TOUT EST DIT

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samedi 10 septembre 2011

Un tournant

« L'effondrement des tours de Manhattan a produit une onde de choc qui nous a atteints au coeur. » D'abord incrédules, nous avons très vite senti monter en nous indignation, tristesse, compassion pour les victimes. Le Mémorial de Caen, puis France Bleu et Ouest-France ont alors incité le public à manifester sa solidarité. Des milliers de lettres et de dessins d'enfants sont parvenus au Mémorial. Ce haut-lieu qui tient allumée la petite veilleuse du souvenir a donc accueilli la reconnaissance des Français pour les Américains.

En délégation, nous avons apporté ces messages à New York, où ils seront conservés en témoignage de l'amitié qui nous lie depuis toujours. Dans cette amitié, nous puiserons la force d'âme qui permettra de résister aux menaces, aux intimidations, qui nous entraînera à dépasser nos peurs pour construire dans le monde cette paix fraternelle que tous nous espérons.

Cela est d'autant plus nécessaire que les conséquences des attentats du 11-Septembre ont été désastreuses. Pour la première fois, l'Amérique s'est sentie vulnérable, ce qui a déclenché une vigilance évidemment nécessaire. Cependant, le désir de sécurité, bien compréhensible, a pu mettre en cause certaines libertés et porter atteinte aux droits de l'homme. Ainsi furent pratiqués ce qu'on a appelé pudiquement les interrogatoires renforcés, c'est-à-dire la torture comme moyen d'investigation. Sans parler de la prison de Guantánamo où sont encore aujourd'hui détenus les « ennemis combattants », prison que le président Obama s'était pourtant engagé à fermer...

De nouvelles perspectives

Le 11-Septembre a aussi entraîné des guerres qui, selon Georges Bush, se voulaient purificatrices de « l'axe du mal ». Dix ans plus tard, on constate leur insuccès et l'ampleur des pertes humaines qu'elles ont provoquées. À quoi se sont ajoutés un discrédit de l'Amérique, qui manifestait ainsi son impuissance, et une haine tangible à son endroit, causée par la brutalité de certaines de ses interventions. Enfin, ces conflits aggravaient les difficultés économiques de la nation.

Les Américains ont eu, à ce moment, le sentiment que leur pays était directement exposé à la violence dont ils se croyaient protégés jusqu'alors. Ils ont vu régresser son influence. Ils ont eu le sentiment qu'ils ne dominaient plus leur destin.

Pour autant, l'Amérique n'est pas abattue. Certes, depuis le 11 septembre 2001, on a vu émerger de puissants pays comme la Chine, l'Inde, le Brésil. Ils font de l'ombre aux puissances d'hier. Désormais l'Europe et l'Amérique ne pourront plus prétendre gouverner le monde comme ce fut le cas aux XIXe et XXe siècles. Cependant, ces pays gardent leur potentiel et peuvent retrouver leur dynamisme.

Les Américains ont d'abord confiance en eux-mêmes et, comme le président Obama vient de le leur demander, ils sont prêts à montrer que les États-Unis sont toujours la plus grande puissance du monde. Cette fois, ils le manifesteront dans la paix et non dans la guerre.

Quant aux Européens voisins des pays arabes qui se cherchent un nouveau destin, ils ont là une mission de première importance : soutenir les démocrates de ces pays qui secouent le joug des dictateurs corrompus.

Le 11 septembre 2001 a été un tournant. Dix ans plus tard, nous sommes face à de nouvelles perspectives qui, souhaitons-le, seront plus constructives.

Le G7 assure qu'il mène une action forte et coordonnée

Les ministres des Finances et banquiers centraux du G7 ont assuré vendredi qu'ils répondaient de façon forte et coordonnée aux défis posés par le ralentissement de la croissance, les déficits budgétaires et les dettes souveraines, sans faire de nouvelles annonces.

Dans un texte diffusé à l'issue de la réunion à Marseille, ils évoquent le plan de 447 milliards de dollars annoncé jeudi par le président américain Barack Obama pour soutenir l'économie et celui adopté en Europe le 21 juillet pour tenter de juguler la crise des dettes souveraines dans la zone euro.
Mais ces plans doivent encore être adoptés par les parlements de chacun de ces pays, un exercice complexe vu les différends politiques aux Etats-Unis et les exigences posées par certains pays européens pour adopter les mesures du 21 juillet.
"Il y a désormais des signes clairs de ralentissement de la croissance mondiale. Nous sommes décidés à apporter une réponse internationale forte et coordonnée pour relever ces défis", lit-on dans le texte.
Les banques centrales continueront parallèlement de soutenir l'économie et d'apporter les liquidités aux banques privées qui en ont besoin, assurent les membres du G7, à l'heure où la volatilité règne sur les marchés en raison des craintes de tassement durable de l'économie, voire d'une nouvelle récession, et de la persistance de la crise des dettes en zone euro.
"Nous prendrons toutes les actions nécessaires pour assurer la résilience des systèmes bancaires et des marchés financiers", lit-on dans le texte.
Plusieurs grandes banques ont vu leur valeur boursière fondre ces dernières semaines, à mesure que l'absence d'amélioration sensible de la situation en Grèce relançait le débat sur les besoins de refinancement bancaires.
"Les politiques monétaires maintiendront la stabilité des prix et continueront à soutenir la reprise économique. Les banques centrales sont prêtes à fournir des liquidités aux banques en tant que de besoin", poursuit le texte.
Des analystes avaient prévenu que le G7 disposait de moyens limités par le niveau élevé des dettes publiques et le rejet des mesures d'assouplissement monétaire par les pays émergents qui les accusent de nourrir l'inflation et les bulles.
"Je ne pense pas que les gens attendaient un grand accord, et effectivement le G7 ne semble pas offrir beaucoup en termes d'action concrète", a déclaré Brian Dolan, stratégiste chez Forex.com.

Zone euro on craint les pires scénarios pour la Grèce

Parmi les scénarios possibles il n’est pas exclu que la Grèce soit obligée d’envisager une restructuration totale de sa dette. Et une sortie de l’euro ? Si le FMI et les États suspendent laides à la Grèce, la BCE serait certainement contrainte de stopper son financement aux banques. Le G7 s'est réuni aujourd'hui à Marseille.

Pour Nicolas Bouzou Économiste " la crise est grave voir plus grave qu’en 2008."

Jean Claude Trichet Président de la BCE s’est alarmé d’une détérioration de la conjoncture : « Nous nous attendons à une croissance bien plus modérée en zone euro, toutefois accompagnée d'une grande incertitude et de risques accrus à la baisse » Si les facteurs pouvant peser à la hausse ou à la baisse concernant la croissance étaient encore équilibrés il y a un mois, « cela n'est plus le cas », a-t-il ajouté.

Ce vendredi les bourses européennes ont plongé Parmi les principales places financières du continent, à Paris l’indice vedette CAC 40 a lâché 3,60%, à Francfort le Dax a perdu 4% tandis qu’à Milan le FTSE Mib cédait jusqu’à 4,93%. De son côté le Footsie-100 à Londres, a un peu mieux résisté en n’abandonnant que 2,35%.

Les marchés sont devenus fébriles devant l’inquiétude suscitée par la double crise, économique et de la dette, les pertes de Wall Street et des signaux inquiétants, tels que la démission de l’économiste en chef de la BCE.

Le G7 s’est réuni en urgence ce jour à Marseille dans la perspective de trouver des solutions afin d’éviter une rechute de la croissance. «Nous aurons une discussion de fond sur le ralentissement observé cet été dans le monde et le débat sera d'autant plus libre qu'il n'y aura pas de communiqué final», a indiqué le ministre français de l'Économie, François Baroin, dans un entretien au Figaro.

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui prévoit une croissance en berne pour les prochains mois dans les pays riches et entrevoit même des risques de récession, a appelé jeudi le G7 à «agir» face à l'aggravation de la crise.

Qui veut lâcher la Grèce?

Le tabou de la sortie de la Grèce de l'euro semble bel et bien levé. Nombreuses sont les voix officielles à s'élèver aujourd'hui pour affirmer que depuis l'éclatement de la crise grecque, les efforts du pays en matière d'assainissement n'ont pas porté leurs fruits. Et dorénavant, les sanctions deviennent inévitables.

La question n'est pas nouvelle. Déjà, le 7 juillet 2010, l'économiste Mark Cliffe envisageait l'hypothèse dans son étude "quantifier l'impensable". Mais il évoquait des conséquences soi-disant trop dures pour qu'on la laisse devenir réalité. "La Grèce connaîtrait une récession de 7% la première année et l'euro-zone de 1%" prédisait-il. Cela n'empêche pas certains politiques de l'envisager en 2011. "Le scénario d'un éloignement de la Grèce de l'euro est désormais sur la table", déclarait ainsi la commissaire grecque à la Pêche en mai dernier. Mais c'était avant le vote d'un nouveau plan de soutien au pays censé tout régler une fois pour toute.

Le clan des euro-sceptiques

Le problème, c'est que la capacité - ou la volonté-, de la Grèce de vraiment réduire ses déficits est aujourd'hui clairement mise en cause. Du coup, certains Etats ne se gênent plus pour menacer clairement le pays. Les Pays-Bas ont ainsi pris la tête de la fronde anti-Grèce. Le ministre des finances hollandais a réclamé jeudi une exclusion de la zone euro en cas de non-respect du Pacte de stabilité. La veille déjà, son Premier Ministre évoquait la création d'un poste de commissaire européen chargé de surveiller les comptes publics... Et de faire sortir les mauvais élèves de la zone euro.

La Finlande n'a pas encore franchi le pas. Mais elle y est poussée par le "Parti des vrais finlandais", très eurosceptique, qui réclame la sortie de la Grèce de l'euro. Pour l'instant le gouvernement menace de ne pas participer au second plan de sauvetage si des garanties ne lui sont pas apportées. Le pays a lui-même traversé une période noire de récession, avant d'intégrer la zone euro en 1995. Il proteste contre le manque de discipline grecque. Reste qu'avec au maximum 4% de participation au montant total du Fonds européen de stabilité financière (FESF), la menace ne remet pas en cause le plan. Du moins pour l'instant. "Attention à l'effet d'entrainement. Si les finlandais refusent de payer, d'autres pourraient s'y mettre sous la pression de leur opinion. Si ça commence comme cela on est perdus ", craint Philippe Martin, professeur d'économie à Science Po.

L'effet domino a pourtant bel et bien commencé. La Slovaquie a repoussé le vote du FESF à décembre. Le Premier Ministre Richard Sulik l'a même qualifié "d'outil pour produire davantage de dette". Quant à l'Estonie, son ministre des finances juge " illogique" ne pas envisager la faillite du pays. Le pays a dû mettre de sévère réformes économiques en marche par le passé, avant d'être intégrée à la zone euro en début d'année.

Ce clan d'euro-sceptiques tape du poing sur la table alors que les comptes grecs sont en pleine déconfiture. Au 2e trimestre la récession s'est chiffrée à -7,3%. Et "l'objectif de 17 milliards d'euros de déficits prévu en 2011 sera explosé. En juillet le pays était déjà à 15,5 milliards. Idem pour la récéssion annuelle qui tournera plutôt à -5% au lieu de -3,5%", constate Céline Antonin, économiste à l'OFCE.

Les conséquences pour la Grèce et l'Europe

Si le scénario noir de la sortie de l'euro se concrétisait, quels impacts ? Selon une récente étude d'UBS, la sortie de l'euro d'un Etat en difficulté comprendrait un défaut souverain, un défaut des entreprises sur leurs emprunts, mais aussi l'effondrement du système bancaire et du commerce international. Au total, UBS estime que le coût de sortie de la zone euro d'un pays en difficulté - tel que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal - atteindrait entre 40 à 50% de son produit intérieur brut, soit 9.500 à 11.500 euros par habitant.

Avec des conséquences pour l'ensemble de l'Europe. "Cela pourrait créér un appel d'air pour l'Italie et l'Espagne, des pays fragiles actuellement. On peut même envisager que l'Allemagne en sorte", craint Céline Antonin. Si la Grèce était amenée à quitter l'euro, l'impact serait aussi désastreux pour les banques exposées à la dette du pays. Mais François-Marc Durand, associé-gérant au sein de la Lazard Frères Gestion ne veut pas croire à l'éclatement de l'euro. " Cette anticipation ne tient pas sur des éléments crédibles. Elle est davantage l'objet d'une discussion de salon que d'une réelle réflexion. "Mais selon Philippe Martin le scénario reste possible. "Je n'exclus plus aujourd'hui que la Grèce en sorte. Il y a eu dans le passé des zones monétaires qui ont éclaté. Et cela n'a pas forcément été une catastrophe".
Des soutiens chancelants...

Bruxelles tente tant bien que mal de couper court à ce scénario noir. "Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n'est possible d'après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable", a répliqué jeudi le porte-parole de la Commission européenne.

La France, quant à elle, a été le premier pays à voter le plan d'aide jeudi. Mais on échafaude déjà des scénarios de crise en cas d'échec dans d'autres pays. Le président français de l'Autorité des marchés financiers évoque une mise sous tutelle au cas ou le plan d'aide ne marcherait pas. Selon Jean-Pierre Jouyet, "La solidarité, elle ne se voit pas d'un seul côté. Elle vaut aussi de la part des Grecs vis-à-vis des autres". Une procédure qui n'est aujourd'hui pas prévu par les traités. Mais le principe serait "de la même manière qu'en France où les collectivités peuvent être sous tutelle de l'Etat ", une administration des comptes de la Grèce par Bruxelles, selon l'économiste Nicolas Bouzou.

L'Allemagne prépare quant à elle le vote du FESF au Parlement, mais des fissures apparaissent. Une partie des libéraux comme des chrétiens-démocrates menacent de ne pas voter le texte. Et le ministre des finances Wolfgang Schäuble n'a pas mâché ses mots sur la volonté grecque de prendre son problème à bras le corps. "Je comprends qu'il y ait de la résistance aux mesures d'austérité au sein du peuple grec, mais au final, c'est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune" a-t-il déclaré jeudi sur une radio allemande. Des propos qui tranchent avec ceux d'Angela Merkel. La chancelière avait exclu lundi toute sortie de la zone euro d'un Etat membre en difficulté, estimant qu'une telle issue produirait un "effet domino" dangereux.

Et après l'autorisation du premier plan d'aide par la Cour constitutionnelle allemande, des doutes persistent. La Cour Karlsruhe a certes autorisé la participation de l'Allemagne au Fonds de secours européen mais a interdit le recours aux obligations européennes, un instrument qui permettrait de mutualiser les risques des pays en difficultés. Et a soumis chaque grande décision européenne à la validation du Parlement "au cas par cas". Des choix qui rendront sans doute plus compliqués les éventuels plans d'urgence à d'autres Etats de la zone euro.

vendredi 9 septembre 2011

Un deuxième « boulet moral » pour le PS

Après un été pourri par l'affaire DSK, un automne parasité par les affaires de Guérini... et une campagne des primaires socialistes qui continue à patauger aux frontières de la politique et du fait divers. Après les accusations de viol à New York, c'est cette fois une mise en examen - attendue - pour « prise illégale d'intérêt, trafic d'influence et association de malfaiteurs », qui touche le président du conseil général des Bouches-du-Rhône. Pour un parti qui se faisait fort de dénoncer l'immoralité et l'affairisme d'un président « bling- bling », ce nouvel épisode est du meilleur effet... Certes, Jean-Noël Guérini, tout comme Dominique Strauss-Kahn, est présumé innocent. Et il a assuré hier le service minimum en se mettant en congé du parti « pour ne pas gêner (ses) camarades ». Reste que devant l'opinion, c'est moins de procédure judiciaire que d'image, d'éthique et de réputation qu'il est question. Voilà incontestablement un deuxième « boulet moral » - pour reprendre l'expression d'Harlem Désir - qui vient entraver les principaux candidats socialistes. Car, difficile là encore pour eux de feindre la surprise sur la situation marseillaise, que seul Arnaud Montebourg avait dénoncée, sans résultats, voilà quelques mois. Le PS n'avait pas besoin de cela, alors que l'actuelle campagne des primaires fait déjà ressurgir les pratiques - coups bas et petites phrases assassines - qui avaient pollué celle de 2006. Mais ce nouvel épisode pourrait encore atténuer un peu plus l'engouement du « peuple de gauche » pour un scrutin des primaires qui s'annonce nettement moins mobilisateur qu'espéré par ses promoteurs.

Grèce : Taxis en grève, étudiants dans les rues

La politique de rigueur du gouvernement ne cesse d’accroître le mécontentement.

Déjà, en juillet, ils avaient fait trois semaines de grève. Le mécontentement des taxis grecs n’a pas disparu. Jeudi, ils ont à nouveau cessé le travail pour protester contre la libéralisation de leur activité, tandis que des étudiants manifestaient à Athènes contre la réforme des universités votée récemment dans le pays.

Selon la fédération des taxis (Poeiata), cette loi « anéantit le secteur » et sert « les intérêts de grands entrepreneurs » en érigeant la « pierre tombale » de 70.000 familles. Publié au début de la semaine par le ministre des Transports, Yannis Ragoussis, le projet de loi ouvre la voie à l’installation de sociétés de taxis en bonne et due forme et instaure des conditions pour l’achat ou la vente des licences, une transaction jusqu’ici occulte qui favorisait la circulation d’argent noir. Il prévoit également des critères pour l’obtention de ces licences visant à améliorer les services des taxis, renommés pour leur faible qualité.
Les taxis ont annoncé une deuxième grève de 24 heures samedi, jour du discours de rentrée politique et économique du Premier ministre, Georges Papandréou, à Salonique, à l’occasion de l’ouverture de la Foire internationale annuelle.

L’autonomie des universités en question

De leur côté, les étudiants de gauche, dont certains participent à l’occupation de départements universitaires dans plusieurs villes de Grèce, manifestaient à Athènes contre une réforme votée en août au Parlement. Cette réforme, adoptée à l’unanimité par la droite et la gauche, aligne les diplômes sur le système européen, ouvre les facultés sur le marché du travail et aux financements privés et prévoit la fin de la cogestion des universités par des organisations estudiantines. Les recteurs et le syndicat enseignant se sont également dressés contre ces mesures, accusées de compromettre l’autonomie des établissements et de menacer leur caractère gratuit et public.
Après avoir été accusé par l’UE et le FMI la semaine dernière de retards dans la mise en œuvre des réformes, le gouvernement s’est engagé mardi à accélérer les privatisations et les réformes structurelles prévues, parmi lesquelles la réduction du secteur public ou la réforme des taxis. Par ailleurs, les syndicats des douaniers et des agents du fisc ainsi que des éboueurs d’Athènes ont annoncé des grèves en début de semaine prochaine.
Pour sa part, la Commission européenne a exclu jeudi une sortie forcée de la Grèce de la zone euro, et a rappelé qu’il n’y avait aucun débat sur le sujet à Bruxelles. « Aucune sortie, ni expulsion de la zone euro n’est possible d’après le traité de Lisbonne. La participation à la zone euro est irrévocable. Il n’y a aucune discussion à ce sujet », a affirmé Amadeu Altafaj, porte-parole du commissaire aux Affaires économiques, Olli Rehn. Pourtant, certains pays n’hésitent plus à appeler Athènes à quitter l’Union monétaire.

Débat sur une sortie grecque de la zone euro

Alors qu'Athènes peine à remplir les objectifs budgétaires attachés à son plan de sauvetage, la colère monte en Allemagne et aux Pays-Bas, où de hauts responsables politiques parlent désormais ouvertement d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro.

Les dirigeants de la zone euro avaient jusqu'à présent rejeté tout scénario de sortie d'un membre de la monnaie unique, jugeant que cela serait désastreux pour le pays concerné tout en causant des troubles systémiques pour l'ensemble de la région.

Mais des voix s'élèvent à présent pour évoquer l'impensable, peut-être en vue de pousser Athènes à prendre des mesures plus drastiques de réduction de son déficit budgétaire.

"Je comprends qu'il y ait de la résistance aux mesures d'austérité au sein du peuple grec, mais au final, c'est à la Grèce de savoir si elle peut remplir les conditions qui sont nécessaires pour faire partie des membres de la devise commune", a déclaré jeudi le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble, lors d'une interview à la radio allemande.

Le ministre hausse le ton depuis que les inspecteurs de la "troïka" - Union européenne, Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)- ont suspendu pour dix jours leurs pourparlers avec la Grèce au sujet du versement de la prochaine tranche d'aide internationale en raison du retard pris par Athènes dans la réduction de son déficit.

Le gouvernement néerlandais a de son côté formulé mercredi une proposition selon laquelle les pays ne respectant pas les règles en matière de déficits puissent être placés sous l'administration d'un "contrôleur" budgétaire européen et aient la possibilité de quitter la zone euro.

"Les pays qui ne sont pas prêts à être placés sous administration doivent pouvoir choisir de quitter la zone euro", a déclaré le Premier ministre néerlandais Mark Rutte au Parlement, précisant que ce projet avait le soutien de l'Allemagne et de la Finlande.

Le porte-parole du gouvernement grec s'est vu contraint jeudi d'assurer qu'il n'y avait aucune menace de sortie de l'euro pour la Grèce, tandis qu'un porte-parole de la Commission européenne a dit qu'il n'y avait "pas du tout de débat à ce sujet".

LA RÉCESSION COMPLIQUE LA RÉDUCTION DU DÉFICIT

La question d'une sortie d'Athènes de la zone euro se pose alors que l'économie grecque en est à sa troisième année de récession.

D'après le service grec des statistiques, le produit intérieur brut (PIB) s'est contracté de 7,3% sur un an au deuxième trimestre.

Le taux de chômage ressort quant à lui à 16%, contre 11,6% en juin 2010, peu après l'obtention par Athènes de son premier plan de sauvetage.

A l'occasion de la publication de ces chiffres, le ministre grec de l'Economie a prévenu que le déficit budgétaire serait plus important que convenu auprès de ses créanciers, en raison de la récession.

Athènes s'était fixé comme objectif un déficit de 7,6% du PIB en 2011 contre 10,5% l'année précédente.

Les inspecteurs de la troïka feront leur retour à Athènes la semaine prochaine, mais leur départ brutal a renforcé le sentiment, déjà largement répandu dans le nord de l'Europe, que le gouvernement grec est au final peu disposé à prendre les mesures budgétaires drastiques déjà requises par le premier plan de sauvetage de 110 milliards d'euros, conclu en mai 2010.

Cette première aide s'étant révélée insuffisante, les dirigeants de la zone euro se sont mis d'accord le 21 juillet dernier sur un deuxième plan de sauvetage du même ordre de grandeur. Mais celui-ci doit encore être ratifié par les parlements nationaux et semble menacé alors que plusieurs pays, Finlande en tête, souhaiteraient voir Athènes fournir des contreparties à leurs prêts.

La Grèce est pressée d'avancer sur ses réformes budgétaires avant le retour des inspecteurs, pour pouvoir continuer à prétendre à sa prochaine tranche d'aide de huit milliards d'euros.

"Au regard des difficultés que rencontre l'actuel programme pour la Grèce - le versement de la prochaine tranche d'aide - un débat autour d'un deuxième programme pour la Grèce est très prématuré", a estimé jeudi Wolfgang Schäuble dans un discours au parlement.

"EFFET DOMINO"

Le Premier ministre finlandais doit rencontrer Angela Merkel et Wolfgang Schäuble mardi prochain à Berlin, apprenait-on jeudi auprès d'une source au fait du dossier.

La chancelière allemande avait exclu lundi toute sortie de la zone euro d'un Etat membre en difficulté, estimant qu'une telle issue produirait un "effet domino" dangereux.

Il n'existe en effet aucun cadre juridique à la sortie d'un pays de la monnaie unique et les coûts d'une telle sortie pourraient bien se révéler plus lourds encore pour la zone euro que l'inconvénient de garder un mauvais élève dans ses rangs.

Selon UBS, les conséquences d'une sortie d'un pays membre en difficulté comprendraient un défaut souverain, un défaut des entreprises sur leurs emprunts, mais aussi l'effondrement du système bancaire et du commerce international.

Au total, UBS estime que le coût de sortie de la zone euro d'un pays en difficulté - tel que la Grèce, l'Irlande ou le Portugal - atteindrait entre 40 à 50% de son produit intérieur brut, soit 9.500 à 11.500 euros par habitant.

Un haut responsable de la zone euro a dit à Reuters qu'une sortie de la zone euro était inconcevable, y compris pour l'Allemagne, en raison des turbulences que provoquerait un tel scénario:

"La zone euro n'est pas un café où vous entrez et sortez. L'interdépendance financière et monétaire est si grande, si forte que le destin d'un seul membre cause des problèmes à tous les autres."

A TOUT PRENDRE, CE SONT LES HOLLANDAIS ET LES ALLEMANDS QUI DEVRAIENT SORTIR DE LA ZONE EURO, ILS N'Y ONT PAS LEUR PLACE. ILS PROFITENT DE L'EUROPE, SANS CONTRE PARTIE.

Fractures sociales

La manière dont des personnalités notoirement « très riches » se sont portées volontaires pour être davantage imposées, en expliquant qu'elles devaient participer au premier chef à l'effort qu'impose la crise, semble louable. Mais cette initiative répond-elle vraiment à la question posée par les faramineux écarts de richesse et de rémunérations qui se sont creusés ces dernières années ? Ce qui est en cause, c'est notre projet de société. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ce projet était celui d'une société démocratique, libérale, mais fondamentalement solidaire. Cette solidarité avait un sens, tant que l'écart entre les hauts et les bas revenus restait dans des limites raisonnables. Cela supposait une certaine modestie de la prospérité, attestant non seulement que l'effort était supporté par tous, mais que tous étaient liés les uns aux autres, partageant un même destin.

Aujourd'hui, certains « ne voyagent plus dans le même bateau ». La fortune des très riches les rend totalement étrangers à l'inquiétude quotidienne du plus grand nombre. Ils vivent hors de la condition commune et ne peuvent que l'ignorer, tant ils en sont loin. Les membres de cette « hyperclasse » ne sont plus liés au sort du citoyen ordinaire. Plus grave encore, leur richesse et leur réussite aggravent presque mécaniquement la situation des autres, comme on le voit avec la flambée des prix du logement dans les grandes villes.

Cette inégalité radicale est devenue d'autant plus insupportable que notre société et son système de représentation - les médias, la publicité et une partie de l'industrie culturelle - ont fait de l'univers des riches et de leur mode de consommation un modèle dans lequel chacun est invité à se projeter. La figure contemporaine du bonheur passe par l'aisance matérielle et la possibilité de résoudre tous ses problèmes par ses propres moyens, c'est-à-dire avec son compte en banque. La crise est venue aggraver un sentiment qui montait depuis quelques années : nous percevons que cet horizon de bonheur recule au fur et à mesure que nous essayons de nous en rapprocher. À la panne de l'ascenseur social s'est ajoutée la peur du déclassement...

Ainsi grandit la frustration, alors que la machine économique, pour continuer à tourner, ne cesse de susciter de nouvelles envies, de nouveaux désirs. La société est doublement fracturée. La première fracture, à laquelle nous nous sommes hélas habitués, sépare ceux qui sont exclus du système et ceux qui parviennent à se maintenir à flot. La seconde, plus récente, sépare ceux qui connaissent la frustration et ceux qui en sont à l'abri, de par leur haut niveau de revenu.

La première peut être soignée, tant bien que mal, avec des systèmes d'assistance et de compensation. C'est naturellement insuffisant, mais au moins préserve-t-on un semblant de solidarité. La seconde est infiniment plus pernicieuse, puisqu'elle insinue l'idée que la possession matérielle est la seule voie de salut possible. C'est donc chacun pour soi.

Ce dont la société a besoin, ce n'est pas que les riches paient leur écot pour adoucir la crise, mais qu'ils consentent à redescendre dans le monde « commun ». La solidarité, en effet, ce n'est pas d'abord payer pour les autres, mais accepter d'être liés au sort des autres. Or, l'idée de s'acquitter d'une taxe « extraordinaire » entérine le fait que c'est en campant sur l'Olympe - et comptant bien y rester - que les très riches se penchent vers les gens ordinaires.

Le paysage politique bouge

En ce début septembre, une sorte d’été indien baigne le paysage politique. La situation selon les sondages a changé assez nettement par rapport au printemps dernier. Cela bénéficie à Nicolas Sarkozy et François Hollande et c’est beaucoup moins encourageant pour Martine Aubry et Marine Le Pen.

Nicolas Sarkozy, président sortant et candidat probable à sa réélection, était en situation d’extrême faiblesse il y a quelques mois. Ni favori ni même challenger puisque plusieurs sondages l’excluaient du second tour au profit de la candidate du Front national. Ce n’est plus le cas : pour le sondage Ipsos-Le Monde, M. Sarkozy serait au 2e tour et il obtiendrait entre 22 et 23 % au premier selon les cas de figure. Pour Harris-Le Parisien, il obtiendrait 23,5 ou 24 %, et son retard sur M. Hollande serait de 5 à 8 points selon les enquêtes. François Hollande caracole en effet en tête du 1er tour avec des scores variant entre 28,5 et 30 %. Toutefois, M. Sarkozy disposerait d’une réserve partielle de 10 points au centre et à droite si MM. Borloo et de Villepin renonceraient à se présenter et le second tour serait alors assez ouvert entre MM. Hollande et Sarkozy.

La situation est plus difficile pour Mes Aubry et Le Pen. L’ancienne première secrétaire du PS, malgré son activisme actuel, n’arrive pas à rattraper son concurrent socialiste et elle est moins performante contre Nicolas Sarkozy avec 4 points d’avance sur lui pour Ipsos et égalité avec lui selon Harris. Le match Sarkozy-Aubry semble donc désormais beaucoup moins probable. Quant à Mme Le Pen qui recueille des scores très élevés chez Ipsos (17 ou 18 %) et encore plus chez Harris (18 ou 20 %), elle semble pour l’heure avoir moins de chances de réussir à atteindre le 2e tour même si tout peut encore évoluer en huit mois.

Primaires PS : Lang critique à son tour Royal

Les déclarations de Ségolène Royal, jeudi dans Le Figaro, ont provoqué l'ire de plusieurs cadres du PS. Dernier en date, Jack Lang, qui appelle la candidate aux primaires à faire preuve de plus de retenue. 
 Une vague et des remous. Les mots de Ségolène Royal, dans Le Figaro de jeudi, ont fait réagir bon nombre de cadres du PS. La présidente du Poitou-Charentes y critique, sans ambages, Martine Aubry et François Hollande. La rue de Solférino est désormais en émoi, confrontée à ce qu'elle redoutait le plus : que les primaires du Parti socialiste ne se transforme en guerre fratricide.
Car les petits mots de Ségolène Royal ne profitent à personne à gauche et de plus en plus de voix s'élèvent pour inviter la présidente du Poitou-Charentes à faire preuve de plus de retenue. « Je conjure Ségolène Royal de mettre son talent au seul service de notre combat commun, en faveur d'un changement de majorité et de société en mai prochain, a ainsi déclaré Jack Lang dans un communiqué. (…) Toute polémique entre socialistes sert la droite ».

Unité

Et l'ancien ministre de la Culture d'appeler une nouvelle fois à l'unité. Un peu plus, tôt, c'était Pierre Moscovici, le coordinateur de campagne de François Hollande, qui avait rappelé ce besoin d' « unité » du PS afin d' « éviter toute forme d'attaque qui, demain, donne des atouts au candidat de la droite contre le candidat socialiste ». Rue de Solférino, on le sait bien : si le comportement de Ségolène Royal nuit au PS, il profite à l'UMP.
Le contrat idéologique avancée à l'envi par les cadres du parti - cette volonté affichée du rassemblement - a été écorné par les propos de Ségolène Royal. L'ancienne candidate socialiste lors de la dernière élection présidentielle s'en est pris violemment à François Hollande. Dans les colonnes du quotidien, son ancien compagnon et père de ses quatre enfants est acculé, décrit comme un homme incapable d'agir. « Le point faible de François Hollande, c'est l'inaction », a estimé Ségolène Royal. Avant de poser une sanglante question : « Est-ce que les Français peuvent citer une seule chose qu'il aurait réalisée en trente ans de vie politique ? Une seule ? ».
Martine Aubry en a également pris pour son grade. « Sa seule expérience électorale, c'est une législative perdue en 2002. Passer de rien à une campagne présidentielle, ce n'est pas facile », a commenté Ségolène Royal. 
HA ! C'EST A PLEURER !

jeudi 8 septembre 2011

Ça rogne et ça grogne

Entériner le plan antidéficit sans casser la croissance ni désespérer les Français, tout en sachant que les marges de manoeuvres sont ténues et les agences de notation impitoyables : tel est l'exercice budgétaire de haut vol imposé à l'exécutif. Celui-ci s'est partagé le service après-vente de la rigueur. François Fillon va au charbon, exhortant à l'unité de la droite et sonnant la charge contre la gauche, tandis que Nicolas Sarkozy se consacre à la pédagogie ou offre une séance de câlinothérapie aux députés UMP, conviés hier à l'Elysée. Car l'humeur est frondeuse. Entre l'aile centriste qui déplore un manque d'inspiration sociale et les libéraux mécontents de devoir voter des augmentations d'impôts, la base renâcle. Dur, dur de rogner sur les avantages fiscaux quand dans chaque niche aboie un molosse ! Déjà des concessions sont lâchées. Retoquée, la TVA majorée dans les parcs d'attractions. Et encore ne s'agit-il que d'un tour de chauffe car après le milliard d'euros à dégager dès à présent, il faudra trouver 11 milliards de recettes en 2012. Et arbitrer la question sensible de la taxation des ménages les plus aisés. La pression est forte. Ainsi deux personnalités - pas des moindres, les présidents des deux assemblées - militent-elles pour abaisser le seuil à 250 000¤ au lieu des 500 000 prévus à Bercy. Last but not least, restera à trancher le dilemme de la règle d'or budgétaire. Le Président a démenti l'hésitation qu'on lui prête à convoquer le Congrès pour ne pas courir le risque d'un échec, qui serait un mauvais signal aux marchés. Mais il semble bien, devant le scepticisme d'une partie de la majorité, qu'il est urgent d'attendre.

Un peu d’huile sur la salade grecque


Le timing est explosif. Jamais sans doute, depuis la signature du traité de Rome, la confiance dans l’Europe n’aura été mise à si rude épreuve. Faire voter un plan d’aide à la Grèce, qui entraînera un endettement supplémentaire de la France de 15 milliards d’euros, pourrait relever de la provocation au moment précis où l’exécutif en réclame 12 aux députés pour faire d’indispensables économies budgétaires. Le scepticisme européen rampant qui progresse dans l’opinion depuis le référendum de 2005 aurait pu trouver dans ce télescopage primaire de quoi se nourrir. Les plus virulents partisans du non, du Front national au parti communiste en passant par l’extrême gauche ne se sont d’ailleurs pas gênés pour promouvoir un refus catégorique à ce qu’ils voient comme une nouvelle aide «aux banquiers».


Mais, d’une certaine façon, les controverses parlementaires sur le plan d’austérité rendent service au gouvernement. Concentré sur ses calculs hexagonaux, notre pays est le premier à avaliser sans trop d’état d’âme la solidarité monétaire consentie à la Grèce après l’accord au sommet du 21 juillet dernier. Une célérité qui va contrer le doute grandissant sur la capacité de l’euro à survivre à la tempête. Le président de la République a réussi à imposer l’idée - juste - que nous n’avions pas d’autre choix. L’avenir de la monnaie unique, dont tant d’équilibres fondamentaux de notre économie dépendent, se paie au prix fort de la confiance. La dégringolade des bourses, lundi, a sonné comme un nouvel avertissement: toute hésitation sera perçue par les marchés comme annonciatrice de futurs renoncements. Tout flottement de la détermination française se traduira inévitablement par un effondrement des cours et une désertion des investisseurs devant le danger.


Combien de temps encore la vague approbation, presque par défaut (la gauche ne votant pas pour mais pas contre non plus), obtenue au Palais Bourbon pourra-t-elle prévaloir dans l’opinion ? Les défaites à répétition du parti d’Angela Merkel en Allemagne marquent la montée inexorable d’une résistance à la logique européenne. Le rejet de l’idée d’une mutualisation de la dette grecque n’aura pas suffi. Il a fallu que la Cour constitutionnelle donne son feu vert à la chancelière pour que le plan de sauvetage puisse devenir réalité. Les Allemands - sur lesquels repose un quart de l’effort (159 milliards au total) - renâclent à payer encore pour un pays, la Grèce, qu’ils accusent ouvertement de ne pas faire tout ce qu’il faudrait pour s’en sortir. Pour réduire sa dette, pourtant, Athènes a fourni (en proportion) un effort nettement plus important qu’aucun autre pays de la zone euro. Au point qu’exiger d’elle plus de résultats immédiats s’apparenterait à une surenchère dangereuse autant qu’illusoire. Il faut le savoir: ce serait le début de la fin...

Sortir par le haut

Dans le curieux laboratoire à ciel ouvert qu'est devenue la zone euro, la crainte du pire prospère de jour en jour. Comme si la crise grecque avait, depuis bientôt deux ans, déclenché une réaction en chaîne que nul ne parvient à contrôler. Crainte d'un blocage allemand, finlandais ou slovaque, conjurée hier partiellement avec le feu vert donné par la Cour de Karlsruhe. Crainte d'une surexposition des banques européennes, et françaises en particulier, en cas de faillite de la Grèce. Crainte de voir la rigueur généralisée, dictée par la crise de la dette, oblitérer la croissance qui reste pourtant la seule réelle porte de sortie d'une telle ornière.

Hier matin, c'est vers l'Allemagne que tous les regards étaient tournés. La cour constitutionnelle devait rendre un avis décisif sur la participation allemande au plan d'aide à Athènes. Le pire, un rejet en constitutionnalité, a été évité. Mais l'avis de la Cour est assorti de conditions qui ne vont pas contribuer à huiler les rouages de la laborieuse machine européenne. Ainsi, l'arrêt de Karlsruhe renforce le pouvoir de contrôle du Bundestag et fragilise la Chancelière. Il conforte les opposants, majoritaires en Allemagne, à la mutualisation de la dette grecque par la création d'obligations européennes, laissant augurer de futurs recours juridiques.

Si on ajoute à cette spécificité allemande les récentes décisions de la Finlande (qui exige des garanties supplémentaires avant d'engager ses deniers) et de la Slovaquie (qui ne ratifiera pas avant décembre), la capacité décisionnaire de la zone euro s'en trouve pénalisée.

L'incroyable asymétrie entre le temps des marchés et le temps politique est d'ailleurs de plus en plus criante. Notamment dans le cas de la zone euro, dont les processus de décision requièrent le feu vert de dix-sept parlements, alors que le maquis grec est en flamme. C'est là une des illustrations les plus évidentes de l'impuissance du champ politique à maîtriser une finance sans brides et sans délais.

Mais ce fossé favorable aux spéculateurs est-il si nouveau ? Si central ? Ne faut-il pas voir dans les difficultés de la monnaie unique, non seulement une erreur de conception initiale avec l'absence d'une gouvernance économique (à laquelle Paris et Berlin tentent de remédier), mais aussi une impuissance politique « tout court »?

La Chancelière ? Sa fraîche réélection à l'automne 2009 ne l'a pas empêchée de se montrer frileuse, et de perdre pourtant tous les scrutins intermédiaires. Le président français ? La campagne est déjà lancée, peu propice aux décisions difficiles et de moyen terme. Berlusconi ? Fini, ligoté par ses amis comme par ses ennemis. Zapatero ? Sur le pas de la petite porte, vers la sortie. La Belgique ? Institutionnellement en réanimation. L'Europe manque de guides, de cap.

Avant l'euro, les politiques laissaient, parfois, flotter leur monnaie. Aujourd'hui, c'est une monnaie forte qui fait flotter les politiques. Dangereusement. Nul ne l'ignore, à Berlin comme à Paris, où des pas significatifs ont été faits depuis un an. Le ton a changé. Le gouvernement économique de l'euro n'est plus un gros mot. On a entendu, cette semaine, un ministre allemand parler des « États-Unis d'Europe ». Même la révision du traité de Lisbonne n'est plus un tabou, déclarait hier Angela Merkel. Dans l'aventure européenne, et la passe difficile qu'elle traverse, il n'y a qu'une sortie. Par le haut. Toutes les autres ramènent au repli national et à son potentiel belliqueux.

Pécresse: "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles?"

 "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles?" s'est interrogée la ministre du Budget Valérie Pécresse, au lendemain de l'adoption à l'Assemblée nationale du projet de loi de finances rectificative pour 2011, qui doit être examiné ce jeudi au Sénat.
Le texte voté mercredi par les députés double la taxation sur les mutuelles en portant de 3,5% à 7% le taux applicable aux contrats dits "solidaires et responsables", qui représentent actuellement 90% des contrats de complémentaire santé. Cette disposition, que la gauche estime injuste, a été défendue jeudi matin par Valérie Pécresse sur France-Info.
La ministre du Budget a rappelé que, pour réduire les déficits publics, le gouvernement entendait supprimer les niches fiscales. Les contrats "solidaires et responsables" des mutuelles ont bénéficié d'un taux réduit d'imposition afin de favoriser leur développement, avec succès puisqu'à présent neuf contrats signés sur dix entrent dans cette catégorie.
"Aujourd'hui, c'est tous les contrats", a même résumé Valérie Pécresse. "Pourquoi devrions-nous continuer à sous-taxer les mutuelles? Je crois que cet avantage fiscal a perdu sa justification".
"Les ménages les plus fragiles ne seront pas touchés par cette mesure", a assuré la ministre, en rappelant que les bénéficiaires de la Couverture maladie universelle (CMU) ont également droit à une complémentaire santé gratuite.
La gauche considère, elle, que le plan de rigueur présenté le 24 août dernier par le Premier ministre François Fillon pèse trop sur les foyers modestes et ne met pas assez les riches à contribution.
"C'est un plan qui est équitable", a réaffirmé jeudi Valérie Pécresse. Certes, la taxe exceptionnelle sur les hauts revenus qui doit être créée en 2012 ne devrait rapporter que 200 millions d'euros mais, en y ajoutant la taxation accrue sur les revenus du patrimoine et sur les plus-values immobilières, "au total, c'est 3,7 milliards d'euros (...) qui porteront sur les ménages aisés", a-t-elle calculé.
Le texte adopté mercredi par les députés modifie le régime de taxation sur les bénéfices engrangés lors de la vente d'une résidence secondaire. A compter du 1er février 2012, est institué un abattement progressif de 2 à 8% à partir de la 6ème année de détention, aboutissant à une exonération totale au bout de 30 ans.
Le texte, qui entre ce jeudi en débat au Sénat, instaure en outre une taxe de 2% sur les chambres d'hôtel facturées au moins 200 euros la nuit. Cette mesure vise à compenser le maintien de la TVA réduite (5,5 sur les entrées dans les parcs à thème. Le plan de rigueur du 24 août proposait de la faire remonter au taux normal de 19,6%, une proposition abandonnée depuis sous la pression des parlementaires - dont l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui tremblait pour le Futuroscope de Poitiers.
Le projet de loi de finances rectificative pour 2011 prend par ailleurs des dispositions qui permettent d'aider la Grèce. Son article 2 étend la garantie de l'Etat aux nouvelles modalités d'intervention du Fonds européen de stabilité financière (FESF). Cela entraînera d'ici 2014 une augmentation du niveau d'endettement de la France de l'ordre de 15 milliards d'euros, compte tenu de l'intégration des garanties.
"Nous devons faire tout pour stabiliser la zone euro", a réaffirmé jeudi Valérie Pécresse. "C'est absolument nécessaire si on veut que la Grèce puisse à la fois mener son plan de rigueur de redressement et en même temps rembourser ses dettes". AP

Crise : Faut-il encore soutenir la Grèce ?

Un an après avoir appelé à l’aide, la Grèce est toujours dans l’impasse. Ses voisins européens, qui voient le pays engloutir les milliards, sont de plus en plus réticents à l’idée de la soutenir.

L’impression d’un retour à la case départ. Une fois de plus, le sort de la Grèce fait l’objet de toutes les inquiétudes. Rien ne semble réglé. Pire, la situation paraît encore plus grave qu’il y a quelques mois. La semaine dernière, la commission d’experts indépendants chargés de surveiller la dette grecque l’ont jugée « hors de contrôle ». L’accord du 21 juillet entre les dirigeants de la zone euro censé débloquer une nouvelle tranche d’aide de 160 milliards d’euros pour Athènes n’est toujours pas entré en vigueur. Il suppose la ratification de chaque Parlement national, un processus long et source de tensions politiques. Les divergences entre les dix-sept sont de plus en notables. Si, mardi, la France a voté dans une relative indifférence le plan de soutien à la Grèce (voir ci-contre), de l’autre côté du Rhin, le débat sur le sujet est de plus en plus houleux. Dans la presse comme dans l’opposition, les reproches à l’encontre d’une Grèce jugée trop dépensière et incapable de respecter ses engagements s’expriment de plus en plus violemment.

La méfiance se propage

Le même sentiment de défiance se retrouve en Autriche, en Slovaquie ou en Finlande. Helsinki n’a pas hésité à négocier sa participation au second plan d’aide directement avec Athènes et à réclamer des garanties pour assurer ses futurs prêts. La semaine dernière, ce sont les représentants de la troïka (FMI, BCE, Commission européenne) qui ont tapé du poing sur la table en interrompant pour dix jours les discussions engagées avec le gouvernement grec. Les deux parties étant incapables de s’accorder sur les raisons et l’ampleur du retard pris par la Grèce dans sa course à la réduction du déficit. Plus d’un an après le début de la crise – le premier plan de sauvetage de 110 milliards d’euros a été voté le 2 mai 2010 – les solutions convaincantes peinent à s’imposer. Sans solution, l’aide à la Grèce pourrait se tarir, contraignant le pays à être en défaut de paiement, option que tout le monde tente d’éviter. Comme le conclut Bruno Cavalier, économiste chez Oddo : « Tout cela illustre une énorme fatigue. »

La Grèce veut régler ses litiges fiscaux

La Grèce s'est engagée mercredi à régler d'ici 2013 quelque 165.000 litiges fiscaux qui encombrent ses tribunaux, après les protestations de l'UE et du FMI la semaine dernière sur les retards pris par le pays pour lutter efficacement contre l'évasion fiscale.


"Actuellement il y a 165.000 litiges fiscaux, qui seront réglés d'ici 2013", a affirmé M. Papaïoannou au cours d'une conférence de presse mercredi à Athènes.

Problème endémique dans le pays, l'évasion fiscale est considérée comme l'un des principaux obstacles à l'augmentation des recettes publiques, et à un allègement conséquent des déficits et dettes qui pèsent comme un boulet sur le pays en crise.

Le groupe d'experts de la troïka réunissant les principaux créanciers du pays -Union européenne (UE), Fonds monétaire international (FMI) et Banque centrale européenne (BCE)- qui contrôle les comptes du pays, a rencontré la semaine dernière le ministre de la Justice, Miltiades Papaïoannou, pour réclamer l'accélération des procédures judiciaires en la matière.

L'hypothèse du naufrage grec

Malgré l'austérité, la dette explose. Le FMI pourrait laisser les Européens seuls face à leurs responsabilités.

La Grèce fonce-t-elle droit dans le mur ? La question est sur toutes les lèvres. De plus en plus d'économistes, allemands en particulier, jugent inévitable sa sortie de la zone euro. Les nuages s'amoncellent au-dessus d'Athènes.
Une dette "hors de contrôle"
Malgré la cure d'austérité drastique imposée par l'Union européenne et le FMI, le gouvernement socialiste ne parvient pas à atteindre ses objectifs de déficit public. Notamment parce qu'il peine à convaincre les Grecs de payer leurs impôts. Selon la presse nationale, les inspecteurs de la troïka (Union européenne, BCE, FMI) s'attendent désormais à voir le trou budgétaire atteindre 8,8 % du PIB, alors que Athènes s'était engagé en juin à le limiter à 7,4 %. Quant au PIB, il devrait baisser de 4,5 % en 2012, soit un point de plus qu'attendu.
Autant de mauvaises nouvelles qui ont poussé des experts du bureau du Budget de l'État, un organisme chargé d'informer le parlement grec, à considérer que la dette du pays était "hors de contrôle". D'environ 130 % du PIB en 2009, elle pourrait dépasser les 160 % à la fin de l'année ! Même si ce jugement a aussitôt été qualifié de "gaffe" par le ministre des Finances Evangelos Venizélos, cela devrait inciter les bailleurs internationaux à la prudence.
L'appui incertain du FMI
La troïka a d'ailleurs interrompu brutalement vendredi son audit trimestriel du pays entamé fin août, officiellement pour "permettre aux autorités de terminer leur travail technique" lié au "budget 2012" et aux "mesures structurelles de renforcement de la croissance". Mais les inspecteurs seraient en réalité insatisfaits des progrès hellènes, notamment sur le programme de privatisations censé atteindre 50 milliards d'euros. L'enjeu est de taille, car ils doivent décider le 15 septembre s'ils débloquent ou non la sixième tranche du premier plan d'aide de 110 milliards d'euros décidé en mai 2010. "Dans ce genre de cas (le non-respect des objectifs fixés, NDLR), la doctrine ordinaire du FMI est de suspendre l'aide", rappelle le chef économiste d'Oddo Securities, Bruno Cavalier, dans une note publiée lundi. Une telle issue remettrait en cause le plan de financement du pays.
Le second plan d'aide menacé
Mais le blocage pourrait aussi bien venir des partenaires européens de la Grèce. La Slovaquie rechigne à payer pour Athènes. Seul pays de la zone euro à avoir refusé de participer au premier plan de soutien, le Parlement de Bratislava menace maintenant de repousser aux calendes grecques la ratification de l'accord du 21 juillet, qui prévoit l'augmentation des moyens du FESF, censé prêter 109 milliards d'euros supplémentaires. "La Grèce doit se déclarer en faillite et l'Italie doit commencer à faire des économies", a jugé le chef du parlement slovaque, Richard Sulik, membre d'un des quatre partis de la coalition de droite au pouvoir, capable à lui seul de bloquer l'approbation du Parlement. Quant à la Finlande, elle a demandé à Athènes de lui mettre de côté une réserve d'argent, censée produire des intérêts, pour se garantir contre un éventuel non-remboursement. Si d'autres pays devaient formuler les mêmes exigences, cela pourrait rendre le second plan de sauvetage européen caduc.
Les marchés n'y croient plus
Reflets de toutes ces inquiétudes, les taux d'intérêt sur les obligations grecques à deux ans dépassent les 50 %. Un record. En comparaison, le Portugal, autre pays d'Europe sous perfusion, ne paye pas plus de 15 % et l'Allemagne moins de 0,50 %... À l'évidence, les investisseurs parient sur un défaut d'Athènes, voire sa sortie de la zone euro.

 

mercredi 7 septembre 2011

L'Allemagne valide le plan de sauvetage de la Grèce

Cette décision était attendue par toute l'UE, Berlin étant le premier contributeur des plans de secours européens. 

La Cour constitutionnelle allemande a jugé légales mercredi les aides de Berlin pour lutter contre la crise de la zone euro, mais a exigé un renforcement du rôle du Parlement. Les juges de Karlsruhe (ouest), qui devaient se prononcer sur la légalité de la première aide à la Grèce en 2010 ainsi que sur la mise en place du FESF, le fonds de secours européen, ont estimé que Berlin n'avait pas violé la Constitution en promettant des centaines de milliards d'euros.
Mais ils ont également rappelé que le pouvoir budgétaire devait rester aux mains du Parlement et que celui-ci devrait donner son feu vert "au cas par cas pour toute mesure d'aide de grande importance" consentie par l'Allemagne, première contributrice de tous les plans de secours, selon le texte du jugement. La plus haute instance judiciaire allemande a jugé à cet égard que le gouvernement "avait l'obligation d'obtenir le feu vert préalable" de la commission budgétaire du Bundestag, la chambre basse du Parlement, avant de prendre un quelconque engagement.

Pas de communauté de dettes

Pas question par ailleurs pour Berlin de ratifier des accords prévoyant une "communauté de dettes [...], surtout si elle est liée à des conséquences difficilement prévisibles", ont prévenu les juges suprêmes, ce qui peut donner des arguments aux adversaires des obligations européennes communes ou "eurobonds". Comme prévu par les juristes, la Cour n'a pas suivi les plaignants, un groupe d'économistes euro-sceptiques et un député conservateur, qui demandaient une condamnation en bloc des initiatives du gouvernement de la chancelière Angela Merkel.
Un tel jugement aurait provoqué un chaos incommensurable dans une zone euro sous haute tension, où les parlements italien, français et espagnol débattent de plans de rigueur, alors que les finances grecques n'en finissent plus de déraper. Le jugement a provoqué un soubresaut du cours de l'euro, monté en flèche face au dollar avant de retomber à son niveau d'avant l'annonce, autour de 1,4085 dollar vers 8 h 25.

La France vote l'aide à la Grèce sans entrain

L'Hexagone sera le premier pays à valider l'accord européen de sauvetage d'Athènes. Inquiets, des députés se demandent néanmoins si le gouvernement Papandreou pourra faire face à ses responsabilités. 

Le débat de plus en plus vif sur les niches fiscales -qui confirme bien que dans chacune d'elles se trouve un lobby prêt à aboyer!- ferait presque oublier que le projet de loi de finances rectificative examiné depuis mardi à l'Assemblée nationale vise avant tout à valider le plan de soutien à la Grèce, dessiné le 21 juillet par les chefs d'État et de gouvernement. Paris voulait le traduire rapidement dans le droit national, pour permettre au Fonds européen de stabilité financière (FESF) d'être opérationnel dès la rentrée. Alors que certains de nos voisins européens traînent des pieds, «la France est le premier pays de la zone euro à s'engager dans la procédure d'adoption», s'est ainsi félicité mardi le ministre de l'Économie, François Baroin.
Les votes des Parlements doivent donner le feu vert au Fonds afin qu'il soit plus flexible : si le processus se passe sans encombre, le FESF pourra à l'avenir prêter à un État de manière préventive «à titre de précaution», «financer la recapitalisation des banques et des établissements financiers par des prêts aux gouvernements» et enfin «intervenir directement sur les marchés secondaires de dette souveraine, afin d'éviter la contagion et de lutter contre la spéculation». Le texte étend les garanties des États à ces nouvelles missions. Dans le précédent collectif budgétaire, le plafond de la France avait été porté à 159 milliards.
Si le PS juge ce plan «insuf­fisant» et s'abstiendra aujourd'hui sur son vote, certains députés de la majorité ont affirmé dès mardi qu'ils l'adop­teraient «sans enthousiasme».

«Rester lucides» 

Yves Bur (UMP, Bas-Rhin) s'est demandé devant ses collègues «si la réponse à la crise de la dette grecque ne vient pas trop tard ou si nous ne nous voilons pas la face devant l'incapacité de la Grèce à assumer ses responsabilités». Il craint que cela n'ait qu'une conséquence: alourdir «un peu plus notre propre charge de dette». Nous devons «rester lucides», a prévenu le rapporteur de la commission des finances, Gilles Carrez, qui a demandé de la vigilance sur «l'endettement public qui se substitue à l'endettement privé».
Selon le dispositif adopté par les pays de la zone euro, si les prêts accordés par le FESF constituent une opération financière sans effet sur le déficit, la dette publique, elle, augmentera du montant des prêts garantis «au fur et à mesure de leur versement», souligne le texte . Reste alors à espérer que les craintes des investisseurs quant à la capacité de la Grèce à se réformer et à rembourser ses dettes ne se concrétisent pas…
Pour l'heure, Paris refuse de céder au défaitisme. «Nous faisons confiance au gouvernement grec pour décliner le plan d'économie qui est indispensable, pour conditionner le soutien qu'ils auront, des Européens et du Fonds monétaire international», a insisté mardi François Baroin. Lucide sur les interrogations que suscite la situation actuelle, il a aussi tenté de rassurer sur l'état de l'économie en Europe: «sans nier qu'il y a des difficultés», le ministre a assuré que les fondamentaux étaient «bons» et s'est dit confiant dans la solidité du modèle bancaire. Dans ce contexte, «la France n'est pas menacée de récession», a-t-il assuré.

Une diplomatie sans voix

Entre un ministre des Affaires étrangères contesté et une coalition de moins en moins unie, le gouvernement d'Angela Merkel navigue à vue sur la scène internationale. Un flou qui rejaillit sur l'ensemble de l'Europe. 
Combien de temps un gouvernement peut-il continuer de la sorte ? Rarement l’Allemagne a joué un rôle aussi important en Europe, et rarement sa politique étrangère a été aussi apathique. La crise de la politique extérieure allemande mine chaque jour un peu plus ce qui relevait autrefois de la politique intérieure. Le sort de ce gouvernement tient à une seule et unique question : parviendra-t-il à redéfinir la position de l’Allemagne en Europe ? Ou, pour le dire de manière plus brutale : parviendra-t-il à réacclimater les Allemands à l’Europe ?
Cependant, sur la question du sauvetage de l’euro, la chancelière a des raisons de trembler pour sa majorité. Ursula von der Leyen [ministre du travail], sa camarade de cabinet, profite de la brèche stratégique laissée par Angela Merkel pour se poser en dauphine potentielle : elle appelle de ses vœux la création des "Etats-Unis d’Europe" – un projet jugé démoniaque, hélas pour elle, par le FDP et la CSU.
Pourquoi a-t-il fallu que l’Allemagne hérite d’un ministre des affaires étrangères que personne ne prend au sérieux au moment précis où la classe politique se détourne des questions de politique étrangère ? Les tentatives infructueuses de Guido Westerwelle d’attribuer la chute de Kadhafi aux sanctions allemandes ont révélé une fois de plus aux yeux de tous le déboussolement de la politique allemande.

La crise identitaire allemande

Si Guido Westerwelle est en sursis, toute la politique étrangère allemande l’est aussi. L’Allemagne se trouve face à une question aussi importante que le furent jadis celles du réarmement, de l’intégration à l’Ouest ou de l’Ostpolitik : quel est l’avenir de l’Allemagne en Europe ? Jadis apanage des technocrates, la politique européenne est désormais le théâtre de la crise identitaire allemande. La vieille maxime selon laquelle ce pays est trop petit pour dominer l’Europe et trop grand pour en assurer l’équilibre ne semble plus d’actualité.
Le marché qui avait fait ses preuves un temps – l’Allemagne joue le rôle de moteur économique, la France celui de moteur politique – ne tient plus. Autrefois, l’Allemagne pouvait acheter son pouvoir. Aujourd’hui, elle est aussi une force politique incontournable en Europe. L’Europe ne trouvera son salut ni contre la volonté des Allemands, ni sans eux.
L’euro a été introduit sous la pression des Français, dans le but d’empêcher l’hégémonie de l’Allemagne en Europe. Or, ironie du sort, il a justement servi de base à la suprématie allemande. Les Allemands sont les grands gagnants de l’Europe, et pourtant beaucoup, ici, ont le sentiment d’avoir été trahis par l’Union. L’euro a fait de l’Allemagne une puissance hégémonique inquiète. L’Allemagne a peur de l’Europe, et les Européens ont peur de la puissance de l’Allemagne.
Et voilà que les Allemands doivent réformer l’Union au moment même où ils commencent à ne plus se considérer comme des Européens modèles, mais comme des victimes. Il fut un temps où l’Europe était une valeur en soi. Aujourd’hui, ils sont nombreux à penser que la doctrine du "plus d’Europe" est une menace pour les valeurs et la prospérité.

Une nouvelle Europe en catimini

Poussée par les marchés, c’est donc en catimini que la chancelière construit la nouvelle Europe. Si, officiellement, elle se bat pour la diffusion de la culture allemande de stabilité, sa politique impose peu à peu dans les esprits les notions de gouvernement économique, de ministère européen des finances, d’obligations européennes et – même désormais – d’Etats-Unis d’Europe.
En tapinois, l’Allemagne a commencé à réformer l’Europe à son image : ainsi Nicolas Sarkozy, qui fut autrefois le porte-parole des pays endettés, se pose aujourd’hui en promoteur de stabilité. Le gouvernement doit se défaire de son entêtement stratégique et rendre compte du fait que la position allemande a changé davantage que le silence de Berlin ne le laisse supposer.
Outre l’Europe, une autre grande question est celle de la participation de l’Allemagne aux conflits armés. Quelle leçon tirer des interventions de ces vingt dernières années – de la Bosnie à la Libye en passant par l’Afghanistan ? Courage, fuyons – et plus jamais d’interpositions ? La guerre en Libye instille le doute, même si ce n’est en rien un modèle. La "culture de la retenue" ne doit pas devenir synonyme de non-ingérence systématique au nom de la morale.
Troisième question de fond : Israël. Quelle position l’Allemagne adoptera-t-elle en septembre lorsque les Palestiniens demanderont la reconnaissance de leur Etat auprès des Nations Unies ? Peut-on décemment leur refuser ce souhait au lendemain du Printemps arabe ? Nous devons rompre avec les rituels diplomatiques sans substance avec le Proche-Orient, sans nous positionner pour autant contre Israël et les Etats-Unis.
Le choix de l’Allemagne de ne pas aller en Libye a placé le pays aux côté de la Russie, de la Chine et de l’Inde. Mais si l’Allemagne doit trouver de nouveaux partenaires stratégiques, le non-alignement n’est pas une solution. Nous avons besoin de toute l’Europe si nous voulons pouvoir nous mesurer à la Chine – et, à l’inverse, l’Europe a besoin de nous pour compter dans le monde.
De quelle Europe l’Allemagne veut-elle ? De quelle Allemagne l’Europe a-t-elle besoin ? Ce gouvernement ne vivra que s’il trouve une réponse à ces questions.

La Grèce accélère ses privatisations et la réduction du secteur public

 Le gouvernement grec a décidé d'accélérer la mise en oeuvre de son plan de privatisations et des mesures de réduction du secteur public, comme le réclament les créanciers du pays, a annoncé mardi le ministre des Finances, Evangélos Vénizélos après un conseil des ministres.
En matière de privatisations, le ministre a annoncé le transfert "dès demain", mercredi, au Fonds chargé de ces cessions d'une première série d'actifs prévus pour être vendus en 2011. "La première vague des privatisations (...) avance immédiatement", a-t-il affirmé.
Ce volet inclut l'extension de la concession de l'aéroport d'Athènes, la vente des parts publiques dans les compagnies gazière Depa et pétrolière Helpe un premier ensemble d'immobilier d'Etat, ainsi que "l'extension des licences de l'Opap", l'Organisme des paris sportifs, et "les nouvelles licences de téléphonie mobile", a-t-il précisé.
M. Vénizélos rendait compte, lors d'une allocution dramatisée retransmise en direct par les principaux médias audiovisuels d'un conseil des ministres tenu alors que les partenaires et créanciers du pays accentuent leur pression pour que la Grèce tienne ses engagements de redressement budgétaire.
La cession des actifs suivants au Fonds d'exploitation du patrimoine de l'Etat se poursuivra "à des rythmes très rapides pour tous les programmes arrivés à maturité", a-t-il ajouté.
Le pays "atteindra ses objectifs" en matière de privatisations, a-t-il insisté. Athènes s'était engagé au printemps à des cessions pour un montant de 50 milliards d'euros d'ici 2015, dont 5 milliards en 2011, afin de convaincre zone euro et Fonds monétaire international de continuer à protéger le pays de la faillite.
Le plan de privatisations, qui doit être piloté par le Fonds, où la zone euro et la Commission européenne auront des postes d'observateurs, concerne aussi les ports, les services postaux, le secteur de l'électricité et les banques.
Jugé très ambitieux, il peinait à démarrer, avec une seule cession jusque-là: une part des télécoms grecs Ote, entretenant l'impatience des créanciers du pays.
M. Vénizélos a aussi fait part de la décision du cabinet socialiste grec d'avancer sans tarder sur la réduction de la taille du secteur public, autre chiffon rouge social sur lequel le gouvernement tergiversait.
Les fusions ou suppressions annoncées de multiples organismes seront faites "ces prochaines semaines", tandis que la baisse du nombre des employés du secteur public doit être accélérée via la mise en chômage technique pour un an du personnel jugé surnuméraire, en prélude à des licenciements.
Suspendant vendredi un audit du pays entamé fin août, la troïka, délégation tripartite qui représente les créanciers du pays --UE, FMI et Banque centrale européenne (BCE)-- avait donné une dizaine de jours au pays pour avancer sur cet éventail de mesures, en vue du déblocage attendu cet automne d'une sixième tranche des prêts UE-FMI débloqués en mai 2010.
Alors que la zone euro traîne les pieds pour mettre en oeuvre son nouveau plan de sauvetage de la Grèce convenu le 21 juillet, la Grèce avait dû reconnaître vendredi un nouveau dérapage budgétaire, sur fond d'aggravation de la récession.
 GEORGES PAPANDREOU FAIT DE SON MIEUX, JE NE M'Y ATTENDAIS PAS, SAMARAS PAR CONTRE EST EN DESSOUS DE TOUTES SES RESPONSABILITÉS, SON ATTITUDE ET CELLE DE SON PARTI ( Nea Dimokratia) ENTRAINERA LA GRÈCE DANS LE GOUFFRE.
IL FAUT CRÉER UN PARTI D'UNION NATIONALE, C'EST URGENT !!!

"Travailler plus", Nicolas Sarkozy y croit encore

Le chef de l'État a ressorti son slogan de campagne de 2007 lors d'un déplacement dans la Loire, mardi.

  Nicolas Sarkozy a relancé, mardi, devant des routiers son discours sur le "travailler plus", l'un des slogans de sa campagne de 2007. "Votre profession est composée d'hommes et de femmes qui aiment leur travail et qui demandent qu'on les laisse travailler, et ce n'est pas si souvent qu'on rencontre des gens comme ça", a lancé le chef de l'État devant un parterre de 200 représentants de la profession réunis lors d'un déplacement dans la Loire.
"Par inclinaison personnelle, j'ai plutôt envie de donner satisfaction à ceux qui disent laissez moi travailler plus plutôt qu'à ceux qui disent je veux travailler moins. Notre pays ne s'en sortira pas en travaillant moins", a-t-il ajouté, reprenant l'un des fils directeurs de sa campagne présidentielle de 2007. "C'est valable pour un enfant, un ado, un adulte, une famille, un pays. On ne peut pas s'en sortir en faisant comme si le monde extérieur n'existait pas."
L'opposition "ne reviendra pas sur la réforme des retraites"
Le président français a également abordé la question de la réforme des retraites, se félicitant d'avoir pu mener à bien ce dossier controversé sans fléchir en 2010. "La réforme des retraites, si on ne l'avait pas mise en oeuvre, la France ne serait pas dans la situation où elle est aujourd'hui, dans la situation d'un pays qui résiste mieux à la crise gigantesque que connaît le monde", a-t-il assuré.
"Je vous demande de réfléchir à ça : imaginez quelle serait votre réaction si la France était dans la situation de la Grèce, du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, voire des États-Unis", a-t-il poursuivi. "Quant à ceux qui avaient promis, au moment des grandes manifestations, qu'ils reviendraient sur la réforme, on ne les entend plus aujourd'hui, car c'était un mensonge. Ils ne reviendront pas sur la réforme", a-t-il conclu.

Pour Aubry, Sarkozy est responsable de "la prochaine récession" du pays

La candidate à la primaire PS juge les propositions du chef de l'État pour réduire les déficits "injustes et inefficaces".


 Martine Aubry, candidate à la primaire PS, estime que Nicolas Sarkozy "est en train de construire la prochaine récession dans notre pays" avec ses propositions "injustes et inefficaces" pour réduire les déficits, dans un entretien accordé à La Tribune. "Ce qu'il propose est à la fois injuste et inefficace : si l'on veut réduire vraiment les déficits, il ne faut pas tuer la croissance. Car la France souffre non pas d'un mais de trois déficits : déficit financier, mais aussi déficits d'emploi et de compétitivité", affirme Martine Aubry.

Selon elle, "Nicolas Sarkozy est en train de construire la prochaine récession dans notre pays avec un budget qui, faute de s'attaquer vraiment aux niches fiscales (...), ignore l'emploi, l'investissement et la politique industrielle et augmente les impôts sur les classes moyennes et populaires". "Taxes sur les mutuelles, sur les tabacs et alcools, sur les sodas, augmentation de la CSG, autant de mesures qui pèseront sur tous les Français, et lourdement sur les plus modestes", dénonce la maire de Lille.
Annulation de "50 à 70 milliards de niches fiscales"
Elle réaffirme qu'en cas de victoire en 2012, elle annulera " 50 des 70 milliards de niches fiscales accordés par la droite" pour en affecter "la moitié à la réduction du déficit et l'autre au financement de (ses) priorités, notamment l'emploi, l'école et la sécurité". Martine Aubry préconise aussi "une réforme d'ensemble de la fiscalité" avec "un grand impôt citoyen sur le revenu, progressif et redistributif, grâce à la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu", une baisse de l'impôt sur les sociétés "à 20 % pour les entreprises qui réinvestissent" et une augmentation "à 40 % pour celles qui privilégient les dividendes".
Elle veut enfin "aligner la fiscalité du capital et du travail" et faire de la fiscalité "un levier pour la social-écologie" avec l'instauration d'"un taux de TVA différencié en fonction de l'émission de CO2".
PAUVRE CLOCHE, CETTE FEMME EST LE SYMBOLE ARCHAÏQUE D'UNE GAUCHE QUI TOURNE EN ROND, QUI RESSASSE LES MÊMES IDÉES, COMME UN VIEUX CHEWING GUM QU'ON GARDE EN BOUCHE LONGTEMPS APRÈS QU'IL AIT PERDU TOUTE SAVEUR, ET QUI COMMENCE À PRENDRE CE GOÛT AMER DU PLASTIC, DU FACTICE ET QUI DEVIENT INUTILE.
CETTE FEMME EST DÉNUÉE DE TOUTE VISION NOUVELLE DE L'AVENIR, SA SEULE AMBITION EST LE POUVOIR POUR LE POUVOIR.