TOUT EST DIT

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lundi 13 mai 2013

Exception culturelle française : quel sens lui donner à l'heure de la mondialisation et de l’Union européenne ?


Pierre Lescure rend ce lundi à Aurélie Filippetti son rapport sur l'exception culturelle française. N'y a-t-il pas un paradoxe entre notre vision économique de coopération (notamment européenne) et notre volonté de protéger notre culture ?

Olivier Amiel : Non, car dans de nombreux secteurs culturels (notamment audiovisuel et cinématographique), le financement public européen est complémentaire entre les aides allouées par les États membres et celles des organismes communautaires. Cela permet de ne pas perdre sa souveraineté dans les grands choix en matière de politique publique culturelle, tout en développant une politique commune dans ce secteur. Il faut également rappeler qu’il n’y a pas de différenciation entre artistes des États membres, les aides nationales doivent respecter le principe de droit européen de « non discrimination ». Enfin, de très importants efforts sont faits par les États et par l’Union européenne en faveur de la coopération culturelle avec les pays tiers, et notamment les pays dits du Sud qui connaissent des difficultés liées à diverses acculturations et n’ont pas toujours les moyens financiers de défendre leur propre exception culturelle.
Sans connaître encore le détail des propositions qui y sont faites, il faut au contraire admettre que ce rapport vient à point nommé afin de rappeler à la Commission européenne et à certains de nos partenaires dans l’Union européenne que la France dispose avec la politique culturelle d’un consensus politique assez vaste et assez rare sur le sujet. Ainsi, et notamment dans le cadre des négociations sur le futur accord de libre échange avec les Etats-Unis, nous devons nous opposer à la volonté de se servir de la culture comme monnaie d’échange en faveur de secteurs dans lesquels nous serions plus performants. Nous sommes finalement dans la même situation qu’à l’époque des négociations du GATT et de l’OMC il y a vingt ans, quand la France, isolée au départ, a su convaincre ses partenaires européens de la nécessité de permettre un traitement dérogatoire pour les biens culturels face au système marchand mondial. Il faut répéter l’histoire, et convaincre à nouveau du bien fondé du principe de la diversité culturelle.  
Jean-Michel Tobelem Pas nécessairement, car pour coopérer sur le plan culturel il faut le faire sur la base de sa propre culture, qui doit par conséquent demeurer suffisamment forte. Or le risque est que cela ne soit pas le cas – du moins pour les formes de culture les plus exigeantes – si on s’en tient aux règles générales qui régissent l’échange de biens et de services.
Dans ce cas en effet, la liberté totale des échanges peut conduire – comme on l’a vu dans de nombreux pays – à un affaiblissement de la création artistique et de la production nationale de biens culturels. Mais cela n’exprime en aucune façon un rejet des autres cultures.
On pourrait même dire le contraire dans un pays comme la France qui se nourrit des échanges artistiques internationaux. Même dans le registre de l’action culturelle extérieure de la France, notre stratégie d’influence repose sur l’échange et la réciprocité. Notre diplomatie culturelle admet ainsi que la défense de notre culture dépend aussi de la reconnaissance de celle des autres.
Rappelons du reste que les Fonds régionaux d’art contemporains (FRAC) achètent de nombreux artistes étrangers, que les scènes de spectacle vivant accueillent de nombreux créateurs venant de différents pays et que nos écrans de cinéma présentent plus de films étrangers que dans aucun autre pays.
Cela relève chez nous d’une tradition ancienne, mais on voit bien qu’en Allemagne, par exemple, le soutien à la musique est une cause nationale. On trouve donc fréquemment en Europe un assentiment sur l’idée que la culture n’est pas un secteur comme un autre, car elle a partie liée avec l’histoire, les valeurs et l’identité d’un pays.
Il est vrai qu’à l’inverse, dans le monde anglo-saxon, la culture est plus volontiers renvoyée à la sphère individuelle privée, avec l’idée que la puissance publique devrait s’en occuper le moins possible.

Depuis quelques mois, plusieurs polémiques ont été lancées autour des subventions des jeunes auteurs par le CNC. Le système de financement du cinéma français est-il toujours adapté à notre monde moderne ? Faut-il penser à le réformer ?

Olivier Amiel : Nous avons toujours le meilleur système de financement du cinéma au monde, basé sur un « autofinancement » du secteur avec notamment une procédure astucieuse de « redistribution » des résultats réalisés par l’industrie dominante, c’est-à-dire hollywoodienne. Vouloir le saborder serait une erreur tragique. Des aménagements et des corrections sur des effets pervers de certaines aides peuvent être apportés (et ils le sont déjà fréquemment), mais dans l’ensemble il serait absurde de renoncer à notre modèle de financement public qui a permis à la cinématographie et à l’audiovisuel français de garder une place importante sur le marché mondial. C’est donc un enjeu économique, mais également et surtout de société, car le vecteur de l’image permet la transmission « de soi » pour un peuple. Le peuple français, comme tous les autres peuples du monde, ne doit pas perdre cette faculté face à une globalisation de l’image et des références sociétales. Les attaques nombreuses et souvent irrationnelles contre le CNC ne font le jeu que des libéraux de la Commission européenne et surtout des majors hollywoodiennes. En critiquant un mécanisme qui fonctionne très bien, on prend le risque inouï de favoriser encore plus un impérialisme culturel dans le domaine de l’audiovisuel.
 Jean-Michel TobelemCe système peut bien évidemment être amélioré. Reste que la cinématographie française est puissante et en renouvellement permanent, ce qui n’est pas le cas de tous les pays.
On peut critiquer la politique française à l’égard du cinéma, mais la réalité a montré que dans les pays qui n’ont pas souhaité soutenir leur industrie nationale, qui représente des emplois et de la création de richesses, celle-ci a en grande partie disparu.
Il convient donc de rester vigilant sur ce point, car le danger serait celui d’une homogénéisation progressive de l’offre cinématographique, avec la marginalisation des films d’auteurs ou des productions les plus exigeantes sur le plan artistique. Un équilibre doit ainsi continuer à être recherché entre succès populaires et productions qui ne pourront pas rencontrer le même type de succès public, sans que leur qualité doive pour autant être mise en cause. Reproche-t-on aux livres de grands écrivains de ne pas être des best-sellers ?
Comme on le sait, la production artistique a souvent besoin de temps pour rencontrer un vaste public. Se contenter de présenter des productions destinées à la consommation de masse, quelles que soient leurs qualités, c’est appauvrir la création artistique et l’imaginaire des individus auxquels elle est destinée. C’est limiter le rôle de l’expérimentation artistique et la place de la culture d’avant-garde. Et c’est en définitive restreindre la liberté de choix du public.

La volonté de protéger notre culture n'est-elle pas le symptôme de notre perte de rayonnement mondial ? Cette obsession de la protection de notre exception culturelle n'est-elle pas le signe de notre arrogance et de la vision passéiste de notre grandeur ?

Olivier Amiel : Si c’était le cas, tous les États du monde – et pas seulement la France – seraient  « arrogants », car cette faculté de pouvoir défendre sa propre diversité culturelle est largement partagée et a même été reconnue par la « Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » de l’Unesco  adoptée à l’époque, en 2005, par 148 membres sur 154 que comptait l’Organisation…
La protection de la culture ne doit pas être regardée comme un élément pour retrouver sa « grandeur passée », mais pour permettre la survie du pluralisme des cultures face à un danger réel de globalisation dans certains secteurs de celle-ci.
Jean-Michel Tobelem On a beaucoup parlé du déclin du rayonnement culturel de la France. En tant que puissance moyenne, il est normal que la France ne soit pas (ou plus) le principal centre de création artistique et que d’autres foyers de création aient émergé ces dernières décennies, ce dont on ne peut que se réjouir. Il n’en reste pas moins que pour beaucoup d’étrangers, l’influence de la France dans le domaine des idées, des arts et de la culture reste forte ; beaucoup plus en tout état de cause que son poids économique ou démographique.
N’oublions pas qu’au Festival de Cannes, le plus important festival de cinéma au monde, nombre de films étrangers qui y sont présentés sont cofinancés par des producteurs français.
Faut-il regretter que les industries culturelles françaises soient moins présentes dans la culture de masse, dite « mainstream » ? C’est oublier que la France produit aussi de la littérature populaire, des films à succès et des artistes appréciés dans le domaine du théâtre, de la musique, du cirque, des arts numériques ou encore de la danse. Mais faut-il vraiment chercher à rivaliser avec les blockbusters hollywoodiens, sans en avoir réellement les moyens ? La France ne rayonne-t-elle pas avant tout grâce à ses penseurs, ses créateurs, ses artistes ?
Protéger la culture d’un pays est nécessaire, mais il est vrai que cela ne garantit pas obligatoirement l’existence d’une réelle diversité d’approches ou de discours. Mettre en place des quotas d’œuvres, par exemple, n’est pas synonyme de qualité et de diversité de l’offre. Là encore, il convient d’être attentif à la qualité de la production que l’on cherche à protéger.

N'est-il pas illusoire de penser que la culture peut échapper à un cadre financier ? ( avec la crise du mécénat..) ? La meilleure façon de sauver la culture n'est-elle pas de la laisser se financiariser ?

Olivier Amiel : Elle n’y échappe pas, mais certains intérêts généraux ne doivent pas être sacrifiés au nom des intérêts financiers. Je pense notamment au pluralisme des expressions artistiques, et surtout à la démocratisation de l’accès à la culture. Je cite souvent à ce sujet les mots du Député Pierre Rameil – initiateur du Théâtre populaire en 1920 – qui me semblent toujours d’actualité et valables pour l’ensemble de la culture : « L'art sous toutes ses formes, luxe de quelques-uns, cela choque déjà péniblement notre sentiment démocratique ; mais quand il s'agit de théâtre né de la foule et fait pour la foule, l'illogisme apparaît plus flagrant. Le spectacle pour une élite restreinte est déjà un non-sens ; mais si c'est la fortune qui détermine arbitrairement cette sélection, le non-sens devient parfaitement odieux ». Cela ne veut pas dire pour autant que la gratuité de la culture est la solution miracle, car le mécanisme de reproduction sociale est même aggravé si elle ne s’accompagne pas d’une politique à la base, c’est à dire à l’école, avec un système éducatif qui corrige les discriminations en matière d’initiation, de goût et d’acquis artistique.
En tout état de cause, la financiarisation dans la culture qui est inévitable peut parfois mettre à mal la diversité des arts et des publics. C’est pourquoi, il me semble normal et bien venu que les pouvoirs publics puissent réguler ce secteur au nom de l’intérêt général.
Jean-Michel TobelemLa financiarisation des industries culturelles conduit à la massification des efforts de promotion autour de quelques produits « vedettes », alors même que la rotation des productions artistiques est de plus en plus rapide ; ce qui laisse moins de chance aux auteurs de construire une carrière dans la durée.
La recherche d’une rentabilité croissante dans le domaine des industries culturelles (films, livres, disques) conduit d’ores et déjà – malgré le phénomène de la « longue traîne » – à une concentration des ventes au détriment des œuvres moins immédiatement accessibles par le grand public, au risque d’une diminution de la diversité de la production artistique.
Aller vers davantage de financiarisation ne fera que renforcer les tendances actuelles, dans un domaine qui reste fragile du fait de l’incertitude qui pèse sur le succès de toute production culturelle, qu’il s’agisse du cinéma, de la musique ou de la littérature. Comme on peut le constater, même l’utilisation de « stars » ou le déploiement de vastes de campagnes de promotion ne constituent pas désormais des garanties de réussite.

Plutôt que de vouloir protéger la culture, ne devrait-on pas envisager de stimuler la vie intellectuelle et artistique ? Par quels moyens ?

Olivier Amiel : On ne peut stimuler que ce qui est encore vivant, donc la protection par les pouvoirs publics de la diversité des cultures reste le préalable.
Cependant, l’initiative privée est nécessaire en matière de stimulation culturelle et artistique. Je crois d’ailleurs beaucoup au mécénat « 2.0 » via les plateformes de « Crowdfunding » c’est à dire le financement participatif des internautes avec multiplication de dons même modestes. Ce mécanisme est très prometteur, surtout dans le domaine culturel, avec l’avantage de pouvoir développer les projets dits « indépendants » qui n’auraient certainement pas pu voir le jour par les modes de financement traditionnels.
Jean-Michel Tobelem : Protéger sa culture n’empêche pas d’apprécier et d’échanger avec celles des autres pays, comme rappelé précédemment. D’où l’importance des subventions publiques, mais aussi des systèmes de régulation. Par ailleurs, c’est aussi l’une des conditions d’une riche vie artistique et culturelle, comme on le voit en France avec le maillage des bibliothèques de lecture publique, le soutien à de nombreuses compagnies de danse ou encore la création de multiples salles de musiques actuelles. Reste que des efforts restent à accomplir dans le domaine de la diffusion des spectacles, d’une part ; et, d’autre part, dans celui d’une accessibilité plus grande de la population à l’art et à la culture. Enfin, l’école et l’université, mais aussi les chaînes de télévision, pourraient sans doute jouer un rôle plus important à cet égard.
Stimuler la vie intellectuelle et artistique suppose aussi de conserver un réseau de libraires qui effectuent un indispensable travail de découverte et de soutien des écrivains (on sait que le réseau des disquaires indépendants a quant à lui quasiment disparu), de même qu’un ensemble de salles d’art et d’essai réparties sur l’ensemble du territoire national permet la sensibilisation des publics aux différentes formes de la création cinématographique.

73% des Français ne voient pas de changement depuis l'élection de Hollande


PARIS - Une majorité large et croissante de Français - 73%, + 2 points en un mois - ne perçoit pas de changement en France depuis l'élection de François Hollande, qui perd un point de satisfaction par rapport à avril, dans le Baromètre Clai-Metro-LCI réalisé par OpinionWay et publié dimanche.
Alors que les Français étaient 67% en mars et 71% en avril à estimer que depuis la victoire du candidat socialiste à l'Elysée il y a un an, "les choses ne changent pas", ils sont 73% en mai. 
26% (-3) sont d'un avis contraire et 1% ne se prononcent pas. 
L'action du chef de l'Etat suscite la satisfaction de 25% des personnes interrogées (-1) et le mécontentement de presque trois fois plus : 73% (+2). 
Son Premier ministre Jean-Marc Ayrault perd un point de satisfaction à 25% et aussi un point d'insatisfaction à 68%. 

OpinionWay compare ces deux taux à ceux de Nicolas Sarkozy au bout d'un an de mandat (39% de satisfaits) et de François Fillon au même moment (48%). 
Presque tous les ministres accusent une baisse notable dans le palmarès de l'action gouvernementale. Manuel Valls (Intérieur) reste en tête, mais perd 6 points, à 48%. Jean-Yves Le Drian (Défense) suit à 44% (-5) et Najat Vallaud-Belkacem (porte-parole, Droits des femmes) à 42% (-6). 
Baisse aussi, mais moindre, pour les leaders de l'opposition: le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé est premier dans ce tableau, à 43% (-3), suivi du député UMP François Fillon (40%, -1) et l'UDI Jean-Louis Borloo (37%, -2). 
Sondage réalisé du 2 au 7 mai par téléphone auprès d'un échantillon de 1.006 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas). 

Vérités historiques


«Maintenant que vos fils et vos filles vont la main dans la main / Faire l'amour ensemble et l'Europe de demain.» Georges Brassens Les deux oncles
Les commémorations sont toujours des moments de grande solennité surtout lorsque l'hommage qui est rendu aux morts est sincère et que le présent tient compte des erreurs du passé.
La télévision nous a montré les images d'un président de la République réanimant la flamme du Soldat inconnu ou fleurir le monument de l'un des chefs de la Résistance. C'est rappeler un peu que la Seconde Guerre mondiale avait fait plus de cinquante millions de morts dont plus de la moitié soviétiques. Mais les pays occidentaux semblent avoir oublié l'ennemi d'hier: le parti nazi a pourtant été porté au pouvoir d'une manière démocratique, par la voix des urnes: les partis bourgeois ont préféré un parti de l'extrême droite à une gauche, même modérée. Et les recherches historiques ne vont toujours pas dans le sens de la responsabilité historique de cette catastrophe humaine dont seul le lobby sioniste en a retiré un fonds de commerce juteux. Défense de mettre en doute le fameux chiffre des six millions de morts que la légende moderne a écrit en lettres de sang sur le dos des Palestiniens. Et pourtant, la falsification historique est si aisée pour ceux qui contrôlent les médias: «Dieu, que le son du cor est triste le soir au fond des bois.» Ce premier vers d'une poésie épique du réactionnaire Alfred de Vigny a longtemps bercé les oreilles des nationalistes français ou des militants du christianisme combatif.
Louis Aragon dans son essai La Diane française a démontré que la poésie ne s'accommodait pas de la vérité historique quand celle-ci n'arrangeait ni l'esthétique, ni la pensée poétique... Si la poésie ne s'accommode pas de la vérité historique, l'intérêt économique lui tord simplement le cou; la construction de l'unité européenne en est un exemple patent.
Les Allemands ont payé les dommages de guerre (à presque toute l'Europe sauf la Grèce) et n'arrêtent pas de demander des excuses.
Ce qui n'est pas bon pour la poésie et l'économie, l'est encore moins pour la politique.
Ainsi, j'ai été surpris par une déclaration de Jacques Chirac à l'occasion de la commémoration de la bataille de Diên Biên Phu. Il déclarait en substance: «Hommage à la mémoire des hommes qui ont transformé les batailles de Diên Biên Phu et de Roncevaux en épopées...» Mettre Roncevaux et Diên Biên Phu sur le même pied est une hérésie. Il est bien connu que Roncevaux n'a jamais été une bataille entre Maures et Francs, mais un épisode malheureux de l'aventure des troupes de Charlemagne dans les Pyrénées.
Un chef de troupe franc ayant mis à sac un village basque, les populations de ces montagnes se sont vengées en massacrant une patrouille menée par le neveu du grand Charles.
Ce n'est qu'au début du XIIIe siècle qu'un moine copiste, sur les directives d'un supérieur «éclairé» ecclésiastique a transformé cette mort peu héroïque, en épopée, inventant un traître à la nation (Ganelon) et imputant cette mort aux ennemis de toujours: les musulmans.
Il faut dire que cette falsification historique a été opérée au temps des premières croisades. Le poème d'Alfred de Vigny, lui, sera composé quand l'Europe chrétienne soutiendra la lutte de libération de la Grèce du joug ottoman.
Et, depuis, les exemples ne manquent pas pour illustrer que toutes les raisons sont bonnes pour détourner ou masquer les faits: le coup d'éventail pour conquérir l'Algérie, l'incursion de bandits tunisiens pour occuper la Tunisie, l'incident du golfe du Tonkin pour coloniser l'Indochine, l'incendie du Reichstag pour arrêter les opposants au régime nazi, l'assassinat de Abane Ramdane transformé en mort héroïque au champ d'honneur...
Quant aux victimes du 8 Mai 1945, dont les chiffres varient selon le côté de la Méditerranée où l'on se trouve, je vois mal un ministre algérien, qui a transporté ses pénates sur les bords de la Seine, demander les yeux dans les yeux des excuses à son homologue français....

Suffira-t-il de laver nos vêtements une fois l'an ?

Les chercheurs russes de Doubna, ville située non loin de Moscou, ont mis au point un nanocomposé unique repoussant les impuretés et l’eau. Les effets traités avec cette méthode révolutionnaire pourraient n'être lavés qu'une fois par an. 
Le procédé assure même la protection contre la graisse. Au niveau moléculaire le nanorevêtement arrête les substances liquides. Les molécules sont situées si près les unes des autres que la transsudation s’avère impossible, tandis que l’air passe librement et que l’étoffe respire. Mais, de l’avis de Roman Novitchkov, directeur de recherche au nanocentre Doubna, l’essentiel est que les installations spéciales et les equipements sophistiqués ne sont pas

nécessaires pour le traitement des tissus :
« C’est simple comme bonjour. Un coup de vaporisateur, quelques minutes pour laisser sécher le tissus, et le voilà imperméable ».
Le procédé est également applicable au papier, au bois, aux briques et au métal. Ainsi, le givre ne menacera plus les ailes des avions traités, les maisons seront plus résistantes. Mikhaïl Adamov, chercheur au nanocentre Doubna s'explique :
« Il suffit de laver les tissus traités une fois tous les six mois, quant à la protection des matériaux de construction, elle sera assurée pour huit à dix ans ».
A l’heure actuelle le nanocomposé en question est testé en tant que revêtement des parabrises et vitres d’automobile. Il n’est pas resté une seule goutte sur le pare-brise de la voiture qui a roulé plus de cent kilomètres sous une pluie battante. Selon les estimations un tel revêtement ne pourrait être renouvelé qu’au bout de six mois. /L

dimanche 12 mai 2013

ATTENTION ; PROPAGANDE DU NOUVEL OBS. PAR LE BIAIS DE FRANÇOIS REYNAERT : Hollande, boycott de popularité



25% d'opinions favorables pour le chef de l'Etat ! Les éditorialistes insistent sur le chiffre qui blesse, pourtant aucun n'a vu celui qui lui redonnerait espoir.



La mauvaise foi des commentateurs, leur refus de regarder les choses positives pour ne retenir que ce qui fait mal. Songez à ce cadeau que tous les médias ont fait à notre pauvre président de la République, la semaine passée, pour l'aider à célébrer la première année de son quinquennat : le rabâchage du seul chiffre qui comptait à leurs yeux, sa déplorable cote de popularité, son désormais fameux 25% d'indice de satisfaction auprès des Français.
Cette façon de présenter les choses tenait déjà de la mauvaise foi la plus éhontée. Pourquoi aucun d'entre eux n'a-t-il eu la décence de remettre ce chiffre à l'endroit ? Avec tout ce que François Hollande se prend dans la figure de tous les côtés depuis un an, être encore soutenu par un quart des Français tient plutôt du miracle ! Qui défend le malheureux ? L'extrême droite le canarde avec hargne. 

Sous les coups de boutoir de Mélenchon

L'extrême gauche aussi, mais avec une étrange sentimentalité qui nous avait moins frappé au premier abord. Jean-Luc Mélenchon ne vient-il pas de confesser que son seul rêve serait de devenir Premier ministre ? C'est extraordinaire. Après une année entière passée à traiter le président avec autant de retenue qu'un char soviétique écrasant la Pologne, il lui lance publiquement : "Un mot de toi et j'arrive." Comme on se trompe sur les gens. Là où l'on n'entendait que de la haine battait le dépit d'un cœur amoureux.
L'opposition de droite s'oppose droitement. Cela s'entend, c'est son boulot. Et puis elle fait des propositions qui valent qu'on s'y attarde. J'ai adoré, ce tweet récent de Jean-François Copé, hélas passé inaperçu : "Il faut redonner toute sa place au travail, seul moyen de faire reculer le chômage". Mais bien sûr ! Quelle méthode géniale, applicable à tous les domaines, avec ça !

Victime de la société du spectacle

Pour en finir avec la guerre, sachons redonner sa chance à la paix, pour résoudre enfin le drame de la maladie, songeons à la guérison et, pour redonner le sourire aux Français, n'hésitons pas à faire appel à Jean-François Copé, le Raymond Devos du néogaullisme. Et les socialistes, me direz-vous, ne pourraient-ils jouer leur rôle et défendre la politique du type grâce à qui ils ont été élus ? Bien sûr, ils le pourraient, mais quand ? Ils ont tellement de boulot à se foutre sur la figure qu'ils n'ont pas un moment pour le faire.
Du coup, le pauvre président est obligé de subir ce cauchemar récurrent des sociétés du spectacle, les assauts déprimants de la grosse machine médiatique, avec ses dossiers à charge, ses unes vengeresses et ses inévitables éditoriaux de tous les docteurs Je-sais-tout de la place. Ils seraient infoutus de gérer une crèche mais sont parfaitement capables d'expliquer comment s'y prendre pour relever un pays de 65 millions d'habitants. Ce que je préfère, dans ce genre de papier, c'est son inévitable chute : le grand appel au courage-dont-manquent-tant-les-politiques. Du point de vue de ceux qui les rédigent, notez, je comprends. Jouer au Jean Moulin du deux-feuillets pour en appeler au courage depuis la colonne de son canard n'en demande absolument aucun.

L'espoir

Le propagandiste
Et avec tout ça, disais-je, les journalistes si empressés de dénigrer ont raté le seul chiffre qui aurait pu mettre un peu de baume sur les plaies de notre mal-fêté de l'Elysée. Il se trouvait dans "le Parisien" au milieu d'un sondage mesurant la cote de ses prédécesseurs. Le général de Gaulle était au pinacle, cela se conçoit. On en a fait le Messie de la vie politique française. Il est normal que sa cote se trouve à la droite du Père. Pompidou s'en sort bien, sans doute parce que les gens le confondent avec le centre qui porte son nom. Giscard et Mitterrand sont au coude-à-coude, comme toujours. Sarkozy se tient. Au train où va l'affaire Guéant, cela ne saurait durer. Le plus extraordinaire était le score de Chirac, près de 60%. Fantastique non ? Tout le monde reproche à François Hollande sa politique. Jacques Chirac, la charentaise faite président, a réussi ce miracle, en douze ans de pouvoir, de n'en conduire aucune, et tout le monde l'adore. Cela laisse de l'espoir.

Hollande : "Je veux donner à la police et la justice les moyens de nous protéger"


HOLLANDE, UN AN APRÈS - Chaque jour, à l'occasion du premier anniversaire de la présidence de François Hollande, leJDD.fr revient sur l’une des 60 promesses de campagne du chef de l'Etat. Le président a-t-il tenu sa parole? Aujourd'hui, ses propositions en faveur de la police et la justice.

"Je mettrai en oeuvre une nouvelle sécurité de proximité"

ENGAGEMENT 52 - François Hollande affichait sa volonté de donner plus de moyens à la police. Ainsi le candidat socialiste disait vouloir mettre en œuvre "une nouvelle sécurité de proximité" ou encore créer des "zones de sécurité prioritaires".

"Je garantirai l'indépendance de la justice"

ENGAGEMENT 53 - Durant la campagne électorale, François Hollande s’est notamment engagé à réformer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Il a également annoncé vouloir interdire les interventions du gouvernement dans les dossiers individuels traités par la justice.

samedi 11 mai 2013

Europe : l'union politique est nécessaire


La commémoration du 8 mai 1945 nous rappelle que la guerre a existé et donc qu'elle peut toujours survenir. D'ailleurs, elle a sévi de nouveau en Europe lors de l'éclatement de la Yougoslavie.
Grâce aux dirigeants Mikhaïl Gorbatchev et Helmut Kohl, la Guerre froide s'est terminée sans l'explosion si longtemps redoutée. Depuis, la crise économique a incité les pays européens aux économies et les budgets militaires sont les premiers à décroître. Pourtant, c'est une illusion que de croire que la guerre est écartée pour toujours. Ce fléau peut revenir à l'occasion de tensions qui tourneraient mal à l'intérieur ou à l'extérieur de notre continent.
On voit la menace que constitue un pays comme la Corée du Nord. On constate la rivalité de la Chine et du Japon, une Chine dont la puissance militaire ne cesse de croître. Plus près de nous, outre l'Irak, l'Afghanistan, de fortes tensions existent au Pakistan ou en Iran. On assiste également au bouillonnement de plusieurs pays arabes et au probable éclatement de la Syrie. Celui-ci aura inévitablement des répercussions sur tout le Moyen-Orient. Nous sommes, d'une manière ou d'une autre, concernés.
Pour toutes ces raisons, l'Union européenne devrait resserrer ses liens et accélérer sa construction. Il s'agit de relever ensemble les défis qui s'annoncent et de s'y préparer. Sinon, ces difficultés nouvelles pourraient faire réagir diversement lesdifférents partenaires européens, et les divisions qui s'en suivraient pourraient devenir dramatiques.
Dépasser les égoïsmes nationaux
L'Europe, que nous avons fêtée le 9 mai, nous a valu la plus longue période de paix jamais vécue sur notre continent : 70 années. Elle est notre véritable sauvegarde. Pourtant, ces derniers temps, elle n'a jamais été aussi critiquée et décriée de manière agressive, par de nouveaux groupes extrémistes, populistes qui renaissent dans presque tous nos pays et qui, de plus, menacent la démocratie. 
Heureusement, des voix s'élèvent pour nous alerter : « Le culte du chacun pour soi freine l'action commune exigeante à laquelle se substitueront le retour des affrontements entre les États, la concurrence entre les salariés et les territoires, l'abaissement des standards sociaux... La coopération et la solidarité doivent prévaloir. Sans elles, les Européens seront les déclassés de la mondialisation... L'Europe manque d'un gouvernement économique », écrivent plusieurs parlementaires européens, français et allemands, dans Libération, le 9 mai.
De son côté, Bernard Guetta, dans le même journal, résume bien la situation : « Il faut que les pays de l'euro se fixent un calendrier d'harmonisation fiscale et sociale ; développent une politique industrielle commune ; mutualisent leurs emprunts ; se dotent d'une défense commune pour réduire leurs dépenses militaires, et solennellement annoncent qu'au terme de ce processus, l'union politique est leur objectif. »
On voit combien sont hors de propos les minables critiques récentes de certains politiques français à l'égard de l'Allemagne qu'on veut faire passer pour le mal européen. Alors même que, lors du 50e anniversaire du traité de l'Élysée, les parlements allemands et français ont déclaré : « La coopération franco-allemande est devenue, aujourd'hui, un socle national et fiable du processus d'intégration européen. »
À l'évidence, il est plus que temps de dépasser les égoïsmes nationaux !

Fillon se prend pour Pompidou..., il ressemble à Rocard


Vous revenez sur la phrase prononcée hier au Japon parFrançois Fillon, qui s'est déclaré candidat à la présidentielle, "quoi qu'il arrive". L'attitude de l'ancien Premier ministre vous rappelle deux de ses prédécesseurs. Votre parti pris : Fillon se prend pour Pompidou, il risque de finir comme Rocard...
Écartons d'emblée l'erreur d'interprétation : contrairement à ce qu'il a dit ensuite, François Fillon a bien parlé d'être candidat en 2017 - donc pas à la primaire UMP, mais à la présidentielle. Cette annonce indirecte, depuis l'étranger, rappelle étrangement l'"appel de Rome" de Pompidou, qui, en 1969, s'était posé en successeur de De Gaulle et, du coup, avait accéléré sa chute. De même, Fillon espère pousser Nicolas Sarkozy vers la retraite pour prendre la relève. Mais dans la longue histoire des Premiers ministres qui ont rêvé de l'Élysée, c'est plutôt à Michel Rocard qu'il fait penser : lui aussi avait juré de se présenter quoi que ferait François Mitterrand. Et il a fini par s'effacer...
Donc pour vous, pas de doute : il faut lire la phrase de François Fillon comme une attaque explicite contre Nicolas Sarkozy...
Loser, ça c'est certain.
C'est sûr. Quand il dit "quoi qu'il arrive", il faut entendre "qui qu'il arrive". C'est la réponse à cette question lancinante et qui l'insupporte : que fera-t-il si Nicolas Sarkozy veut revenir ? Le problème de Fillon, c'est que dans tous les sondages l'électorat de droite lui préfère largement Sarkozy pour 2017. En plus, ses partisans doutent de sa fermeté - il a déjà renoncé à la présidence de l'UMP et à la mairie de Paris... Donc, il cherche à la fois à rassurer ses troupes (sur lui-même) et à dissuader Nicolas Sarkozy (d'un come-back). On verra sur quel front il sera le plus convaincant...
Si on considère sa déclaration de Tokyo comme une entrée en lice quasi officielle, est-ce que François Fillon ne part pas un peu tôt ? La présidentielle, c'est dans quatre ans !
C'est vrai, mais jusqu'ici il se concentrait sur la primaire, et 2016, c'était déjà loin. S'il accélère, c'est qu'il ne pensait pas que Nicolas Sarkozy aurait un retour en grâce aussi rapide dans l'opinion. D'où les piques qu'il lance contre lui, les désaccords qu'il a exprimés (toujours après coup) sur les 35 heures, la compétitivité ou le FN ("irréconciliables", dit-il dans le documentaire de Franz-Olivier Giesbert diffusé sur France 3). Dans Le Monde, en février, il disait que si Nicolas Sarkozy revenait avec un projet susceptible de convaincre les Français, il le soutiendrait. On voit bien qu'il n'en croyait pas un mot. Depuis un an, il voulait incarner une force tranquille ; aujourd'hui, il est plutôt dans la force fébrile.
Quelle peut être la réaction de Nicolas Sarkozy ? Plusieurs de ses proches ont déjà réagi en attaquant François Fillon... C'est la guerre à droite qui recommence ?
C'était écrit. Les sarkozystes ont toujours considéré que François Fillon n'était pas un chef de guerre - et d'une certaine façon, la façon dont il a mené (et perdu) la bataille pour l'UMP les a confortés. Sans le contrôle du parti, il n'a pas d'autre carte à jouer que de contester publiquement le leadership de Nicolas Sarkozy. Donc, on est passé des échanges d'amabilités à l'ouverture des hostilités. Il faudra se souvenir que c'est un jeudi de l'Ascension que François Fillon a donné le signal de... l'escalade.

Mise en examen de Sarkozy: 105 députés UMP soutiennent Guaino contre le juge Gentil

Le député des Yvelines  (), poursuivi par l'Union syndicale des magistrats (USM) après ses propos contre le juge bordelais Jean-Michel Gentil, qui a mis en examen  dans le cadre de l'affaire Bettencourt, a reçu le soutien d'une centaine de parlementaires UMP, indique Le Figaro samedi.
"Dans une lettre ouverte au procureur de Paris, ils s'étonnent de la décision du parquet d'ouvrir une enquête préliminaire sur les propos de Guaino", écrit le quotidien, soulignant qu'ils reprennent à leur compte les attaques de leur collègue député: "Comme lui, nous affirmons que le juge (. 

..) +a déshonoré un homme, a déshonoré les institutions et a déshonoré la justice+" en mettant M. Sarkozy en examen.
Cette phrase, explique Le Figaro, M. Guaino l'avait prononcée le 22 mars, au lendemain de la confrontation entre le juge Gentil et l'ancien chef de l'État. Pendant près d'une semaine, précise le quotidien, il avait dénoncé dans plusieurs médias une "décision
grotesque", "irresponsable", une "salissure pour la France".
L'Union syndicale des magistrats (USM) a déposé plainte pour "outrage à magistrat et discrédit jeté sur une décision de justice" contre le député UMP, proche de M. Sarkozy. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.
L'ancien chef de l'Etat a été mis en examen par le juge Gentil pour abus de faiblesse à l'encontre de Liliane Bettencourt.
L'ancien conseiller du président de la République "ne renie pas ses propos, bien au contraire", affirme le quotidien, auquel il a déclaré: "Ce que j'ai dit est certes violent, mais c'est mon opinion, et jusqu'à nouvel ordre, le délit d'opinion n'existe pas! Sinon, on est plus en République. Personne ne doit pouvoir échapper à la critique."
"Dans sa croisade", il "a été rejoint par une bonne moitié du groupe UMP à l'Assemblée", note Le Figaro.
"Parmi les signataires figurent Jean-François Copé et ses principaux soutiens, comme Christian Jacob, Michèle Tabarot ou Claude Goasguen. D'autres poids lourds du parti, comme Xavier Bertrand ou Benoist Apparu, font également partie des signataires. Les fillonistes, eux, sont moins nombreux, à l'exception notable de Laurent Wauquiez", détaille le quotidien.
"Nous faisons nôtres tous (c)es propos", écrivent les signataires dans leur lettre ouverte. Quitte à s'exposer eux-mêmes à des poursuites judiciaires: "Nous entendons assumer toutes les conséquences", ajoutent-il.
Dans un communiqué, la porte-parole du PS Laurence Rossignol déplore que "la droite sarko-copéiste tente, une fois de plus, d'impressionner les magistrats".
"Il y a toujours eu dans la droite française un courant antidémocratique, hostile à la séparation des pouvoirs, à l'indépendance de la justice et au parlementarisme. La contestation des urnes par la rue, l'abus de pouvoir que constitue l'injonction de parlementaires aux juges, les atteintes répétées à la laïcité sont autant de pointillés qui tracent une ligne politique dangereuse pour la République et ses valeurs. Une ligne politique qui favorise la connivence et de la porosité aux thèmes du Front national", poursuit-elle.

Non-lieu requis contre Eric Woerth dans l'affaire Bettencourt


Le parquet de Bordeaux a requis vendredi un non-lieu au bénéfice d'Eric Woerth et de Patrice de Maistre, mis en examen pour trafic d'influence passif et actif dans l'enquête sur la fortune de Liliane Bettencourt.
L'ancien gestionnaire de fortune de l'héritière de L'Oréal est mis en cause pour avoir embauché en 2007 l'épouse d'Eric Woerth dans sa société de gestion de patrimoine.
Le ministre UMP du Budget lui a personnellement remis la Légion d'honneur l'année suivante, et les juges soupçonnent un échange puisque Patrice de Maistre était membre du club des donateurs fortunés de l'UMP, le "Premier cercle".
"Le parquet estime que le lien de corrélation entre les deux faits - condition nécessaire à la caractérisation du délit - n'est pas formellement démontré", écrit vendredi le procureur de Bordeaux dans un communiqué.
"Le parquet a remis, ce jour, son réquisitoire définitif afin que les susnommés soient admis au bénéfice de non-lieux", ajoute-t-il.
Le parquet juge par ailleurs que l'action d'Eric Woerth dans la mise à disposition, en 2009, d'une parcelle de l'Etat pour la réalisation d'un auditorium financé par Liliane Bettencourt, "n'encourt aucun reproche". Cette mise à disposition avait été décidée par un arrêté signé par celui qui était alors ministre du Budget.
La décision finale de renvoyer ou non devant un tribunal les deux hommes reviendra toutefois aux juges en charge de l'instruction.
"LE BON SENS TRIOMPHERA"
Tout en disant attendre la position des juges, l'avocat d'Eric Woerth a salué vendredi une "bonne nouvelle".
"Nous disions depuis maintenant plusieurs années que cette suspicion et ces hypothèses ne reposaient sur rien, je suis évidemment heureux que le parquet de Bordeaux partage cette analyse qui me paraît évidente", a déclaré Me Jean-Yves Le Borgne sur i>télé.
"Je ne doute pas qu'un jour ou l'autre, le bon sens triomphera, et qu'on s'apercevra que rien ne pouvait être reproché à Eric Woerth dans ce contexte", a-t-il ajouté.
Outre sa mise en examen pour trafic d'influence passif, son client a été mis en examen pour le "recel" de 150.000 euros dans un autre volet de l'affaire Bettencourt. Cette somme lui aurait été remise par Patrice de Maistre.
Me Jacqueline Laffont, l'une des avocates de Patrice de Maistre, s'est également dite "très satisfaite" de ce réquisitoire.
"Nous avions déposé une demande de non-lieu démontrant qu'il n'y avait pas le moindre indice d'un trafic d'influence et que cela n'était qu'une construction intellectuelle", a-t-elle dit à Reuters.
"On attend maintenant la position des juges d'instruction et on pense qu'elle devrait suivre les réquisitions prises par le procureur de la République de Bordeaux."
Dans son communiqué, le procureur de Bordeaux juge par ailleurs que les délits de financements illicites de campagne électorale et de parti politique, pour lesquels Eric Woerth et Patrice de Maistre n'ont pas été mis en examen, "ne ressortent (...) nullement caractérisés", et rappelle que ces faits sont couverts par la prescription.

Le djihad des ratés

L’attentat de Boston a donné une excellente occasion à tout un essaim d’experts pour développer une fois de plus des théories savantes sur les causes et la nature de l’extrémisme islamiste. Certains experts ont vu non sans raison une similitude entre le cas du terroriste toulousain Mohammed Merah et celui des frères Tsarnaev pour mettre les sociétés européennes et américaine en garde contre une très probable propagation du phénomène qu’on pourrait qualifier comme « terrorisme du voisin ». C’est là un avertissement qui aurait été tout à fait judicieux s’il ne portait pas une connotation strictement anti-islamiste.
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Pourtant tout comme dans le cas de Mohammed Merah les motivations religieuses des terroristes de Boston n’étaient que circonstancielles. C’est surtout leur incapacité de s’adapter aux sociétés qui les ont accueillis, la frustration et la conscience de leur propre médiocrité qui ne faisait dans le même temps qu’attiser leur désir de s’affirmer par n’importe quel moyen, qui sont à l’origine de leurs actes inhumains. Dans ces circonstances l’islam ne représentait pour eux qu’une référence aussi facile qu’artificielle.
Et c’est, à mon avis, l’unique détail, somme toute sans grande importance, qui fait la différence entre les cas de Mohammed Merah et des frères Tsarnaev et par exemple ceux beaucoup plus nombreux des WASP des Etats-Unis dont les représentants s’amusent à canarder presque quotidiennement leurs compatriotes dans les écoles, les magasins et dans les rues pour se venger de leur propre nullité.

Question de circonstances

Question de circonstances


Ils sont extraordinaires, nos révolutionnaires, fils de la Grande Révolution, élevés dans le culte du « Grand soir », qui nous gouvernent. Ils n’ont à la bouche que les mots de légalité, respect des institutions, admiration pour les forces de l’ordre…
De qui se moque-t-on ? Sinon de nous ?
Ces gens-là, jouent les provocateurs, les transgressifs, les subversifs, mais, attention ! Dites-le leur, manifestez votre mécontentement et, aussitôt, les grandes orgues du pouvoir, de l’ordre et de la morale vous joueront l’air du « Tiens-toi tranquille, vilain petit canard ».
En face, de notre côté, les autorités morales, spirituelles, religieuses, renchérissent dans le rappel de nos devoirs – nous sommes des chrétiens – donc nous devons aimer nos ennemis, tendre la joue gauche après avoir reçu une gifle sur la droite, ne pas nous transformer en zélote qui réclamerait la royauté temporelle d’un messie crucifié dont le règne n’est pas de ce monde, nous laisser dévorer comme les brebis le sont quand arrivent les loups… et penser qu’après tout, Dieu étant maître de l’histoire, sa victoire éclatera un jour, plutôt de l’autre côté de la vie… etc.… etc.…
Mais alors, pourquoi manifester ?  Pourquoi marcher ? Pourquoi crier ? N’est-ce pas déjà une pression ? Une occupation du domaine public ? N’est-ce pas fatigant, épuisant pour les forces de l’ordre ? Ne mettons-nous pas leurs nerfs à dure épreuve ? Où s’arrête notre droit ? Taubira, ta loi en n’en veut pas Taubira, Ta réforme, si tu savais, … Elle doit être choquée, la pauvre Taubira… elle doit mal dormir… se bourrer de tranquillisants… faire trois fois plus de vélo… s’énerver sur la pédale… est-ce qu’il ne faudrait pas, par hasard, ou par charité, être moins pressant ? Laisser faire ?... de toutes les façons, ce monde, qui n’est pas le nôtre, croulera demain devant notre foi… falbala …
Déjà, il y a un peu moins de quatre siècles, voyant les efforts, l’argent, les hommes, les armes que Richelieu déployait devant La Rochelle pour arracher cette place forte à l’hérétique et à l’étranger, le Cardinal de Bérulle disait « à quoi bon ? Si Dieu le veut, La Rochelle tombera… Prions et espérons… ».  A quoi, l’autre Cardinal, l’homme d’Etat répondait :« Qu’il prie, moi, je déploie mes armées. »
Nous sommes au Royaume de Jeanne. Nous sommes les compagnons de Jeanne. Tout homme qui tient une place et ne la rend pas est compagnon de Jeanne d’Arc. Et tout homme qui la rend, cette place, est un salaud. Ainsi, ou à peu près, en tout cas beaucoup mieux, parlait Péguy. Que, pour des raisons tactiques, pour des raisons de bon sens évident, nous ne harcelions pas aujourd’hui des forces de l’ordre dont il faut reconnaître que, dans l’ensemble, elles sont bienveillantes… personne ne le met en doute. Nous ne nous en prenons pas aux gendarmes, aux policiers, aux CRS, mais à ceux qui les utilisent… mais, s’il faut faire du droit et de la morale…. allons y.
De quel droit les autorités qui utilisent la force armée m’interdisent-elles d’aller jusqu’à l’Assemblée nationale, où siègent les députés qui, parait-il me représentent ? De quel droit ma liberté de circuler dans ma ville – la ville où je paie l’impôt foncier et la taxe d’habitation, la taxe sur les bureaux et la taxe sur la voirie – est-elle ainsi entravée ? Parce que je suis hostile à un projet de loi et que je manifeste mon hostilité ? Mais où est le droit qui fonde la légitimité de cette violence qui m’est faite ? L’Assemblée nationale est ma maison, mon palais, ma chambre… c’est moi qui paie, c’est moi qui vote, c’est moi le peuple.
Seraient-ils ces messieurs-dames qui utilisent contre moi la force armée dépositaires d’un droit divin ? Où est l’eau, l’huile, le chrême qui leur a donné l’onction ? Où est le sacrement qui rend inviolable cette autorité ? Ils ont été élus ! La belle affaire ! Dans quel texte, la Constitution qui définit leur autorité dit-elle que cette autorité a un fondement supérieur à ma volonté ? Pour eux, ils l’ont proclamé, rien n’est sacré, ni le mariage, ni la vie humaine à son commencement, ni la vie humaine à sa fin. Ils peuvent en disposer. Ils sont dans le relativisme absolu. Alors, moi aussi, je dispose d’eux ; leur autorité est relative. Entre eux et moi, il n’y a rien d’autre qu’un rapport de force.
Lénine le disait déjà, dans sa brutale lucidité, l’Etat c’est « détachement d’hommes armés, juges, prisons ». Les bourgeois l’utilisent contre la révolution. Le prolétaire l’utilise contre le bourgeois. Ce cynisme absolu n’a qu’un défaut : il fait fi de la conscience, de la simple humanité de ceux qui composent cet instrument d’Etat. Les policiers, les officiers, les gendarmes, les CRS, les juges, les militaires ne sont pas des jouets mécaniques. Ce sont des hommes. Des animaux qui pensent, qui parlent, et qui, même, parfois, prient et réfléchissent. Des hommes comme vous et moi.
Aussi, arrive-t-il, dans l’histoire, que, contrairement à ce que pensait Lénine, des hommes aient une vue claire de ce qu’est leur devoir, devoir d’Etat, c’est le cas de le dire. Alors, il existe une sorte d’harmonie entre le peuple et l’Etat. Alors la lutte des classes s’arrête – Marx lui-même le reconnaissait – dans les époques bénies… mais pour en arriver-là… Eh bien ! il faut travailler, lutter, prier, se battre. Jeanne ne s’est pas contentée de prier, de conseiller, de parler ; Jeanne a conduit les batailles, ce qui signifie, non seulement recevoir des coups, mais encore, mais surtout, en donner.
Que les professeurs de morale et les pontifiants d’éthique mettent une sourdine à leur propos. Si, pour des raisons d’évidente prudence, il n’est pas recommandé d’utiliser la violence dans nos manifestations, cette prudence ne découle d’aucun impératif catégorique, qui descendrait du ciel d’une prétendue morale intangible. C’est une question de circonstances, de tactique ou de stratégie, comme on voudra… qui, demain, peut parfaitement se poser autrement. C’est une décision d’opportunité, pas un cas de conscience.
Nous ne sommes pas des zélotes. Nous sommes des Francs. « Vive le Christ qui aime les Francs ! » Jésus n’a pas voulu être roi d’Israël, mais Il est venu pour être le Roi de l’Univers. Ce qu’Il est… Et toutes les nations reconnaitront Sa Gloire ! La nôtre, la nation française, comme les autres !
Et peut-être, en raison de ce qu’elle a reçue, plus que les autres ! Là est notre devoir. Là est notre vocation… qui est passée, si souvent, par l’emploi des armes. N’oublions jamais les mots du bienheureux Frédéric Ozanam, notre vocation, c’est « la gloire temporelle du christianisme ».
Cette gloire temporelle, la jeune génération l’incarne aujourd’hui sur les places des villes de France, sur l’Esplanade des Invalides – l’hôtel militaire et royal, la demeure guerrière et impériale, image de la France qui s’est faite au fil de l’épée – génération qui veille et qui prie, mais aussi génération qui  marche et qui crie, et dont le sang généreux montre déjà qu’elle est prête à aller, comme Jeanne, son modèle, jusqu’à la Victoire.

Schizophrénie à tous les étages : ces couples infernaux qui brouillent la ligne politique du gouvernement


Pierre Moscovici, ministre de l'Économie, et Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, se sont encore opposés jeudi par médias interposés, cette fois sur le dossier de la reprise de Dailymotion par Yahoo!. Les deux hommes s’étaient déjà affrontés sur le dossier de la Banque publique d'investissement. Des conflits qui semblent révélateurs d'une divergence de vision de l'économie. Peut-on parler de « couple infernal » à leur sujet ? Arnaud Montebourg et Pierre Moscovici peuvent-ils cohabiter longtemps dans le même périmètre ministériel, voire dans le même gouvernement ?





Thomas Guénolé : Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg n’ont pas la même vision de la politique économique à suivre. C’est une évidence. Pierre Moscovici est sur la même ligne que François Hollande : rendre les entreprises françaises plus compétitives grâce à la baisse des coûts de production, elle-même obtenue grâce à la baisse des cotisations sociales et aux crédits d’impôt. Arnaud Montebourg est sur la même ligne que Jean-Luc Mélenchon : a minima, entreprendre ponctuellement des nationalisations, comme il l’a proposé pour Gandrange ; a maxima, remettre en cause les règles du libre-échange, comme il l’avait proposé pendant la primaire socialiste de 2011.

Cette divergence de fond n’empêche pas les deux hommes de cohabiter dans le même gouvernement, car dans toute coalition gouvernementale, vous trouvez des divergences politiques fondamentales. Cela tient au fait que dans les rapports de forces électoraux, aucune ligne politique cohérente n’obtient à elle seule la majorité absolue nécessaire pour atteindre le pouvoir. Il faut donc faire des alliances qui, faute d’homogénéité de la ligne politique, ont un « ciment par défaut » : l’opposition commune à l’alliance du camp d’en face.

Par exemple, dans la coalition socialiste-communiste du début des années quatre-vingt, Jean-Pierre Chevènement et Michel Rocard n’avaient rien en commun sur la politique économique et monétaire, mais ils avaient en commun un rejet très net de la droite flanquée du centre. Autre exemple, François Bayrou et Philippe Séguin n’avaient rien en commun sur l’Europe au milieu des années quatre-vingt-dix, mais cela ne les a pas empêchés d’être dans le même gouvernement, celui d’Alain Juppé, après avoir soutenu le même candidat, Jacques Chirac.

Existe-t-il d’autres "couples infernaux" au sein de ce gouvernement ? Lesquels ?


On peut déjà citer le « couple infernal » Valls-Taubira. D’un côté, Manuel Valls, seul socialiste de droite connu à ce jour, tient sur la politique pénale un discours de répression identique à celui de l’UMP. De l’autre, Christiane Taubira tient un discours reprenant une ligne abandonnée par la gauche depuis dix ans : la prévention, la réinsertion, et la préoccupation sociale pour les conditions de vie des détenus. À l’échelle de tout l’électorat, c’est la position de Manuel Valls qui est majoritaire, puisque l’extrême droite, la droite et le centre-gauche y adhèrent. À l’échelle de la gauche, au contraire, c’est la ligne de Christiane Taubira qui est majoritaire, puisqu’elle correspond à la pensée politique historique de la gauche sur ce thème.
l'intérieur et la justice noire

On peut ensuite citer le « couple » Ayrault-Fabius qui, sans être « infernal », tient de la rivalité feutrée. Certes, Jean-Marc Ayrault est le chef du gouvernement, sous la forme d’un « super-chef de cabinet » du président de la République qu’induit le passage au quinquennat. Pour autant, Laurent Fabius, fort de sa qualité d’ancien Premier ministre de François Mitterrand et de chef d’un puissant courant du Parti socialiste, se comporte en vice-présidentde facto. Il joue ainsi un rôle de « maître censeur » sur les enjeux de politique économique – rappels à l’ordre adressés à mots à peine couverts à Arnaud Montebourg – et plus encore sur la politique extérieure, du fait de ses fonctions de ministre des Affaires étrangères. Son rôle ressemble ainsi à celui d’Alain Juppé pour le dernier gouvernement de François Fillon, dans une similitude de situation très frappante.

Sans que cela soit incarné par une tension durable entre deux membres du gouvernement, l’on peut enfin citer quelques singularités incarnées tour à tour par un ou plusieurs ministres.Les positions de Vincent Peillon et de Cécile Duflot sur la dépénalisation du cannabis, les tensions entre Aurélie Filippetti et Jérôme Cahuzac quant à la publicité sur France Télévisions et à la taxation des écrans d’ordinateurs, la position à peine voilée de Manuel Valls contre le droit de vote des immigrés non-européens, le bref envisagement par Jean-Marc Ayrault de revenir aux 39 heures, le front anti-austérité Montebourg-Taubira-Duflot-Hamon, en sont autant d’exemples.

Ces "couples infernaux" représentent-ils des clivages idéologiques profonds ?


Pas toujours, mais le plus souvent, on peut en effet retrouver dans une tension au gouvernement un des grands clivages idéologiques qui traversent la gauche.

Premièrement, le clivage entre gauche social-démocrate et gauche socialiste sur la politique économique et industrielle : c’est par exemple la confrontation Ayrault-Montebourg sur Gandrange. Deuxièmement, le clivage entre gauche de la répression et gauche de la prévention : c’est la confrontation permanente Valls-Taubira. Troisièmement, le clivage entre austérité et relance : c’est la confrontation de plus en plus nette entre le bloc Montebourg-Taubira-Duflot-Hamon et la ligne de François Hollande, qu’on retrouve d’ailleurs à l’Assemblée nationale et au sein du Parti socialiste. Quatrièmement, le clivage entre gauche libérale et gauche conservatrice sur les mœurs : c’est par exemple la confrontation entre les positions de Vincent Peillon et de Cécile Duflot sur le cannabis, et la fin de non-recevoir de Jean-Marc Ayrault.

Vincent Peillon, Fleur Pellerin, Aurélie Filippetti : dans la composition de leur gouvernement, François Hollande et Jean-Marc Ayrault ont opté pour des personnalités fortes au détriment d’une vraie cohérence idéologique. Après un an d’exercice du pouvoir, peut-on dire que c’était le bon choix ?

Incontestablement, l’on trouve dans ce gouvernement des profils différents à tous points de vue. Au-delà des divergences d’idées, inhérentes à la diversité des familles de pensée de la gauche française, cela va jusqu’à des positionnements en termes de clientèle sociologique, qui parfois proviennent d’abord des vies des ministres. Par exemple, Fleur Pellerin a un parcours, un vécu, elle provient d’un milieu, qui s’adressent aux très diplômés et aux chefs d’entreprise ; là où Aurélie Filippetti, sous les mêmes angles, a une fibre ouvrière marquée.

Toujours est-il que l’accumulation de fortes personnalités, chacune dotée de sa singularité, dans l’orchestre gouvernemental, constitue un vrai atout pour le gouvernement, à double titre. Cela lui permet de couvrir le spectre du « peuple de gauche » dans toute sa diversité. Cela rompt avec le déséquilibre en vigueur sous Nicolas Sarkozy, où un soliste, certes virtuose, ne laissait d’espace autour de lui que pour des choristes ou des métronomes.Encore faut-il que la polyphonie ne vire pas à la cacophonie. C’est tout le problème de l’actuel gouvernement.

Visiblement, il manque à ce gouvernement une stratégie de répartition cohérente des messages entre ministres, pour parvenir, comme dans un tableau impressionniste, à un ensemble lisible. Faute d’une telle stratégie, chacun apporte sa palette sans être encadré : d’où un rendu illisible et rédhibitoire, sauf à apprécier l’art abstrait.

François Hollande, connu lorsqu’il était premier secrétaire du PS pour son goût de la synthèse, semble avoir voulu reproduire la même méthode dans sa gestion du gouvernement. Mais celui-ci peut-il vraiment être géré de la même manière que le PS ?


François Hollande a effectivement reproduit à la tête de l’État ses méthodes de pilotage du Parti socialiste du temps où il en était premier secrétaire. Dans un premier temps, la cacophonie des courants s’exprime dans toute sa diversité et ses divergences. Dans un second temps, il rétablit la paix et fixe un agenda, par une motion de synthèse. Cependant cette dernière apporte par définition autant de frustrations que de satisfactions. En outre, avant qu’elle advienne, l’opinion publique assiste au flou et à l’illisibilité du cap, ce qui est extrêmement anxiogène par temps de crise. Enfin, cela alimente le procès en versatilité et en inconsistance de François Hollande. « Choisis ton camp, camarade ! »