Bonne année, bonne santé… bon bébé. Les statistiques sont formelles, la nuit du Nouvel An est beaucoup plus féconde que toutes les autres nuits de l'année - en gueules de bois le lendemain, et en bébés neuf mois plus tard. Plusieurs hypothèses explicatives peuvent être avancées, selon le chercheur de l'Institut national d'études démographiques qui vient de publier ces chiffres. La première est la vertu aphrodisiaque des vœux de Nouvel An, qui ignorent généralement le vœu de chasteté. La deuxième est la vertu désinhibante des bulles de champagne mêlées aux langues de belle-mère. Une troisième, enfin, conjointe à la précédente, est que l'ivresse des sens peut conduire à l'oubli des précautions d'usage, générant ces accidents de septembre. Nous ne trancherons pas ici cette querelle scientifique. Nous rappellerons cependant, par respect de la loi, qu'il faut consommer avec modération.
jeudi 8 juillet 2010
Bonne année, bonne santé… bon bébé. Les statistiques sont formelles, la nuit du Nouvel An est beaucoup plus féconde que toutes les autres nuits de l'année - en gueules de bois le lendemain, et en bébés neuf mois plus tard. Plusieurs hypothèses explicatives peuvent être avancées, selon le chercheur de l'Institut national d'études démographiques qui vient de publier ces chiffres. La première est la vertu aphrodisiaque des vœux de Nouvel An, qui ignorent généralement le vœu de chasteté. La deuxième est la vertu désinhibante des bulles de champagne mêlées aux langues de belle-mère. Une troisième, enfin, conjointe à la précédente, est que l'ivresse des sens peut conduire à l'oubli des précautions d'usage, générant ces accidents de septembre. Nous ne trancherons pas ici cette querelle scientifique. Nous rappellerons cependant, par respect de la loi, qu'il faut consommer avec modération.
Du côté de San Francisco, notre TGV semblait sur la bonne voie. De l'avis général, il avait toutes les chances de remporter un fabuleux contrat. À savoir la construction d'une ligne à grande vitesse, 36 milliards de dollars TTC, et marchepied idéal pour conquérir le Nouveau Monde.
Soudain, par voie légale, le député californien Bob Blumenfield s'en mêle. Il exige des candidats un rapport complet sur les activités de leur entreprise... pendant la Seconde Guerre mondiale. Et de préciser : "Qui fuit ses responsabilités morales ne saurait toucher l'argent du contribuable."
L'étrange avenant à "l'appel d'offres" vise directement les chemins de fer français. Ceux-là même qui, sous l'Occupation, jouèrent un rôle funeste dans la déportation de 76 000 juifs.
Faute de "repentance" publique, la SNCF risque ainsi de perdre le marché. Son principal concurrent s'en réjouit. Qui, au fait ?
Un groupe chinois, allié au géant américain General Electric... Ça tombe bien. Pékin et Washington n'ont rien à se faire pardonner, au moins concernant la Shoah.
À la fin, c'est Arnold Schwarzenegger - le gouverneur de l'Etat - qui devra trancher.
Ironie de l'Histoire, son père portait l'uniforme nazi. Ça ne l'a pas empêché, lui, d'être élu.
Gilles Debernardi
La culture ne semble plus être un enjeu politique. Partout en France, les festivals, les institutions culturelles théâtrales, musicales ou chorégraphiques pâtissent d'une distance nouvelle entre les élus de la République et les acteurs publics de la vie artistique.
Les élus sont confrontés à d'autres priorités qu'impose la crise économique, et ils s'inquiètent de la nouvelle loi en discussion sur leurs compétences territoriales. Quant au secteur culturel, il voit que le ministère de la Culture n'a plus le magistère qu'il eut dans les années 1980, lorsque le gouvernement socialiste en avait fait le fer de lance d'un « changement de société ».
Aujourd'hui, l'État plafonne ses dépenses culturelles à 2,9 milliards d'euros tandis que les villes, les départements et les Régions y contribuent pour plus de 7 milliards. Mais, au-delà de ce nouvel équilibre budgétaire, c'est d'une autre politique culturelle qu'il est question. Désormais, l'art et la culture sont d'abord un simple sujet comptable, ce qui les éloigne du débat public.
À l'heure où le divertissement est devenu une activité économique fort lucrative pour tous les groupes multimédias, l'action culturelle de proximité se sent ignorée par les politiques. Dans les conseils municipaux, les structures associatives ou au Parlement, le débat public « sur le fond » est inexistant.
L'influente fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) veut alerter ses propres adhérents sur l'urgente nécessité de « redonner du sens au rôle des artistes dans la cité ».
Le mois dernier, le président du syndicat national des entreprises culturelles, François Le Pillouër, directeur du Théâtre national de Bretagne, inquiet de cette « indifférence criante », a mobilisé des professionnels dans la rue, parmi lesquels des comédiens comme Denis Podalydès ou Emmanuelle Béart.
La vie culturelle foisonnante qui caractérise pourtant le paysage français est-elle vraiment menacée ? Oui, car, pour la première fois depuis la création d'un ministère de la Culture (c'est-à-dire avec Malraux en 1959), ce n'est plus l'État qui a les cartes en main, mais des centaines, voire des milliers de maires, de conseillers généraux ou régionaux isolés qui se sentent parfois dépassés par l'enjeu. Crise oblige, la culture est en train d'être localement et discrètement sacrifiée sur l'autel de la rigueur budgétaire.
La liberté chèrement acquise d'avoir pu répartir les dépenses culturelles entre les collectivités publiques se retourne, aujourd'hui, contre ceux qui en sont les bénéficiaires, c'est-à-dire les artistes et le public. Car, non seulement l'État n'est plus en mesure d'imposer ses choix, c'est-à-dire d'arbitrer et d'impulser, mais il est absent pour penser, concevoir l'avenir culturel de l'ensemble du territoire.
Dans leurs diversités politiques et géographiques, ce sont donc des collectivités locales qui, pour l'essentiel, détiennent les clés de notre accès à la culture. Mais qui, au plan national, est garant de l'égalité de cet accès aux oeuvres et de la solidarité des pouvoirs publics avec le monde de la création ?
Burqa. Copé crée la surprise en annonçant la saisine des Sages
Jean-François Copé a créé la surprise, ce mercredi, en annonçant, face aux craintes récurrentes de la gauche sur la constitutionnalité d'une interdiction générale du voile intégral, la saisine du Conseil constitutionnel, un pari risqué mais qui vise à légitimer la démarche.
«Je souhaite que la loi votée, soit, avant
sa promulgation, soumise au Conseil constitutionnel afin que son application ne puisse être contestée», a déclaré le patron des députés UMP en lançant à la gauche: «ce sera une bonne manière de clore les polémiques».
Le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP), a ensuite confirmé qu'il saisirait le Conseil constitutionnel pour «lever toute incertitude» sur la constitutionnalité de l'interdiction générale du voile intégral.
M. Accoyer saisira les Sages «au terme de la procédure législative», c'est-à-dire après son adoption définitive. Le texte, dont l'examen a pris fin mercredi, doit être adopté mardi lors d'un vote solennel, puis transmis au Sénat début septembre.
Dissimulation du visage prohibée
Le PS, redoutant que les Sages jugent inconstitutionnelle une interdiction du voile intégral dans tout l'espace public, avait d'ailleurs annoncé dès le mois de mai qu'il ne saisirait pas le Conseil constitutionnel.
«C'est un risque», a lancé à plusieurs reprises Jean Glavany (PS). «Ce risque est limité», lui a répondu le rapporteur UMP du texte, Jean-Paul Garraud.
Le texte de Michèle Alliot-Marie ne vise pas spécifiquement le voile intégral mais prohibe «la dissimulation du visage». Il interdit de fait le port du niqab ou de la burqa dans tout l'espace public, sous peine d'une amende de 150 euros et/ou d'un stage de citoyenneté.
Les sanctions entreront en vigueur au printemps 2011, après six mois de «pédagogie».
Les profs britanniques autorisés à recourir à la force
Grâce à un nouveau plan du gouvernement, les enseignants vont pouvoir maîtriser physiquement les élèves et fouiller leurs affaires si la situation l'exige.
Fouilles facilitées, anonymat de l'enseignant
assuré en cas de plainte d'un élève contre lui, usage de la force légalisé si la situation l'impose : voici quelques unes des mesures présentées ce mercredi le ministre de l'Education britannique Nick Gibb pour renforcer la discipline dans les établissements scolaires.
Interviewé par le Daily Telegraph, Nick Gibb explique qu'une modification des règles est devenue nécessaire pour «inverser le rapport de forces en faveur des professeur et restaurer le calme dans les classes». «Rendre leurs droits aux enseignants bénéficiera à tous les élèves», assure le ministre, qui y voit un moyen de relever les performances globales du système éducatif. Selon lui, les «enfants mal éduqués» savent détecter les «faiblesses» des professeurs et perturbent les cours au détriment de l'apprentissage des autres élèves.
Le tabou sur l'usage de la force levé
Les circonstances dans lesquelles les enseignants pourront faire usage de leur force physique vont ainsi être recensées de façon plus précise. Cela est déjà permis à l'intérieur des salles de classe, du moment que le professeur ne fait pas mal à l'enfant. Mais dans la pratique, les professionnels osent rarement toucher leurs élèves par crainte des poursuites judiciaires. Ainsi, les professeurs ne devront plus hésiter à contraindre un élève à quitter la classe s'il la perturbe, ou à l'enfermer dans une salle à part pour le maîtriser si la situation l'exige.
Le gouvernement entend par ailleurs préserver la réputation des professionnels dans un pays où un professeur sur quatre se voit faussement accusé par un élève de maltraitance, avec seulement 2% des plaintes donnant lieu à une condamnation. Ceux qui feront l'objet d'une enquête, qu'elle soit conduite par la police, l'école ou les services sociaux, verront ainsi leur anonymat préservé, jusqu'à l'inculpation. Le pays a encore été secoué récemment par l'histoire de Teresa McKenzie, directrice adjointe d'une école dans le Cheshire, accusée par un garçon de 16 ans d'avoir eu des relations sexuelles avec lui après lui avoir envoyé des messages d'amour brûlants. Le tribunal l'a blanchie quand on s'est aperçu que l'adolescent avait un lourd passé de mythomane et avait accusé à plusieurs reprises d'autres enseignants et des employés des services sociaux de lui faire des avances.
Pouvoir coller sans préavis
Autre mesure significative de ce «plan discipline» : les motifs de fouille sur des élèves vont être élargis. Jusqu'à alors, les professeurs ne pouvaient intervenir que s'ils recherchaient un éventail restreint d'objets (alcool, armes, drogue et objets volés). Cette liste inclura à partir de l'automne la pornographie, les pétards, les cigarettes, le tabac, et toutes substances hallucinogènes, ainsi que les appareils photos, les baladeurs mp3 et les téléphones portables. Ces derniers font l'objet de plaintes régulières de la part des enseignants qui y voient un moyen, pour les élèves, de les déstabiliser pendant les cours, et de nombreuses écoles ont introduit dans leur règlement des règles restreignant leur usage.
Enfin, les enseignants pourront coller les élèves après la classe sans prévenir les parents au préalable. Jusqu'à présent, la famille devait être informée au moins 24 heures à l'avance par les professeurs par voie écrite.
Une représentante du NASUWT, le syndicat enseignant majoritaire au Royaume-Uni, salue dans le Guardian ces initiatives, même si elle déplore que l'anonymat en cas de plainte ne soit pas étendu au procès. La plupart du temps, rappelle-t-elle, les rumeurs circulant sur l'enseignant pendant le procès finissent par pousser les établissements à les faire muter, même en cas de non-lieu.
Le sens de l'humour améliore l'espérance de vie
Cette capacité diminuerait la mortalité de 20%,dant sept ans, selon une étude auprès de 53.000 Norvégiens, suivis pendant 7 ans.
«S'il n'est pas permis de vivre
très vieux, qu'on nous laisse au moins naître plus tôt», disait Pierre Dac. Est-ce son sens de l'humour qui a permis au maître du non-sens d'atteindre l'âge respectable de 81 ans? Possible, si l'on en croit une vaste étude récemment publiée dans l'International Journal of Psychiatry in Medicine. Au terme d'un suivi de sept ans d'une cohorte de 53.500 individus, Sven Svebak et ses collègues de l'université des sciences et technologies de Norvège concluent que cette capacité est associée à une réduction de la mortalité d'au moins 20%. «Nos résultats confortent l'idée que le sens de l'humour peut prolonger la durée de vie. Son effet est positif sur la santé mentale et la vie sociale même après la retraite, bien que le bénéfice sur l'espérance de vie n'ait pas été observé après 65 ans, précise Sven Svebak. À partir de là, la prédisposition génétique et les facteurs biologiques du vieillissement deviennent de plus en plus importants.»
Le chercheur norvégien peut être considéré comme une référence dans ce domaine très pointu. Dès 1974, il a mis au point un questionnaire pour évaluer la sensibilité d'un individu à l'humour. Plus récemment, il a démontré que les insuffisants rénaux chroniques dotés d'un bon sens de l'humour avaient un meilleur taux de survie à deux ans que ceux qui en étaient dépourvus. Cette fois, Sven Svebak s'est intéressé à une vaste population d'individus, issus du groupe «Hunt 2» (constitué au total de 66.000 adultes de plus de 20 ans résidant dans le comté de Nord-Trondelag, au centre de la Norvège). Le sens de l'humour des 53.500 participants a été mesuré par un test avec trois questions estimant la capacité à comprendre et à penser d'une façon humoristique.
Un humour «amical»
C'est un humour «amical», c'est-à-dire ni conflictuel ni insultant, qui est ici étudié, précisent les chercheurs. Ils rappellent aussi que cette aptitude est distincte du rire. «L'humour n'a pas besoin d'être extériorisé. (…) Un pétillement dans le regard peut suffire», insiste Sven Svebak. Dans son groupe d'étude, il observe d'abord que des effets favorables du sens de l'humour sur l'espérance de vie sont présents chez les sujets se considérant en bonne santé et chez ceux qui jugent leur santé précaire, en tout cas jusqu'à 65 ans. Surtout, en répartissant les individus en deux groupes selon leur score au test d'humour, le chercheur constate une différence de mortalité de 20%, indépendamment d'autres facteurs de risque. Un projet débuté aux États-Unis dans les années 1920 avec 1 200 enfants surdoués (QI à 135) avait conclu que ceux dotés d'un solide sens de l'humour avaient plus de chances d'être en vie à 80 ans. Le travail des Norvégiens va dans le même sens, avec un échantillon beaucoup plus représentatif. La nouvelle est d'autant plus réjouissante que, selon Sven Svebak, le sens de l'humour «peut s'apprendre et s'améliorer avec de la pratique».
Comment la télévision à la demande va bouleverser le paysage audiovisuel
C'est la fin d'une époque, selon l'Idate. Le secteur audiovisuel devrait vivre une croissance faible jusqu'en 2020. Des chaînes devront disparaître face aux coups de boutoir des nouveaux concurrents : opérateurs télécoms, géants du web et fabricants de téléviseurs.
Télévision de rattrapage, vidéos à la demande: avec la convergence entre la TV et le web, le secteur va connaître d'ici 2020 une révolution dans les usages qui va pousser les chaînes à se regrouper pour survivre, selon une étude publiée mercredi par l'Institut de l'audiovisuel et des télécoms en Europe (Idate).
Entrant dans "la fin d'une époque", le secteur devrait connaître une croissance faible de son chiffre d'affaires, de 2% par an pendant la décennie à venir, selon cette étude. Pourtant, la consommation de vidéos va augmenter de 3h30 à 5h00 par jour et par personne en dix ans, "sous l'influence principalement de la libération du carcan des grilles des écrans de télévision grâce à la télévision de rattrapage", a expliqué le directeur de l'Idate, Gilles Fontaine, lors d'une conférence de presse téléphonique.
Opérateurs et géants du web, nouveaux acteurs à part entière de l'audiovisuel
"La consommation à la demande va s'imposer, seuls les grands évènements seront regardés en direct", a-t-il précisé. De plus en plus de plate-formes sur internet proposeront de regarder ou de télécharger des vidéos, et les réseaux sociaux joueront un rôle prépondérant dans les choix des spectateurs, selon cette étude.
Dans ce nouveau contexte, les moteurs de recherche comme Google ou Yahoo, mais aussi des fabricants, comme Sony ou Panasonic, ou encore des opérateurs télécoms, vont devenir des acteurs à part entière du paysage télévisuel, a fait valoir M. Fontaine. "Puisque le téléviseur est maintenant connecté à internet, il peut servir à visionner des contenus qui n'ont pas été amenés par les chaînes de télévision", a-t-il estimé.
Consolidation
Mais l'explosion de la consommation de vidéos sur internet "sera difficile à monétiser", les recettes publicitaires ne suivant pas, selon l'Idate, qui appelle le secteur à entreprendre une transformation radicale pour survivre. "Il est temps que les chaînes aient une stratégie de consolidation" mondiale ou régionale, qui leur permettra de s'implanter sur des marchés émergents, porteurs de croissance, et de réaliser des économies d'échelle, a jugé M. Fontaine.
Les plus habiles arriveront alors à imposer des "franchises" mondiales ou régionales, bénéficiant d'une marque à forte notoriété, qui distribueront largement leurs programmes via les canaux classiques, mais aussi sur des portails liés aux réseaux sociaux dominants, prédit l'Idate. Leur attractivité sera entretenue par la diffusion de contenus exclusifs (programmes, transmission d'évènements sportifs).
Certaines devront se replier sur la production de programmes, laissant à d'autres le soin de les diffuser, selon l'Idate.
Les chaînes thématiques (enfants, nature, éducation, voyages) devraient être les premières victimes de ce "bouleversement": leurs programmes migreront vers des plate-formes spécialisées, qui ont l'avantage de laisser une liberté de choix bien plus grande au spectateur.
mercredi 7 juillet 2010
Incivilités dans les banques, ce qu'en disent les salariés
Des insultes aux menaces, les altercations entre clients et employés des banques ont augmenté de 14% en un an. Un phénomène amplifié par la crise et le climat économique incertain.
Insultes, tapage, harcèlement et mêmes
agressions physiques... Au total les salariés des banques ont répertorié 3 057 cas d'incivilité en 2009, soit 14% de plus que l'année précédente. L'Association française des banques (AFB) tient tous les ans une comptabilité des actes violents envers les guichetiers, conseillers et directeurs d'environ 30 000 agences de France.
Rapporté aux quelques 400 000 employés du secteur, le phénomène reste marginal. Mais face à la hausse constante des actes, l'AFB estime "que travailler dans une banque, en contact direct avec la clientèle, est un métier de plus en plus exposé aux injures et autres agressions verbales". La plupart des incivilités sont des injures, des menaces, des tapages ou des dégradations. Seules deux agressions physiques graves ont été répertoriées en 2009.
Première fautive : la crise. "Qui dit crise dit, pour certains clients, difficultés à souscrire des produits financiers, à avoir accès au crédit, d'où un mécontentement et des tensions qu'ils expriment face au banquier", constate Pascal Lagrue, secrétaire adjoint de la fédération FO Banques. "Leur colère peut se traduire par des cris, des injures", confirme Elisabeth*, la trentaine, au guichet d'une agence parisienne de la Société générale. Elle a déjà essuyé deux fois des injures depuis début 2009, date de son arrivée. "On constate un manque de respect de plus en plus fort lorsqu'on refuse d'accéder à leurs demandes ou qu'on leur rappelle les règles du système bancaire, commente t-elle. De plus en plus d'entre eux trouvent les frais bancaires anormaux et voudraient que la banque soit un service public, ce qui n'est pas le cas."
"Renflouer les caisses"
Les clients qui s'emportent savent toucher là où ça fait mal. "Il suffit qu'on facture des agios et certains nous accusent de vouloir renflouer les caisses après l'affaire Kerviel. Ils ont du mal à faire la distinction entre leurs conseillers et les responsables de la banque d'affaires", constate Elisabeth. Un climat de suspicion qui a épargné les banques les moins impliquées dans la crise. "On s'estime mois touché par les incivilités que les autres, parce qu'on a pas été associé aux affaires des subprimes, des salles de marché et du plan d'aide de l'Etat", fait-on savoir chez LCL.
Si la crise exacerbe les violences envers le personnel, elle ne les a pas créées. Dès le milieu des années 2000, les entreprises avaient pris le problème à bras le corps. Fin 2006, cinq syndicats de branche -CFDT, SNB, CFTC, FO et CGT- signaient un premier accord avec l'AFB, renouvelé en janvier dernier. Son but : répertorier les incivilités, leur gravité, et permettre si besoin d'engager des poursuites. "Récemment l'insulte d'une cliente a entraîné la clôture immédiate de son compte", explique Manolita, 25 ans, employé au Crédit du Nord depuis deux ans. "Une partie de la formation des agents est aussi consacrée à la gestion des incivilités des clients", poursuit-elle. Une sensibilité nouvelle qui explique aussi que les incidents soient plus souvent signalés aux directions. Ce qui augmente mécaniquement les statistiques.
* le prénom a été changé
Edwy Plenel veut porter plainte contre Xavier Bertrand pour diffamation
Le journaliste Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, a annoncé mercredi 7 juillet son intention de "saisir la justice" pour diffamation après que Xavier Bertrand (UMP) a qualifié de "méthodes fascistes" la couverture de l'affaire Bettencourt par son site Internet.
Pour le journaliste, il s'agit d'une "attaque concertée,
non pas de la majorité […] mais de la garde rapprochée du président". "Je trouve que François Fillon a été beaucoup plus modéré à l'Assemblée", a-t-il estimé. "Cette garde rapprochée, au bout de trois semaines de révélations, manifeste un mépris profond de la démocratie et de la justice dans sa mauvaise foi", a affirmé le journaliste.
"Il y a eu une décision de justice qui a été rendue il y a une semaine, par une vice-présidente du tribunal de Paris qui dit que les informations de Mediapart sont légitimes et d'intérêt public, que nous avons fait notre travail de manière rigoureuse. Elle déboute Mme Bettencourt et son chargé d'affaires, qui voulaient que nous enlevions nos informations.". "Maintenant que la justice nous a donné raison, on en vient à la calomnie parce que c'est celui qui dit qui y est", a-t-il dit.
Le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand a critiqué mardi soir au Raincy, en Seine-Saint-Denis, le rôle des socialistes dans l'affaire Bettencourt ainsi que celui du site d'information Mediapart, l'accusant d'user de "méthodes fascistes".
Marine Le Pen gagne sept points de popularité
u terme d'une semaine marquée par la démission de deux ministres et les révélations successives de l'"affaire Woerth", la cote de popularité de Nicolas Sarkozy atteint un
plancher historique, Marine Le Pen enregistrant la plus forte progression des vingt personnalités testées avec une hausse de sept points.
Nicolas Sarkozy a perdu trois points de popularité début juillet par rapport à fin mai, avec 33 % de bonnes opinions contre 64 % de mauvaises (+5), selon l'observatoire de BVA pour Orange, L'Express et France Inter publié mardi 6 juillet. Avec ce dernier chiffre, le président égale "son record historique" d'avril 2008, "qui faisait de lui le président le plus impopulaire depuis la création du baromètre il y a trente ans", note BVA.
La vice-présidente du FN Marine Le Pen est "la principale bénéficiaire de cette période marquée par les angoisses économiques et la crise morale liée aux affaires", selon l'institut. La fille de Jean-Marie Le Pen gagne en effet sept points entre février et juillet 2010, mais elle reste, avec 19 %, la dernière des vingt personnalités testées.
Interrogés pour savoir si "personnellement" ils ont "le sentiment que les affaires mêlant hommes politiques et argent sont plus nombreuses depuis l'élection de Nicolas Sarkozy", 55 % des sondés répondent "oui", 41 % répondent "non" et 4 % ne se prononcent pas.
Pour sa part, François Fillon a perdu un point, avec 49 % de bonnes opinions et 45 % de mauvaises opinions (+2). Dans le classement des personnalités ("souhaitez-vous qu'elle ait davantage d'influence dans la vie politique française ?"), Dominique Strauss-Kahn perd un point à 52 % par rapport au mois de février, et Martine Aubry en gagne un, à 44 %. Le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, et Ségolène Royal sont à 33 %, le premier gagnant quatre points, la seconde en prenant six.
L'INTÉGRITÉ N'EST PAS LÀ OU ON LA CROIT, DE LA DISTANCE EST NÉCESSAIRE.
La cuvée du baccalauréat 2010 s'annonce moins bonne
Les premiers résultats au baccalauréat 2010 s'annoncent en baisse par rapport à 2009 dans les filières générale et professionnelle, seule la filière technologique connaissant un taux de réussite en hausse, selon les données provisoires du ministère de l'éducation. Le taux de réussite quasi définitif sera connu lundi, après les oraux de rattrapage prévus jusqu'à samedi.
"Le taux de réussite au baccalauréat général (54 % des candidats) est de 74,6 %, en baisse de 3,6 points" par rapport à 2009. Plus précisément, la série ES (économique et social) affiche un taux de réussite en baisse de 5,5 points, la série L (littéraire) diminue également de 4,3 points et la série S (scientifique) de 2,1 points. Les résultats du baccalauréat professionnel (20 % des effectifs)
s'annonçaient "en légère baisse (–2,5 points) avec un score de 77,4 %", selon ces résultats partiels. En revanche, les résultats du baccalauréat technologique (26 % des candidats), avec un taux de succès de 66,1 %, connaissaient une augmentation de 4,5 % (secteur tertiaire en augmentation de 5,7 points notamment). "Les résultats dans les séries générales sont sensiblement à la baisse", a noté le ministre de l'éducation, Luc Chatel.
Le taux de réussite global 2009 a été de 86,2 %, dont 88,9 % au bac général, 79,8 % au bac technologique et 87,3 % au bac professionnel. 65,6 % d'une génération a le bac, une proportion stable depuis plusieurs années.
Cette journée de découverte des résultats a été marquée par une grève des informaticiens de l'éducation nationale qui a perturbé partiellement, selon eux, la remontée des données. "Au moins deux tiers des académies étaient dans l'action", ont assuré le Snasub-FSU et le SGPEN-CGT, syndicats appelant au mouvement. Selon eux, plusieurs "mises
en demeure" à l'encontre de grévistes a freiné l'impact du mouvement, qui a toutefois affecté la remontée des données statistiques des académies vers le ministère. Dans un communiqué, le ministère affirmait que la communication des résultats, y compris sur les sites Internet des académies, ne devait pas être perturbée. Les informaticiens demandent le retrait du "schéma directeur des infrastructures" qui réorganise les services informatiques avec notamment la suppression ou le redéploiement de 150 postes en cinq ans.
En savoir plus :
Consulter le site Internet du ministère de l'éducation nationale.
La célébrité la plus puissante du monde est Oprah Winfrey
Selon Forbes et son classement 2010 paru lundi, l’animatrice américaine aurait gagné 315 millions de dollars l’an dernier arrivant ainsi en tête des célébrités les plus puissantes.
2011 sera également sans nul doute l’année de la consécration puisqu’elle va lancer sa propre chaîne de télévision.
Quant au reste du palmarès, la chanteuse Beyonce Knowles se place en deuxième position avec 87 millions de dollars suivie par le réalisateur James Cameron et son « Avatar ».
En quatrième place, une nouvelle recrue en la chanteuse Lady Gaga qui a récolté pas moins de 62 millions de dollars. Parmi les surprises, la chute de l’actrice Angelina Jolie de la deuxième à la 18ème position laisse penser qu’elle n’est plus aussi puissante qu’avant.
Enfin, le maintient plus que convenable du golfeur Tiger Woods malgré ses déboires conjugaux en cinquième position avec 105 millions de dollars est également très étonnant.
Brigitte Bardot est sortie de sa réserve, hier, pour un « coup de gueule », dont son entourage souligne qu’il touche à la « politique générale », dépassant la cause des animaux. Peu suspecte d’être une figure de gauche, la vedette de « Babette s’en va-t-en guerre » et du « Mépris » lance au chef de l’État que son « passage laisse une trace d’une négativité et d’une médiocrité inquiétantes ». L’irruption de Mme Bardot dans le débat politique est, au climat de 2010, ce que l’annulation des tiercés fut à celui de mai 1968 : un indicateur que les choses empirent.
Depuis que Nicolas Sarkozy est nommément cité dans une accusation, jusque-là médiatique, de financement illégal de sa campagne électorale de 2007 — illégal aussi bien pour son montant que pour son cheminement secret -, on pense au scandale du Watergate. Non à cause du détail commun des écoutes dans ces deux affaires, différentes par leur objet, mais parce que l’Élysée est désormais touché de plein fouet, comme le fut la Maison Blanche en 1974. Ce précédent montre qu’une tactique de simples dénégations suffira aussi peu que le rappel au principe de la présomption d’innocence à écarter les soupçons. Accuser l’opposition d’exploiter le climat scandaleux pour mettre en échec les projets du gouvernement — ce que, naturellement, elle fait — ne démontre pas davantage qu’elle fabrique de toutes pièces des affaires sans fondement. Or, aussi bien pour son autorité dans le pays que pour son image au dehors, le sommet de l’État ne peut rester noyé dans les brumes de l’équivoque. S’il est sûr de ses actes, il est fondé à mener une contre-attaque qui démontrerait une machination hypothétique, tant il est vrai que les témoignages qui se multiplient ne sont pas paroles d’Évangile, et souvent de deuxième main.
Avec le Watergate, Richard Nixon était devenu « tricky Dick » (Ric le tricheur). L’enjeu, pour Nicolas Sarkozy, est de montrer qu’il n’est pas « tricky Nick ». Si, au contraire, les faits devaient enrichir le dossier des convergences entre le chef de l’État et certaines puissances d’argent, il y aurait un prix politique à payer. Le précédent président de la République fédérale d’Allemagne, Horst Köhler, s’est retiré pour moins que cela. Il est vrai que sa fonction est surtout honorifique. Le mot vient d’« honneur ».
André Schlecht
La télévision ne vaut rien au débat politique. En tout cas pas la télévision selon Laurence Ferrari recevant Eric Woerth : «Je vous regarde dans les yeux», dit l'un, pour répéter en boucle que tout cela est insupportable et honteux. «Les yeux dans les yeux», interroge l'autre, pour mieux battre des cils sans poser de question... Drôle d'échange, qui aura fait de l'audience à défaut de faire la lumière. C'est la loi du spectacle, qui préfère les sentiments aux arguments, les indignations aux explications. Et puis peu importe, après tout: c'est notre Président qu'on attend maintenant, c'est lui qui doit parler, qui va bientôt parler. Mais s'il-vous-plaît, Monsieur notre Président, parlez-nous clairement, directement, du dossier et pas de votre famille, de vos comptes de campagnes et pas de vos états d'âme - qui sont pour l'heure, Monsieur Woerth l'avait oublié, le dernier de nos soucis.
Nantis de tous les pays, unissez-vous ! C'est l'appel lancé par Warren Buffet et Bill Gates aux richissimes camarades. Ils les invitent à léguer la moitié de leur fortune à des œuvres caritatives. Eux-mêmes, sans se retrouver sur la paille, montrent déjà l'exemple.
L'amicale U.S des "superfriqués", en jouant le jeu, pourrait distribuer 600 milliards de dollars. Ce qui motive un tel élan de générosité ? La volonté "d'inscrire son nom dans l'Histoire". Face à la postérité, virer philanthrope confère au nabab un prestigieux statut. Plutôt que de laisser l'image d'un "requin", il passera pour un bel humaniste.
Ainsi va, outre-Atlantique, le dévouement au "charity-business". Chez nous, jugée à cette aune, Liliane Bettencourt mérite une statue. On ne compte plus les "justes causes" qu'elle inonda de ses largesses.
La discrète donatrice préfère taire le nom des heureux élus. Son ex-comptable se montre plus prolixe : "Le 26 mars 2007, Madame a donné 150 000 euros en liquide pour soutenir la campagne de l'UMP." Où le mécénat ne va-t-il pas se loger...
Les cadors du parti, hier, hurlaient à "la calomnie". Faut voir. Mais si les faits se confirment, quelle ingratitude ! Comme on dit dans le Midi : "Fais du bien à Bertrand, il te le rend en caguant."
Les syndicats refusent d'entrer dans la polémique
Les syndicats évitent de se prononcer sur la légitimité d'Eric Woerth. Mais ils jugent en privé sa position de moins en moins tenable.
Surtout garder ses distances et ne pas en rajouter : malgré la succession d'accusations à l'encontre d'Eric Woerth, les syndicats restent fidèles à la ligne qu'ils se sont fixée dès le début de l'affaire. La question n'est « pas de leur ressort », martèlent-ils, et faute de preuve ou de démission, Eric Woerth reste leur interlocuteur sur la réforme des retraites. Ils font donc « avec ». « Pas question de mettre le doigt là-dedans ; ce n'est pas notre rôle », explique l'Unsa. « C'est un terrain compliqué. Nous n'avons aucune raison ni envie de s'y aventurer », abonde la CFDT. Mais tous sentent le vent tourner et commencent à s'irriter des conséquences. « Eric Woerth a forcément la tête à autre chose que les retraites et cela va devenir de plus en plus dur de discuter », note la CGT, tandis que la CFDT regrette que « la question des retraites passe à présent au second plan ».
« En observateurs »
Dans ce contexte, les syndicats jugent désormais, « en observateurs », « de moins en moins tenable » la position d'Eric Woerth, d'autant qu'« il ne se défend pas très bien ». Ils se préparent donc à l'arrivée d'un éventuel remplaçant. Leur pronostic ? Xavier Bertrand. « Il faut quelqu'un qui maîtrise le dossier et qui a l'expérience des syndicats. Je n'en vois pas vraiment d'autre dans l'entourage de Sarkozy », constatent plusieurs leaders syndicaux. Ce qui n'est pas pour les rassurer. Ils saluent la capacité de travail de Xavier Bertrand, mais ont encore en travers de la gorge sa « trahison » de l'été 2008, quand il avait glissé dans la loi sur la représentativité des mesures d'assouplissement des 35 heures. Il reste aussi pour les syndicats, le ministre du Travail qui avait raboté le dispositif carrières longues et fait traîner le dossier pénibilité. Mais chacun prend soin de « ne pas personnaliser » le débat. « L'important, c'est le fond de la réforme, pas le ministre », insiste l'Unsa. « C'est à l'Elysée que tout se décide. Alors Woerth ou un autre… » pointe la CFDT. « Il ne faut pas se tromper de combat, conclut la CGT. La réforme se jouera dans la rue et nous restons concentrés sur la préparation de la mobilisation du 7 septembre. »
Affaire Bettencourt : Woerth prend les Français à témoin
Le ministre du Travail et trésorier de l'UMP est intervenu hier soir sur TF1. Il a réfuté tout financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy par la famille Bettencourt et a exclu de quitter le gouvernement.
S'expliquer devant les Français pour tenter de sauver ce qui peut l'être, avant que le chef de l'Etat ne prenne lui-même la parole. C'est le choix fait par Eric Woerth, invité hier soir au « 20 Heures » de TF1 au moment où, pour la première fois, Nicolas Sarkozy est personnellement mis en cause dans l'affaire Bettencourt et où, selon un sondage Ifop, deux Français sur trois (69 %) souhaitent un remaniement gouvernemental rapide. Le ministre du Travail et trésorier de l'UMP a réfuté les accusations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, selon lesquelles il aurait reçu, en 2007, 150.000 euros en espèces pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. « Jamais, jamais, je n'ai reçu le moindre euro illégal », a-t-il martelé, excluant de quitter le gouvernement sous la pression politique et médiatique : « Je suis cloué au pilori par une forme de presse et le PS. Si je démissionne, je leur donne raison. » Eric Woerth a jugé que sa situation « n'a rien à voir » avec celle de Dominique Strauss-Kahn qui, mis en cause dans l'affaire de la MNEF, démissionna avant d'être relaxé. Il s'est estimé victime d'une « cabale politique orchestrée par le PS ».
« Tenir bon »
« J'essaie de garder mon calme, mais j'ai envie de les étrangler », avait-il lâché hier matin lors de la réunion à huis clos du groupe UMP. Remerciant les élus pour leur soutien depuis « trois semaines », Eric Woerth leur a assuré : « Je tiens bon. »
« Tenir bon » au moins jusqu'aux conclusions de l'Inspection générale des finances attendues pour vendredi et dénoncer « une tentative de déstabilisation sans preuve » afin de discréditer les accusations… Tels sont les deux mots d'ordre donnés dès hier matin par Nicolas Sarkozy lors du petit déjeuner des dirigeants de la majorité. Toute la défense de l'exécutif a dreposé hier sur le respect de la « présomption d'innocence » (Michèle Alliot-Marie) face à une « chasse à l'homme » (François Fillon) fondée, selon le chef de l'Etat, sur la « calomnie ». Lors d'une séance de questions d'actualité houleuse hier à l'Assemblée, les socialistes ont, eux, demandé la saisine d'un « juge indépendant » qui puisse enquêter à la place du parquet, par nature subordonné au ministre de la Justice. Ils ont surtout voulu prouver qu'au-delà d'Eric Woerth c'est « un système » tout entier qui est mis en cause. « En quelques jours, nous sommes passés de la crise morale à la crise politique », a lancé Jean-Marc Ayrault. Excédés et déboussolés, des députés UMP ont renvoyé au PS ses ennuis judiciaires à Marseille avant d'applaudir debout François Baroin lorsqu'il a lancé à l'opposition : « Je vous en conjure, au nom d'une certaine idée que nous avons en partage de la démocratie, de la République, ne faites pas le jeu de l'extrême droite ! » Les élus socialistes ont alors quitté l'hémicycle laissant Jean Glavany répondre seul au ministre du Budget : « Le populisme ne se nourrit pas de certaines dénonciations mais de certaines pratiques. »
Au sein de la majorité, rares sont les élus qui demandent ouvertement un remaniement rapide à l'instar de Lionnel Luca ou de la villepiniste Marie-Anne Montchamp. Tous attendent, en revanche que le chef de l'Etat prenne la parole - ce sera mardi -ainsi que Jean-François Copé et Jean-Pierre Raffarin le lui ont demandé hier matin. « On ne peut pas continuer avec un climat délétère comme ça », soupire le chef de file des députés Nouveau Centre François Sauvadet. Sous couvert d'anonymat, certains font part de leur inquiétude, n'imaginant pas qu'Eric Woerth, devenu « une cible permanente », puisse encore défendre la réforme des retraites au Parlement mais craignant qu'une éventuelle démission du ministre et trésorier de l'UMP prive Nicolas Sarkozy de protection. « Si Woerth saute, c'est le président qui est en première ligne », glisse un élu UMP. « Si le président lâche Woerth maintenant, il se lâche lui-même », explique un dirigeant de la majorité, qui souhaiterait un remaniement avant l'été dans lequel Eric Woerth ne quitterait pas le gouvernement mais changerait de poste. Un responsable de Bercy spécialiste des procédures de contrôle fiscal - Philippe Parini, directeur des Finances publiques -doit être auditionné aujourd'hui en commission des Finances à l'Assemblée nationale.
ELSA FREYSSENET
Jamais depuis le début de la polémique touchant Eric Woerth, la question d'une démission du ministre des Affaires sociales et trésorier de l'UMP ne s'était posée avec autant d'acuité. Cette question que tout le monde se pose, curieusement personne ne la pose. L'opposition socialiste ne la réclame pas. Plus habile ou plus perverse, elle se contente de tout faire pour l'obtenir. Jour après jour, attaquant l'intéressé, harcelant le gouvernement, accablant le régime. Elle veut bien une tête, mais sans se salir les mains.
Et, jour après jour, cette guerre d'usure s'alimente d'allégations et d'informations mêlées, relayées avec une égalité de traitement qui confine à l'inéquité. Au débat légitime sur le cumul - acceptable sans doute, mais souhaitable ? -des fonctions de trésorier de parti et de ministre de la République, succède la réprobation épidermique d'un remboursement d'impôt, légal quoique colossal, à la première fortune française. Dans ces tourbillons qui ont emporté bien des ministres, il n'est plus donné à l'opinion de distinguer l'accessoire de l'essentiel.
Or l'essentiel est que seuls deux motifs sérieux pourraient contraindre Eric Woerth à démissionner ou à être démissionné. Le premier serait d'avoir commis des actes contraires à la loi, à l'éthique, ou à l'honneur. Pour le savoir, la sagesse d'une démocratie commande de s'en remettre aux faits, pas aux souhaits. D'attendre les conclusions des enquêteurs et des juges.
Or les seules charges retenues aujourd'hui sont celles du soupçon, de la suspicion, la dernière étant celle d'un financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy. La présomption d'innocence s'applique certes moins aux responsables politiques qu'aux citoyens ordinaires, de là à les en priver… Condamné par l'opinion à la démission de son poste de ministre des Finances, en 1999, Dominique Strauss-Kahn faillit payer de son destin son geste honorable.
Si rien ne peut lui être reproché, Eric Woerth pourrait néanmoins être conduit au départ pour une deuxième raison, d'intérêt supérieur : s'il apparaît que son maintien devient un frein à la mise en oeuvre de réformes essentielles pour l'avenir du pays, si essentielles qu'en regard une carrière ministérielle pèse peu. C'est le cas de la réforme des retraites bien sûr, mais aussi de chantiers aussi vitaux que la réduction des déficits, et qui exigent un exécutif inattaquable. Cette analyse de la situation appartient au chef de l'Etat, et à lui seul. Mais en sacrifiant, fût-ce dans un plus vaste remaniement, un ministre sur l'autel du populisme, Nicolas Sarkozy affaiblirait son pouvoir plus qu'il ne le renforcerait.
JEAN-FRANCIS PÉCRESSE
Comment dire ? Devant l'emballement de l'affaire Woerth, l'éditorialiste politique ne peut qu'éprouver un sentiment de malaise et d'impuissance. En l'absence de preuves, où se niche la vérité dans l'écheveau de la communication dissimulatrice, du harcèlement caricatural et des vrais-faux mensonges ? Faudrait-il se résigner à hésiter entre l'omission et l'injustice ? A entendre le ministre du travail, hier soir sur TF1, on pourrait imaginer que la presse d'un grand pays démocratique comme la France est mue par l'affabulation, la volonté de nuire, le goût du scandale. Et aux ordres du Parti Socialiste. Une presse sadique déterminée à faire la peau d'un ministre, bien sûr. Un peu court tout de même. Si elle n'était qu'un scandale monté de toutes pièces l'affaire Woerth n'aurait pas duré trois jours ! Alors si elle a pris une telle ampleur, c'est parce que ses zones d'ombre n'ont pas été éclaircies et que ses interrogations -légitimes- n'ont pas trouvé de réponse convaincante et définitive. On sait -hélas- que les démentis les plus catégoriques, généralement surjoués avec talent, n'ont pas valeur de garanties d'innocence. On aura remarqué aussi qu'ils restent très aériens : on a attendu en vain une contradiction argumentée contre les déclarations de l'ancienne comptable de Liliane Bettencourt. Une démonstration précise et percutante aurait sans doute suffi à lever les doutes d'une opinion qui n'aime guère l'injustice. On l'attend toujours... Les enveloppes occultes d'argent liquide pour financer les partis ? Arrêtons de faire comme si on découvrait cette « horreur » en poussant des cris d'orfraie ! Tout le monde se doute bien qu'elles existent toujours et qu'elles prospèrent en période électorale. Comment croire que Mme Bettencourt ait pu se contenter d'un don de 4 500 euros réglementaire ? A peine, pour elle, l'équivalent d'un carambar... Mais nous sommes au bal des faux-jetons où la candeur est un masque bien utile. On peut y jouer la vertu outragée, et parfois ça marche. Bien sûr que la présomption d'innocence doit être respectée. Bien sûr que l'honneur d'un homme a un prix élevé. Bien sûr qu'il ne faut pas offrir sur un plateau des arguments aux forces d'extrême droite. A l'heure des comptes, pour la morale politique comme pour le budget de rigueur, ce ne sont pas des raisons suffisantes pour s'éxonérer de dénoncer toutes les dérives qui, à la longue, minent une démocratie bien davantage que des articles de journaux.
Mardi soir, l’Assemblée devrait se prononcer sur le texte de loi interdisant de dissimuler son visage dans l’espace public. Après des mois de tergiversations, d’échanges vifs renforcés par la discussion sur l’identité nationale, il semble qu’une majorité, transcendant les frontières des partis, pourrait se dessiner en faveur de l’interdiction : au minimum, à défaut de dire oui, certains s’abstiendront.
Derrière le rideau de l’apparent consensus, pourtant, se cachent des motivations très diverses. Il y a ceux qui veulent interdire le voile intégral (parce que c’est de cela qu’il s’agit, malgré l’habillage global de la version finale) au nom du respect de la dignité des femmes : ils partent du principe que les hommes les forcent à cacher leur visage ; il y a ceux qui expriment sans détour leur rejet de l’islam (même si le Coran n’exige pas le port du voile intégral) et de ses signes d’appartenance, de plus en plus visibles dans les pays occidentaux, par ailleurs largement déchristianisés ; d’autres mettent en avant les nécessités de la sécurité. Beaucoup, enfin, disent simplement leur gêne de ne pouvoir « envisager » la personne fantôme parfois croisée dans les rues de nos villes. Une cacophonie de raisons qui traduit les tiraillements de la société française.
Le texte de loi, donc, s’efforce de ne pas stigmatiser la burqa, mais de rappeler des principes généraux. Il se veut plus pédagogique que répressif et prévoit une période de transition pour arriver à convaincre plus qu’à contraindre et faciliter la résolution des cas litigieux : on imagine qu’il ne sera pas aisé de verbaliser. Les promoteurs de la loi espèrent une application en douceur, qu’elle libérera les femmes et ne les renverra pas, comme on peut le craindre, à l’enfermement des espaces privés. Il faut également espérer que les plus extrémistes de tous bords ne se saisiront pas de ce nouvel épisode législatif pour attiser chez les musulmans le sentiment d’être discriminés et rejetés. Le mieux vivre ensemble – justification ultime de la loi – préconisé par tous ceux qui veulent échanger à visage découvert est à ce prix. Un dialogue sans voile suppose, et l’absence de voile et la réalité d’un dialogue.
Dominique Quinio
Sur les cartes du Proche-Orient, ce n'est qu'un minuscule lambeau de terre, aux confins de l'Égypte. Plus d'un million cinq cent mille Palestiniens y vivent reclus, doublement punis par le blocus israélien et les méthodes très musclées du Hamas. Cet espace, c'est la bande de Gaza. Symbole de l'impasse générale dans laquelle le processus de paix a sombré depuis dix ans.
Dans les prochains jours, les ministres espagnol, français et italien des Affaires étrangères se rendront à Gaza. Leur mission officielle, qui a reçu le soutien de leurs homologues allemand et britannique, sera de vérifier l'allègement du blocus promis par Israël. C'est une occasion à ne pas manquer pour l'Europe si elle veut vraiment reprendre pied diplomatiquement sur ce dossier laissé à la dérive.
Depuis son offensive meurtrière contre le territoire palestinien, fin 2008, Israël n'a cessé de voir s'accentuer son isolement sur la scène internationale. Jamais, depuis plusieurs décennies, le soutien américain n'avait été aussi conditionnel. En Europe, même les gouvernements les plus proches d'Israël, comme l'actuel gouvernement italien, ne trouvent plus les mots pour soutenir un pays, certes menacé, mais aussi enfermé dans une logique de plus en plus indéfendable.
Le raid israélien contre la flottille internationale venue rompre le blocus naval de Gaza aura, de ce point de vue, été emblématique. La logique de l'enfermement sécuritaire est tellement prégnante, dans l'actuel gouvernement israélien, que le sens politique de cet événement semble lui avoir échappé. Car, si la flottille était un piège, il ne fallait pas tomber dedans. Si ce n'était pas le cas, la cause humanitaire, universellement évidente face à un blocus si démesuré, n'en est que plus légitime.
L'allié turc s'éloigne
Or, en tuant neuf Turcs, le 31 mai, lors de cet assaut, Israël vient de s'aliéner l'un de ses rares alliés dans la région. Sous la bénédiction américaine, l'axe militaire et stratégique Ankara-Tel Aviv a longtemps bénéficié de l'emprise du camp laïc au sommet de l'État turc pour asseoir un cadre stable. Ce n'est plus le cas. Les nouvelles ambitions diplomatiques de la Turquie, qui caresse son image de puissance régionale et redouble d'activité auprès des capitales arabes, ne coïncident plus avec celles d'Israël.
En un mois, la Turquie a ainsi multiplié les signes de rupture en rappelant son ambassadeur et en fermant son espace aérien aux avions militaires israéliens qui ont besoin d'un allié dans la région pour s'entraîner. Ces gestes vont laisser des traces et pourraient même affecter les relations commerciales entre les deux pays, jusqu'ici très intenses dans les domaines civils et militaires. Cette détérioration des relations turco-israéliennes inquiète Washington, qui compte sur l'appui stratégique de la Turquie, notamment dans le dossier irakien.
Dans un tel contexte, le sort de Gaza condense bien des enjeux. C'est d'abord une urgence humanitaire. Certes, elle est habilement exploitée par la diplomatie turque, mais il revient aux alliés d'Israël d'expliquer au gouvernement Netanyahou une évidence. En isolant un territoire aussi faible, c'est l'isolement et la faiblesse de sa propre position qu'Israël étale au grand jour.
POLEMIQUE – "Les Infiltrés", 22 v'là France 2 !
Le médecin est tenu au secret médical ; le juge au secret de l'instruction et le journaliste ? C'est toute la question qui se pose suite à la diffusion du magazine d'investigation "Les Infiltrés"
sur France 2 mardi dernier. Laurent Richard, journaliste, s'est infiltré dans le milieu pédophile en se faisant passer pour une petite fille, et les a ensuite dénoncés à la police. Un journaliste peut-il, dans des circonstances extrêmes, dénoncer les criminels rencontrés dans le cadre de son enquête ?
Ce sont 23 personnes qui ont été arrêtées suite à la dénonciation du journaliste de l'agence Capa, Laurent Richard. "Certains pédophiles avaient l'intention d'abuser d'enfants ; d'autres étaient déjà passés à l'acte. La décision de signaler leurs pseudonymes aux policiers a été prise au cours de l'enquête dans un souci de protection des enfants. Moralement, il était impossible d'agir autrement. Si j'étais rentré chez moi sans rien dire, je n'aurai plus jamais dormi de ma vie.", justifie Laurent Richard.
Le droit de dénoncer, pas l'obligation
L’agence Capa explique que la loi contraint tout citoyen à dénoncer quand il s'agit d'affaires ayant trait à l'enfance. Maître Pierre-Olivier Sur, spécialiste en droit de la presse et l’un des avocats de France Télévision explique qu’il existe en France un principe selon lequel ne pas dénoncer les crimes est un délit. Mais que les journalistes n’y sont pas tenus. Qu’il existe effectivement une spécificité des affaires concernant l’enfance; que les journalistes ont alors le droit de dénoncer, mais en aucun cas l’obligation.
Le secret des sources, l'essence même du journalisme
Le secret des sources, qui permet d'instaurer une relation de confiance, est un gage de crédibilité du journaliste. Si ce secret n'est plus respecté, c'est la confiance du lecteur qui disparait. Aux yeux de Me Jean-Yves Dupeux, spécialiste du droit de la presse, la démarche relève d'un "regrettable mélange des genres". "En se faisant auxiliaire de police, le journaliste sort de son rôle, estime l'avocat. Son devoir est d'informer le public, mais son obligation déontologique, issue de toute la tradition de son métier, est de ne pas dénoncer ses sources."
Quelques contre-exemples
Après la diffusion d'un reportage sur la prostitution infantile il y a quelques semaines dans Envoyé Spécial (France 2), la police a voulu saisir les rushes. L'agence de presse Comiti a refusé de les leur remettre, en invoquant le secret des sources.
En 1975, la presse s'extasiait devant le New York Times qui préférait laisser un de ses journalistes (Myron Farber) en prison pendant 40 jours plutôt que de livrer à la justice ses notes confidentielles concernant un médecin qui assassinait ses patients. Les temps changent…
Information ou délation?
Tout journaliste en situation d'enquête peut et doit avoir des problèmes de conscience qu'il résout au cas par cas, en franchissant parfois certaines limites. Dominique Pradalié du Syndicat national des journalistes (SNJ) commente qu’il est "hypocrite de dire qu'il était contraint. Quand on enquête sur des pédophiles, on ne pense pas tomber sur des fraises des bois. Laurent Richard savait à quoi s’attendre." Alors où poser les limites ? Pourquoi ne pas décréter qu'en ces temps de crise un journaliste doit dénoncer à la police les criminels en col blanc à qui il aurait parlé ? Qui décide de la nature du crime à dénoncer ? Quand le secret des sources doit-il "sauter" et qui a le droit de passer outre ? Il semble qu'il y ait bien un mélange entre deux professions : journaliste et policier, comme le précise Dominique Pradalié : "Journaliste ou policier, les deux professions sont respectables, mais il faut choisir.
Claire Largillière
CIGARETTES – La taxe brûlée par les deux bouts
Les prix de certaines marques de cigarettes diminuent cette semaine, dans le but de vaincre le commerce illégal et transfrontalier. Roselyne Bachelot se dit ''scandalisée'' et se prépare à contre-attaquer en augmentant les taxes, ce qui pourrait bien
avoir tout l'effet contraire
Depuis lundi, et selon un arrêté paru au Journal Officiel, les prix de certaines marques de cigarettes (AFP) ont baissé. Les paquets de Rothmans, Lucky Strike (groupe British American Tobacco) sont passés de 5,50 euros à 5,30 euros, tandis que des paquets de tabac à rouler Drum (groupe britannique Imperial Tobacco) sont passés à 6,65 euros au lieu de 7 euros. Et si cela arrange bien les fumeurs, cette décision est loin de satisfaire la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot.
Roselyne Bachelot, outrée
En novembre, les prix du tabac avaient augmenté de 6%. Pour justifier les prix extravagants des paquets de cigarettes, l'Etat français discourt sur une ''action de mobilisation pour la santé publique'', visant à dissuader les plus jeunes de commencer à fumer. L'initiative des industriels, British American Tobacco et Imperial Tobacco, est donc perçue comme une véritable provocation au sein du ministère de la Santé et des associations anti-tabac. Selon Roselyne Bachelot, qui s'est dite ''absolument scandalisée'', ''c'est une initiative délibérée des industriels du tabac pour attirer de nouveaux fumeurs, tout spécialement des jeunes et des femmes''. Difficile à nier pour les deux compagnies. ''Le tabac à rouler pour lequel la baisse est la plus forte, est largement consommé par les plus jeunes qui ont l'impression de faire un geste écologique en roulant leurs cigarettes. S'y ajoute l'avantage économique, étant donné leur budget restreint. Il est donc très net que l'on cherche à inciter les jeunes à fumer'', déplore Joseph Osman, directeur de l'Office français de prévention du tabagisme (OFPT). En réaction, la ministre de la Santé a affirmé qu'elle allait proposer ''une augmentation des taxes pour remettre les cigarettes à un prix dissuasif''. Cette augmentation ''peut uniquement se prendre en loi de Finance'', a-t-elle précisé, c'est-à-dire à l'automne prochain.
Erreur stratégique
En 2003-2004, lors de l'augmentation de 40 % des taxes sur les paquets de cigarettes, les buralistes étaient 31.500. Aujourd'hui, ils ne sont plus que 28.000. La raison ? Ce n'est pas que l'envolée des prix ait freiné le taux de fumeurs ni même le nombre de jeunes commençant à fumer, c'est simplement que les concernés partent se fournir en dehors des frontières de l'Hexagone, le plus souvent en Espagne, où la cartouche de Lucky Strike coûte 38,50 euros, contre 53 euros en France. Une concurrence de taille, doublée de l'apparition de cigarettes low-cost ces deux dernières années, et de la future apposition d'images chocs sur les paquets, justifie Yves Trevilly, le porte-parole du groupe British American Tobacco. Mais cette baisse des prix n'a rien de sagace d'après les buralistes. ''Tout ce que British American Tobacco aura réussi à faire, c'est que les taxes augmentent. Pour garder leurs marges, les fabricants vont devoir augmenter les prix. Cette baisse est donc une erreur stratégique qui va coûter cher à tout le secteur'', déplore Jean-Luc Renaud de la Confédération des buralistes. La filiale française Japan Tobacco International souligne qu' "augmenter les taxes sur le tabac provoquerait une accélération du développement du commerce illégal et des achats dans les pays limitrophes".
Mauvaise stratégie encore une fois, pour la ministre qui avait commandé, en septembre dernier, plusieurs millions de vaccins en trop pour vaincre l'épidémie de grippe A. Yves Trévilly juge la réaction de la ministre ''un peu surjouée'', car la demande de baisse des prix des paquets de cigarettes avait été déposée il y a déjà quatre mois.











