TOUT EST DIT

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ǝʇêʇ ɐן ɹns ǝɥɔɹɐɯ ǝɔuɐɹɟ ɐן ʇuǝɯɯoɔ ùO

lundi 12 janvier 2015

Un message d’exigence à nos politiques

Mission accomplie : le peuple français, mobilisé comme jamais dans l’histoire, a envoyé à ses agresseurs un message d’une force incomparable. « Nous n’avons pas peur », ont dit d’une seule voix deux à trois millions de Français et les représentants de nombreux pays amis ; « Vous ne nous ferez pas taire ; vous n’imposerez pas vos valeurs, votre dictature de la pensée, votre antisémitisme ; vous ne gagnerez pas ».
Ce succès est exceptionnel, enthousiasmant. Tant mieux. Mais il ne règle évidemment aucune des questions qui nous ont explosé au visage pendant ces jours terribles. Prenons garde, alors, qu’il ne soit trompeur. On peut en effet se saouler de mots, s’enivrer de concepts – laïcité, République, vivre ensemble – en croyant que cela nous protégera. Il n’en est rien. Ce serait d’ailleurs une erreur de penser que toute la France a défilé, ce week-end : une partie d’entre elle ne se reconnaît pas dans cette mobilisation. Une partie d’entre elle se sent exclue et, sans approuver un seul instant la violence des terroristes, sait bien que les bons sentiments et l’unanimisme des réactions ne régleront pas les immenses problèmes que notre société doit affronter.
C’est l’autre message venu des millions de manifestants et des autres. Il s’adresse à nos dirigeants, actuels et futurs, à ceux-là même qui défilaient au premier rang. Ce n’est pas un message de soutien, c’est un message d’exigence. Il les oblige. Dans l’immédiat, quelles réformes mettre en place, quelle prévention, quel durcissement des conditions de circulation des hommes, quelle surveillance aux frontières ? Et puis, plus largement, que faire pour remettre nos valeurs au centre, quelle éducation, quelle façon de vivre, quel monde du travail, quel arbitrage entre libertés et contrôles, entre droits de l’homme et répression ? C’est bien tout l’équilibre de notre société qui est en jeu. 
Et toute sa manière de construire l’avenir.

On est tous d’accord sur la liberté d’expression, bien sûr.

 En quelques jours, quelques heures même, la situation est passée d’assez morose à celle d’un magma effervescent où l’émotionnel semble tout dicter. La tension est presque palpable. Sur les réseaux sociaux, l’électricité règne dans les échanges et on s’étonne presque que, pour le moment, ni Zemmour, ni Dieudonné (par exemple) ne se soient fait buter. Au fait, s’ils tombent sous une rafale, combien porteront un petit panonceau « Je Suis Zemmour » ? Et pour le sulfureux hebdomadaire de droite (extrême ?), un panneau « Je suis Minute », ça le fait ? En tout cas, on peut souhaiter qu’ils seront aussi nombreux que ceux qui portèrent, sans hésiter, le panonceau « Je suis Charlie ».


En effet, on ne pourra que s’accorder sur le fait que, si tout le monde a porté le pin’s Je Suis Charlie, s’est procuré le t-shirt ou le mug Je Suis Charlie, si tant ont même poussé la conscience jusqu’à s’abonner à un journal que pourtant, plus personne ne lisait, tout le monde, ou à peu près, est maintenant d’accord sur l’impérative et absolue nécessité de sauvegarder la liberté d’expression. Tout le monde doit, dès lors et pour éviter de faire un deux poids, deux mesures, s’accorder aussi sur la nécessité de laisser chacun s’exprimer, même s’il choque. Ne l’oublions pas : c’est parce qu’ils ont choqué que les dessinateurs de Charlie Hebdo sont morts. Ce sont ces morts que tous, nous déplorons. C’est cette liberté de ton que, tous, nous nous devons de leur reconnaître. C’est donc en toute logique que nous nous devons de l’accorder à tous.
 Parce qu’après tout, la liberté d’expression ne souffre pas de segmentation. Comme je le disais dans un précédent billet, ce concept même de liberté d’expression n’a pas été conçu pour protéger les gens qui pensent et s’expriment comme tout le monde, qui évoquent la météo et le temps qui passe, mais bien pour ceux qui disent des choses qui dérangent, qui choquent ou qui remettent en cause l’ordre établi.
Si on refuse ce postulat, si l’on admet qu’on puisse restreindre la liberté d’expression, on s’avance sur une pente glissante où l’on admet dans la foulée que certaines expressions n’ont pas droit de cité, que certaines opinions sont interdites, que certains dessins blasphèment une religion, une loi, l’Histoire, la science ou les croyances des uns ou des autres. Si l’on admet, même un tant soit peu, que la liberté d’expression n’est pas totale, alors on admet le besoin de définir, dans la loi, des limites à ce qu’il faut penser. On admet aussi, de facto, qu’il va falloir des gens pour juger ce qui tombe ou pas sous le coup de la loi, ce qui est un discours autorisé de celui qui contrevient à la loi. On va devoir aussi admettre qu’il faudra couper l’article qui viole la loi, couper le site qui héberge un contenu illégal, poursuivre celui qui aura ainsi exprimé une idée de travers.
Et ça, bien sûr, personne ne le veut. Censurer des journaux, couper des passages dans les livres, poursuivre des auteurs, des journalistes, des caricaturistes, ce serait, immanquablement, sombrer dans les Heures Les Plus Sombres de Notre Histoire Tagada Tsoin Tsoin.
Bien.
Maintenant que nous sommes tous bien d’accord sur ce concept de liberté d’expression, qu’il n’y a plus d’ambiguïté ni sur ce qu’il recouvre, ni sur son étendue et sa nécessaire complétude, quand revient-on sur la loi Gayssot, pour en couper les parties qui concernent, justement, les restrictions à la liberté d’expression ?
Oh, je crois voir des sourcils qui se froncent, d’un coup…
Et puis, de façon plus générale, quand annule-t-on les lois mémorielles qui, finalement, expliquent ce qu’il est bon de croire, ne pas croire, dire ou ne pas dire en matière d’Histoire de France et du monde ? Je le rappelle : il ne s’agit pas ici de faire l’apologie de l’une ou l’autre théorie portée par certains, mais bien de leur faire retrouver le droit pour lequel des penseurs, des auteurs, des caricaturistes viennent de se faire tuer. Si l’on est cohérent, si l’on est bien Charlie, on ne peut plus l’être à moitié, ou seulement pour les opinions qui ne bousculent personne.
Tant qu’on y est, la liberté d’expression souffre profondément qu’on stipendie les médias qui la permettent normalement. Quelle liberté d’expression peut-il y avoir dans un pays où la presse est massivement subventionnée ? Ainsi, quand coupera-t-on complètement le cordon ombilical entre les médias et l’État, ce cordon de subventions, d’aides et de facilités fiscales, ce cordon qui a permis de vivre à une presse répondant aux impératifs des pouvoirs publics et qui a constitué, de la façon la plus sournoise possible, la meilleure des censures ? Si l’on est bien Charlie, on doit se rappeler que l’hebdomadaire dont il est question refusait justement ces aides.
Quand renonce-t-on enfin au politiquement correct gluant qui s’est diffusé partout, ce politiquement correct qui, par exemple, fait écrire que « les prénoms ont été changés » pour ne pas choquer de belles âmes, et travestir ainsi de simples faits, ce politiquement correct qui a fermé toute possibilité de débat sur les drogues (article L.630 du code de la santé), ce même politiquement correct qui a muselé tout débat sur l’ouverture du monopole de la sécurité sociale, ce politiquement correct qu’on retrouve dans toutes ces lois imbéciles qui ferment un débat en le rendant illégal ? Quand acceptera-t-on une vraie transparence, alors même qu’il y a encore en France, actuellement, une loi qui interdit la diffusion du patrimoine des élus ? Quand assurera-t-on, a contrario, la protection du secret des sources ?
Ah oui, la liberté d’expression, décidément, ça dérange, parce qu’en réalité, on est tous, peu ou prou, l' »islamiste intégriste » de quelqu’un. Tous, nous pouvons voir notre « prophète », notre opinion, notre croyance, notre vision de la société, de l’histoire, de la science ou de la politique choqué par l’expression de l’opinion d’un autre ou la caricature qu’il fait de la nôtre. Et tous, à un moment ou un autre, nous pouvons estimer, trop facilement, avoir été agressé et réclamer protection, réparation… vengeance.
Dans ce contexte, les lois Gayssot, Taubira, toutes les lois qui « encadrent » la liberté d’expression, c’est la façon soft de faire taire ceux qui dessinent les caricatures de nos opinions, en utilisant le petit marteau du juge. Bien sûr, ce marteau est plus propre que la balle de kalachnikov, mais le silence qui suit l’un n’a philosophiquement rien de différent de celui qui suit l’autre.
Alors, la liberté d’expression pleine et entière, chiche ?
—-

Vivement 2017 !

L’année 2017 sera le signal que la présidence socialiste touche à sa fin puisque nous entrerons dans une année électorale où la droite, ayant désigné son champion, reprendra les rênes du pouvoir ou de ce qu’il en restera. D’ici là, que dire ? Que faire ? Prendre son mal en patience en assistant un peu plus à l’effondrement d’un pouvoir réduit à ses dorures et à ses titres, colifichets aussi coûteux qu’inutiles ? Si l’urgence n’était pas aussi grande, ce spectacle pourrait avoir un caractère divertissant. En effet, quoi de plus réjouissant que de voir ces victoires municipales et sénatoriales en 2014, permettant d’anticiper les reconquêtes départementales et régionales de 2015 ? Le temps du socialisme local a vécu et c’est heureux.
Laissons un instant de côté ces considérations politiciennes qui font vibrer les états-majors et les militants, mais transforment si peu le quotidien de nos concitoyens. Les politiques veulent souvent faire croire qu’ils ont le pouvoir d’influer jusque sur la course du Soleil elle-même. Cela n’est évidemment qu’un théâtre d’ombres que tous les ex-ministres pourraient confirmer dans un éclair de lucidité.
La France doit cesser de se voir telle une immense pyramide où tout découlerait du sommet ; cette construction est périmée, inefficace et désormais dangereuse. Le général de Gaulle ne l’avait-il pas compris en proposant aux Français un référendum portant sur la régionalisation et la réforme du Sénat ? Il fallait desserrer l’étau de l’État, aérer notre organisation territoriale, simplifier nos institutions. Les conservateurs de tous bords lui firent payer son audace.
En 2015, la solution viendra des femmes et des hommes de ce pays ; celles et ceux qui, chaque jour, se lèvent, travaillent, paient leurs impôts, sans jamais défiler, se plaindre ou se répandre sur les réseaux sociaux.
Nos gouvernants ne veulent pas voir que les Français ont évolué, qu’ils ne sont ni bloqués en 1960 ni à l’époque du Roi-Soleil ou dans un âge d’or mythique. La retraite à 60 ans, le rôle de l’État ou le travail le dimanche ne sont plus des totems intouchables. Les Français de 2015 savent qu’ils devront travailler plus longtemps, que l’État ne peut pas tout et que l’ouverture des magasins le dimanche dans les grandes villes du pays n’est pas une aberration. Ils savent également que les expériences menées sur nos enfants au nom d’un extrémisme égalitariste sont vouées à l’échec. L’État socialiste, n’ayant que les mots “respect des différences” à la bouche, ferait bien de prendre en compte celles qui, à l’école, permettent de se former et de se construire au contact des autres. Supprimer les notes et tout ce qui pourrait différencier les élèves les uns des autres est une hérésie pédagogique et un mensonge fait à ces enfants.
La meilleure nouvelle pour l’année à venir est certainement la baisse des prix du pétrole, de 50 % en 2014, qui devrait avoir un effet considérable sur le pouvoir d’achat des ménages. Essentiel dans notre vie de tous les jours, voici un exemple parfait d’une situation sur laquelle l’État n’a aucune prise : surabondance de l’offre liée à l’essor du pétrole de schiste produit aux États-Unis et au maintien d’un niveau de production élevé par les pays de l’Opep. En l’espèce, la seule mission de l’État français est de garantir la baisse des prix à la pompe pour tous les consommateurs.
En 2015, je souhaite que l’État se retire progressivement de la vie des Français, en réduisant massivement le nombre de ses normes, car c’est là que sont les réserves de croissance, nichées dans chaque foyer où sont nos futurs entrepreneurs. La France de ce début de XXIe siècle est prête pour tenir son rang au milieu des nations du monde, comme elle le fait déjà depuis plus de vingt ans mais toujours avec un bras attaché dans le dos, son droit du travail, et un boulet au pied, son système fiscal.
« Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain : / Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. » (Pierre de Ronsard.) La vie est aujourd’hui, n’attendons pas une hypothétique reprise venue d’en haut, elle est en nous. 2015 est une étape vers la reconquête de la France par son peuple comme le sera 2016. Dès aujourd’hui, tournons nos yeux et nos coeurs vers l’avenir et crions “vivement 2017 !”, que la France renaisse après cinq années d’abandon.

Déclin : La France devient la 6ème puissance mondiale

Déclassement. On ne peut que le déplorer : la France poursuit sa chute. D’après les informations rapportées par le Figaro, la France serait en passe de perdre son rang et de devenir la 6ème puissance mondiale.  
La France était la cinquième puissance économique mondiale. François Hollande s’y accrochait et le répétait inlassablement pour tenter de rappeler aux Français touchés par le pessimisme que « nous appartenons à un grand pays ». Désormais, l’exercice oratoire sera plus compliqué pour le Chef de l’Etat. La France a perdu une place.
Le Royaume-Uni passe devant la France
Le Figaro révèle que « la France était effectivement «la cinquième puissance économique du monde» encore en 2013. Son PIB […] arrivait au 5e rang, derrière les États-Unis, la Chine, le Japon, l'Allemagne et devant le Royaume-Uni. Or celui-ci nous devance désormais: en 2014, le PIB britannique aura dépassé de 98 milliards d'euros celui de la France (2232 milliards d'euros pour le premier et 2134 milliards pour le second). Ces chiffres figurent dans un document de la Commission européenne consultable sur son site.
Un PIB de 2134 milliards
Dans le quotidien, Jean-Luc Proutat, économiste à BNP Paribas, donne une explication : «Sur les quatre derniers trimestres dont on connaît les résultats - du quatrième trimestre 2013 au troisième de 2014 -, les calculs font apparaître que le PIB français a été de 2134 milliards d'euros en France et de 2160 milliards d'euros outre-Manche», observe Jean-Luc Proutat, économiste à BNP Paribas ».
C’est une bien mauvaise nouvelle pour les Français qui viennent d’écouter les vœux de François Hollande, se voulant rassurant et souhaitant nous faire croire à nouveau aux vertus de sa politique économique.

Le retour de la censure politique

Dans la France de Hollande, la polémique est quasiment un délit. Le dénigrement est désormais interdit. De même que la nostalgie d’une France fière de son identité.
Depuis quelques mois, l’opinion publique se crispe. Elle se crispe parce que François Hollande s’échine à opposer une moitié des Français à l’autre. Il a commencé en prenant le parti des fonctionnaires contre les cadres du secteur privé assommés fiscalement. Ensuite, en imposant sans concertation le mariage homosexuel et en cassant les codes de la filiation, il a amené la France à divorcer d’avec elle-même. Enfin, en s’attaquant systématiquement aux traditions judéo-chrétiennes de la France au profit des rites musulmans, il a donné un élan aux pires communautarismes qui rongent la République et l’unité du pays.
Mais gare maintenant à ceux qui pointent du doigt la manière dont le chef de l’État accentue le déclin français. Son déclin économique, diplomatique, scientifique ou académique. Mais surtout le déclin de l’identité nationale. Ce qu’Éric Zemmour a très bien défini dans son best-seller, le Suicide français. Plus son livre battait des records de vente, plus la police de la pensée a été envoyée sur le front médiatique pour tenter de réfuter les thèses incontestables du polémiste, contredire ses chiffres et crier à la falsification. Avec cette fois-ci une grosse différence, c’est que, lorsqu’un héraut de la bien-pensance était diligenté pour démolir les thèses de Zemmour, son livre connaissait un regain de succès. Pour beaucoup de nos concitoyens, acheter et lire le Suicide français était un acte et une preuve de résistance. Résistance à cet insupportable multiculturalisme dont on nous rebat les oreilles. Résistance à ces théories héritées de Mai 68 pour déconstruire la société. Résistance enfin à ce prêt-à-penser que la plupart des médias audiovisuels ou subventionnés diffusent sans discernement.
Chacun sait comment tout cela s’est terminé. Éric Zemmour, qui, depuis dix ans, faisait la meilleure émission d’iTélé, a été limogé sans préavis, victime de la censure politique. Et le vent du boulet ne lui est pas passé loin sur RTL où il assure plusieurs chroniques par semaine. Ce que Coluche pouvait dire il y a trente ans sur les immigrés, les fonctionnaires ou les politiques à une heure de grande écoute, un journaliste de renom n’a plus le droit de le dire sur une chaîne d’information. Cela en dit long sur la régression du débat intellectuel dans notre pays, sur notre incapacité à discuter de sujets de fond qui déterminent la survie de l’identité française et sur la chape de plomb qui pèse désormais sur des sujets tabous comme l’immigration, le communautarisme, l’islam conquérant, la christianophobie, la dégradation dramatique de l’Éducation nationale ou l’assistanat.
Ce combat que mènent les censeurs contre tous ceux qui veulent ouvrir les yeux des Français n’est pas terminé. À peine sorti en librairie, le roman de Michel Houellebecq, Soumission, qui met en scène une islamisation de la France dès 2022, est déjà caricaturé, ridiculisé et cloué au pilori par les tenants de la bien-pensance et nos élites autoproclamées. Ce romancier de talent se défend de faire de la provocation. Il décrit simplement en accéléré et de manière romancée l’évolution possible de notre pays, si rien ne change. Bien sûr, son livre fait peur. Mais c’est une manière de crier au désespoir dans cette France où tout est devenu guimauve et Bisounours. Comme Éric Zemmour, Michel Houellebecq prend un gros risque. Celui d’être censuré, interdit de plateaux de télévision et mis au ban des médias. Ou pis encore, d’être marginalisé.
Il est très loin le temps où, sous la monarchie absolue, un homme comme Voltaire pouvait s’écrier : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »Belle époque que celle des Lumières où, dans les salons littéraires et philosophiques, chacun faisait valoir ses idées en toute liberté, et prenait goût à débattre et à écouter ses contradicteurs. Dans la France de François Hollande, le débat, la polémique, l’échange d’idées est quasiment un délit. Le chef de l’État l’a dit clairement pendant ses voeux aux Français. Le dénigrement de la France, c’est-à-dire de sa politique, est désormais interdit. De même que la nostalgie d’une France fière de son identité, de sa souveraineté et de sa diversité. La police de la pensée veille. Valeurs actuelles le sait bien pour être systématiquement la cible d’associations proches du Parti socialiste et l’objet de cambriolages ou de filatures. Mais sur tous ces sujets qui touchent à l’identité française, nous ne lâcherons jamais rien. Parce que vous, nos lecteurs, méritez de connaître la vérité. Et parce que comme l’écrivait Juvénal il y a déjà deux mille ans : « La censure épargne les corbeaux et s’acharne sur les colombes. »

vendredi 9 janvier 2015

Par trois mots

  « Je suis Charlie »… En trois mots, par trois mots, une grande partie du monde se retrouve aujourd’hui unie. Des peuples, pourtant si éloignés les uns des autres, ressentent le besoin de partager la même émotion et éprouvent la même envie de le faire savoir. Au point que le slogan n’est plus seulement l’expression de la solidarité et la manifestation de la tristesse mais aussi un cri de guerre pour la paix et contre le terrorisme. Voilà ce que confirme également la tragédie de Paris : par l’instantanéité d’internet  et la puissance des réseaux sociaux, nous ne sommes plus jamais seuls. Là où hier encore, il aurait fallu des semaines pour mobiliser, désormais, en à peine quelques heures, une cause parvient à s’imposer. 
Encore faut-il, et heureusement, qu’elle soit juste.

Charlie Hebdo massacré

Aujourd’hui 7 janvier 2015, des hommes armés ont massacré 12 personnes dans le bureau parisien du magazine satirique Charlie Hebdo. Quatre des dessinateurs les plus connus du magazine et deux policiers font partie des victimes.
Les assaillants masqués sont entrés avec des fusils d’assaut dans le bâtiment, ont ouvert le feu lors de la réunion éditoriale hebdomadaire du magazine et ont échangé des tirs avec la police dans la rue avant de s’enfuir en voiture.
Des témoins ont entendu les hommes armés crier « Nous avons vengé le prophète Mahomet » et« Dieu est grand » en langue arabe. Ces assaillants sont les mêmes qui ailleurs – en Afghanistan, en Algérie, en Arabie, en Irak, en Libye, au Mali, au Niger, en Syrie, au Yémen – assassinent hommes, femmes et enfants parce qu’ils pensent différemment. Ce qui est visé ici, ce n’est pas spécifiquement la branche de la liberté de la presse, ni même son tronc, la liberté d’expression mais bien sa racine, le droit qu’a chaque individu de penser librement.

Et la défense de cette liberté de penser est l’un des combats originels du libéralisme classique. Le libéralisme émerge pour lutter contre l’absolutisme dans une Europe déchirée par les guerres de religion aux XVIème et XVIIème siècles. La liberté de penser et de communiquer est la condition de la libre investigation donc du progrès de la connaissance, écrit John Milton en 1644. La faillibilité de la conscience étant le propre de l’homme, il est inutile de la combattre par la contrainte, développe Pierre Bayle en 1686. C’est de cette liberté de conscience que découle la liberté de pensée, qui est nulle sans la liberté de parole, qui est elle-même nulle sans la liberté d’imprimer et de diffuser ses idées.
Cet arbre de la liberté individuelle ne peut prospérer sans un terrain propice. C’est pour cela queContrepoints, jour après jour, article après article, tente de faire comprendre au grand public l’extraordinaire importance de la liberté et de la responsabilité individuelle. C’est pour cela queContrepoints combattra les appels à des mesures sécuritaires liberticides qui ne manqueront pas de surgir suite aux événements d’aujourd’hui.
La liberté est ce qui fait de nous des Hommes. Notre attachement à elle se doit d’être viscéral. Le massacre écœurant d’aujourd’hui doit nous rappeler l’importance vitale de sa défense.

jeudi 8 janvier 2015

FEU CHALIE HEBDO


mardi 6 janvier 2015

«Hollande écolo» : ceci n’est pas un oxymore

Le président de la République en fait beaucoup pour démontrer que sa conversion écologique est sincère et n’est pas dictée par des calculs politiques.

Il n’a pas encore de formule à la Chirac (« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ») mais on y presque. François Hollande met depuis quelques semaines beaucoup d’émotion et de constance à parler d’écologie. Comme ce lundi encore sur France Inter . «Nous venons de vivre les trois années les plus chaudes de notre siècle. A Paris, il a gelé deux nuits en 2014, contre 25 en temps normal, des îles vont disparaître  », a-t-il égrené. Qu’on se le dise : la conversion est sincère.
François Hollande était connu pour ne voir chez les écologistes que des partenaires avec lesquels parapher des accords politiques. Il assure désormais s’intéresser au sujet lui-même. « On dit souvent que je suis écolo par circonstances », a-t-il d’ailleurs souligné ce lundi, pour mieux le démentir : « Depuis que je suis en responsabilité, toutes les informations qui me sont données sont alarmantes ». Cela s’appelle une prise de conscience.

Patte verte et stature internationale

Et pour convaincre que non, assurément non, il n’y a aucun calcul politique derrière tout cela, François Hollande s’offre le luxe de prendre de front ses partenaires verts sur des sujets emblématiques, comme l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Quand les recours seront épuisés, « le projet sera lancé », a-t-il indiqué ce lundi. Quant à la charge de Cécile Duflot contre la loi Macron , le président a choisi de la traiter par le mépris. Par un petit sourire ironique, puis en confirmant tous les aspects du texte Macron , normes environnementales et transports en car compris.
Ainsi en va-t-il souvent lorsque l’on a trop besoin des gens : il faut leur montrer que tel n’est pas le cas. Pour cette année électorale à hauts risques (départementales et régionales) et plus encore pour la présidentielle de 2017, François Hollande veut coûte que coûte ré-arrimer les écologistes à sa majorité. Ils l’ont quitté pour cause de politique économique droitière ? Il veut les rattraper sur leur propre terrain, l’écologie, et profiter de cet agenda miraculeux qui place à Paris la conférence de 2015 sur le climat pour montrer patte verte et stature internationale. Alors embrayeront-ils, espère-t-il. Qu’on se rassure, François Hollande reste en 2015 encore un joueur de billard politique !La lutte contre le réchauffement climatique, un défi risqué pour l'exécutif 

François Hollande : happiness therapy

Le chef de l’Etat tente de convertir le pays à son optimisme retrouvé, au moment où le moral des Français plonge.

Dans l’exercice éculé des vœux présidentiels, il y a cette année quelque chose de nouveau. François Hollande dit les mots habituels, « confiance »« espoir »« volonté », mais cette fois il les vit. Requinqué, presque résilient après une année éprouvante, omniprésent, comme ce matin encore sur France Inter. Il y croit.
A quoi au juste ? Difficile à dire. « En nous », disait-il le 31 décembre au soir. En l’économie française qui ne peut qu’aller mieux, assure-t-il, avec le pacte de responsabilité désormais opérationnel, la loi Macron sur les rails et Bruxelles se convertissant (prudemment) à l’investissement. A moins que ce ne soit surtout en lui. « L’année a été rude, j’ai tenu bon », a insisté le chef de l’Etat, dans une référence à ses difficultés personnelles.
Croire en la France, croire en lui-même, les deux ne sont pas incompatibles. J’ai surmonté les difficultés, le pays peut faire de même, semble même dire le président de la République. Thérapeute d’un pays qui ne s’aime pas assez, François Hollande propose le remède qui lui a réussi, l’optimisme et la confiance en lui.
La tâche est immense, si l’on en croit le sondage Ifop publié hier par « Ouest-France ». Avec seulement 29 % d’optimistes, le moral des Français n’a jamais été aussi bas qu’en ce début 2015, la défiance à l’égard du gouvernement n’a jamais été aussi haute.
Avec de tels niveaux, l’exercice thérapeutique de François Hollande n’est pas sans risque. S’il parvient à démontrer que le pays « repart », que les indices économiques virent au vert, un effet d’entraînement peut de fait se produire. S’il apparaît aux Français que le président va mieux parce que les circonstances politiques lui sont moins défavorables, que ses rivaux internes n’ont pas d’espace pour l’affronter, que Nicolas Sarkozy ne parvient pas à retisser le lien avec l’opinion et que Marine Le Pen reste un adversaire de second tour fragile, alors le résultat pourrait être tout autre. Les Français pourraient y lire du calcul politique, c’est-à-dire tout ce qui a concouru et concourt encore à creuser le fossé avec leurs dirigeants.
Dans un pays déprimé, l’optimisme est une arme boomerang.

BÊTISE À L'ETAT PUR : Grèce: l'appartenance à la zone euro est "irrévocable", rappelle la Commission européenne

Cette déclaration intervient alors que la chancelière allemande Angela Merkel jugerait "supportable" une sortie de la Grèce de la zone euro, d'après le magazine Der Spiegel paru ce week-end. 

Pas de retour en arrière possible? L'appartenance d'un pays à la zone euro est "irrévocable", affirme ce lundi une porte-parole de la Commission européenne, en réponse à une question sur une possible sortie de la Grèce de la monnaie unique. Une déclaration qui intervient alors que la chancelière allemande Angela Merkel jugerait "supportable" une sortie de la Grèce de la zone euro, d'après le magazine Der Spiegel paru ce week-end. 
Selon l'hebdomadaire, le gouvernement allemand juge même "inévitable" une sortie de la Grèce de l'euro si le parti de la Gauche radicale Syriza remporte les législatives grecques du 25 janvier.  

"Les Grecs sont libres"

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, avait appelé le 29 décembre les électeurs grecs à soutenir les réformes "favorables à la croissance" lors des législatives anticipées du 25 janvier, des réformes qu'il jugeait "essentielles pour que la Grèce prospère à nouveau au sein de la zone euro". 
"Les Grecs sont libres de décider souverainement de leurs gouvernants", a déclaré ce lundi le président français François Hollande. "Quant à la zone euro, c'est à la Grèce seule d'en décider", avait-il ajouté. Une autre façon de dire que, quoi qu'en pense la Commission, "irrévocable" (comprendre, "impossible") n'est pas plus grec que français. 

lundi 5 janvier 2015

Beaucoup de voeux pour rien

Beaucoup de voeux pour rien


Avec janvier déferlent les vœux présidentiels. Prisonnier d’un carcan institutionnel d’un autre âge, le chef de l’Etat va, un long mois durant, occuper son agenda en rendez-vous obligés avec le Conseil constitutionnel, les autorités religieuses, les corps constitués, les armées, le corps diplomatique, les territoires, les acteurs de l’entreprise et de l’emploi (sic!), les bureaux des assemblées et le conseil de Paris, la presse… Tout à sa stratégie de reconquête de la gauche, François Hollande a même ajouté deux audiences – avec l’éducation et la culture – à ce marathon de l’incantation. Une tradition républicaine ? Peut-être, mais plus encore un héritage éculé d’une Ve très monarchiste. Pire, un rituel usé d’un Etat omnipotent par qui tout procéderait, un symbole dépassé du primat absolu du politique sur la réalité économique, une image ringarde d’une élite politico-médiatico-administrative fermée sur elle-même, comme insensible au décrochage de la société civile…
Après l’inflation de commémorations, place à l’overdose de cérémonies ! Il s’agit pour le Président, nous explique-t-on, de débuter 2015 en saturant l’espace médiatique, une manière de garder l’offensive alors que les sondages frétillent, portés par l’empathie élyséenne… Pas d’annonces à attendre donc puisque le principal aurait – sans rire – été fait, mais une litanie de bonnes résolutions (c’est de saison), de formules abstraites, de précisions technocratiques, de paroles aussi virtuoses que creuses… Bref de la «bonne politique» avant 2017 comme si la lutte totale contre le chômage, la croissance molle et le déficit pouvait rester encore et toujours pendant une, deux ou trois années supplémentaires, un vœu pieu.

BONNE ET HEUREUSE ANNÉE A TOUS

Réapparition


 L’année commence bien. Cécile Duflot est réapparue. Elle nous manquait. Certains êtres sont comme ça : qu’ils s’éloignent et beaucoup de repères s’en vont. Heureusement, elle n’a pas changé : la même finesse, le même goût de la nuance. Encore ne faudrait-il pas croire que l’ancienne ministre se contente de rabâcher de vieilles recettes. Pas du tout : ce combat qu’elle mène contre la politique de Hollande, elle le conduit au nom de la modernité. La modernité, quelle jolie trouvaille : en son nom de nos jours, tout est vite justifié. Et Mme Duflot a une formule qui dira quelque chose aux seniors et qu’elle a dû longtemps ciselée : la loi Macron, dit-elle, est «  un grand bond en arrière ». Il est vrai qu’elle ne peut être accusée, elle, de pratiquer le moindre bond en avant.

lundi 29 décembre 2014

LE BLOG PART EN VACANCES

POUR SE RESSOURCER, IL REVIENT LE 5 JANVIER 2015, 2015 ANNÉE DANGEREUSE POUR BEAUCOUP DE PERSONNAGES HISTORIQUES FRANÇAIS NE SERAIT CE QUE POUR LOUIS XIV ET NAPOLÉON.....BONNE FÊTES DE FINS D'ANNÉE, À BIENTÔT.

mardi 23 décembre 2014

L’orage qui s’annonce

En France métropolitaine, 3,4 millions de personnes n’ont pas de travail, selon les chiffres de Pôle emploi. Depuis les emplois jeunes, les contrats uniques d’insertion, les emplois d’avenir ou encore les contrats de génération, les emplois aidés sont autant d’échecs. Échecs en ce qu’ils n’arrivent pas à lutter contre le chômage des jeunes et des seniors dans la durée ; ils donnent à ces personnes l’apparence d’un emploi pendant un temps limité, permettant d’en faire sortir quelques-unes des statistiques officielles, mais, à leur terme, ils ne débouchent sur rien ou pas grand-chose.
Pourquoi ces emplois aidés, payés grâce à l’argent public (3,2 milliards prévus en 2015), ne sont-ils pas la solution tant espérée ? La philosophie qui préside à leur destinée est issue d’une erreur fondamentale : « La hâte engendre en tout l’erreur, et de l’erreur sort bien souvent le désastre », écrivait Hérodote. Ainsi, malgré la persistance du chômage de masse depuis plus de trente ans, nos gouvernants, droite et gauche confondues, n’attaquent jamais le mal à la racine, se satisfaisant de mesures superficielles, avec un effet très limité dans le temps, comme si, en l’espèce, l’enjeu était le cycle médiatique et non la réforme d’un système en voie d’effondrement.
Cette philosophie qui veut que ce soit l’État, et non les entreprises, qui crée des emplois est une hérésie économique et une faute intellectuelle lourde. L’État est là pour définir le cadre juridique et réglementaire de la vie économique et moins celui-ci est pesant, meilleure est cette dernière. L’État finance des investissements sur le long terme qu’aucune entreprise privée n’aurait les moyens de fournir. Ce sont les grands travaux d’infrastructure, qui, à terme, permettent une plus grande productivité des acteurs privés.
L’État doit conserver des participations dans les secteurs stratégiques que sont l’énergie, la défense et les réseaux pour garantir sa souveraineté et son indépendance. Enfin, l’État est la seule entité capable d’intervenir en cas de crise systémique, comme Nicolas Sarkozy, alors président de la République, l’avait fait pour sauver le secteur bancaire français, en 2008.
En revanche, la création d’emplois revient aux entreprises. Si l’on devait résumer cela en un slogan médiatique, cela pourrait donner : “L’entreprise, c’est l’emploi” ; ce qui apparaît comme une tautologie a visiblement besoin d’être écrit, scandé, crié à tue-tête, à longueur de colonnes, d’émissions de radio et de télévision et dans la rue ! La gauche ferait mieux de se méfier lors qu’elle moque ces patrons de petites entreprises qui défilaient le 1er décembre, pour se faire entendre et symboliquement cadenasser le vaisseau amiral de l’aveuglement étatique illustré par le ministère des Finances. En caricaturant ces patrons, ces artisans, ces commerçants, elle montre qu’après avoir perdu les ouvriers au profit du Front national, elle a perdu le sens du peuple.
J’aime l’entreprise, disait Manuel Valls, cet été, c’était compter sans le coup de poignard dans le dos des employeurs de la loi sur la pénibilité. Sous couvert de la prendre en compte, le gouvernement va à l’encontre de sa volonté de simplification réglementaire et de celle de lutter contre l’insécurité juridique. Complexification et ouverture d’un contentieux supplémentaire entre salariés et employeurs, le gouvernement manie avec talent l’“amour vache”.
L’enfer socialiste est décidément pavé de bonnes intentions. Le temps de la résistance est venu. Partout en France, l’orage gronde, la majorité de nos concitoyens n’a plus aucune confiance dans leurs gouvernants. L’orage qui vient sera “libéral” dans le sens où il libérera salariés et employeurs, emportant toute la paperasse inutile, les taxes qui confinent à la spoliation et ces administrations dont le seul objectif est de justifier leur existence. George Sand a écrit : « Le repos est un rêve ; la vie est un orage. » Pour continuer à vivre en 2015, les entrepreneurs devront tout faire pour que l’orage gronde encore plus fort que le 1er décembre !

mardi 16 décembre 2014

Mettre en pétard Angela !

À peine réélue à la tête de la CDU, triomphalement, elle a taclé son partenaire de la coalition gouvernementale, le SPD. C'est presque compulsif. La donneuse de leçon, Angela Merkel, venait tout juste de se payer l'Italie et la France dans une interview à la presse allemande.
On en arriverait presque à se demander : « Qu'est-ce qui pourrait bien lui casser les pieds, la mettre en pétard ? » Nicolas Sarkozy avait mis dans le mille en 2008 avec son Union pour la Méditerranée (UpM). Mais l'idée, bonne au départ, mégalo par sa démesure et brouillonne dans son élaboration, a donné un ectoplasme international composé de pays belliqueux et de dictateurs, parfois amis. Géographiquement écartée du deal, Angela avait froncé les sourcils et ramené Sarkozy à la raison. L'UpM, « machin » par excellence, ne devait servir à rien.
Aujourd'hui, Merkel ne veut pas de réelle relance en Europe, elle ne desserrera pas les cordons de sa bourse pour d'indispensables infrastructures en Allemagne ou pour une politique nataliste, elle aussi indispensable. Dont acte !
Une communauté économique méditerranéenne réduite à la France, l'Espagne, l'Italie, le Maroc, l'Algérie et la Tunisie, voilà une idée qui servirait de puissant accélérateur de croissance pour les pays concernés et ferait le pont, par capillarité, avec les pays déjà en forte croissance d'Afrique noire.
On objectera, « mais les traités ne permettent pas »… Qu'importe, il suffit d'agiter l'idée. De faire comprendre à Angela qu'à force d'être mauvaise coucheuse, elle finira par être trompée.

La course au ridicule



L’ump est dans tous ses états. Elle s’est aperçue que l’une de ses nouvelles promues dans l’organigramme, issue de la « diversité » était aussi membre du « siel », un groupuscule apparenté au front national. Siel, ma vertu! Vent de panique, Mme NKM, à l’origine de cette nomination, voyant sa belle robe immaculée dangereusement exposée à la salissure médiatique, a juré qu’elle « ne savait rien » et l’heureuse élue a été éjectée sans autre forme de procès. Le parti lepéniste suit le cheminement inverse, exhibant fièrement, comme un trophée, sa nouvelle coqueluche, prise de guerre médiatique à l’ump, désormais « chargée de la culture ». C’est fou comme les gens, un peu partout, sont prêts à  vendre leur âme dans la perspective d’un siège parlementaire ou d’un maroquin ministériel. Quant au parti socialiste, à travers le président de la République en visite à la Cité de l’immigration (le crime de notre système politique est d’avoir confondu, depuis Mitterrand, chef de parti et chef de l’Etat), il vient de nous ressortir « le vote des étrangers ». 35 ans, oui 35 ans, 35 ans, que cette promesse a été formulée, dans les 110 propositions! Ils ont été 17,5 ans au pouvoir (5+5+5+2,5). Et ils ne l’ont jamais fait. Et ils n’ont même jamais essayé. Et ils continuent, sans le moindre complexe, à ressortir périodiquement ce vieux serpent de mer tout en sachant qu’ils ne le feront jamais. L’évoquer, cela divise la « droite » (tiens, on apprend au passage que M. Raffarin y est « personnellement favorable »). Cela fait gagner quelques points au front national, ce qui est toujours bon à prendre, avant les élections, pour affaiblir « la droite ». Cela resserre les rangs à gauche avec un petit parfum gauchisant qui plaît aux militants. Franchement, cette classe politique, dans sa course au ridicule, franchit les bornes du supportable. Pendant ce temps, le pays s’enfonce dans le marasme du chômage de masse, de l’exclusion des jeunes et la désintégration, sans que cela n’intéresse plus personne. Samedi soir, j’ai dîné avec l’un de mes amis, ingénieur issu d’une grande école d’aéronautique, agrégé de maths, un « tête bien faite », comme dirait l’autre. Il m’a dit: « je n’accepte plus d’être pris pour un con, j’ai déchiré ma carte d’électeur, je ne voterai plus jamais. » Comment ne pas le comprendre? C’est aussi une question de dignité.a

vendredi 12 décembre 2014

BON SENS COMMUN

Ma lettre au Tribunal administratif de Nantes :
Cher Monsieur le Tribunal,
J'ai pris connaissance, il y a quelques jours de votre décision d'interdire la crèche de Noël traditionnellement installée dans le hall du Conseil Général de la Vendée.
Quelle mouche vous a donc piqué ?
Vous avez fait des études, je suppose.. Peut-être savez-vous donc que Noël vient du latin "Natalis" qui veut dire "Naissance".
Alors, je vais vous livrer un secret que vous voudrez bien transmettre à vos confrères qui peut-être nagent avec complaisance dans la même ignorance que vous. La naissance dont-il est question est celle d'un certain Jésus de Nazareth, né il y a un peu plus de 2000 ans.
Je dis ça parce qu'étant donné que vous n'avez pas interdit les illuminations de Noël, je suppose que vous ignoriez ce détail. Voyez-vous, Noël n'est pas l'anniversaire de la naissance du Père Noël (je suis désolé si je casse ici une croyance ancrée en vous) mais bien celle de ce Jésus. Interdire une crèche sans interdire toute manifestation publique de cette fête est aussi stupide que si vous autorisiez la fête de l'andouillette tout en interdisant la consommation d'andouillette, le jour de la fête de l'andouillette.
La crèche, c'est ce qu'on appelle une tradition. Et ne me faites pas croire, Monsieur le Tribunal, que le principe de la tradition vous est étranger. Sinon comment expliquer que les magistrats exercent leur métier dans un costume aussi ridicule que le vôtre, si ce n'est parce qu'il est le fruit d'une tradition ?
Vous êtes un briseur de rêves, Monsieur, vous êtes un étouffeur de sens. La crèche, c'est Noël et Noël, c'est la crèche. La crèche, c'est aussi l'histoire d'une famille qui, faute de droit opposable au logement, est venue se réfugier dans une étable. C'est un signe d'espoir pour tous les sans-logement. La crèche, c'est aussi un roi arabe et un autre africain qui viennent visiter un roi juif. C'est un signe d'espérance et de paix en ces temps de choc de civilisations et de conflit au Moyen Orient. La crèche, c'est aussi des éleveurs criant de joie et chantant dans une nuit de décembre. Connaissez-vous beaucoup d'agriculteurs qui rigolent en cette période de crise ? La crèche, c'est un bœuf, symbole de la condition laborieuse de l'homme. Enfin la crèche, c'est un âne, même si une rumeur court disant que cet âne a quitté la crèche en 2013 pour rejoindre le Tribunal administratif de Nantes.

Malgré le fait que vous allez sans doute, par souci de cohérence, vous rendre à votre travail le 25 décembre, je vous prie de croire, Monsieur le Tribunal, à l'expression de mes souhaits de bon et joyeux Noël.

mardi 9 décembre 2014

Fisc : salauds de contribuables !

Jean Nouailhac s'insurge contre la loi du 6 décembre 2013 qui déploie contre les fraudeurs ou supposés tels un arsenal répressif inédit dans une démocratie.



C'est un bien triste anniversaire pour les démocrates et les citoyens épris de liberté : on vient de "fêter", si l'on peut dire, le premier anniversaire, à marquer d'une pierre noire, de l'une des lois les plus dangereuses que le législateur français ait jamais votées dans le cadre d'une batterie fiscale qui compte déjà parmi les plus répressives du monde ! Et ce n'est pas un hasard si elle a été promulguée par un président de la République féru de droit fiscal et issu de la Cour des comptes.

 
La presse avait un peu parlé de cette loi du 6 décembre 2013 à l'époque parce qu'elle créait un nouveau zinzin administratif, l'"Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales", et un nouveau poste de procureur financier ayant une compétence nationale, confié à une femme de caractère, Mme Éliane Houlette. Mais elle avait été très peu détaillée et à peine expliquée.

Une bande organisée... à deux

Et pourtant, elle est à même demain de toucher n'importe quel contribuable de bonne foi - particulier ou entreprise - qui aurait pris des conseils auprès d'un avocat spécialisé, d'un expert-comptable ou d'un fiscaliste, ce qui est assez fréquent et souvent indispensable quand on a affaire à un Code général des impôts de 3 642 pages ! Elle prévoit que l'un et l'autre, le contribuable et le conseil, peuvent être poursuivis comme des criminels ou des terroristes si l'administration fiscale considère qu'ils ont fraudé le fisc ou cherché à frauder le fisc "en bande organisée".
Pour constituer une "bande organisée", il suffit d'être deux, un contribuable et un conseil. Et dans ce cas, la machine fiscale à broyer peut se mettre en branle avec "des procédures extraordinaires et dérogatoires au droit commun, directement empruntées à la lutte contre le crime organisé", selon Roman Pinösch, avocat au barreau de Paris et contributeur des Études fiscales internationales
Qu'on en juge : d'abord le délinquant fiscal présumé peut être mis en garde à vue pendant 48 heures, son défenseur ne bénéficiant que de trente minutes maximum d'entretien avec son client sans avoir la moindre possibilité d'accéder au dossier. Ensuite, il peut être l'objet d'une féroce répression, les peines prévues pouvant aller jusqu'à 2 millions d'euros et sept ans d'emprisonnement. Entre-temps, la nouvelle police fiscale créée par la loi pourra utiliser contre lui les mêmes moyens que ceux déployés contre le trafic international de stupéfiants, le grand banditisme et le terrorisme.

Prouver son innocence

On pourra ainsi le mettre sur écoutes ainsi que l'avocat qui l'a conseillé, les espionner, lire leurs mails, saisir leurs comptes bancaires ou hypothéquer leurs biens immobiliers. Selon William Feugère, président des Avocats conseils d'entreprises, on pourra même taxer les avocats d'une amende de 5 % de leur chiffre d'affaires, avec un minimum de 10 000 euros, si leur client a fait l'objet d'un redressement. "L'optimisation fiscale est perçue comme une fraude, selon William Feugère, et les conseils sont [considérés comme] complices de délinquants en puissance."
Mais ce n'est pas tout, la loi "prend de surcroît certaines libertés avec les principes directeurs du droit de la preuve", selon Roman Pinösch : si le supposé délinquant est poursuivi pour "présomption de blanchiment", ce sera à lui d'apporter la preuve qu'il est innocent et non à l'administration de prouver qu'il est coupable. Cette inversion de la charge de la preuve est habituelle dans les dictatures et c'est même souvent à cela qu'on les reconnaît ! Et comme cette présomption de blanchiment a des critères assez larges et assez flous, rien ne peut s'opposer à ce que la police fiscale en use et en abuse à sa convenance.
Il y a encore pire : la loi crée un dispositif réellement très dangereux, celui des "lanceurs d'alerte". Des mots qui n'ont l'air de rien, mais qui gravent dans le marbre administratif un système légal de dénonciation absolument incontrôlable. Selon William Feugère, "n'importe quel salarié d'une entreprise, stagiaire ou cadre, simple employé ou délégué du personnel, pourra dénoncer cette entreprise s'il peut "relater ou témoigner de bonne foi" des faits qui seraient selon lui constitutifs d'un délit. Pas besoin de preuve. On pourra livrer autrui à la vindicte populaire, en toute bonne conscience." Ces lanceurs d'alerte, de plus, bénéficieront d'un statut totalement protecteur : ils ne pourront être ni sanctionnés, ni licenciés, ni faire l'objet de mesures discriminatoires pour avoir "collaboré avec la justice". Et en cas de litige, là aussi, la charge de la preuve sera renversée au profit du dénonciateur. Ce sera au supposé délinquant de prouver qu'il n'est pas un criminel fiscal.

Un camp de concentration fiscal

Il va devenir de plus en plus difficile pour un entrepreneur, un commerçant, un banquier, un avocat ou un consultant de faire du business en France et dans des pays situés hors de la zone euro. Et ne parlons pas des créateurs de start-up qui commercent avec le monde entier, des producteurs de vins dont le centre d'activité international est à Hong Kong ou des importateurs de produits chinois qui doivent les payer en dollars. Quant au père de famille qui a acheté un appartement en Floride pour ses vieux jours sur les conseils d'un avocat de ses amis, il peut craindre le pire et son ami aussi. Voilà à quoi nous en sommes arrivés aujourd'hui, à cette loi fiscale la plus aveugle, la plus répressive et sans doute la plus arbitraire qu'un pays censé être civilisé ait jamais établie contre ses propres habitants.
Les citoyens contribuables et les entreprises n'ont plus qu'à numéroter leurs abattis, la loi du 6 décembre 2013 les considère tous comme des fraudeurs potentiels et ceux qui seront dénoncés seront poursuivis, par une police fiscale aux pouvoirs discrétionnaires, comme des criminels en puissance au même titre que ceux du grand banditisme ou du terrorisme. Si l'on avait voulu transformer la France en un gigantesque camp de concentration fiscal, avec des miradors à chaque coin de l'Hexagone, on ne s'y serait pas pris autrement.

Un pays à la dérive

Un pays à la dérive

Hier soir, M. Manuel Valls a annoncé son intention de rester à Matignon jusqu’à la fin du mandat de François Hollande, n’étant pas un « déserteur ». Est-ce vraiment la question? C’est le président et lui seul qui nomme le Premier ministre et lui demande le cas échéant de remettre sa démission, en fonction des résultats d’une politique. Or, la France est dans un état de délabrement qui fait peur. Un rapport de l’OCDE révèle que notre pays est celui où l’on travaille le moins dans le monde occidental. D’où, bien entendu, l’effondrement de l’économie, la désindustrialisation, les déficits, le chômage pulvérisant tous les records historiques. La chancelière allemande Mme Merkel, se permet d’invectiver la France en critiquant l’insuffisance de ses réformes. Sur le fond, elle a raison, mais de quel droit cette ingérence dans les affaires de notre pays, et de l’Italie. Veut-elle donner corps à l’image en vogue du diktat germanique sur l’Europe? Je ne suis pas sûr qu’avec Sarkozy, ni même avec Chirac, Mitterrand, encore moins VGE, Pompidou, sans même parler de de Gaulle, un dirigeant allemand se fût jamais permis un tel dérapage. A Créteil, un fait divers abominable, une jeune femme de 19 ans violée dans un appartement devant son compagnon sur un mobile antisémite, souligne l’invraisemblable chaos et qui s’est emparé des banlieues populaires de notre pays. Il faut ne jamais sortir des beaux quartiers et des collèges d’excellence, ou bien être totalement obtus pour ne pas s’en apercevoir. Qui profite de cette effroyable pagaille? L’extrême droite française, qui n’existe que par sa culture de haine et sa démagogie, florissante dans les enquêtes d’opinion. Deux ans et demi à attendre avant l’alternance, dans ces conditions, cela paraît une éternité. D’autant plus qu’aucune dynamique de changement profond, des hommes, des institutions et des politiques ne semble en voie de s’esquisser. La France est épuisée des mêmes visages, parfois depuis 30 ans, mêmes clans, mêmes noms, mêmes familles. Les batailles d’image et fanatismes de l’ego, les gesticulations, les magouilles de partis, les calculs salaces et les jacasseries politicardes n’intéressent plus personne. Il suffit de descendre dans la rue et d’ouvrir les oreilles pour comprendre la gravité et la profondeur de la défiance que la politique inspire. L’abstentionnisme et le vote protestataire ou extrémiste, aussi massif qu’il est sans issue, sont le signe d’un véritable désespoir collectif de nos concitoyens. Aucune lueur d’espérance pour l’instant dans un horizon politique totalement bouché, une démocratie confisquée, une personnalisation des enjeux et des intérêts qui confine au grotesque. Au premier frémissement positif, d’où qu’il vienne, promis, je serai le premier à m’en réjouir. 


"M. Petites Blagues" s'exporte

"M. Petites Blagues" s'exporte


    Il n’est pas vrai que la France ait perdu toute influence. Notre chef, par exemple, est connu partout pour sa drôlerie et son goût de la plaisanterie. Au point d’avoir été surnommé « M. Petites Blagues » par un de ses compagnons socialistes. Aussi doit-on voir peut-être, sans doute, sûrement, une conséquence de cette réputation dans un projet du ministère de la justice russe : celui-ci envisage de gérer le stress des détenus dans les prisons par l’humour. Canulars et autres railleries deviendraient le lot commun dans des établissements où, c’est le moins que l’on puisse dire, on ne rigole pas. Toutefois attention en utilisant cette thérapie : une mauvaise blague et ce sera l’émeute. Car l’humour est toujours à manier avec précaution : il ne faut pas plaisanter avec lui.

Le bluff de la réforme



Nos dirigeants sont incorrigibles. Il suffit que quelques signaux lumineux se rallument, lueur faiblarde, pour qu’ils nous promettent le retour de la grande clarté. Le pétrole chute, le dollar baisse, les taux d’intérêt restent bas ? La France est tirée d’affaire et François Hollande avec. Oubliées les lamentations sur la trop faible inflation. Effacées les expériences piteuses de l’inversion de la courbe du chômage ou du retournement économique. Cette fois sera la bonne puisque les circonstances sont avec nous.
 
Malheureusement, ce bluff est trop grossier pour convaincre nos partenaires de relâcher la pression. Tous disent et répètent que la France doit faire plus d’efforts, d’adaptations, de réformes, d’économies budgétaires. Tous le font non pas seulement parce qu’ils en appellent au respect de nos engagements, mais de plus en plus parce qu’ils craignent que la maladie française, langueur et dépression, ne tire l’ensemble de la zone Europe vers le fond : la France pèse tant dans l’économie européenne.
Et ce n’est pas le cirque autour de la loi Macron qui pourrait les rassurer sur notre acceptation de la réforme. Que cette loi hétéroclite puisse apparaître aux uns comme le levier qui fera sauter les verrous de l’économie, et aux autres comme le poison libéral qui livrera le pays aux forces du marché en dit long sur notre immaturité. Pas plus que le CICE qui devait à lui seul relancer la compétitivité des entreprises, pas davantage que l’accord ANI qui devait assouplir le droit du travail et libérer l’emploi, pas plus que la réforme des régions qui devait simplifier le millefeuille territorial et économiser l’argent public, la loi Macron ne suffira, à elle seule, à sortir le pays du marasme. Et plus les débats autour de ce texte seront ardus, moins il y aura de chances qu’il soit efficace pour commencer à tirer la France d’affaire.

lundi 8 décembre 2014

La force du malentendu

La force du malentendu

  Au fond il suffit d’attendre pour que tout se réalise. Depuis longtemps, beaucoup préconisent de mettre les villes à la campagne où l’on respire mieux. Grâce à Anne Hidalgo, ce sera  bientôt chose faite. Jeanne d’Arc de l’air du temps, elle entend bouter la pollution hors de Paris. Le diesel n’y aura plus droit de cité et le centre de la capitale sera quasi piétonnier. Déjà elle triomphe : 60% des Parisiens n’ont plus de voiture alors qu’ils n’étaient que 40% il y a une dizaine d’années. C’est bien la preuve de la prise de conscience d’automobilistes qui, par ailleurs mais c’est un détail, ne peuvent ni circuler, ni stationner. Bref,  comme on dit dans l’entourage de François Hollande à propos de la réélection du chef de l’Etat : « Sur un malentendu, ça peut marcher »