Prenait fin ce jour-là la très utile fiction qui voulait que le régime de Vichy ne fût pas la continuation de l'État français, puisque la France légitime était à Londres et dans les maquis. Si ce n'était la France, c'était pourtant bien des Français. Et si vraiment, ce n'était plus la France, pourquoi avoir conservé tant de traces de ce régime ?
dimanche 28 octobre 2012
Dieu est-il mort ?
L’homme occidental n’aborde guère plus le fait religieux autrement que sous la forme de l’ignorance et de la peur. Jusqu’au 3 février 2013, une exposition au Petit Palais, « Dieu(x), modes d’emploi », redonne à ce phénomène fondateur toute sa beauté et sa complexité.
Donner du sens
Transcender les individus
Extraits du livre de l’exposition « Dieu(x), modes d’emploi », d’Elie Barnavi, postface de Régis Debray, André Versaille Editeur/Tempora.
Exposition « Dieux modes d’emploi », au Petit Palais, Paris VIIIe. Juqu’au 3 février 2013.
Profitez du changement d'heure pour dormir, l'effet bénéfique ne dure pas
Quels sont les bénéfices du changement d'heure sur notre sommeil ?
Une étude britannique a montré que les effets positifs du changement d'heure sur notre sommeil vont bientôt s'estomper car notre corps s'acclimaterait à ces changements. Qu'en pensez-vous ?
Au final, que fallait-il mieux faire à l'occasion du changement d'heure. En profiter pour dormir une heure de plus ou continuer sur le même rythme que d'habitude ?
Des reconnaissances bien tardives
Prenait fin ce jour-là la très utile fiction qui voulait que le régime de Vichy ne fût pas la continuation de l'État français, puisque la France légitime était à Londres et dans les maquis. Si ce n'était la France, c'était pourtant bien des Français. Et si vraiment, ce n'était plus la France, pourquoi avoir conservé tant de traces de ce régime ?
Les écrit intimes du président Pompidou
Des bancs du lycée d'Albi à l'Elysée, un résumé en 500 pages inédites de lettres, notes et portraits, près d'un demi-siècle de la vie intime, amoureuse, familiale et politique de celui qui gouverna la France avant de la présider de 1969 à 1974.
Georges Pompidou et Jacques Chaban-Delmas sur le taramc de l'aéroport de Bordeaux le 15 juin 1969. C/ BRUNO BARBEY MAGNUM PHOTOS
Janvier 1930, à propos d'une jeune fille: «Si tu l'avais vue au théâtre en robe du soir, elle était merveilleuse. Elle a un chic très personnel, un corps divinement souple, ferme, voluptueux (...) je souffrirais de ne pas la posséder.» Mars 1943, toujours à l'ami Pujol: «Pauvre France! Il faudra un effort énorme pour la rétablir... quel boulot après la guerre...»
Septembre 1952, au Général de Gaulle: «Mon instinct me dit que vous n'avez pas le droit d'abandonner la France à sa décadence...» Juillet 1968, réflexion sur sa fonction de Premier ministre: «En politique, le but n'existe pas ou plutôt s'éloigne au fur et à mesure qu'on croit avancer.»
Automne 1968, note intime: «Rien, tout au long de ma vie, ne m'a plus importé que ma femme...»
Telle est la palette multiple de ce livre qui court sur près d'un demi-siècle. Les extraits que nous avons choisis font partie d'une galerie de portraits rédigés par le chef de l'Etat quelques mois avant sa mort. Ignorant si les «circonstances», autrement dit sa maladie, lui permettraient d'aller au bout de ses Mémoires, il a utilisé quelques loisirs durant la période électorale de 1973 pour dire comment il voyait certains hommes politiques.
«Si ces textes devaient être publiés un jour tels quels, il faut savoir qu'ils ont été écrits au courant de la plume et qu'il s'agit là d'un premier jet, qu'on ne me reproche donc pas les faiblesses de forme. Je revendique par contre la sincérité de mes jugements. On les trouvera sévères, mais n'est-ce pas leur intérêt? Chacun de mes personnages saura faire valoir ses qualités et n'a nul besoin de moi pour cela. Et puis, il faut bien le dire, quand on occupe la première place, on est surtout sensible aux lacunes et aux faiblesses des hommes qui vous aident et de ceux qui vous combattent ou aspirent à vous succéder.»
Lettres notes et portraits, 1928-1974, de Georges Pompidou. Avec les témoignage de son fils Alain Pompidou.Edition Robert Lffont, 24€.
De Gaulle était né pour les grandes aventures. Lorsqu'il eut terminé le premier tome de ses Mémoires de guerre, il nous le remit, à Malraux et à moi, pour que nous le lisions. Puis il nous convoqua, ensemble, et nous demanda «si cela valait la peine d'être publié». Je laissai à Malraux le soin de répondre. Puis j'osai une remarque: il me semble, dis-je, que dans le récit du départ pour Londres et de l'appel, on ne sent pas assez le moment où le Général de Gaulle est devenu l'homme du 18 Juin. Le récit rapporte les faits. Mais à quel moment s'est fait en vous, mon Général, le changement, à quel moment avez-vous senti que, désormais, vous incarniez la France? Le Général me répondit: «Pour vous dire la vérité, depuis toujours.» Parole où certains verront la preuve d'un immense orgueil, mais où je vois le signe de la prédestination.Dans les rapports individuels, de Gaulle passait pour difficile. Il n'était bruit que des «savons» passés aux aides de camp, comme aux ministres.
Avec moi, il fut toujours d'une courtoisie parfaite. (...) En vingt ans de collaboration étroite, il ne se mit pas une seule fois en colère à mon égard, en ma présence. Son attitude changea néanmoins quand je devins Premier ministre. Jusqu'alors je m'identifiais à lui et il me parlait avec une entière liberté. A partir de ce moment-là, j'existais par moi-même, d'où une certaine réserve, avec l'art de mentir pour savoir le vrai, de tenter pour voir les réactions, de dissimuler certaines arrière-pensées. Malgré tout, et jusqu'en juin 1968, nos rapports furent extrêmement confiants. Je savais qu'il m'estimait, il savait que je lui étais tout dévoué.
La seule crise fut celle de l'exécution projetée du général Jouhaud . A la suite de la condamnation de Salan à une peine de prison, je trouvai le Général des mauvais jours, le teint gris, l'oeil féroce. Sa proie lui échappait. Il lui fallait une victime de substitution. Le garde des Sceaux s'époumonait à inventer des arguments juridiques que je ne discutais pas et même qui m'aidaient, mais qui ne pesaient pas lourd. Finalement, le Général me garda seul et me dit:- Je vais faire exécuter Jouhaud.- Mon Général, je ne puis m'y associer et je ne signerai pas le décret.- Dans ce cas, il faudra me remettre votre démission.- Bien mon Général.Notre dialogue s'arrêta là. Mais, à la stupeur du Général devant ma réponse, je compris que j'avais gagné. Il devait me dire plus tard: «Entre deux inconvénients, votre démission et la grâce de Jouhaud, j'ai choisi le moindre.» Sur le moment, il m'en a peut-être voulu.
Je pense que je n'ai pas nui à sa mémoire, ni à la situation politique du moment.Des innombrables conversations que j'ai eues, je retiens ceci: d'abord sur les hommes, une extraordinaire sévérité, un mépris peut-être encore plus affiché que réel. Il est frappant de voir que dans ses Mémoires, il se montre au contraire excessivement indulgent. En réalité, c'est une réaction d'orgueil. Il n'a pu se tromper, donc les gens qu'il a utilisés avaient des mérites. Ainsi l'éloge qu'il fait d'Edgar Faure à l'Education nationale, alors qu'il m'en avait dit «pis que pendre» en janvier 1969 et sa ferme intention de s'en débarrasser. Avait-il du coeur? A coup sûr beaucoup d'égards et d'affection pour Madame de Gaulle, vis-à-vis de ses enfants et petits-enfants (...)
Tout cela à l'actif. Au passif, sans aucun doute, la conviction que les hommes ne sont mus que par l'intérêt, et qu'il faut se garder de s'attacher à eux dès qu'ils ne vous sont pas indissolublement liés. La conviction aussi que la loi de l'Homme d'Etat est la dureté. «Soyez dur, Pompidou», me fut dit à maintes reprises. D'où cette impression d'homme dénué de sensibilité qu'il a donnée à beaucoup. Sa conduite à l'égard de ma femme lors de l'affaire Markovic va, hélas, dans le sens de cette interprétation que je corrigerai en disant qu'avec l'âge, l'égocentrisme était devenu si fort qu'il étouffait toute manifestation sentimentale.Devant l'événement, je n'ai certes pas connu d'homme aussi exceptionnel. Il se trompait bien sûr parfois. Mais sa faculté de prévision, de vue sur l'avenir était vraiment géniale. Et sa réaction à l'événement lui-même plus remarquable peut-être encore.
«De Gaulle? Vivre, pour lui, c'était sans aucun doute faire l'histoire...» (Georges Pompidou)C/ COLLECTION ALAIN POMPIDOU/DR
Vivre, pour lui, c'était sans aucun doute faire l'Histoire. Il croyait à la postérité. Il voulait nourrir le mythe qu'il lui laisserait. Mais l'au-delà? Claude Guy, son aide de camp, longtemps intime, m'a dit, avec fureur, au moment de sa disgrâce: «Cet homme ne croit pas en Dieu.» Tout dans son comportement religieux disait le contraire. Rien dans son comportement quotidien ne permet de dire qu'il ait jamais agi par pur intérêt personnel.
Le challenger: François Mitterrand
Comment peindre quelqu'un que je ne connais pas? Je ne puis formuler que des impressions liées à son comportement physique et politique. L'homme est intelligent, calculateur mais aussi, me semble-t-il, aventureux, orateur inégal mais souvent brillant, surtout dans l'attaque. Il a sans aucun doute assez de ressort pour ne jamais se décourager et pour rétablir inlassablement une situation personnelle dégradée.
Il l'a prouvé après l'affaire des fuites, après 1958, après l'aventure de l'Observatoire, après Mai 1968, il le prouve brillamment en ce moment même. Une certaine fatalité et l'espoir qu'a fait naître en lui son tête-à-tête avec le Général de Gaulle en 1965 l'ont écarté longtemps des grands postes qu'il est, sans aucun doute, apte à occuper. Ce qui m'étonne c'est la voie choisie, je veux dire la voie socialiste alors qu'il suffit de le voir pour se rendre compte qu'il n'est pas socialiste. Son goût de l'autorité, et je le crains de l'autorité sans limite, l'apparente davantage au type «fasciste», j'entends par là «autoritarisme de droite».
D'où cette impression d'insécurité que laissent aux observateurs ses tirades artificiellement lyriques et que livrent la voix et les plis de la bouche. Si le destin voulait qu'il atteigne le but et dirige la France, que ferait-il, prisonnier de partis qui veulent tous réduire le Président à un rôle de figurant? Vis-à-vis de l'étranger, renierait-il les absurdités du «programme commun» pour défendre les intérêts fondamentaux de la France?
On peut tout attendre de quelqu'un qui fut un des premiers à pressentir la décolonisation et qui n'hésita pas, pour autant, à s'engager dans la guerre d'Algérie. Il s'intéresse, paraît-il, à l'histoire de Florence et des Médicis. Je le crois, pour ma part, plutôt apparenté aux Borgia et j'imagine qu'il a beaucoup lu Machiavel. Trop peut-être et finira-t-il par échouer.
L'éventuel successeur: Jacques Chaban-Delmas
Au moment où j'écris ces lignes, la carrière de Jacques Chaban-Delmas est probablement loin d'être terminée. Vingt-six ou vingt-sept ans de vie parlementaire n'empêchent pas qu'il soit plus jeune que moi et, peut-être, mon successeur à l'Elysée. C'est, d'autre part, quelqu'un que je connais peu. Si nous nous sommes vus bien souvent, au fil des années, ce fut toujours dans le cadre de l'action politique et aucune intimité ne s'est créée entre nous. Mais cela même a une signification, qui traduit la différence, pour ne pas dire l'opposition de nos tempéraments.Jacques Chaban-Delmas se veut jeune, beau, séduisant et sportif.
Il refuse de vieillir, se livre pour cela à son sport favori, le tennis, et assure la relève en se mettant au golf. Il aime les femmes, toujours passionné, seul changeant l'objet de la passion. Il travaille peu, ne lit pas de papiers, en écrit moins encore, préférant discuter avec ses collaborateurs et s'en remet essentiellement à eux qu'il choisit bien, pour ce qui est des affaires publiques s'entend. Politiquement, il meurt de peur d'être classé à droite, il veut néanmoins plaire à tout le monde et être aimé. Assez naïvement, il s'étonne lui-même de ses succès.
Ainsi, lors d'une visite réussie à Toulouse comme Premier ministre, grisé de l'accueil cordial qui lui était fait, il disait au préfet Doueil qui l'accompagnait en voiture: «Ah quel loustic ce Chaban, quel loustic!» Il y a dans tout cela beaucoup d'aspects sympathiques parce qu'enfantins, mais aussi beaucoup de légèreté. Et cette légèreté, il l'a parfois manifestée, dans l'exercice de la fonction gouvernementale, de façon grave. (...) Comme Premier ministre (3) il se méfiait de moi et ne prenait pas d'initiative hasardeuse, sauf, et en demi-secret, dans quelques domaines où il avait des attaches.
Il me laissait pratiquement le soin de tout décider, plus que je n'aurais voulu, se contentant de soigner son «image de marque» par quelques beaux discours que lui écrivaient Cannac et Delors et par une cour permanente faite aux journalistes de tout bord. Préparant la suite, il s'attachait, avec sa nouvelle jeune femme, à donner l'impression du couple parfait, où les enfants de plusieurs lits étaient mis à égalité. Tout cela, avec l'aide de la presse, et d'un physique charmeur, réussit assez bien dans l'opinion.Ce qui m'inquiète dans le personnage politique plus que ses habiletés, voire ses roueries «florentines», comme disait le Général de Gaulle, c'est l'impression que je ressens d'un homme, tout entier centré sur sa carrière, et qui n'attache finalement que peu d'importance aux problèmes eux-mêmes.
Je ne conteste pas les mérites de Jacques Chaban-Delmas dans la Résistance ni les risques qu'il a pu prendre. Je ne conteste pas le fait qu'il soit resté, finalement, toujours fidèle au Général de Gaulle et au gaullisme. Mais je ne puis me défaire de l'idée que rien de tout cela n'était gratuit, que l'homme jouait une aventure personnelle et non nationale, et que son intérêt politique, le scepticisme aidant, pouvait l'amener, le cas échéant, à des imprudences, on l'a vu, ou même à des abandons préjudiciables à l'intérêt français. Bien avec tout le monde, toujours à la recherche du compromis, propre à satisfaire les uns et les autres et à les réunir dans la reconnaissance à l'égard de Chaban, sera-t-il, s'il est un jour responsable suprême, capable de tenir tête, de se brouiller, d'affronter au besoin l'impopularité?
Ce souci de soi-même, de son «parcours» comme il dit en termes de golf, je l'ai vu se manifester dans l'affaire de la télévision, lorsqu'il a confié à Desgraupes et à son équipe la direction des Informations de la 1re chaîne. Cela nous a valu, pendant trois ans, un martèlement quotidien qui, plus que tout, a contribué à créer, dans l'opinion, la mauvaise humeur puis le désir de changement.Pourquoi m'en suis-je séparé? J'en ai donné publiquement des raisons valables et parfaitement exactes, mais il y en avait d'autres. Si je n'avais pas voulu l'humilier en l'empêchant de demander un vote de confiance à l'Assemblée nationale, j'étais bien décidé à changer de Premier ministre aussitôt après la fin de la session, pour les motifs que j'ai dits et pour d'autres, d'ordre privé.Je ne sais pas et n'ai pas voulu savoir jusqu'où tout cela pouvait mener.
Il y avait suffisamment d'ombres pour que je saisisse l'occasion de me séparer de J. Chaban-Delmas comme Premier ministre sans porter, pour autant, un jugement définitif sur lui.S'il devait un jour être candidat aux responsabilités suprêmes, je souhaite d'abord que ce ne soit pas l'occasion de le traîner dans la boue, comme ne manqueront pas de le faire certains de ses concurrents, à commencer par M. Giscard d'Estaing (...). Je souhaite enfin, s'il est élu, qu'ayant atteint le but auquel il pense depuis quinze ans au moins, il se dégage non seulement de ses relations intimes et fâcheuses, mais de ses préoccupations purement personnelles pour ne penser qu'à son rôle national, et le remplir avec sérieux, fermeté et conviction.
Il est malheureusement de ces hommes politiques (j'en connais peu d'autres) qui à longueur de semaines ne se préoccupent que des éditoriaux d'une douzaine de journalistes trop heureux d'être pris au sérieux, ce que je n'ai jamais fait et dont ils m'en ont toujours voulu.
L'intérimaire: Alain Poher
Je ne sais ce qu'il adviendra de ce personnage , mais j'ai rarement rencontré quelqu'un de plus dissimulé, de plus tortueux, de plus assoiffé d'honneurs et prêt à tout pour les obtenir. Son hypocrisie, durant l'intérim de 1969, était odieuse. Bien décidé à se présenter dès le premier jour, il a joué le rôle du brave homme arraché, malgré lui, à sa tranquillité avec l'impudeur de celui qui sait que l'opinion est dupe des apparences. Son attitude de père noble, au-dessus des mesquineries et des compromissions politiciennes, dissimule un sens aigu de ses intérêts et une claire perception de ses ambitions.
Il remet, avec éclat, à la Croix-Rouge les fonds versés à l'Elysée chaque mois, en oubliant de mentionner qu'il pouvait se payer personnellement ce luxe, étant richement doté, hors impôt, comme Président du Sénat, et en oubliant aussi que ces fonds ont pour but normal de «faire tourner» l'Elysée et non de financer le Président. Quand on l'attaque en face, il s'aplatit, on ne le voit ni ne l'entend plus. (...)
Enfin, on l'a vu, durant la campagne électorale législative de 1973, à l'affût des sondages, frétiller à l'idée que je pourrais être amené à me retirer et déjà préparer intérim et candidature. «J'espère rester un arbitre.» Pour le reste, il faut l'avoir été et il ne suffit pas d'un échec à l'élection présidentielle pour être promu arbitre national. Il a cherché par la suite à se rattraper, mais sans perdre de vue son dessein. Quel interprète il aurait fait du rôle de Tartuffe!
Fillon accuse Ayrault d'"insulter" la moitié des Français
L'ancien Premier ministre François
Fillon a vu dimanche dans son successeur Jean-Marc Ayrault "un homme de
gauche, très sectaire qui s'en prend à la majorité des Français",
l'accusant d'"insulter" la moitié d'entre eux, lors du Grand rendez-vous
Europe1-iTélé-Le Parisien-Aujourd'hui en France.
"Tout d'un coup, le personnage présenté comme calme, policé, qui avait appris avec la gestion
de la ville de Nantes le réalisme, apparaît comme ce qu'il est, c'est à
dire un homme de gauche, très sectaire qui s'en prend à la majorité des
Français", a lancé François Fillon.
L'ancien premier ministre, qui brigue la présidence de l'UMP face à Jean-François Copé, était interrogé sur les propos de son successeur qui a dénoncé samedi devant le congrès du PS à Toulouse "la vieille droite bourgeoise dont le pays ne veut plus".
"On sent que Jean-Marc Ayrault est complètement désemparé et, surtout, qu'avec le choc de la réalité le vernis craque", a-t-il dit. "Ce n'est pas indispensables d'insulter la moitié des Français, enfin, lui pense les insulter en les traitant comme il le fait, avec des accents de lutte des classes", a-t-il enchaîné, rappelant que 48,3% des Français avaient voté pour Nicolas Sarkozy au second tour de la présidentielle en mai.
François Fillon a appelé aussi à un "ressaut" en France, estimant qu'il fallait "rassembler, pas s'insulter et se montrer du doigt comme le fait le Premier ministre".
"Même l'alternance classique ne pourra pas venir à bout de la crise que nous traversons qui est en réalité le déclin de l'économie française et sans doute du continent européen", a-t-il cependant concédé.
Comme on l'interrogeait sur le "à gauche toute" du congrès du PS à Toulouse, il a estimé que "c'est juste une erreur terrible qui s'explique par le fait que les socialistes ont fait campagne contre Nicolas Sarkozy".
Après ses propos jeudi sur le plateau de France 2 laissant entendre que l'ancien président était intervenu auprès du groupe PSA pour qu'il retarde son plan social, François Fillon a affirmé avoir simplement voulu dire "que le combat de Nicolas Sarkozy pendant tout son quinquennat a été d'éviter les plans sociaux".
"Pendant cinq ans, il n'y a pas eu de plan social et il n'y a pas eu de fermeture d'usine", a-t-il soutenu.
La Grèce va devoir mener encore 150 réformes
C'est du moins ce que vont exiger les créanciers internationaux, selon des informations de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.
La Grèce a mené à bien 60% des réformes qu’on lui avait demandées, selon le rapport cité par l’hebdomadaire. Quelque 20% sont encore en discussion au sein du gouvernement, et les autres restent à programmer. Parmi les réformes supplémentaires figurent un assouplissement des lois sur le licenciement, un changement des règles sur le salaire minimum, et la suppression de certains privilèges professionnels, ajoute le Spiegel.
La Grèce devra convaincre la Troïka
Le rapport suggère également que les créanciers de la Grèce, y compris les autres pays européens, acceptent d’abandonner une partie de leur créance, ce qui reviendrait à faire financer le sauvetage de la Grèce par les contribuables de ces pays. En revanche, la BCE ne peut pas renoncer à ses créances sur la Grèce, car cela reviendrait à un financement de ce pays par la BCE, ce qui est interdit par les traités européens, mais elle s’est dit prête à renoncer à tout bénéfice sur cette dette.Le rapport envisagerait également d’autres mesures, comme par exemple une augmentation automatique des impôts si les réformes ne sont pas appliquées dans les temps. Cette version provisoire du rapport a été présentée jeudi à Bruxelles aux responsables qui préparent la prochaine réunion des ministres des Finances de la zone euro, qui se tiendra mercredi par téléconférence.
La Grèce doit persuader la troïka qu’elle a progressé suffisamment dans la mise en place des réformes pour que celle-ci débloque la tranche de 31,5 milliards de dollars de prêt dont la Grèce a besoin pour éviter la faillite. Faute de ce versement, les coffres de la Grèce seront vides à la mi-novembre, a prévenu le Premier ministre Antonis Samaras. Le rapport final de la troïka devrait être publié au plus tard le 12 novembre, selon le Spiegel.
Le flop du nouveau statut d'entreprise "EIRL"
Pour expliquer ce retard à l'allumage, Bercy invoque les défauts de
jeunesse du dispositif. Le premier portait sur les difficultés d'accès
au crédit bancaire. Le patrimoine personnel de l'entrepreneur étant
sécurisé, les banques ne pouvaient demander le même niveau de garanties
que celui réclamé habituellement aux entrepreneurs « classiques »,
notamment sur les biens personnels. Pourtant, des dispositions existent
pour limiter leurs prises de risque, notamment celles adoptées par Oséo
et la société de caution mutuelle de l'artisanat (Siagi) qui proposent
une formule spécifique de « garantie élargie ». Celle-ci peut aller
jusqu'à 80 % pour les EIRL en création ex nihilo, et jusqu'à 70 % pour
la reprise, le développement et la transmission des EIRL. Depuis la
signature en mai d'une charte entre la Fédération bancaire française
(FBF) et Frédéric Lefebvre, le secrétaire d'État chargé des PME, les
choses devaient changer. Lorsqu'une demande de financement est faite par
un entrepreneur, les établissements bancaires s'engagent à ne pas
exiger de sûreté réelle sur les biens composant le patrimoine personnel
et/ou de sûreté personnelle sur l'entrepreneur ou sur un tiers, s'ils
mettent en oeuvre les solutions de cautionnement et de contre-garantie
prises par les sociétés de cautions mutuelles avec ou sans l'appui
d'Oséo.Campagne de communication
L'autre défaut de jeunesse était d'ordre fiscal. Lorsqu'un entrepreneur unipersonnel à responsabilité limitée (EURL) ou un entrepreneur agricole à responsabilité limitée (EARL) qui était soumis à l'impôt sur le revenu optait pour le statut de l'EIRL, il était pénalisé, la taxation sur les plus-values devenant plus élevée. Un défaut corrigé par le Sénat en juin dernier dans le cadre du collectif budgétaire, en imposant l'application de l'impôt sur les sociétés. L'Insee recense 229.195 EURL et 1.756 EARL. « Rien ne peut plus entraver le succès de l'EIRL », estime-t-on désormais à Bercy. Une campagne de communication sera lancée mi-septembre.
Le 14 novembre devrait être une journée de grèves
Dans une déclaration commune rédigée vendredi, les syndicats explique que cet appel exprime "leur ferme opposition aux mesures d'austérité qui font plonger l'Europe dans la stagnation économique, voire la récession".
Des "politiques de solidarité" réclamées
"L'Europe doit bâtir ses politiques sur la solidarité et garantir les moyens du progrès social", ajoutent-ils.
Y parvenir passe selon eux par une coordination des politiques économiques, des mesures de relance, une solidarité avec les pays en difficulté, des mesures mettant fin à la concurrence sociale entre Etats, dont un salaire minimum dans chaque pays. Cette journée de grèves interviendra à la veille d'une nouvelle session de négociations sur la sécurisation de l'emploi, prévue le 15 novembre prochain.
Le 9 octobre dernier, une journée de mobilisation contre le chômage dans l'industrie française avait déjà eu lieu, à l'appel de la seule CGT.
» La CGT bat seule le pavé à Paris : "Hollande a déçu tout le monde"
Compétitivité : les patrons du CAC 40 lancent un appel à François Hollande
30 milliards d'euros de charges en moins financés par la TVA
Dans ce "pacte pour relancer la croissance et l'emploi", publié ce 28 octobre par le Journal du Dimanche, ils demandent des réductions du coût du travail pour les salaires moyens (supérieurs à eux fois le Smic) de l'ordre de 30 milliards d'euros sur deux ans. Soit le montant qui serait avancé dans le document qui doit être remis par le commissaire à l'Innovation. Leur solution pour y parvenir? Augmenter la TVA en la faisant passer de 19,6% à 21%.
Exploiter les gaz de schiste
Autre point qui serait également présent dans le rapport Gallois: les gaz de schistes. Ces grands patrons prennent position pour son exploitation. Le chef de l'Etat avait fait état de ses réticences au mois de septembre et décidé qu'en raison de risques potentiels pour l'environnement et la santé, l'exploration en vue d'une exploitation ne serait pas autorisée en France. Ces grands patrons demandent en outre de "rester pragmatique" dans la mise en oeuvre de la transition énergétique, "qu'il s'agisse de réduire nos émissions de CO2 ou notre exposition à la production d'électricité d'origine nucléaire".
Soutien au contrats de génération
En revanche, sur le plan de l'emploi, les signataires de cette lettre disent soutenir les "contrats de génération" proposés par François Hollande. Et, concernant l'innovation, ils appellent à préserver le crédit emploi recherche.
La « droite » ou la France?
« Il n’y a plus la gauche et la droite. Il y a les gens qui sont en haut et qui veulent voir les grands horizons parce qu’ils ont une très lourde, difficile et lointaine tâche à accomplir; il y a les gens qui sont en bas et qui s’agitent dans le marécage. »
Charles de Gaulle, conférence de presse du 17 novembre 1948.
Grève à Air France, des échauffourrés entre militants CGT et policiers à Roissy
Google: les médias français ont-ils joué avec le feu?
La ministre de la Culture Aurélie Filippetti y était favorable. Il s’agissait de mettre en place une taxe que Google devait payer pour chaque lecture d'un article vers lequel le moteur de recherche aurait redirigé l'internaute. Les éditeurs de presse proposaient même de punir le défaut de rémunération par 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende.
« Parmi les outils qu'il me semble important de pouvoir développer, je pense qu'il y a cette idée de créer un droit voisin pour les éditeurs de presse - ce que l'on a appelé un peu facilement la Lex Google - qui me semble extrêmement pertinente », avait déclaré mercredi 17 octobre, la ministre devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale. Un projet que le géant américain a préféré écarter immédiatement.
Menaces de Google
Google a donc envoyé, dès le lendemain, au gouvernement une « note blanche » dans laquelle il déclare qu’il « ne peut accepter que l'instauration d'un droit voisin pour le référencement de sites de presse français mette en cause son existence même ». Si une telle décision devait être prise en France, le moteur de recherche « serait en conséquence contraint de ne plus référencer les sites français ».Et d’ajouter : « Exiger de Google une rémunération au motif que son moteur de recherche dirige des lecteurs vers des sites de presse n'a pas plus de sens que d'exiger d'un taxiste qui conduit un client à un restaurant de rémunérer le restaurateur ».
Google n’a d’ailleurs pas hésité à rappeler qu’il redirigeait « quatre milliards de clics par mois vers les pages internet des éditeurs » français. Pour lui, « en réalité, l'ambition de ce texte est d'interdire le référencement non rémunéré. Une telle loi aboutirait à limiter l'accès à l'information, à réduire le nombre de sites français référencés sur Internet mais aussi à freiner l'innovation ».
Réactions du gouvernement et de la presse
Aurélie Filippetti n’a pas du tout apprécié la note et s’est dit « surprise » par son contenu : « Ce n'est pas avec des menaces qu'on traite avec un gouvernement démocratiquement élu », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Aujourd'hui, des sites qui agrègent des contenus comme Google utilisent la notoriété des éditeurs de presse, ainsi que ce qu'ils produisent. Il est donc légitime que les éditeurs de presse s'interrogent sur la manière dont il faut faire participer ceux qui diffusent leur contenu à leur financement. »Même réaction du côté des médias : « Google s'érige en censeur et envisage de décider seul quels contenus doivent être accessibles à l'ensemble des internautes, au mépris de sa mission d'intérêt général de référencement, au seul bénéfice de sa régie [publicitaire] », a lancé Denis Bouchez, directeur de l'IPG (association de la presse d'intérêt politique et générale). « Cette tentative d'étouffer tout débat par la menace est clairement un déni de démocratie. »
Mais ont-ils vraiment le choix ? Sans Google, quelle visibilité auraient les contenus sur Internet ? Toujours selon Denis Bouchez, « l'objectif de la proposition de droit voisin est de trouver un compromis acceptable entre les intérêts économiques des régies des moteurs, et la valeur qu'apportent les sites d'informations à ces mêmes moteurs dans l'intérêt commun du développement des deux acteurs », explique-t-il
Google réplique
Mais Google ne paraît pas intimidé : « Nous pensons qu'une telle loi serait très dommageable pour Internet. Ce n'est pas un secret, cela fait maintenant trois ans que nous le disons publiquement », explique un porte-parole du moteur de recherche.Une situation que devra donc régler la ministre déléguée en charge de l'Économie numérique, Fleur Pellerin, qui reçoit ce vendredi 19 octobre des représentants de Google France.
« Nous les recevrons pour évoquer les recommandations émises à son égard mardi par les 27 autorités européennes de protection des données, et le projet déposé par les éditeurs français pour taxer les moteurs de recherche », dit-on dans l'entourage de la ministre.
Discussions sous hautes tensions donc, car Google pourrait clairement mettre ses menaces à exécution. En 2011, le géant américain avait déréférencé tous les sites de presse belges pendant 24 heures, à la suite d’une plainte des éditeurs de presse…
La France en banqueroute?
Ignorer ce qui est dérangeant reste le meilleur moyen pour poursuivre nos rêves doucereux de richesses collectives éternelles. Nous reproduisons ci-dessous la dépêche ayant survécu à la maîtrise médiatique gouvernementale. Remarquez, peut-on vraiment leur reprocher ce petit ménage entre amis ? Le sujet est grave. Il s’agit de la faillite de la France. Soyons honnêtes.
Le sujet est également stratégique pour notre pays. Qu’un membre du gouvernement parle de la situation désespérée de nos finances et les marchés pourraient sonner l’hallali pour achever la bête blessée gisant au sol. Alors il faut comprendre le silence gêné qui a entouré les dernières déclarations de Najat Vallaud-Belkacem.
Mais pour nous, c’est évidemment une perle à garder et à conserver. Cela doit nous renforcer dans les convictions qui animent nos anticipations et nos prises de décisions patrimoniales. Au-delà du bruit de fond traditionnel, et du « tout va très bien Madame la Marquise », nous savons que la situation est très grave, pour ne pas dire définitivement sans espoir. Dans les moments de doute, n’hésitez pas à relire ces quelques lignes.
« L'État français, dans un état de faillite aggravé »
Comme disait Juncker, le président de l’Eurogroupe, « c’est quand les choses deviennent vraiment graves qu’il faut mentir ». Ce temps est déjà venu. Après viendra celui de l’écueil de la réalité. Le problème avec la réalité, c’est qu’elle finit toujours par nous rattraper. Même si on n’en a pas envie. La dépêche a donc survécu, bien sûr pas en France mais à l’étranger, ce qui me fait dire que l’on en apprend plus sur nous-mêmes en écoutant les autres qu’en nous regardant nous-mêmes.La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a aujourd’hui déclaré que la précédente majorité avait laissé la France dans un « état de faillite aggravée ». Mme Najat Vallaud-Belkacem répliquait aujourd’hui à François Fillon, qui a accusé le président François Hollande « d’amateurisme », en le renvoyant au bilan de son action gouvernementale.
« M. Fillon est-il vraiment le mieux placé pour donner des leçons, lui qui a commencé son mandat de Premier ministre à la tête d’un État en faillite et l’a laissé en état de faillite aggravée ? », a déclaré à l’AFP Najat Vallaud-Belkacem. Suite à ces propos, certains commentateurs ne manquent pas de souligner qu’il est difficile de défendre avec crédibilité la note AAA de la France tout en déclarant que celle-ci est dans un état de faillite aggravée.
Dans une interview jeudi aux Echos, l’ex-Premier ministre a estimé que le projet de budget pour 2013 était « un monument d’amateurisme, d’irresponsabilité et de mauvaise foi ». « On se demande qui gouverne, François Hollande et le gouvernement, ou quelques nostalgiques de l’économie dirigée ? », a-t-il demandé.
Pendant ce temps, en Grèce, tout va bien. Il va bien falloir un peu plus d’austérité encore. Mais non, rassurez-vous, la Grèce va bien et va s’en sortir… Après quatre mois de négociation, le ministre grec des Finances a annoncé un accord avec la troïka sur un nouveau train de rigueur et un délai de deux ans pour assainir les comptes, mais qui reste suspendu au feu vert des créanciers et des trois partis de la coalition, ce qui dans le climat actuel fait tout de même beaucoup de raisons pour que finalement tout cela ne fonctionne pas à l’arrivée.
Après quatre ans de régime sec, le déficit grec est toujours proche des 10 % au prix d’une récession terrible
D’un autre côté, c’est une excellente manière encore une fois de gagner du temps pour « pas cher », et atteindre le mois de novembre. L’Europe ne pourra pas tenir indéfiniment sur des propos d’interventions illimitées de la BCE sans qu’il n’y ait aucune matérialisation dans les faits. D’après l’AFP, « la Grèce a obtenu mercredi deux ans supplémentaires pour mener à bien son ajustement budgétaire, a annoncé le ministre des Finances grec Yannis Stournaras au Parlement, en indiquant que le paquet de nouvelles mesures d’austérité lié à ce ballon d’oxygène avait été bouclé également ».« Aucun des acteurs concernés en Europe ou à Washington n’avait réagi mercredi soir à cette annonce, à l’exception du patron de la Banque centrale européenne Mario Draghi qui a indiqué que les négociations n’étaient pas terminées, tout en soulignant leur progression. » Ce qui est extraordinaire, c’est que l’AFP nous fasse un superbe papier au sujet de la Grèce qui obtient un accord sans à aucun moment n’obtenir une seule confirmation de la part d’autres intervenants au processus à part la Grèce.
Heureusement, la langue française permet de se « couvrir » subtilement en utilisant rapidement le conditionnel… (J’adore la langue française pour ses raffinements.) « Si l’accord est confirmé, Athènes devrait donc avoir jusqu’à 2016 pour compresser son déficit budgétaire, qui s’élevait à 9,4 % du PIB fin 2011, au-dessous de la barre fatidique des 3 %. » Vous vous rendez compte comme ça marche bien l’austérité et la rigueur ? Après quatre ans de ce régime sec, le déficit est toujours proche des 10 % au prix d’une récession terrible pour la population grecque. Aucun intérêt. C’est absurde.
Le général de Gaulle disait que « toute politique qui ne donne pas à rêver est vouée à l’échec ». Il ne subsiste plus qu’un cauchemar grec. « En échange, M. Stournaras a négocié un projet de nouveau "mémorandum" d’accord avec ses créanciers, prévoyant 13,5 milliards d’euros d’économies budgétaires en deux ans ». Ce qui doit nous faire en moyenne un nouveau plan tous les 3 mois depuis 4 ans.
On s’oriente donc vers une nouvelle restructuration de la dette grecque
« La majorité de l’effort (9,2 milliards d’euros) est à réaliser dès 2013 via une nouvelle douloureuse cure de rigueur comprenant un recul de deux ans de l’âge de départ en retraite, des baisses de salaires et des suppressions de postes de fonctionnaires. » Les Grecs vont être contents. Les salaires ont été en moyenne divisés par deux depuis le début de la crise. La perte est encore plus importante pour les personnes qui avaient des salaires plus élevés. Les salaires vont encore baisser. Il faut être clair. En Grèce, ce n’est plus la récession le problème. C’est la déflation qui détruit tout sur son passage.« Pour financer les deux ans supplémentaires, la Grèce compte obtenir une "réduction des taux d’intérêt" qu’elle paie à ses créanciers et un allongement de la période de remboursement des prêts, a dit M. Stournaras sans donner de détail. Jusqu’à présent, aussi bien BCE qu’UE repoussaient toute perspective de restructuration de la dette publique grecque. » On s’oriente donc vers une nouvelle restructuration de la dette grecque. Sauf que cela va commencer à poser un léger problème à la BCE qui est détentrice de dettes grecques.
La BCE devra-t-elle constater des pertes comptables ? Dans ce cas, les États (actionnaires de la BCE) vont-ils accepter de verser les montants nécessaires à la recapitalisation de la BCE ? Et surtout, où trouveront-ils l’argent ? Pour la Grèce, pour l’euro et pour l’Europe, l’heure de vérité approche.
« Si nous n’avions pas obtenu ce délai, nous aurions dû prendre des mesures (d’économies) de 18,5 milliards d’euros au lieu de 13,5 milliards », a dit M. Stournaras. Le ministre pilote depuis juillet une double négociation avec, d’un côté la troïka des créanciers internationaux, et de l’autre les trois partis de la coalition gouvernementale. Il entend présenter deux projets de loi au Parlement formalisant les engagements grecs en vue de leur adoption avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro du 12 novembre et la date fatidique du 16 novembre où les caisses du pays seront à sec, selon le Premier ministre.
« Le programme OMT de la BCE ne conduit pas à financement déguisé des États »
Lors de cette réunion, la Grèce attend le feu vert pour le versement de ses partenaires d’une tranche vitale de 31,5 milliards d’euros, destinée à recapitaliser ses banques et retardée depuis juin. Alors que la Grèce attend un nouveau chèque de 31 milliards, rien ne vient depuis juin. Heureusement, il y a la réunion du 16 novembre qui devrait tout régler. Elle tombe sacrément bien cette date du 16 novembre, car c’est 10 jours après l’élection américaine…On devrait donc pouvoir connaître un nouveau psychodrame européen à cette occasion. Finalement, je crois qu’il faut vraiment comprendre que nos « amis » allemands sont très très fâchés. L’inflation, ils n’en veulent toujours pas. À tel point que super Mario, qui ferait tout ce qu’il faudrait de façon illimitée et croyez-le ce sera assez, a tout de même besoin de justifier sa « politique » pour le moment de « petite » création monétaire.
« Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a défendu mercredi devant des députés du Bundestag le rachat de dettes publiques par la BCE en soutien aux pays de la zone euro en crise, un plan d’action vivement contesté par certains élus allemands. » « La plupart des questions ont porté sur le programme de la BCE appelé OMT. (…) Ces actions sont pleinement en accord avec notre mandat », a déclaré le président de la BCE lors d’une courte conférence de presse à l’issue de la rencontre.
Début septembre, M. Draghi avait dévoilé le programme OMT, nouveau plan de rachats illimités de dettes à court et moyen termes, destiné à soutenir les pays de la zone euro en difficulté. Face aux élus allemands, il a nié que ce programme soit une forme de financement indirect des États ou puisse alimenter un risque d’inflation, comme certains économistes et responsables politiques l’affirment en Allemagne. « Le programme OMT ne conduit pas à un financement déguisé des gouvernements. Nous avons spécialement conçu nos interventions pour éviter ceci », a affirmé le président de la BCE devant les parlementaires.
En outre, « le programme OMT ne conduit pas à de l’inflation. Nous avons conçu nos opérations pour que leur effet soit neutre sur les conditions monétaires ». « De notre point de vue, le risque principal pour la stabilité des prix est la déflation actuelle des prix dans certains pays de la zone euro », a-t-il ajouté. S’il s’exprime régulièrement devant le Parlement européen, M. Draghi n’a pas coutume de rencontrer des élus nationaux et il n’était jamais venu s’expliquer au Bundestag, même à titre informel.
Le principal danger pour Mario Draghi, ce n’est pas l’inflation mais le risque désormais avéré de déflation
Face à la levée de boucliers suscitée par ce plan en Allemagne, le grand argentier européen avait lui-même souhaité mi-septembre venir s’expliquer devant le Bundestag sur la politique de la BCE. « Cet échange est un élément important pour créer de la confiance entre ce que fait la BCE et la façon dont son action est perçue par l’opinion publique allemande », a-t-il souligné mercredi devant les journalistes. De son côté, le président du Bundestag, Norbert Lammert, s’est félicité de cette initiative qui a constitué « une étape importante pour dissiper les inquiétudes des deux côtés ».L’institution de Francfort avait notamment fait l’objet de virulentes critiques de la part du président de la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, et de plusieurs économistes allemands. « Si ce programme conduit les États à repousser les réformes nécessaires, cela va de nouveau saper la confiance dans la capacité des responsables politiques à résoudre la crise », avait averti M. Weidmann. Jusqu’à présent, M. Draghi a toujours pu compter sur le soutien de la chancelière Angela Merkel et de son gouvernement.
Le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, l’a d’ailleurs assuré une fois de plus de son soutien mercredi, estimant que la BCE agissait « dans le cadre de son mandat », dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Die Zeit. « Soupçonner la BCE de ne pas s’intéresser à la stabilité (de l’euro, ndlr), c’est ignorer la réalité », a souligné M. Schäuble. M. Draghi a rappelé que les efforts de la BCE ne devaient pas détourner les États de la zone euro d’une politique de « sérieux budgétaire ».
« La BCE ne peut s’engager dans du financement monétaire et ne peut pas remplacer l’action des États membres. Il est trop facile de penser que la BCE peut remplacer l’action des gouvernements ou leur manque d’action en imprimant de la monnaie. Cela n’arrivera pas », avait-il martelé lors d’une audition au Parlement européen début octobre. Il y a donc deux choses à retenir de l’intervention de Super Mario devant les députés allemands.
La première, c’est que bien que la France ne soit officiellement pas en faillite et que tout aille bien en Europe, le principal danger pour Mario Draghi, ce n’est bien sûr pas l’inflation mais bien le risque désormais avéré de déflation. Elle est en cours, dans plusieurs pays européens. La déflation, c’est la baisse de la valeur des actifs. Au bout du chemin, il y aura l’insolvabilité car, dans un monde de dettes, la déflation laisse les dettes constantes mais érode la valeur des actifs financés par ces dettes…
À l’arrivée, il est impossible de les rembourser. C’est ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Italie dans une moindre mesure, et c’est ce qui vient de démarrer depuis la rentrée de septembre en France et va s’amplifier en 2013. La deuxième chose, c’est que le gouverneur de la BCE a indiqué qu’il n’imprimerait pas tant de monnaie que ça. Que cela n’arrivera pas.
Nous avons le choix entre un effondrement déflationniste rapide et socialement dramatique, ou une mort légèrement plus lente et moins douloureuse à base d’inflation. Pour le moment, nous semblons choisir le chemin de la souffrance.
Le “Dalligate” tourne au polar
Une semaine après la démission du commissaire John Dalli, les
soupçons de complot contre celui qui s'apprêtait à présenter un texte
d'une grande sévérité sur le tabac ne cessent d'enfler. Au trafic
d’influences présumé s'ajoute une affaire de cambriolage dans les locaux
des ONG anti-tabac.
Selon une enquête de l'OLAF (l'organe anti-fraude européen), un certain Silvio Zammit, homme d'affaires maltais, aurait proposé à Swedish Match, un fabricant de cigares et de tabac à mâcher suédois, de modifier un projet de directive sur le tabac en contrepartie d'une enveloppe de.... 60 millions d'euros. Le rapport de l'OLAF est transmis à José Manuel Barroso le 15 octobre. Le 16, la Commission européenne annonce par communiqué que le commissaire John Dalli, en charge de la législation sur le tabac, “a présenté sa démission” suite à cette enquête. Le 17 octobre, la Commission européenne ouvre sa salle de presse – fait rarissime – au directeur général de l'OLAF, Giovanni Kessler, lequel alimente les correspondants européens en détails sur cette enquête.
Suspension sine die du projet de directive
Conséquence immédiate de cette démission : l'adoption du projet de directive sur les produits du tabac par la Commission européenne est suspendue sine die faute de commissaire capable d'en porter "la responsabilité politique". Or le texte devait justement entrer le 22 octobre dans sa phase finale de préparation en vue d'une adoption dans les semaines à suivre.Immédiatement, les organisations européennes de lutte contre le tabac tirent la sonnette d'alarme. Le SmokeFree Partnership (SFP), un lobby anti-tabac, voit dans la démission du commissaire “un événement très inopportun”, selon sa directrice Florence Berteletti Kemp. La sortie de la directive étant repoussée de mois en mois depuis plus d'un an, les activistes anti-tabac voyaient fondre les chances qu'elle soit adoptée sous la mandature qui s'achève en 2014. Après l'adoption du projet au collège des commissaires, il reste en effet un long processus législatif à accomplir au conseil des ministres et au parlement européen avant le vote final.
Plusieurs ordinateurs ont disparu
Le 18 octobre, une désagréable surprise attend les collaborateurs du SFP à leur arrivée au 49-51 rue de Trêves, en plein cœur du quartier européen : leurs bureaux ont été visités pendant la nuit. Plusieurs ordinateurs ont disparu, les dossiers ont été fouillés.Sur une vingtaine d'organisations présentes dans l'immeuble, les bureaux de trois seulement ont été visités : ceux de la SFP, ceux de l'European Public Health Association et ceux de l'European Respiratory Society. Ces ONG sont en guerre ouverte contre les multinationales du tabac qu'elles accusent de “bloquer, d'amender et de reporter dans le temps” la nouvelle législation, pour reprendre le titre d'un rapport d'une centaine de pages sur le lobbying de l'industrie du tabac commandité par le SFP avec plusieurs organisations de lutte contre le cancer.
Selon les premiers éléments de l'enquête, les malfaiteurs auraient réussi à déjouer le système de surveillance. Ils seraient entrés dans l'immeuble de huit étages par le toit, descendus le long de la façade et entrés par les balcons, pour repartir par l'entrée avec pas moins d'une dizaine d'ordinateurs portables sous le bras.
Depuis ce cambriolage, le scandale politique est en train d'enfler. Depuis l'annonce de sa démission spontanée, l'ancien commissaire John Dalli laisse entendre qu'il a été poussé dehors. “La porte était ouverte et j'allais soit passer à travers de moi-même soit y être forcé”, a-t-il raconté cette semaine au site euractiv.com. Pour la Commission, cette démission "a été présentée" par John Dalli au président Barroso “devant témoins”.
Plainte pour tentative de corruption
Au cours des mois passés, le projet de directive a été bloqué plusieurs fois notamment à la demande du service juridique et du secrétariat général de la Commission, provoquant l'ire de plusieurs pays, notamment l'Irlande qui est traditionnellement en pointe dans la lutte contre le tabac.John Dalli avait averti en avril 2012 qu'il serait d'une grande fermeté, à la plus grande joie des organisations anti-tabac. Selon de rares fuites dans la presse, les propositions prévoyeraient le maintien de l'interdiction du snus, le tabac à mâcher produit par le groupe suédois Swedish Match, qui n'est actuellement autorisé qu'en Suède à titre dérogatoire. Swedish Match, allié depuis 2009 au groupe Philip Morris, est à l'origine de la plainte contre le commissaire Dalli. Ce dernier comptait aussi s'attaquer aux stratégies marketing des géants du tabac qui jouent la carte des paquets “écrins” aux formes originales pour séduire notamment la clientèle féminine. Le projet de texte aurait enfin imposé le "plain packaging", autrement dit un emballage neutre et peu sexy, ainsi que l'interdiction des présentoirs visibles dans certains bureaux de tabac ou maison de la presse.
C'est en mai 2012 que Swedish Match a introduit sa plainte pour tentative de corruption. L'OLAF, dont les enquêtes s'étendent facilement sur plusieurs années, l'a ensuite traitée avec une célérité peu commune puisque le rapport final a été officiellement soumis au président de la Commission cinq mois plus tard. Le rapport, qui n'est pas final, n'établit “pas la preuve de la participation” du commissaire, précise le communiqué de la Commission du 16 octobre.
Un porte-parole a assuré mercredi que la Commission présentera le projet de directive “dans les prochaines semaines” mais il faudra attendre que le successeur de John Dalli soit nommé. Pour les activistes anti-tabac, les chances que le texte arrive au bout de l'examen législatif avant la fin du mandat de la commission et du parlement sont plus faibles que jamais. Si le dossier glissait sur la prochaine mandature, l'industrie du tabac aurait gagné au moins un an avant la mise en œuvre des mesures restrictives envisagées. Un an de plus, car à l'origine, le projet de texte avait été annoncé pour l'été.... 2011.


















