TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

samedi 8 septembre 2012

Après les annonces de Mario Draghi, on voit la fin de la crise?

Une semaine déterminante, une de plus pour la zone euro... Les décisions mensuelles de la Banque centrale européenne étaient particulièrement attendues et, déjà, il se murmure que le 6 septembre 2012 et les annonces de Mario Draghi concernant le rachat de dette des Etats membres par l'institution monétaire pourraient rester dans l'histoire de la crise de la dette.
Pourtant, s'il y a bien de nouvelles raisons d'espérer, elle est longue encore la route qui conduit la zone euro à la sortie de crise. Franck Guillory, au risque d'être taxé de Cassandre, passe en revue les prochaines étapes... 
Mario Draghi aura mis le temps – suscitant au passage d’immenses doutes sur ses intentions et motivations – mais il a fini par tenir parole… la Banque centrale européenne rachètera bien, de manière illimitée, de la dette des États membres de la zone euro en difficulté sur le marché obligataire. Un « Ouf ! » de soulagement a été poussé à travers l’Europe et il a été entendu, bien au-delà, aux quatre coins du monde…

Sur le principe, la décision de la Banque centrale européenne et de son président va indéniablement dans le bon sens, et c’est pour cela qu’elle est majoritairement saluée – à part peut-être en Allemagne

Pas une solution miraculeuse

Pourtant, si le rachat de dette des pays en difficulté – et on pense en premier lieu à l’Espagne et à l’Italie, mais aussi, bien sûr, à la Grèce – permettra sans doute de réduire la pression que ces pays subissent de la part, notamment, des marchés financiers, et de faire baisser leurs coûts de financement, il ne s’agit, en aucun cas, de la solution miraculeuse. Si le 6 septembre pourrait rester une date importante dans l’histoire de cette crise, il reste de nombreuses embûches sur la voie du rétablissement économique et financier de l’Europe.

Le 12 septembre, l’autre échéance cruciale

Conformément à ce qu’a annoncé Mario Draghi, l’intervention de la BCE sur le marché secondaire de la dette, à travers son nouveau programme de rachat d’obligations – baptisé Outright monetary transactions –, se fera conjointement à celle des États membres sur le marché primaire à travers le MES – Mécanisme européen de stabilité -, nouveau fonds de secours européen appelé à remplacer le FESF –Fonds européen de stabilité financière.
Or, le MES n’existe pas encore. Et, avant de pouvoir être mis en place, il lui faut être adopté par tous les États membres. Dans ce cadre, mercredi 12 septembre est une échéance cruciale puisque la Cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe doit se prononcer sur sa conformité à la constitution allemande. Que les sages d’outre-Rhin retoquent le mécanisme et tout s’effondre. En effet, on imagine mal le MES fonctionner sans son plus important contributeur – à hauteur de 27,1%.
Selon un sondage YouGov pour l’agence DPA, 54% des Allemands souhaiteraient que la Cour dise « Nein » au MES. Pourtant, les sages ont sans doute conscience de ce qui est en jeu et des conséquences de leur décision. Et puis, l’an dernier, le 7 septembre 2011, n’ont-ils pas validé le FESF, dont le principe était assez proche. À suivre…

Pour être aidé, encore faut-il le demander

Les interventions de la BCE et du MES ne sont pas automatiques, ce ne sont pas les experts de Francfort ou Bruxelles qui, seuls, décident de la nécessité ou pas d’intervenir. Pour être aidé, un État membre doit le demander, et cela pourrait être plus difficile qu’il n’y parait, comme le montre le cas de l’Espagne.
Attaquée de toute part, l’Espagne apparait comme le bénéficiaire n°1 de ce dispositif, taillé a priori sur mesure pour éviter un effondrement et une faillite aux conséquences autrement plus tragiques que ne le serait celle de la plus petite Grèce. Mais Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol, hésite à solliciter une aide. D’abord, il s’interroge sur les contreparties qui pourront être exigées en échange de cette intervention de la BCE.
Ensuite, il craint la réaction de son opinion publique, déjà fortement mobilisée contre les mesures successives d’austérité imposées par son gouvernement depuis décembre dernier. Si cette intervention était synonyme d’une mise sous tutelle, elle serait inacceptable pour Madrid, plus que pour n’importe quelle autre capitale. Et puis il y a la fierté nationale…
C’est là qu’est intéressante la suggestion – encore officieuse – de Mario Monti. Le président du Conseil italien envisagerait une sollicitation groupée de Rome et Madrid, quelque part beaucoup moins « déshonorante ». S’il y parvenait, Mario Monti s’imposerait indéniablement comme la révélation politique de l’année sur la scène européenne. Son influence est croissante et il joue un rôle, semble-t-il, pacificateur entre les deux acolytes franco-allemands. Déjà surnommé « Super Mario », l’ancien commissaire européen est, de plus en plus, comparé à Alcide de Gasperi, premier président du Conseil de l’Italie post-Mussolini – de 1945 à 1953 – et un des pères fondateurs de l’Europe…

Le test des opinions publiques

Si Mariano Rajoy n’a rien à craindre – ou presque – de son opinion publique, puisqu’il dispose – sauf circonstances exceptionnelles d’une révolte populaire –d’une majorité stable aux Cortès, le Parlement espagnol, et cela pour encore un peu plus de quatre ans. Idem pour François Hollande, jusqu’en 2017.
Mais ce n’est pas le cas de tous les dirigeants européens. Dès ce mercredi 12 septembre, les Hollandais – je devrais dire pour éviter toute confusion… les Néerlandais – se rendront aux urnes. La campagne a été marquée par l’euroscepticisme et, longtemps, les socialistes – la gauche « dure » - ont été en tête dans les sondages. Pourtant, ces derniers jours, portés par d’excellentes performances télévisées de leur leader, Diederik Samsom, les travaillistes du PvdA, pro-européens, ont regagné du terrain… Dans toutes les hypothèses, l’issue de ce scrutin apparait très incertaine.
Idem l’an prochain, année durant laquelle l’Italie d’abord, au printemps, puis l’Allemagne en automne, connaitront des campagnes législatives. Si l’action de Mario Monti est saluée à travers l’Europe, sa situation sera difficile sur la scène nationale et cela que le Cavaliere Silvio Berlusconi tente – ou pas – une ultime passe d’armes. La situation d’Angela Merkel apparait aussi bien compliquée même, à un an de l’élection, son opposition n’apparait pas en ordre de bataille. On sait désormais en France combien il convient de se méfier des candidats semblant insuffisamment préparés…
Incertitudes politiques, incertitudes économiques… La pente est raide et il est encore long le chemin du redressement en Europe. Pour autant, pourquoi se priver de reconnaitre que les annonces de Mario Draghi donnent, enfin, de belles raisons d’espérer. Ne nous privons pas, c’est gratuit. Merci, monsieur Draghi !

vendredi 7 septembre 2012

Hollande: pourquoi tant de Unes de journaux?

La Grèce se meurt, la Grèce est morte ?

« Les forces vives du monde entier s’éveillent d’un long sommeil. La Grèce est au centre de cette violence d’un monde à créer, appelée à supplanter la violence absurde d’un monde fasciné par le progrès de son autodestruction. » Raoul VANEIGEM
« La Grèce a fait de moi un homme libre et entier » Henry Miller
« Les empires ne retiennent pas les leçons de l’histoire » Noam Chomsky
Timeo Danaos (Prenez garde aux grecs)
Dehors, la troïka !
Depuis des mois interminables que je joue les Cassandre en hurlant « Ellas Ellas » pour la Grèce, je préviens d’abord les économistes distingués que ceci n’est pas un article documenté sur un assassinat financier honteusement orchestré par la Troïka (je suis bien incapable de décortiquer la situation avec chiffres sérieux et démonstrations de haute voltige à la clé !), simplement un grand cri d’amour et d’angoisse mêlés pour la patrie de mes aïeux, face au désastre annoncé d’un torrent furieux que l’on voit arriver, enfler, gonfler, déborder jusqu’à la précipitation inéluctable vers la catastrophe et le chaos finals tels qu’ils se produisaient dans toutes les tragédies antiques.
Oui, la Grèce est en train de mourir – dans l’indifférence la plus totale de tous les pays d’Europe (bonjour la solidarité que nous avait promise Maastricht !) ou, pire, au milieu d’attaques en règles bien orchestrées par les médias contre cette contrée de feignants, de tricheurs, de voleurs qui savent rien que noyer leur chagrin dans du Ricard frelaté pendant que le bateau coule, et si leur incurie entraîne toute la zone euro dans sa chute et qu’on est tous dans la merde ça sera bien leur faute, on n’avait pas besoin d’eux après tout (résumé concis des conversations matinales chez ma boulangère les jours, rares, où un J.T. rompt le silence en tirant la sonnette d’alarme).
Eh bien si, justement, on avait besoin d’eux ! Tout le monde (enfin le monde politique) savait comment fonctionnait l’économie grecque, et que son entrée dans une monnaie communautaire ne serait pas viable à long terme. Mais vous imaginez la déesse Europa amputée de la patrie des pères fondateurs de la démocratie ? C’était pas crédible … Et tant pis pour les risques encourus, fallait la faire, cette sacré U.E. flanquée de l’inflexible B.C.E. - quant aux dégâts collatéraux on aurait bien le temps de voir plus tard !
Et voilà : on voit !
On voit les misères multiples provoquées par le piège de l’austérité carabinée, un « mordorandum » qui atteint son niveau de tolérance maximum ; des retraités sans retraites, le salaire des fonctionnaires divisés par deux, et les suicides multipliés d’autant.
Athènes en perdition transformé en champ de ruines sociales ; les commerces en faillite, les hôpitaux en souffrance, les grévistes en combat héroïque ; les jeunes diplômés sans futur grimpant sans retour dans des charters australiens.
Des manifestations qui tournent à l’émeute, des policiers désemparés, des arrestations violentes d’immigrés clandestins.
Des SDF par milliers qui finissent par trouver refuge, sous des cartons, dans des théâtres antiques, puissant symbole d’un monde qui naufrage.
Des enfants affamés qui tapent sur des casseroles pour occuper leurs nuits d’angoisse.
On voit des magasins sans marchandises, des écoles sans cahiers, des malades sans soins ; des musées sans gardiens, des trésors oubliés, une mémoire pillée.
La lutte quotidienne est épicière et les lendemains, parfois, se trouvent au fond des poubelles.
On voit la place Syntagma écartelée entre symbole politique du pouvoir et contestation en longs défilés rageurs ; Exarcheia survolté, Plaka dévasté et Omonia transformé en ghetto de pauvreté ; les îles boudées par les touristes, les potagers salvateurs qui fleurissent et les poulaillers comme ultime recours à la disette.
On voit trop de souffrances et trop de larmes.
La litanie des sept douleurs à la puissance dix millions..
On voit un peuple entier guillotiné sous le joug d’un mépris délétère et des rêves évaporés ; une destruction totale massive passant par la remise en cause de tous les fondements culturels et par la démolition programmée d’un art de vivre ancestral.
Je préfèrerais ô combien que l’anaphore s’arrête là, mais elle ne semble pas près de mettre une sourdine à son triste lamento…
Laissons la parole aux murs, ils affichent mieux l’indicible qu’un long discours explicatif :
« Feu au temple de la consommation » « Je souffre »
« La junte ne s’est pas arrêtée en 73 »
« Ne vivons plus comme des esclaves »
« Maman, je vais être en retard, on est en guerre »
« Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas, nous ne paierons pas »
« Te suicider, ce n’est pas ce que tu as fait toute ta vie ? »
« Ne nous habituons pas à la mort »
« Troïka, assassins »
« Il n’y a pas d’étrangers, il n’y a pas de grecs, il n’y a que des prolétaires en colère »
« Liberté pour la Grèce »
Il semble que les grecs n’attendent plus qu’une chose : que tout pète, que tout se casse la gueule, que vienne le grand Chaos. Et qu’ils puissent retourner à la case départ du super Monopoly sans passer par les banques et sans toucher des milliards.
Seule petite note positive : l’étymologie du mot « crise ». Du grec « krisis », décision importante, choix, jugement, renvoyant à l’idée du moment-clé où tout doit se décider. Dans la pensée ancienne, cette notion sous-entendait le libre-arbitre de l’être et la souveraineté de son jugement critique, c’est-à-dire une opportunité plus qu’une malédiction. C’est une remise en question de soi-même (qui suis-je, que vais-je faire de ma vie ?), un ensemble de contractions débouchant sur une re-naissance salvatrice, un entre-deux fécond qui relance la créativité et devient la source de nombreux possibles. (En même temps, allez dire ça à quelqu’un qui n’a rien mangé depuis trois jours ?)
Et question cruciale qui divise les débats : va sortir de l’euro, va pas sortir ? La presse, malhonnête ou bâillonnée, est unanime : NON, bien sûr ! Hypothèse aussi impossible qu’improbable, dormez tranquilles braves gens, pendant que les athéniens crèvent dans les rues… S’ensuivent de longues et savantes démonstrations économiques pour expliquer qu’il n’y a rien à craindre, que ça va s’arranger et que l’euro, quand même, est plus fort que le dollar, alors vous voyez… On ne lit ni n’entend jamais cette simple contre-vérité évidente : ON N’EN SAIT RIEN, la machine infernale est lancée, personne ne peut dire où elle va aller Est-ce si difficile à admettre, que l’économie n’est pas une science exacte, que l’histoire est une gamine capricieuse et redondante, que personne n’avait prévu le Jeudi Noir, et qu’on fonce dans le brouillard – ou dans le mur – en criant bien fort « on va gagner » ?
Pendant ce temps-là, des gens souffrent en silence alors qu’on leur avait promis le paradis de la croissance. D’accord, c’était une erreur que d’y croire, la croissance obligatoire n’a jamais apporté à la longue que du malheur, mais comment résister aux chants des sirènes du libéralisme lorsque l’on a égaré dans la tempête d’un bonheur consumériste annoncé les boules Quiès de la sagesse odysséenne ?
J’emprunte à Giraudoux (oui, je sais, il ne fut pas très clair pendant l’occupation, mais c’est pas une raison pour jeter l’œuvre avec le dramaturge…) une conclusion en forme d’espoir fugace et de petite lueur entr’aperçue au fond d’un tunnel de ténèbres :
« Comment cela s’appelle-t-il quand tout est gâché, que tout est saccagé, et que l’air pourtant se respire, et qu’on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s’entretuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ? – Cela a un très beau nom, Femme Narsès, cela s’appelle l’Aurore… » (Electre – 1937)
Encore bien pâle l’aurore, et bien fragile l’espérance ?
Attendons de voir…
Pour l’instant, ce sont nos racines que l’on assassine.

Présentéisme : l'autre visage (inquiétant) de l'absentéisme

Faut-il se réjouir du recul de l'absentéisme relevé par l'étude du cabinet Alma Consulting Group ? Ces bons scores traduisent en filigrane un phénomène apparu depuis quelques années qui inquiètent les psychologues du travail : le présentéisme ou "démission intérieure".
Présent mais...totalement absent. Voilà le paradoxe que traduit le présentéisme. Envers de l'absentéisme, il illustre à bas bruit souvent une situation de « burn out » ou de démission intérieure. Le salarié est présent physiquement mais psychiquement absent. Certains s'efforcent même de donner l'impression qu'ils travaillent alors qu'en réalité ils en font le moins possible. Une présence qui traduit plus un désengagement qu'une réelle motivation. Le taux d'absentéisme n'est donc plus un indicateur très fiable de la motivation des troupes en ces temps chahutés. D'ailleurs, la barre des 3 millions de chômeurs franchit depuis quelques jours risque fort d'amplifier ce phénomène. Crainte de perdre son emploi, angoisse de la précarité, difficulté à boucler les fins de mois, pression galopante au bureau, fermeture de sites, fusions et restructurations, tout concourt aujourd'hui à considérer son travail plus pour sa feuille de paye que pour une satisfaction personnelle. Et l'on craint désormais plus de se faire remarquer par son absence et de perdre le fil de l'information interne qui permettra en cas de coup dur de se repositionner. En clair : perdre du terrain. D'autant que nombre de consultants en ressources humaines conseillent aujourd'hui aux salariés de soigner leur « visibilité ».
Facteur de risque pour la santé au travail
D'où la sonnette d'alarme tirée par les médecins du travail qui voient dans le présentéisme un facteur de risque pour la santé des salariés. Travailler même quand on ne se sent pas bien ou qu'on est très fatigué, au bout du rouleau, ce n'est en effet pas sans risques. Au même titre qu'un sportif de haut niveau peut se retrouver sur le banc de touche pour avoir trop forcé, un salarié qui dépasse trop ses limites verra ses symptômes s'aggraver. Sans compter qu'il y a une forte adéquation entre l'état psychologique d'une personne et son état physiologique : une personne souffrant de fatigue émotionnelle aura une santé plus fragile. Enfin le présentéisme a un effet non négligeable sur la productivité : n'étant pas au mieux de leur forme ceux qui jouent la carte du présentéisme ne sont guère rentables. Mieux vaut donc qu'un salarié s'absente deux jours pour se reposer que six mois pour dépression, fait valoir le corps médical. Des études américaines ont ainsi montré que le présentéisme peut coûter cher aux organisations : on impute environ 60% des coûts du stress au présentéisme et 40% à l'absentéisme. En Europe le présentéisme coûterait en moyenne 20 milliards d'euros par an. Et une enquête de l'Université de Fribourg estime à près de 15% le taux d'employés en « démission intérieure ». Une moyenne plus faible dans les PME mais supérieure dans les administrations, les banques, et les compagnies d'assurance.

Mal typiquement français
La France reste encore la championne toute catégorie de ce phénomène. En Allemagne, en Suisse ou aux Etats-Unis, celui qui reste au bureau tard le soir est soupçonné de surfer sur Internet ou au pire d'être très mal organisé. A l'inverse, chez nous, celui qui part à 18 heures se verra apostrophé en blaguant d'un « bon week end ». Contredisant la croyance patronale qui voudrait qu'au moindre petit bobo un salarié s'absente, une étude menée au Canada par la chaire en gestion de la santé et de la sécurité au travail de l'Université de Laval a d'ailleurs montré que le présentéisme se nourrissait essentiellement à la source de la loyauté et du professionnalisme: ne pas laisser tomber les collègues, assurer sa charge de travail. L'étude souligne ainsi que la plupart se présente au travail même lorsque leur santé est défaillante. Quand on sait combien le sens de l'honneur et du travail bien fait dominent largement les affects des salariés français, on comprend aussi mieux pourquoi le présentéisme marque des points dans l'Hexagone. Ceux-ci attendront que leur productivité s'érode pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois, avant de se retrouver contraints et forcés à prendre...un congé maladie. Si l'on s'en tient au bon vieil adage "mieux vaut prévenir que guérir", diminuer l'absentéisme comme le présentéisme reviendrait donc à améliorer l'hygiène de travail, son organisation et son ambiance. La clef restant la qualité des relations, des réunions d'équipe et de la gestion.

Pernod-Ricard innove plus que Google et Apple

Au palmarès des entreprises les plus innovantes dressé par le magazine Forbes, Pernod-Ricard dépasse Google mais aussi Apple, Starbucks, Danone...
Le petit jaune peut voir la vie en rose... Le groupe français Pernod-Ricard peut en effet se targuer d'être considéré comme plus innovant que... Google et même Apple. Dans le top 100 des entreprises les plus innovantes du monde établit par le magazine  Forbes, Pernod-Ricard est 15e. Le géant du web, lui est "seulement" 24e et la firme à la Pomme 26e. C'est la dégringolade pour les deux compagnies: Google a perdu 17 places par rapport au classement de 2011 et Apple 21. Pour établir ce classement, Forbes prend en compte les gains espérés par chaque entreprise sur la valeur de leurs actions grâce à leurs investissements en innovation (nouveaux produits, services et marchés). 
Danone plus innovante qu'Apple
D'autres grandes entreprises sont également moins bien placées que le groupe de vins et spiritueux, comme la chaîne de café Starbucks 21e qui multiplie pourtant les initatives en développant, par exemple, le paiement sans contact. Pernod-Ricard est par ailleurs considérée comme la plus innovante des entreprises françaises, devant le géant Danone (25e). Ce dernier est d'ailleurs, lui aussi, classé devant Apple.
Amazon perd du terrain 
Sur le podium figurent tout de même trois entreprises américaines: le producteurs de logiciels et d'applications Salesforce, qui conserve sa place de numéro un, le groupe pharmaceutique Alexion Pharmaceuticals et le géant de la librairie en ligne, Amazon, doublé par le précédent.

Un petit pas 


Ce n’est pas la panacée qui balaiera la crise de l’euro. Pas non plus une « révolution » dans la gestion à l’européenne des dettes publiques. Mais l’annonce faite par Mario Draghi signifie un pas en avant, même si cette avancée est plus idéologique que réelle. Car l’intervention de la BCE sur le marché secondaire des emprunts d’Etat, bien qu’« illimitée » en quantité, reste, en fait, limitée en soumettant les solliciteurs aux conditions draconiennes à établir par les Fonds de secours européens, peut-être aussi par le FMI. Le tout sous le manteau du « pacte budgétaire », le fameux traité « Merkel-Sarkozy » que la France doit encore adopter…
Très révélatrice hier était la double présence du chef de l’Eurogroupe Juncker et du commissaire de l’UE Rehn à la conférence de la BCE. L’Europe institutionnelle et la zone euro approuvent les décisions prises, également le Parlement européen par la voix de son président Martin Schulz. Des décisions qui ne plaisent guère en Allemagne, surtout pas à la Bundesbank, premier bailleur de fonds de l’Euroland, d’ailleurs ouvertement opposée à ces mesures. Des protestations se font déjà entendre au gouvernement de Berlin et au sein de la majorité parlementaire d’Angela Merkel qui, elle, reste très prudente. Outre-Rhin, on craint la planche à billets. On s’interroge aussi sur le curieux mécanisme, genre « chaises musicales », que mettrait en œuvre la BCE pour racheter des dettes d’Etat en empruntant aux banques, pour ne pas financer directement, ce qui serait contraire à ses statuts !
À la limite, peu importe. La BCE est « technicienne ». La vraie impulsion pour mettre fin à la crise ne peut venir que des Etats, forcément par compromis entre les grandes économies : l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne. Sans oublier les Pays-Bas, de plus en plus eurosceptiques, qui le 12 septembre éliront un nouveau gouvernement. Le même jour où la Cour constitutionnelle de Karlsruhe se prononcera sur le Mécanisme européen de stabilité. Un rejet – guère envisagé, il est vrai – serait catastrophique. Mais remettre, comme l’attendent les opposants allemands, toutes les décisions concernant l’euro au vote du Bundestag, et au cas par cas, serait irréaliste.
Et il y a encore un autre obstacle de taille : l’avenir de la Grèce… L’automne en Europe, n’en doutons pas, sera entièrement consacré à l’euro et à la crise. Sous des perspectives guère encourageantes, peut-être susceptibles de créer un effet de choc : selon l’OCDE, la récession menacera partout en 2013. Y compris en Allemagne.

Le défi asiatique


En 1966, Jean-Jacques Servan-Schreiber utilisait l'Amérique pour réveiller l'Europe. Son célèbre essai Le défi américain aurait pu tout aussi bien s'intituler Le défi européen.
En 2012, voici Le défi asiatique. Derrière la Chine et l'Inde, ce continent joue, pour le monde occidental, le rôle que l'Amérique joua, hier, pour l'Europe. Il constitue un appel à l'effort et au renouveau. Ces dernières années, le monde occidental a vécu très au-dessus de ses moyens matériels, et très en dessous de ses moyens intellectuels, spirituels sinon éthiques. La crise qu'il traverse aujourd'hui lui donne l'occasion inespérée de se ressaisir, ne serait-ce que pour stopper la contagion, inévitable dans l'univers de la mondialisation, qui affecte les pays émergents.
L'Europe, en particulier, est devenue « l'homme malade de la planète ». Mais comme tout le monde occidental, elle possède ces anticorps institutionnels que sont la démocratie et l'état de droit. Elle peut donc se révéler plus résistante à la crise que ne le sont les pays émergents, plus vulnérables encore à la baisse de leurs taux de croissance que ne le sont des pays démocratiques face à l'absence même de croissance.
L'industrie du luxe, experte en matière de mondialisation et de gestions des risques, a bien compris cette évolution. Pendant plus de vingt ans, elle a fait le choix de l'Asie et des pays émergents en général. Aujourd'hui, pour ne pas « mettre tous ses oeufs dans le même panier », elle réinvestit dans le monde occidental et plus particulièrement en Europe. En pleine crise grecque, Louis Vuitton a ouvert une boutique à Mykonos.
Alors que la presse ne parle que de la chute de l'euro et de la fin du monde occidental, la réalité est infiniment plus complexe. Hier, l'Europe constituait pour les pays émergents un miroir reflétant leur réussite. Ils pouvaient y comparer leurs taux de croissance aux nôtres et se conforter dans leur sentiment de supériorité : la croissance était à « l'est », les dettes à « l'ouest ». Aujourd'hui, à l'inverse, ils s'inquiètent d'une crise européenne qui agit comme un révélateur et un accélérateur de leurs faiblesses structurelles : corruption, inégalités sociales...
Accepter le changement du monde, en comprendre les ressorts, s'ajuster à cette évolution : les défis auxquels le monde occidental est confronté sont redoutables. Mais avec un juste mélange de modestie, par rapport à l'autre, et d'ambition, par rapport à soi, ils peuvent être surmontés.
Les cartes de l'Amérique et de l'Europe sont loin d'être identiques. Elles représentent une réalité de plus en plus éclatée. Cette réalité inclut désormais sans doute, en termes d'émotions et de valeurs, un pays comme le Japon, de ce point de vue plus « occidental » qu'asiatique. Mais les cartes du monde occidental, et de l'Europe en particulier, sont bien réelles avec cette combinaison unique d'unité et de diversité, source de créativité.
« Les caisses sont vides, il est temps de se mettre à penser », disait, en 1922, le prix Nobel de chimie Sir Ernst Rutherford. Le temps de la pensée et celui de l'action commencent maintenant. C'est une question de volonté et d'intelligence politique. Il s'agit de concilier effort, justice et compétitivité. L'exercice est difficile, mais pas impossible. Il suppose de privilégier la pédagogie sur la démagogie.

Rêves 


Un Noir entrait il y a quatre ans à la Maison Blanche en affirmant : « Yes, we can » – oui, nous pouvons. Une formulation nouvelle du vieux rêve américain, de cette obsession de la frontière à conquérir, plus loin et plus haut, à l’Ouest ou sur la lune. Et cette nuit, après quatre ans de pouvoir, Barack Obama devait réveiller le vieux rêve, comme l’avait fait quelques jours auparavant son adversaire Mitt Romney. C’est toute la différence entre les Etats-Unis et la France : souvenez-vous des ricanements devant le rêve français François Hollande. Nous n’osons plus rêver, accablés par une crise sans fin, plombés par une démographie qui fait de la retraite l’emploi d’avenir le plus répandu. Alors, bien sûr, nous moquerons la naïveté des Américains, la violence de leur société, leur insistance à mettre Dieu partout, et jusque dans leurs programmes politiques… Mais quelle force, dans un peuple qui rêve.

Les buralistes mobilisés 
contre le paquet uniforme

Taxe à 75% : la reculade du gouvernement en trois actes

L'Elysée se défend de tout recul. Et pourtant, la taxe à 75% sur les très hauts revenus devrait être sérieusement édulcorée, selon Le Figaro et Les Echos, par rapport aux engagements de François Hollande durant la campagne présidentielle. FTVi revient en trois actes sur cette mesure symbolique.

Acte 1 : une annonce improvisée
Benet premier dans le vide....
L'annonce avait surpris au sein même de l'équipe de campagne de François Hollande. Sur le plateau de TF1, le 27 février, le candidat à la présidentielle avait promis un taux d'imposition de 75% pour les très hauts revenus, supérieurs à un million d'euros par an. Il s'était d'ailleurs pris les pieds dans le tapis en évoquant par erreur les revenus supérieurs à un million d'euros par mois, avant de rectifier son erreur par la suite.
Quelques minutes plus tard, dans l'émission "Mots croisés", en direct sur France 2, Jérôme Cahuzac, alors responsable des questions budgétaires dans l'équipe Hollande (devenu depuis ministre délégué au Budget), avait semblé apprendre en direct la déclaration, refusant même de la commenter.
Si cette proposition surprise du candidat socialiste avait été brocardée par ses adversaires, elle avait en revanche été perçue comme une bonne opération stratégique pour François Hollande. Il avait ainsi réussi à monopoliser l'attention médiatique plusieurs jours, reléguant au second plan les annonces de Nicolas Sarkozy sur l'éducation.
Dans le détail, cette taxe de 75% devait s'appliquer à tous les revenus supérieurs à un million d'euro par an et par part fiscale. A l'époque, FTVi avait calculé l'impôt supplémentaire que les personnes à très hauts revenus auraient dû payer si cette taxe avait été appliquée telle quelle.
Acte 2 : sportifs et artistes se rebiffent
Immédiatement après l'annonce de François Hollande plusieurs catégories de contribuables se sont offusquées de cette proposition. A commencer par le monde du football. Car la mesure aurait potentiellement pu concerner une bonne cinquantaine de joueurs de Ligue 1. "Cela freinerait l'arrivée sur notre territoire de joueurs en provenance d'autres pays", affirmait alors le président de l'Union nationale des footballeurs professionnels, Philippe Piat. Des craintes exprimées aussi par des présidents de club.
Les artistes français n'étaient pas restés silencieux. "C'est de la confiscation", avait protesté Patrick Bruel sur RTL, tandis que Françoise Hardy craignait de se retrouver "à la rue" en cas d'élection de François Hollande. Dans une interview à Paris-Match, elle envisageait même d'aller se réfugier à Londres ou à New York.
Acte 3 : le gouvernement détricote la promesse
Par petites touches, et sans jamais communiquer tout à fait officiellement, le gouvernement Ayrault laisse filtrer des informations qui vont dans le sens d'un assouplissement de cette mesure phare de la campagne de François Hollande. "Il faut que cette taxe soit intelligente. Nous ne souhaitons pas qu'elle entraîne un exode des cadres et des chefs d'entreprise", affirmait ainsi le ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, le 29 août dans Les Echos.
Outre les éventuels effets néfastes sur l'économie que pourrait causer cette mesure, le gouvernement avait redouté que cette taxe soit jugée confiscatoire par le Conseil constitutionnel. A plusieurs reprises, l'exécutif avait ainsi laissé entendre que les sportifs et les artistes pourraient voir leur fiscalité lissée sur plusieurs années.
Mais les informations publiées par Les Echos et Le Figaro vont plus loin. Dans la mouture du texte qu'envisage de présenter le gouvernement, les revenus des artistes et des sportifs, considérés comme exceptionnels, ne seraient plus concernés.
Le seuil d'un million d'euros de revenus serait maintenu, mais seulement pour les célibataires. Pour les couples, le seuil au-delà duquel la taxe de 75% serait appliqué serait revu à 2 millions d'euros.
Autre retouche importante : les revenus du capital (intérêts, dividendes, plus-values) seraient exonérés de cette taxe. Seuls les revenus d'activité, "ceux qui ne réservent aucun aléa et n'impliquent aucune prise de risque" seraient pris en compte, affirment Les Echos.
Limitée dans le temps, cette taxe de 75% ne sera pas une nouvelle tranche d'impôt sur le revenu, mais une surtaxe qui comprendrait la CSG (7,5%) et la CRDS (0,5%) dont les Français s'acquittent déjà. Le taux effectif de cette nouvelle taxe ne serait donc que de 67%.

Discrimination : le mot qui tue


Prenant tout le monde de court, Jean-Marc Ayrault a annoncé à la sortie du premier Conseil des ministres de la rentrée, le 22 août, que le projet de loi visant à légaliser le « mariage » et l’adoption allait être déposé dès la fin du mois d’octobre. Une contre-proposition, par laquelle les Verts cherchent à s’imposer dans le débat en prenant à leur tour les socialistes de court, a été déposée sur le bureau du Sénat le 27 août (voir notre numéro de mardi). L’histoire s’accélère. Il ne reste au mieux qu’une cinquantaine de jours avant que la machinerie lourde du projet gouvernemental, assuré – a priori – de la majorité absolue au Parlement, soit mise en mouvement.
La mobilisation contre le « mariage » ouvert aux couples de même sexe, c’est ici et maintenant. Par tous les moyens. Tout ce qui ira contre, tout ce qui voudra empêcher cette loi folle, sera bon à prendre et à saluer.
Il faudra se méfier des mots. Le débat, tel qu’il doit se tenir, tel qu’il faudra l’exiger afin que l’on puisse parler en toute vérité d’une question que les gros médias, à la remorque de l’agitation mondiale en faveur de la reconnaissance des unions des couples de même sexe, ont réussi à confisquer, se jouera sur une notion clef : celle de la discrimination.
Et c’est une notion pipée, faussée, dangereuse à manier.
La non-discrimination est aujourd’hui, au cœur de la « morale laïque », une « valeur » qui ne se discute pas, qui s’est médiatiquement imposée, qui est à ce point chargée d’émotion et de bons sentiments que nul ou presque n’ose dire que la discrimination n’est pas toujours un mal. Qu’elle peut être un bien, une nécessité, une prudence.
Avec le refus de la « discrimination à raison de l’orientation sexuelle », aujourd’hui inscrite dans la loi française et aussi, de manière plus agressive encore, dans la Charte européenne des droits fondamentaux, un pas décisif a été accompli pour fausser et confisquer le débat. Celui-ci exige de clarifier d’abord les termes. Je vois avec inquiétude des initiatives et des déclarations contre le « mariage » gay qui s’empressent d’emblée d’affirmer qu’il faut combattre toute discrimination à l’égard des personnes en raison de son orientation sexuelle. Non pas par mauvaise volonté : c’est une manière, bien entendu, de dire que l’on ne veut pas de mal aux homosexuels que nous respectons et que nous devons aimer en tant que personnes, et approcher avec bienveillance, en voulant leur bien. Mais par une sorte d’automatisme imposé par le langage ambiant : il a fait perdre le sens des mots.
Qu’est-ce que la discrimination ? Littré l’appelait « la faculté de discerner, de distinguer ». Et fait la citation d’un psychologue qui la décrit comme « le fondement de notre intelligence ». Une définition moderne, celle du Larousse, rend compte du glissement de sens actuel : « Fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal), quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne. »
Le fait de s’interdire toute « discrimination », supposée mauvaise parce qu’elle traduit une différence de traitement, à l’égard des homosexuels, c’est déjà accepter de débattre selon les termes imposés, non par « les homosexuels », mais par le lobby qui veut ouvrir l’accès au mariage aux couples de même sexe. C’est le mythe égalitariste. Il a très bien fonctionné en Argentine, par exemple, où, contre la volonté d’une population largement attachée au mariage naturel, traditionnel, normal, le « mariage » gay a été imposé comme le « mariage égalitaire », accessible à tous au nom de la non-discrimination. C’est une logique de plus en plus acceptée dans le domaine juridique. Une notion dangereuse aux conséquences parfois insoupçonnées.
Peut-il être juste de discriminer à l’égard de personnes, de groupes de personnes, d’une religion ? Bien sûr que oui ! Une religion qui prône la mise à mort des apostats peut et doit être discutée ; une secte qui repose sur l’extorsion de fonds et les abus sexuels mérite d’être interdite ; le fait de réserver les postes de fonctionnaires ou de militaires aux nationaux d’un pays est légitime ; interdire l’embauche d’un pédophile condamné pour certains emplois est une mesure de prudence ; refuser l’ordination aux femmes est un droit de l’Eglise catholique ; Tant que cela durera, évidemment. Préférer ne pas engager un homosexuel comme assistante maternelle est une liberté – mais à condition de ne pas le dire ainsi, car cela tombe déjà sous le coup de la loi sur la discrimination à l’embauche.
Une discrimination est toujours un choix, et ce choix peut être injuste, méchant, arbitraire. Mais elle est une opération normale et nécessaire de l’intelligence. La nouvelle loi « antiraciste » chilienne, par exemple, moins extrémiste que la nôtre, pénalise les « discriminations injustifiées ».
L’expérience de plusieurs pays plus avancés que la France sur le chemin de l’égalitarisme forcené devrait nous inciter à réfléchir.
Au Royaume-Uni, un couple de chrétiens propriétaires d’une pension de famille qui est aussi son domicile a été condamné pour avoir refusé une chambre à un couple d’homosexuels. Aux Etats-Unis, des procédures s’ouvrent contre des établissements louant des salles pour des mariages qui les ont refusées pour des « mariages » gays. Au Brésil, la loi antiraciste en cours de discussion veut punir de deux ans de prison toute réaction négative à une manifestation d’affectivité d’un couple homosexuel dans tout lieu « ouvert au public » (une église, c’est ouvert au public). Dans les pays scandinaves, en Espagne, des procès ont été intentés contre des prêtres ou des pasteurs qui ont condamné l’acte homosexuel comme moralement mauvais. En France, en application de la loi, il est possible d’être condamné si l’on refuse de louer un appartement à un couple homosexuel en raison de son orientation sexuelle.
Accepter le discours sur la discrimination, c’est se soumettre d’emblée à la dictature du relativisme. C’est ouvrir la porte, demain, à la persécution des religions qui ont un discours moral traditionnel sur le comportement homosexuel.
C’est un danger qu’il ne faut pas minimiser.

jeudi 6 septembre 2012

Les fonctionnaires bien mieux payés que les salariés du privé

Les salaires des fonctionnaires sont plus élevés que ceux des salariés du privé : le salaire annuel net moyen des agents de l’État était en 2008 de 28.460 euros, soit 15 % de plus que celui du secteur « privé et semi-public » (et 17 % de plus pour les employés). Derniers résultats disponibles à ce jour.


En 1983 le ministre communiste Anicet Le Pors fit voter un statut de la fonction publique dont l’article 15 précisait : « Le Gouvernement dépose tous les deux ans en annexe au projet de loi de finances de l’année un rapport sur les rémunérations et les pensions de retraite versées au cours des deux années précédentes à l’ensemble des fonctionnaires […] S’agissant des retraites, il comporte des éléments de comparaison avec le régime général et les régimes spéciaux ». A l’époque, les fonctionnaires, bénéficiant de la garantie de l’emploi, étaient à égalité de poste moins bien payés que les salariés du secteur privé. Ce rapport fut donc publié tous les deux ans. La comparaison avec le secteur privé y était faite pour les salaires comme pour les retraites, à partir de données collectées par l’INSEE. Mais les salaires réels de la fonction publique ont régulièrement augmenté depuis vingt ans, environ deux fois plus vite que ceux du privé. Si bien que la comparaison a fini par montrer que les salaires publics étaient supérieurs en moyenne à ceux du privé, particulièrement pour les plus bas salaires. Ainsi, en 2007, le rapport annexé au projet de loi de finances pour 2008 constatait-il qu’en 2004 le salaire moyen des agents de l’État était supérieur de 14 % à celui du secteur privé, et de 20 % pour les employés. Pour les hôpitaux la comparaison était encore plus favorable au secteur public : + 24 %. Les syndicats du secteur public se sont émus de cette comparaison, qui leur enlevait des arguments dans leurs négociations de salaires. Ils ont donc fait abroger dans la loi du 25 décembre 2007 l’article 15 de la loi Le Pors. La comparaison des salaires public/privé n’est plus publiée en annexe aux projets de loi de finances. Mais l’Insee collecte toujours les données qui lui permettaient d’établir la comparaison. Il a publié le 12 novembre son « portrait social » de la France dans lequel on trouve une comparaison des salaires publics et privés. Celle-ci est moins détaillée que celle qui était fournie auparavant au Parlement, notamment pour les hôpitaux. On y constate cependant que le salaire annuel net moyen des agents de l’État était en 2008 de 28.460 euros, soit 15 % de plus que celui du secteur « privé et semi-public » (et 17 % de plus pour les employés). Faisons connaître cette comparaison tant qu’elle est disponible. Sans doute l’an prochain les syndicats empêcheront-ils l’INSEE de la publier.

Non, la Nature ne doit pas avoir le dernier mot !

Abomination ! Horreur ! Catastrophe ! Une fois encore, la Nature nous prouve que l'Homme, responsable bien connu de tous les maux qui frappent Gaïa avec assiduité depuis les débuts hoquetant de l'Histoire, est au centre d'un de ces problèmes inextricables qui méritent une réponse étatique musclée avec plein d'argent public brûlé dans une cérémonie éco-religieuse inutile mais colorée. Et lorsqu'on détaille les tenants et les aboutissants de l'affaire atroce, qui implique des petits mammifères sympathiques avec des moustaches rigolotes, on ne peut venir qu'à une seule conclusion : humanité de merde, tiens !

Pardonnez-moi cette précédente trivialité, mais, que voulez-vous, je suis tout tourneboulé de l'intérieur. L'être fragile et doux qui ronronne normalement en moi à chaque évocation de petit animal mignon à fourrure soyeuse se rebelle avec violence lorsqu'il découvre, stupéfait, que des populations d'otaries à fourrure s'implanteraient peu à peu sur l'île Kangourou, au sud de l'Australie, et croqueraient d'infortunés manchots pygmées, les plus petits manchots du monde (25 cm pour 1 kg de barbaque plumée).
Bien évidemment, le supporter inconditionnel de la biodiversité que je suis ne peut alors s'empêcher d'enfiler son petit bonnet péruvien et de secouer ses dread-locks en criant "No Pasaran !" aux méchants mammifères gobeurs de manchots, par ailleurs espèces protégées en voie de disparition d'autant plus rapide que l'appétit des mammifères locaux semble insatiable ! En plus, à l'examen de la situation, il apparaît que les otaries à fourrure, vicieuses créatures très probablement mues par le libéralisme sauvage et une forme barbare de capitalisme sans frein, grignotent les pauvres manchots juste pour rire, et ne les mangent pas tous ! D'ailleurs, Simone Somerfield, professionnelle du tourisme et experte dans la question du croquage des manchots par les otaries de l'Île Kangourou, interrogée par un quotidien anglais, déclare sans ambages :

« C'est comme regarder un film d'horreur, d'autant que parfois les manchots sont tués en masse sans être mangés ! »
Nanmévous vous rendez compte ! Il faut, absolument, faire quelque chose. Évidemment, l'écologiste conscient de son empreinte carbone sur cette terre qui s'agite en moi devant telles révélations ne peut s'empêcher de réajuster son poncho multicolore et de réclamer, avec véhémence, que soit acté, par les gouvernements locaux (et l'ONU, si c'est possible), quelque chose, n'importe quoi, un truc, un machin, pour arrêter le massacre. Et ici, on sent toute la nécessaire intervention des autorités pour que soit mis un terme à cette situation lamentable où des animaux mignons jouent à massacrer d'autres animaux mignons. Des études ont déjà été lancées pour savoir s'il ne faudrait pas déplacer les populations d'otaries. Évidemment, les bureaucrates et autres politiciens trop près de nos sous et bien trop soucieux des finances publiques ont décrété que c'est tout de même un peu trop coûteux. Le massacre continue donc.
Et puis voilà, zut, flûte, et pizza surgelée : les otaries capitalistes à fourrure néolibérales croqueuses de manchots solidaires pygmées plus petits qu'elles sont aussi une espèce protégée. Ce qui complique singulièrement l'affaire, à deux niveaux.
Le premier, c'est qu'on ne peut décemment pas dégommer de l'otarie mignonne sous prétexte qu'elle croque des manchots mignons : comme cette espèce est protégée, cela ferait désordre.

Le second, c'est que si cette espèce est protégée, c'est précisément parce qu'avant sa mise sous protection, elle était décimée ... par les hommes (non, pas par les manchots qui auraient le juste retour de leur pièce, ce serait trop simple - Et puis bon, vous avez vu la taille de ces mignons petits manchots pygmées, comment voulez-vous qu'ils tabassent de l'otarie ? Suivez un peu, quoi ! Mais je m'égare). Je résume donc : les manchots pygmée de l'île du Kangourou sont une espèce protégée car en voie de disparition, parce qu'ils se font bouffer et massacrer en nombre par des otaries à fourrure qui sont une espèce protégée car en voie de disparition parce qu'ils se faisaient bouffer et massacrer par les humains. Pour moi, c'est limpide : l'humain est évidemment à l'origine de tout ce bazar !
En effet, si l'humain n'avait pas massacré les otaries, ces dernières auraient boulotté les manchots et cela aurait été horrible, avec du sang partout et des mammifères joyeux qui jouent avec des bouts de manchots pygmées. L'humain est donc coupable de laisser faire. Et si l'humain massacre les otaries, les manchots survivent, mais seront à l'évidence tout triste que leurs compagnons de jeux aient disparus des mers australes où ils s'égayaient. L'humain est alors coupable d'avoir agi.
L'article du Figaro précise en outre que la situation devient inextricable : en effet, si les manchots disparaissent, d'autres espèces de l'île sont menacées, comme par exemple le Koala, le Kangourou ou l'Emeu. Je suppose que ces animaux mignons mangent aussi du manchot pygmée et seraient forts marris de leur disparition du menu, ce qui est surprenant et très méchant, mais je me perds un peu en conjecture, avec tous ces massacres d'espèces qui ne se protègent pas des masses entre elles. Bref. Mettons tout ça sur le compte d'une biodiversité qui assure un équilibre écologique fragile et tout ça. Quoi qu'il en soit, on en arrive à une situation inextricable où n'importe quel type d'action conduit inévitablement à la catastrophe du point de vue éco-conscient, bio-compatible et Gaïa-synchrone.
C'est très triste.
Bien sûr, il reste la possibilité que tout ceci soit purement transitoire, comme l'existence même de l'humanité sur cette planète, et que cette dernière, et la Nature au sens large, n'en ait absolument et rigoureusement rien à carrer. Autrement dit, on ne peut pas complètement écarter du tableau le fait que ces manchots pygmées, aussi mignons soient-ils, vont disparaître croqués par des otaries, qui, elles, disparaîtront aussi un jour bouffées par des chloubidous à poil ras (espèce non protégée en cours d'apparition), ou que sais-je encore. Bien évidemment, on pourra dans tous les cas blâmer les humains qui ont fait plein de bêtises, à commencer par tenter de survivre. On se demande d'ailleurs qui protégeait l'espèce homo sapiens, qui a frisé plusieurs fois l'extinction complète. Pas d'ONU et aucune espèce de pitié ou de commisération des grands, moyens et petits fauves de l'époque qui, parfois, croquaient une tribu ou l'autre pour le plaisir.
La froide réalité, bien sûr, c'est que, comme le soulignait le défunt George Carlin, "Saving endangered species is just one more another arrogant attempt by humans to control nature." Et je reprendrais sa conclusion, pleine de bon sens, qui s'appliquera aussi bien aux otaries qu'aux manchots : "let them go gracefully".



Socialisation progressive 


La chose était entendue depuis le soir du second tour de l’élection présidentielle : la France avait élu un président socialiste. Après quelques rounds d’observation estivaux, François Hollande applique un programme orienté à gauche toute.
De ce point de vue, le conseil des ministres d’hier est un exemple du genre. Le projet de loi sur le logement social et la tarification progressive de l’énergie sont deux signes forts à destination de l’électorat de gauche et, plus largement, des Français les plus pauvres.
Le projet de loi sur la tarification progressive risque d’électriser les classes moyennes soupçonnées de facto d’être énergivores. Derrière l’incitation à la vertu écologique se cache une ficelle aussi grosse qu’un câble de 20 000 volts : faire payer les riches, ou ceux qui sont supposés l’être. Chez les plus pauvres, souvent les plus mal logés, la facture d’électricité risque d’être alourdie par une isolation défaillante. L’idée n’est peut-être pas si lumineuse que cela et risque surtout de virer à l’usine à gaz.
Certes, la France est tenue de relever le défi du redressement de ses comptes publics. François Hollande multiplie les contacts avec ses homologues européens pour tenter de sauver l’euro. Il doit également se conduire en bon élève et trouver les 30 milliards d’euros qui permettront de réduire le déficit budgétaire. La question est de savoir où les trouver en période de vaches squelettiques. La réponse paraît évidente : dans les poches du contribuable ou du consommateur. Consommateur à qui on vient de refiler, aussi généreusement que provisoirement, six centimes de réduction sur le carburant, mais qui devra payer son chauffage et son électricité plus cher.
Au milieu d’un tel tourbillon, les Français commencent à avoir le tournis et il n’est pas du tout sûr que la baisse du tandem de l’exécutif dans les sondages soit uniquement liée à sa frilosité. Une fois passée l’euphorique période des promesses, l’heure de l’addition arrive plus vite que prévu, et elle s’annonce plus douloureuse que prévu, pour tout le monde.

Une réforme qui demandera de l'énergie


Voilà un chantier qui intéresse tous les Français sans exception, répond à l'intérêt général puisqu'il vise à réduire une facture énergétique qui n'a de cesse de gonfler, et obéit à de nobles motivations : consommer moins et mieux. Sauf à verser dans la mauvaise foi, il devrait être bien accueilli, encore faudra-t-il de l'habileté pour éviter de le transformer en fausse bonne idée. S'attaquer aux tarifs du gaz et de l'électricité n'est pas une mince affaire dans un environnement hyperréglementé. La réforme se devait d'être entreprise. D'abord, elle a été promise. Ensuite, la précarité énergétique touche des millions de Français. Enfin, une parade s'imposait après l'annulation du gel des tarifs du gaz qui obligera sept millions de ménages à des paiements rétroactifs. La nouvelle facturation n'entrera en vigueur qu'en 2014. Elle suppose d'instaurer un système de bonus-malus certes vertueux mais ô combien complexe. Il s'agit de se montrer plus citoyen sur un plan écologique, plus solidaire envers les ménages en difficulté. Aujourd'hui, plus on consomme, moins on paie. Demain, plus on consommera, plus on paiera, selon une facturation calquée sur trois seuils : consommation vitale, de confort, de luxe. Changement radical de philosophie mais dispositif proche de l'usine à... gaz, au sens où il combinera un nombre de critères à faire pâlir un polytechnicien. Pas sûr que la lisibilité de la tarification, déjà très opaque, y gagne mais la chasse au gaspi et aux passoires thermiques vaut bien une petite révolution. On reproche assez au gouvernement de musarder pour ne pas se féliciter quand il appuie sur l'accélérateur.

Dire la vérité aux Français 


Depuis 1983 et le revirement politique du gouvernement Mauroy, la classe politique a pris en horreur le mot « rigueur » qui est devenu, semble-t-il, indicible ! Le terme ne mérite pourtant pas cette indignité. Quoi de mieux, en principe, que d'être rigoureux professionnellement, intellectuellement, moralement, etc. ?
Ce déni à la Tartuffe est indigne d'une vraie démocratie. Les citoyens doivent être informés, préparés aux difficultés et associés à l'effort collectif. Comment pourraient-ils adhérer aux choix du gouvernement s'ils sont tenus dans une douce et lénifiante illusion jusqu'au moment douloureux de l'épreuve de vérité ? Les citoyens ne sont ni aveugles ni ignorants. Les sondages qui auscultent les états d'âme de nos concitoyens en témoignent. Les Français sont à la fois informés et pessimistes car ils sentent confusément qu'il est inutile de chanter « Tout va très bien... »
On comprend bien les justifications de cette attitude de déni : on veut éviter que l'opinion publique ne s'affolle, qu'elle cesse de consommer pour privilégier l'épargne de protection et n'accentue ainsi les aspects récessifs de la crise. Cette prudence permet aussi de colmater ¯ provisoirement - les brèches en augmentant les impôts sans remettre en cause la dépense publique qui soutient l'activité. Mais tout ceci ne résout rien si ce n'est à très court terme.
À peine a-t-on augmenté certaines taxes qu'il faut rapidement trouver quelques 30 milliards supplémentaires pour le budget 2013. Or, la pression fiscale, l'une des plus élevées du monde occidental, ne pourra plus être accrue sans conséquences néfastes : trop d'impôt tue l'impôt, dit sagement le vieil adage. La seule véritable ressource est dans la chasse au gaspillage et aux dépenses non prioritaires. Elle doit s'accompagner d'une réorientation des investissements publics afin d'assurer la croissance future et pas seulement de faire tourner le bâtiment.
Le pays ne se portera pas plus mal si l'on fait un peu moins de ronds-points routiers, de salles polyvalentes ou d'équipements dont on calcule trop peu le coût de fonctionnement ou le taux effectif d'utilisation. En revanche, il faut investir davantage dans l'enseignement primaire, dans l'apprentissage ou dans la formation professionnelle en améliorant leur efficacité.
Depuis trente ans, la France vit au-dessus de ses moyens et finance par l'emprunt ses dépenses au jour le jour : la dette atteint 90 % du Produit intérieur brut. La situation est intenable et nous sommes au pied du mur. Comment peut-on accepter que nos enfants et petits-enfants, qui ont le plus grand mal à trouver un emploi, aient de surcroît la charge de rembourser cette montagne de dettes ? Il est temps, collectivement, de réaliser que la fête est finie et c'est le devoir de ceux qui nous gouvernent de le dire.
Il est possible d'être plus sages, plus économes et surtout plus efficaces dans la gestion publique, qu'elle soit locale - à qui fera-t-on croire que l'on a besoin de quatre niveaux de gestion pour bien gouverner ? - ou nationale. Les Canadiens, les Finlandais ou les Suédois l'ont fait avant nous avec succès, montrant que la bonne solution pour se redresser est un « mix » de réformes impliquant un tiers de taxes supplémentaires et deux tiers d'économies. Nous en sommes encore loin. Mais la première exigence est de ne pas raconter d'histoires aux enfants. 
Les Francais sont adultes !

Fumeux 


Et pourtant, ils fument… Après des années de politique anti-tabac, des millions de Français fument encore. On leur a tout fait : des prix qui s’envolent comme fumée dans le vent, et encore 6 % de plus bientôt, qui mettent le paquet plus cher qu’un steak. Le bannissement des fumeurs des restaurants, puis de tous les lieux publics, et un jour, vous verrez, de la rue. L’impression sur les paquets de photos évoquant le cancer de la gorge, l’haleine de cendrier ou la panne du mâle. Et maintenant l’interdiction des marques, qui obligera à demander au buraliste : donnez-moi un paquet de (biiiip !) bleu filtre… On leur a tout fait, et pourtant, les fumeurs fument encore. Que faire ? L’interdiction est impossible, elle coûterait des milliards à l’Etat. Allez, rendez-vous au paquet à 10 euros, qu’il faudra fumer exclusivement chez soi, et sous cloche. 
Fumeront-ils encore ?

Cambadélis, Désir, Web : un citoyen exemplaire à Solferino

Dans quelques semaines, Martine Aubry sera remplacée à la tête du Parti socialiste par un autre membre de ce parti exemplaire. Deux noms circulent quant à l’identité de son successeur : Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis. Deux hommes d’expérience qui ont en commun des fiches Wikipedia éloquentes et sulfureuses.
L’image des deux candidats à la succession de Martine Aubry pour prendre la tête du Parti socialiste n’est pas fameuse. Entre leurs fiches Wikipedia blindées d’allusions à leurs passés judiciaires, le nombre d’articles de presse, sur les plus grands sites, qui relatent leurs condamnations et les commentaires assassins des internautes (« PS : Quel repris de justice Martine Aubry désignera-t-elle comme successeur ?« ), le web ne semble pas d’accord avec le choix des socialistes de nommer l’un de ces deux camarades comme Premier secrétaire du parti.
Pour comprendre ce phénomène, nous avons reproduit des extraits des fiches Wikipedia des deux candidats à la direction du PS et compilé quelques articles sur le sujet :
Harlem Désir

Condamnations

De novembre 1986 à octobre 1987, il occupe la présidence de SOS Racisme tout en étant salarié par l’« Association régionale pour la formation et l’éducation des migrants », basée à Lille en tant que « formateur permanent » et il perçoit pour cet emploi fictif, un salaire mensuel net de 8 900 francs18. Cela lui vaut d’être condamné, le 17 décembre 1998, à 18 mois de prison avec sursis et 30 000 francs d’amende pour recel d’abus de biens sociaux19.
Harlem Désir aurait également bénéficié d’une amnistie de François Mitterrand concernant une dette de 80 000 francs au Trésor public, relative à des amendes de stationnement (décision de justice du 9 mai 1992) alors qu’il était président de SOS Racisme20.
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ces-elus-condamnes-et-reelus_769221.html
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/marseille-harlem-desir-arroseur-99797
http://www.leparisien.fr/politique/une-deputee-ump-traite-harlem-desir-de-repris-de-justice-27-09-2011-1628026.php
Jean-Christophe Cambadélis

Affaires et condamnations

Affaire Agos
Poursuivi pour recel d’abus de biens sociaux dans l’affaire Agos, société gestionnaire de foyers de travailleurs immigrés, car il avait bénéficié d’un emploi fictif entre 1993 et septembre 1995 qui lui a rapporté plus de 442 000 francs (67 382,466 €), Jean-Christophe Cambadélis fut condamné en janvier 2000 à 5 mois de prison avec sursis et 100 000 francs (15 244,902 €) d’amende par le tribunal correctionnel de Paris.
Affaire de la MNEF
Quand éclate l’affaire de la MNEF, les médias pointent du doigt les liens connus entre l’imprimerie Efic et le député socialiste. Les enquêtes concluront, en effet, sur un système de fausses factures mis en place notamment par l’intermédiaire de cette imprimerie3. Jean-Christophe Cambadélis sera condamné dans le cadre d’un autre volet de ce scandale.
Mis en examen le 7 juin 2000 pour abus de confiance dans l’affaire de la MNEF, car soupçonné d’avoir bénéficié d’un emploi fictif au sein de la mutuelle étudiante MNEF entre 1991 et 1995, pour lequel il aurait touché 620 500 francs (94 580 euros) d’une filiale de la MNEF, au titre d’une activité permanente de conseil4: « De 1991 à 1993, c’est en qualité de «sociologue» que Jean-Christophe Cambadelis a été rétribué à hauteur de 420 499 francs par la Mutuelle interprofessionnelle de France (MIF), une filiale de la Mnef. Cambadelis était alors député, avec revenus afférents. Non réélu en 1993, il reçoit jusqu’en 1995 quelque 200 000 francs supplémentaires de la MIF, en tant qu’administrateur «chargé des contacts auprès des ambassades ou des universités». » Seuls «trois documents manuscrits» auraient attesté du «travail» du député5.
Le 2 juin 2006, reconnu « coupable de recel d’abus de confiance », il est condamné, à six mois de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende, dans l’affaire des emplois fictifs de la MNEF, par la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Cette peine n’est assortie d’aucune interdiction d’exercer un mandat politique.
Concerné par deux affaires judiciaires, dont celle de la MNEF, Jean-Christophe Cambadélis s’est exprimé dans un communiqué de presse :
« Je ne peux pas dire que j’aborde cette épreuve avec soulagement, mais il s’agit quand même pour moi d’un dénouement bien venu. Car cette épée de Damoclès m’a été opposée à chaque fois qu’une responsabilité politique de premier plan me fut proposée. J’ai été stoïque, mais si j’étais coupable, j’aurais déjà “payé dix fois” par les handicaps, les refus, voire l’opprobre que cette « affaire » m’a causée. Mais tout cela a fini avec le temps — dix ans — par se dégonfler. Alors je suis serein. L’essentiel des accusations contre moi a été levé. Souvenons-nous des allégations de l’époque : financements occultes, trafic d’influences, vente à vil prix d’une imprimerie, mise en place d’un système d’enrichissement, que sais-je encore… De tout cela l’instruction n’a retenue qu’une mise en cause résiduelle et vraisemblablement prescrite (le parquet l’avait demandé), dans un dossier annexe de l’“affaire MNEF”. »
Pendant cette période au terme de laquelle il fut condamné, il s’est mis en congé du Parti socialiste.
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ce-qu-il-faut-savoir-sur-la-succession-de-martine-aubry-a-la-tete-du-ps_1155836.html
http://www.fdesouche.com/318787-aubry-va-choisir-cette-semaine-son-successeur-la-tete-du-ps
http://www.liberation.fr/societe/010152489-mnef-cambadelis-condamne-a-la-prison-avec-sursis
http://www.lefigaro.fr/politique/2012/09/04/01002-20120904ARTFIG00304-desir-vs-cambadelis-les-candidats-au-banc-d-essai.php?google_editors_picks=true
Le changement, c’est maintenant !

La France comptait 9,7% de chômeurs au deuxième trimestre

Au sens du BIT, le taux de chômage atteint 9,7% de la population active en métropole au deuxième trimestre selon l'Insee qui publiait ces chiffres ce mercredi. Un niveau jamais atteint depuis 13 ans. Toujours plus de chômeurs. Entre le deuxième trimestre de cette année et le trimestre précédent, le taux de chômage grimpé de 0,1 point en France métropolitaine, atteignant 9,7% de la population active. Si l'on ajoute les départements d'Outre-mer, cela porte le taux de chômage à 10,2%.
Ainsi, dans l'Hexagone, 2,8 millions de personnes étaient au chômage au deuxième trimestre et "3,5 millions de personnes ne travaillent pas mais souhaitent travailler", souligne l'Insee qui publiait ces chiffres ce jeudi. Ce taux, calculé selon les normes du Bureau international du travail (BIT), se situe à son niveau de 1999. Dimanche dernier, le ministre du Travail, Michel Sapin avait indiqué que la barre symbolique des 3 millions de chômeurs (nombre calculé par Pôle emploi) était déjà atteinte.
Premiers touchés par cette hausse, les jeunes de 15 à 24 ans sont 22,7% à être au chômage. Sur un trimestre, la hausse atteint 0,3 point sur le trimestre, et 0,8 sur un an en France métropolitaine. De même, les seniors voient leur taux de chômage augmenter de 0,2 point sur un trimestre (+0,5 sur un an) et atteindre 6,7% des plus de 50 ans.

L’insulte suprême


Luc Châtel vient d’accuser Vincent Peillon de pétainisme à propos de la formule de « redressement moral ». Au premier degré, on peut y voir un juste retour de bâton envers des socialistes qui n’ont cessé de proférer la même injure envers l’ancien de gouvernement et ses hommes. Mais au second, ce renvoi d’ascenseur exhale une odeur malsaine. L’invocation permanente des « heures sombres » dans le débat contemporain ne grandit pas la politique. Faudrait-il s’interdire toute parole rappelant la logorrhée de Vichy ? Mais on entrerait alors dans une logique de censure sans fin ! Certes les mots « redressement » et « morale » devraient être interdits, mais aussi ceux de « jeunesse », « d’école », « d’Etat », « d’ouvrier » de « paysan », de “nation”, qui ressortent dans tous les discours de cette période, voire même celui “d’Europe” (Laval 22 juin 1942) ! Dans un pays anéanti par la débâcle militaire, l’essentiel de  la classe politique, de l’extrême droite à l’extrême gauche (communiste), comme la plupart  des Français, a accueilli l’armistice avec un « lâche soulagement ». Il s’est trouvé une infime poignée de héros, venus de tous les horizons idéologiques, y compris de la droite traditionnelle, pour vouloir continuer la guerre. C’est un historien insoupçonnable de sympathie envers ce camp, Eugen Weber, dans son livre  l’Action française qui l’écrit lui-même : « Dans tous les mouvements de Résistance, l’Action française (royaliste) s’est trouvée représentée, tant en France qu’au-delà des mers : Colette, qui avait tiré sur Laval, en était un ancien membre ; de même Henri d’Astier de la Vigerie, inspirateur de la résistance en Afrique du nord ; et Fernand Bonnier de la Chapelle, dont le père était un militant à Constantine et qui lui, réussit son attentat contre Darlan ; et Guillain de Benouville, et Jacques Renouvin qui mourut dans un camp de concentration ; et Honoré d’Estienne d’Orves, l’un des premiers fusillés de la Gestapo, et tant d’autres qui furent parmi les premiers membres de la Résistance. » Si des événements comparables venaient à se reproduire,  un cataclysme de cette ampleur (120 000 morts, un million de prisonniers, 10 millions de réfugiés sur les routes), il ne fait guère de doute que les mêmes comportements se reproduiraient à l’identique en particulier le ralliement d’une vaste majorité de la classe politique, de l’extrême droite à l’extrême gauche, à la solution de la paix. Se trouverait-il encore aujourd’hui une poignée de héros prêts à tout sacrifier à la France en continuant la guerre, leur maison, leur famille, leur vie ? C’est la seule vraie question…! En tout cas, franchement, il serait bon que les politiciens cessent de faire joujou avec cette époque et de s’en servir comme d’un instrument d’insulte. C’est ridicule. Nul, surtout pas eux-mêmes, ne sait quel eût été leur comportement et leur engagement en de telles circonstances, même si l’on s’en doute parfois un peu…

Qui veut la tête de l’UMP ?


Jean-François Copé, François Fillon, Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Henri Guaino briguent la présidence de l’UMP. Qui soutient qui ? Fillon déteste Coppé, Kosciusko déteste Guaino. C’est d’ailleurs les détestations personnelles qui mènent la danse du scalp dans cette guerre des chefs bien d’avantage que les idées.
François Fillon s’est offert hier, avec Christian Estrosi, une belle prise dans la course à la présidence de l’UMP. Ce soutien dit « sécuritaire » pourrait rebattre les cartes. Le ralliement de ce sarkozyste historique est intervenu à point nommé, le jour où son grand rival Jean-François Copé s’affichait avec Jean Sarkozy lors d’un « café politique » à Neuilly. Importante station du pèlerinage sarkozyste. Comme Brice Hortefeux le « prince Jean » devrait attendre fin octobre pour donner son onction à Copé. Mais il ne se prive pas de dire tout le bien qu’il faut penser de ce secrétaire général ayant fait la démonstration de son engagement « absolument exemplaire » et de son efficacité lors de la campagne présidentielle.
François Fillon lui, après le président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, dont il a fait son directeur de campagne pour l’élection des 18 et 25 novembre, obtient le ralliement du secrétaire général de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy, alors qu’il était accusé de s’éloigner de l’orthodoxie sarkozyste. Estrosi est par ailleurs l’un des hommes forts de la troisième fédération UMP en termes de militants (12 000, derrière Paris et les Hauts-de-Seine).
Le troisième personnage-clef de la droite locale est la députée-maire du Cannet, Michèle Tabarot, très puissante dans tout l’ouest du département. C’est elle que Copé a choisie pour faire partie, avec Luc Chatel, de son ticket. « La force militante dans les Alpes-Maritimes, c’est elle », assure-t-on dans l’entourage de Jean-françois Copé. Ça barde.
Jusqu’à présent, Christian Estrosi entretenait le suspense sur ses intentions. Il mettait en garde contre un choc fratricide Fillon-Copé, redoutant une guerre du type Balladur-Chirac. Ces derniers mois, ses relations avec Jean-François Copé, son ancien pire ennemi, s’étaient pacifiées… Son ralliement à Fillon a surpris tout le monde tant ses rapports avec Ciotti, longtemps son bras droit, se sont dégradés. Bonjour le panier de crabes.
Avec ce ralliement, le slogan des copéistes (« Fillon, c’est une campagne de notables, nous, une campagne de militants ») en prend un coup.
Tous les candidats se réclament évidemment de l’héritage de l’ancien chef de l’Etat et revendiquent chacun la filiation la plus pure. Nicolas lui se montre aussi silencieux en public qu’actif en coulisses.
Henri Guaino, l’ex-plume de Nicolas Sarkozy, a lui aussi créé la surprise en annonçant sa candidature. Il a demandé qu’on laisse son ancien big boss « en dehors de tout cela », assurant ne bénéficier d’aucune « bénédiction » dans sa démarche. Relancé sur ses relations avec l’ex-président, il a répondu que c’est de l’« ordre du privé » : « Si Nicolas Sarkozy a envie de s’exprimer, il est assez grand pour le faire. »
Quant à l’organisation de cette élection à l’UMP – le recueil des parrainages nécessaires pour concourir est jugé ardu – Guaino déclare qu’il serait « extravagant » qu’il y ait in fine seulement deux postulants (Jean-François Copé et François Fillon) : « S’il n’y a que deux candidats, ce sera évidemment un déni de démocratie. »
Mais qu’elle soit dirigée par Jean-François Copé ou François Fillon, Pierre, Paul ou Jacques, la droite la plus bête du monde reste confrontée au casse-tête de son positionnement face au Front national, entre refus d’alliance et œillades appuyées aux électeurs frontistes.
Lors de leurs déplacements sur le terrain, les candidats briguant la tête de l’UMP sont désormais régulièrement confrontés à des militants qui leur demandent clairement : « Pourquoi on ne s’allie pas au FN ? » Dans un récent sondage de l’Ifop (9-13 août) portant sur 400 sympathisants UMP, 52 % se déclaraient favorables à des accords UMP-FN aux élections locales.
Chez tous les candidats pourtant, une même ligne rouge : « Il n’y aura pas d’accord avec le FN. »
Jean-François Copé joue le « ni FN – ni front républicain » : « Il est hors de question que j’appelle à voter pour le PS qui s’allie sans aucun scrupule avec l’extrême gauche des Verts et de Jean-Luc Mélenchon qui n’a rien à envier à l’extrême droite ».
Quant à François Fillon, il a récemment déclaré que les valeurs qu’il porte, autorité ou respect, sont compatibles « avec la grande majorité des électeurs du FN ». « Mais peut-on s’allier avec un parti qui prône la fin de l’euro, promet la baisse du prix du pétrole, l’augmentation immédiate de tous les salaires et le retour à la retraite à 60 ans ? », a aussi demandé l’ancien Premier ministre, sans citer l’immigration parmi les chiffons rouges.
« Publiquement, ils ne veulent pas d’accord. Mais leur base pousse et il y a une réelle fracture entre les dirigeants de l’UMP et les sympathisants », déclare le vice-président du Front national, Louis Aliot. « Si l’UMP a choisi d’être l’aile droite du PS, nous, nous continuerons à nous adresser à leurs électeurs », promet-il.