TOUT EST DIT

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vendredi 26 octobre 2012

Le vilain petit canard de Matignon

Le vilain petit canard de Matignon



Un couac. « Un de plus » se dépêche de souligner une droite toujours revancharde. Hier, en annonçant dès potron-minet et en exclusivité mondiale que le Conseil constitutionnel avait annulé la loi sur le logement social, Jean-Marc Ayrault a renforcé en trois mots l'image qu'on lui prête : celle d'un élu de province, peu au fait des arcanes du pouvoir, et qui pourtant l'exerce. C'est calamiteux en termes d'autorité. Car il avait tort. Rien n'était encore fait. L'opposition l'a bien compris, en ces temps où le buzz et la forme comptent davantage que le fond : amateurisme, scandale, gigantesque bévue... Aucun mot n'est assez fort pour souligner que Jean-Marc Ayrault a commis une erreur. Une erreur grave pour le chef du gouvernement puisqu'elle est dans un champ dont les parlementaires se croient volontiers les dépositaires : celui du droit, du bon fonctionnement des institutions et du respect pour la République. Jean-Marc Ayrault s'est fusillé, alors même qu'il peine à recadrer des ministres dont les plus Verts s'affranchissent de la solidarité gouvernementale et dont les plus intellos pérorent sur les œuvres d'art ou le cannabis. Ça la fiche mal. Le déficit de positionnement du Ayrault fatigué s'est révélé criant hier. À l'heure du laitier, il est apparu comme une espèce d'homme déconnecté, un martien du pouvoir, un ahuri des convenances. Bref, il a claironné son couac. Qui le fait passer pour un vilain petit canard barbotant à Matignon.


samedi 30 juin 2012

Retrouver l'Europe


On ne peut pas mettre tout à fait sur le même plan les décisions prises à l'aube hier avec celles des mois précédents. Effectivement, et une fois de plus, il s'agissait de sauver des États de l'asphyxie. L'Italie et Madrid ont pu compter sur l'Union. Les marchés ont eu une surprise, du moins ceux qui spéculaient déjà sur un dévissage abyssal de l'euro et de sa zone. Cela étant, la différence avec ce qu'on a connu depuis deux ans est là : ce qui vient de se passer à Bruxelles est très léger en termes de remise en cause allemande mais c'est capital. Une autre stratégie se profile. Le rachat de dette souveraine par les banques est le premier pas qui sera aussi conditionné par une recapitalisation de celles-ci en direct. La notion de contrôle bancaire qu'introduit le texte du Sommet et l'accord signé aux aurores hier doit permettre dans un avenir proche de donner à la Banque centrale les moyens de ses ambitions. C'est-à-dire garder l'œil de manière permanente sur les pratiques des banques dans l'Union. Un volet est loin d'être neutre : l'harmonisation des conditions d'emprunt en Europe. En clair, fini d'épargner en France à meilleur taux pour acheter en Espagne ou en Italie. Voire en Grèce où les rapaces volent bas à l'heure qu'il est… La gouvernance chère à l'européen Raffarin se concrétise avec Hollande ! Tout cela fleure l'arrivée des eurobonds. L'Italie, l'Espagne et la France dans une moindre mesure ont joué collectif ces deux derniers jours. Quel que soit le chemin, l'Europe ne gagnera effectivement qu'unie. On respire, elle peut s'unir.

mardi 10 avril 2012

C'est pas permis !


Hier, Nicolas Dupont-Aignan apparaissait analyste et pertinent quand il fustigeait la « drague petit bras » des jeunes par Hollande et Sarkozy au sujet du permis de conduire. Le président-candidat ayant l'impérieux besoin de ratisser du côté des abstentionnistes dont la jeunesse fournirait une part non-négligeable ; le candidat Hollande devant retrouver la vigueur de son entrée en campagne où il la cajolait ; tous deux ont les yeux de Chimène pour cette jeunesse inconsciente et volage, alors même qu'on la dit tentée par la Marine nationale et le Méluche révolutionnaire. C'est faire peu de cas de la conscience politique des jeunes que d'imaginer que sur la seule base d'un permis moins cher, une proposition de vie commune à 15 jours d'un premier rendez-vous va être sérieusement étudiée par les acnés juvéniles. Si le permis doit demain être moins cher pour les jeunes et les autres, tant mieux. C'en sera fini avec cette escroquerie nationale qui rejoint tant d'autres impôts indirects alors que la voiture est devenue synonyme de travail. On a néanmoins le droit de faire observer que les jeunes, pas plus qu'une autre catégorie, ne se laissent berner par des propositions de circonstance ou des idées lumineuses de fin de règne. D'autant plus quand une quantité de dispositifs existent déjà pour le même résultat. Tout cela, c'était avant. La maturité est entrée en politique avec internet, le savoir disponible, les échanges et les réseaux. Les veaux n'en sont plus. Ce marché des voix, outre qu'il est bien triste, rabougrit la pensée de ceux qui arpentent ses allées.

mercredi 14 mars 2012

L'insoutenable suspense a pris fin


Elle les a. En tout cas elle le dit. Le Conseil constitutionnel n'a pas encore fait les comptes ni vérifié la validité des formulaires mais, au Front, on ne s'est jamais vraiment embarrassé avec les formalités de la démocratie. Ainsi donc, il s'est trouvé, une fois de plus, 500 élus pour signer. Et pour jurer, la main sur le cœur, qu'ils ne « la soutiennent pas » mais qu'il aurait été « inconcevable qu'elle ne soit pas présente ». Au nom même de la démocratie. Comment peut-on être un élu français et signer pour valider l'opportunité d'une telle candidature ? Comment les « détails » du père, ses « Durafour-crématoire » ou les pas de valse de Vienne de la fille ne peuvent-ils pas, à eux seuls, retenir le stylo ? La résistance est une valeur qui s'est perdue. Signer pour permettre à quelqu'un de se présenter à l'élection, c'est estimer que le message a sa place, qu'il doit être porté. Ainsi, les 500 signataires estiment que l'on doit aider à s'exprimer ceux qui écoutent sans broncher les vers de Robert Brasillach... Il est d'autres temps où les grands élus de la République, gaullistes ou communistes au premier rang, n'eussent jamais signé pour une telle infamie. Mieux : ils auraient frappé aux portes de leurs communes, une à une, pour expliquer. Pour combattre et rassembler leur peuple contre les messages de la haine et du repli. Autres temps, autres mœurs. Quand le temps est au combat sans relâche pour les principes qui ont fondé la France d'aujourd'hui, il est des gens qui, eux, discrètement, signent avec des moufles.

samedi 19 novembre 2011

Qu'il est long le chemin de Damas

Est-ce que ça va enfin s'accélérer ? Est-ce qu'enfin on va cesser de s'agiter pour dire qu'il est temps d'agir, comme l'a souligné hier à son tour François Fillon à l'issue de son entretien avec Vladimir Poutine. Lequel exhorte toujours à la « retenue » vis-à-vis du pouvoir syrien. Il en serait drôle Poutine, s'il ne nous avait déjà habitués à se soucier comme d'une guigne du sang versé. Hier, encore des morts et des tirs sur le peuple syrien. Les militaires dissidents retournent leur feu contre leurs frères d'armes du début de la crise. Il est plus que temps d'agir. On peut être Français, ne pas être atlantiste et dire que les États-Unis et Israël ont raison, depuis des années, de surveiller de près Bachar al-Assad. On eût certes préféré que les grands mots d'aujourd'hui eussent été prononcés avant, déjà sous le règne du père. On eût encore préféré, mais on commence à en avoir l'habitude, que le sanguinaire qui se révèle au grand jour n'eût jamais été reçu en France avec les honneurs. Mais il n'était pas le premier du genre. Et Nicolas Sarkozy n'a pas de leçon à recevoir des socialistes en ce domaine qui, autrefois, ont eu d'identiques égards pour d'identiques bouchers. Au lieu de tortiller son derrière en faisant mine de craindre une guerre civile qui a déjà commencé ; au lieu de dire qu'il faut que l'ONU se décide ; au lieu de se réfugier derrière la Ligue arabe : il est temps d'agir. Tout court. Et de soutenir par tous les moyens un peuple qui souffre. Puisque tous les moyens sont employés pour le faire taire.
Est-ce que ça va enfin s'accélérer ? Est-ce qu'enfin on va cesser de s'agiter pour dire qu'il est temps d'agir, comme l'a souligné hier à son tour François Fillon à l'issue de son entretien avec Vladimir Poutine. Lequel exhorte toujours à la « retenue » vis-à-vis du pouvoir syrien. Il en serait drôle Poutine, s'il ne nous avait déjà habitués à se soucier comme d'une guigne du sang versé. Hier, encore des morts et des tirs sur le peuple syrien. Les militaires dissidents retournent leur feu contre leurs frères d'armes du début de la crise. Il est plus que temps d'agir. On peut être Français, ne pas être atlantiste et dire que les États-Unis et Israël ont raison, depuis des années, de surveiller de près Bachar al-Assad. On eût certes préféré que les grands mots d'aujourd'hui eussent été prononcés avant, déjà sous le règne du père. On eût encore préféré, mais on commence à en avoir l'habitude, que le sanguinaire qui se révèle au grand jour n'eût jamais été reçu en France avec les honneurs. Mais il n'était pas le premier du genre. Et Nicolas Sarkozy n'a pas de leçon à recevoir des socialistes en ce domaine qui, autrefois, ont eu d'identiques égards pour d'identiques bouchers. Au lieu de tortiller son derrière en faisant mine de craindre une guerre civile qui a déjà commencé ; au lieu de dire qu'il faut que l'ONU se décide ; au lieu de se réfugier derrière la Ligue arabe : il est temps d'agir. Tout court. Et de soutenir par tous les moyens un peuple qui souffre. Puisque tous les moyens sont employés pour le faire taire.

mercredi 1 juin 2011

La candidature du cousin de province

Sa candidature est quasi-certaine ; ses lieutenants la tiennent pour acquise. Mais Jean-Louis Borloo continue de valser en insistant sur son côté bal musette. Il espère ainsi retenir une attention tout l'été avant d'annoncer aux premiers jours d'automne qu'effectivement, il accepte la pression de son camp. D'ici là, il aura multiplié, lui qui s'en défend, les conversations de salon et les intrigues de palais, particulièrement en raison du rendez-vous des sénatoriales de septembre. Car la Haute assemblée pourrait bien basculer à gauche en 2011 et d'autant plus facilement si les sénateurs du Centre laissaient faire. À moins que, pour éviter ce basculement historique, les sénateurs de l'UMP, loin d'être majoritaires à eux seuls, n'acceptent l'idée d'un président centriste, issu du groupe du même nom, voire du groupe qui rassemble les radicaux de gauche et ceux de droite. Derrière les effets de manche de Borloo, il y a déjà ce type de tractations. Le discours de l'ancien maire de Valenciennes, qui se veut proche, sympathique et concret, est pourtant diablement politique et calculateur. Comment les amis de Jean-Louis Borloo peuvent-ils espérer que les Français croient à l'image d'un type bonhomme, un cousin d'une province du Nord ravi de nous faire visiter ses terrils réhabilités ? Il a passé huit ans de sa vie récente dans les ministères de Chirac et Sarkozy. Ce n'est pas une honte. Mais ce n'est peut-être pas le meilleur atout.