samedi 10 septembre 2011
Le G7 assure qu'il mène une action forte et coordonnée
Les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont assuré vendredi qu'ils répondaient de façon forte et coordonnée aux défis posés par le ralentissement de la croissance, les déficits budgétaires et les dettes souveraines, sans faire de nouvelles annonces.
Mais ces plans doivent encore être adoptés par les parlements de chacun de ces pays, un exercice complexe vu les différends politiques aux Etats-Unis et les exigences posées par certains pays européens pour adopter les mesures du 21 juillet.
"Il y a désormais des signes clairs de ralentissement de la croissance mondiale. Nous sommes décidés à apporter une réponse internationale forte et coordonnée pour relever ces défis", lit-on dans le texte.
Les banques centrales continueront parallèlement de soutenir l'économie et d'apporter les liquidités aux banques privées qui en ont besoin, assurent les membres du G7, à l'heure où la volatilité règne sur les marchés en raison des craintes de tassement durable de l'économie, voire d'une nouvelle récession, et de la persistance de la crise des dettes en zone euro.
"Nous prendrons toutes les actions nécessaires pour assurer la résilience des systèmes bancaires et des marchés financiers", lit-on dans le texte.
Plusieurs grandes banques ont vu leur valeur boursière fondre ces dernières semaines, à mesure que l'absence d'amélioration sensible de la situation en Grèce relançait le débat sur les besoins de refinancement bancaires.
"Les politiques monétaires maintiendront la stabilité des prix et continueront à soutenir la reprise économique. Les banques centrales sont prêtes à fournir des liquidités aux banques en tant que de besoin", poursuit le texte.
Des analystes avaient prévenu que le G7 disposait de moyens limités par le niveau élevé des dettes publiques et le rejet des mesures d'assouplissement monétaire par les pays émergents qui les accusent de nourrir l'inflation et les bulles.
"Je ne pense pas que les gens attendaient un grand accord, et effectivement le G7 ne semble pas offrir beaucoup en termes d'action concrète", a déclaré Brian Dolan, stratégiste chez Forex.com.
Zone euro on craint les pires scénarios pour la Grèce
Parmi les scénarios possibles il n’est pas exclu que la Grèce soit obligée d’envisager une restructuration totale de sa dette. Et une sortie de l’euro ? Si le FMI et les États suspendent laides à la Grèce, la BCE serait certainement contrainte de stopper son financement aux banques. Le G7 s'est réuni aujourd'hui à Marseille.
Jean Claude Trichet Président de la BCE s’est alarmé d’une détérioration de la conjoncture : « Nous nous attendons à une croissance bien plus modérée en zone euro, toutefois accompagnée d'une grande incertitude et de risques accrus à la baisse » Si les facteurs pouvant peser à la hausse ou à la baisse concernant la croissance étaient encore équilibrés il y a un mois, « cela n'est plus le cas », a-t-il ajouté.
Ce vendredi les bourses européennes ont plongé Parmi les principales places financières du continent, à Paris l’indice vedette CAC 40 a lâché 3,60%, à Francfort le Dax a perdu 4% tandis qu’à Milan le FTSE Mib cédait jusqu’à 4,93%. De son côté le Footsie-100 à Londres, a un peu mieux résisté en n’abandonnant que 2,35%.
Les marchés sont devenus fébriles devant l’inquiétude suscitée par la double crise, économique et de la dette, les pertes de Wall Street et des signaux inquiétants, tels que la démission de l’économiste en chef de la BCE.
Le G7 s’est réuni en urgence ce jour à Marseille dans la perspective de trouver des solutions afin d’éviter une rechute de la croissance. «Nous aurons une discussion de fond sur le ralentissement observé cet été dans le monde et le débat sera d'autant plus libre qu'il n'y aura pas de communiqué final», a indiqué le ministre français de l'Économie, François Baroin, dans un entretien au Figaro.
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui prévoit une croissance en berne pour les prochains mois dans les pays riches et entrevoit même des risques de récession, a appelé jeudi le G7 à «agir» face à l'aggravation de la crise.
Qui veut lâcher la Grèce?
La question n'est pas nouvelle. Déjà, le 7 juillet 2010, l'économiste Mark Cliffe envisageait l'hypothèse dans son étude "quantifier l'impensable". Mais il évoquait des conséquences soi-disant trop dures pour qu'on la laisse devenir réalité. "La Grèce connaîtrait une récession de 7% la première année et l'euro-zone de 1%" prédisait-il. Cela n'empêche pas certains politiques de l'envisager en 2011. "Le scénario d'un éloignement de la Grèce de l'euro est désormais sur la table", déclarait ainsi la commissaire grecque à la Pêche en mai dernier. Mais c'était avant le vote d'un nouveau plan de soutien au pays censé tout régler une fois pour toute.
Le problème, c'est que la capacité - ou la volonté-, de la Grèce de vraiment réduire ses déficits est aujourd'hui clairement mise en cause. Du coup, certains Etats ne se gênent plus pour menacer clairement le pays. Les Pays-Bas ont ainsi pris la tête de la fronde anti-Grèce. Le ministre des finances hollandais a réclamé jeudi une exclusion de la zone euro en cas de non-respect du Pacte de stabilité. La veille déjà, son Premier Ministre évoquait la création d'un poste de commissaire européen chargé de surveiller les comptes publics... Et de faire sortir les mauvais élèves de la zone euro.
La Finlande n'a pas encore franchi le pas. Mais elle y est poussée par le "Parti des vrais finlandais", très eurosceptique, qui réclame la sortie de la Grèce de l'euro. Pour l'instant le gouvernement menace de ne pas participer au second plan de sauvetage si des garanties ne lui sont pas apportées. Le pays a lui-même traversé une période noire de récession, avant d'intégrer la zone euro en 1995. Il proteste contre le manque de discipline grecque. Reste qu'avec au maximum 4% de participation au montant total du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la menace ne remet pas en cause le plan. Du moins pour l'instant. "Attention à l'effet d'entrainement. Si les finlandais refusent de payer, d'autres pourraient s'y mettre sous la pression de leur opinion. Si ça commence comme cela on est perdus ", craint Philippe Martin, professeur d'économie à Science Po.
L'effet domino a pourtant bel et bien commencé. La Slovaquie a repoussé le vote du FESF à décembre. Le Premier Ministre Richard Sulik l'a même qualifié "d'outil pour produire davantage de dette". Quant à l'Estonie, son ministre des finances juge " illogique" ne pas envisager la faillite du pays. Le pays a dû mettre de sévère réformes économiques en marche par le passé, avant d'être intégrée à la zone euro en début d'année.
Ce clan d'euro-sceptiques tape du poing sur la table alors que les comptes grecs sont en pleine déconfiture. Au 2e trimestre la récession s'est chiffrée à -7,3%. Et "l'objectif de 17 milliards d'euros de déficits prévu en 2011 sera explosé. En juillet le pays était déjà à 15,5 milliards. Idem pour la récéssion annuelle qui tournera plutôt à -5% au lieu de -3,5%", constate Céline Antonin, économiste à l'OFCE.
Si le scénario noir de la sortie de l'euro se concrétisait, quels impacts ? Selon une récente étude d'UBS, la sortie de l'euro d'un Etat en difficulté comprendrait un défaut souverain, un défaut des entreprises sur leurs emprunts, mais aussi l'effondrement du système bancaire et du commerce international. Au total, UBS estime que le coût de sortie de la zone euro d'un pays en difficulté - tel que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal - atteindrait entre 40 à 50% de son produit intérieur brut, soit 9.500 à 11.500 euros par habitant.
Avec des conséquences pour l'ensemble de l'Europe. "Cela pourrait créér un appel d'air pour l'Italie et l'Espagne, des pays fragiles actuellement. On peut même envisager que l'Allemagne en sorte", craint Céline Antonin. Si la Grèce était amenée à quitter l'euro, l'impact serait aussi désastreux pour les banques exposées à la dette du pays. Mais François-Marc Durand, associé-gérant au sein de la Lazard Frères Gestion ne veut pas croire à l'éclatement de l'euro. " Cette anticipation ne tient pas sur des éléments crédibles. Elle est davantage l'objet d'une discussion de salon que d'une réelle réflexion. "Mais selon Philippe Martin le scénario reste possible. "Je n'exclus plus aujourd'hui que la Grèce en sorte. Il y a eu dans le passé des zones monétaires qui ont éclaté. Et cela n'a pas forcément été une catastrophe".
Bruxelles tente tant bien que mal de couper court à ce scénario noir. "Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n'est possible d'après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable", a répliqué jeudi le porte-parole de la Commission européenne.
La France, quant à elle, a été le premier pays à voter le plan d'aide jeudi. Mais on échafaude déjà des scénarios de crise en cas d'échec dans d'autres pays. Le président français de l'Autorité des marchés financiers évoque une mise sous tutelle au cas ou le plan d'aide ne marcherait pas. Selon Jean-Pierre Jouyet, "La solidarité, elle ne se voit pas d'un seul côté. Elle vaut aussi de la part des Grecs vis-à-vis des autres". Une procédure qui n'est aujourd'hui pas prévu par les traités. Mais le principe serait "de la même manière qu'en France où les collectivités peuvent être sous tutelle de l'Etat ", une administration des comptes de la Grèce par Bruxelles, selon l'économiste Nicolas Bouzou.
L'Allemagne prépare quant à elle le vote du FESF au Parlement, mais des fissures apparaissent. Une partie des libéraux comme des chrétiens-démocrates menacent de ne pas voter le texte. Et le ministre des finances Wolfgang Schäuble n'a pas mâché ses mots sur la volonté grecque de prendre son problème à bras le corps. "Je comprends qu'il y ait de la résistance aux mesures d'austérité au sein du peuple grec, mais au final, c'est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune" a-t-il déclaré jeudi sur une radio allemande. Des propos qui tranchent avec ceux d'Angela Merkel. La chancelière avait exclu lundi toute sortie de la zone euro d'un Etat membre en difficulté, estimant qu'une telle issue produirait un "effet domino" dangereux.
Et après l'autorisation du premier plan d'aide par la Cour constitutionnelle allemande, des doutes persistent. La Cour Karlsruhe a certes autorisé la participation de l'Allemagne au Fonds de secours européen mais a interdit le recours aux obligations européennes, un instrument qui permettrait de mutualiser les risques des pays en difficultés. Et a soumis chaque grande décision européenne à la validation du Parlement "au cas par cas". Des choix qui rendront sans doute plus compliqués les éventuels plans d'urgence à d'autres Etats de la zone euro.
vendredi 9 septembre 2011
Grèce : Taxis en grève, étudiants dans les rues
Selon la fédération des taxis (Poeiata), cette loi « anéantit le secteur » et sert « les intérêts de grands entrepreneurs » en érigeant la « pierre tombale » de 70.000 familles. Publié au début de la semaine par le ministre des Transports, Yannis Ragoussis, le projet de loi ouvre la voie à l’installation de sociétés de taxis en bonne et due forme et instaure des conditions pour l’achat ou la vente des licences, une transaction jusqu’ici occulte qui favorisait la circulation d’argent noir. Il prévoit également des critères pour l’obtention de ces licences visant à améliorer les services des taxis, renommés pour leur faible qualité.
Les taxis ont annoncé une deuxième grève de 24 heures samedi, jour du discours de rentrée politique et économique du Premier ministre, Georges Papandréou, à Salonique, à l’occasion de l’ouverture de la Foire internationale annuelle.
L’autonomie des universités en question
De leur côté, les étudiants de gauche, dont certains participent à l’occupation de départements universitaires dans plusieurs villes de Grèce, manifestaient à Athènes contre une réforme votée en août au Parlement. Cette réforme, adoptée à l’unanimité par la droite et la gauche, aligne les diplômes sur le système européen, ouvre les facultés sur le marché du travail et aux financements privés et prévoit la fin de la cogestion des universités par des organisations estudiantines. Les recteurs et le syndicat enseignant se sont également dressés contre ces mesures, accusées de compromettre l’autonomie des établissements et de menacer leur caractère gratuit et public.Après avoir été accusé par l’UE et le FMI la semaine dernière de retards dans la mise en œuvre des réformes, le gouvernement s’est engagé mardi à accélérer les privatisations et les réformes structurelles prévues, parmi lesquelles la réduction du secteur public ou la réforme des taxis. Par ailleurs, les syndicats des douaniers et des agents du fisc ainsi que des éboueurs d’Athènes ont annoncé des grèves en début de semaine prochaine.
Pour sa part, la Commission européenne a exclu jeudi une sortie forcée de la Grèce de la zone euro, et a rappelé qu’il n’y avait aucun débat sur le sujet à Bruxelles. « Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n’est possible d’après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable. Il n’y a aucune discussion à ce sujet », a affirmé Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. Pourtant, certains pays n’hésitent plus à appeler Athènes à quitter l’Union monétaire.
Débat sur une sortie grecque de la zone euro
Alors qu'Athènes peine à remplir les objectifs budgétaires attachés à son plan de sauvetage, la colère monte en Allemagne et aux Pays-Bas, où de hauts responsables politiques parlent désormais ouvertement d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro.
Les dirigeants de la zone euro avaient jusqu'à présent rejeté tout scénario de sortie d'un membre de la monnaie unique, jugeant que cela serait désastreux pour le pays concerné tout en causant des troubles systémiques pour l'ensemble de la région.
Mais des voix s'élèvent à présent pour évoquer l'impensable, peut-être en vue de pousser Athènes à prendre des mesures plus drastiques de réduction de son déficit budgétaire.
"Je comprends qu'il y ait de la résistance aux mesures d'austérité au sein du peuple grec, mais au final, c'est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune", a déclaré jeudi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, lors d'une interview à la radio allemande.
Le ministre hausse le ton depuis que les inspecteurs de la "troïka" - Union européenne, Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)- ont suspendu pour dix jours leurs pourparlers avec la Grèce au sujet du versement de la prochaine tranche d'aide internationale en raison du retard pris par Athènes dans la réduction de son déficit.
Le gouvernement néerlandais a de son côté formulé mercredi une proposition selon laquelle les pays ne respectant pas les règles en matière de déficits puissent être placés sous l'administration d'un "contrôleur" budgétaire européen et aient la possibilité de quitter la zone euro.
"Les pays qui ne sont pas prêts à être placés sous administration doivent pouvoir choisir de quitter la zone euro", a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte au Parlement, précisant que ce projet avait le soutien de l'Allemagne et de la Finlande.
Le porte-parole du gouvernement grec s'est vu contraint jeudi d'assurer qu'il n'y avait aucune menace de sortie de l'euro pour la Grèce, tandis qu'un porte-parole de la Commission européenne a dit qu'il n'y avait "pas du tout de débat à ce sujet".
LA RÉCESSION COMPLIQUE LA RÉDUCTION DU DÉFICIT
La question d'une sortie d'Athènes de la zone euro se pose alors que l'économie grecque en est à sa troisième année de récession.
D'après le service grec des statistiques, le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 7,3% sur un an au deuxième trimestre.
Le taux de chômage ressort quant à lui à 16%, contre 11,6% en juin 2010, peu après l'obtention par Athènes de son premier plan de sauvetage.
A l'occasion de la publication de ces chiffres, le ministre grec de l'Economie a prévenu que le déficit budgétaire serait plus important que convenu auprès de ses créanciers, en raison de la récession.
Athènes s'était fixé comme objectif un déficit de 7,6% du PIB en 2011 contre 10,5% l'année précédente.
Les inspecteurs de la troïka feront leur retour à Athènes la semaine prochaine, mais leur départ brutal a renforcé le sentiment, déjà largement répandu dans le nord de l'Europe, que le gouvernement grec est au final peu disposé à prendre les mesures budgétaires drastiques déjà requises par le premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros, conclu en mai 2010.
Cette première aide s'étant révélée insuffisante, les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord le 21 juillet dernier sur un deuxième plan de sauvetage du même ordre de grandeur. Mais celui-ci doit encore être ratifié par les parlements nationaux et semble menacé alors que plusieurs pays, Finlande en tête, souhaiteraient voir Athènes fournir des contreparties à leurs prêts.
La Grèce est pressée d'avancer sur ses réformes budgétaires avant le retour des inspecteurs, pour pouvoir continuer à prétendre à sa prochaine tranche d'aide de huit milliards d'euros.
"Au regard des difficultés que rencontre l'actuel programme pour la Grèce - le versement de la prochaine tranche d'aide - un débat autour d'un deuxième programme pour la Grèce est très prématuré", a estimé jeudi Wolfgang Schäuble dans un discours au parlement.
"EFFET DOMINO"
Le Premier ministre finlandais doit rencontrer Angela Merkel et Wolfgang Schäuble mardi prochain à Berlin, apprenait-on jeudi auprès d'une source au fait du dossier.
La chancelière allemande avait exclu lundi toute sortie de la zone euro d'un Etat membre en difficulté, estimant qu'une telle issue produirait un "effet domino" dangereux.
Il n'existe en effet aucun cadre juridique à la sortie d'un pays de la monnaie unique et les coûts d'une telle sortie pourraient bien se révéler plus lourds encore pour la zone euro que l'inconvénient de garder un mauvais élève dans ses rangs.
Selon UBS, les conséquences d'une sortie d'un pays membre en difficulté comprendraient un défaut souverain, un défaut des entreprises sur leurs emprunts, mais aussi l'effondrement du système bancaire et du commerce international.
Au total, UBS estime que le coût de sortie de la zone euro d'un pays en difficulté - tel que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal - atteindrait entre 40 à 50% de son produit intérieur brut, soit 9.500 à 11.500 euros par habitant.
Un haut responsable de la zone euro a dit à Reuters qu'une sortie de la zone euro était inconcevable, y compris pour l'Allemagne, en raison des turbulences que provoquerait un tel scénario:
"La zone euro n'est pas un café où vous entrez et sortez. L'interdépendance financière et monétaire est si grande, si forte que le destin d'un seul membre cause des problèmes à tous les autres."
Primaires PS : Lang critique à son tour Royal
Unité
jeudi 8 septembre 2011
Le timing est explosif. Jamais sans doute, depuis la signature du traité de Rome, la confiance dans l’Europe n’aura été mise à si rude épreuve. Faire voter un plan d’aide à la Grèce, qui entraînera un endettement supplémentaire de la France de 15 milliards d’euros, pourrait relever de la provocation au moment précis où l’exécutif en réclame 12 aux députés pour faire d’indispensables économies budgétaires. Le scepticisme européen rampant qui progresse dans l’opinion depuis le référendum de 2005 aurait pu trouver dans ce télescopage primaire de quoi se nourrir. Les plus virulents partisans du non, du Front national au parti communiste en passant par l’extrême gauche ne se sont d’ailleurs pas gênés pour promouvoir un refus catégorique à ce qu’ils voient comme une nouvelle aide «aux banquiers».
Mais, d’une certaine façon, les controverses parlementaires sur le plan d’austérité rendent service au gouvernement. Concentré sur ses calculs hexagonaux, notre pays est le premier à avaliser sans trop d’état d’âme la solidarité monétaire consentie à la Grèce après l’accord au sommet du 21 juillet dernier. Une célérité qui va contrer le doute grandissant sur la capacité de l’euro à survivre à la tempête. Le président de la République a réussi à imposer l’idée - juste - que nous n’avions pas d’autre choix. L’avenir de la monnaie unique, dont tant d’équilibres fondamentaux de notre économie dépendent, se paie au prix fort de la confiance. La dégringolade des bourses, lundi, a sonné comme un nouvel avertissement: toute hésitation sera perçue par les marchés comme annonciatrice de futurs renoncements. Tout flottement de la détermination française se traduira inévitablement par un effondrement des cours et une désertion des investisseurs devant le danger.
Combien de temps encore la vague approbation, presque par défaut (la gauche ne votant pas pour mais pas contre non plus), obtenue au Palais Bourbon pourra-t-elle prévaloir dans l’opinion ? Les défaites à répétition du parti d’Angela Merkel en Allemagne marquent la montée inexorable d’une résistance à la logique européenne. Le rejet de l’idée d’une mutualisation de la dette grecque n’aura pas suffi. Il a fallu que la Cour constitutionnelle donne son feu vert à la chancelière pour que le plan de sauvetage puisse devenir réalité. Les Allemands - sur lesquels repose un quart de l’effort (159 milliards au total) - renâclent à payer encore pour un pays, la Grèce, qu’ils accusent ouvertement de ne pas faire tout ce qu’il faudrait pour s’en sortir. Pour réduire sa dette, pourtant, Athènes a fourni (en proportion) un effort nettement plus important qu’aucun autre pays de la zone euro. Au point qu’exiger d’elle plus de résultats immédiats s’apparenterait à une surenchère dangereuse autant qu’illusoire. Il faut le savoir: ce serait le début de la fin...
Pécresse: "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles?"
"Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles?" s'est interrogée la ministre du Budget Valérie Pécresse, au lendemain de l'adoption à l'Assemblée nationale du projet de loi de finances rectificative pour 2011, qui doit être examiné ce jeudi au Sénat.
Le texte voté mercredi par les députés double la taxation sur les mutuelles en portant de 3,5% à 7% le taux applicable aux contrats dits "solidaires et responsables", qui représentent actuellement 90% des contrats de complémentaire santé. Cette disposition, que la gauche estime injuste, a été défendue jeudi matin par Valérie Pécresse sur France-Info.
La ministre du Budget a rappelé que, pour réduire les déficits publics, le gouvernement entendait supprimer les niches fiscales. Les contrats "solidaires et responsables" des mutuelles ont bénéficié d'un taux réduit d'imposition afin de favoriser leur développement, avec succès puisqu'à présent neuf contrats signés sur dix entrent dans cette catégorie.
"Aujourd'hui, c'est tous les contrats", a même résumé Valérie Pécresse. "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles? Je crois que cet avantage fiscal a perdu sa justification".
"Les ménages les plus fragiles ne seront pas touchés par cette mesure", a assuré la ministre, en rappelant que les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) ont également droit à une complémentaire santé gratuite.
La gauche considère, elle, que le plan de rigueur présenté le 24 août dernier par le Premier ministre François Fillon pèse trop sur les foyers modestes et ne met pas assez les riches à contribution.
"C'est un plan qui est équitable", a réaffirmé jeudi Valérie Pécresse. Certes, la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus qui doit être créée en 2012 ne devrait rapporter que 200 millions d'euros mais, en y ajoutant la taxation accrue sur les revenus du patrimoine et sur les plus-values immobilières, "au total, c'est 3,7 milliards d'euros (...) qui porteront sur les ménages aisés", a-t-elle calculé.
Le texte adopté mercredi par les députés modifie le régime de taxation sur les bénéfices engrangés lors de la vente d'une résidence secondaire. A compter du 1er février 2012, est institué un abattement progressif de 2 à 8% à partir de la 6ème année de détention, aboutissant à une exonération totale au bout de 30 ans.
Le texte, qui entre ce jeudi en débat au Sénat, instaure en outre une taxe de 2% sur les chambres d'hôtel facturées au moins 200 euros la nuit. Cette mesure vise à compenser le maintien de la TVA réduite (5,5 sur les entrées dans les parcs à thème. Le plan de rigueur du 24 août proposait de la faire remonter au taux normal de 19,6%, une proposition abandonnée depuis sous la pression des parlementaires - dont l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui tremblait pour le Futuroscope de Poitiers.
Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 prend par ailleurs des dispositions qui permettent d'aider la Grèce. Son article 2 étend la garantie de l'Etat aux nouvelles modalités d'intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Cela entraînera d'ici 2014 une augmentation du niveau d'endettement de la France de l'ordre de 15 milliards d'euros, compte tenu de l'intégration des garanties.
"Nous devons faire tout pour stabiliser la zone euro", a réaffirmé jeudi Valérie Pécresse. "C'est absolument nécessaire si on veut que la Grèce puisse à la fois mener son plan de rigueur de redressement et en même temps rembourser ses dettes". AP
Crise : Faut-il encore soutenir la Grèce ?
La méfiance se propage
Le même sentiment de défiance se retrouve en Autriche, en Slovaquie ou en Finlande. Helsinki n’a pas hésité à négocier sa participation au second plan d’aide directement avec Athènes et à réclamer des garanties pour assurer ses futurs prêts. La semaine dernière, ce sont les représentants de la troïka (FMI, BCE, Commission européenne) qui ont tapé du poing sur la table en interrompant pour dix jours les discussions engagées avec le gouvernement grec. Les deux parties étant incapables de s’accorder sur les raisons et l’ampleur du retard pris par la Grèce dans sa course à la réduction du déficit. Plus d’un an après le début de la crise – le premier plan de sauvetage de 110 milliards d’euros a été voté le 2 mai 2010 – les solutions convaincantes peinent à s’imposer. Sans solution, l’aide à la Grèce pourrait se tarir, contraignant le pays à être en défaut de paiement, option que tout le monde tente d’éviter. Comme le conclut Bruno Cavalier, économiste chez Oddo : « Tout cela illustre une énorme fatigue. »La Grèce veut régler ses litiges fiscaux
La Grèce s'est engagée mercredi à régler d'ici 2013 quelque 165.000 litiges fiscaux qui encombrent ses tribunaux, après les protestations de l'UE et du FMI la semaine dernière sur les retards pris par le pays pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale.
"Actuellement il y a 165.000 litiges fiscaux, qui seront réglés d'ici 2013", a affirmé M. Papaïoannou au cours d'une conférence de presse mercredi à Athènes.
Problème endémique dans le pays, l'évasion fiscale est considérée comme l'un des principaux obstacles à l'augmentation des recettes publiques, et à un allègement conséquent des déficits et dettes qui pèsent comme un boulet sur le pays en crise.
Le groupe d'experts de la troïka réunissant les principaux créanciers du pays -Union européenne (UE), Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)- qui contrôle les comptes du pays, a rencontré la semaine dernière le ministre de la Justice, Miltiades Papaïoannou, pour réclamer l'accélération des procédures judiciaires en la matière.
L'hypothèse du naufrage grec
Malgré l'austérité, la dette explose. Le FMI pourrait laisser les Européens seuls face à leurs responsabilités.
La Grèce fonce-t-elle droit dans le mur ? La question est sur toutes les lèvres. De plus en plus d'économistes, allemands en particulier, jugent inévitable sa sortie de la zone euro. Les nuages s'amoncellent au-dessus d'Athènes.Une dette "hors de contrôle"
Malgré la cure d'austérité drastique imposée par l'Union européenne et le FMI, le gouvernement socialiste ne parvient pas à atteindre ses objectifs de déficit public. Notamment parce qu'il peine à convaincre les Grecs de payer leurs impôts. Selon la presse nationale, les inspecteurs de la troïka (Union européenne, BCE, FMI) s'attendent désormais à voir le trou budgétaire atteindre 8,8 % du PIB, alors que Athènes s'était engagé en juin à le limiter à 7,4 %. Quant au PIB, il devrait baisser de 4,5 % en 2012, soit un point de plus qu'attendu.
Autant de mauvaises nouvelles qui ont poussé des experts du bureau du Budget de l'État, un organisme chargé d'informer le parlement grec, à considérer que la dette du pays était "hors de contrôle". D'environ 130 % du PIB en 2009, elle pourrait dépasser les 160 % à la fin de l'année ! Même si ce jugement a aussitôt été qualifié de "gaffe" par le ministre des Finances Evangelos Venizélos, cela devrait inciter les bailleurs internationaux à la prudence.
L'appui incertain du FMI
La troïka a d'ailleurs interrompu brutalement vendredi son audit trimestriel du pays entamé fin août, officiellement pour "permettre aux autorités de terminer leur travail technique" lié au "budget 2012" et aux "mesures structurelles de renforcement de la croissance". Mais les inspecteurs seraient en réalité insatisfaits des progrès hellènes, notamment sur le programme de privatisations censé atteindre 50 milliards d'euros. L'enjeu est de taille, car ils doivent décider le 15 septembre s'ils débloquent ou non la sixième tranche du premier plan d'aide de 110 milliards d'euros décidé en mai 2010. "Dans ce genre de cas (le non-respect des objectifs fixés, NDLR), la doctrine ordinaire du FMI est de suspendre l'aide", rappelle le chef économiste d'Oddo Securities, Bruno Cavalier, dans une note publiée lundi. Une telle issue remettrait en cause le plan de financement du pays.
Le second plan d'aide menacé
Mais le blocage pourrait aussi bien venir des partenaires européens de la Grèce. La Slovaquie rechigne à payer pour Athènes. Seul pays de la zone euro à avoir refusé de participer au premier plan de soutien, le Parlement de Bratislava menace maintenant de repousser aux calendes grecques la ratification de l'accord du 21 juillet, qui prévoit l'augmentation des moyens du FESF, censé prêter 109 milliards d'euros supplémentaires. "La Grèce doit se déclarer en faillite et l'Italie doit commencer à faire des économies", a jugé le chef du parlement slovaque, Richard Sulik, membre d'un des quatre partis de la coalition de droite au pouvoir, capable à lui seul de bloquer l'approbation du Parlement. Quant à la Finlande, elle a demandé à Athènes de lui mettre de côté une réserve d'argent, censée produire des intérêts, pour se garantir contre un éventuel non-remboursement. Si d'autres pays devaient formuler les mêmes exigences, cela pourrait rendre le second plan de sauvetage européen caduc.
Les marchés n'y croient plus
Reflets de toutes ces inquiétudes, les taux d'intérêt sur les obligations grecques à deux ans dépassent les 50 %. Un record. En comparaison, le Portugal, autre pays d'Europe sous perfusion, ne paye pas plus de 15 % et l'Allemagne moins de 0,50 %... À l'évidence, les investisseurs parient sur un défaut d'Athènes, voire sa sortie de la zone euro.
mercredi 7 septembre 2011
L'Allemagne valide le plan de sauvetage de la Grèce
Cette décision était attendue par toute l'UE, Berlin étant le premier contributeur des plans de secours européens.
La Cour constitutionnelle allemande a jugé légales mercredi les aides de Berlin pour lutter contre la crise de la zone euro, mais a exigé un renforcement du rôle du Parlement. Les juges de Karlsruhe (ouest), qui devaient se prononcer sur la légalité de la première aide à la Grèce en 2010 ainsi que sur la mise en place du FESF, le fonds de secours européen, ont estimé que Berlin n'avait pas violé la Constitution en promettant des centaines de milliards d'euros.
Mais ils ont également rappelé que le pouvoir budgétaire devait rester aux mains du Parlement et que celui-ci devrait donner son feu vert "au cas par cas pour toute mesure d'aide de grande importance" consentie par l'Allemagne, première contributrice de tous les plans de secours, selon le texte du jugement. La plus haute instance judiciaire allemande a jugé à cet égard que le gouvernement "avait l'obligation d'obtenir le feu vert préalable" de la commission budgétaire du Bundestag, la chambre basse du Parlement, avant de prendre un quelconque engagement.
Un tel jugement aurait provoqué un chaos incommensurable dans une zone euro sous haute tension, où les parlements italien, français et espagnol débattent de plans de rigueur, alors que les finances grecques n'en finissent plus de déraper. Le jugement a provoqué un soubresaut du cours de l'euro, monté en flèche face au dollar avant de retomber à son niveau d'avant l'annonce, autour de 1,4085 dollar vers 8 h 25.
La France vote l'aide à la Grèce sans entrain
L'Hexagone sera le premier pays à valider l'accord européen de sauvetage d'Athènes. Inquiets, des députés se demandent néanmoins si le gouvernement Papandreou pourra faire face à ses responsabilités.
Le débat de plus en plus vif sur les niches fiscales -qui confirme bien que dans chacune d'elles se trouve un lobby prêt à aboyer!- ferait presque oublier que le projet de loi de finances rectificative examiné depuis mardi à l'Assemblée nationale vise avant tout à valider le plan de soutien à la Grèce, dessiné le 21 juillet par les chefs d'État et de gouvernement. Paris voulait le traduire rapidement dans le droit national, pour permettre au Fonds européen de stabilité financière (FESF) d'être opérationnel dès la rentrée. Alors que certains de nos voisins européens traînent des pieds, «la France est le premier pays de la zone euro à s'engager dans la procédure d'adoption», s'est ainsi félicité mardi le ministre de l'Économie, François Baroin.Les votes des Parlements doivent donner le feu vert au Fonds afin qu'il soit plus flexible : si le processus se passe sans encombre, le FESF pourra à l'avenir prêter à un État de manière préventive «à titre de précaution», «financer la recapitalisation des banques et des établissements financiers par des prêts aux gouvernements» et enfin «intervenir directement sur les marchés secondaires de dette souveraine, afin d'éviter la contagion et de lutter contre la spéculation». Le texte étend les garanties des États à ces nouvelles missions. Dans le précédent collectif budgétaire, le plafond de la France avait été porté à 159 milliards.
Si le PS juge ce plan «insuffisant» et s'abstiendra aujourd'hui sur son vote, certains députés de la majorité ont affirmé dès mardi qu'ils l'adopteraient «sans enthousiasme».
«Rester lucides»
Yves Bur (UMP, Bas-Rhin) s'est demandé devant ses collègues «si la réponse à la crise de la dette grecque ne vient pas trop tard ou si nous ne nous voilons pas la face devant l'incapacité de la Grèce à assumer ses responsabilités». Il craint que cela n'ait qu'une conséquence: alourdir «un peu plus notre propre charge de dette». Nous devons «rester lucides», a prévenu le rapporteur de la commission des finances, Gilles Carrez, qui a demandé de la vigilance sur «l'endettement public qui se substitue à l'endettement privé».Selon le dispositif adopté par les pays de la zone euro, si les prêts accordés par le FESF constituent une opération financière sans effet sur le déficit, la dette publique, elle, augmentera du montant des prêts garantis «au fur et à mesure de leur versement», souligne le texte . Reste alors à espérer que les craintes des investisseurs quant à la capacité de la Grèce à se réformer et à rembourser ses dettes ne se concrétisent pas…
Pour l'heure, Paris refuse de céder au défaitisme. «Nous faisons confiance au gouvernement grec pour décliner le plan d'économie qui est indispensable, pour conditionner le soutien qu'ils auront, des Européens et du Fonds monétaire international», a insisté mardi François Baroin. Lucide sur les interrogations que suscite la situation actuelle, il a aussi tenté de rassurer sur l'état de l'économie en Europe: «sans nier qu'il y a des difficultés», le ministre a assuré que les fondamentaux étaient «bons» et s'est dit confiant dans la solidité du modèle bancaire. Dans ce contexte, «la France n'est pas menacée de récession», a-t-il assuré.
Une diplomatie sans voix
Cependant, sur la question du sauvetage de l’euro, la chancelière a des raisons de trembler pour sa majorité. Ursula von der Leyen [ministre du travail], sa camarade de cabinet, profite de la brèche stratégique laissée par Angela Merkel pour se poser en dauphine potentielle : elle appelle de ses vœux la création des "Etats-Unis d’Europe" – un projet jugé démoniaque, hélas pour elle, par le FDP et la CSU.Pourquoi a-t-il fallu que l’Allemagne hérite d’un ministre des affaires étrangères que personne ne prend au sérieux au moment précis où la classe politique se détourne des questions de politique étrangère ? Les tentatives infructueuses de Guido Westerwelle d’attribuer la chute de Kadhafi aux sanctions allemandes ont révélé une fois de plus aux yeux de tous le déboussolement de la politique allemande.
La crise identitaire allemande
Si Guido Westerwelle est en sursis, toute la politique étrangère allemande l’est aussi. L’Allemagne se trouve face à une question aussi importante que le furent jadis celles du réarmement, de l’intégration à l’Ouest ou de l’Ostpolitik : quel est l’avenir de l’Allemagne en Europe ? Jadis apanage des technocrates, la politique européenne est désormais le théâtre de la crise identitaire allemande. La vieille maxime selon laquelle ce pays est trop petit pour dominer l’Europe et trop grand pour en assurer l’équilibre ne semble plus d’actualité.Le marché qui avait fait ses preuves un temps – l’Allemagne joue le rôle de moteur économique, la France celui de moteur politique – ne tient plus. Autrefois, l’Allemagne pouvait acheter son pouvoir. Aujourd’hui, elle est aussi une force politique incontournable en Europe. L’Europe ne trouvera son salut ni contre la volonté des Allemands, ni sans eux.
L’euro a été introduit sous la pression des Français, dans le but d’empêcher l’hégémonie de l’Allemagne en Europe. Or, ironie du sort, il a justement servi de base à la suprématie allemande. Les Allemands sont les grands gagnants de l’Europe, et pourtant beaucoup, ici, ont le sentiment d’avoir été trahis par l’Union. L’euro a fait de l’Allemagne une puissance hégémonique inquiète. L’Allemagne a peur de l’Europe, et les Européens ont peur de la puissance de l’Allemagne.
Et voilà que les Allemands doivent réformer l’Union au moment même où ils commencent à ne plus se considérer comme des Européens modèles, mais comme des victimes. Il fut un temps où l’Europe était une valeur en soi. Aujourd’hui, ils sont nombreux à penser que la doctrine du "plus d’Europe" est une menace pour les valeurs et la prospérité.
Une nouvelle Europe en catimini
Poussée par les marchés, c’est donc en catimini que la chancelière construit la nouvelle Europe. Si, officiellement, elle se bat pour la diffusion de la culture allemande de stabilité, sa politique impose peu à peu dans les esprits les notions de gouvernement économique, de ministère européen des finances, d’obligations européennes et – même désormais – d’Etats-Unis d’Europe.En tapinois, l’Allemagne a commencé à réformer l’Europe à son image : ainsi Nicolas Sarkozy, qui fut autrefois le porte-parole des pays endettés, se pose aujourd’hui en promoteur de stabilité. Le gouvernement doit se défaire de son entêtement stratégique et rendre compte du fait que la position allemande a changé davantage que le silence de Berlin ne le laisse supposer.
Outre l’Europe, une autre grande question est celle de la participation de l’Allemagne aux conflits armés. Quelle leçon tirer des interventions de ces vingt dernières années – de la Bosnie à la Libye en passant par l’Afghanistan ? Courage, fuyons – et plus jamais d’interpositions ? La guerre en Libye instille le doute, même si ce n’est en rien un modèle. La "culture de la retenue" ne doit pas devenir synonyme de non-ingérence systématique au nom de la morale.
Troisième question de fond : Israël. Quelle position l’Allemagne adoptera-t-elle en septembre lorsque les Palestiniens demanderont la reconnaissance de leur Etat auprès des Nations Unies ? Peut-on décemment leur refuser ce souhait au lendemain du Printemps arabe ? Nous devons rompre avec les rituels diplomatiques sans substance avec le Proche-Orient, sans nous positionner pour autant contre Israël et les Etats-Unis.
Le choix de l’Allemagne de ne pas aller en Libye a placé le pays aux côté de la Russie, de la Chine et de l’Inde. Mais si l’Allemagne doit trouver de nouveaux partenaires stratégiques, le non-alignement n’est pas une solution. Nous avons besoin de toute l’Europe si nous voulons pouvoir nous mesurer à la Chine – et, à l’inverse, l’Europe a besoin de nous pour compter dans le monde.
De quelle Europe l’Allemagne veut-elle ? De quelle Allemagne l’Europe a-t-elle besoin ? Ce gouvernement ne vivra que s’il trouve une réponse à ces questions.
La Grèce accélère ses privatisations et la réduction du secteur public
Ce volet inclut l'extension de la concession de l'aéroport d'Athènes, la vente des parts publiques dans les compagnies gazière Depa et pétrolière Helpe un premier ensemble d'immobilier d'Etat, ainsi que "l'extension des licences de l'Opap", l'Organisme des paris sportifs, et "les nouvelles licences de téléphonie mobile", a-t-il précisé.
M. Vénizélos rendait compte, lors d'une allocution dramatisée retransmise en direct par les principaux médias audiovisuels d'un conseil des ministres tenu alors que les partenaires et créanciers du pays accentuent leur pression pour que la Grèce tienne ses engagements de redressement budgétaire.
La cession des actifs suivants au Fonds d'exploitation du patrimoine de l'Etat se poursuivra "à des rythmes très rapides pour tous les programmes arrivés à maturité", a-t-il ajouté.
Le pays "atteindra ses objectifs" en matière de privatisations, a-t-il insisté. Athènes s'était engagé au printemps à des cessions pour un montant de 50 milliards d'euros d'ici 2015, dont 5 milliards en 2011, afin de convaincre zone euro et Fonds monétaire international de continuer à protéger le pays de la faillite.
Le plan de privatisations, qui doit être piloté par le Fonds, où la zone euro et la Commission européenne auront des postes d'observateurs, concerne aussi les ports, les services postaux, le secteur de l'électricité et les banques.
Jugé très ambitieux, il peinait à démarrer, avec une seule cession jusque-là: une part des télécoms grecs Ote, entretenant l'impatience des créanciers du pays.
M. Vénizélos a aussi fait part de la décision du cabinet socialiste grec d'avancer sans tarder sur la réduction de la taille du secteur public, autre chiffon rouge social sur lequel le gouvernement tergiversait.
Les fusions ou suppressions annoncées de multiples organismes seront faites "ces prochaines semaines", tandis que la baisse du nombre des employés du secteur public doit être accélérée via la mise en chômage technique pour un an du personnel jugé surnuméraire, en prélude à des licenciements.
Suspendant vendredi un audit du pays entamé fin août, la troïka, délégation tripartite qui représente les créanciers du pays --UE, FMI et Banque centrale européenne (BCE)-- avait donné une dizaine de jours au pays pour avancer sur cet éventail de mesures, en vue du déblocage attendu cet automne d'une sixième tranche des prêts UE-FMI débloqués en mai 2010.
Alors que la zone euro traîne les pieds pour mettre en oeuvre son nouveau plan de sauvetage de la Grèce convenu le 21 juillet, la Grèce avait dû reconnaître vendredi un nouveau dérapage budgétaire, sur fond d'aggravation de la récession.
"Travailler plus", Nicolas Sarkozy y croit encore
Le chef de l'État a ressorti son slogan de campagne de 2007 lors d'un déplacement dans la Loire, mardi.
Nicolas Sarkozy a relancé, mardi, devant des routiers son discours sur le "travailler plus", l'un des slogans de sa campagne de 2007. "Votre profession est composée d'hommes et de femmes qui aiment leur travail et qui demandent qu'on les laisse travailler, et ce n'est pas si souvent qu'on rencontre des gens comme ça", a lancé le chef de l'État devant un parterre de 200 représentants de la profession réunis lors d'un déplacement dans la Loire.L'opposition "ne reviendra pas sur la réforme des retraites"
Le président français a également abordé la question de la réforme des retraites, se félicitant d'avoir pu mener à bien ce dossier controversé sans fléchir en 2010. "La réforme des retraites, si on ne l'avait pas mise en oeuvre, la France ne serait pas dans la situation où elle est aujourd'hui, dans la situation d'un pays qui résiste mieux à la crise gigantesque que connaît le monde", a-t-il assuré.
"Je vous demande de réfléchir à ça : imaginez quelle serait votre réaction si la France était dans la situation de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, voire des États-Unis", a-t-il poursuivi. "Quant à ceux qui avaient promis, au moment des grandes manifestations, qu'ils reviendraient sur la réforme, on ne les entend plus aujourd'hui, car c'était un mensonge. Ils ne reviendront pas sur la réforme", a-t-il conclu.
Pour Aubry, Sarkozy est responsable de "la prochaine récession" du pays
La candidate à la primaire PS juge les propositions du chef de l'État pour réduire les déficits "injustes et inefficaces".
Martine Aubry, candidate à la primaire PS, estime que Nicolas Sarkozy "est en train de construire la prochaine récession dans notre pays" avec ses propositions "injustes et inefficaces" pour réduire les déficits, dans un entretien accordé à La Tribune. "Ce qu'il propose est à la fois injuste et inefficace : si l'on veut réduire vraiment les déficits, il ne faut pas tuer la croissance. Car la France souffre non pas d'un mais de trois déficits : déficit financier, mais aussi déficits d'emploi et de compétitivité", affirme Martine Aubry.
Selon elle, "Nicolas Sarkozy est en train de construire la prochaine récession dans notre pays avec un budget qui, faute de s'attaquer vraiment aux niches fiscales (...), ignore l'emploi, l'investissement et la politique industrielle et augmente les impôts sur les classes moyennes et populaires". "Taxes sur les mutuelles, sur les tabacs et alcools, sur les sodas, augmentation de la CSG, autant de mesures qui pèseront sur tous les Français, et lourdement sur les plus modestes", dénonce la maire de Lille. Annulation de "50 à 70 milliards de niches fiscales"
Elle réaffirme qu'en cas de victoire en 2012, elle annulera " 50 des 70 milliards de niches fiscales accordés par la droite" pour en affecter "la moitié à la réduction du déficit et l'autre au financement de (ses) priorités, notamment l'emploi, l'école et la sécurité". Martine Aubry préconise aussi "une réforme d'ensemble de la fiscalité" avec "un grand impôt citoyen sur le revenu, progressif et redistributif, grâce à la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu", une baisse de l'impôt sur les sociétés "à 20 % pour les entreprises qui réinvestissent" et une augmentation "à 40 % pour celles qui privilégient les dividendes".
Elle veut enfin "aligner la fiscalité du capital et du travail" et faire de la fiscalité "un levier pour la social-écologie" avec l'instauration d'"un taux de TVA différencié en fonction de l'émission de CO2".



















