naccache et Hoda Skaff, sont venus grossir la liste des amateurs déterminés à explorer d'autres collections : celles de Ghassan Tuéni, de Jihad Abillama et son fils Farouk, de Taha Mikati et du Yachting Club à Zaytouna Bay. Une parenthèse enchantée qui a été suivie d'un déjeuner à l'hôtel Albergo, offert par Rita Nammour.
Peindre à l'Ixsir
Avis aux amateurs : Samir Abillama, Élie et Randa Gebrayel, Shirine Abdallah, Nassif et Vida Ragheb, Joëlle Bou Nassif, Hadi el-Assaad, Laurice Murr et Henri Debanné et ses enfants sont des artistes à suivre. Leur talent de coloristes a éclaté sur la toile lors d'un coucher de soleil à Basbina, et leurs œuvres pourraient se retrouver un jour en galerie ! Étienne Debbané n'a pas chômé non plus : comme à son habitude, mister Ixsir a proposé une visite guidée de sa magnifique cave avant que de faire sauter des douzaines de bouchons. Alors, soûls de vin et de peinture, ses invités, c'est-à-dire les quarante peintres en herbe inscrits aux cours d'art et création d'Élise Turk du Centre culturel du Collège Notre-Dame de Jamhour, ont ensuite salivé avec un enthousiasme quasi extatique sur le menu préparé par le chef Nicolas Audi. La soirée s'est terminée sur le rythme d'une house music qui les a immanquablement poussés à danser et voguer... au gré du vin.

La violation des traités est devenue la routine des dirigeants européens par temps de crise

Le professeur d’économie Charles Wyplosz juge stupéfiant qu’aucun juriste ne se soit penché sur les violations répétées de principes juridiques inscrits dans les traités européens. Explications.

Sur les causes et les conséquences économiques de la crise de la zone euro, tout a été dit, et même son contraire. Mais ses aspects juridiques sont trop peu débattus. Il est grand temps que les juristes s’emparent du sujet, et pas seulement les juristes allemands qui traînent la Banque centrale européenne (BCE) devant la Cour de justice de l’Union européenne après avoir saisi la Cour constitutionnelle allemande pour de mauvaises raisons. Et pourtant, la gestion de la crise a été marquée par la violation de nombreux principes juridiques inscrits dans les traités européens.
Violation de la clause de non-sauvetage qui interdit aux pays membres de la zone euro et à la BCE d’aider financièrement un pays en difficulté en raison de ses propres erreurs. Tous les pays en crise ont bénéficié de telles aides. Pire même, une nouvelle institution, le Fonds européen de stabilité financière, a été créée spécialement pour cela. Ce fonds ne devait durer qu’un printemps ou deux, histoire de ne pas violer la clause de non-sauvetage trop profondément, mais il a été remplacé par une institution pérenne, modestement nommée Mécanisme européen de stabilité.
Violations répétées de la souveraineté nationale. Les premiers pas ont été faits avec la Grèce, sous le prétexte implicite que c’est un pays peu digne de faire partie du club. Le premier ministre Georges Papandréou a été effectivement poussé à démissionner lors du sommet de Nice pour avoir voulu soumettre à référendum le plan d’austérité voulu par les autres pays. Il avait osé prendre le risque de remettre en cause le plan de sauvetage (illégal) qui a causé une souffrance inouïe à ses concitoyens! Auparavant, il s’est vu interdire de faire appel au FMI, comme le fait tout pays incapable de lever des fonds sur les marchés financiers. La raison semble avoir été la crainte que le FMI n’encourage la Grèce à restructurer sa dette publique. Un an plus tard, l’ordre de restructurer la dette est venu de Berlin et Paris, plus précisément de Deauville, au terme d’une promenade de «Merkozy» en bord de mer. Enfin, la Grèce a été mise sous tutelle par la troïka qui a imposé un plan d’austérité – qui dure encore – et des réformes structurelles aux successeurs de Papandréou. Ce type de mise sous tutelle est la condition habituelle des aides du FMI, mais le FMI n’était que le partenaire junior de la troïka, pilotée par la Commission, en relation très étroite, dit-on, avec le gouvernement allemand. Comment le FMI a-t-il pu accepter de se prêter à cet artifice est une autre question qui pose un problème de droit.
Violations du principe de subsidiarité. Le Pacte de stabilité a été réformé pour cause d’échec patent et répété. Ce pacte vise à établir la discipline budgétaire, qui est effectivement une condition de survie de l’union monétaire. Mais il repose sur des obligations spécifiées par la Commission européenne dans un domaine où les parlements nationaux sont souverains. Pour cette raison, les injonctions de la Commission sont régulièrement ignorées, au risque de sanctions financières. Pris en tenaille entre ses électeurs et la Commission, tout gouvernement choisit inéluctablement d’écouter ses électeurs. Bien sûr, il doit y avoir des conséquences lorsque le résultat est une explosion de la dette, et c’est bien pour cela que la clause de non-sauvetage a été inventée. Une fois qu’elle a été délibérément mise au rebut, le Pacte de stabilité a été «renforcé», ce qui veut dire que le poids de la Commission a été accru. Mais le clash avec la souveraineté demeure, comme on le voit ces jours-ci dans le cas de la France. Le principe de subsidiarité exige que l’on cherche avant tout des solutions nationales pour faire face à des problèmes nationaux. Le frein à l’endettement suisse est le modèle à suivre, et il a d’ailleurs été suivi par l’Allemagne. Mais cette solution ne semble pas avoir la faveur des eurocrates, principe de subsidiarité ou pas.
Cela fait tout de même beaucoup de violations des traités européens par les gouvernements et par la Commission européenne. Certes, les gouvernements ont mobilisé leurs juristes pour habiller leurs décisions, mais c’est à une cour de justice d’apprécier la validité de leurs arguments. Or aucune instance juridique n’a été saisie. La seule procédure en cours est celle de juristes allemands qui accusent la BCE de sortir de son mandat. Ils lui reprochent de garantir – partiellement et sous condition – les dettes publiques des pays membres. Or toutes les banques centrales, y compris la Réserve fédérale, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon, offrent de telles garanties – totales et inconditionnelles. Nous avons donc le mauvais procès, pas le bon. Stupéfiant, non?


Grèce : Amal Clooney, l'avocate qui fera peut-être revenir les frises du Parthénon

Amal Alamuddin, l'avocate depuis peu mariée à Georges Clooney, est en Grèce jusqu'à jeudi. Avec le Premier ministre, elle doit évoquer les recours légaux qui permettraient à Athènes de récupérer les sculptures du Parthénon, toujours conservées au British Museum de Londres.

Mariée depuis peu à l'acteur américain George Clooney, la brillante avocate est de retour aux affaires. A Athènes, jusqu'à jeudi, elle doit rencontrer, avec deux autres représentants , le Premier ministre Antonis Samaras et le ministre grec de la Culture. Raison de la visite : discuter des recours judiciaires permettrant à la Grèce de récupérer les frises du Parthénon, toujours "détenues" par le British Museum de Londres.
Rien de tel qu'une femme de star pour attirer l'attention sur ce conflit. Rappel des faits : en 1801, l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople fait enlever plus de 150 sculptures de la décoration extérieure du Parthénon, le célèbre édifice antique juché sur l'Acropole d'Athènes. La cargaison est acheminée jusqu'au Royaume-Uni puis vendue au British Museum, où les oeuvres sont aujourd'hui exposées, chambre 18, très précisément.
La Grèce et le Royaume-Uni d'accords pour en discuter
Ce n'est qu'en 1983 que la ministre grecque de la Culture de l'époque demande officiellement leur restitution. Ce à quoi le British Museum a longtemps opposé que les éléments de frise lui appartenaient légalement et qu'ils seraient mieux conservés sur le sol britannique. Mais depuis 2009 et la réouverture du musée de l'Acropole, un établissement flambant neuf situé au pied de la célèbre colline, le dernier argument ne tient plus. La Grèce explore désormais les pistes légales lui permettant de récupérer son patrimoine.
Depuis 2011, le pays fait ainsi appel aux conseils d'Amal Alamuddin, spécialiste du droit international, qui a notamment défendu le fondateur du site Wikileaks, Julian Assange, contre la Suède (qui cherche à faire extrader dans une affaire de viol), et l'ex Premier ministre ukrainienne Ioulia Timoshenko contre l'Ukraine. L'avocate n'est donc pas seulement un atout médiatique.
On n'en sait guère plus sur ce qu'Amal Clooney chuchote à l'oreille des Grecs. Mais "la Grèce et le Royaume-Uni se sont mis d'accord pour dialoguer sur la question", glisse-t-on au siège parisien de l'Unesco, l'organe des Nations Unies chargé de la défense du patrimoine, où l'on refuse d'en dire plus. Ironie de l'histoire, l'un des plus ardents défenseurs de la cause grecque, David Hill, le président de l'Association pour la réunification des marbres du Parthénon, est anglais de naissance.

lundi 13 octobre 2014

qui gouverne ce pays ?

Philippe Tesson dénonce "l'incohérence cafouilleuse" au plus haut sommet de l'État qui dure depuis deux ans et demi et dont les effets sont dramatiques.



Qui gouverne ce pays ? Il n'y a déjà plus de président, ou presque plus. Voilà que désormais il n'y a plus de Premier ministre, ou presque plus. Depuis hier, le chef, c'est le ministre de l'Économie, Emmanuel Macron. Dans une retentissante interview au JDD, il se désigne comme le patron, celui qui est chargé de partir à l'offensive, de relancer l'activité économique d'ici à la fin de l'année, d'intensifier les réformes, de recréer la confiance chez les entrepreneurs et dans les ménages, de créer avant six mois une nouvelle donne en Franceet en Europe, de libérer l'économie, de moderniser les conditions de travail, de s'attaquer aux professions réglementées, de trancher la question du travail de nuit et celle du travail du dimanche, d'en finir avec les réglementations obsolètes, de revoir l'assurance chômage... Tout cela est dans le texte, excusez du peu ! Un véritable programme de gouvernement. Vite fait, bien fait ! Avant six mois, la France aura retrouvé son crédit, la croissance, la prospérité, l'emploi, et en mai 2017, elle reconduira François Hollande. Que ce dernier n'a-t-il eu plus tôt l'idée géniale de confier à ce phénix des hôtes de ces bois les intérêts du pays ? Tant de temps perdu ! Valls, c'était donc un leurre !...
 
Mais soyons sérieux, à défaut qu'ils le soient. Que signifie ce nouvel épisode intempestif de la déjà longue histoire ubuesque du mandat de François Hollande, jalonné de bourdes ? Une gaffe délibérée ? Une provocation ? Une manoeuvre ? En tout cas, un désordre de plus. Était-ce le moment, alors que les témoignages d'un affaiblissement de notre économie se multiplient, alors que le crédit du président de la République est au plus bas, alors que la majorité est au bord de la fracture, alors que la confiance du peuple dans l'avenir est mise à mal par les sinuosités, les louvoiements, les contradictions du pouvoir de gauche, était-ce le moment de laisser un jeune ministre inexpérimenté jeter dans le marécage français un pavé aussi inopportun ?

Inconscience, irresponsabilité

Est-il destiné à donner un gage aux dirigeants de la Commission européenne à la veille de la mise en surveillance à laquelle ils vont soumettre la France ? Il faut vraiment les considérer comme des imbéciles pour croire qu'ils vont prendre pour argent comptant l'extravagant catalogue de projets, d'ambitions et d'engagements que décline M. Macron, quand on sait l'absence de crédit politique et de moyens financiers dont ils disposent, lui et son gouvernement. Est-ce pour envoyer un signe ? Et à qui ? Au Medef, qui a tout compris depuis qu'ils le couvrent d'hommages indécents après l'avoir si longtemps stigmatisé ? Au pays, qui ne croit plus en rien qui vienne d'eux ? Aux pauvres, qu'ils ont bernés ? En fait de signes, c'est un nouveau défi insultant qu'ils lancent à la gauche radicale en en rajoutant sur l'inflexion libérale qu'ils impriment à leur politique. Ils ajoutent à la maladresse le cynisme. Ou bien alors cherchent-ils la rupture définitive avec cette partie de leur électorat, hypothèse inconcevable lorsqu'on évalue les risques politiques qu'elle induirait.

Mais le comble est dans le mépris que les propos du ministre de l'Économie traduisent vis-à-vis de l'autorité du président de la République. Ce comportement frise l'inconscience, l'irresponsabilité. M. Macron porte à son sommet le désordre qui règne dans l'exercice du pouvoir depuis l'élection de François Hollande. Tenons-nous-en au dossier de l'assurance chômage. La semaine dernière, Manuel Valls évoque en plusieurs occasions et avec insistance la nécessité de réformer le système de l'indemnisation, idée qui lui est chère depuis longtemps. Aussitôt, Hollande le recadre : la réforme attendra 2016. 

"Totale harmonie"

Mercredi, à Milan, il déclare : "Il y a suffisamment de sujets pour que nous soyons bien occupés. On ne fait pas des réformes pour des réformes." Le lendemain, jeudi, à Lille, Valls répond au président : "La seule chose que je peux vous dire, et c'est ce que le président de la République a dit, il faut des réformes... et, croyez-moi, je suis très déterminé à les poursuivre." Et hier, Macron enfonce le clou de la discorde : "Il ne doit pas y avoir de tabou ni de posture... Il y a eu une réforme, elle est insuffisante... Comme l'État garantit financièrement le régime, il peut aussi reprendre la main si les blocages sont trop lourds." C'est ce que l'Élysée appelle "une totale harmonie". C'est ce que nous appelons une incohérence cafouilleuse, qui dure depuis deux ans et demi et dont les effets sont dramatiques. Qu'elle cache des intérêts politiques et des jeux d'ambition personnelle ne grandit pas ceux qui l'entretiennent.
Au point dangereux où en est aujourd'hui la France, le président de la République, qui est toujours là, comme il le dit avec un humour d'un goût douteux, ne terminera son mandat que s'il met désormais un minimum de clarté dans ses intentions, ses actes et ses paroles, et un minimum d'autorité dans la conduite de son personnel. Quelques mois ont suffi pour que s'installe l'ambiguïté dans sa relation avec le Premier ministre. Quelques jours ont suffi pour qu'un jeune ministre s'arroge le pouvoir de parler comme un Premier ministre et ajoute sa voix, avec une immodestie ou une naïveté infantiles, au concert d'illusions qui berce la France depuis mai 2012.
Car qui peut croire un instant qu'il relancera avant six mois l'activité du pays, ce qui suppose qu'il maîtrise un contexte économique plus que jamais défavorable, qu'il convainque Bruxelles de la faisabilité de son projet, qu'il muselle la fraction rétive de sa majorité et qu'il vienne à bout des corporatismes auxquels il entend s'attaquer. Ce n'est pas que ses intentions soient mauvaises, et pas davantage celles de Manuel Valls, authentique réformateur. C'est que trop de pesanteurs les hypothèquent, budgétaires, sociales, politiques et culturelles, à commencer par le complexe de gauche qui les amènera à céder, par habitude, par faiblesse et par démagogie, aux oppositions qu'ils rencontreront dans leur action réformatrice.
Ils ont trop dit qu'ils étaient socialistes et qu'ils continuent de l'être pour avoir le courage de mener jusqu'au bout une politique réputée de droite, fût-elle conforme à l'intérêt de la France et à leur propre conviction. Cette équivoque ne se dissipera qu'avec le temps. Pas dans six mois, n'en déplaise à M. Macron.

Impuissance mondiale face à la barbarie

Impuissance mondiale face à la barbarie

« L’Etat islamique » en Irak et en Syrie poursuit ses atrocités dans une indifférence croissante : le monde s’habitue vite à la barbarie. Ainsi, 4 femmes ont été récemment décapitées, dont deux médecins restés sur place pour s’occuper des enfants et une juriste. Ce qui est étrange, c’est l’impuissance de la communauté internationale. Lesjihadistes sont 30 000 combattants au maximum. Ils ont contre eux les armées des pays arabes, l’Iran, la Turquie juste à côté, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, Israël, bref, quasiment la terre entière. Il n’est pas question de parler de « guerre des civilisations » puisque justement le monde occidental et la plupart des pays musulmans – les communautés musulmanes en général – sont en plein accord pour combattre le fléau. Ce conflit est celui de l’humanité contre la Terreur. Mais on ne parvient pas à s’entendre pour mettre fin aux massacres. L’humanité est en échec contre la Terreur. La situation rappelle un peu – éternel recommencement – ce que le monde a vécu dans les années 1970 avec le Cambodge de Pol Pot, ou le Rwanda 20 ans après. Une poignée de tueurs, un groupuscule, tient tête à l’humanité, à une communauté internationale dominée par l’indécision, la faiblesse, l’incapacité à agir. Il est incompréhensible, consternant, que les armées internationales ne parviennent pas – mais l’essayent-elles vraiment – de faire lever le siège de Kobané, localité voisine de la Turquie. Cette impuissance incroyable, non seulement de l’ONU, de l’Europe, de la Ligue arabe, mais aussi des géants politiques et militaires de la planète est une autre grande leçon de notre époque, montrant une communauté internationale telle un colosse aux « pieds d’argile »et soulignant à quel point la paix mondiale est fragile. 

Une loi injuste

Une loi injuste

Aussi parfaite que soit la loi, elle ne va jamais au fond des choses. A l’occasion de la transition énergétique, les députés ont adopté une disposition qui va susciter une nouvelle fois l’admiration du monde : ceux qui iront travailler à vélo pourront recevoir une indemnité kilométrique. Certes les entreprises verront leurs charges augmentées mais ne chipotons pas, elles ont l’habitude. Que les mollets soient payés pour que les poumons respirent mieux est une excellente initiative. Encore faut-il que la justice règne et que l’égalité soit respectée. Voilà le scandale : aucun défraiement n’est prévu pour les piétons. Pourtant marcher est encore plus écologique que pédaler. Il convient de réparer au plus vite cette iniquité. Et je ne parle même pas de tous ceux qui rament.

Totem et tabou

Totem et tabou

Oui, la lutte contre le chômage de masse, fléau numéro un de la France, passe, aussi, par une réforme de l’assurance-chômage. Manuel Valls et Emmanuel Macron ont mille fois raison de renverser le totem et de briser le tabou. La durée des indemnités, leur montant, leur dégressivité doivent être mis sur la table. Le système français d’indemnisation est à la fois trop coûteux et pas assez incitatif à la reprise d’activité.
Le fait que le sujet relève, en France, des partenaires sociaux ne peut pas être un prétexte à ne rien faire. La nouvelle convention Unedic entrée en vigueur le 1er juillet introduit certes quelques nouvelles mesures astucieuses comme les droits rechargeables pour les chômeurs. Mais elle n’empêchera pas le régime assurantiel d’être en déficit de près de 4 milliards d’euros cette année et la dette de l’Unedic d’atteindre, si rien n’est fait, 25 milliards l’an prochain.
Patronat et syndicats doivent être encouragés à plus d’audace. Mais pour une vraie réforme, le gouvernement aussi devra faire preuve de courage. D’abord, en s’attaquant aux abus comme celui du régime des intermittents : il serait scandaleux que l’Etat continue à prendre à sa charge pour ces derniers, au delà de décembre 2014, le différé d’indemnisation décidé par les partenaires sociaux. Ensuite, en luttant efficacement contre le chômage, ce qui suppose une plus grande flexibilité du marché du travail et une profonde réforme de la formation. Et enfin, en cessant d’alourdir d’un côté ce qu’il allège de l’autre : le choc de complexité qui découle de l’instauration d’un compte pénibilité, ou la loi Hamon qui fait peser une instabilité juridique sur les cessions d’entreprises, pèsent sur l’emploi et entravent, in fine, la lutte contre le chômage. Autant de tabous et de totems qui restent à briser.

Grève des pilotes d'Air France : "Nous avons perdu un an"

Pour le président d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, la grève et les 500 millions d’euros de manque à gagner mènent vers une sixième année de pertes.

Alexandre de Juniac revient pour la première fois sur la grève qui a paralysé pendant quatorze jours la compagnie. Le dialogue se poursuit avec les pilotes et pourrait aboutir rapidement à un accord. Le patron de la compagnie va aussi lancer un nouveau chantier : l'amélioration d'une demi-douzaine d'activités.
Aviez-vous anticipé un conflit des pilotes de cette ampleur?
Non. Un tel blocage était d'autant moins prévisible que nous avions négocié, ces trois dernières années, des mesures de restructuration beaucoup plus douloureuses. Là, il s'agissait de mesures de croissance avec à la clé 1.000 emplois nouveaux. Il faut maintenant tourner la page et avancer.
Pourquoi les pilotes ont-ils suspendu la grève puisque aucun accord n'a été trouvé?

Le sens des responsabilités l'a emporté. Nos propositions restent sur la table. Elles sont équilibrées et répondent, j'en suis convaincu, aux aspirations des pilotes.

«Si les pilotes ne signent pas notre accord, nous créerons une nouvelle compagnie.»
Et s'ils refusent de signer?
Dans ce cas, nous créerons une compagnie sœur de Transavia, Transavia Développement, en France, pour nous développer dans l'activité à petits prix, avec les nouveaux avions qui arrivent dans les mois qui viennent. Mais que les pilotes signent serait plus simple et plus logique. Avec Frédéric Gagey, le PDG d'Air France, nous espérons vivement que nous nous mettrons vite d'accord sur les meilleures conditions pour développer ensemble Transavia en France.
Pourquoi le low cost est-il si stratégique?
C'est le seul marché en croissance de notre secteur : il est donc capital que nous nous mettions en position de le conquérir! En Europe, le low cost représente aujourd'hui près de 50 % du trafic. Sur le segment des prix bas avec un service de qualité, Transavia peut devenir un des grands en Europe. La compagnie a d'ailleurs très bien marché cet été, avec des taux de satisfaction et de remplissage exceptionnels. Son programme hiver, qui débute le 31 octobre, propose d'ailleurs une augmentation de 56 % des sièges proposés.
Vous avez dû renoncer à créer Transavia Europe, par quoi passe maintenant votre développement?
Par l'accélération du développement de Transavia en France dans des conditions économiques compétitives. Il faut aller vite pour ne pas courir le risque d'offrir ce marché à nos concurrents, notamment à Orly, où des créneaux pourraient se libérer.
Comment arrivez-vous à chiffrer le coût de la grève à 500 millions d'euros?
La grève nous a coûté 20 millions d'euros par jour, auxquels s'ajoutent les dédommagements, les achats de billets parfois au prix fort auprès d'autres compagnies pour acheminer nos passagers, ainsi que l'impact sur les réservations des semaines à venir. C'est un immense gâchis. Mais nous avons mis sur pied un plan de riposte commerciale sans précédent pour faire revenir les clients dans nos avions.
«Nous subissons le marasme de l'économie de la zone euro.»
Air France s'achemine donc vers une sixième année consécutive de pertes?
Cette grève nous a fait perdre un an. Air France aurait dû être dans le vert cette année et ne le sera pas. Le groupe Air France-KLM avait, lui, un résultat d'exploitation positif l'an dernier.
Vos investissements de plus de 6 milliards sur trois ans seront-ils maintenus?
Nous allons continuer à investir massivement, mais il faudra prendre en compte le coût de la grève.
Un risque de crise avec d'autres catégories de personnel est-il à craindre?
Cela aurait pu être le cas si nous avions accordé aux pilotes des avantages que les autres auraient jugés indus ou qu'ils auraient exigés pour eux. Les rivalités qui existent chez nous entre les catégories de personnels nous affaiblissent. Ce n'est pas ma conception de ce que doit être une entreprise compétitive, efficace, solidaire. Pour faire voler des avions, il faut des pilotes, des hôtesses et stewards, des mécanos, des commerciaux… Il est impératif que nous nous entendions tous face aux défis de la concurrence des géants mondiaux.
Avec le recul, auriez-vous fait différemment?
J'aurais sans doute différé l'introduction du volet européen du projet Transavia, que j'évoquais pourtant depuis des mois. Il a été pris en otage par ce conflit. Nous aurions dû faire plus de pédagogie, car les inquiétudes autour d'un prétendu dumping social ou de prétendues délocalisations étaient complètement infondées.
Le groupe a supprimé 10.000 postes en cinq ans. De nouvelles mesures d'économies sont-elles à attendre?
D'ici quinze jours, nous allons commencer les discussions autour de notre nouveau plan, Perform 2020. L'idée est de trouver pour chaque activité le moyen de combler le fossé de compétitivité qui peut exister avec nos concurrents. C'est une démarche qui impliquera beaucoup la base. Nous allons demander des idées et injecter les nôtres, pendant quatre à cinq mois, à partir donc du mois de novembre. Il nous faudra être prêt au premier semestre 2015.
Quel est l'objectif de ce nouveau plan?
Rester l'un des premiers opérateurs mondiaux à racines européennes. Pouvoir garder notre place dans la cour des grands. Dans un secteur aussi capitalistique que le transport aérien, la taille est primordiale. Il faut une flotte et un réseau le plus larges possible. C'est ça que nos clients achètent. C'est pour ça que nous allons continuer à ouvrir des lignes, comme Brasilia ou Panama l'an dernier. Et resserrer les partenariats comme avec Delta aux États-Unis ou Etihad dans le Golfe. C'est la clé de notre survie, surtout face au marasme de l'économie de la zone euro que nous subissons. Et puis nous allons investir dans la maintenance, où nous sommes déjà un leader mondial, et dans le low cost. Je reste optimiste : la croissance est à notre portée.